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                    TRAITÉ
DE
MÉCANIQUE CÉLESTE.
TOME I.


13649 PARIS. — IMPRIMERIE GAUTHIER-VILLARS ET FILS, Quai des Grands-Augtislln», 55.
TRAITÉ DE MÉCANIQUE CÉLESTE PAR F. TISSERAND, MEMBRE DE L'INSTITUT ET DU BUREAU DES LONGITUDES, PROFESSEUR A LA FACULTÉ DES SCIENCES. TOME I. PERTURBATIONS DES PLANÈTES D'APRÈS LA MÉTHODE DE LA VARIATION DES CONSTANTES ARBITRAIRES. PARIS, GAUTHIER-VILLARS ET FILS, IMPRIMEURS-LIBRAIRES DU BUREAU DES LONGITUDES, DE L'ÉCOLE POLYTECHNIQUE, Quai des Grands-Aiiguslins. 55. 1889 (Tous droits rôserïés.)
PRÉFACE. Le Traité de Mécanique céleste, dont je publie aujourd'hui la première Partie, a pour base les Leçons que j'ai faites à la Sorbonne depuis i883 comme suppléant, puis comme successeur de M. V. Puiseux. Les Leçons de ce Maître éminent brillaient par une clarté incomparable, et c'est un grand dommage pour la Science qu'elles n'aient jamais été publiées. Je suis heureux de les avoir suivies pendant plusieurs années, et les élèves de M. Puiseux en retrouveront des traces nombreuses dans mon Ouvrage. Le Tome I comprend la théorie générale des perturbations, fondée sur la méthode de la variation des constantes arbitraires. Dans le Tome II, je traiterai de la figure des corps célestes et de leurs mouvements de rotation. Le Tome III sera consacré à la théorie de la Lune, à un abrégé de la théorie des satellites de Jupiter, à la méthode de Hansen pour le calcul des perturbations des petites planètes et aux divers travaux qui ont enrichi le domaine de la Mécanique céleste dans ces dernières années. Le présent Volume est susceptible, je l'espère du moins, d'intéresser les géomètres et les astronomes. J'ai présenté la méthode de la variation des constantes arbitraires, ou plutôt son application à la Mécanique céleste, de deux façons différentes, en me reportant aux travaux de Jacobi ou à ceux de Lagrange. Cette méthode n'offre peut-être pas toujours le moyen le plus rapide d'arriver au calcul des perturbations, notamment quand il s'agit des astéroïdes; cependant, au point de vue de l'enseignement, elle est d'une grande simplicité.
VI PRÉFACE. Du reste, elle a permis à Le Verrier d'édifier ses théories des anciennes planètes. Les formules qui lui ont servi constamment dans l'ensemble imposant de ses recherches sont adaptées avec un rare talent aux besoins de la pratique, et j'ai jugé utile de m'y conformer. J'espère que les jeunes astronomes qui voudront étudier ce premier Volume n'éprouveront aucune peine à s'assimiler ensuite tous les détails des théories de Le Verrier, telles qu'elles ont été publiées dans les Annales de l'Observatoire. J'ai cru devoir consacrer un Chapitre à la découverte de Neptune, qui a fourni la confirmation la plus éclatante de la théorie de la gravitation. Bien que le Volume actuel traite surtout de l'application de la méthode de la variation des constantes arbitraires, j'y ai donné nombre de résultats qui appartiennent aux méthodes de Hansen, dont l'exposition dans le Tome III aura été ainsi notablement facilitée. Il va sans dire que, si le lecteur peut, avec le Traité actuel, s'initier assez facilement aux détails d'une science ardue, il ne sera pas dispensé, s'il veut la pénétrer plus profondément, de recourir au grand Traité de Laplace, dont tous les Chapitres présentent encore aujourd'hui aux astronomes les plus exercés des sujets variés de méditations fécondes. Je dois adresser de vifs remerciements à MM. Gauthier-Villars, qui ont apporté à l'impression des soins minutieux et auront contribué ainsi à faciliter la lecture de l'Ouvrage. J'ai plaisir à remercier aussi tout particulièrement M. O. Callandreau, qui ne s'est pas borné à m'aider dans la revision des épreuves, mais m'a donné souvent des conseils judicieux. io novembre 1888.
TABLE DES MATIÈRES DU TOME I. INTRODUCTION. PBges. Équation générale de la Dynamique i Principe d'Hamilton a Équations de Lagrange 5 Forme canonique d'Hamilton 7 Théorème d'Hamilton 11 Théorème de Jacobi 14 Cas où la fonction des forces est indépendante du temps 18 Relations de Jacobi 20 CHAPITRE I. Recherche de la force qui produit le mouvement elliptique des planètes 25 Problème inverse. — Trajectoires résultant de la force centrale —~ 28 Loi de la gravitation universelle 31 Orbites des étoiles doubles 35 Recherche de la force qui produit les mouvements des étoiles doubles 36 Problème de M. Bertrand 43 Théorème de Newton 49 CHAPITRE IL Généralités sur l'attraction 5i Potentiel 52 Équation de Laplace 55 Attraction des couches sphériques homogènes 55 Attraction d'un corps sur un point éloigné 5g CHAPITRE III. Équations différentielles des mouvements absolus des planètes 64 Les dix intégrales connues 67 Équations différentielles des mouvements relatifs des planètes autour du Soleil 70 Les quatre intégrales connues 72 T. - I. b
VIII TABLE DES MATIÈRES. CHAPITRE IV. Pages. Forme symétrique des équations différentielles des mouvements relatifs des planètes autour du Soleil • 77 Les quatre intégrales connues 85 CHAPITRE V. Équations différentielles des mouvements avec les coordonnées polaires 87 Formes diverses de ces équations 9° CHAPITRE VI. Équations différentielles du problème des deux corps 93 Intégrales premières 9^ Détermination de l'orbite 97 Calcul de la position dans l'orbite. Équation de Kepler 100 Calcul de la position héliocentrique. Éléments du mouvement elliptique 104 Formules du mouvement elliptique 107 Maximum de l'équation du centre 109 Mouvement parabolique des comètes 110 Théorème d'Euler 112 Mouvement hyperbolique 114 Détermination des éléments du mouvement elliptique 11C Détermination des éléments du mouvement parabolique 120 Hodographe 121 CHAPITRE VII. Intégration des équations différentielles du mouvement elliptique par la méthode de Jacobi 123 Éléments canoniques 127 CHAPITRE VIH. Recherches de Lagrange sur le problème des trois corps 128 Cas particuliers remarquables 147 CHAPITRE IX. Méthode de la variation des constantes arbitraires. — Variation des éléments canoniques. Leurs dérivées 159 Éléments osculateurs 166 Dérivées des éléments elliptiques 169 Transformation utile de quatre de ces éléments 170 CHAPITRE X. Variation des constantes arbitraires. Méthode de Lagrange 173 CHAPITRE XI. Considérations générales sur les perturbations planétaires 189 Perturbations des divers ordres 195
TABLE DES MATIÈRES. IX Pages. Perturbations du premier ordre 196 Inégalités périodiques , 197 Inégalités séculaires 198 Inégalités à longues périodes 19g Perturbations du second ordre 202 CHAPITRE XII. Fonctions de Bessel. — Leurs propriétés principales 206 CHAPITRE XH1. Applications des fonctions de Bessel au mouvement elliptique 215 Développements divers qui se rattachent au mouvement elliptique 222 CHAPITRE XIV. Théorème de Cauchy. 228 Nombres de Cauchy 234 (r \m il 237 » » de ( — ) '• 23g » » de l'équation du centre 242 » » de certaines fonctions des coordonnées d'une planète 245 CHAPITRE XV. (r\n / f\n - j sinmcv et I - ) cosmw. . .. 249 CHAPITRE XVI. Convergence des séries du mouvement elliptique 26? Aperçu de la démonstration de Laplace pour trouver la limite de l'excentricité 266 CHAPITRE XVII. Propriétés diverses des fonctions de a qui représentent les coefficients des cosinus des multiples de <J> dans le développement de l'expression (1 -1- as— 2acos^)~*. — Méthodes diverses pour le calcul de ces fonctions et de leurs dérivées 270 CHAPITRE XVHI. Développement de la fonction perturbatrice dans le cas où les excentricités et les inclinaisons mutuelles des orbites sont peu considérables. — Ordres des divers termes du développement. 292 CHAPITRE XIX. Transformation des dérivées des éléments elliptiques 321 CHAPITRE XX. Formules de Le Verrier donnant les perturbations du premier ordre des éléments elliptiques 33o
X TABLE DES MATIÈRES. CHAPITRE XXI. Piges. Perturbations du premier ordre des coordonnées héliocentriques 35o CHAPITRE XXH. Premiers termes des perturbations périodiques des coordonnées héliocentriques 35g CHAPITRE XXffl. Découverte de Neptune 374 CHAPITRE XXIV. Perturbations du second ordre par rapport aux masses 387 CHAPITRE XXV. Théorème de Poisson sur l'invariabilité des grands axes dans la deuxième approximation par rapport aux masses 3gi CHAPITRE XXVI. Expressions générales des inégalités séculaires. — Travaux de Lagrange et de Laplace. — Formules numériques de Le Verrier. — Indications sur les expressions générales des coordonnées dans le problème des trois corps 404 CHAPITRE XXVII. Méthode de Gauss pour le calcul des inégalités séculaires. Exposition de M. Halphen 431 CHAPITRE XXVIII. Développement de la fonction perturbatrice lorsque l'inclinaison mutuelle des orbites est considérable , 443 CHAPITRE XXIX. Transformation de Hansen pour les équations différentielles du mouvement des planètes 461 FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES DU TOME I.
TRAITÉ DE MÉCANIQUE CÉLESTE. TOME I. INTRODUCTION. 1. Équation générale de la Dynamique. — En combinant le principe de d'Alembert avec celui des vitesses virtuelles, Lagrange a pu condenser en une seule équation symbolique les équations du mouvement d'un système quelconque de points matériels soumis tous, ou quelques-uns seulement, à des forces données. Cette équation est 2[(*-»£)*"Kv-™£)*H*-»£H=o ou encore x, y, z désignent les coordonnées rectangulaires d'un point quelconque du système; m sa masse; X, Y, Z les composantes parallèles aux axes de la résultante des forces directement appliquées à ce point. Cette équation (i) doit avoir lieu pour tous les systèmes de valeurs des variations infiniment petites &r, ty> &z, ... des coordonnées x, yy z, ... compatibles avec les liaisons du système; dans cette même équation, le ^ du premier membre s'étend à tous les points du système, et celui du second seulement à ceux de ces points auxquels des forces sont appliquées. T. - I. i
2 INTRODUCTION. Les liaisons seront représentées par un certain nombre d'équations, telles que if(t, x,y,z; x', ...) — ot (2) j cp(f, x, y, z; x'y ...) = o, Les variations &r, &y, ... devront vérifier les équations suivantes dx dy p-6x + ^< dx oy -^- dx + -r^ ày +... = o, obtenues en diûerentiant les équations (2) par rapport à la caractéristique S sans faire varier le temps t. On sait comment, en introduisant les facteurs indéterminés de Lagrange, on tire de ce qui précède les équations différentielles du mouvement des divers points du système. Nous allons transformer l'équation (1) de manière à en déduire le principe d'Hamilton. 2. Principe d'Hamilton. — Soit, dans le système considéré, n le nombre des points matériels et, par suite, 3/i le nombre des coordonnées xy yy ...; si 3/i — k désigne le nombre des équations (2) de liaison, on pourra tirer de ces équations les valeurs de 3/i — k coordonnées en fonction de t et des k autres qui pourront être considérées comme des variables indépendantes; pour plus de symétrie, on pourra dire que, en partant des équations (2), il est possible d'exprimer toutes les coordonnées en fonction de t et de k variables indépendantes Çtj ?2» •••» Çki on aura, par exemple, x = F(t, qlt qi} ..., qk). Les variations infiniment petites &qt, $q2, ..., Bqk pourront être absolument quelconques; quant aux variations &r, &y, qui figurent dans l'équation (1), on les calculera ensuite par des équations analogues à la suivante àF . àF . àF (3) 8x= -j— èqt-\- 3— oqt-i-. . . -V- 33- oqt, obtenues en diûerentiant l'expression de x par rapport à la caractéristique S sans faire varier le temps. Pour arriver au principe d'Hamilton, nous allons considérer les $çt, qui
INTRODUCTION. 3 peuvent être quelconques, comme des fonctions de t, fonctions arbitraires, mais infiniment petites; en partant de là, nous transformerons l'équation (i); les &r, ty, ... seront des fonctions de t déterminées par les formules (3), et nous pourrons écrire cPx * d /dx * \ dx dèx ~dPàX-~dt\dtÙX)~~dt ~dt Pour une valeur donnée de t, quand on change x en x ■+■ Sx, il en résulte dans -t? le changement %-ri'y on aura donc *dx d(x + èx) dx ou bien on en conclut dt dt dt d èx « dx # dt ~ ~dt> dx dèx dx ~dx , ~{dx\* ~di ~dT ~~dt ~dt ~* \dt) ' et l'expression de -^ Sx devient De cette équation et des équations analogues concernant^, z, x', ..., on déduit (5) On voit s'introduire dans cette équation la demi-force vive du système; nous la représenterons par T : Si nous posons (7) _ ^(\èx + \èy + Zèz)^\]'f
4 INTRODUCTION. l'équation (i) donnera, en ayant égard aux formules (5), (6) et (7), <8> a2>(>+£*'+a«')=dT+u' Le second membre de cette équation ne contient plus rien qui se rapporte au système de coordonnées employé, car T = - Vw' n'en dépend pas, et il en est ainsi de U' qui, par sa définition même, représente la somme des travaux des forces pour le déplacement virtuel caractérisé par &r, Sy, .... Il en est de même aussi du premier membre de l'équation (8), car l'expression ^fc.+ £*, + £& dt dt J dt représente le produit de la vitesse v du point M par la projection, sur la direction de cette vitesse, du déplacement virtuel Bs du même point M (Bs a pour projections sur les axes &r, 8j, Bz). Multiplions l'équation (8) par dt et intégrons entre t0 et tt deux valeurs quelconques de t; nous trouverons où le premier membre représente la différence des valeurs que prend, pour t = t0 et t = tt, l'expression ^^ ( -^ Bx -{- -^ By -h -^ Bz). Si nous imposons aux variations Bqt la condition de s'annuler pour t = t0 et t=tt, il en sera de même des variations &r, By, ..., et l'équation (9) donnera (10) f\àT + U')dt = o; celte formule constitue ce qu'on appelle le principe d'Hamilton. Dans un cas très général, il est permis de simplifier l'équation (10) : c'est le cas où il existe une/onction des foires U, c'est-à-dire où l'on a v dU v dU „ dV A — 3— t I — 3— > L = -3— y ox dy az X-dP' ' ' la fonction U est supposée ne dépendre que des coordonnées x, j, s, x', ... des divers points du système et du temps t qui peut y figurer explicitement.
INTRODUCTION. En se reportant à la définition de U', on trouvera et l'équation (10) s'écrira (ÔT + ÔU)--o ou, plus simplement, (u) ô /"(T + U)rf/=o; ainsi la variation de l'intégrale / (T-t- U)A doit être nulle. Nous supposerons désormais l'existence d'une fonction des forces, de la nature indiquée, ce qui se trouvera réalisé dans les applications à l'Astronomie dont nous aurons à nous occuper. 3. Equations de Lagrange. — Le principe d'Hamilton se prête très facilement à la transformation des équations différentielles du mouvement d'un système, lorsqu'au lieu des coordonnées rectangulaires on introduit d'autres variables pour déterminer les positions des divers points du système. Supposons que, à l'aide des équations de liaison (2), on ait exprimé les coordonnées x, y, .s, x\ ... de tous les points du système en fonction de t et des k variables indépendantes q,, q2, ..., qk. Posons d'une.manière générale dt Ç" l'expression (6) de T prouve que cette quantité deviendra une fonction de t, de qlt q2> ..., qk et de q\t q2, ..., qk\ U ne dépendra que de t et de qt, q2, ..., qk. On sait qu'en différentiant par rapport à la caractéristique 0 on doit regarder comme constant le temps qui figure explicitement dans les équations de liaison ; on aura donc puis + T-O?*- i=k i = k Y au 1 «=23â*<+25â*;
6 INTRODUCTION. en portant ces expressions de SU et de ST dans (i i), il viendra (i3) or on a r'1 [fàT <HJ \ . ( àT dU\ . 1 ,, l si?'1"11-),, ap.'w*-^ 35»,-ar* ou bien, en intégrant par parties, =[sh:-/^P** Mais, puisque les variations Bq{ sont supposées nulles pour t = t0 et pour / = /,, il vient rs**=-/'^** et l'équation (i3) peut s'écrire ■<>ri[^-^V--4^-^] jk[dt = o. Cette équation doit avoir lieu quelles que soient les variations infiniment petites ô<7,, ùq2, ... qui sont indépendantes les unes des autres; on en conclut que l'on doit avoir identiquement _ <rr _<w _ (i5) dt dqx dqi d\WJ àT dU =o^ dt dqt dqt » d\dYJ àT dV =Q \ dt dqk dqk ' car, si ces quantités n'étaient pas identiquement nulles, on pourrait donner aux
INTRODUCTION. 7 variations &q,, Sq^, ... des signes tels que, pour toutes les valeurs de t comprises entre t0 et tt, chacune des expressions \d\âg'J d(T + U)\ L dt dqt J soit constamment positive, et alors, tous les éléments de l'intégrale (i4) ayant le même signe, cette intégrale ne pourrait pas être nulle. Les équations (i5) sont dites équations de Lagrange; elles ont été données pour la première fois par ce grand géomètre. On voit donc qu'aussitôt que, dans les problèmes de Dynamique considérés, on a fixé le choix des variables indépendantes à l'aide desquelles on peut exprimer les coordonnées de tous les points du système, on est à même de former sans élimination, par un calcul élégant et facile, les équations différentielles propres à déterminer les variables introduites. 4. Forme canonique d'Hamilton. — Nous considérons maintenant les problèmes de Dynamique dans lesquels les liaisons sont indépendantes du temps; nous admettons toujours qu'il existe une fonction des forces, dépendant seulement, comme nous l'avons dit, des coordonnées des divers points, et pouvant contenir explicitement le temps. Soient qt, qif ..., qk les variables indépendantes à l'aide desquelles on peut exprimer les coordonnées de tous les points; on aura, puisque les liaisons sont indépendantes du temps, des expressions de cette forme X = F (qu ÇiJ • • •> 1k)> d'où, en représentant comme précédemment par q\ la dérivée -£-', dx lû dy dt = 4\ = rft àF dqy làqt , àF àqt + .. + .. • •+ Qk "5 » * àqk • •+ Çk "5 » * àqk En portant ces valeurs dans •^=M(ëH£H£)']
8 INTRODUCTION. on trouvera un résultat de cette formé 2T = A,,,?',* + 2 A,,,?', q\ + 2 Att,q\ q\ + . . . + 2 A,,kq\ ?'* + a,,,?;» + 2 a,, ,?;?;+... +2 a,,*?;?* (16) < + + A*,*0J?" On voit que T est une fonction homogène et du second degré des variables q'; les coefficients A,,,, Ali2, ... sont des fonctions des variables q ne contenant pas le temps explicitement. Les variables q seront déterminées par k équations différentielles, telles que (ll) dt dq~dqt' quand, après avoir formé la dérivée partielle (3-1)» on remplacera q\, q'.2, ... respectivement par -J^» -J^» •••> on voit que l'équation (17) sera une équation différentielle du second ordre. Le problème dépendra donc de l'intégration de k équations différentielles simultanées du second ordre. Nous allons actuellement faire un nouveau changement de variables en posant , fi, dT àT dT (l8) Wi~P" àq\=Pu •" Wk=Pk' nous remplacerons les k variables q\ par les k nouvelles variables/?,. Si l'on tient compte de (16), les équations (18) pourront s'écrire ( />i = Alfl?'l + Altlq't +.. . + \lfkq'k, (*9) |/>« = Alfl?'l + Alfl?'14-... + AM?;t, En résolvant ces k équations du premier degré, on aura les valeurs de q\, q2, ..., q'keu fonction depttp2t ...,pk et de qtt q2, ..., qkt et si Ton reporte ces valeurs dans (16), on trouvera un résultat de la forme !2T = Blfl/>î+2 !*,,,/>,/>, 4-..+2B,, */>,/>* + B»,«/>« +... + aB,t kPxPk + + BM/>i> où les coefficients Blfl,Blf2, ... seront des fonctions deqtt qut ..., qk.
INTRODUCTION. C) Quant à la fonction U, elle ne changera pas, puisqu'elle est supposée ne pas contenir les variables q'. T, qui était d'abord une fonction des variables y,et^., devient maintenant une fonction des variables qt etpi■; d'après ce qu'on a dit plus haut, qt n'entre pas de la même manière dans les deux expressions de T; il convient de désigner -j— la dérivée partielle de T prise dans l'hypothèse des variables qt et q\\ la dérivée" prise dans l'hypothèse des variables qt etp{ sera représentée simple- ment par -r— • r dpt L'équation (17), en ayant égard à (18), s'écrira donc , , dpt [àTl OU (2o) -dr-i^r^' On aura, pour la différentielle totale de T prise dans le premier cas, «=:s[S]*+2S"i ou (21) ^T=2 I ^-. IdÇi^-^Pidq'i, et, pour la même différentielle totale prise dans le second cas, On a enfin, en appliquant le théorème des fonctions homogènes à T, ou bien (23) 2T = J/'/îi) d'où idl — ^Pidq't-^r^ q't dp(. En retranchant de cette équation l'équation (21), il vient (24) ^=-2 [a^]^-»-]£*'*<» T. — I. 1
IO INTRODUCTION. et, en comparant les deux expressions (22) et (24) de dl, on trouve (25) T—1——— qi = àPi; >5), dpt dt dqt dt — — _ÔT ~,àpi dT dqi dqt cette dernière équation peut s'écrire (b6) On tire, du reste, de (20) et (25), (27) En donnant à 1 les valeurs 1, 2, ..., k, les équations (26) et (27) présentent le résultat cherché sous la forme de ik équations différentielles simultanées du premier ordre, d'aspect très simple. Mais on peut obtenir encore plus de symétrie en introduisant une notation spéciale pour représenter la différence T — U et posant H = T —U; si l'on remarque que, par hypothèse, U ne contient pas les variables pit on voit que dpt ~ dpt On a, du reste, àqt~ àçt dqt et les formules (26) et (27) deviendront le type des équations du groupe suivant : H = T —U, (28) dq±_ ÔK dt dpi dq1_ <m_ dt dpt dqjç_ âB_ \ dt dpk dp% __àR dt dqt dp1__m dt dqt » dpk dK dt dqk Il résulte de là que la résolution d'un problème quelconque de Dynamique
INTRODUCTION. II (avec les restrictions énoncées) se ramène à l'intégration d'un système de ik équations différentielles simultanées du premier ordre dans lequel les variables sont conjuguées deux à deux ; la dérivée de l'une quelconque des variables par rapport au temps est égale à la dérivée partielle d'une même fonction H, prise par rapport à la variable conjuguée, ou à cette dérivée changée de signe. Ces équations (28) sont dites ramenées à la forme canonique. 5. Théorème d'Hamilton. — Supposons que l'on ait intégré les ik équations différentielles simultanées (28); on aura donc exprimé les variables qt et pi en fonction de t et de ik constantes arbitraires c,, c2, ..., c2k\ on pourra exprimer de la même manière la fonction H. Cherchons, dans cette supposition, la dérivée partielle -5-; nous aurons ÔE dct- àR dpt dU dpt dpx dct àpt dct dqt dci dqt dct '+dHdpj dpk dct àqu àct ou bien, en tenant compte des équations (28), àct dt dct dt àct ' ' ' dt dct _ dj>± àq± _ dpi dqi _ _ dp^ âqk dt dct dt dci " ' dt dct ce que Ton peut encore écrire àU _, à ( dqt dqt dqk\ ou encore, à cause de la relation (23), dE 2dT d( <ty, <ty. dqk\ dït=d^-*{**;+Ptwt+---+Pàwt)' On en tire, en remplaçant H par T — U, <?(T + U)_ d ( àq, dqx dqk\. Multiplions cette équation par dt et intégrons entre les limites /0 et /, t0 étant
12 INTRODUCTION. supposé indépendant des constantes c,• ; nous trouverons (29) < '° les indices f0 et t placés au-dessous des parenthèses indiquant qu'il faut y remplacer t successivement par t et Reposons (30) S-- I (T-r U)dt; cette fonction a été appelée par Hamilton jonction principale; elle est, d'après ce qui précède, exprimée à l'aide de t et des ik constantes arbitraires r,, c2, ..., cit ..., c2k. Donnons à ces constantes des variations infiniment petites Se, indépendantes les unes des autres ; désignons par Bq{ et SS les variations correspondantes de qt et de S; nous aurons ^=3^^ fyl = Désignons par (/>,)„, (Çi)o* (&9i)o °c que deviennent les expressions de pif qt et Bçi quand on y fait t = t0 ; si nous multiplions l'équation (29) par Se, et si, attribuant à l'indice i les valeurs 1, 2, ..., 2 k, nous faisons la somme des équations obtenues, nous trouverons (3ij <5S— Pioqi-{- p1àq1+ . .. + pkèqk— (/>i),(tyi)o — (/>i)o(fy,)0 —... — (/>*)o(<fy*)o- S était d'abord, comme nous l'avons dit, une fonction de t et des ik constantes arbitraires; or, en désignant par Ç, une certaine fonction de t et des constantes, on a (32) qi—ïi{t, c„ c„ ..., c,A), d'où l'on déduit (33) {qt)o = Kt{to> c„ c„ ..., c,A). On a £ équations telles que (32) et k telles que (33); on en peut tirer les valeurs des ik constantes c,, c2, ..., cik en fonction de f, t0, qt, q2, ..., qk et de
INTRODUCTION. l3 (q,)0, (ya)o. ■■■» (Çk)o et les reporter dans S, qui deviendra une fonction des mêmes quantités; on aura donc, en remarquant que dans le calcul de &S on ne doit faire varier ni t ni t0, (34) \/i> = W,à9'+W,s'"+-+W^ En comparant les expressions (3i) et (34) de SS, on trouve (3o) Wt=Pl, Wt=Pt, ..., tj-t=P*> (36) àrl)o=-{Pi)°> d(fs=-(^ ■■■■ &=-^)- On peut maintenant, si l'on veut, regarder les ik quantités (qt)0t (^2)0. •■■• (?*)<>» (/>i)o» (^2)0' ■■■» (p*\ comme de nouvelles constantes arbitraires pouvant remplacer les anciennes clf c2, ..., c.îk\ alors les 2^ équations (35) et (36) seront les intégrales générales des équations (28). En se plaçant au point de vue spécial du problème de Dynamique considéré, on pourra dire que les équations (36) sont les intégrales de ce problème; car, à elles seules, elles donnent les valeurs de qit q2, ..., qk et, par suite, les valeurs des coordonnées de tous les points du système exprimées en fonction de t et de ik constantes arbitraires. La forme remarquable sous laquelle se présentent les équations (36) donne lieu au théorème suivant, dû à Hamilton : Les intégrales d'un problème de Dynamique, dans lequel les liaisons sont indépendantes du temps et où il existe une fonction des forces indépendante des vitesses, peuvent toutes s'exprimer en égalant à des constantes les dérivées partielles d'une autre fonction S prise par rapport à d'autres constantes. D'après la manière dont la fonction S a été introduite, il semble que, pour la connaître, il soit nécessaire d'avoir préalablement résolu le problème proposé; il paraît en effet nécessaire d'exprimer d'abord T -h U en fonction de t et des ik constantes cit d'effectuer la quadrature / (T -+- U)dt et d'exprimer ensuite le résultat, en fonction de t, des k variables qt, q2, ..., qk et des k constantes (îOo» (0a)o» •■•» (?*)<>; heureusement, on peut opérer autrement. Hamilton a prouvé, en effet, que cette fonction S vérifie une certaine équation aux dérivées partielles du premier ordre. Pour le faire voir, remarquons que l'équation (3o) donne 3,) f=T+U-
l^ INTRODUCTION. D'après ce qu'on a dit plus haut, S est une fonction de t, des variables q: et des constantes (y4)0 ; S contient donc le temps explicitement et implicitement, et l'on aura dS_d$ y dS dqt dt ~ dt +2à dqt dt ou bien, en tenant compte de (35) et (37), ou encore, en ayant égard à la formule (23), de Posons comme précédemment H = T — U, et nous aurons (38) § + H=°- La fonction U ne contient que le temps t et les variables qt\ mais T dépend des variables qt et q't ou bien des variables qt et/?,; on peut donc écrire l'équation (38) comme il suit : -fi} +il(', Çt> Ç» • • -i Çki Pi> Pi* • • •» Pk) = o, ou encore, en ayant égard aux formules (35), (39> Tt+R\i*q»9»~-9kidïi'àq;' ■■"55J=0* On voit donc que la fonction S est une intégrale complète d'une équation aux dérivées partielles du premier ordre, dans laquelle figurent les k -h 1 variables indépendantes t, qt, q2, ..., qk; cette intégrale contient les £ constantes («7,)0, (ç*)o* ••■» (y*)o» sans compter la constante qu'on peut lui ajouter directement, puisque l'équation (39) ne contient pas S, mais seulement ses dérivées partielles. Remarque. — L'équation (39) est du second degré par rapport aux dérivées d~' â~' '"'à—' cela est une conséquence des formules (16') et (35). 6. Réciproque de Jacobi. — Il y avait lieu de se demander si, en prenant pour S une intégrale complète quelconque de l'équation (39), on aurait encore les intégrales du mouvement sous la forme remarquable exprimée par les équa-
INTRODUCTION. l5 tions(35) et (36); c'est ce qu'a fait Jacobi en démontrant le beau théorème suivant : Soit l'équation (4o) f + H = °- dans laquelle H = T — V est une fonction de t et des ik variables qt, q2, ..., qky Pu Pi* •••»/>*» en faisant pi = 3— » on obtient une équation aux dérivées partielles du premier ordre contenant k -+•1 variables indépendantes t, qt, q2, ..., qk. Supposons que l'on ait obtenu une intégrale complète S de cette équation, c*est-à-dire une solution fonction de t et des k variables qt et contenant k constantes arbitraires, a,, a2, ..., aA, indépendamment de la constante que Von peut toujours ajouter directement à S ; alors les équations (42) dq-*=Pl' dq->=Pt' ••' dq~k =^' dans lesquelles fî,, f$a, ..., $k désignent k nouvelles constantes, seront les intégrales générales du système des 2 k équations différentielles simultanées (43) Différentions en effet les équations (4i) complètement par rapport au temps: nous aurons ^S ^S dqt à1 S dqt dqx _ dH dt dpi dqk dH dt dpk dpx _ dH dt dqx dpk dH dt dqk d<xx dt d<xt àqi dt da, dqt dt d*S d*S dqx d»S dqt 4- —2-1 _) —— -\-. . (44) { d<xtdt d/Xtdqx dt d<x,dq, dt ^S d*S dqt d»S dqt àxkàt àxkàqi dt d<Xkdqt dt Si, dans l'équation (4°)» on suppose S remplacé par sa valeur en fonction de t, des variables qt et des constantes a,, on aura une identité ; on peut donc différentiel* relativement aux constantes a,- ou par rapport aux variables q\. Fai- àtxt dqk dix, dqk dtXkàqk dqk dt dq,, dt dqk dt = 0, = 0, = 0.
ïG INTRODUCTION. sons-le d'abord par rapport à a, : nous trouverons d»S , dH dpx , dB. dp* ^ , dH dpk _ p dtd*t dpt doti dpi dctx '" dpk da. ou bien, en tenant compte de (42). dsS dH d'S dH d*S dH d»S -H -s 5 ; 1- dt doit dpi dqt da, dp* dqt da, * * dpk dqk dxt On trouvera d'autres équations toutes pareilles en difTérentiant (4o) par rapport à a,, a3, ..., aA, et l'on pourra écrire cet ensemble d'équations (45) d»S d»S dH d*S dH d£ da, d^, dxi dpx dqx dxt dpt d*S d*S dH d*S dH -+- + + .. dt datt ' dqt àact d/>, d^, dott dpt d*S d*S dH d*S dH dlda* dqidoik dpt dqtd*k dpt d*S dH _ dgr* dctx dpk d'S dH _ dqkdat dpk ~ ' d*S dH dqkdctk dpk On va comparer ce système d'équations avec le système (44); on sait que l'on a d»S _ d'S d»i dt ~ dt doti ' d»S d»S dgr* dctj ôolj dqi ' il en résulte que, si l'on considère, dans les équations (44), -A~* -£> •• •> ^ comme les inconnues et si l'on prend pour inconnues, dans les équations (45), dH dH dH , , , . .. , . , , , -T-» -t— » •••! -*—» on aura deux systèmes de k équations du premier degré a k inconnues. Dans les deux systèmes, leR coefficients des inconnues et les termes tous connus seront les mêmes; donc les inconnues correspondantes auront les mêmes valeurs dans les deux systèmes. On en conclut, d'une manière générale, la première moitié des formules (43) est ainsi démontrée. Partons maintenant de l'équation dS
INTRODUCTION. nous en déduirons l7 dPi _ ^S ^S dt dqt dt dqt dqx ou, en ayant égard à (46), (47) *'= ^S + *S K*7) dt dqtdt àqtàqt dqx ( d*S dqx dt dqt dq\ dt dpt dqt dqt dpt + ^S dqk dqtdqk dt d»S dH àqidqk àpk Or, en différentiant (4o) par rapport à q^ on trouve _ d'S ^^H^^H^i^^H^i^ ^dR dpk t ou bien dtdqt dqt dpx dqt dpt dqt ' ' àpu dqt _ d*S dU d*S dH d*S dU ~ dtdqt dqt dq^dqtdpx '" dqkdqt dpu en remarquant que (42) donne dpj _ ô2S dqt dqj dqt En rapprochant cette équation de l'équation (47)» on obtient dPi _ dE. ~dt ~ dqtJ donc la seconde moitié des formules (43) est démontrée. On voit donc que les équations (40 et (42)» qui déterminent les ik variables Pi et qt en fonction de t et des ik constantes arbitraires a,- et $it sont bien les intégrales générales des équations différentielles simultanées (43). Remarque. — Les équations (41) déterminent qlt q.2, ... et, par suite, les coordonnées de tous les points tlu système en fonction de t et des 2/c constantes arbitraires; elles suffisent à résoudre le problème proposé. Les équations (42) déterminent ensuite les inconnues auxiliaires plt p.2, ...; on les appelle intégrales intermédiaires. Tout problème de Dynamique dans lequel les liaisons sont indépendantes du temps et où il existe une fonction des forces (pouvant contenir le temps explicitement) se ramène, comme on l'a vu, à un système d'équations différentielles simultanées, tel que (43); on peut donc en conclure que la solution de chacun des problèmes de Dynamique considérés plus haut se ramène à la détermination T. — I. 3
l8 INTRODUCTION. d'une intégrale complète d'une certaine équation aux dérivées partielles du premier ordre. Cette équation n'étant pas linéaire, on n'a pas de méthode générale pour en trouver une intégrale complète; on peut néanmoins l'obtenir dans un certain nombre de cas et, par suite, résoudre le problème correspondant, comme nous le montrerons dans la suite de ce Traité. 7. Cas où la fonction des forces ne contient pas le temps explicitement. — T est déjà supposé ne pas contenir le temps explicitement; il en sera donc de même de H = T — U, et l'équation aux dérivées partielles sera (48) dS „/ <)S dS d$\ En désignant par a une constante, nous poserons (49) -S = -a« + S'f et nous supposerons que S' ne contienne pas le temps explicitement; on aura dS dS' et l'équation (48) deviendra agi dg, ' (oo) h^,,^...,^,^-,^, .-.,—)=«. S contenant déjà la constante a, il suffira de trouver une solution S' de l'équation (5o) renfermante— i constantes arbitraires a,, a2, .... aA_, ; on aura ensuite, en désignant par {3,, p2, .... fJA_,, fi, k nouvelles constantes arbitraires, ce qui devient, en remplaçant S par sa valeur (49), (0,) ^=^ *;=&' •••' 3st;=p-^ ^=<+p- On voit donc qu'on est ramené à la recherche d'une intégrale complète d'une équation aux dérivées partielles contenant k — 1 variables indépendantes au lieu de k. Voyons ce que deviennent les résultats ci-dessus dans le cas de n points matériels entièrement libres. Nous supposons toujours qu'il existe une fonction des forces pouvant contenir
INTRODUCTION. IÇ) le temps explicitement, mais ne dépendant que des coordonnées des points considérés. Soient xh ytf, zit m, les coordonnées rectangulaires et la masse de l'un quelconque de ces points; on aura 3n coordonnées et 3n équations différentielles, telles que nti'dF~'d^ii (52) { m,-yV- = 3—' I dtZidU \ mi~dF -Wt' Soit 2T la somme des forces vives des n points du système; on aura (53) aT=2]m/(*;»-f-jr;» + 5;»)f en posant dxi , dyi , dz( , ~dt = œh ~dl ~f" ~dt = Z'1' Puisqu'il n'y a pas de liaisons, on pourra prendre #,, yh zu pour les variables q\ on tire de (53) àT — = mixi; axi les variables p seront donc m,^., nny^ miz\. On aura miXi = teY m'-y' = ^' mtS'=dï* et la formule (53) donnera •^[(SHëHS']' l'équation (4o) sera donc, dans le cas actuel, S+i2à[(£H£M£)'H où U désigne une fonction connue de t et des 3/i variables indépendantes #i. y h zi- Pour obtenir les mouvements des n points du système, il suffira donc de trouver une solution S de l'équation (54) aux dérivées partielles contenant le temps /, les 3/i coordonnées xt, yh zt et 3/i constantes arbitraires a,, a2, ..., a3„; après quoi, en désignant par (3,, (3,, ••■• Pa«» 3*1 nouvelles constantes arbitraires, les
2o INTRODUCTION. intégrales générales seront fournies parles formules les intégrales intermédiaires seront dx; d% dyt dS dz, dS Si la fonction des forces ne contient pas le temps explicitement, ce qui arrivera si les points matériels sont soumis seulement à leurs attractions mutuelles, on devra considérer, au lieu de (54), l'équation aux dérivées partielles suivante ; 2 si [(§,)'+ (f)'+ Si)']=u + -■ où a désigne une constante arbitraire, et en trouver une solution S' contenant les 3/i variables a?,-, yu *i et 3/i — i constantes arbitraires a,, aa, ..., a,,,., en dehors de la constante a ; les intégrales générales seront 8. Relations de Jacobi. — Nous allons démontrer un théorème qui nous sera utile dans la suite. Soit S une fonction de n quantités qtt q2t ..., qn et de n autres a,, a2, ..., a„; posons (a) <*) On pourra tirer de ces équations ( ) en fonction de ( n n n \> et, en portant ces valeurs dans les équations (6), on aura des identités que l'on pourra différentier par rapport à l'une quelconque des quantités a et p. On pourra tirer aussi des formules (a) et (b) (yT'",ln) en fonction de (*'*> "'M, \Plt P«» • • • , ?n / \?i, </«» • • • > ?» / et, en portant ces valeurs dans les équations (a), on aura des identités que l'on pourra différentier par rapporta l'une quelconque des quantités/? et q. Pl=W 3 -<>S oqt 3 -<* " p'=df. " P--55-.
INTRODUCTION. 21 Il en résultera, en désignant par i eik deux indices quelconques de la série i, 2, ..., /*, des dérivées partielles, au nombre de ^n2, de l'une de ces formes dpj_ dp± dqj_ dq± {C) <W d£k' <W d$k' et un second groupe de in2 dérivées partielles de la forme dpt ' dqt ' dpt ' dqt Les relations suivantes, dues à Jacobi, permettent d'exprimer d'une manière fort simple l'une quelconque des dérivées (c) au moyen de l'une des dérivées (d) : (e) ÉEL- ÊË*, U) dSL- È5Z, {6) d*k~ dqt' {b) d£k- dpt* ( f\ à£L——à*k ,,v dgt _ â$k W) d$k- dqt' {n) dxk~ dpt' Tel est le théorème qu'il s'agit de démontrer. Différentions les n équations (a) par rapport à qé, puis les n équations (b) par rapport à aA; nous trouverons (55) (56) d*S d'-S dqx dqt ' dqx datx d*S d'S dqt dqt dqt datx d*S d*S dctx datk dctx dqx -r .— -+- -= : d*x d*S dqt dqx doit doc, d*S dqt dqt dat dq, + ^S d<xk datx dqt dqx ^S àatt dqt àatt dqt dg* dctk dq* o, dactdack dottdqx dotk datdqt datk o, o, En multipliant les équations (55) respectivement par -^-, T^' *" et ajoutant, il vient q_ d*S dqt d'S dqt dctx / d'S dqx d'S âq, \ ~ àqx dqt dctk dqt dqt àctk '" dqt \dqx datx dxk dqt d<Xx dxk '") dcttf d*S dqx d'S âq, \ dq( \dqx dtxt datk dqtdott dotk " ') -+- , ce qui, à cause des formules (56), se réduit à _ d«S dqt d*S dqt ( â*S dctx d*S àct dqx dqt datk dqtôiji da.k \dotxdotk dqt dattdatk à<7,+■■■)'
22 INTRODUCTION. si l'on ajoute et si l'on retranche ^—->— > on peut écrire encore dak\dqt) dqt \dak)~° ou bien, en ayant égard à (a) et (b), àpi _ d$km da.h dqt ' c'est la formule (e). Différentions les n équations (b) par rapport à (3A; nous aurons <>*S dqt , d*S <ty, _ dati dqt d$k da, dqt d$k d*S dqt { d*S àqt t =Q (57) d*S dqt ^S <ty, daA<ty, (7(3* datkdqt dfik Multiplions ces équations (57) respectivement par -r^-1» ~y ••• et ajoutons, il viendra à*u _ àqt / d'S dati d»S do, \ <ty* — 5J5*\d«i<tyi <ty, dtxtdqt dqt '") àqt / d«S do, (PS do, \ <*(3* \d«, dqt dqt dat dqt dqt '") ce qui, à cause de (55), se réduit à àqt ~' \àqt àqi !ïfk + dq%âqt àqk + " " '/ dfik \âqt) ~ d$k' c'est la formule (/). Différentions les équations (a) par rapport à/>„ nous trouverons + ... = 0, dqt dati dpt dqx dxt dpt d'S fat . d«S ofo, , dqtd<xx dpt "^ d?,da, d/>, + ... —o, <ty* (tel d/>* <ty* da» d/>* 1
INTRODUCTION. 23 Multiplions ces équations respectivement par -Q> -Jp ••• et ajoutons, cela nous donnera d$k dpt\dqxdatx d$k <fy,da, d$k '") | <W d'S âg, t d»S dqt t \ + ; en vertu des relations (57), cela se réduit à agi _ d<xk dpk- dPt> c'est la formule (g). Multiplions enfin les équations (58) respectivement par -p1, ~ > • • et ajoutons, il viendra da2 ( d*S dqt à*S dq dpi \ dqi d<xt d<xk dq tà<xt dxk " ) ce qui devient, à cause des formules (56), dpt \àatk) àpt ' d<xk docld(xk àpt àxtàxk àpt c'est la formule (h). On pourra faire usage des relations (e), (/), (g), (h), quand on aura intégré les équations d'un problème de Dynamique par la méthode de Hamilton-Jacobi; en effet, les conditions (a) et (b) seront bien remplies, S étant une fonction de Çt* Ci, • •■. qa* a<» a». .... a„ et de /; en prenant les dérivées partielles, on n'aura pas, bien entendu, à se préoccuper de t.
CHAPITRE I. — LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 2J CHAPITRE I. DE LA LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE TIRÉE DES OBSERVATIONS. 1. Les planètes, dans leurs mouvements autour du Soleil, obéissent aux lois suivantes, que le génie de Kepler a fait jaillir des observations de Tycho-Brahé : i° Les planètes se meuvent dans des courbes planes et leurs rayons vecteurs décrivent des aires proportionnelles aux temps; i° Les orbites des planètes sont des ellipses dont le Soleil occupe un foyer; 3° Les carrés des durées des révolutions sidérales des planètes autour du Soleil sont entre eux comme les cubes des grands axes de leurs orbites. Nous allons appliquer aux mouvements des planètes les théorèmes de la Mécanique rationnelle; ces théorèmes reposent- sur le principe de l'inertie et sur le principe des mouvements relatifs. D'après la seconde partie du principe de l'inertie, quand un point matérielest en mouvement] si aucune force nagil sur lui, son mouvement est rectiligne et uniforme. Considérons une planète P dans son mouvement autour du Soleil; ce mouvement n'est pas rectiligne. Donc une force R agit sur elle à chaque instant pour l'éloigner de la ligne droite qu'elle décrirait si elle était absolument libre; nous nous proposons de trouver les lois qui régissent cette force, sa direction et son intensité. Chacune des lois de Kepler va nous fournir, à ce sujet, un renseignement important. Je rappelle d'abord le théorème suivant de la Mécanique rationnelle : Si la trajectoire d'un mobile est plane et si le rayon vecteur mené du mobile à un point fixe du plan de la trajectoire décrit des aires proportionnelles au temps, la force motrice est constamment dirigée vers ce point fixe. T. - I. 4
26 CHAPITRE I. En appliquant ce théorème à la première loi de Kepler, nous voyons que la force R, que nous savons agir à chaque instant sur la planète P, est constamment dirigée vers le centre S du Soleil. Le théorème des aires', mentionné plus haut, nous apprend seulement que la direction de la force coïncide avec la droite SP ; pour en conclure que la force R est bien dirigée vers le point S et non en sens contraire, il suffît de remarquer que la trajectoire elliptique de la planète tourne sa concavité vers le point S. La force qui éloigne à chaque instant la planète de la tangente à son orbite tend donc à la rapprocher du Soleil : c'est une force attractive. Puisque nous avons affaire à une force centrale, nous pouvons employer l'expression suivante de la force R m désigne la masse du point matériel P soumis à la force R dirigée constamment vers le centre fixe S; r la distance SP et 6 l'angle XSP que fait le rayon vecteur r avec une droite fixe SX passant par le point S et située dans le plan de la trajectoire; enfin c désigne le double de l'aire décrite par le rayon vecteur SP dans l'unité de temps; dans la formule (i), on a pris 6 comme variable indépendante. D'après la seconde loi de Kepler, l'orbite de la planète est une ellipse ayant le point S pour foyer. Soient (jfig. i) A le point de l'orbite le plus rapproché du Fig. i. foyer S, point que l'on nomme le périhélie (A', le point le plus éloigné de S, reçoit le nom d'aphélie); on aura sp = /-; xsp = e. Soient co l'angle constant XSA, v l'angle ASP, e l'excentricité, p le paramètre de l'orbite, on aura, par un théorème connu de la Géométrie analytique à deux dimensions, '--=—p— ; i + ecosf or
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 27 On aura donc d'où I I r~p d*1- r ~dëi~ -\— cos(0 — w): P g cos(0 — co). p cfii Si l'on porte ces valeurs de - et de -^ dans la formule (i), elle devient D me1 1 p r* ou bien m\i. en posant R- ,., "=7 Or, pour une même planète, m, c et p sont des constantes; donc la force qui retient une planète dans son orbite varie en raison inverse du carré de la distance de cette planète au Soleil. On voit que les deux premières lois de Kepler nous ont fourni des résultats importants; adressons-nous maintenant à la troisième loi. Soient a et b les longueurs des demi-axes de l'orbite de la planète P, T la durée de la révolution de cette planète sur son orbite; l'aire de l'ellipse étant égale à Tzab, l'aire décrite par le rayon vecteur r dans l'unité de temps est égale à -™- ; on aura donc 2i:ab C = -Y-' On a du reste 6S il en résulte p-^p~' P r. Tî En considérant le mouvement d'une autre planète P' autour du Soleil et désignant pour cette planète par R', r/f m, ja', a', T" les quantités analogues à R, r, m, (x, a, T, on aura '..' R' = m p ,.n
28 CHAPITRE I. Or la troisième loi de Kepler nous fournit la relation fl — —- il en résulte /*' = ** et r'1 Ainsi (x est le même pour toutes les planètes, et la loi de la force R' rentre dans celle de la force R; nous arrivons donc au résultat suivant : Soient P l'une quelconque des planètes, m sa masse; dans chacune de ses positions, elle est sollicitée vers le centre du Soleil par une force dont l'expression est —£} (X désignant une constante commune à toutes les planètes. Si nous considérons que les positions occupées successivement par la planète P sont comprises entre deux cercles concentriques de rayon a(i — e) et a(i -h e), de même que celles de la planète P' sont comprises entre les cercles de rayons a'(i — e') et a'(i + e'), ..., nous sommes conduits à admettre que, partout où se trouvera une molécule matérielle M, de masse m, située à la distance r du centre S du Soleil, elle sera nécessairement soumise à l'action d'une force dirigée suivant la droite MS et ayant pour expression ^£- 2. Après être arrivé au résultat précédent, Newton s'est proposé la question inverse : Un point matériel de masse m est soumis constamment à l'action d'une force dirigée vers le centre du Soleil et variant en raison inverse du carré de la distance : trouver sa trajectoire. On voit, par raison de symétrie, que la trajectoire doit être plane, son plan étant astreint à passer par le centre du Soleil et par la vitesse initiale du point matériel. Soit R = —£ la force donnée; on aura, par la formule (i), d'où *G-s) dO* (*-*)=-
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 29 On en tire, en intégrant et désignant par e et co deux constantes arbitraires, ^ = ^ecos(0— w), r c1 c1 v ' (2) 1 + ecos(0— co)' donc la courbe est une section conique ayant le point S pour foyer. Remarque. — On peut supposer e > o ; car, si la constante e était négative, on la changerait en une autre égale et de signe contraire en remplaçant dans l'équation (2) (o parr co -+- ir. Demandons-nous si l'on peut disposer des données initiales de manière que la trajectoire soit l'une quelconque des trois sections coniques. Soient 60 et r0 les valeurs initiales de 6 et de r pour t = t0, V0 la valeur initiale de la vitesse du mobile, et yj0 l'angle que fait cette vitesse avec le prolongement du rayon vecteur. On a, par les formules connues de la théorie des forces centrales, c V0 simo0 = r„ V0COSY}0=— C On en conclut, en ayant égard à l'équation (2), e sin(0o— &>)= —2 r0 simo0 cosyj0, (3) ' ** I ecos(0o — w) = —-f0 sinsY}0—1; ces équations déterminent sans ambiguïté les constantes e et (0; e est l'excentricité de l'orbite, comme le montre l'équation (2), et co est l'angle polaire qui correspond au périhélie; — est égal au paramètre p ou à on aura donc (4) a(i-c»)=^/-»siri"rj0. En élevant au carré les équations (3) et les ajoutant, on trouve V* 2V1 ei — ~-jr\ sinsY}0 + 1 ^ /•„ sinsïj0, 5" = ^r«8in«tj.(^-V»);
3o CHAPITRE I. la trajectoire sera une ellipse, une parabole ou une hyperbole, suivant que la valeur de i — e1 sera positive, nulle ou négative; si donc on a V% < —> la trajectoire sera une ellipse; ro VJ = -^> » » parabole; 7'o VJ > -^» » » hyperbole. On voit que le genre de la section conique ne dépend que des données initiales r0 et V0 et nullement de yj0. La formule (4) donnera ensuite, avec la valeur ci-dessus de i — e1, le grand axe de l'orbite est indépendant de yj0. 3. Orbites des comètes. — Kepler avait négligé d'étudier les mouvements des comètes, sans doute parce qu'il attachait une médiocre importance à ces astres qu'il considérait comme des « météores engendrés dans l'éther ». Newton voyant que, sous l'influence de la force considérée ci-dessus, un point matériel peut décrire autour du Soleil, non seulement une ellipse voisine d'un cercle, comme le sont les orbites des planètes, mais une ellipse très allongée ou même une parabole, Newton, disons-nous, fut amené à penser que, comme les planètes, les comètes décrivent des ellipses dont le Soleil occupe un foyer, toute la différence consistant en ce que les orbites planétaires sont peu excentriques, peu inclinées sur l'écliptique, tandis que les comètes décrivent des ellipses très allongées et situées dans des plans quelconques. On s'expliquera ainsi pourquoi les comètes ne sont visibles que pendant un temps limité; c'est le temps pendant lequel elles sont assez voisines à la fois et du Soleil et de la Terre pour que leur éclat permette de les apercevoir. On sait que la parabole est la limite d'une ellipse ayant même sommet et même foyer, et dont le grand axe augmente indéfiniment; il en résulte que, dans le voisinage du périhélie, l'orbite d'une comète, supposée elliptique et très allongée, différera fort peu d'une parabole ayant le Soleil pour foyer. Newton fut donc amené à penser que les orbites des comètes peuvent être considérées comme paraboliques. Il eut bientôt l'occasion de mettre ses idées à l'épreuve : le 14 novembre 1680 parut une comète qui se rapprocha rapidement du Soleil et disparut dans ses rayons le 5 décembre. Le 22 décembre suivant, une comète très brillante apparaissait de l'autre côté du Soleil. En calculant les observations des deux comètes, Newton démontra qu'elles ne formaient qu'un seul et même astre; elles avaient décrit chacune un arc d'une même parabole.
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 3l On a observé depuis un nombre considérable de comètes paraboliques; pour chacune d'elles, le centre du Soleil coïncide avec le foyer de la parabole et le rayon vecteur décrit des aires proportionnelles aux temps. Donc chaque comète, dans l'une quelconque de ses positions, est soumise à une force R dirigée vers le Soleil et ayant pour expression _ me1 i n = r- p rz Si l'on compare aux quantités c et p les quantités c' etp', c" et/?", ..., qui correspondent à d'autres comètes, on constate que l'on a cs _ c'* _ c"1 _ p~y~y~="; de plus, la valeur commune de ces rapports est égale à la quantité correspondante commune a toutes les planètes. Nous retrouvons donc la même loi d'attraction R = -^> où ja est une constante pour tout le système planétaire, et nous sommes en droit de considérer le centre du Soleil comme le foyer d'une force attractive qui s'exerce dans toutes les directions, sur tous les corps, proportionnellement à leur masse et en raison inverse du carré de la distance. On voit quelle force les comètes apportent à cette démonstration : à l'aide des planètes, on ne pouvait démontrer l'existence de l'attraction que pour des points situés dans le voisinage de l'écliptique; les comètes, au contraire, sillonnent l'espace dans tous les sens et, partout où elles pénètrent, elles nous montrent la même loi d'attraction qui les accompagne. 4. Pour passer de la loi d'attraction exercée par le Soleil à la loi de la gravitation universelle, il restait un pas difficile a franchir; voyons quelles sont les idées qui ont guidé Newton dans cette voie. Les observations démontrent que les satellites obéissent à très peu près aux lois de Kepler dans leurs mouvements autour des planètes. Considérons, par exemple, Jupiter et l'un de ses quatre satellites; nous désignerons par m, la masse de ce satellite et par r, sa distance au centre de Jupiter. On déduira des deux premières lois de Kepler concernant le mouvement relatif de ce satellite que, dans chacune de ses positions, il est soumis a l'action d'une force R, dirigée vers le centre de la planète et ayant pour expression ». - -7j- On démontrera l'existence d'une force analogue pour chacun des trois autres
32 CHAPITRE I. satellites, et, en partant de la troisième loi de Kepler, on prouvera que ja, est le même pour les satellites. Voilà donc le centre de Jupiter qui est le siège d'une force analogue à celle que nous avons reconnue dans le Soleil; les deux forces suivent la même loi : il n'y a de différence que pour les constantes jx et jx, . On peut en dire autant de toutes les planètes qui ont plus d'un satellite, savoir de Mars, de Saturne et d'Uranus; pour les planètes qui n'ont qu'un satellite, la Terre et Neptune, on ne peut appliquer que les deux premières lois de Kepler. On démontrera donc seulement que le satellite, dans chacune de ses positions, est soumis à l'action d'une force R, dirigée vers le centre de la planète et ayant pour expression R _"»if*i i Si l'excentricité de l'orbite du satellite était très forte, r, varierait dans des limites très étendues, et il serait bien démontré que la planète exerce une attraction variant en raison inverse du carré de la distance; mais, si l'excentricité est petite, et c'est le cas, les deux premières lois de Kepler ne permettraient guère de trouver la loi de variation de la force; elles prouveraient seulement son existence et permettraient de calculer son intensité moyenne. Il convient ici de faire une remarque au sujet des mouvements des satellites. PM Soient {fig. 2) S le Soleil, P Jupiter, M l'un de ses satellites: le rapport -5^ Fig. 2. étant très petit, les droites PS et MS peuvent être considérées sensiblement comme égales et parallèles. La force R = —£> émanant du centre du Soleil, doit s'exercer sur P et sur M. D'après ce qu'on vient de dire sur les^droites PS et MS, les forces PA et MB, appliquées respectivement à l'unité de masse de P et à l'unité de masse de M, pourront être considérées comme sensiblement égales et parallèles; ces forces auront donc seulement pour effet d'imprimer un mouvement de translation au système formé par Jupiter et ses satellites. D'après le principe des mouvements relatifs, les mouvements des satellites autour de la planète seront donc à peu près les mêmes que si la planète était immobile. Considérons actuellement la Terre et son satellite unique, la Lune; les deux premières lois de Kepler étant vérifiées, il en résulte que, dans chacune de ses positions, la Lune est sollicitée par une force R ayant pour expression c\ 1 _ 47TX m, 17T 7« — t* 7* Pi ri Li ' 1
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 33 et dirigée vers le centre de la Terre. L'excentricité de l'orbite de la Lune étant assez petite, on peut ne considérer que la valeur moyenne de R, et y faire r, = a, ; on aura ainsi 11 L'accélération moyenne correspondante à cette force sera 47i!a, <?i = —?Fr- > 11 évaluons-la en prenant pour unité de longueur le mètre et pour unité de temps la seconde sexagésimale de temps moyen; soit p le rayon de la Terre supposée sphérique. On a, à fort peu près, pour la distance moyenne de la Lune à la Terre, a, =: 6op; on a du reste 2 7ip — 4° 000 000m. Enfin, la durée de la révolution sidérale de la Lune est T, = 27J 7h 43m = 39 343m = 3g 343 x 6os ; on trouvera ainsi 4 7TS X 60 X 40 000 000 _ * = 27TX (39343 x 60)' = °^0027o6. Nous sommes évidemment portés à admettre que la Terre exercerait son attraction sur tout autre corps que la Lune et que cette force suivrait la loi de la raison inverse du carré de la distance. Demandons-nous ce qu'elle serait à la surface même de la Terre, c'est-à-dire à une'distance du centre de la Terre —2 soixante fois plus petite que dans le cas de la Lune; l'attraction sera 60 fois plus —ï grande et l'accélération correspondante sera égale à om,002706 x 60 = 9™, 74. Or l'accélération moyenne de la pesanteur à la surface de la Terre est g = 9™, 82, nombre très peu différent du précédent. Lorsqu'on tient compte de plusieurs causes secondaires que nous avons laissées de côté pour simplifier, on trouve entre les deux nombres une identité absolue. Que faut-il en conclure? Évidemment que la force qui retient la Lune dans son orbite n'est autre chose que la pesanteur terrestre affaiblie en raison inverse du carré de la distance. " Ainsi la loi de la diminution de la pesanteur qui, pour les planètes accompagnées de plusieurs satellites, est prouvée par la comparaison des durées de leurs révolutions et de leurs distances, se trouve démontrée, dans le cas de la T. - I. 5
34 CHAPITRE I. Terre, parla comparaison du mouvement de la Lune avec celui des projectiles à la surface de la Terre. Les forces d'attraction dont le Soleil et les planètes sont le siège ne doivent plus nous paraître aussi mystérieuses, puisque nous sommes familiarisés avec l'une d'elles, la pesanteur, par l'expérience journalière. L'analogie nous porte évidemment à admettre que les planètes qui n'ont pas de satellites, Mercure et Vénus, sont douées de la même force attractive. Nous ferons un nouveau pas en avant par la considération suivante : le Soleil attire Jupiter et ses satellites; Jupiter attire ses satellites, cela est démontré; mais on doit admettre que l'attraction de Jupiter s'exerce à toute distance et se fait sentir même sur le Soleil; ainsi, si le Soleil attire Jupiter, Jupiter aussi doit attirer le Soleil, et, d'après le principe de l'égalité de l'action et de la réaction, ces deux forces doivent être égales. Soient donc M la masse du Soleil, m celle de Jupiter, r leur distance, ja la constante qui figure dans la loi de l'attraction exercée par le Soleil, jx, la constante correspondante pour Jupiter; on devra avoir 7T — ~pr' On en conclut, en désignant par f une autre constante, ii — ti — r f* = fM; ainsi la valeur commune des deux attractions réciproques du Soleil et de Jupiter est U fMm§ les deux corps s'attirent donc proportionnellement à leurs masses et en raison inverse du carré de la distance. Nous avons fait abstraction jusqu'ici des dimensions des corps Célestes que nous avons réduits à leurs centres respectifs; mais la propriété attractive ne réside pas seulement dans ces centres : elle est propre à chacune des molécules des corps considérés. On peut le prouver pour l'attraction exercée par l'un de ces corps, la Terre; on démontre en effet que, dansle vide, tous les corps tombent avec la même vitesse. On peut diviser un corps en un nombre quelconque de fragments; le poids total est égal à la somme des poids des divers fragments; chacun d'eux, abandonné à lui-même, tombe dans le vide avec la même vitesse que le corps primitif; la pesanteur s'exerce donc sur les moindres parties des corps, et l'on doit admettre qu'il en est de même de l'attraction d'une manière générale. Ainsi le Soleil doit attirer toutes les molécules de chacune des planètes, de chacun des satellites; de même une planète doit attirer toutes les molécules du
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 35 Soleil. C'est de cette manière que Newton a été conduit à la loi de la gravitation universelle à laquelle souvent on donne simplement le nom de loi de Newton : Deux points matériels quelconques s'attirent mutuellement, proportionnellement à leurs masses et en raison inverse du carré de la distance. Soient M et M' les deux points, m et m' leurs masses, r leur distance; le point M est soumis à l'action d'une force MA dirigée vers le point M'; le point M', à l'action d'une force M'A' dirigée vers le point M; on a M'A' = MA = ^-'; la constante f est l'attraction de deux unités de masse a l'unité de distance. 5. Nous allons traiter une question intéressante qui se présente naturellement. La loi de Newton mérite-t-elle réellement la qualification (['universelle? Pré- side-t-elle aux mouvements des systèmes éloignés et, en particulier, aux mouvements observés avec tant de soin depuis W. Herschel dans les étoiles doubles. Pour se prononcer, il faut voir d'abord quelles sont les données précises de l'observation; elles sont résumées dans les deux lois suivantes : (a) Dans tous les systèmes binaires, la projection du rayon vecteur mené de l'étoile principale au satellite, sur le plan tangent à la sphère céleste, décrit des aires proportionnelles aux temps. (b) L'orbite apparente du satellite est une ellipse. Il convient d'insister sur ce point que l'observation nous donne ce qui se rapporte à l'orbite apparente et non pas à l'orbite réelle; c'est qu'en effet les mesures des astronomes se rapportent à la projection du satellite sur le plan tangent à la sphère céleste mené par l'étoile principale; le satellite pourrait occuper une position quelconque sur le rayon qui le jointà la Terre, en avant ou en arrière du plan tangent considéré. Au point de vue strictement rigoureux, il serait impossible de déterminer l'orbite réelle; il faut faire une hypothèse, et la plus naturelle est d'admettre que cette orbite est plane ('); il en résulte aussitôt que la loi des aires a lieu pour l'orbite réelle, et que cette orbite est une (!) La loi des aires ayant lieu pour la projection sur le plan tangent à la sphère, il en résulte quo la force rencontre la droite SO (S désignant la Terre, ou plutôt lo Soleil, et 0 l'étoile principale). On peut dire la même chose pour les autres étoiles doubles; S est d'ailleurs un point quelconque, n'ayant aucun rapport avec les points tels que 0; il est donc tout naturel d'admettre que la force passe toujours par le point 0; la force étant centrale, l'orbite est plane.
36 CHAPITRE I. ellipse, puisque sa projection sur le plan tangent, qui n'est autre que l'orbite apparente, est elle-même une ellipse; mais, dans l'orbite apparente, l'étoile principale est un point quelconque; la position du plan de l'orbite réelle est inconnue, et il nous est impossible de décider, par les observations usuelles, si l'étoile principale occupe réellement l'un des foyers de l'ellipse réelle. On démontrera immédiatement, de la même manière que pour les planètes, que, dans chacune de ses positions, l'étoile satellite est soumise à l'action d'une force R dirigée vers l'étoile principale; mais il ne sera pas possible d'arriver à la connaissance de l'intensité de R en partant de cette unique donnée, que le satellite décrit une ellipse. Toutefois, on peut généraliser les conclusions des observations en remarquant que les étoiles doubles dont on connaît les mouvements relatifs sont nombreuses; que ces mouvements sont très différents d'un système binaire à un autre, pour ce qui concerne les dimensions, les excentricités, etc. des ellipses, et il est naturel d'admettre que la force R est telle qu'elle ferait décrire à un satellite quelconque une conique, quelles que soient, à l'époque initiale, la position du satellite et sa vitesse, en grandeur et en direction. Nous admettrons enfin que l'intensité R de la force ne dépend pas de la vitesse du satellite, mais seulement de sa position. Soient : Ox, Oy deux axes rectangulaires menés par l'étoile principale 0 dans le plan de l'orbite réelle; x et y les coordonnées du satellite M à l'époque t; Ha distance OM. Les équations différentielles du mouvement de M seront cPx _. x m—j- = — R-, dt r (5) [ ^ m^--RF' où R = $(;r, y) est une fonction inconnue des deux variables indépendantes <r et y; il s'agit de déterminer cette fonction de manière que l'orbite qui résulte de ces équations différentielles soit une conique, quelles que soient les valeurs initiales x0,y0, x0 — (-^A , y'0=. (737) des coordonnées et des composantes de la vitesse. Ce beau problème a été proposé par M. J. Bertrand, dans le tome LXXXIV des Comptes rendus de l'Académie des Sciences; ce même volume renferme deux solutions complètes et entièrement différentes, dues à M. Darboux et à M. Halphen. Depuis, M. Darboux a développé sa méthode dans l'une des Notes remarquables dont il a enrichi la Mécanique de M. Despeyrous. Nous allons reproduire
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 37 ici la solution de M. Halphen, avec quelques modifications qui rendent peut-être la démonstration un peu plus longue, mais lui donnent, à ce qu'il nous semble, plus d'homogénéité. Nous ferons Idx , dy , ~dt ~ X ' dt ~ * ' R =— mur; u sera comme R une fonction inconnue de x et y\ les équations différentielles (5) se trouveront donc remplacées par le système suivant : Idx dy , dx' dy' —r-=x\ -£=y', —r-^ux, -5- = uy, dt ' dt J dt dt "' u = W(x, y). Nous aurons dans la suite à prendre les dérivées par rapport au temps de fonctions des quatre quantités x, y, x',y'; nous les calculerons par la formule suivante, qui se déduit immédiatement des équations (A) dv, , /x ,ॠt ,ॠt / dF d¥\ dans le cas où la fonction F ne contient que x, cela se réduit à Lemme. — Trouver l'équation différentielle commune à toutes les coniques. L'équation générale des coniques est (8) A.r2+2B^>' + CjJH-âFa? + 2GiX + H = o; elle définit y en fonction de x et de cinq constantes arbitraires. Prenons x pour variable indépendante et différentions cinq fois de suite, nous trouverons, en désignant les dérivées par la notation de Lagrange, Cyy' +B(a:/+y) + Xx-h G/' + F = o, C(jJff +.r") +B(*/' + 2/)+A -hGy" =o, (9) {C(yym+3y'y") +B(^ + 3j') + G/" =o, C(j/v-H4j'r+3/'«) +B(*/v+4.r") +G/V =o, C( JJV + 5/j,v+io/y ) + B{xyv + 5/v) + Gjv = o.
38 CHAPITRE I. A Il reste à éliminer entre les six équations (8) et (9) les cinq quantités g» • • •, h; les trois dernières des équations (9) contiennent seulement, et sous forme ho^ mogène, les trois quantités B, C, G; on aura donc le résultat de l'élimination en égalant à zéro le déterminant A = yy" + 3/'/' //v+ 4/7* +3/" y y -+■ 5y'ylv-h ioy"y" xym _,_ 3y xylv+by" *y + 5/,v y y y On trouve aisément, en partant des propriétés élémentaires des déterminants, que A se réduit à o sy y A= 3/'» ky" yv en supprimant le facteur y et revenant à la notation différentielle, il vient (B) /cPyYd'y ,rd*y cPy cPy . /rf*y\* L'ordonnée d'une conique quelconque vérifie cette équation, et, réciproquement, toute fonction de x qui y satisfait pourra être considérée comme l'ordonnée d'un point quelconque d'une conique dont a? serait l'abscisse. Il faut maintenant considérer l'une quelconque des trajectoires qui résultent des équations (A), regarder^ comme une fonction de x, former les dérivées d~^' '"' cT*' et^essu^stituer dans la relation (B). On a d'abord, en tenant compte des formules (A) et (7), dy__y_ dx x' ' . d*y x'uy—y'ux x . . = — dx1 x' ou bien (.0) *"^ = «r-/*)«• Remarquons que, d'après la loi des aires, le binôme x y — y'x est constant; en ayant égard à cette remarque et aux formules (7) et (7'), on déduira aisément de la formule (10), différentiée plusieurs fois par rapport au temps, les
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 39 formules suivantes : 'idl^—i<x'y — yx)(x'-d^ — iouxx,d^ — 3«^,!!+i5a3^2y X op y I d3 u d^ u f du *"d£ = ^'y-y'^ [*" *?■ ~l5"**"** ~ l0XX'\-di -=-(io$ a* X* x'—i6a.r'3) + 45a*a?a?'î—io5a*a?3 Portons ces valeurs (10) et (n) dans l'équation (B); nous apercevons de t / /p' y y' /p \^ , suite le facteur commun -— M;—-; supprimons-le et effectuons les calculs; il y aura, après les réductions, encore un facteur x'3, et il restera seulement du ~di' . d?u ,„ du diu . /du\3 (i2> a^-4ow^^+4oUJ=9 Cette équation se simplifie notablement en posant (i3) u =. w s; w sera, comme m, une fonction de x ety\ on trouve sans difficulté que l'équation (12) devient simplement r d*w -\dw (C) ~dT=w Tt' Il nous reste à calculer -j- et —r^\ en ayant égard aux formules dx' -l dy' dt ' dt 7 on trouve rfw , dw ,dw dt dx J dy d*w __ /3 d3w , o „ , à3w „ , ,2 d3w ^a -if ,&w _,_ ,d»w\ 3 -1/ dw dw\ / .dw ,àw\
^o CHAPITRE I. en portant ces deux dérivées dans l'équation (C), il vient d3w „ „ , d3w , 2 , ,, d3w j3à*w -,.'3 (D) +^v \_*w\*T*+y^riï\*iï+yto)\ Cette équation doit avoir lieu quel que soit t, et en particulier pour t = o, auquel cas, comme on l'a vu, x, y, x', y peuvent être quatre quantités quelconques, indépendantes les unes des autres. L'équation (D) donnera donc les six équations suivantes : d3 w d3w à3 w d3 w (l4) dx1=°' lxTdy~°y ~dx~dy-°> dy*~0i (d1 w d1 w \ âw / dw dw\ (dxw d*w \ dw / dw dw\ y dy1 dx dy) ày\ dx dy )~ iw (,5) iw Les formules (i4) montrent qu'en désignant par a, b, c, /, g, h six constantes arbitraires, w est de la forme (E) w = ax%-\- ibxy + cy*-\- ifx + igy ■+- h. Substituons cette expression dans les relations (i5), et nous trouverons, après réduction, (bf-ag) xy-h(cf - bg)y*-h (/« - ah) x + (fg-bh)y = o, (bg— cf)xy-h(ag— bf)x1-h(fg—bh)x-h(g* — ch)y = o. Ces deux équations devant avoir lieu quels que soient x et y, on en conclut ag — bf = o, (16) ( bg — c/=o; (17) \ g1 — ch=o, fg — bh = o. On tire des formules (17) fh(ag—b/) = o, gh(bg — cf) = o; si donc aucune des quantités/, g, h n'est nulle, les relations (16) sont une conséquence de (17), et il suffit de vérifier ces dernières.
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. /\l Or l'équation (E) donne (18) *>=±[(/x-hgy-hhy-V*-ah)x*-(g>-ch)y>-2Vg-bh)xy)l ce qui, à cause des formules (17), se réduit à h Les formules (6) et (i3) donnent ensuite (F,) R, = mA» (Jx+gy+hf c'est une première loi pour la force cherchée; quelles que soient les quantités /, g, h, la trajectoire sera une conique. Supposons maintenant h = o; les formules (17) entraînent/= o, g=o; elles sont alors vérifiées, ainsi que les relations (16); on a donc w = ax--\- ibxy ■+- cy*, r (F,) R, = m 3, (ax*-h ibxy ■+- cy1)1 c'est une autre loi de la force; les constantes a, b, c peuvent être quelconques. Dans le cas où /= o, (16) et (17) donnent ag=.bg = ah = bh = o, g* = ch, d'où a = b = o; en portant dans la formule (18), il vient h la valeur correspondante de R s'obtient donc en faisant /= o dans la formule (F,). Ainsi il y a deux lois de forces, et rien que deux, qui répondent à la question; mais les forces R, et R2 contiennent non seulement r, mais encore l'angle polaire 6 = arctang-- Si l'on veut que ces forces ne dépendent que de r, ce qu'il est naturel d'admettre, on devra faire, dans (F, ), /= g—o, et, dans (F2), a = c et b = o ; on T. — I. 6
42 CHAPITRE I. trouve ainsi R, = mp.r, La première de ces lois est incompatible avec les observations, car, si elle avait lieu, le satellite décrirait toujours une ellipse ayant pour centre l'étoile principale, et cette propriété se conserverait dans l'orbite apparente; or les observations montrent qu'en général cela n'a pas lieu; il ne reste donc que R2 = —~ ou la loi de Newton. Conclusion au point de vue de V Astronomie. — On voit par ce qui précède qu'il est impossible de conclure d'une façon rigoureuse que la loi de Newton préside aux mouvements des étoiles doubles; toutefois, cela est très vraisemblable, puisque les autres forces qui pourraient expliquer les mouvements observés seraient telles, qu'à des distances égales une même étoile exercerait sur des masses égales des attractions variables suivant les diverses directions. Remarque. — Dans les Additions à la Connaissance des Temps de i852 se trouve un Mémoire de M. Yvon Villarceau ayant pour titre : Du mouvement des étoiles doubles, considéré comme propre à Journir la preuve de l'universalité des lois de la gravitation planétaire. M. Villarceau s'était demandé déjà si la force qui produit les mouvements observés dans les étoiles doubles rentre nécessairement dans la loi de Newton; il avait vu que d'autres forces centrales, dépendant des deux coordonnées du satellite, peuvent lui faire décrire une ellipse autour de l'étoile principale; mais il avait laissé subsister dans l'expression de la force les paramètres qui figurent dans l'équation de l'ellipse considérée, et n'avait pu ainsi s'élever aux deux lois générales exprimées par les formules (F,) et (F2). Dans un Travail inséré au tome XXXIX des Monthty Notices of the Royal astronomical Society, M. Glaisher a fait observer, à l'occasion des beaux résultats obtenus par MM. Darboux et Halphen, que Newton avait montré (Principes, Fi g. 3. Livre I, scolie de la Proposition XVII) que, si une ellipse E (fig. 3) est décrite par un mobile M sous l'action d'une force S proportionnelle à la distance et dirigée
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 43 constamment vers le centre C de cette ellipse, elle peut être décrite aussi sous l'action d'une autre force R dirigée constamment vers un point fixe 0 choisi à volonté, pourvu qu'entre les intensités R et S on ait toujours la relation s ômIcm R~ CG8 ' G désignant le point où la tangente MT est rencontrée par le rayon CG parallèle à OM; on a, par hypothèse, S = fx.CM; il en résulte donc r="-om(ot)s- M. Glaisher montre géométriquement, et l'on peut le faire par un calcul des plus simples, que -r^r est une fonction du premier degré des coordonnées rectangulaires du point M; on voit donc que la force R qui résulte de la remarque de Newton rentre dans la formule (F,). Enfin, M. Glaisher rappelle que W. Hamilton avait prouvé que, si un mobile est attiré vers un point fixe par une force qui soit directement proportionnelle à la distance comptée du point fixe et inversement proportionnelle au cube de la distance du mobile à un plan fixe, ce mobile décrira toujours une conique; c'est en quelque sorte la réciproque du théorème qui résulte de la remarque de Newton. Il est inutile d'insister sur la différence de ces résultats, et de la réponse générale donnée par MM. Darboux et Halphen au problème nouveau proposé par M. Bertrand. 6. On vient de voir qu'on peut trouver l'expression de la force capable de produire les mouvements des planètes, quand, au lieu de se donner les trois lois de Kepler complètes, on n'en regarde qu'une partie comme démontrée par l'observation. M. Bertrand a été plus loin dans cette voie (Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, t. LXXVII, 1873) en résolvant le problème suivant : On considère une planète attirée par le Soleil suivant une force dont Vintensité ne dépend que de la distance. On suppose connu ce seul fait : que la planète décrit une courbe fermée, quelles que soient à l'époque initiale la position de la planète et sa vitesse, en grandeur et en direction. On demande de trouver la loi d'attraction d'après cette seule donnée. Il est entendu toutefois que la vitesse initiale V„ doit être inférieure à une certaine limite.
44 CHAPITRE I. Le mouvement s'effectue dans un plan passant par le centre 0 du Soleil; il est produit par une force centrale; donc la loi des aires a lieu. Soient r et 6 les coordonnées polaires de la planète à l'époque t, l'origine de ces coordonnées étant placée en 0: représentons l'intensité R de la force motrice par R = m/(r), et par k la constante des aires; nous aurons, par une formule connue, en ayant égard à l'intégrale des forces vives et désignant par r0 la valeur initiale de r, -"[©■-GOl^-r f(r)dr. Nous ferons et il viendra d'où 7 = -t 7 = so, rV(r) = 9(a), *s(s+5,)=vo'+2/%(*)^; d9= kdz Nous poserons encore il <f(z)dz=ty(z)} et nous supposerons que l'axe polaire passe par le rayon vecteur initial ; nous aurons ainsi ('9) 9=*£i/v>.-£+«.) On trouvera aisément, par les formules ci-dessus, (20) R = |/ns* <]/(*); on aura enfin (2I) *=roVosinYj0 = V0sinT)0 £« en désignant par y)0 l'angle que fait la vitesse initiale avec le prolongement du rayon r0. Si l'angle yj0 est obtus, r commencera par décroître, et z par croître à partir
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 45 de z0; on suppose essentiellement que la trajectoire est fermée et ne rencontre pas le Soleil; z ne croit donc pas indéfiniment, mais seulement jusqu'à un maximum {3; la quantité fi doit annuler le radical qui figure dans la formule (19). Ainsi, on a la relation (22) V02-*'(3> + <K(3) = o. Pour z > p, le radical considéré deviendrait imaginaire; z va donc décroître et repasser d'abord par les valeurs précédentes jusqu'à z = z0; on voit aisément que le rayon vecteur minimum r, = g sera un axe de symétrie de la courbe; r croîtra encore au delà de r0 = —, mais pas indéfiniment, puisque la courbe est supposée fermée; z décroîtra donc jusqu'à une valeur a qui annulera aussi le radical considéré plus haut. On aura donc (23) v»-*»«» + <K«) = of (<*<P); le rayon vecteur maximum r2 = - sera aussi un axe de symétrie de la courbe. Soient OM1 le rayon vecteur minimum r, (fig. 4), OM2 le rayon vecteur maxi- Fig. 4. mum r2, 0 l'angle M,OM2; la courbe se composera d'une série d'arcs égaux à M, AM2,et l'on aura (24) *-.k f -— dz Pour que la courbe se ferme d'elle-même, il faut que l'angle 0 soit commensu- rable avec ir; on devra donc avoir, en désignant par >. le quotient de deux nombres entiers, 0 = Xtt, d'où
^5 CHAPITRE 1. Cette équation devra avoir lieu, quelles que soient les conditions initiales; donc, quelles que soient les quantités V0 et k [(cette dernière dépendant des données initiales par la formule (21)]. Or on tire de (22) et (23) m_<KP)-<K") „.,_«»<H(3)-(3»<H«) vo— (3*—a» et, en reportant dans (23), il vient C2 j 27r ya </***&)-fm«)-*wp)-wi+ip-«*)m*) il faut déterminer la fonction <|>(s) de manière que cette équation ait lieu quelles que soient a et {3. Remarquons d'ailleurs que le nombre fractionnaire \ devra être indépendant de a et p; car, s'il changeait d'une orbite à l'autre, une variation infiniment petite de a et fi, ou bien des conditions initiales, apporterait un changement fini dans le nombre des arcs égaux à M, AMa dont se compose la courbe. Posons (27) (3 = A-he, <z = h — e, z = A-heÇ; l'équation (28) devra avoir lieu quels que soient h et e; aux limites a et p de z correspondront les limites — 1 et -+-1 de £; nous allons développer suivant les puissances de e, par la série de Taylor, les quantités les séries seront convergentes si e est assez petit. Écrivons d'abord l'équation (26) comme il suit : (28) Xtt= C dz = ft- J« V((3 a)+(P)-+(«)"(*"a) Nous négligerons e% sous le radical ; pa — aa contenant c en facteur, on pourra prendre T T i.2T 1. a.3T 1.2.3.4 <K*)-*K«)_ «KP>-<K«>~ \T iT i.aT i.a.3T 1.2.3.4 /_ ty + lY+±- <j/ + _g—d,» + e ,4*"-*-... T IT I.2T 1.2.3' 1.2.3.4 — ^_£^' + _£L^ ^-çO^h ^0-7 ^,v— ...^ V iY i.2Y i.a.3Y i.a.3.4Y /.
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 47 où l'on a écrit, pour abréger, ^, <|/, ... au lieu de '\i(h), '\>'(h), ...; en réduisant et développant le dénominateur suivant la puissance de e, il vient i — C* i -+-13 i — £* 1/ * 1/ x (" + g)f Le^ + JJtLLe»,^_i_i_e3^ + >i> <K-g) —<K«)_ 2 T 6 T 24 T _/,+c i-rcr , i+c3c>r i-^^r 4 4/ ia 4/ 48 Ç-)K?--) _ 1 h- g 1 — g' <K » 1 — g' , <T 1 — g* 3^T 1 —g' ,i^K — 2 4 ed/ ç 12 e <]/ 48 e d/ + 24 e d/« +'" La quantité placée sous le radical de la formule (28) se réduit à e2(i — Ç2) est un facteur commun à tous les termes; on a ensuite J v^g^y/i d/ 3 l|/ 12 d/+6 d/« +* ou bien, en faisant £ = sinl; et développant en série suivant les puissances de e, 1 /* [ sin£ Aed/ 1 + sin»g Ae»d/* /—rW « Ll+~ê- y-hy+ 24 d/-Ad/ 12 d/(d/— /td/) + 24 (d/ — Ad/)» + ...]* Or on a il vient ainsi , v o •> * r Ae* / A^» 9I1V wù-\ 1 (29) e = xff = -r=^[«+wy_Ar)(yI^ + 3r-^y-)4--..J. Cette équation doit avoir lieu quels que soient e et h, en particulier quel que
48 CHAPITRE I. soit e; on en conclut (3o) X = V^ La formule (3o) donne, en remettant h en évidence sous les signes <|/ et '«l/, d'où, en désignant par C une constante arbitraire, (32) V(h) = Chi~*'1 si l'on porte dans l'équation (3i) cette valeur de <\>'(à) et les expressions qui en résultent pour '\>"(h), '\>m(h) et ^(A), on trouve aisément S(-*)(«-i)*^=* d'où ces deux valeurs X=i, X = i, qui sont bien commensurables. La formule (32) donne ensuite ces deux valeurs de y (h) f(A) = Ci f(A) = CA-»i et, en employant ensuite la formule (20), il vient _ mC mu. a r1 r1 n mC Ri = r = mur. Telles sont les deux seules lois d'attraction qui permettent au mobile de décrire une courbe fermée quelles que soient les données initiales (la vitesse étant cependant au-dessous d'une certaine limite); si l'on suppose l'attraction nulle à une distance infinie, il ne reste que ou la loi de Newton, qui aurait pu être ainsi déduite de ce seul fait conclu de l'observation : qu'une planète quelconque décrit une courbe fermée, sans qu'on soit obligé de connaître la nature de cette courbe.
LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. 4g 7. Théorème de Newton. — Supposons qu'un point matériel M de masse m soit attiré vers un centre fixe 0 par une force d'intensité (33) R = mjuL/»; les calculs du numéro précédent seront applicables en remplaçant/(r) par jxr"; le rayon vecteur r restera toujours compris entre un minimum OM, = r, =-» et un maximum OM2 = r2 = -; la courbe se composera d'une série d'arcs égaux à M, AM2. Soit encore 0 l'angle M,OM2; on trouvera sa valeur en partant de la formule (29) et remplaçant '\>'(h) par son expression conclue des formules (20) et (33). On aura hù"(h) il viendra donc e=-pg=r,+(,,-,)(/,,+a)^+...i. Les formules (27) donneront d'ailleurs e_ _ (3 — « _ rt — r, A ~" (3 + a ~~ r, + r, ' on trouvera ainsi Telle est l'expression de l'angle compris entre un rayon vecteur minimum r, et le rayon vecteur maximum suivant r2, lorsque la force centrale est représentée par la formule (33); si les données initiales varient de telle façon que la différence r2— rt tende vers zéro, on aura (35) lim0 = v/w + 3 C'est dans cette relation que consiste le théorème de Newton; on voit qu'il se rapporte à une orbite presque circulaire décrite sous l'influence d'une force centrale proportionnelle à une puissance de la distance. Pour les mouvements des planètes autour du Soleil, on a n = — 2, R = —£, et la relation 0 = tt est rigoureuse; mais on peut se demander ce qui arriverait si l'on modifiait d'une très petite quantité l'exposant — 2 de la loi d'attraction; T. - I. 7
30 CHAPITRE I. — LOI DE LA GRAVITATION UNIVERSELLE. si l'on supposait par exemple n = — 2,001, il en résulterait yi — 0,001 \ 2 / On voit donc que, si l'exposant de la loi d'attraction différait de 2 seulement de 0,001, l'angle formé par deux rayons vecteurs maxima et minima consécutifs de l'orbite d'une planète différerait de 1800 de plus de 5'. Nous supposerons l'orbite peu excentrique; le second terme de la formule (34) est très petit à cause des facteurs (r2 — r,)2 et n -+- 2 = 0,001, de sorte qu'on peut employer la formule (35). L'orbite se composant d'une infinité de parties identiques à celle qui est comprise entre un rayon vecteur maximum et le rayon vecteur minimum suivant, on voit que le point le plus rapproché du Soleil, le périhélie (fig. 5), BL "•\ Fig. 5. A S "»/ M,AB = i8o% M,AC = i8o', BSM, = 5'a4'; M.SM^ io'48\ se déplacerait à chaque révolution de 10'48', c'est-à-dire d'une quantité considérable et tout à fait incompatible avec les observations. La fixité des périhélies planétaires prouverait donc à elle seule que, si l'attraction solaire est de la forme —£t on doit avoir n = 2. Les résultats précédents sont dus à Newton (Principes, Livre I, Prop. XLV). Remarque. — Le terme en ( r*~r*\ disparait de la formule (34) pour n = 1 et n = — 2; il en serait de même des termes suivants en (7'~r') > (r*~r|) >•••; Vi+rJ \rt-hrj car, pour/i = i, l'attraction est proportionnelle à la distance, la trajectoire est une ellipse ayant pour centre le centre d'attraction; on a donc toujours 0 = -, quel que soit le rapport r'~7' ; c'est bien à quoi se réduit alors l'expression • r*-t" '1 y n -+- 3 Pour n = — 2, cette même expression est égale à tt ; la trajectoire est une ellipse ayant l'un de ses foyers au centre fixe, et l'on doit avoir 0 = ir, quel que soitr*~r'-
CHAPITRE H. — GÉNÉRALITÉS SUR l'aTTRACTION. 5l CHAPITRE IL GÉNÉRALITÉS SUR L'ATTRACTION. — ATTRACTION DES COUCHES SPHÉRIQUES. ATTRACTION D'UN CORPS SUR UN POINT ÉLOIGNÉ. 8. Newton a donné à sa loi une généralité que n'exigeaient pas les lois de Kepler. Il en résulte que les planètes ne peuvent plus se mouvoir dans des ellipses, obligées qu'elles sont d'obéir, non seulement à l'attraction du Soleil, mais encore aux attractions des autres planètes, c'est-à-dire à des forces nombreuses, complexes et variables à chaque instant. Les lois de Kepler cesseront donc d'être vérifiées rigoureusement; elles ne représenteront plus qu'une première approximation des mouvements. Il faut maintenant prendre la loi de Newton comme point de départ et en déduire par l'Analyse les mouvements des corps célestes; on aura ensuite à comparer les résultats du calcul à ceux de l'observation. Nous ferons une première simplification en nous bornant à considérer seulement les corps qui composent notre système planétaire, et laissant de côté les étoiles. Les distances des étoiles au Soleil sont très grandes par rapport aux dimensions du système solaire; ainsi l'étoile la plus rapprochée est environ 7000 fois plus éloignée du Soleil que ne l'est Neptune. Dans ces conditions, les attractions provenant des étoiles, avec les données admissibles sur leurs masses, pourront modifier un peu le mouvement de translation du système solaire dans l'espace, mais ne dérangeront pas d'une façon appréciable les mouvements relatifs dans l'intérieur du système, et ce sont ces mouvements qui nous intéressent. Considérons l'un des corps de notre système; nous pouvons décomposer son mouvement en deux autres : le mouvement de son centre de gravité et le mouvement du corps autour de son centre de gravité. De là les deux principaux problèmes de la Mécanique céleste : i° Déterminer les mouvements des centres de gravité des corps célestes;
52 CHAPITRE H. 2° Déterminer les mouvements des corps célestes autour de leurs centres de gravité. Nous commencerons parle premier problème, qui fera l'objet du tome I de cet Ouvrage; la solution du second ne sera donnée que dans le tome II. Nous nous appuierons sur le théorème du mouvement du centre de gravité : Les équations différentielles du mouvement du centre de gravité d'un système sont les mêmes que si toute sa masse y était concentrée et si toutes les forces qui agissent sur les divers points du système y étaient transportées parallèlement à elles-mêmes. Soient A et A, (fig. 6) deux des corps célestes, M un élément de masse déterminé du premier, M,, M',, ... les éléments de masse du second; le point M Fig. 6. sera soumis à l'action de forces connues dirigées suivant les droites MM|t MM',, .... Il faudra d'abord trouver la résultante MR de toutes ces forces, puis déterminer la résultante générale des forces MR qui correspondent à tous les éléments M du corps A, toutes ces forces étant transportées parallèlement à elles-mêmes au centre de gravité G de ce corps. On voit donc que la première question qui se présente est la détermination de l'attraction d'un corps sur un point extérieur; on est amené tout naturellement à considérer en particulier le cas où ce corps est sphérique et homogène, ou composé de couches sphériques concentriques homogènes; on y est conduit par l'observation qui nous montre les corps célestes sous des figures peu différentes de la sphère, et par l'hypothèse de la fluidité primitive. 9. Soient A {fig. 7) un corps donton veut calculer l'attraction R sur un point extérieur N, dm l'élément de masse qui correspond au point M, (x la masse
GÉNÉRALITÉS SUR L'ATTRACTION. 53 du point N, u la distance MN; l'élément M exerce sur le point N une attraction NB dirigée suivant NM et ayant pour intensité fpdm Il faut trouver la résultante de toutes les forces, telles que NB, appliquées au point N, quand l'élément M parcourt toute la masse du corps A. Pour y arriver, prenons trois axes de coordonnées rectangulaires Ox, Oj, Oz ; désignons par x, y, z les coordonnées du point N, par a, 6, c celles du point M, par p la densité du corps au point M, enfin par X, Y, Z les composantes parallèles aux axes de l'attraction cherchée R. Décomposons la force NB en trois autres parallèles aux axes; elles auront pour expressions, en grandeur et en signe, , dm a — x , dm b — y , dm c — z ^ u1 u ^ u1 u ^ u* u On peut maintenant faire la somme algébrique de toutes les composantes parallèles à Ox, et de même pour les deux autres axes. On trouve ainsi X = f*V ^ï^dm' (0 < Cc—z z =ffv 1~n?~dm' où u = ^(a — xy-h (b—yy-h(c — zy. En remplaçant dm par p dadbdc, on peut écrire aussi X = îlxJ j j ^-^Pdadbdc> Z =ÇlxJ J J °:—^rLPdadhdc' On doit supposer que p est une fonction connue de a, by c, F(a, 6, c) ; dans les formules (Y), les intégrations s'étendent à toute la masse du corps A. On est donc ramené au calcul de trois intégrales triples. On peut faire dépendre la détermination de X, Y, Z de celle d'une seule intégrale triple. Posons, en effet,
54 CHAPITRE II. OU rrrpdadbdc _ r r r F(«, », o ., K ' J J J « JJi ^F^FFTF+F1^ les intégrations s'étendant à toute la masse du corps A ; on voit que V sera finalement une fonction de x, y, s; c'est ce que l'on nomme Injonction potentielle ou simplement le potentiel relatif à l'attraction du corps A sur le point M(#,y, z). La formule (2) montre que le potentiel représente la somme des éléments de masse du corps divisés par leurs distances au point attiré. Nous supposerons essentiellement ici (') que le point N est extérieur au corps ou plutôt qu'il ne fait pas partie de la masse du corps; dans ces conditions, les éléments différentiels, dans les formules (1') et (2'), sont toujours finis; X, Y, Z et V sont des fonctions continues et finies de x, y, z. Cherchons la dérivée partielle de V par rapport à x. Dans la formule (2'), l'élément différentiel reste toujours fini; les limites des intégrations sont indépendantes de x; on peut différentier sous le signe I I I ; on trouve ainsi ~J J J àx à\ m (3) -^= / / / -^pdadbdc. Or on a u1 — (x — a)* + (y — bf -h (z — c)1, d'où u 1 a.u1 x — a dx au' dx u9 f l'équation (3) donnera donc Jx[=fff^pdadbdC' En comparant avec (1'), on obtient la première des trois formules suivantes : (4) X = f>^' Y = f>^' Z = f>dT Il suffira doic de déterminer la fonction V pour que X, Y, Z, et par suite l'attraction R, soient connus en grandeur et en direction. Désignons par r le rayon vecteur ON mené de l'origine 0 des coordonnées au point attiré N, par P la projection de la résultante R sur la direction ON, comptée positivement dans le sens ON et négativement dans le sens contraire. (•) Une théorie plus complète du potentiel sera donnée dans le tome II de cet Ouvrage.
GÉNÉRALITÉS SUR L'ATTRACTION. 55 On peut appliquer la première des équations (4) en supposant que, pour un moment, l'axe des x coïncide avec ON; on trouve ainsi la formule dY la signification de la dérivée -p- est la suivante : soient, sur le prolongement de ON, N'un point infiniment voisin deN, NN'= Sr, V-+- SV la valeur du potentiel pour le point N'; on aura d\ .. ÔV ^ = limôT dîY d*Y d*V 10. Equation de Laplace. — Calculons l'expression -=—T -h -py -+- -pj- en partant de la formule (2'). Nous pourrons différentier deux fois sous le signe / / / ; nous trouverons donc ^V d*V d'Y I I I [" u diTi , diû 1 + dz>-J J J \dx* ^ + -dï/pdadbdc; or on a d'où dx* ây1 ôz- J J J \<te2 dy a a3 1 x — a x — a dx* dx ~~ u3 u" u d» 1 di - d*- u u u 3 3 r/ ., , ... . v._ 3 3, On a donc, pour toutes les valeurs de x,y, z qui répondent à des points ne faisant pas partie du corps attirant, l'équation remarquable ^V d*Y â*X ( ' dx* + dy* + dz* ~ qui a été découverte par Laplace. . 0 11. Attraction des couches sphériques homogènes. — Considérons une couche sphérique homogène d'épaisseur finie et cherchons son attraction sur un point N ne faisant pas partie de la couche, situé soit à l'extérieur, soit dans l'intérieur de cette couche. Prenons le centre 0 de la couche pour origine des axes; il est évident a priori que le potentiel V ne doit dépendre que de la distance rdu point N au point 0; d'ailleurs la fonction V doit vérifier identiquement l'équation (G). On aura
56 les formules suivantes : CHAPITRE II. r* = x*-\-y*-h z*, dr x dx r dV dV dr dV x dx~ dr dx~ dr ry d*V__d*\_/x\* dX(l_^\ dx1 ~ dr1 \r ) + dr \r r* )' d*V dr1 d*\ r dr* d -h + «V a dV r dr dV 2d? r — = o = o = o Ajoutons cette expression de ->—,- aux expressions analogues de -3-7 et -p^> et portons dans (6); nous trouverons ou bien ou encore c ' dr* On en tire, en désignant par A et B deux constantes arbitraires, Vr = À-hBr, (7) V=£+B. Détermination des constantes. — Supposons d'abord le point N placé dans l'intérieur de la couche; on devra avoir A = o, sans quoi la formule (7) donnerait V = oo pourr=o, c'est-à-dire pour le centre de la couche, ce qui est impossible, V restant évidemment fini par sa définition même. On aura donc, pour tous les points situés à l'intérieur de la couche, d'où dv_ dx X = 0, :0, V = B = dV dy Y = constv — 0, = 0, > dV dz * Z = 0, :0, On a donc ce théorème dû à Newton : Une couche sphérique homogène n exerce pas d'action sur les points de son intérieur.
GÉNÉRALITÉS SUR L*ATTRACTION. 67 Supposons, en second lieu, le point N extérieur à la couche : soit r, le rayon extérieur de la couche; la plus petite valeur de u est r—r, et la plus grande r-+- r, ; on pourra donc écrire, en désignant par M la masse de la couche, ou bien ou encore /dm r dm Ç dm r-h rt J ~â J r — /', -l_ rdm<r*a<-i-f *' + rxJ J u r — rtJ dm (8) -^-<V< M /• -+■ r, r — r, Si le point N s'éloigne indéfiniment, r tend vers l'infini; V reste toujours compris entre deux quantités qui se rapprochent indéfiniment de zéro; donc V tend vers zéro. Si, dans la formule (7), on fait r = oo, V = o, il vient B = o; il en résulte v=£; portons cette valeur de V dans les inégalités (8), et nous aurons M A M <A< i + ^i 1-^ r r Si nous faisons tendre r vers l'infini, nous voyons que A reste compris entre deux quantités qui tendent vers M; donc A = M, et l'on a, pour tous les points extérieurs à la couche, la formule (5) donne ensuite P désigne la projection de l'attraction R sur la direction ON; or, par raison de symétrie, l'attraction est dirigée suivant la droite NO. On a donc R=-P et, par suite, 1X— r» ' T. — I.
58 CHAPITRE 11. cette attraction est égale à celle qu'exercerait sur le point N un point matériel de masse M placé en 0. De là ce second théorème, dû également à Newton : Une couche sphérique homogène attire les points extérieurs comme si toute sa masse était réunie à son centre. Ce résultat a encore lieu pour un corps formé de couches sphériques concentriques homogènes, d'épaisseurs quelconques, finies ou infiniment petites, la densité de chaque couche variant d'une manière quelconque, du centre du corps à sa périphérie; carie théorème est vrai pour chacune des couches. Ainsi le Soleil, les planètes et leurs satellites pouvant être considérés sensiblement comme des corps de la nature supposée ci-dessus, ils attirent à fort peu près les points extérieurs comme si l'on supposait leurs masses réunies à leurs centres de gravité respectifs. Si nous nous reportons à \* fig. 6, n° 8, en supposant les deux corps composés de couches sphériques concentriques homogènes, et si nous désignons par M, la masse du corps A,, par G, son centre de gravité, par dm la masse de l'élément M, par A la distance IMG,, la résultante des attractions exercées sur M par tous les éléments du corps A, sera une force MR dirigée suivant la droite MG,, ayant pour intensité %KTt f Mi dm fM| dm MGt A on aura (fig. 8) des forces analogues appliquées aux éléments M', M", ..., M'R' M"R" = i/ n/ _.f Mi dm' A'» ' f M, dm" A»* Il faudra maintenant transporter toutes ces forces parallèlement à elles-mêmes au point G, centre de gravité de A, et prendre leur résultante. On peut les Fig. 8. transporter d'abord au point G, par lequel passent toutes leurs directions; on voit que leur résultante a sera égale et opposée à la résultante des attractions exercées sur un point matériel de masse M, placé en G, par tous les éléments du corps A; d'après le second théorème de Newton, cette résultante est dirigée
GÉNÉRALITÉS SUR L*ATTRACTION. 5g suivant la droite G, G et a pour intensité fMM, (9) * = GG, Nous arrivons donc à cette conclusion que, si l'on transporte au point G, parallèlement à elles-mêmes, toutes les attractions exercées sur les divers éléments de A par les divers éléments de A,, la résultante <& sera dirigée suivant la droite GG, et aura une intensité déterminée par la formule (9). Si donc la figure et la constitution des corps A, A,, A2, ... étaient celles qu'on a supposées plus haut, on pourrait faire abstraction des dimensions de ces corps et les remplacer par des points matériels G, G,, G2, ..., de masses M, M,, M2, .... s'attirant mutuellement suivant la loi de Newton ; et, pour avoir les équations différentielles des mouvements des centres de gravité des corps considérés, il suffirait d'écrire les équations différentielles des mouvements d'autant de points matériels de masses données, soumis à leurs attractions mutuelles s'exerçant conformément à la loi de Newton. On formera ces équations différentielles dans le Chapitre suivant. Mais, en réalité, les corps célestes ne sont pas rigoureusement sphériques; bien que les observations n'aient pu nous révéler encore un aplatissement sensible dans le Soleil ni dans un certain nombre de planètes, la Géodésie nous a appris à mesurer l'aplatissement de la Terre; il suffit de regarder Jupiter et Saturne dans une lunette, sans faire aucune mesure, pour voir que ces corps s'éloignent notablement de la forme sphérique. La réduction des corps célestes à leurs centres de gravité respectifs n'est donc qu'une approximation ; fort heureusement, une circonstance particulière rend cette approximation très voisine de la réalité; cette circonstance est que les dimensions des corps célestes sont très petites par rapport aux distances qui les séparent les uns des autres; nous allons développer ce point dans l'article suivant. 12. Attraction d'un corps sur un point éloigné. — Soit le corps A (Jig. 9) dont on cherche l'attraction sur un point matériel N dont la distance GN = r au
60 CHAPITRE II. centre de gravité G est très grande par rapport aux dimensions du corps. Nous prendrons le point G pour origine des coordonnées et nous ferons passer l'axe GX par le point N; désignons par M l'un quelconque dm des éléments de masse du corps, par a, b, c ses coordonnées, par f la distance GM, par u la distance MN et enfin par V le potentiel relatif à l'attraction du corps sur le point N. Nous aurons dm /dm ui = (r — a)t-hb*-h c», r'* = a1-hbi-hc1, u* = r*— lar ■+- /•'*, i i i / lar — rJi\ u r \ r* ) D'après l'hypothèse, quel que soit le point M à l'intérieur ou sur la surface du r' corps A, le rapport— est très petit, et il en est de même, a fortiori, du rapport -; nous allons considérer — et - comme de petites quantités du premier ordre suivant les puissances desquelles nous développerons l'expression de - donnée ci-dessus. Nous trouverons aisément, en négligeant le troisième ordre, i i / a 3a»—r'» \ - = -( H 1 s h... ), d'où, en multipliant par</m et intégrant pour tous les points du corps A, V=- fdm-h± Cadm-h-^-j ("(3a' — r'*)dm-h.... Or, si M désigne la masse du corps, on a I dm = M ; puisque l'origine des coordonnées coïncide avec le centre de gravité, on a aussi / a dm ■=. o, et il en résulte V=M+J_ f(3a*-r'*)dm-h... r ar'J
GÉNÉRALITÉS SUR l'ATTRACTION. 6l ou encore, en remplaçant a2 par r'2 — (b2 -+- c2), (10) V=7 + ^/r'lrfm-i/(6,+ c^m + -- Désignons par I le moment d'inertie du corps par rapport à la droite GN et par A, B, C les moments d'inertie principaux de ce corps relatifs à son centre de gravité G; on a, comme on le voit aisément, fr'^dm — d'ailleurs A + B + C f(b*-hc*)dm = l la formule (10) donnera donc ,, M A + B-t-C-31 ir* Soient a, (3, y les angles que fait la droite OG avec les axes principaux d'inertie du point G; on a, par un théorème bien connu, I = Acos'ot + B cos*(3 + C cos'y = (A — C) cos*a + (B — C) cos*(3 + C; la formule (n) pourra donc s'écrire y_M (A — C) (i — 3 cos'a) + (B — C) (i — 3 cos'ft) ou encore, en désignant par r\ la plus grande valeur de r' le long de la surface du corps, „ M[ /A—C i —3cos*a B — C i — 3 cos'SN fr'.y "1 (,2) v=7LI + VTfi7- 5 + W *)\i)+'''\' Quand il s'agit de l'attraction d'un corps céleste sur un point très éloigné, la formule (12) se réduit à fort peu près à V = —, à cause d'abord du petit facteur (^j > et ensuite parce que les quantités „ ,, , „> ,, sont petites aussi, car ces quantités seraient nulles si le corps considéré était composé découches sphériques concentriques homogènes, hypothèse peu éloignée de la réalité. On pourra donc, le plus souvent, se borner à v=M, r
62 CHAPITRE II. d'où, relativement à un système quelconque d'axes Gx, Gy, Gz se coupant en G, en désignant par œ, y, z les coordonnées du point N relatives à ces axes, V= M sjx1 -hy*-hz* et des expressions analogues pour Y et Z; le corps A attire donc à très peu près le point N comme si toute sa masse M était réunie à son centre de gravité G. Pour'nous faire une idée de la grandeur du coefficient de f^f) dans la formule (12), supposons que le corps A soit un ellipsoïde homogène de révolution autour du diamètre auquel correspond le moment C et aplati suivant cet axe; on aura, comme on sait, en désignant par c' le rayon polaire et remarquant que r\ = a' est le rayon équatorial, B=A=M T » a a C = 2M -=-» et la formule (12) donnera V=7[i+ iQg/, (3cos'a + 3cos'(3-a)^7j +...J ou encore, avec une précision suffisante, en supposant petit l'aplatissement £ = ~ de l'ellipsoïde, V=£[,+ $.(,-Sco*y)(£)V..]. Remarque I. — Dans le cas où l'on considère l'attraction exercée par une a' planète sur un point d'une autre planète, le rapport — est très petit, et l'on peut toujours se borner à V=M r Mais il n'en est plus ainsi pour l'attraction exercée par la Terre sur la Lune; — est environ ^; pour l'attraction de Jupiter sur son premier satellite, — = s; a' 1 s'il s'agit enfin de Saturne et de son premier satellite, on a —=3* C'est donc
GÉNÉRALITÉS SUR l'ATTRACTION. 63 seulement dans l'étude des mouvements des satellites qu'il y aura lieu de compléter l'expression approchée — du potentiel. Remarque II. — Le système solaire se compose de planètes isolées et de systèmes secondaires formés chacun d'une planète et de ses satellites; les centres de gravité de ces systèmes partiels sont très éloignés les uns des autres relativement aux distances respectives des corps de chacun d'eux; si donc on considère le potentiel relatif à l'attraction d'un de ces systèmes sur un point très éloigné, on pourra appliquer la formule (12) et la remplacer simplement par V = —> à cause de la petitesse du facteur f-M ; mais cette réduction sera moins approchée qu'elle ne l'était dans le cas d'un des corps célestes, parce que les quantités M ,a et „ ,t ne sont plus très petites. On voit donc que les centres de gravité des planètes isolées et ceux des systèmes secondaires se meuvent à fort peu près comme si toutes leurs masses étaient réunies à leurs centres de gravité, ces divers centres s'attirant mutuellement deux à deux suivant la loi de Newton. Nous pourrons donc introduire une simplification importante et considérer le système solaire comme formé d'un nombre limité de points matériels de masses données s'attirant mutuellement suivant la loi de Newton et correspondant : le premier au Soleil, le deuxième à Mercure, le troisième à Vénus, le quatrième à l'ensemble de la Terre et de la Lune, le cinquième à l'ensemble de Mars et de ses satellites, etc. Quand on connaîtra le mouvement du centre de gravité d'un système secondaire et les mouvements relatifs dans ce système, il sera aisé d'en déduire le mouvement de la planète correspondante; ainsi la théorie générale fera connaître d'abord le mouvement du centre de gravité de la Terre et de la Lune; on déterminera ensuite le mouvement relatif de la Lune autour de la Terre, et c'est alors seulement qu'on sera à même de calculer complètement le mouvement de la Terre.
64 CHAPITRE 111. CHAPITRE III. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES DES MOUVEMENTS DES CENTRES DE GRAVITÉ DES CORPS CÉLESTES. 13. Nous pouvons maintenant, après les simplifications précédentes, former aisément ces équations. Prenons trois axes rectangulaires fixes 0$, Oyj, OÇ; soient, relativement à ces axes, Ç„» *]o» £o les coordonnées du centre de gravité M0 du Soleil dont la masse sera représentée par m0; désignons par £,-, y],-, £,-, m,- les quantités analogues relatives au centre de gravité M,- de l'une quelconque des planètes ou au centre de gravité de cette planète et de ses satellites, l'indice i prendra les valeurs i, 2, 3, ..., /i, n désignant le nombre des planètes; nous représenterons d'une manière générale par A,,y la distance des deux points M,- et My. Cherchons les équations différentielles du mouvement du point M0; ce point est soumis à l'action de n forces dirigées suivant les droites M0M,, M0M2, ..., M0M„; la première de ces forces a pour intensité —-r£—-; ses projections sur les axes de coor- données sont égales respectivement, en grandeur et en signe, à Aj\i A0il ' AJ>t AM ' AJ>t A0>1 On formera donc aisément l'équation suivante (i) m0^=fm0ml^^+fm0m1^^+... + fm0mrt^^i2 al A0.1 A0,J .'xOtn et deux autres équations toutes pareilles en yj et Xa. De même,
ÉQUATIONS DES MOUVEMENTS DES CENTRES DE GRAVITÉ. 65 Lagrange a donné à ces équations une forme très symétrique en introduisant la fonction fm0mt fm0ms fmnm„ U = A.,. »0,2 fm,m2 Ai,» que nous écrirons plus simplement on a du reste (3) A0l» fm„_1m„ au A?,/ = (5/-Çy)»+(tJ/-tly)»+(C|-Cy)î fm0m„ aA0.» On peut calculer les expressions des dérivées partielles ^-» ^> partant de (2) et (3); on trouve aisément fm0/w, JA0tl fm0ms aA0.« au ar.' en a;,, aç. A»fl aç0 aA0t1 _ gp—gt aA0tî _ g„—£» A0>, a£0 A0,i a£0 ~ a... ' d'où fm0mn g»-g.. AS.» ' après quoi l'équation (1) donnera rf2£„ au W.-T7 = </«" ~~ a£„ On pourra donc donner la forme suivante aux équations différentielles des mouvements des centres de gravité des n -+-1 corps considérés m»-dF-dïS d% _ dV dt- - dlx '' m («) d'n0 dU rf*Yi, _ au > > d*in_du d*n„ _ au mtntj m m d*Ka _ au 0 dt* ~aç0' *ç, _au dt* ~ aç,' </*£„ _ au t. - 1. A?J = (5/-^)'+(n,-riy)'+(C,-Çy)'.
66 CHAPITRE 111. La fonction U est la fonction des forces; il est important de remarquer qu'elle ne contient explicitement ni le temps / ni les composantes -j^» ••• des vitesses. La détermination des mouvements de M0, M,, ..., M„ dépend de l'intégration du système (a) de 3n -+- 3 équations différentielles simultanées du second ordre; c'est le problême des n -f-1 corps. Mais il n'a été possible jusqu'ici de faire l'intégration complète que dans le cas de n = i ; le système n'est alors formé que de deux corps, le Soleil et une planète. Dans les autres «as, même pour le fameux problème des trois corps, malgré les efforts des plus grands géomètres, on n'a pu obtenir qu'un petit nombre d'intégrales que nous allons faire connaître. 14. Commençons par une remarque sur la fonction des forces U. On a d'où On en conclut ou e \? <j — l i t d\5 dU e \y lifij — fiilj « / si, dans les termes élémentaires des seconds membres, on change i eny et inversement, on voit que ces termes élémentaires sont égaux et de signes contraires. On en conclut donc (4) 135 = °' 2(^-^35) = ° i i et quatre autres relations analogues que l'on obtiendrait par des permutations de lettres. Cela posé, on tire des équations (a), en ayant égard aux formules (4), /-v V d*lt v< dtrii v^ dît, (0> 2m<^=0' 2><V=°> 2m<^=°
et ÉQUATIONS DES MOUVEMENTS DES CENTRES DE GRAVITÉ. (6) jWç^i-fc cPli r «f»Ç, dt1 ■" <ft* o, V / cPm d*ÇA Occupons-nous d'abord des formules (5); on en déduit, en désignant par alf bt, c,, a2, b2, c2 six constantes arbitraires, (b) «i=2><^f» *'=2m'^' c«=2m'§'' (7) «i * + «i = 2] m< &» M + *J = 2] /W'Y1" C, * H-C, = 2] »*i Ci. d'où ( «j=2 ™» s. - « 2 mt -ji > (c) | 6, = 2"»/T0i— '2m'"^' [c2=2m'^-<2m'rff' Les formules (6) et (c) sont de la forme 17 (y *• r d£o dfl0 dÇ0 ^£1 const. = F ^„ „.,<;.; Ç,, ...; Jfc, w, —; JL, . ce sont donc des intégrales du système (a); elles sont au nombre de six et sont connues sous le nom d'intégrales du mouvement du centre de gravité; les formules (7) expriment en effet que le mouvement du centre de gravité des n -+■ 1 points matériels considérés est rectiligne et uniforme. Passons maintenant aux équations (6), multiplions-les par dt, intégrons-les et désignons par a3, b3, ca trois nouvelles constantes arbitraires; nous trouverons • F „ V (z dr]i ^A Ces trois nouvelles intégrales sont les intégrales des aires; elles expriment que la somme algébrique des aires décrites par les projections sur chacun des plans
68 CHAPITRE III. coordonnés des rayons menés de l'origine aux n -+- i points considérés est proportionnelle au temps. Multiplions enfin les équations (a) respectivement par 2-^» 2^> 2^; 2^1, ..., ajoutons-les et remarquons que la fonction U ne contenant explicitement que les quantités Ç0» *]o» £0 î £ ^ on a rfU_^U4 d\J_dfu dVdÇo <W d^ dt ~ dE0 dt + dri0 dt + dK0 dt + «H-, rf* ^ " ' ' nous trouverons ou bien dïa d>£_0 ^ dr>0 d*r>, dÇo d*ï0\ f^d% \ ~dl dt* + dt dt* + 2 </* a» y + ' V dt dt* +* " 7 <& ^ mi v«a» + rf«» + 5*v dt' _ dV ~ 2 dt On peut intégrer après avoir multiplié par dty et l'on trouve, en désignant par h une constante arbitraire, c'est une nouvelle intégrale, l'intégrale desjorces vives. Les dix intégrales (6), (c), (c?), (/) sont les seules intégrales rigoureuses que l'on ait pu obtenir jusqu'ici. 15. Nous allons obtenir une formule dont Jacobi a tiré des conséquences intéressantes (Vorlesungen ùber Dynamik von C.-G.-J. Jacobi, hcrausgegeben von A. Clebsch, p. 26-3o). On déduit des équations (a) la formule suivante or, U étant, par sa définition même, une fonction homogène et de degré — 1 des quantités Ç0, yj0, l0, S, on a ce qui permet d'écrire ainsi la relation précédente
ÉQUATIONS DES MOUVEMENTS DES CENTRES DE GRAVITÉ. 6ç) En rapprochant cette formule de l'équation (/), on en déduit ou bien ou encore ^2m'(5?+t,'1+c?)=aU+4A- Si l'on désigne par p,- la distance du point M, à l'origine des coordonnées, on aura donc (8) _^___ = 2U + 4,. Il est possible de transformer le premier membre de cette équation de manière à n'y introduire que les distances mutuelles AI>y des points matériels, au lieu de leurs distances à l'origine des coordonnées. On a, en effet, ces identités bien connues et d'ailleurs faciles à vérifier 2 ™<2 ™#5?-(2] "»<&)"= 22 »»/'Mtf+ Vj~ a5/ 5y), 2 m,2 "*/*!?— (2 m^*f = 22 m'my(r*? + ^y— 2*i»*iy)> 2 m< 2 m' Ç'? ~ (2 m'ç<)* = 22 m' m>( Ç'? + Éy — a & Cy ) > en les ajoutant, on trouve ( 2^2m'^+ï,'1+w)-(2m'5'),-(2m'ï,'),-(2m'^), ou bien, en ayant égard à la signification de p, et de A/>y et tenant compte des équations (7), 2m<2m' p< =22m<m; A'y+ (*»'+a*)ï+ (*»'+"6»)s+(ci*+c»)s • Tirons de là 2 m/P? Pour Ie porter dans la formule (8), et il viendra , [>22m<m;A'; 1 y—[ dp + 2(aî+&î + cî)J=2U + 4A,
70 CHAPITRE III. d'où, en désignant par h' une nouvelle constante arbitraire, d1 V mt nii A?, dtX = (aU + 4A') 2 *»/ ou bien (10) 5*» ,f22T^+**')2"'- Il importe de remarquer que cette équation ne contient que les distances mutuelles des points matériels pris deux à deux et leurs dérivées premières et secondes par rapport au temps. Si l'on nomme p^ la distance du point M, au centre de gravité du système, on tire aisément de l'équation (9) la formule 22 m' mi A* J — Z m* 2! m'P'a' de telle sorte que l'équation (10) peut aussi s'écrire d* 2 mt Pi1 dt* 2U + 4A'. 16. Les observations astronomiques ne nous font pas connaître les mouvements absolus des planètes, mais seulement leurs mouvements relatifs par rapport au Soleil; il importe donc de former les équations différentielles dont dépendent les mouvements relatifs; c'est ce qui va nous occuper maintenant. Menons par le point M„, centre de gravité du Soleil, trois axes M0<r, M0y, M0s parallèles aux axes fixes; soient, relativement à ces axes qui sont mobiles mais conservent une direction invariable, xn yK, s, ; <ra, y2, s2; ..., xn,yn, zn les coordonnées des centres de gravité des n autres corps. Nous poserons en même temps M0M,— r,=z AM, M0M, — r, = A0>„ Enfin nous aurons les relations L'équation (1) donnera
ÉQUATIONS DES MOUVEMENTS DES CENTRES DE GRAVITÉ. 71 La relation lk = £0 -+" xk nous montre d'abord que xk ne sera introduit que par \k\ on aura donc . ,. d\J_dV La même relation nous donne *xk *lk &l. dt1 ~ dt* dt* ou, en ayant égard à la formule (12), dxxk d%\k ,. ^1 ntj Xi m ~dë~ ~ ~dt* 2à r] ' les équations (a) nous donnent du reste, si nous tenons compte de (i3), dljk _ 1 d\l _ 1 <HJ dt* mk d^k mk dxk Il viendra donc dixk _ 1 dU fermai (1*} dt* ~ mk àxk Zà r\ Il convient de mettre à part dans U les termes qui contiennent m0 en facteur; on trouve aisément (l5) u=f2^+f22^=f-.2^+u'' en posant dans cette formule, les indices ietj'ne peuvent plus prendre la valeur zéro. On trouve immédiatement « » d- te-k2àTt-mk-iïrk=-mk7î> l'équation (14) pourra donc s'écrire d2xk xk fX^niiX, 1 dU' dt* r% Â* r\ mk dxk Les mouvements relatifs des centres de gravité des n corps considérés, par
72 ' CHAPITRE 111. rapport au Soleil, dépendront donc des 3/i équations différentielles suivantes (*) [ d*xx ~dlr d'y, dt' #zA dt* lm»7f +l2à~7f -J^ldxl nnyt _ i à\J' °/J JU /•• m, dj, «i „ ^i m, 5f i dU' où l'on a On voit que le nombre des équations différentielles (g) est inférieur de trois unités à celui des équations (a); il y aura donc dans les intégrales générales six constantes de moins que dans celles des équations (a); ces constantes sont précisément celles qui figuraient dans les intégrales du mouvement du centre de gravité. 17. On ne connaît que quatre intégrales des équations (g); elles correspondent aux intégrales (d) et (/) du n° 14; nous allons les déduire de ces dernières. Dans les formules (7), remplaçons Çf-, yj„ £/ par leurs valeurs (11), et nous trouverons d'où «.= ax t + a, = l9(m9 + 2] m<) + 2] m'Xu (16) *lo = Co = bt t + 6S — 2] mt yt dt \-i dxt a>-ltm<-dT > 2]m< TOfl TO0+2]m/ M * + Cs — 2] *»/ Zt mo+2]m' dt : ) mo+2]m' "»o+2]m*
ÉQUATIONS DES MOUVEMENTS DES CENTRES DE GRAVITÉ. j3 En faisant la même substitution dans les formules (/) et (d), il viendra ('7) (18) . (dl\ dnl dÇ»\ / x? \ \? (dx* dYÎ dzf\ dt Jmd ' dt dt J-d dt dt ^ l dt et deux autres formules analogues relatives à b3 et c3; l'indice i doit recevoir partout les valeurs i, 2, ..., n, n désignant le nombre des planètes. Il suffit maintenant de porter les expressions (16) dans les formules (17) et (18). On trouve, après quelques réductions, -1—^— 'U1C1—c**>i+y ™« zi y »».■ -s?—y ™« j* y ™« -si ; en introduisant la fonction 0' par la formule (i5) et changeant de constantes, on trouve les quatre intégrales sous la forme suivante : / V1 ( dzt dn\ a'=Ztt"\y<di-i"-3î) (<*') 1 /v' V dxi v' V dzA T. — I. 10
74 CHAPITRE III. et !V^ fdxj dy\ dz}\ , v< mi IT/ 2* = 2 m< {dï + £ + ut) ~ *'m> 2 77 -2U On peut écrire ces intégrales d'une manière un peu différente ; on vérifie en effet aisément qu'en changeant encore une fois de constantes et posant a"=a'(j+^^-), b»=b'\i + =^)> c'= c' ( i+ =^ ), \ mo J \ mo J \ ™o J A"=*'('+%^), on a ^22^[<^(ï-ï)-^($-§)]' i et/ désignent deux quelconques des nombres i, 2, ..., /i. Les formules (d') ou (*/") représentent les intégrales des aires et la formule (/') ou (/") l'intégrale des forces vives dans le mouvement relatif des planètes autour du Soleil; ces quatre intégrales sont les seules que l'on connaisse jusqu'ici. 18. La forme (g) des équations différentielles du mouvement relatif n'est pas la forme définitive; pour arriver à cette dernière, considérons les trois premières des équations (g). En ayant égard à la valeur de U'et remarquant que les quantités A2>3, A2>4, ..., A,i4, ... ne dépendent pas de x,, y,, s,, nous pour- (d")
ÉQUATIONS DES MOUVEMENTS DES CENTRES DE GRAVITÉ. ^5 rons les écrire ainsi : id%xx xx »//wsj7j m3x3 \ „ d ( m, m3 \ --j^+f(m»+m')73+H-7r+-7r+--J=f^fe+Â7;+--j' r2, r,, ... ne dépendent pas de a?,,y,, s, ; on a donc **__à_ x\Xi + y\yi + z\z* r\ dxx /•» La première des équations (19) devient +f^(^,-*'*'+r;rs,v) + On obtient ainsi la forme suivante, la plus usitée, pour les mouvements relatifs des planètes autour du Soleil : dixi dl1 d'y, dt* d*zt dt1 dixi dt1 d\y* dt* d*zt dt1 + f(m0 4-f(m0 -i-f(m0 + f(m0 + f(m0 4-f(m0 + m + m + m, + m. + m. -h m. * >3 dxt _dRt ~ àyt' <*R, ~dzt> ~ dx. _^R, ~~ dy* <*R,. \
76 CHAPITRE III. — ÉQUATIONS DÉS MOUVEMENTS DES CENTRES DE GRAVITÉ. où Ton a posé Rl_fm^__ _ ) + i^{^s 71 J+"" 4^ = *,»,,= (*,- a?y)«+(jr/_ ry)«+(,,_ Sy)«. Ces équations (A) constituent un système de 3/i équations différentielles simultanées du second ordre. Pour en déduire les valeurs les plus générales de xit yif zt: x2>y2, z2; ..., il faudrait obtenir 6n intégrales distinctes de ces équations; jusqu'ici, comme nous l'avons dit, on n'en connaît que quatre, qui sont données par les formules (d') et (/') ou (d") et (/")•
CHAPITRE IV. — ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES SYMÉTRIQUES. J'J CHAPITRE IV. FORME SYMÉTRIQUE DES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES DU MOUVEMENT RELATIF DES PLANÈTES. 19. Les équations (A) du Chapitre précédent sont celles dont on se sert effectivement pour calculer les mouvements des planètes; dans certaines recherches théoriques, elles présentent toutefois un grave inconvénient, elles ne sont pas symétriques : leurs seconds membres contiennent en effet des fonctions R,, R2, ..., qui diffèrent d'une planète à l'autre. Il est possible d'obtenir pour les n planètes des équations différentielles dont les seconds membres ne contiennent qu'une seule et même fonction ou plutôt ses dérivées partielles du premier ordre Conservons les notations du Chapitre précédent; nous allons remplacer les variables Ç0, yj0, Ç0, Ç,, y],, Ç,, ... par un système de coordonnées défini comme il suit. Fig. 10. /M, % »r^ m M» Gi Mi Soient {fig. 10) : G, le centre de gravité des masses M0 et M, (lesquelles sont condensées, comme on l'a dit» aux points M0 et M, ) ; G2 le centre de gravité des masses M0, M, et M2; > G„_, le centre de gravité des masses M0, M,, M2, ..., M„_, ; G celui de tout le système.
j8 CHAPITRE IV. Nous prendrons comme nouvelles variables : Xi» yi» Z|, coordonnées de M, par rapport à trois axes parallèles aux axes fixes et passant par M0; x2, y2» z2, coordonnées de M2 par rapport à trois axes parallèles aux axes fixes et passant par G, ; x>» y3» Z3» celles de M3 par rapport à G2 ; x«» yn» z«» celles de M„ par rapport à G„_,. Nous y ajouterons les-coordonnées X, Y, Z du point G par rapport aux axes fixes. La première chose à faire, c'est d'exprimer les anciennes variables en fonction des nouvelles. Pour y arriver, représentons par X,-, Y/, Z* les coordonnées de G/ par rapport aux axes fixes et posons d'une manière générale (1) m0-t-Toi + TOj +.. . + m/ = jui/, l'indice ipouvant prendre les valeurs o, 1, 2, ... n\ nous aurons (2) £i = £o + x„ Çs = X, + xs> £,— X,+ x„ ..., £„ = X„_i + x„. Mais on a aussi, d'après les propriétés du centre de gravité, r, X,=m0So+'tti£i, jx, Xj = m0 £0 + m, Ç, + ms Çs> (3) r„_, X„_, = m0 £0 + m, Ç, + m, £s +... + m„_, £„_„ r„ X =m0 £o + m, |, + m, £, +... + /n„_, £„_, + mn £„. Tirons de là les valeurs de X,, X2, ..., X„_, et portons-les dans les relations (2) ; nous trouverons *'- s—+x" ss — H- X„ ri
ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES SYMÉTRIQUES. Résolvons ces n équations par rapport à Ç,, Ç2, ..., Ç„, et il viendra 79 (4) ri £s = £0 + rm — + ™« — + x3, ri r» Ç»-i = Ço+/w, — + m, h...-t-m„_3 ri r» Pn-% +" Xn-J> £„_, = £„ + ™i "7 + m* — ■+- ■ • • -H ™«- ri r» h /W/t_j h X.„_|, ^«-3 r»-> 1v >. Xi Xi X,|—» Xi»—j X/; — | \ ri r» r»-3 r«-« r»-i Portons ces valeurs de Ç,, Ç2, ..., ÇB dans la dernière des équations (3), et nous en tirerons ixnX = r„ £0 + m, (jul, + m, +... + mn) -* ri + »«i (f*i h-»»« + •• • + »»»)7r + --- + ™«-i(r»-i-+-m«)-îî::i+ "*»*«; r» r»-i d'où Xj»_« Xj»_| ^o-X-m,- m, ... — m„_, m„_, m„ — . ri r» r»-« r»-i r» Substituons cette valeur de !j0 dans les équations (4), et nous trouverons Ç.= X + rJI_|i5, r» r« r»—i £„_, = X — m„ m„_, r» r»-i r»-» r»-« (5) £,= X — mn^ -mn_. r» r»—i Ci = X — mn m„_, r» r»-i Ç^X-m^-m,,.,^ r« r«-i X3 X» — m, h r, — r» r» x, x, _ m h ro — r« ri x, x, — m, — —m.— r« ri Ces formules et deux groupes tout pareils, relatifs aux coordonnées yj et Ç,
80 CHAPITRE IV. définissent les 3/i -h 3 anciennes variables en fonction des nouvelles, qui sont A., X|, X], • • • > Xn, ^> yp y*» • • • » y«> ^» . 2|» Zjj • • • > Z/;« 20. Les formules (5) rentrent dans le type suivant £o = X + «0,1 *l + a0,J X, +. . . + a0,n *n> Ëi = X + a,,, x, + a,,, x, +... + a,,„ x„, ( f\\ * h = X + a/,, x, + aiA x, +... + a,,„ x„, £n = X + an>i X| + a„,iX, +... + art>„ x„, si l'on pose [au = — tt> P°ur «</. (7) \ <*t,j = o, pour *>y, Cela posé, formons l'expression de la quantité en y remplaçant les quantités Ç par leurs valeurs (6); H deviendra ainsi une fonction du second degré des quantités X, x,, x3, .... x„. Le coefficient de X2 dans H sera m0 + m, -+-... -+- m„ — fxn ; on trouvera pour celui de aXxy l=n m0a0j -hmtaitj +...+ mna„j = ^ /W/a/.yî i=0 pour celui de axyxA, j étant différent de k, i = n m0a0j a0tti ■+- mtaltJ aXtk ■+-... H- m„anj a„tk = ^ JW/#i,y <ii,k, et enfin, pour le coefficient de xj, (=n
ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES SYMÉTRIQUES. 8l Or, en tenant compte des formules (7), on trouve aisément i=n V mtatj = m0a0t/ + m, altJ +... -h my_, ay_l>y + ntj aJtj i = 0 . mi u,_, = —(m0+m,-i-... + /Wy_l)-^ + my!^_ = 0, i=n et, en supposant, pour fixer les idées, J <£, i = n Zj nti^ij attk = m0a0tJ a0tk -+- m, aljy «,,*+... -h my_, a/_it/ tfy-i,* + rnj aJtJ- aJtk t=o = (m,+ m,H-...+ m/_, -^ —- — m.,^-i- — = o. V-i V-k f-j V-k On a donc ces relations £i miai,j — °y i=n (8) < Jm/fl/.ya/.^o, pour j%k, t=o et il en résulte cette formule remarquable (9) "loÊî + 'ni £"+•..+ **»& — ^rtXî+ii0/nlxî+ ^m,x| + ...+ ^m„x*. On en aurait deux autres toutes pareilles pour les coordonnées yj et Ç. On peut différentier les équations (6) par rapport au temps; on aura entre les dérivées -t-> -^, -£ des relations de même forme, telles que m T. - I.
82 CHAPITRE IV. On en conclut immédiatement l'expression de la force vive 2T du système des points matériels M0, M,, M2, ..., M,„ exprimée avec les nouvelles variables; on a en effet -=4(§H^(§)*]+-—. [fêHSrH*)']' d'où 21. Cherchons maintenant à calculer une expression qui nous sera utile dans un moment, celle de i = 0 où l'on doit remplacer d'une manière générale Ç, et y), par leurs valeurs £t- = X + a,-,,x,+. ..-\-ciijXj-\-.. ,-haitnxn, t]*=Y + at-,,y,-+-. . . + aiykyk+. .. + «,-,„¥„, déduites des formules (6); on a tout d'abord dE{ dX dx. dxj dxn dnt _dY dyt dyk dyH m Hë-dî +a<''-d7+'- + a'>*-à7+'-- + ai>n-dï> en substituant dans (11), il vient * i y / dY v^ V dX v^ V + dï2ix'2imtai-'- dï2é**2émiai>* 7 i k i -«- 22Xj ~dt 2 m'a'.ya'-.*—22y* "^ 2 mia*.*at.j- i k i f * i En vertu des formules (8), cela se réduit à On obtient ainsi la formule cherchée
ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES SYMÉTRIQUES. 83 22. Nous allons former enfin les équations différentielles dont dépendent nos nouvelles variables; nous emploierons pour cela les formules de Lagrange. Les relations (5) expriment les coordonnées de tous les points du système en fonction des variables indépendantes X, Y, Z, x,,y,, z,, x2, ..., z„; soit qk l'une quelconque de ces variables, q'M = -^; on aura (i3) ^fY—^1- —= -—• dt\dq'k) dqk ~dqk' La fonction T est donnée par la formule (10). Il faut remarquer que U, qui, d'après les équations (a) du n° 13, ne contenait que les différences Ç, — Ç,-, yj, — y)y, £, —Ç, des coordonnées, ne dépendra pas de X, Y, Z, mais seulement de x,, x2, . . ; y,, y2. • ; z,, z2, ... ; cette fonction ne contiendra pas non plus le temps explicitement. Prenons d'abord ?*=X; nous aurons à? _ v,_ <K dT dll - — = o, -.— = o ; df/k àqk donc la formule (i3) donnera rflX ~dr- =°> d'où, en désignant par a, (3, y, a', (3', Y six constantes arbitraires, (i/,) X —«* + «', Y-=(3*-h (3', Z=.yt-hy'; on retrouve ainsi le théorème connu pour le mouvement du centre de gravité d'un système soumis seulement aux actions mutuelles de ses points. Faisons ensuite qk = *t; nous aurons, en partant de (io), dT u,_, , u/_, d\f d*i & {x,- dt dT
84 et la formule (i3) donnera CHAPITRE IV. Hi ' dt* d&{' Il viendra donc, pour les équations différentielles cherchées, (B) jul, ' dt* dx-t Hi * dt* dyt u0 rf'zt d\J jui, dt1 dz, jui, oPx, _ dU /UL, ^ dt* - dXt p.tm> dt* -dyt jui, d1z1 dH jul9 * dt* dzt F-o = m„ [xt= m0-h mt; fx9 — m0 -h nti + m, ; On voit que ces équations possèdent maintenant la symétrie demandée. Il convient de voir quelle sera, d'une manière générale, la composition de U à l'aide des nouvelles variables. En ayant égard à l'expression connue de U en fonction des A,-,y et aux relations (5), on trouvera aisément les formules suivantes | \Ao,i AM AM / \A,,, A,,, / +tai(£+...)+..., Aî,,=*i+y? + *î. (C) :*■)'• »
ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES SYMÉTRIQUES. 85 on est ainsi ramené à un système (B) de 3n équations différentielles simultanées du second ordre, dans lesquelles la fonction U dépend des nouvelles variables par les formules (C). 23. On aura naturellement quatre intégrales de ce système; elles se déduiront des formules (d) et (/) du n° 14, en ayant égard aux équations (10) et (12) du présent Chapitre, et remarquant que, d'après les formules (i/j), les quantités t'dxy /dY\* fdzy dZ „d\ dX. dZ dY dX xd~t~L~dV Ldt~^dt' Kdt~x~dï' sont des constantes. On trouvera ainsi, en désignant par a\, b\, c\% hx quatre constantes arbitraires, i = \ 'l~ Zi |UL, ^{^ dt ^ dt)' 1 = 1 On voit que, non seulement les équations différentielles ont une forme plus simple, mais aussi les quatre intégrales connues, quand on emploie les nouvelles variables \t, y,, z, au lieu des anciennes xh yit s,. Il nous reste enfin à indiquer comment, en supposant effectuée l'intégration du système (B), on trouvera les coordonnées des planètes rapportées au Soleil ; les formules (4) répondent à la question; elles donnent en effet , mx m, m, *,=x,+ — x„ j2=yiH y., «i = Zj+-Zi, (U) { *** **' *** mt m, ms m, m, m, La considération des équations (B) peut être utile dans certaines recherches théoriques, comme nous aurons occasion de le montrer dans la suite de cet Ouvrage.
86 CHAPITRE IV. — ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES SYMÉTRIQUES. Remarque I. — Soient, relativement à des axes fixes, P,, P2, ..., Pn, n points ayant pour coordonnées x,, y,, z, ; x2, y2, z2, ...; x„, y„, z„; attribuons à ces points des masses égales respectivement à —m,, — m2, ..., ^=^mn> et suppo- sons-les soumis à des actions admettant une fonction des forces U, définie par les formules (C); les équations différentielles du mouvement absolu des points P,, P2, ... seront identiques aux équations (B). Dans ce mouvement, les formules (D) et (F) représenteront les intégrales des aires et des forces vives. Remarque II. — La fonction U est plus compliquée que chacune des fonctions R,, R2, .-.» qui figuraient dans les équations (A) du n° 18; on voit, par les formules (C) que A0f2 ne représente plus la distance du point P2 à l'origine; A,,2 ne représente plus la distance P,P2. Toutefois, qnand on considère les mouvements des planètes autour du Soleil, les rapports —l-, —, ■•■, -- sont petits, inférieurs à y^; on voit donc que la quantité A4iy diflère peu de la distance des deux points P, et Py. Remarque III. — Les variables x4, y,, z4- diffèrent de même très peu de <r,, yh zt\ mais on a rigoureusement, pour la planète M,, •^i = Xi» Ji=yi» *i=ii. Il va sans dire que l'on pourra prendre pour M, l'une quelconque des planètes M,,M2, .., M„. La substance de ce Chapitre est tirée d'un intéressant Mémoire de M. R. Radau, intitulé « Sur une transformation des équations différentielles de la Dynamique » {Annales de l'École Normale, ire série, t. V); M. Radau avait pris lui-même pour point de départ des résultats particuliers obtenus par Jacobi dans son célèbre Mémoire Sur l'élimination des nœuds dans le problème des trois corps {Journal de Liouville, r* série, t. IX).
CHAPITRE V. — ÉQUATIONS DU MOUVEMENT EN COORDONNÉES POLAIRES. 87 CHAPITRE V. ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES DU MOUVEMENT DES PLANÈTES EN COORDONNÉES POLAIRES. 24. Si l'on se reporte aux équations (A) du n° 18, on peut écrire comme il suit les équations différentielles du mouvement de la planète M dont les coordonnées rectangulaires héliocentriques sont x, y, z : <P± - d& _ y d%y — dÇi - v *£± — dÇi — 7 {a) dt"- ~àx —X' 'dF - dy ~ * dp-~dï~L> où Ton a fait x', y', z', f\ m' désignent les coordonnées rectangulaires, le rayon vecteur et la masse de l'une quelconque M' des planètes perturbatrices; enfin m0 -+- m est la somme des masses du Soleil et de la planète M. Dans un très grand nombre de questions, il est utile de remplacer les coordonnées rectangulaires x, y, z par les coordonnées polaires r, v, 9; on aura d'abord (2) x = /• cos 0 cos v, y= rcosôsinc, s-=/*sin0; rest le rayon vecteur, v la longitude et 0 la latitude. Pour trouver les équations différentielles que vérifieront r, v et 0, il n'y a qu'à
88 CHAPITRE V. appliquer les formules de Lagrange; on aura d'abord à exprimer, à l'aide des nouvelles variables, la quantité on trouve «*=®-'-'(S),+*(S,: En appliquant la formule \dq';) (fï _ d&_ dt dqt dqt et prenant q, = r, q2 = i>, y, = 6, on obtient les équations cherchées dt* ,yJ"OJdt* dt*- d(rl™19d)) m dt ~ dv ' d .de ... .dv* d-trd-t-hrsin6cos6dr* - dr' dSi ~ dd («) 25. Nous allons transformer ces équations en introduisant, au lieu de r et ô, les nouvelles variables u et s définies par les formules (3) u = -, s = tang0; rcos0 - est la projection du rayon vecteur sur le plan des xy\ s est la tangente de la latitude. Nous trouverons aisément //x dSl dSl dSl dSl . . ,N dû or du do ou ' os Multiplions d'abord par 2racos2ÔT- les deux membres de la deuxième équation (a); il viendra d— — 2 dv u% dt 2 d£l dv ~u^d~t dt ~~ô* ~dv ~di' d'où, en intégrant et désignant par Aa une constante arbitraire, ( l dv\* a« r i dSt dv .
ÉQUATIONS DU MOUVEMENT EN COORDONNÉES POLAIRES. 89 d'où (5) dt = dv Multiplions maintenant la première des équations (a) par — cosO, la troisième par h —, et ajoutons; il viendra acPr . ûd16 . ûdr dd ûd6i adv'- — COS0-T— +/-sin0-r-r + 2Sin0-r- -j- + rcosô-r-r + rcos0-.-i dt* dt% dt dt dt2 dt% ndQ sinô dQ = — COS0 -r- H — -rfl • or r oB Le premier membre de cette équation peut s'écrire d>± d* r cos 0 „ dv1 u 1 dv* de- + rco8®5* = " rfF + û S*: on aura donc .dt\u* dt)+u dt* -~cosV-oJ. + ,. «J0* Nous allons remplacer dt par sa valeur (5). ce qui nous donnera Dd& sinô dQ .— — cosô-j- h -r ; or r 06 d'où, en effectuant les calculs et prenant v pour variable indépendante, Remplaçons de même dans la troisième équation (a) dt par sa valeur (5); il viendra + /**/•* sin 0 cos0 A* + 2 l — -3- rfr — -r* \ J m" de / <J0 T. - I. I2
go CHAPITRE V. ou bien, en tenant compte des relations (3), /dSl ds dQ\ dSi d'où (7) d*s dv* "(»+*/*» i dSi \ \ dv dv dd Réunissons maintenant les formules (5), (6) et (7) et tenons compte des relations (4); nous trouverons dt — dv («0 d*u dv* d*s dv* dQ du dQ s dQ dv u*dv du u. ds ,. fdSl dv dSi ds dSi — o. dSi <7P <ip du x ' ds =0. Nous ferons remarquer que, d'après les formules (1) et (2), û est une fonction de r, p, 6 et du temps / qui sera introduit par //, / 6', r", y", 6", ...; on pourra écrire aussi fi = $((>, U, S, £); ty u et s devront être censés exprimés en fonction de la variable indépendante v. Les équations (a') servent de base à la théorie de la Lune de Laplace. 26. Il peut être avantageux d'introduire, au lieu de -*!-, ^-, -3-, les projections de la force accélératrice de la planète M sur trois axes rectangulaires Fig. u. que nous allons définir. Soient {fig. 11), à l'époque t, M et Q la position de la
ÉQUATIONS DU MOUVEMENT EN COORDONNÉES POLAIRES. 91 planète et sa projection sur le plan fixe xOy, QA le prolongement de OQ, QB la perpendiculaire menée sur OQ dans le plan fixe xOy, dans le sens où les angles v croissent, QC la parallèle à Oz; les axes mobiles sur lesquels on va projeter la force accélératrice seront QA, QB, QC, et les projections de la force en question sur ces axes seront représentées respectivement par P, T, S. On aura d£l d£l *= Xcose + Y sinp= 3— cosp + 3— sinp, dx dy dQ dQ (8) { T =— X sin v + Y cosp — — -5— sin v + -3- cosp, * dx dy dz Donnons au point M un déplacement virtuel caractérisé par Bx, By, Sz; soient ùv, Bu et Bs les variations correspondantes de vy u et s; on aura -3-&F+ 3-ÔV+ ~èz = (Pcosv — Tsinc)^ + (P'Sinp + Tcosc)âK + Sàz dx dy J dz v v ' J dQs dQy dQs = 3- ov -\- 3- du + -3- es. dv au as En substituant pour Bx, By, Bz leurs valeurs tirées des formules cose sinp s u J u u et égalant dans les deux membres les coefficients de Bv, Bu et Bs, on trouve aisément (9) si l'on porte ces valeurs dans les formules (a'), elles deviennent dt dv dil dv ~ d& du dil ds ~~ 1 rr -T, U P -S; u + u1 S T du P d* u u3 dv u1 u (°° <*•■-■ A,+2y rA T^ d± Ps—S d*s u3 dv u3 s H ^-m — o. dv1 li1 + 2 I —- dv J n3
92 CHAPITRE V. — ÉQUATIONS DU MOUVEMENT EN COORDONNÉES POLAIRES. 27. Donnons enfin une dernière transformation très simple des équations différentielles. Si l'on désigne par p la projection rcosô = - de r sur le plan des xy, on a a? = pcos<y ^ = psinp, s = ps; en partant des formules (a) et (8), on trouve aisément _ d*x . d*y d*p cosv . c^psinp P^ cosp—.+s.n,-^ cosP^r-+sinP-J^i-, _, . dix div . d*p cosv d*p s\nv T=-SinP^+C0SP^=-S,np-fe-+C0SP-^-' diz d*ps ~dt* ~ ~dF' d'où l'on tire, en réduisant, les équations suivantes («') qui ont été fréquemment employées, notamment par M. Airy dans son Mémoire intitulé Numerical iunar Theory ( Londres, 1886). d*p dv* d~t*~*~dP~~ p dt\ dt) d*ps ~d~F ~~ =p, = T, = s,
CHAPITRE VI. — PROBLÈME DES DEUX CORPS. 93 CHAPITRE VI. PROBLÈME DES DEUX CORPS. — PREMIÈRE APPROXIMATION DU MOUVEMENT DES PLANÈTES. — MOUVEMENT ELLIPTIQUE. MOUVEMENT PARABOLIQUE. MOUVEMENT HYPERBOLIQUE. 28. Soient 0 le centre de gravité du Soleil, P, P,, P2, ... les centres de gravité des diverses planètes ou des systèmes secondaires formés chacun d'une planète et de ses satellites; nous prendrons pour unité la masse du Soleil, et nous désignerons par m, mt, m2, ... les masses des planètes isolées ou les masses des systèmes secondaires. Par le point 0, menons trois axes Ox, Oj-, Oz, de directions invariables, et soient, relativement à ces axes, x, y, z, r, xm yti zm r\y ••• les coordonnées des points P, P,, ... et leurs distances au centre du Soleil. Les équations différentielles du mouvement des points P, P,, ... ont été données au n° 18; nous allons les reproduire avec de légers changements de notation. Nous poserons rJ — x2 + y1 + z1 ; r\=zx\ + y\ + z\; et nous aurons (a) 1 + m, fjLx — («1) d*x ~dl* d>y ~dF cPz dt* d*xt dt1 d'y, dt1 d1zl dt* X + '**£ = , , z + ff*J3: ' 1 + '*£ = ' 1 ' 1 _àR ~~ dx dR âR Si9 _<*R, ~~ dxx àRt -àyl9 _dR1 ~~ dzi '
94 CHAPITRE VI. et +fmt r - ^«+^.+^.1 + (<X) U,= fm I" ' *« * + jy + *, *1 H.fmt ["__ ' _ a?ia?i+.yi^>+gig>1 On a donc à intégrer, si i désigne le nombre des planètes, un système de 3i équations différentielles simultanées du second ordre. On a dit déjà que, même pour i = 2, on ne sait pas résoudre rigoureusement le problème; fort heureusement, une circonstance particulière va nous permettre d'obtenir une solution approchée. Les masses des planètes sont en effet très petites par rapport à celle du Soleil ; ainsi la masse la plus considérable, celle de Jupiter, n'est pas la millième partie de celle du Soleil; les seconds membres des équations (a), (a,), ... contiennent dans tous leurs termes en facteur un des nombres très petits m, m, qui expriment les rapports des masses des planètes à celles du Soleil; d'autre part, les distances mutuelles des planètes ne deviennent pas très petites; donc les attractions qu'une planète éprouve de la part des autres planètes sont très faibles par rapport à celle que lui fait subir le Soleil. On trouvera, par exemple, dans les seconds membres des équations (a), en posant PP, = A, les quantités fWlj Xi — X A* A ' j\—y A ' fm, zy — z A* A 1—> tandis que les seconds termes des premiers membres de ces mêmes équations sont f(i + m) x f(i + m) y f(i + m)s H r' r* 7' F* F' or m, est très petit devant i + m, ^ est comparable à — • On peut donc, dans une première approximation, réduire à zéro les seconds
PREMIÈRE APPROXIMATION DU MOUVEMENT DES PLANÈTES. q5 membres des équations (a), (a, ), . . ; on trouve alors les équations (*) (*:) d*x dt1 cP.Y dt* d* z ~dt* d*xx dt1 di.Y\ dt* dïz, dt1 + + + + + + 1> i> *> *>> *fr ff*. X y r3 z 73 xx y* ri ■ri = 0, = 0, = o; = 0, = 0, = o; Les équations (b) forment un groupe indépendant de (bt); on a naturellement le même résultat que si l'on avait traité du mouvement de chaque planète comme si elle existait seule autour du Soleil. Nous allons donc nous occuper de l'intégration des équations (6); cette intégration peut se faire rigoureusement; les formules générales auxquelles nous arriverons conviendront aux équations (6,), . .; l'ensemble de ces formules constituera la première approximation. Il restera ensuite à montrer comment on peut utiliser les intégrales des équations (b), (bt ), ... pour intégrer par approximation les équations (a), (at) 29. Intégrales premières. — Si l'on ajoute les deux premières équations (b) après les avoir multipliées, la première par —y9 la seconde par -+- x, on obtient une combinaison intégrable; on trouve ainsi, en désignant par C, C, C" trois constantes arbitraires (A) ce sont les intégrales des aires. On forme avec les équations (b) une autre combinaison intégrable, en les multipliant respectivement par 2dx, idyy idz et ajoutant. Soit a une constante dz ydt dx z~di rdy dt dy ~~ * ~di dz — X —;- : dt dx ~y~di = c, = u, = C;
Ç)6 CHAPITRE VI. arbitraire; on trouve ainsi dx* , dy* dz1 _2ip. f>, w dt* ~*~ dt* "*" dt* ~ r a ' c'est l'intégrale des forces vives. Nous montrerons dans un moment comment on peut déterminer la courbe décrite par la planète en partant des intégrales ci-dessus. Mais nous allons d'abord faire connaître trois autres intégrales données par Laplace dans la Mécanique céleste et qui nous serviront plus loin. On tire des équations (b) d*y d>z_ C>z-C"y L dF lj dt* -'** /' ' et, en remplaçant dans le second membre C et C" par leurs valeurs (A), il vient, après une transformation facile, 8 dx dr r,d}y rid*z e r ~di~Xr'dt on peut intégrer, ce qui donne ™ dy „,dz . x C" -■£ — C -77 = f a - + consl. dt dt ^ /• Soient donc F, F', F" trois constantes arbitraires; on aura les trois intégrales cherchées F'=l>f+ c£-C'^. \ ' /• dt dt Il faut supposer dans ces formules C, C, C" remplacés par leurs expressions (A). Entre les sept constantes C, C, C", a, F, F', F", il existe deux relations faciles à obtenir. On trouve d'abord, en ajoutant les formules (C) après les avoir multipliées par C, C, C", CF + C'F'+CffF"= ^(o + C'j + C's); mais les formules (A), multipliées par x,y, z, donnent (i) Cx + C'y + Cz^o;
MOUVEMENT ELLIPTIQUE. qn il vient donc CF + C'F'4-C"F" = o. On démontre ensuite par des calculs faciles que l'on a identiquement Fî4-F"+F"î+ Ï£(CS+C'» + C'») — fV = o, a v r Il résulte des deux dernières formules que, sur les sept intégrales (A), (B) et(C), cinq seulement sont distinctes. 30. Revenons à la détermination de l'orbite ; l'équation (i) montre qu'elle est plane, et que son plan passe par le Soleil. Nous prendrons ce plan pour acOy, de manière que z sera constamment nul; les intégrales (A) et (B) se réduiront à 00 dt y dt ~ L ' dx2 + dy% „ (i \\ —s^-='»*(;-ï> ou bien, en remplaçant C" par c et introduisant au lieu de a? étales coordonnées polaires r et S, (2) rl^7=c> (3) dt dr*+ r'flfe* ~dP *e-3- Soit S l'aire décrite par le rayon vecteur r quand la planète passe de la position qui répond au temps t0 à la position quelconque qui correspond au temps t. On a la formule (2) donnera d$= -r'ûfr; 2 S=j(«-«0). Les aires décrites par le rayon vecteur sont donc proportionnelles aux temps employés à les décrire. On retrouve ainsi la première loi de Kepler; on voit en même temps que la constante c représente le double de l'aire décrite dans l'unité de temps. Si l'on élimine dt entre (a) et (3), il vient , dr* I. i3
CHAPITRE VI. r \ f |UL 2 f JUL C* ,d5 / a r . r* cd- d$ = rf& = / f> 2f> C* y a r r* /fV _ f> _ (c _ ff*\» y c* a \r c ) On aura donc, en intégrant et désignant par co une constante arbitraire, — u = arccos C f |UL r c y c» a d'où (4) r= **- v/^-S I + y I_f^cos(&~w) c'est l'équation de la trajectoire. On voit que c'est une section conique ayant pour foyer le centre du Soleil; dans le cas des planètes, les conditions initiales doivent être telles que cette courbe soit une ellipse. Nous retrouvons la seconde loi de Kepler. Désignons par p le paramètre, a le demi grand axe, e l'excentricité de l'orbite, qui sera inférieure à l'unité; soit (fig. 12) A le point de l'ellipse le plus voisin du foyer 0, point qu'on nomme le périhélie (le point A' le plus éloigné du point 0 est Y aphélie)', représentons par w l'angle AOP que fait avec OA le rayon vecteur r = OP de la planète au temps t; w est appelé YanomaUe vraie de la planète.
MOUVEMENT ELLIPTIQUE. gg L'équation bien connue de l'ellipse, avec les coordonnées r et wy est p a(i — é1) r = £ = —- — ; v-\-e cos w î + e cos w la comparaison de cette expression avec (4) donne (5) w = S — w = XOA; (o est donc l'angle que fait avec OX le rayon vecteur du périhélie; on a ensuite d'où l'on tire (6) «(.-«■)=£. e=v/,-ê c = \Jîpp = \/fp& ( ' — e* ) et a = a; ainsi la constante a, que nous avions introduite dans l'intégrale (B) des forces vives, n'est autre chose que le demi grand axe de l'orbite. Si donc V désigne la vitesse de la planète à l'époque t> on aura, d'après (3), (7) -.V=r,.(ï-i); c'est une formule importante. L'aire de l'ellipse est Tzab = i:a}\Ji —e2 ; si l'on représente par T le temps employé par la planète à décrire son ellipse, l'aire - décrite dans l'unité de temps sera c i:a.*^i — e* 2 ~ T remplaçons c par sa valeur (6), et nous trouverons (8) *££=tvL = ni + m), ce qui est une relation fondamentale pour la suite.
IOO CHAPITRE VI. Pour la seconde planète P,, on aura de même «*P=fm = f<, + m,); on conclut des deux dernières formules I! — f!i I + mi. (9) T?~a» i+m ' on n'a plus Il — -- et la troisième loi de Kepler cesse d'être vérifiée rigoureusement; mais elle l'est d'une façon très approchée, car nous avons dit que les nombres m et mK sont très petits; la fraction —: diffère fort peu de l'unité. On désigne ordinairement par n le quotient . 27T (*o) n=~Y> qu'on appelle le moyen mouvement; c'est la vitesse angulaire que devrait avoir un rayon vecteur fictif qui tournerait d'un mouvement uniforme autour du point 0, de manière à faire une révolution complète dans le même temps T que le rayon vecteur de la planète. Si l'on introduit la quantité n dans les formules (6) et (8), on trouve les relations (n) n1a» = ffA = f(i + m), (12) c=na*tfi — e*, qui sont d'un usage constant. 31. Calcul de la position dans l'orbite. — Nous allons montrer maintenant comment on peut déterminer la position de la planète sur son orbite à une époque quelconque. On a, d'après(5), dt ~ ~dl>
MOUVEMENT ELLIPTIQUE. ÎOI il viendra donc, en ayant égard aux formules (2) et (12), ( * dw , / ï l r* —j- = naïsji — e%, \ dt (i3) i _ aji — e1) t \ 1 + ecosw' ces deux équations déterminent ret^en fonction de /. Éliminons w : nous aurons 1 — e* 1 1 cos w = a > ère d'Où . a\J\ — e% dr dw— -I _=\ r \/aiei—{a~r)1 en portant cette valeur de w dans la première des équations (i3), il vient / ,\ . r dr 04) ndt—- a \/aie1 — (a—ry On est conduit à prendre une variable auxiliaire u définie par la relation a — r = ae cos u ; on en tire (i5) /■= a(i — ecosu), et, en portant cette valeur de rdans l'équation (i4). il vient ndtT=(i — ecosu) du, d'où, en intégrant et désignant par 1 une constante arbitraire, (16) u — esinu— n(t — t). La variable auxiliaire u est susceptible d'une interprétation géométrique très simple. Décrivons, en effet, un cercle sur le grand axe de l'ellipse comme diamètre; l'ordonnée QP (fig* i3) perpendiculaire sur CA rencontre cette circonférence en R; menons la droite CR et faisons pour un moment CQ = x;
102 CHAPITRE VI. nous savons, par les formules de la Géométrie analytique, que l'on a OP= r = a — ex. En comparant avec la formule (i5), il vient x = a cos u ; mais le triangle rectangle CQR donne x = acos(QCR) u = QCR. on a donc C'est l'interprétation cherchée ; la variable auxiliaire u se nomme Vanomalie excentrique de la planète. Fig. i3. La formule (16) fera connaître la valeur de l'anomalie excentrique en fonction du temps; l'équation (i5) donnera ensuite r. Nous pouvons remarquer qu'au point A on a u = o; la formule (16) donne alors t = 1 ; donc la quantité 1 représente le temps du passage de la planète à son périhélie. Il nous reste à déterminer w en fonction de u. Pour y arriver, il suffit d'égaler les deux expressions (i3) et (i5) de r. On trouve ainsi —i '— =a(i — ecosa), i + ecosw d'où (•7) COSw:= cos a — e 1 — ecosa SÎn W = y7! — sina 1 — ecosa L'une ou l'autre de ces formules permet de calculer w en fonction de u; mais
MOUVEMENT ELLIPTIQUE. Io3 elles ne sont pas les plus commodes pour le calcul numérique. On tire de la première , w (i — e)(i + cosa) I + COS W ■= 2 COS* — =r : — > 2 i — ecosa . . w (i + e) (i— cosu) i — cos w = i sin* — = — > 2 i — ecosa d'où i . u i/i + esin — . w 2 sin - = = 3 2 yi— ecosa i i u (18) / v1 — ecos — cos— = 2 ^i — e cos u langT = vr^tang2' Enfin, en combinant les formules (i5), (17) et (18), on peut écrire encore r sin w = a ^1 — e* sin u, (I9) r cos w = a (cos u — e) ; sjr sin — = ya(i + e) sin — » (20) yrcos — = ya(i —e) cos-« Ces deux groupes de formules donnent en même temps r et w en fonction de u; on les emploie, le dernier surtout, quand il s'agit de calculs numériques. On voit que la position de la planète sur son orbite est déterminée complètement en fonction de u; la valeur de u est déterminée elle-même en fonction de t par l'équation (16), qui est transcendante et que l'on appelle Y équation de Kepler. L'angle n(t — 1) = 211—=-- est ce que l'on nomme Yanomalie moyenne; on la représente généralement par Ç. On voit que c'est l'angle dont a tourné depuis le périhélie le rayon fictif considéré plus haut à partir du moment où il coïncidait avec OA. Nous pouvons résumer comme il suit les formules essentielles qui servent à
104 CHAPITRE VI. calculer la position de la planète dans son orbite : Ç = «(*-t), (c) \ u— esina^Ç, J /■ = a(i — ecosu), F w I \ ■+- e u \ X™S-ï = \/—e laDg2- Il nous reste à donner les intégrales complètes des équations (b). 32. Calcul de la position héliocentrique. — Nous reprenons trois axes Ox, Oy, Oz de directions invariables se coupant au centre du Soleil; il est dans l'usage actuel d'adopter pour plan des xy le plan de l'écliptique au ier janvier i85o; la partie positive de l'axe des x sera la droite menée du point 0 à l'équinoxe moyen du printemps à la même époque. La partie positive de l'axe des y sera dirigée vers le solstice d'été, et la partie positive de l'axe des z vers le pôle boréal de l'écliptique. Du point 0 comme centre, avec un rayon égal à l'unité, traçons une surface sphérique; soient (fig. i4) #» J» z les points où elle est percée par les parties positives des axes. Le plan de l'orbite de la planète coupe la surface de la sphère Fig. 14. suivant un grand cercle MN qui rencontre le grand cercle xy en deux points qu'on appelle les nœuds du plan de l'orbite : l'un est le nœud ascendant, l'autre le nœud descendant. La définition du nœud ascendant est la suivante : Dans son mouvement, la planète perce le plan des xy en deux points C et C; considérons celui de ces points, C, où le z de la planète, en devenant nul, passe du négatif au positif; le rayon OC rencontre la sphère au point N qui est le nœud ascendant. L'arc <rN compté à partir du point x, dans le sens xy, jusqu'au point N est la longitude du nœud ascendant; nous la représenterons par 6. L'angle jNM que
MOUVEMENT ELLIPTIQUE. Io5 fait le plan de l'orbite avec le plan des xy est Xinclinaison de l'orbite; nous la désignerons par <p; elle est définie sans ambiguïté par les directions Ny et NM prises respectivement dans le sens xy et dans le sens du mouvement de la planète. Les deux quantités 6 et 9 déterminent sans ambiguïté la position du plan de l'orbite; 6 peut être compris entre o° et 36o°. Toutes les planètes tournent dans le même sens, sens direct, autour du Soleil ; le plan des xy diffère peu de l'orbite d'une des planètes, la Terre; donc l'angle <p sera compris entre o° et 900. Jl y a plus, les anciennes planètes ont des orbites peu inclinées les unes sur les autres; 9 sera donc pour chacune d'elles un angle assez petit. Pour les comètes, <p peut être compris entre 900 et 1800; alors le mouvement de la comète est rétrograde; les définitions de <p et 6 données ci-dessus sont applicables à tous les cas. Après avoir fixé la position du plan de l'orbite, il faut indiquer l'orientation de l'ellipse dans ce plan : soient A le périhélie, P une position quelconque de la planète sur son ellipse; les rayons OA etOP percent la surface de la sphère aux points II et M; pour déterminer la position du point II, on donne la somme des arcs #N et Nil (Nil est compté à partir du point N jusqu'au point II, dans le sens du mouvement de l'astre), et on la représente par o; on a donc *n + nii = gj, d'où NII = gt-0; o est ce que l'on appelle la longitude du périhélie, Il faut maintenant faire connaître la forme de l'ellipse, en donnant son excentricité e, et sa grandeur absolue, en donnant le demi grand axe a, ou la distance moyenne de la planète au Soleil. On doit dire ensuite comment la planète parcourt son orbite ; cela se fait en introduisant la durée T de sa révolution, ou le moyen mouvement •m n = -Y'i enfin, il faut savoir à quel point de son orbite la planète se trouve à un moment déterminé; on donne pour cela le temps du passage au périhélie, t. Il est facile maintenant de calculer la position de la planète en fonction du temps et des constantes qui viennent d'être définies; on aura d'abord u — esina = n(t — t), t—a (1 — e cosa) ; désignons par v la somme des arcs xN et NM, l'arc NM étant compté comme Nil T. — I. 14
IOÔ CHAPITRE VI. à partir du point N, dans le sens du mouvement de la planète; v est ce que Ton nomme la longitude de la planète dans son orbite. L'anomalie vraie w est l'angle w = AOP = HM = p —gj; on aura donc, d'après la dernière équation (c), v — ts A /i + e u tang-^-=y/T—-tang-; on a ainsi r et v. Reste à former les expressions de x, yy zy coordonnées rectangulaires de la planète P, par rapport aux axes définis au commencement de ce numéro. Or -> —t - sont les cosinus des angles que fait le rayon OP ou OM avec les axes; si donc nous traçons les arcs de grands cercles Ma?, M y, Mz, nous aurons - = cos(Mar), ^ = cos(M,y), -=cos(Ms). Pour obtenir ces cosinus, nous considérons les triangles sphériques MarN, M.yN, MsN, dans lesquels on a *N = 9, ,N = £-'* zN= -, 2 NM = p-0, a;NM = 7r— 9, vNM=9, 2 T en appliquant à chacun de ces triangles la formule fondamentale de la Trigonométrie sphérique, on trouve ' cos(Ma:) = cos0cos(p — 9) — sin# sin(p — 9) C0S9, cos(Miy) = sin# cos(p — 9) + cos# sin(p — 0)cos9, cos(Ms) = sin(p —0) SH19. On voit que les formules précédentes font connaître x, y, z en fonction de-*' et des six constantes arbitraires a, e, <p, t, tzr, 6; la quantité n ne doit pas être comptée comme une constante distincte de a, puisque c'est une fonction de a définie par la première des relations (c). On a donc ainsi les intégrales générales des équations (6).
MOUVEMENT ELLIPTIQUE. IO7 Les astronomes introduisent généralement à la place de t un autre élément £ défini comme il suit : imaginons, comme plus haut, un rayon vecteur fictif coïncidant avec le rayon vecteur de la planète aux époques t, t-hT, t -+- 2T, ..., et tournant d'un mouvement uniforme autour du point 0 ; il effectuera donc une révolution dans le temps T, et sa vitesse angulaire sera n; à l'époque t, ce rayon percera la surface de la sphère au point M', et l'on aura si sur OM' on prend une longueur OP' = a, P' sera une planète fictive qui resterait à une distance constante du Soleil, et serait animée sur son orbite circulaire d'un mouvement uniforme. La longitude de cette planète fictive, dans son orbite, serait ^N+NM'=cr + IIM'=CT + n(f — z) = l; l est ce qu'on appelle la longitude moyenne de la planète P; à l'époque zéro, elle se réduit ào-ni, quantité que l'on représente par e; e est donc la longitude moyenne à l'époque zéro; on dit plus simplement que c'est la longitude moyenne de Vépoque. On a donc gj — nx = e, d'où /it = gj — e; l'anomalie moyenne devient (21) Ç = n£—/it = nt + e—gj; la longitude moyenne / peut s'écrire Z = e 4- nt, de sorte que (22) Ç= l — gj. Nous aurons donc finalement, pour les intégrales générales des équations (6), cet ensemble de formules u — e sin u = nt ■+- e — gi, r =a(i — ecosa), v — ts A /i +e t u lang___ = ^_lang_, x=z r[cos#cos(p — 9) — sin 9 sin (p — 9) coscp], y=z r[sin0cos(p — 9) + cos0sin(r — 9) coscp], .s = rsin(p — 9) sin 9. (d)
io8 CHAPITRE VI. Les six constantes 6, <p, g, e, a, e sont appelées les six éléments du mouvement elliptique, ou souvent, par abréviation, les six éléments elliptiques de la planète. Remarque. —L'arc IIM' étant égal à l'anomalie moyenne, on a w=Ç + M'M, p = Z + M'M; la quantité M'M est ce qu'on appelle Y équation du centre; c'est ce qu'il faut ajouter à l'anomalie moyenne pour trouver l'anomalie vraie, ou à la longitude moyenne pour obtenir la longitude vraie; si nous la représentons par C, nous aurons (23) £—w— Ç, et il en résultera (a4) ? où e -+- nt. Iou 33. Revenons à la fig. i4; prolongeons l'arc de grand cercle zM. jusqu'à sa rencontre en H avec le grand cercle xy; la droite OH sera la projection du rayon vecteur r sur le plan des xy. Posons x H = <>,, HM = s ; c4 et s sont la longitude kéliocentrique et la latitude héliocentrique de la planète, et constituent avec rses trois coordonnées polaires. Le triangle sphérique MHN est rectangle en H; on a dans ce triangle NH = <>, — $, NM = c —0; on en conclut (25) tang(p, — 0) = cos<ptang(c — 0), (e) sins= sin^sinfc — 0); ces formules permettront donc de calculera, et s. Lorsque l'inclinaison <p est petite, et c'est le cas usuel, on calcule généralement vt d'une autre façon; on sait qu'on déduit de l'équation ( a5) tang* - tang* - (p,— 0) = (p— 0) r-^siI12(P-0) + -,—^sin4(^ — 0)— .-•; sin i" v ' S1112"
MOUVEMENT ELLIPTIQUE. I 09 on peut donc écrire tang2 i tang* -!- p = :—=- sin2(p — 9) + —:—T sin4(^— 0)—... , r sini" sin2" v ' ces formules permettront de calculer vK très facilement; la quantité p, qui est très petite dans le cas considéré, se nomme réduction à Vécliptique. 34. Maximum de l'équation du centre. — L'équation du centre C est une fonction de la variable Ç et du paramètre e; cette fonction s'annule pourÇ = o et Ç = ir, quel que soite; entre ces limites de Ç, elle est d'ailleurs positive, car on voit aisément que l'on a Ç<w< w; elle passe donc par un maximum, et c'est ce maximum que nous nous proposons de déterminer. On a r £[C 1 dw ■__ 1 s dw c a2 \Ji — e- ' dX> n dt nr% dt hrx rx ' on aura donc, pour le maximum, r = a(i — e2)*. Les expressions connues de r en fonction de u et w donnent ensuite 1 1—(1—e») cos u = - '- ,_(1_e»)ï cosw = — : e cosu est positif et cosw négatif; il convient de poser on aura donc (26) u= u, 2 , \ sin u' =. 1 sinw'= w = —h w 2 r—(1 —e*)* 1 —(1 —e2)"' e Ces formules feront connaître u! et w'; on aura ensuite C ■= w — u -\- e sin u}
HO CHAPITRE VI. d'où (27) C = u'-hw'-he\/i— sin* u'. Si e est petit, les formules (26) donneront pour sinw' et sinw' des expressions que l'on pourra développer en séries très convergentes suivant les puissances de e; ces séries commenceront à la première puissance de e; on en conclura les développements analogues de u', w', et du maximum C par la formule (27). On trouve ainsi _ 11 , 5qo . 17219 , 48 5120 229370 On peut tirer de cette relation la valeur de l'excentricité en fonction de la plus grande équation du centre; on trouve e - l- C - -±- £»_ 587 C._ *°583 a- • e_2C 2».3 2".3.5C 2». 5.7.9C '••' cette formule a été employée pendant longtemps au calcul des excentricités des orbites planétaires. 35. Mouvement parabolique des comètes. — Si l'on suppose infinie la constante a qui figure dans l'intégrale (B) des forces vives, le coefficient de cos(& — (o) dans la formule (4) devient égal à l'unité. La trajectoire est une parabole ayant le Soleil pour foyer; c'est le cas du plus grand nombre des comètes. On a alors, en représentant par/7 le paramètre de la parabole, (28) r=—-£■ , ' I + COSW (29) r,"^" = v/ô^; w est la distance angulaire de la comète à son périhélie (le périhélie n'est autre chose que le sommet de la parabole). Le calcul de.r et w en fonction de t est essentiellement différent de ce qu'il était pour les planètes. L'élimination de r entre les formules (28) et (29) donne 1 i/fu dt = —— dw 4 cos* — 1
MOUVEMENT PARABOLIQUE. III ou bien lï-J±dt= ( i + tang* — Wtang — ; d'où, en intégrant et désignant par t l'instant du passage de la comète au périhélie, (3o) ^(,_T) = tang^+itang*- P1 i Cette équation donnera w en fonction de t : après quoi la formule (28) fera connaître r. Ayant obtenu ainsi r et w, on passera au calcul des coordonnées rectangulaires oc, y, z de la comète par les mêmes formules que pour les planètes. Pour suivre l'usage adopté par les astronomes, il convient d'introduire, au lieu dep, la quantité q=-> qui représente la plus courte distance de la comète au Soleil, et que l'on nomme simplement la distance périhélie. On a ainsi cet ensemble de formules tang ^ + i tang3 ^ = -^= (t - T), 2 ^ v27 r=-^ (g) cos* — 2 V = TB ■+- W\ x= r [cos#cos(p — 0) — sin#sin(p — 9) cos<p], y = r [sin0cos(p— 9) + cos#sin(p — 9) cos<p], \ z = r sïn(v— 0)sin<p; la formule (7) donne d'ailleurs pour la vitesse V de la comète cette expression très simple /• On obtiendra ainsi a?, y, z en fonction de t et des cinq constantes arbitraires ou éléments paraboliques 6, <p, tzr, q, 1. La signification des éléments 6, <p, tzr etT est la même que pour les planètes. Remarque. — La fonction tang—h {tang*— croît sans cesse avec w\ elle est nulle pour w = o et infinie pour w = ir ; donc la première des formules (g) donne toujours pour w une valeur et une seule, comprise entre o et ± ir, selon que l'on a t\i. On voit que la détermination de w est ramenée à la résolution
112 CHAPITRE VI. w i pratique, on évite la résolution de cette équation du troisième degré en la remplaçant par le système suivant : d'une équation du troisième degré dans laquelle l'inconnue est tang-- Dans la (30 dh = ^—^} (32) 3TL= y/^ (tang|+ itang'^, où diL est une quantité auxiliaire. On construit une Table numérique donnant la valeur de la fonction otl de w, déterminée par la formule (32), pour des valeurs équidistantes de l'argument w; une fois cette Table construite, on pourra en tirer la valeur de w qui répond à celle de 3TL déterminée par la formule (3i). La Table en question sera la même pour toutes les comètes, parce que, leurs masses étant très petites et absolument négligeables devant celle du Soleil, on peut prendre ja = i ; dès lors, il n'entre rien dans la formule (32) qui se rapporte à telle comète plutôt qu'à telle autre. 36. Théorème d'Euler. — On doit à Euler une expression des plus remarquables pour le temps S que met une comète, dans son mouvement parabolique, à passer d'une position P à une autre P'; cette expression contient seulement, et d'une manière très élégante, la sommer -h i* des rayons vecteurs menés du Soleil aux points P et P' et la corde a = PP' qui les joint. Soit W* la valeur de w qui répond au point P' : nous regarderons w et w' comme positifs après le passage au périhélie, comme négatifs avant, et nous supposerons «/>«>. En retranchant l'équation (3o) de l'équation analogue pour le point P', on trouve, en faisant pour abréger l'écriture k = v/fjx, -TS = tang — — tang- + ^ ( tang3-^- — tang'-J . ou bien (33) -j 6 = (^tang - - tang- j |^3 ^i + tang - tang—j + (^tang — - tang - J J. On a d'ailleurs (34) '=-E-^' ''=-LS' 2C0S* — 2C0S*— 2 1 w' — w a* = r"+ r11— irr' cos(w' — w) = (r + /•')* — ^ rr' cos* ;
MOUVEMENT PARABOLIQUE. d'où (35) 2 sjrr' cos = ± v/('" + r' + °") ('' + r'~ <0 ï on devra prendre le signe +, si l'on a w' — W < 7T, et le signe —, si l'on a w'— W>7T. Posons pour un moment ( /• + r' + a = A, (36) et remplaçons dans (35) ret r' par leurs valeurs (34); nous aurons w'— w w w' p cos — cos— r 2 2 d'où (37) 1 + lang-tang- = ±l_-. On tire ensuite des formules (34) r -\- r' =.- (2+ tang3 h tang3 — ) ou bien, en ayant égard aux relations (36), —— = af 1 + tang- tang— J + (^tang—-tang-J ; cela peut s'écrire, à cause de (37), A_tBfWÂB = (tang^_tang.y; d'où, en remarquant que tang tang— est positif par hypothèse, (38) tang- -tang- = v T.v • 2 \P Il ne reste plus qu'à porter dans (33) les expressions (37) et (38). T.- I. i5
n4 CHAPITRE VI. trouve 76=-^-l , : )• On voit que le diviseur/?5 disparaît, et il reste simplement ou bien, en remplaçant A et B par leurs valeurs (36), (h) ■ • 6kG=(r-hr'-h<j)\i£(r-hr'—<jy; c'est la formule d'Eulerque l'on attribue souvent, mais à tort, à Lambert; Euler l'a donnée le premier. On a vu plus haut comment le signe ambigu =fc doit être fixé dans chaque cas. Il convient d'insister sur cette formule; on pouvait exprimer a priori w et w' à l'aide de r+ r\ de a et de/?; la formule (33) devait donc donner pour s un résultat de cette forme - 6 = $(/• + /•', <y, p); ce qu'il y a de remarquable dans la formule (h), c'est d'abord la manière dont y entrent les quantités r-t- r' et a; mais c'est surtout le fait que p n'y figure plus. C'est la raison du rôle fondamental que joue cette formule dans la belle méthode d'Olbers pour la détermination des orbites paraboliques des comètes. 37. Mouvement hyperbolique. — Si l'on suppose négative la constante a qui figure dans l'intégrale (B) des forces vives, le coefficient de cps(6 — w) dans la formule (4) est supérieur à l'unité, et la trajectoire est une hyperbole dont le Soleil occupe un foyer. Ce cas paraît être réalisé pour quelques comètes et surtout pour certains bolides. Nous supposerons l'astre en mouvement sur la branche d'hyperbole qui tourne sa concavité vers le Soleil; le mouvement ne pourrait avoir lieu sur l'autre branche que si la force émanée du Soleil était répulsive. Nous n'examinerons pas ce dernier cas, quoiqu'on ait à le considérer dans la théorie de la figure des comètes (Bessel, Faye, Roche, Bredichin, etc.). La formule (4) nous donnera — a(e«— i) i h- ecosw on obtiendra les points de la branche considérée en supposant que w varie de — ( rc — arc cos- j à +(«—•• arc cos - j ; toutes les valeurs de r seront positives.
MOUVEMENT HYPERBOLIQUE. Il5 Cela posé, pour obtenir les formules du mouvement hyperbolique, nous pouvons partir de celles du mouvement elliptique u — esjnu = J—~ (t — t), a\Ja r=çi(i — ecosw), hn6â=vr^lang-' e "2 et nous les transformerons en posant i ' ' * M, a — — au a = , a, désignant une quantité positive et ut une quantité réelle. Soit E la base des logarithmes népériens; nous aurons E"i — E-"« Eui + E_Mi Sin U = =— > COS U = : , u tang - = ^=7 JB-. + I* et il en résultera, en choisissant convenablement le signe du radical qui figure dans tang — > 2 E". — E""i y/Fa . ■ E~"i (c ) \ r — ax \e w /e + i Eui,-- i On peut introduire, au lieu de u,, une variable auxiliajre § définie par la formule E^tang(^-f), d'où E". -+- E-"i = —^-s » E". — E-"i = 2 lang,f, E". — i A $ Ë=rT7 = tangï' si l'on introduit en outre la quantité auxiliaires, = I/-Ç et e = o —/i,t,
Il6 CHAPITRE VI. on trouvera, en partant des formules (V), cet ensemble de relations (<f) e tang^ — log tang ( -7 + - J = n, £ + e — gj, y e — i tang -^- = \/ -—7 tang -, .z; = r [cos0cos(p — 6) — siadsin(t>— 0) cos<p], y = r [sin0cos(p— 0) + cos0sin(p — 0) cos<p], \ z=rsin(p— 0) sino. La seconde de ces formules permettra de calculer l'inconnue auxiliaire ^ qui remplace l'anomalie excentrique; on obtiendra ainsi les coordonnées rectangulaires héliocentriques exprimées en fonction du temps t et des six éléments hyperboliques 6, ç, ta, e, a,, e. 38. Détermination des éléments du mouvement elliptique d'une planète, connaissant la position et la vitesse de la planète à un moment donné *0. — Cette question se présente très souvent en Astronomie. Soient x0> y0> z0, r0 = \/x*0 h-y\ -+- z\ les coordonnées de la planète à l'époque /, et < = (ln\' ^ = (^)o' *» = (§)o ^ COmP°SanteS de Sa YiteSSe V0 = >Jx* -\-y* ■+■ z'*, au même instant. Commençons par une question accessoire : Exprimer; à l'aide des éléments du mouvement elliptique, les trois constantes C, C, C des intégrales des aires, intégrales (A) du n° 29. On a donc ces formules (A) K,-y dt z di, ^-*di *ât' L-Xdt y dt Soit Q le point où la sphère de rayon i, ayant pour centre le centre 0 du Soleil, est percée par la normale au plan de l'orbite, menée d'un tel côté qu'un observateur placé les pieds en 0 et la tête en Q voie le mouvement de la planète s'effectuer de sa droite vers sa gauche. Je dis qu'on aura, dans tous les cas, en grandeur et en signe, les formules (3g) C = ccos(Qx), C'-ccos(Qy), C'=ccos(Qz),
DÉTERMINATION DES ÉLÉMENTS DE L'ORBITE. 117 où c désigne la quantité essentiellement positive \Jf[i-p, qui représente, comme on l'a vu, le double de l'aire décrite dans l'unité de temps par le rayon vecteur r de la planète. Il suffira de démontrer l'une des formules (39), la dernière par exemple; soient r" la projection de r sur le plan des x,y, S" l'angle que fait r" avec Ox, S" l'aire décrite à partir d'une certaine position par le rayon r"; on aura x = r"cos$", j = /-"sinS", d'où dy dx _, dS" _,_ rfSff dt J dt dt dt On voit que C" représente ± le double de l'aire décrite dans l'unité de d%" temps par le rayon r"\ suivant que -3- est positif ou négatif, c'est-à-dire suivant que le déplacement de r" s'effectue dans le sens xy, ou dans le sens yx. Mais S" l'aire S" est la projection de l'aire plane S décrite parr; le rapport-jt- est donc égal au cosinus de l'angle que fait le plan de l'orbite avec le plan des xy, et l'on a, au signe près, (4o) C" = ccos(Q*). Or, si l'angle (Qz) est aigu, le mouvement de r" s'effectue dans le sens xy; il s'effectue, au contraire, dans le sens yx si l'angle (Qz) est obtus; donc C" et cos(Q-s) sont toujours de même signe, et la formule (4°) est générale. Si l'on considère maintenant les triangles sphériques QNx et QNy, N désignant le nœud ascendant de l'orbite, et si l'on remarque que QN = -> l'application de la formule fondamentale de la Trigonométrie sphérique donne immédiatement [ cos(Qj?) ^sinçsinfl, cos(Q/)——sin<pcos0; (4») l on a d'ailleurs ( COS(Q Z) =:COS<p. Les formules (39) et (41) nous fournissent donc les relations cherchées, v/fjûi/jsinç sin0, v/fjÛL/JsiiKpcosô, \Jî[i.p cos<p. (*) _ dz dy L -yTt~zTt r> — - dx v dz L -"Tt x dt _. dy dx Cff = d?-f —y -r dt J dt
Il8 CHAPITRE VI. Nous allons écrire de nouveau les intégrales (C) du n° 29, mais sous une forme un peu différente, en remarquant que Ton a identiquement _, dz rn'dy dx / dx dy dz\ /dx1 dy* dz*\ dr dx yji nous trouverons ainsi (C,) u * x ™ dr dx v-*..y dr dy -r*n n Z *T. dr dz Cela posé, les formules (k) et (C) appliquées à l'époque t0 donnent C = z0x0 x0zot C ^=-x0y0 ^o^o» ■ F'=ffxf°+C'x'0-C<, ro F' = f^+C/0-C'*'0; ce qui détermine, en fonction des données, les valeurs des six constantes C, C, C", F, F, F"; on aura ensuite (m) ^fjm/>sin9sin0 = C, ^({Mpsiny cos0 = — C, v/fjm/?cos9 = C, d'où, sans ambiguïté, les valeurs des quantités p, <p et 6. La formule (7), appliquée à l'instant f0, donne d'ailleurs (n) vo. 1 2 a r0 f jul ' d'où le demi grand axe a de l'ellipse ; on a ensuite (*) e* = i--p, ce qui fait connaître l'excentricité. Nous appliquerons maintenant les formules (G,) au moment t où la planète passe à son périhélie; nous désignerons par X4, Y,, Z, les coordonnée? de
DÉTERMINATION DES ÉLÉMENTS DE L ORBITE. I 19 ce point, et par r, = a(i — e) '== \JX] -+■ YJ -+- ZJ la distance périhélie. Nous , . dr • . • • aurons, a ce moment, -r- = o, puisque r, est un minimum. La formule (7) donne d'ailleurs d'où 1 -W a %-*=*<:.-$=-%: Les formules (C,) donneront donc ,, , X, F Y, F' Z, F" Remarquons en passant qu'il résulte de là une représentation géométrique simple des constantes F, F', F'; ces quantités sont, en effet, les projections sur les axes d'une longueur égale à fjxe portée sur le grand axe de l'ellipse à partir du foyer O, dans la direction du centre. * On déduira des formules (42) les cosinus directeurs du rayon mené au périhélie; mais il est préférable d'obtenir la longitude o du périhélie. Or les formules (d) donnent — = cos0cos(gj— 0) — sin0 sin(ni — 0) cos<p, ri Y (43) { — = sin0cos(nr— 9) ■+■ cos0sin(nr— 0)cos<p, ri 2 — =sin(nj—0)sin<p; r\ X Y en portant les valeurs de — et de — dans les deux premières formules (42), et résolvant par rapport aux inconnues e cos(© — 6) et esin(nr — 6), il vient !fjmecos(Gj— 9) =— Fcos0 — F'sin0, . . , as Fsin0 — F'cos0 fae sinfnj—0) — r cos<p On aura donc sans ambiguïté e et xs\ la valeur ainsi trouvée pour e devra coïncider avec celle qu'a donnée la formule (o). Reste à calculer la longitude moyenne de l'époque, e; on aura, en désignant par (/0 l'anomalie" excentrique et par v0 la longitude dans l'orbite,
120 CHAPITRE VI. pour t = t0, "o _ . A — g 2 y n-e tang -- = i / ——- tang (q) { 2 y i-he ° 2 e = gt— nt0 + (#„— e sinw0). Il n'y a plus qu'à trouver v0\ or on tire aisément des trois dernières formules (d) l r0cos(r0—0) =x0cos6-hy0sin6, ('') \ fl. —j?0 sinô-h jocos0 s0 i r0 sin(p0— 6) = cos<p sin<p » ce qui donnera t>0 et aussi r0 qui est déjà connu. Les formules (/), (m), (n), (o), (p), (q), (r) font connaître les valeurs des éléments cherchés, a, e, ç, Ô, gt, £. La solution obtenue ne laisse rien à désirer au point de vue de la rigueur; il est possible d'abréger les calculs numériques et d'obtenir des vérifications des calculs, autres que celles que nous avons indiquées ; mais nous n'insisterons pas. 39. Détermination des éléments du mouvement parabolique d'une comète, connaissant la position et la vitesse de la comète à un moment donné t0. — Les données devront vérifier la relation #~ r. Les formules (/) et (m) détermineront sans ambiguïté les éléments <p, 6 et On trouvera de même xs sans ambiguïté par les formules que l'on déduit de (/>), en y faisant e = 1, savoir !f>cos(nj— 0)=— Fcos0 —F'sin0, , . . fl. Fsin0 — F'cos0 fasinfci—0) = : r cos<p ' si cos<p est petit, on pourra, pour avoir plus de précision, calculer par la formule F' (j>i) fu.sin(nj--0)— :—y ^ ^ s ' SID9
HODOGRAPHE. I21 z qui se déduit de la dernière des relations (43), en y remplaçant — par _ F Les formules (r) donneront v0, après quoi on tirera de la première des formules (g) („) T = ,„_^[lan6^ + itan6^]; le problème sera donc résolu par l'ensemble des formules (/), (m), (pi)ou(p2), (r)et(qt). 40. Hodographe. — Hamilton a résolu la question suivante : Par le centre 0 du Soleil, on mène des droites égales et parallèles aux vitesses d'une planète ou d'une comète dans les divers points de son orbite. On demande de trouver le lieu des extrémités de ces droites; ce lieu se nomme Yhodo- grapke. Partons des intégrales (C), et supposons, pour simplifier, que l'on ait choisi le plan de l'orbite pour plan des xy, l'axe des x passant par le périhélie. On aura i=o, C = o, C'=o, C = \/fp.p = c ; les formules (42). dans lesquelles on a maintenant X«-, Y'-n Z' „ ^1 rx 'l donneront F = -fjme, F'=Fff=o; les équations (C) deviendront donc e x dy - r dx Mais les coordonnées a?', y du point de l'hodographe qui répond au point (x, y) ont respectivement pour valeurs 77? et h£- On aura donc X *>7 =-cx'; T. - I. 16
122 CHAPITRE VI. — HO DO GRAPHE. d'où, en élevant au carré et ajoutant, ^(/-VtOH*- Donc l'hodographe est un cercle ayant son centre sur la perpendiculaire menée par le centre du Soleil au grand axe de l'ellipse, ou à l'axe de la parabole ; le rayon de ce cercle est i/ — » et l'ordonnée de son centre est et/ —• Dans \&fig. i5, la demi-circonférence A1B1 A', répond à la demi-ellipse ABA'; dans le cas de la parabole, l'hodographe est tangent à l'axe au foyer; enfin, pour l'hyperbole, l'hodographe ne coupe pas l'axe transverse. Fig. i5. M. Darboux a montré tout récemment, d'une manière très élégante, que la considération de l'hodographe permet d'écrire presque immédiatement les trois intégrales (C); nous renverrons le lecteur à une Note qu'il a,publiée sur ce sujet dans le Bulletin astronomique {t. V, p. 89).
CHAPITRE VII. — MÉTHODE DE JACOBI. 123 CHAPITRE VIL INTÉGRATION DES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES DU MOUVEMENT ELLIPTIQUE PAR LA MÉTHODE DE JACORI. 41. Ces équations, qui ont été données au n° 28, peuvent s'écrire («) cPx d\J dt1 ~ dx' en posant u_f>_ r \f& d*y dU dt* ~ dy ; k* l + 7, + s»' cPz dt* dU ~ dz ce sont les équations différentielles du mouvement d'un point matériel libre, de masse i, la fonction des forces étant représentée par U. Si nous nous reportons au n° 7 de l'Introduction, nous voyons qu'il nous suffira de trouver une fonction S de ty oc,y, z et de trois constantes arbitraires a,, a2, a,, vérifiant identiquement l'équation alors on aura, pour déterminer ^j, zy les formules suivantes : (c) 5^=f3" *;=*• m=p- Pour trouver plus commodément la fonction S, il convient de remplacer x, y, z par les coordonnées polaires r, vt, s, rayon vecteur, longitude, latitude, au moyen des formules (i) x — rcoss cos*»!, / = r cosssin^, s^zrsins.
124 CHAPITRE VII. On trouve sans peine que l'équation (b) doit être remplacée par la suivante : d$ i r/^s\» i /asy j/dsyi £_ (2j àt + 2l\àr) +r"cos«*^/ + r*\ds) J r ~ °* Cette dernière ne contenant explicitement ni £ ni vt, nous ferons (3) S = — «!<+«! ('i-H S1( S, ne renfermant plus explicitement ni t ni ?,; nous aurons <fr ~~ ai' dr — dr ' dp, — "»' <fc ~~ <fc et l'équation (2) deviendra /^S,y. \ fo/ cosV_ a A:» W W+^ = — ■-*-"" Il nous reste à trouver une solution de cette équation, fonction de r, s, et d'une nouvelle constante arbitraire a, ; nous pouvons faire \ ds J cos' 5 • ' (**lY + -' = — \dr J r1 r ict. s'il est possible de vérifier ces relations, l'équation (4) sera elle-même satisfaite. Or on a ds y ' cos* i i / n <■» _i_ 2.» d7 = V = i/ la. 1 "^ r ,-« ' la première de ces expressions ne dépend que de *, la deuxième que de r; on peut donc prendre Adoptons zéro et r, comme limites inférieures des deux intégrales; nous trouverons, eu égard à la formule (3),
MÉTHODE DE JÀCOBI. 125 La limite r, est arbitraire; nous la prendrons égale à la plus petite des deux racines de l'équation 2** a' (6) 2a,+ — _-l=o; on voit qu'elle sera une fonction des deux constantes a, et a,. Nous allons former maintenant les équations (c); remarquons que l'on a r I 2** <x\ . ^ dr , / 2** ol\ drx J \f ".+ —-7Î le second membre de cette équation se réduit à sa première partie, parce que dr le coefficient de -r-1 s'annule d'après (6) ; on trouvera de même J_ dot, ^ / a Âr* . ai' . /*r rfr '«A-, V '• '* / ,-/ a*« a', et les formules (c) deviendront («0 Pi = -" *'+ / - -.1 /*s ds pr dr 1 Fi" i v-t-3". («> &=*,- " rf* (/) (33 = « Ces équations feront connaître les trois coordonnées polaires r,, t>, et *, en fonction de t et des six constantes arbitraires aif aa, a,, [3,, (3a, p3. Il est inutile de développer les calculs qui nous feraient retomber sur les formules trouvées dans le Chapitre précédent; nous nous bornerons à donner la signification géométrique de chacune de nos six constantes. La formule (d) montre que r ne peut prendre que des valeurs rendant positif le premier membre de l'équation (6); le maximum ra et le minimum r, de r seront les deux racines de cette équation, que l'on peut écrire 2 otj r1 -•- a k1 r — «J = o ;
126 CHAPITRE VII. on en conclut /-,+ /•, = —-, r,r, = ——i. a, 2 a, Or on a r, = a(i — e), r, = a(i + e); il en résulte D'après la même formule (</), quand la planète passe à son périhélie, on a '• = '•1» Pi = —*; si donc t désigne le temps du passage au périhélie, il viendra La formule (e) montre ensuite que 5 doit varier entre des limites telles que la a* quantité aj -,- soit positive; or, <p désignant l'inclinaison de l'orbite, on sait que s est compris entre — <p et H-<p; on aura donc ' cos*9 ' d'où a, = a3 cosç = ksjp cosç. La formule (e) donne (32 = ?,, pour 5 = 0; la planète passe alors par un de ses nœuds. Soit ô la longitude du nœud ascendant; on pourra prendre Avant d'arriver à la signification géométrique de la constante fJ3, introduisons au lieu de 5 une variable auxiliaire r\, définie par la formule sin$ ^sinçsinT); si nous nous reportons à \&fig. 14 et à la formule (e) du n° 32, nous verrons que Y) représente l'arc NM = v — 6; c'est ce qu'on appelle Xargument de la latitude; cela posé, on trouve /** ds /** cossds /,Y,sin9COSTj drt ^_ I i /g» g»~ J0 V^côs^s^côs*^ J0 y/sin^cos'Tj */0 y * cos*$
METHODE DE JACOBI. 127 la formule (/) peut donc s'écrire dr 1 rV2ai+--^ au périhélie, r = r, ; donc p3 est égal à la valeur correspondante de Y), c'est-à-dire à l'argument de la latitude du périhélie; c'est (fig. i4) la distance angulaire Nil = xs — 6 du nœud ascendant au périhélie. Voici donc finalement le système canonique d'éléments auquel nous sommes amenés : ^g* \ a,= *v//>cos<p, (3,= 0, k — sjïïi.. <x3 = k^p, (3,= gi — 0. Si l'on égale les deux expressions n(t — t) et nt -h e — tzr de l'anomalie moyenne, on voit que l'on peut écrire aussi g —cj g —cj A
128 CHAPITRE Yin. CHAPITRE VIII. RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. Lagrange (') a écrit sur ce sujet un de ses plus beaux Mémoires dont nous croyons devoir reproduire les points principaux; nous avons surtout en vue de donner une idée de la difficulté de la question; d'ailleurs, certaines recherches récentes relatives à une solution approchée du problème des trois corps, et qui rentrent directement dans le cadre de cet Ouvrage, se rattachent d'assez près au Mémoire de Lagrange. Fig. 16. c f e 42. Soient (fig. 16) C, C, C" les positions des trois corps à l'époque t\ r= C'C", /= C"C, i* = CC leurs distances mutuelles; m, m', m" les produits de leurs masses par la constante f de l'attraction. Soient encore x, y, z les coordonnées de C" par rapport à C pris pour origine ; a/, y, s' » C » C" x\y\z" ., c .. c ces coordonnées étant comptées parallèlement à trois axes fixes rectangulaires. C1) Laghangb, Œuvres, t. VI.
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. 129 Si l'on forme les équations différentielles des mouvements absolus des points C, C et C", et qu'on retranche deux à deux celles qui correspondent à un même axe, on trouve / ePx (0 (2) d*z de +(m dix 1? cPz' ~dt* dix ~dt* dix , , „. x ( x x' x"\ __ + (m + m/+ m") _ _ m ^_ + _ + _ j = o, *' + /»') 7, -™ ^ + p3 + pr3J = °; x' (x x' x"\ + (m + m' + m«) _ _ m' ^_ + _ + _j = o, ( m + m' + m" ) iL _ m» ^ + £. + iE_ j = o, (3) ]^ +<»» + "»'+»»'>;£. -|W'(f. + ^ + p^) = 0' f rf*a" s" /s s' 5" \ | ___ _H (m + m/+ m*) _ _ m^_ + _ + _ j = o. On a d'ailleurs (4) r*=xi + y1 + z\ r'i = x'i + y'i+z'\ t^^x^-hy^-hz'*; (5) X -\- x'-hx"=ZO, j+j'+j»— o, S + s'-h5" = 0. Quand on aura déterminé les valeurs de a/, y, z'; x",y", z", on connaîtra les mouvements relatifs de C" et C par rapport à C, ce que l'on cherche en Astronomie, s'il s'agit, par exemple, de déterminer les mouvements de deux planètes C et C" autour du Soleil C; on n'a introduit x, y, z que pour avoir des formules symétriques. Soient a, b, c trois constantes arbitraires; les intégrales des aires seront l mV dt z dtj^^y a z -di) + n?Y ~dt • ~di)-a' ... ) 1 / dx dz\ 1 / , dx' , dz'\ 1 / „dx" „ dz'\ L (6) \m V ~di ~ X -dt) + m< \Z -dt ~x -dt) + m' [S Si ~* Ht) = b> \ L( & _ d^\ l f ,df _ , dx'\ l f 11 df j, dx"\ _ \m\X dt y dtj^m'X* dt y dt)^"^\X~dt~^~dt)-C- On le vérifie en difTérentiant, remplaçant les dérivées secondes par leurs valeurs tirées de (i), (2), (3), et ayant égard à (5). T.- I. ,7
IJO CHAPITRE VlII. Posons ensuite , dx1 dy* dz* „ dx'* dy'% dz'1 „ dx"'- dynt dz"* et désignons par A une constante arbitraire; l'intégrale des forces vives sera u1 u'1 u'* ( i i i \ (8) 1 j -\ -„ — 2(/n + m'+m") j y—, -\ r-lv )=h; v ' m m m \mr m r m" r J on le vérifie de la même manière que pour les intégrales des aires. Si l'on tient compte des relations (5), on voit que la solution du problème dépend de six inconnues qui doivent être déterminées en partant d'un système de six équations différentielles simultanées du second ordre; on connaît les quatre intégrales (6) et (8); il en resterait huit à trouver. 43. Lagrange décompose le problème en deux autres : il cherche d'abord à déterminer en fonction du temps les côtés du triangle formé par les trois corps; en supposant cette question résolue, il lui reste à fixer la position du plan du triangle, et l'orientation du triangle dans ce plan. Il introduit les notations suivantes : , v j_ i_ _ j i_ _ , i L— » v9; rn ' rn—7» ;.»s ;.s—7> r, rn — 9* d'où ces identités (io) 7 + 7'+</» = 0, i + iL+iL = o. Soit encore posé (n) — p = x'x1' -hy'y-hz'z", — p' = x" x + f y->r z" zt — p" = xx' + yy' + zz'; on en conclut, en tenant compte de (5), (12) p-hp"=r\ p"-hp=,'\ p^-p'—rn\ (id) p = , p'= , p* = . 2 r 2 r 2 Si Ton différence deux fois l'expression (4) de r3, on trouve, à cause de (7), \_ d1/1 _ d*x d*y d*z t i~dF-x~d^'hy~SF'hz~dF'¥ui d'où, en remplaçant dans le second membre les dérivées secondes par leurs
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. l3ï valeurs (i), et tenant compte de (i i) et (12), 1 cPr* m-h m'-hm" 2 dt d'après (9), les coefficients de mp' et de mp" dans le second membre sont égaux respectivement à — mq/ et -\-mq". On aura donc ainsi , 1 d*r2 m-h m'-h m" 2^- " + m(p'q'-p»q»)-u>=0, . ,. J 1 cPr'1 m-h m'-h m" 04) \ï~dF + F7 +m'(p"q"-p 7)-«'« = o, f 1 dV'1 m + m'+mff \2"^- + ? + m"(pq-p'q')-u">=0. Ces équations font connaître les valeurs de m2, m'2, m"2, en fonction de r, z^, r", et des dérivées premières et secondes de ces quantités par rapport au temps. On en conclut m + m' + m" ~ 2 m dt2 + 2 m' d*2 + im" dt2 -h (m + m'+ m") ( — h l— H J-^ ) \m/- m r m r J ou bien, en ayant égard à (8), 2 dt*\m m' m") v ' \mr m'/' m"r"J Cette formule coïncide avec la formule (10) du n° 15 lorsque, dans cette dernière, le nombre des corps se réduit à trois : c'est l'une des équations fondamentales du Mémoire de Lagrange. 44. On peut poser, en désignant par p une indéterminée, // .dx" .dy" ,dz"\ / „dx' „dy' „dz'\ /K, \ ( ,dx ndy „ dz\ (. dx" dy" dz"\ I / dx' dy' dz'\ ( , dx ,dy , dz\ \ \x w +y w + z in) - \* dt +* di + z dï)=e-> car, en retranchant la seconde de ces équations de la première, on trouve ,v dx" , /x dy" , ,v dz" d(x +x') d(y+y') mW d(z-hz') _ ~X ~dt y W dt ~°'
ou bien, à cause de (5), dx" dt dy CHAPITRE VIII. dx" dy" j ~jt z j* +j7 j, ~*~y lit dt dt dt dt d^_ dt = o, ce qui est une identité. On tire du reste des relations (i i) la formule dx' dt 7 dt dz" Tt dx' dt dt dJ_ dt dp Tt qui, combinée avec la première équation (i5) par voie d'addition et de soustraction, donne les deux premières des formules suivantes : ,dx" ,dy" „I<W — L(_d£ dt +<r dt +S dt~*\ dt +P dt J dt dt a V dt ? d£ + _„ <*£ _ i / dp' dt dt 2 \ dt - d^. — l(_dÉ. dt 2 \ dt dx' dyl d£ _ i_ (_ df/ dt+ydt'hZdt~i\ dt+P , dy , dz i / dp" (16) tdx ~dl dx" dy[ x dt +^ ~d! dx dt Remarquons maintenant que les coordonnées des points C et C" rapportés au point C ont pour valeurs respectives x", y, z" et — x', —y, —z'; par un point fixe 0 (fig. 17), menons les droites OM', ON', OM", ON* ayant pour cosinus directeurs pour OM', pour ON', pour OM", pour ON"; (17) x' _.. —_ J r' 1 dx' ~û! ~dTy a? ■+-—» r" 1 dx' û* ~dti y r' y 1 dy' u' dty .y . • dy + V"~dly z' ~~ /•' 1 dz' u' dt z" 1 dz" + u" dt nous désignons par M', N', M*, N" les points où les quatre droites percent la sphère de rayon 1, ayant pour centre le point 0, et nous joignons ces points deux à deux par des arcs de grands cercles. On voit que la droite OM' est parai-
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. 133 lèle à CC", tandis que OM" l'est à CC; si donc on prend 00" = CC", 00' = CC, le triangle OO'O" sera égal au triangle formé par les trois corps, et les côtés des deux triangles seront parallèles deux à deux. Les droites ON' et ON" sont respectivement parallèles aux vitesses des corps C" et C dans leurs mouvements relatifs autour de C. Le point 0 est fixe; le lieu du point 0" est une certaine courbe. Considérons le plan qui passe par la tangente à cette courbe au point 0" et par le rayon 00"; c'est ce que'l'on nomme le plan de Vorbite du point 0* à l'époque t; on voit que ce plan coïncide avec celui du grand cercle M'N'. On pourra donc dire que, si l'on considère les orbites relatives des corps C et C" par rapport au point C, les plans de ces orbites relatives, à l'époque t, seront respectivement parallèles aux plans des grands cercles M"N" et M'N'. Cela posé, si l'on se reporte aux expressions (17), on trouve «/m/ * / ,dx' ,dy' ,dz'\ 1 dr' ,«»T» ' dr" u' r \ dt J dt dt J u' dt u" dt ou bien, en vertu des relations (16), coSM'N' = j^(*-P), cosM'N-^^-p). On a ensuite enfin C S n ~ u'u"\dt dt ^ dt dt ^ dt dt) Mais on trouve, à cause de (5), /1 »! t — dx'% dy'x dz>1 d*"1 df* dz"* \dt + dt ) \dt+dt) \dt+ dt J '
I 34 CHAPITRE VIII. et il en résulte cosN'N" = !—„ 2 IV U Pour résumer ce qui précède, nous poserons a' = cosM'M", P' = cosM'N', / = cosM'N', a"=cosN'N", (3'=cosM"N', y'=cosM'N'; iu'* + u'* — u1 «"+«•- u'* . m1+m'1—a'1 2 2 ' 2 dou w* = v' + i'", m'" = v" + e, m'1 = p + i>' ; nous aurons les formules suivantes : P „»- " a' = s/(p +/>') (p+p") v/(" + ô (^ + p') dp dp 09) P'=-7=%777=T=^' P' = 2V/(/> + />')(p+ O 2V/(/>+/>')(p+t>ff) dp dp' dp dp' , dt dt „ dt dt y ——/- - - > y 45. Reportons-nous à lay?^. 17; nous voyons que a', p', y', a", p", y" sont les cosinus des quatre côtés et des deux diagonales d'un quadrilatère sphérique M'M"N'N". Or ce quadrilatère est déterminé quand on donne les quatre côtés et seulement une diagonale M'N", car on peut construire alors les deux triangles sphériques M'N'N", M'M'N"; il existe donc une relation entre les six quantités a', p', y, a."y p", y"; cette relation, qui sera démontrée plus loin, est la suivante : l 1 — (a'«+ P'"+ /« + a'" + P'" + y'1) + a(a'|3y + a'Py + a'P'y'+ a'PV ) (20) X K ' \ _j. «'»«'»_,_ p'ip»»_,_ y'iy«_ aa'a'P'P'— 2(3'(3y/ — a//a'a' = b. Si l'on y porte les expressions (19) de nos six cosinus et que l'on pose, pour abréger, (,0 4,=,<,+,)+v(,£_,£)+,g+,£+,(£+£)\
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. l35 on trouvera, après un calcul assez long que l'on dirigera de manière à ordonner par rapport à v, v\ v" et aux produits de ces quantités deux à deux, (B) 16 \p dt dt dt dt~*~ dt dt ) ~ ' les expressions (21) de 2, 2' et S" contiennent p au premier et au second degré; donc l'équation (B) est une équation du quatrième degré en p, dans laquelle p3 ne figure pas. Les quantités/?,/>',/>" sont données en fonction de r, r^'par les formules (13); v, v't v" peuvent être exprimés à l'aide de r, r', r" et de leurs dérivées premières et secondesau moyen desformules(i4)et (i8)entre lesquelleson devra éliminera2, u'2 et u"2. Donc on connaîtra finalement l'inconnue auxiliaire p en fonction , , „ dr dr' dr" cPr d*r' , d*r' de r,r>,r, ^, -^-, -^-, -^-, ^ et -^-- Remarque. — La première des formules (21) peut s'écrire ^^P^P^P^-p-^^P^P^PP^^)-, mais on trouve, en remplaçant/?,/>', p" par leurs expressions (i3), (22) p'p'+p"p + pp' = \(r + /"+ /•")(/• 4- /•' —/■')(/• — /•'+ /•") (— r + /•'+/•") = a1, ? désignant le double de la surface du triangle formé par les trois corps; il vient donc cela prouve que les quantités S, 2' et 2" sont essentiellement positives. 46. Différentions la première des formules (i5) par rapport au temps, et remplaçons les dérivées secondes de x\y\ s', x\ y", z" par leurs valeurs tirées de (2) et (3); nous trouverons >){x'j+yf+s>j)(±--jfiy) dp , 1 , --f =-. ( m -+■ m + m dt . /xj;»+v/+ zz" x' -" ' -' -•' - m , (xx" -4- y y" -h zz" x'x"-h y'y"-h z'z" x^ + y»*-*-z»*\ y ï« + ,.'» + j pi ) ./xx'+yy' + zz' *'* + /*+*'* x'x" +y'y" + z'z"\ +>» {—7T— -+- —u— + —pi—y
l36 CHAPITRE VIII. ou bien, en ayant égard à la définition des quantités^et q, — (m + m' + m")pq + m' (—/>'q' -+■ pq) + m"(— p"q"-hpq), d'Où (C) -j? -hmpq -hm'plq'-hm"p',q'' = o. Cette équation, qui joue aussi un rôle important dans la théorie de Lagrange, donne -£ en fonction de r, f et K. Nous allons chercher maintenant à déduire des intégrales (6) des aires une combinaison qui ne contienne que les distances mutuelles et leurs dérivées; élevons ces équations au carré, ajoutons-les, et posons nous trouverons (25) m» "*~ m" + m'" + m'm" + m" m + mm' ~ ' où nous avons fait, pour abréger, i„ / dz dy\* ( dx dz\'- ( dy dx\* n=^Tt-zdt) -h\zdi-xTt)+\xdi-y-di)' ^-y^ï ~^ï)y w ~ dtj + y dt x dt)\z dt x dt) ( ,d? ,dx'\( „df .dx"\ ^yW y~dt)\°~dt r~dlp les valeurs de II', II", V et V s'en déduisent par des permutations d'accents. Les expressions de II et V sont susceptibles de la transformation suivante „ , . . ,v /dx1 dy* dzl\ ( dx dy dz\* m , , , , . , ,^fdx' dx" dy' dy" dJ dz"\ ( ,dx" ,dy" ,<fc*\/ ,dx' ,dy' , dz'\ ' -(* sr +y-ij + * si)\x w +s di+~di)■
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. iSj en ayant égard aux formules (4), (7), (11) et (16), et aussi à la relation dx' daf dy_df dz' dz" _ u* — u'*—u"* _ dt dt dt dt dt dt 2 déjà rencontrée, on peut écrire encore autrement les expressions ci-dessus de n et de W. On trouve finalement I dr"2 1 1 do"2 II"— m"2/-"2— /■"* —— , W— o"v"-h - 0-— - -*— • Avec ces valeurs, la formule (25) devient rf*2 ) + m'2 V rf<2 / ™"2 V dt* ) (I)) ) +^^?(/" 4^/ ^^\^ 4 rf'V w\^ 4^ m + m' h- m" 2/w/w'm A-2. Le premier membre de cette équation peut être exprimé à l'aide de/\ r', r" et de leurs dérivées premières et secondes; il en est de même des expressions (27) de n, ..., W". 47. Nous allons résumer l'état.de la question : Les quatre équations à retenir sont (A), (B), (C) et (D); il est entendu une fois pour toutes que les quantités/?, //, p", u2, u'2, u"2, *>, v\ v\ S, 2', S" sont exprimées en fonction de r, f, r" et de leurs dérivées des deux premiers ordres à l'aide des formules (i3), (i4). 08) et(2i); après quoi l'équation (B) donne p exprimé en fonction des mêmes quantités. Le problème est ramené à l'intégration des trois équations différentielles simultanées (A), (C) et (D), où les inconnues sont r, r\ r"; les équations (A) et (D) sont du second ordre ; elles contiennent les deux constantes h et k; (C) est une équation du troisième ordre. Ainsi, tes distances mutuelles des trois corps dépendent d'un système de trois équations différentielles simultanées; deux de ces équations sont du second ordre, et la dernière est du troisième ordre. L'intégration de ce système amènerait sept constantes arbitraires; en y joi- T. - I. 18
1 38 CHAPITRE V11I. gnant les deux, h et k, qui figurent déjà dans les équations différentielles, on voit que les expressions les plus générales de r, r/, r", en fonction du temps, contiendront /iew/" constantes arbitraires. En supposant cette intégration faite, on aura à introduire deux éléments pour fixer la position du plan des trois corps, et enfin un dernier indiquant l'orientation du triangle dans son plan. On aura bien ainsi introduit les douze constantes arbitraires dont doivent dépendre les mouvements relatifs de deux des corps autour du troisième. Pour cette dernière partie de la solution, on se servira, bien entendu, de deux des trois intégrales (6) déjà connues, dont on a utilisé une seule combinaison représentée parla formule (D). Remarque. — L'équation (B), qui est du quatrième degré en p, manque, comme nous l'avons dit, du terme en ps; si donc, dans les termes en p2 et p\ on remplace pa par sa valeur tirée de (D), cette équation (B) donnera p par une formule du premier degré. Cette remarque a été faite par M. R. Radau dans un Mémoire publié dans le tome III du Bulletin astronomique, p. n3; ce Mémoire contient d'autres résultats intéressants. Les formules principales de Lagrange y sont obtenues d'une manière très directe; nous y renverrons le lecteur. 48. Pour arriver plus rapidement au but, nous avons laissé de côté des formules qui, sans être indispensables, peuvent être cependant utiles; nous allons les démontrer ici. On a, en partant de la définition (7) de u, 1 du'- d.r rf*.T dy d*y dz d*z z~dt~~dt ~cïF "*" ~di~dl}' ~*dt ~dt*' en remplaçant les dérivées secondes par leurs valeurs tirées de (1), et ayant M~*" + p)]; </'p)> </p); égard aux formules (1), (12) et (16), on trouve aisément du2 , , ,/ r r l (<lr' dP"\ l ( <lp" \ d'où la première des formules ci-dessous, Idl d«*- , , ,, '• ( .<*v' ,dP' dt v ' dt y dt ' dt , _i_ .du'* . , " /■' ,/ dp „dp" F H — d""1 , , ., '" J ,dp' dp
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. l3ç) multiplions ces équations par dt, intégrons, etportons les valeurs de u-, u'2, u"'1, qui en résultent, dans les formules (i4); il viendra ce sont les formules que nous voulions obtenir; si on les différentie, on fera disparaître les signes /; les équations différentielles ainsi obtenues, bien qu'étant d'un ordre plus élevé, ont été très utiles à M. Lindstedt dans son important Mémoire Sur la détermination des distances mutuelles dans le problème des trois corps (Annales de l'École Normale, 3e série, t. I, p. 85). 49. Supposons que l'on ait résolu le problème restreint, c'est-à-dire que l'on ait déterminé r, r', r" en fonction de t et de sept constantes arbitraires distinctes de h et k; nous allons montrer comment on pourra calculer a?', y, z',x",y", z". Commençons par donner une interprétation mécanique simple et bien connue des formules (6) : Considérons trois points matériels P, P', P" ayant respectivement pour coordonnées, rapportées à une même origine 0, x, y, z; x',y', z'; x", y", z"; appliquons à ces points des forces F, F', F" dont les composantes parallèles aux axes soient _ i dx i dy i dz m dt m dt m dt v, i dx' i dy' i dz' ' m' dt m' dt m' dt _j_da/ ±_df_ J_^f\ ' m" dt ' m" dt ' m" dt ' par le point 0, menons trois forces S, S', S" respectivement égales et parallèles, mais de sens contraires, à F, F', F". Les forces F et S forment un couple; il en est de même de F' et S' et de F" et S". Ces trois couples se composent en un seul dont l'axe est une certaine droite OH et le moment G. Les équations (6) pourront s'écrire Gcos(HOa?) = a, Gcos(HOj) = fc, Gcos(HOs) = c; d'où l'on conclut, en se rappelant qu'on a posé a2 -f- b* -+- c2 = te* : G = k; cos(HO*) = ^, cob(HO/)=£, cos(HO«)=j.- 2 (29) dt 1 d}r 2 dt* 2 dt- r m -f- m' /•' m -+- m' -h m" •11" -t- m
l4° CHAPITRE VIII. On voit donc que la droite OH reste invariable pendant toute la durée du mouvement; si nous la prenons pour axe des s, nous devrons avoir donc cos(OHx) = o, cos(OHj) = o, cos(OH.s)=i; a = o, b=.o, . c = k, et les formules (6) deviendront i m \ydt dt)^ m'y dt dt ) m" y dt dt ) ' /0 v ] i / dx dz\ i ( .dx' ,dz'\ i / ,dx" „dz"\ (30) < — [z —. x— ) H ,\z' -, x'-r- M -Az11 —. x"-r- ) = o, v ' j m \ dt dt J m'\dt dt ) m" \ dt dt J ' / i / dy dx\ i / ,dy' ,dx'\ i / „ df „ dx^\ _ ï m\Xdl~y ~dt)~h m'\X~dl~y dt ) + m11^ ~dt ~ y dt )-*' dz' dy' dx' dz' Multiplions ces équations respectivement par y -jj- — z'-jt> z' ~jr ~ x' ~Jt> dy' dx' &'-jj — Y~2T e* aJ°utons. En ayant égard aux formules (26), nous trouverons /2 x V II' V . / ,dy' ,dx'\ (31) 1—7 h—s = *(^-r—y-i-1; v ' m m' m" \ dt J dt /' dz" dy" nous aurons de même, en employant maintenant les facteurs y"-jr ~z'jT> "' (32) , -\ ; = k ( x" -4 y —7- ) • v ' m m' m" \ dt J dt J Ajoutons maintenant les équations (3o) après les avoir multipliées d'abord par a^,y, s', puis par x", y, z"; nous obtiendrons ainsi des expressions de kz' et de kz" dans lesquelles les coefficients de — > —> —» seront représentés par des déterminants qui se déduiront aisément, en ayant égard aux relations (5), des suivants: C X' —r— dt (33) ô = , dx x' X —r- dt 1 y dt , dz dt On trouvera, en effet, (34) * = x' f ~« ( k \ k z' — z" = , dx' X 1t y' ^ 7 dt , dz' Z -dl m m" m m' y y" dy dt dz" dt Nous allons montrer comment on calculera les quantités S, S', S".
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. l4l 50. L'expression (33) de S peut s'écrire, à cause des formules (5), X" X , dx ~dt J y dt dt en combinant cette expression avec celle de S', on trouve , d(x + x') y y -" -/ dt d(y + y') dt d(z-hz') dt x" x y y , dx^ dt dy" dt d£ dt on vérifie aisément, toujours en s'appuyant sur les relations (5), que le dernier déterminant écrit est égal à S". On a donc cette formule importante (35) + ô' + ô" = o. On peut d'ailleurs trouver directement les valeurs de S, S', S", en élevant au carré les déterminants (33) par la règle connue et ayant égard à des relations obtenues antérieurement; il vient ainsi -» -K'-£)l -p" dr ' dt -K'-£) dt Développons ce déterminant et rappelons-nous la formule (22); nous trouverons sans peine *. . . , „ dr* dr „ dp" 1 , dp"* ( f dr 1 dp"\ 1 , , è* = «y* m* — r1 r'1 j-t + /* -7- p -7- 7 /•■ -4-5- + p (/>"/• -, r1 -Ç- ) — 7 p* r1. dt * dt^dt 4 dt1 Y y dt 1 dt J \v En remplaçant r*p2 par sa valeur .11 /? , ( ndP' ,dP"\ idP"X ndp'X (dp1 dp"\*
lt\1 CHAPITRE V11I. tirée de la première des équations (21), on trouve, après réduction, la première des formules suivantes : (36) ô = ^<7*u* — I, i' = ^tx*u'* — I', à"=\l<j1u't—l\ On aura donc ainsi ô, £', ô" en fonction des quantités connues; mais il faut associer convenablement les signes des trois radicaux du second degré, ce qui peut se faire de la manière suivante : la formule (35) donne 2 0 0 0* — 0 — 0 , d'où, en remplaçant dans le second membre Sa, S'2, S"2 par leurs valeurs (36), / è' ô"= { (2' + I"— I ) — a2 v ; ) de même, (37) < V J> j 8"o={(2'+2-2')-aV, ' ôô' =i(2+2'—2') —<7«r». Les seconds membres de ces équations sont connus en grandeur et en signe ; si donc on se donne le signe de 0, on en déduira les signes de 0' et de 0"; si Ton venait à changer le signe de S, ceux de S' et S" changeraient aussi, et les formules (34) montrent que cela reviendrait à changer le signe de la quantité k dont le carré seul figurait dans (D). En combinant les formules (35) et (36), on trouve (38) s/<t*u* — 2 + v/W* — 1' + s/^u'2 — 1" =0; on vérifie aisément qu'en chassant les radicaux on retombe sur l'équation (B) dont on a ainsi une forme intéressante. 51. Les formules (34) et (36) donnent ., _ \J<j*u"t—ïn _ y/a'*/*— 1 m" k mk (E) , ,_ y/q»M'» —I' _ sl<j*u} — l m'k mk Reste à trouver les valeurs de a/, y, x\ y"; posons \ m + m' + m' - V ' (39) < m m' m"
RECHERCHES DE LA.GR.WGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. l43 les quantités V et V" pourront être considérées comme connues; cela posé, les formules (3i) et (32) pourront s'écrire ~dl y dt v dt y dt v Si donc on fait | —x' = ^r'i — z'1cos(f', — / = v//,'ï — *'2sin<p', ( x" = ^r"*—z"*cos<¥", f-= )//** — z"*siny", on aura rf©' V do" V" <ft — kir'1- z'1)' dt ~~ k(/"*- -"*)' d'où, en intégrant et désignant par e0 et e, deux constantes arbitraires, (G) i /*' V o' = e0 — Ei-h-k J /l3 _ s,t dt, les formules (F) et (G) feront connaître x1,y\ x", y". Les valeurs de x',y, z\ x",y\ z" qui viennent d'être déterminées doivent vérifier la relation (4o) x'af+y'y' + z'sr = — p\ si l'on applique cette relation à l'époque zéro, on trouve Vro —-"o V7o — ro cOS2£i — -30*.0 "• ~ » ce qui donnera la constante e,, exprimée en fonction des neuf constantes arbitraires qui figurent dans les expressions de r, r', r" ; e, n'est donc pas une nouvelle arbitraire; il n'en est pas de même de e0 qui reste quelconque; mais les formules (G) montrent que l'on peut supposer cette constante nulle en faisant tourner d'un angle convenable les axes des x et des y dans leur plan. Enfin, si l'on prend un nouveau système d'axes rectangulaires tout à fait quelconques, on passera des coordonnées relatives x\y\ z\ — x\ — y\ — z' des corps C et C" aux coordonnées rapportées aux nouveaux axes, en introduisant les trois angles d'Euler qui doivent être considérés comme trois nouvelles
l44 CHAPITRE VIII. constantes arbitraires qui, s'ajoutant aux neuf du problème restreint, donneront le nombre voulu de douze arbitraires. Si l'on porte dans la formule (4o) les valeurs (F) de x',y, oc" et y, on obtiendra immédiatement, et sans intégration, la valeur de <p"— ç'; on aura ensuite kJo (,-'»_ 2'* + r"î-z"1)dt; <p'+ <p =2£0 + on voit donc que, si le problème restreint est supposé résolu, on n'aura plus à effectuer qu'une quadrature. Nous avons dit qu'il reste sept intégrales à trouver dans le problème restreint; c'est donc à sept intégrales et une quadrature, au lieu de huit intégrales comme dans la méthode usuelle, que Lagrange ramène la question; on peut dire qu'il a fait faire un pas vers la solution. 52. Il nous reste à démontrer la formule (20); nous ferons connaître en même temps la manière de calculer à une époque quelconque les positions des plans des orbites décrites par les corps (7 et C" autour de C. Revenons à \&fig. 17, et posons LM'=Ç', LM' = Ç", M'N' = #', M"W = g", M'LM' = J. Si nous appliquons la formule fondamentale de la Trigonométrie sphérique aux triangles M'LM", N'LM", ..., nous trouverons a! = cosM'M" = cosÇ'cosÇ',+ sinÇ'sinÇ'cosJ, (3' = cosM'N' = cosÇ'cos(C + g") -+- sinÇ'sin(C + #')cosJ, y' = cosM'N' = cos g'-, a.'— cosN'N" = cos(Ç' + g') cos(Ç"+ g") + sin(Ç'+ g') sin(Ç" + g') cos J, (3"= cosM'N'= cos(Ç' +#') cosÇ"+sin(Ç'+#') sinÇ" cosJ, y' =r COSM'N" = COS^". En éliminant entre ces six relations les cinq quantités £', Ç", g', g" et J, on aura la formule cherchée. Nous poserons IcosÇ'cosÇ'-f- sin Ç'sin Ç" cos J = 1, sin Ç' cosÇff— cosÇ'si nTcosI — X,, cosÇ' sinÇ"— sin Ç' cos C cos J =X8, sin Ç' sin Ç" + cosÇ'cosÇ'cosJ = X3, ce qui nous permettra d'écrire ainsi les formules (41) a' = X, (3'=Xcos#"— X, sin^, y'=cosg'; <x'= \ cos#'cos#ff— X, sin#'cos#' — X, cos£-'sin#" + X, sin#' sirt#' ; (3"=Xcos#' —^sin^', y'—zosg*. (40
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. iZp On peut résoudre par rapport à A, A,, A2, X3, cos^ et cosg"; on trouve aisément (43) *=«', h = &=£, !*=*£=?, _«»-yy<-PY+«'y'f S/l-y'* Sjl — f* V/(I_y'»)(,_y'l) Or les formules (42) donnent !(i + cosJ)cos(Ç" — Ç') = X -hX„ (i"+cosJ)sin(Ç' —Ç')=X,—X„ (1 — cosJ)cos(Ç"+Ç')=X— X„ (1 — cos J) sin (Ç* + Ç') = X,+ X,; d'où (1 + cos J)"= (X + X,)1 + (X, — X,)1, (1 - cos J)s = (X - X,)* + (X, + X,)«, 1 + cos* J = X* + X* + XJ + X*, (45) cosJ = XXs — X|X,. et, en éliminant cosJ entre les deux dernières équations, (46) 1 + (XX8 - X,X,)« = X» + X» + X» + X». Mais on tire des formules (43) (47) M>-liX1=-=g,a'-P,P' , V/(i-/»)(i-/«) 1 « i« _l i« •» « _ a"+(3"+«',,+ (3"»— 2 yVP'+g'P') — 2 /(a'P'+g'PQ+a //(a V+ (3' (3' ) A +A,-+-A,-+-A5— (, /*)(! y*«) " ' si l'on porte ces expressions dans la formule (46), on tombe, après réduction, sur la relation (20) cherchée. 53. Les formules (45) et (47) donnent d'ailleurs cosJ= r r : d'où, en ayant égard aux valeurs de a', p', y, a", p", y", obtenues au n° 44, cos J = >!-i(£-d T. - 1. 19
l46 CHAPITRE VIII. ou encore, à cause des formules (27), (H) cosJ = v/mr On tire ensuite des équations (42) X* +1\ = cos'Ç' + sin,Ç'cos* J = 1 — sin'Ç'sin'J ; sin,Jsin,Ç' = i — X«—1\, sin^sin'C^i —X1 —XJ. En remplaçant X, A, et A2 par leurs valeurs (43), il vient d'où et de même (48) sinJsinÇ'= - , ' *—*-> v/i-/« . ¥ . „„ \J\ — a'*— 3ffî — y'« + 2a'S'y' sinJsinÇff= - r. ' *—*-■ v/i-/« Si l'on élève au carré l'expression (33) de S', et qu'on introduise les éléments delay?g\ 17, on trouve — r'r* cosM'M' — «VcosM'N' r'1 uVcosM'N' — r'r"cosM'M' r" — a'/-,cosM'N' u'r'cosM'N' d'où y*=r'iiJ'iu'i 1 — a' — (3ff — a' 1 y' _.(3ff / 1 _ ,'tfjrtu't^ _ a'i_ p»i_ y/i+ 2a'(3'/) oa encore, en tenant compte de (36), «'" —2' . _ «/._ (3«- /»+ 2«'(3y= ^TTïyî La seconde des formules (48) donnera donc
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. 147 on trouve ainsi, en introduisant les quantités II' et II", \ sinJsin;— l 7=—» ) /-yn" (K) J . _ . „, y/g* m"-2' I sinJsinÇ — 1= VIT La formule (H) fait connaître l'inclinaison mutuelle J des grands cercles M'N' et M"N" qui représentent les plans des orbites de C" et C autour de C, et les formules (K) donnent les distances angulaires £' = LM' et Z," = LM" des corps C et C à l'intersection mutuelle de leurs orbites relatives. En résumé, la solution de la seconde partie du problème est fournie par les formules (E), (F), (G), (H), (K). 54. Le problème des trois corps peut être résolu complètement dans le cas particulier où leurs distances mutuelles conservent des rapports constants pendant toute la durée du mouvement. Soient A, A', A" trois constantes et \ une nouvelle variable, on aura r = AÇ, r' = k% r" = A'Ç, (49) iP = tf* P'=ïï, Pn=^'l\ V" ?=?i» ?'=fï» <f=t* en posant, pour abréger, 2|* = A'1-T-Aff,— A», v i i (5o) { aji'=A'»+A"-A'», v' = JL_.Lf a,*'=A«+A'"-A'»f *=jL-JL; d'où (5i) v+v'-f- vff=o, ( |*' + |*"=A2, fi'+fi = A'1> p. -+- p.'^ A" L'équation (C) donne dp m fAv + m'ii'V + m" p.*v" dt H l — °'
i48 d'où (52) CHAPITRE Vlll. = P.-i/f. p0 désignant une constante arbitraire et I ayant pour valeur I = mfjLv + m'p!v' -\-m"\l"v\ On trouve maintenant que la première des équations (28) devient d( , m + m! + m"\ 11"v" — u.'v' d£ mv ( ¥ Cdt\ si l'on multiplie par dt cette équation et les deux autres analogues, qu'on les intègre et qu'on désigne par x,, x, et x", trois constantes arbitraires, on aura m -h m' -h m" u. u1 = 2 — ham c (53) a'* =2 AS m -h m'-h m" A'Ç m + m' + mf «"■= 2 rrr t- ÎIB- A'S .V— 11V |p» Vf <i£ + mxj, <i£ + mx't, A + mx",. Portons ces expressions de m\ m'2 et w"a dans les formules (i4)» et nous trouverons 1 rf*|* _ m[i + (f*V—f*V)A] + m'-+-mff 2 ~dt* X"? (54) { 1 rf'g» m + m,[i+(f*y— ju.v)A,] + mff m 2 dt1 A" S 1 d*|* m + m'+ m"[\ ■+- (p.v — fjLV)Aff] m 2 <ft» A"£ mv / ?* J l j, 7nxt _ „ UJ ? A--JT-0, I*-2fii=o, *-S3 = Ces équations doivent être identiques. On en conclut que l'on doit avoir les conditions (55) m[i + (fiV— p."*") A]-h m'-h m' _ m + m'[i -+-(f*'V — f*v) A'] + m' À1 ~~ Â7» _ m + m'+m'[i+(fiv — f*'v') Aff] "" A"
et (56) (57) à moins (58) RECHERCHES que l'on n'ait DE LAGRANGE mv HT " Po=0 SUR LE m'v' " A'2 " m'x', " A'2 " . et PROBLÈME m'v' - A*« > m'x", - v, ' I = o; DES TROIS CORPS. »49 de là deux solutions suivant que l'on considérera le système (55), (56), (57), ou l'autre (55), (57) et (58). 55. Occupons-nous d'abord du premier. Les formules (56) donnent mv m'v' m"v" v + v' + v" T»- "Â75" ~~Xiir~ Â* Â7» ÂFi~ °; m m' m" on a donc v = v'=v' = o, A = A'=Aff, r = /•'=/•"; ainsi les trois corps forment toujours un triangle équilatéral; on peut faire A = 1 et prendre \ = r/, et, si l'on pose mx, = m'x', = m"x'J =— x, les formules (54) se réduisent à . e . 1 d* r1 m -h m' -h m" (59) 5rf?- = P x' Les équations (53) donnent ensuite (60) U*= U'î=l Ulri=.2 ; X, d'où 1 ,,#. a 2 I est nuï, et la formule (5a) donne p = p0 = const. On trouve ensuite sans peine p=P'=P-=r-, r'2 / //r'«\ 2=r=r=T(ps + $^*r): p'p"+p"p+/>/>'= "'= -j-;
IDO CHAPITRE VIII. la formule (B) se réduit à / dr'1 \ * (pS + 3,'',^-3r'2"") = °» d'où (60 9\ = SH* (**-*£). On tire d'ailleurs de (60) et (61) dr"- , / m + m'+m" \ 1 (62) ^__ = /.'^2 _ *)-3PÎ. d'où (63) <fc = ^'rf,'' On a ensuite i/-x/-',+ 2(m+m'+m')r'- lp* '''-2=!'"«"-i^(pj-*-3-"w> quantité nulle d'après (61) et (62); on aura de même a* a'1— 2'=o, ff"a'" — 2ff= o, d'où, par les formules (E), z=o. z" = o; ainsi les mouvements relatifs de C et C" s'effectuent dans un plan fixe. En continuant à appliquer les formules générales, on trouve dr'* 1 n<=n'=„'v-,"^ = 3P5, et il en résulte, d'après (G), (64) r'« ^ = r" *! = I £î (± + JL + _L V Enfin l'équation (D) donne ,, _ m -t- m'-h m" , /j_ 1 j_ 1 1 1 \ / „ „ ,,<//•" \ ~ imm'm" p,+ ^m, + in;i + mîï+2m'm' + im" m+ 2mm'/ V " «**" /
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. 151 dr'1 i et l'on en tire aisément, en remplaçant r'^iï*— r'2-^ par ^p*, ^3 \m m' m") moyennant quoi (64) donne (b5) dt-^/r on a d'ailleurs 3 ?'=?'+?> et, si l'on pose , m + m'-t-m" ... ... pj , , . / , » x 3x les formules (63) et (64) donnent -,dr' n'dt= a v/[r'_a'(,_e')][a'(I + e')_/.'] Il en résulte que C" décrit autour de C comme foyer, conformément à la loi des aires, une ellipse ayant id pour grand axe, ri comme moyen mouvement et é comme excentricité. La trajectoire de C est une ellipse égale à la précédente, qui aurait tourné de l'angle ^ autour de C. Il convient de remarquer que les vitesses initiales relatives u0 et u0 de C" et C doivent être égales et faire entre elles un angle égal à -*• 56. Considérons maintenant la seconde solution qui sera fournie par les formules (55), (57) et (58); on tire de (52) P = ° et (66) miiv -+- m'iL'v'-+- m'iL'v" = 0; ainsi l'inconnue auxiliaire p, qui était constante dans le premier cas, est nulle dans le second. La formule (66), dans laquelle on remplacera les quantités ja
ID2 CHAPITRE VI11. et v par leurs valeurs (5o), donnera une équation de condition qui devra être remplie par les masses m, ?n\ m" et les constantes A, A', A". La première des équations (.55) peut s'écrire ou bien, à cause de (5o) et (5i), u.' v' — u." v* , tiv — u." v" A» + A'» = ° ■ '»»' •■"..» / i 1rs il U.'V— U"V" , U.V — U." V" (m + m' + mff) v" + m!—:—*-r h m'^ „ r— =o ou, en réduisant, ou encore y' _|_ yff Vff + V mu.' — j + m'u. -= h m"V = o V V — mu.' —; j — m'u. -= h m'y" = o. On arrive aisément à mettre cette relation sous la forme (li'li"-h li"li -h u|UL')(/nv + m'v' — m"V) — ^"(m^iv + m'^i'v'-h m'^v") = o; à cause de la formule (66), cela se réduit à (u.'u.ff+ u.ffu. + u.".') (mv + m'v'— m"V) = o. Si la quantité u.'u."-t- ^"(x-h jau.' n'est pas nulle, la formule précédente et celles qu'on en déduit par des permutations d'accents donneront mv+mV-m'v'=o, m'v'+m'v'-mv = o, mV+mv-mV = o, d'où v = v'= v"= o; on rentrerait ainsi dans le premier cas. On doit donc avoir u.' [i" ' + U."u. + u.u.' = o ; si l'on remplace ja, u.', u." par leurs valeurs (5o), on trouve ( A + A'+ Aff) ( A + A' — Aff) ( A — A' + Aff) (— A + A' + A») = o. On devra donc avoir l'une des relations A±A'±Aff=o, d'où r± r'± r" = o; ce qui prouve que les trois corps resteront constamment en ligne droite.
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. l53 La quantité <r est donc nulle; les formules (36), dans lesquelles S, S', 2" ne peuvent jamais être négatifs, donnent il en résulte -'— ~n — ft. *a -41 \J ■ ainsi les mouvements relatifs de C et C" s'effectuent dans un plan fixe. Les trois équations (54) se réduisent à la suivante où l'on a fait /CQ. v m -h/n'-\- m"-\- #n'(uv — uV) A" \w) t — — -gr3 , mx, /n'x'j /n"x'J -jr — -pr - -£*r — — *• Multiplions l'équation (67) par ^\-jt^ intégrons et désignons par H, une constante arbitraire ; nous aurons (69) ?^=aF5-xÇ»-H,. On trouve ensuite aisément 1JlL — ^1 — OÏL— 3Z _ Aa — A'a — k"*~ £ ~*' v_ _ (/ _v^_ _ 2F (70) { (x~ (x' ~ (X" ~T~*' n'=A'*H„ n"=A"*H,, jl1" = jï7* = ^ = Hl ' on a d'ailleurs A'IA"I= Cfx h-^'X^h-^) =fx*-|- (/jl/jl'+ /jl/jl" + /*'p') =? p" ; ce qui permet d'écrire aussi w _ y _ w A'1 A"1 ~~ Â^A1 "~ A1 A'* ~~ '• T. — 1. 20
I 54 CHAPITRE VIII. On trouve, en continuant l'application des formules, A'« - A"* ~~ ' \m + m' + m" ) ' d^__d^_U1/Ar A^ A^\j_ dt~dt~ k \m + m' + m" ) ? ' . En substituant dans l'équation (D) les valeurs trouvées ci-dessus pour p, «, u', w", c, c', v'\ r, r', r", on obtient, toutes réductions faites, .. „ /A» A" A"\» A2 = H, h —7 + —„ ; d'où il résulte (70 ?%--?%=^- On peut prendre, si l'on veut, A"=i, d'où \ — r"\ les formules (69)01(71) donneront donc r"dr" dl = , v/-x/' + 2F/- H, dt r"-± =v/ÏT- On voit par là que le point C décrit, dans son mouvement relatif, une ellipse ayant pour foyer le point C, et la décrit conformément à la loi des aires; le demi F / x H grand axe de l'ellipse est -> l'excentricité t/1—p^ et le moyen mouve- x* ment y La trajectoire de C" est naturellement une ellipse bomothétique à la précédente. Pour que les trois corps restent ainsi toujours en ligne droite, il faut d'abord qu'ils aient été placés en ligne droite à l'origine du mouvement; il faut ensuite que les vitesses relatives de C et C" aient été primitivement parallèles entre elles, et proportionnelles aux distances r0 et r'0; mais il faut de plus que la condition (66) soit vérifiée. Supposons, pour fixer les idées, qu'à l'origine le point C se soit trouvé placé entre C et C" ; on aura donc eu /•0 = /■; + /■;. On a d'ailleurs, en faisant A"= 1,
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. 155 il en résulte donc A'=^°, A = i + A', A'=i. Avec les valeurs (5o) de (jl et v, et les valeurs ci-dessus de A et A", on trouve aisément que la formule (66) donne, après réduction, m (A' - 3T») + ™' [■ + A'- ï^hjr]+ m" [ôtâ7!2 " 4^-]=°' ou, en chassant les dénominateurs et ordonnant, j {m -+- m') A'3+ (2/n + 3 ira') A'*+ (m + 3 ira') A'3 j — (/n + 3/n")A'2 — (2/n + 3/n")A' — (m-hw*) = o. Cette équation est du cinquième degré; elle n'a qu'une variation : donc elle a une racine positive et une seule. Si donc, les masses m, rri, m" étant données et pouvant d'ailleurs être quelconques, on place à l'origine les trois corps en ligne droite en C0, C0, C0, le point C<, étant entre C0 et C^, si l'on prend 1*0 1*0 A/ A' désignant la racine positive de l'équation (72), si l'on imprime à C0 et C'^ des vitesses relatives parallèles qui soient entre elles comme 1 et A', les trois corps resteront constamment en ligne droite, et l'on aura pendant tout le mouvement ce — — A' ce ~ Il nous reste un mot à dire sur la détermination des constantes F, x, et H, en fonction des données initiales. Nous prendrons pour ces données : le rayon vecteur initial r\, la valeur initiale u"0 de la vitesse relative du corps C et l'angle y\0 que fait cette vitesse avec la droite C0C0; la formule (68) donne (73) F = "' + m' + m'[(7^).-^ on tire de (70) (74) x=i£-il?;
l56 CHAPITRE VIII. on a enfin [dr"\ et, comme (69) donne /dr" \ 2 '.,.(&-).=rf''.-"?-H» il en résulte aisément (75) H1 = (2F-x/-;)/-;sinIm';; les formules (73), (74) et (75) résolvent la question. Dans le cas où l'on aurait ■k F ^o = r' u? = y> il en résulterait xH, les excentricités des orbites relatives de C et C" seraient nulles, et ces orbites seraient des circonférences parcourues par les points C et C" avec des mouvements uniformes. 57. Supposons que C désigne la Terre, C le Soleil, C" la Lune, et voyons si l'on aurait pu, à l'origine des choses, placer ces trois corps en ligne droite, la Lune étant en opposition avec le Soleil, de manière qu'ils restassent toujours en ligne droite. On a, dans ce cas, m' m" 1 — := 524000, z=-x-\ m moi l'équation (7a) montre que A' est petit et que l'on aura une valeur très approchée en se bornant à (m + 3/n') A'8 — (m + m") = o, d'où A' = — à peu près. 100 r r Laplace en a donc pu conclure (Mécaniquecéleste, t. IV) que si, à l'époque arbitraire prise pour origine, la Lune s'était trouvée en opposition avec le Soleil à une distance de cet astre représentée par 101, celle de la Terre étant représentée par 100, et que les vitesses relatives de la Terre et de la Lune autour du Soleil eussent été aussi à cette époque parallèles et dans le rapport de 100 à 101, la Lune serait toujours restée en opposition avec le Soleil.
RECHERCHES DE LAGRANGE SUR LE PROBLÈME DES TROIS CORPS. iS'] Laplace a reproduit cette assertion dans VExposition du système du Monde : « Quelques partisans des causes finales, dit-il, ont imaginé que la Lune a été donnée à la Terre pour l'éclairer pendant les nuits. Dans ce cas la nature n'aurait point atteint le but qu'elle se serait proposé, puisque nous sommes souvent privés à la fois de la lumière du Soleil et de celle de la Lune. Pour y parvenir, il eût suffi de mettre à l'origine la Lune en opposition avec le Soleil, dans le plan même de l'écliptique, à une distance de la Terre égale à la centième partie de la distance de la Terre au Soleil, et de donner à la Lune et à la Terre des vitesses parallèles et proportionnelles à leurs distances à cet astre. Alors la Lune, sans cesse en opposition avec le Soleil, eût décrit autour de lui une ellipse semblable à celle de la Terre; ces deux astres se seraient succédé l'un à l'autre sur l'horizon, et, comme à cette distance la Lune n'eût point été éclipsée, sa lumière aurait remplacé constamment celle du Soleil. » M. Liouville (Journal de Mathématiques, t. VII, et Connaissance des Temps de i845) s'est demandé si le système, dans l'état considéré par Laplace, aurait été un système stable, tendant à résister aux perturbations, et à revenir de lui- même à son état régulier de mouvement; il a donc examiné le problème suivant : « Trois masses étant placées non plus rigoureusement, mais à très peu près » dans les conditions énoncées par Laplace, on demande si l'action réciproque » de ces masses maintiendra le système dans cet état particulier de mouvement » ou si elle tendra au contraire à l'en écarter de plus en plus. » M. Liouville a reconnu que « les effets des causes perturbatrices, loin d'être contrebalancés, sont au contraire agrandis d'une manière rapide par les actions mutuelles de nos trois masses; cette conclusion subsiste quels que soient les rapports de grandeur des masses. Si la Lune avait occupé à l'origine la position particulière que Laplace indique, elle n'aurait pu s'y maintenir que pendant un temps très court. » 58. On vient de voir que l'on sait intégrer rigoureusement les équations différentielles du problème des trois corps lorsque leurs distances mutuelles conservent entre elles des rapports constants; ce cas se subdivise en deux autres; les trois corps forment toujours un triangle équilatéral, ou bien ils restent constamment en ligne droite. Ces deux cas sont, à notre connaissance ( ' ), les seuls connus où l'on ait pu résoudre le problème; on n'a pas pu surmonter les difficultés analytiques, même en supposant que les trois corps resteraient constamment en ligne droite, sans (i ) Nous ne comprenons pas dans lo problème des trois corps, tel que nous l'avons déûni, le mou - vement d'un point matériel attiré par deux cenlres JLces, problème que l'on sait résoudre.
158 CHAPITRE VIII. — RECHERCHES DE LAGRANGE, ETC. admettre que leurs distances soient dans des rapports constants; après Euler, Jacobi a considéré ce cas dans son Mémoire Theoria novi mulliplicatoris... (C.-G.-J. Jacobi, Gesammelte Werke, t. IV, p. 478.) Nous devons signaler aussi un Mémoire intéressant de M. H. Poincaré : Sur certaines solutions particulières du problème des trois corps (Bulletin astronomique, 1.1, p. 65); l'auteur montre qu'il y a une infinité de positions et de vitesses initiales telles que les distances mutuelles des trois corps soient des fonctions périodiques du temps; les conditions pour qu'il en soit ainsi se trouvent remplies approximativement dans le système formé de Saturne et de deux de ses satellites, Titan et Hypérion. Si nous avions voulu faire un exposé complet de tous les travaux importants qui se rapportent au problème des trois corps, nous aurions dû parler du célèbre Mémoire de Jacobi Sur l'élimination des nœuds dans le problème des trois corps (Journal de Mathématiques, t. IX, 1844)- Dans ce Mémoire, Jacobi, qui n'avait certainement pas connaissance du travail de Lagrange, arrive pour le problème à une réduction analogue; il lui reste à intégrer un système formé de cinq équations différentielles du premier ordre et d'une autre du second, et à effectuer ensuite une quadrature. Nous devrions parler aussi d'un beau Mémoire de M. J. Bertrand (Journal de Mathématiques, t. XVII, i852), de la thèse de M. Bour (Journal de l'École Polytechnique y XXXVIe Cajiier), des recherches intéressantes de M. Radau, Sur une propriété des systèmes qui ont un plan invariable (Journal de Mathématiques, 2e série, t. XIV, 1869), etc.; mais nous sortirions ainsi des limites que nous nous sommes imposées.
CHAPITRE IX. — VARIATION DES CONSTANTES ARBITRAIRES. 15g CHAPITRE IX. MÉTHODE DE LA VARIATION DES CONSTANTES ARBITRAIRES. - VARIATION DES ÉLÉMENTS CANONIQUES. — ÉLÉMENTS OSCULATEURS. - VARIATION DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES. Puisqu'il n'y a pas lieu de songer à intégrer rigoureusement les équations différentielles du mouvement des planètes, même quand ces planètes se réduisent à deux, on a recours à des méthodes d'approximation répondant aux besoins de l'Astronomie, sinon pour toutes les époques, du moins pour un assez grand nombre de siècles; l'une d'elles, la plus fréquemment employée, est la méthode de la variation des constantes arbitraires. Avant de l'exposer, nous allons démontrer un théorème important. 59. Considérons le système canonique suivant de ih équations différentielles , x dq, dR dPi dR . où l'on a dt dpt dt àqi II = F(f, q\,q%, -■-, *ïhi Pi,Pi, • ■ -,Ph)- Supposons que l'on ait suivi, pour intégrer ces équations, la méthode de Jacobi; on aura donc d'abord réussi à trouver une solution S de l'équation as _/ as as as contenant h constantes arbitraires a,, a2, ..., aA, sans compter celle que l'on peut toujours ajouter directement à S; on a vu, dans le n° 6 de l'Introduction,
i6o CHAPITRE IX. que si l'on désigne par (3,, (32,..., $A, h nouvelles constantes arbitraires, les intégrales générales des équations (i) seront données par les formules (2) â^=(3" dïi=p" (« = '.».■■••*). qui, résolues par rapport aux variables p et q, fournissent des expressions de cette forme Les équations (i) doivent être vérifiées identiquement par ces valeurs de p{ et qt; ainsi, les relations u; d* ~ dpC dt ~ dqt' dont les seconds membres sont supposés aussi exprimés à l'aide de t et des 2 h constantes arbitraires a, et (3,-, doivent avoir lieu quelles que soient ces quantités ot; et p,-. Supposons maintenant que l'on veuille intégrer ce nouveau système canonique de 2 h équations différentielles rfy,_d(H-R) rf„_ <?(H-R) (5) "5T- ^7~"' ~di~~ dq, ' <«-".«. •■■.*). qui ne diffère du précédent qu'en ce que la fonction H y est remplacée par H — R, R désignant une certaine fonction de / et des 2 h variables pt et qt. Il est naturel de chercher à tirer parti de l'intégration déjà faite des équations (1). On retient, pour résoudre le nouveau problème, les mêmes expressions analytiques (3) des variables pt et qit mais en y considérant les 2 h quantités a et (3, non plus comme des constantes, mais comme de nouvelles variables que l'on déterminera convenablement; cela revient à faire un changement de variables, et la méthode indiquée reçoit le nom de méthode de la variation des constantes arbitraires. On tirera maintenant des formules (3) i=h *3l — à?i . V /^££ d*l .àq± dfij\ dt dt Zà \docj dt dfij dt /' i=h dt dt Zà \doLj dt "^ d$j dt )
VARIATION DES CONSTANTES ARBITRAIRES. l6l En substituant dans (5), il viendra ~dt ~ dp,- + 2â \7hTj ~dt + tfj ~dt) ~ api' 7 = 1 j = h dtyi ^H , Y (àpt_ d<xj ࣱ d$j\ <?R . dt + dqt 2à \daj dt + d$j dt) "^ dqt' >=i ces équations se simplifient eu égard aux relations (4) qui, ayant lieu identiquement, sont encore vérifiées lorsque les quantités a et (3 sont variables, au lieu d'être constantes. On trouve ainsi dK ^ /dqt d<Xj dqt d$j ~ dp~i~ 2à \dôTj ~dt +~d$'j~dl (6) { '~=\ } (i=i, a,..., A). ^R _ Y (dpi da^ dj>i_ d$j\ dqt Zà \d<xj dt d$j dt )' j=i On a là un système de ih équations renfermant au premier degré les ih in- connues dt> > dt, dt> > -% La résolution de ces équations, que nous allons faire par un procédé indirect, fournit pour les inconnues des expressions d'une simplicité remarquable. Les équations (2) coïncident avec les équations (a) et (b) du n° 8 de l'Introduction; on peut donc appliquer les relations (e), (/), (g), (h) de ce même numéro, ce qui permet d'écrire ainsi les formules (6), <?R _ y /dfij daj _dal dpj\ dpt ~ 2d \dft dt dpi dt ) 7 = 1 i=h dR ^1 /dfij doij dctj dfij dqt Zd \dqt dt dqt dt (7) [ '-' 7 = 1 où les dérivées partielles -£±, £+, ~-, ~J- supposent que l'on a résolu les équations (2) par rapport aux quantités a et (3. Supposons maintenant que, dans les formules (3), on attribue aux quantités a,, . ..,aA, p,,.. , pA des variations infiniment petites arbitraires Sa,,..., SaA, $(3,, .., S(3A> sans toucher au temps/; il en résultera pour/?,, ..., ph, qt, ..., qh des variations correspondantes et faciles à calculer; R, qui est une fonction de t et de/?,, ...,ph,qt, ..., qhy prendra aussi une variation correspondante $R, et T. - I. ai
l62 CHAPITRE IX. l'on aura «=ï(S*H-S«*> d'où, en remplaçant 3— et ^— par leurs valeurs (7), «=??[(S^g*)T?-(g*»-S>)S ' y ou encore mais on a évidemment i Il vient donc y Or on peut calculer autrement $R, en remplaçant d'abord dans R les quantités/? et q par leurs expressions (3); R devient ainsi une fonction de / et des 2h quantités a et (3, et l'on aura y Cette expression de &R doit être égale à la précédente, quelles que soient les ih variations £ay et 5(3,, qui sont indépendantes les unes des autres. On en conclut d<xj <m d$j <m . . .. Ces équations, dont les seconds membres sont des fonctions supposées connues de / et des quantités a et (3, détermineront les nouvelles variables dont les expressions devront être ensuite substituées dans les formules (3) pour obtenir les valeurs cherchées des inconnues pt, pa, ..., qt, q2, • • • • Les équations (8) ont, comme on le voit, la forme canonique. Si l'on avait intégré les équa-
VARIATION DES ÉLÉMENTS CANONIQUES. 163 tions (r) par une méthode autre que celle de Jacobi, les constantes arbitraires ainsi introduites, devenues variables pour l'intégration des équations (5), auraient dépendu, en général, d'équations plus compliquées que les équations (8), et qu'il aurait fallu former et calculer dans chaque cas, suivant la nature de la fonction R = F(t, qt, q2, ..., qh;p{,p2, ..,/>*)• Le grand avantage que présente la méthode de Jacobi, c'est que l'on peut écrire immédiatement les formules (8). 60. Appliquons les résultats précédents à la détermination des mouvements des planètes. Soient a?, y, z; xt, yt, zK ; ... les coordonnées des planètes P, P,, ... ; my mt, ... leurs masses, celle du Soleil étant prise pour unité; les équations différentielles du mouvement de la planète P sont, comme on l'a vu au n° 18, d*x x dR. d*z , z dR où l'on a (9) R = f/tt,[- ' =-**'+** + "»1+..., En supprimant R, on a les équations différentielles du mouvement elliptique, d%x „ x d* z z Posons dx . dy dz dt— ' dt~y' dt T — I(^'»+v'I + 5'1), U = ^> H —T —U; 2 ' /' en remarquant que R ne contient que <r,y, z, et le temps t qui sera introduit
I 64 CHAPITRE IX. par xK, yK, zK, . ., mais ne renferme pas x', y,z', nous pourrons écrire comme il suit les équations (a) et (b) : («) dx _ d(H — dt ~~ dx' dx'_ d(U — dt dx dx _ dH dt ~ dx'' dx' _ dR dt dx R) » R) —> dy d(R — dt ~ dy dy'_ d(U- dt dy dy dR dt ~ dy'' dy' _ dR dt ~ dy' R) > R) > dz d(H — R) dt ~ dz' dz' _ d(H —R). dt dz dz dR dt ~ dz'' dz' _ ffl dt ~ dz' (P) On voit que les formules (a) et((3) coïncident avec les formulés (5) et (i) du numéro précédent. Or, dans le Chapitre VII, on a intégré par la méthode de Jacobi les équations (6), ou leurs équivalentes ((3); on a introduit ainsi six arbitraires canoniques a,, a3, a,, (3,, (32, (3,, dont la signification géométrique a été précisée, et sera rappelée dans un moment. Il en est résulté, pour les intégrales générales des équations ((3), des expressions de cette forme ( x = (fi(t, «,,«,,«3, (3,,f3„ (3,), /=?î, * = ?» (?) i i dx , /x o o o • i ^X i < dz . ^ = -^ =4^1 ('i«i»«j. «3, Pi, Pi> P>), y ^=^*' rf7=^" Cela posé, d'après la méthode indiquée, quand il s'agit d'intégrer les équations (a), on conserve pour xy y, s, x\ y', z' les mêmes expressions analytiques (y); mais alors, a,, a2, a,, (3,, (32, (3, seront de nouvelles variables, et nous savons, par le numéro précédent, que nous aurons les six équations canoniques / da±_ dR da1_ dR_ da, _ ^ l dt ~ dS,' dt ~ ^3,' dt ~ dpV rf3J__aRj rf(3,__dR_ d(3, _• dR \ dt ~ dcti' dt dctt ' rff dx,1 où l'on doit supposer que R est une fonction de t, a,, a2, a,, (3,, (32, (38, obtenue en remplaçant, dans (9), x, y, z par leurs expressions (y). Ces expressions n'ont pas été développées dans le Chapitre VII; mais elles sont une conséquence des formules (d) du n° 32 et (g) du n° 41, formules que
ÉLÉMENTS OSCULATEURS. l65 nous allons écrire de nouveau, pour plus de clarté : / k k = v^Â, n = — > u — e sin u = nt -+- e — zs, (d) v — zs /i -+- e A m r =a(i— ecosw), tang = V/ tang-> x r= /• [cos0cos(<> — 0) — sin0 sin (v — 0)cos<p], y =r[sin0cos(e— 0) + cos0sin(<>— 0) cos<p], z = 7#sin(p—0)sin<p; p a,= > <xy=ksja(\— e,)cos<p> ct%=ksja(\— e1), ig) E — TS 3 Pl= —T— «S Pl=9| (33 = 7ÏT — Il suffit, en effet, d'éliminer les quantités a, e, ... entre (d) et (#) pour obtenir la première série des formules (y), la seule que nous utiliserons; «on trouverait celles de la seconde série en différentiant les expressions de x, y, z sans faire varier les éléments. Pour l'intégration des équations (a), on devra considérer les éléments a, p, ... ou a, e, ... comme variables, et l'on obtiendra les équations différentielles correspondant aux variables a, e, ... en remplaçant dans (S) les éléments canoniques par leurs expressions (g) en fonction des éléments employés par les astronomes. Ce calcul sera fait plus loin. En somme, les éléments canoniques n'auront servi que d'intermédiaires permettant d'écrire immédiatement les équations (S). Ce qu'il faut retenir, c'est que les expressions de x,y, z, x',y, z' sont de la forme !.#=<&,(*, a, e*. ..), y = &t(t, a, e, ...), z = <&3(f, a, <?, ...), qu'il s'agisse des équations ((3) ou des équations (a); seulement, les quantités a, e, ... sont constantes dans le premier cas, variables dans le second. 61. Supposons que l'on connaisse les expressions, fonctions du temps, que l'on doit mettre dans les formulas (io) à la place de a, e, ... pour représenter le mouvement de la planète P ; soient a0, eot ... leurs valeurs à une époque déterminée et d'ailleurs quelconque t0. Remplaçons dans (io) a, e, ... par a0,
l66 CHAPITRE IX. e0, ..., et désignons par x, y, z ce que deviennent x, y, z; il viendra j x = Ql(t, a0,e0, ...), y =*,(/, Oo, e0> •■•)> z =<&,(*, a0, e0, ...), )^=lVl(t,a0,e0,..,), -^=Wt(t,a0,e0,...), ^ =1Ip,(/>a0>eoi • • •); on aura visiblement, pour / = *0, dx dx d\ dy dz dz (12) x = x, y=Y, z = z, — — -7-> -jr = -7r> -n = -7r' v ' » j y» > dt dt dt dt dt Ut Les formules (11) représentent le mouvement elliptique d'une planète fictive de masse m, qui aurait à l'époque t0 même position et même vitesse que la planète P, et qui ultérieurement, dans chacune de ses positions, serait soumise seulement à l'attraction du Soleil, —^—^—• Les éléments a0, e0, ... sont appelés les éléments oscillateurs de l'époque t0 ; ce sont donc les éléments de l'orbite elliptique invariable que décrirait la. planète P, si, à partir de l'instant t0, elle cessait d'être attirée par les autres planètes P,, P2, On pourra les calculer par les formules du n° 38, connaissant les valeurs, pour l'époque t0, des coordonnées x0, j0, z0, et des composantes \~dli ' \~dt) ' x'dl) ^e ^a v*tesse* Si donc le mouvement de la planète était connu, rien ne serait plus facile que de calculer les divers systèmes d'éléments osculateurs qui correspondent aux époques /0, /, Soient (fig. 18) P0C l'orbite de la planète, P0 sa position et P0A0 = V0 sa vitesse à l'époque /0, P sa position au temps/; soient P0C l'orbite elliptique de la planète fictive considérée plus haut, P' sa position au temps/; supposons que l'intervalle / — Z0 soit une quantité infiniment petite du premier ordre. On pourra calculer x, yy s, coordonnées du point P, et x, y, z, coordonnées de P', par la formule de Taylor : -^m^m:-^-
VARIATION DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES. 167 on aura, à cause de (12), -~[(sa-(£)j^---. et, en ayant égard aux formules (a) et (b), /<m\ (t-t0y 7o ia on aura des formules semblables pour les différences y — y, z — z ; si l'on remarque que les quantités \-x~) » \~â~) ' (tf) contiennent dans chacune de leurs parties l'un des petits facteurs numériques mt, m2, . ., on voit que la distance des points P et P' sera infiniment petite du second ordre, à cause du facteur (t — J0)2, et qu'elle sera plus petite encore à cause de la présence des facteurs mt ou m2, ... , dans le coefficient de (/ — t0)2. On pourra, pour un intervalle de temps suffisamment petit, remplacer le mouvement de la planète de P0 en P par celui de la planète fictive, sur l'arc d'ellipse P0P'. C'est donc le problème des deux corps, dont la solution est bien connue, qui sert en quelque sorte d'élément infinitésimal pour aborder le problème du mouvement d'un nombre quelconque de corps. Définitions. — Le mouvement de la planète P sur son orbite P0C est appelé le mouvement troublé; on peut dire que ce mouvement, qui serait elliptique si les autres planètes n'existaient pas, est troublé par la force dont les composantes sont -j-> -j— > -^j que l'on nomme force perturbatrice ;la fonction Rest elle-même nommée fonction perturbatrice. Les différences x — x, y — y, z — z sont appelées les perturbations des coordonnées; les différences a — a0, e — e0, ... sont elles-mêmes les perturbations des éléments. Enfin, la partie de la Mécanique céleste qui a pour but le calcul des perturbations reçoit le nom de Théorie des perturbations. Remarque. — Soit C='%(x, y, z> zfi> -jj> jj) une intégrale première des équations différentielles du mouvement elliptique; C sera donc une certaine fonction des éléments elliptiques; on aura la même relation dans le mouvement troublé, pourvu que l'on remplace dans C les éléments par leurs valeurs variables à l'époque t. Cela est évident si l'on se reporte aux formules (11) qui représentent le mouvement elliptique ou le mouvement troublé, suivant que l'on y suppose les éléments constants ou variables. 62. Il nous reste à conclure des formules (S) celles qui donnent les dérivées des éléments elliptiques a, e, 9, 0, gt, e.
i68 CHAPITRE IX. Pour y arriver, nous résoudrons les équations (g) par rapport à ces éléments, ce qui nous donnera (i3) a a, r cos<p = — > t-|5t + |5,+ &(-2al)*. Nous aurons d'abord et da dl dt k1 da^ ia\ dt a, ( da, da,\ = T>{a>-dt+2*>-d7ï da, dat d9_eXl~dJ-"1 l,~dl ol"T dt - dO _ rf(3, dt~ dt ' dm _ rf[3, rf(3, de ~ dt + dt ' «î dï--dt+-d7 + T*{-™i) ■rfT-F»(3,(_aa,) "S*"' d'où, en tenant compte des formules (S) et (g), 04) a a» dR rfe a\Ji — e dl ~ k'e » / , -, dR k dR\ dy_ i / àR_àR\. dt ~ ks/a{i — e*) sin<p \? <*(3, d$J ' dB dR dt dat dm dR dt àat dR da, de __ dR_ dR_± i5_?a/_ ^àR_ dt ~ dat da, \ dat k1 (£ W) <** ' Wx
VARIATION DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES. On tirera ensuite des formules (i3) 169 dR _ 1 A dR _ k dR dR_dR dR dR d(3, de dnr de ' dR dR dR d[33 ~ dxs de ' dR _ ^ dR o|^ dR _ 3g, | dR A~. o/»ï An ^~ L-ln, A» fc* \ •' A£ dai aaj da kKe de sa^dR k1 da k2 e de dR da, a 1 —e" dR 3a , x dR -Tï(e-w)-dT: dR 1 dR a,sin<p d<p ksja(i — e*) sin<p <*P' dR a a,a3 dR da. a, dR e kK de sin<p <x\ d<p i_ y/i — e» dR __i ksja e àe A^â v/i — e2sin<p <ty cos<p dR En portant ces valeurs des dérivées partielles -^ et réduisant, il vient dans les formules (i4) (/') da _ _a_ dR a7 na de de dR dt na1 \/1— e* §in<p <ty osj _ tang â dR y/T^P" <?R dt na*^i— e* ^? /ia*e de Ëf _ y7!—g' dR _ , , 1 — y/T^ë» dR aï /ia*e dra * /ia*e de.' d£_ 1 dR langI /dR dR\ ^ na}\J\ — e* sin<p ^ zia'y/i —e* \à& de/1 6-- -n- de «7 a dR na da na1^/i — e1 <ty 19 tailg â dR , 5 1 - v/ï^ï. ^R na3 e de On a remis, pour abréger l'écriture, n au lieu de — a1 T. — I. aa
170 CHAPITRE IX. Ces formules (h) sont la base fondamentale des théories des mouvements des planètes; elles contiennent en germe toutes les propriétés de ces mouvements. 63. Nous allons présenter à leur sujet quelques observations. On peut partager les éléments en deux groupes, 0, o, e d'une part, a, ey <p de l'autre; les trois éléments du premier groupe expriment des longitudes; leurs dérivées par rapport au temps ne contiennent, comme le montrent les formules (A), que les dérivées partielles de R prises par rapport à un ou plusieurs des éléments du second groupe; la réciproque a lieu pour-j-, ~Tt^dt' dR 1 ,, 1 de -p dans 1 expression de -r- Le coefficient de -j- dans l'expression de -r peut s'écrire y/i —e» na* 1 + y/i — é1 donc, si e est une petite quantité du premier ordre, et c'est le cas général, le coefficient en question sera une petite quantité du même ordre, malgré le diviseur e qu'il paraissait contenir tout d'abord. Mais ce petit diviseur e existe bien réellement dans les formules qui donnent dt e^~dty ^ans cepklns cas il en Peut résulter des inconvénients sérieux; on les évite en posant (i5) h = es'inis, / —e cosra, et remplaçant les variables e etxs par h et /; on trouve d'abord dh . de dis -y- = SITÏTS -r- +CCOS7ÏT — > dt at dt dl de . dm -y- =■- cosnT — —esinnT-r-» at dt at dR dR dR -r- = sinnr-Ti—1- cosnr -rrr» de dh de dR dR dR otj dh dl après quoi, en tenant compte des expressions (h) de -r et -t-> et réduisant, on
VARIATION DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES. 171 trouve /tang? dh_ \Ji—h* — PdR s/i—h'—l* h dR 6 a dR dt ~ na* dl na> , + à/,_^a_/a de na} 1/1—Aa —/* <*? ' («6) { h tang 2 rfA 1 dR dt na? dl ' di 1 <m dt na* dh dl _ sj\— h} — l1 dR y/i—&»—/' l dR "w"&a ^r d~t ~ nax dh na* , ->rSJl—hi — li de nay,_A>-/> dy On verra plus loin que l'on substitue à la fonction R un développement dont les divers termes sont ordonnés par rapport aux puissances des excentricités et des inclinaisons des orbites; on apercevra dès lors aisément que, si l'on consent à négliger de petites quantités d'un ordre supérieur de deux unités à celui des quantités conservées, l'excentricitéytétant regardée conHn^^jij^mjej,^rdrei on peut alors réduire les équations (i6)liïïxsuivantes, qui sont très simples : (■7) De même, les valeurs de -7- et de ~ peuvent être sujettes à des difficultés si <p est petit, ce qui arrive le plus souvent; on les évitera en faisant, par une transformation analogue à la précédente, (18) ^>=tang<p sin0, q = tang<p cos0, et remplaçant ç et 0 par les nouvelles variables p et q. On trouvera dp . dd sin0 d<p ~— tang<pcos0 -j- h s- -77» dt OT dt cos'<p dt dq . . „ dd cos 0 d<p dt OT dt cos'<p dt dR 4 adR , . adR -™ = tango cos0 -r langç sin0 -r- ; d0 dp dq dR_ sin0 dR cos0 dR dy cos' <p dp cos' <p <ty ' di _ i dR p (dR àR\ ■ dt na»^i-«*C08»9 dq 2na^T=*co*9co#î ^ *' («9) dq_ I dR q (dR dR\ dt - na}s/T=* cos'cp dp a „a, V/T=iï cos? Cos» S \ *" + * / "
I-p CHAPITRE IX. — VARIATION DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES. Si l'on consent encore à négliger des quantités d'un ordre supérieur de deux unités à celui des quantités conservées, l'inclinaison <p étant considérée comme du premier ordre, on peut se borner à dp _ 1 ÔR dq^_ 1 <?R. dt~ na1 sjT^é* àq ' dt ~ na% S/JZ- ei dp ' si e est petit en même temps que <p, on pourra même prendre plus simplement dp _ j_àK dq_ i_ àR. ^ dt na* dq' dt na1 dp> on voit l'analogie de ces formules avec les formules (17).
CHAPITRE X. — VARIATION DES CONSTANTES. — MÉTHODE DE LAGRANGE. I73 CHAPITRE X. VARIATION DES CONSTANTES ARBITRAIRES. — MÉTHODE DE LAGRANGE. 64. Les formules (h) du n° 62 permettent de résoudre toutes les questions relatives au mouvement des planètes; nous les avons obtenues par la voie qui nous a paru la plus directe. Mais nous croyons ne pouvoir nous dispenser de reproduire l'analyse employée pour arriver aux mêmes formules par Lagrange, qui doit être considéré à juste titre comme le créateur de la méthode de la variation des constantes arbitraires. Dans le Chapitre précédent, nous avons mis les équations différentielles du mouvement de la planète P sous la forme dx <Î(H —R) dx' d(H — R) _ dt dx' ~°' dt + dx ~ °' , dy d(H — R) dy' d(H — R) <-> <#—w^ ' a^-h?, =°' dz _ d(H--R) _ d£ d(H — R) _ dt dz' ~ °' dt + dz ~°' Lagrange considère d'une manière plus générale les o.h équations dx d& v, dx' d£i v -dl-dx-'-X=°> rf7+^-X=°' (a) id2L_M _ dy dQ dt dy ' dt +d~y~x — ' Cl est une fonction donnée quelconque de t, x, y, ..., x\ y, ...; il en est de même des quantités X, Y, ..., X', Y', ...; le nombre h des groupes de deux équations associées peut être quelconque.
174 CHAPITRE X. Concevons qu'on ait réussi à intégrer rigoureusement ie système suivant, que l'on déduit du précédent en y supposant nulles les quantités X, Y, ..., X', Y', ..., cte_dQ_ dzS dQ_ dt dx'~°' dt +te~ °' (&) {dy_dÙ_ dy[ d&_ dt dy'~°' dt + dy ~ °' On aura donc obtenu des expressions de xy y, ..., x\y ... fonctions de t et de ih constantes arbitraires a, 6, c, ...,/, gy vérifiant identiquement les équations (6), quelles que soient ces constantes arbitraires; écrivons ces expressions (i) x = Ql(t, a, b, ...,g), x'^W^t, a, b, ..., g), On va, pour représenter les intégrales des équations (a), conserver les mêmes expressions analytiques (i) de x, x', ...; seulement on regardera a, 6, ...., g non plus comme des constantes, mais comme de nouvelles variables. On aura, dans cette hypothèse, dx ~di dx' dt dx dx da dx db ~dl +dâ dt+db ~di + '"' dx' dx' da dx' db ~~dT + ~dâ~di + 'dTdT+"" Portons ces expressions dans les équations (a) et remarquons que l'on a ( dx _dQ_ dzS dQ_ (a) ) dt dx'~°' dt + dx~°' puisque les formules (i) substituées dans les équations (b) doivent donner des résultats nuls, quelles que soient les quantités a, «6, ..., constantes ou variables; il viendra dx da dx db^ dx de _,, dâ dt^lb dt~i"dc ~di + '"~ ' dy da dy db dy de _Y'—o da dt db dt ^~ de dt^~' " ' dx' da dx' db dx' de _. ~dâdl + ~àbdt+~àcdi+'"+y dy[da .df_db dy[dc da dt^~ db dt^~ de dt^~'"~t' ,
VARIATION DES CONSTANTES. — MÉTHODE DE LAGRANGE. \J3 Ces ih équations contiennent au premier degré les ih inconnues -r-t 37» ■• » -it\ dt dt dt dx' dy' La grange les combine en les multipliant respectivement par — ^—, — -£-, •••, + ^, + -f, '•'',-£ disparaît, et il vient da da ai * db (dx dx' dx dx' dy dy' dy dy' \ dt \ da db db da da db db da '" ) (3) { de /dx dx' _ \ —dx „dy X'— \'^lL — dt\da de " ') ' ' ' da da '" da da • • • — • Posons H\ R — Y **-4-V <fr-4- -j-Y'^'-i-V'^'-i- _ dx dx[_ dx <W dy dy[_ dy d/ () L' ]~dadb dbda~*~dadb àbàa~^"'' introduisons des quantités analogues Ré, ..., R„; fa, c], .:., [a,#]; [6, a], [6, c], ..., qui seront fournies par des formules se déduisant immédiatement de (4) et (5), et l'équation (3) nous donnera la première des relations ci- dessous r , t db r-.dc r , ds -. [a>6]5F+[fl>c]5F+...+ [a>*]^+R. = of (6) / \.b9à\^ + [bte^^...+ [b9g^ + ^b = o9 65. Les quantités [a, b], [a,c], ..., [6, c], ..., introduites par Lagrange, jouissent de propriétés importantes. En premier lieu, on a [a, a] = [b, b] =... = [g, g] = o; cela résulte de la définition même par la formule (5). En second lieu, on a [a, b]-h[b, a] = o; cela résulte encore immédiatement de la formule (5), qui montre que [a, b] change de signe quand on échange entre elles les lettres a et b. Enfin la propriété la plus importante consiste en ce que [a, b] ne contient
I76 CHAPITRE X. pas le temps explicitement; il faut entendre par là que, si dans le second membre de la formule (5) on remplace œy x\ ..., y, y, ... par leurs valeurs (1), lesquelles sont fonctions de t et de a, 6, ..., g, une fois les calculs effectués, t disparait. Pour démontrer cette proposition, il nous suffira de prouver que l'on a d\a,b] —^—- = o. dt On trouve en effet, en partant de la formule (5;. d[a, b] d*x dx' dx d*x' dlx dx' dx d*x' dt dadt db da db dt dbdt da db dadt 4- d (dx dx' dx' dx \ ~~dâ\dt ~àb~~àT ~àb+"'J dx d1x' ~dt d~âdb dx d*x' da dbdt dx' + W dx' da d*x daàb d'x dbdt ' ou bien d[a, b] à /dx dx' dx' dx \ d (dx dx' dx' dx dt ~d~â\~dt ~d~ÏÏ~~dT d~b+'") ~db\~dt ~dâ~~dT da ■)• ou encore, en ayant égard aux formules (2), d[a, b]_ d /d£i dx dQdx[ \_±{dSd^. Ê& f?f! Y dt ~da\dx'db + dx' db+") db\dx da+ dx' da +" ' ); ce qui peut s'écrire, en remarquant que Cl ne contient b ou a que para?, a/, ..., d\a, b]_ d d&_d_ dQ_ d*Q d*Q _ dt da db db da db da dadb Dans chaque cas particulier, û ayant une valeur déterminée et les fonctions <!>,, Wt, ... qui figurent dans les équations (1) étant supposées connues, on déterminera les quantités [a, 6], ... par un calcul algébrique, en partant des formules (5) et(i); on aura ainsi à en calculer un nombre égal à 1.2 x on remplacera ensuite dans les équations (6) les symboles [a, b] par leurs valeurs
VARIATION DES CONSTANTES. — MÉTHODE DE LAGRANGE. 177 ainsi déterminées et l'on aura, en résolvant ces ih équations du premier degré, les valeurs de -£> -t-, •••» -jj exprimées à l'aide de Ra, R$, ..., R^ et de a, 6, ..., g. On voit que tout ce calcul, qui peut être très long, est évité quand on suppose les équations (b) intégrées par la méthode de Hamilton-Jacobi. La propriété qui vient d'être démontrée permet souvent d'abréger les calculs, en assignant une valeur particulière convenablement choisie au temps t qui finalement doit disparaître. Supposons, par exemple, que l'on fasse t = o, et soient x0, yQ, ..., x0,y'0, — les valeurs correspondantes de x, y, ..., x\ y', ... ; on aura Va h~\ — ^5 -^o — ^? ^1 +- ^-2 -^4 — 0*1 ^I± _i_ L ' J— da db db da da db db da '»'■•■• Admettons, ce que l'on peut toujours faire, que a, b, ... désignent précisément les quantités x0iyQ, ..., a?'0, y0, ... ; il viendra °' oJ dx0 dx\ dx'0 dx0 dx0 dx'0 dx'0 dx0 " '* Or toutes les dérivées qui figurent au second membre de cette formule sont nulles à l'exception de deux, -p* et -pr» qui sont égales à -h i ; on aura donc ["#0» -^o] =+ l » on trouvera tout aussi facilement Oo,/o]=o, o0, y0]=o, ..., Oo»yo]=+i» • > de sorte que les formules (6) deviendront dx0 R dx0 _ (7) \d.vo_^K dy\ _ Les valeurs initiales des variables x, y, ...,x\y\ ... constituent donc un système très simple d'éléments, au point de vue de la méthode de la variation des constantes arbitraires; cependant on n'emploie pas ces éléments en Astro- T. — I. 23
I78 CHAPITRE X. nomie parce qu'ils entrent d'une manière trop compliquée dans les expressions (1). Remarque. — Quand on donnera ainsi à t une valeur particulière tt, si cette valeur dépend d'une ou de plusieurs des quantités a, 6, ..., il faudra avoir soin de ne faire t=t{ qu'après avoir calculé les dérivées partielles de x, a/, ..., par rapport à celles des quantités a, 6, ... qui figurent dans tt. Supposons, en effet, que l'on ait t, = /(a); il est évident que la dérivée par rapport à a de x = <pt(t, a, b, ...), dans laquelle on fera ensuite /=/(a), ne sera pas la même que celle de l'expression $, [/(a), a, b, ...]. 66. Appliquons la théorie précédente à la détermination des mouvements des planètes. Nous devrons faire G=H=T— U = - (a?'* +/*+*'*) — ?£, a J r X'=o, Y'=o, Z'=o; dans ce cas, les premières des formules {a) donneront Les intégrales générales des équations (b) du mouvement elliptique ont été données au n° 32; nous les rappellerons bientôt. Fig. 19. • x -• y Commençons par un calcul préparatoire; traçons la sphère de rayon 1, ayant pour centre le centre 0 du Soleil ; elle est percée aux points a?, y, z par les parties positives des axes de coordonnées, et le plan de l'orbite de la planète la coupe suivant le grand cercle NH. Soit Ç le point de cette sphère où vient aboutir le rayon mené du Soleil au périhélie; prenons, dans le sens du mouvement de la planète, l'arc %r\ = 900, et soit Ç le pôle boréal du grand cercle Sy). Les axes Oîj, Or), OÇ forment un système d'axes rectangulaires que nous allons considérer, à côté de l'ancien système Ox, Oy, Oz. Désignons par a, (3, y; a', P', Y'* a"» P", y" les neuf cosinus des angles que font les axes du premier
VARIATION DES CONSTANTES. — MÉTHODE DE LAGRANGE. 179 système avec ceux du second, ce qui sera clairement indiqué par le Tableau ci-dessous : X y z \ et P y ri et' P' / c et" P» / Posons, comme nous l'avons fait antérieurement, j?N = 0, HNy = <p et N£ = w; Ci) = Bï—0, GT = 0 + Ci). nous aurons Cela posé, la Trigonométrie sphérique nous donnera aisément, par une application répétée de la formule fondamentale, et = cos 0 cos w — sin 0 sin w cos 9 (8) | j3 = sin 0 cos a) + cos 0 sin co cos 9 y = sin a) sin 9 et' = — cos 0 sin co — sin 0 cos co cos 9 (3' = — sin 0 sin co-h cos 0 cos co cos 9 y' = cos co sin 9 et"= sin0sin9 (3ff = —cos0sin9 y" = COS 9 On a d'ailleurs les relations bien connues (9) (.0) «' +(3* + y* =1 et" + (3'1 + y'1 = 1 1 « = |3y—/p* (3 =-y' et"— et'y' y = a'[3ff — pv aa' +(3(3' + yy' =0, aa" + (3(3" + yy" = o, aV+(3'(3ff + yy=o; a'=f3"y-yvf3 (3'= y" et — et" y y' = a"f3 — (3'a a"=f3y'-yf3', (3ff = ya'— ay', y" = a(3'— (3a\ Il nous faut calculer les dérivées partielles de nos neuf cosinus par rapport à 0, cp et co; on trouve aisément, en partant des formules (8), les valeurs suivantes : 00 dot „ T9=-P> à0~ + a' dy 50=°' d9 P' •â0"- + a' dy' d9=°>
l8o CHAPITRE X. àct. . . dot.' . — = orsinw, -3— = or cos w, (ta) { J-=f3"sinw, -j- = p"cosw, ày ày' ^=/sina>, ^=/co8»; (i3) dot , du p' dot' Soient £, y), o les coordonnées de la planète par rapport aux nouveaux axes; on aura (i4) ^ =o£ 4-a't), / = PS + p'*), s=y£+y't); d'où (i5) x'=a%+ «V, / = f3$'+f3'tj', *'=>£' + /»', en faisant 5-3*' Y1-^' Les formule? du n° 31 deviennent, en y remplaçant — ni par x, (16) n —-jj k-=-^îp., u—e&in u = nt-\- x; (17) £ = a(cosw — e), n = a^i — eIsin«/; on en tire rf*/ n dt 1 — e cos u . o- ,., has'xnu . naJi — e*cosu (18) £,'= , YJ = - 1 — e cos u 1 — e cos u Les formules (i4). i1^)* (l&)> (!7)» (*8) et (8) donnent, comme on voit, les'
VARIATION DES CONSTANTES. — MÉTHODE DE LAGRANGE. l8l expressions de a?,y, z; x', y\ z', en fonction de t et des six éléments (19) v î// (a, e, x. 67. Il nous faut maintenant calculer les quinze quantités [a, b] par la formule (5) en prenant successivement pour a et b deux quelconques des éléments (19) : [0,u], [0,9], [w, 9]; [0, a], [0, e], [0, x]; [w, a], [w, e], [w, x]; [<p, a], [<p, e], [<p, x]. [a, e], [a, x], [e, x], Soient K et L deux éléments du premier groupe (0, û>, <p) : on aura r„ . , dx dx^ dx dx' on a d'ailleurs, par les formules (i4) et(i5), en remarquant que S, yj, £', y)' sont indépendants de 0, o>, <p, dx ^ doc doc' dx t dot. dot! dx' „doc , doc' dx' >,doc , dot' dK~^M+ri M* 1l~^d~L + rïd~L' d'où, en substituant dans [K, L], rir r n /t i tt\ / àoc doc' doc doc' \ mais on a (20) fr' — r>ï' = l^ — yj ^ =na*s/T=? = ksja{i — e»); il vient donc (l) rKLl-^iA^i^^!-^^: . dld_P_dldp, dy_&/_dy dy'\ 11,1 ,LJV e\dKdL dLdK + dKdL dLdK + dKdL dL dK:) Soient, en second lieu, K un élément du premier groupe et P un élément du second (a, c, x); a, (3, y, a', P', y' sont indépendants de P : on trouve aisément
l82 CHAPITRE X. les formules suivantes : LBt' FJ - dK dP dP~dK [K'P]= ^dK+^M){aàP+a^)-^m+^M){aà+a^)+'-' \ dK + P dK + ' dK) V àP % dP) +{am+PdT^ydK)yidp-ridp) ( doc' , d? dy'\/ àl' ,àl\ + {adK + Pdk + yÂ){ridp-'ndP) _u (j dct ^w d$ .v, ày \ ff dn' f, dn \ + {a dK+P d~K+y dKj{tdp-t dP) Or on tire de (9) adK + PdK+ydK-a-dK + P M+y dK-°' il viendra donc r K PI - foc' — + R' ^& + y' ^ Vê — - V — -11 ^ + w' -^ ou ou bien encore, à cause de la formule (20), (II) [K,P]._*(^ ^+3 ^. + y ^j ^ Soient enfin P et Q deux éléments du second groupe; nous aurons rp ~n àx dx' dx àx' LF'yj — dP dQ ~ dQ ~dP+" ' ~(,aâP + a dP)\adQ + adQ)~{adQ + a dQj{"dP + aW)+" K +p + y ;^p aQ dç dpj-t-^a +p -t-y >^P dQ dQ âPj + {aa+W+W){dPdQ-dQ'dp-hdQdPdP dQ y
VARIATION DES CONSTANTES. — MÉTHODE DE LAGRANGE. 183 d'où, en vertu des relations (9), Klll) Lr' yj — dP dQ dQ dP "*" dP dQ dQ dP Il ne reste plus qu'à appliquer les formules (I), (II) et (III). 68. Faisons d'abord K = 0, L = û>, dans la formule (I), et tenons compte des relations (11) et (i3); nous trouverons [0, w] = «aïv/i — e"(P« + P'«' — «p — a'(3') = o; en posant, dans la même formule (I), K= 0, L = <p, et ayant égard aux relations (11) et (12), il vient [0, <p] = na1 \fi-e11 (apff — pa") cosw + (p'aff — a'p")sinw ) ou, en vertu de (8) et (10), [0f <p] = nax\J\ — e*(— y' cosw — y sinw) = — na*sj\ — e\ sin<p. Enfin la formule (I) donne, pour K = û> et L = <p, en se reportant aux relations (9), (1a) et (i3), [w, <p] = na*\Ji — e% j(a'a" ■+- f3'f3"+ y'y") cosw + (a<x" ■+■ (3(3" -h yy")sinw ) = o. Passons à la formule (II) dans laquelle nous supposerons d'abord P = x, ce qui nous donnera dp = 0, [K, x] = o; il en résulte donc [0, x]=o, [w, x]=o, [<p, x]=o. Si maintenant nous faisons P = a, ce qui entraîne k A„ = 7=^-=\na\/i-e\ nous trouverons d'où, en donnant successivement à K les valeurs 6, o>, <p et ayant égard aux re-
l84 CHAPITRE X. lations (8), ..., (i3), [0, a]=\na \/i— e'(a(3'— (3a') =%nasj\ — eiy" = \ na ^i — e* coscp, [w, a] = {nas/1 —e*(a'* + p* + y'*) = ±nas/i—e*, [<p, a] = {■ na\J\ — e* (a'a"+p'^-t-//) sinu = o. Pour P = e, nous aurons *^a('-e'>=-/ty/â - e e àe \fi-e1 \fi-e1 et la formule (II) devient en comparant cette formule à celle qui donnait, il n'y a qu'un moment, la valeur de [K, à], il vient il n'y a plus qu'à faire successivement K = 6, K = û>, K = <p, et à remplacer [6, à], [û>, à], [<p, a] par leurs valeurs ci-dessus ; on trouvera ainsi [0, e] = — na1 ——= cos<p, yi — e* [w, ej =— na- \J\-e1 [<p, e] = o. Nous arrivons enfin à l'application de la formule (III). Pour faciliter le calcul, nous donnerons à Ha valeur particulière X X \ t = =— 7 a3 , n k qui annule u; cette valeur est fonction de a et x; on ne devra donc faire j = t qu'après avoir effectué les différentiations relatives à a et x; on pourra calculer les dérivées relatives à e après avoir fait t = t. En prenant Q = e, la formule (III) donne t»t\ rp ei-^^L'_^^ + *l^_^*L'. K ' L ' J "~ dP de de dP dP de de dP'
VARIATION DES CONSTANTES. — MÉTHODE DE LAGRANGE. l85 les formules (17) et (18) donnent pour*=t; \ =a(i — e), n = 0, t, 1 , /' +« k /i+g. i'=o, n—nai/ = -—4/ ; on en tire dl dn Te=-a> d-e=°> d% _ dn' _ nfl 1 de ~ ' de — i/ï_ea 1 — e et la formule (21) devient / n m -1 <*?' na dn les relations (17) et (18), différentiées par rapport à P, donnent, en faisant ensuite t= t, u = o, d£' na /dw\ âP~~ '7=1 \àP)t=*' <jp après quoi nous trouvons, par la formule (22), rrk , na! /du\ na- (' du\ on en tire donc [a, e] = o, [x, e] = o. Reste seulement à trouver [a, x]; la formule (III) donne r , d\ d% dl dl' dn an' an an' I CL XI — — ^ _i_ . da d*. dx da àa d* d* àa En partant de (16), (17), (18), difTérentiant par rapport à x, et faisant ensuite t = t, on trouve aisément du 1 dx 1 — e T. - I. a4
i86 et ^ -o âx~°' d% na !h~~ (ï —e)'1 CHAPITRE X. s="V /i+e ' i — e ax l'expression ci-dessus de [a, x] donne donc (a3) [a, x] = na d\ (ï —e)" da A +e dn' y ï —e da Différentions ensuite (17) et (18) par rapport à a, faisons * = t, et nous trouverons Êk — _ ^! — V7' —e' àna _4 /i_±_f ^a — _ 1 4 /1 + e. da ' da 1 — e da y î — e da ~ ' y 1 — e ' en substituant dans (23) et réduisant, il vient enfin [a, x] = — {na. 69. Nous pouvons actuellement écrire ce que deviennent les équations (6) dans le cas présent; nous aurons n de r .. o*x r n 0*9 r .. rfco r ... o*0 _. [a. «] ^ + [a, x] -^ + [a, <p] ^ + [a, w] -^ + [a, 0] ^ + Ra = o, dt dt dt d'où, en remplaçant les quantités [a, e], ... par leurs valeurs trouvées ci-dessus, / d 1 d* 1 / ï <**> 1 / « ^ R« —Jwa-^ — |/iayi — e* -^7 — j/ia y i — ecos<p -3- =0, (O aV a7 R, na'e rfw wa'ecoscp a*0 = 0, ^/i_e« a7 ^i — e* dt da d~t n . 1 r da na*e coso a*e . , ; . d<p Rô + ïwavi — e' cos<p -3 T -7 /iasyi — e'sincp -f- =o, U( i/l __ ai Clt Clt n i da Rx + i «A -77 = o, a"0 R» + /ia* v^i — e* sin<p -3- = o, dt _ , / -da na*e de R« -h i /iayi — e' -77 , -77 = o. 1 dt Jx ei dt
VARIATION DES CONSTANTES. — METHODE DE LA GRANGE. On tire de ces six équations, en les résolvant par rapport aux dérivées les formules suivantes : 187 da ~di' (d) da _ a dl ~~ «a x' de _ ; r_R _u 1 — e1 ^ dt naxe "* ' ncPe dy cos<p Ru» dt de Rc Rç> nax\J\ — e1 sincp na*\/i — e* sincp 1 Ro, dt na* \/i —e2 sin<p d(ù , coscp D \/i — e* dt dx. dt na1 y/i — e1 sin <p Rç — . R«, = +i-^-Re + — Ra. ncre na La comparaison de formules (a) et (à) montre que l'on a, dans le cas actuel, X'=of Y'=o, Z'=o; v_ dR v dR „_ dR A — — 3—» I —— -5—) L— 5— dx dy dz (4) donne ensuite __àR <^_djldy_dRds__dR. a dx da dy da dz da da ' les formules (d) pourront donc s'écrire comme il suit : (O da dl de dl dy ~dl de dt doi ~dl dx di _a_ dR na dx 1 —e» dR y/i — e1 dR na*e dx naxe dw coscp dR 1 dR na1 ^1 — é1 sincp dd na- yi — eJ sincp 1 dR zia'y/i — e'sincp ày du coscp dR na}\Ji — e1 sincp ày 1 —e» dR 2^ dR na*e de na da na1 e de
l88 CHAPITRE X. — VARIATION DES CONSTANTES. — MÉTHODE DE LAGRANGE. Si l'on introduit enfin au lieu de û> et x les éléments © et e par les formules on verra aisément que les formules (e) sont identiques aux formules (h) du n° 62. Il convient de remarquer que les formules (d) s'appliqueraient encore au cas où X, Y, Z ne seraient pas les dérivées partielles d'une même fonction de x, y, z et t; X, Y, Z pourraient même contenir a/, y, z'; seulement Ra aurait alors pour valeur Ra = X^+Y^+Z^. oa oa oa Cela se présente quand on veut tenir compte de l'influence de la résistance d'un milieu sur les mouvements des planètes.
CHAPITRE XI. — CONSIDÉRATIONS SUR LES PERTURBATIONS PLANÉTAIRES. 189 CHAPITRE XI. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LES PERTURBATIONS PLANÉTAIRES. — PERTURBATIONS DES DIVERS ORDRES. — PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE. — INÉGALITÉS PÉRIODIQUES. — INÉGALITÉS SÉCULAIRES. — INÉGALITÉS A LONGUES PÉRIODES. - PERTURBATIONS DU SECOND ORDRE. 70. Pour connaître le mouvement de la planète P, il suffit d'obtenir en fonction du temps ses coordonnées rectangulaires héliocentriques x, y, z. En suivant la méthode de la variation des constantes arbitraires, nous avons transformé le problème et introduit, au lieu des trois inconnues x, y, s, six variables auxiliaires a, e, <p, Ô, ©, e. Les relations qui lient l'un à l'autre les deux systèmes sont (n° 32) "V^ m) —-) u— esinu = nt-\-e — rs, v —xs /i + e u r = a(i — ecosu), tang =\/ tang-> (i) / a V ï — e a .3; = r[cos0cos(*' — 0) — sin0 sin(y — 0) cos<p], y = r[sind cos(y — 0) ■+- cos0sin(*' — 0) coscp], z =■ /*sin(p — 0)sincp. Il convient d'ajouter que les valeurs de -£■> ~d7^~Jï s'obtiennent en différen- tiantles formules précédentes par rapport au temps, sans faire varier a, ey ..., e. Nous savons, d'après le n° 62, que les variables nouvelles doivent vérifier les
igo CHAPITRE XI. équations / da dl de dt dxs dl (3) I* dt dt de \ dt On a d'ailleurs x',y,z';x", ... désignant les coordonnées des planètes Y,V\ ...,etm',m", ... les rapports de leurs masses à celles du Soleil. Si l'on remplace xy y, z par leurs valeurs (i), x',y, z', ... par leurs valeurs analogues, R deviendra une fonction connue du temps tel des éléments a, 6,... a', 6', ... des diverses planètes, et les diverses parties de R contiendront en facteur l'une ou l'autre des petites fractions m\ m", ... que nous regarderons, ainsi que m, comme de petites quantités du premier ordre. Les formules (2) montrent que, au moins pendant un intervalle de temps limité, les éléments a, Ô,... varieront entre des limites assez resserrées ; il en sera de même de a', 6\ ...; on pourra, par suite, dans une première approximation, considérer les éléments comme constants dans les seconds membres des équations (2), et l'on obtiendra des valeurs très approchées de a, 6, ... par des quadratures. C'est là l'avantage que l'on trouve à remplacer les trois équations différentielles du second ordre en x, y, z par les six équations différentielles (2) du premier ordre, bien que ces dernières soient assez compliquées, parce que R est loin d'être une fonction simple de t et de a, 6 En opérant comme nous venons de l'indiquer, il est toutefois utile d'éviter un grave inconvénient que nous allons signaler. Il sera démontré, dans le cours a na dR "3T 1 dR na*\J\ — es sincp <ty = tang â dR \/T=7* dR nai\/i — e1 à<? na*e de* \fi-e1 dR , r 1 — s/T^ë* dR nn'f> tint » nn*i> /ie ncPe dxs naïe de 9 dR tan^ __ 1 dR _ *""p a /dR dR\ na}\J\— e»sin9 dd nd}\l\ — ex \à& de) V na da na*\Ji — e* <ty XT+VÏ -_1_v/nr^<m naxe de
CONSIDÉRATIONS SUR LES PERTURBATIONS PLANÉTAIRES. igi de ce Volume, que la fonction perturbatrice R peut en général être développée en une série convergente de la forme (4) R=£CcosD> où l'on a (5) D=i(#i* + e) + i'(n't + e') + krs + k'rs'+jd +jd'; i, ï, k, k'fjetj' sont des nombres entiers quelconques, positifs, nuls ou négatifs. Les coefficients C sont des fonctions de a, a', e, e\ <p et <p', qui diminuent en général assez rapidement quand les valeurs absolues des nombres entiers iy i', ky k\ j, f augmentent. Dans l'expression (4) devraient figurer aussi des termes analogues à ceux que nous avons mis en évidence, et dans lesquels n\ e', ... seraient remplacés par n", e" On voit bien ainsi de quelle manière entrent les divers éléments des planètes P, P', P", ... dans le développement de R. Les dérivées partielles de R par rapport à l'un quelconque des cinq éléments e, <p, 6, o, e seront exprimées par des développements de même forme que (4). sauf que les cosinus pourront être remplacés par des sinus. Il en va tout autrement de la sixième dérivée partielle -p; elle se compose,en effet, de deux parties : la première, que nous représenterons par (-)—)> s'obtient en faisant varier a seulement dans les coefficients C; la seconde provient de la variation de a dans n sous les signes cosinus. D'après la formule (5), les arguments D dépendent den, par suite de a, d'après la relation /iaa3= f(i + m). On aura donc <m _ /<m\ <m dn dn \daJ dn da' ou bien, en remarquant que n n'entre dans R que par nt qui accompagne toujours e, (6 <m_ /<m\ àKtdn da \da J de da On trouvera ainsi, en se reportant aux formules (4) et (5), dR v* ^C rw . dn ^ . te=ZdaC°SÏ)-tdaZlCsmî)' On voit que le temps t est sorti des signes cosinus; de là un grave inconvé de dt de nient que présenterait l'emploi de la valeur (2) de -t-> la seule des six dérivées
192 CHAPITRE XI. des éléments qui contienne -=-• Malgré la petitesse du facteur m! qui entre dans le coefficient C, le terme C* sinD pourrait prendre des valeurs très grandes, et serait gênant de toutes façons. Voilà l'inconvénient dont on a parlé; on l'évite comme il suit : Si l'on a égard à la valeur (6) de -5-1 la dernière des formules (2) donne, en " • * u » 1 * àR . dR n écrivant pas, pour abréger, les termes en -p et -=-> de a_ /àR\ _ _a_ dR dn dt na\àa) na de da Or on a dn dn da 2 dR dn dt da dt na de da ce qui permet d'écrire comme il suit l'équation (7), de ^___L/^5\ dt dt na \da ) On est ainsi conduit à prendre, au lieu de e, un nouvel élément e(0, tel que l'on ait de™ de dn W -dT = dt+tdi' On trouvera immédiatement, en écrivant maintenant les termes en -3- et -=-> de d<p 9 tang - ^1— -jL(^.\ a dK J\—^ 1 - y/i - g' ^R ^' dt ~ na\daj na*sj 1 — ex ^9 na*e de Or on tire de (8) eO = e+ / t -^ dt — e -t-nt— I ndt, (10) nt-\-e= I ndt + e{l). On voit donc que le changement de variable sera bien facile à faire, puisqu'il se bornera à remplacer dans les expressions (1) de x, y, z, nt ■+• z = l par /ndi -h ew. La formule (10) montre d'ailleurs que l'on aura dR _ dR de ~ <fe<*> '
PERTURBATIONS DES DIVERS ORDRES. ig3 Si l'on remplace dans la première, la quatrième et la cinquième des formules (2), -j-par-j-^> et si on les rapproche ensuite de (9), on voit que les nouvelles équations différentielles ne différeront des anciennes qu'en ce que e et -T- auront été remplacés respectivement par e(I) et (-p )• II convient, pour ne pas multiplier les notations, de supprimer l'indice de e(I) et la parenthèse de (-5-); cela permettra de conserver les équations (2) sous leur première forme. Seulement il sera bien entendu que la dérivée -p y devra être prise sans faire varier a sous les signes cosinus, et que, dans les formules (1), qui donnent xy y, z, nt -h e devra être remplacé par / ndt -h e. Nous ferons, pour abréger, !• \dt=:ç>, d'où n=-j-; quand n sera connu, en effectuant la quadrature / ndt, nous n'ajouterons pas de constante d'intégration, parce qu'elle irait se fondre avec e qui accompagne toujours In dt. Enfin nous ferons remarquer qu'ici, comme partout ailleurs, la lettre n n'a d'autre sens que celui qui est défini par la formule n = 1/ *f tm> de sorte que l'on a p=Vtf(i+m) f~ J a1 Pour déterminer le mouvement de la planète P\ il y a lieu de considérer des équations toutes pareilles à (2), qu'on obtiendra en accentuant les lettres, et mettant au lieu de R la fonction perturbatrice R'. On devra former la dérivée ■j-j sans faire varier a' sous les signes cosinus; mais, dans les formules qui donnent a/y y, z' en fonction de t, a, 6', ..., il faudra remplacer n't-ht' par I n'dt-ht'; nous poserons aussi In'dt = p'. La considération des équations différentielles en -£-> -r- > • • • est indispensable, même pour déterminer le mouvement de la planète P, quand on va au delà de la première approximation. 71. Pour fixer les idées, ne considérons que deux planètes P et P'; nous aurons à intégrer par approximations successives le système des douze équations T. — I. 25
Ip4 CHAPITRE XI. différentielles simultanées suivantes : da _ 2_ <m dt na de (n) {dd_ ; àR dt ~~ na*^! — e*sin<p <V da' _ a dR' dt n'a' de' (12) où l'on a dB' dt n' a'Vi i e'* sin<p' dR' dy'1 R = £CcosD» m (!3) l D = i(p + e) + i7(p' + e') + Arw + Ar'w' +y 0 +/0\ p =. I ndt, p' = I /i'rf£; r'=2c'cosD'; C et D' sont de même forme que C et D. Nous avons déjà fait observer que les seconds membres des équations (n) et (12) sont de petites quantités du premier ordre, à cause des facteurs m' et m qui entrent dans les coefficients C et C. Nous allons chercher à développer les expressions des éléments variables sous la forme [ a = a0 ■+■ d| a0 ■+■ dt a9 ■+■..., 0 = 0o + d, 00 + ^,00 +•••» 04) a'— a'0 + <5,a'0 + àta'0 -+-.. B' = B'0+ôl&0 + di&0+.. a0, 60, ..., d0, 6'0, ... sont douze constantes arbitraires dont on trouvera les valeurs numériques en comparant la théorie à l'observation; les quantités représentées d'une manière générale par la caractéristique St sont des fonctions inconnues du temps t, des constantes ci-dessus et des masses m et m'; relativement à ces masses, tous les S, seront de l'ordre i; ceux des S, qui se rapportent à la planète P devront s'annuler avec m', et contenir m' en facteur, tandis que pour la planète P' ils auront le facteur m.
PERTURBATIONS DES DIVERS ORDRES. ig5 On mettra ainsi en évidence les quantités S, a0, $2a0, ..., ou les perturbations du premier ordre, du second ordre, etc., de l'élément a, et de même pour les autres éléments. Il s'agit de calculer ces perturbations des divers ordres. Nous poserons aussi (i5) n=/i0-hà>0+ô,/i0-H... et nous prendrons ce) "o-y—^— En substituant les valeurs (i4) et (i5) de a et n dans la relation il viendra _3 na + ôln0-hSin0-h... = n0( i+ -!—5 + -=-* + ... \ ao ao / 0 L a ao a a0 8 \ a0 / " ' J ' d'où, en égalant de part et d'autre les quantités de même ordre, . 3 ô,a0 Oiwo = no > (17) On posera ensuite (18) po=n0t, àip0= I <5,/i0rf*, ôtp0= I dtn0dt, ..., et la formule p = /n«ft combinée avec la relation (i5) donnera (•9) p = Po+5Ip0+ô,p0 + ...; S,p0 sera du premier ordre, S2po du second, etc. On aura des formules toutes pareilles pour la planète P'. Il faut substituer dans les équations différentielles (11) et (12) les expressions (i4). (i5) et (19).
I96 CHAPITRE XI. 72. Perturbations du premier ordre. — Pour commencer, nous allons faire la substitution indiquée, en ne considérant que les quantités du premier ordre, et négligeant celles du second. On pourra donc, dans les seconds membres des équations (11) et (12) qui sont déjà du premier ordre, remplacer a, 6, ..., a', 6', ... par aot 60> ..., a'0, 6'0, ..., et aussi p et p' par nQt et ri01. On trouvera ainsi (20) R0 = 2cocosDo» (21) D0=«(/i0* + e0) + i'(n'0t + e'0) + krs0+ *'< +jd0 +jd'0, dd,a0 _ 2 dR0 dt dt = n0a0 ^£o 1 n.oaWi — eJsin<po <m0 d<?0' Les seconds membres de ces formules sont des fonctions connues de t; on aura donc 2 fdKo .. O|a0=: I -3—dt, 1 n0a*\/i — e* sin<p0^ ^?o (a) \ A fl î r*-"0^/ nnaî\/i — elsinQoJ r On est ainsi ramené à des quadratures; il est inutile d'ajouter des constantes qui, dans les expressions (i4) de a, 6, ..., iraient se fondre avec a0, 60, Au point de vue analytique, toutes ces quadratures dépendent d'une seule, IJ{0dt; car on a, par exemple, /t'*=£/».<*• On aura de même 2 raR'0 Oi«o = ZT-r I -57- dt, (<*') ô,0'o = ri0a'*\J\ — e'^siiKp - fd-^dt R0 et R0 sont des fonctions très compliquées du temps t et des constantes a0, 60, ...; de telle sorte qu'il ne faut pas songer à effectuer rigoureusement les quadratures qui figurent dans les formules (a) et (a'). On pourrait bien avoir recours aux quadratures mécaniques; c'est ce qu'on
INÉGALITÉS PÉRIODIQUES. 197 fait le plus souvent dans la pratique, pour les astéroïdes et les comètes. Mais on n'obtient ainsi que les valeurs numériques des perturbations, sans rien connaître des lois analytiques qui les régissent. De plus, quand on cherche les perturbations pour une seule époque très éloignée, on est obligé de les calculer pour un nombre considérable d'époques intermédiaires. Aussi préfère-t-on, dans les théories des anciennes planètes, décomposer la fonction R0 en une série de termes tels que l'effet de chacun d'eux, dans les formules (a), puisse être déterminé analytiquement; la série (20) remplit ces conditions. On trouve, en effet, en tenant compte de l'expression (21) de D0 et en ayant égard à la façon dont les quantités e0, <p0, ... entrent dans les coefficients C0 et dans les arguments D0, ^=-2«C.8inD.f Les formules (à) donnent ensuite <5, a„ = 5 «C0 / sinD0dt, n0a0+d °J n0al\/i — e\ sin<p0 *+ \<*Po J ) On voit sans peine que les seconds membres des quatre équations qui n'ont pas été écrites ne contiennent non plus que les quadratures I sinD0dt et / cosD0dt. Or, en se reportant à l'expression (21) de D0, on trouve /• ™ j, cosD„ C _ ,# sinD0 sinD0rff = — t-~t> I cosD0 dt=- ^-7-. Il vient ainsi . a V «CoCosDo oia0-= y -. =—-) n0a0 ** m0 ■+■ V n0 àÇo .... *' 5» = , / -—: \. 7: n0a% y 1 — e\ sin<p° ^" "
198 CHAPITRE XI. On voit que chaque terme C0cosD0 du développement de R0 donne naissance à des termes correspondants, ou, pour employer le langage des astronomes, à des inégalités correspondantes dans les expressions des divers éléments. Ces inégalités sont en général périodiques comme les termes de R0 d'où elles dérivent; celles que l'on a mises en évidence dans les formules (b) ont pour période la période même de l'argument Dô, savoir T,= ™ Si l'on pose on pourra écrire in0 -+■ i n'0 „ _ 27T , 27T n0 n0 1 1 i Les nombres entiers i et i' ont en général des valeurs peu considérables, parce que, dans la formule (20), les coefficients C0 diminuent assez rapidement quand i et i' augmentent. La période T, sera donc comparable aux durées des révolutions T0, T0 de deux planètes fictives peu éloignées des planètes réelles. 73. Inégalités séculaires. — Les formules (b) sont en défaut quand on a «/Iq + H n'0 = o ; cela arrivera d'abord si les nombres i etï sont nuls tous les deux, cas que nous allons considérer immédiatement. Nous envisageons donc, dans le développement (4) de R, les termes qui sont indépendants des longitudes moyennes /et /'; pour ces termes, t disparaît de l'expression (21) de D0 qui doit dès lors être traité comme une constante; on aura D0 = krs0 ■+■ k' rs'0 + j 0O + f &0, / sinDo dt= isinDo, / cosD0dt = t cosD0. Si l'on porte ces valeurs dans les formules (22), et qu'on y fasse i = o, il viendra ôia0 = o, dC0 / a.eu = —l— S p cosD0,
INÉGALITÉS A LONGUES PÉRIODES. 199 Le signe ^ ne porte plus maintenant que sur les indices k, K, j ety'. Les termes que l'on vient de considérer dans R introduisent donc dans l'élément 6 des parties proportionnelles au temps, et il est très aisé de voir qu'il en est de même pour les éléments e, <p, o, e. Ce sont là les inégalités séculaires de ces cinq éléments. Les termes de R qui les produisent sont appelés par extension termes séculaires. Les inégalités séculaires, variant constamment dans le même sens, acquièrent une importance capitale quand on envisage deux états du système solaire séparés par un intervalle de temps considérable, formé d'un nombre plus ou moins grand de siècles; elles modifient son aspect d'une manière très sensible ; tandis que les inégalités périodiques, au bout de l'intervalle en question, se compensent en partie, ou du moins restent comprises entre les mêmes limites. Il importe de remarquer que, dans la première approximation, les grands axes des orbites n*ont pas d'inégalités séculaires; c'est ce que montre la première des formules (c). On voit que cela tient à ce que l'expression (2) de -t-> da 2 dR dt na de ne contient que-j-> quantité qui se réduit à zéro, pour i= i' = o; les cinq . ,, • , ,. „ dR dR dR dR dR ,A . , , , , autres dérivées partielles ^— > -5- > -r— > -jâ> j- ne se réduisent pas a zéro dans les mêmes conditions, et l'une au moins de ces dérivées partielles figure dans , . / x j de dca d9 dxs . de les expressions (2) de ^, ^, ^, -^ et ^ Le moyen mouvement n n'a pas non plus d'inégalité séculaire; c'est une conséquence de la première des formules (17), (*3) <5,/i0=— ~no—— > qui donne S, n0 = o, quand on suppose B, a0 =0. L'absence d'inégalités séculaires dans les expressions de a et n, dans la première approximation, constitue le Théorème de r invariabilité des grands axes et des moyens mouvements, théorème fondamental que nous aurons occasion de compléter, et qui sert de base aux théories des mouvements des planètes. 74. Inégalités à longues périodes. — Il nous reste à examiner ce qui arrive lorsque l'équation (24) m„ + i' n'0 = o
200 CHAPITRE XI. est vérifiée sans que «et i' soient nuls; on aurait donc dans ce cas n± __ £. n'0 ~ iy c'est-à-dire que le rapport des moyens mouvements n0 et n0 serait rigoureusement commensurable. Les valeurs de n0 et #i'0, qui sont liées à a0 età0 par la formule (16) et sa correspondante, doivent être tirées des observations; les valeurs numériques ainsi obtenues ne sont exactement commensurables pour aucune combinaison des planètes prises deux à deux. Mais il y a en revanche un assez grand nombre de commensurabilités approchées. Ainsi, il arrive fréquemment que, pour des valeurs entières convenables des indices i et «', en général peu considérables, la quantité in0 -+- i'ri0 est petite par rapport à n0 et #i'0, de sorte que la condition (24) est vérifiée approximativement. Si l'on considère les termes du développement de R pour lesquels i et i' ont ces valeurs particulières, les inégalités périodiques des éléments, calculées par les formules (6), pourront être très sensibles, en raison du petit diviseur in0-+- V n\ qui figure dans ces formules. La période T, = - —- de ces inégalités sera très grande par rapport à 0 = — et Tn = —> car on aura T,_ 1 T, ï0 /tfio-nXy T'o (in0+i'n'0\' Ces inégalités, qui sont en quelque sorte intermédiaires entre les inégalités séculaires et les inégalités périodiques ordinaires, ont reçu le nom ^inégalités à longues périodes; elles jouent dans notre système planétaire un rôle très important. C'est surtout dans l'expression de la longitude moyenne que ces inégalités sont très sensibles. On a en effet / = p + e+.r; d'où 1= l0-\-dll0-\-dil0-\-..., l0=n0t-\- e0. Or les formules (18) et (23) donnent <5,p0 = — - -^ I 8,a0^>
INÉGALITÉS A LONGUES PÉRIODES. 201 d'où, en remplaçant $,a0 par sa valeur (6), o 3 v' «CoSinDo ce qui montre que celles des inégalités de la longitude moyenne qui proviennent de p contiennent le petit diviseur i#i0-f- ïri0 au carré, tandis que ce diviseur ne figure dans les autres éléments qu'à la première puissance. Quand on connaîtra les valeurs numériques de n0 et #i'0, il sera facile de trouver les nombres entiers i et i', tels que in0 -+- i'n0 soit très petit par rapport à n0 et n0 : il suffira, en effet, de convertir en fraction continue le rapporta; les no nombres i' devront être pris dans la série des numérateurs des réduites, changés de signe, et les nombres i dans la série des dénominateurs. Avec ces nombres, on formera la suite des valeurs de in0 -+- tv/i'0, et l'on verra si, parmi elles, il s'en trouve une très petite. Si, pour arriver à ce résultat, on est obligé d'employer de grandes valeurs de i et i', les inégalités à longue période correspondantes seront généralement peu sensibles, à cause de la petitesse du coefficient C0; il s'agira du reste de s'assurer de l'ordre de grandeur de l'expression (mo + i'/i'J* Pour la planète P', dont le mouvement dépend de la force perturbatrice R', il y aura des inégalités à longue période correspondantes. On a, par exemple, pour Jupiter et Saturne, en prenant le jour solaire moyen pour unité de temps, n0 = 299" ,1284, «'0 = 120", 4547 î on trouve aisément =?=,+ !_ nn 1 2 -+- 14 + . les réduites successives sont-> -> •••> et l'on a 1 2 i» n. 5n'0 — 2/i0 = 4"»ol67 — ~7 = t2 (environ). On voit que les termes de R et R' qui sont de la forme C cos ( 2 / — 5 /' + krs + k'rs1 +J 6 +/ 6' ) T. - I. 36
202 CHAPITRE XI. peuvent donner naissance à des inégalités périodiques très sensibles, bien que les coefficients C et C soient assez petits; leur période sera égale à environ 74 fois celle de Jupiter, soit tout près de 900 ans. Ces inégalités sont, en effet, très considérables dans les longitudes moyennes, et la longitude héliocentrique de Saturne se trouve altérée, par ce fait, d'environ 5o'. 75. Perturbations du second ordre. — La considération des inégalités du premier ordre ne suffit pas généralement pour établir les théories des planètes; on est obligé d'avoir égard aux perturbations du second ordre, ou du moins aux plus importantes de ces dernières. Nous allons donner, dès à présent, quelques indications à ce sujet. Considérons l'une quelconque des formules (2), celle par exemple qui donne -t:, et écrivons-la comme il suit ai — — w'F(p+e, p' + e', a, a', ...); nous allons y substituer 0=0O + <5,0O+<5,0O + ..., p = p0+<î,poH-..., e = e0+<5,e0 + ..., et égaler de part et d'autre les termes du second ordre. On développera, par la formule de Taylor, l'expression FCpo+eo + âipo + ôjÊo, p'o + eo + âipo + ôie'0, ao + dia^ a'0 + ô,a'0, ...), en négligeant les carrés et les produits des quantités £,. On trouvera ainsi, en désignant par F0 ce que devient F quand on y remplace p, e, ... par p0, e0, ..., On mettra dans le second membre, pour les perturbations du premier ordre, les expressions obtenues précédemment. On aura déduit du développement (20) de R0 un développement analogue pour la fonction F0; c'est de là qu'on tirera les expressions de -, ---> -v^> • • • qui figurent au second membre de la for- mule (26); il faudra effectuer les produits tels que -j-^p,,, et les mettre sous une forme commode pour l'intégration. Finalement, on obtiendra S260 par une quadrature; on n'ajoutera pas de constante d'intégration; on calculera de même les perturbations des cinq autres éléments.
PERTURBATIONS DU SECOND ORDRE. 2o3 Pour ce qui concerne $2p0» on tire des formules (17) et (18) On peut aussi diriger le calcul autrement, en partant de la formule qui se déduit aisément des relations dp , , ,, . da a dR -£=#i, n*a3= f(i + m) et -77 =— -5- ; dt dt na de mais c'est un sujet sur lequel nous aurons l'occasion de revenir. S'il était nécessaire de calculer les inégalités du troisième ordre, on égalerait, par exemple, la valeur de J ° au produit par m' de l'ensemble des termes de second ordre dans le développement par la formule de Taylorde l'expression F ( p0 + e0 + ô, p0 + <5, e0 + ôâ p0 + ô, e0, • • • ) • La méthode est, on le voit, des plus simples; il n'en est pas de même des calculs, qui se compliquent singulièrement avec l'ordre des perturbations. Fort heureusement, dans les théories des anciennes planètes, on n'a le plus souvent à calculer que quelques inégalités du second ordre; il y a lieu de faire toutefois une exception pour Jupiter et Saturne où le nombre des inégalités du second ordre dont il faut tenir compte est considérable; on est même obligé d'avoir égard à quelques inégalités du troisième ordre. On doit convenir que, dans ce cas, la substitution des six éléments variables aux trois coordonnées d'une planète paraît être une source de complications; car cela augmente beaucoup le nombre des termes à considérer dans les développements où intervient la formule de Taylor. Nous ferons remarquer que la méthode suivie, qui revient en somme à développer les perturbations des éléments suivant les puissances des petites quantités m, m' ne peut pas être employée pour un intervalle de temps indéfini. Elle convient pour un certain nombre de siècles, ce qui tient à la petitesse des inégalités séculaires quand il s'agit d'un pareil intervalle; cela suffit aux besoins actuels de l'Astronomie. L'emploi de la formule de Taylor suppose, en effet, que les quantités B,60, £,©„, ... Sa^o» ••• restent toujours assez petites pour que la convergence des séries soit assurée ; or, S|G0, BtxsQt ... contiennent des termes de la forme Am't; ces termes, qui sont petits pour des intervalles
2o4 CHAPITRE XI. modérés, à cause du facteur m', finiraient par grandir au delà de toute limite, et, à supposer que les séries restent convergentes, elles ne seraient plus d'aucune utilité pratique. 76. Poisson, dans la théorie du mouvement de la Lune, pour laquelle les inégalités séculaires sont considérables, a apporté une modification utile au procédé donné plus haut pour le calcul des perturbations des divers ordres; bien que nous nous proposions d'étudier ce point complètement dans le tome III de cet Ouvrage, nous croyons utile d'en parler dès à présent, et d'une manière générale. Nous considérons toujours, pour fixer les idées, deux planètes P et P', et nous écrivons les équations différentielles sous la forme dd (29) — = /n'F(p + e, 6, m, a, . ~ = /n'<fc(p + e, 0, w, a, . de — = m'W(p-he, 0, nr, a, . da •., p'+e', -, p'+e'i • .,p' + e', ■ • •), ..)■ ..), dt ' En ayant spécialement en vue les inégalités séculaires des éléments 0, ©, e, désignons par X, jjl et v trois constantes indéterminées, par 6,, xs{ et e, trois nouvelles variables, et posons (3o) & = 6i-\-'km' t, T3 = i3i-\- ixm' t, e^ti + vm' t\ les formules (29) pourront s'écrire comme il suit : —± — /ft'[F(p + e, + vm't, 0,+ X/n'i, nr, + prit't, ...) — X], dzs\ (3i) —t- = m'[&(p +61 + vm't, 0, + X/n'i, nr, + pm't, ...) — /jl], de -^ = /n'[*F(p + e|-t- vm't, 0, + X/n'i, nr, + pm't, ...) — v], da dt ~ Cela posé, on peut appliquer la méthode primitive aux équations (3i) et faire 01 = 0o + ^1.00 + ô, 0O -h . . . , 5J|=d0+ Ô|7ïT0 H- ÔtTS0 + . . . ,
PERTURBATIONS DU SECOND ORDRE. 2()5 en désignant de nouveau par 60, ts0, ... des constantes arbitraires ; seulement, quand on développera les fonctions F, $, W, ... suivant les puissances et les produits des S,, S2» • ••. on aura soin de ne pas faire sortir les termes \m' t, \j.m' t, vm't des signes F, <&, Ainsi, par exemple, on écrira F(p + e + v/n'f, .. .)=rF(p0 + e0 + v/n'f, 0o + X/n'i, w0 +/jl/n'f, ...) dF On déterminera ensuite les inconnues X, p.etv de manière que les expressions de 6,, xs{ et e,, fournies par les approximations successives, ne contiennent pas de parties proportionnelles à /. On applique généralement le premier terme de la transformation précédente, même dans le cas des planètes. On calcule en effet le plus souvent, dans la première approximation, les inégalités périodiques en substituant dans leurs expressions les éléments e, m, 6, e\ ©', 6' augmentés de leurs inégalités séculaires. Si, par exemple, on considère dans le développement de la fonction perturbatrice le terme dont l'argument est D = i(nt + e) +i'(n't + e') ■+■ kxs + k'xs' +/0 +/0', on prendra dans les formules (22) J)0=i(n0t -\-t0-\-vm't) -+■ i'(n't-\-e0 -\-v'mt) -+-k(zs0 + ixm't)-h k'(Ts'Q-h ix'ml)-hj\d0+vm't)+J(d'0-hv'mt), — cosD0 I sinD0a*= —. 77 77—; r— k [i m' + k' [).' m -\-j'v m' -\-f v' m Il convient de remarquer qu'en opérant ainsi on tient compte, dès la première approximation, de termes qui sont du second ordre par rapport aux masses. Après avoir donné ces indications générales sur le calcul des perturbations, nous devrions nous occuper du développement de la fonction perturbatrice R sous la forme (4) mentionnée au commencement de ce Chapitre. Nous traiterons cette question avec toute l'étendue désirable; mais nous commencerons par un certain nombre de recherches et d'études préliminaires, qui nous serviront à établir le développement cherché.
20Ô CHAPITRE XII. CHAPITRE XII. TRANSCENDANTES DE BESSEL. Nous aurons besoin fréquemment, dans la suite de cet Ouvrage, de certains développements en séries des coordonnées d'une planète dans son mouvement elliptique autour du Soleil. hes^agctinns ou transcendantes de Besselconstituant la base de ces développements, jioqLS croyons utile de présenter ici une théorie concise de ces fonctions. 77. Considérons l'expression (i) Z = E^v";), dans laquelle E désigne la base des logarithmes népériens, x et z deux quantités quelconques réelles ou imaginaires (nous supposerons néanmoins dans ce qui suit x réel); cette fonction peut être développée en une série convergente suivant les .puissances positives et négatives de z. On a, en effet, X _ X Z=Ea*xE **; X X E" est développable en série convergente suivant les puissances de -z et E ** l'est aussi suivant les puissances de — > en exceptant toutefois le cas où le module de z serait égal à zéro; on aura
TRANSCENDANTES DE BESSEL. 207 on en conclura ... ,=. (-)^(f) \<x+p 0 z=2 1 , .,...«■■'/,... p*-"- a=o p=o Nous ferons (i) e»v *-' = y j,(*)*'. 1 «=+• c'est-à-dire Z = J0(a?)+J| (#).3 + J, (.r)*2 +... + J1 (x)zl + ... + J_,(aj)a-' + J_i(a?) s_I + ... +J_/(a?)s-'-H Nous allons chercher les expressions générales et les propriétés principales des fonctions h(x) qui s°nt les fonctions de Bessel. L'expression (i) ne change pas quand on remplace s par — -; nous aurons donc Z = J0(a?) —J-i(«)« +J_1(o?)s» — ... + (— iyj-i(x) z{ + ... -J, (*)*-•+ JS (*>)*-»_...+ (—i)'J, (^)s-'+^*.. La comparaison de ces deux expressions de Z donne J-i(ar)= — J|(«), J_,(-ar) = J1(o?)> ..., (II) J_,(*) = (-i)'J<(*). On peut donc se borner au cas où l'indice i est positif. Si, dans la formule (2), nous faisons a = (3 H- i9 de manière que l'exposant de s soit égal à i, nous trouverons pour le coefficient de z' dans Z, c'est-à-dire pour Jj(d?)f l'expression suivante p=. (-i)p(^) *tK } Zà i.a...(3.i.a...(* + [3)' p=o d'où (III) .,, (?y r Q', @' 1 ,v ' i.a...i*L 1.(1 + 1) 1.a.(i+i)(i + a) "J
2o8 CHAPITRE XII. On conclut de (II) et (III) h (-*) = (-0'J/(*). J_/(— x) = it(x). La série qui figure dans l'expression de h(x) est convergente; car, si l'on considère les deux termes consécutifs (— i)pup et.(— i)/H"' i*^, on a (î)' up+i Up ~~ C? + »)(/>+ '*+»)' et ce rapport tend vers zéro quand p croît indéfiniment. La convergence sera d'autant plus rapide que x sera plus petit et i plus grand; si x est considéré comme unepetite quantité du premier ordre, J,(a?) sera de l'ordre i. Les fonctions J,(a?) avaient été considérées avant Bessel par Fourier dans sa Théorie de la chaleur; aussi leur donne-t-on souvent le nom de fonctions de Fou- rier-Bessel. L'équation (I) peut s'écrire, en tenant compte de (II), eï(2-;) _ Jo(<r) + Jj( ^ (;s« + z-t) + Jt(<r ) (5» + s-») + # # _ + Jt (a?) (* - -i) + J,(ar) (s» _ «-a) _,_... ; faisons, dans cette formule, s = E?^rï; il viendra EaV-"l,i"» = J0(^) + aJ,(^)cosa<p + ajt(.a;) cos4? +... + y7—i [aJ,(.a;) sin<p + aJ3(.r) sin3<p +...]. Supposons x et <p réels; nous aurons, en égalant dans les deux membres de l'équation ci-dessus les parties réelles et les coefficients de y^— i, Icos(.#sin<p) = J0(^) + aJj(^) cosa<p + ijk(x) cos4? -K • • sin (.r sin<p) = aj,(^)sin<p -\- ajj(.a;) sin3<p + On voit donc que les fonctions de Bessel permettent de développer en séries périodiques les expressions (a?sin<p).
TRANSCENDANTES DE BESSEL. 209 En changeant <p en <p -+- -> il vient ( cos(j7cos<p) = Jo(^p) — aJj(^) cosacp + aJt(a;) cos4<p —..., ( sin(^ces<p)= aJi(^) cos<p —aJ3(^)cos3<p + — 78. Entre trois fonctions consécutives J£_,(x), J,(a?), J ,+,(#), il existe une relation très simple que nous obtiendrons en differentiant l'équation (I) par rapport à z, ce qui nous donnera î(.+£)i?H>=2.w ou bien -i-oo -t-oo f(i+?)2Jf^s/=2t*Jf(^)^",; —« —» d'où, en égalant dans les deux membres les coefficients de zl~\ (V) ut(x) = \ [Jf+,{x) + j,_,(*)] ; c'est la relation cherchée. SoitT une quantité quelconque; on a Ef H) [,_ i (2 +1)] = 2 ['.(*> _ t W£l±i-l£)] - ou bien, à cause de la relation (V), o) i?H)[.-î(.+i)]=l"(.-^)j,(»)^i i= — • cette formule a été employée par Cauchy dans un de ses Mémoires. La relation (V) est utile surtout pour les déterminations numériques. Supposons qu'on veuille calculer J0(x), J| (a?)» h(&) h(&)' a? ayant une valeur connue; on calculera directement J0 et J, par les séries (III); la relation (V) donnera de proche en proche J2, J3 J£, mais avec une précision qui ira en diminuant à mesure qu'on s'éloignera du point de départ. On vérifiera J, en le calculant directement par la série (III). Toutefois, il vaut mieux avoir recours au procédé suivant : Posons U) Pi = Ti P* = T' '"' P'—l—' Pi+i— -J-> •■•! T. - I. 27
2F O CHAPITRE XII. nous en tirons 1 > [ 3i = J0.pip3...pi. On est donc ramené, d'une part, au calcul de J0 par la série (III); d'autre part, au calcul dep,,p2 /?,. La relation (V) peut s'écrire ou b (6) d'où (7) ien l'on tire successivement 2l _ X ai x ~ Pi = Pi+\ = Ji-i [h i "Pi 2i X i , Ji+i .Ji + £>M-1 > I -^/+1 I 21 ■+- a On aura donc ce développement de/?, en fraction continue : (8) #»i=T7 21 .# an- a ^ a i + 4 On calculera/), par cette formule. L'équation (6) donnera ensuite, pour le calcul de/>,-_, pt, I 2Î — 2 — />» Pi-l & i ai — 4 (9) { />'-» ~ x — Pt-u i a
TRANSCENDANTES DE BESSEL. 211 Voici donc l'ensemble du calcul : On détermine directement J0 et J, par les séries (III), pt par la fraction continue (8), pi-t, pi-2 p{ par les formules (9), J,, J2 J, par les relations (5); la valeur trouvée ainsi pour J, devra coïncider, dans les limites de la précision cherchée, avec la valeur obtenue directement. S'il en est ainsi, tout le calcul se trouvera vérifié. La fraction continue (8) se calculera elle-même par cet ensemble de formules 1 Pt+J - 21 + 2/ X I Pt+J~l - 3I + 2/-2 ' - Di^: P< =il ' * ~Pi+i où le nombre y aura généralement une valeur peu considérable, telle que 1, 2, 3, et que l'on détermine rapidement par tâtonnements : le calcul est plus facile quand on a recours aux Tables de logarithmes d'addition. Dans son Mémoire sur la détermination des perturbations absolues dans les ellipses d'une excentricité et d'une inclinaison quelconques, Hansen a calculé des Tables numériques donnant avec six décimales les valeurs de J0 et J, ; l'argument est-; il varie de o à 10, en augmentant chaque fois de la quantité constante o,o5. Dans le Tome I des Mémoires de Bessel, publiés par Engelmann, on trouve, p. io3, des Tables donnant avec dix décimales les valeurs des fonctions J0 et J, : l'argument est x; il varie de centième en cenlième, depuis o jusqu'à 3,2. On pourra évidemment faire usage de ces Tables pour déterminer J0 dans le procédé de calcul indiqué plus haut. 79. On peut exprimer la dérivée de J, (x) en fonction de J,+1 (x) et de J£_, (x) ; il suffit, pour y arriver, de différentier l'équation (I) par rapport à x, ce qui donne en égalant dans les deux membres de cette équation les coefficients de s1, il
212 CHAPITRE XII. vient (VI) ^^ = j[Ji-.(*)-W*)]. On tire de là cPit{x) _ i_ rrfj/_,(a7) _ dii+l{x)'\ dx* a |_ dx dx \ ou bien, en remplaçant les deux dérivées premières par leurs valeurs conclues de (VI), <">> ^liïp- = i L W*> - a J'<*> + *'-■<*)]• Or on tire de la relation (V) (i + i)J/+i(o?) = j[J*+i(a?) + J,(j?)], (i —i)Ji_,(o?)= j[J*-i(a?)+J,(a?)], d'où i[Jl+I(a?) + J,_,(a?)] - [J/-i(*) — J.-m(a?)] = j[J/+i(a?) + J,-,(a-) -+- 2 J,( a?)], ou bien, à cause de (V) et (VI), ^ «*(*) - a ^^-) = Î[JI+1(*)-2J,(*)+!*.,(*)] +2^^); en combinant cette équation avec l'équation (io), on trouve enfin cette équation différentielle que vérifie la fonction J,(a?) est linéaire, du deuxième ordre, à coefficients variables et sans second membre; elle est très utile quand on veut faire une étude approfondie des fonctions de Bessel. Écrivons, comme il suit, la formule (I) e«" ^ = j0(^) + ^j,(^)5'+2(-,)^(^)-'; i i en changeant z en -> il vient E »y ~^ = J0(x) + ^iJi(x)z^+^i(-iyji(x)z';
TRANSCENDANTES DE BESSEL. ai 3 si nous multiplions ces équations membre à membre, nous obtenons une équation de la forme i=A0+2 Atz'r+2 A-'-s"' i i qui, devant avoir lieu quel que soit z, nous fournit les relations A0=i, A, = o, A_, = o; nous ne développerons que la première, qui nous donne (VIII) j = J* (.*) +a J*(.z) +a J* (*)+.... Cette formule curieuse montre que, a? étant supposé réel, la valeur absolue de J„(a?) est plus petite que i, et que celle de chacune des fonctions suivantes Jt(a?), J2(-z0» ••• est inférieure à -=• y/a On pourrait vérifier la formule (VIII) en partant de l'expression suivante, à laquelle on arrive assez facilement pour le carré de la fonction J,(a?) : I.2.3...(2|») \l) (IX) JJ<*) - 2 (—1)""' [i.a...(/» —OÎ [i .af. -(/» H-0] (- -a" - -/»)*" P=i 80. On peut exprimer J,(a?) par une intégrale définie. Revenons, en effet, à la formule que l'on obtient en remplaçant, dans (I), z par E?v/_l, savoir pz= + tc p = — » on en tire rtw — — p%? r1* Jo p=_m Jo ou, en remarquant que l'on a o pour 7<o, 0 f E-f/ç-x.in?)»/-!^. o = 3 7T POUF 7=0, Ï7t
2l4 CHAPITRE Xll. — TRANSCENDANTES DE BESSEL. y—i disparaît du second membre de cette formule, comme on le voit aisément, et il reste pin a7rJ,(^)= / cos(i'<p — xsmy)dy "0 ou plus simplement i rn (X) J,-(j?)=- I cos(i'<p — xsin<p)d(p. On peut obtenir une autre forme en opérant comme il suit : L'expression générale (III) de J,(a?) peut d'abord s'écrire ainsi / \ w/ \ ,r 1 i x*~p i.3...(ao —i) ~] (il) li(x)=Xt -. . —... + (— l)P X —, f-f- ^r + ... . x ' x ' l_a.4-..ai x ' 1.2. ..a/> a.4- • .(a«+ *p) J Or on a cette formule bien connue, dans laquelle A et B désignent deux nombres entiers positifs, f* • >a >b ^ [i.3...(aA-i)][i.3...(aB —i)] / sinïAœcosïB<prf9= ^ *—-. '-f\ ^r ^7t; J0 a.4...(aA + aB) on en tire, en faisant A = «et donnant successivement à B les valeurs o, i />, . — —r ]—. - / sin"©rf<p, \...*i i.3...(ai — i) irl ' T' a.4. i.3...(a/> — i) i i r* . ,. . , ^- — — —ô ;—-. r- / sin"<pcosï''9rf<p, i.3...(ai—i) nj0 t t a.4...(a*'+a/>) En portant ces valeurs dans la formule (i i), il vient v ' i.3.. .(ai — i) i:J0 TL ï-a i.a...a/> J T ou bien xt i r* (XI) J{(a;)=—= —- -- / cos(.#cos9) sin'^rfœ. i.3...(ai — i) nj0 t/ t t C'est la seconde forme cherchée; elle a sur la première l'avantage de mettre en évidence le facteur xl ; si x est considéré comme une petite quantité du premier ordre, h(x) sera de l'ordre i.
CHAPITRE Xlll. — APPLICATION DES TRANSCENDANTES DE BESSEL. 2l5 CHAPITRE XIII. APPLICATION DES TRANSCENDANTES DE BESSEL AU MOUVEMENT ELLIPTIQUE. 81. Théorème préliminaire. — Soit/(Ç) une fonction périodique de Ç, dont la période est 2it, qui reste finie pour toutes les valeurs de Ç; cette fonction est('), pour toutes les valeurs réelles de a?, développable en série convergente comme il suit : ( /(Ç) = £A0+(A,cosÇ+ B,sinÇ) + (A,cosaÇ +B,sinaÇ) +... (i) < ( + (A/ cos iK + BiSiniK)+ Les coefficients'A et B peuvent être exprimés par des intégrales définies; on a, en effet, -\T> /(K)cosiïdï, Bi=1- f /"(Ç)siniÇdÇ; cette expression de A, convient aussi pour i = o, si l'on a eu soin, comme nous l'avons fait, de mettre dans la formule (i)£A0et non A0. (•) Considérons une fonction quelconque de Ç, *(Ç)f et portons notre attention sur les limites o et 2ir de Ç et sur les valeurs correspondantes de *(Ç) que nous supposons finies. Le théorème de Fourier et la démonstration de Lejeune-Dirichlèt nous apprennent que, dans cet intervalle, on peut toujours trouver un développement périodique convergent de la forme (i), c'est-à-dire f(0 = i Ao■+■ (A! cosÇ -+- B, sinÇ) -h.. .-t- (A, cos/Ç ■+- B, sin*'Ç) -+-..., loi que, dans tout l'intervalle considéré, on ait /"(£) = *(£)» et ce développement est unique; la
2l6 CHAPITRE XIII. On en conclut que le développement périodique (i) n'est possible que d'une seule manière. Si la fonction/(Ç) est paire, les sinus doivent disparaître de la formule (i); on a, en effet, par hypothèse, pour toutes les valeurs de Ç, (3) /(C)=/(-C); en remplaçant/(Ç) et/(— Ç) par leurs valeurs déduites de la formule (i), supprimant les termes communs aux deux membres, il reste o = B, sinÇ + Bj sinaÇ + ... + B, sini"Ç + ... ; cette équation doit avoir lieu pour toutes les valeurs de Ç; on peut appliquer la dernière des formules (2), en remplaçant sous le signe / la fonction /(£) par o; on trouve ainsi B, = o, Bt = o, ...; donc, dans ce cas, le développement (1) se réduit à (4) /(Ç) = |A0+A,cosÇ + ...+ A,cosiÇ + On conclut de la formule (3) la relation /(a*-'C)=/(C); on a, d'ailleurs, cost(a7T— Ç) = cosiÇ; si donc on considère les valeurs de l'élément différentiel de la formule 1 /•" Ai=z / /(OcosiÇdÇ, qui correspondent aux valeurs Ç et 2it — Ç, on voit que ces valeurs sont égales et de même signe, et l'on peut écrire (5) A,= - f f{ï)cosiïdÇ. fonction *(Ç) peut môme être discontinue. Mais, de 2ir à 4ir, de 4"* à 6ir, ..., /(Ç) reprendra les mêmes valeurs que l'on a obtenues de o à 211; tandis qu'en général *(Ç) pourra prendre des valeurs n'ayant aucune espèce de rapport avec celles de *(Ç) pour Ç compris entre o et 211. Il n'en est plus de même quand la fonction * est périodique et a la période 211; les fonctions /(Ç) et *(Ç) coïncideront alors pour toutes les valeurs réelles de x.
APPLICATION DES TRANSCENDANTES DE BESSEL. 217 Si la fonction/(Ç) est impaire, on a, quel que soit Ç, (3') /(C)+/(-C)=o; d'où, en remplaçant /(£) et/(— Ç) par leurs valeurs tirées de la formule (i), et supprimant les termes qui se détruisent, o=\ A„ + A, cosÇ + . .+ A/Cosi'Ç + ...; Si donc on applique la première des formules (2) en y remplaçant/(Ç) par o, il viendra A„ = o, A, = o, ..., et, dans ce cas, le développement (1) se réduit à (4') /(0 = BlSinÇ + BîSinaÇ + ... ; on aura ensuite /(arc — K) = — /(?), sint(27r— K) = — sim'Ç, et en groupant les éléments différentiels, comme on l'a fait plus haut, on verra que la seconde des formules (2) pourra s'écrire (5') B,= - f /(Ç)siniÇ<£. 82. Soient e l'excentricité de l'orbite d'une planète, excentricité qui sera comprise entre o et 1 ; Ç l'anomalie moyenne correspondante au temps quelconque f; u, w et ries valeurs de l'anomalie excentrique, de l'anomalie vraie et du rayon vecteur qui se rapportent à la même époque. On aura, comme on l'a vu au n° 32, l'équation (6) u —esini/ = Ç. Soity un nombre entier positif : considérons la fonction cosju =/(K); lorsque £ augmente de 2it, u augmente aussi de 2it, et la fonction cosju ne change pas ; cosju est donc une fonction périodique de £ dont la période est 2it ; d'ailleurs, cette fonction reste finie. On peut donc la développer sous la forme (1), et appliquer les formules (4) et (5), parce que/(Ç) est une fonction paire. Nous poserons (a) cosj'u = ±p{J) + p[J) cosK+p^ cosaÇ + .. .-\-pl/] cos«Ç + ... ; T. — I. a8
2l8 CHAPITRE Xlll. la série sera convergente, quelle que soit la valeur de e entre o et i, et nous aurons 7T ■ rn 2J>o)=l cosjudK, (7) -zPP— I cosyacosiÇdÇ. •/o On tire de la formule (6) d£ =(1 -- e cosu)du; il en résulte d'abord _ /»^ /»tc - ^J/' = / cos y u du — e f cos u cos j'u du ; on en conclut que, siy est supérieur à 1, on a lorsquey = 1, il vient pV = oi 1 cos* udu = e, 0 a d'où La formule (7) peut s'écrire — pP — J cosju di. dÇ; en intégrant par parties, il vient *n (h C* • -y dCOSJU rfC, ou bien, en remarquant qu'aux limites o et n de Ç répondent les mêmes limites de u, —,pi/)= ! siniÇsinj'udu. Nous pouvons remplacer £ par sa valeur (6), ce qui nous donnera /** — ^5/' — / asinyi/sin^ï/ — iesinu)cfa
APPLICATION DES TRANSCENDANTES DE BESSEL. 219 ou bien -^^/'=: ! cos[(t—j) u— ies\nu~\du — I cos[(i-\-j) u— iesinu]du. J Jo «'o Si l'on a égard à la formule (X) du n° 79, on voit qu'on peut écrire [ pT = o, pour j > i, On aura, en particulier, pour j = i, „(i)__ St-i(ie) — J,+1(/e) Pi - ( cette expression peut être transformée au moyen de la formule (VI) du n° 79, qui donne, en y remplaçante parte, J,_, ( le ) — J/+1 ( le) = -. Je ; il viendra donc (O Pl i» de ><«>= — \ Pï'=-e. Considérons maintenant la fonction siiy*/=/(Ç); c'est une fonction périodique de Ç dont la période est ait; cette fonction reste toujours finie, elle est du reste impaire; on pourra donc poser (a') sinyM = 7(/,sinÇ + gr',-"sin aÇ +. . .-\-q^)s\niK + •. • ; cette série sera convergente pour toutes les valeurs de e comprises entre o et i, et l'on aura, par la formule (5'), - q{/] = j s'mjusimÇdÇ ou bien — g¥> = -j smju dt. dK;
220 CHAPITRE XIII. d'où, en opérant comme précédemment, cos iÇ cosj'u du, w — q(p = I a cos ju cos ( iu — ie sin u)du, 1 «/o = I cos[(i — j)u— iesinu]du-\- I cos[(i+j)u—ies\nu]du, (V) ri" = 4[Ji-y(fc) + Ji+y(k)]- On aura, en particulier, poury = i, ,,, _ Jf-I(fe) + J/+i(t'g). *' — ,• » cette expression peut être transformée au moyen de la formule (V) du n° 79, qui donne, en y remplaçant x par ie, Jf_,(ie) ■+- JM(ie) = - Jt(ie); il viendra donc (O q\u=^eh{ie). Remarque. — On tire des formules (a) et (b), (a') et (£'), en supposant 7>i. 1 = 06 cos iÇ (d) cos/u=j^i[Ji_j(ie) — Ji+J(ie)]^-y l = oe (<*') sinyM —j 2 [Jw( fe ) + J,+y (ie)] ^-. i = i On peut écrire ces formules comme il suit / \ • V ¥ / • v COS l'Ç (e) cosju=j 24 J/-/(*e)—j-> i = — « i = + oe /_/\ • • • V w / • v sini'Ç (e/) sitiju=j ^ *i-j(le)—i->
APPLICATION DES TRANSCENDANTES DE BESSEL. 221 où l'indice i prend la série des valeurs entières positives et négatives, zéro étant excepté. Pour le voir, il suffit de remarquer que l'on a J_ t-j (— ie ) = ii+j (ie). 83. Nous pouvons appliquer ce qui précède au développement périodique du rayon vecteur r, dans le mouvement elliptique. On a /• = a(i — ecosu); il suffit donc de remplacer cosm par son développement fourni par les formules (a) et (c); on trouvera ainsi 1 = 06 </> 5=' + ;'-2i r ' . V diAie) cosiÇ -=i+-e* — >.ae ' de en remplaçant J/(«e) par son développement en série J/(*0 = i .a. .i\\l) 1.(1+1) ^ I.2.(l + l)(l + 2) J et faisant (A) C,= 7 _ a \i) t i + a U/ ' + 4 W , ' ii.a...i'L «(i + i) i i(* + i)(*+a) i.a ' -J» la formule (/) donnera 1= 06 (B) - =i+- - V C,cosiÇ. Les formules (A) et(B) résolvent la question proposée; il est important de remarquer que, si l'excentricité e est considérée comme une petite quantité du premier ordre, le coefficient de cos i£ dans le développement de r est de l'ordre «, et qu'il ne contient que les puissances i, i + 2, i + 4. • • • de e. Cherchons maintenant le développement de la différence u — £ entre l'anomalie excentrique et l'anomalie moyenne; on a a— Ç =r esinM
222 CHAPITRE XIII. ou bien, en ayant égard aux formules (a') et (c'), i = « a = i Posons (A,D->iiU (*)' , ®' (tT ^ ; ' ii.a...i|_ 1.(1 + 1) ~ri.a(i+i)(i+a) i.a.3(i+i)(i+a)(i + 3) et nous aurons i = « (B') M-Ç=2D'siniÇ- 1 = 1 On voit que le coefficient D£- de sini'Ç est de l'ordre i et qu'il ne contient que puissances i, i'-+- 2, i: -h 4, • • • de e. 84. C'est ici l'occasion de donner deux formules qui sont souvent utiles; signons par w l'anomalie vraie de la planète; on a tang-w = i/ ^-L-ftang^*/; a VI —e w a a y 1 — cela rentre dans le type tang^ = jji tanga?, qui donne, comme on sait, (8) y = a? + " sinaa?+ - ( ) sin4-^+ 0 ( ) sin6a?+...; ' J fx + i a\|jn-i/ 3 \fx -H 1 y on aura, dans le cas actuel, A -+- <? jix — 1 e lX~V ' —e' f* + * ~~ i-j-V7! — e1' / T e . 1 e1 . I hp> =: m + a I ; sin m H— 7 — sin a m j L,+v/irr7« a(I + v/,_e«)1 / +57 f N, sin3t/-t- ... . (C) On peut écrire aussi a y 1 + e tang ^ u = \/ j-^—^ lang - w.
APPLICATION DES TRANSCENDANTES DE BESSEL. 223 Pour appliquer la formule (8), on devra prendre il en résultera u = w — al ■ L'+v' —e* (C,) Nous allons considérer ensuite la différence entre l'anomalie moyenne et l'anomalie vraie. On a les formules Ç= u — e s'inu, sinw fX-I fX + I I a ï + 3 =— (" + 0 + e i+s/i — e1' é1 VT^e')' e% „:_*„. s/i-e>y sin u =^i — e1 ï + ecosMP" d'où , x „ , zd. log(n-ecosw) (9) ç=a + s/,_e» &!__ L. Or on peut éérire i + ecosw= -^(i-+-f3EH'^r')(i + (3E-M'v^ri)f en posant ï —y7! —e1 e (3- - . e ï + s/i — e' On en conclut log(i+ecosw)=log -g + &(EH'v^ï + E-M'»/::7) — &!.(E*"'/rï + E-1"'^rï) = log —5 + a ( (3 cos mp" (31 cos a w + ^ j33 cos 3 w —... J, et, en substituant dans la formule (9), Ç = « + a y/i — e*(— (3 sinhp-+ (3*sina»v — (3* sin3w + ...). On peut remplacer u par son développement (C,), ce qui donne Ç = w+ "S ^~ 7 f v sintV-t-ay/i — gaV (—i)< 7 si '2à~~r~ 7 / -,v v'+1yl —e)Slnitv' siniw, Ç = w + a
224 On a (D) C = donc cette formule f . i i + a i/i L a(I + v/I. CHAPITRE Xlll. — e1 -eIsina« -e2)1 I I -H 3 v/l — «" a . 9 ô 7 sae3sin3np' 3 (I+v/,_eI)3 ■■] Remarque. — Considérons les trois anomalies u, Ç, w, et d'abord les deux premières; on peut se proposer de développer la différence u — £ suivant les sinus des multiples de Ç: ce but est atteint par la formule (B'); la même différence s'exprime bien simplement à l'aide des sinus des multiples de m, puisque l'on a u — £ = es'mu. Les formules (C) et (C,) donnent ensuite le développement de la différence w — u suivant les sinus des multiples de u ou de w. La troisième différence £ — w est développée par la formule (D) en fonction des sinus des multiples de w\ il reste à y introduire les sinus des multiples de Ç; c'est une question très importante, et plus compliquée que les précédentes; elle sera résolue plus loin. On peut remarquer encore que, dans les expressions (C), (C, ) et (D), les coefficients sont des fonctions algébriques très simples de l'excentricité; il n'en est pas de même dans la formule (B), ni dans celle qu'il nous reste à obtenir, et qui doit donner Ç — w en fonction des sinus des multiples de Ç. 85. Donnons encore quelques formules intéressantes dans lesquelles figurent les fonctions de Bessel. On vérifie très aisément les deux relations suivantes : a du <,o) 7 = 3t' Or (n) ■ ■ ■=. aesint/. La première donne, en ayant égard à la formule (/'), 1=0» (g) - =i -+-a2J'(*B)cosiÇ. i = l On a donc ainsi le développement périodique de -• On tire ensuite de la formule (i i), en tenant compte de (a') et (c'), /■■ d. — '=- a" / v i / • \ sin *'£
APPLICATION DES TRANSCENDANTES DE BESSEL. 225 d'où, en intégrant et désignant par C une constante arbitraire, . . cos iÇ 1 = 1 Reste à déterminer C; or on a r1 , , e* é1 —- =: i — a e cos u -+- e1 cos1 « = n a e cos u-\ cos a u ; a* a a on a vu plus haut que le terme non périodique de cosw est > et que celui de r1 3 cos2w est nul; donc la partie non périodique de — est r -h -e2 = C, et l'on a i=• ii, r* 3 . . v< w / • \ cos iÇ 1 = 1 On peut obtenir aussi facilement les développements périodiques de sinw et cosw : On a d'abord a(i — e*) r = — > i + ecosw d'où a ecosw=:— i H— (i — e2), ou bien, en remplaçant - par son expression (g), i = m (A") coshp-^—e + a > J/(ie)cosiÇ. On vérifie ensuite aisément la formule a e = sinw, e rfÇ v7 i — e1 qui donne, après qu'on y a remplacé - par sa valeur (/) ,n\ • / ; V d. J<(*e) sini'Ç i = i T. - I. "9
226 CHAPITRE XIII. Soit C l'équation du centre; on a C = vr-Ç, sin C = sin w cos Ç — cos w sin Ç ; d'où, à cause des formules (k) et (k'), i — » ! = • . P i ; V dJi(ie) sini'ÇcosÇ . y i — e* v1 w / • \ •* • ». sinC= aVI-e X —^7—' +esinç— 2 > J,(ie)cosiÇsinÇ; i=l 1=1 si l'on transforme sin iÇ cos £ et cos i'Ç sin £ en une somme et une différence de sinus, on obtient la formule suivante sin£ = \] F/sim'Ç, i=l où l'on a (0 I __ p% I F, = e-\ J,(ae)+ - \j\ — ë "âfe-! et pour i > 1, Ff = 1 — e" + V/7ZT^ [j/+I[(i+i)e] — J,_,[(i — i)e]| 1 rfj,+,[(i+ i)e] 1 rfJi-i [(*—!)«] I ■+■! rfe 1 — 1 rfe 86. Soient Ç et yj les coordonnées d'une position quelconque de la planète dans son mouvement elliptique, par rapport au grand axe (axe des £), et à la parallèle au petit axe menée par le centre du Soleil (axe des yj). On aura \ =/•cos»'=:a(cosM — e), t) =/' sinw = a^i — e*sina. Si l'on remplace sin« et cosm par leurs développements périodiques trouvés plus haut, on obtient sans peine les formules suivantes (m) y \ 3 V 1 / • x COS l'ÇH l = a - -e+ 2i Ji-i(««)—j— , yj = a\J 1 — dans les^, on doit donner à l'indice i toutes les valeurs entières depuis — qo jusqu'à 4- 00, en exceptant la valeur zéro.
APPLICATION DES TRANSCENDANTES DE BESSEL. 227 Enfin, dans une méthode importante relative à la théorie des perturbations planétaires due à Hansen, on a besoin des développements des expressions —j— et —£-> suivant les sinus et cosinus des multiples de l'anomalie moyenne. Ces développements sont faciles à obtenir; on a, en effet, cosmp" \ sinw _ t) /•* r3 r* ~ r3 Par rapport aux axes Oîj et Or), les équations différentielles du mouvement elliptique de la planète sont d*l e l d*n e Y) dt1 r r3 ' on en tire, à cause des formules a3l r* a3n 7»~ — _ = — *5 d?' d'-n ' d? Dans les seconds membres des deux dernières équations, remplaçons Ç et yj par leurs valeurs (m), et nous obtiendrons i =+» £ COSW I V" •¥ / • ^ •*- 7» = —,-— ^ï ^ iJ|_,(ie)cosiÇ, i —— » i =+■ » Y) sinw y/i — e' v1 i / • ^ • •* 7» = -7i-= a> 2é lJ*-i("OsiniÇ. Dans ces dernières formules, on praut ne plus excepter o parmi les valeurs de i; les termes correspondants sont nuls.
228 CHAPITRE XIV. CHAPITRE XIV. THÉORÈME DE CAUCHY. - NOMBRES DE CAUCHY. 87. Considérons une fonction S, finie et bien déterminée, de l'anomalie excentrique u, ayant pour période 2it; S sera aussi une fonction périodique de Ç, admettant la même période; on aura donc ces deux développements convergents i 1S = - a0 -+- a, cos u -+- a, cos a u -+-... a + 6| sin u -+- bt sin a u-\-..., J S= - A0 +A,cosÇ +A,cosaÇ + ... ( + B, sinÇ-i- B,sinaÇ + Supposons que le premier soit connu, et proposons-nous d'en déduire le second; cela est facile en partant des formules trouvées dans le Chapitre précédent pour les développements de cosju et s'inju suivant les sinus et cosinus des multiples de Ç. On avait fait on trouvera aisément cosju = l-pw siny« = + 2 p]f> cos iÇ, 1=06 2 qf sini'Ç; l~ Ao= ^c+^o'» Ai = atpft" + aap\9) +... -h ajpf +..., Bf = biq\» + btqp + . . .+ bjtf +. .. .
THÉORÈME DE CAUCHY. — NOMBRES DE CAUCHY. 229 ou bien, en mettant pour les quantités pf et ql/} leurs expressions à l'aide des transcendantes de Bessel, formules (b) et {b') du Chapitre précédent, AO = 0O— a\ei iki = 1 a, [J,_, (ie) — J,+, (ie)] + a at [ J, _, ( ie ) — Jl+, ( fe )] + 3 a3 [ J,-3 (ie) — J.+3 (iie)] + , i'B,= 1 6i[J/-i(ie) + J/+i(««)] H- a6,[J,_,(i'e) + Ji+i(*e)] H- 363[ J,-_3(ie) -h J/+,(ie)] (3) La question proposée est entièrement résolue par ce système de formules; on devra, pour les appliquer numériquement, calculer les valeurs des transcendantes Jo(e), J0(2e), J0(3e), ..., J,(e), J,(ae), J,(3e), ..., J,(e), J2(2e), J,(3e), ..., Cauchy a résolu la même question d'une façon différente, au moins quant à la forme; nous allons faire connaître les résultats auxquels il est arrivé, sans donner les démonstrations dans toute leur généralité; nous nous contenterons de considérer les cas qui nous serviront réellement. 88. Posons (4) la formule (2) va devenir EÇ/=î = 5> S=^A0+ i A, (*+ *-«) + 1 A,(*" + *-«) 4 ^B, (* — *-» H ^=zB,(zi — z-'-) ay/— 1 a y7—1 ou bien (5) S = P0 + P,s +P1sI +...+ pl^ +.. + P.lz-x-\-P-tz-* + ...+ P_/s-' + ..
23o CHAPITRE XIV. en posant p -IA -i -' • d'où j A0=aP0, (6) Jai = P, + P_/> | B, = V/=ri(P.-P-f). l zpdl, est égale à 211, et qu'elle 0 est nulle sip désigne un nombre entier quelconque positif ou négatif; cela résulte de la formule zPdÇ= I cos^ÇdÇ + y7—i / s'inpKdZ. On aura donc, en multipliant les deux membres de l'équation (5) para"'rf£t et intégrant entre les limites o et 2it, (7) 27rP,-=:/ Ss-'dÇ; cette formule a lieu pour toutes les valeurs entières de i, positives, nulles ou négatives. Posons maintenant (8) E"/^ — s; il existe entre les variables z ets une relation importante; on a, en effet, Ç = u — esin u; d'où Remplaçons yf— i sin m par I (E„,pr_E—/zï) = !/,_! a x ' a \ s et nous trouverons (9) » = *E~ï('~ï); telle est la relation cherchée.
THÉORÈME DE CAUCHY. — NOMBRES DE CAUCHY. 231 Nous aurons ensuite dï = (i — e cosu)du= li (H— )rf"; portons ces valeurs de z et de dX, dans la formule (7); elle va nous donner, en remarquant que, si Ç croît de o à 2it, u croît lui-même de o à 2itf ou bien (10) en posant (») 37TF ,=J. U: icp^y^s^'E^'"*) [1- j(*+j)] rf« fin Us-1' rf«, o=«îH)[.-!(.+i)]. La fonction S est développable en série convergente procédant suivant les puissances positives et négatives de s; cela résulte des formules (1) et (8); il en est de même du produit de S par l'expression *H)HK)} c'est-à-dire de U. Nous pouvons donc écrire ( u = p; + p; s +ptsî +...+P1 s* +... (ia) j +p:i5-2+pli5-î+...+p'_i-5-/+.... On conclut de cette équation que l'on a r u n s-' ds= 2 7rPJ, et, en comparant cette formule à la formule (10), on arrive à P, = Pi. Donc le coefficient P,- de z't dans le développement de (5), est égal au coefficient Pî de 5' dans le développement (12) ; on voit qu'on est ramené à développer, suivant les puissances de s, la fonction U qui est un produit de trois facteurs: s + -j est tout développé, l'autre E1^ *' se développe aisément
232 CHAPITRE XIV. (cela introduit les fonctions deBessel); enfin, dans un grand nombre d'applications, S est une fonction simple de s : c'est en cela que consiste le théorème de Cauchy. Quand on aura déterminé ainsi les coefficients P{, on calculera A{ et B{ par les formules (6). On peut donner au théorème de Cauchy une forme différente ; écrivons d'abord l'équation (7) comme il suit : 27rP, = — . — / S—-j-—dK. is/—iJ0 «Ç Si nous intégrons par parties, il vient, en remarquant que S prend la même valeur pour £ = o et £ = 2it, D 1 ftwdsv »j-i~ 1 r™dsds ., is/—iJ0 <% iyf^îJt ds du Remplaçons z par sa valeur (9), et -7- par >J — 1 EUv/rr = s^— 1, et nous trouverons finalement (i3) 27rP,= i f s-f'-D^E^V'^rfa. Or, si nous considérons la fonction y ~ i ds ** et que nous la supposions développée suivant les puissances positives et négatives de s, de manière à avoir v=7^E^~^ = Qo + Q, * +Q, *» +... + Q,-, *'-« +... + Q-,r'+Q-1r'+...+ Q_(/_lï*-('-«>+..., nous en conclurons, en multipliant par £-(l'-,,</i* et intégrant de o à 2it relativement à u, La comparaison des formules (i3) et (i4) donne P, = Q,_,; donc P, est le coefficient de s*-* dans le développement de la fonction V.
THÉORÈME DE CAUCHY. — NOMBRES DE CAUCHY. 233 Voici donc le théorème complet dû à Cauchy : Considérons le développement S = P0+Pi* + ... + P, *' + ... + P_, z-1 -+- ... -+- P-/*"1 + i° P,- est égal au coefficient de s1 dans le développement de la fonction («) u=8i5H)[I_î(,+ i)]. 2° P,- est encore égal au coefficient de sl~K dans le développement de la fonction (?) v=;*e*H>. Dans les applications, on prendra celle des deux formes qui paraîtra la plus avantageuse; il faut remarquer que, pour le calcul de P0, *'étant nul, on devra employer la forme (a). On pourra se convaincre facilement qu'en partant de la forme (a), et passant ensuite des valeurs des coefficients P, à celles des A, et B£, on retombe sur les formules (3). Faisons néanmoins une application au développement de -, déjà considéré ci-dessus. On a S = " = (i - e cos*/)-• = [i - \ (s + iJJ ; la fonction U se réduit à U = E*v~'); -(*-1-) P/ est donc égal au coefficient de s1 dans le développement de E,v- *', c'est- à-dire à Ji(ie); P_£- est égal à J_/(— ie) =Ji(ie) = P£. Les formules (6) donnent -A0 = J0(o)=i, A/ = aJf(ie), B,=o; on retrouve bien la formule déjà obtenue i = • - =1 + 2 V Jf(ie)cosi"Ç. I = 1 Avant de faire des applications plus compliquées, nous allons introduire des coefficients numériques que l'on rencontre dans plusieurs questions, et auxquels on a donné le nom de nombres de Cauchy. T. - 1. 3o
234 CHAPITRE XIV. 89. Soient j et q deux nombres entiers positifs ou nuls, p un entier quelconque, positif, nul ou négatif; l'expression )' I = *-->[* +!)'(*-i| peut être développée suivant les puissances positives et négatives de x ; le développement contient d'ailleurs un nombre limité de termes. Nous représentons par N_pjfÇ le terme indépendant de x dans ce développement; on peut dire aussi que ^-pj,q est le coefficient de af dans le développement de l'expression (x 4- -) (x — - J suivant les puissances de x; ^-pj,q représente l'un quelconque des nombres de Cauchy. L'introduction de ces nombres permet de présenter d'une manière plus simple certains développements qui se rapportent au mouvement elliptique; nous allons faire connaître quelques-unes de leurs propriétés. On a = i, si j' + q — p est nul, ('4) N..n,/,„ . ( = o, si j + q —p est négatif ou impair. En effet, le développement du produit (x -h - ) (x — - ) est de la forme (x-\--\ (x J =^-|-» + c,^-f-»-a+c,^-|-»-4 + ...; on en conclut I — x~p(x-\--\ (x— -j =xJ+i-P-t-cix'+i-P-i-{-cixJ+-i-P->-\- On voit que, s\j-hq—p est nul, la partie constante de I est égale à i ; si j -h q — p est négatif, il n'y a pas de partie constante, et il en est de même siy -h q — p est impair. On a la relation ('5) N^,f=(-i)»N_^>y,f. En effet, ^-pj,q est le terme indépendant de x dans le développement de x~p(x h— j (x —- j ; ce sera aussi le terme indépendant de x' dans le développement de l'expression suivante, que l'on déduit de I en changeante? en —,•>
THÉORÈME DE CAUCHY. — NOMBRES DE CAUCHY. 235 or ce dernier terme est par définition égal à ( — i^N^y^; la formule (i5) est donc démontrée. Cherchons l'expression analytique de N_Pt0>ï en supposant q>p, ce qui est toujours possible d'après la formule (i5). On a ^-ff^-ov,..'...-;.-?..:^-^ oii a et (3 sont deux entiers nuls ou positifs vérifiant la relation a 4- (3 = q; pour obtenir le terme constant de ce développement, il faut faire « — P — p — o\ on en conclut «=*±£, (3=?^ et N-p,m=(-i) » <7—n — 1.2, O -+-0 <7— D a... - — i.a... - a a (16) N-,,.,,^-!) 1.2. .. -—— a On pourra calculer par cette formule les valeurs de N_Pi->ï et former un premier Tableau contenant tous ces nombres : p sera l'argument horizontal, et^ l'argument vertical du Tableau. On a ensuite la relation (*7) N_|,,i/+ify=N_|,+i,y>y+ N-^-i^y, qui résulte de la formule *-' (•+i)'+' (• - £)'=•"*** (•+s)' (• - s)'+*~'~' (•+5)' (• - ï)*- On aura, en particulier, ™—p,l,q^ ™~P+l,0,q "+■ "—P—l|0,9t on pourra donc former un second Tableau contenant les nombres de Cauchy pour lesquels y = 1. On continuera ainsi poury = 2,7 = 3 Nous allons reproduire quelques Tableaux donnant les valeurs des nombres de Cauchy, N_pjtqt poury = o,y = 1 ety = 2; p est l'argument horizontal, 7 l'argument vertical ; quand une case est vide, c'est que le nombre correspondant est égal à zéro.
236 CHAPITRE XIV. Tableau des tf-P,o,q- {p est rarvnment horlionlal et q l'argument Tertiotl. ) 0 1 2 3 4 3 6... 7 8 9 0 1 2 3 4 5 6 7 8 0 1 2 3 4 5., 6 7 0 -4- I — 2 -l- 6 — 20 -1- 70 0 0 -1- 2 — 2 -+- 4 — 10 -1- 1 -4- 1 — 3 -+- 10 — 35 -1-126 ■+■ * -+- 1 — 1 -l- 2 — 5 -+- i4 -+- 1 H- I — 2 -l- 5 - M -4- 2 -+- 1 -4 -1- i5 — 56 -l- 2 -l- 1 — 2 -l- 5 - 14 -l- 2 -l- 1 — 1 -+- 4 -1- 3 -4- 1 — 5 -1- ai - 84 -+- 4 -4- I — 6 -+- 28 Tableau des N-, -4- 3 -4- 1 — 3 -l- 9 — 28 -1- 4 -1- 1 - 4 ■+■ i4 Tableau des N- -4- 3 -1- 1 — 1 -4- 1 -1- 4 -1- 1 — 2 ■+■ 4 -1- 3 ' -4- I — 7 -1- 36 Pi«W -1- 5. -1- 1 — 5 -1- 20 PW -4- 3 -1- I — 3 -l- 8 -4- 6 -4- 1 — 8 -l- 6 -4- I — 6 ■4-" 6 -4- I -4 -4- 7 -1- 1 — 9 -l- 7 -l- 1 — 7 -4- 7 -4- 1 — 5 -1- 8 -1- i- -1- 8 -1- 1 -1- 8 H- I -l- 9 - -I- 1 -1- 9 - -1- 1 H- 9
THÉORÈME DE CAUCHY. — NOMBRES DE CAUCHY. Q.Z'] Nous renverrons pour plus de détails à un Mémoire intéressant de M. Bourget, inséré dans le Tome VII des Annales de l'observatoire de Paris, et particulièrement aux pages 3oo-3o3 de ce Mémoire. Le lecteur pourra consulter aussi le Tome V de la ire série des Œuvres complètes de Cauchy-, p. 3o8-3io (Paris, Gauthier-Villars, i885). 90. Développement de (- — i) suivant les cosinus des multiples de l'anomalie moyenne, m désignant un nombre entier positif. — S = ( i j est une fonction périodique de Ç; la période est 2ir, et la fonction est paire; on aura donc en série convergente I = ce (18) U— i)m— ^c(0w)+2cîm,COSI'S «' = i ou bien 1 = 06 s = p^'+2p'OT,(2'- avec on a c.m)_ap(mi. / e\ m / l\m (19) S = (—ccos«)»=(—i)«(-J ('+-) • Pour trouver PjJ"', nous appliquerons la première forme du théorème de Cauchy; P(0m) sera égal au terme indépendant de s dans le développement de la fonction ".=<-)-(-:)"(—i)"[-K-î)]- Il y a deux cas à considérer, suivant que m est pair ou impair : i° m = im'. On a D'=er(-îr-(ïH('+îH le terme en ( s-h -J ne donnera pas de terme indépendant de s; il y en s ■+- - j , et son coefficient sera (m'-\-i)(m' + a)... im'% 1 .a.. .m' '
*38 on aura donc (20) 20 m= im' ■+■ 1. On a alors -c, a CHAPITRE XIV. (i»n_ (yn/+i)(/n/+a)...a/n 0 1.a.3... ira' : en D'=-(ï) (*+ï) +(ï) Kî) • j -h - j qui ne contiendra pas de partie in- dépendante de 5, tandis que (*-+--) donnera la partie constante (m'+ a) (mf + 3)... (am'+ a). i.a...(m'+i) ' on aura donc (ai) -c 1 ,„„+„_ (m'+ a) (m'+ 3)... (am' + 2) /e\»^ a ° i.a... (m' + i) ©" Il nous reste à calculer5cj.m) = PJOT), iétant différent de zéro; nous appliquerons la seconde forme du théorème de Cauchy, et nous aurons poup^cj"" le coefficient de *'"• dans le développement de la fonction 1 ds en remplaçant S par sa valeur (19), on trouve que cela revient à chercher le coefficient de 5* dans la fonction V'= V$f en développant l'exponentielle suivant les puissances de s , il vient s ie ■i.2...q\S+ s) V */ q+\
THÉORÈME DE CAUCHY. — NOMBRES DE CAUCHY. 23g Le coefficient de s* dans le second membre de cette formule sera, en introduisant les nombres de Cauchy, (-) (-y (-y . ^-/,/m-I,I+ —J—^-i.m-l.j-i —— ^-i,m-l,3-r- • • ~t- ^—^ g ^-i,m-i,ç+i "+■ • • • • <7 = « / _ On aura donc ,7 = 0 Les formules (20), (21) et (22) résolvent le problème qui se trouve ramené au calcul des nombres de Cauchy; ces formules sont dues à M. Bourget. On remarquera que, pour que N_/>m_llï+1 ne soit pas nul, on doit avoir — i-\- (m — 1) -+- q -+■ 1 = 2 k, k étant un entier positif ou nul; donc m -+■ q = i-t- ik. Il en résulte que, relativement à e, cjm) est de l'ordre i, et ne contient que des puissances de e dont les exposants sont de même parité que i. (r\~m - ) suivant les cosinus des multiples de l'anomalie moyenne, m désignant un nombre entier positif. — Nous aurons en série convergente (23) S = ^)"" = iGi-> + 2Gi")M8^ = p(o",-,-2pi,")(al + *"'). 1=1 1=1 en faisant Gim,= aPJm). La fonction S a d'ailleurs pour expression -HK1)]-- Nous appliquerons le théorème de Cauchy sous sa première forme; P^*' sera le coefficient de s' dans le développement de la fonction «> u=[.-|(,+ i)]-"-V(-o.
2^0 CHAPITRE XIV. Commençons par Pl™]; ce sera le terme indépendant de s dans le développement de ^HK)r"; or on a, en laissant de côté les puissances impaires de s + -> qui ne nous donneraient aucune partie indépendante de s, U0=i + On trouvera ainsi (m f^(-:)"K)' (m — i)m.. . (/n + ap — a) i.a...ap ITH) *p (25) a ( -i)m /e\» 0* W (m — i)/n(/n + i)(m + a) . (i.a)' (/n—i)/n(/n + i).. .(m ■+- ap — a) /e\'P ©' ©" (1.2...p)« Venons maintenant à la recherche de G}*'; posons, pour abréger, m —i (a6) (m— i)m m,= y 1.2 (m — i)/n.. .(/n +y — a) TXT7 ; nous aurons, par la formule du binôme, HH)]~'=2V(g'H)'- /=» La formule (24) nous donnera ensuite /= / 9
THÉORÈME DE CAUCHY. — NOMBRES DE CAUCHY. 2^1 On en conclut, en introduisant les nombres de Cauchy, i 1 j varie de o à ■+-<x>, et q aussi; on a vu que, pour que N_£)y>ç ne soit pas nul, on doit avoir j + q — i ■+■ 2 k, k désignant un nombre entier nul ou positif; il en résulte que, relativement à e, le coefficient GJm> sera de l'ordre i, et ne contiendra que les puissances de degrés i, « ■+- 2, i■+• 4, ••• de e. Calculons en particulier G,"*'; nous trouverons iGr,= |(/nIN_J>I,o-h/n0N_I>M) + (|)3(.3N-l>M+^N_l,I,l+^N_l,l,2+r^3N_l>0>,) + ( - J ( m.N-,,,,0 + ~r N-,,4,1 + ~N.,,,,, + —^N_I>I>3 \2/\ I 1.2 1.2.0 , "*« N - mo N \ 1.2.3.4 I.2.3.4.5 ''/ On trouve directement N_i,i,0=+1, N_i,0,i = +i; N_,,j,0 = +3, N_i,,,, = +i, N_,,,,j=— 1, N_,,0>3= —3; N-,,6>o = +10, N_I>M = +a, M_I>3>,=—a, N_,,1,,= —a, N..I,I,t = + a, N-,,o,s = +io; et, en remplaçant m0, m{, ma, ... par leurs valeurs (26), il vient £ r(m) /e\ m(m}-\-m—3) /e\3 m(mk-\-6ms-\- 5/n1—8/n—3) /e\* 92. Appliquons les formules précédentes au cas de m =2; nous aurons alors 1 = 1 la formule (25) donne ensuite 1 _,., * 1 . i.3 . i.3...(ap —1) ,„ 2 ° a 2.4 a.4-..ap T. — I. 3i
2^2 CHAPITRE XIV. le second membre se trouve être le développement de (i — e2) *. On a donc 2 ' n/i—e1 Les formules (26) et (27) donnent ensuite Ttl0 = 7?l| = TWj = ...111, il {e\J+i / 1 enfin on aura 1 = 0» v 1 = 1 Nous allons déduire de là un développement dont l'importance est fondamentale, celui de l'équation du centre suivant les sinus des multiples de l'anomalie moyenne. En désignant toujours par w l'anomalie vraie, le principe des aires nous donne on en conclut . dw . dw a2 et, en remplaçant -5 par son développement (29), ^ = 1 + sjx -e* 2 Gi»» cosiÇ. Multiplions par Ç, intégrons et déterminons la constante par la condition que, pour £ = o, on ait w = o; il viendra i — \ Si donc nous désignons l'équation du centre par C et que nous fassions i — n (et) C= 2 H/siniÇ, i=l
THÉORÈME DE CAUCHY. — NOMBRES DE CAUCHY. 243 nous aurons <P> «.-^2^(^r^; / '/ tout est donc ramené en dernière analyse au calcul des nombres de Cauchy. On se rappelle que les indices j et q prennent toutes les valeurs entières nulles ou positives satisfaisant aux conditions J +q = l, j -\-q = i-\-i, on aura donc pour H,- une expression de cette forme Cherchons l'expression de H^01; nous aurons / n oùlesindicesy etq prennent toutes les valeurs entières nulles ou positives, telles que y -4- q ■= i\ or on a vu que, dans ces conditions, on a N_{-,y^ = i ; on trouvera donc, pour le coefficient cherché, i= «foi V *7 ' ' ■ l ' ^mk i .2.. .q i i .a i .a.. .i 7=° Remarque. — On a vu dans les nos 91 et 92 que, pour m = i, - G(0*} est égal à i et que, pour m = 2, - GJ,"1' se réduit à • On peut démontrer que l'on peut sommer la série (25) quel que soit le nombre entier m, supposé maintenant supérieur à 2. On tire, en effet, de la formule (23), ou bien, en remplaçant aX par sa valeur tirée de (3o) et remarquant que w varie entre les mêmes limites, o et au, que Ç, 2 s/i — e'KJ, W
244 CHAPITRE XIV. On a d'ailleurs i.a a i + ecosw' il viendra donc I *- m i S*"* - G0"" = (i —e»)* - I (i-\-ecosw)m-*dw. Or on a, en employant la formule du binôme, (H-ecosMP,)m_ïrfHP,= / dw-\ et coswdw (m-a)(/n-3) , /** , . ->- — e1 I cos' w dw +. i-a.../» J0 L'intégrale / cospwdw est nulle si /> est impair, et égale à i.3.5...(jp-i) a.4.6.,./» ' si /> est pair. On trouve ainsi, après une légère transformation des coefficients, ior'=(.-o{-[. + ("-,)Iiw-3)g)' (/n — a) (m — 3).. .(m — p — i) „ . , (3i) (m — a)(/n—3)(/n — 4)(m—5) /e\* ©' (ï-3)» (m-2)(m-3)...(m-7) /e\' 1 (1.2.3)- W J On voit que la série qui figure au second membre de cette formule se termine d'elle-même, si m est un nombre entier supérieur à 2 ; pour m = 2, ce second membre se réduit bien à —= V/i — e» Pour terminer ce sujet, nous reproduirons ici l'énoncé d'un théorème que nous avons démontré dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. XCI, p. 897 : Soit/(r) une fonction finie et bien déterminée du rayon vecteur r; on pourra développer cette fonction suivant les cosinus des multiples de l'anomalie moyenne (=06 / -0
THÉORÈME DE CAUCHY. — NOMBRES DE CAUCHY. 245 Le coefficient B/ est représenté par une série ordonnée suivant les puissances de l'excentricité ; voici sa valeur symbolique : (3a) lB|=(-i)' ^r ©'+" p = 0 2...p.l.2...(i-hp) za-i)i+p-ia+i)p-ia + t+*p); quand on aura effectué le produit on devra y remplacer une puissance quelconque de S, Ç* par £*=a* rfa* le coefficient de (- ) dans -B, se présentera sous la forme suivante : df(a) _,_ „ . */(«) ,_ rf^/(g) «o/(«)+«.« "^~ + «.a* -^- +... + «.^a-»* ^^ , où les a sont des coefficients numériques; on voit qu'on a pu condenser cette expression en adoptant une notation symbolique. 93. Posons x= 1 a y = w — K = C] nous trouverons sans peine, en partant des formules des nos 90 et 92, (33) I -[t(ï)-t(-:),+-1-« cosÇ
246 CHAPITRE XIV. ['=+[«©-(î),+ie),+w©,--]*« H-Kîy-ïfâVïe)'--]-» *[ïe),-?(î),*î©,--]-« -[tO'-çCï)'*-]-" +[î2z(ï),-¥©,+-]-5c i ^pe)--]-^^©'--]--*^-- Ces deux formules sont l'une des bases fondamentales du développement usuel de la fonction perturbatrice, celui qu'a adopté M. Le Verrier. On aura à en conclure les développements de x2, x8, ..., de y2, y8, ..., de xy, x2y, ..., xy2, xy8, ..., et en général de xOTy" suivant les sinus ou cosinus des multiples de Ç. Pour ce qui concerne les puissances successives de x, la question est résolue par les formules du n° 92; elles montrent que xOT ne contient que des cosinus des multiples de £ et que le coefficient de cosi'Ç est de la forme ( 35 ) cei+lk -+- Ci ei+ik+* -+- c, e'+»*+* +..., k désignant un entier positif qui peut être nul; on doit avoir d'ailleurs i -h a k > m. Pour les puissances successives de y, on les effectuera de proche en proche, en partant de la formule (34), que nous écrirons ainsi y =... + bp sin/?Ç +... H- bq sinqÇ -+-... ; bp et bq sont respectivement des ordres/? etq relativement à e, et ne renferment que des puissances de e dont les exposants sont de même parité que/? et q; on aura d'abord y* = . •. + bps'in1pK + b*s\ntqK + 2bpbqsinpÇsiTiqZ-h... ou bien y«=... + i( &> + &>) — \bpCOS2pK — {bqCOS2qK + bpbqcos(q — p)K — bpbqcos(q -\-p)K ■+-
THÉORÈME DE CAUCHY. — NOMBRES DE CAUCHY. 247 11 n'y aura donc que des cosinus dans le développement de y2; l'ordre de ^bp, coefficient de coszpZ, est ip\ celui de bpbq, coefficient de cos(y -h p)Z, est q -\-p; l'ordre de bpbq, coefficient de cos(q —p)X> est q -\-p = (q — p) ■+- ip. On en conclut aisément que le coefficient de cosi'Çdansy2 est de la forme (35), et que l'on doit avoir On verra de même que y3 ne contiendra que des sinus et que le coefficient de sim'Ç sera de la forme (35), avec i + 2À:=3. En général, le développement de yn ne renfermera que des cosinus, si n est pair, et des sinus, si n est impair; les coefficients de cosi'Ç et de sini'Ç seront de la forme (35), avec la condition i ■+- ikz.n. On passera ensuite aisément aux développements périodiques des produits tels que x"*^, où m et n désignent des nombres entiers positifs ou nuls; xn,y" ne contiendra que des cosinus si n est pair, des sinus quand n sera impair; les coefficients de cosi'Ç et de sim'Ç seront de la forme (35), avec la condition i-+- ikz.m-\- n. Le Verrier a donné les développements ci-dessus, pour toutes les valeurs telles que m■+■ n'S'j, dans le Tome I des Annales de l'Observatoire de Paris, pages 343-345; il a négligé c8, e9, .... 94. Nous aurons besoin également des développements périodiques de xp-^coshy et de \P-ismhy, oùp, q, h sont des nombres entiers nuls ou positifs, q étant au plus égal h p. Pour les obtenir, il suffira de remplacer cosAy et sinAy par leurs développements connus suivant les puissances de hy. On trouvera ainsi h* hK v ' J i.a J i.a.3.4 (3;) \P-i$mhy = -\P~iy _x/'-»y, + ...; il n'y aura plus qu'à remplacer les diverses puissances, telles que xayP, parleurs développements ci-dessus; le nombre entière restera indéterminé.
248 CHAPITRE XIV. — THÉORÈME DE CAUCHV. — NOMBRES DE CAUCHY. On verra aisément que np~9 coshy ne contiendra que des cosinus, tandis que x^^sinAy ne renfermera que des sinus; le coefficient de cosi'Ç dans x^^cosAy sera de la forme (35), avec la condition « + a*=/>— q; le coefficient de sini'Ç dans x*~*sinAy sera de la forme (35), avec la condition i + ik^p — q-\-\. Ces nouveaux développements se trouvent dans les pages 346-348 du Tome 1 des Annales de l'Observatoire. Enfin il nous sera encore nécessaire d'obtenir les développements périodiques de x^cosAy x^sinAy [T+T)^ e (n-x)^1' p, q et h désignant des nombres entiers nuls ou positifs ; on les obtiendra en développant par la formule du binôme (i -+- x)~p"1 suivant les puissances entières et positives de x : £±i x*- coshy + <* +'></> + '> x*-' coshy -..., i i .a £±-' x*+> sin hy + (/> + *)(/> + *) x,+, sin hy _.... I 1.2 On se trouvera donc ramené à appliquer plusieurs fois les formules (36) et (37) ; le développement (38) ne contiendra que des cosinus et sera de la forme (35) avec la condition i+2k = q; (3p) ne contiendra que des sinus, avec la condition 1 + a k = q ■+■ 1. Ces développements occupent les pages 348-355 du Tome I des Annales de l'Observatoire. (38) / T7rT = x*cosAy — ,„ x x?sinAy „ . , (3o) t- r=ï=x*sinAy —
CHAPITRE XV. — FORMULES DE HANSEN. 249 CHAPITRE XV. FORMULES DE HANSEN POUR LE DÉVELOPPEMENT DE CERTAINES FONCTIONS DES COORDONNÉES DU MOUVEMENT ELLIPTIQUE. Dans la méthode de Hansen, relative au calcul des perturbations absolues des petites planètes, on a besoin de développer, suivant les sinus et cosinus des multiples de l'anomalie moyenne, des fonctions autres que celles que nous avons considérées jusqu'ici. Hansen a traité ce sujet dans son Mémoire intitulé : Entwickehing der negativen und ungeraden Potenzen... (Mémoires de la Société Royale des Sciences de Saxe, t. IV). Nous croyons devoir résumer ici la partie essentielle de ce Mémoire. 95. Il s'agit de développer les fonctions ( - J sin/nw et I - ) cos/nw met n désignant deux nombres entiers, le premier positif, le second positif ou négatif. Ce sont des fonctions périodiques de Ç; la première est impaire, la seconde paire. On aura, en séries convergentes, + Bi sinÇ + R,sihaÇ +...+ B/sim'Ç+..., -C0+ C, cosÇ + CjCOsaÇ-4-...-+-Cf cosi'Ç + 2 3 a I - I sinmw = i — j cos/n«' = T. - I.
25o CHAPITRE XV. Posons, comme dans le Chapitre précédent, E^-' =z; nous tirerons de (i) (^Ye»W~i = - C0 + - C,(2 + z-i) +-... + - C,(*'+ *-') + ... \aj 22 2 + -B1(^-r')+...+ -B^-2-')+.... 2 2 Faisons — Ijo — -^-o > i(C, + B1) = X7."> ^(C,-B1) = X«r, £ (C, -t-B,) =X?'"> \ (C,- B,) =Xlim, > il viendra + X^/**-' +... + X^m*-f +... ou, plus simplement, f=-f-oe (2) (Ç\n w»^ = 2 x?-"V. On est donc ramené à développer ( - J E"""^"* suivant les puissances positives et négatives de z. On aura ensuite ( C0=2X"'m, (3) o o » Avant de procéder à la détermination générale de X",w\ nous allons résoudre quelques questions préliminaires. 96. Considérons deux nouvelles exponentielles qui correspondent à l'anomalie excentrique et à l'anomalie vraie, (4) x = E»J~l, y = E"^ri, z — tf-^; y est ce que nous appelions s dans le Chapitre précédent. On aura donc, comme on l'a vu dans ce Chapitre, (a) a = iyE~",v").
FORMULES DE HANSEN. 25l On peut aussi trouver une relation entre x et y; partons, en effet, de la formule tang 2 y i + e e w tang—, i y— i i x— i remplaçons-y tang - par-^= ^=—-^= = ^=£+f> tang^par^= ^, et posons V i + e ~ i + (3' d'où (4) e = P = e i — v^1 — gï nous trouverons ainsi d'où <*) on en déduit y — i i — (3 x — i y +1 — i + |3 ^ -+- i x -\- fi x ' ~ \-\-fix~ i + (3^* Si nous éliminons y entre les équations (a) et (6), nous aurons une relation entre s et x\ nous tirons d'abord de la formule (b) X'— I y Y (l ^ôc + PKi + P*) ^'-^(t^-^)' En portant dans la formule (a) la valeur (b) de y et la valeur ci-dessus de y , et remarquant que l'on a - (i — $*) = $\/i — e*t on trouve y 2 (c) = x (i + 5VI + fix)~l E Pv/IZ^(i+px- i+"px-«). Il convient de remarquer que, d'après sa définition (4). (3 est plus petit que e, et diffère peu de - si e est petit.
a5a chapitre xv. Exprimons maintenant le rayon vecteur r en fonction de x ou de y; on a d'abord r__i_efi_\__ ey*—zy-he a a\ y) *y d'où On a ensuite ;• i — e1 i — e* 2(1 — e1)^ a i + ecosw et i\ ex*-\- ix -\- e 1 -+- 2(1 — e*)^ 2(1 — e*)x a .(.+i±£=*)(,+i=£=±) .<-+p>(»+£) - = 2[3 ou bien (6) â-T^ " 1 <«+p*>('+!) Nous aurons tout à l'heure à introduire du ou cfo> au lieu de dX\ nous aurons pour cela les formules (7) dÇ='-du, (8) dï=--^.. a i/i — e* r* dw 7* 97. Nous pouvons maintenant aborder la détermination de X"'m. Multiplions les deux membres de l'équation (2) par z~ldÇ9 et intégrons relativement à X, entre les limites o et ir. ; nous trouverons (9) , x?"=^jf (;)"*'"*-'«■ Nous pouvons remplacer maintenant, dans le second membre de cette for-
FORMULES DE HANSEN. 253 mule, r, x, z, dX, respectivement, d'abord par leurs valeurs (5), (b'), (a), (7), puis par leurs valeurs (6), (c), (8) (dans cette dernière substitution on ne touche pas à la quantité x)\ il viendra ) X?'m=--(i + (3a)-'t-1—- / /"'"'(i —(3j)n-m+1(i—-j E»^ ^rfw, ') (, flJ\Jn+3 , /»** / Q\-i-n-i jQJÏZZ^f—Z. £L_Î_ \ Xf.«=LÎ ïJ—r— / «"-'(i+P'aO1-"-8! I + -) E ^i + p* î + par-;^. A chacune de ces équations correspond une des formules de Hansen. Puisque (3 est compris entre o et 1 et que les modules de x et y sont égaux / Q \ H-HW+I 1 » 1 11 ' ' à 1, on voit que (1 — py)"'™** et I 1 — — j sont développables en séries convergentes suivant les puissances de y ou de -; il en est de même relativement à x, pour (1 -4- (3a?)'"-2 et (1 -4- -) ; E 1~*1 ^P* est développable . .r-t suivant les puissances de —^5—» donc suivant celles de x; E * i+p^« est de même développable suivant les puissances de x~K. On en conclut que, si l'on considère les fonctions (B) $ =(I_(3J)«-//»+i f,_ H j eïV r', ces fonctions seront développables en séries convergentes procédant suivant les puissances positives et négatives dey ou de x. Désignons par x le coefficient de y~m dans le développement de $, et par x' celui de xi~m dans le développement de $' ; nous aurons (C) X^m = (i-h^)-^X, car le terme Xy'~m donnera, dans l'intégrale du second membre de la formule (A), 1 /•'* X x — / du = X,
254 CHAPITRE XV. et tout autre terme, tel que ^yi~mhj, donnerait i /•'* iJb X — I YJ'du=o. Nous allons nous occuper d'abord des formules (A), (B), (C). 98. Il convient de remarquer que le théorème de Cauchy conduirait immédiatement à Informulé (A) de cette première méthode. Nous supposerons d'abord i = o ; la fonction $ se réduit à y) ' soit x9 le coefficient dey~m dans $G; on aura Posons, pour un moment, p = n — /n + i, q = n -+■ m ■+- i ; on aura qlP, parce que m est un entier nul ou positif; le terme général de $0 est égal à p(p— i)...(/> — r + i) q(q — i)...(q — s + i) vP_, on doit avoir ^ I .2. . ./• 1.2. . .S J r — s= — m, d'où s = r -+■ m. On donnera ensuite à r les valeurs o, ■+■ i, + 2, ... et à s les valeurs correspondantes; il viendra ainsi 0 v ' H L 1.2...m ^ 1 1.a...<iî» + i) H On aura donc />(/>—0 y(y—Q...(y —m —1) .t 1.2 1.2.. .(/n + 2) (») x°'m=7i^c+^V-[(" + a)(" + 3)---(" + "' + ') n — m + 1 (n + 1) (n -+■ 2).. .(/i+ m + 1) m +1 (n — /n + i)(/i—m) /i(/i + i).. .(/H-/n + i) ftv 1.2 (m+.i)(/n +2)
FORMULES DE HANSEN. Si le nombre n est tel que l'on ait n >— m — i, 255 la série qui figure dans le second membre de la formule (D) se termine d'elle-même; si n est égal a l'un des nombres — a, — 3, ..., — m — i, on a XJ,OT= o. Si l'on a /i<—m — i, la série se prolonge indéfiniment. On peut écrire alors, en employant la notation employée pour représenter la série hyper- géométrique, (3'« (n + 2)(n + 3)...(/i+m + i) (D,) Xf"=(-i)« (! + £«)»+» i .2...m F (m — n — i, — n—iy m-\-i, (31). Considérons maintenant le cas général où i est un nombre positif ou négatif différent de zéro; en faisant (10) la formule (B) donnera (m) ie . i + i/i — e* v= —à =i 1 ap a <D=ee„ en posant 0 = (i — p<y)»-»-»-1EvPJr> e, -(-I Nous allons chercher le développement de 0 suivant les puissances dey; nous en conclurons celui de ®, en changeant y en -> m en — m, v en — v. On a, en séries convergentes, / a \„ mJ.i n-m + i 0 (w — m+i)(n—m) a<t . _ (* — *n + i)(ji — m)(n — m — i) I .2. PV Si donc on pose (12) n — m -4-1 v Pi r= > I I _ (n — m-\-i)(n — m) n — m -+■ i v v* P = —I , 1.2 I I I .2 _ (/» — /n + i)(n— m)(n — m — i) (n — /n + i)(/i—m) v p i — . — 1.2.3 1.2 I n — m ■+■ i vJ I.2 I .2.3
256 on aura CHAPITRE XV. (i3) 6 = i _p1[3<r + Pî[3V-Pi(3V + "-- On fera de même, en changeant m et v en — m et — v, n -+■ m -+■ i v Q.= Q.= i i (n -f- m ■+-1) (n -+■ m) n ■+- m ■+-1 v 1.2 I I I .2 (i2|) \ (n -+- m -\-i)(n -\-m)(n -+- m — î) (n -+- m -+■ i) (n -+- m) v I .2 n ■+- m + i v5 1.2" 1.2.3' et il viendra <i3.) e1 = i-Q,|+Qi£-Q,^+.... Il faut maintenant faire le produit des seconds membres des équations (i3) et (i3,), et chercher dans ce produit le coefficient X du terme eny~m. Si i — m est positif, on trouve X = (- i y- » ( Pf._OT (3'-'« + Pf_^ , Q, P'-«+» + ...); au lieu que, dans le cas de i — m négatif, il vient On aura donc ces valeurs de X",m : (E) (F) i° i > m, X|*.« = (-i)'-(i + P")-"-|Pl—(Pi-« + Pi-»+,Q,j51 + Pi-»+1 Q,(34 + ...), 2° i < m, X?-" = (-i)—'(i+P1)—1P"-'(Q»-i + Qm-i+,P,15"+QJII-i+,P115* + ...). Il convient de remarquer que, dans les formules (E) et (F), il suffira d'un nombre de termes peu considérable, puisque chaque nouveau terme contient un facteur (32 de plus que le précédent. Les quantités P(t P2, ..., Qt, Q2, ... seront calculées par les formules (12) et (12,), v étant défini par la relation (10).
FORMULES DE HANSEN. 257 a1 Appliquons ces formules au développement de -^; nous aurons donc/z = — 2, m = o; les formules (12) et (12,) donneront i Pi=i -\ 1 y i 1.2 PV V 3 = 1 + r + - H I 1.2 I.2.3 -Q, = i-Y» Q,= I 1 : I 1.2 — Q3=i — - -h—- — I .2.3 après quoi la formule (E) deviendra X7ï'° = (-Of(3'(I + [3')(P/ + Pl+1Q1[3»+P,+îQî[3* + ...). 99. Nous allons appliquer maintenant les formules (B') et (C). Nous considérerons en premier lieu le cas de i = o; la fonction $' se réduit alors à soit ,&'„ le coefficient de x~m dans cette formule, on aura on arrive ainsi sans peine à la formule suivante : X» -1.2...m (. + [3»)— L<» + a)(» + 3)...<n + /n + 1) ,D,v , . n-t-2 (w-t-2)(w-t-3)...(n-t- m-t-2) -, ' 1 ni ■+■ 1 (w + 2)(w+3) (w-t-2)(w + 3)...(w-t-/n-t-3) -t 1 .a (m + 1) (m + 2) T. — I. 33
258 CHAPITRE XV. On voit que la série qui figure dans cette formule se termine d'elle-même lorsque n + m + i est négatif, auquel cas la série qui entre dans (D) se compose au contraire d'un nombre illimité de termes. On peut donc toujours exprimer Xl,m sous forme finie. Si n ■+■ 2 est positif, la série qui figure dans (D') n'est pas limitée; on peut écrire, comme on le voit aisément, (D't) Xg'" = (-i)"K(|l_t_p^l * i.J...m ^F(/n + /i + 2,/1 + 2, m+i, On vérifie facilement l'identité des formules (D,) et (D'(), en partant de la propriété de la série hypergéométrique qu'exprime la relation suivante : 04) F(a, b, c, p») = (i - py-«-*F(c- a, c-b,c, (3«). Enfin on a aussi cette autre propriété [Œuvres de Gauss, t. III, p. 225, formule (ioo)], (i5) F(2a',2a'+i-c',c', [3») = (i + [3»)-»«'F[a',a'+I, c', ^,)8]> qui donne, en posant -za'=m — n— i, c'=m-\-i: F(m - w - i, — n— i, m + i, (3>) = (i + p»)»+i-«F ^m~^~I, ^-^> m + i, eA. La formule (D,) peut donc s'écrire (D.) Xf = (-,)- (» + »)(■» + »)•••<»+»+') g)-F(gUipi, Spj, m+,,e,), ou encore, en tenant compte de la propriété (i4)» (D;) xr=(-.r"+i)(t^,i"+m+"g)"(.-o,+|ï(=±^.^±-3>»+.. On aurait pu, d'ailleurs, démontrer beaucoup plus simplement ces relations (D2)et(D'2). On a, en efTet, — —^== I ( — ) cosmwmv V/i —e* 27r^0 W *+* i r,w =.• (i — e') *— / (i + ecosw)-"-* cos mwdw
FORMULES DE HANSEN. a5g ou bien, en développant (i -+- ecosw)-"-2 par la formule du binôme, Xn,m = (I _ ei)»+\ 2 ["(_,)? (n+2)(n + 3)...(n+9+i) g? _^_ jf %osP„cosm„rfJ . i /,ï1ï Or l'intégrale — I cospcos7w*>efo> est nulle si p est plus petit que m; elle l'est encore si, p étant plus grand que m, la différence p — m est impaire ; dans le cas où cette différence est paire, p = /n + ap', p'^o, on a m cosmH~ïP' w cos mw dw = i i. a.. ( m 4- a p' ) awi+jp' i.a.. .p'.i.a.. .(/n +p') Il viendra donc y»-/ lVn /g\mf, -Mw+i Py"(ii + 2)(ii + 3).. .(w + m + i + ap') /gyP'. on vérifie aisément que cette formule coïncide avec (D'2). Considérons maintenant le cas général où i est un nombre positif ou négatif différent de zéro; en posant (io') v'= i\/i — e*, la formule (B') donnera *, = e,e,1> en faisant (ii') 0' = (i + |3j?)~a E » + ?', A =#1 + 2 — 1, e'j^i + pay-^-a.E V« + P^-, /i,= n + a + i; nous allons chercher le développement de ®' suivant les puissances de a?; nous en conclurons celui de ®', en changeant x en -» « en — i, v' en — v'. Or on a v-âi!L v' v'» E «+P*=i+ - (i + j3^)-'(3a;H (i +(3^)-"[32^2h-. .. ; on en conclut %'= (i + (3a-)-'' + - (i + (3^)-(A+|)[3^ + — (i + |3 j?)-<a+»P»j?* + ....
2ÔO CHAPITRE XV. On peut développer les puissances de i ■+- $x, et ordonner par rapport à $x; on est conduit à poser p, n+a — i v' 1 I I p, _ ( /i + a — i) ( n + 3 — i ) n + 3-i'v' j/*_ 1 i .a i i i .a (ia') { p, _ (rc + a — Q(m + 3 — 0(ii + 4 — Q (rt-î-3 — Q(m + 4 — 0 v' ' i.a.3 i.a i w + 4_i v'« v'» i.a i.a.3 on a alors 03') e' = i—p'.p^ + p;^»— p;p>a?>+.... On fera de même, en changeant t'en — « et v' en — v', n + a + i v' y, = 1— > 1 i i ~, _ ( n + a + 0 ( n + 3 + 0 #i + 3 + i v' v'a 1 i.a i i i.a (ia'i) < ^> _ ( w + a + Q ( w + 3 + Q ( w + 4 + Q , (n + 3 + i)(n+4 + i)v' vi — i.a.3 i.a i i i.a 1.2.3 ce qui donnera (i»',) e'I=i-Q'1(3^-»+Q;(3^-ï-Q;[3'^-» + .... Il faut maintenant faire le produit des seconds membres des équations (i3') et (13',), et chercher dans ce produit le coefficient x' du terme en a?1-"*. La formule (C) donnera ensuite XJ,OT; on trouve, comme précédemment, qu'il y a à distinguer deux cas, et l'on arrive aux formules suivantes : ( i" i> m, (E') { (j QJ\J7H-I | x?,m=(- o1-" (I+y)B+1 p1— [p;-«+p;--,„„ q; p»+y>t-m+1 q; p* +...] > a° i < m, (F') < /, a«\ïin-j xy» = (- o»-' yt +p^)B+I p»-* [Q;B_f + Q'w_f+I p', p» + Q;B_f+, p^p*+...]■
FORMULES DE HANSEN. 261 On peut remarquer que, si l'on développe suivant les puissances de e les quantités 3 = f et v' = i Ji — ë2, X'l,m sera de l'une des formes r i + sji—e* ' a0ef-m + a,e,'-",-|-ï + a4e,'-",-,-* +..., i > m, 60em-/ + 6,e",-'-,-ï+ 6te",-/-|-* + ..., i'</n. Proposons-nous comme exemple de calculer XJ'1 au quatrième ordre près inclusivement; on a ici /n = i, n=: a, i = /n = i. La formule (E') donne on trouve, d'ailleurs, P',= 3-V, p'— 6 —4v'+ - v'a, 2 a Q',= 5 + v\ Q; = i5 + 6v'+ -v'«; / ' 1 — 3' Xî-^i + a(3»-^(3* + ...f X;-« =i + -e«-î5^ + ...; 2 64 c'est le résultat cherché.
26 2 CHAPITRE XVI. CHAPITRE XVI. CONVERGENCE DES SÉRIES DU MOUVEMENT ELLIPTIQUE. 100. On a vu, dans les Chapitres XIII et XV, que les quantités -» u — Ç, w — Ç, (-] cosqw, l-j sinqw, où p et q désignent des nombres entiers positifs ou négatifs, peuvent être développées en séries convergentes suivant les sinus et cosinus des multiples de l'anomalie moyenne Ç. Ces séries convergent pour toutes les valeurs de l'excentricité comprises entre o et i ; leurs divers termes sont, les uns positifs, les autres négatifs. Si on les groupe autrement, la convergence peut ne pas subsister. Il y a lieu d'examiner ce qui arrive quand on ordonne les séries par rapport aux puissances de l'excentricité. Laplace (') a montré le premier que les séries ne restent convergentes pour toutes les valeurs de l'anomalie moyenne qu'autant que l'excentricité est inférieure à 0,6627.... C'est une question importante; car, dans la théorie analytique des perturbations, on est obligé de négliger les puissances des excentricités à partir d'un certain ordre, et c'est réellement suivant les puissances de ces excentricités que l'on ordonne les calculs. Pour traiter le problème, nous nous appuierons sur les résultats, aujourd'hui bien connus, concernant la convergence de la série de La grange. Soit l'équation (1) z — a — <xf(z) = o, dans laquelle ay a et z désignent des quantités réelles ou imaginaires; soit S un ( • ) Mécanique céleste; t. V, Supplément.
CONVERGENCE DES SÉRIES DU MOUVEMENT ELLIPTIQUE. 263 contour fermé, tel que l'on ait sur tous ses points mod J v ' < i ; z— a nous supposerons la fonction /(z) holomorphe dans tout l'intérieur de S. On démontre (voir le Cours de M. Hermite à la Faculté des Sciences de Paris, 3e édition, p. 167; 1886) que l'équation (1) admet une racine z et une seule dans l'intérieur de S, et, en désignant par U(z) une fonction holomorphe quelconque de cette racine, on a ce développement de II(s) en série convergente suivant les puissances de a : n(,) = n(«)+ 2 ,.1..<^ + ,) £[*'<-)/««>]. n= 0 Nous prendrons pour l'équation (1) l'équation de Kepler (a) u— Ç — esin*/ = o, dans laquelle nous supposerons £ et e réels. D'après ce qui précède, si l'on peut trouver un contour fermé S sur tous les points duquel on ait /0. , esini/ , sini/ ( 3 ) mod s = e mod = < 1 ; u — ç u — Ç l'équation (2) admettra une racine u, et une seule, dans l'intérieur de ce contour, et l'on aura en série convergente Il = as (4) n(») = n«)+l1.,..*^ + .)^P|'(»,ln*MtJt Voici comment M. Rouché arrive à trouver la plus grande valeur de e pour laquelle la série (4) reste convergente, quelle que soit la quantité réelle Ç. Soient A le point de l'axe des x dont l'abscisse est Ç et M le point dont l'afïixe est u. Prenons, pour le contour S, une circonférence de rayon p décrite de A comme centre. Faisons mouvoir le point M sur cette circonférence et désignons par ç l'angle que fait le rayon AM avec l'axe des x\ posons d'ailleurs y7— 1 = i. Nous aurons La condition (3) reviendra à (5) -modsiD(Ç + pEf?)<i. P
264 CHAPITRE XVI. Soit F(p) le maximum du module de sin(Ç -h pE1'*) quand <p varie de o à 2it et que £ prend toutes les valeurs réelles possibles; si l'on donne à e une valeur telle que l'on ait la condition (5) sera vérifiée et la série (4) sera convergente pour toutes les valeurs réelles de Ç. Si l'on détermine ensuite la valeur p, du rayon p de manière que l'expression p^-r soit la plus grande possible, et que l'on fasse et =^-r, la série (4) sera certainement convergente quand on aura e<e,. Il faut trouver d'abord l'expression de F(p). Or le carré du module de sin(Ç-hpE/?) est égal à sin(Ç + pE'?)sin(Ç + pE-'?) = sin(Ç + pcos<p + ipsin<p)sin(Ç + p cos<p — ipsin<p) = cos'(ipsin<p) — cos'(Ç + p cos<p). On aura donc modsin(Ç + pE*P) = i/ ( J — cos'(Ç + p cos<p). Le maximum de cette expression, pour une valeur donnée de p, aura lieu J sera le plus grand possible, c est-à-dire pour sinip = i, et qu'on aura en même temps 7T cos'(Ç + pcos<p) = o, cosÇ = o, Ç = zt-- Il viendra donc F(P)=ïîii2. Il faut maintenant trouver le maximum et de l'expression - aP EP + E-P En égalant sa dérivée à zéro, on trouve EP(p —i)-E-P(p+i) = o. Le premier membre de cette équation prend des valeurs de signes contraires pour p = i et p = 2; sa dérivée p(Ep-h E-p) est toujours positive. Donc cette
CONVERGENCE DES SÉRIES DU MOUVEMENT ELLIPTIQUE. équation admet une racine p, positive et rien qu'une; on trouve p,= 1,9967..., ep^'e-p, =o,66a7...=e,.. Donc les séries sont convergentes pour e < 0,6627 Les excentricités de toutes les planètes et celles des astéroïdes compris entre Mars et Jupiter sont toutes notablement inférieures à la limite ci-dessus; il en est de même pour cinq des comètes périodiques actuellement connues. Donc, pour tous ces corps, la convergence des séries du mouvement elliptique est assurée. Il est facile de former l'équation transcendante dont dépend e{ ; si l'on élimine, en effet, p, entre les deux équations on trouve aisément l'équation cherchée 1 + v/i + ej = CiE*fi+«î. 101. En faisant successivement, dans la formule (4), TL(u) = u et II(a)=cosi/, il vient em dm-is\nmK (6) a = Ç + esinÇ-i- + (7) cosu = cosÇ — esin'Ç—...— 1 .a... m dKm~i e/7i-i dm-1sinmÇ i.a...(/n —1) dÇm-* Or on a ces formules connues : Pour m pair, m sinm^=^rr[C0S/n^- jCOs(m-2)K-h — ™~' cos(/n —4)Ç-...l et, pour m impair, m-l sin^Ç^z -—m_t sin/nÇ sin(/n— a)Çn 2 '- sin(/n —4)Ç —. T. - I. 34
266 CHAPITRE XVI. On en tire aisément rfm_1sinmÇ cKr inmÇ i f , . „ m , , . , .„ 3j— = -^j mn-lsinmç (m— a)"»-1sin(/n — a)Ç m (m — i) i.a (m-4)'»-isin(/n-4)Ç-.. .1 ; cette formule convient aux deux cas de m pair ou impair; seulement, elle se termine au terme en sin 2 Ç dans le premier, et au terme en sinÇ dans le second. On trouve de même rfm-,sinmÇ <%' 3^—^ = ^tj hmm-ïcos/nÇ (m — a>m_ïcos(/n — a)Ç m(/n — i) i .a (m — 4)OT_ïcos(m -4K-...], où l'on doit s'arrêter au terme en COS2Ç si m est pair, et au terme en cosÇ si m est impair. En ayant égard aux formules (6) et (7), on obtient ensuite u — Ç = e sin Ç -\ sin a Ç -t- (8) { i.a.../n.a' [m mm~i sin/nÇ (m — a)m-1sin(m — a)Ç * (m — 4)m-1sin(/n — 4)Ç 1 .a ....]. r é1 é1 „ - = 1 -\ e cos Ç cos a Ç —... a a 1 .a (9) ; ———r /nm-*cos/nÇ (m— a)m^scos(/n— a)Ç 1 .a.. .(/n —ija"*-1 L 1 • m(/n_l) (m-4)m-ïcos(/n-4)Ç-...], 1 .a 102. C'est Laplace, avons-nous dit, qui a trouvé le premier la limite et de l'excentricité pour la convergence des séries ; son analyse est très remarquable. Disons quelques mots de la marche suivie. Laplace était arrivé facilement à trouver les expressions générales des coefficients de é* dans les formules (8) et (9). Considérant le dernier de ces coefficients, il remarque qu'il prend sa plus grande valeur absolue pour £ = -> quand m est pair; il est alors égal à 1.1.. .{m —i)im-1 L 1 i.a x J
CONVERGENCE DES SÉRIES DU MOUVEMENT ELLIPTIQUE. 267 Laplace trouve ensuite, par un chemin assez difficile, cette expression approchée de AOT quand m est très grand t,n\ A a r g(i-aco)E y { } m~/nv/m(i-aw)V^iL^-(i-a))»-J ' (i> étant déterminé par la formule (n) iZl2=E1-»w. Ci) Si la quantité e(i — aco)E acow(i — co)1"10 surpasse l'unité, l'expression (10) de A,„ deviendra infinie avec m, et la série (9) sera divergente. La limite des valeurs de l'excentricité qui font converger cette série sera donc , v 2C0u(l — CO)1"10 (Ia) e\ ——r^ re-• x ' (1 —aco)E Si l'on tire de (11) la valeur pour la porter dans (12), il vient _ ay/coQ — co) ci — . 1 — aco d'où I 1 — aco = v/i+ej 1 —co _ (1 + yAi + e\)' co En portant ces valeurs dans la formule (11), il vient ,+v/1 + e* = eiEv^^y; on retombe bien ainsi sur l'équation déjà trouvée. Laplace arrive ensuite au même résultat en partant de l'expression du coefficient de e™ dans la formule (9). C'est Cauchy qui a donné une démonstration plus directe et plus rigoureuse
268 CHAPITRE XVI. des résultats de Laplace; M. Rouché a simplifié à son tour la démonstration de Cauchy. Nous renverrons le lecteur à une Note intéressante de M. 0. Callandreau (Bulletin astronomique, t. III, p. 528); l'auteur considère le coefficient de em dans le développement de - suivant les puissances de e; il arrive d'une manière très simple à l'expression asymptotique de ce coefficient, et il en déduit facilement la limite et. 103. Nous croyons devoir donner, en terminant ce Chapitre, quelques indications sur d'autres expressions asymptotiques. Reprenons le développement périodique - = C0-i- C^cosÇh-. . .+ C,„cosmÇ + ... ; a le coefficient Cm est une fonction de e, et l'on peut se proposer d'en trouver l'expression approchée lorsque m est très grand. Laplace a traité cette question (Mécanique céleste, t. V, Supplément), et il a trouvé que, pour m très grand, on a approximativement C a(i-e^/ eE^* \"\ m\]m ^/2 7T \ n- y/i — e1/ La même question a été traitée plus complètement par Carlini, et surtout par Jacobi (Astronomische Nachrichten, nos 665 et 709-712). Considérons en second lieu le développement l-j =F0-v-F, cosÇ-i-. .. + F,„cos/nÇ + ..., d'où l'on passe aisément à celui de l'équation du centre. Jacobi a donné pour les coefficients C,„ et F,„ les expressions asymptotiques suivantes c=-.(ungiTB-»yv^ïr,-îrj—(,—v)+-l. \ °aT / V 27r/na L 8/ncos<p\ gcos1?/ J F,„ = —— (lang- cpEc°»«pYYi + r-^— 1 /^— +...), cos<p\ °aT / \ 3cos<p y 7r/ncos<p / où l'on a fait ^ = sin<p. On voit immédiatement que la première partie de l'expression de C,„ coïncide
CONVERGENCE DES SÉRIES-DU MOUVEMENT ELLIPTIQUE. 269 avec celle de Laplace. Dans le tome XVII desMathematische Annalen, M. Scheibner a calculé, dans les expressions asymptotiques de Cm etF,„, les coefficients de puissances plus élevées de —=.> et il a résolu le même problème pour les développements de (-J cosqw et (*) s\nqw. Enfin, M. Flamme, dans une Thèse soutenue en 1887 devant la Faculté des Sciences de Paris, a trouvé par une méthode rigoureuse fondée sur de belles recherches de M. Darboux ('), les expressions asymptotiques d'autres développements qui jouent aussi un rôle dans la théorie des perturbations. (*) Mémoire sur l'approximation de fonctions de très grandi nombres (Journal de Mathématiques, 3° série, t. IV, 1878).
270 CHAPITRE XVU. CHAPITRE XVII. SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES QUI SE PRÉSENTENT DANS LE DÉVELOPPEMENT DF ' A FONCTION PERTURBATRICE. 104. Soient o.a et ia! les grands axes des orbites de deux planètes; nous aurons, dans le développement des fonctions perturbatrices, à développer suivant les cosinus des multiples de la quantité réelle ty les expressions qu'on déduit de la suivante (a* h- a'1— aaa' cosij;)-', en donnant à s les valeurs ->-»->'» a a a a Les fonctions ainsi obtenues sont des fonctions périodiques de ^ à période 2it ; elles sont paires et finies pour toutes les valeurs réelles de 4*» si a est différent de a'. Nous pouvons donc poser —*■ i (a*H-a"—aaa'cos4») * = - A(0) -+- A<!) cosij; + A(I) cosaij; -+-..., ou bien, en convenant de prendre A{_l) = + A(l"\ I +06 (a*h- a'1— aaa'cos40 * = - V A<" cosiip; — m faisons de même + 06 aa'(a}->ra'* — aaa'cosij;) J = - V B^cosiip, (0 -t-oe -£ I VI a'a'^a*h-a"—aaa'cos4») " = - V C(0cosiip, — oe + 06 _1 I ^ a3a'*(a*-t-a'*— aaa'cosij;) * = - V D(/) costip,
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 371 En supposant a<a', faisons —, = a; a sera donc compris entre o et i ; la fonction (i + a1— a a cos 4» )-' pourra être développée suivant les cosinus des multiples de 4*« Nous poserons (H-a1—aacosij;) * =- > 6(,) cosi'ij;, ô<-0 = + &<*>, — m (i-h a1— aacosij;) * = - y, c^cosiip, c(-,) = +c''), 1 — « (a> < -i «;; (i -v-a1 — aacosij;) * = - V e(/) cos iip, e(-')=r+e(f, (i + a1— 2a cosïJO'" = - 2 flt) cos'+» /("° = +/(')» et, en général, (A) (i-v-a*— 2acosij;)-5 = - V ift>^' cosi(p= -Uî^°> + ife^1' cos(p+...+ itb^,cos<(p + .. . Les divers coefficients uî,"' sont des fonctions de a; on aura En faisant dans (i) a = aa' et comparant à (2), on trouve aisément (3) a'A<« = #'>, a'B<« =.«<?<'>, a'C<«'> = «'«<«'), a'D<« = «»/(«, Les fonctions A(l), B('\ Cw, D('\ ... sont donc des fonctions homogènes de degré — 1 de a et a' qui se ramènent aux fonctions afc>"' de la seule quantité a. 105. Cherchons l'expression analytique de dï,"'. Posons d'où a cos 4» = « + -s-1» 2 cos i\p = .s'-t-W, (1— a-s)(i — ar1) = n- ot}— a a cos4».
272 CHAPITRE XVII. La formule (A) deviendra (I _as)-.(l_ a5-i)-*=Ii&«°>-t- iifi>»> (* + «-•)+... + ii&;" (*' + *-<) -+-... ou bien — » Or, le module de z étant l'unité, as et as-1 ont des modules égaux à a, par suite inférieurs à l'unité; on a donc, en séries convergentes, s .v(.v + i) , , *(5 + i) (5+a)...(5+ 1— 1) ,', v ' I 1.2 l.2.5... I S . 5(5 4-1) , , 5(5 + l)(5+2)...(5+1 —l) , , (i-«s-')-,= > + 7«--1+i7i-a^+'-' + J 1.2.3... 1 '«'--'+•••• Le coefficient de s' dans le produit de ces deux séries sera, d'après la formule (4), égal à -i&i''; on trouvera ainsi sans peine (B)i^=f^+i)---(f+'-')«'r.+î^«'+^ti2(^o(^'+-)g.+,.,i, K } 2 * 1.2...1 L * I+I ia (« + 0(« + a) J En calculant directement-i«>J", on voit que la formule précédente s'applique . , i- • j 1 5(5 + 0-• • (v +1- 0 1» •«' pour i=coala condition de remplacer — — -. par I unité. On aura, en particulier, li.a. i.3.5...(2i-^QMir. é 1 21 + 1 i.3 (21 + 0(21 + 3) "1 i- £>('» =. s—= : <X' I 14 —: Cf 4 7 7 : r-7 ; j-r OC + . . . , 2 2.4.6. ..21 [. 2 21 + 2 2.4 (2l+2)(2l + 4) J' , 3.5.7 (,. + ,)g,r 3 ■* + !,,+ L« (.< + 3)(,fH5) 1 2 2.4.6. ..21 L 2 21+2 2.4 (2f+2)(2I-i- 4) J On voit que les coefficients des mêmes puissances de ce2- sont plus grands dans c(l) que dans b(i) ; la convergence de la série qui donne afc>"' diminue quand 5 augmente. Pour 1'= o, il faudra, comme précédemment, prendre égaux à l'unité les coefficients qui précèdent a' dans les seconds membres. Voyons comment converge la série W0+«!-*-• ••+ «n + - • • »
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 273 qui figure dans le second membre de la formule (B). Nous avons _ 3(3 + 1). • • (s -h n — 1) (s + t)(s + t'-n)...(s + t' + n-i) Jn Un~ i. 2... n (i + i)(i + a). ..(1 + 11) a ' d'où u„+y s -+- n s -+- i-\- n n ■+■ 1 1 ■+- n -+-1 a1 pour n infini, ce rapport tend vers a2 qui est plus petit que i, et la série est convergente. Tous les termes de cette série étant positifs, la formule (B) montre que afc£' croît sans cesse quand a croît lui-même de o à i ; pour a = o, on a d'ailleurs Uî>«» = a et U^'» = 0 pour i = i. 106. Nous allons exprimer u»^" par une intégrale définie. Puisque afc>i" est le coefficient de cosi^ dans le développement de l'expression (n-a1— 2acos0)--% la formule (5) du n° 81 donne a /•* (C) Ul,<,,= -I (i-f-a* — aacos^)-*cosi^rf^; cette formule s'applique aussi pour i = o. On aura, en particulier, ^ Ja (n-a1—aacosij;)1 m=i r cosii—_rf+> JQ (n-a1—aacosij;)1 En partant de ces expressions, on démontre facilement que b(i\ c(0, ... sont infinis pour a = i ; en effet, on trouve, pour cette valeur de a, sin-*- c<"=4i / -77$ ^ T. - I. 35
2y4 CHAPITRE XVII. L'élément différentiel de chacune de ces intégrales est infini à la limite inférieure, et l'application d'une règle bien connue de Calcul intégral montre que les intégrales elles-mêmes sont infinies. 107. Nous allons faire connaître une autre expression de b{i) par une intégrale définie. La première des formules (b) nous donne l6,„ = a,p-3-.(».--0 + ; ..3..■(,<+.)• «.8 ,-3...(..; + 3) 1 a L 2.4...ai 2 a.4- • • (21 + 2) 2.4 2.4- • • (2H-4) J' les coefficients de a0, de -a2, ... s'expriment par des intégrales définies, en partant de la formule connue /sin,Biprfip = i.3... (2/1 — 1) — -7t. 2.4. • • 2/1 On trouve ainsi \ «/ 0 "0 "4 J 0 = af / sinIf 4" ( * -+- - a* sinI4" ~*—"7 a* sin*4» H- • • • ) dty. On a d'ailleurs i , . ,. i.3 ... . i a T 2.4 T s/ï —««sin1^ il vient donc w J0 yi — a'sin1^ En comparant les formules (c) et (d), on trouve cette relation intéressante (5) /•" cosj* rf+= „, ^^L4 ,/0 yn-a1—2acos4» »/„ V1 — a* sin'ip En faisant dans (d) i = o et i = i, il vient
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 275 Si donc on désigne, suivant l'usage, par F, et E, les intégrales elliptiques complètes de première et de seconde espèce relatives au module a, on aura 4F 7T Ct Or Legendre a donné des Tables étendues pour le calcul numérique de F, et de E, (Exercices de Calcul intégral, t. III, p. 125 et suiv.); l'argument, qui est arcsin£, ou ici arcsina, varie de dixième en dixième de degré depuis o° jusqu'à 900; les Tables donnent logF, et logE, avec 12 et 14 décimales. On a donc le moyen de calculer très rapidement les valeurs numériques de #0) ei £(o p0ur une valeur donnée de a. 108. Nous allons chercher une relation entre ofei", ife""1' et iib"-1>. Partons de la formule générale (6) [■ + «'-«(* + £)]"'= 5 2 ifci"*'; nous en tirerons, en différentiant par rapport à z, (7) 5a[I+aI-a(5+^)]",~,(I-i) = ^2^',^",' d'où, en ayant égard à (6), + 06 -h as *« (*- î) ï 2 *i"*l= [*+aï-« (*+î)] ï 2 ,,*i"al- — » — « En égalant dans les deux membres de cette équation les coefficients de s'-1, il vient sa[ifi>il'-1) —ifi»^] =(1 + a»)(i - ijifei'"1» — a [(1 — a)ift,i'-*'-i- nft><"], d'où (F) *«»= fcî (- + 5) *?""- ^- <-• Cette formule est très commode pour le calcul numérique; elle permet de déterminer de proche en proche ui.^', afc£", ..., connaissant uî^01 et ubj" que l'on calculera directement par la série (B), ou par une des autres formules qui seront données dans la suite de ce Chapitre. («) 6«» 6(D
276 CHAPITRE XVII. La formule (F) donnera, en particulier, (/') 1 6(») = |eô(i)_l6Wf b^ — Vl—ïebd-i)— L'jil? 6(/-Df 21 — I en faisant 1 'ii — i e = <x-\- a Ayant donc déterminé 6(0) et 6(l) par les formules (c) et les Tables de Legendre, on calculera ainsi de proche en proche 6(2), ft(3), ... ; on vérifiera l'ensemble du calcul en déterminant directement la dernière transcendante b{i) dont on a besoin par la première des formules (b). On devra remarquer que la précision diminue avec le nombre des calculs, et que, si l'on veut avoir b(i) avec un assez grand nombre de décimales, il faudra en prendre davantage dans bw et 6(l). On aura de même if) 21 * 21 2 II 11 2I 3 21 ee («->) 21 21 7 y 2 — i — 3 -5 + 3 -7 109. Il est facile d'exprimer afc>i' en fonction de deux des transcendantes qui se rapportent à la valeur s + 1 de l'indice s. La formule (6) donne en effet, en y changeant ;en* + i, [, + *_«(, +i)]~'=i 2 *».*; — » après quoi l'équation (7) devient -(,"?)ï2<«2'=ï2'<'2'-- _oe —00 Égalons dans les deux membres les coefficients de s1-1, et nous trouverons (G) iy>V/> = s*[MJ-»-MJïï>].
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 277 En appliquant cette formule, on pourrait donc obtenir successivement les quantités e(i) en fonction des /W, » c(i) » e(,), » bW » <?<«; mais il vaut mieux suivre la marche inverse et, prenant comme point de départ les fonctions bli) qui jouent le rôle le plus important, chercher à en déduire successivement les c[i\ puis les el'\ et enfin les/w. La formule (F) donne d'abord, en y remplaçant i et s pari4-1 et $ + 1, (8) « *»"= '<' + «">«g. = ('-">"«iS', portons cette valeur de ife^" dans (G), et nous trouverons, après réduction, (9) ^=.I»«»fc"-(.+«')*a.. d'où, en changeant l'enj + i, I — S (1.) . ^..=t"*ffi.r(-t-a,)*»i" 1 — s +1 Les équations (8), (9) et (10) permettent de déterminer les trois inconnues uî»i£(,), ife£, et uî)""/1 qui y figurent au premier degré; (9) et (10) donnent d'abord aalfcfc11 = (1 + «»)*& + l-=^ Uï-i'', en portant dans (8) ces valeurs de ilb£"(,} et^i'+V'» on trouve, toutes réductions faites, .. ,,-, _(i+Q(i + «»)*jfl-a(i-« + i)«ift/+» Cette formule résout la question; mais on peut obtenir des résultats plus satisfaisants au point de vue des calculs numériques en procédant comme il suit : changeons dans (H) l'en — 1 — 1, et nous trouverons
278 CHAPITRE XVII. Nous tirerons ensuite aisément de (H) et (H'), ■ 2 l 5+1 *+i j 2S(i— a)' ( 2 LVb*+» ~ ^+1 J - 25(1 4-"^ Ce sont là les formules dont Le Verrier fait usage pour calculer numériquement les ift>,+1 en partant des afc>,. On trouvera, en particulier, I [<•<'>+ C(f+i>] = (»,•+,) ^—^—, 2L J 2(1 — a)" J 1 ftd) _i_ ft(/+i) _ [C(0_ <•('+•>] = (21 + i) , „ ; I îL J v ' 2(1 + a)" ' on appliquera ces formules comme il suit : 1 £(0)_£(l) i[C(0)+c(.)]=° » 2 L J 2(1 —a)* d'oùc(0)et c(,), d'oùc^etc^; 2 L J 2(1 + a)' i[c(D + c(i)] = 3^ ° 2 L J 2(1 — a)1 2 L J 2(1 + a)1 On voit que d*\ c'2), ..., ct'-,) seront calculés deux fois, ce qui donnera une vérification utile. On trouvera de même ( i [.(*) + *™n = l- (»'+3)cC0-(a«-,)c^') ] 2 L J 6 (1 — a)* (*f) Irew-ecwn-1 (" + 3)c">+(*«'-')c<*-'>. [ 2 Le e J - 6 (!+"«)' [ I r/«,+/«+.,i_ i. (»-+5)g(0-(a«-3)g«^) (2^ +/ J-IO (,_«)• )'ir f^ni= - (2t-+5)^) + (2t--3)g^') \ 2 v y J 10 (i+ a)* En résumé, on calculera directement bm et 6(,,t soit par les séries déduites de la première des formules (6), soit par les formules (e) et les Tables de
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 279 Legendre ; les relations^/') donneront ensuite bwy è(3), ..., après quoi on trouvera les c('\ e[i) et/(i) en appliquant successivement les formules (k), (kf) et (k"). Enfin les formules (3) donneront les A('\ B">, C"> et D<>. 110. On peut introduire très utilement dans cette théorie la série hypergéométrique „/a t> n x A B A(A+i)B(B + i) . F(A>B>C^)=i+7:ïï^+ ,.a.C(C + .) * + ~~ La formule (B) nous donnera, en effet, / x l .wi) s(s-\-i).. .(s + i — i) ._,. . . ,. (n) -Uî,<£)= — : al¥(s, 5 + i, i + i, a'); v ' 2 * i .2.. .i x on aura ainsi l'avantage de pouvoir employer les propriétés bien connues de la série hypergéométrique, pour lesquelles nous renverrons à deux Mémoires de Gauss, insérés dans le tome III de ses OEuvres. On a d'abord cette relation remarquable (12) F(A, B, C, *) = (i-*)-*f(a,C-B, C, fj^)> qui donne, en y faisant (i3) A = s, B = s + i, C = i + i, x-=.cP et, tenant compte de la formule (n), '«y,= «(« + .)■■■(«+<-.) «'p( t_,ti+ =*\ 2 * 1.2...1 (i—a')* \' ' î — a1/ ou bien 2 ''* i. 2... i ( i — a* )* L n'+i i-a' ■?(•? +0 (5 — 0(^ — 2) / «» y ■] + i.2 (I+I)(i+2)Vi—«>y +—j- Cette formule importante est due à Legendre; si on la compare à (B), on voit que le facteur '-: est remplacé par i^- qui est petit quand i est grand ; de même —r—— est remplacé par-r^—; la formule (L) sera donc beaucoup plus avantageuse que (B) pour les calculs numériques, si i est assez grand. La série qui figure au second membre de l'équation (L) procède suivant les puis-
280 CHAPITRE XVII. sances de _ a> et il est aisé de voir, en appliquant la règle relative à la limite de -^j qu'elle est convergente tant que l'on a _ ,< i, d'où a < 0,707 Si nous appliquons la formule (12) à F( C — B, A, C, £-—)> nous trouverons d'où f(c-b,a,c>7-^) = (i+7^) (C""b,f(c-b,c-a,c,^), f(a, C —B,C, y^W(i —^)c-bF(C-A,C-B, C, x)> et, en portant cette valeur dans (12), il vient F(A, B, C, a?) = (i-.r)c-A-BF(C-A, C - B, C,a?). Nous avons déjà fait usage de cette formule dans le n° 99; si nous y donnons à A, B, C, x les valeurs (i3), et que nous portions le résultat dans (n), nous trouverons -^H — —= ;——_im, 1 F(t + i — s, i — s, i + i,aa) - 2 * 1.2...1 (1 —a*)'*-1 x 1 > » / ou bien 1 li>_s(s + i)...(s+i-i) ce1 r i-s i+i-s 2 *~~ 1.2. ..I (l_a«)«*-lL+ I *-+-! " (L') t (i —S)(2—S) (1 + 1—s)(l + 2—S) 1.2 (i-|_i)(i + a) «*+...] La série qui figure dans le second membre de cette formule reste finie pour a = 1, si l'on a^-jon voit donc qu'on a mis en évidence le facteur -. r^—r > 2 ^ (1— or)ls~l qui rendait Wtn infini pour a = 1 ; mais la série en question est encore infinie pour a = 1 lorsque s = -• (Il suffit pour le voir d'appliquer une règle de Gauss, Œuvres, t. III, p. 139.) La série hypergéométrique vérifie une équation différentielle linéaire du second ordre, savoir ABF-[C-(A +B+ 1)*] ^-(*-*») g =0.
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 281 En faisant x = a2 et donnant à A, B, C leurs valeurs particulières (i3), on trouve sans peine rf*F d¥ a(i —a') -1-5- +[21 +-1 — (21+ i + 4s)a'] -j 4<*s(i + s)F=o. Si l'on pose enfin dans cette équation, conformément à la formule (î 1), F = ct-'ïlh^ x par une constanle, on obtient finalement cette équation pourra être utile dans certaines recherches. 111. Indiquons encore pour les ofe"' un autre procédé de calcul employé surtout par Hansen. On tire de la formule (F) ,. x Uî>i" . 1 + a* i + s — 2 d'où <i4) en faisant (,5) Posons encore (16) («7) («- . ... . . . 1 + a1 i + s — 2 -*)/>i" = « <) „ -77=11-' FA-'-t-*-' « * i 1 + a2 H s — * s fs » et l'équation (i4) donnera ,. .1 + 5 — 1 a ,,.. • + a* . i—i 1 + a' 1 (l—s) r : y'" = (l —i) (l +S — a) ^ TyrriJ x ' 1 i+a"'' v 'a v 'i + s—2 a y*1 " ou bien (i-s)(i+s-i) / ce y „ i_ 1(1-1) \i+W y' ~ yil_n T. — I. 36
282 CHAPITRE XVII. d'où 08} V«-D— ! , 1 rs fs où l'on a posé v y' K* 1(1 — 1) \i + «7 Supposons que y"' ait été calculé d'une façon quelconque; on en déduira, de proche en proche, par la formule (18), les valeurs de yi'"11. yi'~21» •••» Y,"; on calculera par (16) et (17) les valeurs depll\ /»""", ..., p1", après quoi (i5) donnera !*<«» = *<•'/>»', *<»' = *<•'ri'W, » On connaîtra donc ainsi toutes les quantités ift>"'en partant delà première ifbj0' que l'on calculera directement par l'une des formules (B) ou (L). II nous reste seulement à montrer comment on calculera y^'; nous aurons recours à la formule suivante (Œuvres de Gauss, t. III, p. i34), F(A, B + i, C + i, j?) _ 1 F(Af B, C, œ) a^x 6,-27 où l'on a cxx _ A C — B B + 1C + 1-A a,-CÏÏ^7 *,_ïï+7 ~CT^_, _ A + i C + i — B j _ B + 2 Ç + 2 —A Cl_C + 2 C + 3 ' rf,-C + 3 C + 4 ' les relations (11), (i5), (16) et (17) nous donnent ( 2I ï lfe*<} - ' + '-' „ F(5t5 + ltl + It«') _ (<) _ 5 + t~l « (i) ^ ; Ul,"-» ~ 1 aF(*, 5 + 1-1,1, a*) ~Ps "' 1 i+«»y'' d'où 1 (/)_ F(s, t -i-s, t'+ 1, a-8) 1 + a* 7* — F(s, 1: + s -- 1, *', a») '
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 283 on aura donc, en appliquant la formule de Gauss mentionnée ci-dessus, (22) / i -ha _vi«. ifs ai a3 avec _s(i— s) _(^ + l)(2— S) 1 -(1 + 2KI+3)' 6, a* c.a1 , (i + s)(n-i — s) (H-l)(l + 2) rf| = (t -t-s-t- i)(t-t- 2 —s) (i + 3)(i + 4) Lorsque i est grand, at est petit, la fraction continue se calcule très rapidement; i tendant vers l'infini, y"' tend vers i -h a2, et la formule (21) donne lim^TPT. = ** ainsi, quand i augmente, les ub"' tendent vers les termes consécutifs d'une progression géométrique de raison a. Résumé. — Supposons que l'on veuille calculer irt^01, afc>in, ..., MVsl) ; on calculera directement u^0) comme on l'a dit, y"' par la formule (22), puis F'1», F<»>, ..., F<", par la formule (16), » (i9)> (18), » (17)» après quoi les formules (20) donneront enfin dî>[°, iiï^2', ..., uî>"\. 112. Il sera nécessaire encore de calculer, pour le développement de la fonction perturbatrice, les dérivées successives des fonctions M\>(sl) par rapport à a. On pourrait sans doute les obtenir en partant de la formule (B) difiérentiée plusieurs fois par rapport à a ; on trouverait ainsi ,-, _ ^1 s(s -t- 1). ..(s + n — i) s(s -t-i)...(s + £+ n— 1) u(,) r-s t v('-i ' fs „(1) Fs t u(3) r~s » „(2) rs t • • t f-s » v(l) 2* ^ 1.2... n 1. a. . . ( 1 + H ) ^ " (23) 2 "ÔV7" = 2B'«a /+««-/»
284 CHAPITRE XVII. en posant B„ = (l + 2/l)(l + 2/? — i). . . (l + 2/1— p + l) A„. On en conclut , ,v Bw+I _ (i + aii + iHi + aii + a) Aw+I _^ A„+l ^ ^ B„ (1+2/1 — ^-!_!)(! +2 71— JP-i-2) A„ " A„ in -^i = lim —P11 > pour n = 00 . La série (23) est encore convergente pour les valeurs de a comprises entre o et 1 ; mais la convergence est moins rapide. En effet, remarquons d'abord que, dans la formule (23), on doit avoir i -\-in — />> o. L'expression de kn qui résulte de la formule (24) donne ensuite *„>(. '+2n+i y \l-\- 2/1 —p ■+■ 2/ ou bien kn>(,+^_pzii—y. \ l + 2 /l — p -\- 1 ) On voit que kn, qui tend vers 1 pour n infini, est notablement supérieur à 1 pour les premières valeurs de n, surtout quand p est grand. La série (23) convergera donc bien plus lentement que celle qui donne ub"'. rfgift>(B) Exemple, t- Considérons , \ ; nous trouverons aisément J doc* > ""u° B»-,,A» b;-I2â,' Bt 26 At B, _ 7 A,' B, 11 A, B,- 2 A,' B,_35 A, Bt 12 A4 On voit qu'il faut aller assez loin dans la série pour trouver une diminution des termes aussi rapide que celle qui a lieu pour uî^". Il convient donc d'avoir recours à d'autres procédés pour calculer , * • Revenons à l'équation (6) et différentions-la par rapport à a; nous trouverons [»-(-;)]h'-(* + :)r",= ïï«l da d'Où s\z-\- - '«Hï-a'^ï"^
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 285 en égalant dans les deux membres de cette équation les coefficients de s', il vient (N) ^£- =*L*iti,) + *iïi,)-a«*iSi]- . Les !&,_,_, ayant été calculés, cette formule résoudrait la question pour les dérivées premières des ift>,; mais il est préférable d'introduire dans le second membre les afc>, au lieu des ift>,+,. La formule (G) donne d'abord -in,(/-i)— ip,('*+l)_i L illl1') Vos+i — Uo*+i + ~ 0Î>* » sa et, en portant dans (N), il vient Si l'on met dans cette formule, au lieu de !&£, et de ilb£jn, leurs valeurs (H) et (H')» on trouve, après réduction, Mais il serait difficile de calculer ainsi les dérivées suivantes. Nous allons trouver une autre formule qui nous sera plus commode; en retranchant de (N) ce que devient cette équation quand on y change «en i — 2, il vient -^ ^- =-«[*iï-.i,-*a,T-«w'+r-*&i,] + "«wt." or chacune des trois parties du second membre de cette équation peut se déduire de la formule (G) elle-même, ou de cette formule dans laquelle on remplace i par i — 1 ou par i — 2; en opérant ainsi, on trouve ^-^--J =-(«-a) *i/-1)+(a«-a)«*i|-,)-«ifti*. Cette formule importante ne contient pas * explicitement; elle s'applique donc aux quantités bli), c('\ c(I),/f/). Elle permet, en donnant à i les valeurs 2, 3, ..., de calculer de proche en proche —r-> —f- » • • • » —r2- en fonction de —r*—» de —r^- et de uï>; , ifej , .... ilbj"; ces dernières quantités doivent être considérées comme connues par ce qui précède; il restera seulement à déterminer —y- et —— •
286 CHAPITRE XVII. En différentiant (p — i) fois la formule (Q) par rapport à a, on trouvera a^^ = a-^ (' + !>—)-55?rf--('-|>-') ^ l +(a'-a)La-rf^r-+(/'---)-5^-J- En faisant dans cette formule d'abord p = 9. et i ■= a, 3, . .., puis p = 3 et i = a, 3, ..., on obtiendra de proche en proche toutes les dérivées des divers ordres des fonctions afc^' en fonction des quantités connues et des dérivées des divers ordres de ift^0' et de ir£\ Il ne nous reste donc plus qu'à montrer comment on pourra calculer , f et —ry- ou bien dPb^ dPbW dPcM dPcW dPe«» dPeW dPf^ dPfV> dat.P ' daP ' dctP ' ~dW* dct? ' dctP ' ~daP~ ' ~daP~ ' 113. Commençons par , f et —-*-$— En faisant dans la formule (P) $ = - et « = o, puis i = — i, il vient dbw _ abw— ft<«> dbM _ ctb^—b^\ dix i — a* d<x et ( i — et1) ' d'Où (q) «(,_««) ^r=flt6W_ 6(1), Ces formules donneront d'abord —j— et —j— ; en différentiant p fois la for- det det r mule (q), ou trouve dP-*bW (a5) / -P(P-i)(P — *) daP-t
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 287 On tire, d'ailleurs, de (q') dP-lbW dP~lbW . dP-*W grâce à ces deux dernières formules, (25) donne v ; l rf*-»ft<» , v d'aï» l ./ .dP-*bW . rfa* Les formules (r) et (r') donneront, de proche en proche, les dérivées secondes, troisièmes, etc., de bw et 6(,); a n'est pas donné par la relation (V); mais on trouve directement, en partant de (q) et (q'), d*bw rfftt1) (/•") a»(l_a5)^_=(3a»-i)a^r+6('). 114. Il nous reste enfin à indiquer le calcul des dérivées des divers ordres des fonctions c<°\ c<«\ e(0), e<«\ /(0), /(,), Les formules (A) donnent (i — a)1 [c<°> -h c">] = bW — 6(», (i + a)![c'°»-c"'] — ft(o) +- 6(«). En différentiant ces équations, par rapport à a, une fois d'abord et ensuite p — i fois, on en tire aisément («) S \_~dV + ^Tj = i(7=T)i h^T " -5ÔTJ + 7^ [cW + cl) ]' a [ d<x "rf«J~a(i + «)![rfa + rf« J i+a[C _C ]î rffçC" rf/>ç(') _ a/> r^-'çW rfi'-'ct1)"! ^>(/> — i) \'dP~9cW dP-*cW\ daP + daP ~ î — a |_ rfa*-' + da*-1 J ~~ (i — «)« [ ^a*-* + rfa*"8 J + (i — a)1 I docP ~d*P~J ' (• + «)• L
288 CHAPITRE XVII. Ces formules résolvent la question pour les dérivées de cl0) et c(l > ; on en trouvera d'analogues pour les dérivées de e(0) et e(,), et de f™ et/(,), en partant des formules (k') et (k"). Nous renverrons pour plus de détails au tome X des Annales de l'Observatoire de Paris, p. 17-36, où Le Verrier a développé complètement tous ces calculs. 115. Dans le développement de la fonction perturbatrice, il nous faudra encore calculer les expressions suivantes : I I I I. aP .a.. aP .a. . aP .a.. aP .a.. .p daP .p daP .p daP .p daP — A"'' — B(" — p(t') = D</>. Si l'on remarque que l'on a, à cause de a = —, dan a'n dan on tirera aisément des formules (3) les expressions cherchées, savoir p 1. a.. .p daP ,_,., at.p r dpcw dp-tc^n p 1. a.. ./> |_ docP r d<xP~l J olp T dPfii] o dP~lfl) p 1. a.../? |_ aa' aa' ' 116. Nous allons terminer ce Chapitre en faisant connaître une manière spéciale de calculer, soit les quantités ofe"', soit leurs dérivées des divers ordres. Nous avons dit que les séries directes se prêtent mal au calcul des quantités y ; mais il est possible d'obtenir un résultat satisfaisant en transformant ces séries.
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 289 Considérons d'une manière générale la série convergente (26) /(#) — A + Btf + Ctf' + Da?»+..., dans laquelle nous supposons o< a?< i. On peut écrire /(a?) = A(i + a? + a?* + ...) + (B — A)(a?+#»+#»+...)+ (C — B)(#'+#»+...) + ..., comme on le voit en réunissant les termes qui contiennent A, puis B, .... Or le coefficient de A peut être remplacé par ——; celui de B — A, par _ » On en conclut cette formule importante A+ Btf+Ca?' + Dar« +... = —— -\ — [B — A + (C — B)x+(V — C) *' + ...], 1 — x 1 — x L x J ou bien I /(x) = A + Bx -+- Cx* + Dx3 +... (27) =—^—+—^—(d,A + a:d1B+a:"d1C + a:1d1D+...); nous avons introduit l'algorithme des différences, en posant <5,A = B — A, <5,B=C — B, Nous ferons de même, dans un moment, <5,A=<5,B-<5,A, ô,B=ô,C— <5,Bf ...; Ô3A = Ô,B — ô,A, <5,B=<5,C —<î,B, ...; Appliquons la formule (27) à la série S,A + a?$,B-h ... ; nous trouverons d,A + xdtB + a?»d,C+ a?Jô,D +... = -^A_ + —^- (Ô,A+ a?ô,B + x*ôtC + ar'^D + i — xi — x Nous aurons de même I a,A+a3»B + a,iïC + *,3ïD + ...= -^-+-^-(aIA+*aIB + ar»i,C+...), (29) < - 1 — a? i — x On conclut de (27) et (28), puis de (27), (28) et (29), les formules sui- T. - I. 37
29O CHAPITRE XVII. vantes : (3o)/(ar) = ^ + îr-£ï55alA + (r^y(a1A + *a1B + *«*1c+...), (3I)/(.)=^+^^ôlA + (-^ô,A+(^)\ô3A + ^,B + ^3C + ...), La loi de ces diverses formules est manifeste; la dernière de toutes, qui est d'Euler, serait On pourra employer, pour le calcul de/(a?), l'une des séries (26), (27), (3o), (3i), ... , (32), en admettant, bien entendu, que ces séries soient convergentes; il pourra se faire que quelques-unes d'entre elles soient beaucoup plus convergentes que les premières. Appliquons ces considérations à la fonction aft/" : si nous faisons i _„*(* +!)•■.(* + »'—!) p_„ S S(S + 1)...(*+Q A = a -. > d zz a - : —. —> • • • » i.a... 1 1 i.a.. .(1 + 1) i — or nous trouverons * <&? = a*(A + Bas+ Ca* +...), ifei1» = a|-«|3»A + a'PV*! A + a'Ô.B -h a4<5,C +...), Dl,i/,= af-,(3»(A + (3,ôIA)-t-a/(3*(ô,A + aIô,B+a*ô,C + ...)» aft,;f,= a'-»p»(A + j3»d, A + (34ô,A) + af(36(ô,A + a»<5,B + a*<5,C + ...)» » aft£' = af-«|3»(A + j3»d, A + (3*ô,A + (3«ô,A +...). C'est en suivant cette voie que Le Verrier est arrivé à obtenir des séries assez rapidement convergentes, soit pour ift»^', soit pour , * ; elles lui ont servi à df"\&>{t) contrôler les valeurs de * obtenues par la méthode indiquée au ri° 112 ; pour les détails nous renverrons le lecteur au tome II des Annales de l'Observatoire de Paris, p. 10-17. J'énoncerai en terminant un théorème que j'ai donné dans le tome XC des
SUR CERTAINES FONCTIONS DES GRANDS AXES. 291 Comptes rendus de l'Académie des Sciences (voir dans le même Volume des Notes intéressantes sur le même sujet, par M. G. Darboux, et M. 0. Callandreau). .L'expression i. a.. .p dtxP i 3 5 dans laquelle s désigne l'une des quantités ->-»-> •••> tend vers zéro pour a<-> et vers l'infini pour a>•-, quand, i et s restant fixes,/? croît indéfiniment.
2Q2 CHAPITRE XVIII. CHAPITRE XVIII. DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE DANS LE CAS OU LES EXCENTRICITÉS ET LES INCLINAISONS MUTUELLES DES ORBITES SONT PEU CONSIDÉRABLES. 117. Nous allons chercher les expressions analytiques des coefficients du développement de la fonction perturbatrice suivant la forme indiquée au n° 70. Considérons deux planètes P et P', les rayons vecteurs r = SP et r' = SP' menés du Soleil S à ces planètes; désignons par a le cosinus de l'angle PSP'. Les fonctions perturbatrices correspondant aux actions de P' sur P et de P sur P' s'obtiendront en multipliant respectivement par îrri et fm les quantités suivantes : ra R°>1 — â— 7*' R -i-_^, MM - A r» Ces quantités ont une partie commune t> l'inverse de la distance mutuelle A = PP'; nous ferons (a) R! = à" =(r"+ #■'"— a/T'ff)"*, et nous nous occuperons d'abord du développement de R,. Fig. 20. x N' N Traçons une sphère de rayon i ayant son centre au centre S du Soleil {fig. 20).
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 2g3 Les parties positives des axes de coordonnées la perceront en x et y; soient NM et N'M' les grands cercles suivant lesquels la sphère est coupée par les plans des orbites des deux planètes pour l'époque quelconque t, et soit G le nœud ascendant de la première orbite par rapport à la seconde. Les rayons vecteurs SP et SP' perceront la sphère en M et M', et l'on aura a = cosMM'. N et N' sont les nœuds ascendants des deux orbites relativement au grand cercle xy. Il convient de rappeler que le plan de l'orbite d'une planète à un moment donné est le plan qui passe par le Soleil et par la vitesse de la planète à l'instant considéré. Posons *N = 0, /NG = <p; a?N'=0\ jN'G=<p'; xN + NG = r, *N'+N'G = t'; MGM'=J. La première chose à faire est de calculer J, t et t' en fonction de 6, 6', <p et <p': cela revient à résoudre un triangle sphérique NGN' connaissant un côté NN' = 6 — 6' et les angles adjacents NN'G = <p' et N'NG = u — <p; les autres éléments NG = t — 6, N'G = t' — 6' et NGN' = J seront calculés sans ambiguïté par les formules de Delambre / . J . (t'-0') + (t — 0) . 6—6' . 9 + 9' sin - sin = sin sin -1 ^, 2 3 3 2 (3) . J (T'_0') + (T_0) 6 — 6' . 9 — 9' sin - cos- — = cos sin J- ^- ; 3 3 3 3 J . (t'-0') — (t— 0) . 0-0' 9 + 9' cos - sin =r sin cos -1 ^ 5 3 3 3 3 J (T'_0')_(T_0) Q-Q' 9 — 9' COS- COS^ i = COS COS-1 — • 3 3 3 3 On en tirera, en effet, - > t — 6, t' — 6', d'où J, i et t'. On peut aussi employer pour le même but le groupe des formules de Gauss: sinJsin(T — 0) = sin9'sin(0 —0'), sinJcos(r—0) = cos9'sin9 — sin 9'cos 9 cos (0 — 0'), (4) { cosJ = cos9Cos9'+sin9sin9'cos(0—0'), sinJsin(T'—0')= sin9 sin(0 —0'), sinJcos(r'— 0') —-- cos9sin9' + sin9COS9'cos(0— 0'). Si l'on ajoute les deux premières ou les deux dernières des relations (3) après
294 CHAPITRE XVIII. les avoir multipliées par des facteurs, tels que — sin et -t- cos , d es- tinés à faire disparaître ou du premier membre de l'équation résultante, on trouve les formules suivantes : .J T-f-T7 0-f-0' 0 — 0'. O— O' .0 + sin - cos = cos cos sin -1 z sin 22 222 2 . J . t + t' . 0 + sin - sin = sin 22 2 0 —0' . 9 —9' 0 + cos sin ï 2- -+- cos 3 2 2 . 0 — 0'. 9 + 9' sin sin - - j 2 2 . 6 — 0'. 9 + 9' sin sin - —: 2 2 J T - T' cos - cos = cos" 22 2 /»i-kc' 9 —9' . „ 0 — 0' 9 + 9'. COS 1 — -+- Sin8 COS i — : 2 2 2 cos - sin 2 2 = l sin(0-0') (cos^^ - cosÎJtVy. Une transformation facile donne ensuite (5) sin - , 2 T -+- T <D « <D , cos = lang -*- cos0 — tang-1- cos0', 99 2 ° 2 ° 2 cos- cos — 2 ' 2 . J sin - 2 9 9 cos- cos — 2 2 T -t- t' <P <p' , sin — tang ■*- sin0 — tang-5- sin 9', cos 9 9 cos- cos — 2 2 COS > cos : =i + tangi tangi- cos(0 —0'), t — r 9 9 9 ©' SÎn ~~2~~ = laflg 2 tal16 2 ^^ ~~ 0,)' COS - COS 2 2 Des deux dernières de ces formules, on conclut tang T —T' tang ? tang 2- sin(0 — 0') 1 + tang ? lang ï- cos ( 0 — 0' ) Or la relation tang/ = vsin.£ 1 h- v cos a? dans laquelle la valeur absolue de v est supposée inférieure à l'unité, entraine, comme on sait, pour celle des déterminations dey qui s'annule avec x, le déve-
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 2^5 loppement convergent y = vsin.2; v'sinaa; -+- ~ v3 svn.Zx — 2 O On aura ainsi, dans le cas actuel, (6) Iz^L — tang^tangî- sin(0 — 0') — - tang» £ tang»2- sina(0 — 0') + 2 2 >S Ja Ja Ja Si donc <p et <p' sont considérés comme de petites quantités du premier ordre, la différence t — t' sera du second, et l'on pourra prendre, en négligeant seulement le quatrième ordre, t— t'= 2tang^ tangi- sin(0 — 0'). 118. Soient v et?' les longitudes des planètes dans leurs orbites (Jig. 20); on aura *> = .zN + NG + GM, p' = a?N' + N'G + GM', d'où GM=p-t, GM'=p'-r'. Le triangle sphérique MGM' donne ensuite a =cosMM' = cos(p — t)cos(p' — t') -+- sin(p — T)sin(p' — t') cosJ, a = cos(*> — p'h-t' — t) — 2sin*- sin(f — T)sin(p' —t'). Il convient de représenter sin- par yj et de poser u = *N'+N'G + GM; on aura ainsi cet ensemble de formules ( • J \ t) = sin-> u^c+r — t, (7) 2 ( a = cos(u — v') — 2tj* sin(u — t') sin(t>'— t'). L'expression (2) de R, pourra s'écrire (8) R,—[r«+r'î— 2/r'cos(u — v')] » ïh-1— —i ' K —1\ . l_ ;•*+/•"— 2 /v'cos(u — v') J Or les orbites des anciennes planètes sont peu inclinées les unes sur les autres;
296 CHAPITRE XVIII. c'est ainsi qu'à l'époque actuelle on a, pour Jupiter et Saturne, J = i° 17', pour Mercure et Vénus, J = 8° 46'; la plus grande valeur de J est i2°3o', et elle se présente pour Mercure et Mars. Même dans ce dernier cas, le plus défavorable, la quantité r\2 = sin2- est petite, et il en sera de même de l'expression . . 4tj,/'/-'sin(u—T')sin(t>' — t') (9) ,r*+r'*— 2/v'cos(u — v') ' qui est inférieure en valeur absolue à krr' . ,J 7~7 ^ Sln -') (r — ry 2' J » Urr' le facteur sin2- est petit et l'autre, . ,_ „> ne prend jamais de valeurs très grandes, parce que les rayons vecteurs r et r' de deux planètes sont toujours notablement différents. On pourra donc développer, par la formule du binôme, en une série rapidement convergente l'expression _i I" h*i*rr'sin(v — t') sin(t>' — t')"| * [ /•,H-r"— 2/t'cos(u — v') J et la formule (8) deviendra ^11,= [/•»+/•"—2/v'cos(u — p')]~» _2 — rr' [/•*+/•'*—2/r'cos(u — f')] * 2tj*sin (u -r')sin (v'— t') (,0) ( +/-V'l[/-'+r"- 2/r'cos(u — v')]~* 6yj4 sin*(u —t') sin»(f'—t') — r'r'3[/•*+/•"— 2/r'cos(u — f')] * 20tj,sin'(u — t') sinJ(f'— t') Les quatre premiers termes du second membre suffisent pour toutes les anciennes planètes. Si l'on considérait les planètes Jupiter et Pallas, le développement (10) ne serait pas toujours convergent; on peut, en efFet, assigner à ces deux planètes, sur leurs orbites, des positions telles que l'expression (9) soit, en valeur absolue, supérieure à l'unité; cela tient, d'une part, à la très grande inclinaison de l'orbite de Pallas sur celle de Jupiter (34° environ) et aussi à la grande excentricité de Pallas (0,24) qui diminue notablement la différence r'—r à de certains moments. Il faudra donc, dans l'étude des perturbations causées par
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 297 Jupiter dans le mouvement de Pallas, employer un autre mode de développement. 119. Il faut maintenant remplacer dans l'expression (10) les quantités r, /, u etc' par leurs valeurs !r'=a'(n- x'), *>'=/'+y', en posant (12) X=/ + t' — t. Dans ces formules (n) et (12), on a désigné par a, a', / et,/' les demi grands axes et les longitudes moyennes dans les mouvements elliptiques de l'époque t; x et y sont des fonctions connues de l'excentricité e et de l'anomalie moyenne /— cr; elles contiennent e en facteur; de même, x' et y' dépendent de é et de /' — tn', et renferment le facteur e'. On a donné au n° 93 les premiers termes des développements périodiques des quantités x, y, x' et y'. Les excentricités e et e' étant petites, nous développerons, suivant leurs puissances et leurs produits, les diverses parties de l'expression (10) de R,. en employant la formule de Taylor; le premier terme de cette formule sera ce que devient R, quand on y suppose e —o, e'=o et, par suite, r = a, r'=a', u = A, tf=l'. Soit R0 cette valeur correspondante de R, ; si l'on fait (I)= [a'-+a'* -2aa'cos(/'— A)]_ï, (II) —aa! [a»+a"— 2aa'cos(/'-A)]"T 2tj'sin (/'— t') sin (A —t'), (13) < (111) = a,a"[a,+ a" — 2aa'cos(/' — A)]~* 6yj4 sin»(/'— t') sin»(A -- t7), (IV) =a3a'3[aa+a" —2aa'cos(/' — A)]~ï20Yj9sin,(^-T')sin3(A—T'), on pourra écrire (i4) Ro = (I)-(II)-MIH)-(IV) + .... T. — I. 38
2Ç)8 CHAPITRE XVIII. Or, dans le Chapitre XVII, on a appris à développer, suivant les cosinus des multiples de /' — X, les fonctions [a* -+- a" — 2 aa' cos ( /' — X )]-*, dans lesquelles s reçoit les valeurs -> -, — On a posé [a2+a"—2aa'cos(/'—X)]~'=i£ A<« cosi(t — X), aa' [a'+a"— 2aa'cos(/'— X)]~* = - £ B"> cosi(J' — X), (.5) a'a'^a'+a"—a aa'cos (Z'-X)] »= i £ C">cosi(?—X), a»a'3[a»+a"— 2aa'cos(/' — ^f'^-^Df'cos^/'- X), L'indice i prend toutes les valeurs entières de — oo à ■+- oo; on a À<-« = A"'\ B«-') = B«« A(i), B('\ ... sont des fonctions homogènes du degré — i de a et a'; leurs valeurs, quand l'augmente, diminuent d'autant plus rapidement que le rapport-, est plus petit (en supposant a < a'). Il faut maintenant porter les expressions (i5) dans les formules (i3); on doit chercher à n'introduire finalement dans R0 que les sinus ou cosinus des multiples de /'et X; on trouvera, dans ce but, parles formules les plus élémentaires de la Trigonométrie : asin (/'— <r')sin (X — t') = cos(/' — X) — cos(/' + X — 2t'), 8sin»(/' —T')sin»(X —t') = 2 + cos(2/' —2X)—2Cos(2/' —2t') — 2Cos(aX — 2t') -+- cos(2/'h- 2X — 4t'), (»6) ( 3asin»(/' —T')sin»(X —t') = 9Cos(/' —X)+cos(3/'—3X) — 9Cos(/' + X —2t')—3cos(3/'—X- ît') ^ — 3cos(—/'+3X—2t') + 3cos(3/' + X —4t') + 3cos(/'+3X —4t') -cos(3/' + 3X-6t'). En substituant les expressions (i5) et (16) dans(i3), on sera amené à une
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 299 suite de termes de la forme cosv2]I>(',cosi(/'-X) = -2D(,',cos[ï(^-^)+v]+ j2D">cos[i(/'-3l)-v]j or les deux ^ du second membre sont égaux, comme on le voit, en changeant dans l'un ien —i, ce qui reproduit l'autre; on a donc cosv £ D"> cosi(l'-l) = £ D«> cos[i(/' — l) -+- v], et cela aura lieu aussi quand on remplacera D(/) par C{i) ou B(l). On trouvera ainsi aisément (II) = - yja2B(0cos(i-M)(/' —X) —-yja2 BMcos[(i + i)(J —À)+aX —a<l, (III)= | y}* S 2 ^ C(')cosï(/'-X)4-2Cf/)cos(i + 2)(/'-X) — 2^T C^)C0S[(l + 2)(/'— X)+2X — 2T'] — 2 ^ C<«COS [!(/'— X) + 2* — 2 T'] + 2]C<'>COS[(l-Ha)(f-À)+4*-4T']|, (IV) = ^Y)6J9]rD">cos(i + i)(/'-X) + 2 D(/,cos(i + 3)(f —X) — 9 £ DC) COS[(l -M)(/'— X) + 2* — 2T'] — 3]TD"'>cos[(i + 3)(/'-X)-f-2X —2t'] — 3]TDWC0S[(l'-l)(/'— X) + 2X— 2T7] + 3]TDWcos[(i'-f_3)(/'-X) + 4X-4T'] + 3]Td">cos[(i-m)(/'-X)+4X-4t'] — 2D(')cos[(i + 3)(/'-X)4-6X-6t'] j. On peut dans ces J] changer «, tantôt en i — i, « — 2, « — 3, ou i + i, de ma-
3oO* CHAPITRE XVin. nière à ramener toujours sous les cosinus le coefficient de /' à être égal à i; on trouvera ainsi ' R0= J^U^ cos i(l' — l) + 2] N<« cos[>'(/' - X) + 2X - 2t'] (I7) | + 2]P">cos[i(J'-X) + 4X-4V] + 2] Q(/> cos[i(f — X) + 6X — 6t'] où l'on a fait, pour abréger, a a 8 10 v N<«=- Yj,B('-I)-7tj4[C"'> + C"'-,>] + 4^[D(,'-f-|, + 3D(/-,)+D('-»)]-..., 2 4 16 (l8) P"> = £ »*C<'-»>-^t)«[D<'-» + D<'-'>]+. o lu I Q'"=4i'D"-"---. L'indice 1 prend toutes les valeurs entières, depuis —00 jusqu'à -4- 00; on voit que les quantités M('),N('),... dépendent de a, a'et dey)2. On remarquera que nous n'avons négligé que y)8, c'est-à-dire les quantités du huitième ordre, en regardant y) = sin - comme une petite quantité du premier ordre. Il convient d'observer que chacun des arguments de la formule (17) est de la forme i( /' — X) -+- a p\ — 3/>t'; la somme des coefficients de /', X et t' est donc égale à 1 — (1 — ip) — 2p ; elle est nulle; on voit de plus que le coefficient de cos[i (/' — X) -4- 2p\ — zpt'] est de la forme c'est ce que l'on vérifie aisément pour p = 1, p= 2 et/* = 3, d'après les formules (17) et (18). Si l'on fait h = i— 2/?, l'argument considéré ci-dessus devient il'— AX—(1 — A)t\ et l'expression (17) de R0 rentre dans la forme suivante, (19) R0= ^W'» cos[il' - hï- (i- h)r'],
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 3oi en prenant successivement !h = i, K«>A> = MO, h = i'-2, KC*) = N(«f h = i-b, K«'.*> = P<«, A = i-6, K ('.*> = Q<«, et donnant à «toutes les valeurs entières de — qo à +x. 120. Il faut maintenant remplacer dans l'expression (19) de R0 a, a', ly F respectivement par a(i + x), a'(i + x'), X + y, F+y'j 1' restant le même ; le résultat de cette substitution changera R0 en R,. Faisons d'abord la substitution dans K('**\ qui est une fonction homogène et de degré — 1 de a et a', que nous représenterons par F(a, a'); nous aurons donc, en désignant par k une quantité quelconque, et par la définition même des fonctions homogènes, F[*a(i-hx), *a'(i + x')] = j F[a(i + x), a'(i + x')]; d'où, en prenant k = ,» (21) F[a(i + x), a'(i + x')]- ~ f[«i(i + 7=^). «'] • On peut développer „/ x-x' .A t a + fl , > a' par la série de Taylor relative au cas d'une seule variable a, ce qui donnera „/ x —x' A x— x' a <?F(a, a') F(a + a—■—v a') =F(a, a') h 7 y—'- \ n- x' / x ' n- x' i da /x —x'\» _a«_ \i-f-x'/ 1.2 da1 x— x' cette série convergera rapidement parce que ——-, est petit
3o2 CHAPITRE XVIII. En remettant pour F(a, a') sa valeur K(',A), et posant d'une manière générale (23) J P I.a.../> do^ ' ( K(0I''*» = K('.*), les formules (21) et (22) donneront F[a(i + x), a'(i + x')] = -^—, + 7^ r^ K(/'A) L \ /» \ /J I_|_X' (I+X')ï « + (i+x')' a (i + x')*+1 p ^ "■ Il ne nous reste plus qu'à remplacer, dans le second membre de la formule (19), K(',A) par l'expression précédente, etX par X -4- y, /' par /'-H y7; nous trouverons ainsi (24) R| = 2]Ki,'.*)i^^ïC08[ir-AX-(i-A)T'+iy-Ay], où p devra recevoir les valeurs o, +1, 4-2, ..., et où il faudra remplacer ensuite h et K(',A) par les valeurs indiquées dans le Tableau (20); i prend du reste, comme on sait, toutes les valeurs entières, depuis — 00 jusqu'à -4- 00. Le Verrier a poussé son développement jusqu'aux quantités du septième ordre inclusivement, en considérant y), e et é comme de petites quantités du premier ordre; ce degré d'approximation lui a suffi pour établir les théories des anciennes planètes. On devra donc donner à p, dans la formule (24), les valeurs o, i, 2, ..., 7. On voit que ce qui nous permet de limiter le développement actuel, c'est la petitesse des excentricités des orbites; en résumé, dans la formule (24), les indices p et h seront limités, le premier par la petitesse de e et éy le second parcelle de yj; l'indice i prendra des valeurs qui seront d'autant moins nombreuses que le rapport — sera plus petit. 121. On remplacera cos[<7 — AX — (i — h)z' -h iy' — hy] par cos[i7'—h"k — (1 — h)r'] (cosAy cosiy' -+- sinAysiniy') -+- sin [it — h"k— (i— h)r'] (sin/iy cosi'y' — cos/iy siniy'), et(x— x'/ par xp— E X"-»x'+ P(P~l) x/>-«x's_... i -1.2
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 3o3 et la formule (24) donnera sans peine R, = K?'*> (cosAy ^^ + sinAy ^') cos[iT- hl -(« - A)r'] + K^)(sinAy^^-cosAy^)sin[l7'-AX-(I'-/l)T'] t^^a, T » cosiy' . . siniy' +K''" LxcosAy (TT7)î + xs,n/iy (TTFT« , x'cosiy' . ' x'siniy'"] r... ,. . , — cosAy ■— — sinAy ^ cosu/' — nk— (1 — h)ï] J (H-x')a J (i+x')2J L \ 1 s *r,ih\ï • «. cosiy' , siniy' +K'.' ' LxsinAy (ITT? -xcosAy (TTF? - sinAy^p^ + cosAy£^] sin[.T-A*- (.-A)r'l „,,,,.[ ? cosiy' P „ . , x'cosiy' •K«.«[ »'cosAy ([ + x,^, - g x->- cosAy (, + 1>)^ + £(£=i2 x^cosAy ,x"co?'^ — .. 1.2 J (H-X')/"1-1 i*v' n v'cïn/i/' „ . , siniy' p „ , . . x'simy' -hx^sinAy ; ^-—r — - x^-'sinAy , -^—T PiP — 1) „ * • t x^siniy' "I r... .. ,. . v ,, + A^vr i xp-1 sinhy —£- —... cos[i/'— AX — (1 — A)t'] 1.2 J (l +X')^+1 J L V / J trtih\ T „ • t cosiy' P „ , • 1. x'cosiy' + K'i'*' x* sinAy ; ^—-, — - x*-1 sinAy -, r-^-v i.a ' (1 -t-x')^-1-1 , siniy' P „ , , x'siniy' -«""*» (TT^h + , x' cos*y F7F _ djL^l x,-cosAy X"Si?^,+...l sin[,7'-AX-(,-A)r<] i.a (ï + x'y+l J L v / j On trouvera cette formule écrite tout au long, jusqu'à p = 7, dans les pages 355-357 du tome 1 des Annales de r Observatoire. On voit qu'on est ramené à trouver les développements, suivant les sinus et cosinus des multiples des anomalies moyennes, de facteurs rentrant dans les
3o4 CHAPITRE XVIII. \ quatre types suivants : \ ®L = xp-icoshy, %=xP-isinhy, «/_/ n,/>(J> + 0-■•(/> —«7+0 x^cosiy * k ; 1.2...q (i + x')^1' 9'=( Iw/?</?-0--^-g+0 \/yainiy *' v ' L2...7 (i+x')|M"1' Ces quantités ne dépendent chacune que de ce qui concerne une seule des planètes. Les formules (36) et (37) d'une part et (38) et(3g) de l'autre, du n° 94, donnent ces développements (dans les deux dernières, il faut accentuer les lettres). 122. Voyons maintenant quelle sera la forme finale des divers termes de R, ; nos facteurs ^sont développables, comme il suit, en séries procédant suivant les sinus ou les cosinus des multiples des anomalies moyennes £ et Xj : s> =2 3t> cos/iÇ, ^1 = 2 S^i sin/iÇ, ^' = £^'cos/!'Ç', ^^^^'iSinw'Ç'; 3t> et 3t>, sont de la forme c"+2P(p(es), p désignant un entier positif ou nul, et <p(e2) une série convergente procédant suivant les puissances de e2; de même &f et ZK,'t sont de la forme e'",+ip,«|;(c/I)t p' désignant un entier positif ou nul. Ces remarques, qui résultent de ce qui a été dit au n° 94, nous seront utiles dans un moment. Portons les expressions ci-dessus de ®>, «>,, «>' et £( dans le terme général de la formule (25); nous trouverons K<f'A' (X ^'cos/iÇcos/i'Ç'+St,,^', sin/iÇsin/i'Ç')cos[i7'— hl — (i — h)r'] + K£A,(0&I3Ç/sin/iÇcosn'Ç'— 3fc Jt/jCOS/iÇsin/i'Ç') sin[i7' — hl — (i — A)r']. Cette expression, dans laquelle figurent des produits de trois lignes trigono- métriques, se transforme aisément, par des formules bien connues, dans la suivante, qui ne contient que des cosinus : - Kph) (£%,£%,'— St»^', - Sfc^'-h Sfc,Sfc,\) cos[i7'-AX — (1 —A)t'+ /iÇ+ /i'Ç'] (26) + j Kp'^iSf&K,'— St»,^', + Sfc,^'- X^'J cos[i7'-hl — (i-h)r' — nÇ— n'K'] ■+- j K^A)(X0t'+0î,I^'1 — JC.St,'— SK,X,\)cos[il' — hl — (i — A)t'+ /iÇ — n'Ç'.] + ]:K^A,.(X0î,'+3^IX'1-h3^1JC'4-%0î,'I)cos[i7'--AX — (i-h)r'— /iÇ + /i'Ç']. A
(29) DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 3o5 On a Il convient de faire (27) û) = tït+t' — t; on aura (28) ' K = l — &>, X>'—V — rs'; en portant ces valeurs de Ç et £' dans l'expression (26), on pourra l'écrire ainsi : ^ Kjf-A' (JC —JCI)(JC'+JC'I)cos[(i + /i')/'+(—A + n)X- nu- n'rs' — {i — h)z'] ■+- lj K£A) (X + JC,)( JC'— JC',) cos[(i — n')l' + (—h — n)ï + nv + n'rs'— (i — h)r'] + - K<f'">(3t, — X,)(3t,' — ^'1) COs[(i — n')l'-h (- A -h /i)X — nu + /i'gt' — (1 — /i)t'] + 7 K'''A)(X + 3Ç,,)(0V+ JC',) cos[(i + /i') *' + (— A— ")* + im- /i'©' — (1 — h)*]. 4 Le développement de R, résulte immédiatement des formules (25) et (29). On voit qu'il ne contiendra que des cosinus d'arguments D renfermant les cinq quantités X, t, <o, xs' et 1' de cette manière (3o) D±raX+a7'+|3û> + |3'7ïT'— 2yr', en désignant par a, a', (3, (3' des nombres entiers positifs, nuls ou négatifs, et par y un nombre entier positif ou nul (car on a vu que iy = i — h ne doit recevoir que les valeurs o, 2,4, .•.). Il convient de remarquer dès à présent que la somme algébrique des coefficients a, a', (3, (3' et — 2y de X, /', a), xs' et t' dans D est nulle; cela se voit immédiatement sur l'expression (29); pour le premier des arguments qui figurent dans cette expression, on a, en effet, a +a'+ (3 + |3'— 2y = (i + n') + (— h + n) — n — n'— (i — h) = o, et la même constatation se fait pour les trois autres arguments de l'expression (29). On peut d'ailleurs démontrer autrement la relation générale (3i) a + a' + [3 + |3'_2), = o, en remarquant que la fonction R,, qui représente l'inverse de la distance mutuelle des deux planètes P et P', doit être indépendante de la situation de l'axe des x T. - I. 39
3o6 CHAPITRE XV1I1. dans le plan fixe des xy; il doit en être de même de chacun des arguments D. Or, si l'on fait tourner dans ce plan l'axe des x d'un angle quelconque jx, les quantités /, /', tnr, tn', t, t' augmenteront toutes de (x: il en sera de même de X et d), en vertu des relations "k = l + z'—t, &) — gt + t'—t; alors, d'après la formule (3o), la variation de D sera égale à /ji(a + a'+[3 + [3'—2y), et, cette quantité devant être nulle quel que soit jx, la relation (3i) en découle immédiatement. 123. Nous avons maintenant à nous rendre compte de la composition générale des coefficients de cosD dans le développement de R(. Considérons pour cela la première ligne de l'expression (29) : x — St.,, qui dépend seulement de e, ne contient, d'après une remarque faite au commencement du numéro précédent, que des puissances de e dé la forme c""1"3?, p désignant un nombre positif qui peut être nul; d'ailleurs, le coefficient de <o dans l'argument correspondant de la première ligne de l'expression (29) est égal à — n, et sa valeur absolue est h- n. Donc, le plus petit exposant de e dans le coefficient de cet argument est égal à là valeur absolue du coefficient de <o, augmentée d'un nombre pair qui peut d'ailleurs être nul. On peut faire la même remarque pour les trois autres arguments de l'expression (29), et aussi pour ce qui concerne les exposants de ef comparés aux valeurs absolues des coefficients de tn' dans D. En décomposant donc le coefficient de cosD en diverses parties contenant chacune un produit tel que eHe'n\ et se reportant à la formule générale (25), on pourra dire qu'un terme quelconque du développement de R, est de la forme [2C/,K#'/"]xeIVB*cosD, où Cp désigne un coefficient numérique, et H et H' ont la signification suivante : H = | (31 + un nombre pair, H'= |[3'| + un nombre pair, en représentant, suivant l'usage actuel, par|(3| et|(3'| les valeurs absolues de P et p'. Si maintenant on remplace K^,A) par \.i...p daP
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 5oj et que l'on tienne compte des formules (20), on trouvera que K(£A) se compose d'une suite de termes, tels que 1. 2.. .p dW ™~p gp dPBW 1.2.. .p daP — À'" — ap » — B'-" — "u » multipliés par des puissances de yj dont les exposants sont 2y, 27 + 2, ...; cela résulte des formules (18) et des remarques qui les suivent. Donc, en considérant à part les diverses puissances de yj et envisageant le développement de a'R, au lieu de celui de R,, on pourra écrire ainsi la forme générale de ce développement (32) et l'on aura | a'RI = £1VIVI,''r>FcosD> ( D=aA + a7'+|3û> + |3'7ïT'— 2yr', H = | (3 | + un nombre pair, H'= 113'| + un nombre pair, F — 2 y -1- un nombre pair. Enfin le coefficient N, sera de la forme (33) N, = VWa'AW + V'/'a'A'/» + V«/,a,A(/) + .. . ; VJ,7) est un coefficient purement numérique indépendant de a et a'; A{^ peut être remplacé par l'une des quantités BJ/', C{J\ DlJ\ dont on a donné les valeurs au n° 115 et qui se trouvent ainsi constituer la base fondamentale du développement de a'R,. On remarquera d'ailleurs que a! AJ/' est une fonction homogène et de degré zéro de a et a', ne dépendant donc que du rapport -;♦ L'ordre du terme général du développement de a'R, défini par les formules (32) et (33) est égal à (34) H + H'+F= |[3J + ||3'| + 2y + un nombre pair qui peut être nul. On peut donner de cet ordre une autre expression très utile, en remarquant que la somme des valeurs absolues de plusieurs quantités positives ou négatives est égale à la valeur absolue de leur somme algébrique ou bien à cette valeur augmentée d'un nombre pair.
3o8 CHAPITRE XV111. On déduit de la relation (3i) 2y — (3 — |3' = a + a', et l'on en conclut, en observant que y est positif, ( 35 ) 2 y ■+- | (31 -+■ | |3' | = | a + a' | + un nombre pair. De là cette seconde règle : L'ordre du coefficient de cosD dans un terme quelconque du développement de fl'R, est égal à la valeur absolue de la somme algébrique des coefficients de /' et X dans l'argument D, ou bien à cette valeur augmentée d'un nombre pair. Application de ce qui précède. — Considérons les termes séculaires du développement de a'R,, pour lesquels on a simultanément a = a' = o; l'application de la dernière règle montre que ces termes seront des ordres o, 2, 4> •••• Considérons en second lieu les termes suivants C, cos(— 2X + 5/'— 3&>), CjCos(— 2^ + 5/'— au- et'), C3cos(— 2X + 5/'— m— 2t'), qui jouent, comme nous l'avons déjà dit, un rôle considérable dans les théories de Jupiter et de Saturne. On voit immédiatement que C,, C2, C3, ... sont d'un ordre au moins égal à la valeur absolue de — 2 -h 5 = 3; ils sont donc au moins du troisième ordre. De plus, la présence de — 3<o dans le premier argument indique que C, doit contenir le facteur é*; C2, C,, ... renfermeront de même les facteurs e*é, erf, .... Nous remarquerons enfin, en terminant, que si l'on ne voulait pas conserver sous forme de monômes les coefficients de cosD, on pourrait présenter comme il suit le développement de a'R, : fa \ DK, = elPl e'lP'1 yj«Y$ ( -|, e\ e'\ n1 j, $ désignant une série ordonnée suivant les puissances de ea, e'2 et rf; les coefficients des puissances et produits de c2, e'2, yj2 seraient des fonctions de —,• Nous allons donner ici le développement de R, jusqu'aux termes du second
(37) DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 3c>9 ordre inclusivement : R, = £ |~£ A") - i VBC-» + t^l (_ 4,1 a<0 + a A'/'H- a Ai1'»)"] cosi(f — X) + -e J [— aiA<" — A'/'] cos [il'— (i — i) X — &>] + - «' 2 Kai'+ ')A(0 + Ai"lcos K' + ')/,_ a~w'l + ^'2 [(4*'— 50 AC) + (4i — a) A'1'' + a A'/'] cos [iT— (i — a) A — au] + 7 ee'2 [(4lX+ a0 A(" — 2 Al° — 2 A«"] COS[(l + I) /'— (I + I) A — GT'+ ù>] + Zee'2t(— 4»1 — 2i)A(,) + (--4i — aJA',1''— aA'/'Jcos^i+i)/' — (i — i)A— m'— w] H- g e'1 £ [(4«*+ 9« + 4) AC' H- (4« + 6) A'/' + aA',"] cos [(i + a) l'-il - aw'] + -1)» 2] B('_1) cos [il'— (i— 2) A— ît']. Dans cette formule, l'indice i doit prendre toutes les valeurs entières, de — qo à -h qo ; A'/' et AJ,0 ont la même signification qu'au n° 115. Pour l'expression complète du développement de R, jusqu'au septième ordre inclusivement, nous renverrons au Tome I des Annales de i'Observatoire, où la formule qui donne R, occupe les pages 277-330; elle ne renferme pas moins de 469 termes. Dans une Thèse soutenue en i885 devant la Faculté des Sciences de Paris, M. Boquet a étendu le développement de R, jusqu'aux termes du huitième ordre inclusivement (voir le Tome XIX des Annales de /'Observatoire). 124. Il faut maintenant passer du développement de R, à ceux de R0il et de R, 0. On a, par les formules (1), (38) R.^R.-IL,, (3g) R,,o = R,-^<t. Occupons-nous d'abord de R0|l : quand on néglige les excentricités, la quantité — -75 <r, en ayant égard aux formules (7), se réduit à --^cos(/'-A) + ^tjïsin(A-T')sin(/'-T') (4o) { a a = -4ïCOS(/'-A)+ ^Y)tCOS(/'_A)-4î^COS(/'+A-aT').
3lO CHAPITRE XVIII. Or, si dans les formules (17) et (18) on suppose A(l)=A(-„ = _ « , B(0) = _if, a" a" et tous les autres coefficients A('\ Bw, C('\ D(l) nuls, on trouve 2 a'1 a'1 ian a'* tous les autres coefficients M(/), N(l), P(0, Q(l) sont nuls, et il vient R0 = [M<«> + M<-«>] cos(/'— 1) + N<» cos(/' +1 — ar'), Ro = (- pi + ^ u") cos(/'- X) - ^ yj» cos(/'+ l ^ ar'). C'est précisément l'expression (4o). Tous les raisonnements et calculs faits dans les nos 120, 121 et 122 ne supposent qu'une chose, c'est que K(,,A, est une fonction homogène et de degré — 1 de a et d\ on pourra donc les appliquer dans le cas actuel; seulement, on devra remarquer que l'on a dA<»> _ dA(-*> _ 1 da ûa a'1 et que les dérivées suivantes sont nulles. 11 suffira donc d'appliquer la formule (37) en donnant à l'indice i dans les divers termes les valeurs -4- 1 et — 1 et prenant A<»>=A<-»>=-4> B<«)=-^, a'* a'1 Ad)— A(-i)— f* 1(1)— A(-l)— 0 A, —A, —— ^> A, —A, — O. On trouvera ainsi, en négligeant toujours les termes du troisième ordre : ^(Ro.i-Ri)= [-' -h^(e*-he'*) + n*\cos(l'-"k) 3 — ee' cos(a/' — aX — nr'+ w) -\— e cos(/'— w) ecos(/' — aX + &>) —ae'cos(a/' — "k — rs') (4i) ( ' 3 — g e'cos(/'+X —aw)— g eïcos(/'—3X+ au) + 3ee'cos(a/' — rs'— w) — ^ e" cos(/' + X — anr') I — ^e^cosCS/' —X —aw')—yjïcos(/'+X —ar').
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 3ll On verra de même qu'en négligeant les excentricités Rli0 —R, devient (4o') - (Jp - ^-tri*\ cos(l'-l) - ^tj" cos(/' +X- 2t'). C'est à cette même expression que se réduit R0 quand, dans les formules (17) et (18), on suppose a1 a* tous les autres coefficients étant nuls; on en déduit dA<» _ 2a' ^A") _ a' • —5 — H 1- > —■> , — — 2 . 3 —7 y • • ■ y oa a3 oa* a* d'où C'A»'= a'Air" = (— i)«+i(/i + i) ^. Alors, si dans la formule (37) on donne à l'indice «les valeurs -4- 1 et — 1, l'expression correspondante de R, se confondra avec celle de Rlf0 — Rlf et l'on trouvera sans peine £ (R,,o- Ri) = [-1+ £ (C + e") ■+■ yj»1 cos(l'-l) q — 2ecos(/'—. 2X + W) + -e'cos(X— xs') e'cos(2/'— "k — m') 1 27 (4i') / — 0 e*cos(/'-i-A — 2u) ^-e'cos(/'—3X + 2w) — ee'cos(2/'— 2A —nr' + w) + 3ee'cos(2A— et' —w) — ^ e,2cos(/'+ A — 2 et') — g e'" cos(3/' — X — 2 et') — tjïcos(/'+X —2t'). Les divers termes dans lesquels on développe ainsi les différences Rlf0 — R, et R0>1 — R, rentrent dans la forme générale (32); dans chacun des arguments D, la somme algébrique des coefficients de X, /', a), xs' et l'sera nulle ; on aura, pour fixer les limites inférieures des exposants de ey e' et Y), et de l'ordre du terme, les mêmes règles que pour R(t puisque le procédé de développement est identique. 125. On peut obtenir aisément l'expression générale d'un terme quelconque des développements des différences R0il — R(t R1>0 —R, à l'aide des fonctions de Bessel, comme nous allons l'indiquer.
3l2 CHAPITRE XVIII. On a, en tenant compte des formules (7) et (38), r r Ro.i—Ri = -t cos(p — v'-\-t' — t) + atj1 -jî sin(p — T)sin(p' —t') ou bien, en introduisant les anomalies vraies w et «/et posant encore (1) = XS H- l'— T, r /* R0.1 — Ri= ji cos(w — hp-'+w — rs') + 21)2 -^ sin(MP'-i-û) — t') sin(hp>'+ w'— t'); / « « / /x / cosw' . sinw'X R0,i — R, = — cos(o> —nr) (/•cosmp' —^ 1- rsinHP- —j^— 1 . , ,v / costv' si-nw'X + sin(w —w')(rsinw-pi /cosw-p^-J + atjï[/,coswsin(û) — t') + r sinwcos(&> — t')] —pï- sin(w' — t') + -pj- cos(gt'-t')J . Or on a obtenu dans le n° 86 les développements périodiques de rcosw, rsinw, —rj—, ,a ; les formules (m) et(/i) de ce numéro donnent (43) - cosw= ^ A„cos/iÇ, — oe _ J/i-,(we) An — > - sinMP"= V B„sin/iÇ, — oe A0 —— -e; ct" cos w' nris\nw' ^Ti = 2à A"' C0S n Ç ' —pi— =2rfB'"Sin/lÇ ' A'„, — /i'J„_,(/iV), B'.1=v^-7îii,Jii.-,(iiV). A'0 = o. (44) En portant ces valeurs dans la formule (42), elle donnera — (R0,i —Ri)— — cos(iu—m') ^^ (AH A'^, cos/iÇcos/i'Ç'+ BnB'n,s\nnÇ sin/i'Ç') + sin(«—nr')^^ (BnA^,sin/iÇcos/t'Ç' —AnB'n,cosnÇ sin/i'Ç') + atjï|sin(&) —t')^ A„cos/iÇ + cos(o> — t')^ BBsin/iÇ| x [sin(w' — t')£ A';|/cos/i'Ç'+cos(7ît' — t')£ B'n, sin/i'Ç'I.
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 3l3 On mettra sans peine le second membre de cette formule sous la forme (32); nous ne ferons pas ce calcul, et nous nous bornerons à deux remarques : En premier lieu, A'0 n'étant pas nul, on voit que le second membre de la formule (44) pourra bien contenir des termes indépendants de Ç, mais qu'il ne renfermera pas de termes indépendants de Ç'î la différence R01 — R, ne contiendra donc pas de termes séculaires. En second lieu, les formules (43) montrent que A„ et B„sont, relativement à e, de l'ordre n — i; A'n et B^, sont de même de l'ordre ri — i relativement à e'. Cela posé, en examinant attentivement la formule (44). on reconnaît que le coefficient d'un argument contenant ±n\± riV sera de l'ordre des quantités A„A^,, BrtB)|;, B„A^,, A^B^,, ou de l'ordre de ces quantités multipliées par r\2. L'ordre du coefficient considéré sera donc égal à/i— i -h ri — i = n -h ri — 2 plus un nombre pair. En général, en prenant D sous la forme (32), on pourra dire que l'ordre du coefficient C est au moins égal à |«| + |«'|-a. Cette limite pourra être plus élevée que l'ancienne | a -4- a' |, qui ne cesse pas d'ailleurs d'être applicable ici, comme pour R,. Exemples. — Considérons de nouveau les termes dont les arguments sont de la forme D= — 2l + 5 l'+q, g contenant ©', <o et i\ mais non /' ni X. La règle ci-dessus montre que l'ordre des termes de cette nature, qui proviendront de R0fl — R,, sera au moins égal à a-h 5 — 2=5, tandis que les mêmes termes qui provenaient de R, étaient du troisième ordre. Dans la théorie des perturbations de Pallas par Jupiter, les arguments de la forme D=— jl-hlSC-hq sont très importants à considérer, parce que la différence entre 7 fois le moyen mouvement de Pallas et 18 fois celui de Jupiter est très petite. DansR,, le coefficient de cosD sera de l'ordre 18 — 7 = 11 ; tandis que, dans R0>1— Rt, il sera de l'ordre 7 -4-18 —2 = 23; les termes de la forme indiquée seront entièrement insensibles dans R0>1 — R,. 126. Il résulte de ce qui précède que les développements de R0fl et R,f0 sont de la forme (45) a'R0>I = 2Ne»e',I*tjFcosD, fl'RliD^2N'eHe"l'ïiFcosD) T. — I. 4o
3l4 CHAPITRE XVIII. où l'on a D = <xk ■+- oc'V ■+- (3w + (3'nr'— ayr', (46) { ' H = | a | + un nombre pair, H'= \<x'\ ■+■ un nombre pair, F = ay + un nombre pair. N et N' sont des fonctions de —, qui peuvent être différentes à cause des termes provenant de R0fl — R, et de Rlf0 — R,. Parleurs définitions mêmes, formules (i), les fonctions R0#1 et R1>0 doivent être complètement indépendantes et de la 'position du plan fixe des xy et de l'orientation de l'axe des x dans ce plan. Il doit en être de même des arguments D, et il est bon de le vérifier. Cela est facile, car on peut écrire D = a (l + t'— t) + ot!V-+- (3 (w + t'— t) H- (3'gt' — (a + a' + |3,+ |3')t', (47) D = al + <x' l' + Ç>xs + Ç>'xs' — (« + [3)t— («' + [3')t'. Cette expression est symétrique par rapport aux éléments des deux planètes. Désignons maintenant par L, L', Q, Cl' les longitudes moyennes des deux planètes et les longitudes de leurs périhélies, toutes ces longitudes étant comptées sur les orbites respectives des deux planètes, à partir du point G de la fig. 20. Nous aurons L = l — t, L'=l'— t', G = gt — t, G' = gt' — t', et la formule (47) deviendra (48) D = aL-ha'L'+|3G + |3'G'; cette expression est maintenant tout à fait indépendante de la position des axes de coordonnées; il en est de même des fonctions perturbatrices, qui peuvent s'écrire (49) j a'R0iI = £ * (£\ e"e'"' (sin ^ jYcos(«L + a'L'+ (3G + |3'G'), a'RI>0 — 2] ^(f,) *"*'*' (sin £ jYcos(«L + a'L' + (38 + |3'G'). Ce sont des expressions réduites qui ne dépendent plus que de la situation relative des deux orbites, et non de leurs situations absolues. Il n'y figure que quatre arguments L, L', Cl, Q'.
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 3l5 127. En parlant, au n° 70, du calcul général des perturbations, nous avons supposé, pour chacun des termes du développement de la fonction perturbatrice, une forme un peu différente de celle que nous venons de trouver, savoir G cos(a/ + <x'l'+ (3gj + (3'gj' -+-J9 -+-J'9'), le coefficient G dépendant de a, e, <p, a', e\ <p'. Nous allons démontrer ce résultat. Les expressions des coordonnées rectangulaires x> y> z trouvées au n° 32 peuvent s'écrire x © - = cos v + 2 sin 0 sin ( v — 0) sin* x > •2- = sini> — 2 cos0 sin(i> — 0) sin! -> * = sin(f — 0) sin 9; on a des expressions toutes pareilles pour ^-> ^-,> -,> et l'on en conclut <T= 7 -+--—, -+---; =cos(t»'— f) + 2sin* -*- sin0sin(^ — 0)cosi>' + r /•' r r r r * ' 2 Nous avons écrit dans le second membre la partie indépendante de <p et <p', et seulement l'un des sept autres termes, qui sont du second ordre ou du quatrième, si l'on regarde ç et ç' comme de petites quantités du premier ordre. On transforme les produits, tels que sinôsin(V — ô)cos*>', en sommes de cosinus, et l'on trouve ainsi ct = cos (y'— v) + - Q, en faisant Q = ( — 2sin* 2- — 2 sin*— + 2 sin* ™ sin* — ) cos(i>'— v) \ 2 2 2 2/ v ' + sin9sin<p'cos(i>'— v — 9' -+- 9) +2sin* ^ sin*— cos(f' — v — 2 9'-+- 20) © ©' ©' © ■+- 2 sin* - cos* — cos(f' + f — 20) + 2 sin*— cos* — cos(^'+ v — 20') 2 2 v ' 2 2 v — sin 9 sin 9' cos (*>'+ i> — 0 — 0'). Nous poserons en même temps r«_j_ r'l— 2/T' C0S(f'— i>)= P,
qui 3l6 CHAPITRE XVIII. de telle sorte que la formule h}=r*-+- /•'* — 2/t'ct nous donnera Rl=i=(P-rr'Q)-*. Q est du second ordre, et, pour les anciennes planètes, la valeur absolue de l£ est petite; on peut développer (P — r/Q) 2 par la formule du binôme, ce li donne R, = P"5 + - /v'P~î Q +... + '•3---(fl*-0 rkr,kp-(k+ï) q* + .... 2 ^ 2.4. ..aA: ^ Il faut mettre pour r, r\ *\ «/ les valeurs r = a(i-h\), /-'=a'(n-x'), i>—./ + y, v'=l'-\-y'; on commencera par faire /• = a, /•' = a', ^ = /, v' =.V \ Ro P, Q se changeront en R0, P0 et Q0, et il viendra Pc = a*+- a'1— 2aa'cos(/'— /); >o = ( — 2 sin* - — 2 sin* — + 2 sin* - sin* ?- ) cos( /'— /) \ 2 2 2 2/ v ' + sin9sin9'cos(/'— /— 0' + 0) 4- 2 sin* ? sin* — cos(/' — /— 2 0' + 4-2sin*- cos* — cos(/' + /— 20) -+- 2sin* — cos*^ cos(/' + /— 20') 2 2 v ' 22 ' — sin9sin9'cos(/'+ l— 0 — 9'); Ro=P?+ l- aa> P;? Qo + ...+ i^^L- «*a'*P;(*+ï)Q{ + .. .. Il convient de poser (5i) tang2=x, tang—=x'. Les coefficients des divers termes de Q0 se développeront aisément suivant les 20)
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 3l7 puissances des petites quantités x, et x\ et ces termes eux-mêmes seront de la forme (5a) xGx'G'cos(a/ + a'/'-hy'0+y'0'). les entiers G et G' étant égaux aux valeurs absolues dey et y\ ou à ces valeurs augmentées de nombres pairs; c'est ce que l'on constate sur la formule (5o); on peut remarquer en même temps quey -hy7 est pair et que l'on a a + a'+y'+y'=o. Il faut maintenant élever Q0 à la puissance k et, au lieu des puissances de cosinus, n'introduire partout que des cosinus des multiples des arcs /, /', G et G'. Il est facile de voir que les divers termes de Qj seront encore de la forme (52); on aura encore G = \j | -+- un nombre pair, G' = |y*'| + un nombre pair; la démonstration se fait d'abord pour QJ et s'étend ensuite de proche en proche. Les remarques faites sur les sommes y-f-y' et a -t-a'-t-y-t-yv subsistent pour Qj. Nous aurons ensuite (53) P7^+i^ = - Uî>{0), + ifk"' j cos(/' — /) -Mi>(î) j cosa(/'— /)+..., et il faudra multiplier cette expression par a*a'*Qj; les divers termes du produit seront de la forme (54) MoxGx'G'cos(a/+a'/'+y0+y'0'), M0 étant une fonction homogène de a et a', de degré — i ; on aura encore a+ a'+j -t-y' = o, parce que, dans chacun des termes de l'expression (53) la somme des coefficients de / et /' est nulle. Nous avons ainsi obtenu le développement de R0 ; pour passer à celui de R,, il faut remplacer a, aï, /, /' par a -h ax, a'-t- a'x', /-t- y, /' -t-y'; tous les raisonnements et calculs faits dans les nos 120, 121 et 122 subsistent identiquement, et l'on arrive à cette conclusion qu'un terme quelconque de la fonction perturbatrice peut être mis sous la forme (a) MeHe'H'(tang^)'(langî-) cos(a/+ a'/'-i- (3gj + ^'w'+jB -hy'0');
3l8 CHAPITRE XVIII. M désigne une fonction homogène de degré — i de a et a'; les différences H — |P|, H'— |P'|, G— \j\, G— |/| sont des nombres pairs positifs ou nuls; la somme y -+-/ est toujours paire^ et enfin on a a + at! H- (3 + (3' +j +j' = o. 128. Reprenons la première forme !/ J\F MeHe'H' (sin - ) cosD, D = al + a! V + (fo + (3' gj' — 2 yr'. Il ne sera peut-être pas inutile de transformer directement (A) en (a). On aura d'abord ou bien D = A — 2 y ad 2 2 en faisant (55) 1 «=«+p_y. Désignons par p un nombre entier positif qui pourra être nul; nous aurons à transformer l'expression 6=(sin-j cos(A— 2y 26 j ou bien (56) e = u(sin^VP, en posant (57) U = (sin -J Ycos (a - 2y T-^l _ adlzJLj. Il y a lieu d'introduire v / • JVY • /"a t + t/ ^t-t'\ V=(sin-J sinlA —2y 20 J-
DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 3lQ On aura (58) U + V^=7 ^sin^'V^E-^^E-^1^. Or, si l'on a égard aux formules (5) et (5i), on trouve sin-E * =— , /=iï=I , -i- xx'E*6'-0»^1 h = = ; cos - \/i + x2 v/i + x'* 2 v v en portant dans l'équation (58), il vient EAv/=î(xE-6»/:z^-x'E-0'/^T)ÎYfI + xx'E(0'-6»v^l,6 u + vv/-,= ±-——g ^-i i-; ( COS - ) ( 1 + X» )Y+8 (i+ x'« )Y+8 U sera la partie réelle du second membre. Or le terme général du développement de ce second membre est de la forme AxP+Vx'i'i-P+V E[A_/,6-(sY-/»64-7(6'-0)) J=if / J\2â (COS-J (H-xî)Y+8(i+x'J)t+8 où A est un coefficient numérique, p et q deux entiers positifs ou nuls, infé- - rieurs ou égaux respectivement à 2y et 2 S. On en conclut la valeur de U, et, en tenant compte de (56), il vient / . ,J\p ( sin* - ] 6= 7 fTÎT^ — 2 Axr+ix'*y-r+<'COs[k-(p + qyt9-(2y-p-q)9')]. (cos-j (i+x»)T+«(i + x'»)T+« On tire, d'ailleurs, des formules (5), . . J X*+x'*—2XX'COS(0- 0') 2 (I + Xl)(i + X'l) ' si l'on porte cette valeur de sin2 - dans la formule (5g) et que l'on remplace A par sa valeur (55), on voit sans peine que 0 se compose d'une série de termes de la forme xGx'G' cos (a / + a' /' + (3gj + (3'gj' +y 0 +/6'),
320 CHAPITRE XVIII. — DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. avec la condition que l'on ait G = \j | + un nombre pair, G'= \f \ -+- un nombre pair; a + a' + (3 + (3' +j +f — o. C'est le résultat que nous avions obtenu précédemment dans le n° 127. Le Verrier a employé constamment la forme (A) dans ses théories des anciennes planètes; il a eu ainsi l'avantage de réduire les arguments à cinq au lieu de six, en ajoutant à / et xs la très petite correction t'— t. Mais les équations différentielles (h) du n° 62 supposent la fonction perturbatrice développée sous la forme (a). Pour utiliser le développement (A), il est nécessaire de transformer les équations différentielles : c'est ce qui va faire l'objet du Chapitre suivant.
CHAPITRE XIX. — TRANSFORMATION DES DIFFÉRENTIELLES, ETC. 321 CHAPITRE XIX. TRANSFORMATION DES DIFFÉRENTIELLES DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES. 129. Nous considérons spécialement deux planètes P et P' auxquelles correspondent les fonctions perturbatrices m' (i) R—f/w'R0fl——n* a3 R0fl où jx=i + /w, r" (2) R'=fmRlr0=^nVRli0 où yl—i + m'. Nous avons d'ailleurs, d'après le Chapitre précédent, (3) a'R0fl= ^NeV'VcosD, (4) a'Rli0=2]N'eVAVcosD, (5) D = A + i'/' + *w + à-'gj'+ht', (6) j'+i' + * + A'+« = o; i, i't k, k sont des entiers positifs, nuls ou négatifs; u est un entier pair négatif ou nul; N et N' sont des fonctions homogènes et de degré — i de a et a', h, A', y sont des entiers positifs ou nuls, et les différences h-\k\, h'-\k'\, f-\u\ sont des nombres pairs, positifs ou nuls. Les relations (7) )i = /+T'— T, W = GJ-f-T'— T, dans lesquelles t' — t ne dépend que de <p, <p' et 0 — 0', nous montrent que nous T. - I. 4i
32a aurons (8) CHAPITRE XIX. dRo., _ dRo,, de ~ dl ' dRo.i <?Ro,i dis don Nous allons maintenant effectuer les substitutions (i) et (8) dans les formules (h) du n° 62; en même temps, nous éliminerons des expressions de -j- et de -r, la valeur de —p^> au moyen de l'équation dB m' na dRo.i dt~ y. y/,_ e»siD(p <ty Nous trouverons ainsi sans peine dt (A) rfa 2 m' . dR0 i dt y dA cfe /m' . dR01 /»' wae v/i — e* dR„, q> . d9 -j-=—2—na1—^ h v —r- +tang-!-sin<p-77> dt y aa J* i 4- ^i e* "e 2 a*e /m' nay/i — e* dR0,i /n' nae\J\ — e* dR0,i a7 f* e dw jjl i _|_ i/i e» d)i cfej /m' na v^i — e* dR01 o . dB di= y ë dt + tÊD^lm^' («) Nous aurons de même de _ dt d<p dt m' na àR0., F- y/i— e* s'1119 <*? /n' na dK0,x f* y/i —e'sinç ^ , na tang™ .._ àn0.: don (A') (*') aV im , ,. dR, o -i- = —>- n a'* '' «7 a' dl' de' m . „<m,„ m n'a'e'sji — e'1 dRin 9' . , dB' -n=— 2 — n'a'*^f + -, ; -~ +tang^-sin9'-77 dt y' âa' y' x _|_ \J\ — e'* "e 2 «* aV _ _ m n'oVi-e" <?Ri,0 _ m n'a'e' \ji — e" dRU0 dt ~ a' e' dta' y' , + s/i — e'* àl' dm' m n'a'di — e'* dK, „ 9' . , a*0' dt m n'a' <?R,,o /a' v/T"-^ê7*sin9/ <ty n'a' 0*9' m i ~dt ~~y' y/T^Visi^' ^ n'a'tang ?' dR,,. _ m " ""& 2 /<m,,0 dRlt,\ <>0' /x' ,/7-^e7» V <*f <**' /
TRANSFORMATION DES DIFFÉRENTIELLES DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES. 323 130. Il nous faut transformer les équations (a), parce qu'il y figure les dérivées partielles de R0j par rapport à ç et G et que l'expression (3) de R0), ne contient pas directement <p et G, mais les quantités t', t — t' et yj = sin-, qui sont des fonctions connues de ç, G, ç' et G'. Nous aurons, en ayant égard aux formules (7), (9) (10) dRo.i _ dR^ àr^ + (\ dy dr1 dy \ tl _ dRoA dr[ A ~ dr' dS "*" \ dR 39 dl <?Rq,i dl 0.1 , <m„,1\<?(T'-T) don ) dy d(ù ) d6 1 dR0 1 J dJ 5-^ COS- -t-> 2 dt\ 2 dy 1 ôR J dJ A cos - -™ 0,1 La première chose à faire actuellement est donc de calculer les coefficients différentiels dr1 dr' d(r'-r) d(r'-r) dS dJ — de' -■ -• <ty dy dB <*p de Il suffit, pour cela, de différentier totalement les formules (3) ou (4) du n° 117 ou mieux d'appliquer au triangle NGN' de \&fig. 20 du même numéro les formules différentielles connues de la Trigonométrie sphérique 00 dk = — coscdB— cos bdC -h sincsinBrfa, sinkdb— sincefB -+- sinftcosArfC -+- coscsinBrfa, sinArfc = sine cosA^/B + sin b dC + cosftsinCrfa; elles donnent ici !dJ= cos(t — 0)rfy — cos(t' — 0')rfy' + siny'sin(T'— 0')rf(0 — e'), sinJrf(r — 6)— — cos J sin (t— 0)rfy + sin(r'— 0')rfy' + siny'cos(T'— 0')rf(0 — e1), s\nJd(r'—e')— — sin(x — 0)rfy h-cosJsin(r' — 0')rfy'+siny cos(t — 0)rf(0 —0'). On en conclut (i3) g= cos(r-0), g,=-co.(t'-fl')f àJ àJ . . . n. . » . / , «,» -te = — -je-, = siny sin(r — 6) = sin9' sin(r' — 0'), de de1 dr __ cos J sin (t— 6) dy — sinJ dr _ siny'cos(T' — 6') de sinJ <W __ sin(r —0) dy sinJ dr1 _ siny cos(t — 0) de ~ sinJ dr^_ sinÇr'—0') dy' ~ sinJ dr_ _ _ siny'cos (t'— e1) de' ~ iïiïJ ' <k^ _ cos J sin (t'— e1) ày' ~ sin J dr' _ _ siny cos (t—0) db' ~l slïïJ
3a4 CHAPITRE XIX. On tire de là (l4) ^%~T)=-t*"g'sin(T-0), . -x d{T? — t) _ siny cospr— 9) — siny'cosQr'— 9') __ ô(t— t') 1 ' ^9 - sinJ -l_ d0' Cette dernière expression doit être transformée, car nous savons d'avance, par la formule (6) du n° 117, que Ââ* ^°^ etre une Pet*te quantité du second ordre, et cela n'apparaît pas dans la formule (i5). Or la formule connue (16) sinBcosc = sinAcosC -+- sinCcosAcosft donne, quand on l'applique au triangle NGN' de la^. 20, (17) sin<p'cos(T'— &)■=■ — cosœsinJ -+- sin<pcosJcos(T — 9); si l'on élimine cos(t' — G') entre (i5) et (17), il vient (18) —' = tang - sin<pcos(T— 9) — 2 sin* -• Nous remarquerons, en passant, qu'en partant des formules (5) du n° 117 on arrive aisément à cette expression plus élégante <p ©' J ,. sin* ± -+- sin* ■*- — sin* - , x d(r — r) 222 (,9> • -Liè- = TJ COS* - 2 Les formules (9), (10), (i3), (14) et (18) donnent maintenant (20) (21) 09 sinJ dr 2 2 v dr\ — tang - sin(r 2 V <ft d&> dRo.t sin<pcos(T —0) dR0il 1 J . . . flxdR0i —&r = —ï—^î ^o11 -+- - cos - sin© sin(r — 9) ~^- Ô9 sinJ dr' 2 2 T v ' <fr] + [.,ngi sinTcos(T- »>- 3sï„' t] (^ + ^l). Si Ton porte ces valeurs de —^ et de —^r1 dans les formules (a), on trouve
TRANSFORMATION DES DIFFÉRENTIELLES DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES'. 325 qu'elles deviennent / J jû / JD ,na cos - JD ad m' na . , n. dR0, x m' a . .. tfRo.i sin© -j-= , sin(T — 0)—dr1 + cos(t— 0) —^ (B) / ^ V—»' V dl d(ù J J , na cos - -ï1 = , cos(t— 0) -^p sin(r — 0) —r-^ dt p. y/,_e*sinJ àz' 2 p y/,_e» *n m,natang- ^ dRM\ cos(t 131. Il faut maintenant faire des calculs correspondants pour la planète P'. Si l'on conservait dans ces calculs la fonction Rlt0 sous la forme (4)» les dérivées -jpr- et -tet introduiraient —^ et —^ à cause de t' — t qui figure dans les formules (7); il y aurait aussi—^ et -^f qui existent déjà dans les équations (a'). Ce serait un inconvénient que l'on évite comme il suit. On pose pour un moment (7') A'=r + T-T', o>' = gj' + t-t'; l'expression (5) de D devient (5')" D = il H- iyï' + km + k' w' -+- ut, car, si l'on retranche (5') de (5), on trouve o = (t'— t)(*4- i' + k + k'+ u), condition qui est satisfaite d'après (6). Pour plus de clarté, nous mettrons des parenthèses aux dérivées partielles de R,,0 prises dans l'hypothèse où D est mis sous la forme (5'). Nous aurons (2!> ~w-\~&r)m + l\w)+ \w~)\~d9' + i~^r 2^j calculons d'abord ~ T par la formule (i5) que nous transformerons au moyen de la relation sin<pcos(T — 9) = cos<p'sinJ + sin©'cos J cos (t'— 9')
326 CHAPITRE XIX. conclue de la formule (16); nous trouverons (18') d^dë>T>) =-tong \ sin<p' cos(t'- 0') - asin» £• Les formules (20') et (21') nous donneront ensuite, en tenantcompte de(i3) et (18'), dR.0 sin©' , . a,./àRU0\ 1 J . . . . . ... dRj 0 ',' = —V- cos(t'—9') -^^ ) cos - sin<p'sin(T' — 0') —^ d0' sinJ ' \ or J 2 2 T v dn " [«an^ sio^cose-*') + ,si„. £] [(%-•) + (*^)]. Il n'y a plus qu'à porter ces dérivées partielles dans les formules (a'); mais nous reviendrons en même temps à la première forme (5) des arguments D dans le développement de Rl|0; nous aurons évidemment, par le simple rapprochement de (5) et(5'), \ dr ^ ~ dr' ' V <&' / «*/' ' \ à(ù' )~ dw' ' et nous trouverons finalement jfl/ / / jD n'a'cos- -_ . cfô' /m n'a' , ., dRli0 1 m 2 , , fl/v dRi.o sin©' -î- = —, . siii(t'— 0 ) ^r 7 , cos(t' —0') -T^- J n'a'tang- D u . + q , 2sin(T'-0') (ggti» -i- ^yV ja' y/i _ e'* \ d/' dcr' / , / J j 1 11 jD n'a' cos - ,_ ^ = m n^ %!+I2 -^=2 Sin(r'- 0') ïï*i* d* y.' ^ — e'^sinJ <^ 2/x' V/I_e'i ' dn n' a' tang - (R') ™ 2 cos(t' - 9') (**1* + *?»A \ "?~7 132. Nous allons écrire de nouveau l'ensemble des formules auxquelles nous venons d'arriver; nous y joindrons celles qui donnent ^-f et-^r d'après la formule (28) du n° 75; enfin, dans les coefficients des dérivée» partielles de R0,, et RM, nous ferons avec Le Verrier (22) e = sin4', e' = sintj/.
TRANSFORMATION DES DIFFÉRENTIELLES DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES. 32^ Dans l'expression de ^r> nous remplacerons -^y1 par sa valeur tirée de la première des équations (A). Cela posé, les formules (A) et (A), (B) et (B') deviendront a'Ro,i = 2 Ne/' e'AVcosD, i D = ik -h i' V + k(ù -+- k'w' + ut' ; da m' . dR0. d*p m' , dR0, — = 2—na* ~^y -j£= — 3 — n*a-^, dt \l dA dt1 jx dA de m' , dR0tl m' , ib dR0tl a . d9 -y =—2— na2 —y*" h nacosytang i —^—' + tang *■ sin© -p, cfr jx da jx T ° 2 de ° 2 T dt de m' na dR01 <\> . i da — = r —--i! — tang -£ cosip — -r- > a7 jul tangy dw a T 2a dt (C) / cfej /m' na dR0 , <p . dQ -J7= — : r —ï^ H-tang-î- sin© -7-, ai jul tangy de ° a T rff 0*9 m' na V \ dR0<1 , J /dR0il dR0 Al \ m! na J dR0ll . , flx — r cos 5-^ sin (t — 0), a jx cos 7 2 drj ' sin </0 m' na f 1 dR,,, , t J/dR0ll dR0Al . , 1 m' na J dR0.i , „. H r cos ^cosCt— 0); a jx cos^ a dt] a'Rli0 = 2]N'c*c'*VcosDf D = il + i'V -+- ktù -r- At'gj'4- mt' ; *'= 2™nV2^, ^'=-3^n"a'^°, a7 jx' dt' dt* jx' d/' tf*6' "* / « <^Bi.o , m . . d>' dR, 0 <p' . , d9' ^=-2?n'a''-^ + ?n'a'cosftanglL_Jfo+tangî.sin(p,_, aV m n'a' dR,,0 t t|/ ,, 1 da' dï=-? ûïïgf W - t3ng a C0S* ïrf W (C) { cfcj' /n n'a' dR, „ 9' . ,0*0' ' "3r = -7: n * -+- tang-1- S1119' -r-, dt yJ tangtj/ de' & a Y dt d<?' m n'a' [ 1 dR,.„ J /dR,,0 dR, Al ,, .lv * = ?c^[sTnl-d^+langaH-d7" + ^)JC0S(T-9') + i-^;cosi^sin(r'-0'), a jx' costj/ 2 dt] v " . . d9' m n'a' f i dR, „ J/dR, „ dR, „\1 _:q^C08£^_.C0s(T-_y). 2 jx' cos4» 2 dt] '
328 CHAPITRE XIX. C'est la forme employée par Le Verrier dans ses théories des anciennes planètes. 133. Il n'y aura aucune difficulté à former les dérivées partielles de R0i, et Rlt0 en partant de leurs développements qui viennent d'être rappelés en tête des formules (C) et (C); ily a lieu cependant de donner quelques explications pour ce qui concerne —^i et -t-t*- On trouve immédiatement n aa aa' . ( aa> ^M =Vflf eV'V cosD, \ da ±d da ' !a',wî=i:(a'^-N')e4e'^/c»sD- a' Considérons maintenant le développement de a'R, = -^, et faisons (24) a'J{l—'^tNiehe"l'nfcos'D. Il résulte des formules (40 et (4'') du n° 124 que l'on a N = N, + Q-,, N' = N, + Q'^, a' a1 où Q et Q' sont indépendants de a et a'. On en tire da aa a' aa' aa' a* La fonction N, étant homogène et de degré zéro, on a il en résulte , dN, dN, adï=-a-da-> <£-«=-%-**+*£ Les formules (a3) donnent ensuite (25) On est ainsi ramené au calcul de -^«
TRANSFORMATION DES DIFFÉRENTIELLES DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES. 32g Or on a vu au n° 123 que N, est de la forme (26) N| = V/'>a'AM + V^a'A'/' + V'/'a'A'/' +... ; V(y), V(/', ... sont des coefficients indépendants de a et a'; A(y) est l'une des fonctions A(y), B(y), C^, D^ définies au n° 104; on a fait en outre f^J) — u . n 1.2...n dan On en tire da 1.2...(n — 1) da" 1.2... n dan+l' (27) fl^,=nA"l+(rt+I)A-«- Les formules (26) et (27) donnent finalement (28) a ^ = V^a'A'/' + V'/'ta'A'/' + aa'Atf»] + V^[aa'A'/' + 3a'Af ] +.... On voit ainsi que le calcul de -r-1 se trouve ramené à celui des fonctions AJJ', BJ/' calcul qui sera fait par les formules (T) du n° 115.
33o 4gAPITRE XX. CHAPITRE XX. PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES ÉLÉMENTS ELLIPTIQUES. 134. Nous adoptons les notations très claires employées par Le Verrier dans les tomes II et X des Annales de VObservatoire. Nous nous occuperons d'abord de la planète P, et nous partirons des formules (C) du n° 132; nous poserons a\ m' dR0ti d*\ m1 . dR0fi dt jul <tt dt* jul àA dA, m' , ÔR0A de m' . dR01 -7- — —a — na* ' i -j-= —na cosù . ' » dt jx aa dt jx T de J d<2 _ m' na cos^ dR0tl dÇ _ i m' 2 dR0,i (a) / dt f* e? da> ûte 2 jul cos^ dt] rfS 1 mr na 1 dR0il dt 2 a J . n àz1 ^ cos - cos y 2 T ûfc jJL COS 4* \ <ft "*" <to / Nous ferons de plus 0) --,=B; y. a'
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES ÉLÉMENTS. alors les formules (C) du n° 132 nous donneront 33] (*) (c) ^ = — aBna Y i'NeAe'AVsinD, dt ^^ ^4= 3Bn» YiNeAe'AVsinD, ai1 ^J dt* dÂo ON —=- =—aBn > a -r— ehe'h vfcosD, dt *à da ' d£ dt ^ ^Bncost^ *NeA-»e'*VsinD, = Bn cos^ 2 /iNeA-»e'A'-rî/cosD, ,_ Bncos- f[S _ 1 dt a cos "5* »a — -r-^ 2^NeAe'/"'rî/_1C0Sl)' ?^ 2 "NeV*V-' sinD, cos - cos4* Bntang - -ï— Y(i + *)NeAe'A'-r/sinD; cos< dt ~ dt* d*p _d*A dt* ~ dt* ' de dX <b d$ <p . dQ d}=lû + i*nel-d-t+t*DelSlD<?di> de d<£ i < ^^-tangjcos*^, dt dt dm dÉ e-di = dt+ei*Deisin<?*->' d9 dt S = --.(r-^ï+«(.-.,(f+S), . de SlIKp-T- = COS Pour la première approximation par rapport aux masses, d'après ce qui a été dit au n° 71, il faut remplacer, dans les seconds membres des équations ( b) et (c), les éléments a, e, ..., a', ef, ... par des constantes a0, e0, .... a0, é0, ... ; ce seront douze constantes d'intégration, dont les valeurs devront être déterminées ultérieurement par la comparaison de la théorie avec les observations; les constantes n0 et ri0 dépendront de a0 et a0 par les relations n»aj=f(i + m) = f/xf n'0»a'0» = f(i + m') = ff*'.
332 On aura ensuite CHAPITRE XX. l0 = n0t-+-z0-+-r0 — t0, /'„ = n'01 + e'0 ; D0 = (in0-hi'n'0)t-h ie0+ *V0 + kxn0-h k'xn'0— (i + At)t0 — (*' + *')t'0. En calculant £0» A0, .. -, V0 par les formules (6), on aura à effectuer des quadratures que l'on calculera comme il suit : /• Tk j, cosl)0 C .. . sinD0 sinD0dt = — ^^-r, lcosD0ûfc:=- T-r> m0 + t'n0 J m0 + t'n0 C C • ™ j,» sinl)o I I sinD0 rff* = — j-.—-—,-t. • 135. Pour abréger l'écriture, nous omettrons les indices zéro, en nous rappelant, bien entendu, la signification de a, e, ..., a', e', ..., qui, dans les seconds membres des équations(b) et (c), seront des constantes d'intégration. Nous poserons (2) et nous trouverons n' 41 = A (d) 2Ba \ ^-^7-NeAe'A'-r]/cosD, :_ 2B Y t—L-a^eAe'AVsinD, B cos^ 2 -=-^-7- NeA-»e'AV sinD, — B cos^ S . *., Ne''-»e'AVcosD, i» J B cos - = ^ y^T-NeAe'A't]/-1sinD, 2 COS^ ^t + IV ' B - i ^ V -r-^-r- NeAe'A'-rî/-1cosD, 2 J . ^d l + t'v cos- cos7 V = — Btang- , _i y J_±A_ n eA e'A' tj/ cos D. cos<
(e) PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES ÉLÉMENTS. 333 On voit que ces valeurs de £, A, ..., V sont de la forme -C = 2AcosI)' A=£LsinI)» ^ = 2EcosI), &l,=2CsinI)' G^^GcosD, ,f=2PsinI)' V^^UcosD, (j = 2TsinD- On a les expressions analytiques des coefficients A, C, ..., U qui correspondent à chacun des arguments D, et l'on pourra calculer leurs valeurs numériques quand on connaîtra celles des constantes a, e, .... On trouvera l'ordre de chacun des coefficients A, C, ... , en faisant la somme des exposants de e, e' et ï] dans ces coefficients; car nous considérons toujours e, é et y] comme de petites quantités du premier ordre. Peut-être convient-il de remarquer qu'il résulte de ce qui a été dit au n° 126 que les expressions ci-dessus de £, A, ..., V ne dépendent en aucune façon, ni de l'a position du plan fixe des xy, ni de l'orientation de l'axe des x dans ce plan. Nous ferons encore observer que l'on conclut des deux dernières formules (d), U /+* . , J ^^ 2 cm' U sinz -i ï de sorte que, sauf le cas de u = o, les divers termes de V seront beaucoup plus petits que les termes correspondants de s. Les équations (c) donneront ensuite i ài« = -Ci <5ip = A, 8j e = .a, -+- § tang - + tang - sin<p ôj 0, (/) / àie=i£ — tang^cos^^, eâjGj = § -h étang" siiKpôjfl, âj(p = -gsin(T— 0) + (6 + V)cos(t — 0), \ sin9 ô, 9 = -+- (Jcos(t — 9) + (S + V) siti(r — 9). Si l'on remplace dans ces formules les quantités (,A V par leurs valeurs (e), on aura les expressions, analytiques ou numériques, des inégalités périodiques du premier ordre des éléments de la planète P.
334 CHAPITRE XX. Dans le cas où le diviseur i -t- i'v qui figure dans les formules (d) est très petit, on a les inégalités à longues périodes dont il a été question au n° 74. Remarque. — On aurait pu calculer S, p par la formule àlp= Jàindt = I àxadt- elle aurait conduit au même résultat que celui que nous avons tiré de l'équation d*p 0 m' , dR0,, de* p dl 136. Les formules (d) cessent d'être applicables lorsque i et i sont nuls simultanément, car alors le dénominateur i -4- i'v est égal à zéro. Dans ce cas, il faut remonter aux expressions (6) et les intégrer après y avoir fait i = o, i = o, et en regardant D comme une- constante. Si nous considérons l'ensemble des termes de la fonction a'R0ti pour lesquels i = i' = o, termes que l'on appelle séculaires, comme nous l'avons déjà dit au n° 73, nous aurons a'R0tl = 2iNehe'h'nfcosV, D = k(ù -+- k' gj' + ut'. Pour simplifier l'écriture, nous employons ici les mêmes lettres N, h, h', /, k, k', u, que précédemment. Cela posé, nous tirerons des formules (6), 4^=0, A = o, X = — 2Bnt ^ a — ehe'h'-t\f cosD, §= Bwicostj; ^ ANe^-V^T/cosD, <£ = Bntcosty V ArNe^-V^VsinD, J cos - n = lBne r Y/NeAe'A'ïi/-' cosD, J 2 COStf' -^ <*) G = -Bnt i j ]£ «NeV^V-1 sinD, cos - cosd» 2 T , J tang- V= Bne ^ y (i + A:)NeVAVsinD.
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES ÉLÉMENTS. 335 Nous aurons ensuite, pour déterminer les variations séculaires du premier ordre des éléments de la planète P, les formules suivantes : âta=o, âtp = o, ai l = ai e = «ib + ^tang ± + tang " sin <p ô, 0, eo,TS = 3 + étang-1- sinœ Oi0, 2 dif =— £sin(T — 0) + (E + V)cos(t — 0), siiKpâjô = + £cos(t — 0) + (6+V)sin(T — 0). On retrouve le résultat du n° 73 : dans la première approximation, le grand axe n'a pas d'inégalités séculaires, tandis que les cinq autres éléments e, e, xs, 9, ô en sont affectés. Il sera facile de calculer par les formules (g) et (A) les variations annuelles de ces cinq éléments; il suffira, en effet, de faire / = 1, en supposant que n et ri soient exprimés en prenant l'année julienne de 365J, 25 pour unité de temps. On trouvera ces valeurs numériques pour les anciennes planètes dans le tome II des Annales de VObservatoire de Paris, p. 100 et 102. Il faut, bien entendu, faire la somme des valeurs obtenues en combinant la planète P, d'abord avec P', puis avec P", Si l'on fait, pour chacun des éléments, la somme des inégalités périodiques et séculaires données par les formules (/) et (h), on aura l'ensemble des inégalités du premier ordre. 137. Occupons-nous maintenant de la planète P'. Nous nous bornerons à reproduire les formules sans explication, vu qu'elles sont tout à fait analogues à celles que nous venons d'obtenir. Nous posons («') (!') / d& dt 5= *m,n<a"dy, de y' dl' dX' m . ,, dRi.o -y-=—2 — n'a'i-r-lj-, de y' da' d<£' _ m n'a' cost|/ <*R,,0 de ~ y' e' ors' 1 m n'a' 1 d\{ito ~ 2 a' J ,, n àr' ^ COS- COS0/ 2 T m n' y' n d*\' de* d§' de ~ ' de d\' m de ~ y' —; V = B'. F- 3 m nna' ^''"v V ° dl' ' ^n'a'cosf ^V0, y' T de' / / J n'a'cos- ,~ 1 m 2 dR,f0 2 y! cos 4*' dr\ "''"■«J/*,, , **,..< cosf V àl' ors' t
336 CHAPITRE XX. Les formules (C) du n° 132 nous donnent ^ =- B'na'2^N'e''e'A'-r]/sinD, d*A (b') d(T= 3 B' nn' ]£ i' N' eh e'h' t/ si n D, ^= aB'n 2(a^+N')eAe'AVcosD, ^- =B'ncos^'^2] /i'N'eV''-1T]/cosD, dq< _ i B'/icos - . — —rr^- Y/N'eV'V-'cosD, dt 2 cost]/ ^rf*' ^E! — L B n dt 2 J ,, COS - COSt]/ 2 T ^wNeV'V-'sinD, rfV' B'ntang- ï^ Y (i'+*')N'eAe'AVsinD; (C) -r- = —ï- + lang — -;- + tang — sinœ' -y dt dt * i dt ° 2 T dt dé d<$> 4 d;' ,, i «*£_' -j- = —; lang ■*- cost]/ —; -^, cfr cfc 6 2 r 2 a' dt .dxsj' d§> . <p' . ,d9' é —r- = -j- H-e'tang^- sinœ'-î-» cfc cfc ° 2 T dt do' -f- = sin dt (T._^f _cos(T._y)(f .in,' § =_cos(r'-0')f--sin(r'-0')^ d*
w PERTURBATIONS • DU PREMIER ORÏ0RE DES ÉLÉMENTS. On trouvera sans peine, en partant des formules (6'), ' f'= 2B'a' S v-^7-NV'e'AVcosD, | A' = -3B'v Y —j!_—N'eV''VsinD, JL'= 2B' V ^-i—fa^+N,N\eAe'A'-r]/sinD, £' = B'costl/ V , V. N'e^e'^'-^/sinD, T *d l + H £' = — B'cosJ/ y — ^~ NV'e'^VcosD, B'cos - (?' — «'COS - . r^ y ^L NV'e'AV-1 sinD, 2 COS 4* Adl + tV ' — — f- y __^ Ne^e'*'*/-1 cosD, COS - COSt]/ 5' — B'tangi v lang - ., ,, * y i_±JL N' e* g'*'tj/ cos D. cos y ^ t -i- v v V'-~ — i Les inégalités périodiques de la planète P' seront déterminées par les* mules | d,a'=C âlP'=A', âje' = «H>' + £'lang — -+-tang1- sin<p'<5,0', dlr=dlp'+dle', (/') / â.e'-Ç'-tang^cos^'^, e'â,Gj'=^'--i-e'tang 2- sin<p'ôj0', â,(p'= Ç' sin(T'— 0') — (S' + V')cos(t/— 0'). I siiKp'â.ô'.— -(J'cos(t'— 0') — (S'+V')sin(T'— 0'). On aura enfin, pour le calcul des inégalités séculaires, «'Ri.o = ^ N'eV'VcosD, D = Arw + k'xn' -+- ut' T.- I. 43
338 et CHAPITRE XX. te) (/*') £'=o, .A'=o, eJU'= iWnt 2 (a ^ + nA e'>e'"'nfcosD, §' = B'nccosy ]£ A'N'e/'e"''-1T]/cosD, £'= B^cos^'^*'1*'6*6'*'-1^8'110' ( J cos - G' =- Bru r, Y/N'e'^"''-^-1 cosD, *J 2 cos4< ^ 5' = -B'/i* 2 y 2 «NVe'AV-'sinD, cos - cosd»' 2 T t J tang- V'= B'/i* £ S (*'+À')N'e"e"'VsinD; cos <J/ -^ ô,a' = o, ô,p' = o, <5,/' -.= ô,e' = X'+ J'tangf- + tang^- sin<p'â,0', <5,e' = £', ?' ejâjcj'^ J' + e'tang 3- gin9'3,6', d,<p'= Ç'sin(T' —0')-(6' + V')cos(t'-0'), siiKp'âjô' = - Ç'cos(t' - 9') - (6'+ V')sin(T'- 0'). Le lecteur trouvera une application très détaillée des formules ci-dessus dans le tome X des Annales de l'Observatoire de Paris, pour Jupiter et Saturne. Les Tableaux numériques donnant les valeurs des quantités A, L, ..., T y occupent les pages 110 à ii$\ les pages 127 à 142 sont remplies par les Tableaux qui répondent aux formules (/). Les données correspondantes pour Saturne se trouvent dans le même volume, p. i45 à i63 et p. 164 à i83. 138. On peut présenter sous une forme un peu différente le calcul des perturbations du premier ordre de 9 et G, <p' et G'. On a trouvé (2) | ô,9 = — gsin(r — 0) + (S + V)cos(t — 0), j sinyô, 0 = -+- Çcos (t — 9) + (S + V) sin (t — 9). Supposons que l'on change de plan fixe et que l'on adopte la position du plan de l'orbite de la planète P' à un moment donné /„; nous savons que les quantités
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES ÉLÉMENTS. 33q £, 6 et V ne seront pas affectées par ce changement. On a, en général (fig. 21), NG = t —G; à l'époque /0, le grand cercle N'G est couché sur xy\ on a NG = o. La Fig. 21. x ~~N' N quantité 1 — G, qui est ainsi nulle à l'instant ;0, sera petite, de l'ordre des masses, à l'époque /. Comme il s'agit ici des perturbations du premier ordre, on pourra faire, dans les formules (2), t — G = o et sinç = sinJ. Les valeurs correspondantes de S, 9 et S, G seront les perturbations de l'inclinaison et du nœud ascendant de l'orbite de P sur le plan primitif de l'orbite de P', quantités que nous désignerons par $ et 0; ainsi fc = jNG, 0 = <rN. Les formules (2) donneront donc (O 0,0 = 5 +V, sinja,0 = £. Ces équations offrent une représentation physique intéressante des quantités G -h V et (j. Les formules (2), entendues dans leur ancienne généralité, pourront s'écrire j <5,9 — cos(t — 6)<5,<& — sin(T — 0)sinJ<5,0, . ( sin<pô,0 = sin(T — 0)<5,<&-hcos(t — 0)sinJ<5,e. Si l'on a égard aux expressions (d) de ç, 6 et V et que l'on pose B cos - . H = - ^ ^-rj- N e" e'*' yj/-« , 2 cosy 1 + 1'v R u + 2(1 -+- Ar)sin*- K=-- f s = -NeV'V"1, cos -cosd» 2 T on pourra écrire les formules (1) comme il suit : (k) d.O = 2]KcosI)» sinJâ,e = 2]Hsin,)-
34o CHAPITRE XX. En portant ces valeurs dans (y), il vient <5,<p= 2 3-±-^cos(D +t- 9) - 2 5LzL^cos(D - t + 0), sinyô, 9= ^ J*_±*: sin (D + t - 0) + 2 ^T^ sin (D ~ T + 9)- On obtiendra ainsi les diverses inégalités périodiques du premier ordre de <p et de G. On sait qu'à un argument donné D, dans lequel le coefficient de t' est u, correspondent les valeurs — m, — h + 2, — w -f- 4» • • • de/; si l'on peut négliger sin2- devant l'unité, il sera permis de faire/— — u; les formules (3) donneront les expressions (/) se simplifient et deviennent (/,) â,9 = 2]Hcos(I) + T—0)' sin9Ô,0 = 2] Hsin(D+T— 0); les formules (k) deviennent, dans la même hypothèse, (*,) â,O = 2]Hc0sI)» sinJâ,e = 2]HsinD. On voit qu'on passe de (At ) à (/, ) en remplaçant simplement D par D H- t — G. Si les formules (/, ) et (kt ) ne sont pas entièrement rigoureuses, elles donnent du moins, sous une forme très simple, les parties les plus importantes de S, 9 et S, G. Dans ses théories des diverses planètes, Le Verrier calcule les inégalités périodiques du premier ordre de ç et 0 par les formules (k) et (/). Faisons les mêmes modifications pour la planète P'. Soient <£' et 0' l'inclinaison et la longitude du nœud ascendant de l'orbite de P' par rapporta la position qu'occupe à l'époque t0 le plan de l'orbite de P. On trouvera (*') d,*' = 6'+V'f sinJô.e'^g'; en portant ces expressions dans les formules d,<p'= (,"sin(T'-0')-(S'+V')cos(T'-0')» sm^'àl9'=-g'cos(r'- 0') — (S' + V) sîii(t'- 9'), (0
on aura PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES ÉLÉMENTS. 341 ( a,<p'=— cos(t'— 0')<5,<&' + sin(T'— 0') sin J 0,6', J | sin9'âI0'=-sin(T'-0')â,O'-cos(T'-0')sinJâIe'. On pourra poser (*') ôIO' = 2K'C0sI)» sinJ<5,e' = 2H'sinD; on en déduira ( sin <p' d, 0' =- ]£ H^K sin (D + t'- 0' ) - 2 ""Y^" sin (D - t' + 0' ). 139. Il nous faut donner encore les formules qui permettent de calculer les perturbations du premier ordre de i' et y), quantités qui figurent explicitement dans les développements des fonctions perturbatrices; la connaissance de ces perturbations est très utile pour le calcul des inégalités du second ordre. La première des formules (12) du n° 130 donne d'abord ^ = cos(t - 0) ^ + sin(r - 0)sin9 ^ - cos(t'- 0') ^£ - sin(r'- 0') sin?' ^; en remplaçant -^ et -r d'une part, -£- et -7- d'autre part par leurs valeurs (c) et (c'), on trouve aisément ... dJ /d& dV\ /d& dV'\ (4) di = \di + di) + \-dt+ -diy On peut ensuite mettre la troisième des formules (12) du n° 130 sous cette forme smJ^=-sm(T-0)^+cos(T-0)sin9^+sin(T'-0')-^- dô' do' (5) { -cos(T'-0')sin9'^--(i-cosJ)sin(T'-0')^- je/ + [sin9'cos(r'— 0') — sin9COs(r— 0) + sinJ] -r-- Les quatre premiers termes du second membre se réduisent à -^ -t- -4r quand on y remplace, comme plus haut, j?» jt» -JÇ-» tt par leurs valeurs (c)
3^2 CHAPITRE XX. et (</). Il y a lieu de transformer le coefficient de -j- en y mettant pour cos(t — G) et cos(V — G') leurs expressions tirées des relations cosç'= cosç cosJ + sinç sinJ cos(t — 9), cosç = cosç'cosJ — sinç'sin Jcos(t'— 6'). On trouve ainsi 1 / / ai\ 1 flx • ¥ sin*J—(1 —cosJ) (cosç + cosç') siiiç'cos(t'— 0') — sinçcos(T— 0) + sinJ = ^ ^ ± -*—' T T sinJ = lang- f acos* cosç — cosç') = 2 tang - ( sin* - + sin* - sin* - )» 0 2 \ 2 2 2/ et la formule (5) donne finalement / . _ d-c' de de' . j . , rfç' l sinJ -ï- = -£ + -g- — 2 sin» - siii(t'— 9') -£- I dt dt dt -x dt (6) { , J / 2lang^ f H ;—j- sin* i- + sin* ± sin* - ) sin ç' -t- • \ sinç' \ 2 2 2/ T dt Les deux derniers termes du second membre de cette équation seront très petits; car les coefficients de -£- et sinç'-j- sont du second ordre -par rapport aux inclinaisons. En intégrant les équations (4) et (G) multipliées par dt, on obtient les expressions suivantes pour les perturbations du premier ordre de J et de 1' : â,J = (G4-V) + (G' + V), J$iT, = (J-Y-Cj'-2sini -sin(T'-0')a1?' sin J 2 lang - H ;—^ (sin» ^ + sin* 2 sin» - ) sinç'ô, 9' : sinç' \ 2 2 2/ T ' d'où, à cause de in = sin -> • 2 t J(5 + V) + (Ê'+V) >, Y) = COS - - - - : (m) ^tIalt'=-î-J[£±£-8in^8in(t'-ê')^l?' + tang - (sin* ? + sin* ? sin* - ) ô, 0' cos - 2
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES ÉLÉMENTS. 3/|3 Le plus souvent, ces formules pourront être réduites à / * 5 + 6' O, Y) = : (m,) ou encore a (n) |w = ^ , â,0 + â,<I>' Ô,Y1 = ' : I yiâ,T'=r I [sinJô.e + sinJôte'], formules dans lesquelles on devra remplacer S,$, sinJS,0, §,<!>', sin JS,0' par leurs expressions (k) et (£'), si l'on veut avoir les inégalités périodiques de y) et de t'. On pourra obtenir aussi les inégalités séculaires du premier ordre de y] et t', en remplaçant dans les formules (m), £, s, V, £'» G', V par leurs expressions (g) et (g'), et S, a/, S, G' par les valeurs {h'); on voit ainsi que les quantités y] et t' sont affectées d'inégalités séculaires. 140. Nous avons dit déjà au n° 63 que, quand les inclinaisons <p et ç' des orbites sont très petites, il est souvent avantageux d'introduire, au lieu des quatre quantités ç, Q, ç't G', quatre nouvelles variables p, q, p', q' définies par les relations ( p =tang9 sin0, q = tangç cos0, (7) \ ( p'—; tangç'sinô', <7' = tang9'cos0'; on y trouve cet avantage que les variations de p, qyp'> q' sont toujours petites; il n'en serait pas de même de là variation G si (p était très petit; de plus, l'introduction des variables/? et q facilite le calcul des perturbations de la latitude héliocentrique. En différentiant la première des formules (7) et remplaçant ^ et j par leurs expressions, on trouve successivement dp 0d9 sin0 do cos0 . d6 sin0 do ° 2 . . do -£ = tang© cos0 -T- h r fA = sin© -j- h -£ -\ tang© sin0 -7!- dt OT dt cos*© dt cosç T dt cos© dt cos? OT dt COS0 cos 9 ^Cos(T-0)^+sin(r-0)^ + ^jJ sin0 I . , .Jll , aJdG dV\~\ COS 9 rf/
344 CHAPITRE XX. C'est ainsi qu'on obtient les formules suivantes : dp COSÇ -~ = COST dq . /d& dV\ <p d<p ^+sinTU^^)+/>tang^' dq dq (d§ dV\ 9 do C0S(p ^ =_ sinT _i +C0ST ^ + _j+^tangï J, (8) < x 7 , dÇ' ,Afë' dV'\ . 'a' do' ,dq' C0S(P sfr =+ SinT' On peut avoir besoin d'exprimer J, t et t' à l'aide de p, qy p' et g'; pour cela, il y a lieu de se reporter aux deux dernières formules (4) du n° 117, et de les multiplier respectivement par cosG' et sinô', ce qui donne sinJsinT'^sinçcosfl' sin(0 — 0') — cos9sin9' sinô' + S1119COS9' sin0'cos(0 — 0'), d'où 7 sinr' = tang© sinô — tang9' sin0' COS9COS9' OT OT + tang(f [— COS9' sin0 + COS9' sin0'cos(0 — 0') -hcos0' sin(0 — 0' )] ou -iÎHi_7sinT' = />-/>' + 2sin'^ta^64sin(0-0')cos0', COS9COS9' r r 2 C0S(p/ v / en remplaçant, dans le coefficient de —"-?» sinô par r v COS9 r sin0' cos(0 — 0') + cos0' sin(0 — 0'). C'est ainsi, et par des calculs analogues, que l'on arrive aux formules ci- dessous : s'mJ . . ,9 tang9' . /a ... a 7 sinr = p—p' H-asin*■*- —s-1- sin(0 —0')cos0, COS9COS9' r r 2 cog(p / (9) \ sinJ . . , 9 tangœ' . /fl ... . D rcosr =q —q' — asin* z —^-i- sin(0 — 0')sin0; COS9COS9' 11 2 COS9 sinJ . , , . , «p' tang9 . /fl fl/. a. ; sinr =p — p' -h asin*-î ^-f sin(0 — 0')cos0', COS9COS9' r r 2 COS9' (9') { -^Bl—cosT' = ?-?'-2sin»£^^sin(0-0')sin0'. COS9COS9' ' ' 2 COS9' D'autre part, la formule cos J = COS9 COS9' + sin9 sin9' cos(0 — 0')
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES ÉLÉMENTS. 345 donne cosJ = cos<pcos<p'(i -\-pp' -+-qq'); or tang* 9 =/>* + £*, tang* 9' = />'»+ q'*, d'où COS*9 COS*©' = - — — ; il en résulte successivement (I+/>î+<7,)(I+/>"+<7") {i+pp' + qq'Y Les formules (9), (9') et (10) sont rigoureuses et déterminent avec précision les quantités J, 1 et t\ en fonction des auxiliaires/?, q, p\ q'. En négligeant les cubes des inclinaisons, les relations (9') donnent . x ( sinj sinr' =p—p', 00 i ( sinJcosr' = ^ — q'. D'autre part, la formule approchée t — t'= - tang9 tang9'sin(0 — 0'), démontrée au n° 117, donne, en exprimant t — 1' en secondes, (12) t-t' = pq'—qp' sina* On tirera des équations (8) les formules suivantes pour calculer les perturbations du premier ordre des quantités/?, q, p', q' : COS9 <5,/> = ç cost -h (S + V ) sinr + p tang ? <5,9, (.3) ; cos9 <5. q =—Ç sinr + (S + V)cost + q tang - â,9; / ©' 1 cos9'<5,// =— g'cost'— (S' + V) sinr'H-/?' tang J- <5,9\ ('3') / cos9'â,^' = + Ç'sinT' — (S' + V')cost' + ?'tang £- 5,9'. T. - l. 44
346 CHAPITRE XX. On peut écrire encore, à cause des relations («) et (*"'), (*) l cosç ô,p = sint ô,O + cost sinJ ô,© +/? tang ® ô, 9, ( cos© ô, 7 = cost ô,0 — sinr sinJô,© + «7 tang - #19; l cos9'â,/?' = —sinT'â,^'— cost'sinJôj©' + />' tang î- 0,9', / cos9'âi^' = — cosr'â,0'+ sinr'sinJô,©' + y'tang Î- 5,9'. Ces formules permettent de calculer les inégalités périodiques du premier ordre dep, q, p\ q/, et aussi leurs inégalités séculaires, ou plutôt leurs variations annuelles. En tenant compte des relations {k) et (£'), on peut mettre les formules (o) et (o') sous cette forme : cos< H + K . „ v vi H -K 9*tP= 2 t" sMD + t) + 2 —-— sin(D-r) + />tang | 5,9, (Ol) { COS9 â,y = V cos(Dh-t) — V ——— cos(D— t) +q tang 2 5,9; cos9'<51/>' = - 2 5-^-— sin(D + t') - 2 H~K sin(D — t') + //tang 2-' 0,9', (o',) { cos 9'*,?' = — 2^Z^cos(D+0+2^~^'cos(D_T') + ^tang~â,<P'- Les derniers termes des seconds membres de ces équations, ceux qui contiennent 8,ç et S,9', seront le plus souvent négligeables; on en tiendra compte, s'il y a lieu, en ayant égard aux relations (/) et (/'). Il nous reste enfin à calculer les inégalités du premier ordre de 1' — 1 ; elles nous seront nécessaires pour calculer celles de X et co par les formules >i ■=. I -+- t' — T, (ù = GJ + T' — T, en partant des inégalités de /et or, lesquelles ont été considérées déjà; or on tire de la formule (12) (/>) àt{r'-r)=l-{p'àiq-q'àtp-pàiq'-hqàtp/); donc, en tenant compte des formules (o,) et (o't), on aura les perturbations cherchées, lesquelles sont d'ailleurs très petites et négligeables dans un grand nombre de cas.
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES ÉLÉMENTS. 347 La différence t' — t sera affectée d'une petite inégalité séculaire du premier ordre. 141. Les trois termes de l'expression (h) de S,/= S, s contiennent/en facteur; soit al la somme de ces trois termes; on voit que l'expression de/, fournie parla première approximation, sera de la forme ( i4 ) nt -+- e + at -+- les perturbations périodiques ; Gt représente les inégalités séculaires du premier ordre de l'élément e. Le coefficient de / dans cette formule (14) est égal à /ilt en posant /i, = n -+- a; c'est lui que l'on obtiendra directement quand on comparera deux valeurs de la longitude moyenne déduites des observations faites à deux époques séparées par un intervalle de temps considérable. 11 est naturel de déterminer une quantité at par la relation (i5) n\à\ = f(i + m); on a déjà n*a3= f (i -h m), et l'on en conclut n\a\ = (nt— a)*a3; d'où, en négligeant a2, qui est de l'ordre de m'2, (.6) „ = «,(. + !£). On pourra écrire ainsi l'expression (14) n, t -+- e + les perturbations périodiques ; on calculera a,, puis a par les relations (i5) et (16); partout où a figurait directement, on devra donc mettre sa valeur (16). Sous les signes sinus et cosinus, ce qui entre jusqu'ici dans nos formules, c'est nt = (nt —a)/; on devrait donc faire cette substitution si l'on tenait à ordonner rigoureusement suivant les puissances des masses perturbatrices. Mais, dans l'approximation suivante, il faudrait remplacer / par ntt -t- e -t-..., c'est-à-dire arriver finalement à mettre nt au lieu de n; il vaut donc mieux le faire dès la première approximation. Quand n figure en dehors des signes sinus et cosinus, il n'est là que pour
348 CHAPITRE XX. abréger l'écriture et représente l'expression 1/ , î c'est ce qui arrive, par exemple, pour le coefficient — na2 qui entre dans la première des formules (a). On ne doit pas y remplacer n par nit mais écrire — na*= — a*l/-Ç= i/- m'Ja= i/- m'JaA i+ i — ); /a {A Va3 Vjav VfAv,\ 3 n,/' toutefois, pour la première approximation, on pourra ne pas tenir compte du terme en a de l'expression précédente, car cela reviendrait, à introduire immédiatement un terme de l'ordre du carré des masses; on voit donc que, dans la première approximation, on pourra prendre — na2 = — nta2t, ce qui revient à remplacer partout n et a respectivement par nt et at ; mais, dans les approximations suivantes, il faudra procéder comme nous l'avons indiqué ('). Donnons quelques indications sur le calcul de at par la formule (i5); nous appliquerons cette formule au mouvement de la Terre autour du Soleil en mettant deux accents aux lettres; nous aurons ainsi (17) f(i + /n')=-.n>;3, En éliminant f entre (i5) et (17), il vient „ / 1 + m n"t\ l'unité de longueur étant arbitraire, nous la choisirons de manière que d\ = 1, ce qui nous donnera n'f l/\ + m a. = ,/—'—,- —— » S/iH-m" ni a" = 1 + ■= — • 3 n, La formule (17) montre que l'unité de longueur se trouve être actuellement le demi grand axe de l'orbite d'une planète fictive qui ne serait soumise qu'à l'action du Soleil, et serait animée d'un moyen mouvement égal au moyen mouve- (' ) Pour ne pas multiplier à l'excès les notations, nous laisserons n et a là où nous devrions mettre ni et «i.
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES ÉLÉMENTS. 349 ment apparent de la Terre. On a, par les observations, pour le moyen mouvement de la Terre, en une année julienne de 365j,25, ri\ = i 295 977", 38. Le Verrier adopte m" = 0—-—> et il a trouvé, par la théorie du mouvement de la r 520000 r Terre, a"= + 2",507, Les formules ci-dessus deviennent ainsi 3/ -•'• a, = (4,075o645) y 1 + /n n, 3, a=a«(i+f£)' a' = 1,000001 29; le nombre mis entre parenthèses dans la première de ces formules désigne un logarithme. Remarque. — Le changement de n en nt permet de tenir compte, avec la même forme analytique, des inégalités séculaires du premier ordre de l'élément £. Nota. — Outre le tome X des Annales de l'Observatoire de Paris, on pourra consulter avec fruit, pour l'application des formules de ce Chapitre, un travail de M. Perrotin sur les perturbations de Vesta {Annales de l'Observatoire de Toulouse, t. I). (18)
35o CHAPITRE XXI. CHAPITRE XXI. PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES COORDONNÉES HÉLIOCENTRIQUES. Quand on connaît les perturbations des éléments de l'orbite d'une planète P, il est facile d'en déduire les perturbations des coordonnées héliocentriques. Nous ne nous occuperons ici que des perturbations du premier ordre par rapport aux masses. 142. Perturbations de la longitude héliocentrique. — Considérons d'abord la longitude dans l'orbite, v. L'anomalie moyenne est égale à / — GJ = ~k — Ci), et l'on a, en se reportant à l'expression de l'équation du centre, y, donnée au n° 93, ( v = / + y, (i) ( y = Ci sin()i — w) -h C,sina(>L— w) +...— CiSin(/ —gj) -+- C,sina (/— gj) -+-..., avec ces valeurs de C,, C2, .... l*=«G)-6H©'--. U=«(9-ïG)v- On voit que la valeur de v dépend des trois quantités /, e et or. Il n'y a qu'à remplacer ces quantités par leurs valeurs en tenant compte des,perturbations
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES COORDONNÉES. 351 du premier ordre déterminées dans le Chapitre précédent, savoir On trouvera par la formule de Taylor, en négligeant les carrés et les produits de S, /, S, e, S, xs que nous laissons actuellement de côté comme contenant m'2 en facteur, <5, v = <5, / + Ci cos()i — w)<5,/ + aC, cosa (X — w) <5,/ + ... H—ï-Î sin (X — &)) <5,e cos(>i —w) e^cj, (3) < + -j-^ sin2()i — w) <5, e - cosa()i — w) e<5,Gj, On tirera d'ailleurs les valeurs de-pi -j-5» • • des formules (2), savoir M) Les formules (/) et (A) du n° 135 donnent les expressions de S,/, Bte et eS,©. Si nous considérons spécialement dans ces expressions, ce qui concerne un même argument, D rjl + i'/'+bi- k'xn'-h ht', et si nous posons d'une manière générale (5) Qdte=2MLcoBD, I y -^eô|Gj= V <&>sinD, la formule (3) nous donnera ô,i> = â|/+ V [a^sinDcosy (>i — w) + 01LcosDsiny'(>i — w) — X sinDcosy'()i — w)] ou bien (6)ôt,=ôt/+2[(^^i^)s^
35a CHAPITRE XXI. On peut faire une remarque utile : Cy- contient des termes en ej, ei+2, ei+k, ... ; e étant supposé petit, le premier de ces termes sera de beaucoup le plus important, et l'on aura à peu près D'autre part, en se reportant aux formules (d) et (/) du n° 135, on voit que * les parties principales de Bte et e$txs ont pour expressions <5ie = £=-B Y -r-k-., NeA-'e'"'T]/cosD, 1 Amd l + l'v * e*xw = § = B y ^T-Ne^-'e'A'n/sinD. 1 Amà 1-+- l'v Si on les rapproche des formules (5), on trouve 31L=- ^ B ^-\- NeA-«e'AV, de i-hi'v 0t = y ^ B --^r>- NeA-' c'A'tiA ^ r t+ i'v En tenant compte de l'équation approchée (7), il vient 3t __h OÏL — k' Or les valeurs de h sont égales à \k\ ou | k | -t- 2, ... ; les termes les plus importants correspondront à h = | A|, ce qui donne X = ± OÏL. Donc, dans l'expression (6), l'une ou l'autre des quantités D\i ■+■ X et D\i — 3fc sera voisine de zéro, et il en résultera une simplification notable. On calculera de même les perturbations de la longitude qui répondent aux inégalités séculaires de e et ex. Toutefois, il convient de dire que les astronomes ont l'habitude de ne pas faire figurer les inégalités séculaires de xs dans le calcul de £,?; cela tient à ce qu'ils calculent l'équation du centre par les formules du mouvement elliptique 5 (8) y = aesinÇ + ^-e*sin aÇ-h..., Ç = l — GT, mais, en y introduisant la valeur de xs affectée de ses inégalités séculaires. Ils emploient généralement aussi dans ce calcul la longitude moyenne nt -+- e du
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES COORDONNÉES. 353 mouvement elliptique augmentée de ses inégalités à longues périodes. L'expression ( 8) de y est convertie en Table d'argument Ç ; c'est cet argument sur lequel on fait porter et les inégalités séculaires de xs et les inégalités à longues périodes de /. On voit donc que, dans la formule (3), S, xs doit représenter l'ensemble des inégalités périodiques de or et S,/ l'ensemble des inégalités du premier ordre de /, en omettant celles qui ont de longues périodes. On a vu, à la fin du Chapitre précédent, que / peut être considéré comme n'ayant pas d'inégalités séculaires du premier ordre ; la variation séculaire de l'équation du centre ne proviendra donc que de la variation séculaire de l'excentricité. On la calcule comme il suit : On a dy _ d(w — Ç) _ dw de ~~ de de ' les formules i /i + e ï tang-^y/ —tang-a, u — esina = Ç donnent du sinu . i + ecosw -r— = = S1I1 U ; ) de ï — e cos u ï — e* dw sinw du s\nw . i + ecosw sinw de sinu de \ — et i — e1 ï — e* On aura donc . . 2 4-flC0S(f — GJ) * ô, y =. sin ( v — gj) ^ - o, e. Si l'on attribue à Bte sa variation séculaire, on aura pour S,y une expression de la forme a/; a est une fonction de v ou de Ç; on donnera sa valeur dans la Table même dont on a parlé ci-dessus, à côté de la valeur de l'équation du centre qui résulte de la formule (8). Quand on aura obtenu les diverses inégalités périodiques de p, on y remettra / -t- t' — t et gt -h t' — t au lieu de X et co. On réduira ensuite en un seul tous les termes dépendant d'un même arc gt-h$, et l'on construira, une fois pour toutes, une Table numérique avec / pour argument, donnant la valeur de l'inégalité en question. On passera de la longitude v dans l'orbite à la longitude héliocentrique p, par les formules (/) du n° 33, tang* - tang4 - p= =—.- sina(i> — 0)-\ :—r- sin4(f — 0) —..., r sini" v ' sina" ^v ' ' vi = v +p; T. - I. 45
354 CHAPITRE XXI. les inégalités de p seront généralement insensibles, et on les atténuera en remplaçant v par sa valeur perturbée; il y aura lieu toutefois de tenir compte de la variation séculaire de p provenant de celles de <p et G. 143. Perturbations du rayon vecteur. — On a, en se reportant à la valeur de x donnée au n° 93, (9) r=a + ax = flA0+ aAj cos(/ — m) + aAsC0S2(/ — gj) +.. ., avec ces valeurs des coefficients, a°=i+2(02' ^-•©-©'-se)'-- *■—(ovTey—- On tirera de là les dérivées dA0 dki dA.t de de de après quoi, si l'on remplace dans la formule (9) a, e, / et xs par a-h Bta, e ■+■ S, e, l ■+■ S, /, xs ■+■ S, or, on aura, en négligeant les carrés des masses perturbatrices, l'expression suivante de S,r, dtr = AoâjflH- AjCOS()i— w) âja + A, cosa()i — w)ô1a + . .. — a Ai sin(7i — w) âj/— 2aA, sina(A — w)^/ —. .. / .\ ] a dAa . ,« . aA< » /i \ «Aj «, (11) < H =—2 âje + acosfA — w) -~ OjeH- aC0S2(A — w) —j1 ôje +. .. 1 de de de «A. . ,.. . ,, 2aAj . . —- sin(A — w) eôiGJH - sina(A — w)eôiGj + Considérons les termes qui contiennent un même argument D, et posons - Ay àta = £ UcosD, -yVzAyâ,/ = 2KsinI)' (12) ^^eâiGj = 2QsinD;
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES COORDONNÉES. 355 en portant dans (i i), il viendra (i3) + (H - K + ^-^) cos(D -jl +y»l On verra, comme pour S, v, que l'une ou l'autre des quantités P -f- Q et P — Q sera généralement très petite. On construira une Table numérique donnant la valeur de (l4) - — A0 + Aj COSÇ+ ASC0S2Ç+ , Dans chaque calcul de r, à l'aide de la Table, on déterminera la valeur de l'argument Ç = /— gt, en affectant xs de ses inégalités séculaires, et /de ses inégalités à longues périodes. Ces inégalités de xs et / devront, bien entendu, être omises dans les formules (12). La variation séculaire de r proviendra uniquement de celle de e; on la calculera comme il suit : dr du e — cos u -r- = — a cos u ~h ae sin u de àlr = — acos(f — cjj^e -r- = — a cos u ~h ae sin u -r— = a ■= — a cos w. de de 1 — e cos u Si l'on attribue à Bte sa variation séculaire, on aura S,r= y/, y étant une fonction de pou bien de î^; on inscrira la valeur de y dans la Table qui représente l'expression (i4)> à côté de la valeur de -• On réduira finalement en un seul tous les termes périodiques de S, r dépendant d'un même argument gt ■+■ p,* et l'on construira, une fois pour toutes, un nombre de Tables numériques égal à celui des arguments gt -+■ p. Remarque importante. — Les perturbations du premier ordre de la longitude et du rayon vecteur, calculées comme on vient de l'expliquer, contiendront des termes dépendant de l'anomalie moyenne Ç. Nous représenterons ces termes par SsinÇ 4- TcosÇ pour la longitude, et par S.sinÇ -t-T,cosÇ pour le rayon vecteur. Dans le mouvement elliptique, la longitude contient le terme C,sinÇ, et, de même, le rayon vecteur renferme le terme aA, cosÇ; on pourra donc écrire, en ne considérant dans v et r que les termes en sinÇ et cosÇ, (i5) v = ... + (C1 + S)sin(/ — gj) + Tcos(/— gj)+..., (16) r.-.. .SjSiaC/—Gj) + (aA! + T,)cos(/ — rs) -+-....
356 CHAPITRE XXI. On a, d'ailleurs, Ci = ae — 7e3 + ..., 4 Aj— — e + g e3— Cela posé, concevons que l'on remplace les constantes e et or par e -t-Ae et tn + Acx, les petites corrections Ae et Acr étant dé l'ordre des masses perturbatrices m', m",... ; en faisant cette substitution dans les formules (i5) et (16), on pourra laisser invariables S, T, S, et T, (les variations de ces quantités donneraient des termes de l'ordre de m'2); on pourra de même négliger les produits tels que SAe, S Acr, ..., et l'on prendra simplement dCi rfAt "3e"- 2' "3e"--1" On trouvera ainsi (17) v = ... +(d + S + aAe)sin(/ — gj) + (T— ae Agj)cos(/ — gj) 4- . (18) r =... (S,—ûfeAnj)sin(/ —gj) + (aAj + Ti — a Ae) cos(/— gj) +.. Or on peut disposer des indéterminées Ae et Ara de manière à avoir S+aAe = o, T—aeAcj=o; d'où Ae = --S, eAnj = +-T, a a et les formules (17) et (18) deviendront (19) f = ...-hC|SinÇ + ..;, (20) r= /aAi + Ti+iaS^cosÇ+(Si— 1 flTJ sinÇ + .... On voit que, grâce à l'artifice employé, la longitude v ne contient pas de terme en cosÇ, et qu'en outre le coefficient C, de sinÇ est le même que dans le mouvement elliptique. Mais l'expression du rayon vecteur contient un terme en sinÇ, et un autre en cosÇ; le coefficient de ce dernier n'est plus le même que dans le mouvement elliptique. Il faudrait encore remplacer e et gj respectivement 1 1 T par e — S et ex h dans les autres termes de v et r, qui dépendent de 2Ç, 3Ç, ... ; mais ces termes contiennent e2, e8,..., et la modification qu'il y aurait lieu de leur apporter serait insensible. Enfin il n'y a pas lieu de faire la substitution en question dans les perturbations du premier ordre de r et p, car cela
PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE DES COORDONNÉES. 357 reviendrait à tenir compte des carrés des masses perturbatrices. On se bornera donc à prendre dans v le même coefficient de sinÇ que dans le mouvement elliptique, et l'on calculera, comme on vient de le dire, les coefficients de sinÇ et cosÇ dans r; eetor resteront des constantes dont la valeur sera fournie par les observations. Ainsi se trouve fixée d'une manière précise la signification des quantités e et© qui n'étaient jusqu'ici que des constantes d'intégration, et dont les valeurs pouvaient dépendre des procédés de calcul employés. 144. Perturbations de la latitude héliocentrique. — La latitude héliocen- trique s est donnée par la formule (21) sins = sin9sin(f — 0), ou bien, en introduisant les quantités/? = tang<psinô, q = tang<pcosô, (22) sins= cos<p (^sinp — pcosp). Nous supposerons, conformément à l'usage généralement adopté, que la longitude psoitafFectée de ses perturbations, quand on l'emploie dans la formule (21) au calcul de la latitude; les perturbations de s ne dépendront, d'après (22), que des perturbations de/?, q et ç, et l'on aura âjs = - (ôj^sinp —ô^cosf) —tangstaDgçôjcp. Si l'on a recours aux expressions de S,/> et S, y, formules (ot ) du n° 140, il vient coss [_ Jmd 2 v ' _ tang 3- 2 " 2 *sin(f + D — t) + —--£ sinsôj? I — tang* tang 9 ^9 H-K __._,.. . „ % . ""'6 2 COS9 ou bien H + K >,*J àiS— > sin(f — D— t) COSSJtd 2 V ' (23) ^Ts2d —— sin(i> + D — T) —tang* tang jd,<p. Le dernier terme de cette formule sera presque toujours insensible, et, dans les deux premiers, on pourra le plus souvent réduire a l'unité le facteur —— • Il restera à mettre dans le second membre de la formule (23) pour v sa va-
358 CHAPITRE XXI. PERTURBATIONS DU PREMIER ORDRE, ETC. leur elliptique /-+- 2esin(/— or) -+-..., et, le plus souvent, il suffira de remplacer p par /; les inégalités périodiques de la latitude se trouveront donc aussi dépendre d'arguments de la forme gt-\-$ et seront aisément réduites en Tables. La valeur elliptique de s fournie par la formule (21) sera également convertie en une Table dans laquelle on entrera avec l'argument v — G, v étant affecté de ses perturbations, comme on l'a dit plus haut. On trouverait pareillement, pour la planète P', ( âly = _ _L_ V !L±i^8in(^_D-T') \ ' COSS' Jbd 2 K ' (23') ( -^l^-sin^' + D-rO-tangytang^,,'.
CHAPITRE XXII. — PREMIERS TERMES DES PERTURBATIONS PÉRIODIQUES. 35g CHAPITRE XXII. PREMIERS TERMES DES PERTURBATIONS PÉRIODIQUES DES COORDONNÉES. 145. Les perturbations périodiques des coordonnées, qui sont du premier ordre relativement aux masses, déterminées par les formules du Chapitre précédent, se trouveront développées suivant les puissances des petites quantités e, é et Y]. Nous allons chercher les expressions analytiques des premiers termes de ces développements, en ne conservant que les parties qui contiennent linéairement e, é et y]. Les formules auxquelles nous arriverons ont joué, à plusieurs reprises, un rôle important dans la Science, notamment à l'occasion de la découverte de Neptune. Pour obtenir, dans les perturbations des coordonnées, les termes du premier ordre par rapport à e, e' et rj, on doit conserver les termes du second ordre dans le développement de la fonction perturbatrice. Soit toujours R, l'inverse de la distance mutuelle des deux planètes P et P'; la formule (37) du n° 123 donne précisément le développement de R, avec les termes des ordres o, 1 et 2. Cette formule peut être condensée ainsi : iR, = l- 2 M^p.ePe'P'cos[t(/'-1) -+- £{ï - w) + (3'(X- gj')] + 1-(e-+ e'*) 2 NO cosi(/' — l) + i ee' ^ P(l) cos[i(l' — l) + w—gj'] - £ yi! 2 B"-») cosi(/' -l) + l-n* 2 B«-»>cos [*(/'-1) •+- a* - 2t']; l'indice 1 varie de — 00 à -t- 00; p et p' ont les valeurs o, 1 ou 2; Ma.*, Nw et P(l)
36o ont les expressions suivantes : CHAPITRE XXII. (2) M(l') _ A(l) 0,0 — " » M(/;o= —a«AW—a dA<'> da Mj, =(aj-i)A('-li+a M(t'i»t = 3(4*,"-5i)A(«+ï(ai-i)a dA^ i_ tdVAV> da 4 da! M'/,', =—(« — i)(2«— i)A<'-«> — (ai — i)a dA"-') i „ d'A"'-» da a' a i dA<'> i . d»A'0 4- 7 a* 4 da* d8A('-8> da1 N<'> = — i!A(')+: a . 2 aa + 7 «Z 4 " da! P«) =(,■_,)(«_,) A(-«) -a ^—--a» ^-i da da* la signification de A(/) et de B(l'-<) est la même que dans les formules (i5) du n° 119; on voit que M^0 et N(l) restent les mêmes quand on change i en — i. On pourra remarquer que, pour obtenir la formule (i), on a remplacé i par i — r, ou par i — 2, dans certains termes de la formule (37) du n°123,et A"'et A'" respectivement par dA<'> da 1 , d!A"> et ~ a a » 2 da} Soit R0)l la fonction perturbatrice qui correspond à la planète P; d'après ce qui a été dit au n° 124, le développement de R0,, se déduira de celui de R,, en remplaçant A(,) et A(-,} par A(,) - £t, et B<0) par B(0) - ^- Il suffira de faire ce changement tout à fait à la fin, dans les expressions des perturbations des coordonnées. 146. Nous allons appliquer les formules du Chapitre XX aux divers termes du développement (1). Les expressions (d) du n° 135 pour £, © et V contiennent le facteur yj, comme on s'en assure aisément; d'après les formules (/) du même numéro, il en sera de même pour $, 9 et sin^S, 0. Si l'on néglige le second ordre, ces formules (/) deviendront (3) ôj a = £, ôj p = A, ô, e = «d. + - e§, die =9— -.e — > ed.in = $. 4 &
PREMIERS TERMES DES PERTURBATIONS PÉRIODIQUES. 361 Les formules (a) du n° 135 combinées avec l'expression (i) de R, donneront, au degré de précision cherché, |' <■= yflS 2 p + y_r+iv M^ePe'P'cos[f-(/'-^)+Pa-«) + P'a-^)], * = ^'"2 p + y-i + iv MJfp.rf-VP'8in[i(l,-X) + |îa-»)+|î'(X-«i')] -77rv«27N(''8inj,(f-x)-5^^fp,',rin^ *- im'« 2 p + y-f-+f-v Mgp.eP-VP'co8[i(l'-X)+|î(X-») + |î'(X-w')] 2 fX i_ ™|_^e, y lpu)Cos[i{l'-l)-\-(ù-xn']. On a posé dans ces formules TV II On a maintenant, d'après la formule (n) du n° 143, — = — ecos(>i — (ù) — hesin(A— w) (â,p H-ô.e) -+-eâ«e a a a ' r — [cos()i — (ù) âje + sin()i — w)eâjGj] — e[cos(2>i— 2w) ô,e + sin(2>i — 2&))éd,Gr] ou bien, en tenant compte des relations (3), IA ¥• P 3 (' — = — — [£cos(A —u) +^sin(A — &>)] — 7 e ^= cos(A — w) a a 4 a + e(A +JU)sin(A —w) + e£ — e[<?ços(2A — 2w) + ^sin(2A — ju)], On aura ensuite, d'après la formule (3) du n° 142, l'expression suivante, pour la perturbation de la longitude, âj v — ai p + âje + 2ecos(A — w)(âj p + <5je) + 2[sin( A —w) âj e — cos (A — w) eâjgj] 5 + - e[sin(2A— 2«)ô1e — cos(2A -au) e^w] T. — I. 46
362 CHAPITRE XXII. ou bien, en tenant compte des formules (3), <51c = A4-«^4-2[^'sin(>L— w) — ^cos()i — w)] e — sin(>i— w) (5')( ■ 5 + 2e(A +e&>)cos()i — w) + - e$-\- - e[£sin(2>i —2w) —c?cos(2>i— aw)]. 147. Il n'y a plus qu'à remplacer, dans les formules (5) et (5'), £, À, «n,, $y <% par leurs expressions (4). On donnera à (3 et (3' les valeurs o, 1,2, en ne retenant que les termes du premier ordre; on aura à effectuer des transformations très simples par des relations telles que cos(X - ») 2 Q(° cost(/'— 1) = -2 [Q(0 ■+- Q("°] cos[t(/'— X) + 1 -w], sin {1 — (ù) 2 Q(0 snu(/'-1) = - l- 2 [Q(,) - Q("°J cos[t (/'-1) +1 - w], qui se simplifieront encore si l'on a QM) = Q(t) ou Q(-l) = — Q(/). Dans le calcul des quantités y?cos()i — (ù) -+- ^sin()i — (ù), ïsin(>i — (ù) — ,Tcos()i — (ù), les deux termes multipliés par Mjjp. se réduiront en un seul ayant pour argument *(/'—X) + (P — i){l — w) + p'(X — gj'); les deux termes multipliés par P(<) se réduiront aussi à un seul argument il y aura des réductions analogues pour les quantités ïcos(2>i— au) -\-$ sin (2)1 — au), ïsin(2>i— au) — ^cos(2>i -aw). On trouvera ainsi les expressions suivantes dont nous donnons le détail pour guider le lecteur : £ _ Tl _^_ V m««, cos*(/'- X) a jx 1 — v ^u 0,u ' (6) | + 7 ae 2 ,-7+» *'&cos W~ *) + X- »] + 7^2 ,_7+iv M°'1 cos [t'(/,_ X)+1 - *!
PREMIERS TERMES DES PERTURBATIONS PÉRIODIQUES. 363 et jul i-v^[2(i-v) 0,° aa \ i (6') { ---ST ,3(Tf> MP.+«ffi»1 L__sin[,V-D + >-U] v ' » jul ^|_2(i — t+tv) 1,° <)a Ji-i + iv L v ' J -"'ae-vf »('70 M'.l. + aM ?-^sin[,-(/'-l) + l —'], jul ^ |_2(i —t-i-tv) °'1 da J i — i + iv L a — [£cos()i — w) +^sin(>i —w)] = --— a Y -? r-M^cos *(*'-*) (7) < _ — ae V ["., ! . N<*> + ?—r-Mftlco8[i(r-X) + X-u] a ^L'(,-v) 2—i-J-iv ,,0J l \ / j - I — ae''Y [*., ! . P(0 -+- )—-?- MV',1 cos[i(/' - 1) -+- 1 - ra'], 2 a ^L'(,-v) 2 —t+tv 1,fJ L v ' J (7') 2[£sin()i — (ù) — ^cos(>i— w)] = - — a Y l—^ M'A siin(/'-*) a ^i-i + iï M + 2 — ae Y f-.—-i—- N"> 1 r- M(,"01 sin [*(/' - l) +1 - a>] -+- — ae' Y [*., ! x P(0 -' î—r- MV',1 sin[«(/'-X) +X -bj'], (8) - | e | costf -u) =- | ^ ^ e JJ M(0':o cos[7(/'-X) + X - a>], (8') -l-e^sina-(o)=-^r^e^W^sm[i(l'-l)+l-^l (9) e(A + «H.) sin(7 — w) a i—v Jmd |_3(i — v) 0,u aa J i L v ' J !2e(A -l-Jl.) cos(>, — (ù) m' a Vf 3 m(«) ^ ^01 i . r./#, _x . — 2 e > — . M(0"0 + a °'° - sin [*(/'—X) +X —w], a i—v +* |_2(i— v) 0,° da J i L v ' J' c* = - — ae Y î r- M',", cos[i(/'-X) + X ~ w], (io) (io') -e§=\— ae y 1—r- M'A sin[i(/'- X) + X - w]
364 CHAPITRE XXII. et (II) — e[ïcos(2>i— 2w) +^sin(2>i — 2w)] =-l^ae^1_Uiv^looos[i(i'-D-a-o>)] =-iyae21 + Lt-vM^'C0S[t'(/,~X)4-a~(,))]; 5 2 e[$sin(2>i —2w) — ^cos(2A —20))] (»') < =-j — ae\ ! ^MftsintiC/'-A)--(/-*>)] 5 /^ = + 7 — ae Y ! r- M(r5 sin[t(/'- a) + A- w]. On n'aura plus maintenant qu'à faire les sommes a =(6) + (7) + ... + (n), â^ = (6') + (7') + ...+ (n'). et l'on trouvera sans peine *£ = * a \ [-1- M<«0 , ' M<"01 cosi(/'- A) a f* ^LI-V 2(1 —i + iv) 1,0J v ' H ae >, — 77 r I + -, r M(0"0 — -, r <Z **'£• _ da («) { + f- - ^ —ï—- m<"0 - -—-.—r- M<-'0' 1 \2 Jl — l + lV f'° 2(l+t— tV l,° ! r- M'",- ., ' x NO ! COS[t(/'-A) + A-0)] 2 — t + tv ',0 t(i — y) I "ae' 51 [ '7*. M'/', - UrMf, ^ r P«>1 COS[t(/'-A)-+-A-Gj']. L Jmd\_l— 1-+-IV °'1 2(2 — t + iV) 1,f 2l(l — V) J T fx ^[21(1- v)* °'° t(i —v) da 1 — i-\-iv 1,0J ' ^aeVi_J_r_? H M'" I 3 a^»'" + 77 lT7-^ (l + 6 '~* ) M(/'o 4(' — H-iv)\ 1 — t + ivj ,,° c') < —;— «^ +., 5 .. mï* 1 1 — n-tv da 4(n-*— ™y l'9 ^y[ ,3"r". w> L_a«i jx ^U |_2(i — 1+ iv)* •'* i_t + tv da !—r- M'", + t—?—r P<'>1 sin[t(/'-A) + a-o']. 2 — 14-lV »'■ t(i—v) J
PREMIERS TERMES DES PERTURBATIONS PÉRIODIQUES. 365 148. Il faut maintenant remplacer, dans les formules (a) et (a'), M^.M^, ...,P(/) par leurs valeurs (2). Il convient de poser (12) l — IV =Zt et de mettre partout -—r^ au lieu de v. *./■ L'expression de — prendra la forme -i— = - — > C*cosi(/' — X) a 2 U. Jmd (*) — e V D|COs[c(/' —X) + >i — w] m' un calcul assez long, mais qui ne présente aucune difficulté, donne Cf= ; r flA"H a* —r , 5,(i — z;) 1 — zt da (c) -?(i —*?)(* —*i) ;z« + ,a, _ 3 f dA^> 1 3 d»A"> s;(i — s*,) (2 — z,) da 22,(2 — zt) da* _ (/-Q(y-OtaA(f-„ *i(l — -S;) (2 — £,) tS, — I S«(I — -i)(2 — 2,) dA<'-'> da 2 3,(2— S,-) On peut, si l'on veut, changer, dans C,, 1 en — 1, par suite zt en — zit et remplacer C, pari(C, -+- C_f); on trouve ainsi (c«) C,= 2taA(') + ztà1 <?A"> da Zi(l-Zj) L'expression (a1) de S,p prendra de même la forme (*') H e VG,sin[t(/'—X) + X —w] + ^ e'2 Hisin [*(''-*)-+-*-**'],
366 Chapitre xxli. et le calcul direct donnera F,- = i —4- r— aA"» H -; r a* —j—, G =t.(i —Q^+(t —a)g? + (n —apg? —a(at + 5)g|+6 flAff1 , ,. y i*J + 3(i — a)S*+2(1 + 6)2,— 12 , dA«ï 1 , d*A<'> x 2 5((i — «i)"(H-*i)(a — */) da 5i(i—Zi)(2 — Si) da* H, = (i-i)(ai-i) *?~flf'+4 xaA<'-> v 'a*/(i—*,)*(a —*,) (j_,)zi + 2(,-+,)Z/_4' dA('-»> 1 , «FA*'-») -|- - 1—i i - ci1 a • izt{\—^)*(a— si) da zt(i — zt)(2 — si) da* On peut, si l'on veut, changer, dans F,, 1 en — 1, et remplacer F, par j(F, — F_,); on trouve ainsi i(z}-hZ)a\W-h2Zia* ^— (O F<=- *T7=7* -■ 149. Les formules (a) et (a') sont en défaut lorsque 1 = o, car certains termes contiennent i en dénominateur. Il y a lieu de reprendre la formule (1), d'y faire 1 = o et de considérer à part les termes correspondants; on trouve ainsi ro _ l xw + I (e» + e") N<°> -+- ^ ee'P<°> cos(w -xn')—{ u«Bi" (la) ; l-2 M^°,p.ePe'P'cos[P {l - w) + £'(* -gj')] + - tj»B"' cos(a), — ar'); P et P' ne devront pas être nuls simultanément, puisqu'il en résulterait une partie constante dans Rj, et que cette partie constante a été mise en évidence et désignée par JA(0). On tire des formules (a) du n° 134, en y remplaçant R0il par l'expression (12), ^ = — a lift ecos(X — w) H aM1,»1, e' cos(X — gj'), "\ m' Km' 2 u ' au,0'1 «*• = a* -5— ni a* *,B esin(>i - w) a* .t0'1 e'sin(>i — or') ix aa u. oa u. da v '
PREMIERS TERMES DES PERTURBATIONS PÉRIODIQUES. 36^ et — 'Hi. raN(0)e + - flP(0,e' cos(w — gj') 1 nt li L 2 -1 i m' 2 ^T a2^p7M^eP-»e'P'sin[P(X-a)) + P'(^-^)], 1 7W * = - - aP^e'sin(to —cj')ni 2 f* Il n'y a plus qu'à substituer ces valeurs dans les formules (5) et (5'); voici les principaux détails du calcul : — [£cos(A — G))+£sin(A — w)]=— — |aN«»esin(A —w) + X- aP«»e'sin(A — gj')Ï nt — \ — [«Mft + aM',% ecos(X - w) + ^ aM*/» e'cos(A-i 2[£sin(A—g)) —^cos(A —g))]—— 2 — raN«»ecos(X — w)-h ^ aP<°>e'cos(A— gj')1 ni - — la M(,% e sin ( A - w) -+- l- a M\°\ e< sin ( A—gj')1 , — x e — cos(A — w) = o, e — sin(A — w) = o, o a 2 a /w' dA*0' e(A + «,l>) sin(A — w) =— — nfa! -^— e sin(A — w), jx âa 2e (A + X)cos(A— w) =— 2— /i£a* —^— ecos(A— w), jul aa \ /» t m' -e#=| — aM'.^esinCA —w), 2 4 jx 1,u v ' — e[ïcos(2A —2w)+^sin(2A —2w)]= aM(j%ecos(A —w), 5 , 5 /w/ -e[a?sin(2A — 20)) — #cos(2A — 2u)]=+ 7 — aMWsin(A — w). 2 4 a *
368 CHAPITRE XXII. On trouve finalement ^=_^nf r/aN(o> + a»5^\esina-w)+ ^ aP«»e'sin(X-gj')1-^ — aM',% + — (aM',% - £ aM(t%) e cos(X - a>) + — (aM1;,1, - j aM1,0,1,] e'cos(X -gj'), àxv= — — a}^- nt—i — nt\ ( aîiw-h a* ^-Je cos(l — <ù) +^ aP^e' cos{ï-tsj')\ 1 j + aM1,0,1,, 1 e sin (X — w) (3 dM(0) i \ ^aM<°>+a» ^i + I aMftj e'sina -gj']. Si l'on remplace N(0), P(0\ M',%, ... par leurs valeurs tirées des formules (2), on trouve aisément -^- =r nt I [3a1 -r h - a3 . , esin()i — w) a 2 jul 1 \ âa 2 da" / + ^A<» - a» -^- - - a3 _- j e'sina - «)\ H a» -^ 7 — 3 a»—j h-a» , , ecos()i—w) 2 jx aa 4 H \ »a 2 aa* / — 7 — 3aA(I)—3a* -3 a3 . , e'cos()i —gj'), 4 J* \ da 2 da1 / " o,? = a* —r— nt nt ( 3a* —r 1— a* . . ecos(A — w) 1 jx da jx L\ da 2 <to* / ' (i3) (i3') (a* -^ h - a* —r-r— e sin (X — w) 2 jx \ aa 2 aa* / ™Y a m .<*A(I) 3 3^A(1)1 / • o + _^aA(t)-2a»-^--^a3-^i-Je'sina-GT'). 150. On a expliqué dans le Chapitre précédent comment on peut faire disparaître de S, v les termes en sinX et cosX, pour les reporter uniquement sur S, r; nous allons opérer ce changement. Soientc, etc', les coefficients de ecos(X — co) ete'cosÇk — cj')dans —» st ets\ les coefficients de esin(X— co)ete'sin(>. — xsf) dans S, v. Si nous changeons e et xs en e -t- Ae, et cr -t- Acx, — et St p deviendront (i4) -1— =...C!ecos(>L— w) + c'1e/cos()i — gj') — Aecos(>i — w)— eAGJsin()i —&>)+..., a 31p = ...*1esin()i — w) + *'je'sin()i — gj') + 2Aesin(>i — w)— 2cAgjcos()i — &>)+....
PREMIERS TERMES DES PERTURBATIONS PÉRIODIQUES. 369 Si l'on égale à zéro les coefficients de sinX et de cosX dans S, v, on a deux équations d'où l'on tire aisément (.5) i Ae = [ste-+-s\e' cos(<ù— gj')], eÙH3-=. -s'.e'sin(w—gj'); 2 en reportant ces valeurs de le et elxs dans la formule (i4)» il vient, après réduction, _Ll =...+ (c,+ -s,Yecos()i — w) -+- (c\ -+- -s\\ e1 cos(ï—&')-+- On trouve d'ailleurs i im'. d*A«» Il convient de poser (d) , 2 , dA<°> i » d*A< (o) <?a da" -/=-^A<'>-«'-^_«>^-): oa 2 da1 — D = aA'1' — a* -^ a3 . , : oa 2 aa1 alors, si l'on tient compte des changements réalisés par l'introduction des valeurs (i5) de le et e Acr, les formules (i3) et (i3') donneront -1- = a"—« 1 [C —2a* -^—)ntesin(l — (ù)-i Dnte'sinft — gj') a 2 ja da 2 ja \ da/ 2 F m'/ . t 2 , dA(0>\ .. x m' *, , /■> ix — —(/-+- 3 a" -^-)ecos(X-w)-—/'e'cos(X-Gj'); (16') d^ = a*—5— nt-\ [ C — 2a'—;— ) nteco&Ck — w)H DntdzosCk— m'). ja oa At \ da / ft Ces valeurs de — et S, v devront être ajoutées aux valeurs (b)et(b') trouvées plus haut. T. - 1. 47
370 CHAPITRE XXII. Les expressions elliptiques de r et v sont d'ailleurs r (17) — = 1 — ecos(X — (S) -+-..., (17') v = nt + z + 2esin()i— w) +.... Il convient de poser, comme on l'a déjà fait au n° 141, . Q, (m! %dk™\ (18) «^ __«._) = „,. On calculera at par la formule n\a\ = niài, ce qui donnera /ai»' d\«»\ (.9) a = at{i-2ya*-sry Désignons par X, ce que devient X quand on y change n en nt; nous aurons cos()i — w) = cos[>i|— <ù-+-(n— nt)t] = cos(Ai —w) — (n — n,)f sin(A, — w), sin(>i — w) = sin[>i|— w -h (n— n,)f] = sin(>i| — w) + (n — n,)fcos(A,— w), ou bien, en vertu de la relation (18), [ cos(A— (ù) = cos()it— (ù) a* -^— nf sin(At— w), 1 p aa (20) • /•> x • /■» x "*' «^A(0) , /■» F sin (A — w) = sin (A,— w) h a* —r—ntco&Ck,— w). V 11 ' aa Si l'on effectue les substitutions (18) et (20) dans les formules (17) et (17')» on trouve — = 1 — ecos(A| — w) — ^ — a* —; h 0 — a —3— ecos(A, — w) , ax ' ' 3 u da 3 u. da v (21) { m' dA<°> . ,. H a1 —5— nlesin(A, — w) 4- _./ /9A(o) v — ntt 4-e 4-a e sin (A, — w) H a* -^— ni , , 1 u da (21') H a* —3— /ifeCOS(A, — w) 4- fx da Les trois derniers termes de l'expression (21) se réduisent avôc des termes correspondants de la formule (16); il y a des réductions analogues pour v et
PREMIERS TERMES DES PERTURBATIONS PÉRIODIQUES. 3^1 Btv et, finalement, on peut prendre, en supprimant les indices de nt, at etX,, I ô.r i m' , dA(0) i m' n . . i m' _ . la b u. aa i u. i u. (/) ^ | /ecos()i — w) /'e'cos(>i—gj'); (/) <5, c = — Cn<ecos(>i —w) H Dnfe' cos(>i — gj'). Les expressions de — et de Stv qui résultent des formules (b) et (/) d'une part, (b') et (/') d'autre part, sont, comme on s'en assure aisément, identiques à celles que Laplace a trouvées par une autre méthode dans le n° 50 du Livre II de la Mécanique céleste, si l'on a égard à ce que Laplace représente par — A{i) ce que nous avons désigné par 4- A(/). Nous aurions dû, pour nous conformer à l'usage adopté aujourd'hui et d'après ce que nous avons dit au n° 142, ne pas faire sortir des signes sinus et cosinus dans les expressions de S, r et S, v les inégalités séculaires de ex; nous l'avons fait cependant, mais uniquement pour retrouver les formules de Laplace. 151. Il reste enfin à tenir compte de la seconde partie, R0), — R,, de la fonction perturbatrice. Il suffira, eomme nous l'avons dit, de remplacer A(0 par A(,) -2- Nous pourrions nous en tenir à cette indication; mais, la connaissance des perturbations de r et v provenant de la seconde partie de la fonction perturbatrice peut être utile dans certaines recherches, et nous allons faire connaître les expressions de ces perturbations. Il faut, en somme, diminuer aA{,) de -^j et a2 -3— aussi de -77: a3 , . res- a'* da a'1' da* tera le même. Il n'y a donc qu'à chercher dans les expressions (b) et (6'), (/) et (/') les parties qui contiennent A(,) ou A(_0; on trouve ainsi sans peine, pour—» (Ci4-C_,)cos(/' — )i) h D.ecos(/' — &)) 4- — D_,ecos(— V-{-il — u) -+- — E,e'cos(2/'-X-Gj')-— /'e'cos(X-Gj'), r" r" et pour Btv, H G_!esin(— l' + zl — w) H H,e'sin(2/' — 1 — gj').
372 CHAPITRE XXII. Si l'on remplace/' par son expression (d), et C,, C_,, D,, ... par leurs expressions (c'), et qu'on fasse en même temps la modification indiquée, on trouve dtr m' a* [ v —3 ... .. v3 — 3v*4- av ■+■ 3 .., ~J- = 7Ï -7 T7 7 COS(/' — l) + —, tït ; rz -eCOS(/'— &)) a fx a'* |_v(i—v)(a—v) v(i — v)'(i + v)(2 — v) (*). < +-7 £7 wa * ecos(— l' + il — cù) vo ' » v(i — v) (2— v)(3—v) ■+- —, 2V7T -e'cos(2/'— l — gj') ; 2V(I —V)(l — 2V) 'J . /m' a* f v*—4^4-6 . .„ ,v v3 —3v*—v —9 . ... ài«' = 75 7 ^7 rsin(/'—1)-\ ; y—-esin(/' — w) /Jl a'* L V(l —V)*(2—V) ' 2V(I — V)!(l + V)(2-V) , , 1 3 v*— qv*4- 33v*— 5iv ■+■ 3o . . „ . xo ' » 2 v(i — v)*(2 — v)!(3—v) v ' V(l — V)(l — 2 V)* ~ ' \ v désigne toujours dans ces formules le rapport — • En résumé, les valeurs complètes de — et Btv seront données : i° Par les formules (b) et (b') dans lesquelles on donne à i toutes les valeurs entières positives et négatives, excepté zéro; 20 Par les formules (f) et (f)\ 3° Par les formules (g) et (g'). On devra ajouter l'expression de S, r à la valeur elliptique a 1+ - e*— ecos()i — w) e*cos(2>i — 2w) +... I, et de même celle de S, v à la valeur elliptique 5 /+ 2esin()i — w) 4- 7 e*sin(2>i — aw) -K ... 4 152. Nous dirons, pour terminer, quelques mots sur le calcul des perturbations de la latitude s, toujours avec la même précision. On a siru = sintp sin(f — 0); d'où, en supposant v affecté de ses perturbations, et remplaçant par l'unité les » àxs = sin(i> — 0)di9 — cos(f— SJsinçô, 0 facteurs —- et —— > coss coss
PREMIERS TERMES DES PERTURBATIONS PÉRIODIQUES. 373 ou bien, en vertu des formules (2) du n° 138, (a3) ô,s = (S + V)sin(i> — t) — £cos(f + t). Or, quand on remplace R0>i par l'expression (1) dans les trois dernières formules (a) du n° 134, on trouve 6 = l — sin - J S \ ! 7- flB"-" cos[/(/'-^) + 2X - 2t'] + - aB"> cos(aX - 2r') 2 p 2 *d(2 — 1-+-IV J2 ' V= I— sin - J V —— aA<'>cosi(/'-X), 2 y. 2 ^ v — i G =-- — sin - Jah^nt -+- - — sin - J | — Y 4 aBC-" sini(l'-l) J 2fX 2 2 /JL 2 | V— I^i ' + V ?—^ aBC-^sint/C/' -*) -+-2X - 2r'l -+- -aB(»)sin(2X —2t') Dans ces formules (24), «prend toutes les valeurs entières, excepté zéro. Il n'y aura qu'à porter dans la formule (23) les valeurs précédentes de G -t- V et g; on devra remplacer A(,) et B(0) respectivement par A*»)-" B<°>-^. a'! a'2 2 fx 4)
3;4 CHAPITRE XXIII. CHAPITRE XXIII. DÉCOUVERTE DE NEPTUNE. La découverte de Neptune a marqué une époque remarquable dans la théorie de la gravitation, à laquelle elle a apporté une confirmation éclatante. Aussi croyons-nous devoir lui consacrer un Chapitre spécial, qui trouve ici sa place naturelle, car cette découverte prend sa source dans les formules du Chapitre précédent. 153. Le i3 mars 1781, W. Herschel rencontrait accidentellement la planète Uranus dont le disque sensible avait attiré son attention. Quand l'orbite de cette planète fut connue approximativement, on constata qu'avant sa découverte elle avait été observée vingt fois comme étoile fixe de 6e grandeur, depuis 1690 jusqu'à 1771, par Flamsteed, Bradley, Mayer et Lemon- nier. Vers 1820, Bouvard entreprit la théorie de cette planète, en prenant pour point de départ les expressions analytiques que Laplace avait données quelque temps auparavant dans le tome III de la Mécanique céleste, pour les perturbations d'Uranus causées par Jupiter et Saturne. Bouvard disposait donc de quarante années d'observations régulières modernes (de 1781 à 1820), et de vingt observations anciennes, échelonnées entre 1690 et 1771. Ces dernières étaient évidemment inférieures aux premières en précision ; cependant elles rachetaient cet inconvénient en raison de la grande extension qu'elles donnaient à l'arc observé de l'orbite d'Uranus. Bouvard construisit ainsi les Tables d'Uranus dont les astronomes se sont servis pendant un quart de siècle; mais il ne put pas les établir d'une façon satisfaisante : il lui fut impossible en effet de représenter à la fois par les mêmes formules les anciennes observations et les modernes. N'arrivant pas à concilier les deux systèmes, Bouvard prit le parti de rejeter entièrement les observations
DÉCOUVERTE DE NEPTUNE. 375 anciennes, et il fonda ses Tables uniquement sur les quarante années d'observations méridiennes : « Laissant, dit-M, aux temps à venir le soin de faire connaître si la difficulté de concilier les deux systèmes tient réellement à l'inexactitude des observations anciennes, ou si elle dépend de quelque action étrangère et inaperçue, qui aurait agi sur la planète. » Il ne fut pas nécessaire d'attendre longtemps pour prononcer; dans l'espace d'un petit nombre d'années, des erreurs sensibles se manifestèrent, dont la valeur augmenta graduellement, si bien que, vers i845, la longitude d'Uranus calculée par les Tables de Bouvard différait d'environ 2' de la longitude observée. Les Tables qui ne représentaient pas les observations anciennes étaient donc également impuissantes à représenter l'ensemble des observations modernes. Il devenait probable que la planète Uranus avait été soumise à quelque action « étrangère et inaperçue ». La question de l'irrégularité des mouvements d'Uranus se trouva ainsi mise à l'ordre du jour. Dans le courant de l'été de i845, Arago la signala d'une manière pressante à Le Verrier, qui, dans ses premiers travaux, venait de révéler un talent de premier ordre. C'est vers cette époque que Bessel écrivait à de Hum- boldt : « Je pense qu'un moment viendra où la solution du mystère d'Uranus sera peut-être bien fournie par une nouvelle planète, dont les éléments seraient reconnus par son action sur Uranus et vérifiés par celle qu'elle exerce sur Saturne. » 154. Le Verrier se mit à l'œuvre; redoutant quelques inexactitudes dans les calculs de Bouvard, il entreprit d'abord de démontrer d'une manière indiscutable que l'ensemble des observations méridiennes d'Uranus ne pouvait être représenté par une ellipse dont les éléments varieraient en vertu des seules actions perturbatrices de Jupiter et de Salurne. Les erreurs de la latitude tabulaire d'Uranus pouvaient être annulées à très peu près par des changements dans l'inclinaison de l'orbite et dans la longitude du nœud, assez faibles pour n'avoir aucune influence sur la longitude d'Uranus. Soient donc n> s, e et xs les quatre autres éléments elliptiques adoptés pour Uranus, v la longitude calculée avec ces éléments pour l'époque / ; si leurs valeurs exactes sont représentées par n -t- An, s 4- As, e -t- Ae, gj -t- Agj, la longitude elliptique, calculée exactement, sera àv A . dv A . dv A dv A f4-3-A/i4-—-Ae4- — Ae4-— Acr: an de de dw les coefficients ->-> ->-» -*-> ->— sont des fonctions connues de t et de n, e, e, xs.
376 CHAPITRE XXIII. Soit <? la perturbation en longitude causée par Jupiter et Saturne; désignons par v0 la longitude déduite des observations pour l'époque t. On devrait avoir (0 àv a àv A dv A dv A + 3- A« + -3- Ae 4- 3- Ae 4- 3— Agj — f0: d« de de dw fc—t\>=o; autant d'observations, autant d'équations de cette forme, contenant au premier degré les quatre inconnues Ara, As, Ae, Agj. Le Verrier avait repris avec un soin méticuleux le calcul des perturbations de la longitude causées par Jupiter et Saturne, de sorte qu'il était bien certain des valeurs des quantités <%. Il eut un total de 25g équations telles que (1), fournies chacune par une observation méridienne faite entre 1781 et i845. Il groupa les équations voisines, 10 par 10, à peu près, de façon à n'avoir que 26 équations normales, correspondant à un nombre égal d'observations idéales beaucoup plus précises qu'une observation isolée. En combinant convenablement ces équations, il obtint des valeurs plausibles des inconnues qui, substituées dans les équations individuelles, donnèrent les résidus suivants, valeurs devc — vQ : 1781-1782 1783-1784 1785-1788 1789-1790 1791-1792 1793-1794 1798-1796 1797-1801 1802-1804 1804-1806 1807-1808 1808-1810 1811-1813 -+- — — — -+- Tableac (A). » '.20,5 10,8 2,0 8,1 7,8 io,5 10,1 6,7 3,4 o,4 3,1 3,8 4,4 1813-1815 1816-1817 1818-1820 1821-1823 1824-1827 1828-1830 1835-1835 1835-1836 1837-1838 1839-1840 1841-1842 1842-1844 1844-1845 + 4,5 ■+- 6,o .. -H 3,8 .. ■+- 1,7 •• -7,6 • -7,3 ,. -4,5 ■• -4,7 .. -2,1 • ■+■ 0,7 -+- 1,5 .. +3,1 .. +6,5 On voit que la représentation s'est améliorée; au lieu de 2', le plus grand écart n'est que de 20", 5. Mais les résidus n'en sont pas moins inadmissibles, par leur grandeur et par leur allure systématique, surtout quand on se rappelle que chacun des nombres p„ est la moyenne de dix observations méridiennes très précises. 155. Aussi Le Verrier, plein de confiance dans l'exactitude de la loi de Newton, aborda résolument l'hypothèse d'une planète encore ignorée, et chercha si les perturbations produites par cette planète permettraient d'expliquer les irrégularités du mouvement d'Uranus. Soit P la perturbation correspondante de
DÉCOUVERTE DE NEPTUNE. 3^7 la longitude d'Uranus à l'époque /; dans chacune des équations (i), $ devra être remplacé par Ç -+- P. Il y avait lieu d'apporter quelques simplifications au problème. Tout d'abord, on sait que les orbites de Mars, Jupiter, Saturne et Uranus font avec le plan de l'écliptique des angles petits, inférieurs à 2°3o'; il était donc naturel d'admettre que la planète inconnue se mouvait à fort peu près dans le plan de l'écliptique, supposition d'autant plus plausible que, comme nous l'avons déjà dit, les latitudes d'Uranus peuvent être représentées presque exactement, en tenant compte seulement des actions de Jupiter et de Saturne. En second lieu, la planète inconnue ne peut pas être supposée placée entre Saturne et Uranus, car elle produirait dans les mouvements de Saturne des dérangements qui n'auraient pas passé inaperçus. Il faut donc qu'elle soit au delà d'Uranus. Ici, la loi de Bode, malgré son caractère empirique, va jouer un rôle important; elle indique que la nouvelle planète doit être à une distance moyenne du Soleil double de celle d'Uranus. Le Verrier s'est donc ainsi trouvé conduit à poser la question en ces termes : « Est-il possible que les inégalités d'Uranus soient dues à l'action d'une planète située dans l'écliptique, à une distance moyenne double de celle d'Uranus ? Et, s'il en est ainsi, où est actuellement située cette planète? Quelle est sa masse ? Quels sont les éléments de l'orbite qu'elle parcourt? » Soient a'', ri', e\ s', gj' les éléments de la planète inconnue; on aura 3. a \ n' /'a\* i (2) a = —, = - » v= —= (—)=—. a 1 n \a'J f Les excentricités des orbites de Jupiter, Saturne et Uranus sont voisines de 0,06, donc petites; il est naturel de supposer qu'il en sera de même de é. Dans ces conditions, on pourra calculer la perturbation P de la longitude d'Uranus par les formules du Chapitre précédent, qui laissent de côté les quantités du second ordre par rapport à e et e'. Pour l'intervalle de i55 ans, compris entre 1690 et 1845, les inégalités séculaires de v données par la formule (/') du n° 150 sont négligeables, comme on s'en assure aisément. 156. La formule (b') du n° 148 donnera donc pour la perturbation-P, en remplaçant (x par l'unité et remarquant qu'on a ici z' = t, X = /, co = ex, I P=- m' ^ Fisini(/'—/) (3) | -r-m'e^] G'Sin[/'(/'-/)+/ —ra] | -h m'e'2]H/sin[i(/'-/) hl— gj']. T. — I. 48
3^8 CHAPITRE XXIII. Les valeurs des coefficients F,, G;, H, seront calculées par les formules (&) du n° 148 ; elles dépendent de Zt= l — IV = Il I ^ ■H) quantité connue, et de «A(l), a2 —^— et a3 , • Or on a, avec les notations du Chapitre XVII, aA(,)=«o(,), a-—r— = a* —p—> g3 . _ — a3 , . : a« rfa da* doc* a étant supposé connu, on pourra calculer ces quantités. On tiendra compte de la seconde partie R0>, — Rt de la fonction perturbatrice en remplaçant aè(0 et a2 —7— respectivement par da. Donc, dans la formule (3), les coefficients F,-, G,- et H,- peuvent être supposés connus. En faisant ce calcul, on trouve que F, est petit par rapport à F, quand la valeur absolue de * surpasse 3; on voit aussi que les seules valeurs à conserver pour G/ et H,- sont G,, G2, G3 et H,, H2, H3. On remplacera / par nt-h s, t par n't -t- s', et l'on fera e' sin gj' = h', e' cos gj' = k' ; L= -(F, — F_,)sin[(n' — n)t + z'-z\ + - (F,— F_s)sin[(2/i'— in)t + it'— 2e] (4) { +-(F3—F_,)sin[(3/i'-3/i)<+3e'—3e] + eG|Sin(n'£+ e'—gj) + eGiSin[(2/i'— n)t + iz' — e — gj] -+- eG,sin[(3/i'— 2/i)J + 3 s'— ae —gj], H = —H,cos(/i'£ + e') (5) \ — H,cos[(2/i'— n)t + it'— e] — H, cos[(3n' — 2/i)J + 3e'— 2 e], / K= H,sin(n'* + e') (6) \ +H,siii[(2/i'— /i)* + 2e' — e] + H|sin [(3 n! — 2 n ) t -+- 3e' — 2e].
DÉCOUVERTE DE NEPTUNE. 379 La formule (3) pourra s'écrire ainsi (7) P = Lm'-hUm'h'-hKni'k'; e, n et £ sont connus; il en est de même de n' = ^r s' est inconnu; c'est la longitude moyenne de la planète au ier janvier 1800. Les formules (4), (5) et (6) montrent que L, HetK sont de la forme <&>i cos e' + «H., cos 2 e' -h JU3 cos 3 e' -+-1JÎ), sine' + ift), sin2e' + \!î>3sin3e', où «A»,, oA>2, oA>3, îil»,, iil»2, ub3 peuvent être considérés comme connus. Si l'on porte la valeur(7) de P dans l'équation (1), on trouvera (a) -^- An + -^- Ae + -^ Ae -+- -^ Agj + H/u'A'h- K/u'ât'h- L/n' + c + <?— c0 = o. v ' dn de de du* On aura autant d'équations de cette forme qu'il y a d'observations; Le Verrier, par des moyennes, a réduit ces équations à dix-huit, qui correspondent aux époques suivantes : 1690,98; 1712,25; 1715,23; 1747,7; 1754,7; 1761,7; 1768,7; 1775,7; 1782,7; 1789,7; 1796,7; 1803,7; l8lo»7î 1817,7; l824»7î 1831,7; 1838,7; 1845,7 (■). 157. Le problème dépend donc de dix-huit équations à huit inconnues, Ara, As, Ae, Acr, m'h', m'k', m' et s'; les sept premières figurent linéairement dans les équations de condition (a); la huitième entre dans ces équations sous forme transcendante par (s', 2s', 3s'). Si les observations étaient rigoureusement exactes, il suffirait de prendre sept des équations (a), d'en tirer, par des éliminations successives, les valeurs des sept inconnues A/i, ..., m qui n'y entrent qu'au premier degré, et de porter ces valeurs dans l'une des autres relations (a), qui deviendrait ainsi une équation transcendante ne contenant plus que l'inconnue s'. Mais les observations anciennes sont peu précises; les différences v ■+■ £ — *>„ sont en somme assez petites, et il arrive qu'après avoir éliminé six des inconnues il reste pour la septième m' une équation de la forme (8) Dm'— N = o, ( ' ) Ces époques sont équidistantes, sauf les trois premières, et il est possible de proûler de colle circonstance pour abréger les calculs.
38o CHAPITRE XXÎII. dans laquelle les quantités D et N sont très fortement affectées par les erreurs des observations, d'autant plus que les coefficients qui figurent dans D et N sont très petits par rapport à ceux qui entraient dans les équations primitives, de sorte que le moindre changement apporté dans les données fait varier m'dans des proportions extraordinaires. Le Verrier avait obtenu cette équation (8) et, en écrivant que m' doit être essentiellement positif, il espérait limiter les intervalles dans lesquels il fallait chercher la vraie valeur de s'. Il avait posé e' tang - = x, ce qui lui avait permis d'exprimer N et D algébriquement en x; il était arrivé à (i+*1)1N = Nlt (i+.r»)8D=Dlt N, et D, étant des polynômes en x de degrés 4 et 10. Mettant à profit le théorème de Sturm, Le Verrier avait vu que les racines de l'équation N, = o étaient toutes imaginaires, tandis que l'équation D, = o avait quatre racines réelles. Il était ainsi amené à conclure que s' devait être compris entre 96°4o' et i89°55', ou entre 263°8' et 358°4i'. Or, quand il attribuait à s' des valeurs comprises entre ces limites, et qu'il les substituait dans l'ensemble des équations (a), il n'obtenait jamais une représentation satisfaisante; de sorte que la vraie valeur de s' transportée dans l'équation (8) devait conduire pour m' à une valeur négative. « J'avouerai sans peine, dit-il, que c'est ce qui m'est d'abord arrivé: longtemps j'ai été arrêté dans mes recherches par cette difficulté. Aussi croirai-je faire une chose utile en insistant encore sur cette partie de la question; elle est très propre à montrer par ses détails combien sont délicats certains points des recherches numériques; combien il est souvent plus pénible d'arriver à une connaissance rigoureuse de la vérité en raisonnant sur des nombres entachés des erreurs d'observations, qu'en discutant des symboles algébriques susceptibles de représenter les données de la question avec une exactitude absolue, et de se prêter à toutes les restrictions. » Il fallait donc opérer autrement, en ayant égard à toutes les observations. Voici la méthode employée : Le Verrier considère les quatre équations (b) du type (a) qui correspondent aux années 1715, 1775, 1810 et i845; il représente par p et q les erreurs commises dans les anciennes observations de 1715 et 1775; il suppose nulles les erreurs en 1810 et ï845, puisque dans chaque cas on a une moyenne d'un assez grand nombre de bonnes observations méridiennes. Les premiers membres des deux premières équations (b) devront donc être augmentés dep et q respective-
DÉCOUVERTE DE NEPTUNE. 381 ment. On tirera des quatre équations (b) les valeurs des quatre inconnues A/i, As, Ae, A© pour les substituer dans les autres relations (a); cela donnera des équations (c) dont les premiers membres seront des fonctions linéaires de/), q m'h\ m'k' et m'. Le Verrier fait les moyennes des équations (c) qui répondent, d'une part, aux années 1817, 1824, i83i et i838; d'autre part, aux années 1782, 1789, 1796 et 1801, et il en tire les valeurs des inconnues m'h' et m'A'. Il connaît donc les six premières inconnues en fonction des deux dernières, s' et m'y et des erreurs/? et q de 1715 et de 1775. On peut voir qu'on a utilisé des observations de sept en sept ans, à partir de 1775 jusqu'en i845; de sorte que toutes les observations comprises dans cet intervalle de soixante-dix ans seront représentées presque exactement quelles que soient les valeurs de s', m'y p et q. Mais on n'en peut pas dire autant des observations de 1690 et 1747 ; c'est en essayant de représenter ces observations qu'on pourra déterminer s'. On substituera donc les valeurs des six premières inconnues dans les équations (c) qui répondent à 1690 et 1747» et l'on aura des résidus de la forme (9) A + B/h' + Cjp + D?. Le Verrier a efFectué tous les calculs qui viennent d'être indiqués pour quarante valeurs équidistantes de s\ entre o° et 36o°. Voici les résidus (9) pour quelques-unes des valeurs de s' : e'- 0 0 45 90. . 136 180. . 22b ... 234 243 252 26t 270 279 288 318 Tableau (B). Erreur de la théorie en 1690. It M H H -t- 3î4 -4-87/71-4- o,4p — 2,07 -4-207— 8m'—o,ip—1,57 -H 148 — 48m'—o,ap—1,67 -t- 138 -+- 42m'—o,3p — i|5g ■+" 79 •+■ 18/n'— ot5p—i,5g -4- 6—57m'—o,6p — 2,07 — 2 — 57m'—o,6/>— 2,2g — 7--53m'—o,6p — 2,27 — 8 — 45m'—o,5/> — 2,3«y — 4 —35m'—o,Sp — 2,5</ -t- 4 — 21m'—o,4p — 2,6g -4-17— 5m'—o,3/> —2,87 -+- 37 — 14m'— o,ip — 2,9ç -t- i44 -+- 73m'-4- o, \p — 3,07 Erreur de la théorie n 26l 167 -II4- — IO6 -+■ - 76- — 33 — — 27 — - 24- - 24- — 24 -+■ — ag-H — 38-4- — 5i -4- — 123-4- en 1747. Il H » 16m— 1,3/> — 1,67 116m'— 1 ,o/> — 2,0 7 2m'—o,Sp — 1,87 63m'—o,8/> — 1,87 4m'— ot7/>— 1,97 11 m'—o,yp — 1,67 9m'— oj7/>— 1,57 6m'— o,7/>— 1,47 3 m'— otyp— 1,37 im'—o,8/>— 1,27 6m'—o,8p— 1,27 12m'—o,g/>— 1,17 18m'—o,gp— 1,07 37m'— i,2p'—0,87' Le Verrier examine ensuite la marche des erreurs contenues dans le Tableau précédent, en ayant égard aux limites dans lesquelles doivent rester comprises les quantités m'y p et q. La discussion des observations lui a montré que p ne peut surpasser i5"et
382 CHAPITRE XXIII. q 10"; d'autre part, il était arrivé à reconnaître (') que m' ne peut être supposé supérieur à 4» sans quoi la planète inconnue exercerait sur Saturne des perturbations appréciables qui n'ont pas été constatées. Cela posé, on voit que pour s' = o, en prenant p = — i5, q = — 10, l'erreur en 1747 serait de —226"— 16"m', donc en valeur absolue supérieure à 226"; l'erreur de 1690 serait encore beaucoup plus considérable. L'hypothèse s' = o est donc impossible; les valeurs suivantes, jusqu!à 225°, sont également impossibles. Mais on remarque que les parties constantes A des résidus du Tableau (B) atteignent leur minimum absolu, tant en 1690 qu'en 1747» dans le voisinage de e' = 252°; c'est là seulement qu'on peut avoir une solution susceptible de représenter les observations. 158. La partie la plus difficile du problème est maintenant résolue; il n'y a plus qu'à perfectionner la solution et à lui faire acquérir le maximum de précision. Le Verrier pose (10) e'=252°+i8°p, et, pour tenir compte de ce que la loi de Bode a pu assigner à a' une valeur inexacte, il fait aussi (n) a=-^ =o,5-h 0,2y, en désignant par (3 et y deux indéterminées. Il reprend tous les calculs à leur début et se propose de développer les résultats suivant les puissances de P et y ; il y arrive par interpolation, en faisant six calculs correspondant à ( P=ot y=o; P = o, y = + i; P = o, y=—i; (12) < ( (3=+i, y = o; P = —i, y = o; P = — 1, y=+\\ dans chacune de ces hypothèses, il calcule les équations (a), qu'il prend même plus nombreuses que précédemment, en formant un plus grand nombre de groupes avec les observations modernes (il en a maintenant 33 au lieu de 18). Il résout chacun de ces systèmes de 33 équations par la méthode des moindres carrés, relativement aux 6 inconnues A/i, As, Ae, Acr, m'h' et m'kf dont il trouve les valeurs exprimées linéairement en m'. Il calcule aussi les 33 résidus obtenus en substituant dans les équations de condition les valeurs des 6 inconnues. Il a donc, en correspondance avec les 6 systèmes (12), 6 systèmes des 33 résidus (')/»' désigne dans le travail de Le Verrier le rapport de la masse de la planète inconnue à la dix- millième partie de la masse du Soleil.
DÉCOUVERTE DE NEPTUNE. 383 exprimés sous la forme JU -+- i)î> m' y où x et ifî> ont chaque fois des valeurs numériques connues. C'est maintenant un calcul facile que d'obtenir les 33 résidus qui correspondraient aux valeurs générales (10) et (n) de s' et a sous la forme (i3) A + B(3 -hCy +D(3* + E(3y + Fy* iii'(A'+ B'P + C'y +D'P*+ E'(3y + F'y!); les quantités A, B, ..., A', B\ ... ont actuellement des valeurs numériques connues. Le Verrier cherche ensuite, à l'aide de certaines simplifications plausibles, à déterminer les valeurs de (3, y et m! qui rendent un minimum la somme des carrés des 33 résidus. Il trouve 04) il en résulte (3 =— o,65o 3o, y =—1,02925, m! =1,0727; a' •=. 36,1639. En introduisant les valeurs (14) de (3, y et m' dans les expressions de m'h' et m'k mises préalablement sous la forme (i3), on obtient les valeurs les plus précises de h' et k'. On en déduit e' = o,io76i, gj'=28405'48'. Le Verrier est ainsi à même de calculer la longitude et le rayon vecteur de la planète inconnue pour le ier janvier 1847; il obtient i>'=326» 32', #'=33,o6. Voici comment la solution précédente représente les observations : Dates. 1781-1782.... 1783-1784.... 1785-1788 1789-1790.... 1791-1792.... 1793-1794.... 1798-1797..,. 1797-4801.... 1802-1804.... 1804-1806.... 1807-1808.... 1808-1810.... 1811-1813.... Tableau (A'). Calcul molni observation. ■+- a,3 -+- 0,1 .. — i,a .. -3,4 -t- o,3 — o,5 .. — 1,0 •• -«-0,9 -+- 0,8 -t- 0,8 .. ■+- a,i -+- 0,8 — o,5 Dates. Calcul moin» observation. 1813-1818 - 0,9 1816-1817 -1- 0,4 1818-1820 + 0,4 1821-1823 -1-0,9 1824-1827 - 5,4 1828-1830 — a,a 1833-1833 —0,8 1833-1836 -4- a,3 1837-1838 -h a,5 1839-1840 -4- a,a 1841-1842 — o,a 1842-1844 -0,4 1844-1843 — o,3
384 CHAPITRE XXIII. Toutes ces observations sont bien représentées; la comparaison des Tableaux (A) et (A') parle du reste d'elle-même. Voici, d'ailleurs, comment la solution trouvée représente les observations anciennes : 1690. Une observation de Flamsteed — 19,9 1712 et 1718. Quatre observations de Flamsteed -1- 5,5 1750. Deux observations de Lemonnier — 7,4 1753 et 1756. Deux observations de Mayer et Bradley — 4,0 1764. Une observation de Lemonnier -+- 4,9 1768 et 1769. Huit observations de Lemonnier -+- 3,7 Ces écarts n'ont rien d'anormal. Le 18 septembre 1846, Le Verrier écrità M. Galle, astronome de Berlin, pour lui communiquer la position de la planète, et le jour même où il reçoit cette lettre, le 23 septembre, M. Galle observe la planète a 52' de la position assignée. 159. En même temps que Le Verrier, et même avant lui, un jeune géomètre anglais, devenu depuis un astronome illustre, M. Adams, trouvait de son côté une solution du problème. Son attention avait été appelée sur ce sujet, dès 1841, par un Rapport de M. Airy sur les progrès récents de l'Astronomie. En 1843, M. Adams faisait un premier essai en supposant circulaire l'orbite de la planète inconnue, avec un rayon double de la distance moyenne d'Uranus au Soleil; le résultat qu'il obtint lui montra qu'il était possible d'établir un accord général et satisfaisant entre la théorie et l'observation. Ayant reçu, en février 1844» les résultats de toutes les observations d'Uranus faites à Greenwich, il aborda la solution du problème avec une orbite elliptique, et il communiqua en septembre et octobre i845, à M. Challis et à M. Airy, les valeurs qu'il obtint pour la longitude, la masse et les éléments de la planète supposée. Cependant l'excentricité de l'orbite lui parut trop grande; les dernières observations d'Uranus lui semblèrent n'être pas représentées avec toute l'exactitude désirable. Aussi M. Adams se décida-t-il à recommencer les calculs en diminuant la distance moyenne de ^; il communiqua les nouveaux résultats, très satisfaisants cette fois, à M. Airy dans les premiers jours de septembre 1846. Le Verrier avait fait connaître dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences, dès le ier juin, la longitude de la planète inconnue, et le 3i août sa masse et ses éléments. Enfin, c'est sur ses indications que, le 23 septembre, M. Galle trouvait la planète; aucun des résultats obtenus par M. Adams n'avait encore été publié. Il n'est donc pas douteux que l'honneur de la découverte appartient à Le Verrier. Mais il est certain que M. Adams
DÉCOUVERTE DE NEPTUNE. 385 était arrivé de son côté à la connaissance de la position très approchée de la planète ('). L'ensemble des recherches de M. Adams fut communiqué à la Société Astronomique de Londres, le i3 novembre 1846, et imprimé immédiatement dans l'Appendice du Nautical Almanac pour i85i; une traduction française du Mémoire a paru dans le Journal de Mathématiques, 3e série, t. II, 1876. La méthode employée est simple et élégante; la discussion est cependant moins approfondie que chez Le Verrier; la position calculée diffère de celle observée par M. Galle de 2?tf. 160. Quand on eut observé Neptune pendant un certain temps, il fut possible de déduire des observations ainsi faites les éléments elliptiques de son orbite, en faisant intervenir une ancienne observation deLalande, qui avait catalogué la planète en 1795, comme une étoile fixe; on put aussi calculer depuis la masse de la planète en partant des observations de son satellite. Nous rapprochons, dans le Tableau ci-dessous, quelques-uns de ces éléments des valeurs correspondantes calculées par Le Verrier et M. Adams : Observations. a! 3o,o367 é 0,008719 ri 47°ia' m' o,oooo56 Cette comparaison ne fut pas sans causer quelque étonnement : les deux orbites calculées étaient voisines l'une de l'autre, mais elles différaient considérablement de l'orbite réelle. On se demanda comment des éléments aussi éloignés de la vérité avaient permis de représenter les perturbations d'une manière satisfaisante, et de fixer aussi exactement la position de la planète. Un peu de réflexion suffit pour faire comprendre la chose. Remarquons d'abord que les perturbations d'Uranus par Neptune sont surtout sensibles aux environs de la conjonction : mettons 20 ans avant et 20 ans après environ. Les conjonctions arrivent à peu près tous les 171 ans; la dernière a eu lieu en 1822, la précédente en i65i. Donc, dans toute la période comprise entre la première observation de Flamsteed (1690) et le commencement du siècle actuel, l'action de la planète perturbatrice a été presque négligeable. Il suffit donc de voir comment les éléments de Le Verrier représentent la position de Neptune, à partir de 1800; c'est ce que montre le Tableau suivant; la Le Verrier. 36,153g 0,107610 a84°6' 0,000107 Adams. 37,^474 o,iao6i5 299°n' 0,00015o (') Pour plus de détails sur la découverte de Neptune, je renvoie le lecteur à un excellent Ouvrage intitulé : Hùtorjr of Physical Asironomy> par Hobert Grant, i85a. T. - I. 49
Le Verri V. 0 ' a3i.34 25l.IO 371.28 392. 8 3i:».36 33a.a5 35i.i7 er. r. 33,6 3a,8 3*/4 3a,3 3a,6 33,3 34,3 386 CHAPITRE XXIII. — DÉCOUVERTE DE NEPTUNE. deuxième et la troisième colonne donnent les coordonnées héliocentriques v et r de Neptune, déterminées par les éléments exacts; dans la quatrième et la cinquième, on a inséré les nombres calculés avec les éléments de Le Verrier : Neptune. Dates. v. r. 1800 2a6. 4 3o,3 1810 247.20 3o,3 1820 268.52 3o,2 1830 290.31 3o,i 18*0 3ia.i7 3o,i 1850 334.ia 3o,o 1860 356.i4 29,9 On voit que, dans tout cet intervalle, l'erreur en longitude des formules de Le Verrier reste comprise entre =L 5°, 5; les valeurs assignées aux rayons vecteurs sont trop grandes d'environ ^ au moment de la conjonction. Les forces perturbatrices calculées auront donc des directions très voisines des directions réelles, seulement les intensités seront trop faibles; mais ce défaut sera compensé en partie par la valeur trop forte trouvée par Le Verrier pour la masse de Neptune. C'est ainsi qu'une combinaison convenable des éléments, dont chacun est très erroné, peut représenter presque exactement le lieu héliocentrique de Neptune et les perturbations d'Uranus, pendant tout l'intervalle de temps limité où ces perturbations ont été sensibles, et satisfaire par suite aux conditions du problème. La loi empirique de Bode a donné une valeur très peu exacte de a', 38 au lieu de 3o; le calcul, avec sa logique inflexible, va au plus pressé; il assigne à l'orbite de Neptune une forme elliptique très prononcée, où le périhélie est dirigé à très peu près suivant la ligne de conjonction de 1822, ce qui corrige en grande partie l'erreur provenant de la valeur inexacte assignée à a', en rapprochant Neptune du Soleil, à l'époque de la conjonction, presque à la distance voulue, 32,4 au lieu de 3o,2; la forte valeur obtenue pour m' fait le reste. Si l'on considère que la valeur réelle de é est au-dessous de 7^, on est fondé à penser qu'on serait arrivé par des calculs plus simples à une représentation satisfaisante des observations avec une série d'orbites circulaires dont les rayons auraient été en diminuant de 38 à 3o.
CHAPITRE XXIV. — INÉGALITÉS DU SECOND ORDRE, ETC.. 387 CHAPITRE XXIV. INÉGALITÉS DU SECOND ORDRE PAR RAPPORT AUX MASSES. 161. Reprenons l'expression (1) a'R0>1 = £NeVA' t\fcos{il 4- i'V4- *w 4- At'gj'4- «:') ; nous avons donné dans le n° 134 les formules qui font connaître jt» ^7» — On a, en particulier, (2) ^--VUl^ V Mehe'"'nf sin{ïk-\- i' l' -h ku + k'*j' 4-mt'). dt y. a ** On a intégré l'équation (2) en remplaçant dans le second membre a, a , ... par des constantes, ce qui a donné l'expression de S, a/ Pour obtenir l'ensemble des perturbations du second ordre de l'élément a, il faut maintenant remplacer, dans le second membre de l'équation (2), a, a, e, ... par leurs valeurs a 4- S, a, a' 4- S, a', e 4- S, e, ..., fournies par la première approximation, et développer ce second membre par la formule deTaylor, en négligeant les carrés et les produits des S,. Si l'on écrit, non pas le second membre lui-même, mais son accroissement, on trouvera ainsi l'expression de —4- • Les valeurs de S, a, Bta', ... sont de cette forme : â,a= £AcosD> â,a'= 2A'cosD' <5,e — bt 4-^EcosD, <5,e' —b't 4- £ E'cosD, (3) | a,X=^4-2LsinI)> â|/'- 2L'sinD' e^—ct +2] PsinD, e'âiGj' = c'i 4- £ P'sinD,
388 CHAPITRE XXIV. où D désigne l'on quelconque des arguments de la première approximation, D = i, X 4- Ct V 4- kt (ù 4- k\ gj' 4- ai t' . Le terme séculaire gt de S, X provient de t' — t qui figure dans \ = l -t- t' — t; il sera le plus souvent insensible. Les coefficients A, A', ..., Q, b, b\ ... ^sont connus, et contiennent tous une petite masse planétaire en facteur dans leurs diverses parties. En opérant comme on Ta indiqué plus haut, on trouvera i dd — = r 7 iehe'hf\f — ( - N 4- a ^- ) 7 ( N 4- a ^- ) t p a' ^d La \2 daj a'\ da ) +n(±ix±i*l'+-e+^e'+£f±-p±*V±-qY| x sin(ïX + i'I'A- ku 4- At'gj' 4- ut' ±D) _™!_a}nt yfhb + h^b,+ f1\ ;NeVAVsin(a + ,*// + *u 4- #©'+ «t') /ma' ^d \e e' t] / ' — ^-t-»*2(~ c+ ~7C'+ -x + w)«Nc*c'*'ti/cos(*X+«'/'+*«+ At'gj'h- mt'), formule dans laquelle on doit prendre ensemble, d'abord les signes supérieurs, puis les signes inférieurs, et faire la somme. Nous ferons observer que nous avons remplace a -r-, par — a -p- On en déduira, en nommant w le coefficient de t dans D, / . m'a1 v* in . ... f 1 àta = r> - ,. . . ehe'u'r\f fia' Jmd in 4- v n' ± w TA/i^ dm A'/*t dN\ + (jE + ^ E'+ £f) N± (iL 4- i'L'4- j P 4- £' P' 4- - Q) n] x cos(t)i + /'/'+ £&) + £'gj'4- ut' ±D) /ma' -rf-rf \e e' n^Ji-hi'v x icos(A4-t'/'4- Arw4-At'gj'4- «t')— -—^7—7 sin(A 4- i'V + k^ + k'js'+ ut') L w + Jrt J 2m'a* v' /^ k1 . u . \ i ^T . ... . I x isin(A4- «'/'-+- À-U4- #'gj'4-mt')4- -—î-^—, cos(A 4- t'/'4- *w 4- k'm'+ ut1) . \ |_ in-i-v n' y 'J On voit que, pour le calcul de S2a, on aura à faire toutes les combinaisons
INÉGALITÉS DU SECOND ORDRE PAR RAPPORT AUX MASSES. 389 deux à deux des arguments des fonctions perturbatrices. Si l'une des quantités in ■+■ i'ri ± w était nulle, il faudrait remonter à la formule (4). dans laquelle le terme correspondant devrait être considéré comme constant. Il en résulterait dans S2a un terme proportionnel au temps. Le théorème de l'invariabilité des grands axes, relativement aux inégalités séculaires, n'aurait donc lieu que dans la première approximation, et pas dans la deuxième. Nous verrons dans le Chapitre suivant qu'il n'en est rien; les divers termes en / se détruisent dans B2a. 162. Si l'on considère trois planètes, on aura dans %2a des arguments de la forme q désignant une constante,y,/,/' trois nombres entiers positifs ou négatifs. S'il arrive que, pour certaines valeurs de y,y7, y", la quantitéyn-t-y'n'+y'V soit très petite par rapport à chacune des quantités n, n', n", il en résultera dans la distance moyenne a des inégalités à longue période qui pourront être très sensibles en raison du petit diviseur jn-\-j'n' -\-j"n" que l'on trouve dans la première partie du second membre de la formule (5). Ces inégalités seraient encore beaucoup plus fortes dans S2/, car le petit diviseur en question y figure au carré, et non plus à la première puissance. Nous nous bornerons aux indications précédentes sur le calcul des perturbations des éléments, qui sont du second ordre par rapport aux masses, et, pour ce qui concerne S2/, B2e, S2gj, $2p et S2y, nous renverrons le lecteur au tome II des Annales de l'Observatoire, p. 43-57» et au tome X, p. 192 et^uiv., où Le Verrier a traité la question en détail; il nous suffira d'avoir indiqué le principe du calcul qui ne présente d'autre difficulté que sa longueur dans la pratique. Dans les théories de Mercure, Vénus, la Terre et Mars, le nombre des inégalités du second ordre qu'il y a lieu de considérer est très restreint, et encore, le plus souvent, on n'a à en tenir compte que dans la longitude moyenne. Il n'en est pas de même, malheureusement, pour les autres planètes, et surtout pour Jupiter et Saturne, dont les théories sont, par cela même, extrêmement compliquées; il faut même tenir compte de certaines inégalités du troisième ordre. M. A. Gaillot a donné dans le tome V du Bulletin astronomique, p. 329, les formules générales pour le calcul des perturbations du troisième ordre. Nous ferons, en nous bornant aux inégalités du second ordre, une remarque importante : les expressions générales de -^> -^> -£, -£ et -£ contiennent toutes des termes séculaires, c'est-à-dire des termes de la forme Me'«e'AV Slfl (Aw + k'm'+ ur'), cos ' la dérivée —r- étant la seule à n'en pas renfermer. Or, quand, pour obtenir la
390 CHAPITRE XXIV. — INÉGALITÉS DU SECOND ORDRE, ETC. seconde approximation, on remplacera dans ces termes séculaires a, e, ..., respectivement par a + S,a, e -t- S, e, ..., on verra apparaître des termes en sïn t (k(ù + k'w' -+-ur'). ços Dans l'intégration, comme l'argument koi -t- £'gj' -h wt' doit être considéré comme constant, il s'introduira des termes en P* L'expression de l'un quelconque des éléments e, e, xs,petq fournie par la seconde approximation sera donc de la forme (6) P + P^+P'^ + 2Asi0nS(a' + P) + '2A'si>n(a'' + P')- Quand il s'agit du grand axe, P' et P" sont nuls; nous avons dit au n° 141 que l'on peut faire abstraction du terme P'/ dans l'expression de e. Les inégalités du second ordre des coordonnées héliocentriques se déduiront aisément des inégalités du même ordre des éléments. On pourra appliquer pour cela la remarque suivante : soit F(/, a, e,...) une fonction quelconque de /et des éléments (ce sera le rayon vecteur, la longitude ou la latitude héliocentrique); il faut y remplacer /, a,... respectivement par /4- S,/-t- S2/» a-\- Bta-hB2a,..., et ne conserver, dans le développement par la formule de Taylor, que les termes du second ordre. On trouve 1 <*'F ,. ,„ 1 <>'F,. ,. d!F + !£«.'«..+.... Nous ajouterons enfin que, dans les théories de Jupiter, de Saturne, d'Uranus et de Neptune, Le Verrier n'a pas calculé les perturbations des divers ordres des coordonnées héliocentriques, mais seulement celles des éléments. Les Tables font connaître les valeurs des éléments osculateurs à une époque quelconque ; on calcule ensuite la position de la planète avec les éléments précédents, par les formules ordinaires du mouvement elliptique.
CHAPITRE XXV. — THÉORÈME DE POISSON. 3gi CHAPITRE XXV. THÉORÈME DE POISSON. INVARIABILITÉ DES GRANDS AXES DANS LA DEUXIÈME APPROXIMATION PAR RAPPORT AUX MASSES. 163. Il nous sera avantageux d'employer ici la forme symétrique que nous avons donnée dans le Chapitre IY aux équations différentielles du mouvement des planètes. Soient xh yif zt les. coordonnées rectangulaires héliocentriques de l'une quelconque des planètes, m{ sa masse, m0 celle du Soleil; nous avons posé dans le Chapitre IV (1) p0 = m0, r,= m0-hml + . . . + m(; nix mt /n, x\ — xi » xi — xs H ~~" *i » x%— x3 4- x2 -+- — X| ; ... ; ri Fs f*i (2) \yx — yx\ 7î = yî + —y>; /3 = ys+—- y.-H — yi; •••; ri rs ri mx m. m. Zi=Zi; zt=zt-+- — zi; z3 —; z, h zsH zt; ri f1! fM C'est la définition des nouvelles variables x,-, y/f z, ; . *ïk = (Xj-Xk)i + <jj-ykY+ {zj-zky,
3g 2 CHAPITRE XXV. et nous avons trouvé, d'une manière générale, les équations différentielles, fx,_, ePxt _ dV ja, ' dt* -dx~t' (4) {JTmidë = ïïi' "jji" "*' ~dl* ~ dît' On peut développer U suivant les puissances et les produits des petites quantités m,, m2, ...; nous désignerons par U' l'ensemble des termes du premier ordre; U' proviendra seulement-de la première partie de U, savoir f/w0 V r^-\ en ayant égard aux formules (2) et (3), et posant on trouve aisément n u' = rm.2-A La différence U — U' sera du second ordre, et il en sera de même de la quantité (5) V = U-f^yK + m/±i^ / Or on tire de là -3— = f/n,(/n0 + m/) *——■ -j-» dx, <Jx, ^ fx/ /•; et, en portant, dans (4), il vient —y—' -+- fX/Tlo+m,-) -y = -Ci -3—, (6) { -£- + f(/n0-|-/nl) if = -£ -.-, f «P*/ , p/ , v zi f*' ' ^V \ dt* v /•; fx,-! m/ dzi Ce sont les équations d'un mouvement elliptique troublé par une force perturbatrice; la fonction perturbatrice est ici (7) R/=-£L_LV;
THÉORÈME DE POISSON. 3g3 les fonctions analogues qui correspondent aux divers corps m, ne diffèrent de R, que par des facteurs constants. Il est aisé de voir que le petit dénominateur /w, qui figure dans l'expression (7) disparaît dans les seconds membres des équations (6), parce que les dérivées partielles-j—> -5—> -5- contiennent précisément ce facteur; il nous suffira po,ur cela de prouver que -5— s'annule avec mit quelles que soient les autres masses m,, m2, .... Remarquons d'abord que, pour m, = o, x( disparait de la partie — f >; m,(mQ-+- nt:)*-*—- — Aà JK pj rj de l'expression (5) de V; il suffit de montrer que la même chose a lieu pour'U. Or nous voyons sur les formules (2) que, pour m, = o, toutes les quantités xj, sauf xit deviennent indépendantes de x,; donc A0,y ne contient pas x,- si j est différent de i, et Ay->A ne contient pas \t si aucun des indices y et k n'est égal à 1. Si donc on suppose m, = o dans l'expression (3) de U, on fait disparaître d'un coup tout ce qui contenait x(. Il en résulte que si, dans le développement de V suivant les puissances entières et positives de mt, m.2, m3, ..., on représente un terme quelconque par m}ntfml... A, A ne contiendra que les coordonnées x,, xy, xA, ..., y,, yy, yA, ..., zt, zy, zA, ... des masses mi9 my, mky ... qui entrent en facteur dans ce terme; car autrement, si ce terme contenait par exemple x,-, la dérivée -r—; ne s'annulerait pas pour m,- = o, quelles que soient miy mj, mk, .... 164. Cela posé, quand on supprime les seconds membres des équations (6), ces équations représentent un mouvement elliptique dans lequel nous désignerons par at le demi grand axe, ni le moyen mouvement, /,- la longitude moyenne et £,- la longitude moyenne de l'époque; nous aurons Pour passer du mouvement elliptique au mouvement troublé, nous conserverons pour x/t y,-, zit -£> H71 -^ les mêmes expressions analytiques en fonction de // et des autres éléments; seulement nous prendrons li^=fnidt-^- e,; nous supposerons que l'on fasse de même pour les autres planètes. Ayant développé, comme nous l'avons dit, V suivant les puissances des T. — I. 5o
3g4 CHAPITRE XXV. masses, V = V'+V + VW + ..., on substituera dans chaque partie pour x,, y,, z,, x2, y2, z2, ... leurs valeurs en fonction de /,, /2, ... et des éléments, et l'on développera le résultat en sinus et cosinus d'arcs de la forme 'a//-*- p//-f-y4-t- .. ., a, [3, y, ... étant des nombres entiers positifs ou négatifs. Si a n'est pas nul, le coefficient de (a/,4- p/y-t-y/*-+-...) contiendra m, en facteur; de même pour [3, .... Donc la partie V de V, qui est du second ordre par rapport aux masses, contiendra au plus deux longitudes moyennes /,, lJf dans chacun des arguments qu'elle renferme ; la partie V" du troisième ordre en contiendra au plus trois, etc. Nous aurons, pour déterminer le demi grand axe dans le mouvement troublé, fto/ _ _a_ <?R< _ _1_ _£i_ J_ à\_ _ a_ / _^_\ j_ d(V' + V' + ...) dt /i,a,- dti n,a; /£,_! m( de,- n^a,- \ f*/-i/ "** de* ou bien, en développant et n'écrivant dans le second membre que les termes qui sont des ordres i et 2, dai 2 1 dV 2 1 dW 21 d\" dt niai nii dci nta.i m0 de,- n^a,- /ra,- de; Nous représenterons la valeur d'un élément quelconque dans le mouvement troublé par/?, h- §,/>, -t- S2/>t -+-..., pi désignant une constante, Btpit B2ph ... des fonctions du temps qui soient des ordres respectifs 1, 2, ... par rapport aux masses; le demi grand axe dans le mouvement troublé sera représenté en particulier par ai-+-èiat-+-8iai-+-... ; le moyen mouvement devra également être remplacé par , n,--H âtn,•+ âsn,• + • • • ; n( et <z( sont deux constantes liées entre elles par la relation nfaf = f(m0+/n,); on doit avoir aussi. (»i + âjnt + <5,nt +.. .)!(a,+ ôja, + ô,a,+ . ..)3 = f(/w0+ /n,) = /i*a?, d'où 2 at (9) { * 3 nt 5, _ i5 «/ 2 a/ o a/ En faisant la substitution indiquée dans les deux membres de l'équation (8),
THÉORÈME DE POISSON. 3$5 tant pour les éléments de m, que pour ceux de my, et continuant à n'écrire que les quantités des deux premiers ordres, il viendra rfâja, dàtat 2 i dV' 2 i . dV' 2 dV' , 1 aï aï ' n,a,- /m,- de,- /i,-a,- m,- de,- /m,- de,- n,a,- 2 1 dV' 21 dV' H -> 1 3 h...; n,-a,- tw0 aet- i,-a,- m^ ae,- d'où, en égalant dans les deux membres les termes du premier ordre et ceux du* second, et remarquant qu'on a, à cause de (9), S, = Btait , x rfâja, 2 1 dV (IO) —~JT~ — ï~> ai niai m,j de,- , . dàtai 2 1 . dV 1 1 dV' 2 1 dV 21 dV dt n,-a,- /m,- de/ n,af /Wj- de,- n,-a,- /ra0 de,- n,-a,- /m,- de,- S, -t— représente la variation de la fonction -5— quand on augmente les éléments de m, et de mj de leurs perturbations du premier ordre. La formule (10) donne, pour les perturbations du premier ordre de aiy . 2 1 fd\'t Ô^i— I -r— dt, n,a, tu, J de, -j— ne se compose que de termes périodiques, et S, a, n'a pas de partie séculaire; passons à l'examen des perturbations du second ordre ; les deux dernières parties de l'expression (11) ne pouvant donner que des termes périodiques, nous devons nous borner, dans la recherche des termes séculaires, à dàtai 2 1 . dV 1 ï dV' dt n,a; /ra,- o£i iiia) mi de,- Considérons d'abord la dernière partie du second membre; pour obtenir un terme non périodique, il faudra combiner deux termes de -3— et de S, a, dont les arguments contiennent les mêmes multiples des longitudes moyennes; soit (12) A sin(a//+ p/y) + Bcos(a/,- + (H) l'ensemble des termes de V qui renferment a/^-t-fH; n°us écrirons, suivant les cas, ces deux termes sous l'une ou l'autre des formes suivantes AsintjM-BcostJ;» Csin(4' + w); en posant
396 CHAPITRE XXV. et nous remarquerons que A, B, C et co sont indépendants de ef- et de ey ; ce sont des fonctions des éléments elliptiques autres que tt et ey-. On aura, en réduisant V à ces deux termes, àx*t= / cos(tL + w)ûft = ; —5—r sin(a/,-i-p/y4- w), ntat mt J VT n»;ii;a/(aiif+piiy) r/ / dV' —- =r aCcos(a/,•+p/.-+ w) ; dV' les deux termes considérés donneront donc dans le produit -3— ùiai la partie sina (a//+ p(/ + &>), mi n,- a,- ( a n,• + (3 «y ) laquelle est essentiellement périodique; il nous reste donc seulement, au point de vue auquel nous nous plaçons, à considérer l'équation , dd.at 2 ,» dV' (15) —-7-— =r ôj -5— • , at miniCii ott Soient pt et qt deux quelconques des éléments, autres que e,, du corps mi, pj et qj les éléments correspondants pourmy; posons de manière que pt= I n(dt, pj= ! njdt, h — pi+£h lj—Pj-+-£j> dV[_d\^_dV; dV' _ dV _ dV' dpt dtt dit ' dpj dzj dlj Nous aurons v ' l d!V . dV d»V , /d'V . d»V , d»V . âidi;= w diPl+l*r âl6/+di^;â^+d^;âi^+- !V' a . / »V * „ d'V A d'V' \ d«7^dlPy + V5^d,8y+S^dl^+*^;d|^ + "-J- Considérons d'abord le terme d'V d!V /• 3n,d»V /\ ., wdiPt=-fer J **n*dt=-™t-dïrJ**aidl> d*V /* (\ nous aurons, en considérant dans les deux facteurs -jy- et / ùlaidt les parties
THÉORÈME DE POISSON. 397 qui dépendent du même argument ip déjà défini, d'V -j-5- =— asC sin(^ + w), ——-à,pi — =- a—rz sin2(a/l + p/y +w), quantité essentiellement périodique. Nous allons nous occuper maintenant des autres termes de la première ligne de la formule (j4). On a les formules connues pour exprimer 737»-Jt> -Jrî dans leurs seconds membres figurent les dérivées partielles de R,; en se reportant à (7), on voit qu'on peut réduire R, à — V, quand il s'agit d'obtenir les perturbations du premier ordre, S, e,-, Btpi D'après les formules (A) du n°62, on aura des expressions de cette forme dzt dt ~~ dpt dt ~~~ dqt dt ~~ dpi dqt azi dqt -H^--K^-+..., dti dpt G, H, K, ... sont ici des constantes; quelques-unes d'entre elles peuvent être nulles; on en conclut » d!V y d'Y' . d"V . -Ôlf âl6'+ dïdFt diPi+ d^dq-t d^' + ' ' ' \ àef J dpi detdpij âet ) \ àef J dqt detdqiJ du J \dztdptj dqt dtidqtj dpt J
398 CHAPITRE XXV. Or, en réduisant, dans toutes les parties du second membre, Y' aux deux mêmes termes Asin^p -t-Bcostj' considérées plus haut, ce qui est la seule manière d'ob- tenir un terme séculaire dans les produits tels que -jj- I -5— dt, ..., on trouve dV' /A , „ • IX àV dA . , dB , -tt— =a(Acosd» — Bsind»), -^—=-r—sind»+-r—cosd», dst T •' dpi dpt T dpt T /-^—dt = ^-ô—(AsintL + BcostM, de, oMi+Çnij^ T T/ fdV . 1 fdk , dB . A J dpi ani + ^njXdpi Y dpt Y/ -rr / -r—dt= à—(Asind» + Bcosd») ( 3—cosd» t—sind»), def J dpi *m + pnjK T \àpi T <*/>, V -t—5— / -r—dt = 5—(3— cosd»—3— sintM (Asind»+ Bcosd»). Chacun de ces termes donnerait une partie séculaire mais les deux termes en question se détruisent identiquement dans le coefficient de G, au second membre delà formule (i5); on trouvera de même, pour le coefficient de K, a fdk , dB . A /dA , dB . A â—( -*— cosdi— —- sindi) ( 3— cosd»— 3— sind») ani-hPnj\dpi T dpt ^J \dqt T dqt y a /dA , dB . A/dA , dB . A H s—( 3— cosd»— 3— sind») ( 3— cosd»— 3— sind») =0. OMi-t-finj \dqi T dqt T/\dpi T dpt TJ dV Donc les termes de o, -j— provenant des perturbations du premier ordre des éléments du corps m, ne donnent aucun terme séculaire dans $2a{; il nous reste à montrer qu'il en est de même pour les termes analogues provenant du corps mr 165. Nous allons donc considérer la seconde ligne de la formule (i4). et d'abord la partie , , S, py- ; or, en prenant toujours les deux mêmes termes A sin ip -t- B cos^ de V, on a » 2 rdv . apc ... „, . °iaj = / -3— dt= r-*- 5—; sin(a/,+ £/,+ &>), ô,p/ = / tfjnjdt = * / diaJdt = -\ ^—r-. K-J—5—^
et THÉORÈME DE POISSON. 399 d*V' = — Ca(3 sin^ + &>), dztdzj d*V' y 3aP»C» -lia, x -—— âjp. = i-rJI ô—rr sin2(a/, + S /.- + w), quantité périodique. On aura ensuite, sans qu'il soit nécessaire d'expliquer en détail les formules, dt apj d<jj dt dzj dqj dt dtj dpj d'où d'où encore (16) ! d'-V ài£j d'Y' *iPj- à*y <W diidij J dtidpj J dsidqj \dtidtj J dp/ azidpjj dzj J M/ d'Y' ^dV' rff d'Y' rdV' A \dzidzj J dqj dzidqjj dzj ) N / d'Y' /^V'^ d'Y' fàVd\ \dzidpjj dqj dzidgjj dpj J Or on a, en mettant toujours en évidence ce qui concerne l'argument ip, /"dV'# i /dA , dB . A / 3— "' — 5— 1 3— cosd*— -3— sind»), J dpj <xnt + pnj\dpj T d/>y y /dV' 3 ——dt= £—^—(Asin^ + Bcos^)
400 CHAPITRE XXV. et = — a(3(Asint]; + Bcos^), detdej 3ms= n^cos*-^sin*> On en conclut que le coefficient de L dans l'expression (16) est identiquement nul ; il en est de même de M et N. Il est donc démontré que ' * ne contient que des termes périodiques et que, par suite, S2a, ne renferme aucun terme séculaire; ainsi : a( n'a pas d'inégalité séculaire, quand on tient compte des premières et des secondes puissances des masses. Mais, pour le corps m, en particulier, at est le demi grand axe de l'orbite décrite autour du Soleil, et l'on peut prendre pour ce corps m, telle des planètes que l'on voudra. On a donc démontré le théorème de Poisson : Les grands axes des orbites décrites par les planètes autour du Soleil n'ont d'inégalités séculaires, ni à la première ni à la seconde approximation. Remarque I. — Bien que l'expression de S2a,- ne comprenne pas de termes séculaires, elle n'est cependant pas non plus composée uniquement de termes périodiques. Reportons-nous, en effet, aux formules (i3) et (i4). et remplaçons-y Stpi, S, Çi, ... par leurs parties séculaires, lesquelles sont de la forme &iPj — Pi1* âi Çj — Çj0* • • • i si l'élément/*, coïncide avec ait on aura p\ = o; il n'y aura pas non plus à considérer les variations séculaires des éléments s, et sy, d'après ce que nous avons vu dans le n° 141. Cela posé, si nous envisageons toujours dans Y' la partie Asinip + Bcosi)', l'expression , §,/>, nous donnera \àpi Y dpi V Nous trouverons donc dans ^a, la portion suivante 2CiPi f 3— (tcosdidt— 3— I tsindidt); mintatXdptJ T dptJ T /
THÉORÈME DE POISSON. 401 or on a , , isind» cosd» tcos<bdt=z -£ \- i—=, T a/l,-|-p/ly (a/lf+pi;)* . , , fcosd» sind» tsinydt = w H 7 —k—T7- T aw,-+-p/iy an,+ pn;- Il y aura donc dans S2a/ des termes en /sinij» et tcosty, savoir ^ t > > ô— ( ^— sin d» + -r— cos d» ). i,-n{at *d*d <xn(-+- pnj \dpt T a/?,- T/ Ces inégalités des grands axes, qui sont de la forme /sind/ ou /cosd/, sont en quelque sorte intermédiaires entre les inégalités séculaires et les inégalités périodiques; elles s'annulent pour des valeurs du temps qui forment une progression arithmétique de raison ^—; mais leur valeur maxima va sans cesse n a nt + (3 rij ' en augmentant. Remarque II. — La quantité pi= I *idt, qui figure dans la longitude moyenne du corps mit devra être remplacée par Pi-+-^tPi+àipi = nit -+- I àxHidt -+- I déniât, expression qui devient, à cause des relations (9), 07) „„_ ? =.'/«,.,*+ "«ftwa-l %j*,«,dt. D'après ce que l'on a vu plus haut, les intégrales f^aidt et f^2atdt ne contiennent pas de termes séculaires; quant à l'intégrale f(^iaiydt1 elle comprendra des termes périodiques et un petit terme proportionnel au temps dont l'origine est la suivante : quand on élève au carré l'expression de S, aif laquelle est composée uniquement de termes périodiques, et qu'on transforme par les formules connues les carrés et les produits de sinus, on trouve un ensemble de quantités périodiques et une partie constante qui donne naissance à un terme proportionnel au temps dans l'intégrale /(S,aty dt. Il en résultera donc que, en ayant égard aux deux premières approximations, le coefficient du temps dans l'expression (17) de p, sera égal non pas à nt mais à /i,(i -t-a,). Si la quantité ?( était sensible, il en résulterait pour at un changement appréciable analogue à celui que l'on a rencontré quand on a réuni à ntt le T. — I. 5i
402 CHAPITRE XXV. terme provenant des inégalités séculaires de s,-; mais, en considérant le cas de Jupiter et de Saturne, lequel est très favorable pour augmenter a,, on verra aisément que cette quantité at ne dépasse guère 0,000 01, de telle sorte que le changement qui en résulterait pour at est à peu près négligeable. Nous avons vu, dans le Chapitre précédent, que les perturbations du second ordre introduisent dans l'élément s, un terme proportionnel au carré du temps, qui se reporte sur la longitude moyenne /,; mais ce terme, qui joue un grand rôle dans la théorie de la Lune, est presque insensible pour les planètes. Historique. — Laplaçe a le premier énoncé (' ) le théorème de l'invariabilité des grands axes; mais il ne tenait compte que des premières puissances des masses et des quantités du premier et du second ordre par rapport aux excentricités et aux inclinaisons. Lagrange démontra (a) ensuite, d'w/i trait déplume, pour employer l'expression de Jacobi (3), que le théorème subsiste quand on a égard à toutes les puissances des excentricités et des inclinaisons, mais en se bornant toujours aux premières puissances des masses. Dans un beau Mémoire (*) Poisson réussit à étendre le théorème en tenant compte des termes qui sont du second ordre par rapport aux masses; mais son calcul était long et compliqué. Lagrange (5) a cherché à le simplifier, en considérant les mouvements des corps célestes autour de leur centre de gravité commun ; mais il avait commis une faute de calcul qui réduit sa démonstration à néant; cette faute de calcul, signalée d'abord, croyons-nous, par M. Houèl, a été indiquée par M. Serret, dans le tome VI de son édition des Œuvres de Lagrange. C'est la remarque de M. Serret qui m'a engagé à étudier de nouveau la question, et j'ai réussi (°) à donner à la démonstration la forme exposée dans ce Chapitre. Je dois dire que M. É. Mathieu est arrivé de son côté (T) à une démonstration presque identique. Dans une Thèse soutenue à la Sorbonne en 1878, M. Spiru C. Haretu a suivi la voie que j'avais indiquée ; il a repris, en outre, une ancienne démonstration dans laquelle Poisson (8 ) croyait avoir prouvé que les grands axes n'ont pas d'inégalités séculaires du troisième ordre par rapport aux masses, quand on a égard seulement aux variations des éléments de la planète troublée. M. Haretu arrive à montrer que les (t) Mémoire présenté à l'Académie des Sciences de Paris en 1773. (*) Mémoires de l'Académie de Berlin pour 1776. (*) Fbrlesungen ùber Dynamik, p. 29, édition de Clebsch. (*) Journal de l'École Polytechnique, XVe Cahier, p. i-56. (B) Œuvres complètes de Lagrange, t. VI, p. 741-749. (6) Mémoires de l'Académie de Toulouse, 7e série, t. VII, et Comptes rendus de l'Académie des Sciences de Paris, t. LXXXII. (7) Journal de Borchardt, t. LXXX. (■) Mémoires de l'Académie des Sciences, t. I, p. 55-67, année r8i6.
THÉORÈME DE POISSON. Zjo3 grands axes ont des inégalités séculaires du troisième ordre par rapport aux masses; mais il n'a pas cherché à se faire une idée de la grandeur de ces inégalités. Enfin, dans le tome XI des Annales de l'Observatoire (Additions au Chapitre XXI, p. 126), Le Verrier a trouvé un petit terme du troisième ordre en i2 dans le développement de la partie fndt de la longitude moyenne de Saturne troublé par Jupiter, ce qui confirmerait le résultat de M. Haretu. Toutefois, Le Verrier n'obtient le terme en question que par un calcul d'interpolation, calcul purement numérique. Il y aurait lieu de chercher l'expression analytique du terme en question; peut-être pourrait-on y arriver en partant des formules de M. Haretu.
4o4 CHAPITRE XXVI. CHAPITRE XXVI. EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 166. On a vu, dans le n° 162, que les inégalités séculaires de cinq des éléments elliptiques se présentent sous la forme (i) P'*+P'*»+...; grâce à la petitesse des coefficients P", les formules obtenues peuvent être étendues a un assez grand nombre de siècles, dans le passé et dans l'avenir. On peut toutefois se demander, et cette question intéresse à un haut degré nos connaissances sur la stabilité du système planétaire, si les expressions générales des éléments elliptiques osculateurs d'une planète contiennent effectivement des termes de la forme (i), ou bien si leur introduction dans les formules ne provient pas uniquement de la marche qu'on a suivie pour l'intégration. Admettons, en effet, que les termes qui ne renferment pas le temps explicitement dans les équations différentielles introduisent, par l'intégration rigoureuse des équations, des termes périodiques dont les arguments varient proportionnellement aux masses perturbatrices : ces termes, quand on développera les intégrales suivant les puissances des masses perturbatrices, feront apparaître dans la solution approchée du problème des expressions de la forme (i). Dans cet ordre d'idées, en l'absence d'une intégration complète et rigoureuse qui est impossible, il serait très intéressant de chercher à intégrer les équations différentielles dont dépendent les éléments des diverses planètes, en y réduisant les fonctions perturbatrices à leurs parties séculaires, c'est-à-dire aux termes qui ne contiennent pas le temps explicitement. Mais, même dans ce cas, on se butte à des difficultés analytiques qui n'ont pas encore été surmontées ; Lagrange n'a pu résoudre la question qu'en négligeant, dans les parties séculaires des
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 4°5 fonctions perturbatrices, les termes qui sont du quatrième ordre par rapport aux excentricités et aux inclinaisons mutuelles supposées être, à un moment donné, de petites quantités du premier ordre, comme cela arrive en réalité pour les anciennes planètes. 167. Considérons d'abord la fonction perturbatrice R„,, relative au mouvement de la planète P, en tant qu'il est troublé par la planète P'. On a vu au n° 125 que la différence R0tl — R, ne contient pas de partie séculaire; on peut donc prendre ici R0>l =R,. D'ailleurs, la formule (37) du n° 123 donne, en ne prenant que la partie séculaire de R, et négligeant dans cette partie les termes du quatrième ordre, (2) In > Af.i l it»„, ï/i nx/ <^(0) l , <PA<°>\ Rj= -A") yi*B<1>+ 7 (e* + e'*) (a— h - a* , , 2 2 4 \ àa 2 da* J -+- - ( A(1> — a—^ a * —t-t— ) ee'cos(w — gj'). 2 \ da 2 da* J Puisqu'on néglige le quatrième ordre, on pourra remplacer ta par xs. On a d'ailleurs cosJ= cosç cos<p'+ sin9sin<p'cos(0— 0'), et l'on pourra prendre, avec la même précision, J © ©' 4iQs = 4sins - = 2 — 2 cosJ = 4sin* -- + 4sin* — — 2sin© sin©'cos(0— 9') 2 2 2 ou même 4Tr)* = tang*9 + tang*9' — 2tang9 tang9'cos(0 — 9'). Il convient de transformer les coefficients de e*-±-ef2 et de ee'cos(w —or') dans la formule (2) ; on a, en introduisant les notations du Chapitre XVII, dA<°> 1 , d'A^y dbi» 1 ,d*bw u _ /.» \ — ~ h - a" —7-r » da. 2 aa1 , / dAW i_ ,()ÎAW\_ \ da 2 da* / a' ( A<»> — a -5 a* -3-— ) = &<»> — a —: a* —1-v \ da 2 da* / dot. 1 da* Remplaçons 6(0) et 6(,) par leurs développements en séries ,m ■ 1 3 „ i.3..,(at — 1) 3.5...(21 + 1) ,._,, 24 2.4. ..21 ^.b.. .(21-+-2)
4o6 CHAPITRE XXVI. et nous trouverons, après des réductions faciles, , / dXw i q, d8A(°>\ \ da 2 da} ) -3«*[\+35a» + , 3.5...(ai + i) 5.7...(ai + 3) , 1 2 L 2 4 2.4«..2t 4-6. . .{21 -+- 2) J fl,(A(1)-fl-5T-5fl -^rj __3^a.ri+32a,+ 3.5...(a«+i)7.9...(a« + 5) 1 - 2.4 L >6a+,,,+ 2.4. ..ai 6.8...(2i-+-4) J' on en conclut, en se reportant aux formules et notations du Chapitre XVII, a— h - a* = —.xc^= -B<»>, da 2 oa* ia' 2 da 2 oa* ia' 2 La formule (2) deviendra donc !Rj = - A<°> + gB<1)[e1+ e'* — tang»? — tang*<p' + 2 tang? tang<p' cos(0 — 0')] — 7B<*>ee'cos(GJ — m'). 4 On obtiendra la fonction perturbatrice R qui doit être substituée dans les équations différentielles en multipliant l'expression (3) de R, parfm', et ajoutant à l'expression obtenue les quantités analogues qui répondent aux actions des planètes P", P'% — Il convient de poser (4) iAO=MM, |B(« = NM> |BW = Pttl; on pourra écrire !R=£f/n(v)Mo,v + 2] fm|v,N,|V[e,+ (e^))*—tang«9 - tang*<p<v) + 2tang9 tang<p<v> cos(0— 0<v>)] — 2 2 fm<v) P0,v ee<v>cos(cj — gj<v>). 168. Il faut substituer cette valeur de R dans les équations (A) du n° 62; la première de ces équations nous donnera da
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 4°7 ainsi a, a\ a"> ... sont constants; il en sera de même de n, n't n", ... et des quantités M„,v, N0>vet P0,v. Il convient de faire le changement de variables indiqué au n° 63, en posant Iesincj=A, e'sincj'=A', .... ecoscj = /, e'coscj'=/', ...; I tang? sin0=jo, tangcp' sin0'=jo', ..., (7) { ( tang<pcos0 = <7, tang<p'cos0' = <7', Les nouvelles variables dépendront des équations différentielles (16) et (19) du n°63; en négligeant dans ces équations les quantités du troisième ordre, ce qui revient à négliger le quatrième dans R, on peut les écrire simplement / dh _ j_ <m dt i_ <m \ dt nar dl' dt na* dh ' (8) { v/ jdp_j_dR dq_ idR l dt nd1 dq' dt nà1 dp L'expression (5) de R devient d'ailleurs (R=£f/n(v)M<>.v (9) < +2f7^l(v)No,v[A,+ P+(A<v0,+ ('(v0,--^ [ -2j]f7»WP0iV(AAM + //W). Il n'y a plus qu'à substituer cette valeur de R dans les équations (8); si nous posons , x afmWNp.v afm«v'Pp,v r _ (10) ^pT(^F)V=(p'v)' ^pR5(p^ = [P'w^ nous trouverons sans peine fi — | (0,l) + (0,2)+... | / +[0,l]/'-+-[0,2]/'+... = 0, dl 1 , fi +| (0,l)+(0,2)+... \h-[o,l]h'— [0,2]A' + ... = 0, (A) {dh' _ | (i^o) + (i^2) +_ | f + [lf0] t + [I>2] F+mmm=Qt dt dl dt dl' -j- + | (1,0)+ (1,2)+... \h'— [i,o]A —[i,a] *'-+-... = o,
4o8 CHAPITRE XXVI. et fi +|(o,i) + (o,a)+... \q — (o,i)q'-(o,2)q'-... = o, fi -|(o,i) + (o,a)+... \p +(o,i)jp'+(o,2)/>' + ...z=o, (V) i^4-|(l,o)+(l,2) + ...|?'-(l,o)?-(l,2)?'-...= 0, dt dq ~di da1 ^7 - I (',<>) + (1,2) +. . . j/>'+ (I,0)JE> + (l,2)/>' + . .. = 0, Les quantités (0,1), (0,2), (1,2), ..., [0,1], [0,2], [1,2], ... définies par les formules (10) dépendent des masses et des grands axes; ce sont des constantes qui sont positives, parce que, toutes les planètes tournant dans le même sens, «w est réellement positif; elles vérifient les relations { i»(p) n<P> (a(P> )* (p, v) = i»(v) n<v> (aW )» (v, p), (ll) I m(p)n(p)(a(P)),[p,v] = mWftW(oM)>[v,p]; on le voit immédiatement en partant des formules (10) et remarquant que Np>v et Pp>v sont des fonctions symétriques de a(p) et «(v). Soit N le nombre des planètes; la détermination de e, e', ..., tzr, ex', ... est ramenée à l'intégration d'un système (A) de 2N équations linéaires simultanées du premier ordre, à coefficients constants. De même, la connaissance de <p, <p', ..., G, G', ... dépend du système analogue (A'). 169. Occupons-nous d'abord du système (A). Posons, pour effectuer l'intégration, Alt \M h— — sin(^ + P), /= —-== cos(^ + (3), aymn asjmn (\i\ l Ml' M' a! \J m'ri a'sjrriri en désignant par g, (J, M, M', ... des constantes. Si nous substituons ces expressions dans les 2N équations (A), nous ne trouverons que N conditions distinctes; en les multipliant respectivement par — a \Jmn, — a' sjm'n', ..., il viendra i/ \ / \ ) w .a\lmn r n__. a\lmn r __,_ (o,i) + (ot2)+...-g(M- ; [o,i]M/- , »—- [0,2] M'-... = <>, a sj m'ri a'sjmrnr a' s]m'ri r n,, ( . . . ».,, a' sjrri ri r ,,,, jL7=-[i,o]M+ (i,o) + (i,2)+...-g M'- v_^= [1,2] M'-. .. = <>, as/mn a'sjrriri1
ou bien encore (i3) . où l'on a posé 04) EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. (A0,0-^)M + AMM' + A0,1Mff + ...^o, A1,,M + (A1,1-*)M'-+-A1,1M'h-... = o, A,,, M+ Alfl M'-»-(Altl-*)M'+ ... = <>, » A0,o = (o,i) + (o,2)+..., Ai,i = (i,o) + (ita)+..., 4o9 A, * = \i, Al. La définition précédente de Aitk suppose les indices 1 et£ essentiellement différents; si l'on remplace [i, &] par sa valeur (10), il vient A _ afy#/tt«>i»<*> (i5) on en conclut (16) A|,* = A*,I-. Cela posé, considérons le déterminant (17) G = A0,o— # A|,o Aj,o An-i,o Ao,i A,.,- A,., An-i.i g Ao,j Alt, Aï,!" g • An-1,2 A0,N-1 Al.R-l Aj.N-l • • Ajj-i.N-l - -g il est symétrique par rapport à la diagonale, d'après la relation (16). Si ce déterminant n'est pas nul, la théorie des équations homogènes du premier degré montre que l'on ne pourra satisfaire aux équations (i3) qu'en prenant en même temps M = M'==M'=... = o, ce qui ne saurait nous convenir, puisque notre solution (12) disparaîtrait alors. Pour que cette solution existe, il faut donc que g vérifie l'équation (B) G = o. Le degré de cette équation est égal au nombre N des planètes ; car, dans le produit des termes de la diagonale du déterminant (17) se trouve le terme (— i)N#N qui ne peut être détruit par aucun autre. Nous représenterons par g, T. - I. 5a
4lO CHAPITRE XXVI. S\> gn •••» gn-t les racines de cette équation; ces quantités seront des constantes dont les valeurs dépendront de m, m', ...,m{îi~l\ a, a', ..., a(N~"; N— i des équations (i3) détermineront les rapports de N—i des quantités M, M', ... à la Nième; cette dernière sera Tune des constantes arbitraires qui figureront dans la solution (12); l'autre sera p. A la racine gt correspondront des équations que l'on déduira de (i3) en changeant #, p, M, M',... en git p,t M,, M',, ...; de là une seconde solution renfermant deux constantes arbitraires, p, et l'une des quantités M,, M', On trouvera ainsi N solutions particulières, chacune avec deux constantes arbitraires; les équations (A) étant linéaires, on aura une nouvelle solution composée avec les précédentes en ajoutant les diverses valeurs de A, /, h'y t, .... Ce sera donc ahsfmn = M sin(^ + (3) -+- Mj s\n(gxt + (3j) +... + MN_t sin^-j* + fin-i), al sjmn = Mcos(^ + (3) •+- Mjcos^j* + (3j) +...+ Mn_iCOs(5'n--1* + Pn-i)> (c) j a'h'\/m'n' = M'sin (gt + $)+Wx*\ii(gxt + $x)+... + Mn_, sin (gt,-x t + (Vi ), F a'Vsjm'ri = M'cos( j*-h(3) +MjCOs(^i* -+- Pi) -h... + Mn_1cos(#*_,/: + pN_,), Cette solution comprend 2N constantes arbitraires et donne les intégrales générales des équations (A). Remarque. — En différentiant par rapport à g l'expression (17) de G, en trouve évidemment dG _ / dG | dG \ On en conclut que, si la racine g n'est pas une racine multiple, on ne peut pas avoir simultanément dG dG = °. tï— =0. ^A0>0 ' ^Ai,i Donc les N déterminants que l'on déduit de G en supprimant la ligne et la colonne qui aboutissent à chacun des éléments de la diagonale, ne peuvent pas être tous nuls en même temps. Supposons par exemple jj— ^o; alors, en supprimant la première des équations (i3), il en restera N— 1 autres qui détermi- M' M" neront les N— 1 inconnues tt» -^1 ■■•> car le dénominateur commun de ces M M /if inconnues n'est autre chose que 37—' et il est essentiellement différent de 1 oA0,0 zéro. 170. Lagrange a remarqué que, si quelques-unes des racines de l'équation G = o étaient imaginaires, les expressions de h, /, h\ /', ... contiendraient des exponentielles qui, en croissant indéfiniment, auraient pour effet de rendre les
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 4I( orbites très excentriques, et de détruire la stabilité du système planétaire. Les planètes connues alors étaient au nombre de six (Herschel n'avait pas encore découvert Uranus) ; les influences de Mercure, de Vénus et de Mars sur Jupiter et Saturne étant faibles, Lagrange a pu remplacer très approximativement l'équation G = o par deux autres, l'une du second degré, l'autre du quatrième. Avec les valeurs numériques dont il disposait pour m, m', .,., <z, a\ ..., il trouva que les deux équations ci-dessus avaient leurs racines réelles et inégales. Mais certaines des masses employées étaient entièrement hypothétiques : ainsi, celles de Mercure, de Vénus et de Mars avaient été calculées en partant de leurs volumes et tirant leurs densités d'une loi empirique d'après laquelle les densités des planètes seraient inversement proportionnelles aux.grands axes de leurs orbites. On pouvait donc se demander si, avec d'autres données notablement différentes, on trouverait encore seulement des racines réelles : « Il faudrait, disait Lagrange, pouvoir démontrer que, quelles que soient les valeurs des masses, pourvu qu'elles soient positives, les racines de l'équation dont il s'agit sont toujours nécessairement réelles et inégales, et il ne paraît pas impossible de parvenir, par quelque artifice particulier, à résoudre cette question d'une manière générale ('). » Laplace répondit bientôt au desideratum exprimé par Lagrange ; il prouva en effet que, quelles que soient les données numériques supposées pour les masses et les distances moyennes des planètes au Soleil, l'équation G = o a toujours toutes ses racines réelles, pourvu que les planètes tournent toutes dans le même sens. Nous allons reproduire la démonstration de la Mécanique céleste. Ajoutons les équations (A), après les avoir multipliées respectivement par mna2h, mna2l, m'n'a'2h', m'n'a'2t, ... ; nous trouverons J ,dh ,dl\ , , ,t/,.dh' „dl'\ mna\hTt+ldt)+mna\h-dl+lTt)+--- 4- (/*/'— lh')\ mno![o,i]- /n'/i'a'*[i,o] | h-... = o, ou bien, en vertu de la seconde des relations (n), et remarquant que n et a sont constants, (18) J^|m/ia!(/i! + /2) + //i'7i'a'2(A'»+/'*)+... j — o. On aura donc, en désignant par C une constante arbitraire, (D) //ma* (A*-+-/*)+m'n'a'2 (/*'* + /'*) +-... = C ou bien (Dj) /wna1cs+m'«'a'1c'1-h...= C; (») Voir les Mémoires de Lagrange sur les inégalités séculaires des planètes, t. V et VI de ses Œuvres.
4l2 CHAPITRE XXVI. on a ainsi une intégrale des équations (A). On peut l'écrire comme il suit, en prenant la masse du Soleil pour unité, m y/i -+- m \fâ e2 4- m' \J\ 4- m' y/a' e'! 4- . . . = const., ou bien, en négligeant m2, m'2 (D,) /ny/ae* — m'\fâ'e'*-+-. . . = const. Supposons maintenant que deux des racines de l'équation (B) soient imaginaires, g et gt ; on aura donc (19) g=U + <7\f^î, gi = U—(7^—lt m et a étant réels, et a >• o. Si l'on pose - (McosP + MjCOsPj^ OÏL cosy, - (Msin(3 4-MjSinPj) r=01L siny, ^—î (Mcos(3 — Mjcospj) — ;JH,cosylf (Msin(3 — MjSinPt) = 01L,siny,, on voit aisément que le résultat de la substitution des valeurs (19) de^etg-, dans les deux premières formules (C) est le suivant aAv/^ = '^sin(^4-y)(E<T'+E-,T0 + ^cos(^4-y,)(E,T'—E-<T') + M,sin(^,<+p!)+ ••- a//jw» = 3ILcos(«£+y)(E"H-E-»0 —3^iSin(«* + /,)(E«—E-»0 + M1cos(g'1* + p,)+.... OTL, Oïl,, 7 et y, sont quatre constantes arbitraires qui doivent être réelles pour que h et /le soient aussi. On aura des expressions analogues pour A', l', h", /", ... en mettant des accents aux lettres on., on.,, y et y,. Si l'on substitue ces. valeurs de h, /, h', /', ... dans l'équation (D), on trouvera un résultat de la forme ( 20) (3H« + On,» 4- OTL" 4- OïL'j14-... ) Eîff< 4- XE" 4- ift> 4- ©E-"4- G)E-Îff<= C. Or, si la quantité positive a n'est pas nulle, quand t croîtra indéfiniment, le terme en E2at arrivera à être infiniment plus grand que tous les autres, et comme il croît au delà de toutes limites et que son coefficient on,2H- on/2 -+ ... est essentiellement positif si toutes les planètes tournent dans le même sens (auquel cas n, n', ... sont positifs), la relation (20) ne pourra pas être vérifiée. On doit donc avoir a = o, et les racines g et gt ne peuvent pas être imaginaires. Si l'on admettait plusieurs couples de racines imaginaires dans l'équation (B), il y aurait d'autres quantités (/, a", ... analogues à a; en supposant a > a' > cr" > . . ., on verra sans peine que le premier membre de l'équation analogue à (20) fini-
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 4'3 rait par grandir indéfiniment avec le terme en E2at; on devra donc avoir a = o; on démontrera ensuite que <f = o, — L'équation générale que l'on obtient en égalant à zéro le déterminant (17) a toutes ses racines réelles, quelles que soient les quantités réelles Au et Aitk; parmi les démonstrations qui ont été données de ce beau théorème, nous citerons celle de M. Sylvester (voir Baltzer, Théorie des déterminants), et celle de Borchardt (Journal de Mathématiques, t. XIII). 171. Voici maintenant comment Laplace prouve que l'équation G = o ne peut pas avoir de racines égales; supposons en effet g = gt- Les expressions de h, l, h', /', ... seront de la forme ( ah\[mn =■- (X* 4- %,) sin(gt-hfi) 4- Ms s\n(gtt 4- ps) 4-..., (2I) j al\finn = (3K,t-h X,) cos(gt-hfi) 4-M, cos(£-,f 4-(3j) 4-..., En substituant dans la formule (D), on aura une équation dont le premier membre contiendra un terme prépondérant en /a, avec le coefficient essentiellement positif 3ç,a -t- 3Ç/2 +... ; ce premier membre ne pourra donc pas conserver une valeur constante, et il est impossible que les racines g et gt soient égales. Cette démonstration de Laplace prouve seulement que les expressions de h, /, h', l',... ne peuvent pas contenir le temps en dehors des signes sinus et cosinus, comme le supposaient les formules (21), et qu'elles sont formées par la réunion de termes périodiques; c'est là l'essentiel au point de vue dç la stabilité du système planétaire. Mais il n'en résulte pas nécessairement que l'équation G = o ne puisse jamais avoir de racines égales, car on sait aujourd'hui (') qu'il peut arriver dans ce cas que les intégrales générales des équations (A) ne renferment pas le temps en dehors des signes sinus et cosinus. On peut donc se poser la question suivante : Pourrait-on disposer des masses des planètes et de leurs distances moyennes au Soleil de manière que l'équation (B) ait des racines égales? Cela est impossible quand il n'y a que deux planètes. En effet, l'équation (B) se réduit à Ao.o g ^0,1 — o, A|,0 A,,, — g et, pour que ses deux racines soient égales, il faut qu'on ait (A0,o —A|,,)î4-4A»iI = o; (•) Voir Thomson et Tait, Treatise on natural Philosophy, 2* édit., t. I, Partiel, p. 381; — E.^J. Rodth, Stabilitjr ofa given State of Motion, 1877; — Œuvres de Lagrange, t. XI, Note VIII de M. G. Darboux.
4 I 4 CHAPITRE XXVI. en remplaçant A0lo>A|fl etA0il par leurs valeurs qui résultent des formules (10), (i4) et (i5), il vient \na} n'a"-) ^ + nn'a'a'* ^' ~ °' N0,i et P0)l étant essentiellement différents de zéro, la condition précédente ne peut pas être remplie; il pourrait en être autrement si les planètes se mouvaient en sens contraire, car alors le produit nri serait négatif. M. Seeliger a examiné le cas de N = 3 dans le n° 2231 des Asironomische Nachrichten, t. 93, 1878, et il a réussi à prouver directement que, si l'équation G = 0 avait deux racines égales, une certaine équation de condition Xm 4- X'm' -+- X"m" = o devrait être satisfaite, dans laquelle x, x', x" sont des quantités essentiellement positives; cela est impossible ('). Je ne sache pas qu'on ait encore démontré la même impossibilité pour N > 3. 172. Laplace a tiré de l'intégrale (D,) une conséquence importante au point de vue de la stabilité du système planétaire : puisque tous les termes du premier membre sont de même signe, l'une quelconque des excentricités, e par exemple, ne pourra jamais acquérir une valeur supérieure à celle qui serait donnée par la formule mnd* e1 = C, d'où mna- A cause de la petitesse actuelle des excentricités, la constante G a une valeur (') Le cas de m = o doit être excepté; car alors, d'après la formule (i5), on a Ao,i = Ai,o = o> A0,j = Aji0 = o, et l'équation (B), qui se décompose dans les deux suivantes g — A0,o — o, (g — \\,i)(g— A,,,) - A|,,A,i, = o, aura des racines égales si l'on peut déterminer a par la condition (Ao,o — A|ii)(A0,o— A»(i) — Ai,] A2|t = o, qui équivaut a |(o,!)-T-lo,2)-(i,a)| j(o,i)-i-(o,a) —(a,i)j —[i,a][a,i] = o. Si l'on suppose, par exemple, que les planètes P' et P* soient Jupiter et Saturne, et qu'on remplace a', a", m' et m' par les valeurs numériques correspondantes, on- trouve que la condition ci-dessus est satisfaite par a = 1,85.
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. [\ID très petite. Par conséquent, l'excentricité e elle-même restera toujours fort petite, si la masse m correspondante constitue une partie considérable de la somme des masses du système. Mais on ne peut tirer de l'intégrale (D,), aucune conclusion analogue pour les planètes dont les masses sont faibles. Pour savoir si leurs excentricités resteront toujours comprises entre d'étroites limites, il faut avoir recours aux formules (G). On en tire mna} e- — W 4- M\ -+- M* + . . . + 2 MM, cos[(g - gx) t + (3 — (3, ] -t- 2MM2cos[(#' —gx) t ■*- P - M -h ; la plus grande valeur de e2 répond au cas où tous les cosinus sont égaux à±i, de manière que les termes où entrent ces cosinus soient tous positifs; on aura donc (M) .<|M| + |M.Jti".l+--: a \Jmit on trouvera ainsi une limite supérieure de l'excentricité e. Cette limite pourra- t-elle être réellement atteinte? C'est une question d'analyse indéterminée que nous ne chercherons pas à approfondir. II paraît vraisemblable qu'on pourra trouver des époques où les différents angles, tels que approcheront autant qu'on voudra de certains multiples pairs ou impairs de ir; alors e atteindrait sa limite. On n'a pas d'expressions générales des quantités (22), susceptibles d'une discussion analytique, et l'on ne peut se prononcer sur les limites des excentricités qu'après avoir effectué tous les calculs numériques. 173. Nous avons à montrer maintenant comment on pourra calculer les valeurs des 2N constantes qui figurent dans les formules (C), en fonction des données initiales; ces données seront les valeurs e0, éQt .... cr0, tarj,, ... des excentricités et des longitudes des périhélies à l'époque t=o\ On en déduira d'abord les valeurs correspondantes hu, /0, h'0, l0, ... de h, /, h\ /', ... par les formules ( h0— e„siiiGJ0, h'o = e'o ainsi',, ..., ( l0 =e0cosGj0, t0 =e'0coscj'0, .... Si l'on fait / = o dans les formules (C), il vient ( M sin(3 4-M1 sin(3, +...-t-Ms_|Sin(3N_, = ah0 \Jrnn, (24) J M'sinP-i-M'Isinpi-i-... + M'!,_1sinPj,_I = a7t'0v/^V,
4l6 CHAPITRE XXVI. et [ M cos(3 + M, cosPi + . -. + Mh-i sin(3K_i = al0 \Jmn, (a5) j M'cosP4-M'1cosP, + ...4-MN_1cospN_1 = a'/'0v/mV, Nous supposons que l'on a calculé les racines g, gt, ... de l'équation (B) dont tous les coefficients ont des valeurs numériques connues. M' M' N —i des équations (i3) donnent les rapports tj-=-, —, •••; en changeant dans ces équations g en gt, on aura de même les rapports^» -rp» • • •> et ainsi de suite, de telle sorte que les N équations (24) contiennent au premier degré les N inconnues MsinJS, M^infJ,, . .., MN_, sinf3M_,; de même, on a le système (a5) pour déterminer lesN inconnues Mcos[3, M,cos^,, ..., MN_,cospN_,. Nous allons établir des relations qui rendront très facile la résolution des équations précédentes. Reprenons la première des formules (i3) et celle qu'on en déduit par le changement de g en gt, (A0t0 — g)M +A,,|M' +A,,,M'+... = o> (A0,o — tfi)Mi+ Ao.tM', +A,,,MÎ+. .. = 0; on en déduit, par l'élimination de A0|0, (26) (^1-^)MM1 = AM(MM'l-M,M1) + Atl,(Mirl-M,M1)+.... La seconde des formules (13) et les suivantes donnent de même . j (^1-^)M'M'1=Alf0(M1M'-MM'1) + Alf!(M'M;-M'M'1)+..., (27) j Si l'on ajoute les équations (26), (27),... et que l'on ait égard à la relation (16), il vient (*1-<r)(MM, + M'M'1+...) = o. On peut supprimer le facteur gt — g qui est différent de zéro, et l'on trouve ainsi, en supposant maintenant que g et gt représentent deux racines quelconques gr et gt de l'équation (B), la relation (28) mpm,+m;m;-i-m;m;+... = o> dans laquelle rets désignent deux indices différents quelconques de la série o, 1, 2, ..., N— 1. Cela posé, si l'on ajoute les équations (24) après les avoir multipliées par les facteurs Mr, M^,, M', ... et qu'on fasse de même pour les équations (25), on trouve, en ayant égard à la condition (28), ( M * + M;* + M';* +...) sin (3r = ah0 \fmn Mr + a'h'9 yfmîn' M'r +..., (M"+M,r1-HM;* + ...)cospr=a/,v/m«Mr+a'f0v/iwVM;+...>
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 41? ce que l'on peut écrire ainsi V|-/ ah0\Jmn -+- a'h'0 sjm'n' -~ -+-... M, sin (3,= /m; y /m;y (E, , , +(■;)-■ (■;)--■ al0 \Jrnn -+- a' l'0 \Jm' n' ^-p -+-.. . M,.cospr= — '" i + (S)'-®' m; m: Les rapports rp> \f"' ' " sont connus Par ce qui précède; ils seront donnés par la résolution de N — i des équations .m; .- m; Ao,o — gr ~t- A0>i jt| h Ao.î ît| h. . . = O, (F) { . IK .m; . m;. Ai,,-4-(A,tl — gr) jg- +A,(Î|^- + ...= 0, L'ensemble des calculs numériques à exécuter correspond donc : i° A la résolution de l'équation (B) du degré N; 20 A la résolution des N systèmes d'équations du premier degré àN-i inconnues, que l'on déduit de (F) en attribuant à l'indice r les valeurs o, 1,2,..., N-i. Après quoi la solution sera fournie par les formules (C) et (E). 174. Il est souvent possible d'avoir une donnée importante sur la manière dont varient les longitudes or, gj', ... des périhélies. Les deux premières des formules (C) peuvent, en effet, s'écrire i=N-l a\fmnesinin = \ Mis\n(gtt-y-^t), i = N —1 ay/m/iecoscj= ^ Micos(git-+-fii). 1 =0 On en conclut, en désignant par y l'un des nombres o, 1, 2, ..., N— 1, a v/^m e sin (gj — gjt — (3y) — £ M«sin l(gt— gj) ' + P«— Py ], (29) ay/^ecos(Gj — gjt — (3y) = My +£ M^cos^,— gj)t+$t— py]; dans le second membre, la valeur/est maintenant exceptée de celles que doit prendre l'indice 1. T. - 1. 53
4l8 CHAPITRE XXVI. Supposons que la valeur absolue de My soit supérieure à la somme des valeurs absolues de M, M,, ..., My_,, My+M ..., MN_, ; la formule (29) montre que cos(cr — gjt — Py) ne pourra jamais s'annuler quel que soit t. On pourra donc poser (3o) m—.ki: + gjt + Çij-^ j, la valeur deu ne pouvant qu'osciller entre et-h -; kit ■+■ gjt-\- [3, sera donc la valeur moyenne de or, dont le moyen mouvement sera, par suite, égal àgy; xs oscillera autour de cette valeur moyenne et l'écart sera compris entre les limites et h 2 2 La formule (29) donne.ensuite (- i)*as/Jim ecosu = M; -+- 2] M,cos[(# — gj) t + (3, — (3y] ; le signe du second membre est celui de My ; cosu est essentiellement positif. Donc, l'entier k pourra être pris égal à zéro si My est positif et égal à 1 si My est négatif. Donc, si le cas en question est réalisé, le périhélie tournera toujours dans le même sens, sauf les oscillations; si ce cas n'a pas lieu, on ne peut pas dire d'avance le sens du mouvement du périhélie. Supposons maintenant que la même chose ait lieu pour une autre planète, la seconde par exemple, et que la valeur absolue de M} soit supérieure à la somme des valeurs absolues de M', M,, ..., M}_,, M'J+i, ..., MJ,_,, j étant le même que précédemment; on aura de même (3i) gj' = k'7T + gjt + $j-F- y', la valeur absolue de u' étant inférieure à -• On tirera des formules (3o) et (3i) gj — gj' = ( k — k' ) 7r + u — u' ; donc la valeur moyenne de or— or' sera égale à {k — k')Tt; d'après ce qui précède, elle sera nulle si My et M} sont de même signe, et égale à ir si My et My- sont de signes contraires. 175. Les intégrales (C) peuvent donner, à la rigueur, toutes les circonstances des variations des éléments e, or, e\ gt7, ... ; mais elles sont d'une discussion difficile à plusieurs égards. On peut trouver N intégrales distinctes des équations (A), ne contenant pas explicitement le temps /, mais seulement les excentricités et les positions relatives des périhélies pour l'époque /. L'intégrale (D) est dans ce cas; c'est l'une de celles que nous allons faire connaître.
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 4*9 Remarquons que les équations (C) ne diffèrent des équations (24) et (25) qu'en ce que h0, /„, h'0, l'0, ... sont remplacés par h, /, h', /', ... et Mrsinpr, MrcosPr par Mrsin(gri-h $r) et Mrcos(grt -h (3r). On pourra donc appliquer les formules (E) en y faisant les changements indiqués ci-dessus, ce qui donnera ah\Jmn + a' h' \jm' n' —^ 4-. . . MP sin (grt + (3,) — —— 1 + (»' al sjmn -+- a' V \Jm! n! —- +, M,cos(^ + p,) = 1 + ®)'- Si l'on ajoute ces équations après les avoir élevées au carré, le temps disparaît, et il reste l'intégrale ( ah Jmn -+- a'h' Jm' n' ^ +... ) 4- ( al Jmn -+- a' V Jrn' n' ^- -+-... ) (32) M»=^— MJ ^ M J-- h(»'-(»--j' dans laquelle Mr est la constante arbitraire ; les valeurs des rapports ^> ==£-1 • ■ • sont déterminées par les formules (F) en fonction des données ay a', ..., m, m\ ... et ne contiennent rien d'arbitraire. L'intégrale précédente peut s'écrire mnaiei-hm'n'a"e'i( ^rL) +...+ 2\Jmm'nn'aa' r^ee'cosfxn— gj') + . .. (G) m« = *£d : M*- . H»'*®)'-]' il n'y figure plus que les positions relatives des périhélies. Si, entre les N intégrales (G), on élimine les N— 1 différences GJ —Gï', GJ — GJff, ..., GJ —GJ^"1), on tombera sur une intégrale indépendante des périhélies, et qui devra coïncider avec (D,). Les intégrales (G) permettent de calculer directement les valeurs des excentricités qui répondraient à un état déterminé des positions relatives des périhélies, sans avoir à se préoccuper de l'époque à laquelle le phénomène peut arriver.
420 CHAPITRE XXVI. 176. Venons maintenant à l'intégration des équations (A') ; nous poserons, en gardant les mêmes lettres M, M', ..., p et g, afin de ne pas trop multiplier les notations, (12') M s\n(gt + fi), 9 = M a\mn M a^mn M' ZO$(gt + fi), p'=—-^^ sin (gt +fi), 9'= , ,-j- cos(gt + fi), a'ym'n' a'y m'a' En substituant dans (A'), il viendra (,3') on a fait ('4') d'où (.5') (16') On posera (17') {A0,o + £r)M + A0,,M' + ...— o, A,,,M + (Alf, -hg)M'-h...= o, a0,o = (o,i) + (o,2)+. .:, Ai,i = (i,o) + (i,2)+..., a«y™(,)'*(0 A,-.*= (1, k); 2fi///ii')/n<*> _. A,-,* = -—. Ni.* G' = Ao,o+^ A0>1 Ai.o A.itl-+-g et l'on devra prendre successivement pour g les N racines de l'équation (B') G' = o. Les intégrales des équations (A') seront ap s/mn = M sin (gt + fi ) + Mt sin (^ * + fa ) +..., aq\/mn = M COs(gt-\- fi) -+- Mj COS^j* + Pj) +..., (33) j ayv/^7«7=M'sin(^ + P)+M'Isin(^1i + p1)+..., [ a'?' sjm'n' — M'cos(gt ■+- fi) + M'j cos(^ t + fi{) +...,
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 421 177. Il y a ici une simplification tenant à ce que l'équation (B') a une racine nulle. Si l'on suppose, en effet, dans les formules (i3'), M M' a \Jmn a' \Jm' n! * en ayant égard aux relations (i4')» on tombe sur des identités telles que [(O, i) + (0,2) -H . . .] — (O, I) — (0,2) — . . . = O. Les formules (33) peuvent donc s'écrire 1 = N - I (C ap \fin7i — M sin (3 -+- \ MiSin(git -+- (3,), 1=1 aq\/mn = M cos(3 -+- \ MiCOs(git + $t)t i = \ i = N-l a'p' V^V=M'sinp + ^ M/sin^n-fr), 1=1 a'q'y/m'n' = M'C0s(3 -+- V Micos(^,< -+- (3,), Si l'on ajoute les équations (A') après les avoir multipliées respectivement par mna2p, mna2q> m'n'a'2p\ m'ria'^q', ..., on trouve, en vertu de la première des relations (n), (18') ^ [mna*{p*+ q*) + m'n'a'^p'* + q'*) + ...] = o. On a donc l'intégrale (D') m/iûf*(/>* + ?*) + m'n'a'*(p'*+ q'*) +.. .= C ou bien (D',) /n/ia» lang*(p + m'n'a'1 lang*<p' + .. . = C' ou encore, en négligeant m2, m'2, ..., (D',) /nv/âlaDg,9 + /n'y/ô7lang,(p' + .. . = const. La démonstration de Laplace, pour la réalité des racines de l'équation (B'),
422 CHAPITRE XXVI. se fait en partant de l'intégrale (D'); elle est identique à celle qui a été donnée pour l'équation (B). Il va sans dire que les démonstrations de Sylvester et de Borchardt sont aussi directement applicables. Les valeurs actuelles des inclinaisons des orbites sur le plan de l'écliptique de i85o étant petites, il en est de même de la constante C de la formule (D,). L'une quelconque des inclinaisons, <p par exemple, ne pourra jamais acquérir une valeur supérieure à celle qui serait donnée par la formule mnà1 tang'cp = C, d'où C tang*© = • Donc l'inclinaison <p restera toujours très petite; tel est le raisonnement de Laplace. Mais cette conclusion n'est légitime que pour les planètes dont les masses constituent une fraction notable de la masse totale du système. Pour savoir si leurs inclinaisons resteront toujours comprises entre d'étroites limites, il faut avoir recours aux formules (C) qui donnent mna* tang* <p = M* + MJ +... + aMMj cos(git + |3| — (3) + aMjM, cos [(£-! - gt) 14- (3, — £,] +... ; on en conclura (22') tang<p<^—!—!—±L a ymn On pourra fixer ces limites des inclinaisons quand on aura fait tous les calculs numériques. La détermination des constantes arbitraires à l'aide des données initiales se fera par les formules I ap0 \Jmn + a'p'0 \]m' n' =~ -(-... lMrsinpr= /m; y aq0 \[mh -+- a'q'0 \Jm! n! ^p Mrcospr= —ï i + M' les rapports ~ sont donnés par des équations analogues à (F), que nous nous
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 423 dispensons d'écrire. On a d'ailleurs />o = tang<posin0o, p'0 = lang<p'0 sin0'o, ..., ?o = tang<pocos0o, ?'o = tang<p'ocos0'o, Pour r = o, les formules (E') se simplifient. On a vu, en effet, que l'on a dans ce cas M' _ a's/nTn1 W _ a" sfnVnï M a ^mn ™ a \]mn il vient ainsi [M . a mnà1 tangcp0 sin0o + m' /i'a/! tan g <p'0 sin0'o +... \admn mna* + m'n'a'* +... (E' ) < 0 j M _ _ mnà1 lang<p„cos0„ -+-m'n'a'*tang<p'ocos0'o +... [ay/m« mna1-h m'n'a'*-h... 178. Il est possible de donner une représentation géométrique très simple de M et [3, en introduisant \eplan invariable du système planétaire. Reportons-nous aux intégrales des aires dans les mouvements relatifs des planètes autour du Soleil, telles qu'elles sont données par les formules (d') du n° 17. Soient a', b', c' les constantes de ces formules; le plan invariable aura pour équation a'.r + b'y -+- c'z = o. Si l'on néglige les carrés et les produits des masses, les formules que l'on vient de rappeler se réduisent à En les appliquant à l'époque t = o et ayant égard aux relations (k) du n° 38, on trouve a'— mnaïsjx — e\ sin<p0 sin0o-H m'n'a'* ^i — e'0* sin<p'0 sin0'„ (34) ' —b'— mnaïyi — e\ sin<pocos0o+ m'n'a'1 ^i — e'0* sin<p'ocos0o c' — mna>\]\ — ejcos<p0 + m'n'a'^s/i — e'0!cos<p'0 +... . Or, si l'on désigne par II la longitude du nœud ascendant du plan invariable sur le plan fixe des xy et par y son inclinaison, on a a' b' tangysinîl—-,» tangycosII = -,• C C
424 CHAPITRE XXVI. Remplaçons a', b',c' par leurs valeurs (34) et négligeons, comme nous l'avons fait jusqu'ici, ej, <?'02, .... <pj, <p'02, ... devant l'unité; nous trouverons . „ m7ia*tang<posin0oH-7ra'n'a'*tangq>nsin0n+... tangysinll^ — 5 . . „ s_l° °. °' mna% --h m'n! a'1 +... j „_ mna*tang<poCOS0o-i- m'n'a'* tangy'0 cos 9'0-i-... La comparaison avec les formules (E0) donne M Telle est l'interprétation cherchée. a\Jmn = tangy. 179. Nous allons rapporter les orbites au plan invariable; soient, en se reportant à hjig. 20 du n° 117, NM l'orbite de la planète P, N'G le plan invariable. Nous ferons N'G=6, NGN' = fc; nous avons déjà a?N'=IIt NN'G = y, a?N = 0, ^NG = <p, Le triangle sphérique NN'G donne sinOsin© = sin<psin(0 — (3), sin$cos© =— cosçsiny + sin<p cosycos(0 - -(3); on peut prendre sin$ sin© = tangcp sin(0 — (3) =pcos(3 — qsin|3, M sinOcos©^ —siny + tang<pcos(0 — (3) — —— +/>sin(3 + «7 cos (3; a\Jmn en remettant pour p et ^ leurs valeurs (C), on trouve la première des formules suivantes : ay/mnsinO sin© = V M;sin(^^+ $t— (3), «■=1 i = N-I ay/iwnsinfl cos© = V M/COs(^< ■+- p,— (3), a'v//M'n'sinO'sin©'= V Misin^f + fy—(3), « = i i = N-l a'v//Jï7n7sin<&'cos©'= ^ M|COs(#* + fy — (3), (C.)
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 42^ On démontrera, comme au n° 174, que si la valeur absolue deMy- est supérieure à la somme des valeurs absolues de M,, ..., My_,, My+I, ..., MN_,, la valeur moyenne de 0 sera égale à git -+- [3y — P ■+- kn ; le nœud delà première orbite sur le plan invariable se mouvra donc toujours dans le même sens, sauf les oscillations, et son moyen mouvement sera égal à gj. S'il arrive que la valeur absolue de M, soit supérieure aussi à la somme des valeurs absolues de M',, ..., My_,, My+I, ...,Mn_,( gjt-t- (3y — (3-f-#ir sera la valeur moyenne de 0'. On aura ainsi (36) 6 =&£+£/— P-+-ÂT7T-+-U, (37) # = gji + Py- P+ *'*-+- u'. u et u' sont deux quantités qui oscillent de part et d'autre de zéro entre des limites dont les valeurs absolues sont inférieures à -• On aura a 8 — 6'= (k — k')Tz -+- u — u'; la valeur moyenne de la distance des nœuds des deux planètes sur le plan invariable sera donc égale à zéro ou à ir, suivant que My- et My- seront de même signe ou de signes contraires. 180. Nous avons dit que les calculs numériques effectués par Lagrange reposaient sur des valeurs fort peu exactes des masses; de plus, Uranus n'y figurait pas. Le Verrier entreprit en i83g de reprendre avec toute la précision désirable la détermination numérique des inégalités séculaires des sept grosses planètes connues alors. Je 'me bornerai à quelques indications sur la marche suivie et sur les résultats obtenus, renvoyant pour les détails au tome II des Annales de VObservatoirey p. 105-170. Si l'on remplace f par > ——, ■ • •, les formules (10) donnent 1 \ m> ■K! r n m> n (0,1) = 2 — noNo,,, [o,i] = a-nflP0pI, r r les quantités aN0l, aP0,,, ... ne dépendent que des rapports —; on prend pour unité de temps l'année julienne; on devra mettre pour n, n\ ... leurs valeurs correspondantes exprimées en parties du rayon. A cause de la petitesse des rap- T. - I. 54
4 26 CHAPITRE XXVI. m! ports —> les valeurs numériques de (0,1), [o,i], ... seront très petites. Il est préférable de les exprimer en secondes sexagésimales, et alors il en sera de même de g, g,, .... Quand on a calculé tous les coefficients numériques A,t, et A,-,*, on forme les sept équations (i3); on constate que dans les trois dernières les coefficients de M, M', M" et M" sont très petits. On peut les négliger dans une première approximation, et l'on a ainsi trois équations homogènes entre lesquelles on élimine M", W et M", ce qui donne une équation du troisième degré en g que l'on résout. On trouve de la sorte les valeurs approchées de trois des racines de l'équation G = o, ceHes qui proviennent de la présence des planètes Jupiter, Saturne et Uranus. Ces trois grosses planètes ne peuvent être que très peu dérangées parles quatre autres; on peut donc, dans les quatre premières équations (i3), négliger les termes en M'\ Mv et M". On a ainsi quatre équations homogènes entre lesquelles on élimine M, M', M" et M"; il en résulte une équation du quatrième degré en g que l'on résout, ce qui donne des valeurs approchées des quatre racines de G = o qui proviennent de la présence des quatre premières planètes. Avec ces valeurs approchées, Le Verrier détermine les valeurs exactes par un système d'approximations successives aisé à concevoir; il arrive à I * = 2ff,a584, gw— 7',5747, gx = 3% 7136, g6 = 17', 1527, gt=22', 4273, g%= 17% 8633; gt= 5', 2989, les valeurs approchées trouvées d'abord n'en diffèrent pas de o",ooi. Quelques-unes des masses planétaires pouvant recevoir dans la suite certaines corrections, Le Verrier a voulu que tous les résultats de ses calculs pussent être utilisés encore; il a représenté les vraies valeurs des masses par m(i -t- v), m'(i -t- v'), ..., et il a développé les résultats suivant les premières puissances de v, v', ..., de sorte que, si l'on vient à corriger la masse de Mercure, par exemple, il suffira d'introduire dans les formules la valeur correspondante de v, pour obtenir le même résultat que si l'on était parti de la masse exacte. Les rap- t M M' M, A . , , . ., ,,v ports jjpi> ]jf7;> •••» j^ ••• sont exprimes de la même manière ('). Le Verrier donne ensuite les expressions numériques des formules (C)et(C'), et l'on peut y lire immédiatement les limites supérieures des excentricités et des (*) Au sujet de la résolution des équations (i3), le lecteur pourra consulter avec fruit un Mémoire de Jacobi, Zur Théorie der Sœcular-Stôrungen {Journal de Crelle, t. XXX). yooj
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 427 inclinaisons; les voici : Limites des excentricités. Mercure 0,226 Vénus 0,087 La Terre o ,078 Mars 0,142 Jupiter o ,062 Saturne o,o85 Uranus 0,064 On voit donc que les excentricités et les inclinaisons, qui sont actuellement petites, resteront toujours très petites. Ce résultat et l'invariabilité des grands axes et des moyens mouvements constituent la stabilité du système planétaire. Si l'on substitue les expressions ci-dessus de esincx, ecoscx, tangipsinô, tangçcosô, ... dans les coordonnées héliocentriques de chaque planète, ces coordonnées ne contiendront que des termes périodiques. Ainsi les inégalités séculaires sont en réalité périodiques; elles ne diffèrent des inégalités périodiques ordinaires que par la durée de la période, qui est, pour elles, extrêmement grande; c'est ce qui résulte des nombres (38) qui donnent les très petits angles dont les arguments augmentent en une année; le terme sin(gt -+- fi) a une période de 574 000 ans environ. 181. Le Verrier n'avait pu faire entrer dans ses calculs la planète Neptune qu'il ne devait découvrir que six ans plus tard. M. Stockwell a publié en 1873, dans le tome XVIII des Smithsonian contributions to knowledge, un Mémoire important sur les variations séculaires des huit principales planètes, dans lequel il a tenu compte de l'action de Neptune. Ce travail, dont les calculs paraissent faits avec soin, renferme des remarques curieuses. Ainsi M. Stockwell trouve que, dans les formules (C), la valeur absolue de M1* est supérieure à la somme des valeurs absolues de M'\ M", ..., M1,*; il en est de même pour M" comparé à MTI, My, ..., M*1; enfin M',T et M" sont de signes contraires. Il en résulte donc, d'après ce qui a été dit au n° 174, que : Le moyen mouvement du périhélie de Jupiter est exactement égal au moyen mouvement du périhélie d'Uranus, et que les longitudes moyennes de ces périhélies diffèrent exactement de 1800. Suivant les calculs de M. Stockwell, le périhélie de Jupiter peut osciller autour de sa valeur moyenne, gKt-\- [3,, entre les limites ± 24° 10', et celui d'Uranus, autour de la même valeur moyenne, entre les limites ±47°33'. Les périhélies des deux planètes peuvent donc se rapprocher jusqu'à la distance i8o°-(24oio'4-47033') = io8°i7'. des inclinaisons. O I 9-17 5.i8 4-52 7- 9 2. 1 2.33 2.33
4a8 CHAPITRE XXVI. M. Stockwell trouve de même, en partant des formules (C,), que : Le moyen mouvement du nœud de Jupiter sur le plan invariable est exactement égal à celui du nœud de Saturne, et que les longitudes moyennes de ces nœuds différent exactement de 1800. Il trouve aussi que le nœud de Jupiter peut différer de sa valeur moyenne de ± i9°38'; pour Saturne, ces limites deviennent ± rj°rj'. Les deux nœuds pourraient donc se rapprocher jusqu'à i53°i5'. 182. Parmi les inégalités séculaires importantes, il y a lieu de signaler celle qui concerne l'excentricité de l'orbite terrestre. Cette excentricité est actuellement décroissante; elle continuera à diminuer pendant 24000 ans, après quoi elle augmentera pendant très longtemps. Nous verrons dans le tome III de cet Ouvrage que c'est là la cause d'un phénomène resté longtemps inexpliqué, l'accélération séculaire du moyen mouvement de la Lune. Nous n'avons pas parlé encore des inégalités séculaires du sixième des éléments elliptiques, e. La dernière des formules (h) du n° 62 est 9 dt~ na da na*(i-h s/T^H*) àe na*\/i—e* ày On peut prendre, au degré de précision adopté, de a_ âR e âR tangcp dR dt na da inà1 de inà1 d®' formule dans laquelle il faut remplacer R par son expression (5). Si l'on fait cette substitution et si l'on met pour e2, e'2, ..., esino, é sin ©', ..., ecoso, e'coscr', ...,tang2ç, tang2ç', ..., tangçsinô, tangç'sinô',..., tangçcosG, tangç'cosô', ... leurs expressions séculaires fournies par les formules (C) et (C), on trouve finalement une expression de la forme tt = H + VKcos(x* + x'), d'où e = s0+H<+y — sin (xi + x'); la longitude moyenne sera donc e0-t"(n + H)* + V - sin(x£ + x'). A cause de la petitesse des coefficients x, on pourra développer les termes
EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. 4^9 sin(x/-f-x') en séries très convergentes suivant les puissances de /; le terme en /a sera très petit et le plus souvent négligeable. 183. On a vu que les excentricités et les inclinaisons des orbites des planètes doivent toujours rester très petites. Cette conséquence importante ne se trouve toutefois établie que pour les valeurs numériques adoptées pour les grands axes, et nous ignorons ce qui se produirait pour d'autres distances moyennes des grands axes. Il est à regretter qu'on ne puisse pas discuter facilement les variations des limites (22) et (22'), quand on fait variera, a', .... Toutefois, quand on ne considère que trois planètes, l'équation (B'), qui a une racine nulle, s'abaisse au second degré; la discussion devient facile. Le Verrier a montré (Annales de VObservatoire de Paris, t. II, Addition III) « qu'il existe, entre Jupiter et le Soleil, une position telle, que si l'on y plaçait une petite masse, dans une orbite d'abord peu inclinée à celle de Jupiter, cette petite masse pourrait sortir de son orbite primitive, et atteindre de grandes inclinaisons sur le plan de l'orbite de Jupiter, par l'action de cette planète et de Saturne. Il est remarquable que cette position se trouve à peu près à une distance double de la Terre au Soleil, c'est-à-dire à la limite inférieure où l'on a rencontré jusqu'ici les petites planètes ». J'ai moi-même cherché à étendre les conclusions de Le Verrier, en tenant compte de termes négligés par lui, dans un Mémoire auquel je renvoie le lecteur (Annales de l'Observatoire, t. XVI). 184. 11 ne faut pas se faire d'illusion sur la généralité des conclusions énoncées ci-dessus relativement à la stabilité du système planétaire. En premier lieu, les équations différentielles (A) et (A') ont été obtenues en négligeant, dans les parties séculaires des fonctions perturbatrices, les termes du quatrième ordre; Le Verrier a cherché à tenir compte de ces termes en faisant varier les constantes arbitraires des formules (C) et (C) (voir l'Addition III du tome II des Annales de VObservatoire). L'une des conséquences auxquelles il est arrivé est qu'on ne peut obtenir, par la méthode des approximations successives, aucune conclusion sur la stabilité du système formé de Mercure, Vénus, la Terre et Mars, à cause des incertitudes qui régnent sur les valeurs des masses et peuvent modifier du tout au tout les petits diviseurs qui interviennent dans les formules. En second lieu, il n'est pas prouvé que l'on obtienne toutes les inégalités séculaires des éléments en réduisant, dans les équations différentielles, les fonctions perturbatrices à leurs parties séculaires; le contraire est même certain. La théorie exposée dans ce Chapitre est importante, si je ne me trompe, surtout parce qu'elle nous met sur la trace d'une forme analytique générale des perturbations où le temps ne sort pas des signes sinus et cosinus, et dont l'usage s'impose dans les théories des satellites, notamment dans la théorie de la Lune.
43o CHAPITRE XXVI. — EXPRESSIONS GÉNÉRALES DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. Les termes en72, / ! (a/ -+- P) trouvés dans les théories usuelles des planètes sont introduits par les procédés de calcul ; ils n'existent pas réellement. Dans cet ordre d'idées, quelques travaux importants ont été faits, et je crois devoir les signaler. En généralisant la belle méthode employée par Delaunay dans sa théorie de la Lune et considérant le cas de deux planètes seulement, Jupiter et Saturne par exemple, on arrive à se convaincre (') que les éléments a, e, <p, a', è', ç' peuvent en général être exprimés par des séries de la forme \ Acos(a)i -+- tx^t -+- a,)i,-4-...), dans lesquelles a, a,, a2,... désignent des nombres entiers positifs ou négatifs, et X, Xlt X2, ... des fonctions linéaires de t. La forme même de ces expressions assurerait la stabilité, si la convergence des séries était démontrée. Les autres éléments e, or, G, e', gj', G' s'expriment par des séries telles que x t -+- x' -+- £ B sin (pik -+- a.y \ -+- a, X, -h... ). Enfin, M. S. Newcomb est arrivé à des résultats du même ordre, très curieux et importants, pour un nombre quelconque 4e planètes, dans son Mémoire On the gênerai intégrais ofplanetary motions (Smithsonian contributions to knowledge, t. XXI, 1876). Il faut dire toutefois que, si l'on essayait, dans la pratique, de mettre sous cette forme les théories planétaires, on aurait des calculs presque inextricables, en raison du nombre immense de termes qu'il faudrait considérer. Il est bien à désirer que les géomètres s'occupent de ces questions et cherchent à faire bénéficier l'Astronomie des progrès récents qu'a faits l'intégration des équations différentielles. D'autre part, nous souhaitons vivement de voir couronnés de succès les efforts persévérants de M. Gyldèn pour l'introduction efficace des fonctions elliptiques dans les formules de la Mécanique céleste. (') Voir mon Mémoire sur le problème des trois corps {Annales de l'Observatoire, t. XVIII).
CHAPITRE XXVII. — MÉTHODE DE GAUSS. 43 F CHAPITRE XXVII. SUR LA MÉTHODE DE GAUSS POUR LE CALCUL DES INÉGALITÉS SÉCULAIRES. Gauss a publié en 1818 un Mémoire remarquable ayant pour titre : Determi- natio attractionis quant in punctum quodvis positionis data exerceret planeta si ejus massaper totant orbitam ratione temporis quo singulœ partes describuntur unifor- miter esset dispertita (Gauss, Werke, t. III, p. 331). Ce Mémoire fournit un mode de calcul des inégalités séculaires autre que celui que nous avons indiqué et qui, dans certains cas, peut seul être employé. Aussi croyons-nous ne pouvoir nous dispenser d'en exposer les points fondamentaux; mais il nous faut commencer par résoudre une question préliminaire. 185. Reprenons les formules (A) du n° 62; on peut les transformer très utilement en y introduisant les projections de la force perturbatrice sur trois axes rectangulaires, aux lieu et place des dérivées partielles -r-> ->-> — Le résultat est très simple quand on prend pour ces trois axes : le prolongement du rayon vecteur de la planète troublée, la perpendiculaire menée à ce rayon vecteur dans le plan de l'orbite, du côté où croissent les longitudes, et enfin la normale au plan de l'orbite dirigée vers son pôle boréal. Soient fm'S, fm'T, fm'W les projections de la force perturbatrice sur ces trois axes; ses projections sur les axes de coordonnées sont -p> -j-> -p* On trouvera, par le théorème des projections et à l'aide des formules delà Trigonométrie sphérique, -—, — = S (cosucos0 — sinu sin0cos<p) -+-T(— sinu cos0 — cosusin0cos<p)-+-Wsin0sin 1 in o x 7—; 3— =S(cosu sin0-+-sinucos0cos9)-+-T(—sinu sin0-+- cosucos0cos<p)—Wcos0sin fm' oy T/ 1 àl\ a . _, . _r ■e—; -3- =Ssinusinœ -hTcosusinœ -hWcosœ,
432 CHAPITRE XXVII. où l'on a désigné par u la distance de la planète à son nœud ascendant, c'est- à-dire l'argument de la latitude. Soit ? l'un quelconque des éléments elliptiques; on aura à^_àRdx^dRdy^dRdz da dx da dy da dz da Les valeurs de -^-> ~ et -p seront tirées des formules du mouvement elliptique, savoir : # = r(cosucos0 — sinu sin0 coscp), y = r(cosusin0-i-sinucos0cos<p), z = r sin u sin 9, u ■=. gj — 9 -+- ne, (3) { u — e sin a = nt -+- e — gj, r = a(i — ecos«) = — > 1 ' i-+-ecosw 1 . /i-+- ;-w = 4/ 2 y 1 — tang-w^/^-^ tangua. Les dérivées relatives à 9 se calculent sans difficulté; pour celles qui se rapportent à ô, il faut remarquer que ô figure explicitement dans les formules et implicitement par u; on aura ensuite à__à__à_% drn du de Enfin les dérivées relatives à a, e et e s'obtiendront aisément, en remarquant que l'on a dr /• du da a da dr dv 2-+-ecos«> . de de 1 — e* dr ae . dj à1 i/i — e* Nous ne faisons pas varier a dans nt -h e — xs, parce que nous supposons qu'on mette dans les formulés fndt au lieu de nt. Ayant donc -^> -p et -£ par le calcul précédent, les formules (1) et (2) feront connaître les dérivées -p- Voici
MÉTHODE DE GÀUSS. 433 les résultats auxquels on arrive, après des réductions faciles, i <fll _ s /• fm' da a s—. -^— = — Sa cosw -h T ;— r sinw, fm' de i — e* i dR „ ae -.a* y ; j—, -3- = S sinw-hT — yi — e1, I <?R m . , 9 nr . t—. -T7T =— aTrsin*-1- — Wsinœ rcosu, fm' d6 2 T 1 <m_ i_ dK Jr fm' dw fm' de (4) Il n'y a plus qu'à porter ces expressions (4) dans les formules (h) du n°62. On trouve aisément, en remplaçant f par - ri* a* da im' na3 /c ^ p\ dt i -+- m i/l — e1 \ r / de m' (A) dt 1-+- m dy m' na dt ~ i -+- m y't — e* d9 m' na na*y/i — e*[S sinw -+-T(cosa -h cosw)], Wrcosu, i*v ut nu __. Sinœ-j- = Wrsinu, dxs . , e-=- = aesin dt ? -r h ——na*v^i —e* — Scos«>-+-T ( i-h- ) sinne 2 dV I -+- 771 T L- \ P / J ûfe 2 /M' - e* ûftiJ , r . ,<D dQ -j-= naSrn , -37 -+-2^1— e* sin* -*- -7-- ai 1 -+- m | _|_ i/, e« dt T 2 ai Si l'on ajoute au second membre de la dernière de ces équations la quantité ij a dt J dt ' on aura la valeur de Ê+" = s(£-+-/"'")' c'est-à-dire de la dérivée de la longitude moyenne. Les formules (A) sont très importantes, surtout quand on veut obtenir les valeurs variables des éléments à l'aide de quadratures mécaniques, car il est possible d'obtenir les valeurs numériques des quantités S, T et W, dans une pre- T. — I. . 55
434 CHAPITRE XXVII. mière approximation, à l'aide des coordonnées (3) du mouvement elliptique, et il n'en est pas de même des formules (h) du n° 62 où figurent les dérivées -r—J -r—» aa de De plus, ces mêmes formules (A) mettent bien en évidence les influences des trois composantes S, T, W de la force perturbatrice sur les divers éléments. Les explications élémentaires données par J. Herschel et M. Airy des principaux effets de la force perturbatrice ne sont, au fond, qu"un commentaire des formules en question. Enfin nous remarquerons les relations suivantes, que l'on déduit immédiatement des équations (A), d\[p m! } dt i -+- m (B) â /dà* . . d9* m' na w y dt2 T dt* i -+- m J, _ ei y/i —e» elles donnent des expressions très simples pour la dérivée de la racine carrée du paramètre et pour la vitesse du pôle boréal de l'orbite, dans sa trajectoire sur la sphère de rayon i ayant son centre au centre du Soleil. 186. La fonction perturbatrice R se compose de deux parties qui correspondent aux attractions de la planète P' sur la planète P et sur le Soleil ; nous avons dit au n° 125 que cette seconde partie ne donne pas de termes séculaires quand on ne considère, comme nous le faisons ici, que les perturbations du premier ordre par rapport aux masses. Nous pourrons donc nous borner à la première partie de R; dès lors, S, T, W seront les projections, sur les trois axes définis plus haut, d'une longueur i portée sur la droite PP'. Les expressions de ces trois projections pourront être développées suivant les sinus et cosinus des multiples des anomalies moyennes Ç et Ç', et si, dans les formules (A), on remplace sinw, cosw, cosm, r, -» -, rsinu et rcosu par leurs développements périodiques relativement à Ç, on aura, pour la dérivée d'un élément quelconque a, une expression de la forme (5) -£ = A,,,-+- 2A'.'' cos(tÇ -+- i'K' -+- g) ; les seconds membres de ces équations ont, du reste, déjà été obtenus dans le Chapitre XX. On en conclut, dans la première approximation, <7 = const. -+-A0l0'-+- V -—^4—-, sin(iK-+-?K'-+-q); Jmd in-+- i'n s 7/
MÉTHODE DE GAUSS. fô5 si les moyens mouvements ne sont pas exactement commensurables, on n'aura jamais i>n-i'/i'=o, et A0f0* constituera toute l'inégalité séculaire de l'élément a. Le calcul des inégalités séculaires est donc ramené à celui des coefficients A0,o que nous désignerons par -^ ; nous tirerons de l'équation (5), Nous appliquerons cette formule aux cinq éléments e, <p, G, ex, e, puisque le sixième a n'a pas d'inégalités séculaires, et nous poserons, pour abréger, i' r™ l- SdC=stf '0 m' r*n (6) <-jf T#=TW m' P -f WdP=W.; nous trouverons alors tde~\ na}>j\ — e* i f nrc . _, _ ^Jo.o= -TT^T- 7*J0 [SoSin^ + ToCcosa+cos^)]^, r^-1 = ^==_L TVorcosurfÇ, L«'Jo,o (i-+-/w)y/l —e* 2^J0 (7) ^ Sin?[^]o,o=^^7^X W.r.lo«*f 4^]o,o=2esini&1o.o+naiv^/[~Socos"+T°(i+^)sin"]^' L^Jo.o i-+-v/7^7lL^Jo,o v aL^Jo.o i + i»J Nous serons donc ramenés, d'une part au calcul de S0, T0, W„ par les formules (6), et d'autre part au calcul des diverses intégrales qui figurent dans les seconds membres des équations (7). Concevons que l'on répartisse la masse de la planète P' tout le long de son orbite, de manière à former un anneau, la quantité d\k! distribuée sur l'élément dsf étant proportionnelle au temps dt que la planète emploie à décrire cet élément; on aura m' "~T'"~ arc'
436 CHAPITRE XXVil. et la première des formules (6) donnera ,=yw. im'Sd\tJ est la projection, sur le rayon vecteur r, de l'attraction exercée sur la planète P par l'élément d[tf; îm' f§d\t.' sera la projection sur la même droite de l'attraction résultante exercée sur la planète P par l'anneau elliptique infiniment mince considérée plus haut. Donc f m'S0, fm'T0 et f m'W0 ne sont autre chose que les projections de cette attraction résultante. 187. Nous voici donc conduits au problème de Gauss : Calculer l'attraction exercée sur un point P par un anneau elliptique infiniment mince, dans lequel la densité d[*' d'un élément quelconque est proportionnelle à l'aire 2' du secteur ayant l'élément pour base et pour sommet l'un des foyers S de l'anneau. Nous allons exposer la solution simple et élégante que vient de donner M. Halphen dans le tome II de son Traité des /onctions elliptiques. Soient P le point attiré ; E' l'anneau; a' et b' ses demi-axes ; P' et P', les deux extrémités de l'élément d\t.'\ A la distance PP'; 2' i l'attraction de l'élément sur l'unité de masse placée en P sera îrri —j-n -r^- r iza'b' A* Prenons trois axes rectangulaires se coupant en P; soient, relativement à ces trois axes, xo> y<>» zo les coordonnées du Soleil S; x', y', z' celles du point P'; x' -t- dz', y' + dy', z' 4- di! celles du point P',. Si nous laissons de côté le facteur îm't les composantes de l'attraction suivant les nouveaux axes seront (8) y' iza'b' A»' Tza'b' A»' . iza'b' A»' Soient V le volume du tétraèdre PSP'P',, h la distance du point P au plan de
MÉTHODE DE GAUSS. 4^7 l'anneau ; on a pour V ces deux expressions y=îhl'> V = g [x0 (y'dz'-z'dy')-+-y0(z'dx'- x'dz') -+- z0(x'dy'-y'dx')]; en les égalant, on aura la valeur de 2' que l'on portera dans les composantes ( 8) de l'attraction élémentaire. Si l'on pose ensuite u fx'(y'dz'-z'dy') _ fy'(y'dz'-z'dy') _ rz'(y'dz'-z'dy') P»-J Ai ' Pr-J ai > P*-J ai > » rx'(z'dx'-x'dz') - fy'{z'dx' —x'dz') - Cz'{z'dx' — x'dz') Qx-j ff > Qy-J ^ > Q.—J ai > n fx'(x'dy'-y'dx') p Çy'Wdy'-y'dx1) _ f z'jx'dy'- y'dx') R*-J Â^ ' Ry-J Â* ' R'-J A» ' où l'on a A2 = x'24- y'2 4-z'a et où les intégrations s'étendent à toute l'ellipse, on aura, pour les composantes <ÊX, <Êy, $, de l'attraction exercée par l'anneau sur le point P, K= iizl'b'h (xopx-+-yoQx-+-z0Rx-), (9) \ *y = ^a'b'h CxoPr-+-yoQy-+-z0Rr), *I= ^r67Â(x°Pl"+"yoQ,"+"ZoRl')' M. Halphen fait plusieurs remarques au sujet de ces formules ; a. Pr, ..., R,. sont homogènes et de degré zéro par rapport à x', y', z'; si l'on fait pour un moment % = u\ t. = </, z' z' ' on trouve aisément Px = - r u'dv' A, py.=- f v'dv' „ P,=- r d< Q„= f «*< k> Q,.= f <** „ Q„= Z" f*fL_ R ru'ju'dv'-v'du')^ R _ rv'(u'dv'-v'du')^ R _ /» u'dv'-v'du'
438 CHAPITRE XXVII. l'équation du cône ayant E' pour base et P pour sommet est de la forme v' = F(u'); donc les intégrales Px-, ..., R,. dépendent uniquement de la forme du cône; elles conserveraient les mêmes valeurs si, le cône restant le même, on remplaçait la courbe E' par une section quelconque du cône. On peut, en particulier, effectuer les intégrations le long de la courbe C que l'on obtient en coupant le cône par le plan 2 = 1; dans ce cas, v! et v' sont les coordonnées d'un point quelconque de C. b. Les formules (10) montrent que l'on a identiquement (11) P,-+-Q,.-+-Rv = o. c. On a aussi n n C u'du'+v'dv' 1 Py— Qx' = — / r = , -hconst., de sorte que, si l'anneau E' est fermé, u' et v' reprenant à la fin de l'intégrale les mêmes valeurs qu'au commencement, on trouve la troisième des relations suivantes; les deux autres s'en déduisent par des permutations de lettres : (12) Q. = Ry<, Rx<=P,, P,'=Qx. Dans ce cas général d'un anneau fermé quelconque, les composantes (9) de l'attraction de cet anneau sont les dérivées partielles, prises par rapport à x„, y0, z„, de l'expression (l3) $=^r^(x?Px'-+-yo,Qy'-+-zJR.'-+-2yoZoRy'-+-2ZoXoP.'-+-2X0y0Qx.). d. Supposons que le cône admette le plan des zx pour plan de symétrie; la courbe C aura un axe de symétrie parallèle à l'axe des x ; si l'on compare deux éléments symétriques, on voit que u' et d%f restent les mêmes, tandis que v' et duf changent de signe; si donc on se reporte aux formules (10), on trouvera Pr=Qx, = o, Q, = R7.= o. Si le cône admet en outre le plan des zy pour plan de symétrie, on aura en plus
MÉTHODE DE GAUSS. 4^9 L'expression (i3) se réduit donc à où il n'y a que deux des intégrales Px-, Qr, R, à calculer, à cause de la relation (i i). On a ensuite <l5> *«=i^*^x»- *'=iSm^ *-=ïïtfâz" et l'on en conclut <&x $y $i — H ' H = O, x„ y0 zo ce qui montre que l'attraction est située dans le plan x y z h — -h - =o, x0 yo zo dont la position, indépendante de la forme du cône, est entièrement déterminée par les deux points P et S. 188. Les résultats précédents ont lieu quelle que soit la nature de la courbe E'; admettons maintenant que ce soit une ellipse ayant pour foyer le point S. Alors, le cône est du second degré, et, rapporté à ses axes principaux, il aura pour équation x* y* z* (16) G'^G^G-01 on peut supposer G, G' et G" positifs. En faisant z = i, on aura la courbe C; soit \ l'anomalie excentrique d'un point quelconque de cette courbe ayant pour coordonnées u! et v'\ on aura (i7) M'=y/5.cos$, ç.'=y/^-sin$. Les formules (10), (i5) et (17) feront connaître les composantes de l'attraction [.*_ . V/GG7G7 f* cos'gdg X *y 0 *'- y° iza'b'h I J0 *I= 2uv/Gf^ r °i:a'b'hj (G-+-G'cos»$-+-G"sin»$)* (18) * 0 (G (G -+-G' -h G' cos*S -+- G" cos*£ -+- G' sin»£)* sin*0*
44° CHAPITRE XXVII. Ces composantes sont rapportées aux axes principaux du cône; elles s'expriment à l'aide des intégrales elliptiques. Supposons G' > G", et posons (■9) la relation donne d_f sin£cos£ \ _ 1 — 2 sin'g -+- k*sin*g (20) / 2 5—^^ = 0. (1 —À^sin^)" On tire aisément des formules (19) et (20) (G-+-G')* (G-+-G')* (G-+-G')* r* cos'grfg P% cos'gdg =Ft-Et y, (G + G'cos»$ + G'sin»0* ./ (i-^sin«0* ** ./ (G-+-G'cos«£-+-G'sinïO* */ (i-A»sin«$)* k\x~kï V / (G-+-G'cos,$-+-G'sin,$)* ./, (i-^sin^)' I_ *"' après quoi les formules (18) donneront les composantes [de l'attraction exprimées à l'aide des intégrales complètes F, et E, de Legendre. Ces composantes se trouvent rapportées aux axes principaux du cône : on en déduira facilement les valeurs S0, T0 et W„ des composantes de la même attraction par rapport aux axes définis au n° 185. On voit que, dans la solution précédente, il faut calculer la position et la grandeur des axes du cône ayant son sommet au point P et pour base l'ellipse E'; c'est une simple question de Géométrie analytique qui exige, comme on sait, la résolution d'une équation du troisième degré dont G', G" et — G sont les racines. M. Halphen a montré qu'on peutéviter larésolution de cette équation, en introduisant les fonctions elliptiques sous la forme moderne; nous renverrons le lecteur qui désirerait approfondir le sujet au Traité de M. Halphen. 189. Il résulte de ce qui précède que, pour chacune des positions du point P,
MÉTHODE DE GAUSS. 44 ! on est à même de calculer S„, T„, W0 ; pour obtenir les valeurs ( 7 ) de \-jt\ » • • ■ » on aura à effectuer des intégrations telles que (.0 sjf "+<«*• L'expression analytique de la fonction ipest très compliquée ; aussi est-on obligé de déterminer numériquement les intégrales ci-dessus, par des formules de quadrature. Supposons la fonction ip développée suivant les sinus et cosinus des multiples de Ç, ( <WÇ) = a0+a1cosÇ + ascosaÇ + . .. (22) \ [ -+- 6tsinÇ + 6ssin2Ç -h. .. ; 2 7T divisons la circonférence en y parties égales et donnons à Ç les valeurs o, -y-> ^î-i •••> (y — 1) ^; nous pourrons calculer les valeurs numériques correspondantes de ^(£)t ^0f tyi* •••» tyj-t: Nous aurons les relations , 27T 27T , . 2TT , . 27T ^j = a0 -h aj cos — -+-<?, cos 2 — -+-...-+- bx sin —r- -h Oj sin 2 —^ -h..., Si nous faisons la somme, nous trouverons, en vertu de formules bien connues, +0-+- +1 -+-.. • -+- <W-i =y«o -+- iaj -+-y«»y -+- — On a d'ailleurs 1 y"** — j <\,(K)dZ = a0; il viendra donc <î3> ^^,%(Ç)^=i^^±it1_(a,+0v+...). Si le développement (22) est assez convergent, y ayant du reste une valeur notable, la somme ay-t-aay-t-,.. pourra généralement être négligée, et la formule (23) se réduira à ^/'»(C)<g=»+*l+;"+*>-. On obtiendra donc ainsi des valeurs numériques très approchées des intégrales (21), et il aura suffi, pour les obtenir, de déterminer les valeurs numériques des fonctions '|»(Ç) qui répondent à y valeurs équidistantes de Ç. On trouve que, si P désigne l'une des anciennes planètes» il suffît de prendre T. — I. 56
442 CHAPITRE XXVII. — MÉTHODE DE GAUSS. j = 12, pour obtenir toute la précision désirable; on aura donc, en somme, à calculer les composantes de l'attraction d'un anneau elliptique sur douze positions du point P. On peut, dans les intégrales (21), mettre en évidence l'anomalie excentrique u au lieu de l'anomalie moyenne'; on a r dt = ( 1 — ecosu) du— — du. s 'a On sera donc amené à considérer des intégrales telles que Si l'on donne à u les valeurs équidistantes o, —-, —-, •••> les points correspondants de l'orbite de P formeront un polygone inscrit qui différera fort peu d'un polygone régulier; les différences seront en effet de l'ordre de e", comme le montrent les expressions a cos w, ay/i — e* sinu des coordonnées d'un sommet quelconque, rapportées aux axes de l'ellipse. Ces mêmes coordonnées sont égales à a(cosÇ— esin*Ç -+-.-.)> a\/\ — e* (sinÇ -hesinÇcosÇ-h...); si donc c'està Ç qu'on attribue des valeurs équidistantes, le polygone inscrit différera plus que précédemment d'un polygone régulier; la différence sera de l'ordre e; aussi préfère-t-on donner des valeurs équidistantes à l'anomalie excentrique. La méthode de Gauss a fait l'objet d'un assez grand nombre d'études ou d'applications, parmi lesquelles nous mentionnerons : Nicolaï. — Neue Berechnung der Secularànderungen der Erdbahn (Astronomisches Jahrbuch, p. 224; 1820). Claosen. — A lia solutio problematis a celeberrimo Gauss in opère « Determinatio attrac- tionis... » tractati (Journal de Crelley t. VI, i83o). Adams. — On the orbit 0/ the november meteors (Monthly Notices, t. XXVII). Boor. — Thèse de doctorat, i855. Sebliger. — Ueber das von Gauss herrùhrende Theorem die Sàcularstôrungen betreffend (Astronomische Nachrichten, t. XCIV, 1879). G.-W. Hill. — On Gauss's method 0/ Computing secular perturbations, dans le tome I des Astrondmical Papers de S. Newcomb, 1882. O. Callandreau. — Calcul des variations séculaires des éléments des orbites (Annales de l'Observatoire de Paris, t. XVIII, i885).
CHAPITRE XXV111. — SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION, ETC. 443 CHAPITRE XXVIII. SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE LORSQUE L'INCLINAISON MUTUELLE DES ORBITES EST CONSIDÉRABLE. 190. Le développement usuel de la fonction perturbatrice, étudié dans le Chapitre XVIÏI, suppose la quantité 4/v'sin(u — t') sin(i>' — t') . , J * = "^ 7^ T 7 7T Sin - rt _)_/•'«—2rrcos(u — v) a inférieure à l'unité. J'ai déjà dit que, dans le cas où les planètes considérées P etP' sont Pallas et Jupiter, la condition ci-dessus n'est pas toujours satisfaite; pour la démonstration, je renvoie le lecteur à mon Mémoire Sur les perturbations de Pallas par Jupiter (Annales de VObservatoire, t. XV). Il faut donc, dans ce cas et dans les cas analogues qui peuvent se présenter pour quelques-uns des astéroïdes, recourir à un autre développement. Le Verrier avait donné quelques indications sur la marche à suivre, dans le tome I des Annales de VObservatoire, p. 33i-333. En partant de ces indications sommaires, je suis arrivé à trouver la forme analytique générale du développement qu'il convient d'adopter. SoitR la fonction perturbatrice qui correspond à la planète P; on a, en se reportant aux n°9117 et 118, dont on conservera les notations, R = {m1 ( i - -^ cos V) = irri ( , ' - -^ cos \\ , cosV = ct = cos(f — t) cos(^ — t') + sin(i> — T)sin(i>' —t') cosJ = cos* - cos (c'-c-t' + r)+ sin* - cos (v ' -+- v — r' — t) .
444 CHAPITRE XXV1H. Posons maintenant I Vf — V — T'+T = iF, V1 + V — T'— T=J, J cos* - = u, sin* - = v, d ou <z + v = i • [ 2 2 il viendra (2) ct = cosV = /jlcos# + vcosy. Faisons d'ailleurs (3) x= - ' = = - V.l<»>C08#iV; A v//î+/.'«_ 2,v'cosV * ** X(H) sera une fonction homogène-fit de degré — 1 de r et f qui coïncidera avec la fonction A(/,) du n° 104 quand on remplacera retr' par a et a'. Toute la question se réduit à trouver l'expression générale du développement de cos/iV suivant les cosinus des multiples de x et y\ en partant de la formule (2). Avant de résoudre ce problème, nous allons aborder quelques questions préliminaires. 191. Considérons l'expression (4) *<#»>=(i-aPff+p»)-p. dans laquelle/7 désigne un nombre positif, et p une quantité positive inférieure à l'unité. Cette expression est développable'en série convergente suivant les puissances entières et positives de p, car on peut écrire Z(P) = (, _ ^Ey^)-p (1 - PE-^)-''» et chacun des facteurs de cette expression peut se développer en série convergente suivant les puissances de p, par la formule du binôme, parce que les modules de (3EV^ et de (3EV~ sont égaux à p, donc inférieurs à l'unité. Nous pouvons donc faire (5) 3<p> = 1 -+- p V1,"» + p» V1/" +... = 2 p» V(„";, 71=0 et nous commencerons par chercher l'expression analytique de VJf'. Nous pouvons écrire ^=['-'p('-îOr=2i^+'l-.;:(.^",)^>'('-;p)'
SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 445 ou bien, en développant (a — \ P)1 par la formule du binôme, ziP)= y y (_ 0,v-, p(P + i).~(p + i-i) ^Jat_Jm AdAd^ i.a...y.i.a...(i—y) r « i Si l'on donne à i et y toutes les valeurs entières et positives, telles que * +j = n, on aura, d'après (5), vT = y y (_ ,y 3w hp + ■>••■ o»+ ''-') ,.->. B ^U^U v ' i .2.. .y.1.2.. .(i—y) On en conclut, en donnant à y les valeurs o, i, 2, ... et à 1 les valeurs correspondantes, n, n — 1, n — 2, ..., rw = a« P(p + i)...(p + n-i) r _ i_ n(n-i) ffB_, n i.a...n l as i.(p + n — i) 1 n(n — i)(w — 2)(w — 3) 2* 1. a. (p + )(n-a)(n-3) g._, 1 n—j)(/> + n —a) 'j' V(„p) est un polynôme entier en a et de degré n. La quantité z{p) définie par la formule (4) est une fonction de [3 et de a; on vérifie aisément qu'elle satisfait à l'équation Si l'on porte dans cette équation l'expression (5) de z{p) et qu'on égale à zéro le coefficient de p*, il vient (7) (1- a>)-^- - (2P + i)v -j!>- + n(2p + n)VT = 0; voilà une équation différentielle linéaire du second ordre, à laquelle satisfont les polynômes Ve*'. Nous considérerons d'une manière spéciale les valeurs/? = £ et p = 1, et nous ferons \r(l) — p vu)_it
446 CHAPITRE XXVIIT. Les formules (5), (6) et (7) nous donneront (i-2Pa + P»)"'=2^P'" (8) (9) _3„i.3...(2«-0L n(n-i) g,_1 | n(n-i)(n-a)(n-3)g._t "I B 2.4. an L 2.(an — 1) 2.4.(2/1 — i)(an-3) *"'J' (.-■■>^-^ + »<» + 0P.= o. Ut = 2a, U,= 4^s—», Us=8as—4^, U4 = i6ct*—i2<7*+i, tt nT „ n(n —1) „ , n(n — i)(n — 2)(n — 3) n . "I B L 2.2/1 2.4.2/1(2/1 — 2) J ' (1 —a*) —j-£ — 3<T-^-? +i(n + 2)UB = o. P„ est le polynôme de Legendre; il joue un rôle fondamental dans l'étude de la figure des corps célestes, et nous aurons à le considérer en détail dans le tome II de cet Ouvrage. Les polynômes Urt sont susceptibles d'une autre expression remarquable. On peut écrire, en effet, j(D — i-ap5 + P« (I_pEvy=i)(I_ pE-v/-«) _ 1 / E^1 E-v*^ \ "" EV^ — E-v*^ \i — PE*^_ 1 — PE-V^-V ' On en conclut 5(D= f (e*^ V ^E"*^ — E-v*^ V ô»E-"v^r«y 2y/^-isinV\ ^ ~* J *<" = -r^, Y PBsin(n +1) V. On a d'ailleurs Il en résulte donc , x IT sin(n+i)V sin[(n + i)arccosal (10) U»=—V v —. -• sinV y/,_ a» 192. Revenons au problème que nous nous sommes proposé; cos/iVs'exprime
SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 447 à l'aide de cos"V, cosn-2V, ... ; d'ailleurs une puissance quelconque de cosV, cos^V est composée d'un nombre limité de termes tels que fxAvBcosAa?cosB/, avec A + B = 7; si l'on exprime cosAa? en fonction de cosAa?, cos(A — 2)a?, ... et si l'on fait de même pour cosBj, on voit que cos^V est composé d'une série de termes, tels que D cosia? cosjy; le coefficientD contient en facteur [x'V et les différences^ — i' — j sont des nombres pairs, positifs ou nuls. On pourra donc supposer (a) cosnV=Q'0%+a2] Qft'cos^ + a^] Q(.'}cosy>+42] Qtycosixcosjy] i etj désignent des nombres entiers positifs, tels que i -+-j = n — un nombre pair; QJ"j est une fonction de (x et de v qui est de la forme (il) /JL'V<&(/JL*, V2). Il s'agit de trouver la forme générale de la fonction $ : elle est susceptible d'une expression analytique remarquable; mais, pour y arriver, il faut passer par un intermédiaire. On a l'identité ,r sin(n+ i) V—sin(n — i) V acosnV= —^-=p— —, sinV qui devient, en vertu de la formule (10), (12) acosnV = U„— Urt_,. Le développement de cos/iV se trouve ainsi ramené à celui de la fonction U„ considérée au numéro précédent. Nous pouvons poser, en ayant égard à l'expression (9) du polynôme U„ et à ce qui a été dit du développement de a*, (b) Vn- R(0% + 2 ^ R'# cosix + 2 ^ Ri"} cosy> + 4 £ R$ cosixcos7> î RJ-j sera de la forme (i i) et les indices i ety remplissent les mêmes conditions que dans la formule (a). La relation (12) donnera (c) aQfr'^Rft-Rft-». Les fonctions RJj s'expriment très simplement, comme on va le voir.
44 8 CHAPITRE XXVIII. 193. On trouve, par le calcul direct, ICT = JUL COS X + V COS/, 2 a* = jx* + v* + jx* cos 2 a; + v* cos 2/ -+-4 jxv cos a; cos/, 4<7,= 3jx(fx,+ 2 v*) cos a; H-jx'cos3a; + 3v(v2+ 2jx*)cos/ + v»cos3/ + 6{x,vcos2a;cos/^-6{xv, cos a; cos 2/, 8a*= 3(fx*H-4fx*vs-h v*) + 4jx,(fx, + 3v,)C0S2a; + jx*cos4# + 4v*(vs-+- 3jx*) cos 2/+ v* cos 4/ + 24^v((jl* + v*) cos a; cos/ + i2{x*v* cos 2 a; cos 2/+ 8jxsv cos 3 x cos/ + 8 jxv3 cos a; cos 3/, Si l'on porte ces valeurs de a, a", a3, a*, ... dans les expressions (9) des polynômes U,, U2, .U,, U4, ... et que, dans la fonction ^((x2, v2) qui figure dans le terme général HlvJ^FCfx*, v*) cos ix cosy/, on remplace [* par 1 — v, on trouve, après des transformations faciles, U1 = 2/xcosa; + 2vcos/, Uj= (l — 2V)* + 2/JL*COS2J? -H 2 V* C0S2/ + 3jXVCOS47 COS/, U,= 2jx(i — 3 v)* cos a; + 2 jx* cos 3 x + 2v(2 — 3v)* cos^H- 2 v8 cos 3/ +12 jx* v cos 2 x cos/ H-12 fxv* cos a; cos 2/, U4= (1 — 6v +6vs)*+ 2jx*(i —4v)*COS2a; + 2jx*cos4^ + 2v*(3 — 4v)*COS2/ + 2v*cos4/ H-i6/yLv'cosa;cos3/ + 2 4jx,v*C0S2a;c0S2/H- i6jx'v cos3a;cos/, L'inspection de ces valeurs particulières des polynômes U„ m'a conduit à penser que R'^j est égal au produit de (x'V par le carré d'un polynôme entier en v, de degré n~ l~J• J'ai réussi, dans mon Mémoire déjà cité (Sur les perturbations de Pallas), à prouver que cela est bien général, et j'ai pu donner en même temps l'expression du polynôme en v, qui se trouve être un des polynômes de Jacobi, contenus comme cas particuliers dans la série hypergéomé- trique. Ma démonstration repose sur les propriétés de la série hypergéométrique données par Gauss; elle est rigoureuse,mais compliquée; M. Stieltjes (Comptes rendus de VAcadémie des Sciences, t. XCV) en a donné depuis une autre très simple, que je vais reproduire. 194. M. Stieltjes remarque que la formule a = cos* - cos x -+- sin* - cos y 2 2 J
SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 449 est un cas particulier de la suivante a = cos 4* cos <J/ cos x -+- sin <\> si n <\>' cosy, quand on y fait * = * = [■ On peut donc prendre 04) a = a cos4* cos# + bsin<J'Cosay, (i5) a=cos4*', br^sin^'. Il faudra voir ce que devient le polynôme U„ de degré n en a défini par l'une des formules (9), quand on y remplace a par sa valeur (14) et qu'on développe le résultat suivant les cosinus des multiples de x et y. On va chercher, en partant de l'équation différentielle que vérifie le polynôme U„ considéré comme fonction de a, à former une équation aux dérivées partielles pour U„ envisagé comme une fonction de ip, x ety, à l'aide de la formule (i4)« On trouve immédiatement -c-p = (— asin^cos^r H-bcos^cosj) —j-^t -^-rj = (— asintpcoso? H-bcos^cos/)* , a — (acos^cosa; -t- bsin^cosj) -y-5» -r—r = a* cos* d» s in* x —=—.- — acosycosa; —=-?, ox1 T ad1 de -^5- = b'sin^sinV -^ - b sin^cosy -^- On a d'ailleurs, par la dernière des formules (9), n ( 71 +2 ) U„ — [(a cos 4* cos a; + bsii^cosj)* — 1] da* + 3(acos4' cos.r H-bsii^cos/) -j-2* On en conclut sans peine, en tenant compte de la relation a2 4- b2 = 1, d*Un , 1 d*Un 1 à*Un n(/n-2)U„ dty* cos'4' àx* sin*4' ày* rf*U = (— 1 + a* cos* a; + b* cos1/ + a* sin* a; -+- b* sin'j) . ta . ( . u • 1 a b \dKn -h ( aacosd»cosa; + ab sind»cosy r cosa; :—r cos y) —=-? \ T T J cos 4/ sin^ / da = COS 2 0/1 pCOSa; : r COS y ) —j^ =: — 2 COt 2 Ù -3-r^ • T\cos4' sin4' / dd T <ty T. - l. 57
45o CHAPITRE XXVIII. On a ainsi l'équation cherchée PVn . , à\Jn i ^U„ i d*Un , xrT v ' d<\>* T <ty cos*^ «te sin*^ djr* , U„ est un polynôme entier en <r; une puissance entière et positive quelconque de a = a cos <\> cos x + b sin <\> cosy se compose des termes de la forme ( a cos 4»),+,p ( b sin <\>y+*i cos i x cos j'y = 'ài+ipbJ+*i(i — sin*40psin*»4*x cos'^sin-'4*cosixcosy'/. On en conclut que U„ est de la forme (17) U„ = 4 y\ '^\j cos'4»sin-'4* cosi-xcosy'/, où T"}est une fonction entière de sin'^ et aussi de a et b; la différence n— i — j est positive et paire. Si l'on porte cette expression de U„ dans l'équation (16) et que l'on égale à zéro le coefficient de cosia?cosjy, on trouve, après réduction, ^jt¥ + -^-1 r Kv -+-0 cos1^- (a/+1) sin'd,] ^~ cty sin^cos^ dAf -h (n — t —y) (n + t -+-y + 2) T$ = o. On peut enfin poser, d'après ce qui a'été dit, sin* 4* = *» et l'équation précédente devient (18) (!■-«)-^+[(«+y+a)«-(/ + 0]^ + 5.('+y-»)(«+y + ii+a)T^=o ou encore en faisant (20) a-—J- , p= J— , y=y + i.
SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 4^1 Nous savons que l'on a Vnj _ A(0) + k{i)t + A(l) f« + . . . — ^ A"») P, avec un nombre limité de termes au second membre. Si nous substituons cette valeur de T"j dans l'équation (19), nous trouverons, en égalant à zéro le coefficient de tp, (p + 0 (/> -+- y)A(p+1) = (/> + «)(/>-+- P)A(p) ; il en résulte do Ty; = Ac»)r, + ^r+g<g + ,>P<P+,)i'+...1. '•7 L «-y i-a-y(y-Hi) J On reconnaît dans le second membre la série hypergéométrique F(a, (3, y, /), ce qui devait être, puisque l'équation (19) n'est autre chose que l'équation différentielle linéaire que vérifie la série hypergéométrique. Nous écrirons C au lieu de A(0), de sorte que, en tenant compte des valeurs (20) de a, (3, y, la formule (21) deviendra (») Ti5 = C'F(i±4^', i±Z±Jl±-»,y + I, ,iB.+), C est une fonction de a et b, donc de i|/. On a dit plus haut que n — 1 — y est positif et pair; il en résulte que -—-—- est égal à un nombre entier négatif. Si l'on se reporte à la formule (21), on voit que F représente ici un polynôme de degré J ~ n en sin2^. Posons pour un moment (23) Siy=Tiycos'^sin^ = C'cos^sin^F^i^—?, *+y "^ n + 2, 7-+-1, s\n*ty\; la formule (17) nous donnera (24) U„ = 4 2] siny cos'^ cosy>. Or l'expression a = cos^cos^'cosir-i- sin^sin^'cosj reste la même quand on échange entre elles les lettres ip et i|/ ; il doit en être de même de U„ et, par suite, de SJJ. On aura donc, en se reportant à la for-
452 CHAPITRE XXVIII. mule (23) et désignant par C ce que devient C quand on y remplace i|/ par ip, C'cog'^ sin^ f(' +y~ n, i+J'\n + a»y-<-i, sin'^) ^Ccos^'sin'f f(^±{—^> l'+y'^w + fl,y + i> sin»<|/) ; d'où : C ~~ t\ • Mr/'+y'-" i+y-h/n-a . • ,i\' cos' 4* sin-' y F ( - » - > y -+- » i sin" ty \ Le premier membre de cette équation est une fonction de <]/ seul; le second ne dépend que de ip; ip et ip' sont arbitraires; donc ces deux membres doivent être égalés à une constante indépendante de ip et i|A Désignons-la par é") et nous aurons C'=cffcos^'sin^'F(—y^—-, l+y^n + a,yH-itsin»fV après quoi la formule (28) donnera iSi1} =c$(costpcost|/^(sin^sin^Ffi^7-—^, i±J_±JL±l,y _+_,, sin»tj,\ xF\ 1 ' a »y-+-i,sin»t|/J. Il n'y a plus maintenant qu'à supposer + = +-=£; la formule (24) coïncidera avec (b) etSJJ avecRj"j; on aura donc ou bien «0 Rrj=ca><,yF.(i±Z^, £±Z±JLtl,/+I, „). C'est la formule cherchée; elle est bien de la forme indiquée par l'induction. Il ne reste plus qu'à trouver l'expression de la constante c1"].
SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 4^3 195. Cherchons le terme du degré le plus élevé en v dans R^j, quand on y remplace (x par sa valeur i — v. On voit aisément que le terme de degré le plus élevé en v dans F est (i+j—n i+j +n + i . \ \—2 '——2 >J + *'") (_,) » \ f L\ ?L—:—L v » = (-,) » / • w • x / — i-+- n (J + 1)(J + 2)...J- n(n)n(y) V » où l'on a posé d'une manière générale i .2.3... q = U(q). Le terme de degré le plus élevé en v dans R^j sera donc, d'après (d), [„(-±l±Z).(-=i±Z)J et l'on pourra écrire U„= 4v» 2 (- 0'43 f" /^f+yl^.f+yvl *C0Sl* cosy> +*, V-« +*,v— On a, d'autre part, a = fXCOS.2? + VCOSj' = COS.r + v(C0Siy — COSJ7). On en conclut (27) U„= 2B(cos7 — cos#)BvB-hC1vB-1 + S,vB-* + ... ; si l'on compare les expressions (26) et (27) de UB, on trouve (28) 2" (COS V — COS#)B = 4 V (— l)'cJB7 I ; ; ^- ^/-^ : rr- I COS/# COS/V, ^ nf n + <+y)n(n~t+;) de sorte que le calcul des coefficients cj*j se trouve ramené au développement de (cosj'— coso;)'1 suivant les cosinus des multiples de x et y.
454 CHAPITRE XXVIII. Posons (29) 2n (COSJ — COS#)B = 4 £ K\j COStJ? COSj'y, et nous aurons (30) c#=(- l)h^l n(n)U(j) J Nous allons chercher les coefficients h["j. On a / . x -h v\n( . x — y\n 2B(cosiy — cos#)B = I asin — ) (asin ^ J =(_ ». (e^ - e'^)" (e^ - *-'-?-*)'. Or la formule du binôme donne Ve- -e ; -It-^'iKp)^)12 (e^^ e-^^V-w ,w n(n) if^-*^. Ve -e ; -^c-O'-n^n^E les nombres p et p,, p' et p', prennent toutes les valeurs entières et positives vérifiant les conditions (3i) p + Pl=nt p'-+-p\ = n. On conclut de ce qui précède Pour trouver dans le second membre le terme en cosiajcos/y, il faut poser les équations 03) p-p.y-p-,=±,- P-P.-P'+P',=±y, si on les combine avec les équations (3i), on en tire r 2 r 2 2
(-0' SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA PONCTION PERTURBATRICE. 4^5 Les termes considérés dans le second membre de la formule (32) pourront s'écrire [II(«)]» T Elte+M v^ï +-EUx-jy)^ n/w + ,'+Anfn-i—An(n + i—J\n(lni±ï) l_+ e-<«'*+*>/=» + e-«'*-.w•=» la somme des quatre exponentielles est égale à 4 cosia? cos jy et la formule (32) donne 04) *» = (-.)' tneor 11 convient d'examiner à part le cas dey = o; on tire alors des équations (3i) et (33) n±i , n+J on aura, dans le second membre de l'équation (32), à considérer les termes [B(-±.)B(-=..)]- la somme des deux exponentielles est égale à i cosix, et il vient (35) AiS =£(-!)' [n(n)]» K^>(^')]" on trouverait de même (36) Ac, _ I ["(")]' '•■'-• [„(-±^)„(-^]' Il reste enfin à considérer le cas de i = o avec y = o; le terme constant du second membre de la formule (32) est [n(n)]' [-©!' et l'on trouve (37) A'"> - ' [n(n)]> ["©]'
456 CHAPITRE XXVil!. Il est possible de déduire les formules (35), (36) et (37) de la formule (34), en y supposant nuls l'un ou l'autre des indices 1ety, ou tous les deux; il suffit en effet d'écrire comme il suit la formule (29), a"(cosj — cos#)B = 4 £ K'j cosi-x cos/y "+" 2 £ M!ocosi-x + 2 ^ iïfjcosj'y -+- h!f>0 ; on a d'ailleurs opéré ainsi dans l'équation (6). Les formules (3o) et (34) donneront (.) «= v a M a ; • [no->rn(î±i^)n(i=i^)' cette formule est générale, à la condition d'y remplacer II(o) par 1. Les relations (c), (d), (e) feront donc connaître entièrement les quantités Q#. 196. Si l'on combine le développement (3) avec l'expression (c) de cosnV, on voit que la fonction ^ se composera d'une série de termes de la forme 2<&>in) cosix cosj'y = <A>(B) cos(ix +jy) + &>(n) cos(t\r —jy), chacun de ces termes étant multiplié par une fonction connue de J. Il faut arriver à développer toutes ces expressions suivant les puissances de e et ef \ on commencera par supposer e = o, e' = o, ce qui donnera r = a, f = a', v = /, */ = /', x = /' — / — 1' ■+■ t = /' — À, y = V '■+■ / — 1' — t = /' -h À — 21' ; le terme xw cos(ix -\-jy) deviendra donc (38) À<»>cos[(«+/)/'-(«-y) A-ayV]. Il faudra maintenant remplacera, a', À, /' respectivement par a+a\y a' + a'\'y A-hy, /'-h y', x, y, x' et y' étant les quantités considérées au n° 93. L'expression (38) est de la même forme que celle donnée pour R0 par la formule (19) du n° 119. Nous rentrons donc dans une question connue, qui ne présente plus de difficulté, et le problème théorique que nous nous étions proposé peut être considéré comme résolu. 197. Lorsque le rapport - est assez petit, comme lorsqu'il s'agit des pertur-
SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 4^7 bâtions de Pallas par Saturne, il convient de développer ^ suivant les puissances de -• Les formules (3) et (8) donnent pour résoudre la question, il n'y aura qu'à trouver ce que devient le polynôme P„ de Legendre quand on y remplace a par son expression (2), le résultat devant être développé suivant les cosinus des multiples de oc et y; c'est ce qu'a fait Hansen dans le tome II des Mémoires de la Société Royale des Sciences de Saxe. M. Cayley a donné depuis une autre démonstration des formules auxquelles était arrivé Hansen, dans le tome XXVIII des Mémoires de la Société Royale astronomique. Nous suivrons une méthode tout à fait analogue à celle employée dans les numéros précédents; nous pourrons faire tout d'abord (/) P»0O = A'0B)0 + 2 2] A'ft cosw? -+- 2 2] Kj cosy> + 4 £ K) cost> cos./>» où AJIJ- est une fonction de J. Il y a lieu maintenant de chercher à former une équation différentielle que vérifie la fonction P„, envisagée comme dépendant de x, y et J. On trouve sans peine àPn 1 • f, ,dPn -rp = - SinJCcOSj' — COS#) —j—, -^r^ ■= -cosJCcosj'— cosar) -j-2 -+- j sin*J(co3j' — cos#)* -y-52» d'P* dPn , „ . . «aPP, ■5ïr=-fAC08*-5^+^|-C08-*)-^r» «PP» ^P» , ,d*Pn _j» = _VCoSir_+v»(i-cosV) ^r- On a d'ailleurs, par la dernière des formules (8), dP, d*P n(n -+- i)Pn=z2(ixcosx-+-vcosy)—j-^-h(ix*cos*x-+- 2/jlvcosj" cosy -+- v1cos*y— 1 ) " • On tire aisément de là l'équation cherchée __r+coU-3r + --aïr + --?jT+«(» + .)P. = o. Si l'on substitue dans cette équation l'expression (/) de P„ et qu'on égale T. - 1. 58
458 CHAPITRE XXVIII. à zéro le coefficient de cosia? cosyy, il vient On voit directement que A}"' doit contenir le facteur ja'V; il y a donc lieu de faire En substituant dans (4o), il vient, après des réductions faciles, ^^H-^[(2t + 2y+i)cosJ + 2y-2t]^ + (/i-t-y-)(/i + t+y+i)B^'=o. aâ S1DJ "J Nous regarderons BJj comme une fonction de v = sin2 - et nous trouverons aisément que l'équation précédente devient jjBim /fît"1* (v*-v) ^r + [(«+p + ov - ^ ^:+ aPF=° C'est l'équation de la série hypergéométrique, en prenant a — i+j—n, p = i+/+n + i, y =2/4-1. On aura donc, en désignant par k{"j un coefficient numérique, (g) M" — ^Jfx'WF(i +y — n, t +y + n + 1, 2y + 1, v). Il reste à trouver l'expression de £J"j; 1 4-y — n étant égal à un nombre entier négatif pair, F est un polynôme entier en v, dans lequel le terme du degré le plus fort est /_ 0«-/-7 ('+/+* + ')(' +./+/I+ 2)... 2/1 vn_._Jt (2/-h i)(2y+ 2)... (n — t+y) d'ailleurs, le terme de degré le plus élevé dans [*V = (i — v)'vy est (— i)V+y : le terme du plus fort degré dans A'"jse met dès lors aisément sous la forme (-!)<#,«; n(2#i)II(ay) U(» + i+y')II(» — i+j) ' et l'on en conclut l Pm{tr) = H^Yi(-i)t^mJm n(2n??/(2y) • r-cosixcosj'r (4i) j V ' ** ' 'J II(7i"HiT+-y)II(7i —i+y) J/ ( +Ul>'Iv»-| + i}l>iv',-» +
SUR LE DÉVELOPPEMENT DE LA FONCTION PERTURBATRICE. 4^9 On trouve, d'ailleurs, en remplaçant dans p.(.) = ^'-3-y<' —'>r^--5k=ll.-'+.. .1 V/ 2.4. -.2/1 L 2(2/1 — 1) J a par cosa? -t-v^os^— cos a?), et ayant égard à la formule (29), (42) PJi(ff) = 4v« il^l^Z^2 MjCOSij?cosy>+ ©>»-»+ ©>«-» + .... La comparaison des expressions (41) et (42) donne A|,y - (- I) A|,y 2»«II(2y)[II(/l)]» et, en remplaçant A(/'j par sa valeur (34), il vient finalement ,h) ktm = n(w-«-i-«-/)n(w-i+,/) •■' ,.„(v,„(i±i±z)„(^i^)„(i±i=z)„(iL^^y Les formules (f), (g), (h) résolvent la question. 198. Le développement de la fonction -r se composera donc d'une série de termes de la forme 7TO cosia?cosy>= -2 ^5 cos(i\r+y» + l- ^ cos(ia?—y». Si l'on remplaces? et y respectivement par W1—W -+- Gï'— f'—(GJ— T), w'+W + GT' — t'+GJ— T, on voit qu'on sera ramené à trouver les développements périodiques de r"Sifl (i±y)»vf cos v J ' ' 1 sin ..... , »'«+! r"-1-' cos on a obtenu ces développements dans le Chapitre XV. 199. Le développement de la fonction perturbatrice a donné lieu à un très
4ÔO CHAPITRE XXV1U. — SUR LE DÉVELOPPEMENT, ETC. grand nombre de travaux; il nous est évidemment impossible d'en rendre compte. Nous nous bornerons à citer les Mémoires suivants : Caochy. — Œuvres complètes, re série, t. V, plusieurs Mémoires. V. Puisecx. — Journal de Mathématiques, 2e série, t. V et VI, trois Mémoires. Boorget. — Annales de l'Observatoire de Paris, t. VII. G.-W. Hill. — On the development oj the perturbative function in periodic séries. S. Newcomb. — Development of the perturbative function (Astronomical Papers, t. III). Gyldèn. — Undersôkningar af Theorien for Himlakropparnas Rôrelser, II. 0. Bacelond. — Zur Entwickelung der Stôrungsfunction {Mémoires de VAcadémie des Sciences de Saint-Pétersbourg, 7e série, t. XXXlI). R. Radau. — Annales de VObservatoire de Paris, t. XVIII. B. Baillaud. — Annales de l'Observatoire de Toulouse, t. II.
CHAPITRE XXIX. TRANSFORMATION DE II AN S EN. 461 CHAPITRE XXIX. TRANSFORMATION DE HANSEN POUR LES ÉQUATIONS DIFFERENTIELLES DES MOUVEMENTS DES PLANÈTES. 200. Hansen a donné pour les équations différentielles des mouvements des planètes une transformation importante qui forme la base de tous ses travaux. La force perturbatrice y figure par ses composantes S, T, W, rapportées au rayon vecteur r de la planète troublée, à la perpendiculaire au rayon vecteur, dans le plan de l'orbite et à la normale au plan de l'orbite. Dans l'ordre d'idées que nous avons adopté jusqu'ici, il nous paraît naturel de déduire la transformation de Hansen des formules (A) du n° 185, dans lesquelles se trouvent déjà les composantes S, T, W; il nous semble d'ailleurs qu'on pénètre ainsi assez profondément au fond des choses. Commençons par rappeler celles des formules (A) ou de leurs combinaisons qui vont nous servir : / #*=f/uL = f(H-/n) = n»a3, u = w + gj— 0, («) dt d(xn — 9) de m' ,/-_-.. _,. xn ^ = — kyp\ps\Tnv -+- r(cosM + cosw)J» dt = — cos d9 m' k\/prc ( /\r_ . "| 9 -s — S cosw — H— ) r sin w , T dt ix e l V PJ \ \ dy m' k Ttr d9 m' k „T . sinœ -r- = — Wrsinu. dt Remarquons maintenant que, dans la méthode de la variation des constantes arbitraires, les expressions analytiques de x, y, s, dx dy dz dt dt dt sont les mêmes,
/|62 CHAPITRE XXIX. dans le mouvement elliptique et dans le mouvement troublé; il en sera ainsi dr dt de r et -r > puisque r = y/x2 -h y2 -+-z2 est une fonction de x, y, z. On voit d'ail- dr na leurs aisément que, dans le mouvement elliptique, on a -3- = . e sinw. On aura donc aussi dans le mouvement troublé 0 1 + ecosw dt k <2> dï = ^eSmw' Formons l'expression de -37 en différentiant la relation (1) et tenant compte de la formule (2); nous trouverons dw k\Jp . 1 dp de esinw -7- = —-f- esxnw — - -f 4- cosw -r-- dt r1 r dt dt Remplaçons 37 et -3^ par leurs valeurs (a) et nous obtiendrons après des transformations faciles, / o v dw kJp m' k\fp\^ ( r \ _ . ~\ <3> ^=-^+7-FLScos"'-('+^)Ts'd"'J. ou bien, en ayant égard à l'expression (a) de ~ > d(w-\-w— 9) kJp dS (4) â =-^-cos<p^- 201. On est amené ainsi à introduire deux nouvelles variables v et a, définies par les formules /kx da d9 (5> dt=C0S(*dt> (6) V = tt> + GJ — 0-t-CT = U + CT. Les relations (4), (5)et (6) donneront alors / \ dv ksfp .dv ,- (7) di=*' rldt=k^> d'où, en différentiant et remplaçant -£- par sa valeur (a), C'est l'une des formules fondamentales de Hansen.
TRANSFORMATION DE HANSEN. 4^3 Si nous différentions maintenant la relation (2), nous trouverons d*r k . de k dw k . dp -— = — sinw -7- -\- —= ecosw-j- — esinw -7-; dt \lp dt \/p dt ipsfp dt mettons pour -^> -£- et -£ leurs valeurs (a) et (3), et il viendra (9) 5? = 7leco8W+-A*S; la composante T a disparu de cette équation, et c'est là un fait important. On peut ensuite remplacer ecosw par sa valeur^ — 1, déduite de là formule (1), ce qui donne d*r k*p k* m' „_ dt* r3 rs /jl ou bien, en vertu de la relation (7), , x d*r dv* k1 m' _ (10) znï — r -jâ + -i = — S; v ' ai* dt1 r! /jl c'est encore une des formules fondamentales de Hansen. Si nous introduisons une notation spéciale pour représenter la quantité — = h, les formules (<z), (7), (8) et (10) nous donneront donc cet ensemble de slP relations : d*r dv* k* _m' dt*~r'd~p+T*-i:k*' »("£)=7k'Tr' (c) h = —-=- = —, ** sTp dt do m' -.. -J- = — AWrcosfp — 9), dt y. \ /» / _ix 1 . d6 m' ,~T . . (d) lsin<tjfi = — hWrsin(v — *), d(j dS di=cos<tdi' Ce sont bien les formules qui servent de base aux méthodes de Hansen.
464 CHAPITRE XXIX. 202. Il est facile d'obtenir une représentation géométrique de l'inconnue auxiliaire a. Soient (Jig. 22) NI et N,I les grands cercles suivant lesquels la sphère de Fig 22. rayon 1 est coupée par les positions du plan de l'orbite aux époques / et / -t- dt\ la position limite du point d'intersection I de ces deux grands cercles sera le point M où le rayon vecteur rde l'époque / perce la sphère. Abaissons le grand cercle NA perpendiculaire sur N,I; nous aurons NNi = d9, ANi = cos 9 dB ; donc, d'après la relation (5), ANt=rfcr. Soient X et X, des points pris sur les deux grands cercles NI et N,I, tels que NX = a, N1X1 = a + rfa; on aura AX, = NX et, aux infiniment petits près du second ordre, IX = IX,; on obtiendra donc la série des points X sur la sphère en supposant que le grand cercle NM roule sans glisser sur la courbe C, lieu des points M, le point X restant fixe sur ce cercle mobile. La courbe C n'est autre chose que l'intersection de la sphère et du cône dont le sommet est le centre de la sphère et la directrice la trajectoire de la planète P. Dans ce mouvement, l'axe instantané de rotation coïncide à chaque instant avec le rayon vecteur SM ; il est facile de calculer la vitesse angulaire a> de la rotation instantanée. On a, en effet, XM = u + ij=c, MN = f-u, NA = sin<prf0, _ NA _ sinç dB "~ sinMN dt ~ sin(i> — a) dt '
d'où, en remplaçant sinç -r- par sa valeur (d), TRANSFORMATION DE HANSEN. 4^5 9 di (e) ' *>= — hWr, fX L'angle a n'étant donné que par sa différentielle, sa valeur <r0 à l'époque zéro reste arbitraire; Hansen prend <r0 = G0. Remarque. — Prenons sur le grand cercle XM l'arc XY = 900, et soient x et y les coordonnées de la planète P rapportée aux axes mobiles SX et SY. On aura x = rcosv, y = rsmv. ci»/. 1 • 1 d**- i 1 d*Y * * 1 d'r . d*v Si 1 on forme les expressions de -3-5- et de -~, et qu on y remplace -^ et -^ par leurs valeurs tirées des équations (6), il vient, après réduction, d'x ( k1 m! _\ m! rp . -ï-ï- = ( s h k* S ) cos v k* T sin v, dt* \ r! fx / fx -=-v = ( s h £*S siium £!Tcosi>; cfc* \ /'* fx / fx (X)= — ^(Scosf —Tsinf), (Y) — — *s(Ssini> + Tcosi>), ( d*\ k'x \-dï + -rT={X)' dp* r* K } si l'on pose 00 on pourra écrire Il résulte des formules (11) que (X) et (Y) sont les projections de la force perturbatrice sur les axes SX et SY. Les équations (b') sont les équations différentielles du mouvement relatif de la planète dans le plan de l'orbite; on voit qu'elles sont les mêmes que si les axes SX et SY étaient fixes. On aurait pu obtenir directement ces équations (6'), ainsi que les formules (d), par la théorie des mouvements relatifs, en appliquant le théorème de Coriolis [voir la Thèse de M. Périgaud, Exposé de la méthode de Hansen, etc. (Annales de l'Observatoire de Paris, t. XVII)]. 203. Il nous faut montrer actuellement comment on calculera les composantes S, T, W. Si l'on différence par rapport à x, y et z l'expression connue de la fonction T. - I. 59
466 CHAPITRE XXIX. perturbatrice du mouvement de la planète P, on trouve, pour les projections de cette force sur les axes de coordonnées, C) '«' (^ - £> '«' (^ - £)•' '«' (^ - £)>■ où A désigne la distance des planètes P et P', A = ^(«'-*)1+ (/-/)* + (*'-*)*. Supposons maintenant que l'axe des a? coïncide avec le rayon vecteur r, l'axe des y avec la perpendiculaire à r située dans le plan de l'orbite, et l'axe des z avec la normale au plan de l'orbite. Soient (fig. 23) M, P et Q les points où ces Fig. a3. trois droites rectangulaires percent la sphère de rayon i. On aura x — ry y — o, z = o. Les trois composantes (12) seront respectivement égales à fm'S, tm'T et fm'W; on aura donc <l3> s=*'0.-^)-r" T=Wà-^> *=*(£-?■)• Soient X le point considéré antérieurement sur le grand cercle MN, X' le point analogue pour M'N' ; on aura XN = at- XM = ««, X'N'=a', ' X'M'=?'. Nous poserons XG = 6, X'G = e';
TRANSFORMATION DE HANSEN. 4^7 il en résultera MG = f-6, M'G = /-8', NG = 6-a, N'G = e'-</. L'application de la formule fondamentale de la Trigonométrie sphérique aux triangles M'GM, M'GP, M'GQ fera connaître les cosinus des arcs M'M, M'P, M'Q, lesquels sont égaux respectivement à — > "—> — ; si, dans les formules obtenues, on remplace cosJ par i — 2sin2 -> il viendra ^ = cosM'M=cos(i>'— v — 6'+ 6) — 2 sin* - sin(f — 6) sin(i>' — 6'), (i/J) { ^j = cosM'P = sin(i>'— v — Sf-\-S) -asin* -cos(i> — e)sin(i>'— 6'), —, = cosM'Q = —sinJ sin(i>' —6'). Le triangle NGN' donnera d'ailleurs . J . 6'— a' + e — a . 0-0' . 9+cp' sin - sin = sin sin * 1 2 2 2 2 . J 6'— a'+e — a 0 — 0' . 9 — 9' sin - cos = cos sin — > 2 2 2 2 («5) K ' S J . 6'—a'—6 + a . 0 — 0' 9+9' cos - sin = sin —--— cosI > 2 2 2 2 J e'—a'—6-f-a 0 — 0' 9 — 9' cos - cos = cos cosI — • 2 2 2 2 On a aussi A* = r1 -f- /'* — 2 rr' cos MM', (16) A*=/•*+/•'*— 2/t'cos(^'— v — ©' + ©) + 4'T'sin* - sin(p — e)sin(i>' —6'). Les formules (i3), (i4). (i5) et (16) déterminent S, T et W en fonction de r, r', vy v' et de a, a', G, G', <p et <p'. Les équations (6) et (rf) paraissent décomposer le mouvement en deux autres, le mouvement relatif dans le plan de l'orbite et le déplacement du plan de l'orbite; les premiers membres des équations (b) ne renferment en effet que ret*>; mais il est bon de remarquer que les seconds membres contiennent G, ç et a, qui sont introduits par les expressions données plus haut pour S et T. Nota. — Les formules (6), (c) et (d) ont été données aussi par Wronski (voir, dans le tome II des Annales du Bureau des Longitudes, un Mémoire de M. Yvon
468 CHAPITRE XXIX. Villarceau, Sur une nouvelle forme des équations différentielles du mouvement des planètes et des comètes); mais c'est Hansen qui les a publiées le premier. 204. Supposons effectuée l'intégration des équations (b), (c), (d); voyons comment on calculera pour une époque quelconque la longitude et la latitude héliocentriques L etB. Abaissons {fig. 23) l'arc de grand cercle MH perpendiculaire sur le grand cercle xy\ nous aurons NH = L — 0, HM=B, MN=i> — a, HNM = <p, et le triangle rectangle MHN nous donnera !cosB sin(L — 0) = COS9 sin(i> — a), cosBcos(L — 0) = cos(f—a), sinB =sin9sin(f—a). Le calcul de L et B par ces formules présente cet inconvénient que les facteurs cosç et sinç sont variables à cause des perturbations et qu'on ne peut pas construire commodément des Tables pour le calcul des seconds membres de la première et de la troisième des formules (17). Hansen a surmonté cette difficulté par un artifice remarquable que nous allons expliquer. Soient <p0et G0= <r0 les valeurs initiales de ç et G; Hansen cherche à déterminer les quantités I\ ip, t]/ et*, de manière à avoir !cosBsin(L— 90 — T) = cos<p„sin(i> — 0O) — ^, cosBcos(L- 0O — T)= cos(? —0,)-«-i|/t sinB = sin90sin(i>— 0O) h- s. On peut écrire L — 0O— T=L— 0-+-(0 — 0O — T), développer c!og(L—G0 — r) et remplacer cosBsin(L —G), cosBcos(L —G) et sin B par leurs valeurs (17); si l'on met en même temps (v — a) + (a — G0) au lieu de v — G0, les relations (18) donneront ty = [cos<p0cos(<7— 0O) — cos9cos(0— 0O — T)] sin {y — a) + [cos<p0sin(a — 0O) — sin (0 — 0O — T)] cos(f — a), <|/= [sin(a—0O) — cos9sin(0 —0O — T)] sin(i> — a) + [— COS(a— 0o)-hcos(0 — 0O— r>] COs(r— a), s= [—sin90cos(a —0O) + sin9] sin(i> — a) + [—sin9oSin(a— 0O)] cos(f — a). (ic\\
TRANSFORMATION DE IIANSEN. 4^9 On va profiter de l'indétermination de I1, donc de G — G0 — T, de manière que, pour toutes les valeurs de v — a, on ait (20) ^ = a$, y=k's, A et A' étant des quantités indépendantes de v — a. Si l'on se reporte aux expressions (19), les conditions (20) donneront cos<p0cos(<7 — 0O) — cos<pcos(0~- 0O— T) = A[sin<p — sin<p0cos(<7 — 0o)], cos<p0sin(<7 — 0O)— sin(0 — 0O — T) = — Asin<p„sin(<7 — 0o), sin(a —0O) — cosç sin(0 — 0O — T) = A'fsinç — sin90cos(a—0o)], — cos(ct — 0O ) + cos(0 — 0o— T) = — A'sin90sin(a— 0o). On tire de là deux valeurs de sin(G — G0 — T); en les égalant, on aura une équation de premier degré entre A et A'; on ferademême pour cos(G — G0 — T). On trouve ainsi (21) (22) [ sin(0 —0o— T) — (cos<p0 + Asin<p0)sin(<7 — 0o), I cos(0 — 0O — T) = cos(ct — 0o) — A'sinço sin(a— 0o), Asin<p0cos9sin(<7 — 0O) H-A'fsinç — sin90cos(a — 0O)"| = (1 — cos<p0 cosç) sin(a — 0O), Afsinç — sin90cos(a— 0O)] — A'sin©0cos9 sin(a — 90) = (COS90 — COS9) COS(a — 0O). L'élimination de A entre les deux équations (22) donne . ,. u . . a. 1 — cos90cos9 — sin90sin9cos(a— 0O) (23) A'=sin9Sin(<7 — 0O) ^-. : ^—,— „ ,-,. . . *=—r-^ *—; v ' T [sin9 —sin90cos(a —0o)]*+sin,9ocos!9Sins(a—0O) le dénominateur de cette expression peut s'écrire (sin*9o— sin*9o cos!9) cos*(ct — 0O) — 2sin90 sin? cos (°" — Qo) + sin*9 + sin*90 cos*9 = [1 — sin90sin9cos(a — 0O)]*— cos*90cos,9; sous cette forme, on voit qu'il est divisible par le numérateur, et il reste seulement .,_ sin9sin(o- — 0O) A - x ' en posant x = i + COS90COS9 — sin9„sin9 cos(ct — 0O). Portons cette valeur de A'dans la première des équations (22), et supprimons
470 CHAPITRE XXIX. le facteur sin(<r— G0); nous trouverons xAsin<p0cos9 = 1 — coss<p0cos*9 — sin*9 + sin90cos90sin9cos9cos(<7 — 0„), . _ 8^19,10089 -f-cos9osin9 cos (g — 0O) x En substituant ces valeurs de A et A' dans les formules (21), on obtient sin(e-e0-r)=(COS9o + COS9)sin(g-g"), X cos(0 — 0 T)= (' -^- cos<pocos<p) cos(q- — 0„) — sin90sin9 x et l'on vérifie sans peine que l'on a siii*(0 — 0o — T) +cos»(0 — 0o— r) = 1 ; les conditions (20) sont donc bien remplies. Voici l'ensemble des formules qui résolvent la question : (e) x. —1 +COS90COS9 — sin9„sin9 cos(a — 0O), (/) s =sin9sin(f — a) — sin90sin(f — 0O), cosBsin(L — 0O — T) = cos90sin(i> —0O) [sin90cos9 + cos90sin9cos(a — 0O)], (g) { ' s K3 ' ' cosBcos(L —0o-r) = cos(f —0O) + - sin9sin(a —0O), sinB =sin90sin(f — 90)-+-s; sin(0-0o^r)^(COS9"+cosy)si"(g-g"), ««o/fl a r-\ (H-coscp„cos9)cos(cr—0„) —sin90sincp COS (a — u0 — 1)— (/') On calculera T par l'une ou l'autre des formules (h). Le but cherché est atteint, car on pourra construire trois Tables donnant les valeurs des premières parties des seconds membres des formules (g), savoir cos<p0sin(V — G0), cos(V — G0) et sin<p0cos(p — G0); on entrera dans ces Tables avec l'argument v — G0; les parties complémentaires des seconds membres des formules (g) sont petites, car elles contiennent en facteur la quantité s qui est de l'ordre de m'sinç0; en effet, si l'on supposaitm' = o, on aurait <p = <p0, a = a0 = G0 et la relation (/) donnerait s = o ; a — G0 est de l'ordre de m'. La valeur (e) de x est égale à 1-+-cos 90 cos 9 — siir90siii9 = i -+- cos(90-+-9), en négligeant m'2 ; en négligeant/»', on peut prendre x= 1 -t-cos2ç0 = 2COsQç0'
TRANSFORMATION DE HANSEN. 47l On verra d'ailleurs dans un moment que T est de l'ordre de m'2; si donc on peut laisser de côté les termes en m'2, ce qui arrivera souvent, les formules (g) pourront être réduites à !cosB sin(L — 0O) = cos<p0sin(*> — 0O) — s tang<p0, cosBcos(L — 0„ ) = cos(i> — 0„), sinB = sinço sin(i> — 0„) -w, ayant construit les trois Tables dont on a parlé, il suffira de calculer dans chaque cas la petite quantité 5et l'on obtiendra ainsi, avec la plus grande facilité, LetB. 205. Dans le cas général où l'on conserve les formules (g), Hansen trouve encore le moyen de présenter les résultats précédents sous une forme plus simple en introduisant deux quantités auxiliaires P et Q au lieu de 9 et a, par les formules i P = sin© sin(a — 0„), (/t) . " ( Q = S1119 cos(ct— 0O) — sin<p0; P et Q seront de l'ordre de m' sinç0« L'expression (/) de s donnera, en y remplaçant v— <rpar v — G0— (a— G0), s = [sinç cos(ct— 0O) — sin(p0]sin(f — 0O) — sincp sin(a-- 0O) cosp — 0O ou bien (/) s=Qsin(v — 0O) — Pcos(f — 0O). La valeur (e) de x pourra du reste s'écrire x = i-+-cos<p0cos<p — sin<p0(Q + sin90), (m) x = cos©o (cosço + cosç)—Qsin<p0. On aura ensuite sinçoCosç + cos<p0sin<pcos(<7 — 0O) = sin9„cos9 H-cosçoCQ -+-sin<p0) = S^? [cos90(cos9„ + cosç) - Q sin90] -+- -^- = x lang9„ COS901- T T/ TUJ cos90 DT° cos9„ de sorte que les formules (g) pourront s'écrire cos B sin(L — 0O — T) = cos90 sin(i> — 0O) — s (lang90n ?—Y \ xcos90// » cosBcos(L — 0O — T)= cos(f — 0O) -+-s- sinB = sin9o sin(i> — 0O) -+-s,
472 CHAPITRE XXIX. Calculons -r- et -^ en partant des relations (k); nous trouverons dP . , n v da . . f, . d(j — =cosfSin(«r — 0O) -^ +sin9COs(a— 0O) ^, (23) ^Q / „v«*P • • / «v* -^ = cos9COs(a —0O)^ — S1119 shi(ct —0O)^; d'où, en remplaçant-^ par cos ç ^- et ^> ^ par leurs valeurs (rf), -j- = —• Ar sin(f — 0O) W COS9, (0) jrfQ w\ , fl,w [ -£= — hr cos(f — 0O) Wcosç. Il nous reste à faire connaître une expression remarquable donnée par Hansen pour la quantité T. On tire des formules (A) tang(0-0o-r)= (cosc>o + cos9)sin(a-0o) (1 + cos 9,,cos 9) cos (o- — 0„) — sin90sin9' en différentiant et réduisant, il vient _ [1 + COS90COS9 — sin90siii9cos(a — 0O)M (cos 90-1-cos 9 ) ^ -+-sin90sin(a — 0„) -^ cfc [i +COS90COS9 — sin9„sin9COs(a— 0O)]* je il y a un facteur commun que l'on peut supprimer; on peut aussi remplacer -r par —— -£ et il en résulte r cos 9 dt dT sin© — sin©„cos(a — 0O) du . . , . v d<p x -7- = sin9 -=- — sin9o sin(a — d0) -£.- dt COS9 T dt t« v 0/ ^t Portons dans cette équation les valeurs de -£- et -j- tirées des formules (23) et il viendra, après réduction, dT _ . . . x _ dP . . , a^dQ XCOS9 -r- =[sin9COS (a — 0„) — sin90] -7- — sin9Sin(a — d0) -^ ou simplement, en vertu des relations (£), dT _ v dt r dt ^"' dt XCOS9
TRANSFORMATION DE HANSEN. ^3 Si l'on remplace -^- et -~ par leurs valeurs (o), on trouve dT m' Qsin(f —0O) -Pcos^ — 0n) dl p x ou bien, à cause de la relation (/), . , dT m' hrs _,r Cette expression est de l'ordre de m'2, à cause des deux facteurs — et 5; il résulte d'ailleurs des formules (h) que, pour / = o, on a T = o. Donc T est une très petite quantité de l'ordre de m'2 : elle est aussi du second ordre par rapport aux inclinaisons. On pourra écrire / ^ ti m' C' hrs „, , (r) T — —I — Wdt. F J, x En négligeant m'3, cela se réduit à (/•') T=— ^— f rsWdl. 206. Voici le résumé général des formules (A) dV _ dv* k'- m ~dl} ~r'dt -r-n +-; = — *!S, £("*) = £*•*'. (B) *= -s>, dt (C) (D) m' C1 =:— I ArWcosçsin^ — 0O) dt, f1 «^0 l-?r A/-W cos<pcos(f — 0O) dt, sinç sin(a — 0„) — P, • sin<pcos(<7— 0O) — sin(p0 = Q, i/o (E) 0 - 0„ = / -^ <". /, cosç T. - I. 60
474 CHAPITRE XXIX. — TRANSFORMATION DE HANSEN. et (F) s=Qsin(v-60)-Pcos(v — 0O), (G) x;=cos<p0(cos<p0 + cos<p) — Qsin<p0, ' 'hrs F J9 (H) cosB sin(L — 0o--r) — cos<p0sin(i> — 0„) — M tang<p0 h —— (K) I cosBcos(L — 90 — T)= cos(f — 0O) -*-s ~ , sinB = sin<p0sin(i> — 0O) + s, formules auxquelles il faudrait joindre celles du n° 203, donnant les expressions de S, TetW. M. Périgaud, dans sa Thèse déjà citée, a donné une démonstration géométrique assez simple des formules (g) et (h). On pourra aussi consulter sur le même sujet une Note intéressante de M. 0. Callandreau, présentée en 1878 à l'Académie des Sciences de Stockholm, Sur les rapports qui existent entre les méthodes de Hansen et de Laplace pour le calcul des perturbations. Nous avons ainsi présenté d'une manière assez complète la partie géométrique, on pourrait dire cinématique, du célèbre Ouvrage de Hansen, Auseinandersetzung einer zweckmàssigen Méthode zur Berechnung der absoluten Stôrungen der kleinen Planeten. Nous avons d'ailleurs exposé, chemin faisant, d'autres parties de ce travail dans les Chapitres XII, XV et XXVIII, de sorte qu'il nous restera relativement peu de chose à faire pour mettre le lecteur au courant -d'une méthode importante, présentant de nombreux avantages, pour le calcul des perturbations des astéroïdes. Cette méthode a été appliquée déjà par plusieurs astronomes et notamment par M. G. Leveau, qui s'en est servi pour la Théorie de Vesta (Annales de l'Observatoire de Paris, t. XIV). Nous terminerons ce sujet dans le tome III de cet Ouvrage. FIN DU TOME I. 13649 Paris. — Imprimerie GAUTMER-VILLARS Eï FILS, quai des Grands-Augustins, 55.