Текст
                    Collection Mathématiques appliquées pour la maitrise
Sous la direction de P. G. CIARLET et J. L. LIONS
P. G. CIARLET
Ulliversité Pierre et Marie Curie
École N0Y111ale Supérieure
INTRODUCTION
,
a
L'ANALYSE NUMÉRIQUE
MATRICIELLE
,
et a
L'OPTIMISATION
Troisième tirage
avec mise à jour de la bibliographie
MASSON Paris Milan Barcelone Mexico 1988


Traduction: en anglais, Cambridge University Press (à paraître). Tous droits de traduction, d'adaptation et de reproduction par tous procédés, , , reserves pour tous pays. La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part, que les "copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective" et, d'autre part, que les analyses ou les courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration, "toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faite sans Ie consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite" (alinéa 1 er de l'article 40). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. @Alasson,Paris,1982 ISBN: 2-225-68893-1 ISSN : 0754-4405 MASSON MASSON ITALIA EDITOR! MASSON S.A. MASSON EDITORES 120, bd Saint-Germain, 75280 Paris Cedex 06 Via Statuto 2, 20121 Milano Balmes 151, 08008 Barcelona Dakota 383, Colonia Napoles, 03810 Mexico D.F. 
PRÉSENTATION DE LA COLLECTION "l\1ATHÉ l\1A TIQUES APPLIQUÉES POUR LA l\1AÎTRI S E" La Collection Mathé/11atiques appliquées pour la maÎtrise a pour but de présenter les principales théories mathématiques générales directement orientées vers les applications, de les développer de manière rigoureuse, et d'indiquer explicitement et avec précision la très gran de variété de leurs applications. Des théories Inathé/natiques générales orientées vers les applications sont, notamment, les fondements de l'analyse des équations différentielles et aux dérivées partielles, linéaires ou non, qui "gouvernent" tellement de situations en Physique, en Mécanique, en Chimie, etc., et jusqu'en Économétrie ! Ce sont aussi les outils principaux de l' Analyse Numérique, préalables obligés au traitement sur ordinateur : analyse numérique matricielle, méthodes de l'optimisation, méthodes de différences finies ou d'éléments finis pour l'approximation des solutions d'équations aux dérivées partielles ; c'est aussi la Statistique, dont les appli- cations sont universelles, et OÙ I'ordinateur a apporté, là encore, une impulsion nouvelle considérable ; c'est aussi la Mécanique des Solides et la Mécanique des Fluides dont une connaissance déjà sérieuse est indispensable à tout mathématicien appliqué. Ces théories générales sont, dans la Collection, développées de manière rigoureuse, par Ie biais des solutions les plus synthétiques, les plus élégantes et les plus "confirmées" ; elle fournissent ainsi tous les outils nécessaires pour aborder la grande majorité des problèmes posés quotidiennement par les applications. Les théories générales présentées dans cette Collection ont d'ailleurs été élaborées pour faire face précisément aux applica- tions, c'est-à-dire à des problèmes posés dans des disciplines parfois très éloignées des mathématiques mais néanmoins susceptibles d'être formalisés de façon mathéma- tique. Ces mênles théories devraient également servir de point de départ pour l'étude des nouveaux problèmes posés par les applications; il est en effet essentiel de sa voir que ces nouveaux problèmes, d'importance fondamentale, se présentent sous la forme de ques- tions complètement "ouvertes". Après Ie préalable d'une modélisation mathématique souvent déjà imparfaite, la seule façon de les aborder réside alors dans un traitement "massif" sur ordinateur, à /' aide préciséJ11ent des ,néthodes et des outils fondamelltaux présentés dans cefte Collection. 
VI C'est pourquoi ccUe Collection, qui s'adresse à tous Ics étudiants du Deuxième Cycle de Mathématiques dites "appliqués ", mais aussi (au moins pour certains de ses volumes) aux étudiants du Deuxième Cycle dc Mathématiques dites "pures", de Méca- nique, de Physique, aux élèves des Grandes Ecoles d'lngénieurs, . . ., devrait non seulement initier ses lecteurs à des théories rigoureuses et élégantes, tout en leur fournissant un outil déjà utilisable dans de très nombreuses applications, mais aussi, nous l'espérons. leur donner Ie désir d'aller bien au-delà. Pour I'accueil compréhensíf qu'elle a bien voulu réserver à cette Collection, it nous est particulièrement agréable de remercier la maison Masson, en la personne notamment de M. J. F. L Grand. Nous tenons également à remercier bien vivement M. A. Warus- fel, dont l'activité et Ie dévouement ont beaucoup contribué à la conception et à I'éla- boration de cette Collection. P. G. CIARLET J. L. LIONS 
PRÉFACE L'objet essentiel de cet ouvrage est de donner, tout en restant dans des limites raison- nables, une description et une analyse relativement compJètes des méthodes les plus couramment utilisées en Analyse Numérique Matricielle et en Optimisation. A l'heure où, dans tous les domaines scientifiques, apparaÎt la nécessité d'utiliser les méthodes numériques les mieux adaptées aux performances spectaculaires des ordina- teurs, je souhaite que cet ouvrage contribue non seulement à montrer l'efficacité des méthodes d'emploi universe) qui y sont décrites, mais aussi à meUre en évidence l'intérêt que peut présenter leur analyse mathématique. Si Ie premier aspect intéresse surtout les utilisateurs éventuels, et Ie second les lecteurs épris de rigueur mathématique, il n'est pas interd.it d'espérer que ce Jivre pourrait susciter, chez les uns comme chez les autres, un intérêt simultal1é pour ces deux caractéristiques complémentaires de l'Ana)yse Numérique. * * * Cet ouvrage s'adresse tout particulièrement aux étudiants de première année de la MaÎtrise de Mathématiques Pures, de la MaÎtrise de Mathématiques et Applications Fondamentales, de )a MaÎtrise de Mécanique, ainsi qu'aux élèves de première année des Grandes Écoles. Mais il devrait également être utile aux Ingénieurs, Physiciens, Méca- niciens, Biologistes, Économistes, ..., qui souhaitent avoir une idée des méthodes numériques constamment uttlisées aujourd'hui, et être en mesure de meUre en æuvre certaines d'entre elles. 
VIII PRÉFACE En raison du niveau mathématique relativement modéré que recquiert cet ouvrage (surtout dans sa première partie), la plupart des matières qui y sont traitées pourraient "glisser" progressivement dans l'enseignement mathématique des Classes Préparatoires aux Grandes Écoles et des Diplômes d'Études Universitaires Générales. C'est là un de mes væux les plus chers, qui, s'il correspond avant tout à une inclination personnelle, me semble aussi répondre à un simple souci d'équité : est-il en effet raisonnable de se limiter aux formules de Cramer et d'ignorer les méthodes de Gauss et de Cholesky ? Est-il en effet raisonnable de se limiter au polynôme caractéristique et à la réduite de Jordan et d'ignorer l'existence de la méthode QR et de la méthode de Givens-House- holder ? Est-il en effet raisonnable de rejeter les coniques et autres quadriques dans les ténèbres extérieures et d'ignorer l'intérêt de la notion de direction conjuguée pour la minimisation d'une fonctionnelle quadratique ? * * * Dans tous les cas, l'enseignant devrait pouvoir adapter facilement l'ouvrage au gré de ses besoins et au niveau de son auditoire. A titre indicatif, un enseignement semestriel de trois heures hebdomadaires correspond au contenu des chapitres 1 à 6, ou à celui (de niveau un peu plus élevé) des chapitres 7 à 10, ou encore à celui des chapitres 4 à 8. On a supposé les lecteurs déjà famiJiarisés avec les principales propriétés des matrices (notamment Ie calcul matriciel), les espaces vectoriels normés de dimension finie (conti- nuité et dérivabilité des fonctions de plusieurs variables, compacité, applications linéaires, etc.). S'il est vrai que dans la deuxième partie, il est fait usage des espaces de Banach, des espaces de Hilbert, et du calcul différentiel dans les espaces vectoriels normés quelconques, les définitions et résultats correspondants sont toujours rappelés avec précision, et surtout, les lecteurs peu enclins à ce genre de généralisations pourront sans aucun inconvénient continuer à "rester en dimension finie". C'est dans Ie même esprit qu'on s'est volontaire- ment abstenu d'utiliser la notion de convergence faible, sauf dans une démonstration ; mais i1 s'agit d'un résultat d'existence en dimension infinie, dont l'analogue en dimension finie est démontré par ailleurs de façon élémentaire. Les caractéristiques suivantes de l'ouvrage méritent, croyons-nous, d'être signalées : - réunion dans un même volume de I' Analyse Numérique Matricielle et de I'Optimisation, avec passage progressif, et nombreuses références, de l'une à l'autre ; - ordre choisi pour les matières traitées et les préliminaires correspondants, qui correspond à un niveau mathématique généralement croissant ; - importance de la place accordée aux rappels et compléments mathématiques néces- salres ; - description de problèmes variés, issus de la Physique, de la Mécanique, de l'Écono- mie, etc., conduisant à la résolution de probJèmes d'Analyse Numérique Matricielle ou d'Optimisation ; - démonstrations complètes, et aussi simples que possible ; - souci pédagogique : place accordée aux aspects descriptifs, présence de Com- mentaires Bibliographiques, d'un Index, existence d'un Recueil d'Exercices très complete * * * D'une façon plus précise, dans la première partie (chapitres 1 à 6), plus spécialement consacrée à l' Analyse Numérique Matricielle, on trouvera : -les rappels et compléments nécessaires sur les matrices et sur les normes (vectorielles ou matricielles), ces dernières étant d'un usage constant dans toute la suite (chapitre 1) ; - quelques notions sur Ie conditionnement d'un problème d'Analyse Numérique Matricielle (chapitre 2) ; 
PRÉFACE JX - quelques aperçus sur]a variété des méthodes de l'Analyse Numérique (méthodes de différences finies ou d'approximation variationnelle pour les problèmes aux limites, d'interpolation, d'approximation au sens des moindres carrés, etc.) qui conduisent à un système linéaire ou à un problème de valeurs propres (chapitre 3) ; -la description et l'analyse des principales méthodes directes (de Gauss, de Cholesky, de Householder; cf. chapitre 4) et itératives (de Jacobi, de Gauss-Seidel, de relaxation; cf. chapitre 5) de résolution des systèmes /inéaires ; -la description et l'analyse des principales méthodes de calcul des valeurs propres (de Jacobi, de Givens-Householder, QR) et des vecteurs propres des matrices. Dans la deuxième partie (chapitre 7 à 10), plus spécialement consacrée à l'Optimisation, on trouvera : -les rappels et compléments nécessaires sur Ie calcul différentiel dans les espaces vec- toriels normés (chapitre 7) et sur les espaces de Hilbert (chapitre 8); . - une introduction progressive à 1'0ptimisation, par Ie biais de l'étude des multip/i- cateurs de Lagrange, des extremums des fonctions réelles, de la convexité, et de la méthode de Newton (chapitre 7) ; -la description de problèmes variés (approximation de problèmes aux limites linéaires et non linéaires, problèmes d'origine "économique") qui conduisent à la minimisation de fonctionnelles, avec ou sans contraintes (chapitres 8 et 10) ; -la description et l'analyse des principales méthodes de 1'0ptimisation : méthode de relaxation, méthodes de gradient à pas optimal, à pas fixe ou variable, méthode du gradient conjugué, méthode de péna/isation (chapitre 8), méthode d' Uzawa (chapitre 9), méthode du simplexe (chapitre 10) ; - une introduction à la dua/ité : lemme de Farkas-Minkowski, relations de Kuhn et Tucker, Lagrangiens et points-sel1es, application à la programmation /inéaire (chapitres 9 et 10). Pour une description plus complète des matières traitées, les lecteurs se reporteront aux introductions des chapitres. * * * Les résuHats importants sont énoncés sous forme de théorèmes, les plus importants d'entre eux étant repérés par une flèche dans la marge. Un "Z" dans la marge signale généralement une difficulté, ou un "piège" inattendu, qui peuvent être de nature très variée. De nombreuses remarques accompagnent Ie texte. Bien qu'elles puissent être en princiþe sautées en première lecture, elles ne doivent pas être négligées ; leur rôle est en effet d'aider les lecteurs, en situant mieux certains résultats, en signalant des cas part i- culiers intéressants, en mentionnant la possibilité ou l'impossibilité de certaines extensions. etc. De nombreux exercices, de difficulté très variable, complètent ce présent ouvrage dans un Recueil d'Exercices de la même col1ection. Certains, qui se présentent sous ]a forme de problèmes apportent des compléments parfois très importants et it y est fait référence dans ]e texte. On trouvera deux types d'informatiolls bib/iographiques: il s'agit soit de références "ponctuelles' (à propos d'un résultat précis, d'un exercice, etc.), qui apparaissent sous forme de notes en bas de page, soit de références de caractère plus général. Ces derniêre sont classées par sujet sous la rubrique "Commentaires Bibliographiques", placée en fin d'ouvrage. Les lecteurs intéressés par la programmation effective des méthodes étudiées au fit des chapitres y trouveront à cet égard des indications bibliographiques précieuses. * * * 
x PRÉFACE Lors de la rédaction, de nonlbreux collègues et étudiants ont bien voulu nle faire part de leurs avis, observations, suggestions, etc. A ce propos, je tiens tout particulièrenlent à exprimer ma reconnaissance à Jean-Marie THOMAS qui a lu de façon détaillée la totalité du manuscrit, et dont les remarques sont à l'origine de nonlbreuses anléliorations. Ma gratitude s'adresse aussi à Claude BASDEVANT, Michel CROUZEIX, David FEINGOLD, Srinivasan KESAVAN, Colette LEBAuD,_Jean MEINGUET, Annie PUECH-RAOULT, Pierre- Arnaud RAVIART, François ROBERT, Ulrich TULOWITZKI, Lars W AHLBIN, qui à des titres et degrés divers, m'ont fait profiter de leurs conseils éclairés. D'un point de vue plus personnel. il nl 'est égalenlent agréable de renlercier Richard S. VARGA, dont l'enseignement et l'enthousiasnle très conlnlunicatif ont su nle donner Ie goût de I' Analyse Numérique. Enfin, c'est un grand plaisir pour nloi que de renlercier très sincèrenlent, une nouvelle fois, Hélène BUGLER pour la diligence et la qualité de son travail. * * * Je dédie ce livre à Hélène et Gaston CIARLET. Philippe G. CIARLET Décembre 1980 
TABLE DES MATIÈRES Présentation de la collection ............................................... v Préf ace ................................................................. V II PREMIÈRE PARTIE Analyse numérique matricielle 1. Rappels et compléments sur les matrices ................................... 3 Introduction .................................................... 3 1.1. Principales notations et définitions .............................. . . 3 1.2. Réduction des matrices ........................................... 8 1.3. Propriétés particulières aux matrices symétriques et hermitiennes . . . . . . . 11 1.4. .Normes vectorielles et normes matricielles .......................... 14 1.5. Suites de vecteurs et de matrices ................................... 21 2. Généralités sur I'analyse numérique matricielle ............................. 23 Introduction .................................................... 23 2.1. Les deux problèmes fonda men tau x: généralités sur les méthodes employées 23 2.2. Conditionnement d'un système I inéaire ............................. 27 2.3. Conditionnement d'un problème de valeurs prop res .................. 34 3. Origine des problèmes de I'analyse numérique matricielle ..................... 37 Introduction .................................................... 37 3.1. La méthode des différences fìnies pour un problème aux limites en di- mension un ..................................................... 38 3.2. La méthode des différences finies pour un problème aux Ii mites en dimen- sion deux ...................................................... 45 3.3. La méthode des ditférences finies pour les problèmes aux limites d'évolu- t Ion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 48 3.4. Approximation variationnelle d'un problème aux limites en dimension un 53 3.5. Approximation variationnelle d'un problème aux limites en dimension deu x ........................................................... 60 3.6. Problèmes de valeurs propres ..................................... 62 3.7. Problèmes d'Înterpolation et d'approximation ....................... 66 4. Méthodes directes de résolutions de systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71 Introduction .................................................... 71 4.1. Deux remarques concernant la résolution ds systèmes linéaires . . . . . . . . 72 4.2. La méthode de Gauss ........................................... 73 4.3. La factorisation LU d'une matrice ................................. 82 4.4. La factorisation et la méthode de Cholesky ......................... 87 4.5. La factorisation QR d'une mat rice et la méthode de Householder ..... 90 
xn 5. Méthodes itératives de résolution des systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 95 Introduction .................................................... 95 5.1. Généralités sur les méthodes itératives ............................. 95 5.2. Description des méthodes de Jacobi, de Gauss-Seidel, de relaxation 97 5.3. Convergence des méthodes de Jacobi, de Gauss-Seidel, de relaxation .... 102 6. Méthodes de calcul des valeurs propres et des vecteurs propres . . . . . . . . . . . . . .. 110 Introduction ............................................. . . . . . .. 110 6.1. La méthode de Jacobi ... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 111 6.2. La méthode de Givens-Householder . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 118 6.3. La méthode QR ................................................ 123 6.4. Calcul des vecteurs propres ....................................... 129 DEUXIÈME PARTIE Optimisation 7. Rappels et compléments de calcul différentiel. Premières applications . . . . . . . . .. 135 Introduction .................................................... 135 7.1. Dérivées première et seconde d'une application ..... . . . . . . . . . . . . . . .. 137 7.2. Extremums des fonctions réelles: multiplicateurs de Lagrange ......... 146 7.3. Extremums des fonctions réelles: prise en compte des dérivées secondes. 151 7.4. Extremums des fonctions réelles: prise en compte de la convexité ...... 153 7.5. La méthode de Newton ........................................... 158 8. Généralités sur I'optimisation. Premiers algorithmes ........................ 167 Introduction .......................................... . . . . . . . . .. 167 8.1. Le théorème de projection: premières conséquences .................. 168 8.2. Généralités sur les problèmes d'optimisation ........................ 173 8.3. Exemples de problèmes d'optimisation ............................. 179 8.4. Méthodes de relaxation et de gradient pour des problèmes sans contrain- tes ............................................................. 182 8.5. Méthodes de gradient conjugué pour des problèmes sans contniintes ... 194 8.6. Méthodes de relaxation, de gradient, et de pénalisation, pour des problèmes avec contraintes ................................................. 201 9. Introduction å la programmation non linéaire ............................... 207 Introduction .................................................... 207 9.1. Lemme de F arkas- M inkowsk i . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 208 9.2. Les relations de Kuhn et Tucker . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. 211 9.3. Lagrangiens et points-selles. Introduction à la dualité ................ 219 9.4. La méthode d' U zawa ............................................ 226 10. Programma tion linéaire ................................................ 23 1 Introduction .................................................... 231 10.1. Généralités sur ]a programmation linéaire .......................... 232 10.2. Exemples de problèmes de programmation linéaire .................. 235 10.3. La méthode du simplexe ......................................... 237 10.4. Dualité et programmation ]inéaire ................................. 252 Commentaires bibliographiques ............................................. 259 Références .............................................................. 262 Principales notations utilisées ............................................. 266 Index ..................................................... . . . . . . . . . .. . 271 
P REMIÈRE PARTIE ANALYSE NUMÉRIQUE MA TRICIELLE 
I RAPPELS ET COMPLÉMENTS SUR LES MATRICES I ntrod uction Ce chapitre a pour but de rappeler, et de démontrer, un certain nombre de résultats relatifs aux matrices et aux espaces vectoriels de dimension finie, et dont un usage constant sera fait dans toute la suite de l'ouvrage. On suppose les lecteurs déjà familiarisés avec les propriétés élémentaires des espaces vectoriels de dimension finie (Ie calcul matriciel notamment), pour lesquelles on revoit au paragraphe 1.lles principales notations et définitions, ainsi que la notion de décompoj'ition par blocj' d'une matrice, qui est à signaler pour son importance en Analyse Numérique Matricielle. Afin de rendre I'ouvrage aussi "autonome' que possible, tous les rêsultats importants pour la suite sont démontrés, en particulier /a réduction d,'unf matrice quelconque à la forme triangu/aire, /a diagonalÚ'ation dej' matricej' norn1alej' (théorème 1.2-1), et I'équi- valence d'une matrice à /a matrice diagonale de j'ej.' va/eurs sitfßulièreJ' (théorème 1.2-2). A cet égard, il convient de signaler que nos n 'aurons pas à "tiliser Ie théorème de Jordan. Nous examinons ensuite (théorème 1.3-1) les car<xlérÚ'ationj' dej' valeurj' propres dej' matricej' symétriquej' ou hermitiennej' par I'intermédiaire du quotient de Rayleigh, notam- ment les caractérisations par "min-max" et par "max-min". On passe ensuite en revue les normej' vectoriellej' les plus couramment utilisées en Ana- lyse Numérique Matricielle, qui sont des cas particuliers ds. "nQrmej,'/" (théorème 1.4-1), puis on calcule les normej' matriciellej' j'Ul?()l:d(Jnéej' correspondantes (théorème 1.4-2), un exemple de norme matricielle non subordonnée à une norme vectorielle étant donné au théorème 1.4-4. On rappelle également (théorème 1.4-5) les conditions d'invertibilité de matrices de la forme (I + B), et on montre (théorème 1.4..3) que Ie rayon jpectral d'une matrice est la borne inférieure dej' va/eurj' de j'ej' ItQrmc.J" ce dernier résultat servant en suite à démontrer deux réjultatj' re/atiþ' à la .lU(olf dJ.' puij''anceJ' J'uc'cej'j'ivej' d'une même matrice (théorème 1.5-1 et 1.5-2), qui Jo\ \Hl fQle fandamental dans I'étude des métho- des itératives de résolution de sys\mCs hR{\ifS étudièes au chapitre 5. 1.1. Principales notations et définitions Soit V un espace vectoriel de dimension finie n, sur Ie corps R des nombres réels, ou sur Ie corps C des nombres complexes; s'il n'y a pas lieu de distingtter, on dit qu'il s'agit du corps K des scala ires. 
4 COMPLÉMENTS SUR LES MATRICES Une base de Vest un ensemble {e1' e2' . . ., en} de n vecteurs linéairement indépendants de V, qu'on notera (ej)7=1' ou simplement (ej) si aucune confusion n'est à craindre. Tout vecteur v E Vadmet alors une décomposition unique n V = L Viei, ;=1 les scalaires Vi, que nous noterons parfois (v)j, étant les compoJ'anteJ' du vecteur 1) sur la base (ej). Lorsqu'une base est fixée sans ambiguÎté, on peut ainsi identifier V à Kn ; c'est pourquoi il nous arrivera également de noter v = (v;)7=1' ou simplement (Vi), un vecteur de composante Vi. n En notation matricielle, Ie vecteur V = L Viei sera toujours représenté par Ie vecteur ;=1 colonne V= VI V 2 V n et on désignera par v T et V. les vecteurs /ignes suivants : v T = (V 1 V2. . . v n ), V. = (V1V2' . . 'On), OÙ, en général, æ désigne Ie nombre cOq1pIexe conjugué du nombre!X. Le vecteur ligne vT est Ie vecteur transposé du vecteur colonne v, et Ie vecteur ligne v. est Ie vecteur adjoint du vecteur colonne v. L'application (., .): VX V ..... K définie par n (u, v) = vTu = uTv = L U;Vi SI K = R, ;=1 _ n (u, ",) = v.u = u.v = L u;V; si K = C, i=1 est appelée produit scalaire euc/idien si K = R, hermitien si K = C, ou canonique si I'on ne précise pas Ie corps des scalaires. Si I'on souhaite rappeler la dimension de I'espace, on écrira (u, v) = (u, v)n. Soit V un espace muni de son produit scalaire canonique. Deux vecteurs u et v de V sont orthogonaux si (u, v) = O. Par extension, on dit qu'un vecteur vest orthogonal à une partie U de V, et on note v 1- U, lorsque Ie vecteur vest orthogonal à tous les vecteurs de U. Enfin, un ensemble {vI' . . ., Vk} de vecteurs de l'espace Vest dit orthonormal si (Vi, Vj) = ðij, 1 =E: i, j =E: k, où ð;j est Ie symbole de Kronecker : ðij = 1 si i = j, ðij = 0 si i  j. Soit Vet W deux espaces vectoriels sur Ie même corps, munis de bases (ej)jcl et (1i)'!::1 respectivement. Relativement à ces bases, une application linéaire d: V..... W est représentée par la matrice à m /ignes et n colonnes : all a12 a1n A= a21 a22 a2n amI a m 2 
PRINCIPALES NOTATIONS ET DÉFINITIONS 5 les éléments aij de la matrice A étant definis de façon unique par les relations m dej = L aij Ii, l:E:: j :E:: n. 1=1 Autrement dit, Ie j-ème vecteur colonne tilj Q2j amj de la matrice A représente Ie vecteur dej dans 1a base (/')'/'=.1. On appelle (ail a i2 · · · ain) Ie i-ème vecteur ligne de la matrice A. Dne matrice à m lignes et n coIonnes est appelée matrice de type (m, n), et on note d m , n(K), ou simplement d m , n, l'espace vectorieI sur Ie corps K formé par les matrices de type (m, n) à éléments dans K. Un vecteur colonne est done une matrice de type (m, 1) et un vecteur ligne une matrice de type (1, n). Dne matrice est dite réelle ou complexe selon que ses éléments sont dans Ie corps R ou dans Ie corps C. Une matrice A d'éléments aij est notée A = ( a.. ) 'J ' Ie premier indice i étant toujours ceIui de Ia ligne et Ie second, j, celui de la colonne. Étant donné une matrice A, on désigne par (A)ij l'élément de la i-ème ligne et de la j-ème colonne. La matrice nulle et Ie vecteur nul sont désignés par la même lettre O. Étant donné une matrice A E d m , n(C), on note A * E d n . m(C) la matrice adjointe de Ia matrice A, définie de façon unique par les relations (Au, v)m = (u, A.v)n pour tout u E cn, v E cm, qui entrainent (A *)ij = åj;. De la même façon, étant donné une matrice A = d m . n(R), on note AT E d ll , m(R) la matrice transposée de la matrice A, définie de façon unique par les relations (Au, v)m = (u, ATv)n pour tout u ERn, v E Rm, qui entrainent (A T)ij = aji. REMARQUES. (1) On peut encore définir la matrice transposée d'une matrice complexe, n mais c'est une notion d'intérêt moindre, I'application u, v -+ L UiV; n'étant pas un 1=1 produit scalaire dans Cn. (2) On a préféré ]a notation AT à la notation habituelle tA, cette dernière étant davan- tage adaptée à la notion de base duale ; la notation AT rappelle la dépendance de la notion de matrice transposée sur un produit scalaire particulier, Ie produit scalaire canonique en I' occurrence. II A la composition des applications linéaires correspond la multiplication des matrices : Si A = (aik) est une matrice de type (m, /) et B = (b kj ) de type (I, n), leur produit AB est la matrice de type (m, n) définie par I (AB)ij = L aikbkj. k=l On rappelle que (AB)T = BTAT, (AB). = B.A.. 
6 COMPLÉMENTS SUR LES MATRICES Soit A = (aij) une matrice de type (m, n). On appelle sous-matrice de la matrice A toute matrice de la forme ail i. aill, ai.l. ai.l, aipl. aipl, les entiers ik et j/ vérifiant 1 E: i 1 <: i 2 <: ... <: ip E: m ; 1 E: jl <: j2 <: ... <: jq E: n. Soit A = (aij) la matrice représentant une application linéaire de V dans W, et soit V=V t EÐV 2 EÐ ... EÐVN, W=W 1 EÐW 2 EÐ ... EÐWM des décompositions des espaces V et W en sommes directes de sous-espaces VJ et WJ, de dimensions nJ et ml respectivement, engendrés par des vecteurs de base. Aces décom- positions des espaces V et W, on associe la décomposition par blQCS de la matrice A : . . . . . . A= . = (AI) . . . . . chaque sous-matrice A IJ , de type (mJ, nJ), représentant une application linéaire de l'espace V J dans l'espace WI- L'intérêt de telles décompositions par blocs est que certai- nes des opérations définies sur les matrices restent formellement les mêmes, "les coefficients ail étant remplacés par les sous-matrices A IJ ". Mais attention à l'ordre des facteurs ! Ainsi, soit A = (A IK ) et B = (BKJ) deux matrices, de type (m, I) et (I, n) respective- ment, décomposées par blocs, la décomposition correspondant à I'indice K étant la même pour chaque matrice. Alors la matrice AB admet comme décomposition par blocs AB = (C IJ ), avec C IJ = L A1KB KJ , K et on dit qu'on a effectué Ie produit par blocs des deux matrices. N De la même façon, soit v un vecteur de I'espace V, et soit v = L VJ, VJ E V J , sa J=1 décomposition (unique) associée à la décomposition de l'espace V en somme directe. Le vecteur Av E Wadmet alors M Av = L WJ, 1=1 N avec WI = L AIJvJ, J=1 comme décomposition unique associée à la décomposition de l'espace W en somme directe. II est équivalent de considérer que les vecteurs v et Av sont décomposés en blocs: . . Av = N WI = L AIJvJ, J=l v= VI v 2 VN et que l'on a effectué Ie produit par blocs de la matrice A et du vecteur v. 
PRINCIP ALES NOTATIONS ET DÉFINITIONS 7 Une matrice de type (Il, Il) est dite nlatrice carrée., ou Illatrice d'ordre n si l'on veut préciser l'entier n ; II est alors commode de dire qu'une matrice est rectallgulaire lorsqu'el- 1 e n'est pas nécessairement carrée. On note cIl n = cIl ll , n ou d ll (K) = oi n , n(K), /' anneau des matrices carrées d' ordre Il, à élél11ellt s dans Ie corps K. Sauf mention du contraire, les I1latrices considérées jllsqu' à la fill de ce paragraphe sont carrées. Si A = (aij) est une matrice carrée, les élénlents au sont appelés élé/nellts diagol1aux, et les éléments aib i :;zÆ j, sont appelés élél11ents hors-diagollaux. La nlatrice unité est la matrice I = (ðij). Une matrice A est il1rersible s'il existe une matrice (unique si elle existe), notée A-I et appelée matrice inverse de la matrice A.. telle que AA -1 == A -IA = I. Dans Ie cas contrai- re, on dit que la matrice est sillglllière. On rappelle que, si A et B sont des matrices in- versibles (AB)-1 = B-IA -1, (AT)-I = (A -l)T. (A*)-l == (A -1)*. Une matrice A est : symétrique si A est réelle et A == AT ; hermitienl1e si A = A * : orthogollale si A est réelle et AA T == AT A == I ; unitaire si AA* = A*A = I : Ilormale si AA * = A * A. Une matrice A = (aij) est diagollale si aij = 0 pour i :;zÆ j ; on la note A = diag (a;;) = diag (all. a22' . . ., ann). La trace d'une matrice A = (aij) est définie par " tr(A) = La,;. ;=1 Soit 6n Ie groupe des permutations de l'ensemble {I, 2, . . ., Il}. A tout élément (J E 6n, on associe la nlatrice de perl111ltatioll Pa = (ð;a(j)). On notera qu'une ilIa trice de perl11lltation est orthogol1ale. Le déterminant d'une matrice A est défini par dét (A) = L ê a a a (I) l aa(2)2... aa(n)Il' aE En où Ea désigne la signature de la permutation (J. Les valeurs propres Î.; = À,(A), 1  i  n, d'une matrice A d'ordre n sorit les Il racines, réelles ou complexes, distinctes ou confondues, du polynôme caractéristique PA : Î. E C -ÞO PA(À) = dét(A-ÀI) de la matrice A. La spectre de la matrice A est Ie sous-ensemble n sp (A) == U {À;(A)} ;=1 du plan complexe. On rappelle les relations n n tr(A) = L ).;(A), dét (A) == n Àj(A), ;=1 ;=1 tr(AB) = tr(BA), tr(A + B) = tr(A) +tr(B), dét(AB) = dét (BA) = dét(A) dét (B). 
8 COMPLÉMENTS SUR LES MATRICES Le rayon spectral d'une matrice A est Ie nombre o défini par e(A) == max{lÀi(A)1 ; 1  i  n}. A toute valeur propre À d'une matrice A est associé (au moins) un vecteur p tel que p  0 et Ap == p, appeIé vecteur propre de la matrice A, correspondant à la valeur propre Â. Si À E sp(A), Ie sous-espace vectoriel {v E V; Av == Àv } (de dimension au moins' égale à 1) est appelé sous-espace propre, correspondant à la valeur pro pre Â.. On conviendra que dans la décomposidon par blocs A == (All) d'une matrice carrée, les sous-matricesdiagonales All sont toujours carrées. Étant donné deux espaces vectoriels de dimensions finies (mais non nécessairement égales) V et W, Ie rang d'une application linéaire ell : V -+- West égal à la dimension du sous-espace vectoriel Im(eIl) == {eIlv E W; v E V}. Si les espaces V et W sont munis de bases, vis-à-vis desquelles l'application ell est re- présentée par une matrice A, Ie rang de ell est aussi égal au plus grand ordre des sous- matrices (carrées) inversibles de la matrice A. C'est pourquoi Ie rang de ell est aussi appelé rang de la matrice A. On Ie note r(A). Faisons enfin une remarque générale, valable pour toute la suite : Toutes les [ois que ce sera "raisonnablement" clair, on ne mentionnera pas les ensembles d'indices. C'est ainsi que si A == (aij) est une matrice de type (m, n) on se contentera d'écrire max{min a,j}, au lieu de max {min aij}; i j lim ]jn c'est ainsi qu'on écrira seulement pi Pj == ðij, au lieu de pi Pj == ðij, 1  i, j  Il, s'il est clair que les indices i etj décrivent Ie même ensemble {I, 2, . . ., n}, etc. 1.2. Réduction des matrices So it V un espace vectoriel de dimension finie 11, et soit d : V -+ V une application linéaire, représentée par une matrice (carrée) A == (aii) relativement à une base (ei). Relativement à une autre base (I;), la même application est représentée par la matrice B == P-lAP, où Pest la matrice inversible dont Ie j-ème vecteur colonne est formé des composantes du vecteur /j dans la base (ei). La mat rice Pest appelée matrice de passage, de la base (ei) dans la base (fi). Une même application linéaire dl étant ainsi représentée par différentes matrices selon la base choisie, Ie problème se pose de trouver une base vis-à-vis de laquelle la matrice représentant l'application soit "aussi simple que possible". De façon équivalente, étant donné une matrice A, i1 s'agit de trouver parmi toutes les Inatrices selnblables à la matrice A, c'est-à-dire de la forme P-lAP, P : matrice inversible, celles qui ont une forme "aussi simple que possible" : c'est Ie problème de la réduction d'une matrice. Le cas Ie plus "favorable" est celui où il existe une matrice inversible P telle que la matrice P-1AP soit diagonale, auqucl cas on dit que la matrice A est diagonalisable. 
RÉDUCTION DES MATRICES 9 On notera que, dans ce cas, les éléments diagonaux de la matrice P-1AP sont les valeurs propres À1' À 2 , . . . , Àn de la matrice A, et que Ie j-ème vecteur colonne de la matrice Pest formé des composantes (relativement à la même base que pour la matrice A) d'un vecteur propre correspondant à À j ; on a en effet l'équivalence P-lAP = diag(À;)  Apj = ÀjPb 1 -:s::: j :E:: n. Autrement dit, une matrice est diagonalisable si, et seulement si, if existe une base de vec- teurs propres. II existe des matrices qui ne sont pas diagonalisables (exercice 1.2-1). Pour de telles matrices, Ie théorème de Jordan donne la forme la plus simple des matrices semblables ; nous renvoyons Ie lecteur intéressé par ce résultat aux Commentaires Bibliographiques donnés en fin d'ouvrage. Pour ce qui nous concerne, Ie résultat qui suit, de démonstration beaucoup plus simple, suffit pour tous lcs besoins ultérieurs. Nous rappelons tout d'abord les définitions suivantes : une matrice A = (aij) d'ordre nest triangulaire supérieure si aij = 0 pour i >- j, et triangulaire inférieure si a;j = 0 pour i <: j. S'il n'y a pas lieu de distinguer, on dit que la matrice est triangulaire. - Théorème 1.2-1. (1) Étant donné une matrice carrée A, il existe une matrice unitaire U telle que la matrice V- 1 AU soit triangulaire. (2) Étant donné une matrice normale A, il existe une matrice unitaire U telle que la matrice V- 1 AU soit diagonale. (3) Étant donné une matrice symétrique A, il existe une matrice orthogo1Ulie 0 telle que la matrice O-IAO soit diagonale. DÉMONSTRATION. (i) Démontrons d'abord la propriété (1) pour des matrices de passage non nécessairement unitaires. Cette propriété est vraie pour n = 1 ; supposons la démontrée pour les matrices d'ordre (n - 1). Notons d : V -. V l'application linéaire associée à la matrice A. Cette application posséde au moins un vecteur propre 11' cor- respondant à une valeur propre À. Soit alors E2' . . ., En des vecteurs tels que (lit E2' . . ., En) soi tune base de V. De la sorte, d/ 1 = ;"/ 1 , dE) = (Xj/l +ØEj, 2 :E:: j :E:: n, où (ß est une application Hnéaire du sous-espace Wengendré par les vecteurs E2' . . . , En. n D'après )'hypothèse de récurrence, i1 existe une base (/;)7=2 de W, avec Ii = L YijEb )= 2 dans )aquelle )'application (}3 est représentée par une matrice triangulaire supérieure. Des égalités d/ 1 = ;"/ 1 , dli = ( .f rJ.JYIJ ) 11 +(}3/;, J=2 on déduit que l'application of; est représentée par une mat rice triangulaire supérieure dans la base (f,). (ii) Utilisant Ie procédé de Gram-Schmidt, on construit une base (UiYl=l' orthonormale, et telle que 2 :E:: i :E:: n, ) Uj = L Ykjlk, k-=l 1 :E:: j :E:: n; i /; = L {JliUI, 1= 1 1 :E:: i :E:: n. Comme par ailleurs j of;fj = L h,)Ii, 1 :E:: j :E:: n, i = 1 d'après (i), iI s'ensuit que dUj est une combinaison linéaire des vecteurs u 1 ' . . ., Uj, ce qui montre que l'application of; est encore représentée par une matrice triangulaire 
10 COMPLÉMENTS SUR LES IATRICES supérieure par rapport à la base (IIi). Comme la base (u;) est orthonormale, la matrice de passage correspondante est unitaire. (iü) Posons T = (t;j) = U-IAU = U* AU. Si la matrice A est normale (A * A = AA *), la matrice T l'est aussi, puisque T*T = U*A*UU*AU = U*A*AV. La mat rice T étant triangulaire supérieure, n L I tlk 1 2 == (TT*)ll = (T*T)ll = I t ll l 2 , d'où tlk = 0, 2 =s:: k =E: n, k=l n L I t 2 kl 2 = (TT*)22 = (T*T)22 = 1 t 22 1 2 , d'où 1 2 k = 0, 3 =s:: k :E: n, k=2 etc., ce qui montre que la matrice Test diagonale. (iv) Si la matrice A est symétrique, Ie vecteur propre 11 et la valeur propre ^ de (i) sont réels, et les raisonnements précédents sont encore valables en remplaçant partout "uni- taire" par "orthogonal" et "matrice adjointe" par "matrice transposée". II REMARQUES. (1) Les matrices de passage vérifiant les conditions de l'énoncé ne sont pas uniques (considérer par exemple A = I). (2) Les éléments diagonaux de la matrice triangulaire U-lAV de (1), ou de la matrice diagonale V-lAV de (2), ou de la matrice diagonale de (3), sont les valeurs propres de la matrice A. En conséquence, ce sont des nombres réels si A est une matrice hermitienne ou symétrique, et des nombres complexes de module 1 si la matrice A est unitaire ou orthogonale. (3) II résulte de (2) que toute matrice hermitienne ou unitaire est diagonalisable par une matrice de passage unitaire. (4) Si 0 est une matrice orthogonale, Ie raisonnement précédent montre I'existence d'une matrice unitaire V telle que la matrice D = V*OU soit diagonale (les éléments diagonaux de D étant de module 1), mais la matrice U n'est pas en général réelle, c'est-à-dire ortho- gonale. On trouvera des indications à ce sujet à l'exercice 1.2-2. II On appelle valeurs singulières d'une matrice A carrée les racines carrées positives des valeurs propres de la matrice hermitienne A * A (ou AT A si la matrice A est réelle). Ces demières sont toujours  0, puisque de la relation A * Ap = Â,p, p  0, on déduit (Ap)* Ap = Åp* p. On notera également que les valeurs singulières sont tOlltes :> 0 si et seulement si la matrice A est inversible. En effet Ap = 0 => A*Ap = 0 => p*A*Ap = (Ap)*Ap = 0 => Ap = O. Deux matrices A et B de type (m, n) sont dites équivalentes s'il existe one matrice inversible Q d'ordre met une matrice inversible P d'ordre n telles que B = QAP. Naturellement, iI s'agit d'une notion plus générale que celIe de la similitude des matrices. On peut d'ailleurs démontrer que toute matrice calrée est équivaJente à une matrice diagonale : Théorème 1.2-2. Si A est u"e matrice réelle ca,rée, il existe deux 1IUItrices orthogo1lllies V et V telles que UT A V = diag(Pi), 
MA TRICES SYMÉTRIQUES ET HERMITIENNES 11 et si A est ulle matrice complexe carrée, il existe dellx matrices ullitaires U et V telles que U* A V = diag(Pi). Dans les deux cas, les 1Iombres Pi  0 S01lt les valeurs sillgulières de la matrice A. DÉMONSTRATION. Pour fixer les idées, supposons la matrice A complexe. D'après Ie théorème 1.2-1, il existe une matrice unitaire V telle que V* A * A V = diag(,ur), les nombres /Ji  0 étant les valeurs singulières de la matrice A. Notant Jj Ie j-ème vecteur colonne de la matrice A V, cette égalité matricielle s'écrit encore f ! 1'. = Il.ð.. 1  i , J .  n. lJj 1""" IJ' Soit {ltl' 1t2' · · ., Itr} l'ensemble (peut-être vide !) des valeurs singulières nulles ; par conséquent, Posons fj = 0, Uj = Itj1jj, 1  i  r. r + 1  j E:: n, de sorte que l'on a déjà U;Uj = ð ib r+l  i, j  n. Ensuite, on "complète" par des vecteurs Ui, 1 E:: i E:: r, tels que U;Uj = ðij, 1  i, j E:: n. Alors la matrice U de j-ème vecteur colonne Uj répond à la question : d'une part, la relation ci-dessus montre que c'est une matrice unitaire et, d'autre part, (U * AV) .. _ * jj _ { o = It;ð ib 1 j cE: r, IJ - ui J - ItjU; Uj = Itiðij, r + 1  j  n. La démonstration est analogue si la matrice A est réelle. II 1.3. Propriétés particulières aux matrices symétriques et hermitiennes Pour fixer les idées, nous allons considérer dans ce qui suit Ie cas des matrices hermitien- nes, mais il est entendu que tout Ie contenu de ce paragraphe s'applique aussi bien au cas des matrices symétriques, en remplaçant partout "hermitien", "unitaire", "complexe", "matrice adjointe" par "symétrique", "orthogonal", "réel", "matrice transposée", respectivement. Rappelons que toutes les valeurs propres d'une matrice hermitienne sont réelles, et que toute matrice hermitienne est diagonalisable, la matrice de passage étant unitaire (théorème 1.2-1). II existe, de surcroît, diverses caractérisations remarquables des va leurs propres d'une matrice hermitienne, qui font I'objet du théorème 1.3-1 ci-dessous. Pour les énon- cer, i1 nous faut tout d'abord une définition. Soit A une matrice carrée représentant une application linéaire d'un espace V sur Ie corps C, muni de son produit canonique. Le quotient de Rayleigh de la matrice A est I 'application R A : v-tO} -+ C définie par (Av, v) RA(v) = (v, v) - v*Av v.v ' v  o. 
12 COMPLÉMENTS SUR LES MATRICES On notera que, si la matrice A est hermitienne, Ie quotient de Rayleigh RA est à valeurs réelles. Par ailleurs, on remarque aussi que RA(rxv) = RA(v) pour tout rx E C-{O}. En conséquence, toute propriété faisant intervenir I'ensemble des valeurs prises par Ie quotient de Rayleigh lorsque Ie vecteur v décrit un sous-espace vectoriel U c V peut aussi bien s'étudier sur la sphère unité {v E U; v*v = I} de ce même sous-espace ; c'est, en particulier, Ie cas des propriétés établies dans Ie résultat qui suit. Pour alléger l'écriture, on omettra dorénavant de préciser que, dans l'écriture RA(v), l'argument v ne saurait être nul. Théorème 1.3-1. Soit A lUIe mIItrice hermitielUJe d'ordre", de ,aleurspropres Al E:: A 2 E:: ... E:: All, les ,ecteurs propres associés PI' P2, . . ., PII ,érijiallt P . p . - .... i J - U'J. Pour k = 1, . . ., ", 0" note Vk Ie sous-espace de V e"getulré par les ,ecteurs Pi, 1 E:: i E:: k, et 0" note ({) k l'ellSemble des sous-espaces de dimellSio" k de V. 0" pose par ailleurs V o = to}, ({)o = {V o }. Les ,aleurs propres admette"t alors les caractérisatiollS sui,alltes, pour k = 1, 2, . . ., ,,: (1) 1k = RA(Pk), (2) Ak = max RA(v), v EV t (3) Ak = min RA(v), v.L Vt- t (4) Åk = min max RA(v), wEtV t vE W (5) Ak = max miD RA(v). WEtV 1 - 1 v.LW Par ailleurs, (6) {RA(v); vE V} = [AI,AII]CIR. DÉMONSTRATION. Soit U la matrice unitaire dont les vecteurs colonnes sont les vecteurs propres PI' P2' ..., PII' de sorte que . . 1 d6f U AU = dlag (A,) = D, et soit v un vecteur non nul de V. Posant v = Uw, it s'ensuit : v. Av w*U* AUw w*Dw RA(V) = v*v - w*U*Uw - w*w = RD(W). k Un vecteur v E Vk étant de la forme v = L CliPi, Ie vecteur w correspondant est done 1=1 de la forme rxl . . rxk w= 0 0 
MATRICES SYMÉTRIQUES ET HERMITIENNES 13 ce qui se voit immédiatement à partir de l'égalité v = Uw. Par suite k k L Ådcxd 2 R { " } i=l A . CXiPi = k ' , = 1 L I CX; 1 2 i=l ce qui démontre (1) et (2). De la même façon, tout veeteur v orthogonal à Vk_l étant de la n forme v = L cxipi.I'égalité (3) est démontrée. D'après (2), i = IC Åk = max R A (v)  inf max RA (v), vE Vt WEt'V t vE W et il reste done à démontrer l'inégalité opposée pour établir (4), c'est-à-dire à montrer que Åk E:: max RA(v) pour tout W E({)k. vEW Définissant l'espace vectoriel V(-l = {v E V; v 1. Vk_l}' qui est de dimension (n-k+ 1), il suffit de démontrer que, si West un sous-espace vecto- riel quelconque de dimension k de V, Ie sous-espace vectoriel W n Vt-l contient d'autres vecteurs que Ie vecteur 0, c'est-à-dire que dim (W n Vf-l)  1. En effet, on déduira alors de (3) que v =F 0 et v E W (\ V k1._ 1 => Åk ===== RA(v) E:: max RA(v). vEW Comme dim (Wn Vt-1) = dim (W)+dim (VJë':-l)-dim (W+Vf-l)' où W+Vt-l={zEV; z=w+v, wEW, VEVt-l)' les relations dim (W) = k, dim (Vi-I) = n-k+l, dim (W+V k L _ 1 ) E:: dim (V) = n, montrent que dim (W n Vf-l)  1. La relation (5) se démontre de façon analogue. Enfin, la relation (6) découle des inéga- lités Å 1  RA(v) ===== Ån pour tout v E V-{O} (conséquences de (2) et (3)), de la continuité de la restriction de l'application RA à la sphère unité {vE V;v.v = I} de V, et enfin de la connexité de cette même sphère unité._ REMARQUES. (1) Comme cas particuliers des caractérisations (3) et (2), on trouve Å 1 = min {RA(v); v E V}, Ån = max {RA(V); v E V}. (2) Pour l'étude du quotient de Rayleigh d'une matrice non hermitienne, voir l'exercice 1.3-5. (3) Les propriétés (4)-(5) sont dues à E. Fischer, et R. Courant les a ensuite étendues au cas des opérateurs elliptiques. C'est pourquoi elles sont souvent connues sous Ie nom de théorème de Courant-Fischer. (4) Pour une application remarquable de ce résultat, voir Ie théorème 2.3-2. II 
14 COMPLÉMENTS SUR LES MATRICES Pour terminer, rappelons quelques définitions : une matrice hermitienne A est définie positive si v*Av>O pour tout v EV-{O}, et positive si v*Av  0 pour tout v E V. En raisonnant comme au début de la démonstration du théorème précédent, on établit facilement qu'une matrice hermitienne est déftnie positive, ou positive, si et seu/ement si toutes ses va/eurs propres sont >O,.ou O, respectivement. REMARQUE. La terminologie "matrice positive" désigne aussi une matrice dont tous les éléments sont O (en principe, aucune confusion ne devrait être à craindre .. .), et d'ailleurs nous l'utiliserons au paragraphe 3.1. Un lien existe entre les deux notions; voir l'exercice 1.3-2. II 1.4. Normes vectorielles et normes matricielles Soit V un espace vectoriel sur Ie corps K des scalaires. Dne norme sur Vest une appli- cation 11.11 : V -+ R qui vérifie les propriétés suivantes: IIvll = 0 .ø v = 0, et IIvll  0 pour tout v E V, I/(Xvll = 1!Xlllvll pour tout (X EK et v E V, IIu +v II E: IIuli + II vii pour tout u, v E V, la dernière propriété étant connue sous Ie nom d'inégalité triangu/aire. Une norme sur V sera également appelée norme vectorielle. Lorsque plusieurs espaces sont en cause, la notation II. IIv sera parfois utilisée pour rappeler I'espace V considéré. Enfin, on appelle espace vectorie/ normé un espace vectoriel muni d'une norme. Soit V un espace de dimension finie. Les trois normes suivantes sont les plus couram- ment utilisées en pratique: IIvlll = L lVii, i IIvl1 2 = (f IV i ljl/2 = (v, V)1/2, IIvll co = max lVii, I la norme 11.11 2 étant appelée norme euclidienne. II est facile de vérifier directement que les applications 11.11 1 et II. II co sont effectivement des normes (la justification de la notation II. II co est donnée à l'exercice 1.4-1). Pour l'application II .11 2 , c'est un cas particulier du résultat général suivant : Théorème 1.4-1. Soit V UII espace de dimension jinie. Pour tout IIOmbre riel p iìÞ 1, l'appli- cation II · II, déjinie par II v II, = (I v;I'r'P est "ne IIOrme. DÉMONSTRATION. Le cas p = 1 étant de démonstration immédiate, on se borne au cas où p :> 1 ; on désigne alors par q Ie nombre réel (également ::> 1) qui vérifie 1 1 -+- = 1. p q 
NORMES 15 La démonstration repose sur Ie résultat préliminaire suivant : si  et ß sont o, alors p ßq ß-+-. p q En effet, soit x et y deux nombres réels quelconques et 0 un nombre vérifiant 0 -< 0 -< 1. La convexité de l'exponentielle entraîne e(Ox + (l-O)y)  Oe x + (I...-&. O)e Y . Le cas ß = 0 étant trivial, supposons  ::> 0 et ß ::> O. II suffit alors de remplacer 0 par 1 -, x par p log et y par q log ß. P Soit u et v deux vecteurs de V. D'après l'inégalité ci-dessus, I U;V; I 1 I Uj IP 1 I Vi I  - +- pour tout i, II U lip II V II q p II U II: q II v IIZ d'où, par sommation, L I U;V; I  II u lip II v Il q · i Pour établir que I 'application II. lip est une norme, il suffit de démontrer l'inégalité triangulaire, les autres propriétés étant évidentes. Or on peut écrire, pour tout indice i, (I Ui I +1 Vi I)P = I Ui I (I Uj I +1 Vi I)p-l+1 vi I (I Ui I +1 Vi I)p-l, d' où, après sommation et utilisation de l'inégalité ci-dessus,  (I u/l +1 VII)P  (I! U IIp+11 vll p ) ((I u/l +1 VII)(P-1)qt 1q . L'inégalité triangulaire cherchée découle alors de la relation (p-1)q = p. II P 1 1 1 1 I ,. , I ., ourp:> et-+- = , Inega Ite p q  i UIV; I  ( I U/IP)l/p ( I U; Iqr'q s'appelle inégalité de Hölder. L'inégalité de Hölder pour p = 2 :  I U;V; I  ( I U; 12t/2 (L I VI 12)1/2 . s'appelle inégalité de Cauchy-Schwarz, ou encore inégalité de Bunyakovskii (surtout en Union soviétique). L'inégalité triangulaire pour la norme II. lip : ( I ut+v; IPY'P (f I U; IPY'P+( I V; IPY'P' s'appelle l'inégalité de Minkowski. Les normes définies ci-dessus sont équivalentes, cette propriété étant un cas particulier de I'équivalence des normes sur un espace vectoriel de dimension finie. On rappelle que deux normes 11.11 et 11.11', définies sur un même espace vectoriel V, sont équivalentes s'il existe deux constantes C et C' telles que II v II'  C II v II et II v II  c' II v II' pour tout v E V. Soit d n I'anneau des matrices d'ordre n, à éléments dans Ie corps K. Une norme matri- cielle est une application 11.11 : d n -+ R qui vérifie les propriétés suivantes: . II A II = 0 <=> A = 0, et II A II  0, pour tout A E d n , IIAII = IIIIAII, pour tout EK, AEd n , IIA+BII  IIAII+IIBII, pour tout A,BEd n , II AB II  II A 1111 B II, pour tout A, B Ed n . 
16 COMPLÉMENTS SUR LES MATRICES L'anneau d n étant aussi un espace vectoriel de dimension n 2 , les trois premières pro- priétés ci-dessus ne sont autres que celles d'une norme vectorielle, une matrice étant alors considérée comme un vecteur à n 2 composantes. La demière propriété est évidem- men t particulière aux matrices carrées ! Le résultat qui suit donne un moyen très simple de construire des normes matriciel- les : étant donné une norme vectoriel/e 11.11 sur C n , l' application /1.11: dn(C) -. R définie par 1/ A 1/ = sup II Av II sup 1/ Av II = sup IIAv II, { V E C n II v II { V E Cn { V E Cn vo II vii 1 II V II =1 est une norme matriciel/e, appelée norme matriciel/e subordonnée (à la norme vectorielle donnée). C'est évidemment un cas particulier de la définition usuelle de la norme d'une application linéaire, mais attention ! if existe des normes matricielles qui ne sont subordon- nées à aucune norme vectorielle. Un exemple sera donné au théorème 1.4-4. Pour établir que I 'application définie ci-dessus ales propriétés requises, on remarque que Ie nombre II A II est bien défini, puisque sup II Av II -< + 00 (continuité de l'applica- IIvll=1 tion v -. 1/ Av II sur la sphère unité qui est compacte, puisqu'on est en dimension finie). Les autres propriétés d'une norme matricielle sont de vérification immédiate. II résulte de la définition d'une norme subordonnée que II Av II ::s::: II A II1I v II pour tout v E en, et que la norme II A // peut aussi se définir par II A II = inf {E R; II Av II ::s:::11 v II pour tout v EC}. Par ailleurs, la sphère unité étant compacte, il existe (au moins) un vecteur u tel que u  0 et II Au II = II A I1II u II. Enfin, observons qu'une norme subordonnée vérifie toujours II I 1/ = 1. REMARQUE. C'est pour éviter quelques difficultés qu'on n'introduit pas la norme déf II Av II I A I = sup 1/ II ::s::: II A II. V E Rn_{o} V On peut en effet construire des normes vectorielles et des matrices réelles telles que IAI -< IIAII (ce n'est pas Ie cas des normes matricielles subordonnées aux normes vectorielles 11.11 1 , 11.11 2 , 11.1100; on établira dans la démonstration du théorème 1.4-2 que, si la matrice A est réelle, la borne supérieure du rapport II Av 1/ /II v II est atteinte pour des vecteurs réels). Cette approche permet en particulier d'éviter une complication dans la démonstration du théorème 1.4-3 (où Ie vecteur noté p peut être complexe). _ Calculons maintenant chacune des normes subordonnées aux normes vectorielles 11.11 1 ,11.11 2 , 11./100. Pour alléger l'écriture, on omettra dorénavant l'indication que les bornes supérieures sont à évaluer sur l'ensemble des vecteurs non nuls de en. - Théorème 1.4-2. Soit A = (a;j) une IIUltrice carrée. Alors déf II Av lit II All! = sup II vii! = m;x Iaul, déf II Av 112 !IAII2 = SUP!TVíï;" = Ý e(A*A) = Ý e(AA*) = IIA*II:I> déf II Av 1100 II A II  = sup II v II  = m:a x f I au I. 
NORMES 17 La norme II · 112 est in,ariante par transformation unitaire : UU* = I  II A 112 = "AU 112 = II UAI1 2 == II U*AU 112. Par ailleurs, si la matrice A est normale : AA* = A*A  IIAI12 = e(A). DÉMONSTRATION. Pour tout vecteur v, II Av 111 =  I  ajjVj I  t I Vj I  I aij I  {mx  I aij I} II viiI' Pour montrer que Ie nombre max L I au I est effectivement Ie plus petit nombre ex pour j i Iequel l'inégalité II Av 111 =s: ex II v 111 a lieu pour tout vecteur v, construisons un vecteur U (qui, bien entendu, dépend de la matrice A) tel que l'on ait l'égalité II Au 111 = {mx  I ajj I} II uil i . II suffit de considérer Ie vecteur u de composantes Ui == 0 pour ;  jo' Ujo == 1, oÙjo est un indice vérifiant max I I au I == L I aijo I · j i i De la même façon, II Av 1100 == ax I  aijvj I  ( mx  I aij I ) II v 1100. I I J I J Soit ;0 un indice vérifiant max L I aU I == L I aioi I. i j j Le vecteur U de composan tes aioi Uj == I aioj I Sl aiai  0, Uj == 1 Sl aioj == 0, vérifie II Au "= = {miax t I aij I}II u 11= · ce qui règle Ie cas de la norme II . 1100. Puisque v*A*Av "AII == sup v*v == sup RA*A(V), Ie théorème 1.3-1 nous permet d'affirmer que la borne supérieure du quotient de Rayleigh de la matrice hermitienne A * A est la plus gran de valeur propre de cette matrice, qui se trouve être aussi son rayon spectral puisqu'elle est positive. Montrons ensuite que e(A * A) == e(AA *). Si e(A * A) :> 0, il existe un vecteur p tel que p  0, et A*Ap == e(A*A)p, et on a sûrement Ap  0 (e(A * A) :> 0). Comme alors Ap 7J!: 0, et AA *(Ap) == e(A * A)Ap, il s 'ensuit que 0<: e(A*A)  e(AA*), 
18 COMPLÉMENTS SUR LES MATRICES et donc e(AA *) = e(A * A) puisque (A *)* = A. Si e(A * A) = 0, on a aussi e(AA *) = 0, sans quoi Ie raisonnement précédent montrerait que e(A lie A) :> o. On a donc, dans tous les cas, II A II = e(A * A) = e(AA *) = 1/ A * II . L'invariance de la norme ",11 2 par transformation unitaire n'est que la traduction des égali tés e(A*A) = e(U*A*AU) = e(A*U*UA) = e(U*A*UU*AU). Enfin, si la matrice A est normale, il existe (théorème 1.2-1) une nlatrice unitaire U telle que U* AU = diag (Î..;(A)) dH D. Dans ces conditions, A*A = (UDU*)* UDU. = UD*DU., ce qui montre que e(A * A) = e(D*D) = max I Îwj(A) 1 2 = (e(A))2. ; II z REMARQUES. (1) La 1l0r111e II A 112 n'est autre que la plus grallde 'aleur sillgulière de la matrice A (c/. paragraphe 1.2). (2) Si une matrice A est hermitienne, ou symétrique (donc normale), on a II A 112 = = e(A). (3 ) Si un e mat rice U est unitaire, ou orthogonale (donc normale), on a II A 112 = = Y e(A * A) = Ý e(I) = 1. (4) Du point de vue pratique, on observera que, si les normes II A 111 et II A 1100 se calculent facilement à partir de la seule connaissance des éléments de la matrice A, il n'en va pas de même pour la norme II A lb. (5) On se convainc facilement, par simple examen de la démonstration ci-dessus, que les expressions trouvées pour II A IiI, II A 112' II A llcoo sont encore valables même si la I1latrice A est rectangulaire. Mais naturellement, les applications ainsi trouvées ne sont plus des normes matricielles au sens entendu ici, puisque la multiplication de telles matri- ces n'a pas de sens en général. Ce sont seulement des normes dans l'espace vectoriel des matrices rectangulaires d'un type donné. II Grâce au théorème 1.4-2, on connaît donc des matrices A et des normes 11.11 (sub or- données en l'occurrence) vérifiant l'égaIité II A II = e(A), à savoir les normes 11.112 et les matrices normales. Mais i1 existe des matrices pour lesquelles on ne peut sûrement pas trouver de normes matricielles (subordonnées ou non) vérifiant une telle égalité. II suffit de considérer par exemple la matrice A = ( ), pour laquelle on aura toujours e(A) = 0 <:: II A II, puisque A  O. S'il est vrai que l'on peut n'avoir jamais l'égalité, on va cependant montrer que, pour une matrice donnée, on peut toujours approcher son rayon spectral d' aussi près qu' on veut par valeurs supérieu- res, à l'aide d'une norme matricielle convenablement choisie. Ce résultat joue un rôle fondamental dans l'étude de la convergence des suites de matrices (c/. paragraphe 1.5). - Théorème 1.4-3. (1) Soit A une matrice carrée quelconque et II II une norme matricielle, subordonnée ou non, quelconque. Alors e(A)  II A II. 
NORMES 19 (2) Étant donné une matr;ce A et un IIombre e ::> 0, ;/ ex;ste au mo;1IS "lie norme matr;- c;el/e subordonnée telle que II A II  e(A) +e. DÉMONSTRATION. Soitp un vecteufvérifiant p  0, Ap = ÅP, I Å I = e(A), et soit q un vecteur tel que la matrice pqT ne soit pas nulle. Puisque e(A)lIpqTII = I I ÅpqT II = II ApqT11  IIAllllpqTII, d'après la dernière propriété des normes matricielles, l'inégalité e(A)  II A II se trouve démontrée. Soit maintenant A une matrice donnée. II existe une matrice inversible U (cf. théorème 1.2-1 ; que la matrice U soit unitaire ne joue aucun rôle ici) telle que la matrice U-IAU soit triangulaire, supérieure par exemple : V-I AU = Å l t 12 t]3 Å 2 t23 tIn t 2n Ån_l tn_I, n "\ An les scalaires Å; étant les valeurs propres de la matrice A. A tout scalaire lJ 7J!: 0, associons la matrice D 8 = diag (1, ð, ð 2 , ..., ð n - 1 ), de sorte que (UD ð )-IA(UD ð ) = Å 1 ðt 12 Å 2 lJ2t 13 lJt23 ðn-1 t 111 lJn- 2 t 2n Ån_l ðt n _ 1 , n Ån Étant donné ê ::> 0, fixons Ie nombre ð de telle façon que n L I ðj-;tij I  ê, j = i+ 1 1  i  n-l. Alors I 'application 11.11: B Ed n  II B II = II (UD ð )-IB( VD ð) 1100, qui, naturellement, dépend de la matrice A et du nombre ê, répond à la question. En effet, on a d'une part II A II  e(A) +ê, d'après Ie choix de ð et la définition de la norme matricielle II. 1100 (II (cij) 1100 = = max L I cij I ) , et, d'autre part, c'est bien une norme matricielle ; on vérifie en effet i j que c'est la norme matricielle subordonnée à la norme vectorielle v E K n -ÞO II (UD ð )-l v 1100 . II 
20 COMPLÉMENTS SUR LES MATRICES Un exemple important de norme matricielle non subordonnée est donné dans Ie thé.. orème ci-dessous. Théorème 1.4-4. L 'application II. liE : d n  R définie par II A liE = { L.I a;jI2 } 1/2 = {tr(A*A)}1/2 I, J pour toute motrice A = (aij) d'ordre n, est une norme matricielle non subordonnée (pour n  2), in,ariante par transfornUltion un;taire : UU* = I => II A liE = II AU liE = "UA liE = II U*AU liE, et qui ,érijie II A 112  II A liE  Ý; II A 112, pour tout A Ed n . DÉMONSTRATION. L'application II. liE n'étant pas autre chose que Ia norme eucli- dienne (d'où Ia notation employée) de l'espace vectoriel à n 2 dimensions d n , il reste à démontrer la quatrième propriété des normes matricielles, qui est une simple consé- quence de I'inégalité de Cauchy-Schwarz : II AB Iii =  I L aikbkj 1 2   { L I aik 12 } { L I b/j !2 } . I J k I, } k / = { L I aik 12 } {  I b/j /2 } = II A Ilk II Bilk. I, k J, / Cette norme n'est certainement pas une norme subordonnée, puisque II I liE - = ýñ. Si U est une matrice unitaire, II Allk = tr(A*A) = tr(U*A*AU) = II AU Ilk = tr(A*U*UA) = 11 UA liE. Enfin, les inégalités de l'énoncé résultent des inégalités e(A * A)  tr(A * A)  ne(A * A). II REMARQUE. Contrairement à la norme matricielle subordonnée II · 11 2 , Ia norme II. liE se prête facilement à un calcul effectif. C'est Ià un de ses principaux intérêts, puis- qu'elle fournit en particulier un majorant de la norme II . 11 2 (voir à cet égard l'exem- pIe numérique du paragraphe 2.2). II Terminons par un théorème qui rassemble quelques propriétés utiles concernant I es matrices de la forme (I + B). - Théorème 1.4-5. (1) Soit II. II une norme matr;cielle subordonnée, et B une matrice ,éri- /iant IIBII <: 1. Alors la matrice (I + B) est in,ersible, et 1 II (1+ B)-l II  1-11 B II · (2) Si une matrice de laforme (I + B) est singulière, alors nécessairement IIBII 1 pour toute norme matricielle, subordonnée ou non. DÉMONSTRATION. (1) Puisque (I+B)u = 0 ==> II u II = II Bu II, II B II -< 1 et u  0 ==> II Bu II <: II u II , 
SUITES DE VECTEURS ET DE MATRICES 21 pour la norme vectorielle correspondante, on déduit que (I + B)u = 0 => u = o. La matrice (I + B) étant inversible, on peut écrire (I+B)-l = I-B(I+B)-l, d'où II (I+B)-l/l  1+IIBIIII(I+B)-lll, ce qui conduit à l'inégalité cherchée. (2) Dire que la matrice (I + B) est singulière revient à dire que (-1) est valeur propre de B. Dans ces conditions, une application du théorème 1.4-3 montre que II B II   e (B)  1. II 1.5. Suites de vecteurs et de matrices Une suite (infinie) d'éléments Xo, Xl' . .. d'un ensemble X sera notée (Xk)k  0, OU même simplement (Xk) si aucune confusion n'est à craindre. Dans un espace vectoriel V, muni d'une norme II · II, on dit qu'une suite (Vk) d'éléments de V converge vers un élément v E V, ou encore que vest la limite de la suite (Vk), si lim Ilvk-vll = 0, k -.. 00 et on écrit v = lim Vk. k -.. 00 Si l'espace est de dimension finie, l'équivalence des normes montre que la convergence d'une suite est indépendante de la norme choisie. Le choix particulier de la norme II · 1100 montre que la convergence d'une suite de vecteurs équivaut à la convergence des n suites (n = dimension de l'espace) de scalaires formées par les composantes des vecteurs. En considérant l'ensemble elm, n (K) des matrices de type (m, n) comme un espace vectoriel à mn dimensions, on voit de la même façon que la convergence d'une suite de matrices de type (m, n) est indépendante de la norme choisie, et qu'elle équivaut à la con- vergence des mn suites de scalaires formées par les éléments des matrices. Le résultat qui suit donne des conditions nécessaires et suffisantes pour que la suite particulière formée par les puissances successives d'une matrice donnée (carrée...) converge vers la matrice nulle (des compléments sont indiqués à I'exercice 1.5-4). De ces conditions découlera Ie critère fondamental de convergence des méthodes itératives de résolution de systèmes linéaires (théorème 5.1-1). Théorème 1.5-1. So;t B une matr;ce carrée. Les conditions su;vantes sont équ;valentes: (1) lim Bk = 0, k -.. 00 (2) lim Bkv = 0 pour tout vecteur v, k -.. 00 (3) e(B) <: 1, ( 4 ) II B II <: 1 pour au mo;ns une norme matr;c;elle subordonnée II · II. DÉMONSTRATION. (1) => (2). Soit II. II une norme vectorielle et II. IlIa norme ma- tricielle subordonnée correspondante. Étant donné un vecteur v, l'inégalité II Bkv II  II Bk II "v II montre que lim Bkv = o. k -.. 00 
22 COMPLÉMENTS SUR LES MATRICES (2) => (3). Si e(B)  1, on peut trouver un vecteur p tel que p :;é 0, Bp = Àp, I À I  1. Alors la suite de vecteurs (Bkp)k::= 1 ne saurait converger vers 0 (puisque Bkp = Àk p ). (3) => (4). C'est une conséquence immédiate du théorème 1.4-3. (4) => (1). II suffit d'appliquer l'inégalité ! I Bk II  " B II k pour la norme matricielle donnée en (4). II Le résultat qui suit sert également à l'étude des méthodes itératives, en ce qui concerne la rapidité de leur convergence. Ce n'est d'ailleurs qu'un cas part.culier (celui de la dimen- sion finie) d'un résultat d' Analyse Fonctionnelle vrai dans les espaces de Banach; voir par exemple (1), théorème 5.2-E. Théorème 1.5-2. Soit B une matrice carrée, et II · II une norme matricielle quelconque. Alors Jim 1/ Bk III/k = e(B). k 00 DÉMONSTRATION. Comme Q(B)  "B" (théorème 1.4-3) et comme e(B) == {e(Bk)}I/k, on a déjà e(B)  II Bk III/k pour tout k. On va établir par ailleurs que, pour tout e ::> 0, il existe un entier / == /(e) tel que k  / => II Bk tl I/k  Q(B)+e, ce qui démontrera la relation. Soit donc e ::> 0 donné ; la matrice B Be == e(B)+e vérifiant e(B e ) <: 1, on déduit du théorème 1.5-1 que lim B: == O. Par suite, if existe un k --.. 00 entier I == /(e) tel que k  I => II B:" == II Bk II  1, {e(B) + e}k ce qui est bien la relation cherchée. II (I) TAYLOR A. E. - Introduction to Functional Analysis, John Wiley, New York, 1958. 
2 GÉNÉRALITÉS SUR L'ANALYSE NUMÉRIQUE MATRICIELLE I ntrod uction Les deux problèmes fondamentaux de I' Analyse Numérique Matricielle sont la résolu- tion des systèmes linéaires d 'une part, et Ie calcul des valeurs propres et des vecteurs propres des matrices, d'autre part; on montrera d'ailleurs au chapitre suivant la très gran de variété des problèmes numériques qui s'y ramèncnt en fin de compte. Au paragraphe 2.1, on décrit deux types d'erreurs commises lors de la résolution effective de ces problèmes, les erreurs d'arrondi, dues aux limites imposées par l'ordina- teur, et les erreurs de troncature, qui apparaissent dans les méthodes itératives (par opposition aux méthodes directes). On examine en suite quelques propriétés qui ont une influence déterminante sur Ie choix des méthodes de résolution, notamment l'enzplacement des zéros des matrices. On donne enfin quelques indications sur les possibilités actuelles de résolution de I'un et l'autre problème, selon les propriétés des matrices rencontrées, caractère symétrique défini positif, structure de matrice-bande, etc. Une troisième source d'erreurs réside dans ce que l'on appelle Ie conditionnement d'un problème : un problème est mal conditionné lorsque de "petites" variations sur les données (les éléments d'une matrice, Ies composantes d'un vecteur, etc.) entraînent de très "fortes" variations sur Ie résultat (la solution d'un système linéaire, les valeurs propres d'une matrice, etc.), même calculé exactement, c'est-à-dire sans erreurs d'arrondi ni de troncature. C'est pourquoi on étudie aux paragraphes 2.2 et 2.3 Ie conditionnement d'un système /inéaire et Ie conditionnement d'un problème de valeurs propres, en illustrant nos considérations par quelques exemples numériques particulièrement "spectaculaires". 2.1. Les deux prob1èmes fondamentaux ; généralités sur les méthodes employées Les deux problèmes fondamentaux de I' Analyse Numérique Matricielle sont les suivants : (1) Résolution d'un système linéaire. - Étant donné une matrice inversible A et un vecteur b, trouver Ie vecteur u solution du système linéaire Au = b. (2) Calcul des valeurs propres et des vecteurs propres d'une matrice. - Étant donné une matrìce carrée A, trouver ses valeurs pro pres, ou seulement certaines d'entre elles, 
24 ANALYSE NUMÉRIQUE MA TRICIELLE et, éventuellement, les vecteurs propres correspondants ; autrement dit, on cherche des scalaires  et des vecteurs p tels que pO, Ap =  p . REMARQUE. Le plus souvent, les éléments de la matrice et les composantes du vecteur d'un problème (1) sont des nombres réels, de sorte que tous les calculs se font alors avec des nombres réels. Par contre, on notera que les nombres complexes peuvent inter- venir dans la résolution d'un problème (2), même s'il est posé avec une matrice réelle. _ Pour résoudre un problème du type (1) ou (2), on commence naturellement par choisir une méthode déterminée (selon des critères qui seront précisés au cours des cha- pitres suivants), qui fournit donc un résultat numérique. Or, quelle que soil la méthode, ce résultat n'est pas en général Ie résultat exact, car certaines erreurs sont inévitables au cours du calcul : ce sont les erreurs d'arrondi. Dans un ordinateur, Ies calculs sont Ie plus souvent effectués en virgule .f!ottante : a chaque nombre réel est associé un couple ordonné (a, b) (les nombres a et b étant écrits dans Ie système binaire) précédé du signe + ou du signe -, et qui représente Ie nombre (+a)X(2 b ) ou (-a)X(2 b ). La mantisse a vérifie 1/2  a <: 1 ; autrement dit Ie dévelop- pement binaire du nombre a est toujours de la forme a = 0, 1 .... L' exposant b peut être ::> 0, nul, <: o. Les limitations imposées par l'ordinateur sont, d'une part, une borne supérieure pour I b let, d'autre part, Ie nombre t de chiffres (0 ou 1) du développement binaire de Ia mantisse a. La limitation sur I b I a pour conséquence d'interdire la prise en compte de nombres trop grands en valeur absolue ; on dit alors qu'i] y a dépassement de capacité du "mot-mémoire" de l'ordinateur. Une autre conséquence en est Ie remplacement par Odes nombres trop petits en vaIur absolue. Illustrons par un exemple l'effet de la limitation sur la mantisse ; SUPpoSOOi qu'on veuille représenter Ie nombre x = 405,59 dans un ordinateur pour Iequel t = 13. Le nombre x s'écrivant aussi 405,59 = (2-1+2-2+2-5+2-7+2-9+2-10+2-13+0,44X2-13)29, i1 sera représenté par Ie nombre ( +0,1100101011001)X2 1001 dans l'ordinateur (en supposant que 9 est inférieur à la borne supérieure admise sur Ia valeur absolue des exposants). On a donc commis une erreur de 0,44X2- 13 sur la man- tisse, et it est facile de voir que, d'une façon générale, l'erreur commise sur la mantisse est majorée en valeur absolue par 2- t . . C'est ainsi qu'à chaque étape d'un calcul, chaque donnée, chaque résultat d'opéra- tion, est forcément arrondi comme nous l'avons montré ci-dessus : on appelle erreurs d'arrondi les erreurs ainsi commises dans une suite de calculs correspondant à une méthode donnée. REMARQUES. (1) Si cela s'avère nécessaire pour certains calcuIs, à effectuer avec une "grande" précision, on peut augmenter Ie nombre t (par exemple en Ie doublant; on dit alors qu'on effectue les calculs en double précision) en agissant sur les caractéristiq- ues de l'ordinateur. Mais si cette opération a pour effet de diminuer les erreurs d'ar- rondi, elle ne les élimine naturellement pas. (2) De même, sur certains ordinateurs, on peut également augmenter Ia borne supé- rieure admissible pour l'exposant. (3) Enfin, Ia mantisse est parfois calculée dans Ia base 16. _ On conçoit donc que l'effet des erreurs d'arrondi sur Ie résultat final est "proportion- neI" au nombre d' opérations élémentaires utiJisées dans une méthode donnée ; les 
LES DEUX PROBLÈMES FONDAMENTAUX 25 opérations élémentaires sont celles qu'un ordinateur peut effectuer, c'est-à-dire l'addition, la soustraction, la multiplication, la division. Le comptage des opérations é/émentaires, ou au moins une estimation de leur nombre, est donc indispensable lorsqu'on veut analyser ce type d'erreurs. REMARQUE. Le comptage est également déterminant pour J'évaluation du temps nécessaire à un calcul donné, c'est-à-dire en définitive à son coût ; or il faut bien recon- naître que c'est souvent là l'élément majeur de décision, qui fait rejeter aussi bien les calculs Htrop longs" que les calculs en double précision (qui sont généralement plus longs). etc. A cet égard, on retiendra les ordres de grandeur suivants (valables pour les ordina- teurs les plus récents) : Ie temps nécessaire à une multiplication est environ 4 fois celui nécessaire à une addition (ou soustraction), tandis que Ie temps nécessaire à une division est environ 10 fois celui nécessaire à une addition. _ Alors que les erreurs d'arrondi sont toujours présentes dans un calcul, Ie deuxième type d'erreurs n'apparaît que dans certaines méthodes. Comme on Ie verra, les méthodes de résolution de systèmes linéaires sont de deux sortes, les méthodes directes, et les méthodes itératives. Une méthode directe conduirait à la solution exacte d'un problème en un nombre fini d'opérations élémentaires s'i! n'y avail pas d'erreurs d'arrondi ; c'est ainsi que l'utilisation des formules de Cramer (calculs des déterminants) est une méthode directe (qui n'est d'ailleurs pas employée ; on verra pourquoi au paragraphe 4.2). Dans une méthode itérative par contre, la solution u du problème est la limite d'une suite (Uk) de solutions "approchées" calculées Uk' Comme on est bien obligé d'arrêter les calculs pour un entier ko' on commet ainsi une erreur de troncature, mesurée par Ie nombre II U-Uko II (pour une norme vectorielle 11.11 donnée). REMARQUE. Comme, en principe, on ne connaît pas la solution exacte u, on ne peut espérer avoir que des estimations du nombre II U-Uko II. De même, Ie choix de l'entier ko d'arrêt des calculs relève plus de I'intuition, de l'habitude des calculs, ou de consi- dérations pratiques (temps de calcul. . .), que de raisonnement permettant d'affirmer rigoureusement que l'erreur de troncature II U-Uk o II est sûrement inférieure à un nombre fixé à l'avance. . . II II est clair dans ces conditions que les méthodes de calcul des valeurs propres ne sau- raient qu'être itératives ! En effet, une simple vérification montre qu'un polynôme arbi- traire de degré n : p: ÅEC -.. Ån+a1Ån-l+ ... +an_lÅ+a n , n'est autre, au facteur (- l)n près, que Ie polynôme caractéristique de la matrice 1. .. o 1 0 -al -a2 -a3.'. -a n _ 1 -an 1 0 1 O. appelée compagne du polynôme. Dans ces conditions, l'existence d'une méthode directe pour Ie calcul des valeurs propres équivaudrait à affirmer qu'on peut calculer les racines d'un polynôme arbitraire en un nombre fini d'opérations élémentaires. Or, même si l'on admet que l'extraction de racines p-èmes est aussi une opération élémentaire, une telle éventualité contredirait Ie célèbre théorème d' Abel (dont on trouvra une démonstra- 
26 ANALYSE NUMÉRIQUE MATRICIELLE tion par exemple dans (1), p. 2,14) concernant l'impossibilité de "résoudre par radicaux" les polynômes de degré  5. Naturellement, Ie choix d'une méthode de résolution d'un problème (1) ou (2) dépend des propriétés de fa nlatrice en cause ; c'est pourquoi nous allons passer en revue les diverses qualités à prendre en compte à eet égard. Une des premières caractéristiques à considérer est Ie 1l011lbre et, éventuellement, la répart it ion , des élé/nents nilis de la matrice, qu'on appelle improprement les "zéros" de la mat rice. C'est ainsi qu'on distingue les n,atr;ces creuses rbeaucoup.' de zéros) et les matrices pleines rpeu't. de zéros). Si une matrice d'ordre Il est pleine, il faut immobiliser 11 2 111é1110ires pour enregistrer les éléments de la matrice, et c'est là une contrainte essentielle sur les valeurs admissibles de l'entier It. Inversement, il existe des n1atrices "trs.' creuses dont les zéros sont dis- posés d'une façon particu1ière, grosso 1110do parallèlement à la diagonale (divers exemples tirant leur origine de problèmes conerets seront donnés au chapitre suivant) ; ce sont les nzatrices-balldes, c'est-à-dire des matrices A == (aij) pour lesquelles aij == 0 pour un "grand" nombre de valeurs de l'entier I i-j I . De telles matrices nécessitent beaucoup moins de mémoires pour leur enregistrement, d'autant plus que les éléments au non nuls sont Ie plus souvent calculés de façon très simple à partir des valeurs d'une fonction connue (se reporter aux exemples). Ces considérations expliquent pour- quoi on peut résoudre des systèmes li- néaires d'ordre élevé lorsque leurs mat- rices sont des matrices-bandes. De tels systèmes se prêtent généralement bien à l'utilisation de méthodes itératives, alors que les méthodes directes sont plutôt réservées aux systèmes linéaires à matrice pleine (ne serait-ce Que parce que les matrices pleines quclconques ne vérifien t pas en général les hypo- thèses assurant la convergence des mé- thodes itératives. . .), encore qu'on ob- serve actuellement un certain renver- sement de tendances à cet égard. Parmi les matrices-bandes, on dis- tingue en particulier les matrices dia- gonales (pour mémoire...), tridiago- nales, tridiagonales par blocs, triangulai- res (déjà définies), diagonales par blocs, triangulaireJ' par blocs, de Hessenberg, qui sont représentées à la figure 2.1-1, avec des conventions d'écriture éviden- tes. On rappelle que, dans les matrices diagonales, triåiagonales, ou triangu- laires, par blocs, les sous-matrices dia- gonales All sont carrées, par définition de la décomposition par blocs d'une matrice carrée (paragraphe 1.1). On retiendra également les deux principes suivants : (1) les problèmes de résolution de système linéaire les plus faciles à trailer numériquement son! ceux dont les matrices sont sYfnétriques définies positives. Ce point sera notamment ( .. ) ( ....... . ) ... ....... ... ...... ... ..... ... .... ... ... . . . . . . . - ( . . . . . . . - ) ........ ....... ...... ..... . . . . . . . -- de Hesenbe f9 sup'rieure. h"tdia9onale. hiauLai re supé:fieure. A44 Ä11 A12 A 21 A22 Ä32 A34 diasOr.3le. par bloc.s tflCii89onale. par bLocs A44 triangulai re lupé rieure. par bLocs E)(emples de matrices - bandes FIG. 2.1-1. (1) HER STEIN I. N. - Topics in Algebra, Blaisdell, New York, 1964. 
CONDITIONNEMENT D'UN SYSTÈME LINÉAIRE 27 illustré par la comparaison des méthodes de Gauss et Cholesky (paragraphes 4.2 et 4.4) en ce qui concerne les méthodes directes, et par les hypothèses assurant la convergence, en ce qui conceme les méthodes itératives (paragraphe 5.3) ; (2) les calculs de valeurs propres et de vecteurs propres les plus faciles à traiter numérique- ment sont ceux donI les matrices sont symétriques (il n'y a pas lieu de faire intervenir Ie caractère défini positif, puisque les valeurs propres des matrices A et (A +xI) vérifient la relation À(A) = À(A+xI)-x pour tout scalaire x). On comparera à cet égard les mé- tho des de Jacobi et Givens-Householder d'une part (paragraphes 6.1 et 6.2) avec la mé- thode QR pour les matrices quelconques (paragraphe 6.3). Donnons quelques indications sur les possibilités actuelles (en 1984) de résolution nu- mérique des problèmes (1) et (2) ; il ne s'agit d'ailleurs que d'ordres de grandeur, pour des calculs effectués de façon courante. On dispose d'un bon arsenal de méthodes pour la résolution des systèmes linéaires, et on résout sans difficulté majeure des systèmes linéaires à matrices pleines d'ordre  500. Si les matrices sont très creuses remploi de méthodes adaptées à cette particularité permet de considérer des matrices dordre 100 000. On dispose égalemen t de méthodes efficaces pour calculer les valeurs propres et vec- teurs propres des matrices symétriques pleines d'ordre  500. II en va différemment pour les matrices non symétriques : si I'on sait à peu près calculer leurs valeurs propres, un problème encore mal résolu consiste à calculer leurs vecteurs propres. Terminons en indiquant que les méthodes modemes de I'Analyse Numérique Matri- cielle ont réellement fait leurs preuves, et c'est là leur principale justification; c'est notam- ment Ie cas de toutes les méthodes décrites dans la suite de l'ouvrage. II est vain d'espérer trouvef une nouvelle méthode sans avoir au préalable une bonne connaissance, théorique, et surtout pratique, des méthodes déjà existantes. Des méthodes parfaitement accept abIes théoriquement (par exemple, l'utilisation des formules de Cramer), ou particulièrement "élégantes", peuvent s'avérer totalement illusoires lorsqu'il s'agit de résoudre un problème concret ! 2.2. Conditionnement d'un système linéaire Considérons Ie système linéaire (cet exemple est dû à R. S. Wilson) : 10 7 7 5 8 6 7 5 8 7 6 5 10 9 9 10 32 23 , de solution 33 31 et considérons Ie système perturbé, où les seconds membres ont été "très légèrement" modifiés, la matrice restant inchangée : 10 7 8 7 ul + !Ju l 32,1 9,2 7 5 6 5 u2 + ðU2 22,9 de solution - 12,6 - 8 6 10 9 U3+ !JU3 33,1 4,5 7 5 9 10 u, + ðU4 \ 30,9 -1,1 utrement dit, une erreur relative de l'ordre de 1/200 sur les données (ici, les compo- santes du second membre) entraîne une erreur relative de l'ordre de 10/1 sur Ie résultat (la solution du système linéaire), soit un rapport d'amplification des erreurs relatives de l'ordre de 2000 ! 
28 ANALYSE NUMÉRIQUE MATRICIELLE Considérons également Ie système perturbé où, cette fois, ce'sont les éléments de la matrice qui ont été "très légèrement" modifiés : 10 7 8,1 7,2 u 1 + L1u l' -81 7,08 5,04 6 5 u2 + L1u2 de solution 137 8 5,98 9,89 9 u3 + L1u3 -34 6,99 4,99 9 9,98 U4 + L1u4 22 Là encore, de très petites variations des données (ici, les éléments de la matrice) modi- fient complètement Ie résultat (la solution du système linéaire). Pourtant, la matrice A du système a un "bon aspect" ; elle est symétrique, son déterminant vaut t et la matrice A-I = 25 -41 10 -6 -41 68 -17 10 10 -17 5 -3 est tout aussi sympathique ! REMARQUE. Cet exemple est d'autant plus troublant que les erreurs sur les données sont d'un ordre de grandeur considéré comme très satisfaisant dans les sciences expérimentales. Dans ces conditions, it est clair qu'un utilisateur de I' Analyse Numérique Matricielle risque d'être fort peu convaincu des vertus de cette dernière lorsqu'on lui annonce que, si les données d'un système linéaire (seulement d'ordre 4, et en nombres entiers de surcroît ...) ne sont connues qu'au  près, la solution, même calculée exactement, 200 est peut-être entachée d'une erreur relative 2 000 fois supérieure .... II Analysons main tenant ce genre de phénomènes. Dans Ie premier cas, on se donne une matrice inversible A, et it s'agit de comparer les solutions exactes u et (u+ðu) des sys- tèmes Au = b, A(u+ðu) = b+ðb. Soit II · II une norme vectorielle quelconque, et II · II la norme matricielle subordon- née. Des égalités ðu = A -lðb et b = Au, on déduit 1/ ðu 1/  1/ A-III II ðb 1/, Ilbl/  IIAlillull, d I , I . I , I ' I II ðu \I t . , e sorte que erreur re atIve sur e resu tat, mesuree par e rapport -- II ' es maJoree en II u fonction de I'erreur relative II ðb l  sur la donnée b de la façon suivante: 1/ b I lIðull .,,;;;{IIAIIIIA-III} Ilðbll . IIuli Ilbll Dans Ie second cas, c'est la matrice qui varie, et il s'agit de comparer les solutions exactes u et (u+L1u) des systèmes Au = b, (A+L1A) (u+L1u) = b. De l'égalité L1u =-A -1L1A(u+L1u), on déduit lIL1ull  !lA-III IIL1Allllu+L1ull, 
CONDITIONNEMENT D'UN SYSTÈME LINÉAìRE 29 ce qui peut encore s'écrire II Ltu II "'" {II A II II A-III} II LtA II . lIu+L1ull II All II L1u 1/ De la sorte, l'erreur relative sur Ie résultat, mesurée cette fois par Ie rapport l/u+L1ull' est encore majorée en fonction de l'erreur relative 1/ L1A II II A 1/ sur la donnée A. REMARQUES. (1) Le raisonnement ci-dessus est valable même si la matrice (A +LlA) est singulière, à condition qu'il existe un vecteur (u +L1u) solution du second système. . I A I ' ffi ' I IILlu II (2) Sl I LJA I est 'su samment petIt", on peut espérer que e rapport LI lIu+ ull est une bonne approximation de l'erreur relative II Llu II , plus "naturelle". On précisera ce II u II point au théorème 2.2-2. II Dans les deux cas, on constate que l'erreur relative sur Ie résultat est majorée par l'erreur relative sur les données, multiplée par Ie nombre {II A IIII A-III}. Autrement dit, pour une même erreur relative sur les données, l'erreur relative sur Ie résultat correspondant peut être d'autant plus grande que ce nombre est plus grand ; on montrera en effet (théorèmes 2.2-1 et 2.2-2) que ce nombre est optimal, les inégalités ci-dessus étant les "meilleures" possibles. Ces considérations nous conduisent à la définition sui- vante. Soit II · II une norme matricielle subordonnée et A une matrice inversible. Le nombre cond (A) == II A 1111 A-III s'appelle Ie conditionnement de la matrice A, relativement à la norme matricielle consi- dérée. REMARQUE. Dans la littérature anglo-saxonne, ce nombre, appelé "condition number", est fréquemment noté x(A). II Les inégalités précédemment établies montrent que Ie nombre cond (A) mesure la sensibilité de la solution u du système linéaire Au == b vis-à-vis des variations sur les données A et b, qualité que l'on appelle Ie conditionnement du système linéaire considéré. Ce qui précède donne donc un sens à un énoncé tel que "un système linéaire est bien - ou mal - conditionné", selon que Ie conditionnement de sa matrice est "petit" - ou "grand". REMARQUE. Le conditionnement d'un système linéaire n'est qu'un cas particulier d'une notion générale en Analyse N umérique. On peut tout aussi bien étudier Ie conditionne- ment des racines d'un polynôme vis-à-vis des variations de ses coefficients, ou Ie condi- tionnement des valeurs propres, ou des vecteurs propres, d'une matrice vis-à-vis des variations de ses éléments. A cet égard, on prendra d'ailleurs garde à la confusion possible suivante : un système linéaire Au = b peut être mal conditionné, alors que Ie probJème de la recherche des valeurs propres de la même matrice A peut être bien conditionné (on reviendra sur ce point au paragraphe suivant). II Les deux résultats qui suivent reprennent, en les complétant, les inégalités précédem- ment obtenues. lis sont énoncés pour une norme vectorielle quelconque, et pour la norme matricielle subordonnée correspondante. 
30 ANAL YSE NUMÉRIQUE MA TRICIELLE Théorème 2.2-1. Soit A une matriee inpersible, et soit u et (u+ðu) les solutions des systèmes linéaires Au = b, A(u+ðll) = b+ðb. On suppose b  o. Alors l'inégalité _ II ðu 1 1  cond (A) II ðb II II u II . 1/ bll est satisfaite, et e'est la meilleure possible: pour une matriee A donnée, onpeut trouver des peeteurs b  0 et ðb  0 tels qu'elle devienne une égalité. DÉMONSTRATION. On a déjà établi l'inégalité. Pour montrer qu'elle peut devenir une égalité, il sulfIt de remarquer qu'i] existe des vecteurs u  0 et ðb  0 tels que (propriété des normes matricielles subordonnées) I/A- 1 ðbll = /lA-III II ðblt, I/Aull = II All I lull. II Théorème2.2-2. Soit A une matriee inversible, et soit u et (u+ .LIu) les solutions des systèmes linéaires Au = b, (A+LlA) (u+Llu) = b. On suppose b  o. Alors I'inégalité II Llu II 1/ LlA II ::s; cond (A) - lIu+.LIul/ IIAII est satisfaite, et e'est la meilleure possible: pour une matriee A donnée, on peut trouver IIn veeteur b  0 et une matriee.LIA  0 tels qu'elle devienne une éga/ité. On a par ailleurs I'inéga/ité II.LIu 1/  ond (A) II LlA II { 1+0(11 LlA ID } . 111111 c IIAI/ DÉMONSTRATION. La première inégalité a déjà été démontrée. On rappelle que pour I'étabIir, il n'est pas nécessaire de supposer la matrice (A +LtA) inversible; il suffit de supposer que Ie second système linéaire a (au moins) une solution, notée (u+Ltu). Pour montrer que l'inégalité peut devenir une égalité, soit w un vecteur tel que w  0,1/ A -l w /I = /I A -1 II 1/ w /I, et soit ß un scalaire non nul quelconque. Or les vecteurs Ltu =-ßA-l w , (u+Ltu) = w, b = (A+ßI)w, et la matrice LtA = ßI vérifien t précisémen t Au = b, (A+LtA) (u+Ltu) = b, 1/ L1u 1/ = Iß I /I A-l w II = II L1A IIII A -11111 u+L1u /I. Si aucune valeur propre de la matrice A n'est égale au nombre (-ß), la matrice A +L1A = = A +ßI est inversible, et Ie vecteur b n'est pas nul. Pour démontrer la dernière inégalité, on va se borner au cas où II LtA II <: II A-III-I, ce qui est parfaitement loisible, puisqu'on souhaite établir une propriété pour II L1A II 
CONDITIONNEMENT D'UN SYSTÈME LINÉAIRE 31 voisin de 0 (la matrice A est donnée ; ce sont les matrices L1A qui varient). Alors la matrice (I + A -IL1A) est inversible, puisque II A -IL1A II  II A -11111 L1A /I <:: 1, et (théorème 1.4-5) 1 1/ (I + A -IL1A)-III  1-11 A -IL1A II 1  1-11 A -11111 L1A /I . Des égalités Au == bet (A +L1A) (u+Llu) == b, on déduit aisément les égalités Au ==-A-IL1A(u+L1u), u+L1u == (I+A-IL1A)-l u , et par suite, A /lA-III /I L1A II II LJU /I  1-11 A-III /I L1A II II u II, soit encore /I L1u II II L1A II { 1 } II u /I  cond (A) II A II 1-11 A -11111 L1A II ' ce qui est bien une inégalité de la forme cherchée. II Les conditionnements de matrice utilisés dans la pratique correspondent aux trois normes matricielles subordonnées introduites au paragraphe 1.4. On les note condp(A) == II A lip II A -1 lip, pour p == 1,2, 00. Le résultat qui suit rassemble des propriétés à peu près toutes évidentes du condi- tionnement, mais qu'il est utile de retenir (naturellement, Ie conditionnement n'est défini que pour les matrices inversibles ; on ne Ie répète pas dans l'énoncé .... ..). Théorème 2.2-3. (1) Pour toute matrice A, cond (A)  1, cond (A) = cond (A-I), cond (aA) = cond (A) pour tout scalaire a  o. (2) Pour toute matrice A, /In(A ) cond2 (A) = P,I (ft!.)" , où P,I(A) >- 0 et p,n(A) >- 0 désignent respectivement la pills petite et la plus grande des valeurs singulières de la matrice A. (3) Si A est une matrice normale, max IÂi(A) I i cond2 (A) == min I Âi(A) I ' i où les nombres Åi(A) sont les ,aleurs propres de la matrice A. (4) Le conditionnement cond2 (A) d'une matrice A unitaire ou orthogonale vaut 1. (5) Le conditionnement cond2 (A) est invariant par trans/ormation unitaire : UU. == I => cond 2 (A) == concl 2 (AU) == cond 2 (UA) == cond 2 (U. AU). DÉMONSTRATION. Les propriétés (1) résultent dcs propriétés des normes matricielJes ; en particulier AA-I == I=> 1 == 1/111  !lAIIIIA-I/I, ]a norme matricielle étant subordonnée par hypothèse. 
32 ANALYSE NUMÉRIQUE MATRICIELLE D'après la définition des valeurs singulières et Ie théorème 1.4-2, II A II = e(A * A) = max Åi(A * A) = /l(A), i IIA-III = e((A-I)*A-I) = e(A-I(A-I)*) 1 = max Å;((A * A)-I) = min Åj(A * A) 1 (/lI(A))2, ce qui démontre la propriété (2). La propriété (3) résulte de l'égalité II A 11 2 = e(A) vérifiée par les matrices normales (théorème 1.4-2). Si A est une matrice unitaire ou orthogonale, l'égalité II A 11 2 = Ý e(A* A) = Ý e(I) = 1 entraîne la propriété (4). Enfin, la propriété (5) résulte de l'invariance par transformation unitaire de la norme matricielle II · 11 2 (théorème 1.4-2). _ Examinons quelques conséquences pratiques du théorème précédent. L'inégalité cond (A)  1, jointe aux inégalités des théorèmes 2.2-1 et 2.2-2, montre qu'un système linéaire Au = best autant mieux conditionné que Ie nombre cond (A) est voisin de 1 (sous- entendu : relativement à une norme matricielle subordonnée particulière). A cet égard, la propriété (4) montre que les systèmes linéaires Au = b à matrice ortho- gonale (ou unitaire) sont très bien conditionnés, puisque cond 2 (A) = 1. De la même façon, la propriété (5) montre que les transformations orthogonales, ou unitaires, préservent Ie conditionnement cond 2 (A). Ces considérations justifient I' emploi de matrices orthogona- les, comme matrices "auxiliaires" dans diverses méthodes, par exemple les matrices de Householder (cf. paragraphe 4.5). Alors que la propriété (4) montre qu'une matrice normale a un "grand" conditionne- ment (pour la norme II . 11 2 ) si et seulement si Ie rapport des modules extrêmes de ses valeurs propres est "grand", une matrice quelconque peut avoir un "grand" conditionne- ment même si toutes ses valeurs propres sont égales ! Voir à cet égard l'exercice 2.2-2. REMARQUE. On peut donner une interprétation géométrique simple du mauvais condi- tionnement d'un système linéaire Au = b lorsque la matrice A est normale. Soit en effet Å I et Ån deux valeurs propres telles que I ÅII = min I Å;(A) I et I Ån I = max I Å;(A) I i et soit PI et Pn des vecteurs propres correspondants. Alors les choix b = Pn, ðb = ÅIPI ou= Pi /......... u+8u / / / / / / / cSb="fPy:/ / / conduisent à l'égalité  ðu II  = cond 2 (A) II ðb 1/ 2 . IIull2 IIbl1 2 On voit de cette façon que si Ie conditionne- IÅnl ment cond 2 (A) = west "grand", une "petite" perturbation ðb d'un vecteur b parallèle au vecteur Pn, faite paralIèlement au vecteur PI' entraîne une "gran de " variation sur la solution. C'est ce que nous avons essayé de suggérer à la figure 2.2-1, où nous avons supposé les vecteurs PI et Pn de même norme, pour fixer les idées. II b...ôb h: Pn FIG. 2.2-1. 
CONDITIONNEMENT D'UN SYSTÈME LINÉAIRE 33 La propriété cond (A) = cond (A) montre qu'il est illusoire d'espérer améliorer Ie conditionnement d'un système linéaire en multipliant toutes ses équations par Ie même scalaire. Par contre, on peut sûrement diminuer cond 2 (A) en multipliant chaque ligne et/ou chaque colonne par un nombre convenable ; c'est Ie problème de l'équilibrage d'une matrice, qui s'énonce ainsi : étant donné une matrice A, trouver deux matrices diagonales Dl et D 2 inversibles telles que (0 désignant l'ensemble des matrices diagonales) cond (D 1 AD 2 ) = inf cond (Ll 1 ALl 2 ), Lilt Ll 2 EØ relativement à une norme matricielle déterminée. Cette opération étant supposée effectuée, la résolution du système linéaire Au = b se fait en résolvant Ie système (D 1 AD 2 )1J = D1b, puis en calculant u = D 2 v. Le problème de l'équilibrage est très important en pratique, mais nous ne l'aborderons pas ici; nous renvoyons les lecteurs intéressés aux Commentaires Bibliographiques. Reprenons l'exemple numérique du début de ce paragraphe, en effectuant les calculs pour les normes II · 11 2 . Les valeurs propres de la matrice A= 10 7 8 7 756 5 8 6 10 9 7 5 9 10 ont pour valeurs numériques approchées : ÂI -:- 0,01015 -< Â 2 -:- 0,8431 -< Â3 : 3,858 -< Â4 : 30,2887, de sorte que Â4 cond 2 (A) = T : 2 984. 1 Par ailleurs, u= ðu - 8,2 -13,6 3,5 -2,1 b= 32 23 33 31 ðb = 0,1 \ ) -01 , , 0,1 -0,1 de sorte que I/ ðu I12...:- 16,397 : 8,1985, " u 11 2 ' 2 II ðb 11 2 0,2 cond 2 (A) II b 11 2 -;- (2984) X 60,025 -;- 9,9424, et on voit qu'on n'est pas loin de l'égalité ! On aura noté que Ie calcul précédent du nombre cond 2 (A) repose sur la connaissance préalable des valeurs propres extrêmes de la matrice A. En l'absence de cette information, la norme matricielle (non subordonnée) II · liE peut s'avérer utile, puisque facile à calculer d 'une part, et puisque II A 11 2  II A liE  Y;; II A 11 2 , d'autre part (cf. théorème 1.4-4), à condition toutefois qu' on connaisse fa matrice A-I. . . 
34 ANALYSE NU1ÉRIQUE MA TRICIELLE Dans l'eXCl11ple qui nous intéresse, on obtiendrait de cette façon ]cs 111ajorations II A 11 2 = À4 : 30,2887  30,5450 : II A liE, 1 II A-I 11 2 == T : 98,5222  98,5292 : II A-litE. 1 cond 2 (A) : 2 984  3009 : II A liE II A -1 I IE . REMARQUE. Au vu des valeurs propres de la matrice A. il était prévisible que ces majora- tions allaient être très satisfaisantes. Pourquoi ? II 2.3. Conditionnement d'un problème de va leurs propres Considérons la matrice d'ordre Il : A(e) = ( \ ê o 1 0 · 1 o Toutes les va leurs propres de A(ê) sont égalcs à 0 pour ê = o. Par contre, pour n = 40 et ê = 10- 40 , les valeurs propres ont toutes Ie même module 10- 1 (ce sont les racines n-ièmes du nombre ê). Autrement dit, la variation des valeurs propres (mesurée par la distance dans Ie plan complexe) est égale à la variation du paramètre ê, multipliée par 10 39 ! Un autre aspect "inquiétant" du phénomène est Ie suivant : Ie nombre ê = 10- 40 étant automatiquement remplacé par zéro dans l'ordinateur (car c'est un nombre trop petit, ct. paragraphe 2.1), Ie calcul des valeurs propres de la matrice A(10-40) pour n = 40 est donc nécessairenzellt entaché d'une erreur de 10- 1 ! On est ainsi de nouveau en présence d'un problème où une "petite" variation sur les données (ici : les éléments de la matrice) entraîne une très "forte" variation sur Ie résul- tat (ici : les valeurs propres de la matrice). On voit donc apparaître la nécessité de mesurer Ie conditionnement d'un problènze de valeurs propres,. c'est l'objet du théorème 2.3-1, où l'on se borne à considérer les matrices diagonalisables et des normes matricielles particulières, et du théorème 2.3-2, qui "améliore" Ie théorème 2.3-1 dans Ie cas des matrices symétriques ou hermitiennes. Théorème 2.3-1. Soit A une matrice diagonalisable, P une matrice telle que P-1AP = diag ( i ), et II · II une norme matricielle telle que II diag(di) II == Max I d i I i pour toute matrice diagonale. Alors, pour toute matrice ðA, n sp(A+ðA)c U Di, i=l où Di = {zE C; I z-Âil  cond (P) II ðA II}. DÉMONSTRATION. 'Soit  une valeur propre de la matrice (A +ðA). Si Å = Åj pour un indice j, Ie résultat est évident. 
CONDITIONNEMENT D'UN PROBLÈME DE V ALEURS PROPRES 35 Si }II 7- Àj, 1  j  n, la matrice (D-ÀI) est inversible et }'on peut écrire P-l(A+ðA-ÀI)P == D-ÀI+P-l(ðA)P == (D-ÀI) {I+(D-ÀI)-lp-l(ðA)P}. La matrice (A +ðA -ÀI) étant singu1ière, la matrice {I +(D-ÀI)-IP-l(ðA)P} l'est aussi, et par conséquent (théorème 1.4-5) 1  II (D-ÀI)-lp-l(ðA)PII  II(D-ÀI)-lllllp-lllllðAIIIIPII. Comme II (D-ÀI)-lll == 1 min I Àj-À I ' d'après l'hypothèse faite sur les normes matricielles considérées, i1 existe au moins un indice i tel que ! À-À; I  "p- 1 1111 ðA 1111 P II == cond (P) II ðA II. II REMARQUES. (1) Les normes matricielles II . 111' II. II 2' II . 1100 vérifient l'hypothèse de )'énoncé du théorème. (2) Le théorème ci-dessus est connu sous Ie nom de théorème de Bauer-Fike. (3) Un complément à ce théorème est donné à l'exercice 2.3-1. _ Si Ie conditionnement d'un problème de valeurs propres dépend encore du condition- nement d'une matrice, if ne s'agit plus de celui de la matrice du problème (comme dans Ie cas des systèmes linéaires), c'est-à-dire celle dont on cherche les valeurs propres : c'est Ie conditionnement des matrices de passage à une matrice diagonale qui intervient. De façon plus précise, il résulte du théorème 2.3-1 que, si A est une matrice diagonalisable, n sp (A+ðA)c U {zEC; I z-À i I r(A) II ðA II}, i=1 où r(A).== inf {cond (P) ; P-lAP == diag (À;)}. C'est pourquoi Ie nombre r(A) défini ci-dessus est appelé Ie conditionnement de la matrice A, relativement au calcul de ses valeurs propres. II résulte du théorème 2.3-1 que les matrices normales sont très bien conditionnées pour Ie problème des valeurs propres. Puisqu'elles sont diagonalisables par une matrice unitaire (théorème 1.2-1), on a en effet def AA* == A*A =>- r 2 (A) == inf {cond 2 (P); P-lAP == diag (À i )} == 1, de sorte que n AA* == A*A =>- sp (A +ðA) c U {zEC ; I z-À i I  II ðA 11 2 }. i=1 Considérons maintenant Ie cas d'une matrice A symétrique, de valeurs propres 1   a: 2  . ..  n' et soit ðA une matrice de "perturbation", symétrique elle aussi. Soit ßI  ß2  ...  ßn les valeurs propres de la matrice "perturbée" B == A +ðA. Étant donné la k-ième valeur propre ßk de la matrice B, i1 résulte de ce qui précède (une matrice symétrique est une matrice normale particu1ière) qu'il existe au moins une valeur propre i de A telle que Ißk-i I  II ðA 11 2 
36 ANALYSE NUMÉRIQUE MATRICIELLE (ce résultat ne suppose pas la matrice ðA symétrique ; par contre, cette hypothèse joue un rôle essentiel dans ce qui va suivre). Le théorème ci-dessous conduit à un résultat plus "fort", à savoir que précisémenl la k-ième valeur propre (Xk vérifie l'inégalité ci-dessus. Théorème 2.3-2. Soit A et B = A+ðA deux matrices symétriques ou hermitiennes, de ,a leurs propres al  a2  ...  an, et ßI  ß2  · ..  ßn, respecti,ement. Alors lak-ßklllðAI12' lkn. DÉMONSTRA TION. Désignons par Vk Ie sous-espace engendré par les vecteurs propres de la matrice A correspondant aux valeurs propres (Xi, 1  i  k, et par (() k l'ensemble des sous-espaces de dimension k. Par applications répétées du théorème 1.3-1, ßk = min max RB(V)  max RB(v) = max(RA(v)+RðA(V))  UEmk vE U vE Vk vE Vk  max RA(v)+max RðA(V) = (X,k+maxRðA(V) (X,k+max RðA(V) (X,k+11 ðA 11 2 , VEVk vE Vk vE Vk vEKn pUlsque max RðA(V) = max Å;(ðA)  e(ðA) =s; II ðA 11 2 . vEKn i Échangeant les rôles de A et B, on obtiendrait de la même façon (X,k  ßk+ max R(_ðA)(V)  ßk+1I ðA 11 2 , vEKn et Ie théorème est démontré. II On trouvera quelques indications sur Ie conditionnement d'un problème de vecteurs propres aux exercises 2.3-4 et 2.3-54 
3 ORIGINE DES PROBLÈMES DE L'ANALYSE NUMÉRIQUE MATRICIELLE Introduction Si ce chapitre ne prétend nullement être exhaustif, on s'est cependant efforcé d'y donner une idée de la grande variété des problèmes qui conduisent à la résolution de l'un des deux problèmes fondamentaux de l'Analyse Numérique Matricielle, en insistant particulièrement sur l' approximation des équations aux dérivées partielles linéaires de la Physique. A cet égard, i1 ne nous a pas paru inutile de donner quelques brèves indications sur l'aspect physique des problèmes, sur leur analyse mathématique, et sur leur analyse numérique, notamment lorsque cette dernière repose sur l'analyse matricielle. C'est ainsi que dans Ie cas des problèmes aux limites en dimension un (introduits au paragraphe 3.1), on établit la convergence des méthodes d'approximations envisagées (cf. théorèmes 3.1-2 et 3.4-3). On considère aux paragraphes 3.1, 3.2 et 3.3 des exemples simples de prob/èmes aux Iimites (équation de Poisson, équation de la chaleur, équation des ondes), pour lesquels on décrit la méthode des différences jinies. Son application conduit à la réso/u- tion de J'}'stèmes Iinéaires à matrices très "creuses", dont les zéros sont disposés de façon tout à fait remarquable, puisqu'il s'agit d'exemples de matrices tridiagonales, ou tridiago- nales par blocs. Des matrices analogues, et de surcroît toujours symétriques, se retrouvent lors de l' approximation variationnelle de ces mêmes problèmes (paragraphes 3.4 et 3.5). Des problèmes de calcul de valeurs propres et de vecteurs propres de matrices se ren- contrent dans I'approximation des "mouvements stationnaires", ou des "petits" mo- uvements, de divers systèmes physiques. Nou. montrons à cet égard au paragraphe 3.6 que ces problèmes apparaissent Ie plus souvent sous forme de problèmes "généralisés" de valeurs propres. D'autres sources de systèmes linéaires sont les problèmes d'interpolation de données par des fonctions "polynômiales par morceaux", notamment les fonctions splines, ou encore les problèmes d'approximation au J'ens des moindres carrés : Ces problèmes sont abordés au paragraphe 3.7. Mentionnons enfin d'autres exemples, considérés ultérieurement dans cet ouvrage : - solution des systèmes d'équations non linéaires, où l'emploi de la méthode de Newton conduit à la résolution d'une suite de systèmes "tangents" d'équations linéaires (paragraphe 7.5) ; 
38 ORIGINE DES PROBLÈMES - problèmes de minimisation d'une jònctionnelle quadratique en présence de contraintes linéaires (paragraphe 7.2) ; - mise en ceuvre de la méthode d' Uzawa (paragraphe 9.4) ; - mise en ceuvre de la méthode du simplexe (paragraphe 10.3). Certains résultats de ce chapitre font appel à des notions dont certaines (dérivabilité, espaces préhilbertiens) seront précisées plus loin, d'autres (équations aux dérivées partiel- les) sortent du cadre de l'ouvrage. Les lecteurs en difficulté à cet égard pourront se repor- ter utilement à l'!ndex et aux Commentaires Bibliographiques. 3.1. La méthode des différences finies pour un problème aux limites en dimension un Dans ce qui suit, on désignera par @m (I) l'espace vectoriel des fonctions réelles m fois continûment dérivables sur un intervalle 1 c R, m entier  O. Par ailleurs, on notera I', I", et f(n) pour n  3, les dérivées successives d'une fonction d'une variable réelle. Considérons Ie problème suivant : étant donné deux fonctions c, fE @O([O, 1]) et deux constantes  et ß, trouver une fonction u E (22 ([0, 1]) qui vérifie { - u"(x)+c(x)u(x) = f(x), 0 <:: X -< 1, u(O) = x, u(1) = ß. Un tel problème est appelé problème aux limites, car la fonction inconnue doit sat is- faire les conditions aux limites u(O) =, u(1) = ß posées à la frontière de l'intervalle ouvert sur lequell'équation diffé- rentielle doit être satisfaite. þ p Un exemple de situation phy- sique où il est rencontré est celui du fléchissement d'une poutre de longueur 1, étirée selon son axe par une force P, soumise à une charge transversale f(x) dx par unité de longueur dx, et simplement appuyée à ses extrémités 0 et 1 (figure 3.1-1). Alors Ie moment fléchissant u(x) au point d'abscisse x est solution d'un problème aux limites du type ci-dessus, P avec c(x) = ( , où E est Ie module d'Y oung du matériau constituant la poutre EJx) et I(x) Ie moment principal d'inertie de la section de la poutre au point d'abscisse x, et avec  = ß = O. Si l'on suppose la fonction c  0 sur l'intervalle [0, 1] (nous ferons d'ailleurs cette hypothèse tout au long de ce paragraphe), on peut montrer (exercice 3.1-1) que ce problème a une solution et une seule, qui sera notée rp. -p - o  dx y 1  F{x)dx FIG. 3.1-1. REMARQUE. La condition c  0 n'est nullement nécessaire pour l'existence et l'unicité d'une solution, qui sont (par exemple) garantis sous l'hypothèse plus faible -n 2 <: inf {c(x) ; 0  x  1}, ou encore si -(k+l)2n 2 <: inf {c(x) ; 0  x  I}  sup {c(x) ; 0  x  1} -< - k 2 n 2 , pour un entier k  1. On retiendra simplement que, contrairement aux équations différentielles du second ordre associées à des conditions initiales, c'est-à-dire des condi- 
MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES EN DIMENSION UN 39 tions du type u(O) =, u'(O) =', l'existence et l'unicité d'une solution ne sauraient être assurées dans tous les cas. On s'en convainc déjà facilement dans Ie cas d'équations différentielles à coefficients constants (exercice 3.1-2). II Sauf dans quelques très rares cas, on ne connaît pas de "formule)' qUI permenrait de calculer directement la valeur de la solution en un point quelconque de l'intervalle [0, 1]. Le problème se pose donc de trouver un moyen d'approcher les valeurs de la solu- tion d'aussiprès qu'on veut. Une méthode pour y parvenir est la méthode des différences finies, que nous allons maintenant décrire. Étant donné un entier N  1, on pose 1 h= N+1 et on définit un mail/age uniforme de pas h de l'intervalle [0, 1] comme étant l'ensemble des points Xi = ih, 0  i  N + 1 (remarquer que Xo = 0, XN+1 = 1), appelés les næuds du maillage. II est entendu une fois pour toutes que [e pas h est destiné à tendre vers zéro, ce qui signifie qu'il peut être rendu aussi petit qu'on veut (en principe !). La méthode des différences finies est un moyen d' obtenir une approximation de la solution cp aux næuds du mail/age. Autrement dit, on cherche un vecteur u 1 u 2 ERN, Uh = UN tel que Ui .5'Oit "voisin" de cP (Xi) pour i = 1, 2, . . ., N (on connaît déjà les valeurs cp(X o ) = = (X et CP(XN+ 1) = ß), [a qualité de ['approximation étant d'autant meilleure que Ie pas h est petit (si possible !). REMARQUE. Par constraste, la méthode d'approximation variationnelle, que nous étudierons au paragraphe 3.4, fournit une approximation en tous les points de l'intervalle [0, 1]. II Supposons la solution cp quatre fois continûment dérivable sur l'intervalle [0, 1]. La formule de Taylor permet d'écrire, pour i = 1, 2, ..., N, h 2 h 3 h 4 CP(Xi+ 1) = CP(Xi) +hcp'(Xi) + -- CP"(Xi) + - cp(3)(Xi) +- cp(4)(Xi +Ot h), 2 6 24 h 2 h 3 h 4 CP(Xi 1) = cp(xi)-hcp'(Xi)+- CP"(Xi)-- cp(3)(Xi)+- cp(4)(Xi+ O i h ), - 2 6 24 avec -1 <: OJ <: 0 <: Ot <: 1, d'où ]'on déduit -tp(Xi+l)+ 2q.>(Xi)-tp(Xi_t) = -h 2 q.>"(Xi)- : {q.>(4)(Xi +et h) +q.>(4)(Xi +eï h)}. D'après Ie théorème des valeurs intermédiaires, (p(4)(Xi+ O th)+q/4)(Xi+ O i h ) = 2p(4)(Xi+ O i h ), avec IOil  max{Ot, -OJ} <: 1, 
40 ORIGINE DES PROBLÈMES de sorte qu'on obtient finalement " ( ) _ -q>(Xi_1)+2q>(Xi)-q>(Xi+1) h 2 (4 -q> Xi - h 2 + u- q> )(Xi+Oi h ), avec I Oi 1<: 1, 1  i N. Posons, pour alléger l'écriture, q>i = q>(Xi), Ci = C(Xi), Ii = I(xi), 1  i  N, et exprimons que la fonction q> est solution du problème aux points Xi, 1  i  N, en remplaçant les valeurs - q>" (x;) par les expressions ci-dessus et en tenant compte des conditions aux limites : (X 2rpl-rp2 _ h 2 (4) 0 - h2 + h 2 +C 1 rpl - 1 1 - 12 q> (Xl + 1 h ), - q>i-1 +2<P;-q>i+ 1 + c . m . = f, - h2 m(4) ( x.+O.h ) 2  i  N -1 , h2 'T" 12 r , " I - q>N-1 +2rpN ß h 2 4 h2 - h 2 +CNq>N = IN - 12 q>( )(XN+ONh). Le système d'équations ci-dessus s'écrit sous la forme matricielle Ahq>h = b h +eh(q>), en posan t 2 + c 1 h 2 -1 -1 2 -t- c 2 h 2 -1 1 Ah =- h 2 -1 2+CN_ 1 h 2 -1 -1 2+CNh2 CPl 11 +(X/h 2 q>(4)(X1 +Olh) q>2 1 2 h 2 q>(4)(X2 +02h) CPh = b h = eh(rp)=- - . 12 CPN -1 IN_1 q>(4)(XN_1 +ON_1 h ) q>N IN+ß/h 2 rp(4)(XN +ONh) La méthode repose sur la remarque heuristique suivante : Ie vecteur eh(q>) étant d'autant plus "petit" que Ie pas h est petit (du fait du facteur h 2 ), on est naturellement onduit à Ie négliger et à définir Ie problème discret, associé au problème aux limites considéré et correspondant au pas h : trouver un vecteur Uh E RN solution de l' équation matricielle A/Zuh = bh' REMARQUE. Naturellement, Ie caractère "petit" du vecteur eh(q>) lorsque Ie pas h tend vers zéro a besoin d'être précisé, puisqu'il dépend essentiellement de la norme vectorielle choisie. C'est ainsi que, la fonction q> étant supposée quatre fois continûment dérivable sur l'intervalle [0, 1], on obtient selon la nOTme choisie, 1/ eh( q>) 111 = O(h), II eh( q>) 11 2 = O(h 3 / 2 ), II eh( q>) 1100 = O(h 2 ), ces différences entre les estimations asymptotiques provenant naturellement de la variation avec h du nombre des composantes du vecteur eh(rp). II 
MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES EN DIMENSION UN 41 II est essentiel de remarquer que les éléments de la matrice A h , aussi bien que les compo- santes du vecteur b h , sont directement calculables à partir des données, ce qui n' est pas Ie cas pour Ie second membre du système AhCPh == b h +ch(CP). Au passage, nous sommes en mesure d'expliquer la terminologie "différences finies" : la méthode revient en effet à remplacer la dérivée CP'(Xi) par l'un des quotients "aux diffé- rences finies": q;(Xi+ 1)- q;(Xi) Xi+1- Xi CPi+ 1 - CPi h ou CPi -CPi-1 h une itération de ce procédé remplaçant la dérivée seconde CP"(Xi) par Ie quotient "aux différences finies":  { CPi+ cP; _ cp;-t-1 } = CPi-1 - 2CPi +CPi+ 1 h 2 Sous des hypothèses convenables portant sur les données, nous sommes donc conduits à établir que : (i) Le problème discret AhUh == b h a une solution et une seule, c'est-à-dire que la matrice Ah est inversible ; (ii) La méthode converge lorsque Ie pas h tend vers zéro, c'est-à-dirc que Ie vecteur (Uh-CPh) tend vers zéro, au sens d'une norme idoine. En ce qui concerne la question (i), l'identité vTAh V = f c;vr+  { vi+VÃr+ f (V;-IL1'f } , ;=1 h i=2 vraie pour tout vecteur v ERN, montre que la matrice symétrique Ah est définie positive si la[onction c e,lt o. En ce qui concerne la question (ii), on peut déjà observer que, si la solution cP du problè- me aux limites vérifie cp(4)(x) == 0, 0 <:: X <:: 1 (cp est un polynôme de degré 3), alors U; == q;(Xi), 1  i  N, puisque Ie vecteur ch(CP) correspondant est nul: voici effective- ment un cas où la convergence est sûrement assurée, puisqu'on a même exactement Uh == CPh pour tout h ! Pour la démonstration dans Ie cas général, introduisons les notions suivan(t=s : une matrice A == (a,j) est dite positive si tous ses éléments at} sont o; en particulier, un vecteur v == (Vi) est positlf si toutes ses composantes 1'i sont o. On notera en abrégé A == (aij)  0 et 1) == (v,)  o. Enfin, une matrice carrée réelle A est dite monotone si elle est inversible et si la matrice A -1 est positive. Théorème 3.1-1. On suppose c  O. Alors la nlatrice All est monotone. DÉMONSTRATION. (i) Commençons par établir une caractérisation très utile: une matrice réelle Ad' ordre N e,lt monotone si et seulement si l'inclusion {vERN;AvO} C{vERN ;vO} est satijfaite. En effet, si la matrice A est monotone et si Ie vecteur Av est O, on déduit v == A -l(Av)  O. 
42 ORIGINE DES PROBLÈMES Réciproquement, Supposons l'inclusion satisfaite. Alors Av = 0  A( + 1.,')  0  + '1.,'  0  V = 0, ce qui montre que la matrice A est inversible. Par ailleurs, Ie j-ème vecteur colonne de Ia matrice A-I n'est autre que Ie vecteur b j = A -l ej , où ej est Ie j-ème vecteur de base. Comme Ie vecteur Ab j = ej est  0, il en résulte b j  0, ce qui montre que la matrice A-I est positive. (ii) D'après ce qui précède, il suffit d'établir que AhV  0 v  o. Étant donné un tel vecteur v, soitp E {I, . . ., N} un entier vérifiant t'p  Vi pour i = 1, . . ., N. On a donc o  (2+c 1 h 2 )V 1 -V 2  (1 +c 1 h 2 )V 1 si p = 1, o -vp_1 +(2+cph2)Vp-tp_1  cph2p, Sl 2  P  N-I, o -VN_1 +(2+c N h 2 )VN  (1 +c N h 2 )VN Sl p = N, ce qui montre que min Vi  0 si Ci:> 0, 2  i N-1. liN II reste donc à envisager Ie cas où l'un (au moins) des nombres Ci, 2  i  N-I, est nul. Or, d'après ce qui précède, la matrice (Ah +'Xlh)(IJ; : matrice unité de RN, N + 1 = 1/ h) est monotone pour tout 'X :> o. Comme la matrice Ah est inversible (on a établi plus haut qu'une telle matrice est définie positive) et com me les éléments des matrices (A h +(Xlh)-l sont des fonctions continues de 'X  0, on en déduit Ah"l  O. _ REMARQUE. Le caractère monotone de Ia matrice Ah s'interprète comme l'analogue discret de la propriété dite du "principe du maximum", vérifiée par Ie problème aux limi- tes considéré, et pour lequel nous renvoyons à I'exercice 3.1-3. _ Nous sommes maintenant en mesure d'établir la convergence de la méthode, au sens de la norme vectorielle 11./100 et de Ia norme matricielle subordonnée correspondante. La démonstration repose de façon essentielle sur Ie fait que les normes 11.1100 des inverses des matrices Ah sont bornées indépendamment de h (c/. partie (i) de la démonstration ci- dessous) : il s'agit là d'un exemple d'une notion fondamentale en Analyse Numérique, appeIée la stabilité d'une famille de méthodes d'approximation. Théorème 3.1-2. On suppose la fonction c  O. Si la solution (p du problème aux limites ,érijie cp E (24([0, 1 J), on a la majoration : Max 1 ui - CP(Xi) I = II uh - f{Jh II 00  {  sup I q:;(4)(X)I } h 2 . liN 96 Oxl ÐÉMONSTRATION. (i) Montrons pour commencer que 1 1 II Ah" 1100  S' 
MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES EN DIMENSION UN 43 Introduisons pour cela la matrice 2 -1 1 -- 1 2 -1 Aoh == - h 2 . . -1 2 -1 -1 2 qui n'est autre qu'une matrice Ah particulière, correspondant au cas où la fonction c est identiquement nulle. D'après Ie théorème 3.1-1, A};l  0 et A;l  o. L'hypothèse c  0 entraînant également Ah-Aoh == diag(c;)  0, on déduit A -l-A-l - A-l ( A -A -l ) A-l  0 oh h - oh h oh h......., et donc, d'après l'expression de la norme matricielle 11.1100(11 (bij) 1100 =max L Ib;ll; ; j ct. théorème 1.4-2), "Ah"ll1oo  II Allloo , puisque les matrices A};l et A;"t sont o. II suffit donc de trouver une majoration de la norme II A;h 1 1100. Or on remarque, d'une part, que A-;;,t  0 => II Alll 00 = II Ale 1100, où e est Ie vecteur de RN dont toutes les composantes sont égales à 1, et, d'autre part, que Ie vecteur A;le n'est autre que la solution du problème discret associé au problème aux limites particulier { -u"(x) = 1, 0 <: X <.. 1, u(O) == u(t) == O. . x(l- x) La solutIon 1p(x) == de ce probIème ayant une dérivée troisième nulle, on a 2 exactemen t (A;le); = 1p(Xi)' 1  i  N, puisque êh( 1p) = O. Dans ces conditions, 1 1/ A;"te 1100 == max 11p(Xi) I  sup 11p(x) I == - , liN Oxl 8 ce qui démontre l'assertioß. (ii) Des équations AhCPh == b h +êh( cp) et Ahuh = b h , on déduit h 2 f{Jh-Uh == AJ;l êh (cp), avec êh(CP) ==-12(f{J(4)(x i +O i h))f=1. Par suite, II CPh-Uh 1100  II A};ll1oo " êh(CP) 1100 , 1 et il reste à combiner la majoration II AJ;l 1100  8" avec l'inégalité h 2 l/êh(CP) 1100 - t max I cp(4) (x) I. 2 Oxl II 
44 ORIGINE DES PROBLÈMES Le théorème ci-dessus, connu sous Ie nom de théorème de Gerschgorin, montre que la méthode des différences finies appliquée au problème aux limites considéré conduit à une convergence d'ordre h 2 , en ce sens que l'erreur, mesurée ici par la norme ".1100 du vecteur Uh - CPh, a pour expression asymptotique II Uh - CPh 1100 = 0(h 2 ). Cet exemple très simple de méthode d'approximation nous permet d'introduire quelques idées générales en analyse numérique d'équations différentielles et aux dérivées partielles. (i) L'erreur ne peut en général se définir correctement qu' après l'analyse de la méthode en question. Par exemple, pour Ie problème qui nous a intéressé ici, il n'était nullement évident a priori que la norme II. 1100 fût une norme appropriée à l'étude du comportement asymptotique de l'erreur. C'est la stabilité, c'est-à-dire la majoration uniforme des normes II . 1100 des matrices AI; 1 , qui nous a guidés vers ce choix. (ii) La démonstration du théorème précédent montre que la convergence dépend non seulement de la stabilité, mais aussi du comportement asymptotique de l' erreur de consis- lance, mesurée ici par la norme II ( )11 - { _ " ( . )+ ( . ) ( . )} _ { -CP(Xi_l)+(2+C(Xi)h2)CP(Xi)-CP(Xi+l) } Eh cP 00 - max cP x, c X, cP x, 2 . 1  i N h La convergence vers zéro (avec h) de cette norme ne fait que traduire une idée très natu- relle, à savoir que l'expression aux différences finies considérée est effectivement une appro- ximation de l'équation différentielle considérée (au moins pour des fonctions suffisam- ment régulières ; cf.le point (iii)). (iii) Le comportement asymptotique de l'erreur II Uh-CPh 1100 dépend de la régularité de la solution (qu'il est en général possible de prévoir à partir de celIe des données), par l'intermédiaire du comportement asymptotique de l'erreur de consistance. C'est ainsi que si la solution était "seulement" trois fois continûment dérivable, on obtiendrait II Uh-CPh 1100 = O(h) ; à cet égard, on se reportera utilement à l'exercice 3.1-4. (iv) La démonstration de la relation lIuh-cphlloo = 0(h 2 ) devrait être complétée par la preuve qu'elle est la meilleure possible (on a vu' qu'on pouvait avoir Uh-CPh = 0), c'est-à- dire qu'on peut trouver des exemples où, la solution cP étant quatre fois continûment dérivable, une égalité de la forme II Uh-CPh 1100 = Ch 2 (1 +ð(h)), C::> 0, lim ð(h) = 0, h-O peut effectivement être établie. C'est Ie cas ici, comme Ie montre l'exercice 3.1-5. (v) Le comportement asymptotique de l'erreur peut se découvrir de façon "empirique". Considérons par exemple Ie problème aux limites { -u"(x)+xu(x) = (1 +2x-x 2 )e x , u(O) = 1, u(l) = 0, dont la solution est cp(x) = (l-x)e x . L'application de la méthode des différences finies conduit aux résultats numériques suivants : 1 I N h = N+l II Uh-(j?h 1100 (II U h -CPhll oo ) (N+ lr I 1 1/2 0,01433 0,05732 3 1/4 0,003657 0,05X51 7 1/8 0,0009192 0.05X83 15 1/16 0,0002326 0.05955 31 1/32 0,00005852 0,05992 
MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES EN DIMENSION DEUX 45 On note qu'effectivement Ie produit de I 'erreur II Uh - C{Jh 1100 par h- 2 se comporte "très vite" comme une constante, au vu de la colonne de droite du tableau ci-dessus. On pour- rait aussi s'en apercevoir en portant l'erreur en fonction de h sur un graphique a coordon- nées en échelle logarithmique : 11 est alors remarquable de voir les points s'aligner très précisément sur une droite de pente 2. On ne saurait d'ailleurs trop conseiller aux lecteurs de construire leurs propres exemples et de les analyser "expérimentalement" de cette f açon. 3.2. La méthode des différences finies pour un problème aux limites en dimension deux Considérons Ie problème physique suivant : Une membrane élastique s'appuie SUi" un contour dont la projection sur Ie plan "horizontal" engendré par les deux vecteurs de base e 1 et e 2 , est la frontière r d'un ouvert Q connexe et borné de ce même plan. On suppose cette membrane soumise à I 'action d'une force verticale donnée í/(x)dx par élément de surface du plan horizontal, où í est la tension de la membrane (il est commode de faire apparaître la constante physique í dans l'expression de la densité de force). On se pose Ie problème de déter- miner la déflexion verticale u(x), x EQ, des points de la membrane sous l'influence de cette force (c/. figure 3.2-1). Moyennant certaines hypothèses simp- lificatrices, on montre alors que la fonc- tion inconnue U doit vérifier l'équation aux dérivées partielles 'tF(x)ax e 3 9<Y) U(x) -L1u(x) = I(x) ô 2 ô 2 pour xEQ, où L1 =  2 +, uX 1 UX 2 .a . FIG. 3.2-1. qui s'appelle l'équatioll de Poisson, ou !'équation de Laplace si 1= O. L'opérateur L1 s'appelle Ie Laplacien (ici, en dimension deux). On est donc amené à trouver une fonction u : Q -+ R solution de { -L1u(x) = I(x), u(x) = g(x), xEQ, xE r, où la fonction g, qui représente la cote du contour de la membrane, est une donnée. II s'agit d'un nouvel exemple de problème aux Iimites, la fonction inconnue devant satis- faire la condition aux 1if11ites u = g à la frontière de l'ouvert sur lequel l'équation aux dérivées partielles doit être satisfaite. On démontre (mais c'est beaucoup plus délicat qu'en dimension un) q'!e si les données let g sont suffisamment régulières, ainsi que la frontière r, ce problème a une solution et une seule, continue sur Q et deux fois continûment dérivable sur Q (pour fixer les idées). N ous noterons C{J cette solution. Comme en dimension un, la f11éthode des différences finies fournit une approximation de la solution en un nombre fini de points de l'ouvert Q. Pour cela, on commence par établir un mail/age ulllforme du plan, de même pas h dans les deux directions (il est parfois utile de considérer des maillages non uniformes ; nous ne Ie ferons pas ici), dont 
46 ORIGINE DES PROBLÈMES les næuds sont les points (ih, jh), i, j E Z. Appelons flit l'ensemble des nreuds du maillage qui appartiennent à Q, et r h l'ensemble des points du plan qui sont à l'intersection de la frontière r et d'une ligne horizon tale ou/et verticale du maillage. Attention! : sauf cas particulier, il n'y a aucune raison pour que les points de Fit soient des nreuds du maillage (cf. figure 3.2-2). Le problème discret consiste à trouver une approxÎlllatioll de la solutioll aux poilltj' de fJ h . Pour commencer, on numérote ces points de la gauche vers la droite et du haut vers Ie bas, comme indiqué à la figure 3.2-2 sur un exemple. Alors qu'il ne semble pas a priori que l'ordre dans lequel on numérote ces points ait de lïnlportance, cet ordre joue un rôle fondamental pour la résolution pratique du problème discret associé. On reviendra sur ce point. P2 h2, h3 h. P3 P p. "4 P4 FIG. 3.2-3. FIG. 3.2-2. La première étape de la méthode consiste à obtenir une expression approchée du Laplacien aux nreuds P E Qh en remplaçant les dérivées partielles par des quotients "aux différences finies" appropriés. Soit P un point de fJ h , et soit Pi, 1  i  4, les quatre points de l'ensemblefJ h U r h "les plus voisins dans les quatre directions", disposés comme à la figure 3.2-3. On notera hi la distance du point P au point Pi. . h I .. â 2 p ) ,... ( Sl par exemple hI = 3' 'approxImatIon de- (P est toute trouvee, a savolr se oX I reporter au paragraphe précédent): -f{J(P 3) + 2p(P)- p(P 1) h 2 1 Sinon, on cherche une combinaison linéaire des trois valeurs p(P 3)' p(P), p(P 1)' de telle façon que C%11p(P 1 )+aIp(P)+a 3 q:;(P 3 ) =- 2 (P)+{termes avec dérivées d'ordre 3}. oX I En supposant la solution p suffisamment régulière, on peut écrire : âp h 2 â 2 p h 3 â 3 p p(P 1) = p(P) +hl â (P) + - (P) +  -- (Ql)' Ql E ]P, P 1[' Xl 2 âxf 6 âx âp h5 â 2 p h â 3 p p(P 3 ) = p(P)-h 3 âX 1 (P) + 2- âxi (P)-6 âxf (Q3)' Q3 E ]P, P 3 [. 
MÉTHODE DES DIFFÉRENCES FINIES EN DIMENSION DEUX 47 On est ainsi conduit à résoudre Ie système linéaire (%1 +(% + CX 3 == 0 {coefficient de cp(P)}, {coefficient de ::1 (P>}. {coefficient de  (P)}. tX1h1-(X3h3 == 0 h 2 h 2 1 3 Xl 2--+ X3 -2 ==-1 de solution 2 Xl ==- h1(h 1 +h3)' 2 , X==--, hlh3 CX3 == - 2 h 3 (h 1 +h 3 ) On obtient de cette façon 8 2 2 2 - ôXI (P) =- h 1 (h 1 +ha) qJ(P 1 )+ h1 h a qJ(P) - h a (h 1 +ha) qJ(Pa) hi 8 3 cp h5 8 3 cp - 3(h; +h 3 ) - 8xf (Q1) + 3(h 1 +h3) 8xf (Q3)' alnsl qu'une expression analogue pour la dérivée partielle - 8 8 2 (P). On s'aperçoit x 2 au passage qu'il est inutile d'aller jusqu'aux dérivées quatrièmes dans les développements de Taylor lorsque hI  h 3 , car dans ce cas les termes comportant les dérivées troisièmes ne s'é1iminent pas. En négligeant, comme en dimension un, les termes faisant intervenir les dérivées d'ordre 3 de la fonction qJ, on définit Ie Laplacien approché comme l'opérateur 1inéaire Ah qui, à toute fonction u définie sur fensemble Qh u r  associe la fonction Ahu définie sur l'ensemble.Qh par déf 2 2 2 AhU{P)= h 1 (h 1 +h a ) u{P 1 )+ U{P 2 ) + u(Pa) h 2 (h 2 +h4) h 3 (h 3 +h 1 ) + 2 U(P4)- { - +._ } u(P), PE.Qh, h 4 (h4 +h 2 ) hIh3 h2 h 4 définition qui se simplifie en L1hU(P) == u(P 1) +u(P 2) +u(P 3) + U(P4)- 4u(P) h 2 lorsque hI == h 2 == h3 == h4 == h. Pour des raisons évidentes, les formules ci-dessus sont fréquemment appelées de façon imagée des approximations à 5 points du Laplacien. Une fois Ie Laplacien approché défini, Ie problème discret associé au problème aux limites considéré et au maillage choisi consiste à trouver une fonction Uh définie sur l'ensemble discret.Qh U r h telle que { -L1hUh(P) == f(P), P E.Qh, Uh(P) == g(P), P Er h - Dès que l' on a choisi un numérotage des noeuds de .Qh, les deux relations précédentes s'écrivent sous la forme d'un système linéaire Ahuh == b h , 
48 ORIGINE DES PROBLÈMES Ie vecteur uh ayant pour composantes les valeurs Uh(P), P EQh, rangées dans l'ordre considéré. Par exemple, dans Ie cas de la figure 3.2-2, on obtient la matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . / . . . . . . . . . . . . . . I . . . An= où nous avons représenté par des points les éléments non nuls. Revenant au cas général, passons en revue les propriétés "immédiates" de la matrice Ah' C'est une matrice creuse, puisque chaque ligne com porte au plus cinq éléments non nuls. De plus, au numérotage des points de Qh choisi correspond une décomposition par blocs tout à fait remarquable de la matrice A h , puisqu'elle est tridiagonale par blocs. Chaque bloc diagonal correspond à l'ensemble des équations -lfhUh(P) == !(P) associées aux points P d'une même ligne du maillage, disons la p-ème pour fixer les idées. Les seuls éléments non nuls associés à un tel point P correspondent (avec les notations de la figure 3.2-3) aux points PI et P 3 d'une part, ce qui montre que les blocs diagonaux sont des matrices tridiagonales, et aux points P 2 et P4, d'autre part, ce qui correspond à un élément non nul de la sous-matrice Ap_1,p et à un élément non nul de la sous-matrice A p + l'p ; ceci explique la structure tridiagonale par blocs. On ne saurait trop insister sur l'intérêt pratique de ce résultat : Comme on Ie verra au chapitre 5, il existe en effet des méthodes de résolution de systèmes linéaires particulière- ment bien adaptées aux matrices tridiagonales par blocs. Par ailleurs, les lecteurs devrai- ent se convaincre par eux-mêmes qu'un numérotage "que Icon que " des points conduit à une matrice (évidemment toujours aussi creuse), mais sans structure particulière. Si la matrice Ah a une "structure symétrique'\ en ce sens qu'un élément (Ah)ij est non nul si et seulement si l'élément (Ah)ji est également non nul, e/le n'est paj' symétrique en général, sauf si la seconde expression du laplacien approché est la seule utilisée ; cette dernière éventualité correspond au cas (très) particulier OÙ l'ensembJe r est un polygone à côtes parallèles aux axes de coordonnées. REMARQUE. Par contraste, les méthodes d'approximation variationnelle conduisent toujours à des matrices symétriques (se reporter aux paragraphes 3.4 et 3.5). II Nous laissons en exercice l'étude de la convergence de la méthode (exercice 3.2-2); com me en dimension un, elle repose de façon essentielle sur Ie caractère monotone de la matrice Ah (exercice 3.2-1). 3.3. La méthode des différences finies pour les problèmes aux limites d'évolution Considérons une barre de longueur I portée par un axe entre les points d'abscisse o et I, dans laquelle la chaleur se transmet par conduction. On suppose que les échanges de chaleur avec l'extérieur proviennent de sources de chaleur disposées Ie long de la 
OIFFÉRENCES FINIES POUR LES PROBLÈMES O'ÉVOLUTION 49 barre, la quantité de chaleur fournie au point d'abscisse x à I'instant t ayant une densité f(x, t). On suppose enfin qu'il n'y a pas d'échange de chaleur par rayonnement ou con- vection. Dans ces conditions, la température u(x, t) au point d'abscisse x et à l'instant f vérifie I'équation aux dérivées partielles suivantes : ôu ô 2 u a 81- (x, t)-y 8 x 2 - (x, t) = f(x, t) (a = chaleur spécifique linéaire ; y = conductibilité calorifique), et s'appelle l'équation de la chaleur en dimenj'ion un. Si l'on suppose connue la température u(x, 0) = uo(x), 0  x  I, de la barre à l'instant "initial" t = 0 et les extrémités de la barre maintenues à températures connues pour t  0, on est amené à trouver une fonction u(x, t) définite pour 0  x  I et t  0 Jolution de au ô 2 u a ôt (x, t)-y ôx 2 - (x, t) = f(x, t), 0 <:: X <:: I, t >- 0, u(x, 0) = uo(x), 0  x  I, u(O, t) = a;(t) et u(l, t) = ß(t), t  O. Supposant sans restreindre la généralité a = y = I = 1, et a;(t) = ß(t) = 0 pour I  0 (soustraire la fonction (1 - x)(t) + xß(t)), on est conduit à trouver une fonction u(x, t), définie pour 0  x  1 et t  0, qui vérifie ôu ô 2 u -ô i - (x, 1) - Ô x 2 (x, 1) = f (x, t), 0 <:: X <:: 1, 0 <:: t. u(x,O) = uo(x), 0  x  1, u(O, 1) = u(l, t) = 0, t  O. II s'agit là d'un nouvel exemple de problème aux Iimites, puisque les relations u(O, t) = = u(l, t) = 0 pour t  0 sont effectivement des conditionj' aux Iimites. Mais on notera que ce problème est assorti de surcroît de la con- dition initiale u(x, 0) = uo(x), 0  x  1, carac- téristique d'un problème d'évolution, c'est-à-dire où Ie temps intervi{nt. On démontre que si les données f et U o sont n suffisamment régulières (et si la fonction U o sat is- fait la condition naturelle de compatibilité uo(O) = u o (1) = 0) que ce problème admet une solution et une seule, continue sur l'ensemble [0, 1]XR+et suffisamment régulière sur l'ensemble ]0, 1[ X {t E R, t :> O} pour que l'équation aux dérivées partielles considérée y ait un senSe On notera cp cette solution. 6. Pour discrétiser ce problème par une méthode de différences fillies, établissons un maillage de pas h = -- ---, N : entier  1, pour la variable N+l x, et de pas lit pour la variable t (figure 3.3-1). Les paj' h et At j'ont dej,tinés à tendre vers zéro. Notant u'l une approximation (à trouver) de la solution au point (ih, llL1t), les considé- rations du paragraphe 3.1 nous conduisent à approcher àt lih,nà) t Xi_ih o t x H x N + t O 1 h FIG. 3.3-1. ô 2 cp - --- ( ih nllt ) P ar ôx 2 ' n +2 n n -u i - 1 ui -Ui+l h 2 
50 ORIGINE DES PROBLÈMES ct r u'!+ 1_ U'J â j I At I (schéma I), Ô (ih, n.1t) par ou LJ n u'! -1 u.- . I I .1/ (schéma II). Leproblèmediscret associé au schéma I s'écrit : trouver des nombres u'/, 0  i  N+l, n  0, solutions de U7+- t u'/ + ( -u'/-1 + h 2 2 u'f- U '/+1 ) LJ = I (ih, nL1t), u? = u o(ih), 1  i  N, UÖ = UN+l = 0, n  O. 1  i  N, 11  0, Définissant les vecteurs un = (u'/)1 ERN et In = (I (ih, IlAt))1 ERN, Ie probIème discret s' écrit sous la forme ma tricielle : trou ver des vecteurs un, 11  0, vérifiant I un+un +Au n = I", II;;" 0, U O donné, où la matrice A d'ordre Nest donnée par l'expression familière 2 -1 -1 2 -1 1 A h 2 -1 2 -1 -1 2 REMARQUE. Afin de ne pas alourdir l'écriture, on omet volontairement la dépendancc 1 sur h = des vecteurs un, In et de la matrice A. II convient cependant de ne pas N+l I'oublier ! II Le vecteur u n + 1 est donc donné explicitement à partir du vecteur u n + 1 par la formule u n + 1 = (I - L1t A)u n +L1t In, n  O. Defaçon plus précise, chaque composante uj+l du vecteur u n + 1 est obtenue exp1icitement à partir des seules composantes u7-1' u7, u+1 du vecteur un supposé déjà calculé (on rappelle que uö = u;;+ 1 = 0) : on dit que Ie schéma I est explicite. Le schéma II s'écrit de la même façon u7-u'/-1 ( -u7-1 +2u'/-U'/+I ) = I( . h A ) .d t + h2 I , nL t , u? = uo(ih), 1  i  N, 1  i  N, n  ], uö = u;; + 1 = 0, It  0, 
DIFFÉRENCES FINIES POUR LES PROBLÈMES D'ÉVOLUTION 51 soit encore, sous forme matricielle, I un_un-l +Au n = In 11  1, .1t ' u O donné. Contrairement au cas du schéma I, on ne peut pas calculer directement une composante u'/ du vecteur un puisque la relation où elle apparaÎt fait également intervenir les compo- santes u'/-l et u7 + 1 du même vecteur : on calcule Ie vecteur un à partir du vecteur u n - 1 en résolvant un système linéaire, à savoir (I +.1t A)u n = u n - 1 +.1t In , et c'est la raison pour laquelle Ie schéma II est dit implicite. La mise en æuvre du schéma II conduit donc à la résolution d'une suite de sYJ'tèmes linéaires, de même matrice (I + +.1t A), tridiagonale symétrique définie positive (cette dernière propriété résultant du caractère défini positif de la matrice A établi au paragraphe 3.1). Nous ne dirons rien ici sur l'étude de la convergence de tels schémas, renvoyant pour cela aux ouvrages spécialisés, cités notamment dans les Commentaires Bibliographiques. Mentionnons simplement que Ie schéma implicite II est meilleur que Ie schéma explicite I du point de vue de la "stabilité", ce qui est finalement très "moral ", dans la mesure où il nécessite davantage de travail numérique. On pourrait également considérer Ie problème de la détermination de la température à l'intérieur Q d'une surface de R 2 , ou d'un volume de R 3 , de frontière T. On est alors conduit à trouver une fonction u(x, t) définie pour x E Q et t  0, solution de ôu (J ôt (x, t)- y.1u(x, t) = f(x, t), x E Q, t:> 0, u(x, 0) = uo(x), x E Q (condition initiale), u(x, t) = g(x, t), x Er, t  0 (condition aux limites), les fonctions f, uo, g étant données. On peut encore approcher de tels problèmes aux limites d'évolution par des méthodes de difTérences finies, l'approximation du Laplacien L1 se faisant alors comme il a été indiqué au paragraphe 3.2 en dimension deux. Considérons ensuite une corde homogène de section constante, de longueur I, tendue entre deux extrémités fixes placées Ie long d'un axe, l'une étant à l'origine 0 et l'autre au point d'abscisse /. La corde est soumise à l'action d'une force verticale tf(x, t) dx par élément de longueur dx (í = tension de la corde), et on se propose d'étudier les "petits" mouvements transversaux de la corde dans Ie plan vertical; autrement dit, on cherche une fonction u(x, t) définie pour 0  x  I et t  0, qui représente à l'abscisse x et à l'instant t la déformation verticale de la corde. On montre alors que la fonction u doit vérifier l'équation aux dérivées partielJes suivante : 1 ô 2 u ô 2 u -2- -2 (x, t)- (x, t) = I (x, t), 0 <: X <: I, t:> 0, c vt vX OÙ C = ýile (e : densité linéaire de la corde), qui s'appelle l'équation des ondes en di- mension un. On suppose connue la forme de la corde à l'instant "initial" t = 0, ainsi que la distribu- tion des vitesses "initiales" Ie long de la corde ; autrement dit, on connaît les fonctions ôu u(x,O) = uo(x) et ôt - (x, 0) = u 1 (x) pour 0  x  I (par exemple, si la corde est sim- plement lâchée à partir d'une position donnée, on a u1(x) = 0 pour 0  x  I). Enfin, on doit avoir u(O, t) = u(l, t) = 0 pour t  0 puisqu'on suppose que les extrémités de la corde sont fixes. 
52 ORIGINE DES PROBLÈMES On est donc amené à trouver une lonction u(x, t) définie pour 0  x  I et t  0 qui soil une solution de r 1 ô 2 u ô 2 u (x,t)- 2 (x,t)=/(x,t), O<x<l, t>O, c vt vX u(O, t) = u(l, t) = 0, t  0 (condition aux limites), ) u(x, 0) = uo(x) , 0  x  I (condition initiale), t : (x, 0) = u 1 (x), 0  x  I (condition initiale). II s'agit donc d'un nouvel exemple de problème aux limites d'évolution, assorti cette fois de deux conditions initales. Pour discrétiser ce problème par une méthode de dif- férences finies, on établit Ie même maillage qu'à la figure 3.3-1 (en supposant I = 1). La discrétisation la plus "naturelle" consiste à trouver des nombres u'/, 0  i  N + 1, n  0, solutions de 1 u+l- 2u'! + u,!-1 ( - u + 2u'!-u ) _ I I I + 1-1 I 1+1 c 2 L1t 2 h 2 u? = uo(ih), 1  i  N, ut = u o (ih)+L1t u 1 (ih), 1  i  N, l U ö = uN = 0, n  0, = I (ih, nL1t), 1  i  N, n  1, soit encore, sous forme vectorielle (avec les mêmes notations que précédemment), 1 1 un+1- 2u n +u n - 1 -"2 L1 2 +Au n = In, n  1, c t u O , u 1 donnés. Au schéma explicite ci-dessus, on préfère généralement un schéma implicite, par exemple 1 1 un+1- 2u n +u n - 1 1 -- +-- (Aun+1+2Aun+Aun-1) = In, n  1, c 2 L1t 2 4 u O , u 1 donnés, dont la progression requiert la résolution d'une suite de J:vJ,tèmes linéaires de même matrice (I +- c2t2 - A)' à nouveau tridiagonale symétrique définie positive. On pourrait de la même façon considérer les petits mouvements d'une membrane non pesante s'appuyant sur un contour de R 3 dont la projection horizon tale est la fontière r d'un ouvert Q du plan, soumise à l'action d'une force verticale Tf(x)dx par unité de surface projetée dx (r : tension de la membrane). Appelant x = (Xl' x 2 ) un point quel- conque de l'ouvert Q, la déformation verticale de la membrane vérifie Ie problème aux Iimites d' évolution : f 1 ô 2 u -c 2 ôt 2 - (x, t)-L1u(x, t) = I(x), x EQ, t > 0, j u(x, 0) = uo(x), x E Q (condition initiale), ôu a- (x, 0) = u 1 (x), X E Q (condition initiale), t t u(x, t) = g(x), x E r, t;;.o 0 (condition aux limites), 
APPROXIMA TION VARIA TIONNELLE EN DIMENSION UN 53 où c est une constante physique du problème (comme dans Ie cas de la corde), et la fonction connue g représente la cote du contour de la membrane. L'équation aux dérivées partielles de ce problème s'appelle l'équation des ondes en dimension deux. On peut encore approcher ce type de problème par des méthodes de différences finies, en utilisant Ie Laplacien approché décrit au paragraphe 3.2. 3.4. Approximation variationnelle d'un problème aux limites en dimension un Reprenons Ie problème considéré au paragraphe 3.1 : étant donné deux fonctions c, IE (Qo ([0, 1]), trouver un 1Onction u E (Q2 ([0, 1]) qui vérifie { - u"(x)+c(x)u(x) == f(x), u(O) == u(l) == O. o <: X <: 1, C'est par commodité que nous supposons ici les conditions aux limites homogènes, et ce n'est pas une restriction. En effet, si elles sont posées sous la forme u(O) == IX, u(l) == ß, il suffit pour s'y ramener de faire un changement de fonction inconnue en soustrayant la fonction {a(l-x)+ßx}. Introduisons l'espace vectoriel V formé des fonctions continues sur I'intervalle [0, 1], nulles aux points 0 et 1, et une fois continûment dérivables par morceaux sur ce même intervalle, c'est-à-dire dérivables en tout point de l'intervalle [0, 1] sauf en un nombre fini de points Xi de l'intervalle ]0, 1[, la dérivée coïncidant sur chaque intervalle ouvert entre deux points Xi consécutifs avec la restriction d'une fonction continue sur l'inter- valle fermé correspondant (Ie nombre et la position des points Xi varient avec la fonction considérée). Muni de l'application vE V -+ II v II v = U> v' 1 2 +1 v 1 2 )dX) l , cet espace vectoriel est normé (c'est même un espace préhilbertien). Pour la mise en reuvre et l'analyse de la méthode que nous avons en vue, il est essentiel de poser Ie problème aux limites sous une forme différente, appelée formulation variation- nelle : c'est I' objet du résultat qui suit. Théorème 3.4-1. (1) Si u est solution du prohlème aux limites, alors a(u, v) = f(v) pour tout vE V, où la forme bilinéaire a : V X V -+ R et la forme linéaire f: V -+ R ont respectivement pour expressions a(u. r) = I: (u'v' + cUP) dx. f(v) = f:f D dx. pour des fonctions quelconques u, vE V. (2) On suppose c  O. Une fonction uE Vest solution des équations a(u, v) == (f, v) pour tOlit v E V si et seulement si J(u) == iDf .l(v), vE v déf 1 où J(v) == 2 a(v, v) - f(v). DÉMONSTRATION. (i) Soit l' une fonction arbitraire de l'espace V. Notant Xi, 1 :::s:; i  N, les points, supposés rangés par ordre croissant, où la dérivée de la fonction v n'est pas 
54 ORIGINE DES PROBLÈMES définie, et posant 0 = xo, 1 = XN+1' on peut écrire J l N J Xi+l u"(x) v(x)dx = .L u"(x)v(x)dx o 1=1 Xi N ( J ltXi+l ) =  - . u'(x)v'(x)dx+{u'(x)v(x)}+l i -1 Xl = - J: u'(x)v'(x)dx, la dernière égalité ci-dessus provenant de la continuité des fonctions u' et v sur l'inter- valle [0, 1] et des relations v(O) = v(l) = o. (ii) Démontrons l'inégalité suivante, qui nous servira à plusieurs reprises par la suite: en supposant la fonction c  0, i1 existe une constante IX :> 0 telle que IX " v II}  a(v, v) pour tout v E v. Pour cela, il suffit d'établir que ex II v 11i-",-;; J: I v' 1 2 dx pour tout v E V. Or on peut écrire, pour tout x E [0, 1], J x I J l (J l ) l I v(x) I = I 0 v'(t) dt I""" 0 I v'(t) I dt ",-;; 0 I v'(t) 1 2 dt 2 d'après l'inégalité de Cauchy-Schwarz pour les fonctions. Dans ces conditions, l'inéga- lité annoncée est satisfaite avec IX = 1/2. (iii) La caractérisation du point (2) se démontre à partir de l'identité (de vérification immédia te) : 1 J(u+v)-J(u) = {a(u, v)-f(v)} +2 a(v, v) Dour tout u. v v. En effet, on en déduit, d'une part J(u+v)-J(u) =  a(v, v) ;;.:  II v IIi-;;.: 0 pour tout v E V, dès que a(u, v)- f(v) = 0 pour tout v E V. Par ailleurs, pour v E V fixé, l'inégalité 0 2 o  J(u+Ov)-J(u) = O{a(u, v)- !(v)}+T a(v, v) pour tout 0 ER, entraîne nécessairement a(u, v) = f(v). II REMARQUES. (1) Lorsque la fonction c est O, la démonstration ci-dessus fournit une nouvelle preuve de l'unicité de la solution u (déjà signalée, notamment à l'exercice 3.1-3). II en résulte en effet que vE V et a(v, v) = 0  II v Ilv = 0  v = 0, de sorte que v  0  J(u+v)-J(u):> o. 
APPROXIMATION VARIATIONNELLE EN DIMENSION UN 55 (2) L'expression {a(ll, 1')- f(l')} n'est autre que la dérivée de la fonction J au point u, appliquée à la fonction 1\ ce qui explique la caractérisation du minimum par l'annulation de la "première variation" de la fonction J (ces notions seront précisées au chapitre 7) ; c'est pourquoi les relations "a(ll, I') = f(c) pour tout v E V" sont appelées des équations variat iOl1llelles. (3) Réciproquement, on peut définir Ie problème aux limites directement par l'une des formulations variationnelles (1) ou (2) du théorème 3.4-1. La première difficulté consiste ensuite à démontrer l'existence d'une solution, car celle-ci ne peut être établie en toute généralité que dans un espace complet, à savoir la complétion de l'espace V pour sa norme (qui est ici l'espace de Sobolev Hå(O, 1)). Si Ie résultat "abstrait" d'existence est relativement facile à démontrer (c/. théorème 8.2-3), c'est l'étude des espaces complétés qui est délicate (surtout en dimension  2, où toutes ces idées se généralisent). Une seconde difficulté consiste à démontrer que la solution ainsi obtenue est suffisam- ment régulière pour être également une solution au sens "classique" où nous l'avons entendu jusque là. _ La méthode d'approximation var:"ationnelle consiste à approcher, de la façon la plus naturelle qui soÏt, la formulation variationnelle d'un problème aux limites : pour Ie problème qui nous intéresse, on se donne un sous-espace Vh de dimension jinie de l'espace V, et Ie problème discret associé consiste à trouver une fonction u"E V h telle que a(uh, 'Vh) = /( Vh) pour tout l'h E Vh . On a alors Ie résultat très simple suivant d'existence, d'unicité, de caractérisation de la solution approchée Uh, et enfin de comparaison avec la solution "exacte" u : Théorème 3.4-2. On suppose la fonction c  O. (1) Étant donné un sous-espace Vh de dimensionfinie de I'espace V, il existe un et un seul élément uhE V h qui vérifie a(u h , v h ) = !(v h ) pour tout Vh E Vh. (2) Cet élément est également caractérisé comme la solution unique du problème: trouver uhE V h tel que J( Uh) = inf J( v h ). VAE VA ( 3) Enfin, il existe une constante C, indépendante du sous-espace considéré et de la solu- tion u, telle que II U-Uh II v  C inf II U-Vh II v. vAE V h DÉMONSTRATION. (i) La recherche de la solution du problème discret équivalant à la résolution d'un système linéaire à matrice carrée, l'existence et l'unicité sont alors des propriétés équivalentes ; vérifions la seconde : a(uh' Vh) = 0 pour tout vhE Vh => a(uh, Uh) = 0 => Uh = 0, puisque a(v, v) = 0 => v = 0 (c/. partie (ii) de la démonstration du théorème 3.4-1). La caractérisation du point (2) se démontre exactement comme la caractérisation corres- pondante du théorème précédent. (ii) Par application de l'inégalité de Cauchy-Schwarz pour les fonctions, puis pour les vecteurs de R 2 , on obtient l'inégalité f:(U'V' +uv) dx (I:I u' 1 2 dX) i (f:1 v' 1 2 dX)  + (J:I U 1 2 dX)  (I:IVI 2 dX)   II U Ilv II v Ilv pour tout u, vE V, 
56 ORIGINE DES PROBLÈMES d'où l'on déduit ensuite la(u, v)1  Mil ullv II vii v, avec Des relations M == max { I, sup c(x) } , Oxl pour tout U, '1' E V. a(u,v) == f(v) pour tout v E V, a(Uh, 'Uh) == f (Vh) pour tout Vh E Vh, et de l'inclusion Vh c V, on déduit par ailleurs a(u - Uh, Wh) == 0 pour tout Wh E Vh. Par suite, IX II U-Uh II  a(u-uh' U-Uh) == a(u-uh, U-Vh+Vh-Uh) == a(u-uh, U-Vh)  Mllu-Uhllv Ilu-1)hllv pour tout vhEVh, M et l'on obtient l'inégalité annoncée avec C == ---. x II Considérons maintenant des exemples de sous-espaces de l'espace V utilisés en 1 pratique: étant donné un entier N  1, on pose h == - - -, et on considère un maillage N+l uniforme de pas h de l'intervalle [0, 1], formé des næuds Xi == ih, 0  i  N + 1. Étant donné par ailleurs un en tier m  0, on définit l'espace Vel == {vE (Qm([o, 1]) ; v(O) == v(l) == 0 ; V I[Xi' xi+d E P 2m + 1 ([Xi, Xi+l])' 0  i  N}, en notant en général par Pk (I) l'espace vectoriel formé par les restrictions à un intervalle Ie R des polynômes de degré  k, et par 1) I / la restriction de la fonction v à I'ensemble I. On rappelle qu'un polynôme de degré  2m + 1 est déterminé de façon unique par ses valeurs, ainsi que par les valeurs de ses dérivées jusqu'à I'ordre  m, en deux points distincts. L'espace Ví: l est effectivement un sous-espace de l'espace V: puisque l'inclu- N+4 sion Ví: ' c (Ql([O, 1]) c Vest satisfaite pour m  1, il suffit de considérer Ie cas où m == 0 ; or I'espace VJi étant formé des fonc- tions affines par morceaux, dont la figure 3.4-1 donne un exemple, la conclusion est immédia tee Étudions maintenant la convergence du procédé lorsque Ie pas h tend vers zéro. II est instructif de comparer ce résultat avec celui du théorème 3.1-2 ; voir également l'exercice 3.4-2. x. FIG, 3.4-1. 1 Théorème 3.4-3. On suppose la fonction c  O. Pour tout en tier m  0, il existe une constante C(m) indépendallte de h telle que, si la solution u du problème aux limite vérifie II E c2 2m + 2 ([ 0, 1 ]), alors "U-Uh Ii V == (J l {I (U-Uk)' 1 2 + I U-Ilk [2} dX )  """ C(m) sup I U,2111+2)(X) [112111+1, o Oxl 0"" Uh est la solution du problème discret associé au sOlls-espace Vh'. 
APPROXIMATION VARIATION NELLE EN DIMENSION UN 57 DÉMONSTRATION. (i) Démontrons pour commencer un résultat d'interpolation, intéressant par lui-même : soil m un entier  0 ; étant donné une /onction uE @2 m +2([a, b]), [a, b] : intervalle de R d'intérieur non vide, désignons par II u : [a, b]  R la fonction définie de façon unique par le.S' relation.S' { IIU EP 2 m : l([a, b]), (llu)(l)(a) == u(l)(a), (Ilu)(I)(b) == u(l)(b), 0  I  m. Alors il existe deux constante.S' Co(m) et C l(m), indépendante.S' de la fonction u et de l'inter- valle [a, b], telles que sup I (u-Ilu) (x) I  C o (nl) sup Ill2m+2)(x) I (b-a)2m+2, axb axb sup J (u-!lu)' (x) I  C 1 (nl) sup I u(2m+2) (x) I (b-a)2m1. axb axb Pour commencer, on remarque qu'il suffit de démontrer la seconde inégalité, puisque (llu(a) == u(a) dans tous les cas) : (u-IIu) (x) = f: (u-IIu)' (t) dr, a  x  b. Comme la fonction w == u-II u vérifie w(l)(a) == w(l)(b) == 0, 0  I  m, des applications successives du théorème de Rolle, aux fonctions w, w', . . ., w(2m), montrent qu'il existe un point Y} vérifiant a -< r; -< b, et w(2m+l)(r;) == O. Étant donné un point t E ]a, b[, Ia fonction auxiliaire déf ( (x-a) (x-b) ) "Pt : xE [a, b] - "Pt(x) == w'(x)- m w'(t) (t-a) (t-b) vérifie (les dérivées de la fonction VJ r sont prises par rapport à la variable x) : "Pr(t) == 0, "Prl)(a) == "Pl)(b) == 0, 0  I  m-1. Par de nouvelles applications du théorème de Rolle, on conclut à I'existence d'un point  vérifiant a -<  -< b, et (2m) , o == "P(7m)() == w(2m+l)()_ . w'(t), ((t-a) (t-b))m ce qui permet d'exprimer la dérivée w'(t) sous la forme w'(r) = ((t-a)(r-b))m w(2m+1)() (2m) ! ' et d'en déduire la majoration (prolongée par continuité aux points t == a et b) : 1 ( b-a ) 2m I w'(t) I  -  , - sup I w(2m+l>() I, (2m). 2 a!;b a  t  b. Comme W(2 m +l)(Y}) == 0, et comme w(2m+2) == u(2m+2) (la fonction II u est un polynôme de degré  2n1 + I ), on peut écrire w(2m+l)() == f  U(2m + 2)('Y]) d'Y], 1J 
58 ORIGINE DES PROBLÈMES d'où l'on déduit la majoration I w(2m+1)():  (b-a) SUp I u(2m+2)(X) /, a   :::s; b, axb et 1 'assertion est établie. (ii) Notons IIhu : [0, 1] -+ R la fonction définie (de façon unique) par les relations { IIhuE Vzr ' (II h u)(I) (Xi) == u(l) (Xi)' O:::s; l :::s; m, O:::s; i :::s; N + 1, où u désigne la solution du problème aux limites. En "'recollant" les inégalités précéden- tes, et en combinant avec la définition de la norme de l'espace V, on obtient i I U-llh U II v = (f: (I u-llh u )'I2 +(U-llh U ) 12) dX)  :::s; sup I (u-IIhu)' (X) I + sup I (u-IIhu) (X) I Ox1 Ox1 :::s; (C O (m)+C 1 (m)) sup I u(2 m +2)(x) I h 2m + 1 . Oxl II suffit ensuite d'utiliser l'inégalité II u - Uh ! ! v  C II u -II h U "v , conséquence de la majoration (3) du théorème 3.4-2. II Pour terminer, donnons quelques indications sur la mise en æuvre pratique de la mé- thode. Lorsque m == 0, on choisit comme base de l'espace V2 l'ensemble des fonctions Wi, 1 :::s; i :::s; N, définies de façon unique par les relations Wi E V2 ' W;(Xj) == ð(;, 1:::s; j :::s; N. La recherche de la solution approchée M Uh == L UjWj j=1 du problème discret équivaut à la résolution du système Iinéaire M L a(wj, w;)Uj == f (Wi), 1:::s; i :::s; M, j=1 où a(Wj. Wi) = f: {wí w ; +CWjW;} dx. f(w;) = f: fw; dx. La matrice (a(wb Wi)) est tridiagonale, Ie support de chaque fonction de base Wi étant la réunion des deux intervalles [Xi -1' X;] et [Xi, Xi +1]' symétrique (puisque a(u, v) =- a(v, u) pour tout u, vE V) et définie positive, puisque M ( M M ) 1 M2  Uia(Wb Wi)Uj == a .L UiWi, .L UjWj  .L U;Wi . ,J=1 ,=1 J=1 I ,=1 I V On notera que, si la matrice du système linéaire est également symétrique définie positive pour tout autre choix de base, et même pour tout autre choix de sous-espace Vh de di- mension finie, son caractère tridiagonal est lié de façon essentielle au choix de la base. 
APPROXIMA TION V ARIA TIONNELLE EN DIMENSION UN 59 A titre d'exemple, écrivons Ie système linéaire correspondant au cas où les fonctions c et f sont constantes : C 2 -1+-h 6 C 2 -1+-h 6 f 2c 2+-h 2 3 C 2 -1 +- h 6 2c 2+-h 2 3 U 1 f U2 1 h ==h C 2 -l+-h 6 2c 2+-h 2 3 C 2 -l+-h 6 2c 2+-h 2 3 f UN_l f C 2 -1 +- h 6 UN On ne manquera pas de noter l'analogie avec Ie système linéaire obtenu par application de la méthode des différences finies (paragraphe 3.1), analogie d'autant plus "troublante" que les inconnues Uj représentent précisément les va leurs de la solution approchée aux nreuds Xi. Les fonctions Vh de l'espace vg vérifient en effet l'identité M Vh == L 'h(Xi)Wi' ;=1 Lorsque m == 1, on choisit comme base de l'espace Vll'ensemble des fonctions 1  i  N, et wl, 0  i  N + 1, définies de façon unique par les relations o Wi' w? E Vl, wl E Vl, w(Xj) == ð ib w ( x . ) == 0 I J ' 1  j  N, (w?)' (Xj) == 0, 1  j  N, (w})' (Xj) == ðij' 0jN+1, OjN+1. Là encore, les composantes du développement d'une fonction de V sur la base ont une signification remarquable, puisque l'identité N N+l Vh == L Vh(XJWP + L v(xi)wl ;=1 ;=0 est valable pour toute fonction Vh E V. f ,W o Xo Xi FIG. 3.4-2. Les fonctions de base ayant encore un "petit" support (cf. figure 3.4-2), on peut s'attendre à une structure de matrice-bande, en ordonnant toutefois les fonctions de base dans l'ordre "naturel" 1 0 1 0 1 0 I 1 w o , WI' WI' W 2 , w 2 ' . . ., WN' WN' WN +1 . C'est ainsi que la matrice correspondant au cas où C == 0 (la forme bilinéaire se rédui- sant à a(u, v) = I: u'v' dx) a pour expression 
60 ORIGINE DES PROBLÈMES 4h 2 -3h -h 2 72 0 -36 3h _ h 2 0 8h'1 -3h _h 2 -36 -3h 72 0 -36 3h 3h -h 2 0 8h 2 -3 h -h  A= 30h , J J L____ "'---1 , I I I I -36 -3h 72 0 3h 3h _hI. 0 3h C'est donc un nouvel exemple de matrice tridiagonale par blocs, caractéristique qui, jointe au caractère symétrique et défini positif, facilite la résolution des systèmes linéaires associés, comme on I 'a déjà signalé. Si les fonctions de base étaient rangées dans l'ordre (somme toute aussi "naturel' que Ie précéden t ...) : 00 01. 1 1 11 WI' W 2 , ..., WN' W o , WI' W 2 , . . ., WN' WN+I' on obtiendrait la matrice 72. -36 -36 72. -3' -3h 0 3h -3h 0 3h N lisnes . . . . -36 72 -3h 0 3" A- 1 -3h 4h'1 -h'1 -30h 0 -3h -hi Bh'1-h!1 311 0 . -3h -3h . 0 3h N+2. lisnes qui a complétement "perdu" la structure tridiagonale par blocs ! 3.5. Approximation variationnelle d'un problème aux limites en dimension deux N ous allons décrire l'application de cette méthode au problème de la membrane con- sidéré au paragraphe 3.2, en suivant une démarche analogue à celIe du paragraphe précé- dent, mais sans donner aucune démonstration (les lecteurs intéressés les trouveront en consultant les références indiquées dans les Commentaires Bibliographiques). On rappelle que ce problème consiste à trouver une solution u : Q -+ R du problème aux limites : { -LJu(x) == f(x), xED, u(x) == 0, xEF, en supposant la condition aux Iimites homogène pour simplifier. On montre alors (essen- tiellement après une intégration par parties convenablement interprétée ; comparer avec Ie théorème 3.4- I) que la solution de ce problème vérifie a(u, v) == f(v) pour tout vE V, 
APPROXIMATION VARIATIONNELLE EN DIMENSION DEUX 61 où déf i { au ov au OV } déf i a(u, v) == - -+ --- -- dx,f(v) == fv dx, Q oX 1 oX 1 oX 2 oX 2 Q et Vest un espace convenable de "fonctions" définies sur l'ensemble Q et nulles (dans un certain sens) sur la frontièrer de celui-ci (il s'agit de l'espace de Sobolev HA(Q)). De façon équivalente, la solution vérifie J(u) == inf J(v), où vE V 1 J(v) == - a(v, v)- f(v). 2 REMARQUE. Du point de vue de la Mécanique, la fonction J n'est autre que l'énergie du système physique que constitue la membrane, tandis que les équations variationnelles "a(u, v) == f(v) pour tout v E V" traduisent Ie principe des travaux virtuels. II Cette formulation variationnelle du problème aux limites considéré permet de définir la méthode d'approximation variationnelle, appelée encore nléthode de Galerkin, ou méthode de Ritz: étant donné un sous-espace Vh de dimension finie de l'espace V, la solution ap- prochée est la solution (unique) du problème discret : trouver Uh E Vh tel que a(uh, Vh) == f(Vh) pour tout Vh E Vh, ou, de façon équivalente, tel que J(Uh) == inf J( vh). LhEV h Montrons que ceci revient encore à résoudre un système linéaire : soit (Wi)t!1 une base de l'espace Vh. Écrivant M Uh == L UiWi, ;=1 Ie vecteur u == (Ui)f!l apparaît comme la solu- tion du système linéaire Au == b, où A == (a(Wj, Wi)), b == (j'(Wi))' On obtient ainsi une matrice symétrique et définie FIG. 3.5-1. positive. Un cas particulier très important de la méthode d'approximation variationnelle est constitué par la méthode des éléments finis, que nous allons brièvement décrire dans un cas très simple. Supposons que la frontière r soit un polygone, ce qui permet d'établir une triangulation de I'ensemble Q, comme indiqué à la figure 3.5-1. Le sous-espace Vh "Ie plus simple" associé à une telle triangulation est constitué par les fonctions affines sur chaque triangle, continues sur Q, et nulles sur r. Numérotant les points comme sur la figure 3.5-1, on construit une base de l'espace V h en associant à chaque sommet i de la triangulation intérieur à Q la fonction de V h qui vaut 1 au som- met i et 0 aux autres sommets. Avec ce numérotage, la matrice A == (a(wj, Wi)) correspon- dante a I'allure indiquée ci-dessous ; les points représentent les éléments non nuls. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . A== 
62 ORIGINE DES PROBLÈMES En effet, on constate que les éléments (A)ij non nuls correspondent soit au cas où i = j, soit au cas où les sommets i et j sont deux sommets d'un nlême triangle, puisque ce sont les seuls cas où l'intersection des supports des fonctions de base associées est de mesure non nulle. C'est donc un nouvel exemple de matrice tridiagonale par blocs. Cet exemple très simple met en évidence les trois caractéristiques essentielles des mé- thodes d'éléments finis: (i) existence d'une triangulatioll : (ii) construction d'un espace Vh dont les fonctions sont 'polynÔ/11iales par lnorceaux" (cf. l'exercice 3.5-1 pour un autre exemple) : (iii) existence d'une base "canonique" de l'espace V" dont les éléments ont des "petits" supports, propriété qui entraîne une structure de 111atrice-bande pour la matrice du système linéaire associé. Des indications sur la convergence de la méthode sont données à l'exercice 3.5-2. REMARQUE. S'il est courant d'approcherla "partie spatiale ,. (-; , Ju, ...) des pro- blèmes aux limites d'évolution (tels que ceux considérés au paragraphe 3.3) par des mé- h d ' .. .. II I . ( au a 2 u ) toes d approxImatIon vanationne e, a "partIe temporelle" at' -a-t 2 est Ie plus souvent uniquement approchée par une méthode de diftërences finies. II 3.6. Problèmes de valeurs propres Revenant au problème des petits mouvements d'une corde (considéré au paragraphe 3.3), on peut, ell I' absence de force (f = 0), chercher les /11011Vemellt s stationnaires de la corde, c'est-à-dire les mouvements dans lesquels la solution U(x, t) est Ie produit d'une fonction de x par une fonction de t : U(x, t) = ll(X) c(t). Bien entendu, on écarte les solutions identiquement nuIles. L'équation des ondes en dimension un devien t alors 1 u"(x) o(t) = 2 ll(X) v"(t), C ce qui conduit à deux équations différentielles pour les fonctions u et I) : -u"(x) = Àu(x) et - v"(t) = Àc 2 r(t), ì. étant une constante à déternliner. Comme U(O, t) = U(/, t) = 0 pour tout t (les extrémités de la corde sont fixes), on est conduit à trouver les nombres réels Å et les fonctions u non identiquement nulles telles que { ' - u"(x) = ).u(x), u(O) = u(1) = 0, o  x  I, ce qui constitue un problème de valeurs propres pour I' opérateur dérivée seconde. II est ici facile de voir que Ie problème ci-dessus a pour seules solutions k 2 n 2 knx Àk = f2 f{Jk(X) = C k sin I ' k = 1, 2, 
PROBLÈMES DE V ALEURS PROPRES 63 (C k : constante arbitraire non nulle), de sorte que les solutions correspondantes pour la fonction l' sont knct knct "k(t) == C]k COS -- +C 2k sin - - I I (C lk et C 2k : constantes arbitraires). On obtient ainsi les solutions knx ( knct . knct ) Uk(x, t) == sin - C lk cos --+C 2k SIn -- , I I I k == 1, 2, On parvient aux mêmes solutions en cherchant a priori des solutions de la forme : U(x, t) == u(x)e ipt , fl: constante à déterminer. On trouve alors que les seules valeurs possibles de fl sont flk == k 2 n 2 c == Â kc , /2 k == 1, 2, . .. . 2n Remarquons que les nombres - ne sont pas autre chose que les périodes des mouve- flk ments stationnaires. On peut également s'intéresser au même problème pour une membrane, en cherchant des solutions du type U(x, t) == u(x) v(t), en supposant encore f == O. La même analyse conduit à trouver des nombres réels Å et des fonctions u non identiquement nulles telles que { -l1u(x) == ÅU(x), xEQ, u(x) == 0, xEr. II s'agit là d'un prob/ème de va/eurs propres pour l'opérateur -L1. Chaque solution Å s'appelle une valeur propre et la fonction u non identiquement nulle correspondante s'appelle une fonction propre. On peut approcher de tels problèmes aussi bien par des méthodes de différences finies que par des méthodes d'approximation variationnelle. Par exemple l'application de la première méthode au problème des mouvements stationnaires d'une corde de longueur 1 == 1 conduit à trouver des vecteurs de composantes Uj, 1  i  N, (les approximations des valeurs des fonctions propres aux nreuds du maillage) et des nombres Å h (les approxi- mations des valeurs propres) tels que -1 2-1 -1 2 u l u2 == Åh u 1 u2 1 h 2 2 -1 -1 2 -1 UN_l UN UN_l UN On vérifie facilement que les valeurs propres de cette matrice sont les nombres 4 kn Å == - sin 2 1  k  N , k h h 2 2(N + 1) , 
64 ORIGINE DES PROBLÈMES associés aux vecteurs propres (C k : constantes arbitraires non nulles) : Uk == (C k uj)f:l' où k . kni u. == SIn - , N+l 1  i  N. Dans ces conditions, on obtient la majoration (pour N  k) : ., " _ 2 2 4 . 2 kn r 2 o <:: ^k-Âkh - k 7r -- SIn ----- -  kh h 2 2( N + 1) , où la constante r k dépend de I'entier k mais non du pas h, ainsi que les relations ({Jk(Xj}-uj == 0, 1  i  N, ce qui établit la convergence du procédé, pour k jixé, dans ce cas particulier (les dernières relations sont évidemment tout à fait exceptionnelles !). De la même façon, Ie problème de la membrane conduit à la recherche des solutions (Uh, Àh) de l'équation AhUh == )"hUh, la matrice Ah étant du même type qu'au paragraphe 3.2. II s'agit dans les deux cas d'un problème de valeurs propres, pour une matrice réelle symétrique définie positive dans Ie premier cas, non nécessairement symétrique dans Ie second. Naturellement, la conver- gence du procédé est plus délicate à établir que pour Ie premier exemple ! La méthode d' approximation variationnelle appliquée à de tels problèmes porte Ie nom de méthode de Rayleigh-Ritz. Elle conduit encore à des problèmes de valeurs propres, mais faisant en général intervenir deux matrices: Considérons pour fixer les idées I'un ou I'autre problème aux limites onsidérés dans ce paragraphe. Raisonnant com me aux paragraphes 3.4 et 3.5 (et avec les mêmes notations), on montre que la formulation variatiolll1elle d'un tel problème consiste à trouver des nombres réels )" et des fonctions u E V non identiquement nulIes telles que a(u, v) == À(u, 1') pour tout nE V, où a(u, /1) = f: u'v' dx, (u, I') = f: U/1 dx, pour Ie premier problème, et a(u, v) == r ( __  _ + _u _O ) dx, J!J ôX l ôX l ÔX2 ÔX2 (u, IJ) == r u l' dx, J!} pour Ie second. Étant donné un sous-espace V h de dimension finie de l'espace V, Ie problème discret associé consiste à rouver des nombres À et des fonctions Uh E V h qui vérifient a(uh' 'Vh) == À(Uh, 'l'h) pour tout Vh E Vh . Étant donné une base (Wi)f!l de l'espace V h , posons M Uh == L U,Wi. i=1 Le vecteur u == (Ui)l doit être solution de l'équation matriciell Au == À Bu, où A == (a(wj, Wi)) et B == ((Wi' Wi)). 
PROBLÈMES DE VA LEURS PROPRES 65 II s'agit d'un problème généralisé de valeurs propres, car la matrice B n'est pas diagonale en général. Par exemple, Ie problème discret correspondant au premier problème (en dimension ut:1) et au sous-espace v2 introduit au paragraphe 3.4 s'écrit 2 -- 1 u 1 4 1 u 1 -1 2 -1 u 2 1 4 1 u 2 1 h - == À-- h 6 -1 2 -- 1 uN_l 1 4 1 uN_l -1 2 UN 1 4 UN II est facile de voir que la matrice symétrique Best toujours définie positive, puisque les fonctions Wi sont linéairement indépendantes. On pourrait donc songer à se ramener à un problème de valeurs propres sous la forme usuelle : B-1Au == Àu. Mais ce faisant, on détruit la symétrie (la matrice B-IA n'est pas symétrique en géné- ra)). Or il est plus avantageux de conserver la symétrie des matrices considérées toutes les fois c'est possible, comme on l'a indiqué au chapitre précédent ; c'est pourquoi on effectue pour commencer une factorisatioll de Cholesky de la matrice B. Ainsi qu'on Ie montrera u1térieurement (théorème 4.4-1), on peut en effet écrire toute matrice symétrique définie positive B comme Ie produit B == CCT , où la matrice C est triangulaire inférieure. Écrivant Ie problème sous la forme C-1A(CT)-1 (CT u ) == ÀCT u , on est cette fois ramene a un problème habituel de valeurs propres pour la matrice symétrique C-IA(CT)-l, les vecteurs u cherchés étant ensuite obtenus à partir des vec- teurs propres de la matrice C-IA(CT)-l par résolution de systèmes linéaires à matrices triangulaires. Pour terminer, considérons Ie calcul des périodes des "petits" mouvements, au voisi- nage d'une position d'équilibre, d'un système mécanique ayant un nombre fini n de degrés de liberté. L'équation différentielle d'un tel système est de la forme Ax"{t) + Bx'(t) +Cx(t) == 0, où x(t) est un vecteur f('ction du temps t, dont les composantes sont les degrés de liberté x (t), 1  i  n, du s 3teme, et A, B, C sont des matrices réelles d'ordre n. La matrice A est la matrice "de l'énergie cinétique" et, pour cette raison, elle est symétrique et définie positive. La matrice C est la matrice "de rappel" ; elle correspond aux forces qui dépen- dent de la position. Enfin la matrice Best la matrice "d'amortissement" ; elle correspond aux forces qui dépendent des vitesses. On cherche des solutions de l'équation différentielle ci-dessus sous la forme x(t) == e!1 t u, où u est un vecteur non nul de RIl indépendant du temps, et fl une constante réelle ou complexe. On est ainsi conduit à trouver des scalaires fl et des vecteurs correspondants u :;z!:. 0 tels que l' on ait (fl 2 A+flB+C)u = O. A chaque solution fl de ce problème est associée une solution de période T == 2n(Jm fl)-l, où Im(fl) désigne la partie imaginaire du nombre complexe fl. 11 s'agit là d'un nouvel exemple de problème généralisé de valeurs propres. 
66 ORIGINE DES PROBLÈMES Pour qu'un scalaire /1- soit solution, il faut et it suffit que la matrice (,u2A +,uB+C) soit singulière, autrement dit que 2n-l dét (/1-2A +,uB+C) = ,u2n dét (A) + L r:1.JLk = O. k=O On voit ainsi que Ie problème aura au plus 2n solutions (distinctes ou non) et exactement 2n solutions si et seulement si la matrice A est inversible, ce qui est Ie cas pour Ie problème que nous consïdérons. Mais si cette observation permet de prévoir l'existence de 2n "valeurs propres généralisées", elle ne donne pas de renseignements sur la façon pratique de ré- soudre Ie problème. Comme on peut Ie prévoir, l'idée consiste à se ramener à un problème usuel de valeurs propres pour une matrice d'ordre 2n, à déterminer. On suivra pour cela les indications de l'Exercice 3.6-1. 3.7. Problèmes d'interpolation et d'approximation Soit Xi des points distincts de R, en nombre fini. A chacun des points Xi est associé un nombre Ci E R, qui peut être (par exemple) soit une valeur expérimentale, soit la valeur U(Xi) d'une fonction connue. On peut alors se poser l'un des problèmes suivants : (i) Faire passer une courbe d'un type donné par les points (Xi, Ci); il s'agit d'un problè- me d'interpolation (c/. figure 3.7-1(a)), la fonction représentée par la courbe étant appe- lée fonction d'interpolation. (ii) Construire une courbe d'un type donné qui, dans un sens à préciser, approche les valeurs Ci aux points Xi ; il s'agit d'un problème d'approximation (c/. figure 3.7-1(b)). Dans un cas comme dans I' au tre, on entend par "courbe d'un type donné" une courbe très "simple à calculer", c'est-à-dire, pratique- ment, polynômiale, ou polynômiale par morceaux (au sens entendu ci- dessous ). Pour résoudre Ie premier prob- lème, l'idée la plus "immédiate" consiste à faire passer un polynôme de degré m par les points Xi, supposés être en nombre (m + 1) : il en existe un et un seul PmU, appelé polynôme d'interpolation. Ce procédé est pourtant généralement à déconseiller, car il introduit des oscillations indésirables, dues au caractère analytique des fonctions polynômes. On peut en effet construire des exemples de fonctions u (pourtant très réguliè- res) sur un intervalle [a, b] telles que lim sup I (u-Pmu)(x) I = + 00, m-+ 00 axb c, . X. I 'X. I (8) (b) FIG. 3.7-1. . lorsque Ie nombre de points Xi augmente indéfiniment dans l'intervalle ! C'est pourquoi on résout plutôt un problème d'interpolation en utilisant des polynômes d'interpolation par morceaux, c'est-à-dire des fonctions dont les restrictions à chaque intervalle [Xi, Xi+l] sont des polynômes qui se "recollent" convenablement aux points Xi. Supposons pour fixer les idées que les points X, soient les næuds d'un maillage uniforme de pas h de l'intervalle [0, 1] : Xi = ih, 0  i  N + 1, 1 avec h = N+l ' 
INTERPOLA TION ET APPROXIMATION 67 cette hypothèse, qui ne restreint en rien la généralité, ayant pour seul but de simplifier la présentation. Étant donné un entier m  0, on peut alors définir d'une seule façon une fonction d'interpolation IIhu par les conditions : I IIhuE @m([o, 1]), IIhul [Xi, x,+l] E P2m+l([Xj, Xj+l])' 0  i  N, (IIhu)(l) (Xi) == U(l) (Xi)' 0  I  m, 0  i  N + 1. On reconnaît là un type de fonctions déjà utilisées (aux conditions aux limites près) pour l'approximation variationnelle des problèmes aux limites à deux points (paragraphe 3.4). Leur construction se fait immédiatement à partir de la connaissance de bases "canon i- ques", dont nous avons donné des exemples pour m == 0 et 1. II résulte par ailleurs de la démonstration du théorème 3.4-3 que ce procédé est convergent, lorsque h tend vers zéro (au moins pour des fonctions régulières), puisqu'on y a établi les majorations sup I (u-IIhu) (x) I  Co(m) sup I u 2m + 2 (X) I h2m+2, Oxl Oxl sup I (u-IIhu)' (x) I  C l(m) sup I u 2m + 2 (X) I h 2m + 1 . Oxl Oxl Alors que, dans Ie cas m == 1, la consryçtion de la fonction d'interpolation requiert la connaissance des valeurs des dérivées 'premières u'(x;), il est remarquable que l'on puisse encore définir une fonction d'interpolation polynômiale de degré 3 par morceaux sans utiliser les valeurs des dérivées premières u'(Xj) (excepté aux extrémités de l'inter- valle). Ce faisant, on gagne du même coup sur la régularité de la fonction d'interpolation, qui peut en effet être rendue deux fois continûment dérivable sur l'intervalle [0, 1], alors que la fonction IIhu pour m == 1 est seulement une fois continûment dérivable. De façon plus précise, établissons Ie résultat d'existence suivant : Théorème 3.7-1. II existe une et une seule fonction ShU: [ 0, 1]  R ayant les propriétés sui,antes : ShU E @2([ 0, 1 ]), Sh U I [x"x d 1-1 E P3[Xi, Xi+ 1], 0  i  N, ShU(Xi) = U(Xi), 0  i  N+1, (ShU)' (0) = u'(O), (ShU)' (1) = u'(l). DÉMONSTRATION. Soit Pj, 1  i  N, des paramètres réels quelconques. II existe une et une seule fonction w: [0, 1]  R vérifiant les propriétés suivantes (une telle fonction dépend à la fois de la fonction donnée u et des paramètres Pj) : wE @1([0, 1]). w I [x" Xå+I] E P3([Xj, Xj+1])' 0  i  N, W(Xi) == U(Xi), 0  i  N + 1, w'(O) = u'(O), w'(I) = u'(l), W'(Xi) = Pi, 1  i  N. Pour démontrer Ie théorème, on va établir qu'il existe un et un seul choix des para- mètres Pi pour lequel la fonction west deux fois continûment dérivable sur l'intervalle [0, 1]. Pour cela, il suffit d'écrire que lim w"(x) = lim w"(x), 1  i  N. x-+ xi"" x-+ xt On est ainsi amené à exprimer ]es dérivées secondes d'un polynôme de degré 3 aux bornes d'un intervalle de longueur h, Ie polynôme étant lui-même déterminé par ses 
68 ORIGINE DES PROBLÈMES valeurs, ainsi que celles de sa dérivée première, aux bornes du même intervalle. Or un simple calcul montre que tout polynôme r de degré 3 sur un intervalle [Xi, Xi+l] s'écrit ( 23_3h2+h3 ) ( -23+3h2 ) r(x) = r(xJ h 3 + r(Xi + 1) h 3 , ( 3_ 2h2 +h2 ) , ( 3_ h2 ) +r (Xi) h 2 +r (Xi + 1) h 2 '  = X-Xi, d'où l'on déduit aisément les relations r"(x) = 6 2 {r(xj + I) - rex)} - {r'(xj+!)+ 2r'(xj)} , h h r"(xj+!) = 6 2 {r(xj) - r(xi+ I)} + {r'(x;)+ 2r'(xj + I)} . h h Dans ces conditions, la continuité de la dérivée seconde de la fonction w aux nreuds se traduit par les égalités : 3 4Pl +P2 == h {U(X2)-U(O)}-u'(O), 3 Pi_l+ 4 Pi+Pi+l = -,;{U(Xi+1)-U(Xi_ 1 )}' 2  i N-l, 3 PN-l +4PN = h {u(l)-U(XN_l)}-u'(l). La matrice symétrique tridiagonale d'ordreN : / 4 1 141 A= 1 4 1 1 4 étant inversible (raisonner par exemple comme pour la matrice Ah du paragraphe 3.1), on en déduit l'assertion. La fonction ShU ainsi définie s'appelle la /onction spline cubique d'interpolation de la fonction u. Contrairement aux polynôme d'interpolation par morceaux considérés plus haut, sa connaissance nécessite la solution d'un système linéaire, comme l'a montré la démonstration précédente ; c'est donc là une nouvelle source de systèmes linéaires. REMARQUES. (1) De façon plus générale, on peut définir des fonctions splines d'interpola- tion de degré supérieur. Les fonctions splines cubiques sont cependant les plus utilisées. (2) II est remarquable que les majorations d'erreur soient identiques à celles obtenues pour les polynômes d'interpolation cubiques par morceaux ; on trouvera des indications à cet égard à l'exercice 3.7-1. (3) Contrairement à l'interpolation précédente, cette interpolation n'est plus "locale", en ce sens que la fonction d'interpolation sur un intervalle [Xj, Xj+ d donné dépend de toutes les valeurs u(x;). C'est pour cette même raison qu'est apparue la nécessité de résou- dre un système linéaire. II Passons maintenant à la deuxième catégorie de problèmes introduite au début de ce paragraphe. Étant donné m points distincts Xi, 1  i  m, de R et des valeurs numériques 
INTERPOLATION ET APPROXIMATION 69 associées ci, il peut s'avérer trop coûteux, ou simplement indésirable pour diverses raisons (mesures trop dispersées, manifestement entachées d'erreur, etc.), de faire passer une courbe exactement par les points (Xi, Ci)' Dans ce cas, on remplace un problème d'inter- polation par un problème d' approximation: on se donne un espace de dimension finie, dont la dimension n est en général "beaucoup plus petite" que Ie nombre m de points X;, et l'on cherche une fonction U de cet espace qui approche "aussi bien que possible" les valeurs données, puisqu'il n'est plus question de vérifierexactement les égalités U(Xi) == Cj, 1 .::::::; i .::::::; m. De façon plus précise, soit (Wj)j=l un ensemble de n fonctions réelles linéairement indé- pendantes, définies sur un ensemble contenant les points Xi' Le problème consiste à déterminer une fonction n U == L UjWj, j=l telle que les égalités U(Xi) == Ci, 1 .::::::; i .::::::; m, soient approchées "au mieux". La façon la plus commune de réaliser cette approximation consiste à approcher les égalités U(Xi) == C;, n 1 .::::::; i .::::::; m, au sens des moindres carrés : on cherche une fonction U == L UjWj qui rend j=l minimum Ie nombre m n 1 2 jl jl 1!j W i X j)-Cj I' lorsque Ie vecteur (Vj)l=l décrit Rn. I L'avantage déterminant de l'approximation au sens des moindres carrés, est son carac- tère linéaire. Pour Ie voir, on remarque qu'elle s'écrit également sous la forme: trouver u tel que uE Rn et II Bu-c 1/2' m == inf 1/ Bv-c 1/ 2 , m , VERn où 11,11 2 , m désigne la norme euclidienne de Rm, B == (bij) désigne la matrice de type (m, n) d'éléments bij == Wj(Xi), et c == (Ci)l E Rm. Or un simple calcul (dont la justi- fication sera donnée au paragraphe 7.4 ; ce n'est autre qu'un développement de Taylor) montre que, si u et W sont deux vecteurs quelconques de Rn, II B(u+w)-c 1I,m == II Bu-c 1I,m+2(BTBu-BTc, w)n+11 Bw 11,m' où ( ., ')n désigne Ie produit scalaire de Rn. Dans ces conditions, il est clair qu'un vecteur de Rn est solution du problème si et seule- ment si if est solution du système linéaire BTBu == BTc, dont les n équations sont appelées équations normales, associées au problème d'approxi- mation au sens des moindres carrés considéré. Supposons la matrice B de rang n ; c'est Ie cas par exemple si Wj(x) == xj-l, 1 .::::::; j  n. Alors la matrice symétrique BTB est définie positive (elle est positive dans tous les cas), car BTBv == 0 => vTBTBv == II Bv II, m == 0 => Bv == 0 => v == o. Dans ce cas, les équations normales ont donc une solution et une seule. REMARQUES. (1) Par un abus de langage très suggestif, on dit parfois que Ie vecteur u trouvé ci-dessus est la solution du système linéaire Bu == c au sens des moindres carrés. (2) On montrera au paragraphe 8.1 que, dans tous les cas, les équations normales ont au moins une solution. La lectrice, ou Ie lecteur, peut d'ores et déjà essayer d'établir ce résul- tat ; c'est un excellent exercice ! 
70 ORIGINE DES PROBLÈMES (3) Naturellement si m = n, et si la matrice Best inversible, la solution des équations norm ales coïncide avec la solution du système linéaire Bll = c. (4) L'approximation au sens des moindres carrés n'est évidenlment pas la seule à laquelle on puisse penser. On pourrait, par exemple, chercher à rendre minimum I'une quelconque des normes II Br- clip, 1 .:::::; p .:::::; ex:>. Mais ce faisant, on perd pour p  2 la linéarité de l'application c -. II (ce qui n'est d'ailleurs pas évident à démontrer), et donc la simplicité des calculs. II 
4 MÉTHODES DIRECTES DE RÉSOLUTION DE SYSTÈMES LINÉAIRES Introduction Le problème que nous allons maintenant considérer est celui de la résolution numérique d'un système linéaire Au = b, dont la matrice A est inversible. Le principe des méthodeJ' directes étudiées dans ce chapitre revient à la détermination d'une matrice M inversible telle que la matrice MA J'oit triangulaire Jupérieure (théorème 4.2-1) ; c'est ce qui correspond à la procédure d' élimination. II reste ensuite à résoudre Ie s ystème linéaire MAu = Mb, par la méthode de remontée, décrite au paragraphe 4.1 (dans les calculs effecllfs, on ne calcule pas explicitement la matrice M, mais seulement 1a matrice MA et Ie vecteur Mb). Ce principe est à la base de la méthode de Gauss pour les systèmes linéaires à matrices "quelconques" et de la méthode de CholeJky pour les systèmes linéaires à matrices symétriques définies positives, que nous décrivons aux paragraphes 4.2 et 4.4, respective- ment. N ous étudions au passage Ie calcul des déterminants des matrices carrées, Ie cas particulier (très important dans les applications) des matriceJ' tridiagonaleJ' pàr points ou par blocs, ainsi que la méthode de Gauss-Jordan, que l'on peut considérer comme une variante de la méthode de Gauss, particulièrement bien adaptée au calcul de l'inverse d'une matrice donnée. Insistons à cet égard sur l'inutilité du calcul de l'inverse d'une matrice pour la résolution d'un sYJ,tème Iinéaire, comme nous l'indiquons dès Ie paragraphe 4.1. L'interprétation matricielle de la méthode de Gauss est la factorisation LV d'une matrice (théorème 4.3-1). Ce résultat trèJ' important, notamment par ses applications variées en Analyse Numérique Matriciclle, montre que, à des permutations éventuelles de lignes près, toute matrice inversible peut s'écrire comme Ie produit d'une matrice triangulaire inférieure L par une matrice triangulaire supérieure U. Cette factorisation se simplifie quelque peu dans Ie cas des matriceJ' symétriques définies positives; elle devient alors Ja factoriJ'ation de CholeJky (théorème 4.4- t), à la base de la méthode de Cholesky, déjà signalée. Alors que les méthodes de Gauss et de Cholesky sont basées sur la factorisation de la matrice du système linéaire en un produit d'une matrice triangulaire inférieure par une matrice triangulaire supérieure, la méthode de Householder est associée à la factorisation d'une matrice (non nécessairement symétrique) en un produit d'une matrice orthogonale Q par une matrice triangulaire supérieure R. N ous décrivons cette méthode au para- graphe 4.5, où nous montrons qu'un telle factorisation QR peut être etfectuée de façon 
72 MÉTHODES DIRECTES ingénieuse à l'aide de matrices orthogonales "élmentaires" particulières, appelées matrices de Householder. Signalons que la factorisation QR d'une matrice interviendra com me étape essentielle de calcul dans la "méthode QR" d'approximation des valeurs propres d'une matrice quelconque (paragraphe 6.3), et que les matrices de Householder seront à nouveau utilisées pour la réduction à la forme tridigonale d'une matrice symétrique (paragraphe 6.2). 4.1. Deux remarques concernant la résolution des systèmes linéaires Contrairement à ce qu'une analyse sommaire pourrait laisser supposer, la j'o/ution d'un système Iinéaire Au == b, A : matrice inverj'ible, ne s'obtient pas en calculant la matrice A-I, puÒ'en ca/culant Ie vecteur A -lb (première remarque). Le calcul de la matrice A-I est en effet équivalent à la résolution des n systèmes linéaires (n : ordre de la matri- ce A) : AUj == ej, 1  j  n, où ej est Ie j-ème vecteur de la base de Kn. Autrement dit, on remplacerait par une telle méthode la résolution d'un système linéaire (Ie problème donné) par la résolution de n systèmes linéaires, suivie de la multiplication de la matrice A-I par Ie vecteur b ! Les méthodes que nous allons étudier sont basées sur la deuxième remarque évidente suivante : si la matrice inverj'ible A est triangulaire supérieure (ou triangulaire inférieure), la ré-folution numérique d'un système Iinéaire Au == best immédiate ; il s'écrit en effet a 11 u 1 + +a 1 , 11-1 u n-l +aln u n == b 1 , a u l +a 1 u == b 1 n-l, n-l 11- n- , r. n n-' ann Un == b n , et puisque a 11 a 22 . . . ann == dét (A)  0, on résout Ie système en calculant Un de la dernière équation, puis u n _ 1 de l'avant dernière. etc., ce qui donne - -l b Un - ann n, U - a-I ( b -a u ) 11-1 - n-l, 11-1 n-1 11-1, n n , . . U 1 \== ali I (b 1 -a I 2 u 2- ... -al,n_l u n_l- a ln u n)' Chaque composante Ui apparaissant ainsi comme une fonction linéaire de bi, b i + 1 , . . ., b n , ceci montre au passage que I'inverse d'une nlatrice triangu/aire est une nlatrice triangulaire du même type (supérieure ou inférieure). La méthode ci-dessus, appelée méthode de remontée, nécessite donc au total l1(n-1) dd " 1 +2+ . .. +(n-l) == ----- a lttons, 2 n( n - 1) 1 + 2 + . . . +(n-l) == -- multiplications, 2 In divisions. La méthode de rémontée s'étend aux matrices triangulaires par blocj'. Ainsi par exemple la résolution du système linéaire 
MÉTHODE DE GAUSS 73 se ramène-t-elle à la résolution des systèmes linéaires successifs A 33 U 3 = b 3 , A 22 u 2 = b 2 - A 23 U 3 , A 11 U 1 = b 1 - A 12 U 2- A 13 U 3' Naturellement, ceci suppose que I'on sac he résoudre les systèmes linéaires dont les matri- ces sont les søus-matrices diagonales Au . Dans I'étude des méthodes de résolution de systèmes linéaires (aussi bien directes qu'ité- ratives), nous utiliserons fréquemment l'écriture matricielle. En particulier, nous cons i- dérerons des systèmes linéaires "intermédiaires", disons Cu = d, que noü:; "résoudrons" so us la forme u = C-ld, ce qui semble être en contradiction avec la première remarque énoncée plus haut. En fait, ceci n'est qu'une commodité d'écriture, et si on regarde les choses de plus près, on s'apercevra que la matrice C est triangulaire, par points ou par blocs, de sorte que l'on résout Ie système Cu = den utilisant la méthode de rémontée, sans calculer explicitement la matrice C-l. C'est pourquoi I'on dit parfois, avec abus évident de langage, que de telles matrices C sont "faciles à inverser". 4.2. La méthode de Gauss La méthode de Gauss est une méthode générale de résolution d'un système linéaire Au = b, A: matrice inversible. Elle com porte trois étapes : (i) une procédure dite d'élirnination (successive des inconnues) équivaut à déterminer une matrice inversible M telle que la matrice MA soit triangulaire supérieure ; (ii) on calcule simultanément Ie vecteur Mb : (iii) on résou t Ie système linéaire MAu = Mb, à matrice triangulaire supérieure. par la méthode de rémontée décrite au paragraphe précédent. REMARQUE. En pratique, on ne calcule pas explicitement la matrice M, mais seulement la matrice MA et Ie vecteur Mb. L'introduction de la matrice M n'est qu'une commodité d' écriture. II Décrivons la prel11ière étape de l'élÙninatiol1. L'un au moins des éléments ail' 1  i  n, de la prerrlÌère colonne de la matrice A = (au) est différent de zéro, sans quoi la matrice serait singulière. On choisit alors l'un des coefficients nOlll1uls de la première colonne de A (nous examinerons ultérieurement comment on choisit effectivelnent cet élément non nul; pour l'instant, Ie choix effectif n'a pas d'importance), qu'on appelle Ie premier pivot de l'élimination. Ensuite, Oil échange la Iiglle du pivot a'ec la première liglle, ce qui, en écriture matricielle, revient à multiplier la matrice A à gauche par une matrice de permutation P particulière. On vérifie en effet que I'échange des io-ème et il-ème lignes d'une matrice équivaut à la 
74 MÉTHODES DIRECTES multiplier à gauche par la matrice de tranJposition (en supposant io <:: i 1 pour fixer les idées) : io I i 1 j 0..-..-------------------1------------- 1 ---io 1 1 T(io. i I ) = 1 1 1 - - - - - - - - - - - - . - . - . - - . - - . - 0- - - - - . - . - . - . -. . - . - - I  i 1 1 1 On notera au passage que dét (T(i o ' i I )) = - 1. On posera donc { I si all est Ie pivot, et alors dét (P) = 1 ; p= T(l, i) si ail' i  1, est Ie pivot, et alors dét (P) = - 1, et la ma trice PA = (ex i ) ainsi obtenue est telle que XII  0, par construction. Par des combinaiJ'onJ' /inéaireJ' appropriéeJ' de la première /igne et des autres /ignes de la matrice P A, on annule enJuite tous leJ' éléments de la première colonne de la matrice P A situés sous la diagonale, la première ligne restant inchangée. En écriture matricielle, ceci revient à multiplier la matrice P A à gauche par la matrice 1 :n; = XII' E= 1 -1 -:n; X21 -] -:n; a;31 1 -1 -:n; a;nl 1 de sorte que la matrice B = EP A est de la forme a;11 a;12 b 22 b 32 a; 13 . · . X In b 23 ... b 2n b 33 · . · b 3n B= b n2 b n3 . · · b nn 
MÉTHODE DE GAUSS 75 REMARQUE. On ne saurait trop insister sur la simplicité des opérations effectuées (échange de deux lignes, combinaisons linéaires de lignes), quelque peu "masquée" par l'écriture matricielle. II faudrait être bien naïf pour croire que l'on calcule effective- ment les matrices P, E et que l'on effectue ensuite les produits de matrices PA, EPA . . . . A cet égard, l'exemple numérique détaillé plus loin devrait être instructif. II Comme dét (E) = 1, on a donc dét (B) = dét (E) dét (P) dét (A) = :f: dét (A), selon que l'on a, ou non, effectué un échange de lignes, ce qui montre au passage que la matrice B est encore inversible. Par conséquent l'un au moins des éléments b i2 , 2  i  n, est différent de zéro, et tout naturellement, la seconde étape de l'élimination consiste à effectuer les mêmes opérations que précédemment, mais seulement sur la sous-matrice (bij), 2  i, j  n, en laissant inchangée la première ligne, et ainsi de suite ... . N otant désormais A = Al = (a}j), P = Pl' PlAl = (tj)' E = E I , B = A 2 = ElPlAl = (a), on obtient de proche en proche com me résultat de la (k-1)-ème étape de l'é!imination, 2  k  n, une matrice Ak = Ek-IPk_1 ... E2P2EIPlAl' qui est de la forme ati at2 k a 22 k ain k a 2n 11 12 2 1 In 2 2n Ak = k k akk ... akn k k akk ... akn . . k k ank . .. ann . k k an k . · · ann la seconde expression rappelant que les i premières !ignes restent inchangées ap,.ès la i-ème étape. Décrivons alors la k-ème étape de l'é!imination. Puisque dét (A k ) =:f: dét (A), la matrice Ak est inversible, et donc l'un au moins des éléments afk, k  i  n, est différent de zero. On choisit l'un de ces éléments non nuls comme pivot, et l'on échange la ligne du pivot avec la k-ème ligne de la matrice Ak' En écriture matricielle, ceci revient à multiplier la matrice Ak à gauche par une matrice P k qui est soit l'identité, soit une matrice de transposition, de sorte que, par construction, l'élément k de la matrice PkAk = (cx) est différent de zéro. 
76 MÉTHODES DIRECTES L'élimination proprement dite équivaut à la multiplication de la matrice PkAk à gauche par la matrice 1 1 Ek == -1 k 1 -1'lk a.k +1, k 1'lk == a%k, -1 k -1'lk ank 1 opération qui ne modifie pas les k premières lignes de la matrice PkAk' Après la {n- l)-ème étape, la matrice An == En_1 P n_1 ... E 2 P 2 E 1 P 1 A est donc triangulaire supérieure ; on a ainsi trouvé une matrice inversible M == En_1 P n_1 ... E 2 P 2 E 1 P 1 telle que la matrice MA soit triangulaire supérieure, ce qui était, rappelons-Ie, l'objectif "matriciel" de la procédure d'élimination. Observons que { + 1 si l'on a etfectué un nombre pair d'échanges de lignes, dét (M) == - 1 si l'on a effectué un nombre impair d'échanges de lignes, de sorte que, comme "sous-produit" de la procédure d'élimination, on obtient un procédé particulièrement rapide du calcu/ du déterminant de la matrice A, qui n'est autre, au signe près, que Ie produit des pivots, puisque , dét (An) 1 2 det (A) == dét (M) == + a11 a 22 n . .. ann' en convenant que cxn == {An)nn est Ie n-ème pivot. L'aspect matriciel de la procédure d'élimination se trouve résumé dans Ie résultat suivant : Théorème 4.2-1. Soit A une matrice carrée, inversible ou non. II existe (au moins) une matrice inversible M telle que la matrice MA soit triangulaire supérieure. DÉMONSTRATION. Ce résultat est déjà démontré lorsque la matrice A est inversible. Or, la matrice A est singulière si et seulement si les éléments afk, k  i  n, de la ma- trice Ak sont nuls pour au moins une valeur de l'entier k. Mais dans ce cas, la matrice Ak est déjà de la forme Ak+1' et il suffit de considérer que P k == Ek == I. _ Voici un exemple numérique d'application de la méthode de Gauss à la résolution d'un système linéaire. On a entouré de crochets les pivots, et on a indiqué en marge les combinaisons linéaires de lignes ; les notations sont celles introduites précédemment. 
MÉTHODE DE GAUSS 77 ,...- --....... ........- --.......  '1""""1 N '1""""1 '1""""1 '1""""1 0\ Itr) '1""""1 '1""""1 O\I N \0 N N 00 N 00 I I 00 Itr) I '1""""1 tr) tr)  I tr) tr) "'-- -------  """-- ------- II II II  C\J M < < < II <  '1""""1  '1""""1 '1""""1 '1""""1 O\I '1""""1 '1""""1 Itr) '1""""1 """-- ------- '-- ------- II II  C'J   .. ..   II II  C'J   ^ N '1""""1 '1""""1 II I II M  M  N + C'J  N +   + C'J  \0 I   tr) ,......, tr) ........, ..-.   '-' ..-.    '-' , r ^    Itr) I II II II II M  M  M  M  0\1tr) + + C\J  N +    I ++ C'J C'J C'J    N ,......,  'I Itr)  ........, tr) ..-.   """"4 """"4 '-' ..-. ..-. C'J C'J """"4  '-'ö II II ..-. C'J  """"4 """"4 '-' ..-. ..-.   """"4  '-' '-' + ..-.   '-' I ..-.    """"4 '-' + ..-.   '-' Itr) "' , N  '1""""1 '1""""1 I II II M M   ++ C'J C'J   Noo +1   tr) II ..-. ..-. M M  """"4 '-' """"4 '-' II II ..-. C'J ..-.  C'J '-'   '-' ^ NI II M  O\I ..-. M    '-' II ..-. C'J    '-' + ..-. C'J   '-' O\j 
78 MÉTHODES DIRECTES La matrice A3 étant triangulaire, la résolution du dernier système s'etfectue inlmédiate- ment par la méthode de remontée, ce qui donne 113 = 3, u'.!. = 2. III = 1. Par ailleurs, dét (A) = a l 1 1 a.)a:.) = 5X(-8)X 9_ =-90. -- ,),) 4 REMARQUE. On peut évidemment ca/culer la matrice 1 -1 1 M = E'.!.El = 7 9 - - 1 20 20 ce qui permet d'écrire 1 5 2 1 . 2 I -1 1 5 -6 2 -8 1 MA = A 3 , soit 9 7 9 ---- - 1 -4 2 1 - 20 20 4 mais en général, /'expression de la 111atrice M Il'est d'allclille utilité. Comme on Ie verra, c'est au contraire la 111atrice M-l qui présente de )'intérêt ; it se trouve d'ailleurs que cette matrice M-I s'écrit Î/nf'nédiatef'nent à partir de I'expression des matrices Ek (lorsqu'il n'y a pas eu d'échanges de lignes) alors que, pour Ie calcul de la matrice M, il faut effec- tuer Ie calcul explicite du produit des matrices Ek. II Donnons ensuite quelques précisions quant au choix du pivot à chaque étape de l'élimination. Naturellement, si au départ de la k-ème étape, l'élément aZk de la ma- trice Ak est différent de zéro, rien ne s'oppose théoriquelnellt à ce qu'il soit choisi comme pivot (alors P k = I). Mais, à cause des erreurs d'arrolldi, cette façon de procéder est, dans certains cas, complètement déconseillée. A cet égard, l'exemple numérique suivant (tiré de (1), page 35) est à la fois spectaculaire et instructif. Supposons les calculs effectués en virgule flottante, avec une mantisse à trois chiffres, et dans Ie système décimal (pour fixer les idées et, surtout, pour faciliter les calculs...) ; autrement dit, les données et les résultats de ca/cu/s intermédiaires sont arrondis aux trois premiers chiffres significatifs (se reporter à la discussion du paragraphe 2.1). Considérons alors Ie système "exact" (11) [10- 4 ] u l +u 2 = 1, (111) ul +u 2 = 2, dont la solution "exacte" est U 1 = 1,00010 . .. : 1 , u 2 = 0,99990 . .. : 1. On peut prendre Ie nombre all = 10- 4 comme pivot puisqu'il n'est pas nul, ce qui conduit à la procédure suivante d'élimination : (11) = (1 2 ) 10- 4 Ul +u 2 = 1, -10 4 (1 1 )+(11 1 ) = (11 2 ) -9990u2 =-9 990, (I) FORSYTHE G. E., MOLER C. B. - Computer Solution of Linear Algebraic Systems, Prentice-Hall, Englewood Cliffs, 1967. 
MÉTHODE DE GA uss 79 puisque les nombres (-10 4 + 1) == -9 999 et (-10 4 +2) == -9 998 sont arrondis chacun au même nombre - 9 990. La "solution" trouvée de cette façon u 2 == 1, u 1 == 0, est très éloignée de la véritable solution ! Par contre, si I'on commence par échanger les deux équations, c'est-à-dire si Ie pivot est I'élément a21 == 1, on est conduit aux calculs suivants : (I) [1] u 1 +u2 == 2, (II) 10- 4 u 1 +u 2 == 1, (I) == (I) u 1 +u2 == 2, - 1 0-4(I) +(II) == (II) 0,999u 2 == 0,999, pu isque les nombres (- 10- 4 + 1) == 0,9999 et (- 2 X 10- 4 + 1) == 0,9998 son t arrondis au même nombre 0,999. La "solution" correspondante : U 2 == 1, U1 == 1, est cette fois très satisfaisante ! Cet exemple montre que des erreurs d'arrondis à l'effet désastreux proviennent de la division par des pivotj' "trop petits". C'est pourquoi, pratiquement, on utilise l'une des deux stratégies suivantes, au début de la k-ème étape, 1  k  n-l, de l'élimination : -Stratégie du pivot partie!. Le pivot est l'un des éléments a7k, k  i  n, vérifiant I ak I == max I a;k I ; kpn - Stratégie du pivot total. Le pivot est I'un des éléments at, k  i, j  n, vérifiant I at I == max I a;q I. k p, qn Si Ie pivot choisi par cette stratégie n 'est pas dans la k-ème colonne, il faut done également effectuer un échange de colonnes (en plus d'un échange de lignes). Cette stratégie est donc semblable, mais non identique, à la procédure d'élimination que nous avons décrite, puisqu'une telle opération équivaut à multiplier la matrice Ak également à droite par une matrice de transposition (à cet égard, une indication est donnée à l'exercice 4.3-4). Renvoyant les lecteurs intéressés par ce genre de questions aux ouvrages spécialisés cités dans les Commentaires Bibliographiques, nous retiendrons simplement ceci: une stratégie de pivot (partiel ou total) est indispensable si l' on veut éviter de trop grandes erreurs d' arrondi lors de l' application de la méthode de Gauss à des systèmes linéaires de matrices "quelconques". Par contre, dans certains cas particuliers, il est inutile d'avoir une stratégie de pivots; c'est Ie cas notamment des systèmes linéaires à matrices symé- triques définies positives (voir notamment (1), page 220), que nous étudions au paragraphe 4.4. Comptons enfin Ie nombre d'opérations élémentaires requises dans la méthode de Gauss. (i) Élimination. Pour passer de la matrice Ak à la matrice A k + l' 1  k  n-1, on effectue (n-k) divisions, (n-k+1)(n-k) == (n-k)2+(n-k) additions et multipli- cations, soit au total f (n-l)2+(n-2)2+ +1 2 +(n-1)+(n-2)+ +1 n 3 -n 3 additions, (n-l)2+(n-2)2+ +1 2 +(n-1)+(n-2)+ ... +1 - n(n - 1) 2 n 3 -n 3 multiplications, (n-1)+(n-2)+ ... + 1 - divisions. (1) WILKINSON J. H. - The Algebraic Eigenvalue Problem, Clarendon Press, Oxford, 1965. 
80 MÉTHODES DIRECTES (ii) Pour paj'ser du vecteur Ek -1 P k -1 . . . E 1 PI b au vecteur Ek P k . . . E 1 PI b, on effectue (n-k) additions et multiplications, soit au total l1{n- 1) (n-1) +(11- 2) + + 1 - -- additions, 2 11(11-1) (n-1) +(n- 2) + ... + 1 == -- 2- multiplications. (iii) La remontée nécessite (cf. paragraphe 4.1) r n(n 2 - 1) additions, J n(n 2 - I) 1 multiplications, l n divisions. En fin de compte, la méthode de GaUSj nécej'site donc de I' ordre de r n 3 3 - additions, n 3 mul tiplica tions, 3 n 2 divisions. 2 REMARQUE. Dans l'estimation du temps total de calcul (on rappelle à cet égard qu'on a donné au paragraphe 2. I des ordres de grandeurs des durées comparées de chaque opération élémentaire), il faut également prendre en compte Ie temps dû à la recherche du pivot, notamment lorsqu' on emploie la j'tratégie du pivot total. II 2n 3 On a cru pendant un certain temps que la fonction - - était une borne inférieure 3 de la partie principale du nombre total d'opérations élémentaires nécessaires à la résolution d'un système linéaire quelconque par une méthode directe (queJIe qu'elle soit). Bien que la question ne soit pas encore complètement résolue à rheure actuelle, il semble néanmoins que l'exposant 3 n'est pas loin d'être optimal, et c'est précisérnent cette observation qui justifie I' emploi de la méthode de Gauss dans tous lej' cas où la 111atrice du systéme est quelconque". A cet égard, voir Pan (1984). 11 est très instructif de comparer Ie nombre d'opérations élémentaires de la méthode de Gauss avec Ie nombre des opérations élémentaires nécessaires à l'application des formules de Cramer: U. I dét (BJ dét (A) , où B j == a 11 .. . aI, i-I b 1 a!, i + 1 ... a In an . .. a2, i-I b 2 a2, i+l a2n anI . . . an, i-I b n an, i+ 1 . . . ann pour lesquelles on doit évaluer (n + 1) déterminants et effectuer 11 divisions. Or Ie calcul "brutal" d'un déterminant exigeant {(n!)-l} additions et (n-l)n! multiplications, l'utilisation des formules de Cramer recquiert donc de l'ordre de I (n + I)! additions, (n + 2)! multiplications, n divisions. 
MÉTHODE DE GAUSS 81 Pour n 10 par exemple, on obtient environ : I 700 opérations pour la méthode de Gauss, 400000000 opérations pour la méthode de Cramer. No comment. . . On retiendra que la méthode de Gauss est la méthode la plus couramment utilisée pour résoudre les systèmes linéaires dont les matrices n' ont pas de propriétés particuli- ères. En particulier cette méthode s'emploie pour les systèmes à matrices pleines. Une méthode voisine dans son principe de la méthode de Gauss est la méthode de GauJ'j'-Jordan : au lieu de chercher une matrice M telle que la matrice MA soit triangu- , - laire supérieure (A : matrice inversible donnée), Oil cherche une matrice M telle que la matrice MA soit diagonale. Le résultat de la (k-l)-ème étape est alors une matrice de la forme (comparer avec la procédure d'élimination de la méthode de Gauss): k k k all alk aln a2 k an Comme dans la méthode de Gauss, I'un des éléments a7k, k  i  n, est différent de zéro (la matrice A étant inversible) et on Ie choisit comme pivot, ce qui revient à multi- plier la matrice à k à gauche par une matrice de permutation Pk telle que l'élément (Xk (c'est-à-dire Ie pivot choisi) de la matrice (xt ) == PkÃk soit différent de zéro. La matrice Èk est alors de la forme -1 k -nk (Xlk - - - Ak == Ek-tPk_I E2P2EIP1A == k k akk akn .k .k ank . .. ann 1 1 -1 k -nk Xk-l. k Èk == 1 -1 k 1 -'Jtk k+], k -1 k 1 -nk rJ..nk de sorte qu'après la (n-l)-ème étape, la matrice ...."...." ...."...."...." An == MA, avec M == En_lPn_l E 2 P 2 E 1 P l, nk == (Xk' es t diagonale. La méthode de Gauss-Jordan eJ't utilisée pour Ie calcul de I'inverse d'une matrice donnée on résout sinlultanéfnent les n systèmes linéaires AUj == ej, 1  j  n, 
82 MÉTHODES DIRECTES en appliquant à chaque second membre ej les transformations (échanges et combinaisons linéaires de lignes) représentées par les matrices P k et tk. On obtient ainsi - - Anuj = Mej, 1  j  n, et chacun de ces systèmes est de résolution immédiate puisque la matrice Ãn est diagonale. 4.3. La factorisation LV d'une matrice Supposons qu'on ne s'intéresse plus à l'effet des erreurs d'arrondi dans la méthode de Gauss et que, par conséquent, on ne cherche pas à appliquer de stratégie particu- lière de pivot. Autrement dit, si l'élément all de la matrice Al = A est différent de zéro, on Ie prend comme pivot; si l'élément a2 de la matrice A 2 = EIAI (ici PI = I) est différent de zéro, on Ie prend comme pivot; et ainsi de suite. . . . S'il est possible de choisir de proche en proche PI = P 2 = ... = P n-l = I (les pivots étant par conséquent les éléments a: Ie des matrices Ale)' la matrice M = En_1 . .. E2E], produit de matrices triangulaires inférieures, est elle-même triangulaire inférieure (véri- fication immédiate), ainsi que la matrice déf ] L = M- (cf. paragraphe 4.1), et la matrice A J"écrit comme Ie produit A = LV d'une matrice triangulaire inférieure L et d'une matrice triangulaire J'upérieure U. En résumé, PI = P 2 = ... = Pn-I = I ==> A = LV, avec { L = (E n _ 1 ... E 2 E 1 )-1, U = (E n _ 1 . . . E 2 E 1 )A. REMARQUE. Les notations L et U sont d'origine anglo-saxonne : "L" pour "lower" (triangular) et "V" pour "upper" (triangular). _ On sait déjà comment effectuer Ie calcul de la matrice U, puisque V = An 1 1 all a12 2 a 22 1 a in ? a 2n n ann où (rappel) : (at) = Ek_l . . · E2 E IA = A k , 1  k  n-1. II est tout à fait remarquable que la matrice L J'e calcule immédiatement à partir des matrices E k , 1  k  n-l. Celles-ci étant en effet de la forme 1 1 déf dtk avec l " k k + 1  I .  n, I = -k- , akk Ek = -lk+l.k 1 . . -Ink 1 
FACTORISATION LV D'UNE MATRICE 83 it est facile de vérifier que (attention aux changements de signes sur les éléments lik !) 1 (E k )-1 == 1 lkfl,k 1 . Ink 1 1 \ 1 21 1 L == (E 1 )-1(E 2 )-1 . . . (E"_l)-1 == 1 31 1 32 1 . . . . lnl ln2 In3 . . 1 Ainsi, dans l'exemple numérique du paragraphe 4.2 (où iI n'y a pas eu d'échanges de lignes), on a trouvé 1 1 5 2 1 -1 1 1 -8 1 E 1 == 4 E 2 9 A3 == 9 - 1 - 1 - 5 20 4 ce qui permet d'écrire 1 5 2 1 A == (E 2 E 1 )-1A 3 == 1 1 -8 1 == LV. 4 9 9 -- -- I - 5 20 4 Attention! Si la matrice L s'obtient immédiatement à partir des matrices E k , il n'en va pas de même de la matrice M == L -1 == En_I' . . E 2 E 1 , pour laquelle il n'existe pas d'expression simple des éléments à partir de ceux des matrices Ek' Mais, comme on l'a déjà signalé, il n'y a pas de raison de calculer la matrice M ... . II reste à donner des conditions suffisantes pour qu'il n'y ait pas lieu d'effectuer d'échan- ges de lignes dans la méthode de Gauss, c'est-à-dire pour qu'on puisse "factoriser' une matrice sous la forme du produit d'une matrice triangulaire inférieure L par une matrice triangulaire supérieure U. On va même établir qu'une telle factorisation LV est unique si l'on impose la valeur 1 aux éléments diagonaux de la matrice L (c'est précisé- ment la valeur trouvée avec la construction précédente), ce qui permet de définir sans ambiguïté une telle factorisation (pour un complément, voir l'exercice 4.3-1). Théorème 4.3-1 (factorisation LU d'une matrice). Soit A = (aij) une matrice carrée d'ordre n telle que les n sous-matrices diagonales ( a.II · · · 1k ) å k ==: :' akl · · · akk 1 .:::::: k .:::::: n, soient inversibles. 
84 MÉTHODES DIRECTES Alors il existe une matrice triangulaire inférieure L = (/ij) avec Iii = 1, 1  i :::::; n, et une matr;ce triangulaire supérieure V telles que A = LV. De plus, une telle factorisation est unique. DÉMONSTRATION. Puisque all  0 ; on peut choisir Pj = I. Supposons qu'on ait pu choisir PI = P 2 = ... = Pk-l = I, de sorte que l'égalité (E k _ l . . . E 2 E l )A = Ak s'écrit 1 all alk I X 1 all - X 1 . I {Ll k . . - X X . . . 1 akl akk . . . . X X . 1 X . X alk . .. X k akk . X X Vtilisant les règles de la multiplication par blocs des matrices en tenant compte de la forme particulière des matrices, on obtient dét (Ll k ) = all . . . aZk' Comme Ll k  0 par hypothèse, on déduit que l'élément aZk est non nul. On peut donc Ie choisir comme pivot, ce qui équivaut au choix P k = I. L'exiJ'tence d'une factorisation LV possédant les propriétés annoncées dans Ie théorème se trouve donc établie en posant -1 déf A = (En_I' . . E 2 E l ) (En_I' . . E 2 E l A) = LV. Démontrons son unicité : de l'existence de deux telles factorisations A = LIV I = L 2 V 2 , on déduit 1 X X. X L 2 l L l = X 1 X X V 2 U1"1. . . X X 1 X Or cette égalité de matrices n'est possible que Sl Li 1 L 1 = U 2 V1"1 = I, soit Ll = L 2 et V I = V 2' II Un cas important où les conditions d'application du théorème précédent se trouvent vérifiées est celui OÙ la matrice A est symétrique définie positive, mais comme on va Ie voir, on profite de la symétrie pour modifier légèrement (en la simplifiant) la factorisation LV. C'est pourquoi nous traitons ce cas séparément, au paragraphe suivant. Un intérêt majeur de l'existence d'une factorisation LU est Ie suivant : si l'on a à résoudre plusieurs systèmes linéaires correspondant à la même matrice A, il suffit de con- server l'expression des deux matrices L et U une fois celles-ci calculées "une première 
FACTORISATION LV D'UNE MATRICE 85 fois ", c'est-à-dire lors de la résolution du "premier" système linéaire. Oil réJ'out ensuite chaque sYJ,tème Iinéaire A'1' = b en résolvant deux systèmes linéaires à matrices triangu- laires : Lw = b, pUIS Uv = w. REMARQUE. Si la condition suffisante du théorème 4.3-1 n'est pas satisfaite, on peut néan- TTtoins toujours s'y ramener après des permutations préalables de lignes de la matrice (c/. exercice 4.3-4). De ce point de vue, la factorisation LV des matrices inversibles est donc toujours possible. II Examinons enfin Ie cas des matrices tridiagonales, qui admettent une factorisation LU particulièrement simple. On notera au passage la conservation de la structure de matrice- bande, qui est ici un exemple d'une circonstance générale (c/. exercice 4.3-5). Le cas des matrices tridiagonales par blocs est considéré à l'exercice 4.3-2. Théorème 4.3-2. Soit b] CI a2 b 2 C2 A= an-I b n - I Cn-l an b n une matrice tr;diagonale. On définit la suite ð o = 1, ð l = b h ð k = bkðk_I-akck_Iðk_2' 2  k  n. Alors a2 b 2 C2 1  k  n, b i CI ð k = dét(ð k ), où ð k = ak-I b k _ 1 Ck-I ak b k et, s; les non,bres ð k , 1  k  n, sont tous diJférents de zéro, la !actor;sat;on LU de la matrice A est 1 ð l ð o Cl ð o a2--- ð l 1 ð 2 ð l C2 ...u= ð 1 a3- ð 2 ð 3 ð 2 1 C n -l ð n - 2 a --- n ð n - I 1 ð n ð n - I DÉMONSTRATION. Pour commencer, on vérifie facilement (par récurrence) que ð k = = dét (Lt k ), en développant ce déterminant par rapport à sa dernière ligne. 
86 MÉTHODES DIRECTES Si done ð" :F 0, 1  k  n, Ie théorème 4.3-1 garantit rexistence et runicité de la fae- torisation LV et il suffit de vérifier que la faetorisation proposée convient efTectivement. Or Ie calcul des éléments de la matrice LV montre que (L U h . " + 1 == c" . 1  k - /1- 1. Dl a"c" _I ð " _'2 +ch (LU)ll == T == bI (LUh" == Un ð" - 1 2k  11, (LU)k'''_I==a". 2klI. (LU)"I == 0 pour I k -II ?- 2. ce qui, compte-tenu de la formule de récurrence établie pour les déterminants ð", démontre 1 'assertion. _ On déduit du théorènle ci-dessus un proct?dt? parTiclllièrel11e/1T si/nple de rt?,5'OIIiTioll d'ul1 systèl11e Iilléaire Ai' == d dOIlT la l11lurice A eST Tridiagollale. à cOl1ditiol1 llatllrelle/11e/1t que les déte,.,l1illallTS D/.:, 1  k  11, soiel1T TOllS difjereliTs de =t?ro. Pour cela il est commode d' "intercaler" la matrice L1 == diag ( ðði ) dans la factorisation LU de la matricc A, 1-1 ce qui conduit à la factorisation --1 Zl C 1 C.) 11,! A == (L.d) <- 1-1 U) == - .) C n Zn_l an ... -n / avec C 1 Dk_1 Z1==- b ,Zk==Ck' 1 Uk Alors la solution du système linéaire AI' == d s'obtient en construisant successivement les trois suites : 2.  k  11. r Zl = b C1 , Zk == Ck k ==2, 3, ...,11, j 1 b,,-akZk_l d 1 Zk dk-akWk_1 WI == b 1 , W k == --- (d k - a k W k - 1) == , k == 2, 3, ..., 11, Ck bk-akzk-l ll'n = W n , I'k =Wk-Zkl'kl' k = II-I, 11-2,.." I, qui équivalent respectivement à la relation de récurrence Do == 1, D 1 == b 1 , Dk == bkDk-1 -akck-lDk-2' 2  k  11, du théorème 4.3-2, à la solution du système linéaire L/lw == d, et enfin à la solution du système linéaire I1- 1 U/' == w. Cette méthode requiert 13(11-1) additions, l 3(Il-l) multiplications, 2/1 divisions. soit 8n-6 opérations au total, ce qui constitue une réductioll cO/1sidérable par rapport au 211 3 nombre d'opérations (de l'ordre de -3) de la méthode de Gauss pour une matrice quelconque. 
F ACTORISA TION ET MÉTHODE DE CHOLESK Y 'ð7 4.4. La factorisation et la méthode de Cholesky On va établir qu'une matrice sYl11étriqlle défillie positire vérifie les conditions d'appli- cation du théorème 4.3-1 ; une telle matrice admet donc une factorisation LU unique. Mais il y a plus: il se trouve en effet qu'il existe une factorisation analogue mais plus simple, car elle ne fait intervenir qu'lll1e selile matrice. De façon plus précise, on va montrer au théorème ci-dessous qu'on peut écrire une telle matrice A sous la forme A == BBT, B: 111atrice réelle trianglilaire il1fériellre, cette égctlité constituant une factorisation de Cholejky de la matrice A. Théorème 4.4-1 (factorisation de Cholesky d'une matrice). Si A est une matrice symétrique définie positive, if existe (all moins) une matrice réelle triangulaire infériellre B telle que A =-- B B T . De plus, on peut inlposer que les éléments diagonaux de la matrice B soient tous :> 0, et la factorisation A ::-:. BBT correspondante est alors unique. DÉMONSTRATION. Notons I1 k les sous-matrices (symétriques) d'éléments aij, I  i, j  k  de la matrice A == (aij). Si w == (wi)f=1 est un vecteur quelconque de Rk, on peut écrire wTLlkw == I,T AI', avec I' == (/';)7=1 ERn, I'i == Wi pour 1  i  k, et I'i == 0 pour k + I  i  11, ce qui montre que les n sous-matrices ,If" sont définies positives, et done inversibles. Par application du théorème 4.3-1, on peut écrire 1 X X A == LU X 1122 . .X . . . X X 1 II nll et tous les nombrcs Uii sont :> 0 puisque k n Ui; == dét Clf k ) :> 0, 1  k  11. i= 1 Si I'on "intercale" la matrice (réelle) A == diag (JÍil) dans cette faclorisation LU, on obtient A == (LA) (A -lU) == JI X V/l 1 X X X . X y 11 22 . JI U .).) . X .. Y 1I1111 . . ,-- V 11 1111 Posant B == LA C == A -lU , , la symétrie de la matrice A entraÎne BC == CTBT, c'est-à-dire encore C(BT)-l == X . . . X 1 1 . . . X X . . 1 .. . X X...1 == B-1CT. Or cette égalité de matrices n'est possible que si C(BT)-l == B- 1 CT == J, c'est-à-dire SI C == BT, ce qui démontre l'existellce d'(au moins) une factorisation de Cholesky. 
88 MÉTHODES DIRECTES Démontrons maintenant l'unicité d'une telle factorisation A == BBT lorsque les élé- ments diagonaux b ti de la matrice triangulaire inférieure B == (bij) sont tous :> 0, ce qui est effectivement Ie cas de la construction précédente. La factorisation déf A == (B!1- 1 ) (LlBT), OÙ A == diag (b jj ), n'est autre que la factorisation LV de la matrice A, avec L == B,;j-I, U == .:1BT. Une telle factorisation étant unique, A == BIBI == B2BJ ==> B I A I 1 == B 2 .12"1 et /l I BT == /1 2 BI ' en posant Lla; == diag((B)ii), x == 1, 2. L'égalité des éléments diagonaux des matrices /l I BI et 112BJ s'écrit (BI)ri == (B 2 )n, 1  i  n, ce qui montre que 11 1 == l1 2 , parcequ'on a fait l'hypothèse (B)ii :> 0, X == 1, 2. On en déduit BI == B 2 . II REMARQUES. (1) On peut présenter Ie résultat précédent comme une condition nécessaire et suffisante : si une matrice A s'écrit sous la forme A == BBT, B : matrice inversible (peu importe ici que la matrice B soit triangulaire), il est clair qu'el1e est symétrique d'une part, et définie positive de l'autre, puisque v T Av == (Bv)TBv :> 0 Sl l'  O. (2) La factorisation de Cholesky est parfois appelée "factorisation LLT" (L pour "lower"), mais nous éviterons cette appellation puisque la "nouvelle" matrice L ne coin- cide pas en général avec la matrice L de la factorisation LV de la même matrice. II Pratiquelnent, on procède de la façon suivante : on pose a priori b ll B== b 21 b 22 . . . bnl b 112 . . . b nn De l'égalité A == BBT on déduit les relations n min {i,j} aij ==(BBT)ij == L bikb jk == I bikbjk, k=l k=l  i, j  II, puisque b pq == 0 si 1  p <: q  n. La matrice A étant symétrique, it suffit que les rela- tions ci-dessus soient vérifiées pour i  j par exemple, c'est-à-dire que les éléments bij de la matrice B doivent satisfaire les relations i aij == L bikb jk , 1  i  j  11. k=l Faisant i == 1, il vient : (j == 1) a 11 == (b 11)2, (j == 2) a 1 2 == b 11 b 2I , . d'où d'où b I ! == ý ' b 21 == aI2/ b I1' . (j == n) aVI == b 1I b Jl !, d'où b nl == ain/b ll , 
FACTORISATION ET MÉTHODE DE CHOLESKY 89 ce qui détermine la première colonne de B. De proche en proche, on détermine la i-ème coloßne de la matrice B par les relations: b u = 1 r au _ if (b i k)2. V k=1 ;-1 ai, ;+1 - L bikb;+l, k k=1 ti == i+l) aj,i+l == b il b i -;-l,l + ... +b ii b i +1.i d'où bi+l,i == b u (j == i) an == b i1 b il + . .. + bub ii , d'où . (j == Il) ai" == b il b nl + . .. + bub n ; , d'où ;-1 ain - L bikb nk k=l b ii b ni == après avoir déterminé les (i-I) premières colonnes. 11 résulte du théorème 4.4-1 qu'il est possible de choisir tous les éléments bu">O. Un tel ;-1 choix assure que toutes les quantités all' . . ., aii- L (b ik )2,... figurant sous les radicaux k=1 sont "> 0 (ce qui n' était nullement évident a priori). La rnéthode de Cholesky, pour résoudre un système linéaire Au == b dont la matrice A est symétrique définie positive, consiste à calculer la factorisation A == BBT de Cholesky de la matrice, puis à résoudre successivement les deux systèmes linéaires à matrices triangulaires : Bw == b et BTu == w. Comptons Ie nombre d'opérations élémentaires rencontrées dans l'application de cette méthode : (i) Factorisation. Le calcul de la matrice B à l'aide des formules ci-dessus nécessite : r II extractions de racines carrées, I n(n-l) (n-l) +(n- 2) +. . · + 1 == 2 - divisions, I (n-l)+2(n-2)+... +(1I-2)2+(n-l) = ,!3 6 n l (n-1) + 2(11- 2) + · . . +(n- 2)2 +(n-l) = !!3- 6  addi tions, multiplica tions. (ii) Résolution deJ' deux J'YJ'tèmes lilléaires Bw == b et BTu == w. Comme on l'a déjà vu, ces résolutions nécessitent : / Il(n-l) additions, n(n-l) multiplications, 2n divisions. Au total, la méthode de C holesky llécessite de l' ordre de : f ,!3_ additions, I :' J -6 multiplications, 1 n 2 I --2-- divisions, l n extractions de racines carrées, 
90 MÉTHODES DIRECTES 3 3 2 ce qui se compare très favorablement aux  additions.  multiplications. et  divisions. de la méthode de Gauss. II y a done a\'antage à appliquer la méthode de Cholesky plutõt que la méthode de Gauss pour résoudre un systèn1e Iinéaire à matrice symétrique déjinie positive. Enfin. on notera que Ie calcul du déterminant d'une matrice symétrique définie positive est immédiat à partir de sa factorisation de Cholesky A = BB T puisque dét (A) = (hI 1 h 22 . . . h nn )2 . 4.5. La [actorisation QR d'une matrice et la méthode de Householder On appelle matrice de Householder une matrice de la forme 1_'''* H( v) == 1-2 ," : vecteur non nul de Cn . r* l' De plus, nous conviendrons de considérer la matrice unité également com me une matrice de Householder, afin de simplifier la présentation de certains énoncés (mais naturelle- ment, c'est une convention légèrement abusive ...). De telles matrices (dont l'interprétation géométrique est donnée à l'exercice 4.5-1) sont à la fois unitaires et hermitiennes (vérification immédiate) ; leur intérêt en Analyse Numérique Matricielle provient du résultat suivant : n Théorème 4.5-1. Soit a = (a;)7 = 1 un vecteur de en tel que L I a; I > O. II existe deux matrices ;=2 de Householder H tel que les (n -1) dernières composantes du vecteur Ha soient nulles. Defaçon plus précise, soit  ERtel que a l = e '7 I a l I. Alors, H(a + II a 112 e ;7. e l)a = - II a II 2 e l' et H(a - Ii a 11 2e Ï7. e I)a = II a 11 2 e 1 , où el désigne Ie premier ecteur de base de cn . n DÉMONSTRATION. On note déjà que la condition L I a; I :> 0 entraîne que les vecteurs ;=2 (a + II a 11 2 e 1 ) ne sont sûrement pas nuls (condition nécessaire à la définition des matrices de Householder correspondantes). Posant i I. :: 2 == Ii .11 pour alléger I'écriture, vérifions que les matrices de Householder proposées conviennent effectivement (pour une approche plus "naturelle". se reporter à rexercice 4.5-2) lorsque a 1 > 0 (pour fixer les idées  les calculs sont analogues dans les autres cas) : H( II II )a == _ 2(a + II a lIe t ) (a* + II a lIe)a a + a e. a * * . - (a + llalle 1 ) (a + llalle)) Or, (a:t II all e l ) (a* + II a lIe:)a == II a 11(11 a II + a 1 ) (a + II all e 1 ), (a*:t II all e;) (a + II all e 1 ) == 211 a /1(11 a II + a l ). II n REMARQUE. Si L I a; I == 0, on a encore (on rappelle que la matrice unité est une matrice ;=2 de Householder particulière) : Ia==llall2 e l Sl alO, H(a-llaIl 2 el)a == IIal1 2 el Sl a l -< o. 
FACTORISATION QR ET MÉTHODE DE HOUSEHOLDER 91 Donc, si Ie vecteur a est réel, la première composante du vecteur Ha peut être choisie  O. LÏntérêt de cettc rcmarque n'apparaissant que dans la démonstration du théorème 4.5-2, elle peut être provisoirement ignorée. Pratiquement, on procède de la façon suivante : on calcule la norme II a 11 2 (c'est la seule extraction de racine carrée nécessaire), puis Ie vecteur v = a + II a 112 eiae l' puis Ie nombre ,,* l' 2 = II a 11 2 ( II a 11 2 + I a 1 I). Si b est un vecteur de en, Ie calcul du vecteur Hb s'effectue en calculant d'abord Ie produit scalaire v*b, puis Ie vecteur (v*b) Hb = b---- v. (v*1'/2) Dans Ie cas réel, Ie choix du signe (devant Ie vecteur II a 112el) est guidé par la présence de l'expression (v*v) au dénominateur : pour éviter des divisions par des nombres trop "petits" (ce qui peut avoir des conséquences désastreuses, com me on l'a vu au para- graphe 4.2 à propos de la méthode de Gauss), on choisit v = a+11 a 112el si al :> 0 et 'V = a-II a 11 2 e 1 si a l <:: O. La méthode de Householder pour la résolution d'un système linéaire Au = b équivaut à trouver (n-1) matrices de Householder HI' H 2 , .. ., Hn-l telles que la matrice Hn-l . . . H2HlA soit triangulaire supérieure. II reste ensuite à résoudre Ie système Hn_l ... H2 H lAu = Hn_l ... H2H l b par la méthode de remontée. Posant A = AI' chaque matrice Ak = Hk-l . . . H 2 H l A, k  1, se présente sous la forme X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X - Ak = X X X X X -+- k-ème ligne ( X X X X X X X X X X ak X X X X X X X X X X - t k-ème colonne REMARQUE. La répartition des zéros est donc la même que dans la matrice trouvée après la (k-l)-ème étape de I'élimination dans la méthode de Gauss, mais Ie procédé de passage de la matrice Ak à la matrice Ak + 1 est différent, com me on va Ie voir. On notera aussi que, à la différence de la méthode de Gauss, seules les (k-1) premières lignes de la matrice Ak se retrouvent inchangées dans la matrice Ak +1. II Désignons par ak Ie vecteur colonne de e n - k + 1 de composantes les éléments a7k, n k  i  n, de la matrice Ak = (at). Si I I aik 1>0, i1 existe d'après Ie théorème 4.5-1 i=k+ 1 un vecteur Vk E e n - k + 1 tel que Ie vecteur H(Vk)ak E e n - k + l ait toutes ses composantes nulles sauf la première. 
92 MÉTHODES DIRECTES Notons Vk Ie vecteur de en dont les (k-l) premières composantes sont nulles et les (n- k + 1) dernières celles du vecteur Vk. Dans ces conditions, la matrice ( I Ik_I I 0 ' ) Hk = 1 0 -1 H(Vk) I ' Ik_I == matrice unité d'ordre (k-l), n'est autre que Ia matrice de Householder H(Vk) et la matrice Ak+I == HkAk == (at+ 1 ) est telle que d[k+ I == 0 pour i == k + 1, . . ., n. N aturellement, si ark == 0 pour i == k + 1, · · ., n, la matrice Ak est déjà de la forme A k + l' et il suffit de poser Hk == I. On continue de la sorte jusqu'à la matrice An == Hn_1 · .. H 2 H I A, qui est triangulaire supérieure par construction. On notera au passage que Ie conditionnement de la matrice du système n'est pas modifié puisque (théorème 2.2-3) cond 2 (An) == cond 2 (A) ; c'est Ià un avantage, du point de vue de la "stabilité numérique", de la méthode de Householder par rapport à la méthode de Gauss, compensé néanmoins par un nombre sensiblement double d'opérations élémentaires (c/. exercice 4.5-3). La méthode de Householder permet d'évaluer simplement Ie déterminant de la ma- trice A. En effet, Ie déterminant d'une matrice de Householder différente de la matrice unité étant égal à (-1) (c/. exercice 4.5-1), dét (A) == + ail a2 ... a:n' selon Ia parité du nombre de matrices de Householder (différentes de la matrice unité) rencontrées. L'interprétation matricielle de la méthode de Householder conduit à un résultat remarquable de factorisation' des matrices carrées : Théorème 4.5-2 (factorisation QR d'une matrice). Étant donné une matrice A d'ordre n, il existe une matrice unitaire Q et une matrice triangulaire supérieure R telles que A == QR. De plus, on peut s'arranger pour qlle les éléments diagonaux de la matrice R soient tous  O. Si la matrice A est inversible, la factorisation A = QR correspondante est alors unique. DÉMONSTRATION. Observant que l'existence des matrices de Householder HI' H 2 , . . ., Hn_I est en fait indépendante du caractère éventuellement singulier de la matrice A, on a déjà établi que toute mat rice carrée A s'écrit sous la forme A == (Hn_1 ... H 2 H 1 )-lA n , Ia matrice déf R == An étant triangulaire supérieure. La matrice déf -1 Q == (Hn_I · .. H 2 H 1 ) == H 1 H 2 ... Hn_I étant unitaire (on rappelle que les matrices de Householder Hk vérifient Hk"1 == HZ == = H k ), l' existence d'(au moins) une factorisation QR est établie la matrice Q étant Ie pro- duit de (n - 1) matrices de Householder. 
FACTORISATION QR ET MÉTHODE DE HOUSEHOLDER 93 One telle factorisation A =QR étant obtenue. soit lljER des nombres vérifiant (R)jj=ei<<jl(R)jjl. I jn. et soit D=diag(ei<<J). Alors la matrice Q=QD est encore unitaire; la matrice R = D - 1 R est encore triangulaire supérieure, et de plus ses éléments diagonaux sont tous O. L'existence d'(au moins) une factorisation A =QR avec (R)jjO est done éta blie. Si la matrice A est inversible, il existe donc au moins une factorisation A = QR telle que (R)ii:> 0, 1  i  n. Démontrons alors l'unicité d'une telle factorisation. Des égalités A = Q1 R 1 = Q2R2' on déduit * -1 déf A Q2Q1 = R 2 R 1 = LJ. Par suite, L1*L1 = Q:Q2Q;Q1 = I n'est autre qu'une factorisation de Cholesky de la matrice unité, puisque la matrice L1 est triangulaire supérieure (comme produit des matrices triangulaires supérieures R 2 et R11). Comme (R 1 )ii :> 0 et (R 2 )u (R 2 );; >- 0 => (,1);; = ) >- 0, (R 1 ii l'unicité d'une telle factorisation de Cholesky (établie dans Ie cas réel au Théorème 4.4-1 ; l'extension au cas complexe est immédiate) entraîne L1 = I. _ REMARQUES. (1) Si la matrice A est réelle, les matrices de Householder HI' H2' ..., Hn - 1 sont tous réelles (cf théorème 4. 5-1); il en résulte que la matrice Q, et done aussi la matrice R = Q-IA, est réelle, la matrice Q étant de surcroît orthogonale. (2) Si l'on n'impose plus la restriction (R)ii :> 0, 1  i  n, i1 est facile de VOIr comment diffèrent deux factorisations QR d'une même matrice A, soit A = QI R I = Q2R2 · II résulte en effet de la deuxièmeégalité que la matrice unitaire Q;Q1 est égale à la matrice triangulaire supérieure R2Rll. Mais toute matrice unitaire triangulaire étant diagonale (si L1 est une telle matrice, écrire que (L1* L1)ij = 0 pour i  j), on déduit que Q;Ql = R2 R li = diag (d i ), avec I d j I = 1. II Indiquons pour terminer une interprétation remarquable de la factorisation QR d'une matrice inversible A. Notant aI' a2' ..., an et ql' q2' ..., qn les vecteurs colonnes des matrices A et Q respectivement, la relation A = QR s'écrit aussi al = r 11 Ql' .a2 = r12ql +r22Q2, an = rlnql +r2r.Q2+ ... +rnnqn' en désignant par rij les éléments de la matrice triangulaire supérieure R. Or, les vecteurs qj formant un ensemble orthonormal (c'est une autre façon d'exprimer Ie caractère unitaire de la matrice Q), les relations ci-dessus équivalent au procédé d' orthonormalisation de Gram-Schmidt. On pouvait d'ailleurs songer à les utiliser pour une construction plus "directe" des matrices Q et R (des indications à cet égard sont données à l'exercice 
94 MÉTHODES DIRECTES 4.5-4), mais cette méthode, pourtant "naturelle", est à écarter en règle générale, car elle conduit à des propagations parfois désastreuses d'erreurs d'arrondi : on lui préférera done sans hésiter la méthode basée.sur l'utilisation des matrices de Householder. 
5 MÉTHODES ITÉRA TIVES DE RÉSOLUTION DES SYSTÈMES LINÉAIRES r ntrod uction Ce chapitre ne donne qu'un bref aperçu des méthodes itératives de résolution de systèmes linéaires, pour lesquelles nous nous sommes limités à quelques méthodes "exemplaires ". Celles-ci se présentent sous la forme Uk+ 1 = BUk +c, k  0, U o : vecteur arbitraire, la matrice B et Ie vecteur c étant construits à partir de la donnée d'un système linéaire Au = b (la matrice B dépend seulement de la matrice A). On commence par établir au paragraphe 5.1 des résultats généraux de convergence (conditions suffisantes pour que lim Uk =u), et de comparaison (évaluation des "vitesses koo de convergence ") de méthodes itératives (c/. théorèmes 5.1-1, 5.1-2 ; voir aussi Ie théorème 5.3-1), puis on décrit au paragraphe 5.2 quelques méthodes très couramment employées : les méthodes de Jacobi, de Gauss-Seidel, de relaxation (dont la méthode de Gauss- Seidel est un cas particulier), par points ou par blocs. On donne enfin au paragraphe 5.3. quelques résultats précis de convergence et de comparaison de vitesses de convergence, applicables aux méthodes décrites ci-dessus, notamment dans Ie cas de systèmes linéaires dont la matrice A est syméfrique définie pOsifi'e et fridiagonale par blocs (théorème 5.3-6). Ce cas particulier est très important, puisqu'il se rencontre dans les méthodes d'approximation de problèmes aux limites elliptiques vues au chapitre 3. 5.1. Généralités sur les méthodes itératives Étant donné une matrice inversible A et un vecteur b, on souhaite calculer la solution u du système linéaire Au = b. Supposons qu'on ait trouvé (par exemple, par l'un des procédés décrits au paragraphe suivant) une matrice B et un vecteur c tels que la matrice (I - B) soit inversible, et tels que la solution unique du système linéaire u = Bu+c 
96 MÉTHODES ITÉRA TIVES soit également la solution dc All == b. La forme du système u == Bu + c suggère la défi- nition d'une 111éthode itérative de résolution du système linéaire Au == b : On se donne un vecteur initial U o arbitraire, et on définit la suite de vecteurs (Uk)kO par Uk+ 1 == BUk +c, k  O. On dit alors (définition tout à fait naturelle !) que la méthode itérative est con,'ergellte si lim Uk-== u pour tOllt vecteur initialu o . k -+ C'O Le résultat suivant donne Ie critère fondamental de convergellce des méthodes itérativcs. On notera qu'il ne fait intervenir que la matrice B, appelée la lnatrice de fa 111éthode itérative considérée. - Théorème 5.1-1. Les propositions suivantes so nt éqllivalentes : (1) la méthode itérative est convergente ; (2) e(B) -< 1; (3) II B II -< 1 pour au moins une norme matricielle II. I!. DÉMONSTRATION. Dire que la méthode el convergente revienl à dire que lim ek == 0 pour tout vecteur eo == 110 -ll, k-+oc où déf ek = Uk-U == Bke o , k  0, est Ie k-ième vecteur erreur. Les équivalences cherchées résultent alors du théorème 1.5-1. II REMARQUE. La méthode itérative définie plus haut n'est autre que la ,néthode des approxbnations succes.Jb'es, dite encore nléthode de Picard, pour trouver un point fixe de l'application f: v E Kn -+ f(v) == (B1'+C) E Kn, qui est une contraction lorsque la propriété (3) est satisfaite: la démonstration du thé- orème 1 .4-3 montre en erret que la norme matricielle II . II pour laquellc II B II < I' peut être choisie subordonnée à une norme vectorielle II . II. de sorte que II f(v)-f(u) II  II B I1II 1)-U II. II Comment choisir entre plusieurs méthodes itératives convergellteJ' pour résoudre un même système linéaire Au == b ? Pour fixer les idées, supposons la matrice B normale. Alors (théorème 1.4-2) II keo 1/ 2  II Bk 11 2 1/ eo 11 2 == (e(B))k II eo 11 2 , et cette inégalité est la meilleure possible, en ce sens que, pour tout entier k  0, il existe un vecteur eo(k)  0 pour lequel elle devient une égalité. Dans Ie cas des matrices normales, la méthode est donc d'autant plus rapide que e(B) est plus petit, puisque sup II Bke o 1I/k == e(B) pour tout k  O. Ile o 11 2 =1 Dans Ie cas général (matrice B quelconque, norme vectorielle quelconque), la conclu- sion est identique : asymptotiquement, Ie vecteur erreur ek == Bke o se comporte "au pire" comme (e(B))k, comme Ie précise Ie résultat qui suit. 
MÉTHODES DE JACOBI, DE GAUSS-SEIDEL, DE RELAXATION 97 Théorème 5.1-2. (1) So;t ! . II une norme ,ectorielle quelconqlle, et soit u tel que u = Bu+c. On considère la méthode ;térat;ve uk+l =-= BUk+ C , k  o. Alors lim { SUP II Uk -u I ll/k } = e(B). k-f">C II Uo-U II =1 (2) Soit Ii .llune nornte ,ectorielle quelconque, et soit u tel que - - u = Bu+c = Bu+c. On cons;dère les méthodes ;térat;ves ù k + 1 = BÙ k + è, k  0, Uk + 1 = BU k + C, k.  0, avec p(B) < p(B), U o = Îio . A lors, quel que so;t Ie nomhre e >- 0, if ex;ste un en tier I(e) tel que { - } llk - k I II Uk- U II =>= e(B)  ==> sup -- II Uo-U 11=1 "Uk- U II e(B)+e DÉMONSTRATION. Soit II' I! la norme matricielle subordonnée. Pour tout entier k, on peut écrire (e(B))k == e(Bk)  "Bk II == sup II Bke o II, II eo II =1 de sorte que e(B)  sup II Bke o III/k == II Bk IIIlk , II eo 11=1 et rassertion (1) découle du théorème 1.5-2. D'après Ie même résultat, étant donné ê >- 0, if existe un entier I(F) tel que k  I ==> sup II Bke o III/k(e(B)+ê). II eu II = 1 Par ailleurs, pour tout en tier k  I, il existe un vecteur eo == eo(k) tel que I; eo 'i == 1 et II Bke o IIllk == II Bk "I/k  e(B), et I'assertion (2) se trouve démontrée. II L'étude des méthodes itératives repose donc sur la solution des deux problèmes suivants : (1) étallt donné line 111éthode itératb'e de 111atrice B, déterminer J'i fa méthode est con- vergente, c'est-à-dire si (!(B) -< 1, ou de façon équivalente, s'il existe une norme matricielle telle que II B " <: 1 (théorème 5.1-1) : (2) étant donné deux fflét/zodes itérativeJ' convergenteJ', les comparer: la méthode itérative la plus "rapide" est celIe dont la matrice a Ie plus petit rayon spectral (théorème 5.1-2). 5.2. Description des méthodes de Jacobi, de Gauss-Seidel, de relaxation Les méthodes que nous allons décrire sont des cas particuliers de la méthode suivante : étant donné un système linéaire Au == b, supposons que l'on puisse écrire la matrice inversible A sous la forme d'une décOfflpo,Jition A == M-N, 
98 ÉTHODES ITÉRA TIVES où M est une matrice inrer,Jible et "facile à inrerser", c'est-à-dire, pratiquenlent, diagonalc ou triangulaire, ou encore diagonale ou trianguJaire par blocs. Naturellement, quand nous disons que la matrice M est facile à inverser, no us ne roulon,J pas dire que I'on calcule effectivement la matrice M- 1 . Ce que nous aurons à calculer, c'est la ,Jolution de systè/11eS Iinéaire,J dont la /11atrice eoSt M. On a donc les équivalences : Au :=: b <:::::> Mu :=: Nu +b  u == M-l Nu + M-1b. La dernière équation étant de la forme u == Bu +c, on lui associe la méthode itérative (suivant les considérations du paragraphe précédent) : M -I Nll k + M -l b, k 0 t b t Uk+ 1  , u(): vec eur ar i raire, dont la matrice est B :=: M-1N == I-M-1A. ce qui montre au passage quc la matrice (1- B) = M - 1 A cst inversiblc. Pratiquement, on cst donc amené à résoudre les systèmes linéaires succesifs : MUk+] == NUk +b, k  o. Dans Ie cas des deux premières méthodes (de Jacobi et de Gauss-Seidel), la décom- position A :=: M - N de la matrice A == (aij) est telle que (M)ij :=: aij ou 0, selon les valeurs du couple (i, j), ce que nous représenterons, avec un (léger) abus de notation, par I 'égalité A pour bien montrer que les matrices M et N sont "disjointes". On voit ainsi, d'une façon trè,J imagée, que la méthode itérative correspondante consiste en gros à "n'inverser que la partie M de A". Intuitivement, il semble que, plus M comprend d'éléments non nuls de la matrice A, meilleure devrait être Ie méthode (ce sera utile pour comparer heuristiquement les méthodes de Jacobi et de Gauss-Seidel introduites ci-après), puisque si l'on considère Ie cas "limite" où M == A (donc N == 0), on trouve la solution exacte en résolvant la première équation de la méthode itérative. D'autres décompositions A == M- N ne sont pas du type ci-dessus, en ce sens que les matrices M et N "se chevauchent ", comme dans Ie cas de la méthode de relaxation par exemple, que nous décrivons plus loin. Commençons par la méfhode de Jacobi. Soit A == (aij) une matrice d'ordre Il telle que au  0, 1  i -:;- n, et posons A= 0 13 a 1n a 21l a31 -F a31l . ==D-E-F , . -E aliI On2 a n3 ce que nous appellerons décompo,Jition A == 0- E- F par points de la matrice A. 
MÉTHODES DE JACOBI, DE GAUSS-SEIDEL, DE RELAXATION 99 REMARQUES. (1) Naturellement, l'écriture ci-dessus constitue à nouveau une notation abusive (mais suggestive !), les ]ettres D, E, F désignant des matrice,J d'ordre n vérifiant respectivement (D)jj == aijðij, ( - E)ij == au si i >- j, () autrement, ( - F ) .. - a.. si i -< J " , 0 autrement. IJ - IJ (2) Contrairement aux matrices M et N qui, elles, "varient' d'une méthode à I 'autre, on doit considérer ici la décomposition A == D- E- F comme fixée, tout au moins pour les méthodes "par points" que nous décrivons actuellement. _ La première décomposition A == M - N que l'on va considérer est "]a plus simple possible", puisque la matrice M est égale à la matrice D == diag (aii) ; c'est pourquoi d'ailleurs on a supposé aii  0, 1  i  n. On écrit donc les équivalences Au == b <=} Du == (E + F)u +b .ç)- U == D-1(E + F)u + D- 1 b, ce qui conduit à la nléthode itérafive de Jacobi (par points) : Dllk+l == (E+F)Uk+bllk+1 == D-l(E+F)Uk+D-1b, k  O. La matrice de cette méthode itérative est par conséquent J == D-1(E+F) == I-D-IA, et s'appelle la 111atrice de Jacobi (par points). Les ca]culs effectifs se présentent de la façon llk+l == (1l7+ 1 )f=1 : a [ Uk + 1 ] 11 1 [ k+l 1 a 22 u 2 suivante, en posant Uk == (0)7= 1 et k - a 21 11 1 k k - aI2u2-aI3u: k - a23 11 a -a  1. n-1 n-1 -a  2, n-1 n-1 -aIl1 - a2n +b 1 +b 2 [ uk + 1 ] - a k k a 11- 1, n - 1 n -1 - - n - 1, Ill] - a 11 - 1, 11- 2 U n - 2 ann[U+I] -an1ut -an2U -an, n-lU-1 +b ll , OÙ nous avons entouré de crochets les composantes successivement ca]culées. Pour cal- cu]er une composante quelconque u7+ 1 du vecteur Uk+ l' on utilise donc (n-1) des composantes du vecteur Uk, qll'i! jàut donc garder en mémoire pendant tout Ie calcu/ du vecfeur Uk+ l' Autrement dit, une itération de la méthode immobilise 2n mémoires de ]'ordinateur, Jl mémoires pour ]es n composantes du vecteur Uk, et n mémoires pour les Il composantes du vecteur Uk+ l' Par ailleurs, il apparaÎt qu'on pourrait probablement améliorer la méthode en utilisant "mieux" les quantités déjà calculées. Ainsi par exemple, pour calculer la deuxième composante u+ 1 du vecteur Ilk + l' pourquoi ne pas utiliser la "nouvelle" valeur Uf+1 plutôt que l"'ancienne" valeur u1, et ainsi de suite? Cette remarque conduit alors à remplacer Ie système précédent par Ie suivant : a 11 [ut+ 1] -a1211 -aI3 022[1l+1] -021 11 t+ 1 -a23u -an_I, 11 +b n _ 1 k -aI' n-l u n-1 k -a 2 , n-lun-l k -a 1n u n +b t +b 2 - a 2fi t!:, o [ Uk + ) ] n_ 1, fl-1 n-1 a [ u k + 1 ] nn n k -I 1 _k + 1 k -Oll_J,l u l ... -a ll - 1 ,n-2";'-2 -a r _ 1 ,y,u n -a n1 u 1+ 1 -a1l2u+] -an, n-I:l +b ll _ 1 +b n . 
100 MÉTHODES ITÉRA TIVES Ceci définit une nouvelle méthode itérative, qu'on appelle la rnéthode itérative de Gauss-Seidel (par points), et qui s'écrit en notation matricielle : DUk+1 == EUk+1+Fuk+b{:::>Uk+1 == (D-E)-lFuk+(D-E)-lb, k  o. La matrice (D- E) est inversible puisque au  0, 1  i  n. La matrice .12 1 == (D-E)-1F s'appelle la matrice de Gauss-Seidel (par points) ; on verra plus loin la raison de la nota- tion .12 1 ' Un des avantages de cette méthode par rapport à celle de Jacobi réside dans Ie fait que pour calculer une composante Uf+1 du vecteur Uk+ l' on n'a besoin que des (n-1) k k k+1 k+1 D d . . .,. d I ' composantes U i + l' . . ., Un' U 1 . . ., Ui-1 . ans ces con ttlons, une IteratIon e a me- thode immobilise seulement n mémoires de l'ordinateur, au lieu de 2n mémoires pour la méthode de Jacobi. C'est déjà un avantage déterminant pour les "grands systèmes". Par ailleurs, les considérations heuristiques du début de ce paragraphe suggèrent une éventuelle supériorité de cette seconde méthode, dans la mesure où "davantage" d'é- léments de la matrice sont pris en compte par la matrice M. C'est précisément ce que nous établirons dans un cas particulier (théorème 5.3-4), mais on ne peut pas toujours conclure dans Ie même sens (c/. exercice 5.2-2). On vient de voir qu'une itération de la méthode de Gauss-Seidel consiste à résoudre Ie système linéaire (D-E)Uk+1 == FUk+ b . Si la méthode de Gauss-Seidel converge, on peut songer à introduire un paramètre réel w  0, de telle façon que Ie système linéaire précédent soit remplacé par un système du type { - - E }Uk +1 = fonction de (Uk, lù). Autrement dit, "on fait passer une partie de la matrice D dans la matrice N". On obtiendra ainsi une méthode itérative qui converge déjà pour w == 1 et, avec un peu de chance, on peut donc espérer obtenir une plus grande vitesse de convergence pour w  1, par continuité du rayon spectral de la matrice de la méthode itérative en fonction de w(cf. exercice 5.2-1), tout au moins dans un voisinage de w == 1 (Ie cas défavorable étant celui où w == 1 est un minimum de ce même rayon spectral). Ce raisonnement heuristique sera effectivement confirmé par Ie théorème 5.3-5, dans un cas particulier. D La décomposition A == M - N correspondant au choix M == - - - E étant w A ={  -E}- F ú  D+F}' une itération de la méthode itérative associée à cette décomposition s'écrit {  -E }Uk+1 = F lù lù D+F }Uk+ b . k;;.. O. C'est la méthode itérative de relaxation (par points), qui n'est définie que pour les valeurs non nul/es du paramètre de relaxation w. La matrice de cette méthode est la matrice de relaxation (par points) { D } -1 { 1-W } J2 w == w- E w D+F == (D-wE)-l{(l-w)D+wF}, 
MÉTHODES DE JACOBI, DE GAUSS-SEIDEL, DE RELAXATION 101 et, comme il se doit, elle coïncide avec la matrice de Gauss-Seidel pour w = 1 (ce qui explique la notation J!.1 pour cette dernière). Si l'on emploie cette méthode itérative avec un paramètre (J) >- 1, ou w <.: 1, elle est dite méthode de sur-relaxation, ou de sous-relaxation, respectivement. L'étude de cette méthode consiste donc à déterminer successivement (s'ils existent) : - un intervalle I c R (ne contenant pas l'origine) tel que w E I  e(J2 w ) <.: 1 ; - un paramètre de relaxation optimal (1)0 E 1, tel que e(1?wJ = inf e(cP w )' wEl II est essentiel de noter que, contrairement aux apparences (la matrice J2 w a I'air nette- ment plus "compliquée" que la matrice J2 1 ), une itération de la méthode de relaxation est (une fois Ie paramètre w déterminé) tout à fait analogue, en ce qui concerne les calculs à effectuer, à une itération de la méthode de Gauss-Seidel. Dans les deux cas, on résouf un système linéaire à matrice triangulaire inférieure, (D- E) et{ - - E} respectivement D (les relations au  0, 1  i  n, équivalent encore à l'invertibilité de la matrice -- E, w w :;r!; 0). De façon plus précise une itération correspond à la résolution des éq uations suivantes a 11 [ut+ 1 ] = a 11 ut-w{a 11 t4 +a12t4 +a13u + ... a22[u+1] = a22u-w{a21ut+l + a22u +a23u + ... +aln-bl} +a2n-b2} . ann[u+l] = ann-w{anlut+l+ ... +a n ,n-l u:  +annu:-b n }. REMARQUE. Si l'on peut s'attendre, pour certaines valeurs du paramètre de relaxa- tion, à une convergence plus rapide (donc à un temps de calcul moindre) que pour la méthode de Gauss-Seidel, il ne faut pas oublier de prendre en compte Ie temps consacré à l'estimation préliminaire du paramètre de relaxation (optimal, par exemple) si I'on veut comparer l'efficacité des deux méthodes. Un exemple de valeur du paramètre opti- mal est donné au théorème 5.3-6. II Nous avons dit que les méthodes précédentes étaient des méthodes par points. On peut en effet définir des méthodes analogues, mais par blocs: Supposons en effet la matrice A du système linéaire décomposée en blocs, et posons, avec l'abus commode (déjà signalé) d'écriture : A= =D-E-F, ce que nous appelerons une décomposition A = D- E - F par blocs de la matrice A. En supposallt encore la matrice D inversible ou, ce qui revient au même, les sous- matrices diagonales A ii , 1  i  N, inversibles, on définit les méthodes itératives et les matrices de Jacobi, de Gauss-Seidel, et de relaxation, par blocs (sous-entendu: associées à la décompositiol1 A = D-E - F par blocs ci-dessus) par les mêmesformules que précédem- 
-r 102 MÉTHODES ITÉRA TIVES ment, les Jettres D, E, F représentant cette fois les "nouvelles" ma1rices apparaissant dans la décomposition par blocs considérée. Selon les considérations heuristiques du début de ce paragraphe, i1 semble a priori que les méthodes par blocs doivent être meilleures (plus rapides) que les méthodes par points correspondantes. Cependant, il faut noter qu'à chaque itération, on doit résoudre N systèmes linéaires dont les matrices sont les sous-matrices Au, 1  i  N. Dans ces conditions, on utilisera une méthode par blocs de préférence à la méthode par points correspondante seulement si l'accroissement de la durée d'une itération, dû à la résolu- tion de ces N systèmes linéaires, est suffisamment compensé par l'accélération de la convergence. Écrivons par exemple les systèmes linéaires correspondant à une itération de la méthode de Gauss-Seidel par blocs lorsque N = 4 (on notera que les quantités uf+l et b i sont maintenant des vecteurs) : Al1'[U+1] -A 12 t4 -A13U -A14u+bl' A 22 [u+l] =-A 21 uf+ 1 -A 23 t4 -A 24 u 1+ b 2' A33 [t4+ 1 ] =-A31U+1_A32U+1 -A34u+b3' A44 [t4+ 1 ] =-A41uf+l_A42U+1_A43u+1 +b 4 . Le tableau suivant résume les principales caractéristiques des méthodes (par points ou par blocs) que nous venons de décrire. Nom de la méthode Décomposition A = M-N (par points ou par blocs) Matrice M-IN de la méthode itératÍ\'e Description d'une itération Jacobi A = D-(E+F) J = D-I(E+F) = I-D-IA DU k + 1 = (E+ F)uk+b Ga llSS- A = (D-E)-F .J2 1 = (D-E)-IF (D-E)U k + 1 = Fuk+b Seidel Relaxa - A = {  -E} - f w w D + F }, {D r1c-w } { D -E}UHl = f -w D+F}uk+l tion .J2 w = W - E -----oJ D + F (jJ OJ w;éO 5.3. Convergence des méthodes de Jacobi, de Ga11ss-Seidel, de relaxation Pour fixer les idées, les résultats de ce paragraphe sont énoncés dans Ie cas complexe. Nous commençons par établir une condition suffisante (également nécessaire; ct. l'exercice 5.3-1) de convergence d'une méthode itérative associée à une décomposition A = M-N quelconque d'une matrice hermitienne définie positive. Nous appliquerons ensuite ce résultat à la méthode de relaxation. Théorème 5.3-1. Soit A une matrice hermitienne définiepositi,e, décomposée sous laforme A = M - N, M : matrice in,ers;ble. S; la matr;ce hermitienne (M* + N) est définie positi,e, alors e(M-IN) <.: 1. 
CONVERGENCE DES MÉTHODES 103 DÉMONSTRATION. La matrice M* + Nest effectivement hermitienne puisque (A == A *) : M*+N == A*+N*+N == A+N+N* == M+N*. Nous allons établir I'inégalité I; M-1N II <: I, où II . 'I désigne ]a norme matricielle subordonnée à l'application Ii . II : I' E en -- Ill': I == (/'* AI')! , qui est ici une norme vectorielle, puisque la matrice hermitienne A est définie positive (c'est ici qu'intervient cette hypothèse). Puisque Ii M-1N II == 'I I-M-1AII == sup {1I/'-M-1Acil ; '11'11 == I}, on est conduit à évaluer I'expression ! i 1'- W II, où w == M-IA v et II I' " == I ,!1'-wi!2 == l-I'*Aw-w*A/'+w*Aw == 1-w*M*w-w*Mw+w*Aw 1-w*(M*+N)w. Par suite, :i I'li == 1 ==> 11/'-M-1A/'11 <: 1, puisque, la matrice (M* + N) étant définie positive par hypothèse, I'  0 ==> w == M-1AI'  0 ==> w*(M*+N)w :> O. La fonction " E en -- il/'- M-IA/'" E R étant continue (par composition d'applications continues) sur Ie compact {I' E en ; II v II == I}, atteint sa borne supérieure sur ce même compact, ce qui achève Ia démons- tration. II Dans la suite de ce paragraphe, on associe à une matrice A inversible d'ordre n donnée une décomposition A == D- E- F satisfaisant aux conditions du paragraphe précédent : la matrice D, supposée inversible, est formée à I'aide des éléments diagonaux de la matrice A (méthodes par points) ou des sous-matrices diagonales de la matrice A (méthodes par blocs), la matrice E est triangulaire inférieure et la matrice Fest triangulaire supérieure (par points ou par blocs, selon Ie cas). Les méthodes itératives considérées sont ensuite définics à partir d'une telle décomposition A == M - N comme it a été indiqué au para- graphe précédent (se reporter au tableau). Le théorème 5.3-1 fournit un critère simple de convergence de la méthode de relaxa- tion (et de celie de Gauss-Seidel comme cas particulier) connu sous Ie nom de théorème d'Oj.trowski-Reich : Théorème 5.3-2 (condition suffisante de convergence de la méthode de relaxation). Si la matrice A est hermitienne définie positive, la méthode de relaxation par points ou par blocs converge si 0 <: (J) <: 2. DÉMONSTRATION. La décomposition A == M - N associée à Ia méthoc:te de relaxa- tion s'écrit A = M-N ={  --E}-{ -or D+F}. de sorte que D l-w 2-w M*+N == ---E*+- D+F == ---- D, Q\ W W 
104 MÉTHODES ITÉRA TIVES puisque D = D* et E* = F (west un nombre réel non nul). La matrice D est elle auss i définie positive; en effet, appelant Au, 1  i  N, les sous-matrices diagonales, d'ordre ni, intervenant dans la décomposition par blocs de la mat rice A, on' a N sp (D) = U sp (A ii ), ;=1 et d'autre part, la matrice A étant définie positive, v. E Cni- { O }  vA..v. = VAV. :> 0 I I II I I I , les vecteurs Vi E C n étant obtenus en complétant par des zéros les composantes des vecteurs Vi. La matrice (M* + N) est donc définie positive si et seulement si 0 <.: w<.: 2. II suffit ensuite d'appliquer Ie théorème précédent. II Observons au passage que les méthodes d' approximation variationnelles, et de diffé- rencesfinies dans certains cas, de problèmes aux limites elliptiques, conduisent effectivement à des systèmes linéaires dont les matrices sont symétriques définies positives (c/. chapitre 3). REMARQUE. L'application du théorème 5.3-1 à la méthode de Jacobi ne donne pas de condition facilement "exploitable" en général. Voici cependant un cas particulier où jl s'applique : Si 2 -1 -1 2 -1 A= . . -1 2 -1 -1 2 (on a déjà vérifié au paragraphe 3.1 que cette matrice est définie positive), un simple calcul montre en effet que, pour la décomposition A = M - N associée à la méthode de Jacobi par points, n-1 vT(MT +N)v = vr+v+ L (Vi+ V i+1)2:> 0 Sl V  O. ;= 1 On retrouvera aussi ce résultat com me conséquence du théorème 5.3-6. II Nous allons main tenant établir que, indépendamment de toute hypothèse, la condition lO E ]0, 2[ est également nécessaire pour Ia convergence de la méthode de relaxation. Théorème 5.3-3 (condition nécessaire de convergence de la méthode de relaxation). Le rayon spectral de la matrice de relaxation par points ou par blocs vérifie toujours l'inégalité eC2w)  1(0-11, (0  0, Par conséquent, la méthode de relaxation, par points ou par blocs, ne peut con verger que si (0 E ]0, 2[ . DÉMONSTRATION. On remarque que n n Å i (J2 w ) ;=1 dét (J2 w ) ( I-W ) dét -;;;- D + F dét(  -E) = (l-w)n, 
CONVERGENCE DES MÉTHODES 105 compte tenu de Ia structure particulière des matrices D, E, F. Par suite, n , 'l/n eCJ2 w )  IT Åi(Jl w ) = Il-w I, ;=1 I I avec égalité si et seulement si toutes les valeurs propres ont Ie même module Il-w I. II Nous allons voir ensuite comment l'éventualité de l'existence d'une structure tridiago- nale, par points ou par blocs, de la matrice A permet, indépendamment de toute autre hypothèse, de comparer de façon très précise les rayons spectraux des matrices de Jacobi et de relaxation, aussi bien dans les cas de convergence que de divergence. Le cas w  1 étant techniquement plus difficile que Ie cas w = 1, commençons par la comparaison des seuls rayons spectraux e(J) et e (J2 1 ). Théorème 5.3-4 (comparaison des méthodes de Jacobi et de Gauss-Seidel). Soit A une matrice tridiagonale par blocs. Alors les rayons spectraux des matrices de Jacobi et de Gauss-Seidel par blocs corres- pond antes sont liés par la relation e<-12 1 ) = (e( J))2, de sorte que les deux méthodes convergent ou divergent simultanément ; lorsqu'elles con- vergent, la méthode de Gauss-Seidel converge plus rapidement que la méthode de Jacobi. DÉMONSTRATION. (i) Commençons par un résultat pré/iminaire: scalaire  0) une matrice tridiagonale par blocs de la forme B 1 f.L- 1C l flA2 B 2 f.L -IC 2 . soi t A(f.L) (f.L : . . f.LAN-l BN_l f.LAN . -I C f.L N-l BN A(f.L) = Alors dét{A(fl)) = dét(A(l)) pour tout f.L  O. Si l'on introduit en effet la matrice diagonale f.Ll l N-II f.L N-l f.LNI N fl2I2 Q(fl) = chaque matrice Ij étant Ia matrice identité du même ordre que celui de la matrice Bj, on vérifie facilement que A(f.L) = Q(f.L) A(l) {Q(f.L)}-I, ce qui démontre la relation cherchée. (ii) Les valeurs propres de la matrice de Jacobi J = D-l(E + F) sont les zéros du polynôme caractéristique PJ(Â) = dét (D-l(E+F)-ÅI) ; ce sont donc aussi les zéros du polynôme déf qJ(Â) = dét (ÀD-E-F) = dét (-D)PJ(À). 
106 MÉTHODES ITÉRA TIVES De Ia même façon, les valeurs propres de la matrice de Gauss-Seide1 Jl I == (D- E)-IF sont les zéros du polynôme caractéristique P..eI(À) == dét ((D-E)-IF-ÀI) ; ce sont donc aussi les zéros du polynôme ') déf ')  ') q..e I(A) == dét (AD-AE- F) == dét (E- D)P..f2I(A). Compte-tenu de la structure tridiagonale par blocs de la matrice A, une app1ication du résultat préliminaire (avec I-l == À -:;r:. 0) montre que Q..f2I(À2) == dét (À 2 D-À2E- F) == dét (À 2 D-ÂE-ÀF) == ÂnqJ(À), pour tout À E C, cette relation étant aussi valable pour À == 0 par continuité. De cette relation fonctionnelle, on déduit les implications ß -:;r:. 0 et ß E sp (-2 1 ) => {ßi,-ßi} E sp(J), {a; E sp (J) <=> -a; E sp(J)} ==> a;2 E SP(I)' en désignant par ßi l'une quelconque des deux racines du nombre complexe ß, ce qui termine la démonstration. II REMARQUE. La démonstration ci-dessus établit donc une bijection entre les valeurs propres non nulles de la matrice J2 1 et les paires de valeurs propres opposées non nulles de la matrice J. II Théorème 5.3-5 (comparaison des méthodes de Jacobi et de relaxation). So;t A une matrice tridiagonale par blocs, tel Ie que toutes les valeurs propres de la nlatrice de Jacobi par blocs correspondante soient réelles. 4lors la méthode de Jacobi par blocs, et la méthode de relaxation par blocs pour o <: OJ <: 2, convergent ou divergent simllltanément ; lorsqu'elles convergent, la fonction OJ E ]0, 2 [  (!(J2 0 )) a l'allure indiquée à la figure 5.3-1. P (JeCA)) 1 P()=(P(J))2. C4>o-1 I I --------------------- I " I ' I , I : " " I " I I " I I" I I " " I I " I 1 ./ 2 ==_ 2 1 + J1 - (peJ))2 FIG. 5.3-1. CA) DÉMONSTRATION. (i) Raisonnant comme dans Ia précédente démonstration, com- mençons par étab]ir une relation fOllcfionnelle entre Ie polynôme qJ(Â) == dét (ÀD- E- F) == dét (- D)PJ(À) 
CONVERGENCE DES MÉTHODES 107 et Ie polynôme déf ( À+w-1 ) ( D ) q.l2 w (À) == dét w D-ÀE-F == dét E- w P.I2 w (À), où P.ew(Å) = dét {(  -E) -1 C-:,W D+F)-ÅI} désigne Ie polynôme caractéristique de la matrice J2 w . La structure tridiagonale par blocs de la matrice A permet d'écrire (par application du "résultat préliminaire" établi dans la demonstration du théorème 5.3-4) : ( À2+W-l ) ( À2+W-l ) ( Â2+W-l ) q.l2 w (À2) == dét w -À 2 E-F == dét w -ÀE-ÀF ==ÀnqJ Âw ' pour tout  E C-{O}. Par suite, { ß+w-l ß+w-1 } ß r! 0 et ß E sp(.12 w ) => ßiw ' - ßi w C sp(J). {ex E sp(J)  -ex E sp(J)}  {!L+(ex, w), !L-(ex, w)} c sp(J2 w ), où 1 a.,w !L+(ex, w) == 2 (ex 2 w 2 -2w+2)+Z (2W2_4w+4)1/2, 1 exw !L-(ex, w) == 2 (ex 2 w 2 -2w+2)-Z (ex 2 w 2 -4w+4)1/2, sont les carrés des deux racines de l'équation du second degré (en Â) : À2+ w -l À2-Àw+(w-l) == 0 .þ Àw == ex pour   o. On notera que la relation fonctionnelle établie plus haut n'étant pas valable pour  == 0, la seconde implication n'est pas valable pour w == 1, mais ce cas a été précisément consi- déré au théorème précédent. (ii) On a donc e(J2 w ) == max {max (I !L+(ex, w) I, I !L-(ex, w) I)}. txESp (J) Dans ces conditions, si l'on fait l'hypothèse supplémentaire que toutes les valeurs propres de la matrice J sont réelles, on est conduit à étudier la fonction déf M : (ex, w) ER+X]O, 2[ -+ M(ex, w) = max { I !L+(ex, w) I, I !L-(ex, w) I}. II est en effet inutile d'étudier la fonction M pour ex <: 0 puisque M( -ex, w) = M(ex, OO), ou pour w  ]0, 2[, ce dernier cas ayant été réglé par Ie théorème 5.3-3. (iii) Supposons tout d'abordO  ex <: 1. Poura., = 0, on voiïdéjà que '" M(O, w) = I oo-ll. Pour 0 <.: ex <: 1, Ie trinðme w -+ ex 2 oo2-4w+4 a deux racines réelles OOo(ex) et OOl(a.,) véri- fiant 2 1 <: ooo() == <: 2 <: OOl(ex). 1 + Ý l-ex 2 Si donc wo(ex) <: oo <: 2, les nombres complexes !L+(ex, oo) et !L_(ex, oo) sont conjugués. Comme ce sont les carrés des racines du trinôme À -+ À2_Âexoo +(oo-I), Ie produit des racines étant (oo-I), on déduit que 1 <: wo(ex) <: oo <: 2  M(a." oo) = I !L+(ex, oo) I = I !L_(ex, oo) I = oo-l. 
108 MÉTHODES ITÉRA TIVES Supposons ensuite 0 < w  wo(rx). Alors on vérifie facilement que M(rx, w) = 1L+(rx, w) = v 2 (rx, w), où l'on a posé 2v(rx,w) =XW+(rx 2 w 2 -4w+4)i. De la sorte, aM av { vrx-1 } -aw = 2v -aw = 2v 2 v -rxw pour 0 < w < wo(rx). Comme O<:rx<l 1 rxw et 0 < w < 2 ==> v 2 = - (rx 2 w 2 -2w+2)+--- (rx 2 w 2 -4ú)+4)i 2 2 1 2 W < - (w -2w+2)+- (2-w) = 1, 2 2 lim v(rx, w) = 1, lim v(rx, w) = wo(rx) = {w o (rx)-l}i >- 0, W  0+ wwo(Q:)- 2 on a, d'une part, j 2v-rxw = (rx 2 w 2 -4w+4)i >- 0 pour 0< W < wo(rx), lim (2v-w) = 0, lim (2v-rxw) = 2, W-+Wo(Q:)- w-+o+ et, d'autre part, j 2V(vrx-l) < 0 pour 0 < W <: wo(rx), Iim {2v(vrx-l)} < 0, lim {2v(vrx -I)} < O. W-+Wo(Q:)- w-+o+ Comme enfin la fonction rx >- 0  M(rx, w), pour w >- 0 fixé, est strictement croissante (se reporter à l'expression de la fonction v), on a tous les éléments nécessaires au tracé des familIes de courbes M(rx, co) pour 0  rx < 1 et 0 < w < 2 (c/. figure 5.3-2). M (OC,w) 1 , / I (&)0 C (wo(<I.,) (a)o(O(,,) FIG. 5.3-2. 2 CA) On notera en particulier que e(J) < 1 ==> e(J2 w ) = M(e(J), w) < 1 pour 0 < W <: 2, et que e(J2 wo ) = inf e(J2 w ) = wo-I, O<w<2 
CONVERGENCE DES MÉTHODES 109 avec 2 W o = w(Q(J)) = . 1 + ( e(J))i (iv) Supposons enfin a  1. Alors Ie trinôme W -+ a 2 w 2 -4w +4 est toujours O, et 1 aw 1L+(a, w) ="2 (a 2 w 2 -2w+2)+ 2 ÜX 2 w 2 -4w+4)i 1 2 W  -- (w -2w+2)+-- (2-w) = 1 pour 0 <: W <: 2, 2 2 ce qui montre en particulier que e(J)  1 => e(J2 w )  1 pour 0 <: W <: 2. - Rassemblant Ies résultats des théorèmes 5.3-2 et 5.3-5, nous obtenons un résultat d'intérêt double: premièrement, c'est un exemple où l'on est en mesure de com parer de facon très précise les rayons spectraux des trois matrices J, .J2 1 , Jl. wo ; deuxièmement, ce cas particulier est effectivement rencontré dans la discrétisation des prob/èmes aux limites, par des méthodes d'approximation variationnelle ou de différences finies (chapitre 3). Théorème 5.3-6. Soit A une matrice hermitienne définie positive, tridiagonale par blocs. Alors les méthodes par blocs de Jacobi, de Gauss-Seidel, et de relaxation pour 0 <: 00 <: 2, convergent, la lonction 00 E ]0, 2 [ -+ e(J2 w ) ayant I'allure indiquée à la figure 5.3-1. II existe notamment un et un seul paramètre de relaxation optimal : 2 000= 1+ Ý 1-(e(J))2 tel que e(.J2 wo ) = iof e(J2 w )=OOo--1 <: eCJll)= (e(J))2 <: e(J) 0<w<2, si e(J) :> 0 ; si e(J) = 0, 000 = 1 et e(.J2 1 ) = e(J) = O. DÉMONSTRATION. Pour pouvoir appliquer Ie théorème 5.3-5, il faut vérifier en particulier que les valeurs propres de la matrice J = D- 1 (E + F) sont réelles. Or D-l(E + F)v = av => (E + F)v = aDv   Av = (l-a)Dv  v* Av = (1 -a)v*Dv. Les matrices A et D étant hermitiennes définies positives, les nombres v* Av et v*Dv sont :>Osiv  O,etdonc a E sp (J)  x E R. D'après Ie théorème 5.3-2, e(Ji w ) <: 1 pour 0 <: W <: 2. On est donc dans Ie cas où les méthodes de Jacobi et de relaxation convergent simulta- nément, et les conclusions découlent du théorème 5.3-5 et de sa démonstration. II REMARQUES. (1) Lorsqu'on ne connaît qu'approximativement Ie paramètre optimal wo' i1 est clair qu'on aura intérêt à Ie surévaluer plutôt qu'à Ie sous-évaluer, puisque lim d{e(J2 w )} dw =+00, d{e(J2 w )} = 1 dw pour W :> W o . (0-+ W  (2) Les résultats des théorèmes 5.3-5 et 5.3-6 s'appliquent en particulier aux matrices tridiagonales "usuelles". Qui peut Ie plus peut Ie moins . . . _ 
6 MÉTHODES DE CALCUL DES V ALEURS PROPRES ET DES VECTEURS PROPRES Introduction Pour calculer des approximations de l"ensenlb]e des valeurs propres d'une matrice A, une idée couramment exploitée consiste à construire une suite de matrices (Pk)kl telle que les matrices Pk"l AP k "convergent" (dans un sens à préciser : en effet, il ne s'agit pas toujours d'une véritable convergence) vers une matrice de valeurs propres connues, c'est--dire diagonale ou triangulaire. Cette idée est à la base de la Inéthode de Jacobi pour les matrices synléfriques (c/. paragraphe 6.1), où les matrices P k sont des produits de matrices orthogona]es "élémen- taires" très simples à construire. On peut alors montrer que (théorème 6.1-2) lim pk"lAPk == diag (Î- i ), Å._('X" où les nombres Î- i sont les valeurs propres de la matrice A (à une permutation près). Lorsque ces dernières sont toutes distinctes, on établit que les vecteurs colonnes des matrices P k constituent de surcroît des approximations des vecteurs propres de la matrice A (théorème 6.1 -3). Pour des matrices quelconques, la remarquable ll1éthode QR, dont Ie principe est décrit au paragraphe 6.3, relève de la même idée. Utilisant à chaque itération de la méthode la factorisation QR des matrices (c/. paragraphe 4.5), on construit une suite de matrices (P k ) telle que, moyennant certaines hypothèses assez restrictives (c/. théorème 6.3-1), lim (Pk"lAP k )ij == 0 pour j <: i, k_oc I . -1 ... 1m (P k APk)n == 1_;, k_oc les scalaires Î' i étant les valeurs propres de la matrice A, sans qu'on puisse rien dire de la convergence des éléments (Pk1AP k ), i <: j : il s'agit donc seulement d'une "pseudo- convergence" de la suite (klAPk). On trouvera éga]ement au paragraphe 6.3 quelques compléments sur la convergence de la méthode (sans démonstration) et sur sa mise en æuvre pratique (mise préliminaire sous forme de Hessenberg, méthode QR avec transla- tions, etc.). 
MÉTHODE DE JACOBI 111 On notera l"absence de méthodes de calculs de I'ensemble des valeurs propres des Jllatrices quelconques à partir du polynôI11e caractéristique. C'est d'ailleurs exactenlent /'inrerse qui se produit : pour calculer l'ensemble des racines d'un polynôme de degré élevé, il est en effet courant d'appliquer la méthode QR à sa compagne (qui est précisé- ment déjà une matrice de Hessenberg : cf. paragraphe 2.1) ! D'autres méthodes permettent de calculer seulement certaines valeurs propres sélection- nées. C'est Ie cas notamment de la 111éthode de Givens-Householder que nous étudions au paragraphe 6.2, et qui s'applique au x matrices symétriquej' : on commence par réduire une telle mat rice à la forme tridiagonale à I'aide de matricej'de Householder (introduites au paragraphe 4.5), puis un ingénieux procédé de Givens permet Ie calcul approché, avec une précision arbitraire, d'une valeur propre de rang donné d'une te)]e matrice. On décrit enfin au paragraphe 6.4 un procédé très répandu de calcu] d'un vecteur propre correspondant à une valeur propre particulière dont on connaît déjà une approxi- mation, appelé méfhode de la puissance inverj'e, et on donne (Théorème 6.4-1) des con- ditions suffisantes pour sa convergence. 6.1. La méthode de Jacobi Cette méthode s'emp]oie lorsque I'on cherche toutes les valeurs propres, et (éventuelle- ment) tous les vecteursproprej', d'une matrice jymétrique. Elle s'applique bien aux matrices pleines. Une matrice symétrique A est diagonalisable : il existe une matrice orthogonale 0 telle que (théorème 1.2-1) OT AO == diag ( 1 , }.2' ..., ).n), où les nombres Î. i sont les vnleurs propres, multiplicités comprises, de la matrice A. On rappelle que les vecteurs colonnes de la matrice 0 forment un ensemble orthonormal de vecteurs propres, Ie i-ème vecteur colonne étant un vecteur propre associé à la valeur propre  i . Partant de la matrice A == AI' la méthode de Jacobi consiste à construire une suite (Qk)kl de matrices orthogonales "élémentaires" (dont la forme, très simple, est donnée au prochain théorème), en s'arrangeant pour que la suite de matrices (encore symétriques) A k + 1 == QIAkQk == (QI Q 2 . . . Qk)T A(QI Q 2 . . . Qk), k  1, converge vers la matrice diag (À i ), à une permutation des indices près (théorème 6.1-2). On peut alors s'attendre (au moins dans certains cas; cfthéorème 6.1-3) à la convergence de ]a suite des matrices orthogonales Ok ==QI Q 2 ... Qk vers une matrice orthogonale dont ]es colonnes forment un ensemble orthonormal de vecteurs propres de la matrice A. Le principe de chaque transfornlation Ak  Ak+l == QIAkQk, k  1, est d'annuler deux éléments hors-diagonaux en position symétrique, soit (Ak)pq et (Ak)qp, de la matrice A k , suivant un procédé très simple, que nous allons décrire et étudier. Pour alléger I 'écriture, nous posons "provisoirement" Ak == A == (aij), Ak+ 1 == B == (bij), Qk == Q. Le choix effectlfdu couple (p, q) sera décrit plus loin. 
112 VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES Théorème 6.1-1. So it p et q deux en tiers vérijiant 1  p <: q  n, et (J un nombre réel, allxquels on associe la matrice orthogonale p q t + 1 1 1 cos (J sin (J p Q= 1 1 1 (-sin (J) cos (J q 1 1 (1) Si A = (au) est ulle matrice symétrique, la matrice B = QTAQ = (bij), également symétrique, vérijie n  b?  IJ i, j= 1 n L i, j= 1 2 aU' (2) Si a pq -:;r!:- 0, il existe une et une seule valeur du nombre (J dans I'ensembl e 1't 1't ] - "4' 0 [ U ] 0, 4-] telle que b pq = 0; c'est la seule solution, dans Ie même ensemble, de I'équation cotg 2(J = aqq-a pp --- - 2a pq Le nombre (J étant ainsi choisi, n  b?  II ;=1 n  2   au + 2a pq . ;=1 DÉMONSTRATION. (1) II est facile de vérifier que la matrice Q est orthogonale. La norme II. liE étant invariante par transformation orthogonale (théorème 1.4-4), La = IIAII = IIOTAOII = 'Lb't. ;,j i, j (2) On remarque ensuite que la transformation portant sur les éléments d'indices (p, p), (p, q), (q, p), (q, q) s'écrit sous la forme ( b pp b qp b pq ) = ( cos 0 b qq sin 0 - sin 0 ) ( app cos 0 a qp a pq ) ( cs 0 a qq - SIn 0 sin 0 ) , cos 0 et Ie même raisonnement qu'en (1) montre que 2 2 2 2 - b 2 b 2 2b 2 app+a qq + a pq - pp+ qq+ pq 
MÉTHODE DE JACOBI 113 pour toute valeur du nombre Ð. Comme Ð app-a qq . e b pq = b qp = a pq cos 2 +---- SIn 2 , 2 Ie choix du nombre Ð indiqué dans l'énoncé entraîne b b 0 t d 2 + 2 +2 2 - b 2 +b 2 pq = qp = , e onc a pp a qq a pq - pp qq' Comme par ailleurs aii = b ii pour i  p et i  q, la démonstration est complète. _ REMARQUES. (1) La matrice Q représente une rotation d'angle Ð dans Ie plan des p-ème et q-ème vecteurs de base, ce qui est une autre façon de voir qu'elle est orthogonale. (2) On note également que seules les p-ème et q-ème lignes et colonnes de la matrice A sont modifiées dans la transformation A  B = QT AQ. De façon plus précise, pour toute valeur de l'angle Ð, bij = aij SI i  p, q et j  p, q, bpi = api cos Ð- aqi sin e SI i  p, q, b qi = api sin Ð +aqi cos Ð SI i  p, q, b pp = a pp cos 2 Ð +a qq sin 2 Ð-a pq sin 2Ð, b qq = a pp sin 2 Ð +a qq cos 2 Ð +a pq sin 2Ð, a -a b pq = b qp = a pq cos 2Ð + - sin 2e. t 2 (3) Grâce aux relations existant entre les fonctions trigonométriques, les éléments de la matrice B sont, malgré les apparences, déterminés par des relations algébriques à partir des éléments de la matrice A ; on calcule successivement les quantités suivantes : x = a qq - a pp (= cotg 2Ð) , 2a pq ou bien t = la racine de plus petit module (car t = tg 8 et du trinôme t 2 +2xt-l = 0, 181 : ) Sl x  0, ou bien f = 1 SI X = 0 1 Y 1 + (2 t S = -- (= sin Ð). Ý 1 + t 2 c= (= cos Ð), Les formules donnant les éléments de la matrice B peuvent alors être réécrites sous la forme suivante (Ie vérifier) bpi = capi- saqi' i  p, q, b qi = caqi +sapi, i  p, q, b pp = a pp - ta pq , b qq = a qq + ta pq , - 
114 V ALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES Décrivons main tenant une étape de la méthode de Jacobi. La matrice Ak == (at) étant connue, on choisit un couple (p, q), p  q, pour lequell'élément aq n'est pas nul; puis on construit la matriceQk comme la matrice Q du théorème 6.1-1, l'angle ()k étant :r; ;r choisi dans l'ensemble ] - -, 0 [U ] 0, -] de telle façon que 4 4 cotg 2()k == k k aqq-a p p 2a;q et l'on pose Ak+1 == QI AkQk == (at+ 1 ). On distingue trois stratégies pour Ie choix du couple (p, q). (i) Méthode de Jacobi Cla.l.lique : on choisit l'un des couples pour lesquels k I k' , a ' I == max a " J " I pq i.,rj Bien entendu, les couples (p, q) ainsi déterminés rarient arec I'elltier k : c'est uniquement pour alléger I'écriture que nous ne rappelons pas cette dépendance. (ii) Méthode de Jacobi cyclique: la recherche du plus grand module des éléments hors-diagonaux prenant un temps assez long dans la méthode de Jacobi classique, on annule successivement tous les éléments hors-diagonaux par un balayage cyclique, tou- jours Ie même: par exemple. on choisit les couples (p. q) dans rordre suivant : (1,2), (1,3), ..., (1, n); (2,3), ..., (2, n); ...; (11-1, n). Naturellement, si l'un des éléments "ba]ayés" est déjà nul, on passe au suivant (du point de vue matriciel, ceci équivaut au choix f)k == 0, soit Dk == I). (iii) Méthode de Jacobi avec o5'euil : on procède comme dans Ie cas de la méthode de Jacobi cyclique mais on omet d'annuler les éléments hors-diagonaux dont Ie module est inférieur à un certain seui], qui diminue avec l:haque balayage ; il semble en effet inutile d'annuler des éléments hors-diagonaux "déjà" très petits en valeur absolue, alors que d'autres sont encore d'un ordre de grandeur beaucoup plus élevé. Attention! Quelle que soit la stratégie choisie, il est bien évident que les éléments annulés à une étape donnée peuvent être ensuite remplacés par des éléments non nuls. Sinon, on obtiendrait la réduction à une matrice diagonale en un nombre fini d'itérations, ce qui est impossible, comme nous I'avons déjà indiqué au paragraphe 2.1. Nous allons étudier la convergence de la méthode de Jacobi en nous bornant au cas Ie plus simple (celui de la méthode classique) et sans chercher d'estimations de I'erreur; les lecteurs intéressés par des compléments concernant la convergence des méthodes de Jacobi classique et cyclique se reporteront avec profit aux articles (1 )(2)(3)(4). On peut d'ores et déjà remarquer que la convergence est rendue possible par Ie fait que la somme des carrés de tous les éléments deo5' nlatriceo5' Ak reo5te constante, alors qu' à chaque étape la somme des carrés des élément o5' diagonaux 05" augmente de la somme des carrés deo5' deux éléments annulés (c'est ce qu'exprime Ie théorème 6.1-1). On peut donc espérer que les matrices Akvont converger vers une matrice diagonale, et que cette matrice diagonale (1) HENRICI, P., On the speed of convergence of cyclic and quasicyclic Jacobi methods for com puting eigenvalues of Hermitian matrices, J. Soc. Indust. Appl. Math., 6 (1958), 144-162. (2) HENRICI, P. ; ZIMMERMANN, K., An estimate for the norms of certain cyclic Jacobi operators, Linear Algebra and Appl., 1 (1968), 489-501. (3) van KEMPEN, H. P. M., On the convergence of the classical Jacobi method for real symmetric matrices with non-distinct eigenvalues, Numer. Math., 9 (1966), 11-18. (4 van KEMPEN, H. P. M., On the quadratic convergence of the special cyclic Jacobi method, Numer. Math., 9 (1966), 19-22. 
MÉTHODE DE JACOBI 115 sera précisément la matrice diag (ÀJ à une permutation des indices près ; c'est effective- ment ce que nous démontrons dans Ie théorème qui suit (l'appr oximation des vecteurs propres est examinée séparément). Pour éviter des situations triviales, on suppose dans ce qui suit que max I at I ::> 0 ij pour tout entier k  1. On rappelle que @;n désigne l'ensemb]e des permutations de l'ensemble {I, 2, . . ., n}. Théorème 6.1-2 (convergence des valeurs propres pour la méthode de Jacobi classique). La suite (Ak)k  1 de matrices obtenues par la méthode de Jacobi classique est convergente, et lim Ak = diag (Âa(i)) k-+oo pour une permutation con venable a E CS n . DÉMONSTRATION. (i) Commençons par démontrer un lemme, qui joue un rôle essentiel dans la présente démonstration aussi bien que dans celie du prochain théorème : soit X un espace vectoriel normé de dimension finie, et (Xk) une suite bornée dans X, admettant un n0l11bre fini de valeurs d' adhérence, et telle que lim II Xk + 1 - Xk II = O. Alors la suite k-+oo (Xk) est con'ergel1te (vers l'une de ses valeurs d'adhérence, naturellement .. .). Soit en effet all' 1  ft  M, les valeurs d'adhérence de la suite. Pour tout E :> 0, il existe donc un entier I(E) tel que M k  I(E) => Xk E U B(a,u ; E), 1l=1 en natant B(a ; e) = {x EX; II x-a II <: Q}. Sinon, il existerait une suite extraite (Xk') . telle que Xk'  tQ B(a l " e)} pour tout k'  1, Comme cette suite extraite est encore une suite bornée d'un espace de dimension finie, il exis terait une nouvelle suite extraite (Xk") qui convergerait vers un point x"  { u B(a l < ; F) } . Mais alors x" sera it une valeur d'adhérence de la suite (Xk) dis- Il=l tincte des points all' ce qui contredit l'hypothèse. Le choix particulier \ montre l'existence d'un entier 10 tel que 1 . EO = - mln II all-ap.,11 :> 0 3 ll>' 1/ k  I ==> I Xk E U B(a ll ; eo)' o p=l Il x k+l- X kll  EO' De ]a sorte, Xk E B(a IJ ; EO) ==> Xk+l E B(a IJ ; EO) pour tout k  1 0 , et Ie ]emme est démontré. (ii) Revenant à la démonstration proprement dite de la convergence de la méthode de Jacobi classique, posons, pour tout entier k  1, Ak = (at) = Dk+Bk' déf. k avec Dk = dlag (au), 
116 VALEURS PROPES ET VECTEURS PROPRES et montrons dans un premier temps que lim Bk = O. Les nombres k-+oo êk = L latl 2 = IIBklli, k  1, irf:j vérifient d'une part (c/. théorème 6.1-1) êk + 1 = êk - 2 I a;q 1 2 , et, d'autre part (par définition de la stratégie adoptée dans la méthode de Jacobi classique), êk  n(n-l) I a;q 1 2 , puisqu'il y a n(n-l) éléments hors-diagonaux. Combinant ces relations, on obtient Ek+l  ( 1 - n(n 2 _1) ) Ek. ce qui montre que lim êk = o. k -+ 00 (iii) Montrons que la suite (D k ) n"a qu"un nombre jini de valeurs d"adhérence" qui son! nécessairement de la forme diag (Àa(i))' (] E <5n. On rappelle que À1' À 2 , ..., Àn désignent les n valeurs propres de la matrice A, supposées rangées une fois pour toutes dans un ordre déterminé, mais arbitraire. Si (Dk') est une suite extraite convergeant vers une matrice D, alors on a aussi lim A k , = D car A k , = D k , + B k " et lim B k , = 0, -+oo -+oo et donc (conidérer les coefficients du polynôme caractéristique) dét (D-ÀI) = lim dét (Ak,-ÀI) pour tout À E C. k' -+ 00 Comme dét (Ak,-ÀI) = dét (A-ÀI) pour tout À E C, puisque les matrices A k , et A sont semblables, on déduit que les matrices A et D = lim D k , k' -+ 00 ont Ie même polynôme caractéristique, et donc mêmes valeurs propres, multiplicités com pnses. Comme 0 est une matrice diagonale (c"est la limite d"une suite de matrices diagona- les), il existe une permutation (] E <5n telle que D = diag (Àa(i)). (iv) Montrons que lim (D k + 1- D k ) = O. On vérifie que k-+oo aJ:..+1- a J:.. = { -t g eO k ak :: II 11 pq tg ()ka;q Sl i -:;z!: p, q, i = p, i = q. Comme n I()kl - 4 et I a;q I  II Bk liE avec lim Bk = 0, k-+oo la conclusion s'en déduit. 
MÉTHODE DE JACOBI 117 (v) Conclusion. La suite (D k ) est bornée, puisque II Dkil E  IIAkllE == II AilE (cf. théorème 6.1-1). Alors d'après Ie lemme (partie (i) de la démonstration), la suite (D k ) converge, et sa limite, qui est l'une de ses valeurs d'adhérence, est nécessairement de la forme diag (Å(J(;))' (] E 6n (cf. (iii)). Comme Ak == Dk + B k , on déduit que la suite (Ak) est également convergente, avec lim Ak == lim Dk. II k-+-oo k-+oo Passons maintenant à la convergence des vecteurs propres. On rappelle les relations Ak+1 == ill Akilk == OIAO k , où Ok == il 1 il 2 . · · ilk. Théorème 6.1-3 (convergence des vecteurs propres pour la méthode de Jacobi classique). On suppose que toutes les valeurs propres de la matrice A sont distinctes. Alors la suite (Ok)k1 de matrices construites dans la méthode de Jacobi classique con- verge vers une matrice orthogonale dont les vecteurs colonnes constituent un ensemble orthonormal de vecteurs propres de la matrice A. DÉMONSTRATION. Le lemme établi au point (i) de la démonstration précédente va à nouveau jouer un rôle crucial. (i) Montrons que la suite (Ok) n' a qu'un nombre fini de valeurs d' adhérence, qui sont nécessairement de la forme ( I :f:Pu(l) :f:PU(:- . . . \ :f:Pu(n) I ), (] E 6no où PI' P2' . . ., Pn désignent les vecteurs colonnes de la matrice orthogonale 0 intervenant dans la relation OT AO == diag (ÅI' Å 2 , ..., Ån). Soit (Ok') une suite extraite de la suite (Ok) convergeant vers une matrice (orthogonale) 0'. D'après Ie théorème précédent, il existe une permutation (] E 6n telle que diag (Å(J(;)) == lim A k , == lim (Ol,AO k ,) == (O')T AO', k' -+- 00 k' -+- 00 et l'assertion est démontrée. On notera que l'hypothèse selon laquelle les valeurs propres de la matrice À sont toutes distinctes est utiIisée de façon essentielle pour conclure à l'existence d'un nombre fini de valeurs d'adhérence. (ii) Montrons que lim (Ok+l-0k) == O. Par construction, f'angle Ok vérifie k -+- 00 tg 20 k == 2q k k' aqq-a pp IOkl n - 4 · Utilisant Ie théorème précédent et (de nouveau) Ie fait que toutes les valeurs propres de la matrice A sont distinctes, on conclut à l'existence d'un entier l tel que k k 1." k";:f!:::.l=> l a -a ! ";:f!:::.-mm l /\,.-/\,. I >O qq pp 2 I J ;:;éj 
118 V ALEURS PROP RES ET VECTEURS PROPRES (comme les couples (p, q) varient avec l'entier k, on ne peut pas affirmer que les suites (a;p) et (aq) convergent). Comme par ailleurs lim a;q == 0.. on a donc établi que k-+oo lim Ok == 0, et donc k-+O lim Qk == I k-+oo (se reporter à l'expression de la matrice Ok en fonction de l'angle Ok). Comme enfin Ok+I-Ok == Ok(Qk+l- I), l'assertion en découle, puisque la suite (Ok) est bornée (on rap pelle que la norme " . 11 2 d'une matrice orthogonale vaut 1). On dispose donc de tous les éléments nécessaires à l'application du lemme, ce qui termine la démonstration. II Les démonstrations des théorènles 6.1-2 et 6.1-3 données ci-dessus sont dues à Michel Crouzeix. 6.2. La méthode de Givens-Householder C'est une méthode particulièrement bien adaptée à la recherche de valeurs propres sélectionnées d'une matrice symétrique, par exemple toutes les valeurs propres situées dans un intervalle déterminé à l'avance, ou bien les valeurs propres d'un rang donné (en les supposant ordonnées par ordre croissant), etc. . De plus, cette méthode permet d'approcher chaque valeur propre avec une précision variable, selon Ie rang de la valeur propre considérée, au gré de l'utilisateur. Par contre, cette méthode ne fournit pas les vecteurs propres correspondants, qu'il faudra chercher par des moyens séparés (cf. paragraphe 6.4). La méthode de Givens-Householder comprend deux étapes : (i) Étant donné une matrice symétrique A, on détermine une matrice orthogonale P d'un type particulier telle que la matrice symétrique pT AP soit tridiagonale. Cette étape, qui ne nécessite qu'un nombre fini d'opérations élémentaires, constitue la méthode de Householder de réduction d'une matrice symétrique à la jòrme tridiagonale. (ii) On est ainsi ramené au calcúl des valeurs propres d'une matrice symétrique tridiago- nale, qui s'effectue par la méthode de Givens appelée encore méthode de bissection. Commençons par la description de la méthode de Householder. Étant donné une matrice symétrique A == AI' on détermine de proche en proche (n- 2) matrices orthogo- nales HI' H 2 , ..., Hn-2 telles que les matrices Ak == HI-IAk-IHk-l == (H I H 2 .. . Hk_I)T A(H I H 2 .. · H k _ I ), 1 ::::; k ::::; n - 2 , soient de la forme X X X X X X X X T X X X r ak Ak = X X X X X X X -+ k -ème ligne X X X X X X X X X X X X ".+ X X X X X X ( ak X X X X X X X X X X X X  k-ème colonne 
MÉTHODE DE GI\ ENS-HOUSEHOLDER 119 De la sorte, la matrice (encore symétrique) A l1 _] == (HIH . . . Hn_2)T A(HIH . .. Hn_2) est tridiagonale d'une part, et semblable à la matrice donnée A, d'autre part, la matrice orthogonale P cherchée étant Ie produit P == HIH2 . . . Hn-2' Dans la présente méthode, chaque transformation Ak -+ Ak+l == HI AkHk est effec- tuée à l'aidc d'une matrice de la forme Hk = ( _ !; - o I), Ik = matrice unité d'ordre k. Hk Dans ces conditions, les propriétés de la multiplication par blocs des matrices montrent que )a matrice HI AkHk est de la forme (Ie vérifier) x X X X X X X X T- X X X r ak Hk HIAkHk X X X X X X X, -+ k-ème ligne X X X X X X X X X X X X X X X x, X X -T ( X X X X X X Hkak I X X X X X  k-ème colonne où ak désigne Ie vecteur colonne de Rn-k de composantes les éléments ate, k + 1  i  /1" de la matrice Ak == (at), ]es éléments at, 1  i,.i  k, de la matrice Ak restant inchangés. II suffit donc de s' arranger pour que Ie l'ecteur HI ak E Rn-k ait toutes .res compoj'antes nullej'saul la première, la matrice Hk étant orthogonale et "aussi simple que possible à construire" . Cet objectif va être atteint très simplement à l'aide des matrices de Householder introduites au paragraphe 4.5 et qui, rappelons-le, sont des matrices à la fois symétriques et orthogonalesde la forme particulière : vv T H(/)) == 1-2 -, Ii: vecteur non nul. vTv n Si L I afk I :> 0, il résulte en effet du théorème 4.5-1 qu'il existe un vecteur i=k+2 Vk E Rn-k tel que Ie vecteur H(Vk) ak E Rn-k ait toutes ses conlposantes nulles sauf la première. On posera donc Hk == H(Vk)' Naturellement, si afk == 0 pour i == k+2, . . ., n, - on choisit Hk == I (on rappelle qu'on a convenu de considérer la matrice unité égaIe- ment comme une matrice de Househo]der). On dispose maintenant de tous les éléments nécessaires à la description du passage de la matrice Ak à la matrice Ak-+-l == HIAkHk : si afk == 0 pour i == k +2, ..., n, la ma- trice Ak est déjà de la forme Ak+l, et il suffit de poser Hk == I. Dans Ie cas contraire, on construit la matrice Hk à l'aide de la matrice Hk == H(Vk), comme indiqué précédem- men 1. 
120 V ALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES II est d'ailleurs loisible de considérer la matrice Hk comme étant elle-même une matrice de Householder: T vkvk Hk = H(vk) = I-2, vkvk Ie vecteur Vk E RII ayant ses k premières composantes nuIles, les (n-k) dernières étant celles du vecteur Vk E Rn-k. De ces considérations et du théorème 4.5-1, il résulte qu'il existe deux choix possibles pour Ie vecteur v k, à savoir o o ( n ) 1/2 Ok == aZ+1, k + L I afk 1 2 i=k+1 k ak+2, k . k ank Ie choix effectif du signe dans l'expression de la (k + 1)-ème composante étant celui de l' élément aZ+ 1 , k (pour éviter des dénominateurs trop "petits "). Une fois Ie vecteur v" déterminé, les éléments at+ 1 , k+1  i,j  n, de la matrice Ak+1 = (at+ l ) sont obtenus de la façon suivante: on calcule successivement les vecteurs Wk = (vJ Vk)-1/2 vk, qk = 2(1- wk}A;I) Akwk' de composantes (wf) et (qf), respectivement. Alors la matrice A k +1 prend la forme Ak+1 = Ak-wkqI -qkwI ' de sorte que k+1 _ k k k k k k+1 .. aij - aij-wi qj - qi Wj'  1, }  n. REMARQUE. Le conditionnement cond 2 (A) n'est pas modifié par cette méthode: cond 2 (A) = cond 2 (A k ) pour k == 1, ..., 11-1, puisqu'il est en effet invariant par transformation orthogonale (théorème 2.2-3) ; c'est là un intérêt de la méthode, du point de vue de la "stabilité numérique". II Notons au passage Ie résultat suivant, qui résume l'application de la méthode de Householder : Théorème 6.2-1. Étant donné une nlatrice symétrique A, il existe une matrice P, produit de (n - 2) matrices de Householder, telle que la matrice pT AP soit tridiagonale. II Passons ensuite à la description de la ,néthode de Givens de recherche des valeurs propres d'une matrice symétrique tridiagonale b i C 1 C 1 b 2 C2 B== C n _2 b n - I Cn_l Cn-l b n 
MÉTHODE DE GIVENS-HOUSEHOLDER 121 On observe tout d'abord que si l'un des éléments c , est nul, la matrice Best déjà décom- posée en deux sous-matrices diagonales du même type. On peut donc supposer, sans restreindre la généralité, que Ci  0, 1  i  n-l. Nous allons commencer par établir que les racines des polynômes caractéristiques des sous-matrices b i C I CI b 2 C 2 B i - 1 i  n, Ci-2 b._ 1 Ci-I Ci-l b i ont des propriétés d'''emboîtement'' tout à fait remarquables, illustrées à la figure 6.2-1 ci-après. Théorème 6.2-2. Les polynômes Pi(Â,), Â, E R, défin;s pour; = 0, 1, . . ., n, par les formules de récurrence : Po(Â,) == 1, Pl(Â,) == b 1 - Â" p;(Â) == (b i - Â)Pi-l(Â,)-c7-1Pi-2(Â,), 2  ;  n, ont les propr;étés su;vantes : (1) Le polynôme Pi est Ie polynôme caractér;st;que de la matr;ce B j , 1  ;  n ; (2) Iim Pi ( Â,) == + 00 , 1  ;  n ; Â-oo (3) PI(Â,O) = 0 => Pi-l(Â,O)Pi+l(Â,O) <: 0, 1 ;  n-l ; (4) Le polynôme Pi possède ; rac;nes réelles d;st;lIctes, qui séparent les (;+ 1) rac;nes du polynôme Pi+h 1  ;  n -1, comme l';nd;que lafigure 6.2-1. Po -  PI :b ----r--- t , I  P2 : I : :/ I  II I II I II I II I I - --- P i - t I I I I I I I I I I I I I I I I, I I I P . I I I I I I I I (I impair) I '-.....  I    - I I I : I Pi..: : I  I ' J' "'- 'L I   FIG. 6.2-1. 
122 VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES DÉMONSTRA TION. (1) Cette propriété se vérifie en développan t Ie déterminant dc la matrice (Bi-ÎwI) par rapport à Ia dernière ligne (ou colonne). (2) On voit aisément par récurrence que Ie monôme de plus haut degré du polynôme Pi est (-1)i ÎJ. (3) Supposons que p,(Î. o ) == 0 pour un en tier vérifiant 1  i  11-1. De la relation de récurrence, on déduit .. 2), Pi+l(/. o ) =-CiPi-l( '0)' ce qui entraîne (on a supposé Ci  0) : { ou bien Pi -1 (Îwo) Pi + 1 (Î. o ) <: 0, ou bien Pi-l(Î. O ) = p,(Î. o ) = Pi+l(Î"O) = 0 . Dans la seconde éventualité, la relation de récurrence (jointe à nouveau à l'hypothèse Ci  0, 1  i  n-1) montre que Pi(ÎwO) = Pi -1 (iwo) = = PI (i.o) = Po(Îwo) = 0, ce qui est exclu puisque Po(i.) = 1. (4) Cette propriété est une conséquence des propriétés (2) et (3). II Une suite de polynômes vérifiant les conditions (2), (3), (4) du théorème précédent est appelée J'uite de Sturm. La méthode de Givens repose sur une propriété tout à fait remarquable d'une te11e suite, qui est de permettre un calcul immédiat du nombre des racines <: 11, I-" E R donné, de chacun des po]ynômes de la suite, comme Ie montre ]e résultat ci-dessous. Théorème 6.2-3. So;t ; un ent;er vérifiant 1 ;  n. Étant donné un nombre pER, on pose { signe de pj(p) sgn Pi(P) = s;gne de Pi-l(P) s; Pi(P)  0, s; Pi(P) = O. Alors Ie nombre N(;; p) de changements de s;gnes entre éléments consécutifs de l'ensemble ordonné E(; ; p) = {+, sgn Pl(P), sgn P2(P,), · · ., sgn p,(p)} est égal au nombre de racines du polynôme Pi qui sont <: p. DÉMONSTRATION. On vérifie pour commencer que l'expression sgn Pi(À) est définie sans arr.biguïté dans tous les cas puisque p,(Îw) = 0 => Pi_1(i.)  0 d'après Ie théorème précéden t. Puisq ue I-"  b 1 :=:)0 E 1 (,u) = {+, +} => N(1 ; 1-") = 0, b 1 <: I-" :=:)0 E 1 (1-") = {+, -} :=:)0 N(1 ; 1-") = 1, l'assertion est vraie pour i = 1. Supposons la propriété vraie pour les entiers 1, 2, . . ., i et montrons qu'elle est encore vraie pour l'entier (i + 1). Appelant ).L . . ., ).1 et Îwi+1, . . ., Î.:tlles racines, rangées par ordre croissant, des polynômes Pi et Pi +1 respectivement, nous avons ). <: ... <: )'}..,(i;P) <: I-"  ÎW(i ;p)+1 <: ... <: }.f, par définition de l'entier N(i ; 1-"), et par ai11eurs Ài ),;+1 ),i N(i; p) <: 'N(i; p)+1 <: 'N(i; P)+I' 
MÉTHODE QR 123 d'après Ie théorème précédent. II suffit alors d'examiner les différents cas possibles (cf. figure 6.2-1) : Âßv{i; I) <: #  Å1i\ ,u)+l :=:)> sgn Pi+l(P) = sgn Pi(P) :=:)> N(i+1 ; fl)= N(i; fl) ; Atl; ,u)+1 <: fl <: Â(i ; ,u)+1  sgn Pi+l(fl) =-sgn P;{fl) :=:)> N(i+ 1 ; fl) = N(i, fl)+ 1 ; Å(i;,u)+l = fl => sgnPi(/-l) = sgnpi-l(fl) = -sgnpi+I(fl):=:)>N(i+1; fl) =N(i,p,}+l (dans la dernière implication, on utilise de façon essentielle la propriété (3) du théorème précéden t). II REMARQUE. Appelons M(i; fl) Ie nombre de paires consécutives de même slgne ({ +, +} ou {-, -}) trouvées dans l'ensemble ordonnéE(i; fl) ; parexemple, si E( 1 0 ; fl) = {+, +, -, +, -, -, +, -, -, -, +}, M(10 : 11-) = 4, tandis que N(10 ; fl) = 6. On vérifie d'ailleurs facilement que M(i; fl)+N(i; fl) = i, pour i = 1, ..., n, de sorte que Ie nombre M(i ; fl) est égal au nombre de racines du polynôme Pi qui sont  fl. II Le résultat du théorème 6.2-3 permet d'approcher daussi près qu'on veut les valeurs propres de la matrice B = Bn, et même de calculer directement une valeur propre de rang donné. Supposons en effet qu'on souhaite approcher la i-ème valeur propre Å i = Å7 de la matrice B, l'entier i étant fixé (on suppose comme précédemment les valeurs propres Å I , . . ., Ân rangées par ordre croissant; on rappelle qu'elles sont toutes distinctes d' après Ie théorème 6.2-2). On commence par déterminer un intervalle [ao' b o ] dans lequel on est sûr de trouver cette valeur propre ; par exemple, on choisit a o = - b o = II B" I OU "B 1100 (théorème 1.4-3), ou bien on utilise Ie théorème de Gerschgorin (exercice 1.1-5). On note ensuite Co Ie milieu du segment [ao, b o ] puis on calcule l'entier N(n ; co) (avec les notations du théorème 6.2-3 ; on rappelle que Pn n'est autre que Ie polynôme caractéristique de la matrice B) ; alors - ou bien N(n; co)  i et Å i E [ao, cor, - ou bien N(n; co) <: i et Å i E [co' b o ], de sorte que l'on connaît un intervalle [aI' bI]' de longueur moitié de celle du précédent, dans lequel se trouve la valeur propre Ai. On détermine ainsi de proche en proche une suite d'intervalles emboîtés [ak, b k ], k  0, tels que Åi E [ak, b k ] et bk-ak = 2-k(bo-ao), k  0, de sorte que l'on peut effectivement encadrer la i-ème valeur propre Å i avec une précision (théoriquement) arbitraire. 6.3. La méthode QR La méthode QR, due à J. C. F. Francis et à V. N. Kublanovskaya, est la méthode la plus couramment utilisée pour Ie calcul de l'ensemble des valeurs propres d'une matrice quelconque, notamment non symétrique. Naturellement, elle s'applique a fortiori 
124 V ALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES aux matrices symétriques, pour lesquelles elle est au moins autant efficace que la méthode de Jacobi. Nous décrivons ci-dessous la méthode sous une forme volontairement simplifiée, pour laquelle nous établirons un résultat de convergence (théorème 6.3-1) qui est loin d'être Ie plus général, mais dont la démonstration a l'avantage de la simplicité. Nous indiquerons ensuite quelques compléments, concernant notamment la mise en reuvre pratique de la méthode. Soit donc A = Al une matrice carrée quelconque ; on écrit sa factorisation QR (théorème 4.5-2), soit Al = QIR l , puis on forme la matrice A 2 = RIQI ; on écrit la factorisation QR de la matrice A 2 , soit A 2 = Q2R2' puis on forme la matrice A3 = R 2 Q2' et ainsi de suite : A { Factorisation QR: A = Al = QI R I ; 1 -+ A 2 on pose : A 2 = RIQI ; A { Factorisation QR: Ak = QkRk k -+ Ak+l on pose : A k + l = RkQk On obtient ainsi une suite de matrices Ak qui sont toutes semblables à la matrice A, pUlsque A 2 - RIQl = QiAQl' Ak+l - RkQk = Q:AkQk · .. = (QIQ2 ... Qk)* A(QIQ2 .. · Qk)' Sous des hypothèses assez restrictives, nous établissons dans Ie théorème ci-dessous que les matrices Ak "deviennent" triangulaires supérieures, en ce sens que lim (Ak)ij == 0 k-+oo pour j <: i, tandis que les éléments diagonaux des matrices Ak convergent vers les valeurs propres de la matrice A. Mais attention ! on ne peut rien dire de la convergence éven- tuelle des éléments (Ak)ij pour i > j et donc de la suite (A k ). Cette observation est néan- moins sans importance du point de vue pratique, dans la mesure où l'objectif recherché, c'est-à-dire une approximation des valeurs propres, est effectivement atteint. On rappelle que dans la factorisation QR d'une matrice (théorème 4.5-2), la matrice Q est unitaire et la matrice R triangulaire supérieure et que, si la matrice A = QR est réelle, les matrices Q et R sont réelles, la matrice Q étant de ce fait orthogonale. Théorème 6.3-1 (convergence de la méthode QR). On suppose que la matrice A est inver- sible, et que ses valeurs propres sont toutes de modules dijférents. II existe donc (au moins) une matrice inversible P telle que A = PAP-I, avec A = diag (Ål1 Å2, ..., Å n ), et IÅII > IÅ21 > ... > IÅnl >0, et I'on suppose que la matrice p-l admet unefactorisation LU (cf. paragraphe 4.3). Alors la suite de matrices (Ak)kl est te/le que lim (Ak)u = Åi, I:==:; i E:; n, k-+oo lim (Ak)ij = 0, 1  j <: i :==:; n. k-+oo 
MÉTHODE QR 125 DÉMONSTRATION. (i) Principe de la démonstration : on a déjà observé que déf Ak+l = QkAQk, avec Qk = QIQ2 . . · Qk' L'objectif est alors d'étudier Ie comportement asymptotique des matrices Qk. A cette fin, if est commode de considérer les puissances successives Ak, kl, de la matrice A, pour lesquelles une factorisation QR particulière est déjà donnée sous la forme Ak = QkQk, avec Qk = Rk ... R 2 R 1 , pUIsque Ak = Ql(R 1 Ql) (R 1 · · . Ql) (R1Ql) Rl = QIQ2(R 2 Q2) ... (R 2 Q2) R2 R l = · .. = (QIQ2 ... Qk) (Rk ... R 2 R 1 ). Vtilisant la factorisation LV de la mat rice p-1, on va par ailleurs obtenir une autre factorisation QR des mêmes matrices Ak, et la comparaison de ces deux factorisations conduira à une expression des matrices Qk particulièrement commode pour leur étude. (ii) Autre expression des matrices Qk. Appelant P = QR et p-1 = LV les factorisations QR et LV des matrices P et p-1, respectivement, l'hypothèse selon laquelle la matrice A est inversible permet d'écrire Ak = pAkp- 1 = QR(AkLA-k)AkV, en notant A-k la matrice diag (Ai k ). L'intérêt de faire apparaÎtre la matrice AkLA-k est la connaissance de son comportement asymptotique : la matrice L étant triangulaire inférieure avec (L)u = 1, 1  i  n, on a en effet 0 Sl i <: j, (AkLA-k)ij = 1 Sl i = j, ( Àor À (L)ij Sl i >- j, de sorte que lim (AkLA-k) = I, k --.- 00 grâg à /'hypothèse [aile sur les modules des valeurs propres de la matrice A (c'est la seule fois où cette hypothèse est utilisée). Posant AkLA-k = I+F k , avec lim Fk = 0, k --.- 00 on peut écrire R(AkLA-k) = (I+ RF k R - 1 )R. Pour des valeurs suffisamment grandes de l'entier k, les matrices (I+RFkR-1) sont inversibles, puisque lim Fk = 0 (théorème 1.4-5) ; elles admettent donc une et une seule k --.- 00 factorisation QR du type (c/. théorème 4.5-2) : I+RFkR -1 = ÔkRk avec (R k );; >- 0, 1 =s:; i =s:; n. Les matrices Ôk étant unitaires, la suite (Õk) est bornée (11Ô k 112 = 1 ; ct. théorème 1.4-2). On peut donc extraire une suite, soit (Ôk'), qui converge vers une matrice Q, également unitaire. Comme Rk' = ÕZ,(I+RF k ,R-1), 
126 V ALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES on déduit que la suite extraite (R k ,) converge vers une matrice i{, également triangulaire supérieure, avec (ã.)u  0, 1  i  n. En passant à la limite pour la suite extraite consi- dérée, on obtien t I = QR, ce qUI Impose (R);; ::> 0, 1  i  n. D'après l'unicité d'une telle factorisation QR (théorème 4.5-2), on déduit Ô = R = I. Le même raisonnement pouvant être reproduit pour toute suite extraite des suites (Õk) et (Rk), l'unicité des limites montre que les deux suites "complètes" convergent: lim Ôk = I, k-+oo lim Rk = I. k-+oo On notera au passage l'importance de l'existence et de l'unicité de factorisations QR avec (R);; ::> 0, qui permettent, d'une part, de définir sans ambiguité les matrices Õk et Rk, et, d'autre part, de démontrer la convergence des deux suites. En conclusion, on a obtenu Ak = (QQk) (RkRAkU) = Qk(Qk. Or, la matrice QÕk étant unitaire, et la matrice RkRAkU étant triangulaire supeneure (comme produit de matrices de ce type), fa prel11ière expression de fa matrice Ak n'est autre qu'une [actorisation QR de cette matrice. D'après la deuxième remarque suivant la démonstration du théorème 4.5-2, if existe alors, pour tout en tier k, une matrice diagonale Dk avec I (Dk)li I = 1, 1  i  n, telle que Qk = QÕkDk' (iii) Comportement asymptotique des matrices A k + 1 = QZAQk. Utilisant l'expression trouvée ci-dessus pour les matrices Qk et l'égalité A = QRAR -IQ-l, on déduit : *-* A 1- A k + 1 = DkQk R R - QkDk. Puisque lim Qk = I, on conclut que k-+oo Å 1 X X Å 2 X lim (ÕZRAR-1Ôk) = RAR-l k-+oo Ån l'ordre des valeurs propres (par modules décroissants) étant respecté puisque la matrice Rest triangulaire supérieure. Posant - * 1- ø k = Qk RAR - Qk, on obtient (les matrices Dk sont diagonales): (Ak+l)ij = (Ok );; (Dk)jj (Øk)ib 
MÉTHODE QR 127 de sorte que (A k +l)ii = (fJ)k)ii, 1  i  115 puisque I (Dk)ii I = 1, 1  i  11. Les conclusions cherchées découlent alors de la rela- tion lim rJ)k = RAR -1 établie plus haut. II k_<'X REMARQUES. (1) Si la matrice A est réelle, I 'hypothèse selon laquelle ses valeurs propres sont toutes de modules différents entraîne qu'elles sont toutes réelles. (2) On notera Ie caractère inattendu de l'hypothèse concernant l'existence d'une factorisation LU de la matrice p-I (une condition suffisante pour une telle factorisation a été donnée au théorème 4.3-1). Voir à ce sujet I'exercice 6.3-1 qui "atténue" néanmoins la portée de cette restriction. (3) Si l'on ne peut démontrer la convergence des é]éments (Ak)ij pour i <: j, il résulte néanmoins de la dernière partie de la démonstration que leurs module,s' convergent vers les modules des éléments correspondants de la matrice RAR -I. II Si plusieurs valeurs propres ont même module (par exemple des valeurs propres mul- tiples ; ou des valeurs propres complexes d'une matrice réelle), on montre, moyennant la possibilité d'une factorisation L U, mais "par blocs" cette fois, de la matrice p-l, que les matrices Ak deviennent "seulement" triangulaires par blocs, chaque sous- matrice diagonale "limite" correspondant aux valeurs propres d'un même module. De façon plus précise, si p désigne la somme des multiplicités de toutes les valeurs propres d'un même module, il apparaÎt dans les matrices Ak une sous-matrice diagonale d'ordre p, dont les éléments ne convergent pas nécessairement, mais dont les valeurs propres convergent vers les valeurs propres du module considéré, les sous-matrices diagonales "limites" étant encore rangées suivant l'ordre décroissant des modules des valeurs propres. Si par exemple la matrice A a pour valeurs propres À j , 1  i  9, avec I ÀII = = I À 2 1 = I Å 31 >- IÀ 4 1 >- IÀ 5 1 = IÀ 6 1 = IÀ 7 1 = IÀHI = 1À.9/, l'allure "limite" des ma- trices Ak est la suivante: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pratiquement, avant d'appliquer la méthode QR, on commence par mettre la matrice A sous laforme d'une matrice de He,s'senberg supérieure (cf. figure 2.1-1) suivant la méthode proposée à l'exercice 6.3-2, qui n'est autre que l'extension au cas des matrices non symétriques (ou non hermitiennes dans Ie cas complexe) de la méthode de Householder de réduction d'une matrice symétrique (ou hermitienne) à la forme tridiagonale que nous avons décrite au paragraphe 6.2. L'intérêt de la mise préliminaire de la matrice A sous forme de Hessenberg est que les matrices Ak construites dan,s' la méthode QR restent sous fa forme de Hessenberg (c/. exercice 6.3-3), ce qui réduit considérablement Ie temps de calcul correspondant à une itération de la méthode. Présentons enfin une variante très simple, et d'empfoi universel, de la méthode, qui a pour effet d'en accélérer très notablement la convergence. Pour fixer les idées, supposons que la matrice A ait toutes ses valeurs propres réelles, et de modules distincts ; on établit alors (cf. (1), p. 491) que les éléments (Ak),j pour lesquels i >- j convergent vers zéro (1) WILKINSON J. H. - The Algebraic Eigenvalue Problem, Oxford University Press, London 1965. ' 
128 VALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES À. k comme À ' les valeurs propres de la matrice A étant encore supposées rangées par mo- ') dules décroissants, comme au théorème 6.3-1. Si donc l'on prend la précaution préa- lable de meUre la matrice A sous la forme de Hessenberg, la convergence vers zéro des , I ' (A ) " )., k e ements k '.' _ 1 se trouve par consequent gouvernee par les seuls rapports - . J.., - 1 2  i E:; n. Ce résultat, joint à celui de l'exercice 6.3-4, montre que l'on a intérêt à remplacer la matrice Ak par des matrices "translatées" de la forme Ak-skI, Sk E R, où Ie nombre Sk est une approximation "aussi bonne que possible" de Ia valeur propre Àn, puisqu'on peut ainsi s'attendre à une convergence vers 0 des éléments en position (n, n - 1) comme À Àn-Sk k. Cette observation est à l'origine de la méthode QR n-1 - Sk avec translations ("shifted QR algorithm" dans la littérature anglo-saxonne): à la k-ème itération, on effectue la factorisation QR de la matrice Ak-skI, soit Ak-skI = QkRk, avec Ie "meilleur choix possible" pour Sk, c'est-à-dire naturellement Sk = (Ak)nn, puis l' on pose A k + 1 = RkQk+sk I = QlAkQk, de sorte que la "nouvelle" matrice A k + 1 reste encore semblaöle à la mati-ice Ak. Modifiée de cette façon, la méthode converge plus rapidement, la "première" conver- gence observée étant celIe des éléments de la dernière ligne de la matrice Ak (on a fait tout ce qu'il fallait pour cela !). Lorsqu'on juge que l'élément (Ak)n, fl-l est suffisamment voisin de zéro, ce qui revient à considérer la valeur propre.A n suffisamment approchée par l'élément (Ak)nn, on continue l'application de la méthode à la seule sous-matrice d'ordre (n-1) formée des (n-1) premières lignes et colonnes de la matrice A k , et ainsi de suite. Pour justifier les translations, nous nous sommes placés dans Ie cas particulier où les valeurs propres étaient réelles et de modules tous différents. II est bien évident que l'analyse précédente (déjà approximative. ..) ne s'applique pas au cas où Àn et Àn_1 sont deux valeurs propres complexes conjugées d'une matrice réelle puisque, quoique l'on fasse, les matrices successives Ak sont toutes réelIes et l'élément (Ak)n, n-1 ne saurait donc tendre vers zéro. On peut, en théorie, éviter cette difficulté en effectuant successi- vement deux translations complexes conjugées, ce qui conduit à une matrice Ak+2 réelle. Cependant, il faut introduire des nombres complexes dans les calculs et i1 peut arriver que, du fait des erreurs d'arrondi, certains éléments de Ak+2 aient "encore" des parties imaginaires non nulles. C'est pourquoi on utilise une méthode particulière, appelée méthode du double QR, due à J. C. C. Francis, qui combine les deux étapes précédentes ans faire intervenir de nombres complexes. Comme Ie dit G. Strang, "[the QR algorithm is] one of the most remarkable algo- rithms in numerical mathematics" (cf. (1), p. 282). Effectivement, il est remarquable qu'une méthode, aussi simple à décrire qu'efficace, ait opposé, et continue d'opposer, une grande résistance à l'analyse mathématique, à telle enseigne qu'aucune démonstration de convergence dans Ie cas Ie plus général (matrice non hermitienne ; méthode QR avec (I) STRANG, G. - Linear Algebra and its Applications, Academic Press, New York, 1976. 
CALCUL DES VECTEURS PROPRES 129 translations) n'existe à l'heure actuelle, sans qu'il existe non plus de contre-exemple à la convergence! A titre indicatif, on a établi successivement (par ordre de généralité "à peu près" croissante) la convergence dans les cas suivants (la liste donnée ci-dessous n'est pas exhaustive) : - conditions nécessaires et suffisantes de convergence pour des matrices de Hessen- berg, sans translations (1) ; - matrices tridiagonales symétriques, avec stratégie appropriée de translations (2) (une nouvelle démonstration a été proposée en (3)) ; - matrices de Hessenberg normales, avec stratégie de translations (4) ; - matrices de Hessenberg quelconques, avec stratégie de translations (5). Pour des compléments très utiles et souvent indispensables (par exemple, la mise à l'échelle préalable de la matrice A) concernant la mise en oeuvre pratique de la méthode, on consultera (6). On vient par ailleurs de découvrir un lien entre la méthode QR et les systèmes dynamiques  voir par exemple Watkins (1984). 6.4. Calcul des vecteurs propres Lorsqu'on souhaite calculer l'ensemble, ou au moins un "grand" nombre, des vecteurs propres d'une matrice donnée, certains des algorithmes précédemment décrits pour Ie calcul des valeurs propres fournissent déjà les approximations cherchées. C'est ainsi qu'on a établi au théorème 6.1-3 la convergence des vecteurs propres pour la méthode de Jacobi classique appliquée à une matrice symétrique dont toutes les valeurs propres sont distinctes. De la même façon, la méthode QR appliquée à une matrice quelconque A, réduite tout d'abord à une matrice de Hessenberg H = P-lAP, conduit à construire des matrices A k + 1 = (Q1Q2 . .. Qk)-1 H(Q1Q2 .. . Qk)' qui "deviennent" triangulaires supérieures (au moins dans certains cas; c/. théorème 6.3-1). Si donc l'on calcule les produits Qk = QIQ2 . . . Qk, on peut espérer en déduire des approximations des vecteurs propres de la matrice A, à partir du moment où l'on considère que la matrice Ak est effectivement triangulaire supérieure, c'est-à-dire OÙ tous les éléments (Ak)ij, j <: i, sont suffisamment petits pour être remplacés par zéro. Mais on ne perdra naturellement pas de vue que de telles considérations, purement int.uitives, ne constituent en aucune /açon un début de justification de la "méthode" proposée. Raisonnons en effet comme si, pour un entier k approprié, la matrice Q -l -1 Q déf k P AP k = T = (tij) était triangulaire supérieure, et supposons que les nombres tii, c'est-à-dire les nombres (A k + 1 )ii, soient tous différents (ce sera Ie cas pour une valeur suffisamment grande de (1) PARLETT B. N. - Global convergence of the basic QR algorithm on Hessenberg matrices, Math. Comp., 22 (1968), 803-817. (2) WILKINSON J. H. - Global convergence of tridiagonal QR with origin shifts, Linear Algebra and Appl., 1 (1968), 409-420. (3) HOFFMANN W., PARLETT B. N. A new proof of global convergence for the tridiagonal QL algorithm, SIAM J. Numer. Anal., 15 (1978), 929-937. (4) BUUREMA H. J. - A geometric proof of convergence for the QR method, Thèse, Université de Groningen, 1970. (5) LEBAUD C. - L'algorithme double QR avec "shift", Numer. Math., 16 (1970), 163-180. (6) WILKINSON J. H., REINSCH C. - Handbook for Automatic Computation, Vol. II, Springer- Verlag, Berlin, 1971. 
130 V ALEURS PROPRES ET VECTEURS PROPRES l'entier k si les hypothèses du théorème 6.3-1 sont satisfaites). On vérifie alors facilement que Ie vecteur qi de composantes qJ, 1  j  11, où qf == 1, q == ... == q == 0 Sl i == 1, i _ qi+1 - == q i == 0 n ' i - 1 qi - , q  -- ] - t j ,j+1q]+ 1 + ( t ..-t,, ) ]] II + t.. q ! ]1 I j == (i-I), ...,1, Sl i  2, est un vecteur propre de la matrice T r.orrespondant à la valeur propre tu de cette même matrice. Les vecteurs qi, 1  i  n, formant ainsi une base de vecteurs propres de la matrice T, les vecteurs pQkqj, 1  i  n, forment une base de vecteurs propres de la matrice A. II arrive également que l'on s'intéresse uniquement au calcul d'ull .leul 'ecteur propre (ou en tout cas d'un petit nombre), correspondant à une valeur propre d'une matrice A dont on connaît une approximatioll À, calculée par exemple par l'une des méthodes décrites au début de ce chapitre. La méthode la plus couramment utilisée est la méthode de fa puis,s'ance inrer,s'e, appelée encore 111éthode de,s' itération,s' inrer.S"eJ" ("inverse power method" et "inverse iteration method', respectivement, dans la littérature anglo-saxonne). Cette méthode itérative est définie de la façon suivante : (A-ÀI) uk+1 == Uk, k  0, u o : vecteur arbitraire non nul. On observe déjà que fa méthode n' e,s't pa,s' définie,s'Î; appartient au .spectre de A. On reviendra sur ce point. Nous allons maintenant énoncer des conditions suffisantes pour que la méthode four- nisse une approximation d'un vecteur propre correspondant à la valeur propre de la matrice A la plus voisine de 1.. : -fhéorème 6.4-1 (" convergence" de la méthode de la puissance inverse). Soit A une matrice diagonalisable, et Â, une ,aleur pro pre, simple ou non, de cette matrice. On uppose que Ie nombre 1 vérifie 1  Â" et I - I I - , ;Â,-Â" <: Â,-p pour tout P E {sp (A)-{Â,}}, et que Ie vecteur Uo n'est pas contenu dans Ie sous-espace engendré par les vecteurs propres correspondant aux valeurs propres dijférentes de Â,. Alors, si II · II désigne une norme vectorielle quelconque, - k . ( (Â, - Â,) Uk ) klm IÂ.-il k " 'I Uk II =q, où q est un J'ecteur pro pre cor respond ant à la valeur pro pre Â,. DÉMONSTRATION. Appelons fli, 1  i  m, les valeurs propres de la matrice A différentes de )'" multiplicités éventuelles comprises, et notons qi les vecteurs propres correspondants linéairement indépendants. Les hypothèses permettent d'écrire m U o == q+ L 'Xiqi, avec q  0, i=1 Ie vecteur q étant un vecteur propre correspondant à la valeur propre Î.. II s'ensuit que (on a supposé À  sp (A)) Uk 1 q _ +  'Xi l.J qj. (À- À)k i=1 (flj- À)k 
CALCUL DES VECTEURS PROPRES 131 Dans ces conditions, m ( À- ) k (À - )k Uk == q + L ; - q; , ;=1 f-Li- ce qui entraîne (À- )k Uk = q +ð k , avec lim ð k = 0, k-+oo puisque I À-  I <: I f-Li -  I, 1  i  m, par hypothèse ; donc IÀ-lk"Ukll = 1I(jII+êk, avec lim êk =0. k-+oo Par suite, pour des valeurs suffisamment élevées de l'entier k (telles que II Uk II  0), (À- )k Uk I À-k I k II Uk" q+ð k Ilqll+êk et l'assertion découle de la relation ci-dessus. II REMARQUES. (1) Si la méthode de la puissance inverse est employée en conjonction avec la méthode de Givens-Householder, il est évidemment préférable de l'appliquer à la matrice tridiagonale B = pT AP obtenue après la première étape de la méthode plutôt qu'à la matrice A : il est en effet plus rapide de résoudre des systèmes linéaires à matrices tridiagonales plutõt que des systèmes linéaires à matrices pleines (cf. paragraphe 4.3). Une fois trouvé un vecteur propre q de la matrice B, il reste à calculer Ie vecteur Pq, qui est Ie vecteur propre correspondant de la matrice A. (2) Si À et  sont réels, ou bien lim Uk -=q II Uk" Sl  <: Â, k -+ ex> ou bien lim (-I)k --- = q Sl À <: , k-+oo " Uk II de sorte que la simple observation de la "convergence" de la méthode permet dans ce cas de décider-5i  est une approximation de la valeur propre À par défaut ou par excès. (3) L'hypothese q  0 n'est pas une restriction en pratique car, du fait des erreurs d'arrondi, il est probable que l'un des vecteurs Uk aura une "petite" composante sur Ie sous-espace propre correspondant à la valeur propre À ; dès lors, on se trouve dans les conditions d'application du théorème 6.4-1. (4) Au vu de l'expression trouvée dans la démonstration précédente pour les vecteurs Uk, on se convainc facilement que la suite (Uk)kO ne converge pas en général. C'est là la raison pour laquelle on "normalise" les vecteurs Uk. (5) On a déjà noté Ie caractère essentiel de la condition À  À, afin que la matrice (A - I) soit inversible. Mais par ailIeurs il est souhaitable que  soit aussi voisin que pos- " ( À-À ) sible de A. afin d'accélérer la convergence, les nombres - , 1  i ::s:; m, convergeant f-Li- À en effet d'autant plus vite vers zéro que  est voisin de À. On est donc soumis à deux influences contradictoires : D'une part, si À est très voisin de À, on accélère la convergence; d'autre part, si  est "trop" voisin de À, la matrice (A-I) est "presque" singulière (cette notion liée à la présence des erreurs d'arrondi est évidemment purement "numérique"). On trouvera une excellente discussion à ce sujet dans(1). II (1) PETERS G., WILKINSON J. H. - Inverse iteration, ill-conditioned equations and Newton's method, SIAM Review, 21 (1979), 339-360. 
DEUXIÈME PARTIE OPTIMISA TION 
7 RAPPELS ET COMPLÉMENTS DE CALCUL DIFFÉRENTIEL. PREMIÈRES APPLICATIONS Introduction L'objectif du présent chapitre est d'amener peu à peu les lecteurs dans Ie "vif du sujet" de I'Optimisation, en partant du Calcul Différentiel. Les divers résultats qui y sont établis seront d'un usage constant par la suite. Pour commencer, on passe en revue au paragraphe 7.1 les principales définitions et les résultats fondamentaux du Calcul Différen1iel dans les espaces vectoriels normés (déri- vabilité d'une fonction composée, théorème des accroissements finis, théorème des fonc- tions implicites, formules de Taylor). On s'est volontairement limité aux dérivées premi- ères et secondes, puisque nous n'aurons pas l'usage de dérivées d'ordre supérieur. Après avoir rappelé (théorème 7.2-1) la condition nécessaire d'extremum relatif, ap- pelée équation d'Euler. J'(u) = 0, pour une fonction J définie sur un ensemble ouvert, on examine comment cette condition doit être modifiée lorsqu'on considère des fonctions définies sur des ensembles non ouverts particuliers. De façon plus précise, on s'intéresse au problème suivant : trouver des con- ditions nécessaires, et des conditions sujJisantes, pour qu'un point d'un ensemble U soit un extremum relatif de la restriction à l'ensemble U d'une fonction J définie sur un en- semble "plus grand" (par exemple I'espace tout entier, ou, plus généralement, un ouvert). Un premier exemple est celui des extremums relatifs liés, où l'ensemble U est de la forme U = {v E Q ;qJ;(v) = 0, 1  i  m}, Q: ouvert deRn, les fonctions qJi: Q c Rn -+ R étant données. Sous des hypothèses convenables, nous établissons l'existence des multiplicateurs de Lagrange Å; en un extremum relatif 1ié u, qui vérifient (théorème 7.2-3) m J'(u)+ L Å;qJ;(u) = 0, ;=1 ce résultat étant lui-même obtenu comme Ie corollaire d'un résultat général (théorème 7.2-2). On montre ensuite comment la prise en compte des dérivées secondes permet, d'une part, de donner une deuxième condition nécessaire d'extremum et, d'autre part, de donner des 
136 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPPLIC A TIONS conditions suffisantes, dans Ie cas de fonctions J définies sur un ourert Q d'un espace vectoriel normé V: si un point II de Q est un minimum relatif. alors (théorème 7.3-1) J"(u) (w, w)  0 pour tout w E V. Iti ersement s'il existe  tel que  >- 0, J"(u) (w, w)  x!l W !!2 pour tout )t' E V, ou bien s'il existe un voisinage B de u tel que J"(v)(w, w)  0 pour tout l' E B, w E v. alors Ie point u est minimum relatif (théorème 7.3-2). II est clair que Ia condition nécessaire J'(II) = 0 d'extremum relatif en un point u d'un ouvert est grossièrement fausse ell gélléral (considérer par exemple la fonction J(v) = v sur un intervalle [a, b] c R). Un premier exemple de situation où on peut la généraliser convenablement correspond à des ensembles U définis par des "contraintes" f{Ji(V) = 0, 1  i  m : c'est Ie cas, déjà signalé, correspondant aux multiplicateurs de Lagrange. Un deuxième exemple, traité au paragraphe 7.4, est celui où les ensembles U sont con- vexes: si une fonction J admet un minimum relatif par rapport à un ensemble convexe U, alors (théorème 7.4-1) J'(u) (r-u)  0 pour tout v E U, ces conditions, appelées inéquatiolls d'Euler, étant également suffisantes pour l'existence d'un minimum si Ia fonction Jest elIe-même convexe (théorème 7.4-4). On notera que la prise en compte des dérivées secondes, comme la prise en compte de Ia convexité, permet de distinguer entre 111inÙl1U111S et nlaximums, d'une part (et même parfois de préciser si ce sont, par exemple, des minimums stricts, ou encore des minimums sur l'ensemble tout entier), et d'énoncer des conditions suffisantes, d'autre part. Pour terminer, on décrit au paragraphe 7.5 une famille de fnéthodes itératives permet- tant d'approcher les zéros de la dérivée d'une application J, c'est-à-dire des points u en lesquels J'(u) = O. II s'agit des méthodes de Newton, dont Ie "prototype" consiste à définir Ia suite Xk+l = xk-{f'(Xk)}-l f(Xk), k  0, pour approcher un zéro d'une application f définie sur un ouvert. Pour cette méthode, et ses variantes, nous établissons des résultats de convergence et d'existence de zéros (théorèmes 7.5-1 et 7.5-2). Dans Ie cas de la recherche des zéros d'une dérivée J', ces méthodes se présentent sous la forme (théorèmes 7.5-3 et 7.5-4) Uk+l = uk - Ak'l(Uk) J'(Uk), k  0, où Ies applications linéaires Ak(Uk) sont, par exemple, des "approximations" des dérivées secondes J"(Uk). Afin de donner une plus grande généralité aux résultats de ce chapitre, et parce que les démonstrations sont exactement les nzêmes, nous avons délibérément "abandonné" Rn pour nous placer dans des espaces vectoriels normés quelconques, ce qui nous con- duit notamment à utiliser à plusieurs reprises la notion d'espace de Banach, c'est-à-dire d'espace vectoriel normé complete Le lecteur, ou la lectrice, non averti(e) pourra sans inconvénient remplacer partout "espace complet" par Rn, "A E J2.(X ; Y)" par "A est une matrice", "II . 1I.e(x ; Y)" par une "norme matricielle subordonnée", etc. Dans ce chapitre, tous les espaces vectoriels considérés sont réels. 
DÉRIVÉES PREMIÈRE ET SECONDE 137 7.1. Dérivées première et seconde d'une application Si X et Y sont deux espaces vectoriels normés, on désigne par .J2(X ; Y), ou simplement .J2(X) si X = Y, l'espace vectoriel formé par les applications Iinéaires continues de X dans Y. C'est un espace vectoriel normé par IIAII == sup /I Axlly , { xE x II x II x xo et c'est un espace complet si l'espace Y est complet. Dans Ie cas où X = Y = Rn, la norme définie ci-dessus n'est pas autre chose qu'une norme matricielle subordonnée (à une norme vectorielle de Rn). Lorsque Y == R, on écrit généralement .J2(X; R) = X', et on appelle l'espace X' Ie dual de X. De la même façon, on désigne par J2 2 (X ; Y) l'espace des applications bilinéaires conti- nues de XXX dans Y, c'est-à-dire qui vérifient B((X,lx I +(X,2x2' x) == xIB(x l , x)+a 2 B(x2' x), B(x, IXl +(X,2 X 2) = (X,lB(x, xl) +(X,2 B (x, x 2 ), pour tout x, x l' x 2 E X et pour tout Xl' a 2 E R, et déf II B I L.e 2 (x; Y) == sup { Xh x2EX XlO, X20 II B(x l , X 2 ) lIy <+00. IIxlllxllx211x C'est un espace vectoriel normé par l'application II · 11..e 2 (x; Y) définie ci-dessus. Dans tout ce paragraphe, l'écriture [:QcX-+Y signifiera systématiquement que fest une application d'un ouvert Q d'un espace vectoriel normé X dans un espace vectoriel normé Y. On dit qu'une application [: Q c X -+ Yest dérivable en un point a E Q s'il existe un élément, noté f'(a), de l'espace .J2(X ; Y) tel que l'on puisse écrire f(a+h) == f(a)+f'(a)h+1I h II E(h), lim E(h) = O. h.-.O On montre alors facilement qu'un tel élément f'(a) est unique s'il existe, et on appelle f'(a) la dérivée (première) de l'application f au point a. Dans Ie cas où X = Y = R, on utilise également la notation f'(a) == _ _df (a). dx REMARQUE. C'est en particulier pour assurer l'unicité de la dérivée qu'il est commode de supposer que Ie domaine de définition de I'application fest ouvert. II Une application dérivable en un point est continue en ce point. Par ailleurs, on notera que si f: Q c X.-. Yest dérivable en a E Q, alors, pour tout vecteur h de X, f'(a+()h)- f(a) f'(a) h = lim () 8.-.0 
138 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS REMARQUE. lei, eomme ailleurs, on omet de préeiser qu'il faut naturellement se limiter aux valeurs de () pour lesquelles les points (a+()h) appartiennent au domaine de définition de f, eeci dans un souci évident d'alléger l'éeriture ! II On dit que /' application I: Q c X  Yest dérivable dans Q si elle est dérivable en tout point de Q. On peut alors définir une application 1/ : x E Q c X  I/(x) E J2.(X ; Y), appelée application dérivée. Si l'application dérivée 1/ : Q c X  Jl.(X ; Y) est continue, on dit que l'applieation I: Q c X  Yest (une fois) continûment dérivable dans Q, et on écri t f E f--?,1(Q). Par exemp]e, une application affine continue I: x E X  j'(x) = Cx+d E Y 1 où C E J!(X ; Y) et d E Y, est dérivable dans X 1 et f'(a) = C pour tout a E X, puisque f(a+h) = f(a)+Ch. Si BE J2 2 (X ; Y), l'applieation f définie par j': x E X  f(x) = B(x.. x) E Y. est dérivab]e dans X, et f'(a) h = B(h, a) + B(a. h), pUIsque f(a+h) =f(a)+B(h, a)+B(a, h)+B(h, 11), IIB(h, a)+B(a, h) II  211BilllalllllllJ, II B( h , h) II  II B 1/ II h 11 2 . Si l'app]ieation bilinéaire Best symétrique, e'est-à-dire si B(x, y) = B(y, x) pour tout x, y E X, la formule précédente devient f"(a) h = 2B(a, h). Si Z = Z l XZ 2 X . . . XZ p est un produit d'espaces vectoriels normés Zi (I'espace Zest naturellement muni de la topologje produit), on note 7 - - - Z2 Z1 Zi E Zi, 1  i  p, Zp un élément quelconque de Z, cette notation étant ]a généralisation naturelle de la notation matricielle emp]oyée pour les vecteurs usuels. La donnée d'une application j': Q c X  Y = YtX Y 2 X . . . X Y", 
DÉRIVÉES PREMIÈRE ET SECONDE 139 revient à se donner nl applications composanteJ' fi : Q c X  Y i , de telle façon que I(x) = pour tout x E Q. On établit facilement que l'application I est dérivable en un point a E Q si et seulement si chaque application compoJ'ante ['est aussi, et alors I'(a) = I; (a) I(a) II (a) E Jl(X; Y;), 1:Z(a) !'espace J},(X; Y) s'identifiant de façon naturelle au produit des espaces J2(X; Y;). Considérons ensuite une application I:Q c X I XX 2 X ... XX n -+ Y d'un ouvert Q d'un produit d'espaces vectoriels normés: ce que l'on appelle parfois une "fonction de Il variables". Soit a un point de Q, de composantes aI' a2' . . ., an, et soit k E {I, 2, . . ., n} l'un des indices. Par définition de la topologie produit, il existe un ouvert Qk C X k tel que tous les points de composantes aI' . . ., ak-l, Xk, ak+l, · · ., an appartiennent à l'ouvertQ lorsque Ie point Xk appartient à l'ouvert Qk. Par suite, on peut étudier la dérivabilité éventuelle de l' application partielle l(a l , ..., ak-l, ., ak+J, ..., an) :Qk C Xk  Y. Si cette application est dérivable au point ak E Qk, on note ôkf(a) E J2(Xk; Y) sa dérivée, appelée dérivée partielle de la 10llction j' au point a, par rapport à la k-ième variable. Si une application I:Q eX =X 1 XX 2 X...XX n -+ Y eJ't dérivable ell un point a E Q, on étabIit aisément qu'elle possède des dérivées partielles par rapport à chacune des variables et que, de plus, n f'(a) h = L Ok I(a) h k , pour tout h = k=1 hI h 2 EX. h n La réciproque est grossièrement inexacte : ainsi la fonction f: x = (Xl' X 2 ) E R2 -->- {  Sl X I X2 = 0, autrement, possède deux dérivées partielles au point (0, 0) (car les applications partielles y sont constantes) sans être dérivable en ce point, puisqu'elle n'y est pas continue. Supposons enfin que X=X I XX 2 X,.,XX n et Y=Y I XY 2 X...XY m , 
140 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS de sorte qu'une application I: Q c X -+ Yest déterminée par la donnée de m fonctions Ii : Q c X -+ Y i de n variables. Alors la rela tion hI k 1 k=I'(a)h, avec h= h 2 EX et k= k 2 EY, h n k m équivaut aux relations n k i = L oj/;(a)h j , 1 im. j=1 Un cas particulier très important pour fa suite est celui où X = Rn et Y = Rm. Alors les relations précédentes s'écrivent sous la forme matricielle k 1 0 1 / 1 (a) 02/ 1 (a) On 11 (a) hI k 2 0 1 / 2 (a) o 2 1 2 (a) ... On/2 (a) h2 - . . k m ollm(a) 02/m(a) ... onfm(a) h n les nombres Ô j/;(a) étant les dérivées partielles "usuelles". souvent notées ôô; (l!)' J La matrice ((0 j/;(a)) représente donc l'application linéaire I'(a) E (Rn; Rm). C'est pour- quoi on l'appelle, par abus de langage, matrice dérivée de l'application I en a. Si m = n, son déterminant s'appelle Ie Jacobien de l'application f au point a. REMARQUE. L'espace .,e(R) s'identifiant à l'espace R, les dérivées partielles 0; f(a) d'une application I: Q c Rn -+ R peuvent être effectivement considérées comme des nombres réels. II On notera au passage que les dérivées partielles o;f(a) d'une fonction f: Q c Rn -+ R vérifien t 0; f(a) = f'(a) e;, e; désignant comme d'habitude Ie i-ème vecteur de la base canonique de Rn. Le résultat suivant, qui permet de calculer la dérivée d'une application composée, est constamment utilisé. - Théorème 7.1-1. Soit I: Q c X -+ Y une application dérivable en un point a E Q, et g : Q' c Y -+ Z uneapplicationdéri,ableaupoint b = f(a) E Q/. On suppose I(U) c U'. Alors I'application composée I h = gf: Q c X -+ Z est déri,able au point a E Q, et h'(a) = g'(b)f'(a). Dans Ie cas d'applications I: Q c Rn -+ Rm, g: Q/ C Rm -+ R/, à la composition des déri,ées g' (b) et 1'( a), correspond la multiplication des matrices dérivées des applications en cause: ( Ôll<a) ... Ô l<a) ) = ( Ôlfl<b) '" ô mr<b) ) ( Ôl?<a) ... Ô nda) ) , ol h l(a) ... ônh/(a) ôlg/(b) ... omg/(b) ol/m(a). · · onlm(a) 
DÉRIVÉES PREMIÈRE ET SECONDE 141 ce qui peut encore s'écrire: m ajhj(a) = L akg;(b) ajfk(a), 1  i  I, 1 j  n. k=l II Pour compléter ces rappels concernant les dérivées premières, nous allons énoncer deux résultats fondamentaux du Calcul Différentiel (théorèmes 7.1-2 et 7.1-3). Le premier concerne l'extension de la formule des accroissements finis "usuelle" : étant donné une fonction réelle continue sur un intervalle [a, b], dérivable sur l'intervalle ]a, b[, il existe un point c E ]a, b[ tel que I(b)- I(a) = I'(c) (b-a). Cette lormule ne se généralise pas telle quelle: ainsi, l'application I: t E R -+ I(t) = (cos t, sin t) E R 2 est telle que f(2 n) - f(O) =(0. 0). sans que la dérivée f'(1) =( - sin t. cos t) s'annule dans l"intervalle ]0.2 n[. Si l'on ne peut généraliser la formule, on peut par contre généraliser la majoration I I(b)- I(a) I  sup I 1'(t)11 b-a I tE]a, b[ qui en découle (Ie cas où sup I I'(t) I = + 00 n'est pas exclu ; il ne donne d'ailleurs t E ]a, b[ aucun renseignement 0. Si a et b sont deux points d'un espace vectoriel X, on utili- sera les notations suivantes : [a, b] = {x = ta +(1- t) b EX; t E [0, I]} , ]a, b[ = {x = ta+(l-t)b EX; tE]O,l[}, pour désigner Ie segment lermé et Ie segment ouvert, respectivement, d'extrémités a et b. Théorème 7.1-2 (théorème des accroissements finis). Soit f: Q c X -+ Y, et a et b deux points de Q tels que Ie segment [ a, b] soit contenu dans Q. On suppose l'application f con- tinue en tout point du segment fermé [a, b] et dérivable en tout point du segment ouvert ]a, b[. Alors, Ilf(b)-f(a)lly  sup Ilf'(x)II.e(x;y)llb-alix. xE ]a, b[ II On déduit de nombreuses conséquences de ce résultat, notamment : SiX =X 1 XX 2 X X . . . XX n est un produit d'espaces vectoriels normés, alors l' application 1 est continû- ment dérivable dans Q si et seulement si les dérivées partielles okl(x), 1  k  n, existent en tout point xEQ et si les applicationsdérivéespartielles akf': xEQ -+ a k l(x)E.J2(X k ; Y) sont continues dans Q. A l'aide du théorème des accroissements finis (et du théorème du point fixe), on dé- montre également un autre résultat fondamental du Calcul Différentiel (que nous utili- serons d'ailleurs de façon essentielle dès Ie paragraphe suivant). II s'agit du théorème des lonctions implicites, qui apporte une réponse au problème suivant : soit Xl' X 2 et Y trois espaces vectoriels normés, et q; : Xl XX 2 -+ Y une application donnée. Étant donné un point bEY, il se peut que, pour tout élément xl E Xl' i1 existe un élément X2 E X 2 et un seul tel que q;(x1' X2) = b, ce qui définit une application I: xl E Xl -+ X2 E X 2' appe- lée lonction implicite, vérifiant q;(x1,/(X1)) = b pour tout xl E Xl. Naturellement, ce genre de circonstance est exceptionnel, et il est Ie plus souvent illusoire d'espérer démontrer l'existence d'une fonction implicite définie sur l'ensemble X 1 tout entier. Par contre, il est plus réaliste de chercher un résultat d'existence local: supposant l'existence d'une solution particulière (a1' a2) de l'équation q;(X1' X2) = b, 
142 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS on cherche à queUes conditions on peut définir X2 comme une fonction implicite de Xl dans un voisinage convenable du point (aI' a2)' C'est l'objet du résultat qui suit, où l'on étudie également les propriétés de continuité et de dérivabilité de la fonction implicite. On notera aussi qu'il est essentiel d'avoir une connaissance "préalable" d'une solution part iculière. Si X et Y sont deux espaces vectoriels normés, on notera Isom (X; Y), ou simplement Isom (X) si X = Y, l'ensemble des applications linéaires continues, bijectives de X sur Y, d' applications inverses continues. --. Théorème 7.1-3 (théorème des fonctions implicites). Soit cp: Q c X I XX 2 -+ Y une application unefois continûment dérivable dans Q, et (ah a2) E Q, bEY, des points tels que cp(ah a2) = b, ô2cp(ah a2) E Isom (X 2 ; Y). On suppose l'espace X 2 complete Alors il existe un ouvert 01 C Xl, un ouvert 02 C X 2 , et une application continue, appelée fonction implicite, {: 0 1 C Xl -+ X 2 , tels que (ah a2) E 01X02 C Q et (cf.fig"re 7.1-1) {(Xh X2) E 01X 0 2 ; CP(Xh X2) = b} = {(Xh X2) E OIXX 2 ; X2 = {(Xl)}. De plus, l'applicationf est dérivable au point ah et {'(aI) = -{ô2cp(ab a2)} -1 Ôlcp(ah a2). II REMARQUES. (1) Supposant établie la dérivabilité de la fonction implicite au point aI' la dérivée se calcule par une application du théorème 7.1-1 à la fonction composée X 2 ' :2. O 2 X 2 a2, Ot x. 3 1 X, FIG. 7.1-1. h: Xl E 0 1 -+ {cp(X I , f(X1))-b} = 0 E Y. II suffit en effet d'écrire o = h'(a I ) = oICP(al' a2)+ô2CP(a I , a2) f'(a 1 ). (2) Pour un élément Xl E 0 1 donné, il peut naturellement exister des éléments x E X 2 tels que x  X2' (Xl' X) E Q et CP(Xl' X) = b, mais alors x  O 2 (cf. figure 7.1-1). (3) En fait, il existe un ouvert O tel que a l E O C 0 1 et tel que la fonction implici- te so it dérivable en tout point de cet ouvert. (4) On utilise fréquemment Ie corollaire suivant du théorème des fonctions impli- cites, appelé théorème d'inversion locale: Soit g: Q2 C X 2 -+ Xl une application une fois continûment dérivable, et al E X b a2 E Q2, des points tels que al = g(a2), g'(a2) E Isom (X 2 ; Xl). On suppose l'espace X 2 complete 
DÉRIVÉES PREMIÈRE ET SECONDE 143 Alors il existe un ouvert 0 1 C X b un ouvert O 2 C X 2 , et une application continue f: 0 1 C X] -+ X 2 , tels qlle a2 E O 2 C Q2 et {(x], X2) E 01X02; Xl = g(X2)} = {(Xh X2) E 01X X 2; X2 = {(Xl)}. De plus, I'application { est dérivable en ab et {'(al) = {g'(a2)} -1. II Passons ensuite à la notion de dérivée seconde d'une application. Soit I: Q c X  Y une application dérivable dans Q. Si l'application dérivée I' : Q c X -+ J2(X ; Y) est dérivable en un point a E Q, sa dérivée, notée déf I"(a) = (/')'(a) E .J2(X; .J2(X; Y)), est appelée la dérivée seconde de l' application I all point a, et on dit que I' application I est deux lois dérivable au point a. Utilisant l'isomorphisme canonique entre l'espace (X; .J2(X; Y)) et l'espace .J2 2 (X; Y) des applications bilinéaires continues de X dans }:', on identifie la dérivée seconde à une application bilinéaire continue de X dans Y. et on écrit I"(a) (h, k) = (/"(a) h) k, pour tout h, k E X. Grâce au théorème des accroissements finis, on démontre que la dérivée seconde est une application bilinéaire symétrique, en ce sens que I"(a) (h, k) = I"(a) (k, h) pour tout h, k E X. L'applÌcation I est dite deux lois dérivable dans Q si elle est deux fois dérivable en tout point de Q ; on peut alors définir l' application dérivée seconde I" : Q c X - J2 2 (X; Y). Si cette dernière application est continue, l'application I est dite deux lois continûment dérivable dansQ, et on écrit f' E @2(Q). Pour ce qui concerne Ie calcul effectif des dérivées secondes, on utilise constamment Ie résultat suivant, qui permet de se ramener à des calculs d dérivées premières : étant donné deux vecteurs quelcollques h, k E X, l'élément I"(a) (h, k) E Yest égal à la dérivée au point a E Q de l'application x E Q -+ I'(x) kEY, appliquée au vecteur h. Considérons par exemple une application de la forme I: x E X -+ I(x) = B(x, x)+Cx+d E Y où B E J2 2 (X: Y), C E J2(X; Y), d E Y. On a déjà établi que cette application est une fois dérivable dans X et que I'(x)k = B(k, x)+B(x, k)+Ck, pour tout x, k E X. Le vecteur k E X étant fixé, l'application g: x E X  I'(x)k E Y est ici affine; elle est donc dérivable dans X, et on obtient I"(a)(h, k) = g'(a) h = B(h, k)+B(k, h), par application du résultat ci-dessus. 
144 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS Dans Ie cas particulier où X = Rn et Y = R, soit h = (h;) et k = (k;) deux vecteurs de Rn muni de sa base (e;). La dérivée seconde I"(a) étant une application bilinéaire t I"(a) (h, k) = L h;kjl"(a) (ei' ej), i,j où, d'après ce qui précède, I"(a) (e;, ej) = Ôi(Ô jl) (a) = I"(a) (ej' e;). Alors les nombres déf ôijl(a) = Ôi(Ô jl) (a) ne sont pas autre chose que les dérivées partielles secondes "usuelles", également notées Ô ô (a). Si n = 1, on note aussi d 2 { (a) la dérivée seconde f"(a), qui s'identifie Xi Xj dx dans ce cas à un élément de R. Passons main tenant en revue diverses lormules de Taylor. La première formule généra- lise Ia définition de la dérivée première d'une application, et la seconde généralise Ie théorème des accroissements finis (théorème 7.1-2). Quant aux troisième et quatrième formules, elles donnent une expression du "reste", la quatrième généralisant la formule i a+h (1 f(a+h)-f(a) = a f'(()) d() = J o f'(a+th)h dt bien connue pour les fonctions réelles de variable réelle. Pour la commodité des lecteurs t les résultats sont présentés sous forme de deux théorèmes (au prix de redites dans Ie premier). Enfin, on observera que les formules sont données avec des hypothèses de plus en plus "fortes". - Théorème 7.1-4 (Iormules de Taylor pour les fonctions une fois dérivables). Soit f: Q c c X  Y et [a, a+ h) un segment fermé quelconque contenu dans Q. (1) Sil est dérivable en a, alors f(a+h) =/(a)+f'(a)h+llhlle(II), Jim e(h) = O. h.-..O (2) Formule des accroissements finis: si 1 E @o(Q) et fest dérivable sur ]a, a+h[  alors II I(a+h)-f(a) II  sup IIf'(x)llh. x E ]a,a +h[ (3) Forlnulede Taylor-Maclaurin: sif E (0)(Q),1 estdérivable sur ]a, a+h[, et Y = R, alors f(a+h) =f(a)+f'(a+Oh)h, 0 <: 0 <: 1. (4) Formule de Taylor avec reste intégral: si 1 E @l(Q) et Yest un espace complet, alors f(a+h) =f(aH f {f'(a+th)h}dt. II - Théorème 7.1-5 (Iormules de Taylor pour les lonctions deux lois dérivables). Soit I: Q c X .-.. Yet [a, a+h] un segmentfermé quelconque contenu dans Q. (1) Formule de Taylor-Young: si 1 est dérivable dans Q, et deux fois dérivable en a, alors 1  f(a+h) = l(a)+I'(a) h+ 2 I"(a) (h, h)+ II h 11 2 e(h), Iim e(h) = o. h.-..O 
DÉRIVÉES PREMIÈRE ET SECONDE 145 (2) Formule des accroissementsfinis généralisée: sif E @l(Q) etl est deuxfois dérivable sur la, a+ h[, alors 1 Ilf(a+h) -/(a)-f'(a)hll  _ 2 sup II f"(x) II 111111 2 . xE]a, a+h[ (3) Formule de Taylor-Maclaurin: sif E @l(Q),f est deux fois dérivable sur]a, a+h[, et Y = R, alors 1 f(a+h) =f(a)+f'(a)h+ 2 " f"(a+Oh)(h, h), 0 -< 0 -< 1. (4) Formule de Taylor avec reste intégral : si fE f!l-(Q) et Yest un espace com- plet, alors f(a+h) =f(aHf'(a)h+ f (l-t){f"(a+th)(h,h)}dt. II REMARQUES. (1) Alors que la formule (1) du théorème 7.1-4 est exactement la définition de la derivée première, la formule (1) du théorème 7.1-5 n'est pas équivalente à la défini- tion de la dérivabilité seconde en un point; voir à ce sujet 1 'Exercice 7.1-1. (i2) Dans la formule des accroissements généralisée (2), l'expression 1I!"(x)" désigne naturellement la norme de l'élémentf"(x) de l'espace vectoriel normé J2 2 (X ; Y). (3) On sait qu'il existe (au moins) un nombre (j E ]0, 1[ tel que les formules de Taylor- Maclaurin (3) soient vraies mais, en général, on n'a aucun autre renseignement sur (j ; on rappelle au passage qu'i! est indispensable de se restreindre au cas Y = R (se reporter à l'exemple donné plus haut). (4) Pour que les formules (4) aient un sens, i1 faut savoir intégrer les fonctions t E [0, 1] -+- {l'(a+th) h} E Y, t E [0, 1] -+- {/"(a+th) (h, h)} E Y; c'est la raison pour laquelle on suppose ces fonctions continues et l'espace Y complete II Pour terminer, précisons quelques notations particu1ièces aux fonctions de la forme f:Q c Rn -+- R. En tout point a où cette fonction est une fois, ou deux fois, dérivable, on introduit Ie vecteur \1 f{a) E Rn et la matrice \12f(a) E dn(R) définis respectivement par les relations f'(a)h = (\1f(a), h) pour tout h ERn, f"(a)(h, k) = (\1 2 f(a)h, k) = (h, \1 2 f(a)k) pour tout h, k E R". ( ., .) désignant comme d'habitude Ie produit scalaire euclidien sur Rn. Le vecteur \1f(a) = . 'dnf(a) 
146 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS s'appelle Ie gradient de l'application/au point a, et la matrice (symétrique) \12/(a) = ô 11 /(a) ... ô1nl(a) ô 21 /(a) ... ô2nf(a) Ô n 1!(a) ... ônnl(a) z s'appelle Ie Hessien de l'applicationj'au point a. Alors que les dérivées première et seconde f'(a) et ["(a) sont définies de façon "intrin- sèque" dans les espaces .2(Rn; R) et .2 2 (Rn; R) respectivement (l'espace .2 2 (Rn; R) étant identifié ici à l'espace .J2(Rn)), on ne doit pas oublier que Ie gradient et Ie Hessien en sont des représentations particulières, correspondant au produit scalaire euclidien : Ie choix d'un autre produit scala ire sur Rn correspondrait à un autre vecteur et à une autre matrice! On notera également que Ie gradient est Ie vecteur transposé de la matrice dérivée (ici : un vecteur ligne) de l'applicationfen a. Pour illustrer ces considérations, voici trois façons équivalentes d'écrire (par exemple) la formule de Taylor-Young pour les fonctions f: Q c Rn -+ R deux fois dérivables : z 1 f(a+h) = f(a)+I'(a)h +- f"(a)(h, h)+llhllp,(h), 2 1 f(a +h) = f(a) +( \1 f(a), h) +2" (\1 2 f(a) h, h) +(h, h) ë(h), 1 f(a+h) = f(a) + (\1f(a))T h +2" h T \12f(a)h+h T hë(h). 7.2. Extremums des fonctions réelles : multiplicateurs de Lagrange Soit J: W -+ Rune fonction définie sur un espace topologique W. On dit que la fonction J admet en un point u E W un minimum relatif (ou un maximum relatif) s'il existe un voisinage 0 de u tel que J(u)  J(v) (ou J(u)  J(v)) pour tout v E O. S'il n'y a pas lieu de distinguer entre Ie maximum, ou Ie minimum, relatif, on dit que Ia fonction J admet un extremum relati[au point u. REMARQUE. C'est un abus commode de Iangage (que nous commettrons allègrement) de dire que Ie point u lui-même est un minimum, ou un maximum, ou un extremum, relatif. II Commençons par un résultat bien connu. _ Théorème 7.2-1 (condition nécessaire d'extremum relatif). Soit n un ouvert d'un espace vectoriel normé V et J: Q c V -+ Rune fonction. Si la fonction J admet un extremum relatif en un point u E Q et si elle est dérivable en ce point, alors J'(u) = O. DÉMONSTRATION. Soit v un vecteur quelconque de V. L'ensemble Q étant ouvert, i1 existe un intervalle ouvert 1 contenant 0 tel que la fonction q; : tEl -+ q;(t) = J(u+tv) 
MULTIPLICATEURS DE LAGRANGE 147 soit bien définie. Par application du théorème 7.1-1, la fonction q; est dérivable pour t == 0, et q;'(O) == J'(u) v. Pour fixer les idées, supposons que Ie point u soit un minimum relatif. Alors o  Iim q;(t)-q;(O) = q;'(0) = Iim q;(t)-q;(O)  0, 1-+-0 - t 1-+-0 + t ce qui montre que J'(u) v == O. Com me Ie vecteur vest arbitraire, on déduit que J'(u) == o. II La relation J'(u) == 0 est parfois appelée équatioll d'Euler. REMARQUES. (1) Le fait queQ soit ouvert est évidemment essentiel. Considérer par exemple la fonction J(v) == v sur l'intervalle [0, 1]. (2) Si V == Rn, la condition J'(u) == 0 équivaut au système d'équations: I al(Ul' ..., un) = 0, Ô"J(uJ, ..., Un) == O. II Soit maintenant J : Q -+- Rune fonction définie sur un espace topologique Q, et U une partie 'de Q. On dit que la fonction J admet en un point u E U un minimum relatif (ou un maximum relatif, ou un extremum relatif) par rapport à l' ensemble U si la restriction de la fonction J à l'ensemble U, muni de la topologie induite par celle de Q, admet en u un minimum relatif (ou un maximum relatif, ou un extremum relatif). Le problème des extremums relatifs Iiés est un exemple de recherche de tels extremums relatifs pour des ensembles U et Q particuliers : Lensemble Q est un ouverl dun produit V 1 X V 2 de deux espaces vectoriels normés et r ensem ble U est de la forme U == {(VI' v 2 ) E Q; q;(v I , v2) == O}, où q; : Q C VIX V 2 -+- V 2 est une application donnée. Lorsqu'il n'y a pas d'ambiguïté quant à l'ensemble U en cause, on se contente de dire que la fonction J admet en u un extremum relatif lié. On notera que l' ensemble U n' est pas ouvert en général (penser à une courbe de R 2 ]orsque VI == V 2 == R ; par contre, il est fermé dès que l'application q; est continue). C'est pourquoi la condition nécessaire établie au théorème 7.2-1 ne s'applique sûrement pas en général. Théorème 7.2-2 (condition nécessaire d' extremum relatif lié). Soit U un ouvert d'un produit V 1 x V 2 d'espaces vectoriels normés, l'espace V 1 étant complet, soit tp : U -+ V 2 unefonction de classe fG 1 sur U, et soit u = (uu u 2 ) un point de l'ensemble u = { (VI' 1'2) E U ; tp(V 1 ,V 2 ) = 0 } c: U, en lequel ð 2 tp(U 1 , u 2 ) E 150m (V 2 ). Soit J : U -+ Rune fonction dérivable en u. Si la fonction J admet en u un extremum relatifpar rapport à l'ensemble U, il existe un élément l1(u) E .!l'(V 2 ; R) tel que J '(u) + l1(u) tp'(u) = O. 
148 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS DÉMONSTRATION. On a fait les hypothèses qu'il faut pour pouvoir appliquer Ie théorème des fonctions implicites (théorème 7.1-3) dans un voisinage du point u: il existe un ouvert 0 1 c V 1 , un ouvert O 2 c V 2 , et une application continue!: 0 1 -.. O 2 , tels que (u 1 , u2) E 01X02 c Q, et (01X02)n U = {(v 1 , v2) E 01X02; V2 =!(V1)}. Par ailleurs, la fonction implicite ! est dérivable au point u1 E 0 1 et sa dérivée a pour expressIon ! '(u1) =-{ô 2 cp(u)}-1 Ô1CP(u). Alors la restriction de la fonction J à l'ensemble (01 X 02)n U devient une fonction "d'une seule variable" : déf G : v1 E 0 1 -.. G(v 1 ) = J( V1' !(v 1 )) E R, à laquelle on peut appliquer la condition nécessaire (théorème 7.2-1) G'(u 1 ) = 0 ; en effet, la fonction G admet au point u1 un extremum relatif (utiliser la définition de la topologie induite par V 1 X V 2 sur U) et elle est dérivable en ce point (théorème 7.1-1), sa dérivée valant G'(Ul) = Ô1 J (u)+Ô 2 J(u)!'(u1) = Ô1J(U)-Ô2J(U) {Ô2CP(U)}-1 ô 1 CP(u). On a donc d'une part, ô 1 J(u) = Ô2 J (U){Ô2CP(U)}-1 Ô1CP (u), et puisque Ô2J(U) = Ô2J(U) {Ô29?(U)} -1 Ô2CP(U) d'autre part, on obtient la conclusion cherchée en posant A(u) =-Ô2J(U){Ô2CP(U)}-I. II Dans la pratique, Ie résultat précédent s'emploie fréquemment dans la situation sui- vante : on se donne deux entiers met n vérifiant 1  m <: n, et des fonctions J : Q c Rn -.. R, et CPi: Q c Rn -.. R, 1  i  m, définies sur un ouvert Q et on cherche une condition nécessaire d' extremum relatif dt la fonction J par rapport à /' ensemble U = {v E Q; CPi(V) = 0, 1  i  m}. II est clair que ce problème est un cas particulier du précédent (avec V 1 et V 2 identifiés aux espaces Rn-m et Rm, respectivement), Ie théorème 7.2-2 conduisant au résultat suivant : - Théorème 7.2-3 (condition nécessaire d'extremum re/atif lié). Soit U un ouvert de R", soit qJi : U --+ R, 1  i  m, desfonctions de classe  1 sur U, et soit u un point de l'ensemble U={VEU; qJi(V) = 0, 1  i  m } c: U, en /equelles dérivées qJ(u) E .!l'(R"; R), 1  i  m, sont linéairement indépendantes. 
MULTIPLICATEURS DE LAGRANGE 149 Soit J : a --+ Rune fonction dérivable en u. Si la fonction J admet en u un extremum relatif par rapport à I'ensemble U, il existe m nombres 1i(u), 1  i  m, définis de façon unique, tels que J'(u)+lt(u) q>(u)+". +lm(u) q>(u) = o. DÉMONSTRATION. La condition d'indépendance linéaire des dérivées 9/; (u) revient à dire que la matrice d'éléments a j9//(U)' 1  i  m, 1  j  n, est de rang m. Supposons (seu- lement pour fixer les idées) que la sous-matrice d'éléments Oj9/,(u), 1  i,j  m, soit inver- sible. On se trouve alors exactement dans les conditions d'application du théorème pré- cédent, avec V 2 == { .f 11 iei E R m } , 1=1 VI == { . f Viei E R n-m } , I=m+l m 9/ : v E Q C VI X V 2  9/(V) == L 9/j(V) ej E V 2 , j=1 (ej) désignant la base canonique de Rn. II existe donc un élémentA(u) de I' espace (Rm; R) tel que l'on ait J'(u)+A(u) 9/'(u) == 0; de façon équivalente, il existe m nombres réels m Àj(u), 1  i  m, telsque I'onait J'(u) + L À j (u)9/;(u) == o. L'unicité des nombres Àj(u) ;=1 résulte de l'indépendance linéaire des dérivées 9/; (u). II Les nombres À;(u), 1  i  m, trouvés au théorème ci-dessus sont appelés les multi- plicateurs de Lagrange associés "à l'extremum lié u" (avec I'abus de langage déjà signalé). Considérons un exemple : soit à trouver les extremums relatifs de la fonction J: v == (VI' V 2 ) E R 2  J(v) ==-v 2 , par rapport à l'ensemble { déf } U == (VI' V 2 ) E R2; cp(v) == vi +v-l == 0 (c/. fig. 7.2-1(a)). A l'aide d'un peu de géométrie, nous allons d'abord retrouver heuristi- quement l'existence d'un (ici m == 1) multiplicateur de Lagrange en un extremum lié. En effet, si nous représentons les courbes de niveau des deux surfaces dans Ie plan V3 = 0 (c/. fig. 7 .2-1(b)), on a l'intuition qu'un point (u 1 ' u 2 ) est un extremum lié seulement si les I {VjJ(v)=J(u) } u V o I u' l{v; cp{v)= O} (a) (b) FIG. 7.2-1. 
150 CALCUL DIFFÉRENTlEL, PREMIÈRES APPLICATIONS tangentes aux courbes lp(v 1 , V2) = 0 et J(vl' V2)- J(u 1 , U2) = 0 coincident au point (U1' u2). Comme ces tangentes ont respectivement pour équations { (VI-Ul)Ôllp(U)+(V2-U2)Ô2lp(u) = 0, (vI- U 1 ) ÔI J (u)+(V 2 -U 2 ) Ô2J(U) = 0, il sumt d'exprimer que les coefficients de ces équations sont proportionnels, c'est-à-dire qu'il existe ÂE R tel que (rhypothèse dindépendance linéaire des dérivées cp;(u) du théo- rème revient ici à vérifier que les deux dérivées partielles Ôllp(u) et Ô2lp(u) ne sont pas simultanément nulles) { ÔIJ(U)+ÂÔllp(U) = 0, Ô2 J (U)+Â ô 2 lp(u) = 0, ce qui est exactement /a condition nécessaire du théorème Adjoignant l'équation lp(u 1 , u2) = 0, on est donc conduit à résoudre Ie système { 2ÂUl = 0, - 1 + 2Âu2 = 0, u+-1 = 0, dont les deux seules solutions sont Â= 1 2' (U 1 , U2) = (0, 1), 1 Â' = --, (u, u) = (0, -1). 2 II se trouve, comme on Ie vérifie aisément, que les points U = (u 1 , u 2 ) et u' = (u{, u) ainsi obtenus sont effectivement des extremums, mais il ne faut pas perdre de vue que les conditions ci-dessus ne sont que des conditions nécessaires, qu'il faut toujours compléter par une étude "locale" si l'on veut affirmer que Ies points trouvés correspondent bien à un maximum, ou un minimum, relatif de la fonction J par rapport à l'ensemble U du problème. Pour résoudre un problème posé sous la forme générale du théorème 7.2-3, on procède de la façon suivante: on écrit que les (m+n) inconnues U;, 1  i  n, et Âj, 1 j  m, sont solutions du système de (m + n) équations (en général non Iinéaires) ÔI J (U)+Â 1 Ôllpl(U) + . . . +Âm Ôllpm(u) = 0, . ônJ(u) +Âl Ô n lpl(u) + . . . +Âm ônlpm(u) = 0, lpl(U) = 0, lpm(U) = O. Les n premières équations s'écrivent encore, sous forme matricielle : ( 'ð1".(U) ) ( 'ðll(U). .. Ôlm(U) ) ( 1 ) m . +. · . = \1 J(U) + L Â; \1lp;(u) = O. · · .. ;=1 ônJ(u) Ô n lpl(U) . .. Ônlpm(U) Âm 
PRISE EN COMPTE DES DÉRIVÉES SECONDES 151 On notera à cet égard que c'est la transposée de la matrice dérivée (de l'application cp), et non la matrice dérivée elle-même, qui intervient. Pour terminer ce paragraphe, considérons un exemple important, sur lequel nous reviendrons aux chapitres suivants. Une fonctionnelle quadratique sur Rn est une fonction de la forme 1 J: v E Rn -. J(v) = - (Av, v)-(b, v), 2 où A E ain(R) est une matrice symétrique donnée, et b E Rn un vecteur donné. Une telle fonction est dérivable dans Rn, et VJ(u) = Au-b, pour tout u ERn. Ce calcul (où la symétrie de la matrice est utilisée de façon essentielle) montre déjà que la résolution des systèmes linéaires à matrice symétrique équivaut à la recherche des points où fa dérivée d'une fonctionnelle quadratique s' annule. Supposons ensuite que l'on recherche les extremums relatifs d'une fonctionnelle quadra- tique 1 J(v) = - (Av, v)-(b, v) 2 par rapport à un ensemble de laforme u = {v ERn; Cv = d}, où C E aim, n(R) est une matrice donnée et d E Rm un vecteur donné: on suppose m <: n. La matrice dérivée de l'application q; : v E Rn -+ q;(v) = Cv-d E Rm étant constante et égale à la matrice C, on déduit du théorème 7.2-3 et des considérations précédentes que, si la matrice C est de rang m, une condition nécessaire pour que la fonctio- nnelle J admette en un point u E U un extremum relatif par rapport à l'ensemble U ci-dessus est l'existence d'une solution (u, À) E Rn+m du système linéaire { AU+CTÀ = b  ( Cu = d I A CT C 0 ) (  ) = ( ij ). REMARQUE. La contrepartie de la prise en compte de la contrainte Cv = d est donc la résolution d'un système linéaire "plus gros') que celui associé au cas "sans contrainte". En effet, on ne peut pas se dispenser de calculer Ie vecteur À E Rm même si, comme c'est fréquemment Ie cas, on ne s'intéresse quaux seuls extremums relatifs éventuels UE U l'inconnue À apparaissant alors simplement comme un "intermédiaire" nécessaire de calcul. II 7.3. Extremums des fonctions réelles : prise en compte des dérivées secondes Les résultats qui suivent seront énoncés pour des minimums relatifs, la prise en compte des dérivées secondes (comme celIe de la convexité au paragraphe suivant) permettant en effet de préciser la nature (maximum ou minimum) des extremums considérés. Bien entendu, on pourrait énoncer des résultats analogues pour les maximums relatifs. 
152 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS Théorème 7.3-1 (condition néeessaire de minimum relatif). Soit Q un ouvert d'un espaee veetoriel normé V et J: Q c V -+ Rune lonetion dérivable dans Q, deux lois déri- vable en un point u E Q. Si la lonetion J admet un minimllm relatif en u, alors J" (u) (w, w)  0 pour tout w E V. DÉMONSTRATION. Soit w un vecteur non nul de V. II existe un intervalle ouvert I c R contenant l'origine tel que 1 E 1 =::} (u+tw) E Q et J(u+tw) ;?; J(u). La formule de Taylor-Young et la relation J'(u) = 0 (théorème 7.2-1) permettent d'écrire 1 2 o  J(u+tw)-J(u) = - (J"(u)(w, w)+e(t)), lim e(t) = 0, 2 t-+O ce qui démontre l'assertion (si {J"(u) (w, w)} était -< 0, il en irait de même de la dif- férence J(U+lw)-J(u) pour t suffisamment petit). II II n'existe pas de réciproque du résultat précédent, comme Ie montre l'exemple ,de Ia fonction J(v) = v 3 , V E R. Pour obtenir une condition suffisante de minimum rela- tif, on est en effet conduit, soit à faire une hypothèse "plus forte" au point u (cas (1) du théorème qui suit), soit à supposer une propriété analogue, mais vraie dans tout un voisinage du point u (cas (2)). Nous aurons également l'usage de la définition suivante : soit J : W -+ Rune fonc- tion définie sur un espace topoIogique W. On dit que la fonction J admet en un point u E W un minimum relatif strict (ou un maximum rei at if strict) s'il existe un voisinage o de u tel que J(u) -< J(v) (ou J(u) :> J(v)) pour tout v E O-{u}. Théorème 7.3-2 (conditions suffisantes de minimum relatif). Soit Q un ouvert d'un espaee veetoriel normé JI, u un point de a, et J : a c: JI -+ Rune lonetion dérivable dans a telle que J'(u) = O. ( 1) Si la lonetion J est deux lois dérivable en u et s'il existe un nombre << ttl que a :> 0, et J" (u) (w, w)  a i I w: 1 2 pour tout w E V, alors la lonetion J ad met un minimum relatif strict en u. (2) Si lalonetion Jest deuxlois dérivable dans Q, et s'il existe une bOllle B c Q eentrée en u telle que J"('J) (w, w)  0 pour tout v E B, w E V, alors la lonetion J admet un n,inimum relatif en u. DÉMONSTRATION. (1) La formule de Taylor-Young permet d'écrire, pour tout vecteur w suffisamment petit, 1 J(u+w)-J(u) = 2 (J"(u)(w, w)+ll w I1 2 e(w)), 1  -:2 (O! -ë(W)) 1/ W 11 2 , lim e(w) = 0, w-+o ce qui montre que J(u+w) :> J(u) pour (u+w) E B, où Best une boule centrée en u, dont Ie rayon rest suffisamment petit pour que II e(w) II -< x pour II w II  r. 
PRISE EN COMPTE DE LA CONVEXITÉ 153 (2) La formule de Taylor-Maclaurin montre que 1 J(u+w) = J(u) +2 J"(v)(w, w)  J(u), v E ]u, u+w[, pour tout (u+w) E B. II 11 n'existe pas de réciproques aux deux assertions de l'énoncé précédent (cl. exercice 7.3-1). 7.4. Extremums des fonctions réelles · prise en compte de la convexité Une partie dun espace vectoriel est dite convexe si, to utes les fois quel1e contient  deux points u et v, elle contient Ie segment fermé [u, v] qui les joint. Par exemple, un sous-espace vectoriel est convexe, une boule dans un espace vectoriel normé est convexe (appliquer l'inégalité triangulaire), une intersection quelconque d'ensembles convexes est convexe. Théorème 7.4-1 (condition néeessaire de minimum relatif sur un ensemble eonvexe). Soit J : Q c Rune lonetion définie sur un ouvert Q d'un espaee veetoriel normé V et U une partie eonvexe de Q. Si la lonetion Jest dérivable en un point u E U et si elle admet en u un nJinimum relatif par rapport à l'ensemble U, alors ]/(u) (v - u)  0 pour tout v E U. DÉMONSTRATION. Soit v = u+w un point quelconque de l'ensemble U. Cet ensemble étant convexe, les points de la forme (u+Ow), 0  0  1, sont encore dans U. La déri- vabilité de la fonction J en u permet d'écrire J(u+Ow)-J(u) = O(J'(u)w+e(O)), lim e(O) = 0, (JO pour tout 0 E [0, 1] (Ie vecteur w étant fixé). Alors Ie nombre J'(u) west nécessairement ;?; 0, sans quoi la différence J(u+Ow)-J(u) serait -< 0 pour 0 :> 0 suffisamment petit. II REMARQUES. (1) Si l'ensemble U est un sous-espace vectoriel, la condition précédente devient simplement J'(u) w = 0 pour tout w E U. En particulier, si U = V, on retrouve la condition nécessaire J'(u) = 0 du théorème 7.2-1. (2) D'autres cas particuliers sont proposés à l'exercice 7.4-1. II Une fonction J : U c V  R définie sur une partie convexe U d'un espace vectoriel Vest dite convexe sur l' ensemble U si u, v E U et 0 E [0,1] => J(Ou+(1-0)v)  OJ(u)+(1-0)J(v), et strictement convexe sur l' ensemble U si u, v E U, u  v, et 0 E ]0, 1[ => J(Ou+(1-0) v) -< OJ(u) +(1-0) J(v). 
154 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS Par exemple, une forme linéaire f: V -+ Rest convexe mais non strictement convexe; de même une norme II · II : V -+ Rest convexe. Naturellement, si une fonction est (stric- tement) convexe sur un ensemble convexe U, elle est encore (strictement) convexe sur toute partie convexe de U. Une fonction G: U c V -+ R définie sur une partie convexe U d'un espace vectoriel Vest dite (strictement) concave si la fonction (- G) est (strictement) convexe. Avant d'appliquer la notion de convexité aux extremums des fonctions, nous allons la caractériser à l'aide de la dérivabilité première (théorème 7.4-2), ou seconde (théorème 7.4-3). Théorèmi 7.4-2 (conyexité et dériyabilité première). Soit J: {J c V -+ R line lone- lion dériyable dans un ouyert Q d'lln espaee yeetoriel normé V, et U une partie eonyexe de Q. (1) La lonetion Jest eonyexe sur U si et seulement si J(v)  J(ll)+ J' (u) (v - u) pour tout u, v E U. (2) Lalonction Jest strietement eonyexe sur U si et seulement si J(v):> J(u)+J'(u) (V-II) pour tout u, v E U, u  fJ. DÉMONSTRATION. Remarquons pour commencer que l'interprétation géométrique des conditions ci-dessus est claire (figure 7.4-1) : on exprime simplement que la fonction est située "au-dessus" de son plan tan- gent. Soit u et v deux points distincts de U, et () E ] 0, 1[. Si la fonction Jest con- vexe, ce qui peut encore s'écrire u :(u)+Jtu)(v-u) I . . . ... . . . . . . . . T I \oJ{u) I I I Vi .1 J(u+O(v-u))  (1-0) J(u)+OJ(v), FIG. 7.4-1. J(u+O(v-u))-J(u) T ( T ( ) o  "1 V)-.,I U · Par suite, J ' ( )( ) I . J(u+O(v-u))-J(u) T ( ) T ( ) U v-u = un 0  "1 V -"1 U . 8-+0 Si la fonction Jest strictement convexe, Ie raisonnement précédent ne permet pas de conclure puisqu'on ne peut pas affirmer que l'inégalité stricte "passe à la limite". Soit alors 00 E ]0, I[ un nombre fixé. Comme 00-0 0 u+O(v-u) = u+-(u+oo(v-u)), 00 00 on déduit 00-0 0 J(u+O(v-u)) =E: J(u)+- J(u+oo(v-u)), 0  0  roo 00 00 Par suite, si la fonction est strictement convexe, J{u+O(v-u))-J(u) o E: J{u+oo(v-u))-J(u) <: J(v)-J(u), o <: (J =E: ltJ, (J) 
PRISE EN COMPTE DE LA CONVEXITÉ 155 puisque (j) <: 1 par hypothèse ; alors Ie passage à la limite conduit cette fois à l'inégalité stricte. Réciproquement, supposons que J(v)  J(u)+J'(u)(v-u) pour tout u, v E U. Soit alors u et v deux points distincts de U et 0 E ]0, 1 [ ; on a done, en particulier, J(v)  J{v+O(u-v))-OJ'(v+O(u-v)) (u-v), J(u)  J{v+O(u-v))+(1-0)J'{v+O(u-v)) (u-v), et i1 suffit d'additionner les deux inégalités ci-dessus, multipliées respectivement par (1- 0) et 0, pour obtenir J(Ou+(l- 0) v)  OJ(u)+(1-0) J(v), ce qui établit la convexité de la fonction J, ou la stricte convexité si les inégalités sont strictes. II Théorème 7.4-3 (con,ex;té et déri,abilité seconde). Soit J: D c V -+ Rune fonction deux foi, déri,able dans un ou,ert D d'un espace ,ectoriel normé V, et U une partie con- ,exe de D. (1) La fonction Jest con,exe sur U si et seulement si J"(u) (1J-U, v-u)  0 pour tout u, v E U. (2) Si J"(u) (v - u, v - u) :> 0 pour tout u, v E U, u =;é v, la fonction Jest strictement con,exe sur U. DÉMONSTRATION. Soit u et v deux points distincts de U. Par appJication de la formule de Taylor-Maclaurin, 1 J(v)-J(u)-J'(u)(v-u) = 2 J"(w) (v-u, v-u) e 2 = 2 J"(w) (v-w, v-w), w E ]u, v[. Ie nombre e :> 0 étant défini par l'égalité (v-u) = e(v-w). On déduit alors la convexité, ou la stricte convexité, par application du théorème précédent. Pour établir la réciproque de (1), introduisons la fonction auxiliaire G : v E Q -+ G(v) = J(v)-J'(u)v, pour un point u E U quelconque, mais considéré comme fixé dans ce qui suit. Un coup d'æiI à la figure 7.4-1 aura d'ailleurs tôt fait de justifier cette introduction: si Ia fonction Jest convexe,]a fonction G admet en u un minimum par rapport à f'ensemble U ; en effet, G(v)-G(u) = J(v)-J(u)-J'(u)(v-u)  0, pour tout v E U, d'après la condition nécessaire (1) du théorème 7.4-2. La fonction G étant deux fois dérivable dans Q, et de dérivée G" = J", la formule de Taylor- Young donne, pour tout v = u+w E U, et pour tout t E [0, 1], 1 2 o  G(u+tw)-G(u) = _ 2 (J"(u)(w, W)+8(t)), lim 8(1) = 0, 1-+0 puisque G'(u) = 0 par construction. Le raisonnement habituel entraîne alors J"(u) (w, w) ;æ:. o. II 
156 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS REMARQUES. (1) On ne pouvait pas appliquer directement la condition nécessaire du théorème 7.3-1, établie pour des minimums relatifs par rapport à des ensembles ouverts. (2) L'exemple de la fonction strictement convexe J(v) = v 4 , V E R, montre qu'il ne saurait exister en général de réciproque à la condition (2). (3) Dans Ie cas particulier d'une fonctionnelle quadratique sur Rn, la réciproque est vraie : de l'expression J(v) =  (Av, v)-(b, v), A = AT, on déduit en effet 2 1 J(v)-J(u)-J'(u)(v-u) = 2 (A(v-u), v-u), et Ie théorème 7.4-2 permet de conclure. Rassemblant les divers résultats relatifs à ce type de fonction, on a donc établi qu'une fonctionnelle quadratique sur R (du type ci- dessus) est convexe si et seulement si la matrice symétrique A est positive. et strictement convexe si et seulement si la matrice A est définie positive. II Alors que nous n'avons envisagé jusqu'ici que des extremums relatijs, la convexité va nous permettre de nous affranchir du caractère "local" de cette propriété. C'est pourquoi nous introduisons les définitions suivantes : Soit J: W -+- Rune fonction définie sur un ensemble W. On dit que la fonction J admet en un point u E W un minimum (ou un maximunl) si J(u)  J(v) (ou J(u)  J(v)) pour tout v E W, et un minimum strict (ou un maximum strict) si J(u) <: J(v) (ou J(u) >- J(v)) pour tout v E W-{u}. Enfin, si U est une partie de l'ensemble W, on dit que la fonction J admet en un point u E W un minimum (ou un minimum strict, etc.) par rapport à I'ensemble U si la restriction de la fonction J à l'ensemble U admet en u un minimum (ou un minimum strict, etc.). Le résultat qui suit rassemble quelques propriétés constamment utilisées des mini- mums des fonction convexes. . Théorème 7.4-4. Soit U une partie eonvexe d'un espaee veetoriel normé V. (1) Si une lonetion eonvexe J: U c V -+- R admet un minimum relatif en un point de U, elle y admet enlait un minimum, e'est-à-dire par rapport à tOllt l'ensemble U. (2) Une lonetion J: U c V -+- R strietenlent eonvexe admet au plus un minimuln, et e' est un minimum strict. ( 3) Soit J : {J c V -+- Rune lonetion eonvexe définie sur un ou)'ert {J de V con tenant U, dérivable en un point u E U. Alors lafonetion J ad met un minimum en u par rapport à I'ensemble U si et seulement si J'(u) (v - u)  0 pour tout V E U. (4) Si l'ensemble U est ouvert, la condition préeédente équivaut à l'équation d'Euler J'(U) = O. DÉMONSTRATION. (1) Soit v = u+w un point quelconque de l'ensemble U. D'après la convexité de la fonction J, J(u+Ow)  (1-0) J(u)+OJ(v), 0  0  1, ce que l'on peut encore écrire J(u+Ow)-J(u)  O(J(v) - J(u)), 0  (j  1. 
PRISE EN COMPTE DE LA CONVEXITÉ 157 Comme Ie point u est un minimum relatif, il existe un nombre 0 0 tel que 0 0 ::> 0 et 0  J(u +Oow)- J(u), ce qui entraîne J(v)  J(u). (2) Si la fonction est strictement convexe, Ie même raisonnement conduit aux inégalités o  J(u+Oow)- J(u) -< Oo( J(v)- J(u)), 0 0 ::> 0, W  0, ce qui établit Ie caractère strict du minimum, et donc du même coup son unicité. (3) On a montré au théorème 7.4-1 la nécessité de la condition J'(u) (v-u)  0 pour tout v E U (sans supposer J convexe). Pour établir qu'elle est suffisante, on remarque que J(,,)-J(u)  J'(u) (l'-U) pour tout v E U, d'après Ie théorème 7.4-2. (4) La dernière propriété est une conséquence immédiate de la propriété (3). II Les relations "J'(u) (v-u)  0 pour tout v E U" sont fréquemment appelées les inéquations d'Euler. Le lecteur, ou la lectrice, intéressé(e) par l'application des théorèmes précédents aux fonctionnelles quadratiques pourra se reporter à l'exercice 7.4-2 (c'est même un exercice vivement recommandé). Com me illustration des résuItats précédents, reprenons Ie problème de la solution d'un système linéaire au sens des moindres carrés : on se donne une matrice réelle B de type (m, n), un vecteur c ERin, et on cherche un vecteur u E Rn tel que II Bu-c 11m == inf II Bv-c 11m, vERn où II. 11m désigne la norme euclidienne dans Rm. Introduisons la fonctionnelle quadratique déf 1 1 J(v) == 21IBv-cll-2 IIcll 1 == - (Bv, BV)m-(c, BV)m 2 1 == -- (BTBv, v)n-(BT c, v)n, v E Rn, 2 où (., .)m et (., .)" désignent les produits scalaires des espaces Rm et Rn, respectivement. La matrice symétrique BTB étant positive, la fonction Jest convexe (théorème 7.4-3). Comme Ie problème considéré équivaut à la recherche d'un vecteur u E Rn tel que J(u) == inf J(v), vERn nous pouvons conclure du théorème 7.4-4 que l'ensemble des solutions coincide avec l'ensemble des solutions de l'équation J'(u) == BTBu- BTc == 0, cest-à-dire des équations normales déjà introduites au paragraphe 3.7. Dans ce même paragraphe nous avions également utilisé la relation IIB(u+w)-clll == IIBu-cll+2(BTBu-BTc, w)n+IIBwlll' 
158 CALCUL DIFFÉR.ENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS qui n'est autre que la formule de Taylor 1 J(u+w) = J(u)+J'(u)w+- (BTBw, w)n, 2 écrite' pour la fonctionnelle quadratique J, dont Ie Hessien est la matrice BTB. 7.5. La méthode de Newton SoitD un ouvert d'un espace vectoriel normé Vet J : D c V -. Rune fonction donnée. On rappelle (c/. théorème 7.2-1) que, si la fonction J admet un extremum relatif en un point u E D et si elle est dérivable en ce point, alors nécessairement J'(u) = O. Dans Ie présent paragraphe, nous allons nous intéresser à la résolution de cette équation, c'est- à-dire, en supposant la fonction J dérivable dans D, à la recherche des zéros de l'applica- tion dérivée J' : D c V -. V'. REMARQUE. Une fois trouvés les zéros de l'application J', il convient naturellement de vérifìer s'il s'agit effectivement d'extremums, par exemple en utilisant les conditions suffisantes établies dans les paragraphes précédents. II II est commode de considérer Ie problème sous une forme plus générale, qui présente l'avantage de s'appliquer à d'autres situations (notamment la résolution de systèmes d'équations non linéaires ; voir plus loin) : on se donne une application / : Q c X -. Y d'un ouvert Q d'un espace vectoriel normé X dans un espace vectoriel normé Y, et on cherche : - des conditions suffisantes garantissant l'existence d'un zéro de l'application f, c'est-à-dire d'un élément a E D tel que /(a) = 0 ; - un algorithme d'approximation d'un tel élément a, c' est-à-dire la construction d'une suite (Xk) de points de Q telle que lim Xk = a. k-.oo Le premier problème fait l'objet du théorème 7.5-1 et Ie second celui des théorèmes 7.5-1 et 7.5-2, qui concernent chacun une généralisation de la méthode de Newton bien connue pour les fonctions j' : Q c R -. R. Cette méthode, définie par la suite !(Xk) Xk+l=Xk----- kO, !'(Xk) , a x X2. x, Xo FIG. 7.5-1. Xo E D arbitraire, est susceptible d'une inter- prétation géométrique immédiate (voir figure 7.5-1), chaque pointxk+l étant l'intersectionde l'axe avec )a tangente au point Xk. Ce cas particu I ier suggère la définition sui- vante de la nléthodt' de Newton pour la recherche des zéros d'une applicalion j': Q c X -. Y : on se donne un point Xo E Q arbitraire, et on dé- finit la suire (Xk )kO par Xk+l = xk-{f'(Xk)}-l f(Xk)' k  0, ce qui suppose que tous les points xk restent dans Q (ce point doit faire chaque fois l'objet d'une vérification), que l'application ! est dérivable dans Q, et enfin que la dérivée f'(x) est une bijection de X sur Y en tout point x E D. 
MÉTHODE DE NEWTON 159 La méthode de Newton s'applique en particulier à la résolution de systèmes d'équations non /inéaires, qui correspondent à des applications f: Q c R" -. Rn. De façon plus explicite, f(a) = 0 <=> f1(a 1 , a2' ..., ar.) = 0, !2(al' a2' ..., an) = 0, h(a 1 , a2' ..., an) = 0, les applications /'; : Q c R" -. R, 1  i  n, étant données. Dans ce cas, une itération de la méthode de Newton consiste à résoudre Ie système /inéaire f'(Xk) ðXk = - f(Xk) , de matrice (Ôj/';(Xk)), et à poser ensuite Xk+l = Xk+ðxk. REMARQUE. Si l'application f est affine: f(x) = Ax- b, A E dn(R), b E Rn, alors l'itération décrire ci-dessus se réduit à résoudre Ie système linéaire AXk+l-b = o. Autrement dit, la méthode converge en une seule itération, ce qui était naturellement prévisible puisqu'une application affine est con fondue en tout point avec son plan tan- . - On conçoit que, pratiquement, iI soit très coûteux à chaque itération de calculer les éléments de la "nouvelle" matrice (Ôj/,;(Xk)), et de résoudre ensuite Ie système linéaire correspondant. Par ailleurs, si la méthode est convergente, les vecteurs Xk consécutifs doivent "peu" différer, de même que les matrices correspondantes. Ces considérations, pratiques et intuitives, conduisent naturellement à une variante de la méthode de Newton, "qui consiste à conserver /a même matrice pendant p itérations consécutives (p entier  2 fixé) : Xk+l = xk-{f'(xo)}-l f(Xk), 0  k  p-1, Xk+l = xk-{f'(xp)}-l f(Xk), P  k oE: 2p -1, . Xk+l = xk-{f'(xrp)}-l !(Xk), rp  k  (r+ l)p -1, . On peut aussi "faire p = 00" ce qui conduit à des itérations du type Xk+l = xk-{f'(xo)}-l f(Xk), k  0, ou même carrément remplacer la matrice f'(x o ) par une matrice inversible Ao particulièrement "facile à inverser" : Xk+l = Xk_Aõ1 f(Xk), k;æ:. o. On se convainc d'ailleurs facilement, dans Ie cas des fonctions f: Q c R -. R, que la con- vergence peut être obtenue si Ao est suffisamment voisin de f'(x o ) (figure 7.5-2). REMARQUE. Dans les deux derniers cas consi- dérés, il suffit par exemple de calculer une fois pour toutes la factorisation L U (paragraphe 4.3) de la matrice représentant les applications li- a X" X 2 Xt Xo FIG. 7.5-2. 
160 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS néaires f'(xo) ou Ao (si cette matrice se prête bien à une telle factorisation), et la réso- lution des systèmes linéaires successifs est alors grandement facilitée. II Si Ao = I, la méthode, qui s'écrit alors Xk+l = Xk- f(Xk), k  0, n'est autre que la méthodedes approximations succej'j'ivej' pour résoudre l'équationf(x) = 0 écrite sous la forme x = x- f(x). Cette méthode itérative particulière nous donne aussi l'occasion d'illustrer de façon très simple Ie type de difficultés rencontrées dans ce genre de méthodes. Considérons par exemple la réso- lution de '-y=x y = - x 2 + x -1/4 déf 1 f'(x) = x 2 _ 4 = 0, 1 2 1 )(0 .t/2 de racines et -2' de sorte que 1 f(x) = 0  x = x-f(x) =-x 2 +x+ -. 4 FIG. 7.5-3. On peut représenter très facilement les itérés successifs de la méthode des approximations successives (cf. figure 7.5-3), ce qui permet de faire la liste des différentes éventualités : Xo -< - : la méthode diverge ; 2 1 1 Xo =-- 2 : lim Xk =-- k - 00 2 1 (Xk = - - pour tout k;?; O!) ; 2 1 3. 1 -- -< Xo -< -: 11m Xk = - ; 2 2 k-+-oo 2 3 1 Xo = -: lim Xk = - - 2 k-+-oo 2 1 (Xk = -- pour tout k;?; I!) 2 - -< Xo : la méthode diverge. 2 On voit donc apparaître sur cet exemple. d'une part, Ie fait que fa méthode converge seulement si la valeur initiale Xo est suffisamment voisine d'une racine, et, d'autre part, Ie fait que, "pratiquement", la méthode converge toujours vers la même racine : si les valeurs 1 3 initiales sont choisies au hasard, seules deux valeurs (X O =-- ou -) conduisent à la 2 2 . 1 I " 1 . fi . , d I ( 1 3 ) . d . , raClne -- , a ors qu 1 y a une In nlte e va eurs -- -< Xo -< -- qUI con ulsent a 2 2 2 1 ] 1 3 [ 1 la racine - . On dit parfois que - -, - est Ie domaine d'attraction de la racine -, 2 2 2 2 et que { -  } U {  } est celui de la racine - . Autrement dit, la racine -  est 2 2 2 2 . pratiquement "inaccessible" par la méthode considérée. 
MÉTHODE DE NEWTON 161 La première observation est d'ailleurs très générale : la principale difficulté dans la résolution d'équations non linéaires réside essentiellement dans Ie choix d'un "bon" vecteur initial xo, qui doit être suffisamment voisin d'un zéro, alors qu'en principe on ignore où se trouvent les zéros de l'application, l'objectif étant précisément de les loca- liser ! Quoi qu'il en soit, c'est pour prendre en compte l'éventualité de telles variantes de la méthode de Newton que nous posons la définition suivante d'une méthode de Newton généralisée pour la recherche des zéros d'une application I: Q c X -+ Y d'un ouvert Q d'un espace vectoriel normé X dans un espace vectoriel normé Y. On se donne une lamille d'éléments Ak(x) E Isom (X ; Y), k entier  0, x E Q, ainsi qu'un point Xo E Q arbitraire, et on définit la suite (Xk)kO par Xk+ 1 = Xk-{ Ak(Xk,)}-l I(Xk), k  0, où, pour chaque entier k, l'entier k' est seulement assujetti à vérifier o  k'  k. Naturellement, les applications Ak(x) peuvent aussi dépendre de l'app]ication I (notam- ment par Ie biais de sa dérivée I'). Par exemple, on peut. avoir Ak(x) = f"(x), k' = k, Ak(x) = I'(x), k' = min {rp, k} pour rp  k  (r+ l)p-l, r  0, Ak(x) = I'(x), k' = 0, Ak(x) = Ao E Isom (X ; Y), ces exemples correspondant à la méthode de Newton "originale" et à ses variantes intro- duites plus haut ; on peut aussi avoir Ak(x) = AI( E Isom (X ; Y), k  0, ce qui correspond à la situation envisagée au théorème 7.5-2 ci-après), les applications Ak étant indépendantes de f, etc. Le résultat qui suit fournit des conditions suffisantes portant sur les données (Ie point Xo E Q; l'application I dans un voisinage de xo; la famille Ak(x), k  0, x E Q), qui garantissent l'existence d'un zéro de/dans un voisinage de Xo, d'une part, et la convergence de la méthode de Newton généralisée correspondante vers ce zéro, d'autre part. Les hypo- thèses (1) à (3) traduisent les conditions (somme toute assez naturelles) suivantes: la "norme de I au départ" II I(x o ) II doit être suffisamment petite; la dérivée I'(x) doit varier suffisamment peu pour x voisin de Xo ; enfin les applications linéaires Ak(x) et Ak"l(x) doivent varier suffisamment peu avec k et pour x voisin de x o ' les applications Ak(x) restant suffisamment voisines de f'(xo). REMARQUE. Le choix particulier Ak = I'(xo) pour tout k  0 conduit à un résultat d'existence d'un zéro de l'applicationf, à l'aide d'hypothèses portant sur la seule fonctionl dans un voisinage du point Xo. On laisse aux lecteurs (ravis de l'aubaine) Ie soin d'énoncer Ie théorème correspondant. II - Théorème 7.5-1. On suppose /'espace X complet et la fonction .f: Q c X -+ Y déri,able dans /'ou,ert Q. On suppose par ailleurs qu'il existe trois constantes r, M, p telles que déf r>O, et B={xEX; Ilx-xollr}cQ, 
162 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS (1) sup sup IIAkl(x)IIJ2(X;y)M, kO xEB sup sup II f' (x) - Ak (x') 11.e(X ; Y) .....1.- , et fJ -< 1, kO x, x'EB M (2) (3) r 11!(xo) II  - (1- (J). M Alors la suite (Xk)kO définie par Xk+l = Xk - Ak"l (Xk') !(Xk), k  k'  0, est entièrement contenue dans la boule B, et con,erge ,ers un zéro de f, qui est Ie seul zéro de! dons la boule B. Enfin, la con,ergence est géométrique : I I II " Xl - Xo II Rk I Xk - a  t' · l-ß DÉMONSTRATION. (i) Préliminaires "techniques" : Montrons que, pour tout entier k  I U Xk-Xk-l II  Mllf(xk_l) II, Ilxk-xolIr (Ç:>xkEB), ß II f(Xk) II  - "Xk-Xk-ili. M Pour eela, eommençons par établir ees inégalités. pour k = 1. Puisque xl-xo =-Aõl(xo)f(xo)' on déduit II Xl -X o \I  Mllf(x o ) II  r(I-ß)  r, par (1) et (3). Par ailleurs, on peut éerire f(Xl) = f(x1)- f(xo)- Ao(x o ) (xl- xo)' et l'applieation du théorème des aeeroissements finis à la fonetion x -+ {f(x)- Ao(xo) x} donne II !(Xl) II  sup II f'(x)- Ao(xo) 1111 Xc Xo II ..... L II Xc Xo II, par (2). xEB AI Supposons les inégalités démontrées jusqu'à l'entier (k-I). Puisque Xk-Xk-l =- .Ak1(X(k-l)') f(Xk-l), on déduit Ilxk-Xk-lll  Mllf(Xk-l) II par (1), ee qui démontre la première inégalité pour l'entier k. De la sorte, Ilxk-Xk-lll ßllxk-l-Xk-211  ... ßk-ll1x1-xoll, et done II Xk - Xo II ..... t II Xl- Xl-l II ..... { t ß 1 -l } II xl- Xo II  1=1 1=1 II Xl-X 1/ M  l-ß 0  l-ß II !(xo) II r par (3), 
MÉTHODE DE NEWTON 163 ce qui montre que Xk E B. Enfin, écrivant que f(Xk) = f(Xk)- f(Xk-l)- A k -l(X(k-l)') (Xk - Xk-l), on obtient, d'après (2) et une nouvelle application du théorème des accroissements finis à la fonction x -+ {f(x)- Ak-l(X(k-l)') x}, II !(Xk) II .,,;; sup II f'(x)- Ak-l(X(k-l)') 1111 Xk- xk-lll .,,;; L II xk-xk-lll, xEB A1 t la troisièrne inégalité est établie pour l'entier k. (ii) Montrons ensuite l'existence d'un zéro de lafonctionf dans la boule B. Puis que /-1 /-1 ßk II Xk+ 1- Xk II .,,;; .o II XkH+l- xk+.11 .,,;; ßk .o ß. "X 1 - Xo II.,,;; l-ß II Xl- Xo II pour tout k  0, 1  0, la suite (Xk)kO est une suite de Cauchy. Comme c'est une suite de points de l'espace complet B (c'est une boule fermée de l'espace complet X), il existe un point a E B tel que lirn Xk = a. L'application f étant continue dans Q (puisque déri- k-+oo vable), on obtient Ilf(a)11 = lim II f(Xk) 1/ L lim I/xk-xk-lll = 0, k-+oo M k-+oo et donc f(a) = o. Faisant tendre 1 vers + 00 dans l'inégalité trouvée plus haut, on obtient l'inégalité : ßk IIxk-all  1-ß II xl- x o ll. (iii) Montrons enfin l'unicité du zéro a dans la boule B. Soit b E B un autre zéro de f. Puisque f{a) = f(b) = 0, on peut écrire b-a = - Aõ 1 (xo) (f(b)- j'(a)- Ao(x o ) (b-a)), d'où l'on déduit \I b-a II  1/ Aõ 1 (xo) 1/ sup II f'(x)- Ao(x o ) 1/11 b-a"  ß II b-a II, xEB ce qui entraîne a = b, puisque ß <: 1. II Dans Ie théorèrne qui suit, nous allons cette fois supposer déjà étab/ie l'existence d'un zéro a de f, et établir la convergence d'une méthode de Newton généralisée particu/ière (puisqu'on y suppose les isomorphisrnes Ak(xk') indépendants des points Xk', ce qui explique la notation A k ), pourvu que les applications linéaires Ak soient suffisamment voisines de f'(a) et pourvu que Ie point Xo soit suffisarnment voisin du point a (hypothèses là encore très "naturelles "). REMARQUES. (1) Dans chacun des deux théorèmes, on suppose l'un des deux espaces X et Y complets ; alors l'existence d'éléments A E Isom (X ; Y) entraîne que l'autre espace est également complet (vérification immédiate). (2) Dans Ie théorème qui suit, on utilise de façon essentielle les implications { (I + B) inversible si II B 11J2(x) -< I, X complet => J2(X) complet => I et II (/+B)-1 II  I-IIBII ' 
164 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS la deuxième implication n'étant pas autre chose que la version "en dimension infinie" du théorème 1.4-5. II Théorème 7.5-2. On suppose I'espace X complet et la fonction f: Q eX -.. Y une fois continûment déri,able dans I'ou,ert Q. Soit a un point de Q tel que déf f(a) = 0, A == f'(a)E Isom (X; Y),  sup II Ak - A 11.JZ(x ; Y)::::::; "A-III ' kO I ..JZ(Y ; X) 1 et  -< 2. Alors il existe une bOllle fermée B centrée en a telle que, pour tout point Xo E B, la suite (Xk)kO définie par Xk+1 = Xk-A;;l/(Xk), k  0, est entièrement contenue dans B et con,erge ,ers Ie point a, qui est Ie seul zéro de f dans la boule B. Enfin, la con,ergence est géométrique : il existe un nombre ß tel que fJ < 1 et II X k - a II  fJk II Xo - a II, k  o. DÉMONSTRATION. (i) Préliminaires techniques: dénlontrons l'existence de deux constantes r et ß telles que déf r >- 0, et B == {x EX; II x-a 1/::::::; r} c Q, sup sup 111- A;; 1 I' (x) 1/ ::::::; ß <. 1. kO xEB Pour tout entier k, on peut écrire Ak == A(I+A- 1 (A k -A)) avec II A- 1 (A k -A)11 ::::::; À -< 1 1 (l'hypothèse À <. - n'est donc pas "complètement" utilisée à ce stade). Par suite, les 2 applications Ak sont des isomorphismes de X sur Yet, de plus, II Ak I Ii  II (I+A- I (A k -A)t I II II A-III  . IIIA;II , 1 ce qui montre que I(À -< - par hypothèse) 2 1 1 À déf 111- Ak A 1/ ::::::; II Ak IIII A k - A II ::::::; - - == ß' -< 1. 1-11. Soit alors ð tel que L'inégalité déf ß' <. ß' +ð == ß <. 1. III-A;;1 f'(x) II ::::::; III-A;;1AII+1I A;;1(A-I'(x)) II, jointe aux inégalités précédentes et à la continuité de l'application dérivée I' (on rappelle que A == I'(a)) montre l'existence d'un nombre r >- 0 tel que déf B == {x EX; Ilx-ai/::::::; r} c Q, sup sup II A k l(A-I'(x)) II ::::::;ð, kO xEB et l'assertion est démontrée. 
MÉTHODE DE NEWTON 165 (ii) Soit main tenant Xo un point quelconque de la boule B, et (Xk)ka::O la suite définie par Xk+l == Xk-A;:l f(Xk), k  0 (l'inégalité établie ci-dessous montre en particulier que tous les points Xk sont dans la boule B ; la suite est donc bien définie). Puisque l'on peut aussi écrire (f(a) == 0) xk+l-a == Xk- A;:lf(xk)-(a- A;:lf(a)), Ie Ithéorème des accroissements finis appliqué à la fonction x -+ {x- A;:lf(x)} montre que Ilxk+l-all  sup III-A;:lf'(x)lIll x k- a ll ßllxk-all, xEB d'après la partie (i) de la démonstration, ce qui établit la convergence géométrique de la suite (Xk) vers Ie point a. (iii) Soit b un autre zéro de f dans la boule B. La suite (Xk) correspondant à Xo == b est une suite stationnaire, puisque Xl == xo-Aolj'(Xo) == xo, et, d'autre part, elle converge vers Ie point a d'après ce qui précède. On en déduit que a == b. II II nous reste à "traduire" les résultats précédents dans Ie cas de la recherche des zéros de l'application dérivée J': Q c V -+ V' d'une fonction J: Q c V -+ R. On obtient de cette façon les corollaires suivants des deux théorèmes précédents (on rappelle que l'on peut identifier les espaces J2 2 (V ; R) et J2(V ; V')). Théorème 7.5-3. Soit Q un ou,ert d'un espace complet V, et J : Q c V -+ Rune fonction deux fois déri,able dans I'ou,ert Q. On suppose par ailleurs qu'il existe trois constantes r, M, ß telles que déf r>O, et B=={V'EV;llv-uolIr}cQ, Ak(v) E Isom (V; V') pOllr tout v E B, et sup sup II A k - 1 (V) 1I.JZ(v'; V)  M, ka::O vEB sup sup II J" (11) - A k (11 ') ".e( v ; V')  L , et f:J -< 1, ka::O v, v' EB M , r II J (uo) II v'  - (1 - ß). M Alors la suite (Uk)ka::O définie par Uk+l = Uk-A;;I(Uk,)J'(Uk), k  k'  0, est tout entière contenue dans la boule B, et con,erge ,ers un zéro de J', qui est Ie seul zéro de J' dans la boule B. Enfin, la con,ergence est géométrique. II Théorème 7.5-4. Soit Q un ou,ert d'un espace complet V, et J: Q c V -+ Rune fonction deux fois continûment déri,able dans Q. So it par ailleurs u un point de Q tel que I J'(u) = 0, J"(u) E Isom .J2(V; V'), 1 sup II Ak - J"(u) 11.e(v; V')  II (J"( )) II ,et  -< _ 2 · k a:: 0 U .JZ( v' ; V) 
166 CALCUL DIFFÉRENTIEL, PREMIÈRES APPLICATIONS Alors il existe Ilne bollie fermée BeY centrée en Il telle fllle, pOllr tOllt point IlO E B, la sllite (llk)kO défitde par Ilk+1 = "k - A'k 1J '(llk)' k  0, est entièrement contenlle dans B et converge vers Ie point u, qui est d' aillellrs Ie seul zéro de J dans la bOllle B. Enfin, la con,ergence est géométriqlle. II Dans Ie cas où V = Rn, la méthode de Newton généralisée du théorème 7.5-3 se présente sous la forme Uk+1 = uk- A'k 1 (uk') \/ J(Uk), k;a:: k'  0, où les éléments Ak(Uk') sont des matrices d'ordre n, inversibles (elles peuvent naturellement dépendre de la fonction J et de ses dérivées), et où \/ J(Uk) désigne Ie gradient de l'appli- cation J au point Uk (on identifie ici V' à Rn). En particulier, la méthode de Newton "originale" correspond à Uk+l = Uk-{\/2J(Uk)}-1 \/J(Uk), k  0, où la matrice \,72 J(Uk) est Ie Hessien de l'application J au point a. Par ailleurs, il est remarquable de constater que les méthodes du chapitre suivant (construites par des voies tout à fait différentes) peuvent être comprises comme autant de cas particuliers de méthodes de Newton généralisées ; par exemple : Ak(Uk') = e- 1 / (méthode du gradient à pas fixe), Ak(Uk') =-e'k 1 / (méthode du gradient à pas variable), Ak(Uk') = -(e(Uk))-l / (méthode du gradient à pas optimal), où Ie nombre e(Uk) est déterminé (s'il existe) par la condition J(Uk-e(Uk) \,7J(Uk)) = inf J(Uk-e \/J(Uk)). eER REMARQUE. Si les résultats de convergence des théorèmes 7.5-3 et 7.5-4 sont établis sous des hypothèses assez restrictives (vecteur U o déjà suffisamment voisin d'un zéro, etc.), i1 faut néanmoins porter à leur crédit l'absence d'hypothèses telles que la convexité, l'ellipticité, la coercivité de la fonction J (ces deux dernières notions seront définies plus loin) qui sont utilisées de façon essentielle dans Ie chapitre suivant. II 
8 GÉNÉRALITÉS SUR L'OPTIMISA TION. PREMIERS ALGORITHMES Introduction Nous commençons par rappeler, avec quelques-unes de ses conséquences, Ie théorème de projection dans les espacesde Hilbert (théorème 8.1-1), dont un usage constant em fait en Optimisation. II nous permettra en particulier d'établir un certain nombre de résultats directement en dimension infinie. L'objet principal de l'Optimisation est la construction d'algorithmes permeUant d'ap- procher une solution d'un problème de la forme: trouver u tel que (P) u E U, et J(u) = inf J(v) , vEU où U est une partie donnée d'un espace vectoriel V, et J: V -+ Rune fonction donnée. C'est pourquoi il est naturel de s'intéresser, et dans l'ordre, aux questions suivantes : (i) Résultats d'existence, et d'unicité, de la solution du problème (P); c'est l'un des objets du paragraphe 8.2, où nous démontrons divers résultats d'existence, selon les situations considérées (dimension finie ou non, fonctionnelles quadratiques ou "elliptiques", etc.). etc.). (ii) Caractérisation d'une solution éventuelle du problème (P), c'est-à-dire des condi- tions nécessaires, et suffisantes dans certains cas, pour qu'un élément u E U soit solution du problème (P) ; la plupart de ces caractérisations ont été établies au chapitre précédent 9 dont c'était d'ailleurs l'un des objectifs. Les conditions nécessaires font généralement intervenir la dérivée première de la fonction J ; c'est Ie cas par exemple de l'équation d'Euler J'(u) = 0 lorsque U = V, ou des inéquations d'Euler (paragraphe 7.4) lorsque l'ensemble U est convexe. Lorsque l'ensemble U est de l'une des formes suivantes (d'importances fondamentales dans les applications) : u = {v E V; gJ;(v) = 0, 1  i =s:: m} ou U = {v E V; gJj(v)  0, 1  i :E: m}9 ces caractérisations font également intervenir les dérivées premières des fonctions cp;, par l'intermédiaire des multiplicateurs de Lagrange dans Ie premier cas (paragraphe 7.2)9 ou par I'intermédiaire des relations de Kuhn et Tucker (que nous établirons au chapitre suivant) dans Ie second. 
168 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES Certaines des conditions précédentes deviennent également suffisantes moyennant l'hypothèse de convexité de la fonctionnelle (com me nous l'avons indiqué au Paragraphe 7.4). Les conditions suffisantes faisant intervenir les dérivées secondes (vues au parag- raphe 7.3) sont rarement utilisées. (iii) Construction effective d' algorithmes permettant d'approcher une solution u du probJème (P), c'est-à-dire, construction d'une suite (Uk)kO d'éléments de l'ensemble U ,tels que lim Uk = u, Ie vecteur U o étant choisi arbitrairement ; on notera que, dans k-+oo tous les cas, la définition et l'étude de ces algorithmes utilisent de façon essentielle les caractérisations des solutions, que nous rappellerons à chacune de leurs utilisations. Après quelques précisions sur 1a terminologie (problèmes de programmation linéaire, non linéaire, convexe, sans contraintes, avec contraintes, etc. ; ct. paragraphe 8.2) et quelques indications sur l'origine des problèmes d'optimisation (paragraphe 8.3), Ie reste du chapitre est consacré à fa description et l'étude des algorithmes "de base" de /'Optimisation. Pour les problèmes sans contraintes (U = V), nous étudions successivement les mé1ho- des de relaxation, de gradient à pas optimal, à pas fixe, à pas variable (paragraphe 8.4), et du gradient conjugué (paragraphe 8.5). Pour les problèmes avec contraintes, nous étudions successivement les méthodes de relaxation, et de gradient avec projection (paragraphe 8.6), dont l'application pratique est limitée à des ensembles U très particuliers, n de la forme U = n [ai' b;] c V = Rn. ;=1 N ous donnons des conditions suffisantes de convergence pour chacune de ces méthodes, Ie plus souvent dans Ie cas des fonctionnelles elliptiques, qui généralisent de façon naturelle les fonctionnelles quadratiques à matrice symétrique définie positive. Appliquées au problème sans contraintes (U = V = Rn) associé à une telle fonction- nelle quadratique, les algorithmes étudiés fournissent autant de méthodes de résolution du système linéaire associé, l'une d'elles coïncidant d'ailleurs avec la méthode itérative de Gauss-Seidel vue au chapitre 5. Dans cet esprit; on notera que, à l'exception de la méthode du gradient conjugué, aucune de ces méthodes n'est directe. Les problèmes avec contraintes "générales" sont beaucoup plus difficiles à traiter que les problèmes sans contraintes. D'ailleurs, on s'efforce souvent de les résoudre en les remplaçant par une suite de problèmes sans contraintes, ou avec des contraintes faciles à prendre en compte (par exemple U = R). Cette idée est à la base des méthodes de pénalisation, que nous décrivons brièvement au paragraphe 8.6, et à la base des métho- des' utilisant la dualité, étudiées au chapitre 9.1 I Dans Ie cas particulier (très important en pratique) d'une fonctionnelle linéaire associée à des contraintes elles aussi Iinéaires, signalons enfin la méthode du simplexe, dont l'étude fera l'objet du chapitre 10. Dans ce chapitre, tous les espaces vectoriels considérés sont réels. Enfin la norme eucli- dienne sur Rn sera dorénavant notée, soit II . Iin si l'on souhaite faire apparaître expli- citement la dimension, soit simplement II . II si aucune ambiguïté n'est à craindre. 8.1. Le théorème de projection ; premières conséquences Soit V un espace vectoriel sur Ie corps R. Un produit scalaire sur Vest une application (., .): VX V -+ R bilinéaire, symétrique, et définie positive, c'est-à-dire qui vérifie : (u, .) : V -+ Rest linéaire pour tout u E .V, ( ., v) : V -+ Rest linéaire pour tout v E V, (u, v) = (v, u) pour tout u, v E V, (v, v) = 0 .ç? v = 0, et (, v)  0 pour tout v E V. 
THÉORÈME DE PROJECTION 169 On appelle eJpace préhilbertien un espace muni d'un produit scalaire. L'application i I · II définie par /I v II = Ý ( , v) pour tout v E V, étant une norme sur l'espace V, un espace préhilbertien est toujours considéré comme étant muni de cette norme, qui en fait aussi un espace vectoriel normé. S'il est complet pour cette norme, c'est un espace de Hilbert. Tout espace vectoriel normé de dimension finie étant complet, l'espace Rn muni du produit scalaire euclidien est un exemple d'espace de Hilbert. Notons au passage l'inégalité de Schwarz: I (u, v) I  II u 1111 v II pour tout u, v E V, qui sert notamment à démontrer l'inégalité triangulaire pour la norme associée au produit scalaire. L'inégalité de Cauchy-Schwarz pour Ie produit sca]aire euclidien (paragraphe 1.4) ou l'inégalité de Cauchy-Schwarz pour les jònctions : 1 1 1 uv dx  (1 I u 1 2 dx r (1 I v 1 2 dx r- , I c R, en sont des cas particuliers. On remarquera que l'inégalité de Schwarz entraîne la continuité du produit scalaire, considéré comme application du produit VX V dans R. Enfin on rappelle que cette inégalité devient une égalité si, et seulement si, les deux vecteurs qui y figurent sont linéairement dépendants. Le résultat qui suit est essentiel. Théorème 8.1-1 (théorème de projection). Soit U un sous-ensemble non ,ide, con,exe, fermé, d'un espace de Hilbert V. Étant donné un élément quelconque w E V, il existe un et un seul élément Pw tel que (1) Pw E U et Ilw-Pwll = inf Ilw-vll. vEU Cet é/ément Pw E U ,érifie (2) (Pw-w, v-Pw)  0 pour tout V E u, et, réciproquement, si un élément u ,érifie u E U et (u - w, V - u)  0 pour tout V E u, alors u = Pw. L'application P: V -+ U ainsi définie est te//e que (3) II PWI -- PW211  II WI - w211 pour tout W11 W2 E V. Enfin, I'application P: V  U c Vest linéaire si et seulement si Ie sous-ensemble U est un sous-espace ,ectoriel, auquel cas les inégalités (2) sont remplacées par les égalités (4) (Pw - w, v) = 0 pour tout v E U. II Faisons divers commentaires sur ce résultat. (i) L'application P: V -+ U s'appelle l'opérateur de projection, et l'élément Pw s'appelle la projection (sur l'ensemble U) de l'élément w, l'interprétation géométrique de 
170 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES VI Pw la relation de définition (1) étant claire à cet égard (figure 8.1-1) : l'élément "projeté" Pw est en effet l'élément de I'ensemble U "Ie plus voisin" du point w. De la même façon, les inégalités (2) traduisent la nécessité, intuitivement évidente, pour l'angle formé par les vecteurs (Pw-w) et (v-Pw) d'être =E:!!.- 2 pour tous les éléments v E U(figure 8.1-1). On notera au passage que w\ w-Pw=OwE U. (ii) Les lecteurs attentifs rapprocheront les iné- galités (2) des inéquations d'Euler "J'(u) (v-u)  0 pour tout v E U" du théorème 7.4-4. Effectivement, leur analogie n'est pas une coinci- dence ; considérons en effet, pour w E V fixé, la fonction FIG. 8.1-1. 111 J : v E V -+ J(v) = -lIw-vll 2 = - (v, v)- (w, v)+-(w, w). 2 2 2 Cette fonction est dérivable, avec J'(v)z = (v-w, z) pour tout v, z E V, et (strictement) convexe (théorème 7.4-3). Par suite, les inégalités (2) expriment simplement la condition nécessaire et suffisante (3) du théorème 7.4-4, écrite au point u = Pw. (Hi) L'inégalité (3) entraîne en particulier la continuité de l' opérateur de projection. On la retient parfois en disant de façon imagée que "la projection n'augmente pas les distances" (figure 8.1-1). (iv) La condition (4) traduit l' orthogonalité (au sens défini plus loin) du vecteur (Pw-w) et des vecteurs de I'ensemble U, lorsque celui-ci est un espace vectoriel. L'interprétation géo- métrique est encore évidente (figure 8.1-2). L'application u E V -+ Uh E Vh C V rencontrée dans l'approximation variationnelle des problèmes aux limites (paragraphes 3.4 et 3.5) est un exemple d' opérateur de projection, linéaire puisque Vh est un sous-espace vectoriel. Reprenant les notations uti- lisées dans ces deux paragraphes, on constate en eifet que l'application a(., .) est un produit scalaire sur l'espace V. Par suite, les rela- tions (utiIisées dans la démonstration du théorème 3.4-2) : w u o v Pw FIG. 8.1-2. a(u-uh' Wh) = 0 pour tout Wh E Vh, montrent que la solution approchée Uh E Vh n'est autre que la projection de la solution "exacte" u sur Ie sous-espace Vh, au sens du produit scalaire a(., .). Un autre exemple d'opérateur de projection, cette fois non linéaire, correspond à : V = Rn muni du produit scalaire euclidien, déf U = R = {v E Rn; v  o}, 
THÉORÈME DE PROJECTION 171 l'ensemble U étant parfois appelé hyperoctant positif (on rappelle que la notation v  0, déjà introduite, signifie que toutes les composantes du vecteur v sont  0). II est à peu près évi- det géométriquement que I'opérateur de pro- jection correspondant est défini par (PW)i = max {Wi, OJ, 1  i  n, comme Ie suggère l'examen de tous les "cas de figures" en dimension deux (figure 8.1-3). Pour Ie démontrer, iI suffit de vérifier la condition né- cessaire et suffisante du théorème 8.1-1 ; or étant donné un élément quelconque v = (Vj)7=1 de l'en- semble U, la définition précédente de l'élément Pw entraîne effectivement w'.-------- I P Will I I I . , . AÞ Will ... Pw" w" .......... FIG. 8.1-3. n (Pw-w, v-Pw) = L ((PW)i-Wi) (Vi-(PW)i) = - L WiVi  O. ;=1 ;, wi<O L'extension aux ensembles de la forme n U = IT [ai, bi] = {v = (Vi)7=1 E R n ; i=1 a.  V .  b. I I I , 1in}CRn, les cas où ai = - 00 et/ou b i = + 00 n'étant pas exclus, n'offre aucune difficulté. Les lecteurs vérifieront par un raisonnement analogue que l'opérateur de projection correspondant est donné par { a; Sl W; <: a;, (Pw); = min {max {Wi, ai}, bi} = Wi Sl a;  W; E:: bi, b i SI b i <: Wi. Comme première application du théorème de projection, reprenons Ie problème de la solution d'un système linéaire au sens des moindres carrés : trouver u E Rn tel que "Bu-c 11m = inf II Bv-c 11m, vERn où la matrice B E cJl m . n(R) et Ie vecteur c E Rm sont donnés, et II · 11m désigne la norme euclidienne dans Rm. Le sous-espace vectoriel 1m (B) = {Bv E Rm; v ERn} étant fermé (on est en dimension finie), Ie théorème de projection entraîne l'existence, et l'unicité, d'un élément ü vérifiant ü E 1m (B) et IIü-cll m = inf \lv-cllm. v Elm (B) Par suite, Ie problème posé a toujours au moins une solution, à savoir l'un des élé- ments u E RII qui vérifie Bu = ü. Cette solution est unique si et seulement si l'application representée par la matrice B est injective (ce qui n 'est possible que si m  n), c'est-à-dire si et seulement si 1a matri- ce symétrique positive BTB est définie, ou encore si et seulement si r(B) = n. 
172 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES Dans Ie n1ême esprit, la caractérisation (4) du theorème 8.1-1, à savoir (ü-c, v)m == 0 pour tout v E 1m (B), s'écrit, en notant (., .)m et (., .)n les produits scalaires euclidien de Rm et Rn, respec- tivement, (Bu-c, BV)m == (BTBu- BTc, v)m == 0 pour tout v E Rn. On a ainsi établi que les équations normales BTBu == BTc, ont toujours au "loins une solution. Des compléments intéressants (lien avec les valeurs singulières ; "pseudo-inverse" d'une matrice) à cette question de la solution d'un système linéaire au sens des moindres carrés sont indiqués à l'exercice 8.1-3. Étant donné un élément u E V, l'inégalité de Schwarz montre que la forme (u, .): v E V  (u, v) E R est continue. II est remarquable que la réciproque soit vraie si l'espace est complet : toute forme linéaire continue sur un espace de Hilbert peut être "représentée" par un élément de l'espace, comme Ie montre Ie résultat suivant (dont la démonstration repose de façon essentielle sur Ie théorème de projection) : Théorème 8.1-2 (théorème de représentation de Riesz). Soit V un espace de Hi/bert etlun é/ément que/conque du dual V'de V. A/ors i/ existe un é/ément TI E V et un seu/ tel que 1(.') = (Tf, v) pour tout V E V. L'app/ication T : V'  Vainsi définie est /inéaire, et c'est une isométrie : "T/!lv = III II v' pour tout I E V'. II L'application 7: s'appelle l'isométrie canonique de Riesz. Une première application du théorème de représentation de Riesz est l'extension de la notion de gradient: en effet, si J: V  Rest une fonction dérivable en un point u d'un espace de Hilbert V, la dérivée J' (u) est, par définition, un élément du dual V'. Par suite, il existe un et un seul élément de l'espace V, noté V' J(u), et appelé Ie gradient de la fonction J au point u, tel que J'(u) v == (V'J(u), v) pour tout v E V. Comme en dimension finie, ce vecteur dépend du produit scalaire choisi. De la même façon, on peut associer à la dérivée seconde J"(u) E cLZ( V  V') un élé- ment, noté \72 J(u), de l'espace .iZ( V) tel que J"(u) (v, w) == (\7 2 J(u)v, w) pour tout v, w E v. Deux vecteurs u et v d'un espace préhilbertien sont orthogonaux si (u, v) == O. Si Vest une partie quelconque d'un espace préhilbertien V, on appelle comp/ément orthogonal de V l'ensemble déf U.l == {v E V; (u, v) == 0 pour tout u E V}. II est facile de voir que l'ensemble V.l est toujours un sous-espace vectoriel fermé. Dans Ie cas où Vest aussi un sous-espace vectoriel fermé et l'espace est complet, on peut, grâce au théorème de projection, démontrer ]e résultat suivant : 
GÉNÉRALITÉS SUR LES PROBLÈMES D'OPTIMISA TION 173 Théorème 8.1-3. Soit U un sous-espaee ,eetoriel fermé d'un espaee de Hilbert V. Alors I'espaee Vest la somme direete du sous-espaee et de son eomplément orthogonal: V = UEB UJ... II Autrement dit, tout élément w E V s'écrit d'une et d'une seule façon sous la forme w = u+u', avec u E U, u' E UJ.... Plus précisément, u = Pw et u' = P' w, où P et P' = I - P désignent respectivement les opérateurs de projection sur U et UJ... Étant donné deux espaces de Hilbert V et W, munis de produits scalaires (., .)v et (., · )w, Ie théorème de représentation de Riesz permet d'associer à tout opérateur A E ,J2(V ; W) /'opérateur transposé AT E ."Q(W; V) défini par (Av, w)w = (v, ATw)v pour tout v E V, w E W. Naturellement, on retrouve ]a définition usuelle d'une matrice transposée lorsque les espaces V et W sont de dimension finie et sont munis du produit scalaire euclidien. De la définition ci-dessus et du théorème 8.1-3, on déduit les relations V = Ker (A)EB 1m (AT), Jf' = Ker (AT)EB Im(A), où l'on a utilisé les notations habituelles Ker (A) = {v E V; Av = O}, 1m (A) = {Av E W; v E V}, pour Ie noyau et l'image, respectivement, de l'application linéaire A. Nous utiliserons ces relations dans ]e cas particulier où les deux espaces Vet W sont de dimension finie, auquel cas Jes sous-espaces 1m (A) et 1m (AT) sont toujours fermés. Ccs relations portent alors parfois Ie nom d'alternative de Fredholm en dimension finie, en raison des conséquences qu'on en déduit pour la résolution d'un système linéaire à matrice non nécessairement carrée, à savoir : Soil V et W deux espaces de dimension finie, A une application linéaire de V dans W, et b U/l vecteur de W. Alors I'une, et /'une seulement, des deux éventualités suivantes a lieu : - ou bien Ie système Iinéaire Av = b a au moins une solution: - ou bien Ie système Iinéaire Av = b n' a pas de solution, et il existe au moins un vecteur w E W tel que ATw = 0 et (w, b)  0 (par exemple, la projection du vecteur b sur Ie noyau de l'application transposée AT). 8.2. Généralités sur les problèmes d'optimisation Un problème d'optimisatio/l se présente sous la forme suivante : étant donné une partie U non vide d'un espace vectoriel V et une fonction J: V -+- R, il s'agit de trouver un minimum de ]a fonction J par rapport à l'ensemble U, c'est-à-dire un élément u qui vérifie (P) u E U et J(u) = inf J(v). vEU REMARQUE. Pour la définition du problème (P), il est donc suffisant de connaître la fonction J sur l'ensemble U, mais dans la pratique, ce.lle-ci est généralement connue sur l'espace V tout entier. II 
174 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES Précisons quelques points de terminologie, essentiellement selon la nature de la fonc- tion J, qu'on a coutume d'appeler fonctionnelle en Optimisation, et de l'ensemble U. On distingue les problèmes sans contraintes lorsque U = V, et les problèmes avec contraintes dans Ie cas contraire. Parmi les problèmes avec contraintes, un cas très important dans les applications est celui d'ensembles U de la forme u = {v E V; cp;(v)  0, 1  i  m', cp;(v) = 0, m' + 1  i  m}, les fonctions données cp; : V  R, 1  i  m, étant appelées les contraintes du pro- lème. Si m' = m, ou si m' = 0, on dit souvent par abus de langage qu'il s'agit d'un problème avec "contraintes-inégalités", ou avec "con train tes-égalités " , respectivement. En l'absence d'hypothèses supplémentaires sur les fonctions CPi et J, notamment en ce qui conceme la convexité et a fortiori la linéarité, Ie problème (P) associé s'appelle un problème de programmatiJn non linéaire. Puisque I'on peut toujours remplacer une "contrainte-égalité" cp;(v) = 0 par les deux "contraintes-inégalités" Cpj(v)  0 et -cp;(v)  0, bornons-nous provisoirement à considérer les seuls problèmes avec "contraintes-inégalités", correspondant par conséquent à des ensembles U de la formé U = {v E V; cp;(v)  0, 1  i  m}. Si les fonctions J et cp; sont convexes, on dit qu'il s'agit d'un prob/ème de programmation convexe : on notera que l'ensemble U est alors convexe ; en effet, cp;(u)  0 ; cp{v)  0 . } I ,  cp;(Ou+(l-O)v)  Ocp;(u)+(l-O)cp;(v)  0, o E [0, 1] et une intersection d'ensembles convexes est convexe. Deux cas particuliers très importants de la programmation convexe sont ceux de Ia programmation quadratique et de la programmation linéaire : dans un problème de pro- grammation quadratique, la fonction Jest une fonctionnelle quadratique sur V = Rn : 1 J: v E Rn  J(v) = - (Av, v)-(b, v), A = AT E dn(R), bERn, 2 la matrice A étant supposée définie positive (ce qui entraîne la stricte convexité de la f onction J; cf. paragraphe 1.4), et les eontraintes cp; sont affines (done convexes) : n U = {v E Rn; L C;jVj  d;, 1  i  m}. j=l Dans un problème de programmation linéaire, la fonction Jest une fonctionnelle linéaire sur V = Rn : n J(v) = L ajVi, ;=1 et l'ensemble U est encore de la forme n U={vERn; L cijvjd;, lim}. j=l REMARQUE. Si la matrice symétrique intervenant dans Ia définition d'une fonetionnelle q uadratique est seulement positive, cette dernière est encore convexe ; il serait done concevable d'appeler encore problème de programmation quadratique Ie problème 
GÉNÉRALITÉS SUR LES PROBLÈMES D'OPTIMISATION 175 d'optimisation correspondant. Or, ce faisant, la programmation linéaire apparaîtrait comme un cas particulier de la programmation quadratique, ce qui est grossièrement inexact à bien des égards, à telle enseigne d'ailleurs qu'un chapitre séparé devra être spécialement consacré à la programmation linéaire. II Examinons maintenant les questions d'existence et d'unicité de la solution du problème (P). Que l'on soit en dimension finie ou non, l'unicité d'une solution éventuelle est en général établie indépendamment de l'existence, Ie plus souvent à partir de la convexité de l'ensemble U et de la stricte convexité de la fonctionnelle (théorème 7.4-4). Pour ce qui conceme ['existence, commençons par Ie cas de la dimensionjinie. Si U est une partie fermée bornée de V = Rn et si la fonction J: Rn -.. R est continue, il est clair que Ie problème (P) a au moins une solution. En vue d'étendre dans un premier temps ce résultat au cas d'ensembles U non bomés (notamment lorsque U = V = Rn), on introduit la ntion suivante: une fonction J à valeurs réelles définie sur un espace vectoriel normé Vest dite coercive si lim J(v)=+oo. Ilvllv-" OO Théorème 8.2-1. Soit U une partie non ,ide fermée de Rn, et J: Rn -+ Rune fonction con- tinue, coerci,e si l'ensemble U est non borné. Alors il existe IIU moins un élément u tel que (P) u E U et J(u) = iDf J(v) vEU DÉMONSTRATION. Soit U o un point quelconque de l'ensemble U. La coercivité de la fonctionnelle J entraîne l'existence d'un nombre r tel que Ilvll :> r  J(u o ) <: J(v). Dans ces conditions, l'ensemble des solutions du problème (P) coincide avec celui des solutions du problème (Po) correspondant à l'ensemble U 0 = Un {v E Rn; II v II  r}. On est donc ramené au cas d'un sous-ensemhle non vide (u o E U o )' fermé, borné. II REMARQUES. (1) Le théorème 8.2-1 fournit une démonstration du théorème de projecIion (théorème 8.1-1) lorsque l'espace Vest de dimension finie ; iI sumt en effet d'introduire la fonction (avec les notations du théorème 8.1-1) J(v) = II w-v II qui est coercive puisque J(v)  II v" -II w II. Mais ce point de vue fait jouer un rôle artificiel à la compacité : la démonstration du théorème de projection repose en effet d'une part sur Ie caractère complet de l'espace et d'autre part sur la "géométrie" de l'espace, liée à l'existence d'un produit scalaire. Par contre, l'avantage de la présente démonstration est de s'appliquer à une norme quelconque. (2) On notera que, lorsque l' ensemble U est non borné et la fonctionnelle linéaire, Ie résultat ci-dessus ne s'applique pas en général. II C'est la compacité qui intervient de façon essentielle dans la démonstration du théorème 8.2-1. On peut s'en convaincre autrement par la considération d'une suite minimisante (Uk)kO , c'est-à-dire une suite de points qui vérifie Uk E U pour tout k  0, lim J(Uk) = inf J( v). koo vE U Cette suite étant nécessairement bornée, puisque la fonctionnelle J est coercive, on peut extraire une suite (Uk') qui converge vers un élémeht u E U (l'ensemble U est fermé). 
176 OPTIMISA TION. PREMIERS ALGORITHMES La fonction J étant continue, J(u) = lim J(Uk') = inf J(v), k' -+00 vE U ce qui fournit une nouvelle preuve de l'existence d'une solution du problème (P). C'est d'ailleurs ce type de raisonnement qui permet d'étendre Ie résultat au cas de la dimension infinie, avec néanmoins des hypothèses supplémentaires, et essentielles, de convexité, aussi bien pour la fonctionnelle J que pour l'ensemble U. La démonstration reposant sur la compacité "faible" des parties convexes fermées bornées des espaces de Hilbert (parties (ii) et (iii) de la démonstration ci-dessous)) nous commençons par Ia définition suivante : On dit qu'une suite (Uk)k;::;O d'éléments d'un espace préhilbertien V converge faiblement s'il existe un élément U E V tel que lim (v, Uk) = (v, u) pour tout v E V. k-+oo On notera que, si toute suite qui converge au sens de la norme converge faiblement, l'inverse n'est pas toujours vrai (cf. exercice 8.2-1). - Théorème 8.2-2. Soit U une partie non ,ide, con,exe, fermée, d'un espace de Hilbert sépa- rable V, et J: V -+ Rune fonctionnelle con,exe, déri,able, coerci,e si I'ensemble U est non borné. Alors il existe au moins un élément u tel que (P) u E U et J(u) = inf J(v). vEU DÉMONSTRATION. (i) Com me dans Ie cas de la dimension finie (théorème 8.2-1), la coerci- vité de la fonctionnelle permet de se ramener au seul cas d'un ensemble U borné (et encore convexe puisqu'une boule est convexe ; se reporter à la démonstration du théorè- me précité). (ii) Considérons une suite minimisante (Uk)k::;:O : Uk E U pour tout k  0, lim J(Uk) = inf J( v), k-+oo vE U sans exclure à ce stade l'éventualité où inf J(v) =- <x>. La suite (Uk) étant bornée (d'a- vE V près (i)), montrons qu'onpeut en extraire une suite qui converge faiblement. Soit C une constante telle que II uk II  C pour tout k  O. On note pour commencer que, si vest un élément quelconque de l'espace V, la suite de nombres réels {(v, Uk)}k;::;O est bornée puisque I(v, Uk) I  Cllvll. L'espace Vétant supposé séparable, soit (Vk)k;::;O un ensemble dénombrable dense. La suite {(VI, Uk)}k;::;O étant bornée, on peut en extraire une suite {(VI, Uk)}k1;::;O convergente ; de même, la suite {(V2, Uk1)}k1;::;O étant bornée, on peut en extraire une suite {(V2, Uk 2 ) }k 2 :?:O convergente, et ainsi de suite. déf Considérons la suite "diagonale" (w/)/;::;o, où W/ = u/ l . Par construction, chaque suite {(Vk, w/)}/;::;o, k  0, a unelimite, qui est lalimite de la suite {(Vk, U/k)}/k:?:O. On va montrer qu'en fait toute suite {(v, W/)}/;::;O, V E V, a une limite: étant donné un élément quelconque E 'V E V, soit en effet E >- 0 donné. II existe un élément 1'k tel que II v- Vk II  - . Dans 4C ces conditions, I (v, w/)-(v, w m ) I = I (v, W/- w m ) I  I (Vk, W/- w m ) I + I (v- Vk, W,- W m ) I  E  I (Vk, W,)-(Vk, W m ) 1+-, 2 
GÉNÉRALITÉS SUR LES PROBLÈMES D'OPTIMISA TION 177 puisque II w/-w m II  II w/II + II w m II  2 C. L'élément Vk étant fixé, la suite {(Vk, w/)}/o converge d'après ce qui précède ; c'est donc une suite de Cauchy. Par suite, il existe un entier 10 = lo(ë, Vk) tel que ë I, k  10 ==> I (Vk, W/)-(Vk, w m ) I  -, 2 et l'assertion est établie. Définissons une application I: V  R par I(v) = lim (v, WI) pour tout v E V. /OO C'est une application linéaire, et continue puisque I(v, WI)/  Clivi I pour tout I  1 I(v) 1  Clivi I. D'après Ie théorème de représentation de Riesz, il existe un élément u E V tel que I(v) = = (v, u) pour tout v E V; on a donc bien établi la convergence faible de la suite extraite (WI) = (UI,) vers l'élément u. (iii) Démontrons ensuite que la limite ''fàible'' u de la suite extraite (w/) appartient à I'ensemble U. Notons P l'opérateur de projection associé à l'ensemble convexe fermé U ; d'après Ie théorème 8.1-1(2), w/ E U ==> (Pu-u, W/- Pu)  0 pour tout entier I. La convergence faible de la suite (WI) vers l'élément u entraîne o  lim (Pu-u, w/-Pu) = (Pu-u, u-Pu) =-llu-PuI1 2  0, /OO et donc u E U. On a ainsi établi qu'un ensemblefermé convexe est "faiblement" fermé, c'est-à- dire que la limite "faible" d'une suite faiblement convergente de points d'un tel ensemble lui appartient. (iv) Montrons enfin que la fonctionnelle J vérifie J(v)  lim inf J(v,), /OO pour toute suite (VI) convergeant faiblement vers un élément v. La fonction J étant sup- posée dérivable et convexe, on a en effet (théorème 7.4-2) J(v) +(\7 J(v), VI-V)  J(v/) pour tout entier I, et, par définition de la convergence faible, lim ('7 J(v), VI) = (\7 J(v), v), Ioo ce qui établit la propriété annoncée; on l'appelle la faible semi-continuité inférieure séquen- lielle de la fonctionnelle J. (v) II est main tenant facile de conclure : la limite faible u E U de la suite extraite (WI) de la suite minimisante (Uk) vérifie J(u)  lim inf J(w/) = lim J(Uk) = inf J(v). Ioo k 00 vE U II REMARQUES. (1) Le théorème reste vrai dans les espaces de Banach réflexifs, dont les espaces de Hilbert (séparables ou non) sont des cas particuliers ; de même, il reste vrai si on remplace l'hypothèse de dérivabilité de la fonction J par la seule continuité. 
178 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORIGHMES (2) La réciproque de la propriété (ii) est vraie (toute suite faiblement convergente est bornée), mais elle ne peut pas s'établir de façon élémentaire. II Dans certains cas particuliers, la démonstration de l'existence d'une solution peut être notablement simplifiée, en évitant notamment tout recours à la convergence faible. Commençons par une définition : étant donné un espace de Hilbert V, une fonction J: V -.. Rest appelée fonctionnelle quadratique sur V si elle est de la forme 1 J(v) = - a(v, v)- f(v), 2 où a(., .): VX V -.. Rest une forme bilinéaire, continue, symétrique (a(u, v) = a(v, u) pour tout u, v E V) et f: V -.. Rest une forme linéaire continue. Cette définition généra- Iise de façon naturelle celIe d'une fonctionnelle quadratique sur Rn puisque, grâce au théorème de représentation de Riesz, il existe un opérateur A E J2.(V) et un élément b E V, tous deux définis de façon unique, tels que a(u, v) = (Au, v) = (u, Av) pour tout u, v E V, f(v) = (b, v) pour tout v E V, en désignant par (., .) Ie produit scalaire de I'espace V. Le théorème de projection et Ie théorème de représentation de Riesz permettent alors d'établir simplement un résultat général d'existence pour des problèmes (P) posés avec de telles fonctionnelles. On notera que Ie cas U = V correspond exactement à la formula- tion variationnelle des prob/èmes aux limites, brièvement abordée aux paragraphes 3.4 et 3.5.  Théorème 8.2-3. Soit 1 J: v E V -.. J(v) = 2 a (v, v) -f(v) une fonctionnelle quadratique sur un espace de Hilbert V. On suppose de plus qu'il existe un nombre a tel que a ::> 0 et a(v, v)  all v II} pour tout V E V. Étant donné Rne partie non ,ide, con,exe,fermée U de V, il existe un et un seul élément u .érifiallt (P) u E U et J(u) = inf J(v). vEU Cet élément u ,érijie également a(u, v-u)  f(v-u) pour tout V E U, et, réciproquement, si un élément u E V ,érifie les inéquations ci-desslls, c' est la solution du problème (P). Si U est un sous-espace vectoriel, les inéquations précédentes sont remplacées par les équations a(u, v) = f(v) pour tout v E U. DÉMONSTRATION. La forme bilinéaire a(., .) est également un produit scalaire sur l'espa- ce V, la norme associée étant équivalente à la norme II. II associée au produit scalaire ( ., .) de l'espace V. En effet, les hypothèses faites entrainent : Ý  lIvll  ýa(v, v)ÝWllv" 
EXEMPLES 179 en désignant par Iiall la norme (dans l'espace .J2 2 (V ; R)) de l'application bilinéaire a( ., .). La forme linéairefétant donc encore continue pour cette nouvelle norme, Ie théorème de représentation de Riesz montre qu'il existe un élément c E Vet un seul tel que f(v) = a(c, v) pour tout v E V. Par suite, on peut transformer l'expression de la fonctionnelle, en l'écrivant 1 1 1 J(v) = - a(v, v)-a(c, v) = - a(v-c, v-c)-- a(c, c). 2 2 2 Dans ces conditions, résoudre Ie problème (P) revient à chercher la projection u de I' élément c sur I' ensemble U, au sens du produit scalaire a(., .). D'après Ie théorème de projection, il en existe une et une seule, ce qui établit l'existence et l'unicité de la solution u du problème (P). D'après Ie même théorème, cette solution est également caractérisée par les inéquations a(u-c, v-u)  0 pour tout v E U, ou par les équations a(u-c, v) = 0 pour tout v E U, si U est un sous-espace vectoriel, relations qui coincident avec celles de l'énoncé puisque a(c, v) = f(v) pour tout v E V. _ REMARQUES. (1) Un usage essentiel de la symétrie de la forme bilinéaire a été fait, d'une part, pour conclure que l'expression a(., .). est un produit scalaire, d'autre part, pour écrire la nouvelle expression de la fonctionnelle. (2) Les inéquations a(u, v-u)  f(v-u) sont un cas particulier des inéquations d'Euler J'(u)(v-u)  0 (théorème 7.4-4) appliquées à la fonctionnelle J, de dérivée donnée par J'(u) v = a(u, v)- f(v) pour tout v E V. Une observation analogue (et pour cause. . .) a été faite à propos du théorème de projec- tion. (3) On a indiqué aux paragraphes 3.4 et 3.5 les raisons pour lesquelles les relations a(u, v) = f(v) sont des équations "variationnelles" ; c'est dans Ie même esprit que les relations "a(u, v-u)  f(v-u) pour tout v E U" sont appelées des inéquations variation- nelles. _ 8.3. Exemples de problèmes d'optimisation La résolution d'ull système linéaire au sens des moindres carrés (cf. paragraphe 3.7) est un premier exemple de prob1ème d'optimisation sans conlrainfes, correspondant aux données suivantes : 1 1 U= V=Rn; J:vERn-.. J(v) =2"Bv-c"-21Icll;,. Comme _ 1 T T J(v) - - (B Bv, v),,-(B C, V)l1' 2 
180 OPTIMISA TION. PREMIERS ALGORITHMES il s'agit d'un problème de prografnnzation quadratique, au sens entendu ici, seulement si la matrice symétrique BTB est définie positive. On rappelle qu'on a établi au paragraphe 8.1 l'existence d'une solution de ce problème dans tous les cas, y compris celui où la matrice BTB est seulement positive. Lorsque la matrice BTB est définie positive, l'existence et l'unicité de la solution peuvent aussi se retrouver à partir du théorème 8.2-3. Une très vaste source de problèmes d'optimisation est constituée par la résolution des probfèmes aux limites par fa méthode d'approximation variationnelle. Com me nous l'avons montré aux paragraphes 3.4 et 3.5 (dont nous reprenons les notations), cette méthode conduit à chercher Ie minimum d'unefollctionnelle quadratique de la forme 1 Ç} : v E RM -+ Ç}(v) == -- (Av, v)-(b, v), 2 avec A == (a(wj, Wi)) E dM(R), b == (f(Wi)) E RM, les fonctions Wi, 1  i  M, étant les fonctions de base de l'espace V h dans lequel on M cherche la solution approchée Uh == L lliWi, et a(., .) et f(.) étant respectivement la ;=1 forme bilinéaire et la forme linéaire intervenant dans la formulation variationnelle du problème aux limites considéré. On a déjà observé que la matrice A est sy- métrique, et définie positb'e : il s'agit donc d 'un deuxième exemple de prob- lènze de progralnmation quadratique sails contraintes. Considérons ensuite une varian te du problème de la membrane (considéré aux paragraphes 3.2 et 3.5), dite de fa membrane s' appuyant sur un obstacle (figure 8.3-1) : il s'agit de calculer Ie dé- placement vertical u: Q -+ R d'une membrane élastique de tension í, tendue sur la îrontière I' de l'ouvert Q C R2, soumise à I'action d'une force verticale de densité íj(X) par élément de surface, et assujettie à rester au-dessus d'un ob- stacle représenté par une fonction X : Q -+ R cOl1nue (pour que Ie prob- lème sait possible, on suppose la fonc- tion X  0 sur I). La zone de contact entre la membrane et l'obstacle n'est pas connue à l' avance. La formulation variationnelle de ce problème consiste à chercher Ie minimum de l'éner- gie de la membrane qui, rappelons-Ie, est de la forme e 3 zone de  cont ac.t:. 't,f(x)dx FIG. 8.3-1. 1 J(v) == -2 a(v, v)- f(v), avec u(u, v) == r ( __ _ ô_v__ + au _ -- ) dx, J!J ÔX! ÔX! ôX 2 ôX2 f(l') == J Iv dx, !} lorsque les fonctions v décrivent Ie sous-ensemble U == {v E V; v(x)  X(x) pour tout x E Q} 
EXEMPLES 181 d'un espace V convenable de fonctions nuUes sur r 01 s'agit de l'espace de Sobolev HÖ(Q)). Pour approcher la solution de ce problème, établissons une triangulation de l'ensemble Q (supposé polygonal; cf. figure 3.5-1), et considérons Ie sous-espace Vh C V (déjà introduit au paragraphe 3.5) formé des fonctions affines sur chaque triangle de la triangu- lation, continues sur Q, et nuUes sur 1'. Rappelons que la base "canonique H (W;Jf!l de cet espace Vh est choisie de teUe façon que la i-ème fonction Wi est nulle en tous les sommets de la triangulation, sauf au i-ème sommet Si, où eUe vaut un. Dans ces conditions, les composantes Vi du développement d'une fonction arbitraire Vh E V h sur cette base ont une signification remarquable puisque M Vh = L VjWj  Vi = Vh(Si), 1:::::::: i :::::::: M. i=1 II est donc naturel de définir Ie prob/ème discret de la façon suivante : Trouver Uh tel que déf Uh E U h = {Vh E V h : Vh(Si)  X(s;), 1:::::::: i :::::::: M}, et J(Uh) = inf J(Vh)' vñE Uñ On remarquera que l'ensemble U h n'est pas contenu en général dans l'ensemble U. On est ainsi conduit à chercher Ie minimum de la fonctionnelle quadratique 1 () : V E RM -+ (}(v) = - (Av, v)-(b, v), 2 avec A = (a(wj, Wi)) E clM(R), b = (f(Wi)) E RM , lorsque Ie vecteur v décrit l'ensemble déf al = {v = (Vi) E RM; Vi  X(Si), 1:::::::: i :::::::: M}. II s'agit donc d'un exemp/e de prob/ème de programmation quadratique avec contraintes- inégalités affines. L'ensemble m étant non vide, fermé, convexe (et non borné), l'existence d'une solution du problème discret résulte aussi bien du théorème 8.2-1 que du théorème 8.2-3. On notera qu'on peut écrire Ie problème discret sous la forme équivalente : Trouver Uh tel que Uh E U h et a(uh, Vh-Uh)  !'(Vh-Uh) pour tout Vh E U h . L'espace V étant défini comme précédemment, Ie prob/ème de /a torsion é/asto-plastique d'une barre cylindrique conduit à chercher Ie minimum de la même fonctionnelle 1 1 i { ( av ) 2 ( av ) 2 } i J(v) =-a(v,v)-j(v) =- --- + --- dx- fvdx 2 2 f} aXI aX2 f} lorsque les fonctions v décrivent Ie sous-ensemble U = {v E V; II vv(x) II :::::::: 1 pour presque tout x E Q}, en posan t Ilvv(x)11 = {( ::1 (x)f + ( :: ; (X)f}  · 
182 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES Le prob/ème discret associé à l'espace Vh d'éléments -finis introduit plus haut consiste à chercher Ie minimum de la fonctionnelle J lorsque la fonction V h décrit l'ensemble déf { 0 Uh = V h E V h ; II VVh(X) II  1 pour tout x E T, T E rzJh}, o où T désigne l'intérieur de chacun des triangles T de la triangulation rzJ h . II est facile de voir que l'ensemble Uh est non vide, fermé, et convexe puisque v, wE U et 0 E [0, 1]  II V(Ov+(1-0)w) (x) II  Ollvv(x)II+(1-0)llvw(x)11  1, de sorte que Ie problème d'optimisation associé admet encore une solution et une seule, qu'on peut caractériser de façon équivalente par des inéquations variationnelles. On notera que l'ensemble U h = un Vh est cette fois contenu dans l'ensemble U. Soit T un triangle de la triangulation rzJ h , de sommets sl' S2' S3 (pour fixer les idées). La restriction d'une fonction quelconque v E Vh au triangle T s'écrit 3 v IT = L ViWi IT, avec Vi = V(Si). i=l Les fonctions de base Wi étant affines, leurs dérivées premières sont des constantes, de sorte que l'inégalité II V(v IT) II  1 prend la forme { .f (Xi V i } 2 + { .t ßiVi } 2  1, 1=1 1=1 â(WiIT) â(WiIT) , . les constantes (Xi = â et ßi = â etant des fonctIons connues des coor- Xl X 2 données des sommets Si. On est donc en présence d'un prob/ème de programmation quadratique avec m contraintes inégalités quadratiques (m = nombre de triangles de la triangulation rzJ h ). Les lecteurs intéressés trouveront de nombreux compléments sur ce problème dans Ie livre(l), où un chapitre entier lui est même consacré. Ces quelques exemples ne donnent qu'un très bref aperçu de la gran de diversité des problèmes d' optimisation. Pour des compléments, on se reportera aux exercices de ce paragraphe, ainsi qu'au paragraphe 10.2 où sont donnés quelques exemples de problèmes de programmation linéaire. 8.4. Méthodes de relaxation et de gradient pour des problèmes sans contraintes Commençons par généraliser la notion de fonctionnelle quadratique sur Rn à matrice définie positive. Cette extension est en effet bien adaptée à l'étude des méthodes que nous avons en vue, pour lesquelles eUe conduit à des démonstrations de convergence particuliè- rement simples. Une fonctionnelle J: V -+ R définie sur un espace de Hilbert Vest dite elliptique si elle est une fois continûment dérivable dans Vet s'il existe une constante, qu'on convi- endra toujours de noter (x, telle que (X :> 0 et (VJ(v)-V J(u), v-u)  (X II v- u 11 2 pour tout u, v E V. Le résultat qui suit rassemble diverses propriétés des fonctionnelles elliptiques, qui seront constamment utilisées par la suite. (1) GLOWINSKI R., LIONS J. L. , TRÉMOLIÈRES R. - Analyse Numérique des InéquaUons Varia- tionnelles, Vol. 1 : Théorie Générale ; Premières Applications, Dunod, Paris, 1976. 
RELAXATION ET GRADIENT SANS CONTRAINTES 183 Théorème 8.4-1. (1) Une fonctionnelle elliptique J: V -+- Rest strictement con"exe et coerci"e ; elle "érifie I'inégalité a J(v) - J(u)  (V J(u), lí - u)+ 2 /I v - U 1/2 pour tout u, V E V. (2) Si U est une partie non "ide, con,exe,fermée, de I'espace de Hilbert V, et si Jest une fonction"elle elliptique, Ie problème : trou"er u tel que (P) u E U et J(u) = inf J(v), vEU a une solution et une seule. (3) On suppose I'ensemble U con"exe et la fonctionnelle J elliptique. Alors un élément u E U est solu(ion du problème (P) si et seulement s'il "érijie (V J(u), v - u)  0 pour tout V E U, dans Ie cas général, ou V J(u) = 0 si U = V. ( 4) Une fonctionnelle deux fois déri"able dans V est elliptique si et seulement si (V 2 J(u) w, w)  a II w 11 2 pour tout w E V. DÉMONSTRATION. Une fonctionnelle elliptique étant par définition une fois continûment dérivable, l'application de la formule de Taylor avec reste intégral (théorème 7.1-4) permet d' écrire : J(v)-J(u) = f (\7J(u+t(v-u)), v-u)dt = (\7J(u), v-u)+ f (\7J(u+t(v-u))-\7J(u), v-u) dt  (\1J(u), V-U)+ l llXt ll v-u112 dt = (\7J(u), v-u)+':='/I v-u 11 2 . o 2 De cette minoration, it résulte, premièrement, que la fonctionnelle est strictement convexe puisque (théorème 7.4-2) J(v) >- J(u)+('\7J(u), v-u) pour tout u, v E V, u  v, et, deuxièmement, que la fonctionnelle est coercive, puisque  J(v)  J(O)+(\1J(O), v)+21IvI12   J(O)-II \1 J(O) 1111 vII +- II v 11 2 . 2 L'existence d'une solution du problème (P) résulte du théorème 8.2-2. que l'on peut appliquer puisque la fonctionnelle est coercive ; l'unicité résulte de sa stricte convexité. Les caractérisations du minimum ont déjà été établies au théorème 7.4-4. Si la fonction J est deux fois dérivable dans Vet elliptique, on peut écrire 2 ( ) ) I . (\1J(u+Ow)-\1J(u), w) (\1 J u w, w = 1m 0 0-+-0 (\1 J(u+Ow)- \1 J(u), Ow) = lirn o -+- 0 0 2  (X II W 11 2 . 
184 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES Réciproquement, la formule de Taylor-Maclaurin (théorème 7.1-4) appliquée à la fonction déf f: w E V -+ few) == (9J(w), v-u) E R, les vecteurs u et v étant fixés, montre que (9J(v)-9J(u), v-u) ==f(v)-f(u) == f'(u+(}(v-u)) (v-u) (0 -< () -< 1) = (9 2 J(u+(}(v-u)) (v-u), v-u)  (X II v-u 11 2 . - REMARQUES. (1) Dans la dernière partie de la démonstration, il n'était évidemment pas question d'écrire la formule de Taylor-Maclaurin pour l'application dérivée, puisque cette formule ne s'appJique qu'aux fonctions à valeurs dans R. (2) Une fonctionnelle quadratique sur Rn : 1 J: v E Rn -+ J(v) == 2: (Av, v)-(b, v), A = AT, est elliptique si et seulement si la matrice A est définie positive. II découle en effet du théorème 1.3-1 que (9 2 J(u) w, w) == (Aw, w)  À 1 II W 11 2 pour tout u, w E Rn, où À 1 désigne la plus petite valeur propre de la matrice A. Notons au passage l'inégalité (9 2 J(u) w, w) == (Aw, w)  Àn II W 11 2 pour tout u, w E Rn, où Àn = II A 11 2 (théorème 1.4-2) désigne la plus grande valeur propre de la matrice A. (3) De la même façon, une fonctionnelle quadratique sur un espace de Hilbert V, 1 J: v E V -+ J(v) == - a(v, v)- f(v) 2 est elliptique si et seulement si il existe une constante (X telle que (X >- 0 et (9 2 J(u)v, v) = a(v, v)  IIvl1 2 pour tout v E V; c'est précisément sous cette hypothèse qu'avait été établi Ie théorème 8.2-3. _ Passons maintenant à la description, puis à l'analyse, de quelques algorithmes de résolution d'un problème d'optimisation sans contraintes : Étant donné une fonctionnelle J définie sur un espace vectoriel V, trouver u tel que (P) u E V et J(u) = inf J(v). vE V II s'agit de méthodes itératives où, partant d'un vecteur initial U o arbitraire, on construit une suite de vecteurs Uk, k  O. Naturellement, l'objectif est la construction de méthodes convergentes, en ce sens que, pour tout vecteur initial u o , la suite (Uk)k:f!::O converge vers une solution du problème (P). Pour construire Ie vecteur Uk+ 1 à partir du vecteur Uk, une première idée consiste à se ramener à un problème "facile à résoudre numériquement", à savoir un problème de minimisation pour une fonction d'une seule variable réelle. Pour cela, on va : (i) se donner une direction "de descente" au point Uk, par l'intermédiaire d'un vecteur d k non nul ; 
RELAXA TION ET GRADIENT SANS CONTRAINTES 185 (ii) chercher Ie minimum de la restriction de fa fonctionnelle J à fa droite passant par Ie point Uk et parallèle au vecteur d k : ceci définit Ie vecteur Uk + 1 seulement si Ie problème de minimisation à une va- riable : Trouver e(Uk, d k ) tel que e(Uk, d k ) E R \ \ \ \ \ , , , '..... I I I I I I I I I I I I et J(Uk +e(Uk, d k ) d k ) = inf J(Uk +edk), eER a une solution et une seule (ce sera Ie cas notamment si la fonctionnelle Jest elliptique), auquel cas on pose Uk + 1 = Uk +e(Uk, d k ) d k . Ces considérations sont illustrées dans Ie cas de la dimension deux à la figure 8.4-1. La surface représentant une fonctionnelle elliptique a alors l'allure d'une paraboloïde dont les sec- tions horizon tales ont la forme d'ellip- ses, ce qui explique d'ailleurs la termi- nologie "fonctionnelle elliptique". Uk+t = uk + p(Uk,d k ) d k uk+2. d k -t-1 FIG. 8.4-1. 1 Dans Ie cas d'une fonctionnelle quadratique elliptique J(v) = - a(v, v)- f(v), il est 2 essentiel de noter que la détermination du point uk+l est immédiate une fois connu Ie vecteur d k , puisque la fonction e 2 e E R -+ J(Uk +edk) = - a(d k , d k ) +e(V J(Uk)' d k ) +J(Uk) 2 est un trinôme du second degré (Ie coefficient a(d k , d k ) est >- 0). Des indications sur la solution pratique des problèmes de minimisation à une variable pour des fonctions plus générales sont données à l'exercice 8.4-4. Dans Ie cas où V = Rn, la façon la plus simple de définir les directions successives de descente consiste à les imposer à l'avance, un choix "canonique" àcet égardétant naturel- lement celui des directions des axes de coordonnées, prises de façon "cyclique" ; c'est là l'idée de la méthode de relaxation: Partant d'un vecteur initial u o , chaque vecteur uk+l = (Uf+l)i=l est construit (Iorsque c'est possible, naturellement) à partir du vecteur Uk = (U)i=l en calculant successivement ses composantes par la résolution des problèmes suivants de minimisation à une variable (on a entouré de crochets chaque "nouvelle" composan te calculée) : ( J([uf+l] k k u) = inf J(', z4, k u), , U2' u 3 , . . ., u 3 , . . ., , l(uf+1, CER [u k + 1 ] uk . . ., u) = inf J(uf+l, " t4, . . . , u), 2 ' 3' CER I l(uf+l, . . ., u k + 1 [u+l]) inf J(u k + 1 . . . , t4f, ,). n-l' 1 , CER 
186 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES II est commode, en vue de la démonstration qui suit, d'introduire les vecteurs "inter- médiaires" Uk ; I, 0  I  n, définis par Uk == Uk ; 0 == (uf, _ ( k+l Uk ; 1 - U 1 ' , U ), U, , U ), _ ( k+l Uk ; I - U 1 ' k+l k k ) ..., UI ' UI+l' ..., Un ' ( k+l Uk ; n == Ul ' k+l ) , Un == Uk+l' de sorte que les problèmes de minisation ci-dessus s'écrivent sous la forme équivalente : J(Uk ; 1) == inf J(Uk; 0 + eel), eER J(Uk ; I) == inf J(Uk; [-I + eel), eER J(Uk ; n) == inf J(Uk; n-l + (!e n ), eER où (e[) désigne la base canonique de Rn. Sous réserve de la dérivabilité de la fonction- nelle J, on en déduit les conditions nécessaires, et suffisantes si elle est de surcroît convexe, de minimum : a [J(Uk ; I) == 0, 1  I  n, en utilisant la notation pour les dérivées partielles premières : a[J(v) == J'(v)e[ == (\1J(v), e/), 1  I  n. Examinons maintenant la convergence de la méthode : Théorème 8.4-2. Si la fonctionnelle J: Rn .-.. Rest elliptique, la méthode de relaxation con'erge. DÉMONSTRATION. (i) Chaque fonction déf f{Jk ; I : e E R .-.. f{Jk; I(e) == J(Uk ; I-I +ee/) étant coercive et strictement convexe, admet un minimum et un seul Chaque suite (Uk; l)k:i!::O, 1  I  n, est donc bien définie, en particulier la suite (Uk)k:i!::O. On peut écrire n J(Uk)- J(Uk+l) == J(Uk ; 0)- J(Uk ; n) == L (J(Uk; 1-1)- J(Uk ; I))' 1=1 et, d'après l'hypothèse d'ellipticité (théorème 8.4-1) : (X 2 J(Uk ; 1-1)- J(Uk ; I)  (\1 J(Uk ; I), Uk ; 1-1- Uk ;/) +2 II Uk ; I-I - Uk, 11/ · Comme ('\1 J(Uk ; I), Uk ; I-I-Uk; I) == alJ(Uk ; I) (Uf-llf+l) == 0, 1  I  n, 
RELAXA TION ET GRADIENT SANS CONTRAINTES 187 et comme II 11 2 - I k k+1 1 2 uk;l-l-uk;1 - ul- u / ' 1 :::::::: I :::::::: n, on obtient finalement (X  k k 1 2 (X 2 J(Uk)-J(Uk+l)  - L- Iuy-ul + I = -lluk-Uk+lIJ · 2 1=1 2 (ii) Comme la suite (J(Uk))kO est décroissante et minorée, on déduit avec (i) : lim 1/ Uk- U k+lll = 0, k-+oo et donc afortiori lim II Uk ; 1- uk + 111 = 0, 0:::::::: I :::::::: n - 1. k-+oo (iii) Utilisant l'ellipticité de la fonctionnelle et la caractérisation \1 J(u) = 0 du mini- mum U (cf. théorème 8.4-1), on obtient (X 1/ Uk+l- U 11 2  (\1 J(Uk+l)-\1 J(u), Uk+l- U ) n = (\1 J(Uk+l)' Uk+l- U ) = L ô I J(Uk+l) (u1+ 1 -UI)' 1=1 d'où l'on déduit, avec les caractérisations 8 I J(Uk ; I) = 0 : 1 n 1 n lI u k+l- u ll  - L IÔ/J(Uk+l)/ = - L I Ô/J(Uk + 1)-Ô/J(Uk ;/)1. (X 1=1 (X /=1 (iv) Comme chaque suite (J(Uk ;/))kO est décroissante par construction, chaque suite (Uk ; /)kO, 1  I :::::::: n, est bornée puisque la fonctionnelle est coercive (théorème 8.4-1). Comme par ailleurs chaque dérivée partielle première ô IJ est uniformément continue sur lescompacts deRn, Jim II uk; /-Uk+ll1 = 0  lim I Ô[J(Uk; /)-ÔIJ(Uk+l) I = 0, 1  I :::::::: n, k-+oo k-+oo et la convergence découle alors de (iii). II REMARQUES. (1) La dérivabilité de la fonctionnelle est une hypothèse essentielle. Suivant (1), p. 61, considérons en effet l'exemple de la fonctionnelle J: v = (VI' V2) E R2 -+ J(Vl, V 2 ) = V+V-2(Vl +v 2 )+21 VI-V21, qui est coercive, strictement convexe, "presque quadratique", mais non dérivable : avec Ie choix U o = (0, 0) pour Ie vecteur initial, la méthode de relaxation conduit à la suite stationnaire (0, 0) = U o = ul = ... = Uk = . . ., alors que inf J(v) = J(I, 1). vER2 On peut néanmoins établir (cf. (1), p. 73) la convergence pour des fonctionnelles non dérivables du type n J(v) = Jo(v)+ L (Xi I Vi I, (Xi  0, i=1 la fonction J 0 étant elliptique. (1) GLOWINSKI R., LIONS J. L. , TRÉMOLIÈRES R. - Analyse Numérique des Inéquations Varia- tionne/les, Vol. 1 : Théorie Générale ; Premières Applications, Dunod, Paris, 1976. 
188 OPTIMISA TION. PREMIERS ALGORITHMES (2) On peut démontrer l'analogue du théorème 8.4-2 sous les hypothèses plus générales suivantes (mais c'est un peu plus délicat) : la fonctionnelle est une fois continûment déri- vable, strictement convexe, et coercive. Voir à ce sujet e), p. 61. (3) C'est l'hypothèse de la dimension finie, qui, par l'intermédiaire de la continuité uniforme, joue un rôle essentiel dans la démonstration. Sans cette dernière propriété en effet, les dernières implications de la démonstration ne sont plus nécessairement vraies. (4) L'estimation obtenue en (iii) fournit une majoration a priori de I'erreur II Uk-U II, en principe entièrement calculable à partir des données. II Considérons Ie cas particulier d'une fonctionnelle quadratique 1 1 n n J(v) = 2 (Av, v)-(b, v) = 2 .  aijVjVj -.L bjVj. I,J=l 1=1 On peut appliquer Ie théorème 8.4-2 si la matrice symétrique A = (aij) est définie positive. Puisque n 'ðrJ(v) = L arjVj-br, 1  I  n, j=l on déduit (avec les notations utilisées plus haut) 8 1 J(uk ; 1) = all [uf+lJ +a12 t4 + +a]n u 'ð 2 J(Uk ; 2) = a21 uf+1 +a22 [u:+ 1 ] +a 23 u: +. . . +a2n u - b 1 = 0, -b 2 = 0, ônJ(Uk ; n) = anI uf+1 + +ann-lul +a nn [u+lJ-bn = o. On constate qu'on retrouve exactement la méthode de Gauss-Seidel pour la résolution du système linéaire Au = b ; Ie théorème 8.4-2 fournit ainsi une nouvelle démonstration de la convergence de cette méthode lorsque la matrice A est symétrique définie positive (c/. théorème 5.3-2). La méthode de Gauss-Seidel étant un cas particulier de la méthode de relaxation pour /a résolution des systèmes linéaires (cf. paragraphe 5.2), la terminologie employée se trouve donc partiellement justifiée. Pour une justification plus complète, on se reportera à l'Exercice 8.4-1. Reprenons Ie problème général d'optimisation sans contrainte dans Ie cas où V = Rn : Trouver u E Rn tel que J(u) = inf J(v). 11 semble intuitivement clair que la convergence VERn d'une méthode itérative devrait être d'autant meilleure que les différences {J(Uk)- J(Uk+l)} sont grandes, et à cet égard, Ie choix imposé des directions des axes de coordonnées n'est sûrement pas optimal. Pour rendre la différence {J(Uk)-J(Uk+1)} aussi gran de que possible, l'idée la plus immédiate consiste en effet à choisir comme direction de descente celIe de plus grande descente locale, c'est-à-dire celle opposée au gradient 'V J(Uk)' Rappelons au passage la justification de cette dernière assertion : Par définition du gradient. on peut écrire J(Uk+W) = J(Uk)+('VJ(Uk), w)+11 wI! ë(W), lim ë(W) = 0, w....o de sorte que, si 'V J(Uk)  0, la partie principale de l'accroissement de la fonction J es t majorée en module par Ie produit II 'V J(Uk) II1I w II (inégalité de Cauchy-Schwarz), avec égalité si et seulement si les deux vecteurs \1 J(Uk) et w sont proportionnels. N ous avons donc tous les éléments nécessaires à la définition de la méthode corres- pondant à ce choix de direction de descente, appelé méthode de gradient à pas optimal : (I) GLOWINSKI R., LIONS J. L" TRÉMOLIÈRES R. - Analyse Numérique des llléquatiolls Varia- tionne/les, Vol. 1 : Théorie Générale ; Premières Applications, Dunod, Paris, 1976. 
RELAXATION ET GRADIENT SANS CONTRAINTES 189 Partant d'un vecteur initial u o , chaque vecteur Uk + 1 est construit (lorsque c'est possible, naturellement) à partir du vecteur Uk, k  0, par les relations I J(Uk-e(Uk) \1 J(Uk)) = inf J(Uk-e \1 J(Uk))' eER Uk + 1 = Uk - e(Uk) \1 J(Uk)' Le signe "moins" devant la variable e rappelle que la direction de descente est dans la direction opposée à celle du gradient ; on doit s'attendre à une valeur >0 du nombre e(Uk). REMARQUE. Contrairement à l'intuition, la direction d k = - \1 J(Uk) n'est pas nécessaire- ment optimale ; Ie paragraphe 8.5 est très instruct if à cet égard ! II Avant de passer à l'étude de la convergence de la méthode du gradient à pas optimal, donnons une définition générale: toute méthode itérative pour laquelle Ie point Uk + 1 est de la forme Uk+1 = Uk-ek \1J(Uk)' ek > 0, est appelée une méthode de gradient. La méthode ci-dessus en est donc un premier cas particulier ; deux autres sont étudiés plus loin. Théorème 8.4-3. On suppose V = Rn et la fonctionnelle ellipt;que. Alors la méthode du gradient à pas optimal con'erge. DÉMONSTRATION. (i) Sans restreindre la généralité, on peut supposer \1 J(Uk)  0 pour tout k  0 ; sinon la méthode est convergente en un nombre fini d'itérations. Chaque fonction déf C{Jk : e E R -+ C{Jk(e) = J(uK-e \1 J(Uk)) étant coercive et strictement convexe, admet un minimum et un seul, caractérisé par la relation C{JÍc(e(Uk)) = o. Comme (théorème 7.1-1) , C{Jk(e) =-(\7 J(Uk-e \1 J(Uk)) , \1 J(Uk)) , on déduit la relation (7 J(Uk + 1), \1 J(Uk)) = 0, qui montre que deux directions de descente successives sont orthogonales. Comme Uk + 1 = = Uk - e(Uk) \1 J(Uk), on a aussi (\1J(Uk+l), Uk+l-Uk) = 0, et done, par application de la première inégalité du théorème 8.4-1, ex; 2 J(Uk)-J(Uk+l)  -ll u k- U k+lll . 2 (ii) Comme la suite {J(Uk)}kO est décroissante (par construction) et minorée (par J(u)), on déduit lim (J(Uk)-J(Uk+l)) = 0, k-+oo relation qui, jointe à la précédente inégalité, montre que lim IIUk-Uk+lll = o. k-+oo 
190 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES (iii) Grâce à l'orthogonaJité des directions de descente consécutives, on peut écrire II 'VJ(Uk) 11 2 = ('VJ(Uk), 'VJ(Uk)-'VJ(Uk+I))  II 'VJ(Uk) II II 'VJ(Uk)-'VJ(Uk+l) II, et donc II 'VJ(Uk)"  II 'VJ(Uk)-\7J(Uk+l) II. (iv) Comme la suite {J(Uk)}k;!:O est décroissante, La suite (Uk)k,;?::O est bornée puisque la fonctionnelle est coercive (théorème 8.4-1). L'application dérivée J', continue par hypo- thèse, est donc unlformément continue sur les compacts. II découle alors de (ii) que Jim II 'VJ(Uk)-'VJ(Uk+l) II = 0, k-+oo et donc, d'après (iii), que lirn 'V J(u K ) = o. k-+oo (v) Démontrons enfin la convergence. On écrit (X Iluk-ul12  (\7J(Uk)-'VJ(U), Uk- U ) = ('VJ(Uk), Uk- U )  II 'VJ(Uk) II IIuk-ull, en utilisant successivement l'hypothèse d'ellipticité de la fonctionnelle, puis la relation 'V J(u) = O. De la sorte, on obtient 1 II Uk- U II  -II 'V J(Uk) II, (X et la conclusion découle de la propriété établie en (iv). II REMARQUES. (1) De même que pour la méthode de relaxation, l'hypothèse de la dimension finie a joué un rôle essentiel dans cette démonstration. (2) On peut démontrer l'analogue de théorème 8.4-2 sous les hypothèses plus générales suivantes : la fonctionnelle est une fois continûment dérivable, strictement convexe, et coercive; voir (I), page 91. (3) On peut donner une autre démonstration de la convergence, susceptible de s'ap- pliquer à des situations plus générales: la suite (Uk) étant bornée, soit (Uk') une suite extraite convergeant vers un élément u'. De la continuité de 1 'application dérivée, on déduit 'V J(u') = lirn \7 J(Uk') = 0, k'-+oo d'après (iv). Comme la solution du problèrne est caractérisée par la relation 'V J(u) = 0, on en déduit U = u' d'une part, et la convergence de toute la suite (Uk) d'autre part, la limite étant unique. (4) Si la dérnonstration de la convergence donnée à la partie (v) est particulière aux fonctionnelles elliptiques, eUe a l'avantage de fournir une majoration de L'erreur II Uk- U II, en principe entièrement calculable a priori. _ Dans Ie cas d'une fonctionnelle quadratique elliptique : 1 J(v) =  (Av, v)-(b, v), k (I) CÉA J. - Optimisation, Théorie et Algorithmes, Dunod, Paris, 1971. 
RELAXATION ET GRADIENT SANS CONTRAINTES 191 l'orthogonalité des vecteurs 'V J(Uk) et \l J(Uk + 1) peut ëtre mIse à proht pour calculer Ie nombre (!(Uk). Sachant que \l J(v) = Av-b. on écrit o = (\lJ(Uk+l), \}J(Uk)) = (A(Uk-(!(Uk)(Auk-b))-b, AUk-b), d 'où l'on déduit II Wk 11 2 déf (!(U/c) = (A ) -, OÙ Wk = AUk- b = \lJ(Uk)' Wk, Wk Une itération de la méthode se présente alors sous la forme suivante : Calcul du vecteur Wk = AUk-b ; ( ) IIwkl12 Calcul du nombre (! Uk = (AWk, Wk) Calcul du vecteur Uk + 1 = Uk - (!(Uk) Wk. On notera au passage qu'il s'agit là d'une nouvelle méthode itérative de résolution d'un système linéaire Au = b dont la matrice A est symétrique et définie positive. Une telle méthode peut s'avérer intéressante lorsque Ie calcul d'un vecteur Aw, où west un vecteur connu, est aisé. C'est essentiellement Ie cas des matrices creuses, spécialement celles qui sont obtenues lors de la discrétisation des problèmes aux limites. Nous reviendrons plus en détail sur ce point au paragraphe suivant, à propos de la méthode du gradient conjugué. Les méthodes de relaxation et de gradient à pas optimal ont en commun la recherche de minimums de fonctions d'une variable. C'est notamment pour s'affranchir de cette obligation qu'on définit la méthode de gradient à pas fixe: partant d'un vecteur initial U o arbitraire, la suite (Uk) est définie par Uk+l = Uk-(! \lJ(Uk), k  0, Uk+l = Uk-(!k \lJ(Uk), k  0, \ \ \ \ \ \ ... ... ........ .. Ie paramètre réel (! étant à déterminer "au mieux". D'une façon plus géné- rale, on peut définir la méthode de gra- dient à pas variable, en posant les paramètres réels (}k étant par exemple ajustés en cours d'itérations selon des critères particuliers. On notera que la méthode de gradient à pas fixe est un cas particulier de la méthode de gradient à pas variable. Donnons maintenant des conditions suffisantes de convergence pour des fonctionnelles elliptiques. Leur nature est d'ailleurs facile à prévoir : Le paramètre (!, ou les paramètres (!k, doivent se trouver dans un intervalle compact de la forme [a, b], a::> o. Autrement dit, on "descend" effectivement ((!k  a) et on ne "remonte pas trop" ((!k  b) : C'est ce qu'on essaie de suggérer à la figure 8.4-2. Uk...= uk- (' k VJ(Uk) FIG. 8.4-2. Théorème 8.4-4. Soit V un espace de Hilbert et J: V  Rune fonctionnelle dérivable dans V. On suppose qu'il existe deux constantes a et M telles que <<> 0 et (\7 J(fJ) - \7 J(u), fJ - u) << II fJ - U 11 2 pour tout u, fJE V , II \7J(fJ) - J(u) II MII fJ-U II pour tout u, VEV . 
192 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES S'il existe deux nombres a et b tels que 2a 0<: a (!k  b -< - pour tout entier k  0, M2 la méthode du gradient à pas variable converge, et la convergence est géométrique: il existe une constante ß = ß(a, M, a, b) telle que ß -< 1 et II uk- u II  ßk 1/ Uo-U II. DÉMONSTRATION. Utilisant la caractérisation V J(u) = 0 du minimum, on peut écrire Uk+l- U = (Uk-U)-ek{VJ(Uk)-VJ(U)}. Par suite, II Uk+l- U 1/2 = II Uk- U 112_ 2[!k(VJ(Uk)-V J(u), Uk-U)+e IlvJ(Uk)-V J(u) 11 2  {1- 2aek+M2eZ} II Uk-U 11 2 , en supposant ek:> O. Le trinôme 7:(e) = 1- 2ae + M2e2 ayant l'allure indiquée à la figure 8.4-3, il est clair que 2 a 2 2  déf { }  o -< a  ek  b -< M2" ==> (1- 2a ek+ M ek)  ß = (max 7:(a), 7:(b) ) -< 1. Comme alors Il u k+l- u l/ ßlluk-ull ßk+ll1uo-ulI, la convergence géométrique est démontrée. II o a Pk 0(, M'2. FIG. 8.4-3. b 2 M 2 REMARQUES. (1) Contrairement aux démons- trations des théorèmes 8.4-2 et 8.4-3, la com- pacité (liée à la dimension finie) n'est pas utilisée dans la démonstration du théorème 8.4-4. C'est plutôt Ie caractère complet de l'espace qui im- porte (il apparaît indirectement dans l'existence du minimum u). On retrouvera cet aspect dans la démonstration du théorème 8.6-2, qui fournit aussi une nouvelle preuve de la convergence de la méthode du gradient à pas variable. d'ellipticité n'est plus la seule, puisqu'on a dû lui (2) On notera que I 'hypothèse adjoindre l'hypothèse 117J(v)-VJ(U) II  Mil v-ull pour tout u, v E V. Si la fonctionnelle J est deux fois dérivable, cette condition s'exprime sous la forme équivalente sup II v 2 J(v) II  M. vE V II Dans Ie cas d'une fonctionnelle quadratique elliptique 1 J : v E Rn  J(v) = - (Av, v)-(b, v), 2 
RELAXATION ET GRADIENT SANS CONTRAINTES 193 une itération de la méthode se présente sous la forme suivante : Uk+l == Uk-ek(Auk-b), k  0, et il résulte du théorème précédent que la méthode est convergente si 0 <:: a  ek   1  b  2 Â2 ' en notant  1 et Ân la plus petite et la plus grande des valeurs propres n de la matrice symétrique définie positive A. On peut améliorer ce résultat : en effet, de l'égalité Uk+l- U == (Uk-U)-ekA(Uk- U ) == (I-ekA)(uk- u ), on déduit la majoration II Uk+l- U II  II I-ek A 11 2 11 Uk- U II. La matrice (I -ekA) étant symétrique, sa norme II. 11 2 a pour expression (théorème 1.4-2) : III-ek A II 2 == max {ll-ek  l l , Il-ekÂnl}. L'allure de la fonction (figure 8.4-4) ft : e E R -+ ft(e) == max {11-e Å 1 1, 11-e Å n I} o a fk 1 \ b f. 1 ^n \ ""n f 2 ^f+^' FIG. 8.4-4. montre que _ 2 - déf o <:: a  ek  b -< T  ß == max {ft(a), ft(b)} <:: 1, n et donc que Iluk+l-ull  ,Blluk-ull  ,Bk+ll1u o -ull. 2 Or il est clair que la borne supérieure Å 21 indiquée par Ie théorème est en général n 2 "beaucoup" plus petite que la borne T ' puisque leur rapport est celui des valeurs propres n extrêmes de la matrice A. On notera enfin que les valeurs "optimales" du paramètre e trouvées par les deux procédés pour la méthode du gradient à pas fixe sont respective- Å 1 2 ment Â2 et Å Å (c/. figures 8.4-3 et 8.4-4). n 1+ n 
194 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES REMARQUE. L'amélioration ci-dessus peut être étendue à des fonctionnelles non nécessairement quadratiques, pour lesquelles on peut établir la convergence dès que 2 Qk E [a, õ], avec b <: -, mais sans pouvoir en établir Ie caractère géométrique ; voir M à ce sujet l'exercice 8.4-5. II Du point de vue "numérique", l'inconvénient des méthodes de gradient est Ie calcul du vecteur V' J(Uk) à chaque itération qui, rappelons-Ie, sert à déterminer la direction "suivante" de descente, alors que l'inconvénient des méthodes de relaxation et de gradient à pa s optimal réside dans la résolution de problèmes de minirrtisation à une variable. C'est pourquoi Ie choix effectif d'une méthode dépend dans une très large mesure de l'im- portance relative de ces aspects "numériques" et de la vitesse escomptée de convergence. 8.5. Méthodes de gradient conjugué pour des problèmes sans contraintes Considérons Ie problème d'optimisation sans contraintes : Trouver U tel que u E Rn et J(u) = inf J(v). vERn Comme méthodes d'approximation basées sur la minimisation de fonctions à une variable dans des directions de descente appropriées, nous avons déjà étudié la méthode de relaxation et la méthode du gradient à pas optimal. La première utilise comme di- rections de descente successives des directions imposées à l'avance (celles des axes de coordonnées), indépendamment de la fonctionnelle J. La seconde utilise à chaque itération une direction "localement optimale" (celle du gradient), cette fois liée à la fonctionnelle considérée ; on peut donc déjà s'attendre à une convergence plus rapide. Pour améliorer encore la convergence, il est clair qu'il faut s'efforcer d'utiliser davan- age d'informations sur la fonctionnelle pour définir la direction des vecteurs (Uk + I - Uk). C'est Ie cas par exemple de la méthode de Newton (paragraphe 7.5), qui se présente sous la forme Uk+l = Uk-{V' 2 J(Uk)}-IVJ(Uk), k  O. Si cette méthode ne recquiert pas la solution de problèmes de minimisation à une variable, son inconvénient majeur est la résolution de systèmes linéaires de matrice V'2 J(Uk) à chaque itération, ce qui est très coûteux numériquement. II est pourtant possible de trouver des directions de descente améliorées par rapport à celle du gradient sans avoir recours aux dérivées secondes de la fonctionnelle. Pour s'en convaincre, considérons Ie cas, très simple mais très instructif, d'une fonction- nelle quadratique elliptique J : R 2  R de la forme 1 2 2 J(v l , v 2 ) = - ((XlVI +(X2 V 2), 0 <:: (%1 <:: (X2' 2 pour laquelle J(O) = inf J(v), vER2 et supposons qu'on applique la méthode du gradient à pas optimal pour résoudre Ie problème d'optimisation correspondant. Alors, sauf si Ie vecteur initial Uo = (u, ug) a l'une de ses composantes nulles (auquel cas la méthode converge en une itération), la méthode ne converge jamais en un nombre /ini d'itérations (cf. figure 8.5-1). On remarque 
GRADIENT CONJUGUÉ SANS CONTRAINTES 195 en effet que, si \l J(Uk)  0, c'est-à-dire si Uk == (u, u)  0, une condition nécessaire et suffisante pour que Ie point Uk + 1 soit la solution du problème est que la droite {Uk-e \7J(Uk) ; e E R} passe par l'origine, c'est-à-dire qu'il existe un nombre (! tel que U == (!(Xluf et u == eX211, ce qui n'est possible que si l'une des deux composantes uf est nulle (on a supposé Xl  (X2)' Or un simple calcul, utilisant notamment l'expression du nombre e(Uk) donné au paragraphe précédent pour des fonctionnelles quadratiques quelconques, montre que X( (X2 -Xl) uf(u)2 U k + 1 - 1 - k X(ut)2 +X(U2)2 U+l Xi(1-X2) u(ut)2 X(ut)2 +X(U)2 de sorte que U  0 et ug  0 ==> ut  0 et u  0 pour tout entier k. Comment mieux choisir la direction de descente ? De façon équivalente, comment mieux prendre en compte la géométrie de la surface représentant la fonctionnelle J, que la méthode du gradient à pas optimal ne "distingue" pas d'une sphère ? Supposons que Ie point U o n'appartienne pas à l'un des axes de coordonnées, et supposons Ie point u 1 construit par la méthode du gradient à pas optimal, c'est-à-dire Iid o l1 2 . u 1 == U o - (Ado' do) do avec do == \7 J(u o ) == Au o et A == dlag (Xi). Contentons-nous d'observer que la direction "optimale" de descente d 1 au point u l (qui n'est autre que celle du vecteur u 1 ; ct. figure 8.5-1) vérifie d 1  0 et (Ad 1 , do) == 0, direction du gradient " et que ces relations définissent de façon unique la direction du vecteur d 1 (c'est la direction "conjuguée" de la direction de dscente précé- dente do == \7 J(u o )' suivant la termi- nologie qui sera précisée plus loin). Les vecteurs \7 J(u o ) et \7 J(u 1 ) étant linéairement indépendants car orthogonaux (c/. partie (i) de la dé- monstration du théorème 8.4-3), Ie point 0 solution du problème peut aussi être considéré comme Ie minimum de la fonc- tionnelle dans Ie plan passant par Ie point U 1 et engendré par les vecteurs VJ(uo) et VJ(u t ). C'est cette dernière idée que 1'0n va généraliser au cas d'une fonctionnelle quadratique elliptique ({ViJ(V)=J<u o ) } FIG. 8.5-1. 1 J : v E Rn -.. J(v) == - (Av, v)-(b, v). 2 Un vecteur initial U o arbitraire ayant été donné, supposons les vecteurs u l ' u 2 ' . . ., Uk déjà calculés. On va naturellement faire l'hypothèse \7 J(u/)  0, 0  I  k, 
196 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES sinon l'algorithme est déjà terminé. Pour I = 0, 1, .. ., k, appelons G/ Ie sous-espace de Rn, de dimension  (I + I), engendré par les gradients \7 J(Ui)' 0  i  I (on ne sait pas a priori si ceux-ci sont linéairement indépendants). L'idée essentielle de la méthode que nous avons en vue cOltsiste à définir Ie vecteur "suivant" Uk + 1 comme Ie minimum de la re..(.triction de la fonctionnelle J à l' ensemble Uk+Gk déf {Uk+Vk; Vk E G k } = {Uk+ito (Xi \7J(Ui); (Xi E R, 0  i  k}; autrement dit, Ie point Uk + 1 vérifie Uk+1 E (Uk+Gk) et J(Uk+ 1) = inf J(v). VE(Uk+Gk) L'ensemble uk +Gk étant fermé et convexe (c'est l"'hyperplan" parallèle au sous- espace Gk qui passe par Ie point Uk), et la fonctionnelle étant coercive et strictement convexe, Ie problème de minimisation ci-dessus admet une solution et une seule. On peut donc prévoir d'ores et déjà la supériorité de cette méthode sur celIe du gradient à pas optimal, pour laquelle Ie minimum est cherché sur la seule droite {Uk - e \7 J(Uk) ; e E R}. Mais encore faut-il montrer que chacun de ces problèmes de minimisation à k variables peut se résoudre simplement, ce qui n'est nullement évident a priori. C'est néanmoins Ie cas, grâce notamment à l'intervention de la notion de directions "conju- guées" par rapport à la matrice symétrique A, comme nous allons Ie montrer. Les solutions des problèmes successifs de minimisation U[+l E (U[+G[) et J(U[+l) = inf J(v) = inf J(Ul+V), 0  I  k, VE(Ul+G l ) vEG l vérifien t (\7 J(u, + 1), w) = 0 pour tout w E G[, puisque les ensembles G[ sont des sous-espaces vectoriels ; en particulier, (\7 J(U[ +1), \l J(Ui)) = 0, 0  i  I  k, ce qui montre que les gradients \7 J(u[), 0  I  k+ 1, sont deux à deux orthogonaux. REMARQUE. Cette propriété est plus "forte" que celle établie pour la méthode du gradient à pas optimal, où seulement les gradients consécullfs sont orthogonaux. II Cette orthogonalité montre deux choses : premièrement, les gradients \l J(U[), 0  I  k, sont linéairement indépendants (on a supposé qu'ils sont différent de zéro) ; deuxième- ment, l' algor ithm e se termine nécessairement en n itérations au plus, puisque si les vec- teurs \l J(u[), 0  I  n-l, sont différents de zéro, Ie gradient suivant \l J(u n ) est for- cément nul (autrement, on aurait construit un ensemble de (n + 1) vecteurs linéairement indépendants). Définissons les (k + 1) vecteurs déf / u/ + 1 - U / = L1[ = L ðf \l J(u j), 0  I  k, ;=0 et montrons qu'ils possèdent une propriété tout à fait remarquable, liée de façon cruciale au caractère quadratique de la fonctionnelle ; celui-ci permet en effet d'écrire \lJ(v+w) = A(v+w)-b = \lJ(v)+Aw, pour tout v, wE Rn, 
GRADIENT CONJUGUÉ SANS CONTRAINTES 197 et en particulier \7J(U[+l) == \7J(U[+.1/) == \7J(u[)+A.1[, 0  I  k. De l'orthogonalité des gradients \7 J(u[), 0  I  k + 1, on déduit d'une part o == (\7J(U[+l), \7J(u[)) = II\7J(u[)11 2 +(A.1[, \7J(u[)), 0  I  k, et donc (on a supposé \1 J(u[)  0, 0  I  k) : .1[ -:;i:- 0, 0  I  k, et on déduit d'autre part pour k  1 : o == (\7 J(u[ + 1), \7 J(Ui)) == (\7 J(U[), \7 J(u;)) +( A .1b \7 J(Ui)) == (A.1[, \7 J(u;)) , 0  i -< I  k. Comme chaque vecteur .1 nH 0  m  k - 1, est une combinaison linéaire des vecteurs \7 J(u;), 0  i  k- 1, on a établi les relations : (A.1[, .1m) == 0, 0  m <: I  k. Ceci nous amène à la définition suivante : étant donné une matrice symétrique A, des vecteurs W[, 0  I  k, avec k  1, sont dits conjugués par rapport à la matrice A si W/  0, 0  I  k, et (Aw[, w m ) = (Aw m , WI) = 0, 0  m <: I  k. Naturellement, c'est une notion qui ne fait intervenir que les directions des vecteurs W[, qui sont dites également conjuguées par rapport à la matrice. A. Notons aussi que, si la matrice A est définie positive (com me c'est Ie cas ici), des vecteurs conjugés sont nécessairement linéairement indépendants. En effet, o = t À/w/ =? 0 = (A ( t À /W/ ) , w m ) = Åm(Aw m , w m ) => Åm = 0, 1=0 [=0 o  m  k, puisque (Aw m , w m ) :> 0, d'après Ie caractère défini positif de la matrice A. REMARQUE. L'application (u, v) E Rn -+ (Au, v) E R étant un produit scalaire lorsque la matrice A est symétrique définie positive, une autre façon d'exprimer que deux vecteurs sont conjugés par rapport à la matrice A est de dire qu'ils sont orthogonaux par rapport à ce produit scalaire, l'orthogonalité "usuelle" correspondant au cas parti- culier de la matrice unité. II [ Les vecteurs \7 J(u[), 0  I  k, et les vecteurs .1[ == L ð \7 J(Uj), o l k, étant ;=0 linéairement indépendants, l'égalité entre matrices d'ordre (k + 1) : ðg ðÕ... ð ðl ... ðt .10 .1 1 .1k \7 J(u o ) \7 J(u 1 ) \7 J(Uk) . . ð montre que ð1  0, 0  I  k. 
198 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES On peut donc écrire a priori la direction de descente en chaque point U[, 0  I  k, sous la forme I-I d l = L À; 'V J(Ui) + 'V J(u[) , 0  I  k. ;=0 REMARQUE. La descente effective se fait dans la direction du vecteur -d" malS pour des questions de présentation, on a préféré faire apparaître Ie signe "moins" devant Ie nombre e(Uk, d k ) introduit ci-dessous. II Revenant au calcul du vecteur uk+l, supposons les composantes Àf, 0  i  k-l, connues ; on est alors ramené à un problème d' optimisation à une variable: trouver e(Uk, d k ), tel que J(Uk-e(Uk, dk)d k ) = inf J(uk-edk), (>ER et il est clair que Ie point Uk + 1 coïncide alors avec Ie point Uk - e(Uk, d k ) d k . En fait, pui- sque k { k-l ð/f } L1k = .L. ðf 'V J(ui) = ð .L  'V J(u;) + 'V J(uk) , 1=0 1=0 Uk on a nécessairemen t L1k = ðdk' et e(Uk' d k ) = - ð . Montrons que Ie calcul effectif des composantes Àf se fait d'une façon remarquablement simple: pour trouver k équations en les k inconnues Ài, 0  i  k-l, on écrit o = (Ad k , L1[) = (d k , AL1[) = (d k , 'V J(u[ + 1)- 'V J(u[)), 0  I  k-l, soit encore ( k-1 ) j À V' J(Uj) + V' J(Uk) , V' J(Uj +1)- V' J(Uj) = 0, 0  I  k-1. Les gradients V J(u[), 0  I  k + 1, étant deux à deux orthogonaux, les relations pré- cédentes se réduisent aux équations -À_III'VJ(Uk_1)112+II'VJ(Uk)112 = 0 pour 1= k-l, -Àlll 'VJ(uI)11 2 +Àf+111 'V J(UI +1) 11 2 = 0 pour 0  I  k-2 Sl k  2, dont la solution est À = II 'V J(Uk) 11 2 I II 'V J(Ui) 11 2 ' o  i  k-l. Par suite, kl II 'VJ(Uk) 11 2 J J d k =;fo II 'V J(u,) 112 'V (Uj) + 'V (Uk) II 'V J(Uk) 11 2 { k-2 II 'V J(Uk_l) 11 2 = V' J(Uk) + II V' J(Uk -1) 11 2 j II V' J(Uj) 11 2 _ J II 'VJ(Uk) 11 2 - 'V (Uk) + II 'V J(Uk-1) 1/2 d k _ 1 , V' J(Uj) + V' J(Uk-l) } ce qui fournit un procédé très simple de calcul les directions successives de descente, à sa voir { do = 'V J(u o )' II 'VJ(u[) 11 2 d l = 'VJ(u[)+ II'VJ(u[_1)11 2 d l _ 1 , 0  I  k. 
GRADIENT CONJUGUÉ SANS CONTRAINTES 199 II reste à déterminer Ie nombre e(Uk, d k ) qui, rappeions-Ie, est défini par la relation J(Uk-e(Uk, dk)d k ) = inf J(uk-edk)' QER La fonctionnelle J étant quadratique, la fonction à minimiser est un trinôme du second degré : e 2 e E R -+ - (Ad k , dk)-e('vJ(uk), dk)+J(uk)' 2 II suffir donc d'annuler la dérivée de ce trinôme, ce qui donne : ( u d ) = ('7 J(Uk), d k ) e k, k (Ad k , d k ) . Nous avons maintenant tous Ies éIéments nécessaires à la définition d'un algorithme de minimisation d'une fonctionnelle quadratique elliptique : 1 J : v E Rn -+ J(v) = 2 (Av, v)-(b, v), appelé méthode du gradient conjugué: partant d'un vecteur initial Uo arbitraire, on pose do = '7 J(u o )' "Si V J(u o ) = 0, l'algorithme est terminé. Sinon, on définit Ie nombre ('7 J(u o )' do) ro = (Ado, do) (la distinction entre Ies deux notations do et '7 J(u o ) est évidemment artificielle à ce stade 0, puis Ie vecteur U I = uo-rod o . Supposant construits de proche en proche Ies vecteurs u 1 ' d l , . . ., Uk-I' d k - 1 , Uk, ce qui sous-entend que Ies gradients '7 J(U[), 0  I  k-l, sont tous différents de zéro, deux cas peuvent se présenter : ou bien '7 J(Uk) = 0 et l'algorithme est terminé ; ou bien '7 J(Uk)  0, auquel cas on défìnit Ie vecteur II '7J(uk)/1 2 d k = '7 J(Uk) + 11'7 J(Uk_l) 11 2 d k - 1 , puis Ie nombre ('7 J(Uk), d k ) rk = (Ad k, d k ) , puis Ie vecteur Uk+1 = uk-rkdk, et ainsi de suite. Rappeions sous forme d'un théorème la propriété la plus remarquable (et déjà notée plus haut) de cette méthode très ingénieuse, due à (1). Théorème 8.5-1. La méthode du gt:adient conjugué appliquée à unefonctionnelle quadratique elliptique con'erge en n itérations au plus. II (1) HESTENES M. R. ; STIEFEL E. - Methods of conjugate gradients for solving linear systems, National Bureau of Standards Journal of Research, 49 (1952), 409-436. 
200 OPTIMISA TION. PREMIERS ALGORITHMES On a donc construit une nouvelle méthode de résolution de système linéaire à matrice symétrique définie positive (elle a d'ailleurs été initialement conçue comme une méthode de résolution de système linéaire), et c'est une méthode directe, puisqu'elle conduit à la solution exacte après un nombre fini d'opérations élémentaires. Effectuons Ie compte des opérations nécessaires à une itération : (i) Le calcul des produits scalaires II V J(Uk) 11 2 , (V J(Uk), d k ), (Ad k , d k ) nécessite 3(n-l) additions et 3n multiplications. (ii) Le calcul du vecteur Ad k nécessite n(n- 1) additions et n 2 multiplications. (iii) Le calcul des vecteurs d k , Uk + 1, et V J(Uk + 1) = V J(Uk) - rkAdk nécessite 3n addi- . 3 I . 1 .. 2 d . . . ( 1 1 I d . II V J(Uk) 11 2 hons, n mu tIp lcatlons, et IVISlons pour e ca cu es quotIents II V J(Uk_l) 11 2 et rk) . En fin de compte, la méthode du gradient conjugué nécessite donc de I' ordre de I n3 additions, n 3 multiplications, 2n divisions, c'est-à-dire davantage d' opérations élémentaires que la méthode de Cholesky (se reporter au paragraphe 4.4) ; cela est d'autant plus vrai que la présence inévitable des erreurs d'arrondi dans les calculs pratiques conduit parfois à continuer Ie procédé au-delà des n itérations prévues théoriquement. Si la méthode du gradient conjugué n'apparaÎt donc pas comme la meilleure pour des matrices pleines (encore qu'elle jouisse d'une "stabilité numérique" quelquefois très bienvenue ; voir à cet égard l'exercice 8.5-3), elle présente par contre des avantages manifestes lorsqu'elle est appliquée à des matrices creuses, dont elle permet souvent d'éviter l'enregistrement. En effet, l'examen des formules de récurrence montre que la matrice A n'intervient que par l'intermédiaire de calculs des vecteurs Ad k . Cette opération, qui est la plus coûteuse lorsque la matrice A est pleine, est très simple pour certaines matrices creuses, et notamment celles provenant de la discrétisation des problèmes aux limites par des méthodes de différences finies ou d'élé- ments finis : On a vu par exemple qu'en dimension un (cf. paragraphes 3.1 et 3.4), les composantes du vecteur Av sont de la forme (AV)i = aVi_l +2bvi+avi+l, Vo = Vn+l = 0 ; de la même façon, des formules de récurrence analogues (mais un peu plus élaborées, ce qui est normal), ne sont pas difficiles à trouver en dimension deux ou trois. Enfin, it arrive fréquemment dans ce genre d'applications que la convergence de la méthode soit suffisamment rapide pour autoriser une réduction spectaculaire du nombre n d'itéra- lions prévu théoriquement. Afin d'adapter la méthode du gradient conjugué à des fonctionnelles non nécessaire- ment quadratiques, on note que l'orthogonalité des gradients V J(Uk) successivement rencon trés permet d' écrire _ J u II '1J(Uk) 11 2 d k - V ( k)+ II'1J(Uk_l)11 2 d k _ 1 = '1J(Uk)+ ('1J(Uk), '1J(Uk)-'1J(Uk_l)) d k _ 1 . II V J(Uk_l) /1 2 C'est cette dernière expression de la direction de descente qui sert à définir la méthode du gradient conjugué de Polak-Ribière (1) pour des fonctionnelles J quelconques : partant (1) POLAK, E., RIBIÈRE G. - Sur la convergence de la méthode des gradients conjugués, Revue Française d'lnformatique et de Recherche Opérationne//e, 16-RI (1969). 
RELAXATION, GRADIENT, PÉNALISATION 201 d'un vecteur initial U o arbitraire, on suppose construits les vecteurs Ul' .. ., Uk, ce qui sous-entend que les gradients \1 J(UI), 0  I  k-l, sont tous différents de zéro. Deux cas peuvent alors se présenter : ou bien \1 J(Uk) = 0 et l'algorithme est terminé, ou bien '\7 J(Uk)  0, auquel cas Ie vecteur Uk + 1 est défini (s'il existe et s'il est unique) par les relations Uk+l = uk-rkdk, et J(Uk+l) == inf J(Uk-rdk), rER les directions de descente successives dl étant définies par la relation de récurrence d ( ) d - J(u ) (\1 J(u,), \1 J(UI)- '\7 J(UI_1)) d O = \1 J U o ' I '\7 I + I 1 , - v II \7 J (u 1-1) 11 2 - 1  I  k. REMARQUES. (1) II eût été tout aussi concevable a priori d'adapter au cas général la méthode du gradient conjugué sous sa première forme; cette adaptation porte alors Ie nom de méthode du gradient conjugué de Fletcher-Reeves(I). CelIe de Polak-Ribière s'avère néanmoins plus efficace dans la pratique. (2) Lorsque la fonctionnelle est quelconque, il n'y a aucune raison pour que les gra- dients '\7 J(Uk) obtenus par la méthode de Polak-Ribière soient encore deux à deux ortho- gonaux, et donc pour que l'algorithme se termine en un nombre fini d'itérations. (3) Par construction, la méthode de Polak-Robière coïncide avec celle de Fletcher- Reeves lorsqu'elle est appliquée à une fonctionnelle quadratique. (4) Des conditions suffisantes de convergence sont indiquées à l'exercice 8.5-4. II 8.6. Méthodes de relaxation, de gradient, et de pénalisation, pour des problèmes avec contraintes Dans ce paragraphe, on va s'intéresser à des problèmes avec contraintes qui, rappelons- Ie, se présentent de la façon suivante : étant donné une partie U d'un espace vectoriel Vet une fonctionnelle J: V -+ R, trouver U tel que (P) U E U et J(u) = inf J(v). vEU 11 est immédiat d'étendre la définition de la méthode de relaxation (vue au paragraphe 8.4) aux problèmes avec contraintes pour lesquels l'ensemble U est de la forme parti- culière n U = {v = (Vi) E Rn ; ai  Vi  b i , 1  i  n} = n [ai, b;] , i=1 sans exclure les cas ai = - 00 etjou b i = + 00. Connaissant Ie vecteur Uk = (ut)'l=l' on définit Ie vecteur uk+1 = (u7+ 1 )7=1 en résolvant successivement les n problèmes de minimisation à une variable (on reprend les mêmes notations qu'au paragraphe 8.4) : J(Uk ; 1) = J([u+l] k k . . ., u) inf J(C, k k u), U2 ' u 3 ' u 2 , u 3 , . . . , al Cbl J(uk ; 2) = J(ut+ 1 , [u+l], k . . ., u) inf J(ut+ 1 , " z4, u), u 3 ' . . . , a2Cb2 . . . J(uk ; n) = J(uf+l, u k + 1 [u +1])  inf J(u+l, k+1 C). . . . , n-1 ' . . . , U n -1 ' ant.bn (I) FLETCHER R., REEVES C. M. - Function minimization by conjugate gradients, Computer J, 7 (1964), 149-154. 
202 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES Théorème 8.6-1. Si la fonctionnelle J: Rn -+ Rest elliptique, et si l'ensemble U est de la forme n U = IT I a;, b;], a; = - 00 etjou b i  + 00 non exclus, ;=1 la méthode de relaxation converge. DÉMONSTRATION. Elle suit celIe du théorème 8.4-2, la seule nouveauté étant Ie remplace- ment des caractérisations ôIJ(Uk ; I) = 0, 1  I  n, et \7 J(u) = 0 du cas sans contraintes par les conditions nécessaires et suffisantes de minimum : { ÔIJ(Uk ./) (vl-u1+ 1 )  0 pour tout VI E [ai, b l ], (\7 J(u): v-u) ;;a.. 0 pour tout v E U. 1  I  n, On vérifie en effet que les inégalités (X 2 J(Uk ; /-1)- J(Uk; I)  "2 II Uk ; I-I-Uk, III , (X II Uk+l- U 11 2  (\7 J(Uk+l), Uk+l- U )' obtenues respectivement aux étapes (i) et (iii) de la démonstration du théorème précité ne sont pas modifiées. II REMARQUE. II n'esf pas possible d'étendre sans précaution la méthode de relaxation à des ensembles U plus généraux ; par exemple, si J(V) = (v+v) et U = {v = (VI' v 2 ) E R2; VI +V 2  2}, on se convainc aisément (figure 8.6-1) que, sauf si l'une des composantes du vecteur initial U o vaut 1, l'a]gorithme défini par J(u1+ 1 , u) = inf J(C, u), k ;::o:2-Ul J(uf+l, u+I) = inf J(uf+l, ), k C;::o:2- U 2 u.= u 2 = . .. "se bloque" sur la frontière de l'ensemble U. II GV)=inJ(W)=2.} C1=2} WEU FIG. 8.6-1. Considérons maintenant Ie problème (P) associé à un ensemble U convexe quel- conque et à une fonctionnelle convexe. Un élément U E U est alors solution du problème (P) s'il vérifie les conditions né- cessaires et suffisantes (théorème 7.4-4) : (\7 J(u), V - u)  0 pour tout v E U. On ne peut manquer de noter l'analogie entre ces conditions et la caractérisation (théorème 8.1-1) (U-w, v-u)  0 pour tout V E U, de la projection U d'un élément w d'un espace de Hilbert V sur une partie U C V non vide, convexe, fermée. De façon plus précise, désignant par P l'opérateur de projection 
RELAXATION, GRADIENT, PÉNALISATION 203 de l'espace V sur l'ensemble U, on ales équivalences suivantes : u E U et J(u) == inf J(v) <=> u E U et (\7 J(u), v-u)  0 pour tout v E U vEU {:::> U E U et (u-{u-e \7J(u)}, v-u)  0 pour tout v E U, e >- 0 <=> u == P(u- e \7 J(u)) pour tout e <: O. Autrement dit, la solution u apparaÎt, pour tout e >- 0, comme un point fixe de l' application g : v E V -+ g(v) == P(v-e \7J(v)) E U c V. II est donc naturel de définir comme méthode d'approximation de la solution du problème (P) la méthode des approxÙnatiol1S successh'es appliquée à l' application g : étant donné un élément U o E Varbitraire, on définit la suite (Uk)kO par Uk + 1 == g(Uk) == P( Uk - e \7 J(Uk)), k  O. Dans Ie cas OÙ U == V, l'opérateur de projection Pest l'identité, et la relation ci-dessus se réduit à Uk+l == Uk-e \7J(Uk), k  O. On retrouve ainsi la méthode du gradient à pas fixe pour un problème sans contraintes, étudiée au paragraphe 8.4. C'est la raison pour Iaquelle la méthode que nous venons de décrire s'appelle la méthode du gradient avec projection à pas fixe. Pour démontrer sa convergence, il suffit simplement de vérifier que, si Ie paramètre e >- 0 a été convenablement choisi, alors l'application g: V -+ Vest une contraction, c'est-à-dire qu'il existe un nombre ß tel que ß <: 1, et Ilg(v 1 )-g(v 2 ) II  ß \I v 1 -v 2 11 pour tout VI' v 2 E V. Cette hypothèse entraîne en effet l'existence d'un point fixe et la convergence de Ia méthode des approximations successives dès que l'espace Vest supposé complet ; c'est pourquoi la compacité n'intervient pas dans la démonstration. Parce que cela n'introduit aucune difficulté supplémentaire, on va même considérer la méthode (plus générale) du gradient avec projection à pas variable, définie par Uk+l == P(Uk-ek \7J(Uk)), ek >- 0, k  o. Théorème 8.6-2. Soit V un espace de Hi/bert, U une partie non ide conexe fermée de V, et J: V -+ Rune fonctionne//e dériab/e dans V. On suppose qu'i/ existe deux constantes a et M telles que a >- 0 et (\7J(v) - V J(u), v -u)  a II v -u1l 2 pour tout u, v E V, IIVJ(v)-VJ(u)IIMllv-ull pour tout u,vE V. S'i/ existe deux nombres a et b te/s que 2a o <: a  ek b <: - pour tout entier k  0, M2 /a méthode du gradient aec projection à pas ariab/e conerge, et /a conergence est géo- métrique: i/ existe une constante ß = ß(a, M, a, b) te//e que ß <: 1 et Iluk-ull ßklluo-ull. 
204 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORIGHMES DÉMONSTRATION. Pour tout entier k  0, définissons l'application gk: v E V -+ gk(V) = P(V-ek \7J(v))E u c V. Du fait que la projection "n'augmente pas les distances" (théorème 8.1-1ì, et des hypothèses faites sur la fonctionnelle, on déduit les inégalités Ilgk(V 1 )-gk(v 2 )11 2 = IIP(V1-ek \7J(v 1 ))-P(V 2 -ek \7J(V2)) 11 2  II (V1-V2)-e(\7 J(v 1 )- \7 J(v 2 )) 11 2 = II v1-v2112-2ek(\7J(v1)-\7J(V2)) VI-V2)+e II \7J(V 1 )-\7J(V 2 ) 11 2  (1-2(X,ek+M2e) II v 1 -v 2 11 2 , en supposant ek :> O. Par ailleurs, on a déjà établi (dans la démonstration du théorème 8.4-4) l'existence d'une constante ß = ß(rx, M, a, b) telle que 1 (1-2(X,ek+M2e)2  ß <: 1 pour tout k  0, lorsque les nombres a et b vérifient les hypothèses de l'énoncé. Puisque la solution u du problème (P) est un point fixe de chaque application gk, on peut écrire 1/ Uk+1- U II = IIgk(uk)-gk(u) /I  ß II Uk- U II, et la convergence géométrique est démontrée. II REMARQUES. (1) L'existence du point fixe de l'application g(v) = P(v- \7 J(v)) associée à la méthode du gradient avec projection à pas fixe, et donc l'existence d'une solution U des inéquations (\7 J(u), v- u)  0 pour tout v E U fournit une preuve de l'existence d'une solution du problème (P) associé à un ensemble U et à une fonctionnelle vérifiant les hypothèses du présent théorème, qui apparaît comme un cas particulier du résultat du théorème 8.2-2. (2) Si U = V, on retrouve la convergence de la méthode du gradient à pas variable, déjà établie au théorème 8.4-4. (3) Dans Ie cas d'une fonctionnelle quadratique elliptique 1 J: v E Rn -+ J(v) = 2 (Av, v)-(b, v), A=AT , on peut montrer, exactement comme dans Ie cas sans contraintes (se reporter à la dis- cussion suivant Ie théorème 8.4-4), que la convergence géométrique a lieu pour (!k E [a, b] C ] 0, n - [ , alors que, dans ce cas particulier, Ie théorème ci-dessus prévoit ] 2À1 [ seulement la convergence pour (!k E [a, b] C 0, - À- (on rappelle que À 1 et Àn désig- nent les valeurs propres extrêmes de la matrice A). II Les méthodes de gradient avec projection fournissent donc en principe des méthodes d'approximations applicables à une large classe de problèmes de programmation convexe, mais c'est un leurre du point de vue "numérique", pour la simple raison que l'opérateur de projection sur une partie convexe fermée quelconque n'est pas connu explicitement en général. Une exception notable est celle des sous-ensembles U de V = Rn de la forme n n [ai, b;] c V = Rn, pour lesquels nous avons déjà construit au paragraphe 8.1 l'opé- ;=1 rateur de projection associé. Par exemple si U = R'+ = {v E R n ; v  O}, 
RELAXA TION, GRADIENT, PÉNALISA TION 205 et si cet ensemble U est associé à une fonctionnelle quadratique elliptique 1 J : v E Rn -. J(v) = - (Av, v)-(b, v), 2 Ie vecteur uk+l = (u7+ 1 )7=1 est calculé à partir du vecteur Uk = (Uf)/l par les relations 0+ 1 = max {Uf-ek(Auk-b);, o}, 1  i  n. Exception faite de tels cas particuliers, les problèmes avec contraintes doivent être traités par d' autres méthodes. C'est Ie cas notamment des méthodes de pénalisation, dont Ie principe repose sur Ie résultat suivant : Théorème 8.6-3. Soit J: Rn -+ Rune fonction continue coercive strictement convexe, U une partie non vide convexe fermée de Rn, et 1p : Rn -+ R unefonction continue convexe vérifiant 1p(v)  0 pour tout v E Rn et 1p (v) = 0  v E U. Alors, pour tout e >- 0, il existe un et un seul élénlent U e vérifiant déf 1 où Jf:(v) = J(v) + - 1p (v), e (Pe) U e E Rn et Je(u e ) = iof J e (v) vERn et Jim U e = U, où u est la solution unique du problème : trouver u tel que e-.O (P) u E U et J(u) = iof J(v). VEU DÉMONSTRATION. II est clair que Ie problème (P) et les problèmes (Pf) ont chacun une et une seule solution. Les fonctionnelles J e sont en effet encore coercives (puisque Je(v)   J(v)) et strictement convexes (puisque la somme d'une fonction strictement convexe et d'une fonction convexe est strictement convexe). Comme 1 J(u e )  J(u e ) +-1p(u e ) = Je(u e )  Je(u) = J(u), e on déduit de la coercivité de la fonctionnelle J que Ia famille (ue)e:>O est bornée. Par compacité, il existe une suite extraite (ue')e':>O et un élément u' E Rn tels que I ' , 1m U e ' = U . e' -.0 Des inégalités J(u e ,)  J(u) et de la continuité de la fonction J, on déduit J(u') = lim J(u e ,)  J(u). e' -.0 Puisque o  1p(u e )  e'(J(u)- J(u e ,)), et puisque Ia suite (ue')e':>O converge, les nombres {J(u)- J(u e ,)} sont majorés indépen- damment de e' ; par suite, o = lim 1p(u e ') = 1p(u'), e' -. 0 puisque la fonction "p est continue, ce qui montre que u' E U et donc que u = u' puisque J(u')  J(u), et u est la seule solution du problème (P). L'unicité de cette solution montre 
206 OPTIMISATION. PREMIERS ALGORITHMES également que toute la famille (ue)e>O converge vers l'élément u (on peut en effet reproduire Ie raisonnement précédent pour toute suite extraite). II REMARQUE. On démontre que toute fonction convexe C{J: Rn -+ Rest nécessairement continue (cf Exercice 7.4-6); cette "hypothèse" est donc superflue. II Comme application, considérons Ie problème de programmation convexe : Étant donné une fonction J: Rn -+ R strictement convexe et des fonctions C{J; : Rn -+ R, 1  i  m, convexes, trouver u tel que u E U = {v E Rn; C{J;(v)  0, 1  i  m}, J(u) = inf J(v). vEU Comme fonction 'ljJ satisfaisant aux hypothèses du théorème 8.6-3, on peut prendre par exemple m 1p : v E Rn -+ 1p(v) = L max {cp;(v), o}. ;=1 L'objet essentiel d'une méthode de pénalisation est donc de remplacer un problème d'optimisation avec contraintes par une suite de problèmes sans contraintes (qu'en principe on sait résoudre), associés aux fonctionnelles pénalisées J e , ê >- O. REMARQUE. La portée pratique des méthodes de pénalisation est limitée par la difficulté de construire effectivement de "bonnes" fonctions 'ljJ (par exemple dérivables, ce qui inci- demment n'est pas Ie cas pour l'exemple ci-dessus) satisfaisant aux conditions de l'énoncé du théorème. II Une autre façon de se ramener à la résolution de problèmes sans contraintes est liée à la notion de dualité. Son étude et la construction de méthodes d'approximation corres- pondantes font l'objet du chapitre suivant. 
9 INTRODUCTION À LA PROGRAMMATION NON LINÉAIRE Introduction Dans ce chapitre, nous considérons Ie problème de programmation non linéaire : trouver u tel que (P) ! u E U déf {v E Rn ; qJi(V)  0, 1  i  m}, J(u) = inf J(v). vEU Pour commencer, nous établissons des conditions nécessaires, et suffisantes en program- m,ation convexe, pour qu'un élément u E U soit solution du problème (P) : i1 s'agit des relations de Kuhn et Tucker (théorèmes 9.2-3 et 9.2-4), qui expriment l'existence de nom- bres ,1; vérifiant m J'(u) + L ,1;([J; (u) = 0, i=l m ,1;  0, 1  i  m, L ,1i([Ji(U) = O. ;=1 On notera l'analogie formelle avec les multiplicateurs de Lagrange trouvés au paragraphe 7.2. Ces relations sont elles-mêmes obtenues comme conséquence du lemme de Farkas- Minkowski (théorème 9.1-1), dont la démonstration fait l'objet du paragraphe 9.1. L'idée directrice est ensuite de remplacer Ie problème d'optimisation (P) avec contraintes par une famille (P,lJ de problèmes d'optimisation sans contraintes, Ie paramètre !-l, appelé ici la variable duale, parcourant un ensemble convenable. De façon plus précise, on intro.. duit la fonction m L(v, !-l) = J(v) + L !-li([Ji(V), pour v E Rn, !-l E R+, ;=1 appelée Ie Lagrangien associé au prob/ème (P), et on montre que, si u désigne la solution du problème (P), il existe dans certains cas un élément ,1 E R vérifiant L(u, ,1) = inf L(v, ,1) = sup inf L(v, !-l), vERn ER vERn soit encore L(u, ,1) = sup L(u,u, !-l), ER 
208 PROGRAMMA TION NON LINÉAIRE où, pour tout I-" E R ' Ie vecteur uJ.L désigne la solution du problème sans contraintes : (PJ.L) Up E Rn, L(uJ.L' 1-") == inf L(v,I-"). vERn On établit également que L(u, À) == sup L(u,l-") == inf sup L(v,I-"), ,uER vER n ,uER les points (u, "À) apparaissant ainsi comme des points-selles du Lagrangien L. Dans cette direction, une relation entre l'ensemble des solutions du problème (P) et l'ensemble des premiers arguments des points-selles du Lagrangien Lest démontrée au théorème 9.3-2, où une utilisation essentielle est faite des relations de Kuhn et Tucker. A l'aide de la fonction G : I-" E R -+ G(I-") == inf L(v,I-"), vERn on peut ensuite définir un problème d'optimisation ne faisant intervenir que fa variable duale. On remarque en effet que les seconds arguments À E R des points-selles introduits plus haut sont les solutions du problème, appelé problème dual du problème primal (P) : 1rouver À tel que (Q) À E R, G(À) == sup G(I-")' ,uER C'est pourquoi on établit au théorème 9.3-3 une relation entre les solutions des problèmes primal e t dual. Bien que Ie problème dual (Q) soit encore un problème d'optimisation avec contraintes, il est essentiel de noter que celles-ci sont facHes à prendre en compte numériquement, puisque l'opérateur de projection de Rm sur R'+ est de forme très simple. Cette observa- tion suggère I' application de la méthode du gradient à pas constant au problème dual. C'est Ie principe de la méthode d' Uzawa, qui fournit comme "auxiliaire" (mais c'est là ce qui est effectivement cherché !) une suite de vecteurs de Rn, obtenus chacun comme la solution d'un problème d'optimisation sans contraintes, qui convergent (sous certaines conditions) vers la solution du problème primal (P) (.héorème 9.4-1). La méthode d'Uzawa s'applique notamment aux problèmes de programmation quadratique avec contraintes. Dans ce chapitre, tous les espaces vectoriels considérés sont réels. 9.1. Lemme de Farkas-Minkowski On recommande vivement aux lecteurs d'essayer de trouver par eux-mêmes (c'est-à-dire sans lire la démonstration proposée. . .) une preuve de l'assertion (i) de la démonstration ci-dessous ; c'est moins simple qu'il n'y paraît de prime abord. Théorème 9.1-1 (Iemme de Farkas-Minkowski). Soit a;, i E I, où I est un ensemble fin; d'indiees, et b des éléments d'un espaee de Hilbert V, de produit sealaire (., .). Alors I'in- elusion {wE V; (ai'w)O, iEI}c{wE V; (b,w)O} est satisfaite si et seulement si : II existe  i  0, i E I, tels que b == L Âiai. iE I 
LEMME DE FARKAS-MINKOWSKI 209 DÉMONSTRATION. La condition est évidemment suffisante. Sa nécessité est établie en trois étapes (les deux premières étapes sont indépendantes) : (i) L'ensemble c == { L Åjaj E V; 0  Åj, i E I} iE I est un cône de sommet l'origine, convexe, fermé dans V. La convexité résulte de l'égalité o L Åjai +(1-0) I !-ljai == L {OÀ i +(l-O)!-li} ai. iEI iEI iEI Supposons les vecteurs ai, i E I, linéairement indépendants. Toute suite (Vk)kO de points vk == L À7a; de C est en particulier une suite de points du sous-espace vectoriel U iEI de dimension finie, donc fermé, engendré par les vecteurs ai' Si elle converge dans V, elle converge donc dans U, et comme la convergence dans U équivaut à la convergence des composantes, on déduit que m lim Vk == L { lim Å7 } aj E C, k ....... 00 i = 1 k ....... 00 ce qui montre que l'ensemble C est fermé. Si les vecteurs ai, i E I, sont linéairement dépendants, il existe des nombres réels !-li, i E I, tels que L !-liai == 0, et iEI déf J == {i E I; !-l; -< o}  <1>. Dans ces conditions, tout vecteur v == L Åiai de C peut aussi s'écrire iEI v == L (Åi +t!-li) a;, iEI où t déf min { _ À j }  o. iE J !-lj Les nombres (Åi+t!-li), i E I, sont tous  0, mais l'un d'eux au moins est nul: on a donc démontré l'égalité C == u {v == lEI L ie(l- {Jl) Åia;, 0  Å;, i E (I-{j})}, et i1 suffit de recommencer ce raisonnement jusqu'à ce que Ie cône C soit écrit comme une réunion finie de cônes associés à des vecteurs a; linéairement indépendants, donc fermés d'après la première partie du raisonnement. (ii) Soit C une partie convexe /ermée non vide d'un espace de Hilbert V, et b un point de V qui n'appartient pas à C. Alors on peut trouver, d'une infinité de façons possibles, des vecteurs u E V et des nombres réels (X tels que { (v, u) >-(X (b, u) -< (X. pour tout v E C. D'après Ie théorème de projection, il existe un élément c E C et un seul tel que (c/. figure 9.1-2) / llb-C 11V == inf Ilb-vllv>-O, vEC (v-c, c-b)  0 pour tout v E C. Par suite, (v, c-b)  (c, c-b) >- (b, c- b), 
210 PROGRAMMA TION NON LINÉAIRE et l'assertion est démontrée : il suffit de choisir u = (c-b) et n'importe quel nombre (X vérifian t (c, c-b) >- (X >- (b, c-b). (iii) Démonstration du lemme de Farkas-Minkowski proprement dit : tout revient à montrer que, si Ie point b n' appartient pas à l' ensemble c = {v = L Å;a;; 0  Å;, i E I} , ;EI alors if existe un vecteur u tel que (ai, u)  0, i E I, et (b, u) <: O. D'après l'étape (i), l'ensemble C est une partie convexe fermée non vide de V. Si donc b  C, i1 existe, d'après l'étape (ii), un vecteur u E Vet un nombre réel (X tels que (v, u) >- (X pour tout v E C, et (b, u) <: (X. Comme C est un cône de sommet 0, o E C ==> (X <: 0, et par suite, (X (v, u) >- T pour tout  >- 0 ==> (v, u)  0 pour tout v E C. On a donc établi que (a;, u)  0, i E I (puisque ai E C), et (b, u) <: (X <: 0, ce qUI démontre l'assertion. II REMARQUES. (1) Contrairement à ce qu'une analyse hâtive pouvait laisser croire, la dé- monstration de l'étape (i) n'est pas immédiate (l'ensemble C est une image directe - et non réciproque - d'un fermé de Rm . . .). Lorsque les vecteurs ai sont linéairement dé- pendants, la difficulté vient de ce qu'une suite de points v k = L Åfa; de C peut fort bien ;EI converger sans que les suites (Âr)kO, i E I, convergent. L'idée de la démonstration est cependant clairement suggérée par les deux cas en visagés à la figure 9.1-1. (2) Les conclusions de l'étape (ii) sont équivalentes aux inclusions (figure 9.1-2) { C c {v E V; (v,u) >-(X}, {b} c {v E V; (v, u) <: }, qui montrent que l'hyperplan {v E V ; FIG. 9.1-1. (u, v) = (X} "sépare s trictemen t" les parties C et {b} de V, ce résultat étant un cas par- ticulier de théorèmes plus généraux de "séparation d'ensembles con vexes " dans les es- paces vectoriels normés. Voir par exemple (1), p. 19 et uivantes, (2),  11, (3). (3) Le lemme de Farkas-Minkowski est susceptible d'une interprétation géométrique simple, comme essaie de Ie suggérer la figure 9.1-3. II (1) CÉA J. - Optimisation, Théorie et Algorithmes, Dunod, Paris, 1971. (2) ROCKAFELLAR R. T. - Convex Analysis, Princeton University Press, Princeton, 1970. () BRÉZIS, H. - Analyse Fonctionnelle Appliquée, Masson, Paris, 1982. 
RELA TIONS DE KUHN ET TUCKER 2] I (U,V))CX b \0 (u,v)< FIG. 9.1-2. FIG. 9.1-3. 9.2. Les relations de Kuhn et Tucker Notre premier objectif (théorème 9.2-1) est de généraliser la condition nécessaire de minimum relatif "J'(u) (v-u) ;?; 0 pour tout v E U", établie au théorème 7.4-1 dans Ie cas d'un ensemble U convexe, au cas d'un ensemble U quelconque. C'est pourquoi il est commode d'introduire en tout point u E U un "cône tangent". De façon plus précise, soit V un espace vectoriel normé et U une partie non vide de V. En tout point U E U, Ie cône C(u) des directions admissibles est la réunion de {O} et de l'ensemble des vecteurs WE V pour lesquels il existe (au moins) une suite de points (Uk)kO telle que Uk E U et Uk  U pour tout k ;?; 0, lim Uk = u, k --. 00 lim uk- U w W 7f!=. 0, k --. 00 II uk- U \I "W II la dernière condition s'écrivant de façon équivalente W Uk = U+IIUk-ull Ilwll +IIUk-ul/ ð k , II est clair que J'ensemble C(u) est un cône, non nécessairement convexe (figure 9.2-1), et de sommet l'origine ; c'est Ie cône "translaté" U+C(u) = {(u+w) E V; w E C(u)} qui a Ie point u pour sommet. REMARQUE. L'ensemble C(u) con- tien t en particulier les tangen tes "orientées" en u aux courbes de points de U qui passent par Ie point u(cf. l'exemple de Ia figure 9.2-1). Si une telle courbe y est représentée par une application t;?; 0 --. u(t), avec u = u(O), dérivable en 0 et si u'(O)  0, on peut en effet écrire Uk-U = tkU'(O)+tkêk, lim êk = 0, k --.00 lim ð k = 0, k --. 00 w  O.  u ø .J/!r , fi:I. .. 'b  o  '0 CÞ. (v)= -v.- V 2 <Þ2.(V)::aVt(V+v) - 2(V-Vi) U-{V;<Pi(V)"1 i-1,2.} C (0)= {v; "t+V2  0, IV11;.lvtl} C. (O)={v;V.+Vt';aO} FIG. 9.2-1. 
212 PROGRAMMA TION NON LINÉAIRE avec Uk = U(tk), tk :> 0, lim tk = 0, k --. 00 de sorte que lim Uk- U u' (0) k --. 00 Iluk-ul/ II u' (0) II II Établissons main tenant deux propriétés importantes du cône des directions admissibles. Théorème 9.2-1. Soit U une partie queleonque non vide d'un espaee veetoriel normé V. (1) En tout point u E U, Ie cône C(u) des directions admissibles est fermé. (2) Soit J: Q c V --. R unelonetion définie sur un ouvert Q eontenant U. Si lalonetion J admet en un point u E U un minimum relatif par rapport à l'ensemble U, et si elle est déri- vable en u, alors J' (u) ( ] - u) ;?; 0 pour tout t E {u+ C(u) }. DÉMONSTRATION. (1) Soit (wn)nO une suite de points de C(u) qui converge vers W E V. II suffit de considérer Ie cas W  0 (puisqu'on sait déjà que 0 E C(u)) , et donc supposer W n  0 pour tout n. Par définition, ilexiste pour tout n une suite (u'k)k?::O telle que uk E u, uk 7Z'=- u pour tout k;?; 0, lim uk = u, k --. 00 W n   uk = u + II uZ - u /I II w n II +" uZ - u /I uZ , }n: uZ = o. Soit (En)n?::O une suite de nombres En :> 0 telle que lim En = O. Pour tout n, il exis- n --. 00 te un entier k(n) tel que lIuZ(n)-ull  En' IlðZ(n)11  En. Considérons alors la suite {uZ(n)}n?::O' On a, d'une part, uk(n) E U, uk(n)  u pour tout n;?; 0, lim uk(n) = U, n --. 00 et l'on peut écrire, d'autre part, uZ(n) = u+11 uZ(n)-u II II: II +11 uZ(n)-u II { ðZ(n) + ( i 11- /I: /I ) }. C 1 . Wn W 1 , . d ' , omme 1m -- = -, assertion est emontree. n--.oo II W n II II w II (2) Soit W = (v-u) un vecteur non nul du cône C(u), et soit (Uk) une suite de points de U-{u} telle que ( lim Uk = u, I k--.oo { Uk- U = "uk-ull--+lluk-ull ð k , l II wll J(u)  J(Uk) pour tout k. lim ð k = 0, koo Utilisant la dérivabilité de la fonction J en u, on obtient o  J(Uk)-J(U) = J'(u)(uk-u)+lluk-ull Ek, lim Ek= 0, k --. 00 
RELA TIONS DE KUHN ET TUCKER 213 c'est-à-dire encore (J'(u) E V') IIUk-ull o  "w II (J'(u) W +'Y}k), lim 'Y}k = O. k-+oo II en résulte que Ie nombre J'(u) west nécessairement  0, sans quoi l'expression (J'(u) W+'Y}k) serait <: 0 pour des valeurs suffisamment grandes de l'entier k(noter l'usage de la relation Uk  u). II N ous considérons dorénavant des ensembles U particuliers, de la forme U = {v E Q; gJj(v)  0, 1  i  m}, Q: ouvert de V, et, moyennant des hypothèses convenables sur les contraintes, c'est-à-dire sur les fonc- tions gJi : Q c V -+ R, nous allons décrire de façon simple Ie cône des directions admis- sibles en un point quelconque de l'ensemble U. A chaque point u E U, on associe l'en- semble d'indices I(u) = {1  i  m; gJj(u) = O}. Alors, comme Ie suggère la figure 9.2-2 (au moins dans Ie cas particulier m = n = 2), Ie cône C(u) des directions admissibles en un point queIconque u E U semble coïncider au moins dans certains cas avec Ie cône déf C*(u) = {w E V, gJ;(u) W  0, i E I(u)} l(u)..{2} I (u'):a{1,2.} I(u").ø FIG. 9.2-2. (naturellement, C*(u) = V si I(u) = 4>). Cependant, on ne peut pas espérer avoir l'égalité dans tous les cas, ne serait-ce que parce que Ie cône C*(u) est toujours convexe alors que Ie cône C(u) ne l'est pas nécessairement (c/. l'exemple de la figure 9.2-1). C'est pourquoi on est conduit à poser la définition suivante : on dit que les contraintes sont qualifiées en un point u E U si - ou bien toutes les fonctions gJi, i E J(u), sont affines, - ou bien il existe un vecteur w E V tel que gJ;(u) w  0, gJ; (u) W <: 0 SI } pour tout gJi n'est pas affine, i E I(u). 
214 PROGRAMMA TION NON LINÉAIRE o <þt(V)= v 2 - ma)({O, v} <þ(v)=v1- v1 CeO)- tv; Vt"O;V1.0} C*(O)={v; v 1 =OJ FIG. 9.2-3. REMARQUE. On ne saurai t trop conseil- ler aux lecteurs de réfléchir à ]a signifi- cation géométrique de cette condition, au moins pour /l == 2: Si une fonction CPi, i E I(u), n'est pas affine, la condition qJ; (u)  0 exclut notamment l'existence d'un point double de la courbe f/Ji(V) == 0 au point u, cause de la non-convexité de I'ensemble C(u) (se reporter à l'exemple de la figure 9.2-1). La figure 9.2-3 devrait faire pareillement comprendre l'utilité de la condition W  O. Enfin, les raisons pour lesquelles les fonctions affines sont à distinguer devraient apparaÎtre sur quel- ques figures bien choisies, et aussi dans la démonstration du théorème qui suit. II Théorème 9.2-2. Soit u un point de l'ensemble U = {v E Q; CPi(J)  0, 1  i  nt}, en lequelles fonctions CPi: Q c V - R, i E I(u), sont dérivables. Alors : (1) Le cône des directions admissibles en ce point vérifie toujours l'inclusion * déf, } C(u) c C (u) == {w E V; CPi(U)W::<" 0, i E I(u) . (2) Si les contraintes sont qualijìées en II et si lesfonctions C{Ji, i 1 J(u), sont continues en u, on a I'égalité C(u) = C*(u). DÉMONSTRATION. (1) Chaque fonction f{Ji, i E /(u), admet en u un maximum relatif par rapport à l'ensemble U, par définition de I'ensemble I(u). Une application du thé- orème 9.2-1 montre alors que qJ; (u)w  0 pour tout w E C(u), i E l(u), ce qui est exactement la conclusion cherchée. (2) Supposons d'abord toutes les fonctions qJi, i E l(u), affines. Étant donné un vecteur w non nul de C*(u), considérons la suite (uk) définie par Uk == U+êk W , OÙ (cSk) est une suite de nombres cSk >- 0 telle que lim Ek == O. Alors uk-U == cSkW  0 k -.. ex:> pour tout k  0 et lim Uk == u. Par ailleurs, k-ex:> o >- qJi(U) == lim qJi(Uk) pour i  I(u) (par continuité), k_ex:> , , qJj(Uk) == ffJj(U) (Uk- U ) == êkqJj(U) W  0 pour i E I(u), ce qui montre que les points Uk sont dans l'ensemble U pour k suffisamment grand. Comme enfin Uk - U Iluk-ull on a bien démontré que W E C(u). W k, II wI/ pour tout 
RELA TIONS DE KUHN ET TUCKER 2]5 Passons au cas général : il existe un vecteur W  0 tel que , - CPi(U) W  0, , - rpi(U) W <: 0 SI f!Ji n'est pas affine, } pour tout i E I(u). Étant donné un vecteur W non nul de C*(u), soit ð un nombre >- 0 tel que Ie vecteur (w +ðw) soit non nul. Considérons la suite (Uk) définie par Uk = u +cSk(W +ðw), cSk >- 0, lim cSk = O. k-+oo Alors Uk-U = cSk(w+ðw)  0 pour tout k, et lim Uk = u. Par ailleurs, k-+oo o >- rpi(U) = lim CPi(Uk) pour i  I(u) (par continuité), k-+oo CPi(Uk) = cSK{cp;(U) w +ðq;;(u) w}  0 pour i E I(u) et f{Ji affine, ! CPi(Uk) = cSk{cp;(u)w+ðrp;(u)W+Xk}' lim Xk = 0, etdonc k-+oo qJi(Uk) cSk{ðq;;(u) w +Xk} pour i E I(u) et CPi non affine, ce qui montre que les points Uk sont dans l'ensemble U pour k suffisamment grand (ce qui explique l'inégalité stricte q;;(u) w <: 0 d'une part, et l'introduction des vecteurs w+ðw, d'autre part). Comme Uk- U Iluk-ull w+ðw - - - Ilw+ðw l pour tout k, on a montré que (w+ðw) E C(u) pour tout nombre ð >- 0 suffisamment petit. La suite (w n ) définie par W ll = w +cSnw est une suite de points de C(u) (pour n assez grand). Comme I'ensemble C(u) est fermé (théorème 9.2-1), on conclut que lim W n = W E C(u). II n-+oo Un exemple très important d'application est celui où V = Rn et toutes les fonctions CPi sont affines, l'ensemble Use présentant alors sous la forme U= { VERn; tCijVjdi' lim } ={VERn; Cvd}, J=l OÙ C = (cij) E cIl m , n(R) est une matrice donnée et d E Rm un vecteur donné. Alors les con- traintes sont qualifiées en tout point u E U, et d'après Ie théorème précédent, Ie cône des direc- tions admissibles en un point u E U est /' ensemble (c/. figure 9.2-4) C(u) = { w E Rn; t CijWj  0, i E /(U) } . j=l u o Revenant à Ia situation généraIe, et rassem- blant les diverses propriétés établies dans ce pa- ragraphe et Ie précédent, nous obtenons un des résultats les plus importants de /' Optimisation : FIG. 9.2-4. 
216 PROGRAMMA TION NON LINÉAIRE _ Théorème 9.2-3 (condition nécessaire de minimum en programmation non linéaire). Soit f/Ji : Q c V  R, 1  i  m, des lonetions définies sur un ouvert Q d'un espaee de Hilbert V, et u = {v E Q; f/Ji(V)  0, 1  i  m} une partie de Q. Soit u un point de U, auquel on associe I' ensemble d'indiees I(u) = {I  i  m; f/J;(u) = O}. Onsupposeleslonetions f/Ji, i E I(u), dérivables en u, et leslonetioMf/Ji, i  I(u), continues en u. Enfin, on se donne une lonetion J : Q c V  R, dérivable en u. Si lalonction J admet en u un minimum relatifpar rapport à I'ensemble U, et si les con- traintes sont qualifiées au point u, alors il existe des nombres Åj(u), i E I(u), tels que J' (u) + L Å; (u) f/J; (u) = 0, et Åi(U)  0, i E I(u). iE/(u) DÉMONSTRATION. D'après Ie théorème 9.2-1, J'(u)w  0 pour tout w EC(u). D'après Ie théorème 9.2-2, C(u) = {w E V; cp;(u) w  0, i E l(u)}. Désignant par (., .) Ie produit scalaire de l'espace V et par 7: l'isométrie canonique de V sur V', nous sommes donc dans la situation suivante : {w E V; (-7:CP;(u), w)  0, i E l(u)} C {w E V; (7:J'(u), w)  O}, c'est-à-dire exactement les conditions d'application du lemme de Farkas-Minkowski (théorème 9.1-1) : la conclusion s'en déduit immédiatement. II Les relations J'(u)+ L Å;(u)cp;(u) = 0 et Å;(u)  0, i E l(u), iE/(u) s'appellent les relations de Kuhn et Tucker .On peut dire qu'elles sont aux "contraintes- inégalités" ce que sont les multiplicateurs de Lagrange (paragraphe 7.2) aux "contraintes- égalités". Tenant compte des inégalités CPl(U)  0, 1  i  m, on peut d'ailleurs les écrire sous une forme encore plus voisine de la relation où interviennent les multiplica- teurs de Lagrange, puisqu' elles équivalent en eifet à I' existence de nombres Å,(u), 1  i  m, (poser Å;(u) = 0 pour i Et leu)) tels que m J'(u) + L Åi(u)cp;(u) = 0, ;=1 m Åi(u)  0, 1  i  m, L ÅjCP;(u) = O. i=1 Au vu de l'analogie avec les multiplicateurs de Lagrange "usuels", on appelle Ie vecteur Å(u) = (Å;(u)) E R un multiplicateur de Lagrange généralisé, associé au minimum relatif u. . Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que ces relations sont difficilement exploita- bles en pratique, à cause des inégalités qui y demeurent. Par exemple dans Ie cas où V = Rn, une condition nécessaire de minimum relatif d'une fonction J: U  Rest 
RELA TIONS DE KUHN ET TUCKER 217 l'existence de solutions Uj, 1  i  n, et Åj, 1  j  m, du système suivant d'équations et d'inéquations : ( ô)J(u)+Å 1 Ô1q>1(U)+ . . . +Åm Ôlq>m(u) = 0, . ônJ(U)+Å 1 Ônq>l(U) + . . . +Åm ônq>m(u) = 0, { Å1q>1(U) + . . . +Åmq>m(u) = 0, q>l(u)  0, Å 1  0, t q>m(U) ;?; 0, Åm  0, qu'il est instructif de comparer au système correspondant d'équations trouvé au para- graphe 7.2. REMARQUES. (1) Les nombres Åj(u), i E I(u), ne sont pas nécessairement déterminés de façon unique en un minimum relatif u, sauf si les dérivées q>; (u), i E I(u), sont linéaire- ment indépendantes (dans V'). (2) Si I(u) = lþ, alors les relations de Kuhn et Tucker se réduisent à JI(U) = 0, ce qui était évidemment prévisible puisqu'alors Ie point u appartient à l'intérieur de l'en- semble U: on retrouve simplement la condition nécessaire d'extremum relatif sur un ouvert. II Si Ia condition de qualification des contraintes a été donnée jusqu'ici sous une forme peu maniable, en faisant notamment intervenir Ie point où elle est exprimée, nous allons établir au prochain théorème qu'eUe peut se mettre sous une forme plus simple, et surtout indépendante du point considéré, lorsque les fonctions q>; sont con vexes. C'est pour- quoi nous introduisons la définition suivante : on dit que des contraintes convexes q>; : Q c V -+ R, 1  i  m, sont qualifiées si : - ou bien toutes les fonctions q>;, 1  i  m, sont affines, et l'ensemble (convexe si Q est convexe) U = {v E Q; q>,(v)  0, 1  i  m} est non vide, - ou bien il existe un point v E Q tel que q>i(V)  0, q>i(V) <: 0 Sl q>i n'est pas affine, } 1  i  m. REMARQUES. (1) Dans Ie deuxième cas, on notera que l'ensemble U est encore non vide, mais qu' on suppose "un peu plus". (2) Si l'ouvert Q et les fonctions q>i sont convexes, l'ensemble U ['est aussi. Incidemment, on se gardera de confondre la convexité d'une fonction q> : Q c Rn -+ R avec la con- vexité de la fonction 1p : e c Rn-l -+ R, dans l'éventualité d'une équivalence q>(v) = = 0 <=> V n = 1p(v 1 , . . ., Vn-l) (la figure 9.2-3 devrait être instructive à cet égard). II Alors que, d'une part, la convexité des contraintes q>; permet d'établir la nécessité des relations de Kuhn et Tucker avec des hypothèses de qualification nettement plus simples qu'au théorème précédent, l'hypothèse supplémentaire de la convexité de la fonction J permet, d'autre part, de montrer que ces relations sont également sujJisantes (indépen- damment d'ailleurs de toute hypothèse de qualification des contraintes). 
218 PROGRAMMA TION NON LINÉAIRE - Théorème 9.2-4 (conditions néeessaires et suffisantes de minimum en programmation eon- J'exe). Soit J: Q c V -+ Rune lonetion définie sur un ouvert eonvexe Q d'un espaee de Hi/bert V, et U=-{vEQ; rp;(v)O, lim} une partie de Q, les eontraintes rp; : Q c V -+ R, 1  i  m, étant supposées con vexes. Soit u E U un point en lequelles fonetions rp;, 1  i  m, et J sont dérivables. (1) Si lalonetion J admet en u un minimum relatifpar rapport à I'ensemble U, et si les contraintes sont qualifiées, alors il existe des nombres Å;(u), t  i  m. tels que les relations de Kuhn et Tucker: m J' (u)+ L Å;(u) rp; (u) = 0, ;=1 m Å;(u) ;?; 0, 1 ==E; i  nl, L Å;(u) rp;(u) = 0, ;=] soient satisfaites. (2) Réciproquen,ent, si la fonetion J: U -+ Rest eonvexe et s'il existe des nombres Å;, 1  i  m, tels que les relations de Kuhn et Tucker soient satisJàites, alors la {onetion J admet en u un minimum par rapport à I'ensemble U. DÉMONSTRATION. (1) II suffit naturellement de montrer que, si des contraintes convexes rp; sont qualifiées au sens ci-dessus, elles Ie sont aussi en tout point u E U au sens entendu antérieurement, ce qui permet d'appliquer ensuite Ie théorème 9.2-3. Or, si u  V, Ie vecteur w = v-u répond à la question, puisque cp;(u) w = Cfj(u) +cP;(u) (v-u)  CfJ;(v) pour tout i E l(u), les fonctions cPj étant convexes ; si u = V, l'ensemble I(u) ne peut contenir que des indices i pour lesquels les fonctions cp; correspondantes sont affines, et Ie vecteur w = 0 répond à la question. (2) Soit v un point queiconque de l'ensemble (convexe) U. Alors m J(u)  J(u)- L Å;cp;(v) (À;;?; 0, cp;(v)  0) ;=1 = J(u)- L Å;(cpj(v)-cpj(u)) (À; = 0 si i  I(u), Cf;(u) = 0 Sl i E l(u)), ; E l(u)  J(u)- L ÅiCP;(u) (v-u) (cp; convexes) ; E l(u)  J(u)+J'(u)(v-u) (Kuhn et Tucker)  J(v) (J convexe). II Une interprétation, fondamentale pour la suite, des relations de Kuhn et Tucker est la suivante : elles expriment qu'il existe une fonction déf III Qu': v E Q c V -+ rJu(v) = J(v) + L Å;(u)cpj(V) ;=1 
LAGRANGIENS ET POINTS-SELLES 219 qui, naturellement, dépend dll point II (par l'intermédiaire du vecteur À(u) E R) telle que J J(u) == inf J(v) => ÇJ(u) == 0, vEU t J(u) == ÇJu(u). Autrement dit, si /'on connaÎt Ie vecteur Â(u), 011 est ramené à la nlême condition néces- saire, et suffisante dans Ie cas convexe, que j"i! s'agissait d'un problème d'optimisation sans contraintes pour la fonction Ç}u. Cette observation essentielle est à l'origine des techniques de dualité, que nous abordons aux deux paragraphes suivants. Pour terminer, examinons une application des résultats précédents. lorsque V = Rn. et (avec des notations évidentes) u == { V E Rn; .Í cijVj  d;. 1  i  m } J=l == {v ERn: (C j, v)  d j , 1  i  m} = {1' E Rn: Cv  d}. Dans ce cas particulier, mais néanmoins très courant dans Ies applications, rappelons que la qualification des contraintes équivaut simplement à supposer l'ensemble U non vide. Alors une condition nécessaire, et également suffisante si J : U -+ Rest convexe, pour que lafonction J admette en un point u E Uun minimum relatifpar rapport à l'ensemble U est I'existence d'un vecteur À E RnJ, de composantes )-j, tel que { 'V J(u)n:CT). . 0._ ÀER+ et )j-O SI (Cj,u)<d j . 9.3. Lagrangiens et points-selles. Introduction à la dualité Soit Vet M deux ensembles quelconques et L : VX M  R une fonction. On dit qu'un point (u, À) E VX M est un point-selle de la fonction L si Ie point u est un minimum pour la fonction L(., À) : v E V -+ L(v, À) E R et si Ie point À est un maximum pour la fonction L(u, .): /-l E M  L(u, /-l) E R ; autrement dit, si sup L(u, /-l) == L(u, À) = inf L(v, À). ItEM vE V REMARQUES. (1) On notera que la définition fait intervenir de façon essentielle (mais évidemment arbitraire) l'ordre dans lequelles deux variables interviennent. (2) Dans l'usage que nous ferons de cette notion, les variables /-l E M décrivent un espace de "multiplicateurs de Lagrange généralisés" (voir plus loin), ce qui explique la notation M pour Ie second espace (M est également /-l majuscule en Grec. . .). II On a tendance à se représenter un point-selle comme un "co]", c'est-à-dire un point d'une surface ayant la forme d'une selle (ce qui explique la terminologie ; cf. figure 9.3-1(a)), mais on peut avoir aussi d'autres situations (cf. figures 9.3-1(b) et (c)), les trois figures correspondant à des cas où V et M sont des intervalles compacts de 
220 PROGRAMMA nON NON LINÉAIRE R. Une première propriété des points-selles, dont l'interprétation géométrique devrait être claire au vu des figures, est la suivante : u u (b) - Ilv XN , ,Iv , , , /1 I I I I I I '1- 1 -- t'\ 'I '.,'1' /\ I I ' " _:;:- v;.;;.;.-- -- r- -,- ,'V " I' 6/0 /:' I A : . I I: , I, '., . u (a) (c) FIG. 9.3-1. Théorème 9.3-1. Si (u, Â) est un point-selle d'une lonetion L : VX M -+ R, alol.s sup inf L(v, p) = L(u, Â) = inf sup L('J, p). J.lEM vE V vE V J.lEM DÉMONSTRATIONS. Montrons d'abord que l'on a toujours I'inégalité sup inf L(v, p)  inf sup L(v, p), J.lEM vE V vE V J.lEM indépendamment de I' existence éventuelle d'un point-selle : Étant donné des éléments quel- conques v E Vet ji E M, on a sûrement inf L(v, ji)  L(v, ji)  sup L(v, p) vE V J.lEM (on n'exclut pas les valeurs - 00 pour inf {.} et + 00 pour sup {. }). Comme inf L(v, ji) vE V est fonction de la seule variable ji E M, et comme sup L(v, p) est fonction de la seule J.lEM variable v E V, l'inégalité cherchée en découle. Pour établir l'inégalité opposée, exprimons que (u, À) est un point-selle; on écrit inf sup L(v, p)  sup L(u, p) = L (u, À) = inf L(v, À) sup inf L(v, p). II vE V J.lEM J.lEM vE V J.lEM vE V Reprenons Ie problème général de la programmation non Iinéaire, OÙ nous supposons les diverses fonctions en cause définies sur l'espace V tout entier, dans Ie seul but d'alléger l'écriture : Étant donné des fonctions J: V -+ R et qJi : V -+ R, 1  i  m, définies sur un espace de Hilbert V, on définit l'ensemble U = {v E V; qJi(V)  0, 1  i  m}, et il s'agit de trouver Ie, ou les éléments, u vérifiant u E U, J(u) = inf J(v). vEU C'est ce que nous appellerons dorénavant Ie problème (P). L'intérêt fondamental de la notion de point-selle est Ie suivant (c'est ce que nous établis- sons au prochain théorème) : sous certaines conditions, toute solution u du problème (P) 
LAGRANGIENS ET POINTS-SELLES 221 est également premier argument d'un point-selle (u, Å) d'une fonction con venable L : VX XM -+ R (l'espace M étant donc à déterminer), appelée Ie Lagrangien associé au problè- me (P) considéré, et réciproquement, si (u, Å) est un point-selle de ce même Lagrangien L, alors u est solution du problème (P). On appelle Ie second argument À d'un tel point-selle (u, Å) un multiplicateur de Lagrange généralisé associé à la solution u du problème (P), puisqu'on va en effet établir que, sous certaines hypothèses, Ie second argument Å du point-selle n' est autre que Ie vecteur de R qui intervient dans les relations de Kuhn et Tucker. De façon plus précise, définissons Ie Lagrangien associé au problème (P) ci-dessus comme étant la fonction déf m L : (v, ft) E VXR -+ L(v, ft) = J(v) + L ftjC{Jj(v), ;=1 Ie "deuxième" espace M étant donc R. - Théorème 9.3-2. (1) Si (u, Â) E VXR est point-selle du Lagrangien L, Ie point u, qui appartient à I' ensen,hle U, est solution du prohlème (P). (2) On suppose les fonctions J et cPj, 1  i  m, con vexes, dérivahles en un point u E U, et les contraintes qualifiées. Alors, si u est solution du prohlème (P), il existe au moins un vecteur  E R tel que Ie couple (u, Â) E VX R soit point-selle du Lagrangien L. DÉMONSTRATION. (1) Les inégalités L(u, ft)  L(u, Å) pour tout ft E R s'écrivent m L (ftj-Å;)C{Ji(U)  0 pour tout ft  0, ;=1 ce qui entraîne C{Jj(u)  0, 1  i  m (faire tendre chaque ftj vers + 00 ). Avec ft = 0, on m m obtient L ÅjC{Ji(U)  0, et L ÅiC{Ji(U)  0 par ailleurs (Å;  0, C{Jj(u)  0). On a done ;=1 ;=1 déjà montré'"que . m U E U, et L ÅjC{Ji(U) = O. ;=1 Combinant l'égalité ci-dessus avec les inégalités L(u, Å)  L(v, Å) pour tout v E V, on obtient m J(u)  J(v) + L ÅjC{Jj(v) pour tout v E V ;=1  J(v) pour tout v E U (alors C{Jj(v)  0). (2) On est exactement dans les conditions d'application du théorème 9.2-4 : si u est solution du problème (P), il existe un vecteur Å E R tel que m L ÅiC{Ji(U) = 0, ;=1 m et J'(u) + L Å;C{J;(u) = 0 ;=1 (relations de Kuhn et Tucker). La première égalité donne m L(u, ft) = J(u) + L ftiC{J;(U)  J(u) = L(u, Å) pour tout ft E R, ;=1 
222 PROGRAMMA TION NON LINÉAIRE et la seconde égalité est une condition suffisante de minimum pour la fonction convexe (somme de fonctions convexes) m L(., Å) : v E V --. J(v) + L Å;CfJ;(V). ;=1 Par suite, L(u, Å)  L(v, Å) pour tout v E V, et on a donc établi que Ie point (u, Å) est un point-selle du Lagrangien L. II Faisons Ie point : nous avons établi (moyennant certaines hypothèses) que l'ensemble des solutions duproblème (P) : trouver ute] que (P) I u E U déf {v E V  CfJ;( v)  0, 1  i  m}, J(u) = inf J(v) vEU coincide avec l'ensemble des premiers arguments des points-selles du Lagrangien m L : (v, ft) E VXR --. L(v, ft) = J(v) + L /l;CfJ;(V). ;=1 Si donc l'on connaissait l'un quelconque, disons Å, des seconds arguments de ces points-selles, Ie problème (P) avec contraintes serait remplacé par Ie problème sanj' con- traintes (P;) : trouver u). tel que (P ).) UJ. E V, L(u)., Â) = inf L(v, Â). vE V Comment trouver un tel élément  E R ? Si l'on se rappelle que (théorème 9.3-1) L(u)., Å) = inf L(v, Â) = sup inf L(v, ft), vE V IlER vE V on est naturellement conduit à chercher Å comme solution du problème (Q) : trouver  tel que (Q) Å E R ' G(Â) = sup G(ft), ER où l'application G : R --. Rest définie par G : ft E R --. G(ft) = inf L(v, ft). vE V On appelle (Q) Ie problème dual du problème (P) qui, de ce point de vue, devient Ie problème primal. De la même façon, on appelle ft E R la variable duale, de la variable primale v E U c V. Le problème dual apparaît donc à nouveau comme un problème d'optimisation avec contraintes, mais les contraintes It;  0, 1  i  m, sont aisément prises en compte puisqu'on connaît I'opérateur de projection assoclé (c'est ce que nous avons déjà noté à l'occasion de l'étude de la méthode du gradient du paragraphe 8.6), alors que les con train te,j' CfJ;(u)  0, 1  i  m, sont en général impossibles à prendre en compte numé- riquement. Cette simplification essentielle est l'aspect Ie plus remarquable de la démarche suivie (que nous justifions rigoureusement au, prochain théorème) ; c'est elle notam- ment qui est à l'origine de la méthode décrite au paragraphe suivant. 
LAGRANGIENS ET POINTS-SELLES 223 Alors qu'au théorème précédent, nous avions établi Ie lien existant entre Ie problème primal (P) et un problème primal-dual, qui faisait intervenir à la fois les variables primale et duale, de recherche de point-selle, iI nous reste à établir Ie lien existant entre les solu- tions du problème primal (P) et les solutions du problème dual (Q) ; c'est l'objet du résul- tat qui suit. Théorème 9.3-3. (1) On suppose que les fonetions CjJi: V -+ R, 1  i  m, sont continues et qué, pour tout p E R, Ie problèn,e (P p ) : trouer Uli E V tel que (P1J /lER"l U,ll E V, L(u.u' p) = inf L(v, p) vE V a une solution et une seule Uli dépendant eontinûment de p E R. Alors, si  est une solution queleonque du problème (Q), la solution u). du problème (P;.J eorrespondant est solution du problème (P). (2) On suppose que Ie problèn,e (P) a au moins une solution u, que lesfonetions J et CjJh 1  i  m, sont conexes, dériables en u, et enfin que les contraintes sont qualifiées. Alors Ie problème (Q) a au moins une solution. DÉMONSTRATION. (1) Soit ;. une solution quelconque du problème (Q). On a déjà ... R m ). E + ' e t G(Î.) == L(u;., À) == inf L(v, À) , vE V et nous allons établir la relation sup L(Ui.' /1) == L(u;., Â). /IER Ces deux relations constituant précisément la définition d'un point-selle (u;., À) du La- grangien L, on déduira du théorème 9.3-2 (1) que u;. est solution du problème (P). II nous faut tout d'abord démontrer la dérivabilité de la fonction G. Considérons deux points f.l et (/1 +) de l'ensemble R, de composantes /1; et (/1; +;), 1  i  m. Les inégalités L(u/ p /1)  L(U/l+' /1) et L(U/l+. /1+)  L(u/l' /1+) s'écrivent encore m m L ,f{.{U/I+)  G(f.l+)-G(/1)  L iq)i(UfJ)' ;=1 ;=1 11 existe donc un nombre () E [0, 1] tel que n, m G(/1+)-G(/1) = (1-0) L ;cp;(u)+O L ;cp;(up+) ;=1 ;=1 m m = L iCPi(U/J+O L ;{CPi(U+)-cP;(u/J}. ;=1 ;=1 Les fonctions f.l E R -+ u/.l E V et cp; : V -+ R étant continues par hypothèse, on peut écrire, en tout point f.l E R, m G(f.l +)- G(/1) = L ;cp;(u/l) + II  II ê(), ;=1 lim ê() = 0 -+o 
224 PROGRAMMATION NON LINÉAIRE (11.11 : norme vectorielle quelconque sur Rm), ce qui établit la dérivabilité de la fonction G : R -+- R d'une part (il y a une petite difficulté ; ct. la remarque (2) qui suit Ie théorè- me), et qui, d'autre part, donne l'expression de la dérivée ; on a en effet m G'(ft)  = L iC{J;(Up) pour tout  E Rm. i=1 Puis que la fonction G admet un maximum au point Å de l'ensemble convexe R, une application du théorème 7.4-1 montre que G'(Å)(ft-Å)  0 pour tout ft E R, soit encore m m L ftiC{J;(U).)  L Å;C{J;(u).) pour tout ft E R. ;=1 ;=1 Par suite, m L(u)., ft) = J(u).) + L ft;qJ;(U).) ;=1 m  J(U).) + L Å;C{Ji(U;) = L(u)., Â), i=1 pour tout ft E R, ce qui est précisément la deuxième inégalité caractérisant un point- selle. (2) D'après Ie théorème 9.3-2(2), il existe (au moins) un vecteur Å E R tel que Ie couple (u, Å) soit un point-selle du LagrangienL. Le théorème 9.3-1 entraîne alors L(u, Å) = inf L(v, Å) = sup inf L(v, ft), vE v pER+ vE v ce qui peut encore s'écrire G(Å) = sup G(ft). m pER+ - REMARQUES. (1) Si (u, Å) est un point-selle du Lagrangien L sur l'espace VXR, il est clair d'après Ie théorème 9.3-1 que Å est solution du problème (Q) par définition de ce dernier ; réciproquement, avec les hypothèses de la partie (1) du théorème précédent, si Å est solution de (Q), Ie couple (u). , Å) est point-selle du Lagrangien L : il y a donc coinci- dence de l'ensemble des solutions du problème dual (Q) avec celui des seconds arguments Å des points-selles (u, Å) du Lagrangien L ; ce résultat étant en quelque sorte "dual" du résultat établi au théorème 9.3-2. (2) Dans un souci de simplification, nous n'avons défini (c/. paragraphe 7.1) la déri- vabilité que pour des fonctions définies sur des ouverts, ce qui n'est pas Ie cas de la fonc- tion G. II est cependant inutile de compliquer les hypothèses (en supposant, par exemple, que la solution des problèmes (P p) est continue en ft pour tout ft dans un voisinage ouvert de R) puisqu'un simple examen de la démonstration du théorème 7.4-1 montre que la "dérivabilité" établie ici est suffisante pour son application. II Comme illustration des considérations précédentes, reprenons l'exemple d'une fonction- nelle quadratique 1 J: v E Rn -+- J(v) = - (Av, v)-(b, v), 2 
LAGRANGIENS ET POINTS-SELLES 225 où A E dn(R) est une matrice symétrique définie positive donnée et b E Rn un vecteur donné, et d'un ensemble U de la forme U = { V E Rn; t cijVj  d i , 1  i  m } = {v E Rn; Cv  d}, j=l OÙ C = (cij) E o'lm, n(R) est une matrice donnée et d E Rm un vecteur donné. On sup- pose l'ensemble U non vide, ce qui, rappelons-Ie, équivaut à la qualification des contrain- tes puisqu'elles sont affines. On sa it également que Ie problème primal (P) correspondant a une solution et une seule (c/. théorème 8.2-3). Pour éviter les confusions, no tons par ( ., .)n et ( ., .)m les produits scalaires de Rn et Rm, respectivement. Le Lagrangien associé au problème (P) s'écrit 1 L : (v, /-l) E RnXR -+ L(v, ft) = 2 (Av, v)n-(b, V)n+(ft, Cv-d)m 1 = - (Av, v)n-(b-CTft, v)n-(ft, d)m' 2 et, d'après Ie théorème 9.3-2, il possède au moins un point-selle, dont Ie premier argument est nécessairement la solution du problème primal. Pour Ie problème considéré, la non- unicité des points-selles ne peut donc correspondre qu'à la non-unicité de leurs seconds arguments ; nous reviendrons sur cette question. Pour appliquer Ie théorème 9.3-3, il faut vérifier que, pour tout ft E R'+, Ie problème (P,u) a une solution et une seule U,u E V: c'est évident puisque la fonction L(., ft) est de la forme: 1 L(v, ft) = 2" (Av, v)n-(b,u. v)n+c,u, b,u E Rn ,c,u E R ; c'est donc une fonctionnelle quadratique analogue à la fonctionnelle J. On sait par ail- leurs que Ie gradient de la fonction L( · , ft) est nu) au point u,u' ce qui s'écrit AuJ.l = b-CT ft <=> uJ.l = A -l(b-CT ft), et la continuité de l'application ft E R -+ uJ.l E Rn se trouve établie (un cas plus général est considéré à l'exercice 9.3-1). II est ensuite possible de calculer la fonction G. Pour cela, on remarque qu'une fonction- nelle quadratique de la forme ci-dessus admet un minimum uJ.l si et seulement si (AuJ.l' v)n = (b,u, v)n pour tout v E Rn, ce qui permet d'écrire 1 1 G(ft) = L(uj.l' ft) = 2" (Au,u, u,u)n - (bJ.l' u/l)n +cJ.l = -2 (bJ.l' u/l)n +cJ.l 1 =-2 (b-CTft, uJ.l)n-(ft, d)m 1 =-2 (b-CT /-l, A -l(b-CT/-l))n-(ft, d)m' soit, tous calculs faits, 1 1 - G(/-l) = 2" (CA-1CT /-l, /-l)m-(CA -lb-d, /-l)m +2 (A -1 b, b)n. 
226 PROGRAMMATION NON LINÉAIRE La matrice symétrique A E d(Rn) étant définie positive, ]a matrice symétrique CA -ICT E d(Rm) est sûrement positive, puisque pTCA ICT fl = (CT /1)T A -l(CT /1)  o. Elle est définie positive si, et seulement si, CT p., = 0 ==> f.l = 0, c'est-à-dire si, et seulement si, Ker (CT) = {o}  1m (C) = Rm <=> r(C) = "1, ce qui impose évidemment m  n. Le théorème 9.3-3 permet alors d'affirmer que, dans tous les cas, Ie problème dual a au moinj' une solution (ce qui n'est pas tout à fait évident à voir directement lorsque la matrice CA -lCT n'est pas définie), qui est unique lorsque r(C) = m (puisque la fonction -.=... G est alors strictement convexe). REMARQUE. On peut calculer Ie gradient de la fonction G et vérifier que son expression coïncide avec celle trouvée dans la démonstration du théorème 9.3-3: \JG(p.,) = CU/l-d =-CA- l CT/1+CA- I b-d. II 9.4. La méthode d'Uzawa Reprvons Ie problème primal (P) familier : Trouver ute] que I u E U déf {v E V; cp  (v)  0, 1  i  m}, leu) = inf lev). vEU Notre objectif est de construire un algorithme permettant d' approeher une solution de (P). A cet égard rappelons que si I'ensemble U est un convexe fermé quelconque d'un espace de Hilbert V, l'application de ]a méthode du gradient (e/. paragraphe 8.6) est en général illusoire puisqu'on ne sait pas construire "numériquement" ]'opérateur de projection sur l'ensemble U, sauf cas très particuliers. Or, comme nous I'avons déjà observé, les contraintes du problème dual (Q) : trouver À tel que (P) Â E R ' G(Â) = sup G(p.,), m ,uER+ correspondent, elles, à un opérateur de projection P + : R m -+ R très simple, donné par (c/. paragraphe 8.1) (P +Â); = max {Â;,O}, 1  i  m. La méthode que nous allons décrire repose sur cette remarque puisqu'en effet, elle n'est , / autre que la méthode du gradient appliquée au problème (Q) : Etant donné un élément ÂO E R arbitraire, on définit la suite (Âk)kO d'éléments de R'?; par la relation de recur- rence Âk+l = P +(Âk_ e \lG(Àk)), k  0, le paramètre e étant à choisir "au mieux". Puisque Ie problème (Q) est un problème de recherche de maximum, il est naturel de changer de signe devant Ie paramètre, et de s'attendre encore à la convergence pour des valeurs >0 de ce paramètre (à la lumière des résultats du paragraphe 8.6). 
MÉTHODE D'UZA W A 227 Dans certains cas (c/. la démonstration du théorème 9.3-3), on a vu qu'on sait calculer ]e gradient de]a fonction G. C'est Ie vecteur de composantes (\7G(p))j == ffJj(uIJ, 1  i  m, Ie vecteur lilt étant la solution du problème de minimisation sans contraintes : Up E V. J(u p ) +i p,rri(U Il ) = !, { J(v) + j fl-,rpi(V)}. Nous avons donc tous les éléments nécessaires à la description (formelle pour l'instant) de la méthode itérative proposée, qui s'appelle la méthode d' Uzawa : Partant d'un élé- ment ÂO E R arbitraire, on définit une suite de couples (Âk, uk) E R X V, k ;?:. 0, par les formules de récurrence suivantes (pour alléger l'écriture, on pose uk == U).k) : ! Calcul de Calcul de uk: J(ukH j! À7rpj(u k ) = !, { J(v) + jt! À7rpj(V)}. ).7+ 1 : ).7+ 1 == max {Â7 +eri(U k ), O}, 1  i  m. Bien que la méthode d'Uzawa soit construite a priori com me une méthode d'approxi- mation de la solution du problème dual, on peut aussi bien la comprendre comme une méthode d'approximation de la solution du problème primal. En effet, si la suite (Âk) converge vers une solution ).. du problème dual, on peut espérer que les solutions uk == U).k convergent vers la solution u du problème de minimisation : u E u. J(UHj Àilf,(u) = !, { J(V) + it! Àjrpi(V)}. c'est-à-dire la solution du problème primal. De ce point du vue, on peut dire que la méthode d' Uzawa remplace un problème de minimisation avec contraintes par une suite de prob/èmes de minimisation sans contraintes (on ne pouvait gagner sur tous les tableaux à la fois . . .). Dans Ie théorème qui suit, nous établissons la convergence de la suite (uk) vers la solution du problème primal, même lorsque la suite (Âk) ne converge pas: c'est une illus- tration de notre parti, qui est de considérer la méthode d'Uzawa "d'abord" comme une méthode d'approximation du problème primal. On remarquera d'ailleurs Que toutes les hypothèses portent sur les données de ce dernier. On notera enfin que, si l'on peut choisir d'ignorer l'existence du problème dual pour la description de la méthode, la suite (Âk) apparaissant alors comme un auxiliaire un peu "miraculeux", i1 n'en demeure pas moins que les notIons introduites au paragraphe précédent (Lagrangien, point-selle, problème dual, ...) jouent un rôle essentiel pour sa compréhension et son analyse. Dans ce qui suit. on note par (" .), et II . II, Ie produit scalaire et la norme euclidienne de R', par (X la constante >- 0 apparaissant dans l'inégalité (\7 J(u)- \7 J(v), u- v)n ;?:.  II u- v II de définition d'une fonctionnelle elliptique, et on pose /I Cv II m IICII == sup pour C E dm.n(R). vERn IIvll n 
228 PROGRAMMA TION NON LINÉAIRE Théorème 9.4-1 (con,ergence de la méthode d'Uzawa). On suppose que V = Rn, que la fonction Jest elliptique, et que l'ensemble U, de la forme U = {v ERn; Cv  d}, C E dm,n(R), d ERI1l, est non ,ide. Alors, si 2a o <: (! <: II C lIf ' la suite (uk) con'erge ,ers la solution unique du problème primal (P). Si Ie rang de C est m, la suite (Âk) con'erge égalen,ent, ,ers la solution unique du problème dual (Q). DÉMONSTRATION. (i) Préliminaires. La fonction J étant elliptique et l'ensemble con- vexe non vide U étant fermé, Ie problème (P) a une solution et une seule u, ainsi que les problèmes de minimisation successifs.. de solutions Uk.. rencontrés dans la méthode d'Uzawa (théorème 8.4-1). II résulte par ailleurs du théorème 9.3-3 (2) que Ie problème (Q) a toujours au moins une solution (nous reviendrons à la partie (iii) sur la question de son unicité). Introduisons l'application affine ' cp : v E Rn -+ cp(v) = Cv-d E Rnl, de sorte que Ie Lagrangien du problème s'écrit L : (v, fl) E RnXR -+ L(v, p) = J(v)+(fl, cp(v))m = J(v)+(CTfl, v)n-(ft, d)m. D'après Ie théorème 9.3-2 (2), i1 existe (au moins) un vecteur Å E R tel que Ie couple (u, Å) soit point-selle du Lagrangien L (c'est d'ailleurs ainsi que l'on obtient toutes les solutions du problème dual ; se reporter à la démonstration du théorème 9.3-3). On a donc d'une part VJ(u)+CTÅ = 0 puisque L(u, Å) = inf L(v, Å), et d'autre part vERn (cp(u), fl-Å)m  0 pour tout fl E R, puisque L(u, Å) = sup L(u, fl). Procédant exactement comme pour la méthode du ,uER gradient (c/. paragraphe 8.6), on remarque que la dernière relation peut encore s'écrire, pour tout nombre e :> , (Å-(Å+ecp(u)), fl-Å)m  0 pour tout ft E R, ce qui montre que Å peut s'interpréter comme la projection sur R1. de I'élément {Å+ecp(u)}. En résumé, { VJ(u)+CTÅ = 0, Å = P +(Å+ecp(u)). Puisque, par définition de la méthode d'Uzawa, les relations analogues { VJ(uk)+CTÅk = 0, Åk+l = P +(Åk+ecp(u k )), sont également satisfaites, on déduit { VJ(uk)-VJ(u)+CT(Åk_Å) = 0, IIÅk+l-Ållm  IIÅk -Ä+eC(uk-u)llm' puisque l'opérateur de projection "n'augmente pas les distances". 
MÉTHODE D'UZA W A 229 (ii) Convergence de la suite (uk). On utilise uniquement les deux dernières relations ci-dessus : élevant au carré les membres de l'inégalité, on obtient II Âk+l_). II  II Âk_Â 11+2e(CT(Âk_Â), u k -u)n+e 2 11 C(d'-u) II, ce qui, comte-tenu de l'égalité, s'écrit encore II Âk+] -}.II  II Âk-ÀII-2er\7J(uk) - \7J(u), uk - u)n+e 2 11 C(uk-u) II;'  II Âk_Â 11;,-e{2a-e II C 112} II uk-u II. Dans ces conditions, 2a o  e  TlCii2 = 11).k+1_Å,llm  IIÅ,k_Å,llm pour tout k  o. La suite (II Âk_Â IIm)ko étant alors décroissante et minorée (par zéro. . .), est convergente, ce qui entraîne lim {IIÂk+l_ÀII;,,-IIÀk_ÀII;,} = o. k --.. 00 Comme e{2a-e IICI1 2 } lIuk-ull  IIÀk_ÀII-IIÀk+l-ÀII, on déduit 2a I " k _ o <: e <: 2 => 1m II u -u IIn - O. II C II k--..oo (iii) Convergence éventuelle de La suite (Âk). La suite (II Àk_À I Dk3!:O étant décroissante, la suite (Âk) est bornée. II existe donc une suite extraite (Àk')k'3!:O qui converge vers un élément Â' E R, vérifiant \7J(u)+C T À' = lirn {\7J(u k ')+CTÀk'} = o. k' --"00 Faisons. alors l'hypothèse que Ie rang de la matrice C est m. Des équivalences r(C) = m <=> 1m (C) = Rm <=> Ker (CT) = 0, on déduit l'unicité de la solution À du problèrne dual. Cette dernière vérifie en effet \7J(U)+CTÀ = 0, et la solution u du problème primal est unique. Par suite À = À'. Comme Ie raisonne- ment ci-dessus peut être répété pour n'importe queUe suite extraite de la suite (Àk), il en résulte que toute la suite (Âk) converge vers À lorsque r(C) = m. II Dans Ie cas d'une fonctionneUe quadratique : 1 J : v E Rn --.. J(v) = - (Av, v)-(b, v), 2 une itération de la méthode d'Uzawa s'écrit : { Calcul de Calcul de Uk : Auk-b+CTÀk = 0, Àk+l : À}+l = max {(Àk+e(Cd'-d));, O}, 1  i  m. 
230 PROGRAMMA TION NON LINÉAIRE D'après Ie théorème précédent, la méthode converge si la matrice symétrique A est définie positive et si 2Â 1 (A) o <: e <: IICl1 2 ' Å 1 (A) désignant la plus petite valeur propre de Ia matrice A. REMARQUE. Éliminant uk entre les équations précédentes, on obtient Âk+l = P+(Âk+e(-CA-ICTÂk+CA-1b-d)), c'est-à-dire exactement Âk+l = P +(Âk+e \7G(Âk)), d'après Ie calcul de la fin du paragraphe précédent : la méthode d'Uzawa est bien la méthode du gradient appliquée au problème dual ! II 
10 PROGRAMMA TION LINÉAIRE Introduction Un problè/ne de progra111111atioll Iinéaire se présente sous la forme : trouver u tel que (PI) J u E U = {v E Rn: Cv  d}, C E d m , n(R), d E Rm, I J(u) == inf J(v), J(v) == (a, v)n. 1'f U En ce qui concerne l'existence et l'unicité d'une solution, les résultats antérieurement établis ne donnent pratiquement aucun renseignement. En effet, la fonctionnelle J étant "seulement" convexe (elle n'est pas strictement convexe, et encore moins ellip- tique !), tout au plus peut-on affirmer l'existence (mais non l'unicité) d'une solution dans Ie cas où l'ensemble U est borné. La difficulté vient en particu]ier de ce que la fonctionnelle tend vers + 00 dans certaines directions, alors que dans d'autres, elle tend vers - 00 . C'est pourquoi - une fois n'est pas coutume - un problème de programmation linéaire est plus difficile à traiter que certains problèmes de programmation non linéaire, notamment quadratique. Par exemp]e, la démonstration de l'existence d'une solution ]orsque inf J(v) :> - 00 n'est vEU pas triviale (c/. théorème 10.1-1), alors qu'il s'agit d'un résultat intuitivement très naturel. Après avoir passé rapidement en revue au paragraphe 10.2 quelques exemples de prob]èmes de programmation ]inéaire (d'origine essentiellement "économique"), no us décrivons en détail au paragraphe 10.3 la méthode du simplexe. Cette méthode, d'emploi universel, est tout à fait remarquable : Dans presque tous lej' cas, elle permet en effet à l'aide d'un nombre fini d'opérations élémentaires, soit de calculer une solution du problème (PI) (après que celui-ci eût été mis sous une forme équivalente, mieux adaptée à l'application de la méthode), soit de conclure que Ie problème n'a pas de solution. II peut apparaître néanmoins un phénomène de cyclage dans certains cas exceptionnels où la méthode ne permet pas de conclure ; c'est une nouvelle différence avec la program- mation quadratique où, rappelons-le, la méthode d'Uzawa est toujours convergente. Au paragraphe 10.4, nous commençons par montrer que les résultats du chapitre précédent concernant la dualité sont d'une portée limitée lorsqu'on les applique au problème (PI) ; cette observation nous conduit ensuite à transformer ce dernier sous 
232 PROGRAMMA TION LINÉAIRE Ia forme équivalente : trouver u tel que (P2) J u E U = {v E R; Cv.,.; d}, C E cIl m . n(R), d E Rm, ) J(u) = inf J(v), J(v) = (a, v)n, l vEU puis à définir un nouveau type de problème dual : trouver À tel que (Q2) JÅEA={,uER; CT,u+aO}, ) G(À) = sup G(p), G(p) =-(d, fl)m' l ,uE A L'introduction de ces formes (P 2 ) et (Q2) de problèmes nous permet alors d'établir Ie résultat fondamental concernant la dualité en programmation linéaire (théorème 10.4-3). Nous précisons enfin (théorème 10.4-4) Ie lien, a priori inattendu mais pourtant réel, qui existe entre Ia méthode du simplexe et la dualité. 10.1. Généralités sur la programmation linéaire Suivant la défìnition donnée au paragraphe 8.2, un problème de programmation linéaire correspond à la minimisation d'une fonctionnelle linéaire n J : v E Rn  J(v) = L aiVi = (a, v)n' i=l où a = (0;) est un vecteur donné de Rn, lorsque Ie vecteur v décrit un ensemble de la forme U = { v ERn; .f CijVj"'; d;, t.,.;;.,.; m } = {v ERn; Cv  d}, )=1 où C = (Cij) est une matrice donnée de type (m, n), et d = (d i ) est un veteur de Rm. n On peut en effet toujours se ramener à cette forme puisque toute égalité L CVj = d; 1=1 apparaissant éventuellement dans la définition de l'ensemble U peut être remplacée par n n Ies deux iné g alités "" c.v.  d et "" ( - c . ) v.  -d f..J I)) I f..J I)) I . j=1 j=l Selon Ie type de question étudiée, nous serons amenés à distinguer trois formes cano- niques d'un problème de programmation linéaire : trouver u tel que (PI) uEU= { VERn; fCijVj"';d;, t.,.;;.,.;m } , j=1 J(u) = inf J(v), vEU n J(v) = L aiv; ;=1 (forme ci-dessus) ; ou bien: trouver u' tel que (P 2 ) u' E U' = { V' E R; t cijv; .,.; d;. t  ;  m' } , j=l J'(u') = inf J'(v)'. J'(v') = t a; v; vE U' ;=1 
GÉNÉRALITÉS 233 (on rappelle que R = {v = (Vi) E RP; Vi  0, 1  i  p}; ou bien: trouver u" tel que (Pa) { nil u" E U" = v" E R" + " , .  C  V  I = d! / L..J lJ J " j=l 1  i  m" } , J"(u") = inf J"(v"), vE U" II" J II ( II ) -  II II V - L..J ai Vi · i=l II est alors facile de voir que les trois formes canoniques sont équivalentes, au sens suivant : part ant d'un problème posé sous )'une des formes, on peut toujours lui faire correspondre un problème posé sous l'une quelconque des deux autres formes, de telle façon que la connaissance de l'ensemble (qui est peut-être vide!) des solutions du pro- blème "initial" entraîne celIe de l'ensemble des solutions du "nouveau" problème, et inversement. C'est ainsi qu'à un problème posé sous la forme (PI)' on associe un problème de la forme (P 2), avec u' = {v' = (v, v)E R II II } L Ci/Vj+ L (-cij)Vj  d i , 1  i  m , j=l j=l II II JI(V') = L a;vi + L (-ai) Vi. i=l 1=1 Un vecteur u E R" est en effet solution du problème (PI) si et seulement si Ie vecteur u' = (û, û) E R2n, avec u = û -û, û E R+, u E R+, est solution du problème (P 2 ). De lamême façon, étant donné un problème posé sous la forme (P 2 ), on lui associe un pro- lème de la forme (Pa), avec { II' } U" = v" = (v', v) E R+m'; L cijv; +Vi = di, 1  i  m , j=l n' J " (v " )  ' I = L..J ai vi ' ;=1 les "nouvelles" variables Vi' 1  i  m, étant appelées variables d'écarl. Un vecteur u' E R"' est alors solution du problème (P 2) si et seulement si Ie vecteur u" = (u ' , u) E n' E R"'+m', avec L C;jU; +Ui = d;, 1  i  m, est solution du problème (Pa). Enfin, j=l étant donné 11n problème posé sous la forme (P a), on lui associe un problème posé sous la forme (PI)' avec u = { v ERn"; -Vi  0, 1  Z .  n " -= -= , n" L j=l / / d ' / c.. V.  . lJ J " 1  i  m" , n" 1  i  m"}' L (-C;;)Vj -d;' , j=l II" J(v) = L aí'vI, 1=1 de sorte qu'un vecteur u" E R"" est solution du problème (P a) si et seulement si Ie vec- teur u = u" E Ril' I est solution du problème (PI). 
234 PROGRAMMATION LINÉAIRE REMARQUE. Dans un souci évident de simplification de l'écriture, nous omettrons dorénavant I"indication des "primes" et "secondes" en exposants des variables. des fonc- tionnelles. etc.. apparaissant dans les problèmes considérés. z Avant d'énoncer un résultat général d'existence, faisons deux remarques préliminaires très simples, qui illustrent bien Ie caractère "particulier" de la programmation linéaire, notamment vis-à-vis de la programmation quadratique. Premièrement, il est clair qu' aucun point intérieur à l' ensemble U ne saurait être solu- tion, sauf si Ia fonctionnelle Jest nulle. Soit en effet u un point intérieur à l'ensemble U, et e :> 0 Ie rayon d'une boule fermée de Rn centrée en u et tout entière contenue dans l'ensemble U. La linéarité de la fonctionnelle J: v  J(v) == (0, v) montre que J ( u - ---2 a ) == J(u)-e -< J(u) Sl a  0, "all z et comme Ie point { u - -2- a } appartient à )'ensemble U, la conclusion en découle. II all Deuxièmement, if se peut que Ie problème n' ait pas de solution lorsque l' ensemble U est non borné : considérer I'exemple de la fonction J(v) ==-v et de l'ensemble U == R+. II s'agit là d'une deuxième différence avec la programmation quadratique (c/. théo- rème 8.2-1), qui provient naturellement de l' absence de coercivité d'une fonctionnelle linéaire ! Troisièmement, alors qu'il est facile de démontrer qu'une fonctionnelle J coercive ( lim J(v) == + 00 ) admet (au moins) un minimum sur un ensemble fermé non vide Ilvll.... oo U (se reporter à la démonstration du théorème cité plus haut), la démonstration de l'exis- tence d'une solution dans Ie cas où inf J(v) :> - 00 est ici plus délicate. De façon vEU précise, nous allons établir Ie résultat suivant, concernant l'existence ou la non-existence d'une solution pour un problème posé sous la forme (P 3) (pour simplifier la démonstra- tion, mais ce n'est pas une restriction puisque les trois formes sont équivalentes). - Théorème 10.1-1. On considère Ie problème : trouver u tel que J u E U = {v E R'+; Cv = d}, C E aim. n(R), t J(u) = inf J(v), J(v) = (a, v). vEU On suppose I'ensemble U non vide. Alors on a I'alternative suivante : (i) ou bien inf J(v) = - 00; vEU (ii) ou bien inf J( v) :> - 00 , et Ie problème admet au moins une solution. vEU DÉMONSTRATION. Plaçons-nous dans Ie cas où inf J(v) :> - 0,), et considérons vEU une suite minimisante (Uk)k;?;O, qui vérifie par définition : Uk == (u7)7=1 E U pour tout k  0, lim J(uk) == inf J(v). k....oo vE U Désignons comme d'habitude par (e , ) la base canonique de Rn, et introduisons la matrice de type (m+1, n) : CB = (Pc1). 
EXEMPLES DE PROBLÈMES 235 Puisque les composantes uf sont toutes  0, la suite (ØUk)kO appartient au cône déf { n @ = il v(ße; E Rm + 1; 0..,; Vi. 1..,; i ..,; n } . Un tel cône étant fermé (d'après la première partie de la démonstration du lemme de Farkas-Minkowski ; cf. théorème 9.1-1), et la suite ((ßUk) étant convergente (puisque lim aT Uk - inf J( V) :> - 00 et CUk = d pour tout k  0), il existe un vecteur u tel k-+oo vE U que j lim aTuk = aTu, U E R, lim (ßUk = (ßu <=> k-+oo k-+oo d = Cu. II REMARQUE. Des conditions nécessaires et suffisantes d'existence faisant intervenir la dualité seront établies au paragraphe 10.4. II 10.2. Exemples de problèmes de programmation linéaire Les exemples que nous passons en revue se présentent sous la forme (P 2)' Un exemple de problème se présentant sous la forme (P 3 ) est proposé à l'exercice 10.2-1. Une usine fabrique deux produits PI et P2 à l'aide de matières premières ql' q2' q3. La fabrication d'une unité du produit PI nécessite 1 unité de ql' 2 unités de q2' 4 unités de qa ; la fabrication d'une unité du produit P2 nécessite 6 unités de ql' 2 unités de q2' 1 unité de qa. L'usine dispose de 30 unités de ql' de 15 unités de q2' de 24 unités de qa. Enfin, la vente d'une unité de PI rapporte un bénéfice de 2 écus, celle d'une unité de P2 un bénéfice de 1 écu. L'objectif de l'usine étant la recherche d'un bénéfice maximal, comment doit-elle organiser sa production ? Appelant UI et U2 les nombres "optimaux" d'unités des produits PI et P2 à produire respectivement, ce problème d' organisation de production s'écrit : trouver U = (u 1 , U2) tel que f u E U = {v = (VI' V2) E R; VI +6V 2  30, 2v I + 2V 2  15, 4vI +V2  24}, J(u) = inf J(v), J(v) =-2VI-V2. vEU C'est donc bien un problème de programmation linéaire posé sous la forme (P2)etquise résout d'ailleurs "graphiquement" de façon très simple (cf. figure 10.2-1). En "dépla- çant" les droites { J(v) = J(v o ) } on saperçoit en effet que la solution est Ie sommet u = ( 11 ) I . . = 2' 2 de l'ensemb e U, ICI un pentago- ne (l'existence d'au moins une solution était de toute façon évidente, puisque l'ensemble U ci-dessus est non vide, fermé, borné). C'est là Ie premier exemple d'une propriété générale, et fondamen tale , des problèmes de programmation linéaire, que nous établirons rigoureusement au théorème 10.3-2, et que nous retiendrons pour l'instant sous la forme "vague" suivante : si Ie problème admet une r 2v, +2'12.- 15 4 24 , r v.+v 2 - \ \ \ \ \ \ v.+ 6v 1 -30  FIG. 10.2-1. 
236 PROGRAMMATION LINÉAIRE solution, alors au moins un "sommet" de l'ensemble U (qui est un "polyèdre", borné ou non, de Rn) est solution. II se peut d'ailleurs que plusieurs sommets soient solutions. C'eût été Ie cas dans Ie problème ci-dessus si, par exemple, la fonctionnelle J avait eu pour expression J(v) = =-4vI-V2. Alors Ie segment fermé joignant les deux points ( 1 , 2) et (6,0) eût été l'ensemble des solutions. REMARQUE. Pour que la solution u = ( 1; , 2) soit acceptable, encore faut-it que les unités de produit PI soient "divisibles". Sinon, on serait en présence d 'un exemple de problème de programmation linéaire "en nombres entiers". Nous ne dirons rien ici de ce type de problème, pour lequel nous renvoyons aux Commentaires Bibliographiques. II Montrons au passage comment Ie problème ci-dessus peut être immédiatement converti en un problème de type (P3) : introduisant trois variables d'écart Vi, i = 3, 4, 5, on est ramené à trouver u tel que I u E U = {v E R; Cv = d}, J(u) = inf J(v), J(v) = (a, v), vEU où -2 -1 c=G 6 1 .), d=GÐ. a= 0 2 1 . 0 1 0 Voici un deuxième exemple de problème : on peut acheter 4 types d'aliments dont les teneurs en calories, en vitamines, et Ie prix (exprimés pour la même uni té de po ids, en unités convenables), sont donnés dans Ie tableau suivant : type 1 type 2 type 3 type 4 calories 2 1 0 1 vitamines 3 4 3 5 prix 2 2 1 8 Le problème, connu sous Ie nom du problème du consommateur, consiste à obtenir au moindre coût au moins 12 calories et 7 vitamines. Appelant Ui Ie poids "optimal" à ache- ter de l'aliment de type i, on est ainsi amené à chercher Ie minimum de la fonction J(v) = 2vI+2v2+v3+8v4, lorsque Ie vecteur v = (V;)1=1 décrit l'ensemble U = {v = (V;)t=l E R; 2VI+V2+V4  12, 3VI+4v2+3v3+5v4  7}. 
MÉTHODE DU SIMPLEXE 237 On notera que, à la différence du problème précédent, l'ensemble U est ici non borné. S'il n'est pas difficile de montrer que Ie problème ci-dessus admet (au moins) une solution, on ne perdra pas de vue qu'il ne s'agit pas d'une circonstance générale, comme on l'a déjà remarqué. Examinons ensuite Ie problème du concurrent: un vendeur "concurrent" souhaite s'approprier Ie marché alimentaire, avec deux nouveaux types d'aliments, dont les teneurs respectives en calories et vitamines (par unité de volume) sont les suivantes : - type I type II , calories 1 0 I vitamines 0 1 Le concurrent cherche à déterminer les prix Å l et Å 2 d'une unité de volume de chacun de ces nouveaux aliments, de façon à maximiser Ie prix de vente total. 11 est donc conduit à chercher Ie maximum de la fonction G(fl) = 12fll + 7 f.l2 (on suppose naturellement que Ie consommateur n'achète que Ie strict nécessaire) lorsque Ie vecteur fl = (f.l;)T=l décrit l'ensemble M = {fl = (fl;)T=l E R; 2fl1 +3fl2  2, fl1 +4fl2  2, 3fl2  1, f.l1 +5fl2  8} (on exprime simplement l'objectif naturel du concurrent d'offrir la même quantité de calories et de vitamines que dans chacun des aliments de type 1 à 4 à un prix inférieur ou égal ; sinon il n'a aucune chance de vendre ses nouveaux aliments à des consommateurs intelligents, toute question de goût mise à part, bien entendu . . .). On notera que Ie problème du consommateur et Ie problème du concurrent s'écrivent respectivement : I u E U = {v E R; Cv  d}, (P) J(u) = inf J(v), J(v) = (a, V)4, vEU I Å E M = {fl E R ; (Q) G(Å) = sup G(f.l), /-lEM CT f.l  a}, G(f.l) = (d, /-t)2, avec aT = (2 2 1 8), c= G 1 4 o 3 ), d = C). Comme nous Ie verrons au Paragraphe 10.4, il s'agit là d'un exemple de dualité en programmation linéaire, Ie problème (Q) étant exactement Ie "dual" du problème (P). 10.3. La méthode du simplexe On considère un problème de programmation linéaire posé sous la forme (Pa): trouver u tel que u E U = { v E R'+ ; n L CijV j = d;, j=l 1 "'" i "'" m } , n J(u) = inf J(v), J(v) = L a;vi. vE U ;=1 
238 PROGRAMMATION LINÉAIRE Désignant par Cj E Rm, 1  j  n, les vecteurs colonnes de la matrice C= (cij) E dim, n(R), on remarque que les trois écritures suivantes sont équivalentes : n L C;jVj = d;, j=l n 1  i  m .ç::} Cv = d.ç::} L v jCj = d, j=l la dernière étant notamment d'un usage constant dans ce paragraphe. En vue de préciser la notion de "sommet" de l'ensemble U, commençons par quelques définitions générales : si U est une partie convexe d'un espace vectoriel, un point u E U est appelé point extrémal de l'ensemble U si l'implÏcation v E U, w E U, 0 <: À <: 1 }  u = v = w, u = À v +(1-À)w est satisfaite. Un polyèdre de Rn est un ensemble de la forme U= { VERn; .Î CijVjdi' lip, .f. Cij1'j=d i , p+lim } )=1 )=1 Enfin, un point extrémal d'un polyèdre est appeJé sommet du polyèdre. Ces définitions généralisent de façon naturelle celles de polygone convexe (non nécessairement borné) du plan, et de sommet d'un tel polygone. La figure 10.3-1 donne l'exemple d'un polyèdre de R3, défini par (0,2,0) FIG. 10.3-1. U = {v E R  v 1 +2v 2 +4v 3 = 4}. On vérifiera que les seuls sommets de l'ensemble U considéré sont les points (4, 0, 0), (0, 2, 0), (0, 0, 1). Commençons par caractériser les sommets d'un polyèdre de la forme U = { V E R,+; Î vjCj = d } j=l (pour des polyèdres définis par des inégalités, voir l'exercice 10.3-1). A un point quel- conque v d'un tel ensemble, on associe l'ensemble d'indices 1* (v) = {1  j  n; v j :> O}. Si l'origine appartient à l'ensemble U (de façon équivalente si d = 0), auquel cas 1*(0) = 4>, on notera que l'origine est déjà un sommet, puisque o = À v +(1-À)w } => v = W = o. v  0, w  0, 0 <: À <: 1 Examinons Ie cas des autres sommets. Théorème 10.3-1. Un point u E U différent de /'origine est un somnlet du po/yèdre U = { to E R'+; .Î vjCj = d } , Cj: vecteurs de R'n, 1=1 si et seu/ement si /es vecteurs Cj, j E 1*(u), olÌ 1*(u) = {I  j  n; Uj:> O}, sont /inéairement indépendants. 
MÉTHODE DU SIMPLEXE 239 DÉMONSTRATION. Supposons les vecteurs Cj, j E I*(u), linéairement dépendants : i1 existe un vecteur W == (Wj)J=l tel que n W  0, Wi == 0 SI j  1* (u), L W jCj == Cw == O. j=l Comme Uj :> 0 pour j E I*(u) (par définition), il existe un nombre ()  0 tel que Uj + ()Wj   0, 1  j  n (Uj + ()Wj == 0 pour j  I*(u)). Puisque n n C(u + ()w) == L ujCj + () L wjCj == d, j=l j=l on conclut que les deux vecteurs (u+()w) et (u-(}w) appartiennent à l'ensemble U. Les relations 1 1 II == - (u+()w)+- (u-(}w), ()w  0, 2 2 montrent alors que u n'est pas un point extrémal de l'ensemble U. Supposons les vecteurs Cj, j E I*(u), linéairement indépendants et supposons que l'on puisse écrire u == Àv+(1-À)w, avec v E U, wE U, 0 -< À -< 1. Les relations v  0, W  0, 0 <: À -< 1, impliquent les inclusions 1*(v) U 1*(w) c 1*(u). déf Le vecteur Z == w- v == (Zj)l=l vérifiant ! Zj == 0 si j  I*(u), Î zjCj == Cz == Cw-Cv == 0, j=l 1 'indépendance linéaire des vecteurs Cj entraîne Zj == 0 si j E l(u*). On a donc établi l'égalité v == w, qui implique à son tour l'égalité u == v == W : Le point u est extrémal. II Avec cette caractérisation des sommets du polyèdre U, nous sommes maintenant en mesure de démontrer une propriété que nous avions constatée au paragraphe 10.2 sur un exemple, et qui est la clef de voûte de l' algorithme que nous allons étudier plus loin. Théorème 10.3-2. Si Ie problème : trouver u tel que u E U = { V E R'+; t vjCj = d } , )=1 n J(u) = inf J(v), J(v) = L aiv i , vEU j=l a une solution, alors (au moins) un sommet de I' ensemble U est aussi solution. DÉMONSTRATION. Soit u E U une solution du problème ci-dessus. Si 1*(u) == 4>, a]ors u == 0 ; or on a vu que l'origine est un sommet de l'ensemble U si elle lui appartient. Si I*(u)  4>, alors ou bien les vecteurs Cj, j E I*(u), sont linéairement indépendants et Ie point u est un sommet de l'ensemble U, ou bien i1 existe un vecteur W == (Wj)J=l vérifiant max Wj :> 0, j n Wj == 0 SI j  1*(u), L wjCj == Cw == 0; j=l en effet, on ne restreint pas la généralité en s upposant que l'une au moins des composantes du vecteur west :> o. 
240 PROGRAMMA TION LINÉAIRE Considérons les points de Rn de la forme u+Ow, 0 E R, qui vérifient, d'une part, C(u+Ow) = Cu+OCw = d pour tout 0 E R. Comme { u.+Ow. Sl (u+Ow)j = 0 ) ) Sl Uj :> 0, Uj = 0, on conclut qu'il existe un intervalle de la forme [0 0 , 0 1 ], avec { u. - 00 <: 0 0 = max - --2- ; w. ) { U. O<:Olmin _-L; w. ) j E l*(u) et Wj >- 0 } -< 0, j E l*(u) et Wj -< 0 } .e;; + 00 (on a supposé max Wj :> 0 ; on rappelle que inf cþ = + 00), tel que, d'autre part, j (u+OW) E U pour tout 0 E [0 0 , 0 1 ]. Comme la fonctionnelle Jest linéaire, J(u+Ow) = J(u)+OJ(w) pour tout 0 E [0 0 , 0 1 ], ce qui impose J(w) = 0 puisque J(u) = inf J(v), )'intervalJe [0 0 , 0 1 ] contenant l'origine vEU en son intérieur. Autrement dit, les points de la forme u+Ow, 0 0  0  0 1 , sont tous solutions du pro- blème. Puisque I 'une au moins des composantes u j + 0 OW j , j E l*(u), s 'annule par définition de 0 0 , on a ainsi construit une solution u' = U +Oow pour laquelle l*(u') c l*(u), et donc card (l*(u')) <: card (l*(u)). ;é Alors ou bien les vecteurs Aj. j E l*(u'), sont linéairement indépendants et la solution u' est un sommet, ou bien ces mêmes vecteurs sont linéairement dépendants. Dans ce dernier cas, on recommence Ie raisonnement précédent. Puisqu'une application de celui-ci a pour effet de diminuer d'au moins une unité Ie nombre de vecteurs Cj considérés, on aboutit nécessairement à une solution qui est aussi un sommet après un nombre fini de construc- tions analogues à celIe détailIée ci-dessus. II Comme corollaire des deux théorèmes précédents, nous pouvons démontrer deux propriétés intéressantes concernant les sommets : Théorème 10.3-3. Si Ie polyèdre U = {v E R'+; Cv = d}, C E aim. n(R), d E Rm, n'est pas ,ide, il possède au moins un sommet. Par ailleurs, les sommets sont en nombre jini. DÉMONSTRATION. Considérons Ie problème de programmation linéaire : trouver (u, ù) tel que { . ü E ií . {(v. v E '+X ; _ Cv+ _ d}. J (u, u) = Inf J (v, v), J (v, v) = LVi. (v, v)E Ü ;=1 
MÉTHODE DU SIMPLEXE 241 Si )'ensemble U est non vide, ce problème admet déjà pour solutions tous les couples (u,O), OÙ u E U. II suffit donc d'appliquer Ie théorème 10.3-2 à l'une quelconque de ces solutions, et d'utiliser ensuite la caractérisation des sommets donnée au théorème 10.3-1. Cette dernière montre également que les sommets sont en nombre fini, puisqu'il y a un nombre fini de façons de choisir des vecteurs linéairement indépendants parmi les vecteurs Ci, 1 j  n. II La méthode du simplexe, due à G. B. Dantzig, repose sur Ie résultat ci-dessus : son principe est en effet d'évaluer la fonctionnelle J en certains sommets de l'ensemble U, construits par récurrence suivant une stratégie particulière : partant d'un sommet u o , on construit une suite de sommets u o , u 1 , . . ., Uk, Uk + 1, . . . correspondant à des valeurs décroissantes de la fonctionnelle. Si Ie problème a une solution, et si l'on peut faire en sorte d'avoir uniquement des inégalités strictes J(Uk) >- J(Uk + 1), k  0, ce procédé conduit en un nombrefini d'itérations à un sommet qui est aussi solution, puisqu'il y a un nombre fini de sommets. REMARQUES. (1) II arrive effectivement dans certains cas qu'on ne puisse obtenir l'inégalité stricte J(Uk) >- J(Uk + 1) ; on a seulement l'égalité J(Uk) = J(Uk + 1). Cette circonstance peut conduire au phénomène dit de "cyclage", sur lequel nous reviendrons. (2) L'éventualité où inf J(v) = - 00 n'étant nullement exclue (reprendre l'exemple de la vEU fonctionnelle J(v) =-v, et de l'ensemble U = R+, de sommet unique 0), il est remar- quable que la méthode en question permette aussi de reconnaître cette éventualité, en l'absence toutefois du phénomène de "cyclage" signalé ci-dessus. (3) On pourrait songer à évaluer systématiquement la fonctionnelle J en tous les som- mets de l'ensemble U, sans aucune stratégie particulière. Leur nombre étant déjà très grand pour des "petites" valeurs de m et n, ce procédé naïf est à proscrire complètement. II Nous allons d'abord nous attacher à la description d'une itération de la méthode du simplexe, c'est-à-dire dans Ie cas Ie plus "courant", Ie passage d'un sommet à un autre sommet, d'autres éventualités étant en effet possibles. Ce n'est qu'ultérieurement que nous examinerons la question de la détermination d'un sommet initial U o (l'''initialisation'' de l'algorithme). Rappelons la définition du problème : il s'agit de trouver u tel que u E U = { V E R'+; t v jCj = d } , )=1 J(u) = inf J(v), vEU n J(v) = L ajvi, ;=1 où les vecteurs Cj E Rm, 1  j  n, sont les vecteurs colonnes d'une matrice C = (cij). Sans restreindre la généralité, on va supposer que r(C) = m (:e qui impose m ",;; n). En effet, sir(C) = m' -< m, alors ou bien l'ensemble {V E Rn ; L vjCj = d } est vide, auquel cas Ie problème n'a pas de solution, ou bien on peut 1 n toujours extraire des équations L cijVj = d i , 1  i  m, un sous-ensemble de m' équa- j=1 tions équivalentes dont la matrice est de rang m'. 
242 PROGRAMMA TION LINÉAIRE REMARQUES. (1) On peut également supposer tous les vecteurs colonnes Cj de la matrice C non nuls. En effet si l'un d'eux est nul, disons cn pour fixer les idées, alors ou bien an >- 0, auquel cas toute solution du probIème vérifie Un == 0 et on peut donc "éliminer Ia n-ème variable", ou bien an <.: 0 (si an == 0, la n-ème variable n'apparaît pas .. .), au que I cas inf J(v) ==- 00 et Ie probIème n'a pas de solution. vEU (2) Dans Ie même ordre d'idées, il devrait être clair que Ie cas où In == n est sans grand intérêt pour la suite ... II La description de la méthode du simplexe nous amène à une distinction préliminaire entre deux types de sommets. Rappelons (théorème 10.3-1) qu'un point u == (Ui) E Rn est un sommet de l'ensemble U si et seulement si I Ui  0, 1  i  n; Î ujCj == L ujCj == d; j=l jE/*(u) les vecteurs Cj E R m , j E I*(u), sont linéairement indépendants, où 1* (u) == {1  j  Il; U j >- O}. On dit alors qu'un tel sommet est non dégénéré si card (/*(u)) == m, et dégénéré si card (/*(u)) <.: m ; c'est ainsi que l'origine est un sommet dégénéré de l'ensemble U lors- qu'elle lui appartient, puisque 1*(0) == </J. Or, pour des raisons qui vont apparaître dans la description de la méthode, i1 est essentiel de pouvoir associer à tout sommet exactement m vecteurs colonnes Cj linéaire- ment indépendants. C'est pourquoi dans Ie cas d'un sommet dégénéré u, pour Iequel card (l*(u)) == m' <.: m, on complètera les vecteurs Cj, j E I*(u), par (m-m') vecteurs Cj,. j  l*(u), de telle façon que les m vecteurs Cj ainsi obtenus soient linéairement indépen- dants. C'est toujours possible (puisqu'on a supposé r(C) == m) mais en général de façon non unIque. On peut donc donner la définition équivalente : un point u == (Ui) E Rn est un SOml11et de l'ensemble U 's'i et seulement si if existe un en's'emble 1 c {1, 2, ..., n} avec card (I) == nl, tel que I u.  0 si i E I, Ui == 0 si i  I; Î Ui Ci == L lii Ci == d ; . 1 iEI IS vecteurs C;, i E 1, J'ont linéaireme: indépendants. On dit alors que (Ci)iE/ est une ba's'e, associée au sommet u. On retiendra que la base associée à un 's'ommet non dégénéré est définie de façon unique, mais que la ba's'e associée à un sommet dégénéré n' est pas nécessairement définie de façon unique. REMARQUE. Cette possibilité explique l'abus de langage parfois constaté (mais par ail- leurs fort commode, par exemple dans la description de la méthode du simplexe) qui consiste à considérer un même sommet comme plusieurs sommets "différents" dans la mesure où plusieurs bases (réellement !) différentes peuvent lui être associées. II Supposons donc connu un sommet u == (ui)f=l de I'ensemble U, de base associée (Ci)iEI. L'idée de Ia méthode est d'effectuer Ie passage au sommet suivant (quand c'est possible) en remplaçant l'un des vecteurs Ci, i E I, par /'un des 'ecteurs Ci, j  I, ce qui définira la base associée au sommet suivant. 
MÉTHODE DU SIMPLEXE 243 Soit j un indice n'appartenant pas à l'ensemble I. Le vecteur e j s'écrit e j == L yie i , iEI les composantes yl étant définies de façon unique. Puisque L (Ui-()y!)e i +()e j == L Ui ei == d pour tout () E R, iEI iEl on déduit que le's'points de composante's' \ . u.-(}v.i. I '" (), 0, Sl i E I, Sl i == j, Sl i  I U {j}, sont de's' point,S. de l'ensemble U pourvu que . déf . { Ui } o  ()  (}J == mln ---:; i E I et y! > 0 . YI N aturellement, on espère que Ie point correspondant à () == ()j est un nouveau sommet lorsque 0 < ()j < + 00 . C'est effectivement ce que l'on démontrera. Évaluée en ces points, la fonctionnelle J vaut L ai(ui-()y!)+()aj == J(u)+() ( a j - L yjai ) , iEl iEI de sorte que, pour pouvoir diminuer strictement la valeur de la fonctionnelle, il faut, d'une part, que Ie nombre ()j soit >0 et, d'autre part, que Ie nombre { a j - I y{a i } soit iEI <0. On e,S't done naturellement conduit à distinguer plusieurs éventualités, selon les signes des nonlbre's' ( aj - L y-fa i ) , max yl, ()j == min { u i . ; i E I et y{ > O } , pour j  I. i Eli E I Y1 Si tous les nombres ( aj - L yfa i ) , j  I, sont  0 (cas A), on a l'intuition que Ie som- iEl met u est peut-être une solution (car on ne constate la non-décroissance de la fonction- nelle J que "dans la direction des sommets voisins") ; c'est effectivement ce que l'on va montrer. Sinon (cas B), l'objectif est de se retrouver en un autre sommet, en annulant l'une au moins des "nouvelles" composantes (Ui-()yj), i E I, pour une valeur finie de (), qui ne peut être que () == ()j. C'est impossible si toutes les composantes yf sont  0 pour i E I (cas Bl), auquel cas il est d'ailleurs clair que inf J(v) == - 00. Par contre, si l'une des vEU composantes yf, i E I, est < 0, on montrera que Ie point u+ correspondant à () == ()j (qui est alors un nombre fini) est effectivement un sommet, ce qui revient à montrer l'indé- pen dance linéaire des vecteurs colonnes associés au point u+. Pour que celui-ci corres- ponde à l'inégalité stricte J(u+) < J(u), encore faut-il que Ie nombre ()j soit >0 (cas B2) : c'est Ie cas de progression "courante" de l'algorithme. Sinon (cas B3), on est peut-être en présence du phénomène de cyclage. Le résultat qui suit rassemble, en les précisant, ces diverses éventualités. Théorème 10.3-4. So;t u un sommet de l'ensemble U, de base assoc;ée (Ci)iEI. Pour tout j  l,onpose Cj = I Y{Ci. iEI 
244 PROGRAMMA TION LINÉAIRE Les seules éventualités possibles sont les suivantes : Cas A : a j - L Y{ai  0 pour tout j  1. Alors Ie sommet u est solution du problème. iE/ Cas B: il ex;ste (au moins) un indice j  I pour leqllel { aj - L y{a i } <: 0 : cette éven- iE/ tual;té se subdivise elle-même en trois cas : Cas Bl : il existe (au moins) un indice j EE 1 pour lequel on a simultanément aj- L r{ai <: 0 et y{  0 pour tout i E I. iE/ Alors inf J(v) == - 00. vEU Cas B2 : II ex;ste (au moins) un indice j+  I pour lequel on a simultanément I aj+ - L i'{+ai <: 0; iE/ r{+ :> 0 pour au mo;ns un indice i E 1; pour i E I, r{+:> 0  Ui :> O. Alors Ie point u+ de composantes Ui+ = u i - OJ+,,{+ si i E 1; OJ+ si i = j+; 0 si i  1 U {j+ }, où 0 " { Ui " I o} 0 J+ = min ; i E 1 et "T:> :>, i' est un sommet dijférent du sommet u, pour lequel I(u) :> I(u+). Au sommet u+ est associée la base (Ci)iE/+' où 1+ = (1 - {j-}) U {j+}, j- E I étant I'un quelconque des indices vérifiant j- E 1 et 0 "+ _ Uj_ 1 ___ "+ . 'tJJ" Fj- Cas B3 : il existe (au moins) un indice j  1 pour lequel { a j - L r1 a i } <: 0, etpour iEl chacun de ces indices j  1, on a simultanément I {j - ; Yi a ;} < 0; i'1 :> 0 et ui = 0 pour au moins un indice i E 1 (Ie même). Alors on peut associer au même sommet u une nouvelle base (Ci)iE/+' où 1+ - - (1- {j-}) U {j+ },j+ étant l'un quelconque des indices vérifiant j +  1 et { a j + - L i'{+a i } <: 0, iEl et j- étant l'un quelconque des indices vérifiant j- E 1 et i'j::> O. DÉMONSTRATION. Cas A: aj - L yiai  0 pour tout j  I. On peut étendre les égalités iEl cj = L y{C i aux indices j E I, en posant y{ = ðij pour i,j E I, de sorte que iE/ cj = L y{C i , aj - L y{ai  0, 1  j  n. iE/ iEl 
MÉTHODE DU SIMPLEXE 245 Si v = (V,),= 1 CSi un point quelconque de I'enscmble U, on peut écrire Cv = t VjC; = L { t v j Y1 } Ci = d = L Ui C ;, j=l iEI )=1 iEI d'où I'on déduit que n  j IIi =  VjYi' j=1 i E I, puisque ]es vecteurs Ci, i E I, sont linéairement indépcndants. Par suite, J(V)-J(u) = t ajVr L a,u, = t { a j - L y{a / } Vj:a=: 0, j=1 iE' )=1 iEI puisque toutes les composantes vi sont  0, et Ie sommet u est solution. Cas Bl : if existe (au nloins) un indire i  1 pour lequel aj - L y{aj <: 0 et yf  0 pour tout i E I. iE I On a déjà observé que lcs points de coordonnées ! uj-Oyl, SI i E I, 0, SI i = j, 0, SI i EE IU {j}, sont des points de l'ensemble U pour tout 0 ;:a:: 0 (dans Ie cas présent, OJ = inf 4J = = + 00 ) ; en de te]s points, la fonctionnelle J vaut J(u) +0 ( a j - L y Oi ) , ;E I ce qui montre que inf J(v) =- 00. VEU Cas B2 : if existe (au moins) un indice j+ EE I pour lequel " . + . déf { u i + } aj+ -  y{ ai <: 0 et OJ+ = min ----;;:-; iE I et y1 >0 > O. ; E I yJ Définissons Ie point u+ = (ut)7=1 en posant ! O.+. 1 E I, u j -- J y{ , Sl 0.+ i = j+ , u-:t- = J , Sl , 0, SI i  1 U {j+}. Alors, d'une part, J(u)-J(u+) =-0)+ ( a j + - I Y1+a; ) :> 0, iEI et, d'autre part, rune au moins des composantes Ui+' i E I, du point u+ est nulle, par dé- finition du nombre ()j+. Appelant Uj- /'une quelconque de ces composantes, qui vérifie donc ()j+ Uj- --:+ , v_ 
246 PROGRAMMJ\TION LINÉAIRE nous allons établir l'indépendance linéaire des veeteurs colonnes C I, pour j E /+, où déf J+ = (1- {j - }) u {j + }, ce qui montrera que Ie point u+ est un sommet de l'ensemble u. Supposons Ie eontraire : on pourrait trouver des nombres rY-;, i E /, non tous nuls tels que L (X"C; = 0 et (X,j+  0 iE/+ (si rx-j+ était nul, les vecteurs Ci fiE I, seraient linéairement dépendants) ; e'est done une égalité de la forme C j + = L P,C; , ;E / -{j-} qui, jointe à l'égalité Cj+ = L yJ+ C 1 , n10ntre que El L (yl+ -P,) C i +yjcj- = o. , E 1- {J- } Or eette dernière égalité ne peut avoir lieu, puisque les vecteurs C;. i E /, sont linéaire- ment indépendants, et yl :> 0, par définition. Cas B3 : tous les indices j  I pour lsquels ( a) - L y{a; ) <: 0 (on suppose qu'il y en I E I a au moins un) vérifient a.-  )' 1.a. <: 0 'J i..J II ' iEl . déf { U i . } et ()J = min yJ j ; i E I et y{ >- 0 = O. Le raisonnement fait à propos du cas B2 pour montrer l'indépendance linéaire des vec- teurs Ci, i E 1+, est toujours valable et i1 n'y a rien à démontrer. La seule différence (essentielle !) avec Ie cas B2 est que Ie point u+ coincide avec Ie point u, ee qui, ineidemment, dispense de vérmer Ia non décroissanee de la f onctionnelle J . . . II REMARQUE. 11 est commode d'intcrpréter les différents cas considérés en introduisanr I'ensemble déf E = { j 1/; aj - I y{a, <: O } = El U E 2 U E3' IE I avec El = { j 1 /; a} - I y{a, <: 0, max Y1 E;: O } , iET iE' E2= l j /; aj-Ly;a;<O, maxy{::>O, min {  } ::>ol, ; Eli E , { ; E ,y{ f y{:>O E3 = J j  I; QJ - L y{ <: 0, max y{ >- 0, min {  } = 0 I . t'E' I E I { i EJ yf f l 11>0 
MÉTHODE DU IMPLEXE 247 N ous avons en effet les correspondances suivantes : cas A  E == <þ; cas B <=> E  <þ ; cas B1  El  <þ; cas B2  E 2  <þ; cas B3 <=> E3 = E, qui montrent que les cas A et B, Bl et B3, B2 et B3 sont exclusifs, alors que les cas Bl et B2 ne Ie sont pas. II Faisons alors un certain nombre de remarques concernant la mise en reuvre pratique de la méthode. II est clair que dans l'éventualité de la concomitance des cas Bl et B2, on se placera dans Ie cas Bl, qui termine l'algorithme. Le calcul des composantesy{ d'un vecteur cj,j  I, dans la base {Ci)iEl, est plus simple qu'il n'y paraît : on tire en effet avant age de ce que deux bases successives ne diffèrent que "par un vecteur à la fois". Cette question sera examinée plus loin. Lorsqu'on est dans Ie cas B2, qui est Ie cas de "progression courante" de I'algorithme, plusieurs critères sont utilisés pour choisir entre les divers indices j  I pour lesquels ()j :> O. Par exemple, on choisit l'indice correspondant à la plus gran de diminution de la valeur de la fonctionnelle ou au plus petit des nombres ( a j - L y{a; ) <: 0, ou on choisit iEl simplement Ie plus petit indice correspondant au cas B2. De la même façon, pour choisir entre les divers vecteurs Cj, j  I, qui peuvent être introduits dans la base torsqu'on est dans Ie cas B3, on choisit couramment celui du plus petit indice. Le cas B3 ne peut se produire que si Ie sommet u est dégénéré (sinon, toutes les compo- santes Uj, i E I, sont :> 0), mais ce n'est pas obligatoire : Même si certaines composantes Ui, i E I, sont nulles, it suffit en effet pour se trouver dans Ie cas B2 que toutes les composan- tes Uj pour lesquelles les composantes y{ sont :> 0 soient elles aussi :> o. Par ailleurs, même si Ie sommet u est non dégénéré, il peut très bien se faire que Ie sommet u+ construit clans Ie cas B2 soit dégénéré, dans l'éventualité où deux (au moins) des "nouvelles" composantes u;-()jy{, i E I, s'annulent simultanément. Enfin, on notera que les cas A et B1 correspondent à I' arrêt de I' algorithme et que les cas B2 rencontrés dans fa progression de l' algorithme ne peuvent être qu' en nombre fini, puisqu'ils correspondent à une décroissance stricte de la fonctionnelle d'un sommet à un autre, et puisqu'il ya un nombre fini de sommets (théorème 10.3-3). Supposant connu un sommet de l'ensemble U, à partir duquel on initialise l'algorithme (ce qui implique en particulier que l'ensemble U est non vide), trois éventualités, mutuelle- nlent exclusives, sont possibles en ce qui concerne la progression de la méthode : (i) suite finie de cas B2 et Iou B3 terminée par un cas A : Ie dernier sommet trouvé est une solution du problème ; (ii) suite finie de cas B2 etlou B3 terminée par un cas B1 : on conclut que Ie problème n'a pas de solution. Dans ces deux cas, la méthode du simplexe apparaÎt donc comme une méthode directe au sens où nous l'avons entendu pour les méthodes de résolution de systèmes linéaires, puisque, en négligeant l'effet des erreurs d'arrondi, Ie problème est résolu exactement après un nombrefini d'opérations élémentaires ; (iii) suite finie de cas B2 et Iou B3, puis suite infinie de cas B3. Ceci ne peut arriver que si, après un nombre fini de cas B3 consécutifs, on retrouve la même base. C'est ce que l'on appelle Ie phénomène de cyclage : L'algorithme ne permet pas de conclure. Bien qu'on puisse construire "à la main" des exemples où ce phénomène apparaisse effectivement (voir l'exercice 10.3-3), on constate qu'il ne se produit pas dans la résolution courante des problèmes "réels", où la dégénérescence de certains des sommets rencontrés dans la progression de l'algorithme est pourtant chose courante ! C'est pourquoi aucune 
248 PROGRAMMA TION LINÉAIRE "stratégie de secours' n'est inc]use dans les algorithmes effectifs. II en existe pourtant une, qui est proposée à l'exercice 10.3-5, et dont l'ana]yse se fait très élégamment en faisant intervenir la relation d'ordre lexicographique. C'est déjà une raison suffiante pour recomnlander cet exercice, l'autre et non la moindre, étant de fournir comme corollaire inattendu une démonstration purement "algébrique" du lemme de Farkas- Minkowski (théorème 9.1-1). Décrivons une façon de procéder aux calcu]s effectifj- correspondant à une itération de la méthode (pour une autre approche, se reporter à l'exercice 10.3-4). L'ensemble J étant supposé ordonné (par exemple dans l"ordre croissant des indices) introduisons : la matrice carrée inversible C J formée des vecteurs colonnes C; i E J; les vecteurs co]onnes y E R"' 1  j  n, de composantes celles du vecteur cj sur la base (C')'EJ; Ie vecteur colonne QJ E Rni de composantes les nombres a, i E J; et enfin Ie vecteur colonne u, E Rill de com- posantes les nombres U;, i E J. Dans ces conditions on peut écrire Cj = L ylc i = C 1 Y1, iEI soit Y j - C -1 C j I - I , 1  j  11, et les expressions ( a j - L Yla; ) (dont les signes jouent un rôle essentiel dans la progres- iE J sion de la méthode ; ct. théorème 10.3-4) deviennent : aj-- L yl a i = aj-aTr1 = j-aTCJICj = aj-bTCj, iE J en posant bJ = aTC/I. En se reportant au théorème 10.3-4, on s'aperçoit que, l'enj'emble I étant suppo's'é conl1U, Ie premier calcul à effectuer est celui des composantes du vecteur b l , solution du système linéaire CTb l = aI' puis on détermine les signes des nombres (aj-bT cj) pour j  I. Dans I'éventua]ité d'un cas B2, on est ensuite conduit à calculer les composantes yl correspondant à l'indice j+  I choisi pour "apparaÎtre", c'est-à-dire à calculer Ie vecteur yr solution du système linéaire '+ '.J,. C1Yi = CJ . II reste à calculer les rapports (  ) pour i E let yt :> 0, afin de déterminer l'indice Y1 j- qui va "disparaître", les composantes Ui, i E I, du sommet u étant obtenues par ]a solution du sysième linéaire CIUI = d. En résumé, une itération de la méthode du simp]exe recquiert la solution de systèmes linéaires dont la matrice est toujours fa même (à la transposition près) ; par ailleurs, ]es' matrices de deux itérations consécutives, soit C[ et C / +, dilfèrent par une 's'eule colonne, la nouvelle colonne étant de la forme particulière Cj+ = C/rt+ . Cette dernière observation permet de 's'implifier cO/lsidérablement les calculS. En elfet, notant C[ = C, C[- = C+, yf"T" = Y = (Y;)l ' pour alléger I'écriture, on remarque que l'une au moins des composantes du vecteur y est non nulle (par difinition du cas B2) ; notons la Yk. On note ensuite qu'on ne restreint pas la généralité en supposant que la nouvelle colonne Cy va précisément prendre ]a place de la k-ème colonne de la matrice C ; cela revient en effet à multiplier la matrice C à 
MÉTHODE DU SIMPLEXE 249 droite par une matrice de permutation. Dans ces conditions, on peut écrire /J Y1 \ Yk-l \ c + == Cr, avec J' == Yk Yk+ 1 y .. I. et on vérific immédiatement que -1 - Yk Yl C-:-_ 1 == j'-IC- 1 , avec 1'-1 = -1 -Yk Yk-l Yk 1 -] - Yk Yk - 1 -1 -Yk Yn et les calculs se remènent donc aux seules multiplications à gauche par des matrices analogues à la matricer-]. 11 nous reste à examiner la question de /'illitialiJ'ation de la méthode du simplexe, c'est-à-dire, ou bien ]a construction effective d'un sommet de l'ensemble U, si celui-ci n'est pas vide (i] possède a]ors toujours au moins un sommet ; c/. théorème 10.3-3), ou bien l'indication que l'ensemble U est vide. De façon plus précise, à un ensemble de]a forme u == {v E R n : Cv == d}, C E cl/: l11 . n(R), on associe Ie problème de programmation linéaire suivant (déjà utilisé dans la démonstra- tion du théorème 10.3-3 : ce n'est pas une coïncidence ...), posé sous la forme (P3) : trouver (II, ù) tel que CP) I (u, ÎÍ) E Ü == {(r, r) E RilL XR/: Cv +;; == d}, I'll j(u, ü) == inf j(r, i), ](v,;:) == L rj. ( ,., ;:-) E îí j = 1 On remarque alors I'équivalence u  <þ <=> inf j(r,;,) == 0 (== J(II, 0) pour tout u E U). - - (r, ")E U - L'idée est alors d'appliquer la fl1éthode du j'inlplexe pour réj'oudre Ie problè/ne (P). Le point (0, d) étant un sommet de ]'ensemb]e fj (les vecteurs co]onnes de la matrice unité sont ]inéairement indépendants . . .), on peut sûrement initia]iser ]a méthode du simplexe pour ce problème. 
250 PROGRAMMA TION LINÉAIRE L'alternative conduisant à un cas Bl étant exclue (puisque l'on a inf j(v, v)  0), (v, V)E fj supposons que Ie phénomène de cyclage n' apparaisse pas : La seule possibilité étant alors une suite finie de cas B2 etjou B3 terminée par un cas A, appelons (u, u') la solution trou- vée. Alors ou bien u' = 0, et Ie point u est un sommet de l'ensemble U, ou bien u' = 0, et l'ensemble U est vide. Si ce procédé ne permet pas théoriquement de régler complètement la question de l'ini- tialisation, puisque rien ne permet d'éviter à coup sûr Ie phénomène de cyclage lors de la résolution du problème auxiliaire, il est néanmoins très couramment utilisé puisque, comme on l'a déjà signalé, l'expérience montre que Ie phénomène de cyclage ne se produit pas en pratique . . .. REMARQUE. C'est précisément parce que l'initialisation recquiert une connaissance préa- lable de la méthode du simplexe qu'il nous a paru préférable de la présenter après la description de la méthode elle-même. II Un cas où l'on peut toujours régler la question de l'initialisation est celui oÙ Ie problème est posé sous la forme (PI) OU (P 2) : trouver tel que { {v E Rn ; Cv  d} uE U = {v E R'+; Cv  d} leu) = inf J(v), J(v) = (a, v), vEU (P 1)' (P 2)' à condition toutefois que Ie vecteur d E Rm vérifie d  O. Utilisant les constructions décrites au début du paragraphe 10.1, on est en effet conduit à résoudre un problème de la forme (P 3) (partant de la forme (PI)' pour fixer les idées) : trouver (u', u", u"') tel que I (u', u", u"') E Ü = {(v', v", v"') E R'+XR'+ XR't-, Cv' -Cv" +v'" = d}. ' t J(u', u", u"') = inf j(v', v", v"'), j(v', v", v''') = (a, v')-(a, v"), ( v', v". v''') E ií pour lequelle point (0,0, d) E R+XR+XR est un sommet. Considérons enfin un exemple numérique d'application de la méthode du simplexe (adapté de (1)) : soit à trouver u tel que J u E U = {v E R: 3v 1 - V 2+ 2v S  7, -2v 1 +4v 2  12, -4Vl+3v2+8vs  1O}, t J(u) == inf J( v), J( v) = VI - 3V 2 + 2v 3 . vEU II s'agit d'un problème posé sous la forme (P2)' que l'on commence par transformer en un problème posé sous la forme (P 3 ) (sans changer les lettres U et J, pour simplifier l'écriture).. en introduisant trois variables d'écart V4, V5, V6 : trouver u tel que 1 u E U = {v E R; Cv = d}, ' l J(u) = inf lev), lev) = aTv, vEU (1) GASS, S. I. - Linear Progranlming, McGraw-Hill, New York, 1964. 
MÉTHODE DU SIMPLEXE 251 où ( 3-1 2 1 J' d = (), C = -2 4 0 1 -4 3 8 aT=(l -3 2 0 0 0). Les composantes du vecteur d étant positives, on peut initialiser la méthode à l'aide du procédé décrit plus haut. Désignant par Uk = (af)?=I' k  0, les sommets successive- ment rencontrés, et par I k , ylk' jt, Oif, Ii; les quantités correspondantes introduites (sans indice k) au théorème 10.3-4, la méthode se présente tous calculs faits (selon la méthode décrite plus haut, par e:xemple) sous la forme suivante : (1) Initialisation : { Uo = (0, 0, 0, 7, 12, 10)T; 10 = (4, 5, 6) ; J(u o ) = O. (2) Itération à partir du sommet U o : c 1 = L YfuC i = 3C 4 -2Cs+4C6 ; iE/ o a 1 - L yloa = 1 ; iE/ o C 2 = L YToC i =-C 4 +4Cs+ 3C6 ; iE/ o a2- L ñoa r =-3; iE/ o C3 = L rloc i = 2C 4 iE/0 +8C6; a3- L rloai = 2. iE10 II s'agit d'un cas B2, correspondant à jet = 2. En effet, { 0 2 _ . ui. 0 0 - mln , YIO . 2 } _. { ug t4 } ug I E 10 et Y10 >- 0 - rom y2so ' ño = Yo = 3 >- 0, d'où jo = 5. On passe à un nouveau sommet u 1 correspondant à : ! "1 = (0 , 3, 0, 10'2 0, 1)T; \ = (2, 4, 6) ; J(u 1 ) - J(u o ) +0 0 ( a 2 - L YiOai ) --9. iE/ o (3) Itération à partir du sommet u 1 : Cl = ') 1) C i = -  C2 +2.. c 4 _2.. C6 . .L.J r,1 2 2 2 ' 'Ell 1 a 1 - L nl a i =--; iEh 2. C3 = L rll C i = iEh 2C 4 +8C6; a3- L rllai == 2 ; iEh CS = L Yfl C i = iEll 1 1 3 - C2 +  C4_- C6 . 2 4 4 ' 3 as- L 'YÝlai - ;Eh 4 II s'agit d'un cas B2, correspond ant à jt = 1. En effet, 1 . { U}. I } u 4 0 1 = mln -y-; 1 E /1 et Yil:> 0 =  = :> 0, 1 Yü d'où jl =_4. 
252 PROGRAMMA TION LINÉAIRE On passe à un nouveau sommet II correspondant à : J 11 2 = (4, 5, 0, 0, 0, II)T: /2 = (I, 2, 6) : I J(U2) = J(1I 1 )+Ol ( al-. Yllai ) =-11. lie I, (4) Itération à partir du SOln/11et II,! : C3 = L Yf2 ci = - C I + 2 C 2 + IOCG : iE/;! 5 5 12 (13- L Yf2 a i - iE/;! 5 4 " 4 ' 2 1 1 .) C = '- Yi2(" = --- C +.- C-+ i E T;! 5 5 cn : a.- L yl2 a i iE I;! 1 5 - " -' 1 1 3 .) 1 I! Ct) =  YI:?C' = - C + -- C---,Cu: iET;! 10 10 - (lj - L yr2 a i iE I;! 4 5 II s'agit dun cas A. Le sommet II,! est donc une solution du problème posé sous la forme (P3), tandis que Ie vecteur (4,5, O)T est solution du problème posé sous la forme (P 2 ). 10.4. Dualité et programmation linéaire Commençons par appliquer les résultats du chapitre 9. Étant donné la forme parti- culière des ensembles U qui y ont été considérés, ces résultats s'appliquent à des pro- blèmes de programmation ]inéaire de ]a forme (PI) ou (P 2 ). Pour la premièrc de ces formes : trou ver /I tel que (PI) III E U = {I' E R": C,.  d}, C E cA,m, n(R), t J(II) = inf J(r), J(l') = (a, v)n, l'E u nous obtenons commc corollaire immédiat des conditions nécessaires et suffisantes de minimum en programmation convexe étab]ies au théorème 9.2-4 (dont toutes les hypo- thèses sont satisfaites) : Théorème 10.4-1 (conditions nécessaires et suffisantes de minimum en programmation /inéaire). Soit u un point de I' ensemble u = {v ERn; Co  d}, C E dm,n{R). Alors J(u) = inf J{'), où J(l.) = (a, v)"' vEU si et seulement si ;1 existe un ,ecteur  t- Rm tel que { Â 0, CT +a = 0, {Â, Cu-d)m - O. - REMARQUES. (1) Compte-tenu des relations À  0 et Cu-d  0, on peut exprimer la dernière relation du théorème sous la forme équivalente À i = 0 si (C i , U)n-di <: 0, 1  i  m, 
DUALITÉ ET PROGRAMMATION LINÉAIRE 253 en notant C; Ie i-ème vecteur colol1l1e de la matrice tranJpoj'ée CT (ce qui revient à noter cT Ie i-ème vccteur Iigl1e de la matrice C). (2) Alors que les vecteurs colol1lle.s' de la matrice C jouaient un rôle essentiel dans Ie paragraphe précédent, ce sont maintenant ses vec\eurs lignes qui interviennent de façon naturclle. Cette observation sera mieux comprise lorsqu'on aura précisé les liens qui existent entre la méthode du simplexe et la dualité. (3) On vérifiera que, dans Ie cas particulier de la programmation linéaire considérée ici, les conditions nécessaires et suffisantes du théorènle ci-dessus peuvent aussi être établies direCfenleltf à partir du lemme de Farkas-Minkowski (théorème 9.1-J). II L'application des résultats du paragraphe 9.3 (introduction du lagrangien ; dualité) aux problèmes posés sous la forme (PI) est d'une portée limitée (nouvelle différence avec la programmation quadratique) : définissant Ie Lagral1giell aJ'J'ocié à la [ornle (P 1) par L : (0, p) E R n X R'll' - L(n, 11) = (a, V)11 +(11, Cv -d)"" on déduit du théorème 9.3-2 qu'un élément liE Rn est solution du problème (Pt) si et seulement si il existe un vecteur ). E R nl tel que Ie couple (u, ).) E RnXR soit un point-selle du Lagrangien L sur ]'espace RnXR":' , c'est-à-dire (théorème 9.3-1) inf sup L(v, p) = sup L(u,l1-) = L(u, Ä) = inf L(v, ),,) = sup inf L(v, p,). 1/ lit 11& - R " nt R tf vE R It E R t It E R I t E:: It E R+ vE Or ]a fonction L(., ft) : v E Rn - L(v, p,) = (CT p +a, V)n-(P" d)m étant affine, on déduit que { - 00 Sl G(fJ)  inf L(v, fJ) = 1:ERIt -(d, ft)m CTft+a  0, Sl CT 11 +a = 0, ]a fonction L(., fJ) étant constante lorsque CT p, +a = o. Dans ces conditions, Ie pro- blème dual (au sens du paragraphe 9.3) : trouver ). tel que (Ql) À E R,+, et G(À) = sup G(p,), I-l E Rt ne saurait être d'un grand secours pour ]a résolution du problème primal (P I) ; on notera à cet égard que les hypothèses de la partie (I) du théorème 9.3-3 ne sont pas vérifiées, tandis que la partie (2) de ce même théorème ne fait qu'exprimer I'existence, déjà observée, d'(au moins) une solution du problème dual, à savoir tout vecteur ). E Rm qui vérifie À E R, CT).+a = O. Passons ensuite à des problèmes sous la deuxième forme : trouver u tel que (P 2 ) J u E U = {v E R_; Cv E; d}. C E dm.n(R), I J(u) = inf J(v), J(v) = (a, v)n. vEU Cette façon de poser Ie problème n'étant qu'un cas particulier de la précédente, on pourrait se contenter des conditions nécessaires et suffisantes analogues à celles du thé- orème précédent (relations (1) ci-dessous) ; on peut aussi mettre ces conditions sous la forme équivalente des relations (2) ci-dessous, quijustifieront notamment l'introduction d'un nouveau type de problème dual. 
254 PROGRAMMA TION LINÉAIRE Théorème 10.4-2 (conditions nécessaires et suffisantes de minimum en programmation linéaire). Soit u un point de I'ensemble u = {v E R'+; C::e= d}, C E atm, n(R). Alors I(u) = inf J(v), où J(t) = (a, V)n, vEU si et seulement si il existe des .ecteurs  E R m et V E Rn tels que (1) {   0, v  0, CTÂ+a-v = 0, (Â, CU -d)m - (v, u)n = 0, ou encore si et seulement si il existe un ,ecteur  E Rm tel que (2) {   0, CT +a  0, (Â, Cu-d)m = 0 et (CTÂ+a, u)n = o. DÉMONSTRATION. On peut écrire l'ensemble U sous la forme U = {v E Rn; C'v::e= d'}, avec (en désignant par In la matrice unité de Rn) ; C' = ( I n I ) E ct m + no n ). d' = (tB) E Rm+n. Alors les relations (1) ne sont autres que celles du théorème 10.4-1, exprimées à l'aide de la matrice C' et du vecteur d ' . On passe ensuite des relations (1) aux rlations (2) en notant que les signes des composantes des divers vecteurs en cause permettent d'écrire : { 'V = CTÀ+a  0, (À, Cu-d)m-(v, u)n = 0 <:? (À, Cu-d)m = (v, u)n = o. La réciproque s'obtient en introduisant Ie vecteur v = CTÀ+a. II REMARQUES. (1) Compte-tenu des relations À  0, Cu-d::e= 0, v  0, U  0, on a l'équivalence { Àj = 0 SI (À, Cu-d)m-(v, u)n = 0  _ v j - 0 SI (C j , u),. -d j <: 0, 1::e= i ::e= m, Uj >- 0, 1  j  n. (2) De la même façon, compte-tenu des relations À  0, Cu-d  0, CTÀ+a  0, U  0, on a l'équivalence (À, Cu-d)m = 0 T' { À j = 0 SI (C j , u)n-dj <: 0, et (C I\, +a, u)n = 0 <:? _ Uj - 0 SI (Cj, À)m+aj >- 0, 1 ::e= i ::e= m, 1 j  n, où Cj désigne Ie j-ème vecteur c%nne de la matrice C. - 11 est difficile de ne pas cons tater la "symétrie" des rôles joués par les vecteurs u E Rn et À E Rm dans les relations (2). C'est précisément cette symétrie qui suggère la défi- 
DUALITÉ ET PROGRAMMATION LINÉAIRE 255 nition d'un nouveau problème de programmation linéaire, appelé problème dual du problème posé sous la forme (P 2 ) : trouver  tel que (Q2) j déf ÀEA = {,u E R,+; CT,u+a  O}, déf G(À) = sup G(,u) , G(,u) = - (d, ,u)m. ,uEA REMARQUES. (1) Lors de la démonstration du théorème 10.4-2, on a vu comment mettre Ie problème (P 2 ) sous la forme d'un problème (PI) (à l'aide de la matrice C J E d m + 11 , n(R) et du vecteur d' E Rm+n, selon les notations de la démonstration en question). Dans cet esprit, on peut aussi définir Ie Lagrangien J2: (v, (,u, e)) E RnX(R'+XR'+) -.J2(v, (,u, e)) = (a, v)n+{(,u, Cv-d)m-(e, v)n}, puis Ie problème dual (au sens du paragraphe 9.3) : trouver (À, v) tel que (Q2) ( À , .,, ) E ' _ ' R m + X R n + t /A ( ' ) /A ( ) " I e  /\', V = sup  ,u, e , (,u, (.>)ER'.t xR+ où { - 00 Sl .(j(,u, e) = -(d, ,u)m CT,u-e+a  0, Sl CT,u-e+a = o. II i mporte alors de noter que Ie problème (Q2) ne coincide pas avec Ie problème (Q2) ; de la même façon, Ie Lagrangien J2 ne coincide pas avec l'autre Lagrangien L introduit dans Ie théorème ci-dessous. (2) La présence du signe "moins" dans la définition de la fonctionnelle G permet de définir Ie problème dual comme un problème de maximisation, ce qui répond surtout à un souci "esthétique". _ Précisons maintenant les relations remarquables qui existent entre Ie problème (P 2) et son dual (Q2). - Tbéorème 10.4-3 (Ia dualité en programmation linéaire). Soit les deux problèmes : trou,er u tel qlle : (P2) u E U = { E R+; CJ  d} et J(u) = inf 1(1)), J(v) = (a, Ii)n; vEU trouver  tel que (Q2)  E A = {p E R; C T P  - a} et G(Â) = sup G(P)' G(P) = - (d, p,) me ,uEA (1) Si I'un des problèmes a une solution, alors I'autre problème a également une solution (en particulier, I'ensemble qui lui est associé est nécessairement non vide) ; de plus, sup G(P,) = G(Â) = J(u) = inf J(I;), ,uEA vEU en notant respectivement u et  des solutions quelconques de chacun des deux problèmes. (2) Une condition nécessa;re et suffisante pour que I'un des deux problèmes (et done l'autre aussi, d'après (1)) ait une solution est: u  cþ et A  cþ. 
256 PROGRAMMA TION LINÉAIRE (3) Un élément u E R"-r est solution du problème (P 2) si et seulement s; il existe un élé- ment  E l\ , qui n'est autre qll'une solution quelconque du problème (Q2), tel que Ie couple (u, Â) soit un point-selle de la fonction L : (t., p,) E R X /i"-:-  L(t, p,) (a, v)n+ (p" Cv -d)"" c'est-à-dire que Ie COil pie (u, Â) vérifie (u, 1 ) E R n, . X R  : ' _ et S P L( 11. ) L( 1 ) f L( 1 ) ^ -+- _ U U, r- = U, ^ = in t, ^ . ER rER DÉMONSTRATION. (1) Supposons pour fixer les idées que ce soit Ie problème (P2) qui ait (au moins) une solution, notée U (naturellement, Ie raisonnement serait tout à fait "symétrique'. pour Ie problème (Q2))' Alors ]'élément Î. dont I'existence a été étabJie au théorème 10.4-2 vérifie non seulement les relations de définition de l'ensemble A (qui est donc non vide), mais c'est même une solution du problème (Q2) ; pour Ie voir, il suffit de montrer que (d, fL}?,-(d, Î.)m  0 pour tout fL E A. Or, les relations (Â, Cu-d)m = 0 et (CTÎ.+ a , u)n = 0 du théorème 10.4-2 entrainent ()., d)m = (À, CU)m = (CTÎ., u)/I = - (a, u)n, de sorte qu'on peut écrire (d, fL)m-(d, Î")m = (d, fL)m +(a, u)n = (d-Cu, fL)m +(CT fL+o, u)" pour tout fL E Rm, et les définitions des ensembles A, et U (auquel appartient l'élément u), impliquent que l'expression ci-dessus est  0 pour tout fL E A. Par ailleurs, I'égalité (À, d)m = - (a, u)n établie ci-dessus montre que sup C(Il) = -Cd, Î.)m = G(Î.) = (a, u)n = J(u) = inf J(v). EA vEU (2) Si l'un des problèmes a une solution, on a établi que l'autre a aussi une solution; les ensembles associés U et A sont donc nécessairement non vides. Réciproquement, soit v et fL des éléments quelconques des ensembles U et A, respec- tivement, supposés non vides. Utilisant la définition de ces ensembles, on obtient : (a, v)n +(d, fL)m = (a+CT,u, v)n +(d-Cv, fL)m  0, ce qui montre que sup G(fL) = inf J(v). ,uEA vEU Dans ces conditions, sup G(fL) -< + 00 et inf J(v) '> - 00, ,uEA vEU et Ie théorème 10.1-1 permet de conclure que chacun des deux problèmes a au moins une solution. (3) Étant donné deux éléments quelconques u et À des ensembles R et R, respecti- vement, on ales équivalences : L(u, fL)  L(u, À) pour tout fL E R  (À- fL, Cu-d)m  0 pour tout fL E R (::) Cu-d  0 et ()'" Cu-d)m = 0, 
DUALITÉ ET PROGRAMMATION LINÉAIRE 257 d'une part (faire tendre chaque composante du vecteur II vers + 00 pour obtenir Cu-d  0 ; faire ensuite ,u. = 0 et utiliser la relation )"  0 pour obtenir (À, Cu-d)m = 0), et L(u, À)  L(n, À) pour tout v E R <=> 0  (a+CTÂ, v-u)1l pour tout 'lJ E R <=> CTÀ+ a  0 et (CTÀ+ a , u)n = 0, d'autre part (raisonnement'analogue). La conclusion annoncée est alors une conséquence immédiate des conditions nécessaires et suffisantes (2) du théorème 10.4-2. II REMARQUES. (J) De ce qui précède, on déduit qu'un élément u E U ej't j'olution du problème (P 2) si et j'eulement j'i if existe un élément  E A tel que G(À) = J(u), la réciproque étant une conséquence de I'inégalité sup G(fL)  inf J(v). IlEA vEU (2) Des théorèmes 10.1-1 et 10.4-3, on déduit l'alternative suivante : - ou bien chacun des deux problèmes a une solution ; une condition nécessaire et suffisante pour qu'il en soit ainsi est que les deux ensembles U et A soient tous deux non vides ; - ou bien aucult des deux problèmes n'a de solution; une condition nécessaire et suffisante pour qu'iI en soit ainsi est que /'un au moins des deux ensembles U et A soit vide. Si U  </> et A = </>, alors inf J(v) =- 00 (et U est non borné) ; si U = </> et t'EU A  </>' alors sup G(fl) = + 00 (et A est non borné). II .uEA On appelle Lagrangien aj'socié à la forme (P2) la fonction L : R'+ XR'  R introduite dans l'énoncé du théorème. On notera que, si /'expression de cette fonction coincide avec celIe du Lagrangien associé à la forme (PI) introduit plus haut, leurs domaines de définition sont différents,. c'était en effet RnXR pour Ie "premier" Lagrangien. On notera aussi que la variable primale v E R'+ et la variable duale fL E R't jouent maintenant des rôles tout à fait symétriques, ce qui n'était pas Ie cas précédemment. Montrons pour terminer qu'il existe un lien subtil entre la méthode du simplexe (paragraphe précédent) et les notions de dualité que nous venons d'introduire. Théorème 10.4-4 (Ia daalité et la méthode da simplexe). On considère Ie problème : troaver ü tel qae (P2) J íí _E _Ú = Ð E_R; è;  d}, C E oim.ñ(R), dE Rm, 1 J (a) = !n! J(v), J(v) = ãTV' où ã E R;, vEU et Ie problème éqaivalent : troaver a tel qae (P3) J u E U = {v E R"+; Cv = d}, 1 leu) = inf J(v), J(v) = aTv, vEU où ( In : matrice unité de Rn) : c= (I è In I ) E aim. n(R), n = ñ+m, aT = (I -T 0 I) , a E RI:. a 
258 PROGRAMMATION LINÉAIRE Lorsque la méthode du simplexe appliquée au problème (P3) conduit à une solution, elle fournit du même coup une solution du problème dual du problème (P 2 ) : trou,er Ä tel que J Â. E A = { E R; ëT+ã;a.. O}, I G(Ä) == sup G(,u), G(,u) = - dTp. { ,uEA (Q2) DÉMONSTRATION. On reprend exactement les mêmes définitions et les mêmes notations qu'au paragraphe 10.3. Lorsque la méthode du simple xc conduit à une solution du prob- lème (P3)' elle fournit un ensemble / d'indices qui vérifie (théorème 10.3-4) / c {I, 2, ..., n}, card (/) == m, aj- L y1ai  0 pour tout j  l. lEI Introduisons la matrice C] E dm(R) formée des vecteurs colonnes C i , i E /, de la matrice C, et la matrice C/' E d m , ñ(R) formée des vecteurs colonnes Cj, j  1, de la matrice C ; de la même façon, introduisons les vecteurs colonnes a] E Rm et u] E Rm de composantes les nombres a , et U, i E J et Ie vecteur colonne al' E R ñ de composantes les nombres at j fÍ J. Naturellement ceci suppose que rensemble J et I'ensemble /' == {I, 2, ..., n} - / sont ordonnés (par exemple dans l'ordre croissant des indices). Dans ces conditions les inégalités ci-dessus prennent la forme aII-Cj,(C])-la]  0, et la valeur de la fonction J au sommet u correspondant s'écrit J(u) == aTu == aju] == ajCi1d. Le vecteur vérifie déf À == _{Cj}-l aI E Rm G(À) ==-dTÀ ==dT{Cj}-la] == J(u), { CjÀ+a] == 0, Cj,À+aII ==-Cj,{Ci}-la]+all  o. Appelant P la matrice de permutation d'ordre n qui vérifie ë In I ) p (l c] I )p (i et donc aussi Cp = ( I aTp = ( I ã T o T aT' I ) , I ) , Cl' les deux dernières relations entraînent, après multiplication à gauche par la matrice pT : ëTÀ+ã == 0 et À  o. On a donc trouvé un élément À E A (pour lequell'inégalité CTÀ+al  0 devient même une égalité) qui vérifie G(À) == J(u) == inf J(v). D'après Ie théorème 10.4-3, c'est donc vEU une solution du problème (Q2) dual du problèrfie (P 2). II C'est donc essentiellement une solution du problème dual (Q2) que "cherche" la méthode du simplexe, sous la forme d'un ensemble ad'hoc d'indices /, la solution du problème primal (P 2 ) apparaissant alors com me un "sous-produit" de cette recherche. Une observation analogue avait déjà été faite à propos de la méthode d'Uzawa. 
COMMENT AIRES BIBLIOGRAPHIQUES Sans chercher à être exhaustif, on s'est néanmoins efforcé de donner une liste raisonnablement complète de références susceptibles d'intéresser les lecteurs du présent ouvrage, soit qu'ils cherchent des compléments variés, aussi bien théoriques que pratiques, aux matières abordées, soit qu'ils cherchent simplement d'autres points de vue sur ces mêmes matières. Par ailleurs, puisque ce livre est avant tout une introduction, il ne nous a pas paru inutile d'indiquer également des références de niveau nettement plus élevé, à l'intention des lecteurs qui désirent un réel approfondissement des différents sujets traités ici. Pour la commodité des lecteurs, les références ont été clssées sous les rubriques suivantes, qui suivent sensiblement l'ordre du livre: 1. Rappels et compléments d'analyse. 2. Théorie des matrices. 3. Généralités sur l'analyse numérique. 4. Méthodes de résolution de système linéaires. 5. Calcul des valeurs propres et des vecteurs propres des matrices. 6. Matrices et systèmes linéaires particuliers. 7. Préliminaires à l'optimisation. 8. Optimisation. 1. Rappels et compléments d'analyse. - Pour les notions utilisées dans Ie texte, c'est-à-dire essentiellement la topologie de R n, les espaces vectoriels normés, les espaces de Hilbert, Ie calcul différentiel, on pourra se reporter à A VEZ (1983), CART AN (1967), CHOQUET (1964), DIEUDONNÉ (1968), SCHWARTZ (1967, 1970, 1979), et, à un niveau plus élémentaire, DIXMIER (1969a, 1969b). 2. Théorie des matrices. - L'ouvrage de GANTMACHER (1966a, 1966b) est un bon exposé de la théorie << classique )) des matrices, assorti de nombreuses applications, on Ie complétera très utile- ment par Ie livre récent de ORTEGA (1987). Des présentations plus << algébriques )) se trouvent dans BIRKHOFF & MAC LANE (1965), GODEMENT (1966). Le livre de HALMOS (1974) donne un excellent traitement de la théorie des applications linéaires dans les espaces de dimension finie, en mettant l'accent sur les idées géométriques. Parmi les ouvrages plus directement orientés vers I' Analyse Numérique Matricielle, citons notam- ment HOUSEHOLDER (1964), de lecture un peu difficile (car Ie style est d'une extrême concision) mais de contenu fort riche, et STRANG (] 980), qui présente la particularité intéressante de développer la théorie des matrices parallèlement à I' Analyse Numérique Matricielle. Dans Ie même esprit, citons encore BELLMAN (1960), FRANKLIN (1968), GASTINEL (1966), HORN & JOHNSON (1985), LAN- CASTER (1969), LANCASTER & TISMENETSKY (1985), NOBLE (1969). 3. Généralités sur I'analyse numérique. - II est généralement admis que l'article de yon NEU- MANN & GOLDSTINE (1947) et celui de KANTOROVITCH (1948) marquent Ie début de l' Analyse Numé- rique << moderne )) ; à ce titre, on ne peut qu'en conseiller fortement la lecture. Dans Ie même ordre d'idées, on trouvera d'intéressants points de vue et perspectives historiques dans les ouvrages de 
260 COMMENTAIRES BIBLIOGRAPHIQUES GoLDSTINE (1977), METROPOLIS, HOWLET & ROTA (1980), ainsi que dans l'artic1e de WILKINSON (1971 ) . On trouvera des aperçus généraux sur l'analyse numérique dans les ouvrages de FORSYTHE, MAL- COLM & MOLER (1977), TODD (1978), RALSTON & RABINOWITZ (1978), STOER & BULIRSCH (1980), HENRICI (1982), PRESS, FLANNERY, TEUKOLSKY & VETTERLING (1986). Signalons également Ie livre de STRANG (1986), qui constitue une introduction aussi originale que remarquable aux mathémati- ques appliquées en général. Les lecteurs plus spécialement intéressés par I' analyse des algorithmes, en ce qui concerne notam- ment la propagation des erreurs d'arrondi, la << complexité )) et 1'<< optimalité )) des algorithmes, etc. pourront consulter LA PORTE & VIGNES (1974), MILLER & WRATH ALL (1980). NEMIROVSKY & YUDIN (1983), PAN (1984), SOLOMON & HOCQUEMILLER (1982), STEWART (1973), TRAUB & WOZNIA- KOWSKI (1980), V ANDERGRAFT (1978), VIGNES (1980), WILKINSON (1963, 1965), WILKINSON & REINSCH (1971), WINOGRAD (1980). Pour les méthodes d'approximation des équations aux dérivées partielles par les méthodes de dif- férences finies, Ie livre de FORSYTHE & W ASOW (1960) est un << c1assique )), qu'on pourra utilement compléter par VARGA (1962), où I'on trouve non seulement des indications sur l'approximahon des équations aux dérivées partielles, mais aussi - et surtout - les méthodes de résolution des systè- mes linéaires obtenus. Signalons aussi MITCHELL & GRIFFITHS (1980). Pour les méthodes d'approximation variationnelle, et plus particulièrement les méthodes d'élé- ments finis, on pourra consulter, par ordre de difficulté croissante, RAVIART & THOMAS (1983), CIARLET (1978). Pour la méthode de Newton, appliquée notamment à la résolution des systèmes d'équations non linéaires, Ie livre de ORTEGA & RHEINBOLDT (1970) est un autre << c1assique )), auquell' ouvrage plus court de RHEINBOLDT (1974) est une bonne introduction. Signalons aussi I'ouvrage plus ancien, mais tout aussi remarquable, de OSTROWSKI (1966). 4. Méthodes de résolution de systèmes linéaires. - En ce qui concerne les méthodes directes, les livres de FORSYTHE & MOLER (1967) et STRANG (1980) sont très << complémentaires )) des premiers chapitres du présent ouvrage par I'abondance des exemples, de points de vue variés, de détails pra- tiques, qui y figurent. C'est pourquoi leur lecture est recommandée. Tout utilisateur effectif de ces méthodes se doit de consulter, et d'utiliser, Ie livre de WILKINSON & REINSCH (1971) ; on y trouve en effet toutes les indications nécessaires à leur mise en reuvre pra- tique (par exemple en ce qui concerne l'équilibrage préalable des matrices, opération également appelée Ie préconditionnement dans la littérature), en particulier les programmes écrits en FOR- TRAN. Des compléments utiles seront également trouvés dans Fox (1964), GASTINEL (1966) qui contient de nombreux programmes écrits en ALGOL, HOUSEHOLDER (1964), STEWART (1973), TODD (1977), WILKINSON (1965). L'ouvrage de WESTLAKE (1968) se présente comme un catalogue de conditions d'application et de comparaisons des diverses méthodes, aussi bien directes qu'itératives, avec l'énumération de leurs principales caractéristiques, notamment Ie comptage des opérations élémentaires qu 'elles requiè- ren t . Parmi les ouvrages plus récents, citons GEORGE & Llu (1981), PISSANETSKY (1984), ainsi que les deux << c1assiques )) de GOLUB & MEURANT (1983) et GOLUB & V AN LOAN (1984). Signalons enfin LASCAUX & THÉODOR (1986, 1987) qui est un complément très utile au présent ouvrage, puisque la mise en reuvre effective des méthodes y est traitée avec Ie plus grand soin. En ce qui concerne les méthodes itératives, les deux ouvrages de références sont les livres de VARGA (1962) et de YOUNG (1971). Voir aussi HAGEMAN & YOUNG (1981). 5. Calcul des valeurs propres et des vecteurs prop res des matrices. - Un << c1assique )) est I'ouvrage de WILKINSON (1965). D'autres références utiles sont HOUSEHOLDER (1964), STEWART (1973), TODD (1977). Signalons ensuite les ouvrages de GOLUB & VAN LOAN (1984), LASCAUX & THÉODOR (1986, 1987), PISSANETSKY (1984), déjà cités dans la rub rique précédente. Le libre de CHA TELIN (1983) contient de nombreux exemples de problèmes dont la discrétisation conduit à calculer les valeurs propres ou les vecteurs propres de matrices. Enfin, les ouvrages spécialisés de CHA TELIN (1987), CULLUM & WILLOUGHBY (1985), et PARLETT (1980) sont fortement recommandés. 6. Matrices et systèmes linéaires particuliers. - Sur la solution des systèmes linéaires au sens des moindres carrés et sur la question liée des pseudo-inver.ses, on consultera BEN-IsRAEL & GREVILLE (1974), LAWSON & HANSON (1974) ; ces questions sont aussi abordées dans TODD (1978). On a vu comment des matrices creuses apparaissent naturellement dans l'approximation, par dif- férences finies ou éléments finis, des problèmes aux limites ; en fait, elles apparaissent également dans bien d'autres domaines : génie chimique, procédés de reconstruction d'images, etc. Pour. 
COMMENTAIRES BIBLIOGRAPHIQUES 261 l'étude et la résolution des problèmes où elles interviennent, on se reportera à DUFF & STEWART (1979), REID (1971). On trouve divers développements concernant les matrices positives (celles dont tous les éléments sont  0), que nous avons rencontrées à propos de I'approximation par différences finies de pro- blèmes aux limites, dans GANTMACHER (1966b) et VARGA (1962). Ces mêmes matrices jouent aussi un rôle important dans l'étude des chaînes de Markov, de certains modèles économiques, de cer- tains problèmes de programmation linéaire, etc. Voir à cet égard BERMAN & PLEMMONS (1979). 7. Préliminaires à I'optimisation. - En plus des références déjà signalées sous la rubrique << Rappels et Compléments d' Analyse )) concernant notamment Ie calcul différentiel et les espaces de Hilbert, on trouvera des compléments substantiels concernant la convexité, les polyèdres de R D , la dualité, les Lagrangiens, etc., c'est-à-dire ce que I'on appelle I'Analyse Convexe, dans ROCKAFEL- LAR (1970), LAY (19.82), STOER & WITZGALL (1970), GRÜNBAUM (1967), EKELAND & TEMAN (1974), par ordre approximativement croissant de difficulté. On peut également consulter AUBIN (1979a, 1979b), ROBERTS & V ARBERG (1973), WOUK (1979). Enfin, on recommande fortement BRÉzlS (1983). 8. Optimisation. - II existe de très nombreux livres traitant des principales méthodes d'Optimi- sation, avec ou sans contraintes. Citons, pêle-mêle, les ouvrages suivants : AUBIN (1984), AUBIN, NEPOMIASTCHY & CHARLES (1982), AUSLENDER (1976), BEN-IsRAEL, BEN-TAL & ZLOBEC (1981), BERTSEKAS (1982), CÉA (1971), CLARKE (1983), COLLATZ & WETTERLING (1975), DANIEL (1971), EKE- LAND & TURNBULL (1984), GILL & MURRAY (1974), GILL, MURRAY & WRIGHT (1981), HARTLEY (1985), HESTENES (1975), LUENBERGER (1969, 1973), McCORMICK (1983), MANGASARIAN (1969), MANGASARIAN, MEYER & ROBINSON (1975, 1978), MARTos (1975), MURRAY (1972), POLAK (1971), TIEL (1984), WISMER & CHATTERGY (1978), ZANGWILL (1969), ZoUTENDIJK (1976), où se trouvent de nombreux développements sur les questions que nous avons traitées ici, mais aussi sur celles que nous n'avons pas abordées, par exemple la minimisation des fonctions d'une variable, la program- mation non convexe, etc. On trouvera des programmes écrits en FORTRAN dans DANIELS (1978), et en ALGOL et FOR- TRAN dans KÜNZI, TZSCHACH & ZEHNDER (1971). Le livre de FLETCHER (1980) contient de nom- breuses et utiles indications sur la mise en reuvre pratique des méthodes. En ce qui concerne la Programmation Linéaire, on recommande fortement - Noblesse Oblige ! - Ie livre de DANTZIG (1963), Pun des pionniers du sujet, et l'inventeur notamment de la méthode du simplexe. Le livre de GASS (1976) est également conseilIé, en particulier pour les nombreuses applications qui s'y trouvent. On pourra aussi consulter avec profit CHV A T AL (1983), HARTLEY (1985), HEESTERMAN (1982), KOLMAN & BECK (1980), ROTHENBERG (1980), SCHRIJVER (1986), STRANG (1980), WALSH (1985). Signalons également un algorithme récemment découvert pour résoudre les problèmes de pro- grammation linéaire : il s'agit de /'algorithme de Karmarkar (cf. KARMARKAR (1984)), qui a, depuis sa découverte, suscité beaucoup d'espoirs, et aussi beaucoup de controverses ! On trouvera une analyse de sa convergence dans FRANKLIN (1987). Pour l'Optimisation en dimension infinie (existence et unicité de minimums, algorithmes, etc.), citons BARBU & PRECUPANU (1978), IOFFE & TIHOMIROV (1979), V AINBERG (1973). Dans EKELAND & TEMAM (1974), l'accent est mis sur les problèmes d'optimisation liés à la formulation variationnelle des problèmes aux limites, forme << moderne )) du Ca/cul des Variations. Pour ceux de ces problèmes posés sous -la forme d';néquations variationne//es on consultera KIN- DERLEHRER & STAMPACCHIA (1980) pour Ie problè111 << continu )), et GLOWINSKI, LIONS & TRÉMo- LlÈRES (1976a, 1976b) pour I'approximation, notaqlInt par des méthodes d'éléments finis (l'éd'- tion anglaise, parue en 1981 chez North-Holland, conient des compléments importants). Les liè"s entre l'Optimisation et la théorie de l'App'rximation'so.nt examinés en détail par LAURENT (1972). 
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PRINCIP ALES NOTATIONS UTILISÉES 1. Notations générales déf : égalité de définition d'un symbole. : : valeur numérique approchée. => : implique.  : équivalent à. ð 'j : symbole de Kronecker (ð ij = 1 si i = j, ð ij = 0 si i  j). ã : nombre complexe conjugué du nombre lX.  : inclusion stricte. cþ : ensemble vide. A - B : intersection de A avec Ie complémentaire de B. n II Zi = Z l XZ 2 X... XZ"" OU Z'" si Z, = Z, 1  i  n : produit d'ensembles. I-I card (A) : cardinal d'une partie (finie) A. Ã : adhérence d.une partie A. I: A eX-+- B : applicationf d'une partie A de r ensemble X dans l'ensemble B. 1-1 : application réciproque de/. gf: application composée ; gf(a) = g(f(a)). 11..4 : restriction de I'application f à Ia partie A. f(A) : image directe de la partie A par rapplication/. I( ., b), f(ah · · .) ak:-h:, ok.' ..., an} : application partielle. (Xk)kO, ou (x.J : sUIte Infinle Xo, Xl. ..., Xk' .... lim Xk: limite de la suite (x.J. 1:-+- 00 Iim f{x) : limite de f(x} lorsque X tend vers o. z-+-ø Iim g(t), Iim g(t) : limite de g(t) Iorsque t E R tend vers to par valeurs supérieures, inférieures. t-+-td t-+-tõ Iim inf x n = sup ( inf Xm ) : limite inférieure de Ia suite (x n ). 11.-+00 nE!. mn Iim sup X n = inf ( SUP Xm ) : limite supérieure de Ia suite (x,.). 11.-+-00 nEb mn Iim inf f(x}, Iim SUp f (X): limite inférieure, suçérieure, def(x} lorsque X tend vers o. z-+-ø z-+-ø min {. . .}, max { . . .} : borne inférieure, supérieure, d'un ensemble fini. inf {. . .}, sup {. . .} : borne inférieure, supérieure, d'un ensemble infini, qu'elle soit atteinte ou non. 
PRINCIPALES NOTATIONS UTILISÉES 267 f(x) = O(x) : il existe une constante C et un voisinage I de 0 dans R+ tels que I.f(x) I  Cx pour tou t x E I. 2. Ensembles et espaces particuliers N : ensemble des entiers  O. Z : ensenlble des entiers relatifs. R : corps des nombres réels. R+ = {x E R; x  O}. R'+ = {v E R" ; v  O} : hyperoctant positif de R'. C : corps des nonl bres complexes. K : corps des scalaires (K = R ou C). 6" : groupe des permutations de l'ensemble {I, 2, . . " n}. d m . n(K) ou elm. n : espace vectoriel des matrices de type (m, n) à éléments dans Ie co"ps K. d,,(K) ou d" : anneau des matrices d'ordre n à éléments dans Ie corps K. [a, h], ]a, h[, [a, h[, ]a, h] : notations usuelles pour les intervalles fermés, ouverts, ..., de R, d'extrémités a et h. Convention: Si a = - 00, [a, h] = {x E R, x  h} ; si h = + 00, [a, h] = {x E R ; a  x}. @.m(/) : espace vectoriel des fonctions réelles m fois continûment dérivables sur un intervalle Ie R. Pil) : espace vectoriel des restrictions à un intervalle I C R des polynômes de degré  k. .e(X; Y), ou J2(X) si X = Y: espace vectoriel des applications linéaires continues de X dans Y. X' = J2(X; R) : dual de X. Isom(X; Y), ou Isom(X) si X = Y : ensemble des applications linéaires continues, bijectives de X sur Y, d'applications réciproques continues. J2'},(X, Y) : espace des applications bilinéaires continues de X dans Y. 3. Matrices Convention: Jes blancs laissés dans l'écriture des matrices représentent toujours des zéros. Par exemple, G -J=G 0 , 2 2 etc. 2 2 -4 all at:! a 1n a'll a:! o'},n A = (a ij ) = matrice de type (m, n). a m2 a mn A = (a ij ) : matrice d'élénlents aij (i : indice de ligne ; j : indice de colonne), parfois aussi notés ai, j' (A)ij : élément de la i-ème ligne et de la j-ème colonne de la matrice A. AT : matrice transposée {(AT).j = (A)ji} A * : matrice adjointe {(A *)ij = (Ä)ji} A-I : ma trice inverse. A= All A t2 . . . An -- -- A 2t A 22 . . . A 2N . . . . . . . . . - AMI A M2 . . . AMN = (A 1J > : matrice décomposée par blocs A  0 : tous les éléments de la matrice A sont  O. I ou I" : matrice unité, d'ordre n. diag (IX i ) = diag (lXI, IX2, . . ., IX,,) : matrice diagonale. 
268 PRINCIPALES NOTATIONS UTILISÉES Åi(A) : i-ènle valeur propre de la 111atrice A. IlI(A) : i-ème valeur singulière de la 111atrice A. sp(A) = U Î.i(A) : spectre de la matrice A. i !,>(A) = nlax I Î. i ( A) I : rayon spectral de la 111atrice A. i dét (A) = II ).i(A) : déternlinant de la Inatrice A. I tr(A) = L Âi(A) : trace de la 111atrice A. i PA : ;. E C -+ PA(Î.) = dét (A - Î.I) : polynôI11e caractéristique de la tnatrice A. r(A) : rang de la matrice A. ,'*Av R.. : l' E (Cn- { O } ) -+ R.( l') =- - : q uotient de Ra} leigh de la tllatrice A. ISo ."- ,.*1' - cond (A) = II A IIII..-Ill : conditionnenlen de la nlatrice A. relativelnent à la nOrl11e " . II. cond p (A) = II A"pll A-I lip : conditionnenlent de la 111atrice A. relativelnent à la nonne II . lip p == I, 2, co. A = D - E - F : décomposition "D - F - F" par points Oll par blocs de la 111atrice A: S i A = (aiJ) : ( 0 ) .. = a..å.. I) I) I)' (E)ij = (- a;j) si i :> j, 0 autrenlent. (F)ij = (- O'j) si i <" j. 0 autrenlent : Si A = (AJJ) : (D)JJ = ðJJAJJ, (E)JJ = (- A IJ ) si I > J, 0 autrel11ent. (FhJ = (- AJJ) si I -< J, 0 autrenlent. J = D-l(E + F) : 111atrice de Jacobi par points ou par blocs. .12 1 = (D- E)-IF: matrice de Gauss-Seidel par p'.)ints Oll par blocs. .J2.(') = (D--(oE)-1 {(l-w)D..L(',F} : nlatrice de relaxation par points ou par blocs. 4. Espaces vectoriels (e , )i=1 ou (ei) : base d'un espace vectoriel de dinlenion finie. L" 1 " = 1.';! : vecteur colonne. V n VT = (t"l l'2 . .. l'/t) : vecteur transposé. v* = (v h V2 . .. Un) : vecteur adjoint, 1) = (t'i)1 OU (Vi): vecteur de composantes 1';. v, OU (v); : i-ème composante du vecteur l'. " (u, v)n OU (u v) = L U/'-'i : produit scalaire euc1idn sur Rn, ;=1 " (u, v)" ou (U, v) = L UiV i : produit scalaire hermitien sur en. i=l (u, v) : produit scalaire d'un espace préhilbertien quelconque (à partir du chapitre R). v ..L U : vecteur t' orthogonal à la partie U. 
PRINCIPALES NOTATIONS UTILISÉES 269 U.L = {v E V; l' ..1 V} . V = VI EÐ V 2 EÐ ... EÐ Jl'N : SOmnle directe de sous-espaces vectoriels. u= III U2 . . . UN : vecteur décomposé en blocs. v ;::-; 0 : toutes les composantes du vecteur v sont ;::-; O. [a, b] = {x = ta+ (1- t) b ; t E [0, I]} : segment fermé d'extrémités a et b dans un espace vec- toriel. ]a, b[ = {x = ta+(l-t}b ; t E: ]0, I[} : segment ouvert d'extrémités a t b dans un espace vec- toriel. Ker (A) = {v EX; Av = O} : noyau de I'application linéaire A : X -.. Y. 1m (A) = {A v E Y; v E X} : image de l'application Iinéaire A : X -+ Y. 5. Normes II. I! : norme en général ; norme vectorielle ; norme matricielle, subordonnée ou non; norme d'une application Iinéaire, bilinéaire ; norme euclidienne (à partir du chapitre 8), etc. II · IIv : norme d'un espace V. II v lip = { t I vIIP } I/P, P réel ;::-; 1. '-1 II v IIn = { t I V I 12 } 1/2 : autre notation pour la norme eucIidienne sur Rn, lorsqu'on '-1 souhaite rappeler explicitement la dimension. II v II 00 = max I vii. 1::::!!EI::::!!En II A lit = max L 1 aj.l. J . IIAII2 = {g(A*A)}l/2. II A 1100 = max L I aij ,. I j II A liE = {  I ail 1 2 } 1/2 . I, j 6. Calcul ditférentiel f' , I" , I<n> pour n  3 : déri vées successi yes d' une f onction réelle I d' une variable réeHe. aJ =  I , aill = a a 2 ' ' etc. : déri vées partielles d' une f onction réelle I de pI usieurs variables uXi Xi XJ réelles x.. fI ô! A - L . Laplacien en dimension n. - '-1 ôxf . I'(a) E ...e(X; Y) : dérivée (première) de I'application f :!J c X -+ Y au point a E !J,!J : ouvert de X. I' :!J c X -+ .J2(X; Y) : application dérivée (première). ôkl(a) E .J2(X k ; Y) : dérivée partielle par rapport à la k-ième variable de l'application I:!J c X 1 XX 2 X .. ,X n -+ Yau point a. 
270 PRINCIPALES NOTATIONS UTILISÉES f"(a) E .J2 2 (X; Y) : dérivée seconde de l'application f: Q C X -+Y au point a E Q, [} : ouvert de X. f" : Q C X -+ .J2 2 (X; Y) : application dérivée seconde. f E (dm(Q) : l'applicationfest m fois continûment dérivable dans Q (continue si m = 0). Ôl f(a) ô 2 f(a) V' f(a) = : gradient de l'application f: Q c Rn -+ K au point a. ô"f(a) V'2f(a) = ôl1f(a) ... ô 1n f(a) ô21f(a) ... ô 2n f(a) Ôn.1!'(a) ... ô""f(a) : Hessien de l'applicationf: Q c Rn -+ R au point a. '1 J(u) : gradient de )'application J: V -+ R en un point u d'un espace de Hilbert V; l'élément '1 J(u) E Vest défini par J'(u)v = ('1 J(u), v) pour tout v E V. V'2J(U) : Étant donné une application J: V -+ R, Oil Vest un espace de Hilbert, l'élénlent \12 J(u) E.J2( V) est défini par J"(u) (v, w) = (V'  J(u) v, w) pour tout v, w E V. 
INDEX(I) Note: Les renvois sont faits aux numéros de pages. [A) ABEL [théorème d' - ] : 25. accroissements finis formule des - : 141, 144. formule des - généralisés : 145. théorème des - : 141. 162, 165. affine application - : 138. contrainte - : 174. fonction - par morceaux : 56, 61, 181. alternative de FREDHOLM en dimension finie : 173. application - affine: 138. - bilinéaire : 137. - bilinéaire synlétrique: 138, 143. 168. - composante : 139. - composée : 140. - dérivable : 137, 138, 144. - dérivée : 138, 158. - dérivée seconde : 143. deux fois dérivable : 143. 144. - linéaire : 6. 137. - partielle : 139. gradient d' une - : 146, 172. Hessien d'une - : 146. approxi nla tion - au sens des moindres carrés : 69. méthode des - s successives : 96, 160. 203. problème d' - de données : 66, 69. approximation variationnelle [méthode d' - ] 39. 48. 55. 61, 62. 64. 67. 170. 180. convergence de la - : 56. système linéaire obtenu par la - : 58, 59, 61, 104, 109, 191. arrondi [erreur d' - 1 : voir "erreur". [B] barre équilibre de la chaleur dans une - : 48. torsion élasto-plastique d'une - : 181. base - associée à un sommet : 242. - d'un espace vectoriel de dimension finie : 4. BAUER-FIKE [théorème de - ] : 35. bilinéaire application - : 137. application - symétrique : 138, 143. forme - : 53. forme - symétrique : 53, 178. bissection [méthode de -] : 118. bloc décomposition A = D- E- F par - s d'une matrice : 101. décomposition par - s d'un vecteur : 6. décomposition par - s d'une matrice : 6. matrice diagonale par - s : 26. matrice triangulaire par - s : 26, 72. matrice tridiagonale par - s : 26. méthode de GAUSS-SEIDEL par - s : 101. méthode de JACOBI par - s : 101. méthode de relaxation par - s : 101. produit par - s de matrices : 6. produit par - s d'une matrice et d'un vecteur : 6. BUNYAKOVSKII [inégalité de - ] : 15. (1) Certains des termes qui suivent se retrouvent dans 1'Index du Recueil d'Exercices, accompagnés de nombreux termes complémentaires. 
272 [CI carrés (moindres - ] : voir "moindres carrés". CAUCHY-SCHWARZ, inégalité de - : 15, 20, 54, 55, 169. chaleur (équation de la - J - en dimension un . 49. - en. dimension deux: 51. équilibre de la - dans une barre: 48. CuOLESKY (factorisation de -] : 65, 87, 89. CuOLESKY [méthode de - ] : 89, 200. calcul d'un déterminant par la - : 90. comptage des opérations élémentaires dans Ia - : 89. coercive [fonctionnelle -] : voir "fonction- nelle" . compagne : voir "matrice". complément orthogonal d'une partie: 172. composante application - : 139. - d'un vecteur : 4. concave (fonction - ] : 154. condition - aux limites : 38, 45, 49, 51, 52. - initiale : 38, 49, 51, 52. conditionnement - d'un problème de valeurs propres : 34. - d'un système linéaire : 29. - d'une matrice : 29, 31, 92, 120. - d'une matrice, pour Ie calcul des valeurs prop res : 35. cône : - des directions admissibles : 211, 213, 214, 215. conjugué : voir "direction", "gradient conju- gué", "vecteur". consistance [erreur de - ] : 44. contraction : 96, 203. contrainte [- d'un problème d'optimisation] : 174. - affine: 174. - affine qualifiée : 215. - convexe : 174, 218. - convexe qualifiée : 217, 218, 221, 223. - égalité : 148, 174, 216. - égalité affine: 151, 233. - inégalité : 174, 182, 216. - inégalité affine: 181, 201, 215, 225, 228, 232. - qualifiée en un point: 213, 214, 216. problème d'optimisation avec - s : 174, 201, 206, 216, 222, 226, 227. problème d'optimisation sans - s: 174, 179,184,194,206,219,222,227. convergence - d'une méthode itérative : 96, 184. - d'une suite de matrices: 21. - d'une suite de vecteurs : 21. - de la méthode d'approximation varia- tionnelle : 56. - de la méthode des ditférences finies : 42. - faible: 176, 177. ordre de - : 44. convexe fonction - : 153, 154, 155, 156. INDEX fonction strictement - : 153, 154, 155, 156. fonctionnelle - : voir "fonctionnelle". partie - : voir "partie convexe". programmation - : voir "programmation convexe" . corde mouvements stationnaires d'une - : 62. petits mouvements d'une - : 51, 62. COURANT-FISCHER [théorème de - ] : 13. CRAMER [formules de - ] : 25, 80. cyclage [- dans la méthode du simplexe] : 241, 243, 247. [DI décomposition - A = D- E- F d'une matrice A : 98, 103. - A = D- E- F par blocs d'une matrice A : 101. - A = M-N d'une matrice A: 97,102. - par blocs d'une matrice : 6. dérivée application - : 138. application - seconde : 143. - d'une application composée : 140. - partielle : 139. - première : 137. - seconde : 143, 151. matrice - : 140. descente [direction de -] : 184, 185, 188, 189, 194, 198. déterminant d'une matrice : 7. calcul du - par la méthode de GAUSS : 76. calcul du - par la méthode de HOUSE- HOLDER : 92. calcul du - par les formules de CRAMER : 80. calcul du - symétrique définie positive par la méthode de CHOLESKY : 90. différences finies : 41, 46, 52. différences finies [méthode des -] : 39, 45, 49, 62, 63. convergence de la - : 42, 44. système linéaire obtenu par la - : 40, 47, 51, 52, 53, 59, 104, 109, 191, 200. direction cðne des - s admissibles : 211, 213, 214, 215. - de descente : 184, 185, 188, 189, 194, 198. - s conjuguées par rapport à une matrice : 197. dual problème - : 222, 226, 253, 255, 258. variable - e : 222, 257. dual d'un espace vectoriel normé : 137. dualité - en programmation linéaire : 237, 252, 255. - en programmation non linéaire : 222. - et méthode du simplexe : 257. 
[E) élément - d'une matrice : 4. - diagonal d'une matrice : 7. - hors-diagonal d'une matrice : 7. éléments finis (méthode des - ] : 61. système linéaire obtenu par la - : 61, 200. triangulation dans la - : 61. élimination dans la méthode de GAUSS: 73, 75, 79. elliptique [fonctionnelle -] : "voir fonction- nelle" . énergie d'une membrane: 61, 180. équation - d'EuLER : 147, 156. - de la chaleur: 49, 51. - de LAPLACE : 45. - de POISSON : 45. - de la chaleur : voir "chaleur". - des ondes : voir "ondes". - s non linéaires [système d' - ] : 159. - s normales : 69, 157, 172. - s variationnelles : 55,61, 179. équilibrage d'une matrice : 33. erreur - de consistance : 44. - de troncature : 25. - s d'arrondi : 24, 25, 78, 131, 200. vecteur - : 96. espace - d'applications linéaires continues : 137. - d'applications bilinéaires continues: 137. - de HILBERT: 169. - préhilbertien : 53, 169. - vectoriel normé : 14. EULER équation d' - : 147, 156. inéquation d'- : 157, 170, 179. existence [résultat d' - ] - d'un zéro d'une application : 161. - de la solution d'un problème d'opti- misation : 175, 176, 178, 204. - de la solution d'un problème de pro- grammation linéaire : 234, 255. exposant : 24. extremum relatif : 146, 158. - lié : 147, 148. - par rapport à un ensemble: 147. [F) factorisation - de CHOLESKY d'une matrice symétrique définie positive: 65, 87, 89, 93. - LV d'une matrice : 83, 87, 124, 159. - LV d'une matrice tridiagonale: 85. - QR d'une matrice: 92, 124, 125. faible convergence - : 176, 177. fermeture - : 177. semi-continuité inférieure - : 177. FARKAS-MINKOWSKI [lemme de -] : 208,216, 235, 248, 253. INDEX 273 fermé [ensemble faiblement - ] : 177. FLETCHER-REEVES [méthode du gradient con- jugué de - ] : 201. fonction - affine par morceaux : 56, 61, 181. - concave : 154. - convexe : 153, 154, 155, 156. - d'interpolation : 66. - polynðmiale par morceaux : 66. - spline cubique d'interpolation: 68. - strictement concave: 154. - strictement convexe: 153, 154, 155, 156. minimisation d'une - d'une variable: 184. fonction implicite : 141, 148. théorème des - s : 142, 148. fonction propre : 63. fonctionnelle : 174. - coercive: 166, 175, 176, 183, 205. - convexe : 156, 166, 176,202. - elliptique : 166, 182, 184, 185, 186, 189, 190, 192, 194, 195, 199, 202, 203, 204, 225, 228, 230. - linéaire : 174, 175, 232. - pénalisée : 206. - quadratique sur Rn ou sur un espace de Hilbert: 151, 156, 157, 174, 178, 180, 181, 182, 184, 185, 188, 190, 192, 194, 195, 199, 204, 224. 230. - strictement convexe : 156, 183, 205. forme - bilinéaire : 53, 178. - linéaire : 53, 178. formes canoniques d'un problème de pro- grammation linéaire : 233. formulation variationnelle - d'un problème aux limites : 53,61, 178. - d'un problème de valeurs prop res : 64. - du problème de la membrane: 61. - du problème de la membrane s'appu- yant sur un obstacle : 180. formule - de CRAMER: 25, 80. - de TAYLOR: 39, 47, 69, 144, 158. - de TAYLOR avec reste intégral: 144, 145, 183. - de TAYLOR-MACLAURIN: 144, 145, 153, 155, 184. - de TAYLOR-YOUNG: 144, 152, 155. - des accroissements finis: 141, 144. - des accroissements finis généralisés: 145. FREDHOLM (alternative de - ] : 173. [G) GALERKIN [méthode de -] : 61. GAUSS [méthode de - de résolution de systè- mes linéaires] : 73, 90, 91, 92. calcul d'un déterminant par la - : 76. comptage des opérations élémentaires dans la - : 79. élimination dans la - : 73, 75, 79. pivot dans la - : 73, 75, 76, 79. 
274 GAUSS-JORDAN [méthode de de résolution de systèmes linéaires] : 81. calcul de la matrice inverse par la - : 81. pivot dans la - : 81. GAUSS-SEIDEL [méthode itérative de - de résolution de systèmes linéaires]: 100. 188. comparaison de la - avec la méthode de JACOBI: 100, 105. convergence de la - : 103, 105, 109. matrice de - : 100, 101, 106. - par blocs: 101. GERSCHGORIN [théorème de -] : 44. GIVENS [méthode de -] : 118. 120. GIVENS-HouSEHOLDER [méthode de - de cal- cui de valeurs propres] : 118, 131. convergence de la - : 123. gradient [- d'une application] : 146, 172. gradient [méthode de - en optimisation] : 189. - appliquée au problème dual : 226. gradient à pas fixe [méthode du - ] : 166. 191. 203. convergence de la - : 192. gradient à pas optimal [méthode du -]: 166, 188, 194, 195, 196. convergence de la - : 189. gradient à pas variable [méthode du -]: 166. 191, 203. convergence de la - : 192, 204. gradient avec projection [méthode du - ] : 203. convergence de la - : 203. gradient conjugué [méthode du -] : 199. comptage des opérations élémentaires dans la - : 200. convergence de la - : 199. - de FLETCHER-REEVES: 201. - de POLAK-RIBIERE : 200. GRAM-SCHMIDT [orthonormalisation de -] : 9, 94. (H) HESSENBERG [matrice de - ] : 26. 127. Hessien d'une application: 146, 158. 166. HILBERT [espace de - ] : 169. HÖLDER [inégalité de - ] : 15. HOUSEHOLDER [matrice de - ] : 32, 90, 92, 119, 120. HOUSEHOLDER [méthode de - de réduction à la forme tridiagonale] : 118. HOUSEHOLDER [méthode de - de résolution de systèmes linéaires] : 91. calcul d'un déterminant par la - : 92. hyperoctant positif : 171. (I) image d'une application linéaire : 173. inégalité - de SUNY AKOVSKII : IS. de CAUCHy-SCHWARZ pour les fonc- tions : 54. 55. 169. de CAUCHy-SCHWARZ pour les vec- teurs: 15.20.169. INDEX - de HÖLDER : 15. - de MINKOWSKI : 15. - de SCHWARZ: 169, 172. - triangulaire : 14. inéquations d'EuLER : 157, 170, 179. inéquations variationnelles : 179, 182. initiale [condition -]: voir "condition ini- tiale" . initialisation de la méthode du simplexe : 249, 251. in terpola tion fonction d' - : 66. fonction spline cubique d' - : 68. polynôme d' - : 66. polynõme d' - par morceaux : 57. problème d' - de données : 66. inverse [matrice - ] : 7. calcul de la - : 72, 81. inversion locale [théorème d' - ] : 142. isométrie canonique de RIESZ : 172, 216. itérations inverses [méthode des -]: 130. (J) JACOBI [méthode itérative de - de résolution de systèmes linéaires] : 99. comparaison de la - avec la méthode de GAUSS-SEIDEL: 100, 105, 106. comparaison de la - avec la méthode de relaxation : 106. convergence de la - : 104, 105, 106, 109. matrice de la - : 99, 101, 105. - par blocs: 101. JACOBI [méthode de - de calcul des valeurs propres] : 111. convergence de la - : 115. - avec seuil : 114. - classique : 114, 115. - cyclique: 114. JACOBI [méthode de - de calcul des vecteurs propres] : 111. 129. convergence de la - : 117. Jacobien d'une application : 140. JORDAN [théorème de -] : 9. (KJ KUHN et TUCKER [relations de -] : 216, 221. [L] LAGRANGE [multiplicateurs de -] : 149. 216. 219, 221. Lagrangien - en programmation linéaire : 253, 255, 257. - en programmation non linéaire : 221. 225. LAPLACE [équation de - ] : 45. Laplacien : 45. - approché : 47. problème de valeurs propres pour Ie - 63. 
lemme de FARKAS-MINKOWSKI : 208. 216, 235, 248. 253. limite d'une suite: 21. limite faible d'une suite: 176. limites : voir "conditions aux limites", "pro- blème aux limites". linéaire application - : 6. 137. fonctionnelle - : voir "fonctionnelle". forme - : 53. programmation - : voir "programmation linéaire" . système - : voir "système linéaire". LV [factorisation -] : voir "factorisation". 1M] maillage : 49. - uniforme : 39, 45, 56, 66. nreuds d'un - : 39, 46. pas d'un - : 39, 45, 49. mantisse : 24, 78. matrice : 4. conditionnement d'une - : 29, 31, 92, 120. décomposition A = D- E- F d'une - 98, 101. décomposition A = M - N d'une - 97, 102, 103. déterminant d'une - : 7. directions conj uguées par rapport à une - : 197. élément d'une - : 4. élément diagonal d'une - : 7. élément hors-diagonal d'une - : 7. équilibrage d'une - : 33. factorisation de CHOLESKY d'une - : 65. 87, 89. factorisation LV d'une - : 83, 85, 87, 124. factorisation QR d'une - : 92, 124, 125. - adjointe : 5. - bande : 26, 59, 62. - carrée : 7. - compagne d'un polynônle : 25. - complexe: 5. - creuse : 25, 48, 191. 200. - d'ordre n : 7. - d'une méthode itérative : 96. - de GAUSS-SEIDEL: 100, 101, 106. - de HESSENBERG : 26, 127. - de HOUSEHOLDER: 32.90.92. 119. 120. - de JACOBI: 99, 101. 105. - de passage: 8. - de permutation: 7, 73. - de relaxation: 100, 101. 107. - de transposition: 74. - de type (m. n) : 5. - décomposée en blocs : 6. - dérivée : 140. - diagonale : 7, 26, 81. - diagonale par blocs : 26. - diagonalisable : 8. 34, 130. - "facile à inverser" : 73, 98. - hermitienne : 7. 10, 18,36.90. INDEX 275 - hermitienne définie positive: 14. 102, 103. 109. - hermitienne positive: 14. - inverse : 7. - inversible : 7. 20 - monotone : 41, -48. - normale : 7,9. 17,31,35. - nulle : 5. - orthogonale : 7, 18,31,32. 112. - pleine : 5, 25, 81, 111, 131. 200. - positive : 41. - rectangulaire : 7. 18. - réelle : 5. - singulière : 7, 20. - symétrique : 7, 9, 10, 18, 36, 48, 111. 118, 120,151,156,197. - symétrique définie positive: 14, 26, 41, 51, 52, 58, 59, 61, 64, 65, 68, 69, 79,87,104,156,171,174,188,191, 197, 225, 230. - symétrique positive: 14, 69. - transposée : 5, 173. - triangulaire (supérieure ou inférieure): 9,26,72,76,83,87,89,90,92,101. - triangulaire par blocs : 26, 72. - tridiagonale : 26, 48, 51, 52, 58, 68, 85. 118, 120, 131. - tridiagonale par blocs: 26, 48, 59, 62. 105, 106, 109. - unitaire : 7, 18,31,32,90. - unité : 7. - s équivalentes : 10. - s semblables : 8. polynôme caractéristique d'une - : 7, 25, 105, 107, 121. quotient de RA YLFIGH d'une - : 10, 17. rang d'une - : 8. rayon spectral d'une - : 8, 18, 21, 96. réduction d'une - : 8. sous-espace pro pre d'une - : 7. sous - : 6. sous - diagonale : 7. spectre d'une - : 7. suite de - s : 21. trace d'une - : 7. valeur propre d'une - : 7. valeur singulière d'une - 10, 18, 31. vecteur colonne d'une - : 5. vecteur ligne d'une - : 5. vecteur propre d'une - : 7. vecteurs conjugués pour une -: 197. zéros d'une - : 25. maximum: 156. - par rapport à un ensemble: 156. - relatif: 146, 151. - relatif par rapport/à un ensemble: 147. - relatif strict : 152. - strict : 156. membrane: 45, 60, 180. énergie d'une - : 61. 180. petits mouvements d'une - : 52. - s'appuyant sur un obstacle: 180. méthode directe - de résolution de systèmes linéaires: 25, 26, 200. - en optimisation : 200, 247. 
276 méthode itérative de résolution de systèmes linéaires : 21, 25, 26,96, 191. comparaison de deux - s: 97, 100, 102. convergence d' une - : 96, 97. matri<;e d'une - : 96. méthode itérative en optimisation : 184. minimisation d'une fonction d'une variable : 184. minimum: 156. - d'une fonction convexe : 156. - d'une fonction dérivable : 152. - en programmation convexe : 218. - en programmation linéaire : 252, 254. - en çrogrammation non linéaire : 216. - par rapport à un ensemble : 156, 173, 218, 252. . - relatif : 146, 151. - relatif par rapport à un ensemble: 147, 153,211,212,216,218,219. - relatif strict: 152. - strict: 156. MINKOWSKI [inégalité de - ] : 15. moindres carrés [a pproxima tion au sens des - ] : 69. moindres carrés [solution d'un système liné- aire au sens des -] : 69, 157, 171, 179. multiplicateur de LAGRANGE: 149, 216. - généralisé : 216, 219, 221. [N] NEWTON [méthode de - ] : 158, 194. convergence de la - : 162, 164. - généralisée : 159, 161, 166. - pour les fonctions réelles : 158. nreud d'un maillage : 39, 46. numérotage des - s : 47. non linéaire programmation - : voir "programmation non linéaire". système d'équations - s : 159. normales [équations -]: voir "équation". norme équivalence de - s : 15, 21. - euclidienne : 14. - matricielle : 15, 18. - matricielle non subordonnée : 20. - matricielle subordonnée: 16, 18, 21, 103, 137. - vectorielle : 14. noyau d'une application linéaire : 173. [0] ondes [équation des - ] - en dimension un : 51. 62. - en dimension deux : 53. opérateur de projection: 169, 173, 202, 204, 226. opérateur transposé : 173. opérations élémentaires : 24. comptage des - : 25, 79, 80, 86, 89, 200. INDEX optimisation (problème d' - ] : 173. existence de la solution d'un - : 175, 176, 178, 204. - avec contraintes: 174, 201, 206, 216. 222, 226, 227. - sans contraintes: 174, 179, 184, 194, 206, 219, 222, 227. unicité de la solution d'un - : 175. ordre de convergence : 44. orthonormal [ensemble - de vecteurs] : 4, 94. orthonormalisation de GRAM-SCHMIDT: 9, 94. OSTROWSKI-REICH [théorème de -]: 103. [PI paramètre de relaxation : voir "relaxation". partie convexe : 153, 169, 176, 178,202,211, 238. point extrémal d'une - : 238. pas d'un maillage : 39, 45, 49. pas d'une méthode de gradient : voir "gra- dient à pas fixe; optimal; variable". pénalisation [méthode de - ] : 205. convergence de la - : 205. pénalisée (fonctionnelle - ] : 206. permutation groupe des - s d'ordre n : 7. matrice de - : 7, 73. PICARD [méthode de - ] : 96. pivot - dans la méthode de GAUSS : 73, 75, 76t 78. - dans la méthode de GAUSS-JORDAN : 81. - partiel : 79. - total: 79. point extrémal d'une partie convexe: 238. point fixe d'une application : 96, 203. point-selle: 219, 221, 223, 256. POISSON [équation de - ] : 45. POLAK-RIBIÈRE (méthode du gradient conjugué de - ] : 200. polyèdre de Rn : 236, 238. sommet d'un - : 236, 238, 239, 240, 242, 247. polynôme matrice compagne d'un - : 25. - d'interpoJation : 66. - d'interpolation par morceaux : 66. - caractéristique d'une matrice : 7, 25, 105-107, 121. poutre sou mise à une charge transversale: 38. primal problème - : 222, 258. variable - e : 222, 257. primal-dual [problème - ] : 223. principe des travaux virtuels : 61. pro blème - aux limites en dimension un : 38, 49 52. 53, 67, 104, 109, 178. - aux limites en dimension deux: 45, 52t 60, 104, 109, 178. - d'approximation de données : 66. - d'évolution : 49. 52, 62. - d'interpolation de données : 66. 
problème - d'optimisation: voir "optimisation". - d'organisation de production: 235. - de l'équilibre de la chaleur dans une barre: 49. - de la torsion élasto-plastique d'une barre: 181. - de membrane: 45, 60, 180. - de poutre : 38. - de programmation convexe: voir "programmation convexe". - de programmation linéaire : voir "pro- grammation linéaire". - de programmation non linéaire : voir "programmation non linéaire". - de programmation quadratique : voir "programmation quadratique". - - de valeurs propres pour un opérateur difJérentiel : 62, 63. - de valeurs propres pour une matrice : 63, 64. - de valeurs prop res généralisé : 65. - de vecteurs propres pour une matrice : 63. - des mouvements stationnaires d'une corde : 62. - des petits mouvements d'un système mécanique : 65. - des petits mouvements d'une corde : 51, 62. - des petits mouvements d'une mem- brane : 52. - discret (associé à un procédé d'appro- ximation) : 40, 47, 50, 55, 58, 61, 64, 181. - du concurrent: 237. - du consommateur : 236. - dual : 222, 226, 253, 255, 258. - primal: 222, 258. - primal-dual : 223. produit par blocs de matrices: 6. produit scalaire - canonique : 4. - euclidien : 4. - hermitien : 4. - sur un espace vectoriel : 168, 178. programmation convexe [problème de -]: 174, 204, 205, 206, 218. existence de la solution d'un - : 176. programmation linéaire [problème de -]: 174, 232, 237, 252. exemples de - : 235. existence de la solution d'un - : 234, 255. formes canoniques d'un - : 233. - et dualité : 237, 252, 255. programmation non linéaire [problème de - ] : 174, 216, 220. existence de la solution d'un - : 175. - et dualité : 222. programmation quadratique [problème de -]: 174,180,182. exemple de - : 180, 181. existence de la solution d'un - : 176, 178. - avec con train tes : 181. - et dualité : 225. - sans contrain tes : 180. INDEX 277 projection méthode de gradient avec - : 203. opérateur de - : 169, 173, 202. opérateur de - sur l'hyperoctant positif : 170, 226. - d'un élément sur une partie convexe : 169, 179, 202. théorème de - : 169, 171, 175, 178, 179t 209. puissance inverse [méthode de la -]: 130. [Q] QR [factorisation -] : voir "factorisation". QR [méthode - decalcul des valeurs propres] : 123, 129. convergence de la - : 124, 129. - avec translation: 128. QR [méthode du double - ] : 128. quadratique fonctionnelle - : voir "fonctionnelle". programmation - : voir "programma- tion" . qualifiée [contrainte -] : 213, 214, 215, 216, 217, 218. quotient de RAYLEIGH d'une matrice : 10, 17, 36. [R) rang - d'une application linéaire : 8. - d'une matrice : 8. RAYLEIGH [quotient de - d'une matrice] : 10, 17, 36. RAYLEIGH-RITZ [méthode de -] : 64. rayon spectral d'une matrice : 8, 18, 21, 96. réduction d'une matrice : 8. relations de KUHN et TUCKER: 216, 221. relaxation [méthode de - en optimisation] : 185, 194, 201. convergence de la - : 186, 202. - pour un problème avec contraintes : 185. - pour un problème sans contraintes : 201. relaxation [méthode itérative de - de résolu- tion de systèmes linéaires]: 100, 188. comparaison de la - avec la méthode de JACOBI: 106. convergence de la - : 103, 104, 106, 109. matrice de la - : 100, 101, 107. - par blocs: 101. relaxation [paramètre de - ] : 100. - optimal: 101, 109. remontée [méthode de -] : 72, 73, 80, 91. RIESZ isométrie canonique de - : 172, 216. théorème de représentation de - : 172, 177, 178, 179. RITZ [méthode de - ] : 61. ROLLE [théorème de -] : 57. 
278 (S) scalaires : 3. schéma - explicite : 50, 52. - implicite : 51, 52. SCHWARZ [inégalité de - ] : 169. 172. segment: 141. semi-continuité inférieure faible : 177. simplexe [méthode du - ] : 241. 258. cyclage dans la - : 241. 243. 247. duaIité et - : 257. initialisation de la - : 249, 251. progression de la - : 247. somme directe de sous-espaces vectoriels : 6, 173. sommet [- d'un polyèdre de Rn] : 236, 238. 239, 240, 242. base associée à un - : 242. - dégénéré : 242, 247. - non dégénéré : 242, 247. sous-espace propre d'une matrice : 7. sous-matrice - d'une matrice : 6. - diagonale : 7. so us-relaxation [méthode de - ] : 101. spectre d'une matrice : 7. spline [fonction - cubique d'interpolation] : 68. système linéaire permettant Ie calcul de la - : 68. stabilité de méthodes d'approximation : 42. 44, 51. strictemen t convexe fonction - : 153. 154. ] 55. ] 56. fonctionnelle - : voir "'fonctionnelle". STURM [suite de - ] : 122. suite - de matrices: 21. - de STURM : ] 22. - de vecteurs : 21. - minimisante : 175, 176, 234. sur-relaxation [méthode de - ] : 10 I. système d'équations non linéaires : ] 50. ] 59. système linéaire : 23. 72. conditionnement d'un - : 29. méthode directe de résolution d'un - : 25, 26, 200 ; voir aussi "CHOLESKY", "CRAMER", "'GAUSS", "GAUSS-JOR- DAN", "HOUSEHOLDER". méthode itérative de résolution d'un - : 21, 25, 26, 96, 191; voir aussi "GAUSS-SEIDEL", "JACOBI", "relaxa- tion" . - à matrice non nécessairement carrée : 173. - à matrice orthogonale : 32. - à matrice symétrique : 151. - à matrice symétrique définie positive : 26, 79, 89, 191, 200. - à matrice triangulaire : 72, 85, 89, 101. - à matrice triangulaire par blocs : 72. - à matrice tridiagonale : 86. - au sens des moindres carrés : 69, 157, 171, 179. INDEX - correspondant à la minimisation d'une fonctionnelle quadratique: 151. - obtenu par approximation au sens des moindres carrés : 69. - obtenu par une méthode d'approxima- tion variationnelle: 58, 59, 61. 104, 109. - obtenu par la méthode de Newton : ] 59. - obtenu par une méthode de différen- ces finies : 40, 47,51,52,59, 104, 109. - obtenu par la méthode des éléments finis : 61. - provenant de l'interpolation par une foncion spline cubique : 68. - s correspondant à la même matrice : 84. 159. 248. [T] TAYLOR, TAYLOR-MACLAURIN, TAYLOR-YOUNG [formules de - ] : voir "formule". théorème - d' ABEL : 25. d'inversion locale: 142. - d'OSTROWSKI-REICH : 103. - de BAUER-fIKE : 35. - de COURANT-F ISCHER : 13. - de GERSCHGORIN : 44. - de JORDAN : 9. - de projection: 169, 171,175,178,179. 209. - de représentation de RIESZ : 172. 177, 178. 179. - de ROLLE: 57. - des accroissements finis: 141, 162, 165. - des fonctions implicites: 142, 148. torsion élasto-plastique d' une barre : 181. trace d'une matrice : 7. transposition [matrice de - ] : 74. triangulation dans une méthode d'éléments finis : 6 L ] 81. troncature [erreur de -] : 25. TUCKER: voir à "KUHN et TUCKER". [V] unicité de la solution d'un problème d'optimi- sation : ] 75. UZAWA [méthode d' - ] : 227, 229, 258. convergence de la - : 228. [V] variable d'écart : 233. 236. 250. variationnel: voir "approximation varia- tionneJle", "équations variationnelles". "formulation variationnelle", "inéqua- tions variationnelles". valeurs propres [problème généralisé de -] : 65. 
valeurs propres [- d'un opérateur différen- tiel] : 62, 63. approximation des - : 63. valeurs propres [- d'une matrice] : 7, 63. calcul des - d'une matrice quelconque : 23, 34, 123. calcul des - d'une matrice symétrique : 26, 36, 64, 111, 118. calcul des - d' une matrice symétrique tridiagonale : 118, 120. conditionnement d'un problème de - : 34. voir aussi "GIVENS", GIVENS-HoUSE- HOLDER", "JACOBI", "QR". valeurs singulières d'une matrice : 10. 18, 31. vecteur composante d'un - : 4. ensem ble orthonormal de - s : 4. suite de - s : 21. - adjoint : 4. - colonne : 4. - colonne d'une matrice : 5. - décomposé en blocs : 6. - erreur : 96. - initial d'une méthode itérative : 96, 161, 184. INDEX 279 - ligne : 4. - Jigne d'une matrice : 5. - nul : 5. orthogonal à une partie: 4. - positif : 41. - transposé : 4. - s conjugués par rapport à une matrice : 197. - s orthogonaux : 4, 172. vecteur pro pre [- d'une matrice] : 7, 63. calcu] des - s : 23, 26, 111, 129; voir aussi "JACOBI", "puissance inverse". virgule flottante : 24, 78. (Z) zéro d'une application : 158. existence d'un - : 161. méthode de NEWTON pour Ie calcul d'un - : 158. zéro d'une matrice : 25. zéro de l'application dérivée : 158, 165. méthode de NEWTON pour Ie calcul d'un - : 165, 166.