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Теги: magazine littérature française études orientales histoire de l'orient
Год: 1964
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LE MUSEON
REVUE D’ÉTUDES ORIENTALES
TIJDSCHRIFT VOOR ORIENTALISME
LE MUSEON
REVUE D’ÉTUDES ORIENTALES
TIJDSCHRIFT VOOR ORIENTALISME
FONDÉ EN 1881 PAR GESTICHT IN 1881 DOOR
CH. DE HAKLEZ
SUBVENTIONNÉ PAR LE GOUVERNEMENT ET PAR LA FONDATION UNIVERSITAIRE
UITGEGEVEN MET STEUN VAN DE REGERING EN VAN DE UNIVERSITAIRE STICHTING
LXXVII
LOUVAIN
1964
LEUVEN
LE «LIVRE SECRET DE JEAN»
DANS SES DIFFÉRENTES FORMES TEXTUELLES COPTES
Nous connaissons maintenant le Livre secret de Jean (ou Apo-
cryphe de Jean) non seulement par ce qu’a pu en dire saint
Irénée \ mais encore par quatre manuscrits coptes, tous à peu près
contemporains : si l’on résiste à la tentation de vieillir exagérément
tel ou tel d’entre eux en se laissant influencer par des considéra-
tions paléographiques isolées, on les datera, prudemment, des envi-
rons du IVe siècle. Ces documents sont : 1) le papyrus 8502 de
Berlin (sigle BG) ; 2) le premier écrit du second codex de
Nag’Hammâdi (sigle II) ; 3) le premier écrit du troisième codex
de même origine (sigle III) ; 4) le premier écrit du quatrième codex
de même origine (sigle IV) 1 2. Or ces quatre manuscrits ne repré-
sentent pas moins de trois formes textuelles différentes : deux for-
mes courtes, BG et III, et une forme presque deux fois plus longue
que la précédente, représentée par II et vraisemblablement aussi
IV (très mutilé). Pour des raisons de commodité, nous confondrons
II et IV sous un même sigle, L.
L’existence de ces divers textes pose un problème littéraire com-
pliqué, et nous n’avons pas la prétention de le résoudre ici. Comme
il nous paraît vraisemblable que les formes coptes du Livre secret
de Jean dérivent d’antécédents grecs, et sans préjuger de la langue
dans laquelle a pu être écrit le prototype de ces antécédents, nous
voudrions surtout tenter de savoir laquelle des trois traductions
1 Adv. Haereses, I, 29.
2 Édition de BG : W. Till, Die gnostischen Schriften des Icoptischen Papyrus
Berolinensis 8502, Berlin, 1955; édition de II, III, et IV : M. Krause et
P. Labib, Die drei Versionen des Apolcryphen des Johannes im Icoptischen
Muséum su Alt Kairo, Wiesbaden, 1961 (cet ouvrage n’est réellement sorti
de presse qu’en 1963); autre édition de II, moins bonne que la précédente
quant à l’établissement du texte, mais pourvue d’un commentaire fort inté-
ressant : S. Giversen, Apocryphon Johaniÿs, Copenhague, 1963. En ce qui
concerne la numérotation des codices de Nag’Hammâdi, nous avons adopté
ici, par commodité, celle de Krause, puisqu’il semble que c’est elle qui servira
a désigner ces documents, dans leurs éditions princeps.
5
6
R. KASSER
coptes, BG, III, ou L, est la plus archaïque, en nous servant de
critères qui nous ont paru efficaces lors de notre étude des ancien-
nes versions bibliques coptes. Accessoirement, nous serons amenés
à examiner les deux formes textuelles elles-mêmes, la longue et
la brève, en nous demandant laquelle des deux a pu précéder l’autre.
Et finalement, nous essaierons d’expliquer comment cet ouvrage,
qui tient une place primordiale dans la littérature gnostique, a pu
évoluer si rapidement, et être utilisé, sans scandale apparent, par
les mêmes sectaires, sous trois formes divergentes, et souvent même
contradictoires.
L’étude des versions coptes bibliques nous a montré que les varia-
tions dans l’usage des mots d’emprunt étaient un critère fort inté-
ressant, une pierre de touche grâce à laquelle l’aspect primitif ou
évolué d’une traduction apparaît assez nettement. Ce qui caracté-
rise une version copte archaïque, ce n’est pas tellement sa richesse
en mots grecs : comme si le premier traducteur avait simplifié sa
tâche en bourrant son texte copte de termes simplement transposés
de l’original; ce n’est pas non plus sa pauvreté en mots grecs :
comme si le traducteur primitif avait vécu à une époque où l’in-
filtration de l’élément hellénique dans l’idiome égyptien était encore
restreinte. D’une part, les traductions coptes antérieures aux ver-
sions classiques utilisent un vocabulaire grec plus étendu que celui
des textes postérieurs. Mais d’autre part, elles l’utilisent avec une
grande irrégularité, en sorte que la proportion absolue des termes
d’emprunt est plus forte dans les versions classiques. Tout se passe
comme si les premiers traducteurs, pressés par le temps et par
l’urgence de leur tâche (l’évangélisation, la propagation de leurs
doctrines), avaient dû courir à l’essentiel, et n’avaient pu établir
des règles de traduction fixes. On peut donc imaginer qu’ils puisè-
rent au hasard dans le très riche réservoir des possibilités idiomati-
ques populaires contemporaines, employant tantôt les termes d’ori-
gine égyptienne, tantôt l’un de ces mots grecs qui, soit avaient déjà
acquis droit de cité dans la langue locale, soit faisaient partie de
ce bagage de termes étrangers, mais familiers, que tout indigène
devait connaître pour se débrouiller tant soit peu dans la vie cul-
turelle et administrative de son pays. Plus tard, cependant, ces pre-
mières traductions furent révisées, à une époque où le copte était
devenu une langue vraiment littéraire, régie par un certain usage.
La gamme des mots grecs utilisables dans une version put se res-
LE « LIVRE SECRET DE JEAN »
7
treindre alors, pour deux raisons : d’une part, plusieurs d’entre
eux, qui n’avaient pas réussi à prendre réellement pied dans le
copte, furent rejetés, comme étant insuffisamment compréhensibles
pour un public géographiquement élargi; d’autre part (du moins
en ce qui concerne les versions bibliques), l’Église avait acquis une
plus grande autorité, son organisation et son dogme s’étaient pré-
cisés, en sorte qu’il parut préférable de transcrire toujours de la
même façon les termes grecs ayant attiré l’attention sur eux dans
les controverses théologiques : c’est ainsi que xoroc, devenu sus-
pect par l’usage qu’en faisait la spéculation gnostique ou hellénisti-
que, se vit presque toujours préférer ipAxe dans les versions sahi-
dique et bohaïrique classiques du Nouveau Testament3. En revanche,
les mots grecs adoptés par l’Eglise copte, et qui avaient été pré-
férés à leurs homonymes égyptiens (ces derniers pouvaient éveiller
des réminiscences païennes), ces mots grecs furent utilisés avec
une plus grande régularité qu'auparavant. Même si les sectes gnosti-
ques sont loin de présenter les mêmes caractéristiques que les com-
munautés chrétiennes primitives, on peut penser que l’évolution des
versions coptes gnostiques a suivi une voie parallèle à celle des
traductions coptes de la Bible chrétienne ; du moins, cette hypothèse,
jouit-elle, a priori, d’une certaine vraisemblance.
W. Till déjà, dans son édition de BG4, avait dressé (p. 14-18)
une liste des termes grecs employés parallèlement dans l’une ou
l’autre des recensions du Livre secret de Jean. Nous n’avons pas
cru inutile de refaire une telle liste comparative, en la basant, on
le verra, sur des principes un peu différents. Nous nous sommes
appliqué à comparer étroitement les trois formes textuelles, en
relevant uniquement les cas où, dans un même passage, deux ou
trois de ces formes textuelles divergent quant à l’emploi des mots
d’origine grecque. Par endroits, bien sûr, le parallélisme entre les
divers textes est assez relâché, et les correspondances verbales
paraissent incertaines : nous avons éliminé, de ces cas-là, les plus
franchement douteux. Finalement, nos statistiques sont basées sur
3 Cf. A. Bohlig, Die griechischen Lehnwôrter im sahidischen und bohaïrischen
Neuen Testament, Munich, 1958, p. 297, et«R. Kasser, Papyrus Bodmer III,
Évangile de Jean et Genèse I-1V, 2, en bohaïrique (CSCO 177 / Copt. 25),
Louvain, 1958, p. XII.
4 Cf. supra, note 2.
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R. KASSER
un total de 330 « unités de comparaison »5. On pourrait craindre
que la longueur absolue de telle forme textuelle ne fausse les pro-
portions; mais ce danger n’est pas réel, car partout où L présente
un texte absent de BG et III, il n’y a pas de parallélisme, donc pas
de cas entrant dans nos calculs; pratiquement, nos statistiques sont
conditionnées presque entièrement par ce qui, dans l’ouvrage, est
attesté à la fois par BG, III, et L. On pourrait craindre encore
que les dommages matériels subis par le manuscrit ne jouent un
rôle dans la proportion des termes attestés ; ce rôle est indéniable 6,
mais il n’est pas considérable, car le texte le plus défavorisé (III)
n’est guère moins long que le texte le plus favorisé (BG), comme
le montrent les chiffres suivants, indiquant le nombre des cas par
lesquels chaque manuscrit est représenté 7 : BG 330, II 308, III 288,
IV 146 (II complété par IV = L313).
Examinons maintenant le pourcentage relatif des termes d’origine
grecque, chaque cas étant considéré comme une unité : BG 48 %,
III 76 %, L 40 % 8 *. On remarquera immédiatement l’extraordinaire
richesse de III en mots d’emprunt, surtout en mots «théologiques»,
en termes techniques de la gnose. Notre première impression sera
donc la suivante : BG et L sont des versions archaïques, et III est
une traduction plus élaborée, un texte copte fortement révisé.
Nous prendrons maintenant comme unité non plus chaque cas,
mais chaque mot grec individuellement, et nous obtiendrons un
total de 169 « individus ». Voici comment sont représentés ces mots
dans les diverses formes textuelles0 : BG 31 % (28 %) [total 59 %] ;
III 51% (19%) [total 70%]; L 25% (27%) [total 52%]. Ces
5 Deux cas dans une même phrase sont considérés comme un seul cas, pour
éliminer tout ce qui pourrait résulter d’une influence par voisinage.
6 On fera bien de ne pas l’oublier totalement en examinant les statistiques
dont nous donnons les résultats.
7 Ce nombre correspond à peu près à l’état de conservation du manuscrit.
8 Exactement : II 40 %, IV 40 %. Voici les rares points où nous avons noté
uno divergence entre II et IV ; la référence concerne la page (du manuscrit)
et la ligne, dans le codex II : 16,30 A.TpfGGTG II : 2uAtjuio[c IV; 21,33
't'OTU) II; juiy(?)]h2\OC IV (pour ^veAoç?), suivi aussi de 'bOTCJU ; 26,5
ArakOOn II : IV (comme BG- et III; A.VA.0OfT pourrait être un
lapsus pour àywv).
8 Nous donnons d’abord le pourcentage des mots dont la présence dans un
manuscrit est prépondérante, puis, entre parenthèses, le pourcentage de ceux
qui n’apparaissent qu'occasionnellement, et dont l’usage paraît irrégulier.
LE « LIVRE SECRET DE JEAN »
9
chiffres confirment, de manière générale, ceux qui avaient été éta-
blis par la statistique précédente. Ils nous apportent cependant un
élément nouveau, en nous montrant que III fait un usage relative-
ment régulier des mots grecs qu’il emploie, alors que, dans BG et L,
le flottement est beaucoup plus grand 10.
Mots propres à BG seul :
àvaxvpdv III, 36, 8 haplographie?- -; BOJK L).
âvTiKEijbtEvoç (âvTt/ujuoç III, 26, 19; U)6B1O L).
àmareiv ([nég. tticteixiv III, 37, 22] ; nég. COJTM L).
à7rooTa<na ([III]; XI L : II, 13, 22).
8iaKptveiv ([III]; *1" Tœa> L : II, 3, 8).
([III] î L z II, 3, 13 et 17).
tepôv ([III]; pire L : II, 1, 19).
Xoyoç (a>AXe III, 10, 20; L).
irapa.8i86vai (T III, 35, 11; L).
7rapaKoXov0r)(Tis (oyUJg. III? 35, 24; L).
Trapiaravat (œfce III, 12, 18; L).
Treipaff/xos lapsus? (7repi<r7rao'p,os III, 39, 3; pooyu) L).
ÿéyeiv ([III]; /fœXB L : II, 13, 15).
En tout, 13 mots (=8%), dont 8 sont utilisés dans le NT sahi-
dique; tous sont des cas particuliers.
Mots propres à III seul :
a.yio<; (oyAAB BG ; L; cf. Trapdeviiiôs infra, p. 14).
aXrfiua (H6 BG; L).
àp.érpTjTo<s III, 5, 2 (nég. 0)1 BG ; [L]).
àtfntTTdvai (TOJKM BG; XI L : II, 11, 9).
âffaXEvToç (nég. K1M BG; L : II, 25, 23).
(TAXpo BG ; L : II, 31, 34).
àTEXtCTToç (nég. XIPK BG; L : II, 9, 39).
a^avToç (nég. oywNj BG ; L : II, 32, 3).
(iacravos (fcoXacriç BG; L : II, 27, 30).
8<mkuv (nœT BG; L : II, 22, 32).
EKaraCTis (Btpe BG; L : II, 22, 20 et 22).
€7riX°P7?y£îv, BG possible (^opi/ytiv BG ; "j" L : II, 4, 22).
Oék-np.a (oyœqj BG; L). «
10 Ils se rapprochent de ce qu’on observe dans les versions bibliques coptes
classiques; cf. encore infra, note 13.
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R. KASSER
KadapiÇttv (TBBO BG; L ! II, 25, 27).
Kavpa (KOJgT BG; KO>g sic L : II, 15, 21).
kcXeveiv (oyœfc BG; TA£O L : II, 11, 4).
Kypvaveiv (TAtpo BG; L : II, 29, 3).
KoXXâv (TUJ/fc BG; L : II, 23, 13).
Xfjôq (Ëq>e BG; L; cf. vXq infra, p. 14).
p.ept&.v (Tœq> BG; niDip L : II, 11, 7; cf. ôpéÇuv infra).
/zETajSaAAEiv (cpiBC BG ; L : II, 29, 26).
pvf)p.i} (P nMeeye BG; L : II, 8, 12).
ôpiÇeiv III, 5, 22 (Tujcp BG ; [L]).
irapaKaXt.lv (corrc BG; eme NoycMoy L : II, 14, 3, variante?).
TrapaaraCTis (œfce BG; L : II, 7, 18 et 34).
Trtpunratrpos (PO^YQ? L : II, 29, 34; BG ireipacrpo^, lapsus?).
irt(TTtvtiv voir àirurreïv, supra, p. 9.
TrXqapovf) (Cl BG; L : II, 25, 32).
irpoatpxtadai (Cl BG; L : II, 5, 11).
atyj (KApwq BG; L : II, 7, 4).
(T0aXXEiv (CUAT6 BG; cœpM L : II, 27, 1).
Ttpâv (TAÏO BG; L : II, 7, 20).
rip.fi (TAÏo BG; CMH L : II, 7, 21, lapsus).
viroXvtiv (àpyos BG; L : II, 19, 14).
varépqpa (q>TA BG; L).
xwyüv {àvaxwptiv, eujk, etpe BG; bcdk, ipœne L).
En tout, 36 mots (= 21 %), dont 8 seulement apparaissent dans
le NT sahidique; près des quatre cinquièmes d’entre eux sont des
cas particuliers.
Mots propres à L seul :
àv8péos II, 14, 25 (pœMC BG; [III]).
aVTlTVTTOÇ (tVTTOÇ BG ; III, 32, 11).
a^ioç (Mïto>a BG; III, 33, 19).
daE^ç II, 21, 21 (tpxqTe BG; [III]).
àtTxw-oa-vvT] variante, cf. infra, p. 13 (JCUJK BG; 7rXf)pa>pa III, 26, 15).
yvœ<Tiç (cooyN BG; III, 30, 16).
«EKaç ((MC^)MHT BG; III, 9, 9).
8t(TTâÇetv II, 2, 10 (p £HT CNAY BG; [III]).
tpyov (2<de BG; III, 10, 18).
Ka.Xvp.pa (£BC BG; III, 30, 3).
Ktpawvvat (MoyKZ BG, pour Moyjc?’? <III> ; cf. MOYf III, 38, 22).
KTto-iç (CUJNT BG; [III]).
(coong III, 26, 22; ca>N£ sic BG).
LE « LIVRE SECRET DE JEAN »
11
jwyttfoç (MNTNO/T BG; III, 6, 5).
^rpOTrarwp (eiCDT BG III; MAAY BG cf. II, 27, 33).
Movaç II, 2, 26 (MNTOYM?) BG [III]).
oti (olov BG; III, 6, 11).
7rapa (N£OYO, G- BG; III).
7TEVT<iç ((Me^)foY BG; III, 9, 3 et 8).
irpôtrwnov (poptfrrf BG; III, 18, 10).
crr}p,atv€iv II, 13, 10 (*|" MÀ.G1N BG ; [III]).
ctvv&oïç (àpp.oÇeiv BG; III, 23, 12).
00o'voç II, 25, 31 (£otg BG; [III]).
(/koctttjp (oYoeiN BG; III).
En tout, 24 mots (=14%), dont 9 apparaissent dans le NT
sahidique. L paraît ainsi un peu moins archaïque que BG, d’autant
plus qu’il a conservé en grec toute une série de noms de concepts
et d’entités gnostiques :/zoraç, Trei'rdç, (cf. qôSo/zdç III L),8€Kaç,
et yvûjaiç, Kâkvppa, pi}Tpo7ra.Ta)p, ^cocrriyp, ktiouç, péyeOos.
Il lui manque en revanche àvTipipo's, TrapaXripTTTwp^ irpoypucos,
(nyi), ampOi/jp, avp<l)a)vos, avveais et crv^vyoç.
Mots propres à BG et III :
àffdvaros (nég. MO Y L : II, 10, 13).
âvaore/xa (TAMIO L : II, 29, 1).
à.vrip.ip.o<s (cpGBlO L jusqu’à II, 26, 20, puis qjwc L depuis II, 26, 27 :
changement stylistique?).
àppM^etv {crvvOf.ai.'i L : II, 15, 28).
dppoç (Jca>Nq L : II, 15, 27).
avroyevéroip (avToyevrjs L : II, 8, 23, confusion OU variante? Cf. avroyevéraip
BG et avToyevifc III, 12, 17).
à<l>0a.p<Tia (nég. TàRO L).
a00apros (nég. TA.KO L; une fois BG).
EÎXiKpivjjç (TBBO L; souvent aussi BG).
ÈtTICTKOTFt) (<P’Ne L : II, 26, 30).
evSoKta (OYœcp L).
i&os (article possessif L, parfois MMIN MMO^ BG ou III, une fois
nu>// BG).
Kadiaravai (TAfcO OU C6£O L, àTroKaOioravai souvent III, une fois L).
K-aTavtvuv (GiœpM L).
pd/J-ycns (eiNe L : II, 15, 10).
/xovoy£n)ç (cppoYœT L : II, 6, 15).
ôp.o- (O>Bp- L).
ovo-i'a (GING L : II, 23, 9, variante?).
12
R. KASSER
oiov (ori L : II, 4, 8).
/wpaXappdvetv (/fMÏTCpiNe L : II, 25, 36).
7rapaX^7FTœp (-XI L : II, 26, 1).
7rpovmoç (rf'OM NATJCPO L : II, 10, 1).
irràpa (2® • H, 23, 32).
CT/cETra^Eiv (£ü>n L : II, 29, 8 et 11).
(T7Ttvôrjp (*t"K L : II, 6, 13).
(rvp<f)iüvo^ (JCCDNCf L).
(tAwiç (MNTPMN2HT L).
av'Évyos (q>Kp N£CDTp L).
xopmüv (t Txxpo L : II, 4, 14).
XpâtrOai [tjtopéiv L : II, 25, 35, variante ?).
En tout 30 mots (=18%), dont 3 seulement apparaissent dans
le NT sahidique; plus de la moitié d’entre eux sont des cas parti-
culiers. Cet accord massif entre BG et III est assez normal, puisque
tous deux représentent le texte court. On notera l’usage, en grec,
de termes techniques tels que àvriiJiiiJLO<s, etc., cf. supra, p. 11.
Mots propres à BG et L :
àyyeXiKr) (ayyeAos III, 26, 7).
àirovota (nég. COOyN III, 16, 7).
avGevTia (MNTJCOeiC III; mais MNTJCOeiC BG, cf. III, 38, 6).
koAcwhs (/Jacravos III, 36, 15).
7rAa<nç (àva7rAa<nç III).
7rüç (NAip Nfce III; une fois eTBe oy L).
Xpela (tpOXDT III, 6, 1).
En tout 7 mots (=4 %), dont 3 apparaissent dans le NT sahidi-
que; un peu plus de la moitié sont des cas particuliers. On notera
l’exiguïté de l’élément commun à BG et L.
Mots propres à III et L :
àvaTTAatriç (TrAacns OU TrXdcrpa BG, une fois îrAatriç OU TrXâuueiv L).
àvoKaduTTdva.1 (Kadtaravai et une fois KUJ BG, souvent TA^O OU C6£O L).
SvoxoAos (MoyKg. BG, cf. III, 33, 1).
é^So^dç (Me^cxipqe BG, ef. III, 18, 7).
ù8éa (eine BG, 61N6 ou eùcûv L, variante?).
EIKOJV (eine BG, une fois ù8éa III, variante?).
îvdvp,T]<ns (MGCye BG souvent, et une fois L).
evSoKeïv TiDoyN BG, probablement ctwevSokeîv L : IV, 15, 5).
LE « LIVRE SECRET DE JEAN »
13
Ktupos (oyoeicp BG, cf. III, 37, 9).
irXvjpwp-a- (-XCDK. BG).
(TiryXaiov (M2.AAY BG).
0opeîv (une xpâ.a-da.1 BG III, 33, 16).
XPT]<tt6<; (une fois q>AY BG L : II, 22, 15) u.
xpovoç (souvent OYoeicp BG, ou L, une fois III, ou une fois ch Y BG).
En tout 15 mots (=9 %), dont 5 apparaissent dans le NT sahi-
dique; un peu plus du tiers sont des cas particuliers.
Mots communs à BG, III, et L, quoique d’usage variable :
âyyeXos (une fois àyy«Xuc7? BG L : II, 20, 34, une fois <foM L : II, 29, 16,
variantes?).
atrdv (une fois JC1 L : II, 3, 35, variante?).
aîœv (parfois 6N6£ BG; d’autres formes, telles que OYoeiN, sont des
variantes).
àKaKia (une fois MNTATKAKIA BG, BAAfcHT III, 23, 22).
àoparos (souvent AT NX Y BG, parfois L).
âpx«v (mais <pœne L : II, 2, 27 et 36).
âpxetv (mais fljwne L : II, 2, 27 et 36).
âpyoç (une fois viroXvew III, 23, 15, variante?).
aùroyev7jç (une fois avroyevértûp BG III, 12, 20, pour avroyéwijtos ?).
/Saaavl^eiv (KoXdÇuv une fois L : II, 27,30, une fois BG III, 36, 11 varian-
tes ?).
yevea (une fois KAÏN ou KAÏNAN (?) sic BG, cf. III, 16, 25, variantes
éventuelles, si le parallélisme est réel).
8vvap.is (souvent /fou L et surtout BG, alterne avec è^ovaca dans les 3
textes).
SpaKwv (souvent fcoq BG, et une fois III).
êwoia (généralement M66Y6 L, et une fois èmvoia II, 21, 14, variante?).
E^ovCTia voir Svvapcs.
àrcvoca voir êwoca.
Cw) (comme nom propre, une fois remplacé par CDn£ L III).
KoXa.Ç'f.iv voir flacravcÇecv.
p.aKapio<; (une fois NAÏAT^ BG).
plpos (une fois Mopc L : II, 27, 7 (de MOYP), cf. cidn£ BG, variante).
p.op(f>-rj (parfois €>IN€> ou tvttos BG, CMOT, tvttoç, ou irpocrwirov L : II, 12,
1 variante).
vodv (souvent eine, cooyn, £ht^, eiœpM, ou <fœa>T L).
°pyr) (une fois /fa>NT BG). 11
11 On peut se demander s’il n’y a pas, dans le Livre secret de Jean, une
confusion constante et volontaire entre xPVaT^ XPlo"r®ç’
14 R- KASSER
7raXiv (une fois ON L).
7rap0cvuc6<; (une fois oyAAB L : II, 5, 8, et une fois oyAAB BG, aytoç
III, 21, 5).
7rX.d(Tfia (une fois àva7rXaaïs III L : II, 21, 10.
irX.d.aaetv (une fois 7rXa<ns BG, àva7rXa<ns III, 26, 15).
ttX.uvô.v (une fois CCDpM BG ou L).
Trpoyvaxris (souvent (p(o)pTT NCOOyN III, OU BG).
irpovoia. (une fois ^oyeiTG N-cmia BG III, 11, 19, OU hrlvoui L : II,
8, H).
irpvr- (souvent fcoyeiT BG, parfois III, ou ipopn L).
cnrépp.a (une fois piDMe BG III, 37, 21, variante?...; une fois varépr}pa
III, 25, 16, o>TA BG, variante).
owevSoKelv voir evSoKelv supra-, p. 12.
avvovala.. (une fois avala. BG, eiNe L : II, 23, 9).
aü>p.o. (une fois fcCDB BG III, 24, 8, variante).
te'Aeioç (souvent JCWK III, parfois BG et L).
TOTroç (une fois MA BG; cf. tvttoç).
TV7roç (souvent CMOT BG, ou L, une fois 61N6 BG, âmrvTroç L : II,
24, 40, variante?).
AXt? (une fois XyO-rj III, B<pe L : II, 25, 12, variante).
viroaraats (une fois ma L : II, 12, 10, variante).
X<îoç (une fois <piK L).
xdpis (une fois £MOT BG).
xptaroç (ou xp^o-ros?12--. le plus souvent, il semble que ce soit un lapsus
pour jcoeic III L).
X<vpl<ï (une fois AJCN- BG).
^rvxrj (une fois oyoN BG III, 32, 24 à côté de ÿvxn, variante?).
En tout 43 mots (=26 %), dont plus des deux tiers apparaissent
dans le NT (ou l’AT) sahidique (ou bohaïrique). Une partie de
ces cas comprend des mots assez courants, dont l’usage varie même
dans le texte biblique13. L ’autre partie, la plus intéressante, com-
prend des divergences qui sont de véritables variantes; nous ne
pouvons les étudier systématiquement ici; il apparaît cependant
que le texte court (BG et III) pourrait être antérieur au texte
long (L) dans 35 % de ces cas (le contraire dans 27 % de ces cas),
et que III et L sont, en règle générale, des manuscrits de meilleure
qualité que BG, en sorte que, paradoxalement, c’est III, représen-
12 Voir note précédente.
13 Voici, d’ailleurs, le taux de variabilité (ou d’irrégularité) des différents
textes pour la totalité des cas étudiés: BG- 22%, L 22 %, 11112%; cf.
supra, p. 8-9.
LE « LIVRE SECRET DE JEAN »
15
tant de la version la plus récente, qui nous donne le plus souvent
la forme textuelle vraisemblablement primitive 14.
Tout cela nous a permis de situer les versions coptes du Livre
secret de Jean les unes par rapport aux autres. Mais les résultats
acquis jusqu’ici ne sauraient constituer, en eux-mêmes, une preuve
de l’antériorité du texte court par rapport au texte long. En effet,
ces deux formes textuelles ont dû coexister en grec avant même
d’êtres traduites en coptes, et il se pourrait fort bien que le hasard
nous ait conservé une version relativement archaïque d’un original
relativement récent, à côté d’une version relativement récente d’un
original relativement archaïque. Pour départager les mérites de
BG-IH et de L, il faudrait donc examiner encore le contenu des
passages représentés par L seul, en rapport avec leur contexte
immédiat. Giversen 15 paraît persuadé de l'antériorité du texte long
par rapport au texte court, qui est, pour lui, un texte tronqué. Nous
avouerons que sa démonstration ne nous a pas convaincu. Dans la
tradition textuelle des ouvrages de l’antiquité, il était fort rare
qu’on osât retrancher des sections importantes d’un texte sacré;
au contraire, on a des exemples d’écrits relativement brefs à l’ori-
gine, et qui se sont progressivement gonflés de gloses, de commen-
taires, d’apports de toute sorte. On aura donc déjà, a priori, quel-
ques raisons de soupçonner que le texte long doit être postérieur
au texte court. En outre, l’examen des longues sections apparte-
nant en propre à L nous a donné l’impression qu’elles n’étaient
pas indispensables à leur contexte; par exemple, II, 15,29-19, 10,
longue énumération des puissances angéliques ayant présidé à la
création du corps humain et de ses particularités, pourrait bien
avoir été tiré d’un certain «Livre de Zoroastre », comme semble
l’indiquer la fin de ce passage : «il y a encore d’autres <anges>
qui président au reste des passions < corporelles>, et que je ne
t’ai pas nommées... si tu veux les connaître, <sache qu’>elles sont
écrites dans le livre de Zoroastre » ; ailleurs, 1 ’hymne de 7 strophes
contenu dans II, 30, 11 - 31, 28 forme une unité à lui seul : on
peut même se demander pour quelle raison on l’a intercalé ainsi
a la fin du Livre secret de Jean. Nous pensons donc que le texte
court a précédé le texte long. Mais le texte court lui-même est loin
14 Voici les proportions de leçons primitives relevées dans les cas étudiés
Par nous : 62 %, L 54 %, BG 46 %.
15 Cf. supra, note 2.
2
16
R. KASSER
de représenter l’état primitif de l’ouvrage; son noyau pourrait être
l’espèce de commentaire gnostique du livre biblique de la Genèse,
commentaire contenu en II, 13,13 - 25, 15, auquel fut ajouté ce
qui le précède (prologue dogmatique contenant des éléments hétéro-
clites, dont certains sont fort anciens), puis les questions qui le
suivent (sorte de «catéchisme»), et finalement le cadre historique
fictif dans lequel toute la révélation céleste fut placée.
Comment les gnostiques ont-ils pu tolérer que leurs ouvrages les
plus sacrés subissent de telles transformations? Il semble qu’ils
n’aient pas eu, de la tradition textuelle, la conception scrupuleuse-
ment littérale qui, très tôt, prévalut dans l’Eglise chrétienne. Et
puisque nous en sommes réduits aux hypothèses, nous exprimerons
brièvement celle qui nous fut suggérée par quelques passages du
Livre secret de Jean lui-même, particulièrement II, 31, 32-34 :
« et le Sauveur lui donna ces <révélations>, afin qu’il les écrivît
et les mît en sécurité ». Pour ne pas risquer de voir leurs écrits
tomber entre des mains profanes, il est possible que les gnostiques
les aient transportés le plus rarement possible avec eux, et qu’ils
aient transmis certains ouvrages par des procédés purement oraux;
par exemple, ils pouvaient envoyer un propagandiste qui, ayant
appris l’ouvrage plus ou moins par cœur, le transmettait, en le
traduisant peut-être, ou en l’accompagnant d’explications ou d’exhor-
tations. Un tel procédé aurait évidemment contribué très puissam-
ment à la transformation et à la déformation des ouvrages gnosti-
ques; mais sans doute les sectaires ne se sentaient-ils pas liés à la
lettre de leurs traités; du moment que la doctrine spirituelle d’un
ouvrage survivait dans ses nouvelles formes littéraires, il n’y avait
pas, pour eux, de scandale. L’hypothèse que nous donnons là repose,
pour l’instant, sur des présomptions, et non sur des faits. D’ail-
leurs, mutatis mutandis, c’est par de semblables conjectures que
nous avons tenté, récemment, d ’expliquer les curieux rapports
existant entre deux livres du Nouveau Testament, les épîtres aux
Ephésiens et aux ColossiensIC. Nous voulons espérer que les recher-
ches ultérieures clarifieront ces problèmes, en confirmant ou en
infirmant ce que nous avons pu supposer.
Castenau-le-Lez (Hérault), Rodolphe Kasser.
Le Lauron, Chemin de la Grenouillère.
1(5 Cf. R. Kasser, L’autore dell’Epistola agli Efesini, Protestantesimo XVII,
Rome, 1962.
SOME REMARKS ON THE SYRIAC VERSION
O F ATHANASIUS’ DE INCARNATIONS
It has been known for some time that the Syriac version of Atha-
nasius of Alexandria’s De Incarnatione is one of the best witnesses
to the so-called Short Recension of that work. Lebon was the first
to show that the Syriac version (S) and the Greek text found in the
manuscript d (Mt. Athos, Dochiariou 78) differed from the text of
the De Incarnatione found in ail manuseripts that had been studied
before 1925, but was the sanie text as that quoted by Severus,
Theodoret, Leontius of Byzantium and the Sernw Maior (a flori-
legium of fragments of Athanasian writings) *. Shortly afterwards
another Greek manuscript of the Short Recension was discovered by
Lake and Casey at Athens fC) 1 2 ; this text proved to hâve a close
parallel in Milan (D). The great importance of the MSS C and D
is that they include the Contra Gentes as well as the De Incarnatione,
and show that the révision known as the Short Recension included
both these works (which formed originally two parts of a single
composition) 3.
That the Long Recension was the original form of the De Incarna-
tione both Lebon and Casey agreeid, but for Lebon the Short
Recension was a révision with a dogmatic purpose 4, whereas Casey
1 J. Lebon, Pour une édition critique des œuvres de S. Athanase, Revue
d’histoire ecclésiastique, 21 (1925), p. 524-530; idem, Une ancienne opinion
sur la condition du corps du Christ dans la mort, R.H.E., 23 (1927), esp.
p. 12-18.
2 K. Lake and R. P. Casey, The Text of the ‘De Incarnatione’ of Athanasius,
Harvard Theological Review, 19 (1926), p. 259-270. More fully examined in
Casey, The Athens text of Athanasius’ ‘Contra Gentes’ and ‘De Incarnatione’,
H.T.R., 23 (1930), p. 51-89.
3 The three Greek MSS are fully deseribed by H.-G. Opitz, Untersuchungen
sur Uberlieferung der Schriften des Athanasius ÇArbeiten zur Kirchengeschichte
no. 23), Berlin, 1935.
4 At first Lebon thought that the Short Recension was the original (R.H.E.
23, 1927, p. 12-18) ; later he considered that it was an apollinaristic révision
17
18
R. W. THOMSON
lield that it was a literary révision which could be attributed to
Athanasius himself or to one of his immédiate circle5. The lack
of an édition of the text of the Short Recension which would show
the significant différences between the two recensions has discour-
aged further research. Casey has published collations of C6 and
d7 on the text of the Long Recension, but only the readings of
$ can help détermine which of the variants between these two
manuscripts reflect the true text of the Short Recension and which
are individual readings, for ail the manuscripts of the Short
Recension hâve been influenced to some extent by the text of the
Long Recension. Nor has the revised text of the Contra Gentes been
taken sufficiently into account in the debate on the nature of the
révision which constitutes the Short Recension, primarily because
it does not lend itself to alterations or révision of a dogmatic, that
is here Christological, tendency. Before further investigation can
make progress, critical éditions are required of the two recensions
separately.
Here the Oriental versions of Athanasius’ works can offer some
assistance. There is an abundance of Athanasian material in Syriac,
Armenian, Coptic and Georgian (both manuscripts of entire works
and extensive quotations in florilegia) which has hardly been fully
charted, still less explored. The richest collection of Athanasiana
orientalia is to be found in Syriac, and the Syriac version of the
De Incarnatione is perhaps the most important of ail 8. However,
these versions must be used with caution, for not only does the
idiom of Syriac make it difficult to render ail the nuances of
Greek, but the translators were not averse from deliberately altering
the text. Lebon has drawn attention to the Apollinaristic forgeries
(review of Opitz in R.E.E., 31, 1935, p. 783-788). P. T. Camelot followed
Lebon’s second opinion in the Introduction to his translation of the Contra
Gentes and De Incarnatione (Sources chrétiennes), Paris, 1947, p. 21.
5 R. P. Casey, The ‘De Incarnatione’ of Athanasius, Part 2, the Short
Recension (Studies and Documents, XIV), London, 1946, p. xl.
« H.T.R., 23 (1930), p. 65-89.
7 Studies and Documents, XIV, p. xliii-1.
8 A list of the published texts of Athanasiana orientalia is included in
the introduction to the édition of the Syriac versions of Athanasian writings
shortly to begin in the CSCO, Scriptores Syri, at Louvain. The first volume
will include the De Incarnatione.
SYRIAC VERSION OF ATHANASIUS’ DE INCARNATIONE 19
in the Ad Epictctum9; sonie of the texts in the only known Syriac
Athanasian corpus hâve also been altered 10.
The Syriac version of the De Incarnatione is found in the manu-
script, Vatican Syr. 104, dated to the year 564 A.D. and written
in an élégant, round Estrangelo hand u. There is one other item
in this manuscript, a homily of Timothy IV, Patriarch of Alexandria,
on John IV 6, delivered in the church of Dionysius on Sunday
22 May 526 A.D.12. A long colophon informs us that the codex
was written in 564 by John, priest and scribe from Edessa, at the
monastery of Mar Cyriacus in Barbaron by Salamya13.
The abbot of this monastery, Thomas, is also known from his
signature in a letter included in the MS British Muséum Add.
» Altération doctrinale de la ‘Lettre à Épictète’ de S. Athanase, R.H.E.,
31 (1935), p. 713-761.
10 R. W. Thomson, The Text of the Syriac Athanasian Corpus, in Biblical
and Patristic Studies in Memory of Robert Pierce Casey, Freiburg, 1963,
p. 250-264. (For a réfutation of Opitz’ theory about the Athanasian corpus
and the De Incarnatione, see p. 252.)
11 Fully deseribed in S. E. and J. S. Assemani, Bibliothecae Apostolicae
Vaticanae Codicum Manuscriptorum Catalogue, Pars I, Tom. III, p. 29-31.
An example of the handwriting (folio 13 v) is reproduced in W. H. P. Hatch,
An Album of dated Syriac Manuscripts, Boston, 1946, p. 78.
12 A Latin translation with the Greek fragments has been published by
A. Mai, Spicilegium Romanum, Rome, 1840, III, p. 708-710.
13 The Syriac text is in Assemani, op. cit. « This book was finished in
the month Ab (August) of the year 875 of Alexander (564 A.D.). This book
was written in the days of the holy and venerable and God-loving Mar Thomas,
abbot of the monastery of Beit Mai* Qurqa (Cyriacus), situated today in
Barbaron opposite Salamya, and in the days of the holy and excellent Mar
Leontius, priest and steward who is from Turqin, with the rest of the priests
and deacons and the whole community of the blessed brotherhood of God, for
whose sake they serve and in whose hope they wait; may He make them
worthy of the kingdom of adoption. Aye and Amen. (Added in smaller
writing but by the same hand). And upon John the scribe, priest (and) scribe
of Edessa who wrote (this book), and upon Leontius of Jérusalem (nf^uiflo),
a brother who dwells in the same monastery, who dictated to the scribe; may
He bestow upon them grâce and piety in the last day, and may they be made
worthy to see each other w’here is neither distress nor forment, and to hear
the voice which says : < Corne, blessed of my Father, inherit the kingdom
which is prepared for the saints from bq^ore the foundation of the world’.
Amen and Amen. » — It is not known whether Salamya was a minor arch-
bishopric or a simple bishopric in the sixth century. Cp. E. Honigmann,
Évêques et Évêchés Monophysites (CSCO, Subsidia 2), Louvain, 1951, p. 31.
20
R. W. THOMSON
14602. This manuscript mentions the monastery of Mar Cyriacus
several times, and the same monastery is also mentioned in other
Syriac manuscripts; they ail show that it was a monophysite, but
anti-Julianist stronghold14. Since Timothy IV was a friend of
Severus, Julian and other Monophysites15, the inclusion of a homily
of his in the codex would hâve already led us to expect the mono-
physite persuasion of the monks in Beit Mar Cyriacus.
While on a visit to Baghdad in 931 in an effort to hâve the tax
on his monastery rescinded, Mar Moses of Nisibis, abbot of the
monastery of the Syrians in the desert of Scete, collected some 250
Syriac manuscripts from various centres in Syria and Mesopotamia
and on his return to Egypt presented them to his monastery16.
Among these was the présent volume, as a note on the front page
informs us 17. It was later brought from Egypt to the Vatican by
the Assemani brothers after their journey to the Orient from 1715
to 1717 18.
The date of translation from Greek into Syriac of the De Incarna-
tione is not easy to détermine. Casey, following Baumstark, thought
that it probably antedated the Chalcedonian council, because the
14 The principal references to these MSS (in the British Muséum) are
quoted by Casey, Studies and Documents, XIV, p. xviii.
1"> He had welcomed them to Egypt after the Chalcedonian reaction of
Justin I had caused many bishops to lose their sees. Cp. R. Draguet, Julien
d’Halicarnasse, Louvain, 1924, p. 8.
16 For details of his journey, cp. W. Cureton, The Festal Letters of
Athanasius, London, 1848, p. xxiv.
17 Syriac text in Assemani, ïbid. « Moses of Nisibis, abbot of the holy
monastery of the Mother of God of the Syrians which is in the desert, was
zealous and procured (this book) and gave it with many others to the same
monastery. May the Lord be gracions to him and his departed. And no one
is permitted to take this (codex) from its place or to efface this memorial;
whoever dares to do that, may he be cursed. Hâve regard to your soûl, unhappy
one, and pray for the wretch who wrote (this.) »
18 Assemani, op. cit., p. 29, « inter Syriacos codd. a nobis comparâtes et in
Bibliothecam Vaticanam inlatos ». Referring to the MSS collected by Moses,
ibid., p. 31, « complures autem ex eis nos ex Oriente in Bibliothecam Vati-
canam intulimus ». G. Levi délia Vida mentions the Assemani’s mission to
tho Orient from 1715 to 1717, from which they brought back many Syriac,
Coptic and Arabie MSS (Ricerche sulla formazione del più antico fonda feei
manoscritti orientait délia Biblioteca Vaticana [Studi e Testi, 92], Vatican,
1939, p. 2, note 1).
SYRIAC VERSION OF ATHANASIUS’ DE INCARNATIONE 21
text was free from tendentious alterations 19. But a careful com-
parison of the Syriac with the three Greek manuscripts of the
Short Recension reveals many alterations, several of which are
definitely tendentious (these will be discussed below), so this parti-
cular argument can no longer be held. On the other hand, the
Syriac text in Vat. Syr. 104 was definitely copied from another
Syriac manuscript and not directly translated in 564. This can be
shown by the omission of parts of Syriac phrases which do not
correspond to entire Greek words, and by the répétition of
identical passages in the Syriac text. The répétition of phrases
which hâve been differently translated, however, proves that the
Greek original for the translation was not itself a perfect text, and
that it suffered from dittography as well as homoioteleuton20.
The Syriac translation is not a slavish, though an accurate
one. The order of words in the Greek is only respected when Syriac
style is not affected, and Greek constructions are rendered according
to sense rather than literally. Bearing in mind the différence of
syntactical construction between Syriac and Greek and the smaller
voeabulary of the former, and neglecting mistakes and minor omis-
sions in the translation, one can still find many hundreds of readings
in $ which hâve no équivalent in any of the other witnesses to the
Short Recension — nor are these variants echoes of the Long
Recension. In most cases it is impossible to tell a priori whether
the variant in $ reflects a Greek variant in the original, or whether
it arose at the time of translation, or again at the time of copying.
The majority of these variants hâve no great interest and in no
way affect the meaning of the Syriac. But there is a number of
readings which cannot but be deliberate alterations, and in many
cases alterations with a dogmatic purpose. The most important are
presented below.
19 Studies and Documents, XIV, p. xviii.
20 Cp. the following variants to the Greek text of A. Robertson, London,
1893. reproduced in Casey, op. cit. :
80.28 irporcpov : <73.113>
60.6-8 8m tovto ... àp.apTtas repeated in S idcntically, as is 0eos at 29.9.
45.15 €i7r«p ovk êtTTiv èvtpyüv is translated twiee, differently; here dupli-
cation in the Greek original is likely. Wheft there are omissions apparently
hy homoioteleuton, it is possible that the identical Greek words were translated
by the same Syriac words and that the omissions occured in the copying of
the MS S itself, not in the Greek text nor in the process of translation.
22
R. W. THOMSON
It must be emphasized in the absence of a critical édition of the
Short Recension that the readings mentioned below are individual
to $ alone, that they do not reflect the true Short Recension text,
and are neither paraphrases nor errors. They are few in number
compared to the actual total of variant readings, but seem to hâve
a purpose, whereas, for example, the usual addition of noster to
'latTr/p, or of mandati to Trapd^atriç, or the alteration each time of
ex 'yei'ÉT'iJç to ex utero matris eius hâve no doctrinal significance.
It is easiest to note these variants against the Greek text (of
the Long Recension) of Robinson, reproduced by Casey who also
notes many of the longer variations of the Short from the Long
Recension21. The Roman numerals refer to the chapter divisions
of Migne (P.G. 25, col. 96 ff.), the Arabie numerals to the page and
line of Robertson’s text (same pagination in Casey).
VIII 12.15 opyavov omitted; also at 13.13; 65.8; 66.6,22; 67.17;
69.7.
IX 13.5 IvotKiqaavTa : qui incarnatus est. But unaltered at 12.15
and elsewhere.
XVIII 26.28-27.5. The Short Recension reads as Casey p. xxxvi,
line 4, 8tà rov I8iov acoparos : per corpus quod simile est eis
(i.e. men). 27.12-13 ovtcüç .. .yvaurOeir] omitted.
XX 30.7 vaov : corpus; also at 34.10 and in the Short Recension
Casey p. xxxvii, 32.25-33.15, line 3. But vaov is retained at 13.12
and 47.15.
XXII 34.8 opyavov : corpus ; also at 63.15 ; 64.14 ; 65.7 ; 67,19, 25 ;
and 65.12 (sic?).
XXV The Short Recension text of 36.14-38.18 is given in Casey,
p. xxxviii.
line 10 (frvaiv : consiietudinem.
line 16 àv0pd)7TLvov omitted.
XXVI 38.22 vaov omitted.
XXXVII 56.17 rat crd)pan : super corpus.
XLIV 67.16-17 àvOpdrjTov omitted (also ôpydvo) as above).
XLV 69.6 (râpa + humanum.
69.7 àvOpojTTivo) opydvq) : eo.
XLIX 76.8 Kar avrovs : simul.
The omission of opyavov and vao<s and their alteration to corpus
21 Op. cit., p. xxxvi-xl.
SYRIAC VERSION OF ATHANASIUS’ DE INCARNATIONE 23
do not indicate either pro-Chalcedonian or anti-Chalcedonian bias,
for after Athanasius’ own time both these terms were considered
by ail parties to be dangerous and suspect of docetism. Elsewhere
in Athanasius’ works these two expressions hâve been oniitted in
many manuscripts where there is no reason to accuse the scribes
of anti-Chalcedonian or anti-Monophysite polemics. In the Epistula
ad Adelphium, for example (Migne, P.G. 26, col. 1081, line 19) the
original reading was yéyovev + xat i/aoç xai Ôpyavov tâtaiperov.
This is attested by the Syriac, Armenian and Latin versions and
by three Greek MSS. Ail the other Greek MSS hâve omitted the
offending words. Opitz thought that the two terms vaoç and
opyavov might hâve been considered Apollinaristic or Monophy-
site 22, but the opposite is more likely the case. The stock Monophy-
site explanation of the decrees of the council of Chalcedon was that
the «‘Nestorian’ party said that there were two Sons, one the Son
of God, the other, who was born of Mary, a mere man and a temple
Son of God, the other, who was born of Mary, a mere man and a
temple of the Word »23. The phrase paoç xat opyavov in the Ad
Adelphium was more likely to be deleted as docetic in intent than
Monophysite. So if these terms were omitted in the Syriac trans-
lation of the De Incarnatione or altered to refer to the body of
Christ, it is an indication that the reviser was aware of their
possible docetic interprétation; these variants do not indicate
whether he inclined to the Chalcedonian, Monophysite or Nestorian
view of the Incarnation.
The variant in § 9 also shows a concern on the part of the reviser
that the Logos be considered as properly incarnate and not as
merely dwelling in a man; but since èvoucajv elsewhere in the De
Incarnatione is translated literally, no conclusion can be drawn
from this single alteration. Of more definite tendency is the variant
in § 18 (26.28-27.5), where a Personal body is denied to the Logos;
instead, He made the Father known to men « by means of a body
which was similar to theirs ». The most important of the changes
are in this direction — the emphasis of the divinity of the Logos
22 Op. cit., p. 137.
23 This quotation is from an Armenian document, the encyclical letter of
Abrahain. Catholicos of the Armenians, written in 608/9 (Boofc of Letters,
p. 192) ; but the thought is typical of the Monophysite interprétation of
Chalcedon.
24
R. W. THOMSON
and the avoidance of any imputation of human nature to the
incarnate Son of God. Thus in § 18, 27.12-13, the whole phrase
in which the Logos is said to hâve beconie man, although He (as
God) was not visible in the body, is omitted. The sentence now
refers entirely to the divine nature of the Word of God who is
known, not by his bodily works, but by his part in the création
of the universe.
The alterations to the Short Recension text in § 25 point the
same way. Refering to the death of the body of Christ, the Syriac
version changes Karà t^v tü>v aoiparoiv (favacv into secundum
consuetîidinem corporis, so that the nature of human bodies is no
longer imputed to the Logos. Also the mention of a human body is
omitted in the last sentence of this section of the Short Recension.
This particular sentence is confused by alterations in the Greek
manuscripts which hâve no relations to the individual readings of $.
The Short Recension should read : to p,èv ovv crcopa are cnâ/za
ov àvOpdrjTLvov, œtnrep el/nou, èvtKpovro rfi tov Koyov 8iaX.v<rei,
avros 8e 6eov 8v^a/ziç xat 6eov aocf/ia xat Aoyoç an xai tojv nav-
tojv avTOç ov8’ ovtcüç pèv eavTov ov8e èv rû trTavpd)
àf/yfjKev. This, as Lebon has shown, is changed in d to avoid the dif-
ficulty of the expression iveicpovTO rfi tov Aoyov 8iaXv<r€i, in the
light of later ideas concerning the death of Christ and the séparation
of Logos and body24. The manuscript C reads eveKpovro rfi tov
Aoyov Oékiqaei, but the Syriac keeps doser to the original : corpus
igitur, quia corpus est sicut antea dixi, moriebatur solutione Vcrbi,
ipse autem qui potentia Dei et sapientia et Verbum est, et omnium
est vita. The omission in the Syriac was designed to discourage the
idea that the body which the Logos had assumed, or used, had a
fully human nature.
In § 37 the incarnation is described as a deseent of the Logos
in the body, as it were carried on the clouds : 6 Kvptoç tov
ttu-utos, (ï>s ènï i/é^éXtjç éttoxov/xéi'OÇ, tw œw/zart KaTrjdev è.Keï ...
The Syriac version has the strange rendering : Dominas omnium
sicut super nubem vehebatur, super corpus et descendebat illic ...
Such a docetic view of the incarnation as this expression taken
literally might suggest, cannot be deliberate, especially as elsewhere
the Syriac text carefully alters phrases susceptible of a docetic
24 R.H.E., 23 (1927), p. 16-18.
SYRIAC VERSION OF ATHANASIUS’ DE INCAENATIONE 25
interprétation. Here an error, or oversight, must be responsible for
the variant.
Speaking of the reasons for the incarnation, Athanasius in § 44
says that the Logos yéyove 8è avOparn-oç 8tà rovro, xat avOpanrov
ôpydvo) Kéxprp-at tco adtpaTL. Here the Syriac omits opydvtû
as usual, but also avOpornov. The reviser seenis unwilling to pre-
dicate human nature of the body which Christ used, although
he is equally unwilling to refer to the body as an instrument or
temple. His préoccupation in altering opyavov to corpus leads to
a curious sense in § 43, 65.12, where means by which the Logos could
hâve revealed himself to man other than by using a (human) body
are discussed. The Syriac here gives the impression that the sun
or stars could hâve afforded the Logos a body, instead of a mere
instrument.
Despite the omission or alteration of opyavov, the text of $
still employs the term to use of the relation between the Logos and
the body. In § 45, for example, the phrase ô rov ®eov A.6yo<s
(râpa dvéXafie, xai dvdpojTrivo) opydvq) opyavo) K^XP^™ •••
becomes : Verbum Dei accepit corpus humanum et usus est co;
this is one of the few places where the body is actually called
human, but here the adjective has been assimilated from àvOpaiirivû)
opydvco when the term opydv(p was dropped.
The last variant in the list above is one of the most informative
for the theological tendency of the alterations in &. In the phrase
et7T€p dvd pornos èariv 6 Xpurros xai ov @eoç Adyoç /car’ avrovç
(§49, which is the exact opposite of the conclusion Athanasius
himself has reached about the nature of the incarnate Logos),
Kar avrovs is altered to simul. The eternal divinity of the Logos
is hereby emphasized, and any possibility of the diminution of his
divine nature through the Incarnation is discountenanced 25.
A complété study of the Syriac version of the De Incarnatione is
hardly possibile until the Greek text of the Short Recension is pro-
perly edited. But it is clear that the Syriac diverges in many points
from the original text of the Short Recension, and that not ail these
2-> There are a few additions in S which do not show any dogmatic tendency,
but which are worth mentioning here. At 3.19 «vAtj is explained by the addition
of « hula (rdAacn) autem dicitur sicut quando aliquis dixerit materiani
(rc'n'aliTj) ». At 68.5 to (rû/iaTi is added « cum eo ut sicut in corpore fuit
m°rs, ita in eo fieret vita et misceretur ipso corpore. »
26 R. W. THOMSON
divergences can be explained as mistakes or paraphrases. A purpose
can be discerned behind the changes in S, and the purpose is to make
the Syriac version suggest certain nuances of Christological theology
which Athanasius himself did not distinguish, but which became
crucial in later times. Firstly, and most easily seen, varions ternis
which might imply that the visible and earthly body of Christ
was an instrument, or temple, which the indwelling Logos merely
used to manifest his divinity, are altered or omitted. On the other
hand, the reviser is equally unwilling to leave the impression that,
according to Athanasius, this earthly body of Christ was a fully
human one; he suggests rather that it was similar to men’s bodies,
but not of the same nature. It would not be necessary to alter
ail the expressions in the De Incarnatione which refer to the
humanity of Christ, in order to claim Athanasius’ authority for
denying that Christ possessed human nature. In § 34, for example,
the Long and Short Recensions and the Syriac version ail read :
i^a rtç avTOv kolvov avOpornov etc tov TrdOovç VTroh.d/3y,
Trpoh.ap/3dvei ràç Siawiaç tgw duOpanroiv, xai TTjv virèp [add
avOpairov S.R., homines $] avrov Svvapw, xai to irpo? 7)pâ<s
dvopoiov TT)? </>vcf€Cüç StT/yeîrai Y} ypaxfâ h.éyovaa ... 2C.
In this connection, the reviser of $ stresses the eternal divinity of
the Logos at the expense of his humanity, and — most significantly
— the teaching of Athanasius about the immutability of the Logos
qua Logos after the Incarnation is reinforced by a few careful
phrases.
The reviser of $ was not a theologian of extreme views, so,
because Athanasius did not define his terms in a strict manner,
only a little retouching was necessary to distort the original meaning
of certain passages in the De Incarnatione. It seems most unlikely
that the alterations mentioned above could be fortuitous. Although
they do not involve much modification of the Short Recension,
yet they hâve a pattern that fits a well known type of Christology,
a Christology that relied greatly on the works of Athanasius and
the Alexandrine school, and in which the divinity of the incarnate
Christ was the starting point. This theology had one of its most
noteworthy exponents in Severus of Antioch.
26 Cp. § 1 : pi] voyions, ori 0 v o € w ç àtcoXovOta oü^ml iretjiOpe-
Kev o • <xXA’ OTt à o w y. ar o s &v T ÿ 0 v o e i Kai Aoyoç V7rap^œv.
oyu>s... èv àvOpoyrrîvM otoyart rjyîv TrecpavépoiTat.
SYRIAC VERSION OF ATHANASIUS’ DE 1NCAENAT10NE 27
Here one must remember that the monks in the monastery of
Mar Cyriacus were ail followers of Severus. Not only did varions
abbots of this monastery enter the controversy within the Mono-
physite church against the Julianists on the side of the supporters
of Severus’ position, but the title to the second item in $ clearly
shows their standpoint : « a copy of the Greek homily which was
delivered by the holy and blessed Timothy, who in the days of
the Patriarch Severus, was Archbishop in Alexandria... » In this
homily on John IV 6, Timothy emphasizes that the passions (in
the widest sense) of Christ were real, and that Christ suffered as
a man. His sufferings were not voluntary, but naturel. Timothy,
like Severus, admitted the properties of the divine and human
natures in Christ without confusion 27, and in this homily appears
to be attacking Julian’s ideas; Christ accepted the weaknesses of
the flesh, says Timothy, (except sin) not irpoatpétrGi but (/>vaei 28,
and showed that He had become man t/yuaei xat aKi^Oeia. xat ov
80x17 crée. However, Timothy warns his listeners not to be misled
by the reality of Christ’s passions into subtracting from the
divinity of the Son of God; Christ is @eoç apa Kal àvOpcoTroç 6
avrdç, but (/tvaei ©edç.
Since the Julianists were accused of being Phantasiasts and
Docetists (though the charge is not strictly true of Julian himself),
the various alterations to the text in $ seem to be most easily
explained by reference to the controversies and correspondence
between the monks of Mar Cyriacus and the Julianists. The former
would be most unwilling to leave in their manuscript any trace
of docetic terminology which might imply that the body of Christ
was not a real body at ail, while at the same time, as followers of
Severus, they would be inclined to introduce ideas of a moderate
Monophysite standpoint. If the doctrinal changes were made in
the monastery of Mar Cyriacus by the scribe of the codex, John,
27 Cp. J. Lebon, La christologie du monophysisme syrien, in Das Konzil
von Chalkedon, ed. A. G-rillmeier and H. Bacht, Würzburg, 1951, I, p. 425-
580, esp. the second section, Conservation ou destruction de la propriété des
natures après l’union, p. 534 ff.
28 Cp. Draguet, op. cit., esp. p. 195. The ideas of Julian on the àtjtdapata
of the body of Christ are not directly in question here. Timothy is attacking
Julian’s opinion that the iraOi} of Christ were not natural, but voluntary
sufferings in no way necessarily implicated by the Incarnation.
28
R. W. THOMSON
as seems possible, then we hâve no indication of the date of the
first translation into Syriac of the De Incarnatione, for the version
in $ is a copy from a previous Syriac manuscript (cf. above and
note 20). Since no trace of the variants discussed above can be
found in the Greek manuscripts, they must be ascribed to a Syriac
translater; if no evidence of these readings can be found in the
quotations of a Syriac version in writers who did not use a Greek
text (as, for example, Philoxenus), then it seems inescapable that
the particular interests of the monks at the monastery of Mar
Cyriacus in their controversies of the sixth century led to the
dogmatic révision of the Syriac text.
This is but a hypothesis which seeks to give a single explanation
for a number of apparently deliberate alterations in the Syriac
version of Athanasius’ De Incarnatione. Further investigation of
the quotations of this work in Greek, Syriac and Armenian authors,
and florilegia, may not only throw more light on the lesser problem
of the individual readings of S, but also on the relation between
the two Recensions of the Greek text. For a solution to these
allied problems the value of the Oriental versions is obvions, but
the evidence of the quotations is often of equally crucial importance
and cannot be neglected by future editors of Athanasius’ dogmatic
works.
Cambridge, Mass., Robert W. Thomson.
Harvard University.
LE MENÉE GÉORGIEN
DE DUMBARTON OAKS
La Bibliothèque du « Dumbarton Oaks Center for Byzantine
Studies» à Washington possède un ménée géorgien du XIe siècle,
qui est originaire de Palestine. C’est grâce à l’obligeance de notre
collègue de Londres, M. D. M. Lang, que nous avons appris l’exis-
tence de ce manuscrit; en 1955, M. Lang eut l’amabilité de nous
communiquer des photographies de quelques pages du codex géorgien
(fol. 63 v-66 r), portant des hymnes en l'honneur des saints Modeste
et Jean, patriarches de Jérusalem (16 décembre) ; nous eûmes l’oc-
casion d’utiliser ces textes dans notre commentaire, paru en 1958,
du calendrier palestino-géorgien de Jean Zosime1. Peu après, dans
le volume 18 (1945-1949) des Byzantinisch-neugriechische Jahr-
bücher, publié en 1960 seulement, parut, sous la signature de feu
Robert P. Blake, une description du manuscrit2, lequel se trouvait,
au moment où Blake écrivait, « in the possession of Dr. G. Eric
Matson of Glendale, California» (p. 97); l’article n’est pas daté;
il est nécessairement antérieur au 9 mai 1950, date de la mort de
Blake3. Le manuscrit, don de M. et Mme Bliss, est entré à Dum-
barton Oaks en février 1952 (nous tenons ces renseignements de
1 Le calendrier palestino-géorgien du Sinaiticus 34 (Xe siècle) (Subsidia
Hagiographica, 30), Bruxelles, 1958, p. 411.
2 R. P. Blake, A Georgian Menaion from Palestine, dans Byzantinisch-
neugriechische Jahrbücher, 18 (1945-1949), Athènes, 1960, p. 97-104; cfr Le
Muséon, 74 (1961), p. 388, note 1.
3 Voir R. L. Wolff, Robert Pierpont Blake (1886-1950), dans Dumbarton
Oaks Papers, 8 (1954), p. 1-9 (notice biographique, bibliographie et portrait
hors texte); S. Elisséeff, Robert Pierpont Blake (1886-1950), dans Harvard
Journal of Asiatic Studies, 14 (1951), p. vn-xvn (notice biographique et
bibliographie); cfr Revue d’Histoire Ecclésiastique, 51(1956), p. 1099. L’article
des Byzantinisch-neugriechische Jahrbücher est à ajouter aux bibliographies
de MM. Wolff et Elisséeff. — Dans une lettre écrite en 1948 à K. Kekelidze,
Rlake annonçait la publication de cette description du ms.; voir K. Kekelidze,
Etiudebi jveli k'art'uli literaturis istoriidan, VIII, Tiflis, 1962, p. 6-7.
29
30
G. GARITTE
M. le Professeur Ernst Kitzinger, du « Dumbarton Oaks Center » ;
nous le remercions bien vivement de son obligeance).
En 1961, à la demande de M. Lang et grâce à l’obligeante inter-
vention de MelIe Sirarpie Der Nersessian, la direction de la Biblio-
thèque de Dumbarton Oaks nous procura une reproduction photo-
graphique complète du manuscrit, sur microfilm; deux exemplaires
de cette reproduction furent envoyés également à Tiflis, l’un à
l’institut des Manuscrits, l’autre au regretté K. Kekelidze (f 7 juin
1962), qui publia dans le tome VIII de ses Etudes sur l’histoire
de l’ancienne littérature géorgienne une analyse détaillée du manu-
scrit 4.
Dans son article des Byzantinisch-neugriechische Jahrbücher,
Blake a identifié le ménée de Dumbarton Oaks avec un manuscrit
du monastère de Sainte-Croix près de Jérusalem, décrit en 1883 par
A. Tsagareli sous le n° 365 ; en 1923, quand Blake dressa à son
tour le catalogue de ce fonds, passé dans 1 ’entre-temps au Patriarcat
grec, le n° 36 de Tsagareli avait disparu6, probablement depuis
longtemps7. L’identification est certaine, grâce à la description,
heureusement assez précise, fournie par Tsagareli; voici la traduc-
tion de la notice qu ’il consacre au manuscrit 36 8 :
4 K. Kekelidze, Uc'nobi redak'c'ia k'art'uli himnograp'iuli t'uenisa, dans
idem, Etiudebi jveli k'art'uli literaturis istoriidan, VIII, Tiflis, 1962, p. 5-55.
Cette étude comprend les paragraphes suivants : 1. Histoire du ms., p. 5-8;
2. Analyse du ms., p. 8-20; 3. Caractère du ms., p. 20-26; 4. Importance
scientifique du ms., p. 26-31; 5. Nature du modèle grec et date de la traduc-
tion géorgienne, p. 31-35; 6. Édition des hymnes en l’honneur des SS. Modeste
et Jean de Jérusalem (16 déc., p. 36-41), de S. Boa (31 déc., p. 41-44), de
S. Abo de Tiflis (7 janv., p. 44-50), et de Ste Nino (14 janv., p. 50-55). —
Voir G. Garitte, dans Le Muséon, 76 (1963), p. 79, note 3; p. 474, n° 147 a.
5 Blake avait déjà communiqué cette identification à K. Kekelidze en
1948; voir Kekelidze, art. cité note 4, p. 6.
6 R. P. Blake, Catalogue des manuscrits géorgiens de la Bibliothèque
patriarcale grecque à Jérusalem, dans Revue de l’Orient Chrétien, 23 (1922-
1923), p. 345-413; 24(1924), p. 190-210 et 387-429; 25 (1925-1926), p. 132-155;
voir tableaux de concordance 25 (1925-1926), p. 154-155. Blake décrivit les
msa de Jérusalem du 19 déc. 1923 au 3 janv. 1924 (voir 23, 1922-1923, p.
345-355).
7 Le ms. 36 de Tsagareli ne figure pas dans le catalogue de Marr, dressé
en 1902 et publié par E. Metreveli en 1955 : N. Ja. Marr, Kratkoe opisanie
gruzinskih rukopisej biblioteki greceskogo Patriarhata v lerusalime, Tiflis, 1955.
8 A. Tsgareli, Katalog gruzinskih rukopisej monastyrja sv. Kresta, bliz
lerusalima, appendice I (p. 143-192) à l’ouvrage du même Pamjatniki gruzinskoj
MENÉE GÉORGIEN
31
36. Menée pour les mois de décembre, janvier et février, complet,
266 7 X 155,5 mm., 383 feuillets. Ecriture fine et élégante, du type atho-
nite sans ornementation. Manuscrit du XIe siècle. Il a été copié par le
scribe Jean Dvali sur l’ordre de Georges Prokhoré, fondateur du monastère
de la Croix près de Jérusalem, comme il ressort du colophon suivant,
écrit par la même main que le texte à la fin du manuscrit : 6063^0000...
363x2. ^7°2)6o bo9ocncn£)C3--- çoo
Qxnf3')9oaboç^>obù 88bo çoo 8c*idçn^éiobù ao-J&cJàcofyjbocnù--- ç^coQ^jobo
800803636300 Qcoçp3oç*>o £)(J&oçp 866(^330^0 0003063
çogùç^o--.
[In nomine- - perfectus est hic liber, très menses, ... iussu et labore
theophori Patris et magistri Georgii Prochori... In oratione me commeno-
rate peccatorem (et) insipientem scribam lohannem Dvali...].
Toutes les données de cette notice — le contenu du manuscrit,
son état matériel et le colophon — montrent que le codex ainsi
décrit n’est autre que le ménée conservé aujourd’hui à Dumbarton
Oaks.
Celui-ci est formé de 382 feuillets de parchemin; trois feuillets
ont été sautés dans la numérotation : un entre les fol. 58 et 59,
un entre les fol. 102 et 103 et un entre les fol. 280 et 281 ; en outre,
deux feuillets successifs portent le même numéro 236 et deux
autres le même numéro 334; le dernier feuillet porte le n° 378; le
fol. 1 a disparu. Le parchemin est de qualité moyenne et d’épais-
seur variable, d’un blanc ivoire, un peu jauni; les feuillets ont
souffert de l’humidité et sont friables aux marges, surtout à la
marge inférieure°, mais le texte est resté partout parfaitement
lisible. Dimensions des feuillets : 235X 173 mm. environ10. Le texte
stariny v Svatoj Zernlje i na Sinaje (Pravosl. Palest. Sbornïk, IV, 1), Saint-
Pétersbourg, 1888, p. 164, n° 36. Tsagareli a reproduit ce catalogue dans ses
Svedenija o pamjatnikah gruzinskoj slovesnosti, II, Saint-Pétersbourg, 1889;
une traduction anglaise (abrégée) a été publiée par O. Wardrop, Professor
Tsagaréli’s Catalogue of the Georgian Manuscripts in the Monastery of the
Holy Cross at Jérusalem, translated from the Russian, dans Journal of Biblical
Literature, 12 (1893), I, p. 168-179 (n° 36, p. 172). — Sur le voyage de Tsaga-
reli au Sinaï et à Jérusalem, voir G. Garitte, Catalogue des manuscrits géor-
giens littéraires du Mont Sinaï (CSCO 165, Subs. 9), Louvain, 1956, p. 3-4.
9 Nous empruntons ces données sur l’état matériel du ms. à la description
de Blake, art. cité note 2, p. 97-98.
10 Blake (p. 97 de l’art, cité note 2) indique comine dimensions 335 x 170 mm.;
le premier chiffre résulte d’une faute d’impression; M. E. Kitzinger, du
Dumbarton Oaks Center, a eu l’obligeance, dont nous le remercions vivement,
de nous indiquer les dimensions exactes du ms.
3
32 G. GARITTE
est en une colonne de 170 X 111 mm. environ et de 30 ou 31 lignes
par page. Ecriture minuscule; les titres, en rouge pâle ou vermil-
lon, sont en majuscules, sauf ceux des fol. 157 r-181 r. Le manuscrit
est formé de 48 quaternions, tous complets, sauf le premier (fol.
2-8), dont le premier feuillet manque, et le septième (fol. 49-55),
qui n’a que 7 feuillets (lacune entre fol. 50 et fol. 51) ; les cahiers
sont signés par des majuscules géorgiennes, inscrites, selon l’usage,
au milieu de la marge supérieure du premier recto et de la marge
inférieure du dernier verso ; une autre numérotation, en lettres
arméniennes bolorgir (XIVe siècle?), a été ajoutée à la fin des
cahiers, dans la marge inférieure. En fait d’ornementation, il n’y
a que quelques initiales ornées (fol. 183 r, 184 v, 297 v) et un bandeau
rectangulaire sur toute la largeur de la page, en tête du mois de
février (fol. 297v).
Au fol. 377 r se lit, écrit de la même main que le texte, en minus-
cule (sauf les lignes 1 et 9), le colophon suivant :
5
10
15
80835^0000 50(8600080)^.000 : 30886^)550500 : 3^30° :
^70380. 8o8o oooo«»)C3 C?3 J3^<->36° 0083060 500 <33&3"
63055^0 : 2>6do832>oooo 500 80050^)0^32)0000 50(836)00*83-
800805^080 : 808080 : 500 Soodçn^^obo : 3(00063)0 ^60080063-
boooo : ^(608(^380)8 08000 : 3(0033)555000 ^(80500)000 : Sobooo 00080
(0(0503) 2>(£]) 555 303b :
b«jçr>o 80000 : 808^30333355580 (joooobo : 0(83)6
C?(oo)(J3(o)bo 8008038(3)8(3)00 (3(00)503(0)^0 £)Q<ï>(o)çp 88863305550
0003083
50305550 ^(80500)800 8(0)8(0)800 500 6(0083555)0 500833555008 *83808-
503300 50(8360080)8 306^8(^)8008 :
308 383 ^0380 6o(n.ooo)(jù 80'83'80000 800808(^)3-
6bo ^(30)608080 3080003^)08. '339(3^8^)383-
&£)Ç*> o6b : 3(00006(3)0 3(0033)55580 8^305^32)35^80 500 8^35550-
8(30 8080 500*8^0555 o6b 3(0033)5550001 00080 50(86)00080 30880-
608832*3555000 • : •
*83080080 3ûC?o<n° 3(^)6008(3^)5^080 dSobo 80800363-
008080000 • 50(8360080)8 050^)300(338<08> 2 3(0033555)80 2>6(o)ç^8o
80880 555(00)53(30) 3(0)300
8ob 003b ^7(80500)800 8(0)8(0)800
1 -ooo altéra manu sup. lin. — 2 300 altéra manu sup. lin.
MENÉE GÉORGIEN
33
In nomine Dei, perfectus est hie etiam | 2 liber, très nienses, Deeember,
lanuarius et Feb|3ruarius, iussu et labore theo|4phori Patris et magistri
Georgii Prochori; | 5 Christus eum his omnibus sanctis suis gloriosam
faeiat | 6 animam eorum (sic) in regno caelorum. Amen.
| 7 In oratione me commemorate peeeatorem (et) insipientem seribam
loliannem | 8 Dvali, saneti Patres, et quod mihi defeeerit mihi eondonate;
Deus vobis persuadent!
| 9 Qui hune librum quaeumque causa a monasterio | 10 Crueis amovebit,
maledi^etus sit sicut omnes haeretiei, et anima | 11 12 eius condemnata sit eum
omnibus Dei irritatoribus.
| Conglutinatus est (hie liber) manibus benedicti fratris Nisthere|14onis;
Deus deleat omnes culpas eius; orationem faeite | 13 pro illo, saneti Patres.
Aucune date n ’est indiquée dans ce colophon ; mais, outre que
la paléographie permet de dater le manuscrit du XIe siècle, les men-
tions de Georges Prokhoré, du copiste Jean Dvali et du relieur
Nisthéréon fournissent des repères chronologiques assez précis. Le
premier est le fondateur du monastère géorgien de Sainte-Croix,
qui mourut le 12 février 1066 u. Du copiste Jean Dvali, un autre
manuscrit est conservé, qui est daté de 1055 : c’est le cod. géorgien
14 de Jérusalem (Tsagareli 105), un recueil d’œuvres de saint Basile
destiné au monastère de Sainte-Croix et dont le colophon se ter-
mine par ces mots :
Descriptus et conglutinatus est (hic liber) manibus lohannis Dvali et
benedicti filii mei Michaelis; orationem faeite saneti Patres. Chronieon
erat 275 (= A.D. 1055) 12.
11 Voir M. Tarciinisvili, Geschichte der kirchlichen georgischen Literatur
(Studi e Testi, 185), Vatican, 1955, p. 75; K. Kekelidze, K'art'uli literaturis
istoria, I, 4e éd., Tiflis, 1960, p. 103.
12 Tsagareli, Katalog (cité ci-dessus note 8), p. 172-174, n° 105; trad.
Wardrop (citée note 8), p. 176; Blake, dans Revue de l’Orient Chrétien, 23
(1922-1923), p. 380-385 (colophon, p. 385); Marr, Kratkoe opisanie (cité
note 7), p. 15-19 (colophon, p. 18). — Le cod. géorgien 89 du Sinaï (Xle
siècle, liturgies) a été copié par Étienne Dvali; voir N. Marr, Opisanie
gruzinskih rukopisej Sinajskogo monastyrja, Moscou et Léningrad, 1940, p.
89-90; A. Jacob, ci-dessous, p. 67-68. Un autre Dvali, Nicolas, mourut martyr,
en 1314; voir Kekelidze, K'art'uïï literaturis istoria, I, 4e éd., Tiflis, 1960,
p. 541-542; Tarchnisvili, Geschichte, p. 417-41^. Dans le cod. géorgien 143
de Jérusalem, ms. du XIV® siècle, mais dont le colophon a sans doute été
c°pié sur un modèle plus ancien, est cité un Michel Dvali; voir Blake, dans
Revue de l’Orient Chrétien, 25 (1925-1926), p. 143.
34
G. GARITTE
Enfin, le « frère béni Nisthéréon » est mentionné comme relieur
du cod. H 2337 de Tiflis, ménée pour les mois de juillet et août,
qui provient de Sainte-Croix (Tsagareli 142, p. 182-183) et qui
fut copié en 1049 au Golgotha par Michel pour Jean Golgotheli
(— « du Golgotha ») ; ce copiste Michel est probablement le « fils »
de Jean Dvali mentionné dans le codex 14 de Jérusalem; le colo-
phon emploie les mêmes formules que celui de notre ménée; ainsi :
Qui hune librum quacumque causa a Golgotha amovebit, nialedictus sit
sicut omnes haeretici et anima eius condemnata sit cum ipsis sine-salvatione.
Conglutinatus est (hic liber) manibus benedicti fratris Nisthereonis ;
Deus benedicat (eum) et gratiam det aniniae eius; orationem facite, sancti
Patres etc.13.
Ainsi, toutes les indications fournies par le colophon du ménée
de Washington concordent pour indiquer qu’il date du milieu du
XIe siècle. D’autre part, l’endroit où il a été copié est clairement
indiqué par le copiste (lignes 3-4 et 9-10) : c’est le monastère de
Sainte-Croix près de Jérusalem.
Le manuscrit est un ménée pour les mois de décembre, janvier
et février, soit pour le second trimestre de l’année liturgique byzan-
tine; tous les jours de ces trois mois y figurent, à l’exception des
28 et 30 décembre et des 8, 19 et 23 février. Nous donnons ci-après
l’édition et la traduction des titres de chaque groupe d’hymnes,
titres qui contiennent l’indication de la date et de la fête (ou des
fêtes) de chaque jour. Les éléments délimités par des crochets
brisés < > sont des additions marginales d’une seconde main,
postérieure, mais de peu, à celle du texte proprement dit. Quand à
une date figurent plusieurs commémorations, nous séparons par des
traits droits les parties constituant des annonces distinctes. Pour
le 1er décembre, dont le titre a disparu avec le fol. 1 du manuscrit,
nous transcrivons le début du texte conservé (fol. 2 r, lignes 1 ss.),
dans lequel sont cités les noms des saints commémorés ce jour-là.
Dans la traduction, les noms propres géorgiens dont la forme pré-
sente une particularité quelconque sont translittérés entre paren-
thèses ( ).
13 Voir Catalogue Tiflis, H V (voir Le Muséon, 74, 1961, p. 405-406), p. 232;
K. Kekelidze, Liturgiceslcie gruzinskie pamjatnilci, Tiflis, 1908 (voir Le
Muséon, 76, 1963, p. 447, n° 4), p. 392-395. Le cod. Sinaï géorg. 78, daté
de 1031, a été donné à «Jean du Golgotha»; voir Garitte, Catalogue (cité
ci-dessus note 8), p. 232-234; Kekelidze, art. cité ci-dessus note 4, p. 35.
MENÉE GÉORGIEN
35
DECEMBER
1 (fol. 2 r) inc. mutil. ^oGGoooç^çoo ^Go boçn9(^oocoo.ooù 9ooo
bAÇyoGgoç^&oooo çno£)b3&ooo çoo b«jç*>o ^9oçooo. 9j3Çp<^ oyco boy£)9ooo
&ùG 'B'jb oooGo oGoGoo çoo ^oGco^oGoGo 9co^o93ço oojbo b3ô(^)bgooobù
^jyoGoo. GcooeoÇ’yco bobbçj^obo T^Gobo 9çooGo£)00oo boGoç^tojç^coi 9oo^o-
Qgooi oGoGoo çoo ^ô9gê>b bo9^5gbo 'BgGbo ^ùÇ2?ôd° otoogç^oboo.. |
3^yr)9bcn9cnô3ô£)cnô GgçJJjo&ooo ^toobç^gb JjÇ^jboobo 'BgGoGjco&gçgooo
ooGgboGgb çpo bcoç^co9caGb 'BgbbGoooo boçn9tooocoo.ooo ^j^oç^oo&çogoo
Aoo9g<™Go 9gcob o&ooG b^jç^ooo G^jgGooo 003b...
... illuminata est mens tua divino splendore eum-dignitate, et Spiritus
sanetus habitans fuit a pueritia teeum, Anania, et te manifestavit ut-
martyrem sibi; Persidis terra irrigata est sanguinis tui flumine, beate
martyr Anania, et testifieatur fortitudinem tuam eivitas Ariel (leg. Arbel).
| Pastorum principes beatos Christi Eeclesiae ornatores Onesimum et
Solomonem elogio divino laudabimus, qui intercessores sunt pro animabus
nostris...
2 (fol. 4r). çogjgG&g&bo &. ^9oçoobo ^oGoo.b^o^Ggç’jy^gç^obo o92>o-
joo^Gobo.
Decembri 2. Saneti prophetae Habacue (ambakum).
3 (fol. 7 r). çpgjgG&g&bo 3. ^9oçoobo oçnGboo^g&gç^oboo.
I çoo oogooçooo^çgG j^itogç^oboo. | çoo ^9oçoocno Gco^oGgcnoo. oGçoobo çoo
çoco9Gùabo çoo b3ç">33jcoo.bo çoo oçnoàobo 9o9oo.bo çoo çnçrocojjjg&obo |
çpo booojooGoo ^’oGoûbÇ’otoGgç’jg'^jgç^oboû.
Decembri 3. Saneti Theodori confessons | et Theoduli Cyprii | et sancto-
rum martyrum Indae et Domnae et Seleuci et Agapii, Mamantis et
Glycerii | et Sophoniae prophetae.
4 (fol. 10 r). çp3J35&3<^bo ço. ^9oçoobo &o£)&ù£)ùo.bo | çoo ^9oçoobo
OCO3ù56 ÇOù9ùbj3Çnr>ob0û.
Decembri 4. Sanctae Barbarae | et saneti lohannis Damasceni.
5 (fol. 20 r). çp3j352>3<^bo 3. ^9oçoobo 9o9obo fy^Gobo bo&oo.bo Cbb^jo-
bo ^9oçpobo bodooLGo o9ob33 oo^^bo oço J^oo^Gq^.
Decembri 5. Saneti Patris nostri Sabae. <Alia saneti Sabae hoe-eodem
mense 14 invenies>. «
6 (fol. 27 v). Ç03JjG^&bo 3. ^9oçoobo Gojooçj^ooob 9ooo3ù£>33objoo-
<^ooboboo..
36
G. GARITTE
Decembri 6. Saneti Nieolai archiepiscopi.
7 (fol. 31 v). %. ^Soçoobo 8o8obo 6^336060 o8d£)oobo
çojçoçn<nç">ôE)f)ç” g3objca3cabobd.Q. | çoo ^Soçoobo 8oo^o8obo 0000600(000(^0360.
Decembri 7. Saneti Patris nostri Ambrosii Mediolanensis (dedgolanel)
cpiscopi | et saneti inartyris Athenodori (at'inodore).
8 (fol. 34v). çpjjjS&rj^bô G. ^Soçooooo 8080000 6^336000x1 0003Ù6G
j3objca3oTl>obô 3ooç^oo6ooboxi | çoo 60003^)006 3&ob3co3oobobo jotL(^ô6(®)Oô
jj3(^>obôfi | çoo ^Soçoobo 8o8obù 3oç*J)ù3obo. <bb^jo6o ^Soçoobo 0003063660
00630(^060 G 33001363 Bôooç^obçngàobôooô 00060 >.
Decembri 8. Sanctorum Patrum nostrorum lohannis episeopi Coloniae
| et Sophronii episeopi Constantiae Cypri | et saneti patris Patapii.
<Alia saneti lohannis lanuario 8 invenies, eum (hymnis) Baptismi>.
9 (fol. 36 v). Ç033362)3(^)60 00. Scojqç^oço çnjdôû 30013^050 ^Soçoobo
çn8£>ooob8'3oo2>3ç^>obùxi.
Decembri 9. Conceptio omnino sanetae Deiparae.
10 (fol. 40 r). o. ^Soçooooo 800^*083000x1 8360x160 3(^800^0-
6360 çoo ^(^>00300x160.
Decembri 10. Sanctorum martyrum Menae, Hermogenis (ermogine) et
Eugraphi (graplo).
11 (fol. 43 v). çp3J36&3<^b oo. ^Soçoobo Ç00603Ç™ 8360033(^060x1.
Decembri 11. Saneti Danielis stylitae.
12 (fol. 47 r). Ç03336&3&6Ù o&. ^Soçoobo 8çnço3ç"’Oo8oodçnoo3£)obo 603003-
(^>oço 006060.
Decembri 12. Saneti pontifieis (litt. saeerdotum magistri) Spyridonis
( sp'uridon ).
(fol. 50 v). 080633 çoçjxjbo. ^Soçoobo 8çnço3<™oo8oodçnoo3£)obo oScgoç^oo-
<fobo-
Eadem die. Saneti pontifieis (litt. saeerdotum magistri) Amphilochii.
13 (fol. 52 r). 503J36&3^>bô o^. ^Qoçoùooô 8001^’083000x1 33b(®)(^)ô(®)obo
33^bô6(*)obo 332)36obo 8ô£>çoo£)obo çoo ôt^b^obo.
Decembri 13. Sanctorum martyrum Eustratii, Auxentii (evk'santi), Euge-
nii, Mardarii et Oresti (aresti).
14 (fol. 54 v). (03336^3^0 oço. ^Soçoùooô 800^7083000 oooo^&boo ^3330
çoo 3ùçr>o6o33bo I 030^008006 çoo o3ooçv>oo6obo.
MENÉE GÉORGIEN
37
Deeembri 14. Sanctorum martyrum Thyrsi (t'urso), Leucii (levki) et
Calliniei (kalinike) | Philemonis (p'ilomon) et Apollonii.
(fol. 57 v). 080633 çoçnrjbô. ^Soçoobo 8o8obo 6^336060 bodoxib 33^3600000
60(^03 coj^o.
Eadem die. Saneti Patris nostri Sabae eeelesiarum dedicatio.
15 (fol. 60 v). ÇOjjjbfyj^bd 03 ^Soçpobo 3^33003(^0 Sçnçosç^ooSoodçnooj-
diobo çpo 800^08060.
Deeembri 15. Saneti Eleutherii pontifieis (litt. sacerdotum magistri)
et martyris.
16 (fol. 63 v). çp3J3b&3<^bo 03. ^Soçooooo Sçn^ç^ooSoodçnoo^o^oooxi
8ooçpob(JJ)oobobo çpo 000306360 0^(^00360(^383(^0000x1.
Deeembri 16. Sanctorum pontificum (litt. sacerdotum magistrorum)
Modesti (modistos) et lohannis Hierosolymitanorum.
17 (fol. 66 r). ÇP3336&3&60 0%. ^Soçooooo 608000 3(^)80000x1.
Deeembri 17. Sanctorum trium Puerorum.
(fol. 69 r). 080633 £050360. ^Soçoobo Ç’oboxib^’o^^^y^ç^’obo £00603-
ǔobo.
Eadem die. Saneti prophetae Danielis.
18 (fol. 71 r). çp3J362>3<^bô oC3. ^Soçoobo 03(^300(^)00x160 0806353 3^06300-
3ooboboxi | çoo Ç’Soçooooo 800^083000 030030x160 çoo 3(^)800530x160.
Deeembri 18. Saneti Flori (plloro) Amiseni (amasel) episcopi | et
sanctorum martyrum Phoeae et Hermyli (ermola).
19 (fol. 73 r). ÇP3336&3&6Ù 000. ^80500000 800^083000x1 3£)oo8ooxi6o 06360
çoô 35300x160 | çoo (^080000360 çoo 80360x160 çoo 3ooç^>oooj(*J)ooxibo |
ÛSÔ^Sj0^0 C°° 9ob 00060000x1.
Deeembri 19. Sanctorum martyrum Promi (promo), Aretis (are) et Eliae
I et Timothei et Maurae et Polyeueti (poliok'to) | Eutyehii (evtuk'i) et
(eorum qui) eum eo.
20 (fol. 76 r). çp3J3&&3<^)bô j. ^Soçoobô 3560(^0 SôSôçoSooog^obôxi.
Deeembri 20. Saneti Ignatii (egnati) patriarehae.
21 (fol. 79 r). çp3J362>3<^bô jô. ^Soçoobô 03^0060 jôçr>^ç*>obôxi.
Deeembri 21. Sanetae Iulianae (ivliarw) virginis.
(fol. 81 v). o8ôb33 çp^bô. Ç’Soçoobô 03^0060x^033 | çoo ^Soçoobo
^^ôoojÇ^ooxibo.
38
G. GARITTE
Eadem die. Sanctae Iulianae (ivliana) eiusdem | et saneti Themistoelis
( t'emitokleo).
22 (fol. 83 v). çoqj'jEj&'j&bo ^Soçoobo o5obç®)oboo àtocaSoboû.
Deeembri 22. Sanctae Anastasiae Romae.
23 (fol. 86 r). ÇO£)J£)6<ï>£)<^'>bo j^. ^Soçoocno ôooooô 8001^083000^. £)ot3£)ç”E)o
o^ôQbgb j&oç^jb.
Deeembri 23. Sanctorum deeem martyrum qui martyrium-passi-sunt in
Creta (krite).
(fol. 88 v). £>0083^0 ^obç’jrjb '•^kobo Ç’oboaoo oyoob, ^3-
5q2>ùû ù2>(^)ùJù8 çoo oboj çoo oojoo&obo çoo boSooo y^Soooôû çpoGoGç™
^oGoab^o£)9')(’J)‘j£)')ç^>obo.Q. çoo bbcojôood yfY>33Ç^OQÙ3û ^Soçooooo 8ù8ùço8ooo-
gdtooooû.
Quae dominiea ante Christi Nativitatem erit, memoria Abraham et Isaae
et laeob et trium Puerorum, Danielis prophetae et aliorum omnium saneto-
rum Patriareharum.
24 (fol. 107 r). ÇOQJjB&Q^bo jço. ^oGoçoçnooo çoçnrjbob^O£)ç">co&obo.a
'Boo&obo ^ajç^obùû CoSobgj ÇQQ^bo ^Soçoobo Soo^oSobo 33^3^00^0
ogçnoobbo J3oo^oo^.
Deeembri 24. Pridie festivitatis Nativitatis Domini. < Eadem die sanctae
martyris Eugeniae; lulii 23 invenies>.
25 (fol. 110 r). çpOJdb&O&bo 33. 'Boodon fy^Gobo o^b^j
^obç’jjbo.
Deeembri 25. Nativitas Domini nostri lesu Christi.
26 (fol. 122 r). çpgj^G&'j&bo J3. ^obç’jjb ^codobôû^j | çoo ^363^0.0.
^Soçoobo bo£)ço3Çû 'j3objoo3oobobùû.
Deeembri 26. Christi Nativitatis eiusdem | et memoria saneti Euthymii
(ep't'u'me) Sardensis episeopi.
(fol. 125 r). £)co8rjçv>o jj&oojG j&obçj^b Tlcadobo f338ço2oo8oço oycob,
<^b<jG3^>oü Ç’Soçoôoooû çoo^oœobo çoo oojco&obo.
Quae dominiea post Christi Nativitatem erit, memoria sanctorum David
et lacobi.
27 (fol. 128 v). Ç03J352>3<^)bo j%. ^Soçoobo ào^grjç^-ScTi^oSobo b^ojo-
E»3bo.
Deeembri 27. Saneti protomartyris Stephani.
MENÉE GÉORGIEN
39
29 (fol. 132 v). joo. ^Soçoùooô y(^9ôooôn..
Decembri 29. Sanctorum infantium puerorum.
31 (fol. 134 v). ç«ô. ^Soçoobô Sooi^ôSobô d^jjbo.
Decembri 31. Saneti martyris Boae (bue).
IANUARIUS
1 (fol. 136 v). cn^j'jbo oôGgo&bo o. Ç’oGôçoôq^jooôû ^cgç^obd b^jjbobd
ojb^j j^obçj^bo ' C°ù à^û^û^02, ^9°Çpobô dôboç^obo.
Mense lanuario 1. Circumcisio domini nostri lesu Christi | et memoria
saneti Basilii.
2 (fol. 149 r). oôGgo&bô &. ^Soçoobô boç^odob^^cab J&ooÆcno 3ô3obôn.
lanuario 2. Saneti Silvestri (silibistros) Romanorum papae.
3 (fol. 152 r). oôGgô^bo ^Soçoùooô SôSôçoSooôgô&ooôn.
lanuario 3. Sanctorum patriarcharum.
(fol. 157 r). ôSôbgj çpçn<)bô. ^Soçoobo 800^7 oSobo ^m^çonbo | çoo 00300^3-
boTtb Q3objOTt3cTibobô | ÇOù 8dÇ"’d']od ^o5ôn.b^ô(^)9<J(®)‘j^)<JÇnr>obôn..
Eadem die. Saneti martyris Gordii (gordi) | et Theagenis (t'eogenos)
episcopi | et Malachiae prophetae.
4 (fol. 159 V). OôGgô&bô ÇO. ^Soçoobô O^OT^SàcoL rj&objoTi3oTibobôn. ÇOô
0030080 Sco^ôSobôn. | çoo ‘booLoSr) 8ooGô%ooGobôn. | çoo ooQcab^ob^Q bôjj^)-
3<)Ç^>Oo9o^j3r)Çpobôn | ÇOÔ çprjçpobô b^bjç^o^ojrjbo.
lanuario 4. Saneti Theopempti (t'eopempos) episcopi et Theonae mar-
tyris | et Zosimi monaehi | et Theoetisti (t'eohtiste) thaumaturgi | et
matris Syncleticae.
(fol. 162 r) ^ôb(jbôçojàôbô <^0083^ ^obô 33(^)0033 oyoTtb.
Ante Epiphaniam quae dominiea erit.
5 (fol. 165 v). oôbgô^bô j. ^Soçoobô 9ô9obo ô92>ô àôgç^jbo.
lanuario 5. Saneti Patris abbatis (amba) Pauli.
(fol. 168 r). Gôooç^obçn^àobobo.
Baptismi. •
6 (fol. 183 r). oôbgôf^bô 3. bôooç^obçn^&ôn fy^jbobo ojb^j
d^ob^bo.
40
G. GARITTE
lanuario 6. Baptismus domini nostri lesu Christi.
7 (fol. 188 r). 00630660 %. 6000^306203^06060 | çoo ^Soçoobo 800^708060
o&coûbo.
lanuario 7. Baptismi j et saneti martyris Abo.
8 (fol. 195 r). 00630660 G. Gùooç^obçnrjàobôû | çoo ^Soçoobo 0003Ù6G
b m bo 6(^63 obon..
lanuario 8. Baptismi | et saneti lohannis hesychastae (sohastréli).
9 (fol. 200 r). 00630660 en. 600023062032)0606033.
lanuario 9. Baptismi eiusdem.
(fol. 202 r). 080633 çpQorjbo 00630660 en. ^Soçoobo icoç^ocobç^coûbo.
Eadem die, lanuario 9. Saneti Polyeueti (lioliohto).
10 (fol. 205 r). 00630660 o. 600023062332)0606033.
lanuari 10. Baptismi eiusdem.
(fol. 207 r). 080633 çpçnrjbô 00630660 o. ^Soçoobo ^60^0023 6006323060^..
Eadem die, lanuario 10. Saneti Gregorii Nysseni.
11 (fol. 209 v). 00630660 oo. ^Soçoobo 808060 6^336060 003323006060.
lanuario 11. Saneti Patris nostri Theodosii.
12 (fol. 213 r). 00630660 o2). 60002306233606060 | çoo ^Soçooooo 030233*
003006 çoo Sooy^jobooo Sobooon..
lanuario 12. Baptismi | et sanctorum Philothei (p'ilet'eos) et sociorum
eius.
13 (fol. 216 r). 00630660 o^. ^06(3602336060 86^3660 | çoo ^Soçooooo
8o8ùooùû. <0^-33 ^Soçoobo 800^708060 gg^^Gooûbo 03230660 J3colejea>.
lanuario 13. Epiphaniae octava | et sanctorum Patrum. <13 eadem,
sanetae martyris Eugeniae; Iulio 23 invenies>.
14 (fol. 221 v). 00630660 oço- ^Soçoobo 606001 SooQoj^jç^obdû.
lanuario 14. Sanetae Nino apostolae.
(fol. 224 v). 080633 çpç^obo 00630660 oço. Ç’Soçooooo 8080000 606323000
ÇOO 6ù0003çnr>00ùû.
Eadem die, lanuario 14. Sanctorum Patrum Sinaitarum et Rhaithensium.
15 (fol. 228 v). 00630660 03. ^Soçoobo 8o8obù 000306G 230603060.0..
<080633 C°C?8^0 ^9°çpobo 0860 303^360 080633 00^3360 3 J3co30o>.
MENÉE GÉORGIEN
41
lanuario 15. Saneti Patris lohannis pauperis. < Eadem die, saneti
abbatis (amba) Pauli; hoc eodem mense 5 invenies>.
16 (fol. 230 v). oôbgô^bô 03. ^9oçoobô 9oot(joj^)ç*>obô ^(ynrjb ^o^ooo
œôy^ùbobQgSùû.
lanuario 16. Saneti apostoli Pétri eatenaruin adoratio.
(fol. 235 r). bb^pGo ^Soçoobô ^(jynjbGoæ | çoô 3ô5b^ojo ScaÇ’ôSobdû.
Alia saneti Pétri eiusdem | et Pansophii (pansup'i) martyris.
(fol. 237 r). bb^jobo ^ùÇ^OOt&ôGo ^9oÇOùOOÔ 9cO(Joj£)Ç™OOd 3rj(*)(^)r)bGo çoo
ocogôGjbGo coçojbQô ^oG^b booj^Gg.
Alii hymni sanctorum apostolorum Pétri et lohannis; quandoeumque
voles, dices.
(fol. 238v). ôSôbgQ ÇpÇpjGd ooG^ô^bô 03 joo^bodob ^Qoçoobô çn36-
ooobQ'Boot&QÇpobô ^bjGjàdû.
Eadem die, lanuario 16, in Choziba, sanctae Deiparae memoria.
17 (fol. 238 v). oôGgo^bô o%. ^9oçoobô 9ô9obô ôG^jooiGobo.
lanuario 17. Saneti Patris Antonii.
18 (fol. 241 r). oôGgcx^bô oC3. ^Qoçoobô 9ô9obô çoo Qoo^ùQobo 6030b
ôG^oaGobo. <ooG3ô6bô oC3. ^Qoçoobô oooôGôbo dç^j^bôGço^ojç^obdû çoo
Ç’Goçoobo Jj6oç">3 ôçpgjboGçoAoQçpobô^Q. ôoooGôbobo 33oo^oot Qoobbô
& çoù 3j6oç">3abo 330013001 o3Gobbô j%>.
lanuario 18. Saneti Patris et martyris Ravah Antonii. < lanuario 18.
Saneti Athanasii Alexandrini et saneti Cyrilli item Alexandrini; Athanasii
invenies Maio 2, et Cyrilli invenies lunio 27 >.
19 (fol. 243 r). 00630^0 000. Ç’Goçoobô 9ô9obô 9ôjô6o
lanuario 19. Saneti Patris Maearii Aegyptii.
20 (fol. 245 v). ooG3ô6bô j. ^9oçoobo 9ô9obô çooçoobo jcgoo^Gjbo.
lanuario 20. Saneti Patris magni Euthymii.
21 (fol. 254 r). 00630^0 jô. Ç'Goçoobô 3ô9obô 9ôjbo9G ôQoSbôôffyj&j-
çpobôfi.
lanuario 21. Saneti Patris Maximi eonfessoris.
«
22 (fol. 256 v). oôG3ô6bô j&. ^Goçoobô (^oGootooG 9oot(joj^)ç^obdû 800^70-
ojobô Ç’Soçoobô çooçoobô 3o3Ç2p£jb 9ooi(jo^^;ç^obdû.
42
G. GARITTE
lanuario 22. Saneti Timothei apostoli, diseipuli saneti magni Pauli
apostoli.
23 (fol. 259 v). oôG^ù^bo ^Soçpobo jç*>o9o objj^ogç^obon. çoo
ôçnôooôb^^ç^obo.
lanuario 23. Saneti démentis (klimi) Aneyrani et Agathangeli (agat'an-
geli).
24 (fol. 266 r). oobgo&bo jço. ^Soçoocnon. bob^jç^ocn ^brjGrj&oa.
lanuario 24. Omnium sanctorum nominatim memoria.
25 (fol. 273 r). oo^o&bo jq. ^Soçoobo ^o^otiç^o çnS^ooobSg^y^j^ç^o-
bôû.
lanuario 25. Saneti Gregorii theologi.
26 (fol. 279 v). ooGgo&bo 33. ^Soçoobo ^brjbrjajoTi^rjbo çoo Jrjcno Sobcnon.
ô(^>jô(®)obo çoo ocogofybo.
lanuario 26. Saneti Xenophontis (klseneplore) et filiorum eius Areadii
(arkati) et lohannis.
27 (fol. 281 v). oob^o^bo j%. ^Soçoobo ocogoBG caj(oca3oeoobo Go^oçmcno
joç^o^oço bùSrjwjajcoço.
lanuario 27. Saneti lohannis Chrysostomi reliquiarum translatio in
urbem regiam.
28 (fol. 285v). ooGgo&bo jG. ^Soçoobo 9o9obo rjajfyjSobo.
lanuario 28. Saneti Patris Ephraemi.
29 (fol. 288 r). oobgot^bo jcn. ^Soçoobo ào^jocobbobo ^^jo^obon..
lanuario 29. Sanetae (et) venerabilis Crueis.
(fol. 289 v). oSôbgr) çpçoQbo oobgo&bo joo. ^Qoçoobo 32>6o(JJ)ob Bo^oçroooo
£)J£)9fV\j3ù6£)&ô.Q. 3£>ca9ooo obç^ocajooço-
Eadem die, lanuario 29. Saneti Ignatii reliquiarum translatio Româ
Antioehiam.
30 (fol. 293 r). oobgo&bo <™. ^Qoçoobo o3coç">oç®)G J&ctÆooo 3o3obôn.
I çpù ^Soçoobô gô&boSrj £)Çp£)b£)ç” rj3objoTi3oTibobôn. çoo 9ocn cnobo 0003-
jlO^Qç’jCDO SoT^oSrjCDOû.
lanuario 30. Saneti Hippolyti Romanorum papae | et saneti Barsimaei
(varsime) Edesseni episcopi et eum eis (sic) sedeeim martyrum.
MENÉE GÉORGIEN
43
31 (fol. 295 v). ooBgo^bo çj*>o. ^Qoçoocno ScoÇ’oSqoooû j^eocob çoo 00030-
6gbo.
lanuario 31. Sanctorum martyrum Cyri et lohannis.
FEBRUARIUS
1 (fol. 297 v). OOOO^Jjbù O3£)<î)£)£>C|OÇ"’bo 0. ^Qoçoobù 9c0^o9obù Ç^)(^)OajOTi-
Bobo.
Mense Februario 1. Saneti martyris Tryphonis.
2 (fol. 300 r). oj'j&flfypç^bo <3. So^jbjdoû.
Februario 2. Oceursus.
3 (fol. 310 v). <33&3<^3Oç^>bo ^Qoçoobo bjQrjooB 3cab^(jQ&^|ç^obdû
çpo oBo ^oBoûb^o^Qgç^y^gç^oboa.
Februario 3. Saneti Symeonis senis et Annae prophetissae.
4 (fol. 313 v) ojfl&jfypç^bo ço. ^Qoçoobo ScoÇ’oSobo r)Ç^>OÙ ÇO09ùbj£)Ç”O-
boû.
Februario 4. Saneti martyris Eliae Damaseeni.
5 (fol. 316 r). Q33&3<^3Oç^>bo 3. ^Qoçoobo Sçnçojç^’ScoÇ’oSobo o&£)o3o9
b3o(^)bobùû çoo 3ob cnoBo ^oQ'j&^jç”000-2- I ^Soçoobo oçnocno ScaÇ’oSobdû.
Februario 5. Saneti hieromartyris Abramii (abraham) Persae et eum eo
martyrum | et sanetae Agathae (agatci) martyris.
6 (fol. 318 v). O33&3&3oç^>bo g. ^Qoçoobo 9oo^o9obùû.
Februario 6. Saneti Iuliani martyris.
(fol. 321 r). oQobgg ÇpC?3bo aj^d^(^)3ùç*,bo 3- ^Soçoobo 9o9obo üo&boBoo*
<33bo çoo Qoo^ajobo Qobobo ooo3ùB3bo çoo ^Qoçoobo çooatojoofjbo.
Eadem die, Februario 6. Saneti Patris Barsanuphii (barsanop'e) et
diseipuli eius lohannis et saneti Dorothei (doret'e).
7 (fol. 323 r). e^fyjt^oç^bo %. ^Qoçoocno oooùbçoobùQooo 800^083000x1
£)Co8r]çm()o O^ùQBrjb BojOo8oÇOOùb | ÇOO ^Qoçoobù 3ù£)OT£)Bo Ç^o9ajbùjr)ç*>
3^objooi3oTlbobùfi..
Februario 7. Sanctorum mille et trium martyrum qui martyrium-passi-
sunt Nicomediae | et saneti Parthenii Lampsacensis episeopi.
9 (fol. 325 r). a^^t^oç^bo 00. ^Qoçoobo SoT^oSobo BojoojoTi^bo.
Februario 9. Saneti martyris Nieephori.
44 G. GARITTE
10 (fol. 327 v). ajQ&Q^>ôçnr>bô o. ^Soçoobo dçnçojç^’oodoodçn^^obo œjo'ïçn-
Goôûbo.
Februario 10. Saneti pontifieis (litt. sacerdotum magistri) Theognii
( t'eognia ).
11 (fol. 330 v). ajQ&Q^gôçnobô oo. Ç’Qoçoobo dçnçojç^doa^’odobo dç^obobo.
Februario 11. Saneti hieromartyris Blasii.
12 (fol. 333 v). 0-^3 ^Qoçonbo dçnçojç^’dooÇ’odobo bo&o-
Çr>ô93obo çpo&ftjb çoo o^o od çpùg^rj&rjE) oo£) 2>°6çp£)b djo ^ô^çpùo^ôçp^oo
o& bb^jon çoQV)bôbÇ’ô£)ç">o ù<^ù o£>b bb^jobo ^oç^oodobo bo(ooç™od3obE)03Q
ô 5^)2<^ÇOO âàoT^G') br)JÇO£)E)&')£)bô O% 9^)B(JÙ ^Ù^ÇOOO^OÇOOTt.
Februario 10 item. Saneti hieromartyris Charalampii; omissa sunt, et
hie ad 12am deseripsi; si voletis, hic perfieite : 12a aliud festum non est.
Alios hymnos Charalampii eiusdem, 2um tonum-plagalem, invenies Septem-
bri 17; ibi etiam perfieies.
13 (fol. 334 r). aj'j&'jfypç^bo o^. ^Qoçooooo dooQoj^ç^ooos oj^ç^’osbo
çoo 3(^)objoçv>ôûbo 8001^0033000 ^Qoçoobo 3035^3 8ooi(joj^)ç^obdoods | çoo
^Qoçoobo 9o9obù Sô^^oboôbrjbo.
Februario 13. Sanctorum apostolorum Aquilae et Priseillae, diseipulorum
saneti Pauli apostoli | et saneti Patris Martiniani.
14 (fol. 336 r). a^^fypç^bo oço. ^Qoçoobo 9o9obo ôgjbjb^jobo | çoo
^Qoçoobo 030^380018 çno<b'jç"> <j3objco3cobobo.a.
Februario 14. Saneti Patris Auxentii | et saneti Philemonis Gazaei
episeopi.
15 (fol. 338 v). 0332)3(0305^0 03. ^Boçoobo 8çnço3<™8oo^7o8obo coE)<)bo3<)bo
£)<o3r)çrY>o oyco SoTt^oojG Ç’Soçoobo SoTtQo^ç^obo 3o2ç"H)bo 9oti5o ycoo^oç^o
ojoç^oSoTibobo.
Februario 15. Saneti hieromartyris Onesimi, qui erat diseipulus saneti
apostoli Pauli, ex-servo Philemonis.
16 (fol. 341 v). <2£)<3')£>3Oç™bo 03. 3o9ajoç^r)bo çoo Scoy^obcno Sobooôû.
Februario 16. Pamphili et sociorum eius.
17 (fol. 343 v). ajj&jfypç^bo 0%. ^Qoçoobo 9coÇo9obo 003350001(^3
bobos..
Februario 17. Saneti martyris Theodori tironis.
MENÉE GÉORGIEN
45
18 (fol. 347 r). ojj&j^oçi^bù oC3. ^Soçoobo ç^jcnbçJJjo 3£)oo9ooo 3o3obon.
| çoo Ç’Soçoobo oçnù3oç’)OTib b^Gorjçro rj3objoTi3oTibobon..
Februario 18. Saneti Leonis Romanorum papae | et saneti Agapeti
(agapitos) Synaensis episcopi.
20 (fol. 349 r). j. ^Soçoobo o9oob Qiobjcaicabobdû çoo 9ob
coôbù ^oSg^ç^cnon. b3o£)bQcnb bo&£)£) Srjajobo %C3 | çoo ^Soçoobo oto^o-
3can.bo SoT^ajobo ^Soçoobo 3ooç">C3 9oo(joj£)Ç">obù.a.
Februario 20. Saneti Amos episcopi et (eorum qui) eum eo martyrium-
passi(-sunt) in Persia sub Sapore (sabur) rege | et saneti Arehippi disci-
puli saneti Pauli apostoli.
21 (fol. 352 r). a^bj^oç^bo jo. ^Soçoobo %ù^ù£)où oG(^)«jbùçY>o9gçY>o-
bon.
Februario 21. Saneti Zachariae Hierosolymitami.
22 (fol. 354 v). <23<3£)<^3Oç™bo jà. ^Soçoobo obobç^obo oçn3bùù£)£)&r)ç”obù.a
| çoo ^Soçoobo (^3Ç2?£)b>crjcTL<4'>£) 3£>oo9ooo 3o3obon..
Februario 22. Saneti Anastasii confessons | et saneti Telesphori Romano-
rum papae.
24 (fol. 357 r). <23&3<^3Oç^>bo jço. cnogobo 3cojE)d.Q. ^Soçoobo ocogoGG
Gocnç*>ob9(jr)9r)ÇY>obon..
Februario 24. Capitis inventio saneti lohannis Baptistae.
25 (fol. 364r). tgrjdrj^oç^’bo jq. ^Soçoobo ç*)ù£)ùbC3 jcobç’Jjobç’JjoE)')-
3caç*>r)ç*> 3oç’)£)oojoboû.
Februario 25. Saneti Tarasii (tarasê) Constantinopolitani patriarehae.
(fol. 367 r). oSob^j Çpçnrjbo jq. ^Soçoobo Sco^oSobo j&ob(JJ)£)ço£)ç^>')bo.
Eadem die 25. Saneti martyris Christoduli.
26 (fol. 369 v). tgj&j^oç^bo jg. ^Soçoobo 9o9obo ft^rjbobo çoo oçnSboo-
£>£)&r)çrY>obo 3£)oojoo3o çojjo3ooç*>3Ç^obù.a.
Februario 26. Saneti Patris nostri et eonfessoris Proeopii Decapolitani.
(fol. 370 v) (gJ^J^oç^bo 33-33» oSobgr) çpçnrjbo ^Soçoobo 3oTt(^ajo(^o
çnô%Qç*r> <j3objoTi3oTibobon..
Februario 26 item; eadem die, saneti Porphyrii Gazaei episcopi.
27 (fol. 373 v). Q332>3<^3oçv>bo j%. ^9oç>obo doboç^o oçnSboo^jàjç^obdû
I çoo ^Soçpobo 9ù£)jooEir)bo.
Februario 27. Saneti Basilii eonfessoris | et saneti Marciani.
46 G. GARITTE
28 (fol. 376 r). jC3. ^Soçoobô ôç^j^bôGçoéiOQçro
3ô(®)(^)Od^obdû.
Februario 28. Saneti Proterii Alexandrini patriarehae.
*
**
Le bref commentaire qui suit n’a d’autre but que de préciser
l’identité des saints et des fêtes et de comparer le calendrier du
ménée avec le calendrier byzantin. Pour les annonces géorgiennes qui
correspondent à celles des synaxaires grecs, le commentaire se borne
à renvoyer à l’édition du synaxaire de Constantinople.
Nous utilisons les abréviations suivantes :
BHG = F. Halkin, Bibliotheca hagiographica graeca, 3e éd. (Subsidia
Hagiographica, 8a), Bruxelles, 1957.
BHO = Bibliotheca hagiographica orientalis (Subsidia Hagiographica,
10), Bruxelles, 1910.
Dzavachisvili' = I. Dzavachisvili, Opisanie gruzmskih rukopisej
Sinaja. Sinis Mt'is k'art'ul helnacertla agceriloba, Tiflis, 1947.
Garitte, Calendrier = G. Garitte, Le calendrier palestino-géorgien du
Sinaiticus 34 (Xe siècle) (Subsidia Hagiographica, 30), Bruxelles, 1958.
H = eod. grec de Jérusalem, Sainte-Croix 40 (Xe siècle).
Marr = N. Marr, Opisanie gruzinskih rukopisej Sinajskogo monastyrja,
Moscou et Léningrad, 1940.
Mateos, Typicon = J. Mateos, Le Typicon de la Grande Église. Ms.
Sainte-Croix n° 40, Xe siècle. Introduction, texte critique, traduction et
notes. I, Le cycle des douze mois; II, Le cycle des fêtes mobiles (Orientalia
Christiana Analecta, 165 et 166), Rome, 1962 et 1963.
P = eod. gr. Patmos 266 (IXe-Xe siècle).
Synax. = H. Delehaye, Synaxarium Ecclesiae Constantinopolitanae
(Propylaeum ad Acta Sanctorum, Novembris), Bruxelles, 1902.
DÉCEMBRE
1. Ananias m. Persa. S. Ananie, martyr à Arbèle en Perse (t 22 nov.
345) : Synax., 1 déc., n° 2 (col. 269).
Onesimus et Solomo. SS. Onésiphore et Solomon, archevêques d’Ephèse •
Synax., 1 déc., n° 4 (col. 271). Le ms. de Patmos (P) écrit ’Onjo-t^ov (au
lieu d’’Ovï/CTi^opov), comme le géorgien (Synax., col. 269, ligne 41; Mateos,
Typicon, I, p. 121).
2. Habacuc. Synax., 2 déc., n° 1 (col. 271).
MENÉE GÉORGIEN 47
3. Theodori conf. S. Théodore, évêque d’Alexandrie, martyr : Synax.,
3 déc., n° 4 (col. 275).
Theoduli Cyprii. S. Théodule, « salos » de Chypre : Synax., 3 déc., n° 5
(col. 275).
Indae m. et soc. S. Ipdès etc., les 20.000 martyrs de Nicomédie, sous
Maximien : Synax., 3 déc., n° 2 (col. 275).
Sophoniae proph. Synax., 3 déc., n° 1 (col. 275).
Le ms. P annonce, au 3 décembre, presque dans le même ordre que le
ménée géorgien : Théodore, Théodule, Sophonie et Indes etc.
4. Barbarae. Synax., 4 déc., n° 1 (col. 277).
lohannis Damasceni. Synax., 4 déc., n° 2 (col. 278).
5. Sabae. Synax., 5 déc., n° 1 (col. 281).
6. Nicolai. Synax., 6 déc., n° 1 (col. 281).
7. Ambrosii. Synax., 7 déc., n° 1 (col. 283).
Athenodori. S. Athénodore, martyr en Syrie sous Dioclétien (BHG
2048) : Synax., 7 déc., n° 3 (col. 285).
8. lohannis ep. S. Jean l’Hésychaste, ex-évêque de Coloneia en Arménie
(t 8 janvier 559) : Synax., 7 déc., n° 4 (col. 285) ; quelques synaxaires le
placent au 8 décembre, notamment P et H {Synax., col. 287-288, lignes
54 ss. ; Mateos, Typicon, I, p. 125) ; voir infra, 8 janvier.
Sophronii ep. S. Sophrone, évêque de Constantin en Chypre, connu
seulement par la notice du synaxaire : Synax., 8 déc., n° 4 (col. 290).
Patapii. S. Patapius, moine égyptien qui vécut à CP au VIIe siècle :
Synax., 8 déc., n° 1 (col. 287).
9. Conceptio. Synax., 9 déc., n° 1 (col. 289).
10. Menae etc. SS. Ménas, Hermogène et Eugraphos, martyrs à Alexan-
drie sous Dioclétien : Synax., 10 déc., n° 1 (col. 293).
11. Danielis stylitae. Synax., 11 déc., n° 1 (col. 299).
12. Spyridonis. S. Spyridon, évêque de Trimithonte en Chypre au IVe
siècle : Synax., 12 déc., n° 1 (col. 303).
Amphilochii. S. Amphiloque, évêque d’Iconion au IVe siècle, n’est inscrit
au 12 décembre que dans quelques synaxaires grecs, notamment dans P
et H : Synax., col. 303-304, lignes 45; Mateos, Typicon, I, p. 129; cfr
Garitte, Calendrier, p. 391-392, 406-407. •
13. Eustratii etc. Les cinq martyrs de Sébastée en Arménie: Synax.,
13 déc., n° 1 (col. 305).
4
48
G. GARITTE
14. Thyrsi etc. Martyrs à Nicomédie sous Dèce : Synax., 14 déc., n° 1
(col. 305).
Phïlemonis etc. Martyrs à Antinoé sous Dioclétien : Synax., 14 déc.,
11“ 2 (col. 307).
iS'. Sabae ecclesiarum dedicatio. Cette fête est inconnue des synaxaires
grecs. Le calendrier palestino-géorgien de Jean Zosime (Xe siècle) annonce
au 12 décembre : In Sancto Saba, in a Deo facta ecclesia, dedicatio, et in
tribus item ecclesiis liturgia; Octava saneti Sabae (Garitte, Calendrier,
p. 110 et 408) ; de même, le cod. Sinaï géorgien 34, fol. 86 r, inscrit au
12 décembre : In Sancto-Saba, festum magnum est, dedicatio est, et in
tribus ecclesiis liturgia est, et Octava saneti Sabae (I. Dzavachisvili, Sinis
Mf'is k'art'ul lielnacertla agceriloba, Tiflis, 1947, p. 56). La ^eokticttoç
èKKXyaia, grotte aménagée en église par S. Sabas, fut inaugurée le 12
décembre 490 (Cyrille de Scythopolis, Vita Sabae, ch. 19, éd. Schwartz,
p. 104, lignes 23-24). Voir Garitte, Calendrier, p. 408.
15. Eleutherii. Martyr à Rome sous Hadrien : Synax., 15 déc., n° 1
(col. 307).
16. Modesti et lohannis Hieros. Modeste (t vers 630) et Jean (II, 386-
417), évêques de Jérusalem. Modeste de Jérusalem est commémoré dans
quelques synaxaires grecs au 16 déc. {Synax., col. 313, n° 4 et lignes 53 ss.)
ou au 18 (col. 325, lignes 52-53) et dans le calendrier lapidaire de Naples
au 18 {Analecta Bollandiana, 57, 1939, p. 42 et 43). Le calendrier géorgien
de Jean Zosime, le lectionnaire géorgien de Latal et le ménée Sinaï géor-
gien 65 l’inscrivent au 17 déc., le lectionnaire de Paris au 16 (avec Zacha-
rie) (voir textes dans Garitte, Calendrier, p. 410-411). D’après le récit de
la prise de Jérusalem par les Perses en 614 (xxiv, 13), Modeste mourut
un 17 décembre (éd. G. Garitte, dans CSCO 202, p. 83; trad. idem, dans
CSCO 203, p. 55; cfr idem, La sépulture de Modeste de Jérusalem, dans
Le Muséon, 73, 1960, p. 127-133). Dans le ménée de Dumbarton Oaks,
Modeste, au 16 décembre, est associé à Jean de Jérusalem; il en est de
même, au 29 mars, dans le calendrier de Jean Zosime et dans d’autres
documents géorgiens; il s’agit de Jean II; voir Garitte, Calendrier, p.
186-187.
17. Trium puerorum, Danielis. Synax., 17 déc., n° 1 (col. 317).
18. Flori. S. Florus, évêque d’Amisos, qui vécut sous Justin II (565-
578), Tibère II (578-582) et Maurice (582-602), n’est connu que par la
notice du Synax., 18 déc., n° 3 (col. 324). La notice du synaxaire géorgien
n’est que la traduction de celle du synaxaire grec (voir cod. Sinaï géorgien
4, fol. 69 r).
Phocae et Hermyli. Synax., 18 déc., n° 4 (col. 324).
MENÉE GÉORGIEN
49
Les mss grecs P et H mettent en tête, au 18 déc., S. Florus et les SS.
Phocas et Hermylos (Synax., col. 321-322, ligne 46; Mateos, Typicon, I,
p. 137).
19. Promi, Aretis, Eliae. Martyrs originaires d’Égypte, exécutés à Asca-
lon (Eusèbe, De mart. Pal., X, 1) : Synax., 19 déc., n° 2, col. 327 (voir
Garitte, Calendrier, p. 408-409).
Timothci et Maurae et Polyeucti. Des synaxaires grecs inscrivent au
19 déc. les martyrs Timothée (en Mauritanie) et Polyeucte (à Césarée) :
Synax., 19 déc., n° 3 (col. 327); le nom Maurae est intrus; il est amené
peut-être ici par le souvenir du groupe Timothée et Maura, martyrs en
Thébaïde (voir Garitte, Calendrier, p. 179), peut-être aussi par le lieu
du martyre de Timothée au 19 déc. (èv Mavpiravia, Synax., col. 328, ligne
1).
Eutychii etc. SS. Eutychius et Thessalonica, martyrs avec 270 autres :
Synax., 19 déc., n° 4 (col. 328).
Les mss P et H, au 19 déc., présentent ces trois annonces en tête, dans
le même ordre (Synax., col. 325-326, lignes 55-56; Mateos, Typicon, I,
p. 139, 141).
20. Ignatii. S. Ignace d’Antioche : Synax., 20 déc., n° 1 (col. 329).
21. lïilianae v. Martyre à Nicomédie sous Maximien : Synax., 21 déc.,
n° 1 (col. 333).
Themistoclis. Martyr en Lycie sous Dèce : Synax., 21 déc., n° 2 (col.
334).
22. Anastasiue. Martyre à Rome sous Dioclétien avec Chrysogone, Agapè,
Irène et Chionia : Synax., 22 déc., n° 1 (col. 333).
23. Decem mm. Les dix martyrs de Crète sous Dèce : Synax., 23 déc.,
n° 1 col. 337).
Dominica; Abraham, Isaac et lacob etc. : Synax., col. 315-318, nos 1-2.
Le ms. P place le « Dimanche des saints Pères » après le 20 déc. (Synax.,
col. 329-330, lignes 39-41), le ms. H après le 16 (voir Mateos, Typicon,
I, p. 134-137) ; cfr Garitte, Calendrier, p. 417 ; BHG 2343m-2357.
24. Pridie. Plusieurs mss grecs, dont P et H, inscrivent la vigile de
Noël : Synax., col. 339-340, lignes 45-46; Mateos, Typicon, I, p. 148-155;
cfr Garitte, Calendrier, p. 415-416.
Eugeniae. Vierge d’Alexandrie, martyre à Rome sous Valérien et Gallien :
Synax., 24 déc., n° 1 (col. 339). Au 23 juillet, où renvoie l’addition de
seconde main, les synaxaires grecs inscrivent un martyre Eugène (Synax.,
col. 835, n° 3). Voir infra, 13 janvier.
25. Nativitas. Synax., 25 déc., n° 1 (col. 343).
50 G. GARITTE
26. Nativitatis. Voir Garitte, Calendrier, p. 417-418.
Euthymii. Évêque de Sardes, confesseur et martyr sous Théophile (829-
842) : Synax., 26 déc., n° 3 (col. 345) ; BHG 2145-2146.
Dominiea; David et lacobi. Les synaxaires grecs, y compris P et H,
commémorent le dimanche après Noël S. Joseph, Jacques le frère du
Seigneur et le roi David (Synax., col. 347, n° 1). Les anciens documents
géorgiens et arméniens inscrivent simplement David et Jacques (Jacob)
au 26 ou au 25 décembre; voir Garitte, Calendrier, p. 418.
27. Stephani. Synax., 27 déc., n° 1 (col. 349).
29. Infantium. Synax., 29 déc., n° 1 (col. 353).
31. Boae. Le calendrier de Jean Zosime inscrit au 31 déc. un saint Boa
(boha)- une Passion géorgienne de ce saint, martyr à Hiérapolis (probable-
ment de Phrygie) sous Aurélien est conservée dans le seul cod. 57 d’Ivi-
ron; elle a été publié par K. Kekelidze (voir Le Muséon, 76, 1963, p. 462,
n° 103, 4) ; dans le titre et dans le texte de cette Passion est indiqué,
comme date du martyre, le 30 déc.; le synaxaire de Dumbarton Oaks
apporte une troisième attestation de ce martyr, inconnu en dehors de la
littérature géorgienne. Voir Garitte, Calendrier, p. 113 et 422.
JANVIER
1. Circumcisio. Synax.,- 1 janv., n° 1 (col. 363).
Basilii. Synax., 1 janv., n° 2 (col. 364).
2. Silvestri. Synax., 2 janv., n° 1 (col. 365).
3. Patriarcharum. Nous ne connaissons qu’un parallèle à cette annonce :
il est fourni par le ms. S 425 de Tiflis, l’hymnaire de Michel Modrekili
(Xe siècle), qui inscrit au 3 janv. (fol. 62 v) : jfyj&on («jofyj&oob %C?3bjo-
çojbô, SoTtb^ô^'j&ùû Gôooç^obçnrj&obo 003b ^ajçnoobo &£)<)E)obo o<jb«j j&ob-
ôé)bù d^jQç^obo 'a^wjç^obôû « Synaxis in
Tiberiadis maris litore, (prae)nuntiatio Baptismi domini nostri lesu Christi
et memoria patriarcharum veteris legis » ; voir Catal. Tiflis, S I (Le
Muséon, 74, 1961, p. 416), p. 549, n° 30; P. IngorOQVA, Giorgi Merclule,
Tiflis, 1954, p. 023; G. Garitte, dans Le Muséon, 74 (1961), p. 417. Comme
le montre l’indication topographique (in Tiberiadis maris litore), il s’agit
d’une fête locale palestinienne.
Gordii. Martyr à Césarée de Cappadoce, sous Maximien : Synax., 3 janv.,
n° 1 (col. 367); cfr F. Halkin, dans Analecta Bollandiana, 79 (1961),
p. 5-15.
MENÉE GÉORGIEN
51
Theagenis. Martyr à Parium (Kemer), sur l’Hellespont, sous Licinius
(BHG 2416) : Synax., 3 janv., n° 3 (col. 368).
Malachiae. Synax., 3 janv., n° 2 (col. 367).
4. Theopempti et Theonae. Théopemptos, évêque, martyr avec Théonas
sous Dioclétien (BHG 2443-2444) : Synax., 4 janv., n° 5 (col. 368).
Zosimi mon. Martyr à Anazarbe en Cilicie (BHG 2476-2477) : Synax.,
4 janv., n° 6 (col. 369) ; voir F. Halkin, dans Analecta Bollandiana, 70
(1952), p. 249-261; cfr Le Muséon, 76 (1963), p. 467, n° 135u (Passion
géorgienne).
Theoctisti thaumaturgi. Le synaxaire H inscrit au 4 janv. : toü
ôfflov Kat davpaTovpyov ©eoKTÎa-rov Kai yyovyévov (Mateos, Typicon, I,
p. 174-175) ; cfr Synax., 4 janv., n° 4 (col. 367) ; sur ce saint, inconnu
autrement, voir F. Halkin, dans Analecta Bollandiana, 73 (1955), p. 56-57.
Syncleticae. Vierge d’Alexandrie, au IVe siècle : Synax., 4 janv., n° 7
(col. 370).
Au 4 janv., les mss grecs H et P inscrivent les mêmes saints que le ménée
géorgien, et presque dans le même ordre : Théopemptos, Zosime, Théoctiste
et Synclétique (voir Mateos, Typicon, I, p. 174-175).
Dominica. Plusieurs mss grecs, parmi lesquels P et H, insèrent le diman-
che avant l’Épiphanie après le 3 janv. (Mateos, Typicon, I, p. 172-173;
Synax., col. 367-368, ligne 40) ; le ms. Ba (Paris, gr. 1589, XIIe siècle) le
place après le 4 janv. (Synax., col. 369-370, ligne 39), de même que l’hym-
naire de Michel Modrekili (cod. S 425 de Tiflis; voir Le Muséon, 74, 1961,
p. 417) ; les menées Sin. géorg. 59 et 64 (Xe siècle) l’inscrivent après le 2
(Marr, p. 100 et 136), et le Sin. géor. 1 (Xe siècle) après le 1er (Dzava-
chisvili, p. 2).
5. Pauli. Dans les synaxaires grecs, S. Paul l’ermite est commémoré
ordinairement le 15 janvier (Synax., col. 393, n° 2) ; toutefois, quelques
synaxaires et ménologes placent sa fête au 5 janv. (voir Garitte, Cata-
logue, p. 134). Voir infra, 15 janv. (addition de seconde main).
Baptismi. Plusieurs synaxaires, dont P et H, inscrivent au 5 janv. la
vigile de l’Épiphanie (Synax., col. 369-370, lignes 48 ss.; Mateos, Typicon,
I, p. 174-185).
6. Baptismus. Synax., 6 janv., n° 1 (col. 373) (®€o0avia). Le ms. de
Patmos appelle la fête BaTmaïs (Synax., col. 373-374, lignes 45-46; Mateos,
Typicon, I, p. 184-185) ; l’Épiphanie est appelée en géorgien nat'lisgeba
« Baptismus » ou gamocliadeba « Manifestatio » ; voir Garitte, Calen-
drier, p. 126. *
7. Baptismi. Le ménée de Dumbarton Oaks rappelle l’Épiphanie du 7 au
13 janv., jour de l’Octave; le cod. S 425 de Tiflis fait de même (voir Le
52
G. GARITTE
Muséon, 74, 1963, p. 417) ; voir aussi les ménées du Sinaï, géorg. 1
(Dzavachisvili, p. 2), géorgien 59 (Mark, p. 100) et géorgien 64 (Marr,
p. 136-137).
Abo. S. Abo de Tiflis, martyrisé le 6 janv. 786, est inconnu des syna-
xaires grecs; les livres géorgiens le commémorent le 7 (Garitte, Calen-
drier, p. 126-127).
8. lohannis. S. Jean l’Hésychaste, évêque de Coloneia en Arménie (481/2-
490/1), puis moine et reclus à Saint-Sabas, est mort le 8 janv. 559; cette
date est fournie par la version géorgienne de sa Vie par Cyrille de Scytho-
polis (voir G. Garitte, dans Analecta Bollandiana, 72, 1954, p. 75-84).
La même date du 8 janv. est attestée par le calendrier de Jean Zosime,
par les ménées Sin. géorg. 1, par le cod. S 425 de Tiflis, et chez les Grecs
par un appendice de la Vie grecque dans le Sin. gr. 494 et par le typicon
de Saint-Sabas du cod. Sin. gr. 1096; voir Garitte, Calendrier, p. 127.
Dans les synaxaires grecs, la fête de S. Jean l’Hésychaste est marquée
au 7 déc., parfois au 3, au 8 ou au 9 (voir supra, 8 déc.) ; elle a été
attirée à ces dates par la fête de saint Sabas (5 déc.). Les documents
liturgiques géorgiens et sabaïtes ont conservé la date authentique, oubliée
des Byzantins.
9. Polyeucti. Martyr à Mélitène en Arménie sous Dèce et Valérien :
Synax., 9 janv., n° 1 (col. 379).
10. Gregorii Nysseni. Synax., 10 janv., n° 1 (col. 381).
11. Theodosii. S. Théodose le Cénobiarque, mort le 11 janv. 529 : Synax.,
11 janv., n° 1 (col. 383). Voir Garitte, Calendrier, p. 128.
12. Philothei etc. Le calendrier de Jean Zosime, ainsi que plusieurs
ménées géorgiens, inscrivent S. Philothée, martyr à Antioche sous Dioclé-
tien, au 12 janvier; quelques calendriers syriaques et coptes, et le syna-
xaire copte le commémorent le 11 janv.; voir Garitte, Calendrier, p. 128-
129.
13. Octava. Le calendrier de Jean Zosime, le lectionnaire géorgien de
Paris et plusieurs ménées géorgiens inscrivent de même l’Octave de l’Épi-
phanie au 13 janv.; voir Garitte, Calendrier, p. 129 et supra, 7 janv.
Sanctorum Patrum. Le calendrier de Jean Zosime, à la même date, dit
plus explicitement : Patrum Sinaitarum et Rhaithensium; la date du 13
janv. est attestée en outre par plusieurs mss géorgiens et par le synaxaire
grec de Patmos (Mateos, Typicon, I, p. 197, pour les martyrs de Rhaithou;
cfr Synax., col. 387-388, ligne 37) ; voir Garitte, Calendrier, p. 129-130.
Les synaxaires et les ménologes grecs commémorent d’ordinaire les moines
du Sinaï et de Rhaithou le 14 janv. (Synax., col. 389, n° 1) ; voir infra,
14 janv.
MENÉE GÉORGIEN
53
Eugeniae. A cette mention ajoutée après coup dans notre ménée, on
trouve seulement un parallèle dans le ms. grec H, qui inscrit au 13 janv. :
Evyevias Kal rwv avv avrÿ (Synax., col. 387-388, ligne 37 ; MateOS, Typicon,
I p. 196-197) ; dans les synaxaires grecs, sainte Eugénie est commémorée
le 24 déc.; voir plus haut à cette date.
14. Nina. Sainte Nino, l’apôtre de la Géorgie, est commémorée le 14 janv.
dans les livres liturgiques géorgiens et dans le calendrier de Jean Zosime;
elle est absente des synaxaires grecs; voir Garitte, Calendrier, p. 130-131.
Patrum Sinaitarum et Rhaithensium. Synax., 14 janv., n° 1 (col. 389) ;
voir supra, 13 janv.
15. lohannis pauperis. S. Jean le Calybite, ascète à CP au Ve siècle :
Synax., 15 janv., n° 1 (col. 393).
Pauli. Synax., 15 janv., n° 2 (col. 393) ; voir supra, 5 janv.
16. Pétri catenarum. Synax., 16 janv., n° 1 (col. 395).
Pansophii. Les synaxaires grecs commémorent S. Pansophios, ascète
d’Alexandrie, martyr sous Dèce, le 15 ou le 16 janv. (Synax., col. 394,
n° 3 ; col. 395-396, lignes 56 ss.) ; les mss H et P (et d’autres) le placent
au 16 (Mateos, Typicon, I, p. 199 et 200-201). Sa Passion ne s’est con-
servée qu’en géorgien; voir P. Peeters, dans Analecta Bollandiana, 47
(1929), p. 307-337.
Pétri et lohannis. On ne trouve nulle part ailleurs, à notre connaissance,
cette association des apôtres Pierre et Jean au 16 janv.
In Chosiba, s. Deiparae. Les ménées géorgiens inscrivent au 16 janv.
une fête de la Vierge à Choziba (voir Garitte, Calendrier, p. 132) ; le
calendrier de Jean Zosime précise qu’il s’agit de la fête de l’annonciation à
Joachim de la naissance de Marie (ibidem, p. 45 et 132); cette fête est
inconnue des Grecs.
17. Antonii. Synax., 17 janv., n° 1 (col. 397).
18. Antonii Ravah. S. Antoine Ruah (Rawah) le Qoraïsite, musulman
converti, martyr sous Harûn al-Rasîd (786-909) ; sa fête, inconnue des
Byzantins, est inscrite dans les livres géorgiens au 18 ou au 19 janv.
(Garitte, Calendrier, p. 136). Voir I. Dick, dans Le Muséon, 74 (1961),
p. 109-133.
Athanasii et Cyrilli. Synax., 18 janv., n° 1 (col. 399) ; cette annonce,
ajoutée de seconde main, montre l’usage byzantin se substituant à l’usage
local.
19. Macarii Aegyptii. Synax., 19 janv., n° l*(col. 401).
20. Eutymii. S. Euthyme le Grand, mort le 20 janv. 473 : Synax., 20
janv., n° 1 (col. 405).
54
G. GARITTE
21. Maximi conf. Synax., 21 janv., n° 1 (col. 409).
22. Timothei ap. Synax., 22 janv., n° 1 (col. 411).
23. Clementis et Agathangeli. S. Clément, évêque d’Ancyre, et Agathange,
martyrs sous Dioclétien : Synax., 23 janv., n° 1 (col. 415).
24. Omnium sanctorum. Le calendrier de Jean Zosime indique qu’il s’agit
d’une fête sabaïte; il inscrit en effet au 24 janv. : Omnium in Sancto-Saba
defunctorum patrum nominum memoria (Garitte, Calendrier, p. 46 et
140). Cette fête est attestée aussi par les ménées géorgiens du Sinaï 1 et
26, qui inscrivent à la même date Omnium patrum et Omnium sanctorum
(ibid., p. 140). D’autre part, les lectionnaires géorgiens et le calendrier de
Jean Zosime marquent au 22 janv. une fête de tous les martyrs, et le cod.
S 425 de Tiflis, à la même date, une fête de tous les saints de l’Ancien et
du Nouveau Testament (Le Muséon, 74, 1961, p. 418). Ces « Toussaints »
des 22 et 24 janv. sont inconnues des Grecs.
25. Gregorii theologi. Synax., 25 janv., n° 1 (col. 421).
26. Xenophontis etc. Synax., 26 janv., n° 1 (col. 423).
27. lohannis Chr. reliquiarum. Synax.f 27 janv., n° 1 (col. 425) ; voir
Garitte, Calendrier, p. 141.
28. Ephraemi. Synax., 28 janv., n° 1 (col. 429).
29. Crucis. Le calendrier de Jean Zosime inscrit au 29 janv. : Crucis
quae apparuit de caelo Constantino régi stiper Danubium (Garitte, Calen-
drier, p. 47) ; cette même fête est mentionnée à la même date par plusieurs
livres liturgiques géorgiens (ibid., p. 144-145) ; elle est inconnue des Byzan-
tins.
Ignatii reliquiarum. Synax., 29 janv., n° 1 (col. 429).
30. Hippolyti. Synax., 30 janv., n° 1 (col. 431).
Barsimaei ep. Barsimaeos (Barsamias), évêque d’Édesse et confesseur
sous Trajan (BHO 150-151), est inscrit dans les synaxaires grecs aux 29 et
30 janv. (Synax., col. 432, n° 5; col. 434, n° 2).
Sedecim mm. Il s’agit des compagnons de martyre de S. Hippolyte;
comp. l’annonce du ms. P : TttttoXvtov.... Kat à.()Xyais tüv àytwv is paprvpwv
(Synax.f col. 431-432, lignes 55-56; Mateos, Typicon, I, p. 217).
31. Cyri et lohannis. Synax., 31 janv., n° 1 (col. 433).
FÉVRIER
1. Tryphonis. Martyr à Nicée sous Dèce : Synax., 1 févr., n° 1 (col. 437).
MENÉE GÉORGIEN
55
2. Occursus. Synax., 2 févr., n° 1 (eol. 439).
3. Symeonis et Annae. Synax., 3 févr., n° 1 (col. 439).
4. Eliae m. Damasceni. Le néo-martyr Élie de Damas, originaire d’Hélio-
polis en Phénicie, mort en 779 (BHG 578-579) ; il est inscrit au 4 févr.
dans le calendrier de Jean Zosime et dans les ménées du Sinaï 59 et 64
(Garitte, Calendrier, p. 151) ; d’après sa Passion grecque, il mourut le
1er févr.; on ne trouve pas son nom dans les synaxaires grecs.
5. Abramii Persae. Évêque d’Arbèle, martyr sous Sapor : Synax., 5 févr.,
n° 2 (col. 445).
Agathae. La martyre de Catane : Synax., 5 févr., n° 1 (col. 445).
Au 5 févr., les mss grecs H et P inscrivent, comme notre ménée, Abra-
mius et Agathe (Synax., col. 445-446; Mateos, Typicon, I, p. 226-227).
6. Iuliani. S. Julien d’Émèse, martyr sous Numérien (BHG 2210-2211) :
Synax., 6 févr., n° 2 (col. 446). Voir Garitte, Calendrier, p. 152.
Barsanuphii, lohannis, Dorothei. Barsanuphe (t vers 540), reclus au
monastère de Séridon près de Gaza, est mentionné dans divers synaxaires
(dont P) au 5 févr. (Synax., col. 448, n° 5 ; Mateos, Typicon, I, p. 227) ;
les deux autres noms sont ceux de ses disciples Jean « le Prophète » et
Dorothée de Gaza, qui ne figurent dans aucun synaxaire grec; voir Com-
ment. Martyr, rom. (Propyl. ad Acta Sanctorum Decembris), p. 135, n° 7
(11 avril) ; L. Régnault et J. de Preville, Dorothée de Gaza. Oeuvres
spirituelles (Sources chrétiennes, 92), Paris, 1963, p. 9.
7. Mille et trium mm. Les 1.003 martyrs de Nicomédie (BHG 1219-1219b)
sont inscrits dans les synaxaires grecs au 6, au 7 ou au 12 févr. (Synax.,
col. 447-448, lignes 33 ss. ; col. 459, n° 1) ; les mss H (1.000 martyrs) et
P (3 martyrs), et d’autres, les commémorent le 7 (Synax., col. 447-448,
lignes 55ss.; Mateos, Typicon, I, p. 228-229).
Parthenii. Évêque de Lampsaque sous Constantin Ier : Synax., 7 févr.,
n° 1 (col. 447).
9. Nicephori. Martyr à Antioche sous Valérien et Gallien (BHG 1331-
1334g) : Synax., 9 févr., n° 1 (col. 453).
10. Theognii. S. Théognius, disciple de S. Théodose et évêque de Bétylion
en Palestine, mort le 8 févr. 522, ne figure pas dans les synaxaires grecs;
mais il est inscrit dans le calendrier de Jean Zosime et dans plusieurs livres
liturgiques géorgiens au 7, au 8 ou au 10 févr.; voir Garitte, Calendrier,
p. 153-155.
11. Blasii. S. Biaise, évêque de Sébastée : Synax., 11 févr., n° 1 (col. 457).
12. Charalampii, au 10 févr., martyr sous Sévère : Synax., 10 févr., n° 1
56
G. GARITTE
(eol. 455). Sa Passion géorgienne (= BHG 298) porte la date du 10 févr.
dans le cod. H 341 de Tiflis (Le Muséon, 74, 1961, p. 392), celle du 11 févr.
dans le cod. 80 du Sinaï (CSCO 165, p. 248) ; le ménée de Dumbarton Oaks,
l’ayant omis au 10, l’inscrit au 12, jour pour lequel il n’avait pas d’autre
fête.
13. Aquïlae et Priscillae. Aquila et son épouse Priscille, disciples de
S. Paul (Act., xvm, 3, 18-19, 26) : Synax., 13 févr., n° 4 (col. 464).
Martiniani. Ermite de Césarée en Palestine : Synax., 13 févr., n° 1 (col.
461) ; voir Garitte, Calendrier, p. 158.
14. Auxentii. Moine en Bithynie au Ve siècle : Synax., 14 févr., n° 1
(col. 465).
Philemonis. Evêque de Gaza, martyr : Synax., 14 févr., n° 4 (col. 466).
Les mss grecs H et P ont au 14 févr. les deux mêmes annonces (Synax.,
col. 465-466, ligne 53; Mateos, Typicon, I, p. 232-233).
15. Onesimi. Synax., 15 févr., n° 1 (col. 465).
16. Pamphili etc. Martyrs de Césarée en Palestine (Eusèbe, De mart.
Pal., xi, 1-28) : Synax., 16 févr., n° 1 (col. 467).
17. Theodori. Synax., 17 févr., n° 1 (col. 469).
18. Leonis. Léon Ier le Grand (440-461) : Synax., 18 févr., n° 1 (col. 471).
Le ms. H l’inscrit au 17 févr. (Synax., eol. 469-470, ligne 59; Mateos,
Typicon, I, p. 234-235).
Agapeti. Evêque de Synaos en Mysie sous Constantin : Synax., 18 févr.,
n° 4 (eol. 473).
20. Amos, « évêque martyrisé avec d’autres en Perse sous Sapor » : il ne
peut s’agir que de S. Sahdust (en grec Sadoch, Sadouk, Sadoth), évêque
de Séleucie-Ctésiphon, mort martyr en 342 sous Sapor II (310-379) et qui
est inscrit dans les synaxaires au 20 févr. (Synax., col. 478, n° 2) ; voir
Garitte, Calendrier, p. 160-161 et 167. Nous ne voyons pas d’explication
au changement du nom; dans le synaxaire géorgien, il a la forme saduh
(cod. Sin. géorg. 4, fol. 116 v).
Archippi. Disciple de S. Paul : Synax., 20 févr., n° 1 (col. 475).
21. Zachariae. Patriarche de Jérusalem, au moment de la prise de la
Ville sainte par les Perses en 614; certains synaxaires grecs inscrivent
au 21 févr. « Zachée, archevêque de Jérusalem » (Synax., col. 481, n° 4) ;
d’autres, parmi lesquels H et P, écrivent, au lieu de « Zachée », « Zacharie »
(Synax., eol. 479-480, lignes 60 ss. ; Mateos, Typicon, I, p. 236-237) ; voir
Garitte, Calendrier, p. 146-147.
22. Anastasii conf. Il faut lire Athanasii : Il s’agit de S. Athanase de
MENÉE GÉORGIEN
57
Paulopétrion (t 826), confesseur sous Léon V l’Arménien (813-820) ;
plusieurs synaxaires lui consacrent une notice au 22 févr. (Synax., col.
483, n° 2).
Telesphori. Pape de Rome et martyr au IIe siècle; il est inscrit dans les
synaxaires grecs au 22 févr. (Synax., col. 483, n° 3).
24. lohannis Bapt. Synax., 24 févr., n° 1 (col. 485) ; voir Garitte, Calen-
drier, p. 165.
25. Tarasii. Patriarche de CP (784-806) : Synax., 25 févr., n° 1 (col. 487).
Christodzili. On ne trouve dans les synaxaires grecs aucun martyr de ce
nom au 25 févr. ni aux jours voisins. Il s’agit de S. ‘Abd al-Masïh (=
« servus Christi»), martyr à Singâr en Mésopotamie au IVe siècle; sa
Passion existe en syriaque, en arménien et en arabe (BHO 3-4; Analecta
Bollandiana, 44, 1926, p. 270-341) ; en outre, une version géorgienne, iné-
dite, se lit dans le cod. géorg. 20 (XIIe-XIIIe siècle) du Patriarcat grec de
Jérusalem (voir R. P. Blake, dans Rev. Or. Chrét., 23, 1922-1923, p. 396-
397; N. Marr, Kratkoe opisanie gruzinskih rukopisej biblioteki grëceskogo
Patriarhata v lerusalime, Tiflis, 1955, p. 37) ; elle porte dans ce ms. la date
du 25 févr., qui n’est pas attestée ailleurs (Analecta Bollandiana, 44, 1926,
p. 291-292) ; le fait que, dans le ménée de Dumbarton Oaks, le nom se
présente sous la forme gréciséc k'ristedule (— Xpiar68ovXo<s’, la Passion
géorgienne emploie la forme abdalmesia) indique que la mention de ce ménée
doit dériver d’une source grecque.
26. Procopii. Procope le Décapolite, confesseur sous Léon V (813-820),
est inscrit dans la plupart des synaxaires grecs au 27 févr. (Synax., col.
491, n° 1) ; mais le ms. P le place au 26 (Synax., col. 489-490, ligne 51 ;
Mateos, Typicon, I, p. 241).
Porphyrii. Porphyre, évêque de Gaza (t 420) : Synax., 26 févr., n° 1
(col. 489).
27. Basilii conf. Compagnon de martyre de Procope le Décapolite (supra,
26 févr.), il figure dans les synaxaires grecs au 27 ou au 28 févr. (Synax.,
27 févr., n° 1, col. 493; col. 491-492, lignes 53 ss.).
Marciani. Plusieurs synaxaires grecs inscrivent au 27 févr. un S. Marcien,
non identifiable.
Le ms. grec P commémore au 27 févr., comme notre ménée, Basile et
Marcicn (Synax., col. 491-492, ligne 53; Mateos, Typicon, I, p. 241).
28. Proterii. Protérius d’Alexandrie, massacré le 28 mars 457, est inscrit
dans les synaxaires grecs au 28 févr. (Sypax., col. 493, n° 2) ou au 22 (col.
483-484, lignes 51 ss. ; Mateos, Typicon, I, p. 237).
*
58
G. GARITTE
On voit que le calendrier suivi par le ménée géorgien corres-
pond en grande partie à celui des synaxaires grecs. Son caractère
essentiellement byzantin apparaît de façon particulièrement nette
si on le compare au calendrier de Jean Zosime (Xe siècle), dont le
fonds principal est constitué par le propre pré-byzantin de Jéru-
salem et de Saint-Sabas14. Sans doute, dans ce vieux calendrier
palestinien, l’influence byzantine se manifeste déjà, mais ce n’est
guère que sous la forme de mentions ajoutées après coup (quoique
par la première main) à la fin des notices de chaque jour. Dans
le ménée de Dumbarton Oaks, au contraire, les fêtes byzantines
ne sont plus simplement juxtaposées, en ordre subsidiaire, aux
fêtes autochtones : elles les ont supplantées en masse. A titre d’exem-
ple, nous mettons en parallèle ci-dessous les annonces du calendrier
de Jean Zosime et celles du ménée de Dumbarton Oaks pour les
dix premiers jours de décembre; dans la colonne de gauche (calen-
drier de Jean Zosime), les crochets brisés < > marquent les men-
tions ajoutées après coup par le copiste.
Cal. de Jean Zosime15 Décembre Ménée de D. O. Décembre
1. Invention des SS. Jacques, Sy- méon et Zacharie. <Nahum> (= HP). 1. S. Ananie le Perse (= HP). SS. Onésime et Solomon (= HP).
2. Dédicace au Cathisma. Ste Marie l’Egyptienne. <Habacuc>. 2. Habacue (= HP).
3. SS. Florus (?) et Laurus. SS. Paul et Julienne. Ste Barbe. <Sophonie>. 3. S. Théodore (= HP). S. Théodule (= HP). SS. Indès etc. (= HP). Sophonie (= HP).
4. A l’Anastasis, les 12 Prophè- tes. Ste Barbe. S. Jean Damascène. 4. Ste Barbe (= HP). S. Jean Damascène (= HP).
5. S. Sabas. 5. S. Sabas (= HP).
6. Au Golgotha, S. Nicolas. Ste Bassa. S. Sabas. <Abramius> (= P, 7 déc.). 6. S. Nicolas (= HP).
14 Voir Garitte, Calendrier (ci-dessus note 1).
15 Ibidem, p. 107-109, cfr p. 400-407
MENÉE GÉORGIEN
59
7. Jean de Jérusalem.
S. Nicolas.
<S. Ambroise>.
8. A l’Anastasis, SS. Aérius et
Ambroise.
S. Nicolas.
<S. Patapius>.
9. SS. Myron, Lucius, Basile.
S. Sabas.
<Ste Anne>.
<S. Jean Damascène>.
10. A l’Anastasis, Jonas.
S. Amphiloque (= HP, 12 déc.).
<S. Spyric|ion> (= HP, 12
déc.).
7. S. Ambroise (= HP).
S. Athénodore (= HP).
8. S. Jean l’Hésychaste (= HP).
S. Sbphrone de Chypre (= HP).
S. Patapius (= HP, au 9 déc.).
9. Conception de la Ste Vierge
(= HP).
10. SS. Ménas, Hermogène et
Eugraphos (= HP).
La différence, très considérable, entre le vieux sanctoral pales-
tinien et celui du ménée de Dumbarton Oaks permet de mesurer les
progrès qu’avait faits déjà au milieu du XIe siècle le mouvement de
byzantinisation du calendrier liturgique, der Siegeszug des byzan-
tinischen Festkalenders, comme dit le R.P. Engberding 16.
Le ménée de Dumbarton Oaks comprend les mois de décembre,
janvier et février, qui forment le deuxième trimestre de l’année
liturgique byzantine. Il s’écarte de l’usage des anciens documents
palestino-géorgiens, où l’année liturgique s’ouvrait par la fête de
Noël ou par les jours préparatoires à cette fête 17, ou bien commen-
çait au 1er janvier, comme c’est le cas pour le calendrier de Jean
Zosime 18. Pour notre ménée, le début de 1 ’année ne se place ni à
la Noël, ni au 1er janvier; son calendrier s’insère évidemment dans
une année liturgique commençant au 1er septembre. Cela aussi
est une marque de l’influence byzantine.
En comparant les annonces du ménée géorgien avec celles des
synaxaires grecs, nous avons eu l’occasion de constater des accords
16 H. Eng'BERDING, dans Oriens Christianus, 38 (1954), p. 82.
17 Garitte, Calendrier, p. 21-22; Kekelidze, art. cité ci-dessus note 4,
P. 20-21, 32.
18 Garitte, Calendrier, p. 21-22. Le lectionnaire géorgien de Paris marque
au 1er janv. : Anni principium; dans l’ifymnaire de Michel Modrekili, au
1er janv., est inscrite en marge la note Ibericum anni principium {Catalogue
Tiflis, S I, p. 548; voir Le Muséon, 74, 1961, p. 416; Kekelidze, art. cité
note 4, p. 32).
60
G. GARITTE
particuliers avec les manuscrits grecs H et P, deux des plus anciens
témoins du synaxaire grec (P est du IXe-Xe siècle ; H est du Xe) 19 :
accord avec P seul : 1er et 3 déc., 6 et 13 janv., 26 et 27 févr. ;
accord avec H seul : 13 janv. (m2) ; accord avec H et P seuls :
18 et 19 déc., 4 janv., 5 et 14 févr.; accord avec un groupe de
synaxaires comprenant H et P : 8, 12, 24 déc., 5, 16 janv., 7, 14 et
21 févr. On sait que plusieurs indices portent à croire que le
synaxaire-typicon de Patmos (P) est originaire de Palestine20.
Si avancée que soit la byzantinisation du calendrier attesté par
le ménée de Dumbarton Oaks, elle n’est pas totale; si ce calendrier
est fondamentalement byzantin, il conserve cependant une série
appréciable de fêtes étrangères à l’usage de l’Eglise grecque;
outre les fêtes nationales géorgiennes de S. Abo de Tiflis (7 janv.)
et de Ste Nino (14 janv.), il comporte une bonne douzaine de célé-
brations qui appartiennent au propre de Jérusalem ou qui, du
moins, sont attestées par les documents palestino-géorgiens :
14 déc., Dédicace des églises de Saint-Sabas;
16 déc., SS. Modeste et Jean, patriarches de Jérusalem;
31 déc., S. Boa;
3 janv., les SS. Patriarches de l’A.T. (synaxe au lac de Tibériade) ;
8 janv., S. Jean l’Hésychaste;
12 janv., S. Philothée;
13 janv., Octave de l’Épiphanie;
16 janv., fête de la Vierge à Choziba;
18 janv., S. Antoine Ravah (une addition de seconde main signale la
fête byzantine concurrente) ;
24 janv., fête de tous les saints;
29 janv., apparition de la Croix à Constantin;
4 févr., S. Élie de Damas;
10 févr., S. Théognius de Bétylion;
25 févr., S. Christodule ('Abd al-Masîh).
Les survivances de l’ancien usage local sont donc relativement
nombreuses dans le ménée de Dumbarton Oaks. Il serait intéres-
sant de savoir s’il en est de même dans les autres ménées de Sainte-
19 Voir Mateos, Typicon, I, p. x-xix.
20 Voir H. Delehaye, Synaxarium Ecclesiae CPanae, col. xi; Garitte,
Calendrier, p. 32; Mateos, Typicon, p. vm-ix.
MENÉE GÉORGIEN
61
Croix que K. Kekelidze21 considère comme appartenant à la même
recension : les manuscrits de Tiflis H 2336 (avril), H 2339 (juin),
et H 2337 (juillet et août) 22 et le cod. 42 de Jérusalem (mars et
mai) 23.
INDEX SANCTORUM
‘Abd al-Masïh (Christodulus), m.
Singarensis 25 febr.
Abo m. Tiphlisii 7 ian.
Abraham, Isaac, lacob dominiea
ante Nativitatem (post 23 dee.).
Abramius Persa ep. m. 5 febr.
Agapetus ep. Sÿnaensis 18 febr.
Agatha v. m. Catanae 5 febr.
Agathangelus m. eum Clemente An-
eyrano 23 ian.
Ambrosius ep. Mediolanensis 7 dec.
Amos ep. Persa m. (= Éahdust,
Sadoch) 20 febr.
Ainphilochius ep. Iconiensis 12 dee.
Ananias m. Arbelensis 1 dee.
Anastasia m. Romae 23 dec.
Anastasius 22 febr. (le g. Athana-
sius).
Anna proph. et Symeon senex 3
febr.
Antonius abb. in Thebaide 17 ian.
Antonius Ravah m. 18 ian.
Apollonius et Philemon mm. Anti-
noi 14 dee.
Aquila et Priscilla dise. Pauli ap.
13 febr.
Areadius, Xenophon, lohannes 26
ian.
Arehippus dise. Pauli ap. 20 febr.
Ares, Promus, Elias mm. Asealonae
19 dee.
Athanasius Paulopetrii conf. (cod.
Anastasius) 22 febr.
Athanasius et Cyrillus ep. Alexandr.
18 ian.
Athenodorus m. in Syria 7 dee.
Auxentius mon. in Bithynia 14 febr.
Auxentius m. Sebastiae eum Eustra-
tio cet. 13 dee.
Baptismus D. N. I. Chr. 5-8, 10, 12,
13 ian.
Barbara v. m. 4 dee.
Barsanuphius, lohannes, Dorotheus
6 febr.
Barsimaeus ep. Edessenus etc. 30
ian.
Basilius ep. Caesareae 1 ian.
Basilius eonf. eum Proeopio Deca-
polita 27 febr.
Blasius ep. Sebastiae m. 11 febr.
Boa m. 31 dee.
Callinicus m. Nieomediae eum Thyr-
so cet. 14 dee.
Catenae Pétri ap. 16 ian.
Charalampius m. 10 (12) dee.
21 Kekelidze, art. cité note 4, p. 22; cfr p. 55.
22 Ces trois mss, tous du Xle siècle, ont été emportés de Sainte-Croix de
Jérusalem en 1820 par Giorgi Avalov (Avalisvili) ; voir Catalogue Tiflis, H V,
p. 232, 233 et 235; cfr Le Muséon, 74 (1961), p. 406 (corriger, ligne 15,
« 1117 » en « 1649 »).
23 Blake, dans Revue de l’Orient Chrétien, 24 (1924), p. 206 (Tsagareli 34).
G. GARITTE
62
Christodulus (‘Abd al-Masih) m.
Singarensis 25 febr.
Cireunicisio D. N. I. Chr. 1 ian.
Clemens ep. Ancyranus et Agathan-
gelus 23 ian.
Coneeptio Deiparae 9 dee.
Crux 29 ian.
Cyrillus et Athanasius ep. Alexandr.
18 ian.
Cyrus et lohanes mm. in Aegypto
31 ian.
Daniel proph. 17 dee., dominiea
ante Nativitatem (post 23 dee.).
Daniel stylita 11 dee.
David et laeobus dominiea post Na-
tivitatem (post 26 dee.).
Deeem mm. in Creta 23 dee.
Dedicatio eeelesiarum S. Sabae 14
dee.
Deiparae Coneeptio 9 dee. — Dei-
parae memoria in Choziba 16 ian.
— Oeeursus (Hypapante) 2 febr.
Dominiea ante Epiphaniam post 4
ian. — ante Nativitatem post 23
dee. — post Nativitatem post 26
dee.
Dorotheus, Barsanuphius, lohannes
6 febr.
Eeelesiarum S. Sabae dedicatio 14
dee.
Eleutherius m. Romae 15 dee.
Elias m. Damasei 4 febr.
Elias, Promus, Ares mm. Asealonae
19 dee.
Ephraem Syrus 28 ian.
Epiphania, vide Baptismus.
Eugenia m. 24 dee., 13 ian.
Eugenius m. Sebastiae eum Eustra-
tio 13 dee.
Eugraphus, Menas et Hermogenes
mm. Alexandriae 10 dee.
Eustratius, Auxentius, Eugenius,
Mardarius et Orestes mm. Sebas-
tiae 13 dee.
Euthymius magnus abb. in eremo
lordanis 20 ian.
Euthymius ep. Sardensis 26 dee.
Eutychius etc. mm. 19 dee.
Forus ep. Amisenus 18 dee.
Gordius m. 3 ian.
Gregorius ep. Nazianzenus 25 ian.
Gregorius ep. Nyssenus 10 ian.
Habaeue proph. 2 dee.
Hermogenes, Menas, Eugraphus
mm. Alexandriae 10 dee.
Hermylus et Phocas mm. 18 dee.
Hippolytus papa Romae 30 ian.
Hypapante (Oeeursus) 2 febr.
laeob, vide Abraham.
laeobus et David dominiea post
Nativitatem (post 26 dee.).
lesus Christus vide Baptismus (Epi-
phania), Cireumeisio, Crux, Hy-
papante (Oeeursus), Nativitas.
Ignatius ep. Antioehenus m. 20 dec.
— reliquiarum translatio 29 ian.
Indes etc. mm. Nieomediae 3 dee.
Innocentes pueri 29 dee.
lohannis Baptistae eapitis inventio
24 febr.
lohannes pauper Calybita 15 ian.
lohannis Chrysostomi reliquiarum
translatio 27 ian.
lohannes Damaseenus 4 dec.
lohannes Hesyehasta ep. 8 dee., 8
ian.
lohannes, Areadius, filii Xenophon-
tis 26 ian.
lohannes, Barsanuphius, Dorotheus
6 febr.
MENEE GEORGIEN
lohannes et Cyrus mm. in Aegypto
31 ian.
lohannes et Modestus ep. Hieros.
16 dee.
Isaae, vide Abraham.
Iuliana v. ni. Nieomediae 21 dee.
Iulianus m. Emesenus 6 febr.
Léo I papa Romae 18 febr.
Leueius m. Nieomediae eum Thyrso
eet. 14 dee.
Maearius abb. Aegyptius 19 ian.
Malaehias proph. 3 ian.
Mareianus 27 febr.
Mardarius m. Sebastiae eum Eustra-
tio eet. 13 dee.
Maria mater lesu, vide Deipara.
Martinianus anaehoreta Caesareae
in Pal. 13 febr.
Martyres X in Creta 23 dee.
Martyres MIII Nieomediae 7 febr.
Maura eum Timotheo 19 dee.
Maximus eonf. 21 ian.
Menas, Hermogenes, Eugraphus mm.
Alexandriae 10 dee.
Modestus et lohannes ep. Hieros.
16 dee.
Nativitas D. N. I. Chr. 25 dee., 26
dee.; — vigilia 24 dee.
Nieephorus m. Antioehiae 9 febr.
Nieolaus ep. Myrensis 6 dee.
Nino apostola Hiberiae 14 ian.
Occursus (Hypapante) 2 febr.
Oetava Epiphaniae 13 febr.
Omnes saneti 24 ian.
Onesimus dise. Pauli ap. 15 febr.
Onesimus (Onesiphorus) et Solomo
ep. Ephesii 1 dee.
Orestes m. Sebastiae eum Eustratio
eet. 13 dee.
63
Pamphilus eet. mm. Caesareae in
Pal. 16 febr.
Pansophius m. Alexandriae 16 ian.
Parthenius ep. Lampsacensis 7 febr.
Patapius anaehoreta CP 8 dee.
Patres Sinaitae et Rhaithenses 13
ian., 14 ian.
Patriarehae 3 ian.
Patriarchae omnes dominiea ante
Nativitatem (post 23 dee.).
Paulus abb. Thebaeus 5 ian., 15 ian.
Pétri ap. eatenae 16 ian.
Petrus et lohannes ap. 16 ian.
Philemon ep. Gazaeus 14 febr.
Philemon et Apollonius mm. Antinoi
14 dee.
Philotheus etc. mm. Antioehiae 12
ian.
Phoeas et Hermylus mm. 18 dee.
Polyeuetus m. Melitinae 9 ian.
Polyeuetus, Timotheus, Maura mm.
19 dee.
Porphyrius ep. Gazaeus 26 febr.
Priseilla et Aquila dise. Pauli ap.
13 febr.
Procopius Deeapolita eonf. 26 febr.
Promus, Ares, Elias mm. Asealonae
19 dee.
Proterius patr. Alexandr. 28 febr.
Pueri innocentes 29 dee.
Pueri très Babylone 17 dee., domini-
ea ante Nativitatem (post 23 dee.).
Rhaithenses et Sinaitae Patres 13
ian., 14 ian.
Sabas, abb. in Palaestina 5 dee.
Sabae ecclesiarum dedieatio 14 dee.
Sadoeh ep. Persa m. (cod. Amos) 20
fefyr.
éahdust, vide Amos.
Saneti omnes 24 ian.
Silvester papa Romae 2 ian.
5
64
G. GARITTE
Sinaitae et Rhaithenses Patres 13
ian., 14 ian.
Sophonias proph. 3 dee.
Sophronius ep. Constantiae in Cypro
8 dee.
Spyridon ep. Trimithuntis in Cypro
12 dee.
Stephanus protomartyr 27 dee.
Syineon senex et Anna proph. 3
febr.
Syneletiea v. Alexandriae 4 ian.
Tarasius patr. CP 25 febr.
Telesphorus papa Romae 22 ian.
Theagenes m. Parii 3 ian.
Themistoeles m. in Lyeia 21 dee.
Theoetistus thaumaturgus 4 ian.
Theodorus ep. Alexandr. 3 dee.
Theodorus tiro m. 17 febr.
Theodosius eoenobiareha in Pal. 11
ian.
Theodulus Cyprins 3 dee.
Theognius ep. Beteliae 10 febr.
Theonas et Theopemptus mm. Nieo-
mediae 4 ian.
Theopemptus, vide Theonas.
Thyrsus, Leueius, Callinieus etc. mm.
Nieomediae 14 dee.
Timotheus ap. 22 ian.
Timotheus, Maura, Polyeuetus mm.
19 dee.
Très pueri Babylone 17 dee., domini-
ea ante Nativitatem (post 23 dee.).
Tryphon m. Nieaeae 1 febr.
Vigilia Nativitatis 24 dee.
Xenophon, Areadius, lohannes 26
ian.
Zaeharias ep. Hieros. 21 febr.
Zosimus m. Anazarbi 4 ian.
Louvain,
9, Avenue des Hêtres.
Gérard Garitte.
UNE VERSION GÉORGIENNE INÉDITE
DE LA LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
L’ancienne version géorgienne de Chr.1 n’était connue jusqu’ici
que par l’édition qu’en fit M. Tarchnisvili en 19502; cette édition
reproduit un manuscrit unique, le cod. géorgien 5 de l’Université
de Gratz3, rouleau de parchemin provenant du monastère Sainte-
Catherine au Sinaï4. Pour M. Tarchnisvili, le manuscrit de Gratz
est du Xe-XIe siècle5; mais ce type d’écriture ne se rencontre dans
aucun des manuscrits du Xe ou du XIe siècle reproduits dans
l’album de paléographie géorgienne de M. I. Abuladze6; le premier
manuscrit daté, dont l’écriture puisse être rapprochée de celle du
rouleau de Gratz, est le cod. H1661 de Tiflis, copié en 1156 au
1 Pour désigner les différentes Liturgies, nous employons les abréviations
suivantes: Chr. = Liturgie de saint Jean Chrysostome; Bas. — Liturgie de
saint Basile; Jae. = Liturgie de saint Jacques; Prés. — Liturgie des Présanc-
tifiés.
2 M. Tarchnisvili, Liturgiae ïbericae antiquiores (CSCO 122, Iber. 1, Textus),
Louvain, 1950, p. 64-83; traduction latine : Idem, Liturgiae ïbericae anti-
quiores (CSCO 123, Iber. 2, Versio), Louvain, 1950, p. 48-63; traduction
allemande : Idem, Die georgische Übersetzung der Liturgie des hl. Joli. Chryso-
stoinus nach einem Pergament-Rotulus aus dem X./Xl. Jahrliundert, dans
Jahrbuch für Liturgiewissenschaft, 14 (1938), p. 79-94 (avec introduction et
notes; traduction des prières incomplète).
3 Pour une description de ce ms., voir A. Sanidze, K'art'uli xelnacerebi
Grac'si, dans Tp'ïlisis Universitetis Moambe, 9 (1929), p. 348-349 (le début
du rouleau y est reproduit p. 348) et Tarchnisvili, Georgische Übersetzung,
p. 80-81.
4 II est encore décrit dans le catalogue de Tsagareli sous le n° 29; voir
A. Tsagareli, Katalog gruzinskih rukopisej Sinajskogo monastyrja, appendice
H à A. Tsagareli, Pamjatnïki gruzinskoj stariny v Svatoj Zemlje i na
Sinaje (Pravosl. Palestin. Sbornik, IV, 1), Saint-Pétersbourg, 1888, p. 209.
5 Tarchnisvili, Georgische Übersetzung, p. 81-83; M. Tarchnisvili tire son
principal argument de la troisième addition marginale du ms., Gott erbarme
sich der Seele des Johannes, où il voit une allusion au célèbre copiste sinaïte
Jean Zosime, mort à la fin du Xe siècle.
c I. Abuladze, K'art'uli ceris nimuSebi. Paleograp'iuli albomi, Tiflis, 1949.
65
66
A. JACOB
monastère de Sainte-Croix à Jérusalem7; le cod. A 65 de Tiflis, daté
de 1210, est également du même type8; le cod. géorgien 5 de Gratz
n’est donc certainement pas antérieur au XIIe siècle; il lui est
même probablement postérieur 9. La version de Chr. contenue dans
ce manuscrit ne diffère pratiquement pas, du moins pour ce qui
concerne les prières, du texte actuellement en usage dans l’Eglise
géorgienne10.
I. — DESCRIPTION DU MANUSCRIT
Le cod. géorgien 89 du Sinaï11 est un petit volume formé de 93
feuillets de papier mesurant 145 X 100 mm. Le texte y est écrit à
pleine page, à raison de 16 à 18 lignes en moyenne par page. L’écri-
ture, une petite minuscule très régulière et légèrement penchée vers
la droite, est caractéristique du XIe siècle. Les rubriques, écrites
tantôt en majuscules tantôt en minuscules, sont en vermillon, de
même que bon nombre d’initiales.
Au début, 2 feuillets de garde, l’un en bohairique, l’autre en arabe. Les
cahiers sont signés en majuscules vermillon au milieu de la marge supérieure
du premier recto et de la marge inférieure du dernier verso. Les quaternions
sont normaux, sauf le 1er (fol. 1-7 : le 1er feuillet manque, mais il était sans
doute blanc), jusqu’au quaternion 6 (fol. 40-45 : 6 feuillets = 4+2,
2 onglets entre 45 et 46). Les signatures 7 et suivantes sont en noir. Le
cahier 9 finit au fol. 69. Fol. 70 r-v est blanc. Le cahier 11 comprend les
fol. 70-77, quoique la signature ne soit qu’au fol. 71 r. Au fol. 77 v, se trouve
la signature 12 (c’est donc la signature du cahier suivant ou une erreur).
Le cahier 12 comprend les fol. 78-85, le cahier 13 les fol. 86-93 (5 + 3).
7 Abuladze, Albomi, planches 90 et 91, p. 181 et 183.
s Abuladze, Albomi, planche 92, p. 185.
9 M. G. Garitte le place au XlIIe siècle, avec un point d’interrogation;
voir G. Garitte, Catalogue des manuscrits géorgiens littéraires du Mont Sinaï
(CfeCO 165, Subs. 9), Louvain, 1956, p. 8.
19 Voir Tarchnisvili, Georgische Vbersetzung, p. 83. Nous avons pu nous-
inême vérifier le fait grâce à un kondaki ou missel géorgien (Édition de
Moscou, 1856), mis aimablement à notre disposition par le R.P. Melia, curé
de la paroisse géorgienne de Paris.
il Description dans N. Ja. Marr, Opisanie gruzinskih rukopisej Sinajskogo
monastyrja, Moscou et Léningrad, 1940, p. 250-251. Il porte le n° 33 dans
Tsagareli, Katalog Sinajskogo monastyrja, p. 211.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
67
Fol. 87 r-v est blanc. Les fol. 91-93 sont diminués aux marges, mais le texte
est intact12.
Aux fol. 45 v et 69 v, deux colophons nous livrent de précieux
renseignements sur la provenance du manuscrit13.
Fol. 45 v, 1. 1-12 :
çpoçp'j&ùû *8(3)6500 j(6ob(®))3 : : j(o)9ob ^7063042. ^(8o)-
çoo|36o : ^(0)60555060 :• 55500Q30 3(0)300 | 4 (3005030555060. 6(^303(0)636 003b
I 5 ^(60500)600 8(0)8(0)600 : j(6ob£>)3 *8(30^30555)3 9ù9-{9}-(ù)û I 6 0003063
0(83)6 : I 7 363 ^^(3)1350300 : (sic) boy^ôéo|83ç^6oo 6(0083)555 ^360 500
3(0)6g>(3)&(ù)û | 9 ^(80)50060* 2)060555060- çoo ^(80)50060 | 10 0003(0)63 :
ca^(6)oo3o6obô£> : | 11 j(o)9ob ^70630000^2. 36000 066 | 12 3(0033)5550
^7360 500 3ù)63(3)2>(o)û :
Gloria tïbi, Christe. Perfec\2ta-est liturgia sawc|afi Basilii. Orationem
facite | 4 propter peccatorem Stephanum, | 5 saneti patres. Christe, miserere
patris | 6 lohannis, amen. | 7 Hoc scitote, dïlec\8ti, quod ordo et dispositio
| 9 saneti Basilii et saneti | 10 lohannis Chrysostomi | 11 liturgiarum unus
est | 12 tôt us ordo et dispositio.
Fol. 69 v, 1. 3-12.
t 50(0503)^(0)^. *8(3)6500 ^(606^)3 500366^35550 ^(9oçoo)û | 4 j(o)9ob
Ç’ot^gdû 0003(0)63 ooj6oo|53o6ob(ù)û 3ûC?o<nô <3(600)50 (3005030555060
•| 000 | 6 65*7(3)03(0)63 5030555060^2000 55500(330 3(0)300 ^7(80500)600 | 7 8060600
çoo £)(j2>(o)çp 66633060 500 çool^ç^j&obù 003b *83650002)0 3(0)300 50(63600-
9o)6 çoo^o^^oob J(<4>obç^))3 *8(30^30555)3 6^7303(0)63 3(3)6033 60063
I 10 6360006 ^(ù) 2)6(03555) : çoo 36^)663 336606006 | 11 6(0)035553(0)60
^7(80)50060 çoo 3(0035500)50 50050(3)^(555060) | 12 çn(86)ooo68'8oo&35550-
b(o)6o.
t Gloria tïbi, Christe. Perfecta-est sancta | 4 liturgia saneti lohannis
Chryso\5stomi manu valde peccatoris •{ lo } | 6 Stephani Dvali. Orationem
facite, saneti | 7 patres, et propter insipientem exarationem et de\8fectum
veniam facite. Deus | 9 vos-contentos-faciat. Christe, miserere Stephani,
Cyriaci, Moysis, | 10 Symeonis, Gabrielis. Et scripsi in-Gethsemani | 11 ad-
sepzïlchrum sanetae et omnino glorificatae | 12 Deiparae.
12 Ces renseignements sur l’état matériel*du codex nous ont été obligeam-
ment communiqués par M. G. Garitte, qui a étudié le manuscrit sur place
le 23 mars 1950.
13 Texte dans Marr, Opisanie, p. 251.
68
A. JACOB
Il ressort du deuxième colophon que le manuscrit a été copié à
Jérusalem par Étienne Dvali (Step'ane Dvali). D’autres copistes
géorgiens ont porté ce nom; le cod. géorgien 14 de Jérusalem14,
daté de 1055, a été écrit par Jean Dvali (lovane Dvali), aidé de
son fils Michel (Mik'eli)15 16 ; Jean Dvali est aussi le copiste du ménée
géorgien de Dumbarton Oaks10. Il n’est pas impossible que le pre-
mier colophon du Sinaï 89 fasse allusion à ce Jean Dvali, lorsqu’il
dit : Christe, miserere patris lohannis, amen. Cette hypothèse est
d’autant plus plausible que, dans le deuxième colophon, Étienne
Dvali a commencé par écrire les deux premières lettres de Jean
(lo) avant son propre prénom.
Le manuscrit contient les pièces suivantes :
1. Fol. 1 r - 45 r :
ej(ô)9ob ^(o)(^3ôû ^(9o)çpobo b(ô)boç*>o 9ooo3ô(<o3bobjooi3ooib(o)b(ô)n.
Liturgia saneti Basilii archiepiscopi.
La version géorgienne ancienne de Bas. est inédite. Une comparaison som-
maire du texte du Sin. géorgien 89 avec celui de l’édition imprimée (Moscou,
1856 : voir ci-dessus, note 10) montre qu’il s’agit de deux recensions diffé-
rentes. A notre connaissance, il n’existe qu’un autre ms. ancien de Bas.
en géorgien, le cod. H 531 de Tiflis, datant du XIe siècle et formé de 49
feuillets de parchemin mesurant 123 X 90 mm. (Catal. Tiflis H, II, p. 15 :
pour le titre complet des catalogues de Tiflis, voir G. Garitte, Les récents
catalogues des manuscrits géorgiens de Tiflis, dans Le Muséon, 74, 1961,
p. 387-422). Sur ce ms. de Bas., voir également K. Kekelidze, Drevne-
gruzinskih Arhieratikon. Gruzinskij tekst, Tiflis, 1912, p. xi, note 1 et
M. Tarchnisvili, Geschichte der kirchlichen georgischen Literatur (Studi e
testi, 185), Vatican, 1955, p. 168-169.
2. Fol. 46 r - 69 v, 1. 2 :
jj(ù)9ob ^(o)<^3ôn. 00013(0)63 ooij^ooi3(o)^obdû.
Liturgia saneti lohannis Chrysostomi.
14 Description dans R.P. Blake, Catalogue des manuscrits géorgiens de la
Bibliothèque Patriarcale grecque à Jérusalem, dans Revue de l’Orient Chrétien,
23 (1922-1923), p. 380-385 et dans A. Tsagareli, Katalog gruzinskih rukopisej
monastyrja sv. Kresta, bliz lerusalima, appendice I à Tsagareli, Pamjatniki
(cfr ci-dessus, note 4), p. 172-174 (n° 105 de ce catalogue).
15 Voir le colophon dans Tsagareli, Katalog monastyrja sv. Kresta, p. 173.
16 Voir ci-dessus l’article de M. Garitte, p. 33.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
69
Mis à part le Sin. géorgien 89 et le Gratz géorgien 5, édité par M. Tarch-
nisvili (voir ci-dessus, note 2), les mss de la version géorgienne de Chr. sont
relativement récents. Voici, à titre documentaire, une liste de mss de Chr.
antérieurs au XVIe siècle :
1) Tiflis A 1292, 45 feuillets de papier, 160 X 100 mm., du XIVe-XVe
siècle (Catal. Tiflis A, IV, p. 368-369).
2) Tiflis H 191, rouleau de parchemin, 2,14 X 0,185 m., du XIVe-XVe
siècle (Catal. Tiflis H, I, p. 132).
3) Tiflis H 1411, rouleau de parchemin, 0,63 X 0,175 m., du XIVe-XVe
siècle (Catal. Tiflis H, III, p. 352).
4) Tiflis H 1451, 35 feuillets de papier, 120 X 85 mm., du XIVe-XVe
siècle (Catal. Tiflis H, III, p. 381).
5) Tiflis H 1900, 2 feuillets de parchemin, du XIVe-XVe siècle (Catal.
Tiflis H, IV, p. 266).
6) Tiflis H 1446, 12 feuillets de parchemin, 120 X 106 mm., du XIVe-
XVIIe siècle (Catal. Tiflis H, III, p. 379).
7) Tiflis H 510, rouleau de parchemin, 3,30 X 0,207 m., du XVe siècle
(Catal. Tiflis H, II, p. 7-8).
8) Tiflis H 519, rouleau de parchemin, 0,95 X 0,185 m., du XVe siècle
(Catal. Tiflis H, II, p. 11).
9) Tiflis H 532, 66 feuillets de parchemin, 95 X 80 mm., du XVe siècle
(Catal. Tiflis H, II, p. 15).
10) Tiflis H1327, rouleau de parchemin, 0,935 X 0,23 m., du XVe siècle
(Catal. Tiflis H, III, p. 268).
11) Tiflis H 1447, rouleau de parchemin, 3 fragments de 1,05 X 0,14 m.,
du XVe siècle (Catal. Tiflis H, III, p. 379-380).
12) Tiflis H 2089, rouleau de parchemin, 0,27 X 0,175 m., du XVe siècle
(Catal. Tiflis H, V, p. 56).
13) Tiflis Q 189 (13e pièce), 2 feuillets de parchemin, 145 X 100 mm., du
XVe siècle (Catal. Tiflis Q, I, p. 208).
14) Tubingue, Universitatsbibl. (anc. Preuss. Staatsbibl. de Berlin), ms.
or. fol. 926, I, rouleau de parchemin, 1,58 X 0,215 m., du XVe siècle (J.
Assfalg, Verzeichnis der orientalischen Handschriften in Deutschland.
III. Georgische Handschriften, Wiesbaden, 1963, n° 3, I, p. 3-4; pl. en
couleurs non numérotée au début du volume).
15) Tubingue, Universitatsbibl. (anc. Preuss. Staatsbibl. de Berlin), ms.
or. fol. 926, II, rouleau de parchemin, 1,51 X 0,23 m., du XVe siècle
(Assfalg, Verzeichnis, n° 3, II, p. 4-5; pl. XII, reprod. 12a).
16) Tubingue, Universitatsbibl. (anc. Preuss. Staatsbibl. de Berlin), ms.
°r- fol. 926, III, rouleau de parchemin,« 1,45 X 0,22 m., du XVe siècle
(Assfalg, Verzeichnis, n° 3, III, p. 5-6; pl. XI, reprod. lia).
17) Tubingue, Universitatsbibl. (anc. Preuss. Staatsbibl. de Berlin), ms.
or. fol. 926, IV, rouleau de parchemin en 2 parties, 2,15 X 0,19 m. et
70
A. JACOB
1,43 X 0,19 m., 2 colonnes, du XVe siècle (Assfalg, Verzeichnis, n° 3, IV,
p. 6-7; pl. XI, reprod. 11b).
18) Marbourg, Westd. Bibl. (anc. Preuss. Staatsbibl. de Berlin), ms. or.
fol. 573, rouleau de parchemin, 1,78 X 0,15 m., du XVe-XVIe siècle (Assfalg,
Verzeichnis, n° 2, p. 2-3; pl. XII, reprod. 12b).
19) Tiflis H 1060, rouleau de parchemin, 2,20 X 0,195 m., du XVe-XVIe
siècle (Catal. Tiflis H, III, p. 56).
20) Tiflis H1438, 45 feuillets de parchemin, 120 X 85 mm., du XVe-
XVIe siècle (Catal. Tiflis H, III, p. 374).
21) Tiflis H 1699 (2e pièce), 1 feuillet de papier, 70 X 140 mm., du XVe-
XVIe siècle (Catal. Tiflis H, IV, p. 126).
22) Tiflis H 1814 (3e pièce), 4 feuillets de parchemin, 140 X 105 mm.,
du XVe-XVIe siècle (Catal. Tiflis H, IV, p. 227).
23) Tiflis H 1827, 16 feuillets de papier, 130 X 100 mm., du XV®-XVIe
siècle (Catal. Tiflis H, IV, p. 233).
24) Tiflis H 1852, rouleau de parchemin, 0,70 X 0,18 m., du XVe-XVIe
siècle (Catal. Tiflis H, IV, p. 243).
25) Tiflis H1859, 1 feuillet de papier, 170 X 140 mm., du XVe-XVIe
siècle (Catal. Tiflis H, IV, p. 246).
26) Tiflis H 3194, 1 feuillet de papier, 140 X 95 mm., du XVe-XVIe
siècle (Catal. Tiflis H, VI, p. 448).
27) Tiflis H 536, 6 feuillets de parchemin 120 X 95 mm., du XVe-XVIIe
siècle (Catal. Tiflis H, II, p. 19).
3. Fol. 71 r-86v :
jj(ô)3ob ^(o)<^2(ô)û 9(ô)(^)b2ôcnô ^(3o)çoobô
&(ô)boç«obo.
Liturgia ieiuniorum, renovatio; sermo saneti Basilii.
C’est la traduction géorgienne de Prés, byzantine (J. Goar, Et’^oXoytov
sive Rituale Graecorum, 2e éd., Venise, 1730, p. 162-168). M. Tarchnisvili
en a édité un fragment d’après le Borgia géorgien 7 (XIIIe-XIVe siècle),
fol. 33 r - 35 v, de la Bibl. Vatieane (Tarchnisvili, Liturgiae ibericae, I,
p. 102-105; trad. latine : Idem, Liturgiae ibericae, II, p. 78-80).
4. Fol. 88 r - 93 v :
^7£)bo boÇ’Soçpobô g)(ô)5ôbç*>(Q)2>(o)b(ô) û Ç’Soçoobô 3oTtQo^çv>obô oôjoTt-
àobo.
Ordo sanetificatorum renovationis saneti apostoli lacobi.
Cette forme de Prés., différente de la recension byzantine, a été éditée
par M. Tarchnisvili d’après le cod. géorgien 4 de Gratz, fol. 96 r -110 v
(Tarchnisvili, Liturgiae ibericae, I, p. 93-101; traduction latine : Idem,
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
71
Liturgiae ïbericae, II, p. 71-77). Cet important ms. du Xe siècle contient
aussi, avant Prés., Jae., écrite de la main de Jean Zosime en 985 (pour plus
de détails sur ce ms., voir M. Tarchnisvili, Eine neue georgische Jakobos-
Uturgie, dans Ephemerides liturgicae, 62, 1948, p. 49-82). Sur les caractères
de la recension géorgienne de Prés., voir M. Tarchnisvili, Die Missa prae-
sanctificatorum und ihre Feier am Karfreitag nach georgischen Quellen,
dans Archiv für Liturgieivissenschaft, 2 (1952), p. 75-80.
Outre le Gratz géorgien 4 et le Sin. géorgien 89, il faut encore signaler
deux autres témoins de cette Liturgie :
1) Sinaï géorgien 12, 301 feuillets de parchemin, 192 X 152 mm., du
Xe-XIe siècle (I. Dzavachisvili, Opisanie gruzinskïh rukopisej Sinajskogo
monastyrja, Tiflis, 1947, p. 31-32). Prés. (fol. 7 v, 1. 8 -11 r, 1. 7) est précé-
dée de la fin de Jac. (= Tarchnisvili, Liturgiae ïbericae, I, p. 23, 1. 28).
2) Sinaï géorgien 54, 184 feuillets de parchemin, 160 X 140 mm., du Xe
siècle (Marr, Opisanie, p. 83-90). Prés. (fol. 10 v, 1. 5 -13 v, 1. 13) est précé-
dée de la fin de Jac. (= Tarchnisvili, Liturgiae ïbericae, I, p. 23, 1. 1) et
non, comme le dit Marr, d’un rituel de prothèse! (cfr Marr, Opisanie, p. 84).
Le texte géorgien se caractérise par de nombreux emprunts à Jac. (voir
Tarchnisvili, Missa praesanctificatorum, p. 76-77). Il est donc normal que
le nom de l’apôtre Jacques ne soit pas répété dans le titre de Prés., lorsque
cette dernière est précédée de Jac. (Gratz géorgien 4, Sin. géorgiens 12 et
54). Elle est, par contre, attribuée à saint Jacques, lorsqu’il est nécessaire
de la distinguer de son équivalent byzantin (Sin. géorgien 89). Sur l’origine
de cette Liturgie, voici ce que dit M. Tarchnisvili : « Diese Liturgie stammt
aus der georgischen Diaspora. Sie ist in griechisch-byzantinischer Umwelt
entstanden. Kann man da den Gedanken gelten lassen, es handle sich um
eine rein georgische Einzelerscheinung, die mit der kirchlichen Praxis ihrer
Umwelt nicht das mindeste zu tun habe? Ich halte das nicht für gut moglich,
obgleich aile auf uns gekommenen griechischen Texte der Praesanktifikaten-
messe niehts Derartiges zu bieten scheinen » (Tarchnisvili, Missa praesanc-
tificatorum, p. 77). Le témoignage de nos 4 mss permet de désigner sans
hésitation la région ecclésiastique, où s’est développée cette forme originale
de Prés. : il s’agit du patriarcat de Jérusalem, dont tous les témoins sont
originaires. S’il semble bien qu’aucun ms. grec de ce type n’ait été signalé
jusqu’à présent, il faut toutefois attirer l’attention sur le Sinaï grec 1040,
SiaKovtKÔv datant vraisemblablement du XIVe siècle (cfr V. Gardthausen,
Catalogus codicum graecorum Sinaiticorum, Oxford, 1886, p. 219), mais
remontant à un original du XIIe siècle, comme le montrent les diptyques
de Chr., où Manuel Ier Comnène (1143-1180) apparaît comme l’empereur
régnant. Le Sinaï grec 1040 a été étudié et publié en partie par Dmitrievski
(A. Dmitrievski, Opisanie liturgiceskih rukopisej hranjascihsja v biblio-
tekah pravoslavnago Vostoka. II. Ev^oXo-yia, Kiev, 190], p. 127-135; A.
Strittmatter, Notes on the Byzantine Synapte, dans Traditio, 10, 1954,
72
A. JACOB
p. 65-66, note 3, donne d’intéressants renseignements sur le ms. et notamment
sur les extraits publiés par Dmitrievski dans son ouvrage sur la Semaine
Sainte à Jérusalem, paru à Kazan en 1894, et que nous n’avons pas pu nous
procurer). Voici le contenu de ce précieux codex, constitué de 77 feuillets
de papier :
a) fol. 1 r : StaKoviKa de Jac. (voir Dmitrievski, p. 128 ; texte des dipty-
ques dans F. E. Brightman, Liturgies Eastern and Western. I. Eastern
Liturgies, Oxford, 1896, p. 501-503).
b) fol. 19 r : StaKOvixà tt/s TrpogyiaayjuévTjs Xarovpyias rov àytov ’laicwfiov
(texte dans Dmitrievski, p. 128-133 et dans Brightman, p. 494-501).
e) fol. 32 r : StaKovucâ de Chr. (texte dans Dmitrievski, p. 133-134). Au
début, remarque concernant la célébration de Bas.
d) fol. 52 V : StaKOviKa r^s TrpoT/yiaayxcwjç Oetas Atiroupyias tou ayiov
Baa-iXeiov (Dmitrievski, p. 134-135).
Il contient donc, Jac, mise à part, les mêmes pièces que le Sinaï géorgien
89 et les deux Prés, y sont attribuées aux mêmes Jacques et Basile. En outre,
les deux mss sont sensiblement de la même époque (XIe et XIIe siècles).
Il est logique de penser, en conséquence, que les 8iaKovtKa de Prés, de
Jacques, placés à la suite de ceux de Jac., se réfèrent à une Liturgie du
même type que celle que les mss géorgiens nous ont conservée intégralement.
II. — PLACE DE LA VERSION GÉORGIENNE
PAR RAPPORT À LA TRADITION MANUSCRITE GRECQUE
Dans le Sinaï géorgien 89, Bas. précède Chr. Cette disposition
n’est autre que celle des plus anciens euchologes grecs. Les histo-
riens de la liturgie byzantine ont attiré depuis longtemps l’atten-
tion sur ce point17 et le P. A. Strittmatter a dressé une liste de
17 manuscrits grecs, où Bas. est suivie de Chr.18. La plupart d ’entre
eux étant fréquemment cités dans la suite de notre exposé, nous
nous permettons de reprendre ici la liste établie par le P. Stritt-
matter, en y ajoutant 6 nouveaux témoins grecs (n°8 10, 14, 16,
19, 22 et 23) et en y intercalant la version latine du Paris Nouv.
acq. lat. 1791 (n° 11) et la version géorgienne du Sinaï 89 (n° 5).
17 Voir P. de Meester, Les origines et les développements du texte grec
de la liturgie de S. Jean Chrysostome, dans XpuCToaro/jUKa. Studi e ricerche
intorno a S. Giovanni Crisostomo a cura del comitato per il XV° centenario
délia sua morte, Rome, 1908, p. 275-276 et I. M. Hanssens, Institutiones
liturgicae de ritïbus orientalïbus, III, Rome, 1932, p. 574.
18 A. Strittmatter, « Missa Grecorum ». « Missa Saneti lohannis Criso-
stomi ». The Oldest Latin Version Known of the Byzantine Liturgies of
St. Basil and St. John Chrysostom, dans Traditio, 1 (1943), p. 81-82, note 5.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
73
1) Barberini grec 336 (VIIIe siècle) 19.
2) Léningrad grec 226 (Xe siècle) 20.
3) Sevastianov 474 (Xe-XIe siècle) 21.
4) Grottaferrata T. /?. IV (XIe siècle) 22.
5) Sinaï géorgien 89 (XIe siècle).
6) Sinaï grec 958 (XIe siècle) 23.
7) Sinaï grec 959 (XIe siècle) 24.
8) Sinaï grec 961 (XIe-XIIe siècle) 25.
9) Sinaï grec 962 (XIe-XIIe siècle) 26.
10) Paris grec 347 (XIIe siècle) 27.
11) Paris Nouv. acq. lat. 1791 (XIIe siècle) 28.
12) Vatican grec 1970 (XIIe siècle) 29.
13) Sinaï grec 1036 (XIIe-XIIIe siècle) 30.
14) Berlin grec 347 (XIIIe siècle) 31.
19 Description complète, pièce par pièce, avec références aux différentes
éditions, par A. Strittmatter, The « Barberinum S. Marci » of Jacques Goar,
dans Ephemerides Uturgicae, 47 (1933), p. 329-367.
20 Kratkij obzor sobranija rukopisej prinadlezavsago preosvjascennomu
episkopu Porfiriju, a nynje hranjascagosja v Imperatorskoj Publicnoj Biblio-
tekje, Saint-Pétersbourg, 1885, p. 75-78. Sur les extraits de ce ms. publiés
par les liturgistes russes Krasnoseltsev, Orlov et Almazov, voir A. Strittmatter,
Byzantine Synapte, p. 66-67, note 7. L’aspect général de l’écriture du Léningr.
gr. 226 trahit une origine italo-grecque.
21 A. Viktorov, Moskovskij Publicnyj i Rumjancevskij Muzej. Sobranie
rukopisej P. 1. Sevastjanova, Moscou, 1881, p. 5-7; N. KrasnoseltseIv,
Svjedjcnija o njekotoryh liturgiceskih rukopisjah Vatikanskoj Biblioteki, Kazan,
1885, p. 209-210 (Éd. de Bas., Chr. et Prés., p. 237-282).
22 A. Rocchi, Codices Cryptenses seu Abbatiae Cryptae Ferratae in Tuscu-
lano, digesti et illustrati..., Grottaferrata, 1883, p. 251-253.
23 Dmitrievski, p. 19-39. Gardthausen (Catalogue, p. 205) date ce ms. du
Xe siècle sans tenir compte du caractère artificiel et archaïsant de l'écriture.
24 Dmitrievski, p. 42-64.
25 Dmitrievski, p. 75-83.
20 Dmitrievski, p. 64-75.
27 H. Omont, Inventaire sommaire des manuscrits grecs de la Bibliothèque
Nationale et des autres bibliothèques de Paris et des Départements, I, Paris,
1886, p. 35.
28 Étude et édition de A. Strittmatter, Missa Grecorum, p. 79-137.
29 Voir l’article fondamental de G. Mercati, L’eucologio di S. Maria dei
Patire con un frammento di anafora greca inedita, dans Revue Bénédictine,
46 (1934), p. 224-240 (— Opéré minori, IV, Studi e testi, 79, p. 469-486).
30 Dmitrievski, p. 146-152. •
31 C. de Boor, Die Handschriften-Verzeichnisse der Koniglichen Bibliothek
zu Berlin. XI. Verzeichnis der griechischen Handschriften, II, Berlin, 1897,
P- 193-194. Ce ms. est originaire du Sinaï et sans doute du même type que
74
A. JACOB
15) Ottoboni grec 434 (XIIIe siècle) 32.
16) Paris grec 324 (XIIIe siècle) 33.
17) Grottaferrata T. fl. XII (XIVe siècle) 34.
18) Moscou 261 (XIVe siècle) 35.
19) Patmos 721 (XIVe siècle) 36.
20) Panteleimon 17 (daté de 1409) 37.
21) Lavra I. 103 (daté de 1421) 38.
22) Athènes, ’E0v. Bt/3X. 661 (XVe siècle) 39.
23) Athènes, ’E0v. BiflX. 685 (XVe siècle) 40.
24) Sinaï grec 972 (XVe siècle) 41.
25) Lavra A. 154 (XVIe siècle) 42.
Le fait que Chr. soit placée après Bas. dans un euchologe, ne
prend sa pleine signification que lorsque le formulaire de Chr.,
incomplet, y dépend de Bas. pour certaines prières. Si Chr. possède
les Sin gr. 958, 959, 961, 962 et 1036; il semble malheureusement perdu
aujourd’hui (voir M. Richard, Répertoire des bibliothèques et des catalogues
de manuscrits grecs, Publications de l’institut de recherche et d’histoire des
textes, I, 2e éd., Paris, 1958, p. 53).
32 E. Feron et F. Battaglini, Codices manuscripti graeci Ottoboniani Biblio-
thecae Vaticanae descripti..., Rome, 1893, p. 240-241.
33 Omont, Inventaire sommaire, I, p. 33 (d’après Omont, le ms. serait du
XIVe siècle).
34 Rocchi, p. 264-265.
33 Vladimir, Sistematiceskoe opisanie rukopisej Moskovskoj Sinodalnoj
(Patriarsej) Biblioteki. I. Rukopisi greceskija, Moscou, 1895, p. 361-368.
36 I. SaKKELION, TIaTp,iaK7) fltflXt.oOT)KT) r/rot àvaypa^r] rwv èv rÿ fliflXioO'qK.p
tî)ç Kara rqv vqaov Hdr/tov yepapâs Kai flaazXiKÎj's fjLoygs tov 'Aytov ’Attocttoàov
Kai BvayyeXi.arov ’Iwawov tov ©eoAoyov Te0t)(ravpiap.evo)v ^apoypa^wv rev^v,
Athènes, 1890, p. 277.
37 Dmitrievski, p. 393.
38 Dmitrievski, p. 624-626.
3» Cfr D. N. Trempelas, Ai rpeîç Aeirovpytai Karà tovç èv ’A&Jvais KœSiKas
(Texte und Forschungen zur byzantinisch-neugriechischen Philologie, hrsg. von
N. A. Bees, 15), Athènes, 1935, p. 17, en note. Le ms. porte le sigle I dans cette
édition. Description dans I. et A. I. Sakkelion, KaraXoyoç tüv ^eipoy pdtfxvv Trfs
Bt/JXio&pciÿs ‘EXAa'Sos, Athènes, 1892, p. 123 : il n’y est question
que de Bas. et Prés.
49 Cfr Trempelas, p. 17, en note. Le ms. porte le sigle K dans cette édition.
Description dans I. et A. I. Sakkelion, p. 126 : seules sont signalées Chr.
et Prés.
41 Dmitrievski, p. 574-578.
42 Dmitrievski, p. 916.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
75
un formulaire complet, sa position secondaire par rapport à Bas.
n’est plus qu’un vestige de la tradition primitive. Pour classer
les différents types de Chr., il est donc nécessaire d’analyser
d’abord le formulaire de chacune d’entre elles.
Premier groupe : formulaire incomplet.
1. Barberini grec 336 et Léningrad grec 226.
La structure la plus ancienne de Chr. nous a été conservée par
le fameux Euchologe Barberini. Les prières des trois antiphones
ainsi que la prière OvSetç àftoç y font défaut et doivent être
reprises à Bas. L’evx1? T^ç xafléSpaç tov Ovaiaarrjpiov 43 et 1 ’ Evxrj
rrçç 44 sont identiques à celles de Bas., mais elles sont répé-
tées dans le manuscrit. Trois prières sont propres à Chr. et ont
disparu du formulaire actuel : la prière de prothèse Kvpte 6 Ogoç
6 Trpoôàç iavTOv àpvov àptopov 45, la prière de l’Entrée
Evepyera xai ri^ç ktutécoç Tràœrçç &r)pLOvpyé 46 et la prière du
Trisagion 'A/yte àyiaiv, ô ôeoç rjpcùv 47. Enfin, il n ’y a pas d ’evx1?
OTTLa0dp/3û)vo<; ni d’evx^ eîç to KaTacrreîXai rà ayta 8<âpa 48.
Le formulaire du Léningrad grec 226 est exactement du même
type, mais une certaine évolution s’y manifeste déjà. Une prière
43 Brightman, p. 314.
44 Brightman, p. 314-315.
45 Brightman, p. 309; C. A. Swainson, The Greek Liturgies chiefly from
Original Authorities, Cambridge, 1884, p. 88. Sur les témoins et l’histoire de
cette prière, voir M. MANDALà, La Protesi délia Liturgia nel Rito bizantino-
greco, Grottaferrata, 1935, p. 105 et 114, et Strittmatter, Missa Grecorum,
p. 83, note 8. Il existe encore d’autres témoins : l’Euchologe slave du Sinaï
(Xle siècle), où la prière est attribuée à saint Basile (voir J. FrcEK, Eucho-
logium Sinaiticum. Texte slave avec sources grecques et traduction française,
Patrol. Orient., XXV, 3, Paris, 1943, p. 606) ; la version arabe du Xle siècle
(voir C. Bacha, Notions générales sur les versions arabes de la liturgie de
S. Jean Chrysostome suivies d’une ancienne version inédite, dans X.pvaoaTop.tKa,
p. 442) ; le Vat. gr. 2012, fol. 109 r (XVe siècle) ; la recension érasmienne
(voir Goar, p. 90).
46 Brightman, p. 312; Swainson, p. 88. Pour l’histoire de la prière, voir
Strittmatter, Missa Grecorum, p. 83, note 8 : ajouter le Grottaf. T. fl. IV.
47 Brightman, p. 313-314; Swainson, p. 88. Pour l’histoire de la prière,
voir Strittmatter, Missa Grecorum, p. 83, note 8 : ajouter les Grottaf.
T. /?. IV et Z. 8. II.
48 Cfr Swainson, p. 94. Les deux prières publiées par Brightman, p. 343-
344 ont été reprises aux pages 512 et 520 du codex (voir Strittmatter,
Barberinum S. Marci, p. 364-365.
76
A. JACOB
de l’encens apparaît après la prière de prothèse49; la prière de
la cathèdre a disparu; l’incipit de la prière de derrière l’ambon
'O evKoyGtv tovç evX.oyovprdç o~e est indiqué, avec renvoi impli-
cite à Bas. 50 ; la prière üX^pw/za rov vo/jlov xai tcùv irpo^Tcov
est notée intégralement 51.
2. Sevastianov 474 et manuscrits apparentés.
Au type du Sevastianov 474, se rattachent les Sinaï grecs 958,
959, 961, 962 et 1036, le Vatican grec 1970, le Berlin grec 347,
le Paris grec 324 et l’Ottoboni grec 434 ainsi que la version latine
du Paris Nouv. acq. lat. 1791.
Le formulaire de Chr. y commence par la prière des catéchumènes.
La prière OvSetç aftoç y fait toujours défaut. Les deux dernières
prières de la Liturgie sont régulièrement notées52; ce sont en géné-
ral les prières *O evXoywp et To TrXîjpcü/za, mais il y a encore
certaines exceptions 53.
Deuxième groupe : formulaire complet.
1. Manuscrits de Grottaferrata.
Trois manuscrits de Grottaferrata ont un formulaire complet, qui
se distingue du formulaire actuel par l’utilisation des prières pro-
pres à Chr. dans le Barberini.
Le Grottaf. P. /3. VII54 est le plus ancien d’entre eux (IXe-Xe
49 Krasnoseltsev, Svjedjenija, p. 283-284; M. I. Orlov, Liturgija svjatago
Vasilija Velikago, Saint-Pétersbourg, 1909, p. 384.
50 Krasnoseltsev, Svjedjenija, p. 295.
51 Krasnoseltsev, Svjedjenija, p. 295; Orlov, Liturgija, p. 404.
52 La prière du skeuophulakion manque dans le Sin. gr. 961 (voir
Dmitrievski, p. 76).
53 La prière de derrière l’ambon du Paris Nouv. acq. lat. 1791 est Sacri-
ficium taudis et obsequium acceptabile (Strittmatter, Missa Grecorum, p.
130), celle du Sin. gr. 961 Ovç ÈKdÀEtras (Dmitrievski, p. 76).
Le Sevastianov 474 a deux prières du skeuophulakion, ’Ek eus
8vvap.iv (cfr ci-dessous, note 117) et To 7rX?jpœ/ia; les Sin. gr. 959 et 1036 en
ont une identique 'H Kat ro TrX.'qpmpxi rôiv auûvltùv àyadutv $ celle de
l’Ottob. gr. 434, Kvpte ô Oeos rjpwv, o àyayœv ^/xâç eus ràç Travaenrovs ypepas
ravras, est la prière normale de Prés, (voir Goar, p. 168).
54 Description dans Rocchi, p. 257-259; voir également J. M. Hanssens,
La liturgie romano-byzantine de Saint Pierre, dans Orientalia Christiana
Periodica, 4 (1938), p. 243-247 et 5 (1939), p. 114.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
77
siècle). Son écriture trahit une origine italo-grecque 55. Chr., incom-
plète du début, commence par la prière du second antiphone
Kvpte ô 0€oç Tjpajv, (tüktov. Les prières de 1 ’Entrée et du Trisagion
sont celles du Barberini : Evepyera et ‘"Ayie ayioiv.
Le Grottaf. T. /3. IV, manuscrit italo-grec du XIe siècle56, a
repris au Barberini la prière de prothèse Kvpte 6 0eoç 17/001/, ô
irpoôets et les prières de l’Entrée et du Trisagion. À la place de
la prière OvSetç àftoç, le Grottaf. T. fi. IV (fol. 21 r) présente
une prière beaucoup plus courte, qui, à notre connaissance, n’a
été conservée dans aucun autre formulaire de Chr. :
Eux1? Vv iroieî o Icptvs virèp lavrov tov Xepovfiucov 'KeyopAvov •
Accrn-ora £coottoi€ xat tÛv àyaOâv xopr^yl, b 8ovç ty)v eXirtSa
ri)? auvviov £coijç rotç di/0p<W7roiç tov Kvpiov 17/uôi/ ’ïrjtrovv
Xpurrov, KaTaÇitùaov rjpcis lu àyiaxrpG) Kai Tavrqv aov ty}v
Oetav CKT^XécraL XetTOvpyiav elç diroX-avaiv tt)ç peXXovcrr]?
paKapi6TT}TO<! (cfr Jac. = Brightman, p. 40).
Des trois prières propres au Barberini, le Grottaf. Z. 8. II57, daté
de 1090, n’a conservé que celle du Trisagion *Ayte âyiajv. Les
autres prières sont celles du formulaire en usage aujourd’hui.
2. Formulaire actuel.
Dans ce formulaire, toutes les prières qui précèdent la prière
des catéchumènes, ont été reprises à Bas. ainsi que la prière
OvSeiç aJ;10s. Les plus anciens témoins grecs de ce type remon-
tent au XIe siècle, comme le Burdett-Coutts III, 42 édité par
Swainson58. Une traduction latine de la Renaissance, celle d’Am-
55 Rocchi pense pouvoir lui assigner une origine constantinopolitaine, mais
l’argument invoqué n’a guère de poids : « In civitate ipsa Constantinopoli
scriptum coniici potest aliquo pacto, ex eo quod singularis fiat (fol. 126 v)
Imperatoris commemoratio, quam in aliis Codicibus praesertim in Eïichol. cd.
p. 96 pluraliter habemus » (Rocchi, p. 259).
J. M. Hanssens admet cette hypothèse (cfr Hanssens, Liturgie de Saint
Pierre, p. 247) et s’efforce de démontrer que la Liturgie de saint Pierre
des fol. 131 r - 137 v a été écrite en Italie du Sud. En réalité, le codex tout
entier est italo-grec.
56 Cfr ci-dessus, note 22.
57 Description dans Rocchi, p. 502-503; reprod. dans K. et Silva Lake,
Dated Greelc Minuscule Manuscripts to the Year 1200 (Monumenta Palaeogra-
phica vetera, ser. I), X, Boston, 1939, pl. 733, sous le sigle Cod. Z. g. 3.
58 Swainson, p. 101-143.
78
A. JACOB
broise Pelargus5!), nous fait cependant remonter à un stade anté-
rieur à celui des manuscrits grecs. Le manuscrit de Trêves utilisé
par Pelargus y avait été apporté, selon toute vraisemblance, par
l’ermite Siméon (f 1035) ; il est aujourd’hui irrémédiablement
perdu 60.
C’est dans ce groupe que prend place le Sinaï géorgien 89. Il en
est d’ailleurs un des témoins les plus anciens.
Le texte des prières ne diffère que très peu dans les quatre
groupes analysés ci-dessus 61. Les variations sont un peu plus nom-
breuses dans l’anaphore, dont le texte définitif semble s’être con-
stitué au XIe siècle dans les manuscrits du type Burdett-Coutts 62.
III. — PARTICULARITÉS DE LA VERSION GÉORGIENNE
Plusieurs éléments contribuent à faire du Sinaï géorgien 89 un
témoin important pour l’étude de la liturgie byzantine : son âge,
son origine hiérosolymitaine, ses rubriques souvent fort détaillées
et, enfin, la présence des parties diaconales. Voici, brièvement indi-
quées, quelques-unes des particularités les plus intéressantes.
1. Titre.
Le titre Liturgia saneti lohannis Chrysostomi correspond au titre
grec du Léningr. gr. 226, le plus ancien que nous ayons conservé :
Kwovpyia tov àyiov ’lcoàwov tov Xpvaoaropov 63. Le Grottaf.
Z. 8. II, daté de 1090, porte le même titre. C ’est également celui
de la plus ancienne traduction latine de Chr. (Paris Nouv. acq. lat.
1791) : Missa s(ancti) lohannis Crisostomi™.
59 Divina ac sacra Liturgia saneti loannis Chrysostomi. Interprète Ambrosio
Pelargo Niddano Ordinis Praedicatorum, Worms, 1541.
60 Voir Strittmatter, Byzantine Synapte, p. 61 et note 8. Le P. Stritt-
matter a été le premier, pensons-nous, à signaler l’importance de la traduction
de Pelargus : voir aussi A. Strittmatter, A Peculiarity of the Slavic Liturgy
found in Greek Euehologies, dans Late Classical and Mediaeval Studies in
Honor of Albert Mathias Friend, Jr., ed. by K. Weitzmann, Princeton
(New Jersey), 1955, p. 200.
Voir à ce sujet, Strittmatter, Missa Grecorum, p. 83-84 et note 9.
62 Pour se rendre compte des différences entre la forme « ancienne » et
la forme «récente» du texte de l’anaphore, jusqu’à l’épiclèse inclusivement,
il suffit de comparer le Barberini (Brightman, p. 321-330; Swainson, p.
90-92) au Burdett-Coutts III, 42 (Swainson, p. 128-131).
63 Krasnoseltsev, Svjedjenija, p. 283.
64 Strittmatter, Missa Grecorum, p. 118.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
79
2. Prothèse (§1 et 2).
Elle est précédée de la prière de préparation Kvpte ô 0eo<s
tj/zcüp, efaTrooreiXoi/ /zot Swa/zip, que le prêtre récite en revêtant
ses ornements. Chr. commence aussi par cette prière dans le
Grottaf. T. /3. II (XIe siècle) 65, mais la rubrique est plus générale
et ne fait pas allusion à la vestition du prêtre66. Dans un autre
document du XIe siècle, le Sin. gr. 959, on la trouve en dehors du
texte même de la Liturgie, après une prière d’encens67. Elle est
attestée également par la version géorgienne de Gratz, où c’est le
diacre, et non plus le prêtre, qui la récite au début de la Liturgie,
lorsqu’il entre dans le SiaKovtKOV 68 69.
La proscomidie proprement dite est encore fort simple. Le prêtre
incise le pain en récitant la formule ©verat 6 à/zi'oç rov 0eov;
il verse le vin dans le calice avec une formule apparentée au
Eîç t(ùv aTpaTUüTojv. Pour le mélange de l’eau et du vin, il emploie
la formule ‘'Ei'ûxrtç âyiov ILvevpaTOs, très répandue dans
le rite italo-grec pour la bénédiction de 1 ’eau et du vin 6!). Enfin,
le prêtre couvre les dons au moyen des trois voiles (Ps 92, 1 et
Hab 3, 3) 70. C’est par erreur, semble-t-il, que le scribe a copié
deux fois cette cérémonie, avant et après la prière de prothèse.
65 Description dans Rocchi, p. 244-249; Chr. a été éditée par S. Muretov,
K materialam dlja istorii cinoposljedovanija liturgii, Sergiev Posad, 1895,
p. 2-7.
66 Ev^ rjv iroiei o ieptvs ko.0' èavrov p.éXXü)v TrpoaKoptaai. (et non èpxopÆvos,
comme l’écrit Muretov, K materialam, p. 2). Rubrique presque identique dans
le Bodl. MS. Auct. E. 5. 13, ms. italo-grec du Xlle siècle (voir Brightman,
p. 542).
67 Dmitrievski, p. 53; voir aussi de Meester, Origines et développements
(cfr ci-dessus, note 17), p. 298.
68 Tarchnisvili, Liturgiae ibericae, I, p. 64 et II, p. 48.
69 Ainsi les Vat. gr. 1863, fol. 4 v (XIle siècle), 1973, fol. 4 r (Xlle siècle),
2005, fol. 4 r (entre 1197 et 1211), le cod. Basilii Falascae, du XlVe siècle
(Goar, p. 86; Brightman, p. 548), le Vat. gr. 2258, copié en 1580 par un
moine de Carbone.
Cette formule est également utilisée dans le rite slave, du XlIIe au XVIe
siècle : voir A. PÉTROVSKI, Histoire de la rédaction slave de la liturgie dé
S. Jean Chrysostome, dans Xpvcrooro/xiKa, p. 874, 898, 918.
Autres formules pour le mélange de l’eau et du vin dans de Meester,
Origines et développements, p. 313, note 2. •
70 Les trois voiles, accompagnés des mêmes versets scripturaires, sont attestés
dans la version arabe du Xle siècle : voir Bacha, Version arabe inédite
(cfr ci-dessus, note 45), p. 443.
6
80
A. JACOB
Il faut conserver la seconde, comme le suggèrent d’ailleurs les
trois croix placées par le copiste à cet endroit.
La prière d’encens In cens um offerimus coram te suit la prière
de prothèse. Il en est de même dans le Léningr. gr. 226 71, dans la
version arabe du XIe siècle publiée par Bacha 72 73 et dans le Grottaf.
T. 0. II 7S.
3. Typika (§ 4, 5 et 6).
Le Sin. géorgien 89 est, à notre connaissance, le plus ancien
témoin de l’insertion des Typika dans la Liturgie eucharistique74,
en lieu et place des trois antiphones. Les psaumes 102 (Benedicit)15
et 145 (Laudat) 76 précèdent le chant des Béatitudes, dont les ver-
sets (stichos) sont accompagnés du refrain Nostri-memento. S’il
est certain que la substitution des Typika aux antiphones est d’ori-
gine monastique, il est moins aisé de savoir où cette pratique a
commencé. Dans un article récent, le P. J. Mateos a émis l’hypo-
thèse selon laquelle le monastère de l’Evergétis a pu introduire les
Typika dans la Liturgie au XIIe siècle, se séparant ainsi des usages
studites77. Le témoin géorgien, plus ancien d’un siècle, fait songer
plutôt à une origine palestinienne.
4. Grande synaptè (§3, 6 et 11).
Elle apparaît ici à trois endroits différents78 :
1) A sa place habituelle, avant la prière du premier antiphone
(§ 3). La demande 'Tirèp tov crvpTToKe/jL'qcraL est omise 79. On trouve
à la fin la demande Et propter omnes qui petunt, inconnue en
7i Krasnoseltsev, Svjedjenija, p. 283.
72 Bacha, Version arabe inédite, p. 442.
73 Motetov, K materialam, p. 3.
74 Sur l’office des Typika, voir J. Mateos, Un Horologion inédit de Saint-
Sabas. Le Codex sinditique grec 863 (IXe siècle), dans Mélanges Eugène
Tisseront, III, (Studi e testi, 233), Vatican, 1964, p. 64-68.
75 Incipit du psaume géorgien : Benedicit anima mea Dominum.
76 Incipit du psaume géorgien : Laudat anima mea Dominum.
77 Mateos, Un Horologion inédit, p. 68.
78 Tous les matériaux concernant l’histoire de la /zeyaXiy <rwairrri sont
pratiquement réunis dans l’admirable étude d’A. Strittmatter, Notes on the
Byzantine Synapte, dans Traditio, 10 (1954), p. 51-108.
7» Sur l’histoire de cette demande, voir Strittmatter, Byzantine Synapte,
p. 57-59.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
81
grec80, mais dont on trouve un équivalent dans la version arabe
du XIe siècle : « Prions le Seigneur pour tous ceux qui ont besoin
du secours et de la victoire divine81 ». La version géorgienne de
Gratz, quoique plus récente, a également conservé cette demande,
dont elle nous livre le texte intégral 82.
2) Avant la prière du Trisagion83 (§6). Les témoins grecs de
cet usage sont rares ; les plus anciens sont le Grottaf. T. /3. VII84
et le Léningr 22685. Il est attesté aussi par la version arabe du
XIe siècle 8C. En plus des demandes habituelles du grec, on trouve
encore la demande Et propter omnes qui petunt.
3) Avant la deuxième prière des fidèles87 (§11). Le P. A. Stritt-
matter a relevé un grand nombre de témoins grecs de cette parti-
cularité dite « slave »88. La demande supplémentaire Et propter
omnes qui petunt est également attestée par la version géorgienne
de Gratz89.
5. Anaphore (§ 16 et suivants).
a) Préface (§16, fol. 58v-59v).
On trouve au début trois verbes de louange comme dans le
Barberini90 mais le second (tibi gratias-agere) a été ajouté de
seconde main au-dessus de la ligne.
Aux quatre qualificatifs traditionnels 91, a été ajouté un cinquième
(sempiternus), sans doute sous l’influence de la proposition sui-
vante (semper es...).
80 Du moins à cet endroit; parallèles grecs tirés d’autres litanies dans
Strittmatter, Byzantine Synapte, p. 71, note 27.
81 Bacha, Version arabe inédite, p. 444.
82 Et propter omnes qui petunt a Deo auxilium et susceptionem, (ad)
Dominum (oremus) : voir Tarchnisvili, Liturgiae ibericae, I, p. 66 et II,
p. 50.
83 Sur la litanie du Trisagion, voir Strittmatter, Byzantine Synapte,
Note II, p. 85-105.
84 Strittmatter, Byzantine Synapte, p. 93.
85 Krasnoseltsev, Svjedjenija, p. 285-286.
80 Bacha, Version arabe inédite, p. 449.
87 Pour l’histoire de cette litanie, voir Strittmatter, Byzantine Synapte,
Note I, p. 65-85.
88 Strittmatter, A Peculiarity of the Slavic Liturgy (cfr ci-dessus, note
60), p. 200-202. «
89 Tarchnisvili, Liturgiae ibericae, I, p. 72 et II, p. 54.
90 Brightman, p. 321, 1. 28-29.
91 Brightman, p. 322, 1. 2-4.
82
A. JACOB
Ovk aTreoTT/ç navra ttolojv 92 est rendu simplement par non reli-
quisti nos.
Pour tourner la difficulté de la relative rfv ck tojv xciptiv Tjfjuùv
SéÇacrOcu KaTaÇiojaov93 (ou Kariffatxraç) 94, le géorgien l’a trans-
formée en proposition finale : ut e manibus nostris peccatorum
offerre dignos nos-facias.
b) Prière après le Sanctus (§ 16, fol. 59 v).
Elle est introduite par la leçon bizarre Post has beatas potentias
au lieu du Cum his beatis potentiis qu’on attendrait normalement.
Cette leçon est tout à fait traditionnelle dans la Liturgie géorgienne ;
on la trouve dans Bas. du même manuscrit (fol. 23 r, 1. 14), dans
la version de Gratz95 et dans le texte de Chr. encore en usage
aujourd’hui dans l’Eglise géorgienne 96.
c) Récit de l’institution (§16, fol. 60r-v).
La leçon novae legis pour la consécration du vin, à la place de
novi testamenti, est attestée par la version géorgienne ancienne des
Évangiles (Adich) pour Marc97 et Luc98 99. C’est également la leçon
de la plupart des Liturgies géorgiennes : Bas. du même manuscrit
(fol. 28 r, 1. 7), Jac. des manuscrits de Gratz ", Tiflis 100 loi et Romeloa.
d) Anamnèse (§17).
La leçon offerimus dans la formule finale de l’anamnèse ne peut
pas être considérée comme un témoignage ancien à l’appui du grec
irpoa<f>époiJLev. En effet, le géorgien emploie généralement une forme
conjuguée du verbe pour rendre le participe grec, au lieu de le tra-
92 Brightman, p. 322, 1. 9-10.
93 Brightman, p. 322, 1. 22-23.
94 Swainson, p. 128.
95 Tarchnisvili, Liturgiae ïbericae, I, p. 76 et II, p. 58.
96 Éd. de Moscou, 1856, p. 167. Sur l’origine de cette leçon, voir Tarch-
nisvili, Georgische Übersetzung (cfr ci-dessus, note 2), p. 91, note 39.
97 R.P. Blake, The Old Georgian Version of the Gospel of Mark from the
Adysh Gospels with the Variants of the Opiza and TbeP Gospels edited
with a Latin Translation (Patrol. Orient., XX, 3), Paris, 1929, p. 556.
98 M. Brière, La version géorgienne ancienne de l’Évangile de Luc d’après
les Évangiles d’Adich avec les variantes des Évangiles d’Opiza et de Tbete
éditée avec une traduction latine (Patrol. Orient., XXVII, 3), Paris, 1955,
p. 427.
99 Tarchnisvili, Liturgiae ïbericae, I, p. 14 et II, p. 10.
160 Kekelidze, Drevne-gruzinskïh Arhieratikon, p. 38.
loi Tarchnisvili, Liturgiae ïbericae, I, p. 49 et II, p. 36.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME 83
duire servilement par un nom d’agent. La leçon irpoa(/)épopev
est d'ailleurs fort récente 102.
e) Épiclèse (§18).
La version géorgienne a remplacé le Mera^aXwi/ t<ü ILveypart
aov r(p à/yuù 103 par la formule Unione Spiritus tui saneti. Cette
même formule, au nominatif, est utilisée aussi pour le mélange de
l’eau et du vin de la prothèse (§1, fol. 46v) et pour l’immixtion
après la fraction du pain (§23, fol. 66 v). C’est sans doute de là
qu’elle est passée dans l’épiclèse.
6. Rites de communion (§23, fol. 66r-67v).
Le kolvcwikov 104 n’est autre que VAgnus Dei. A notre connais-
sance, il s’agit de la seule attestation ancienne de ce chant de com-
munion dans les Liturgies grecques105. On sait que le Liber Ponti-
ficalis attribue au pape Serge (687-701), syrien d’origine, l’intro-
duction de l’Atpms Dei dans la messe romaine106.
La formule d’immixtion IJnio Spiritus saneti ne se trouve pas
comme telle dans les manuscrits grecs de Chr. La formule la plus
ancienne Eîç TrXiypcü/za IIvev/zaTOç àytov, attestée par le Barbe-
rini107, a été très vite remplacée par la formule nXiypm/za ILvev-
paros âyiov 108. Le Vat. gr. 1228, manuscrit italo-grec du XIIIe
siècle, présente une formule hybride, qui représente sans doute un
102 Elle n’est probablement pas antérieure à l’édition princeps de Déinétrius
Ducas, parue en 1526 (cfr Goar, p. 62). Pour notre part, nous ne l’avons
rencontrée que dans des manuscrits récents tels que le Vat. ar. 47, daté de 1582
(texte grec avec traduction arabe dans la marge : cfr Bacha, Version arabe
inédite, p. 406-407) ou le Barber, gr. 428 (XVIe siècle); voir aussi l’édition
de Trempelas, p. 110.
103 SWAINSON, p. 131.
104 Le géorgien désigne le chant de communion par le premier mot du
verset 9 du Ps 33 (Experire) : voir M. Tarchnischvili, Le Grand Lectionnaire
de l’Église de Jérusalem (CSCO 204, Iber. 13), Louvain, 1960, p. 155.
1°5 L ’ ev^r] èXe.vOf.pta<i de la Liturgie alexandrine de saint Grégoire, avant
le Sancta sanctis, commence par les mots *0 àpvos rov deov, ô atpotv rr]v
àpapriav rov Koapov (E. Renaudot, Liturgiarum orientalium collectio, I, Paris,
1716, p. 120).
106 L. Duchesne, Le Liber Pontificalis. Texte, introduction et commentaire,
I, rééd., Paris, 1955, p. 376.
107 Brightman, p. 341, 1. 20.
1°8 II en est déjà ainsi dans le Grottaf. T. ft. VII et dans le Sevastianov
474 (Krasnoseltsev, Svjedjenija, p. 276).
84
A. JACOB
état de transition : nXî/pco/za vopov 6 Xpta-rdç, evcoacs tgXgloj-
ai<! tov àyiov IIi'eup.aToç10!). Mais la formule originale nous a été
conservée par Prés, du Grottaf. T. /3. XX (Xe siècle) 109 110, fol. 13 r :
'O iepevç kXÛv to ayiov crûjpa tl0y]ctl pÆptôa €.v tô> cryio)
TTOTTjpuû \éya>v ’ ‘'Ei'Cüctiç IIi'evpaTOç àyiov. Il faut enfin noter
que la formule d’immixtion de Jac., commençant aussi par*Evû><riç,
est christologique et plus compréhensible111.
Le prêtre communie au moyen d’une parcelle de pain plongée
préalablement dans le vin. L’appel du diacre à la communion
(Cum-timore Christi veniamus) ne semble pas avoir d’équivalent
grec112, pas plus que la réponse du peuple (Coram te, Domine) 113.
7. Rites de renvoi (§24 et 25).
La prière de derrière l’ambon est l’ancienne apolysis de la Litur-
gie. Il est intéressant de noter que la version géorgienne a conservé
avant cette prière le Domine, nos benedic, usage qui s’est perpétué
jusqu’à nos jours à Chypre114.
Le Domine, nos benedic est répété avant la prière Plenitudo legis
et prophetarum, qui est habituellement la prière du skeuophylakion.
Il y a enfin la bénédiction proprement dite : Benedictio Domini
nostri lesu Christi...
Ces trois bénédictions sont entrecoupées d’éléments provenant de
l’office des Typika115 : le Sit nomen Domini benedictum (Ps 112,2)
109 Krasnoseltsev, Svjedjenija, p. 142. La première partie de cette formule
se rencontre sous une forme amplifiée dans le Grottaf. T. fl. XII, fol. 80 r,
ms. du XIV® siècle (cfr ci-dessus, note 34) : IIA^pcoju.a vop,ov Xpurros ds
SiKaioavvijv rravri rw iriaTevovn.
no Description dans Rocchi, p. 272. La même formule se trouve aussi
dans l’Ottob. gr. 344 (de l’an 1177), fol. 26 v.
m "Evwoïs tov iravayiov (tw/mitos Kai tov ripiiov at/xaros tov Kvpiov Kai deov
Kai aiùTÎjpos r)pMv ’lrjtrov Xpurrov (B.-Ch. Mercier, La Liturgie de saint Jacques.
Edition critique du texte grec avec traduction latine, Patrol. Orient., XXVI,
2, Paris, 1946, p. 228).
H2 Une formule approchante, mais non christologique, dans le Grottaf.
T. fl. IV, fol. 26 v : Merci <]>6flov 0eov TrpoéX6u>p.ev (Grottaf. T. fl. XX,
fol. 30 r et T. fl. II, fol. 20 v : irpoaeMere ).
113 Attestée également par la version de Gratz : voir Tarchnisvili, Litur-
giae ibericae, I, p. 81 et II, p. 61.
114 Nous devons ce renseignement au P. J. Mateos, qui le tient lui-même
du Métropolite Gennadios.
115 Sur les rapports entre la partie finale de la Liturgie et l’office des
Typika, voir Mateos, Un Horologion inédit, p. 68.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
85
après la prière de derrière l’ambon, le Ps 33 et l’antidoron entre
la prière Plenitudo legis et prophetarum et la bénédiction finale.
Après cette bénédiction, le prêtre récite la prière du skeuophyla-
kion Ex-potentia ad-potentiam progressé Elle se trouve, sous une
forme plus brève, dans le Barberini116 et dans le Sevastianov
474 117 ; elle est, par contre, un peu plus développée dans la version
géorgienne de Gratz 118.
IV. — ÉDITION DU TEXTE
Le texte géorgien ne présente guère de difficultés. Nous l’avons
édité tel quel en faisant les quelques corrections nécessaires. Pour
faciliter les comparaisons, nous avons conservé la division en sections
de l’édition de Tarchnisvili.
Notre traduction latine est rigoureusement littérale et s’inspire
des principes énoncés par M. G. Garitte dans son édition de la
version géorgienne des Actes des Apôtres 119. Pour ce qui est du
choix des mots, nous avons suivi en règle générale le Glossaire de
Molitor120. L’index du Grand Lectionnaire de Jérusalem121 nous a
fourni la traduction de quelques termes liturgiques.
116 Incipit dans Strittmatter, Barberinum S. Marci, p. 365, n° 305.
HT Krasnoseltsev, Svjedjenija, p. 279-280; Orlov, Liturgija, p. 404.
118 Tarchnisvili, Liturgiae ibericae, T, p. 83 et II, p. 62-63.
119 G. Garitte, L’ancienne version géorgienne des Actes des Apôtres
d’après deux manuscrits du Sinaï (Bibliothèque du Muséon, 38), Louvain,
1955, p. 14-17.
120 J. Molitor, Glossarium ibericum in Quattuor Evangelia et Actus
Apostolorum (CSCO 228 et 237, Subs. 20 et 21), Louvain, 1962.
121 M. Tarchnischvili, Le Grand Lectionnaire de l’Église de Jérusalem
(CSCO 204, Iber. 13), Louvain, 1960, p. 155-162.
* ojd9ob ^3ocoobd 0013063 oiJAoiàoAoboa * 46 1
1. 01503b cJgoaoibQ&oiçoob 850503200, 3b3 gnoiQgofi. ^oAcnj'gdb :
ÇoSrjéxnoTi fyjSoo, 9g ddç^o 9ô(nçnr>ocn çoo ^ô59ùdçgogéig
ô3ob 'Bgbbo, bo^obgçg^0
'SgbodéiÇ’vgbgbgç^bô boj^jéicnbgggç^b0 'Bgbbo çoo
* Liturgia saneti lohannis Chrysostomi. * 46
1. Quando vestietur sacerdos, hanc orationem pronuntiet : Domine Deus
meus, desuper-immitte mihi potentiam de-exeelso et me-confortare ministe-
rio huic tuo indemniter adstare timendo et tremendo altari tuo et offerre
86
A. JACOB
«jbobbçpoon o^o 866^3363^30. 600.8300^3 *8360 o6b 6^)03330.0, doç^o çoo
çooço'j&ùfi. 8o8obo çoo dobo çoo ^Boçoobo b^jç^obo oÇ* çoo 8o6oçoob çoo
«3j£)6oooo £)J£)6obô9ço'), 0836.
tnçogb bgoggbo djn3<nèj,ggcncogb 3jnçoggno, gbAgco o^ymçoob : *830^06-
gob (*5)060^0 çn86oooboo., 60083Ç3806 006^360 (300(03060 booajç^oboGo.
300006(30 (36003060 jçp30çp 8oo££)o6o çoo 300006(30 (^060^0 ^060*83
46 v 8606^333(13060 ^Boafyjç^o, * 366300 o6o oçnùQKj&çoo 3o6bo oo^bbo.
’3J’33<»'3 <83^'336gb'genbd «jÿoAsojogb, œj^job : 8000^6363, ^ajoç^oo,
b^jçpo, bdbgjjnocn goboQd fcoGçogb, çoo '33136(0336 3^33C?6o QCOÇP3ô6o
9ob6o çoo 506^36^3363 Bob boçoo 050 ^63(0036 60003^30 3o6obo *336060.0..
'3J'33O,'3 j'3<o>cjnd<ço> gcngbocmbo '□VO<^3OCÇ3^ «»j*pb : 8000363-
63, ^ajoç^oo, 8001600. *8360, bobggnocn, çoo *83^)6(0336 y0033Ç360 (300(03060
8ob6o.
bcagnwi mçogb ‘bgçoo'Bgbd boAdodbo *3ooddbb9o£ogb Sjnçogjjno, gJ'goAo
(oob^gAcnb çoo coJ'jpb : ^306^360000 &o6o&£)8o6o 5^336(00 *8360, J6ob(^)ü
(38360000 6*33600, 6008(3060 506 506(008003(00 6066(30 çoo ^30(30,
30600. 050 8005^33(30 8006^8^363000 £)b6^63ç33&ùo..
mçogb ^ygnocoo ^oGè’boggbçogb, gj'jjoAo çoob^gAmb joo coj’gob : *8336-
003&ÙO. 6^3(3060 ^Boçooboo., 0836.
47 r * joo £ooàb<£)6<nb ioAggjjn ^mAQbo, 3^'3060 joob^gAwib çoo œj^job :
«3030Ç30 6^3033306, *8^33603632)00.1 *83080060, 08362.
1. 1 *8^)36036363^00. sic. 2 ante 0836 scripsit çp delendum.
tibi incruentam hostiam. Quia tuum est regnum, potentia et gloria Patris
et Filii et saneti Spiritus nunc et semper et a saeculo ad saeculum, amen.
Quando regalem (panem) exscindet sacerdos, ita dicat : Offertur agnus
Dei, qui assumpsit peccata mundi. Sicut ovis ad-necationem ductus-est et
46 v sicut agnus coram tondente non-vociferans, * ita non aperiebat os suum.
Si defuncto (litt. requiescenti) offeret, dicat ; Memento, Domine, animae,
cum-nomine cuùiscumque voles, et ei-dimitte omnia peccata eius et requiem-
praesta ei ubi spectat lumen vultus tui.
Si rursum vivo offeret, dicat : Memento, Domine, servi tui, cum-nomine,
et ei-dimitte omnia peccata eius.
Quando autem vinum calici infundet sacerdos, crucem describat et dicat :
Lancea transfixum-est latus tuum, Christe Deus noster, e quo degressus-est
sanguis et aqua, unde nobis-dedit credentibus incorruptibilitatem.
Quando aquâ miscebit, crucem describat et dicat : Unio Spiritus saneti,
amen.
47 r * Et operiat primum corpus, crucem describat et dicat : Dominus régnât,
pulehritudine vestitus-est, amen.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
87
çoolb'gAcab bobb(mbd, gjwjoAo jodb^gAmb joo cnj'gdb : Tlrjodoobo £)<QOç™-
3ô6 dôçv>o çoo gjùfyj'B'jofy’Jjyô, ùç^qç^^ûù.
wiAbogg çoolb'gAwib, çoob^gAmb çoo cnj^db : çooodyo&o booajj-
çv>o £>0.0.000 ô£>00. '3r)od£)ùb, ÇOOOJù£)5ù (JùGo Tl^rjGoQ&rj&odùE) dobdôb ÇOO
Jrjboooo doboooo ôçnogboo j^j^yoboo..
2. joodjm63d6 œj’gob : ^ajçj^obo dodù£>oo goç^ooQoooo.
gA8d6 : J3<£or)Ç*>r)fi.boo5.
8jncogcjn8à6 gbg jjnmggda ^o£cnj'£pb : ^a^ùç^oot çndy£>oooot
£>ooÆ'jç^>9oE) %£)(jobo 3^)£>o, bù%£)çogç^>o ycoyç^obo bootajç^oboo., £)<20ç">o
ft^jybo çoo çndy£>ooo oyb^j j£>obç^)g dootogç^oby bcoajç^oço doQbootg^oço çoo
d^bbyç^oçp, jyoooç^ob dycoajyç^oco çoo 9ùj«j£)ooby3yçr>ùçp çoo ^obd^dy-
çpgç^oçp P>£)£)Ê>ÇOO, '3')5 OJ£)£)Oobr) ^obùÇOO^yb^Ç^O £)brj çpô 'd'J^O&r) * %r)Qo-
bù boj£)£)oobr)2£)ç™bo 'B'jGbù ÇOO Qooo^brjb^b, 2000ô£)(JÔ bùboy£) ÇOO J0Q00-
3ooy£)o£)f), ,3£)9oo9^o£)3QÇ">E)0 ÇOO £>Co9jÇ^00d 003b TlrjdoO^O&rjb ÇOO
çpô£)'8^')ç”oço Çpù2)3(J3£)6 9çn(ojç^>ootboço bùçnd£>ooootbo 'drjbbo booço£)9ç”oo-
bo. £>oo.dyoo^ ^doçoo o£>b çoo çooçoq&^ç^» Jjoogç^oço àoç^oootbob çoo çooçooço
bobgç^o 'Brjbo dodobo çoo dobo çoo ^doçoobo b^jç^obo o^ çoo
dù£)ÙÇOob ÇOO £)J£)E>0000 £)3£)6obù9çO£), odrjb.
çoolb'gAwib 3«j£bo çoo cnJ'jpb : «jajoçnoo b^jajggob, ^^Qboj^Qdoo.
^oScobo, ùçmfjç™jsi.ù f.
boAdodo joobwjAwib çoo œJ^job : 'B'joQoobo ^a^oç^doG doç^o çoo 5o£)<j-
'Sjo&ç’jyo, ùç^g^ûù f.
Operiat sangtiinem, crucem describat et dicat : Vestitus-est Dominas
potentia et praeeinetus-est, alléluia.
Ambo operiat, crucem describat et dicat : Stabilivit mundum ne eommo-
veatur, obtexit eaelos pulehritudo eius et laude eius impleta-est terra.
2. Diaconus dicat : Ad Dominum oremus.
Popùlus : Kyrie eleison.
Sacerdos hanc orationem pronuntiet : Domine Deus noster, qui caelestem
panem, eseain totius mundi, Dominum nostrum et Deum lesum Christum
misisti in-mundum salvatorem et redemptorem, benefaetorem et benedieen-
tem et sanctifieantem nos, tu benedic propositum hoc et suseipe * in-eaelesti
altari tuo et memento, sicut benignus et hominum-amator, offerentium et
(eorum) propter quos obtulerunt, et nos indemniter eustodi eelebrare divi-
num tuum mysterium. Quia sanetum est et glorificatum omnino venerandum
et magnopere pulehrum nomen tuum Patris et Filii et saneti Spiritus nunc
et semper et a saeeulo ad saeeulum, amen.*
Operiat panem et dicat : Dominus régnât, pulehritudine vestitus-est,
alléluia f.
Calicem operiat et dicat : Vestitus-est Dominus potentia et praeeinetus-
est, alléluia f.
47 v
47 v
88
A. JACOB
48 r
48 v
djnbdàyAcnbgcjno cooèb'g6wib çoo œj'gob : çooo8yo6o boio^Ç^o 6oûooo
ô6o 'B'jod&ob f.
50003016806 6038333200 oj8o<nb.
ScncogenSdG gbg enm^oa 6038333501060x1. ÿo6œj«gob : boj^Qgggç^bo
7)33^7060300 ^oboT^ *83660, * ^tgoç^oo £08360000 6133601, b^jç^C^ç^Q-
2>obo 6^3^0360660 \ 60083(^0 363 7)30^7063, 831303300, %3(jobobo 8ob
çpô ^Soçpobo 6^)^03660 603^36006333^60 7)3660 çoo ao&çpùSo^^ç^oE^
6^336 %3çpo Ç’yoç^cobon. *3360 çoo 33000^380 7)3660 Sco^obo^b 6336
o^obo Scoboooo *836000, 60083^360 gJboçpooo 6063^360 *83660. 60.0.830013
^8oçpo 06b çoo çpoçp3&£)ç^ ycogç^oçp àoçJJjocobobo çoo çpoçpoçp *813360360
6063^30 8o8obo çoo dobo çoo ^Soçoobo b^ç^oboo. 0^7 çoo 8o6oçoob çoo
«33^360000 33360608(03, 083b.
3. Çjo 300006(30 3cnçogcjno boj«)6cnbg3gcjnoço *83305036, 50003016806
cojwjob 3ojnjjnoço : 53033600636 303OÇJ300.
8(0503507806 : 3360063323 o6b 6303330.0. 8o3obo çoo dobo çoo ^Soçoobo
b^ç^obôû 0^7 çoo 8o6oçoob çoo 33360000 33360608(03, 083b.
50003016806 jga^gjb ymb : 8*8jçoooôooo 3032^060 8080600 goç^ooÇjoioo.
36806 : 336032^3x16006.
* ^ûü000 506(00801 ST^çoco&obo çoo 63(3000.
33603(33*6006.
8'33çpoi2>obo 003b yo>3çooobo boicgç^obo çoo Sç^jo^ftobo.
2. 1 sic.
Sublevatum operiat et dicat : Stabilivit mundum ne commoveatur f
Diacomis incenset.
Sacerdos hanc orationem incensi pronuntiet : Incensum offerimus coram
48 r te, * Domine Deus noster, odoris spiritualis, quod suscipe, rex, in-caelesti
et sancto spirituali altari tuo, et desuper-mitte super nos misericordiam tuam
et bona tua dona nobis servis tuis, qui invocamus nomen tuum. Quia sanetum
est et glorificatum omnino venerandum et magnopere pulchrum nomen
Patris et Filii et saneti Spiritus nune et semper et a saeeulo ad saeeulum,
amen.
3. Et ut sacerdos ad-altare ingredietur, diaconus dicat alta (voce) :
Nos-benedic, Domine.
Sacerdos : Benedietum est regnum Patris et Filii et saneti Spiritus nune
et semper et a saeeulo ad saeeulum, amen.
Diaconus kuerexi faciat : Cum-paee ad Dominum oremus.
Poptilus : Kyrie eleison.
48 v * (Propter) supereaelestem (litt. de-eaelo desuper) paeem et animarum.
Kyrie eleison.
Propter paeem totius mundi et firmitatem.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
89
33603^3*6006.
^6oçoobo o6ob bobç^obo 003b çoo 60063^360 606^76^3 6003&000.
33603^3*6006.
90003063^063003006060 6^336060 003b, 3ù(*)Ooobo6ooù.
33603^3*6006.
çn66ooo666ob£)6o6ù çoo 5030003500(33^353060 6303060.
33603533*6006.
^0530^060 0606 003b 500 3^3353000 ^0530^000 çoo 60003353000.
33603533*6006.
'33<bô33&obo 003b ^036000, Goycoojooo.
33603533*6006.
936033000, goog^o^j&ooo, 663*353000.
33603533*6006.
366050 6^336500 300353060 306 $06060, 0^6003^060.
33603533*6006.
çoo y<r)i33<^’or)d 0036, 600635360 oooboo<3>36.
33603533*6006.
3jn£ogtm3d6 gbg 2300(530* ^dAcoJ^job : 330305300 £06360000 6^33600,
60063530 9^30(33 bo6 90^3^50006353050 çoo çooçt^&^jç^ 9<v>£)ljC?3&3C3oço,
*636, 60063530 bo6 0^360(36353050 çoo 30(3006003^3063
Kyrie eleison.
Propter sanetam hane doinuin et (eos) qui eum-fide.
Kyrie eleison.
Propter archiepiscopum nostrum, venerandos.
Kyrie eleison.
(Propter) pium et a-Deo-eustoditum regem.
Kyrie eleison.
Propter eivitatem hane et omnes civitates et regiones.
Kyrie eleison.
Propter mixtionem aerum, fruetuum.
Kyrie eleison.
(Propter) nautas, viatores, aegrotos.
Kyrie eleison.
Ad-liberandum nos ex omni tribulatione, angustia.
Kyrie eleison.
Et propter omnes qui petunt.
Kyrie eleison. •
Sacerdos liane orationem pronuntiet : Domine Deus noster, qui firmus es
inaeeessibiliter et glorifieatus indeficienter, tu qui miserieors es innumera-
biliter et hominum-amator inenarrabiliter, tu, Domine, miseratione tua
90
A. JACOB
9o^cnb(^)OTi&3ç^,ùço, *^3^ £)<2d<^’<vb ScTt^yùçno^àocnô '8360000 9oooboç*>3
&£jf)5 %3çoo çoo 303 &£)')É) 00060 9çooço£>oço Ç’yoç^cabdû '9rjE>o çoo Sf'T^pç™')-
àôfi ^bo.
50003016306 : <3‘)3E)‘$o36, 530(^003636.
* 49 r * ycogç^oço ^9oçpon, 36^63^00, ^a^canbdço.
gA8o6 : 'B'jG 3030^00.
850503501806 0508050550016 : (^0^93003 30033^033 çpoçp3&on,
^Ôô°3°’ OQdy^d^°'JGo3dû 9o9obo çoo dobo çoo ^9oçoobo b^gç^obo 0^7 çoo
9o£)ùçpob çoo 33360000 £)J£)6obo9çp').
3(^1806 : 0836.
4. çoo 00J306 « 03360063360 ». '838505018050 50003016806 : 9')(^9')(jo
çoo 9o6oçoob.
‘joigç^oço ^9oçooû, 366^63^0.
850503501806 363 5m 00(33 on. ^oAcojgob : 3030Ç300 (33360000 ^33600,
0(3600363 360 '8360 çoo 03360163 bù9j3ço^)g&gç^>o 'BgGo çoo bogbg&ùû
33(3360060 '836060^. Ç000Q33 çoo ^9oçpo 3336 60083(3000 333066
'8336036360.0. bôbgç^obo 'BgGoboû, *836 05060 303600^.60(0 (00(0363(3
3336 C?9')£>Of’')&obô 'BrjGobo dôç^oooo ÇOO 63 ÇOo9oBÇO0a 6336, 60083(360
8Ûbô3OT *936.
8050501050 850503501806 : 600.83003 '8360 o£)b bo9$3o(j3 çoo ^3^0 o£)b
intuere super nos et fac nobiseum abundanter misericordiam tuam et
miserationem tuam.
Diaconus : Nos-adiuva, nos-salva.
* Omnino sanctae, incorruptae, magis.
Populus : Tibi, Domine.
Sacerdos exclamet : Quia te-decet omnis gloria, honor, adoratio Patrem
et Filium et sanctum Spiritum nune et semper et a saeeulo ad saeeulum.
Populus : Amen.
4. Et dicant « Benedicit ». Postea diaconus : Deinde-quoque et semper.
Nos-adiuva, nos-salva.
Omnino sanctae, incorruptae.
Sacerdos hanc orationem pronuntiet ; Domine Deus noster, salva popu-
lum tuum et benedie hereditatem tuam et plenitudinem eeelesiae tuae custodi
et sanetos fac (eos) qui diligunt pulehritudinem domus 1 tuae ; tu illos magis
glorifieatos fac divinitatis tuae potentia et ne proieeeris nos, qui speramus
in-te.
Alta (voce) sacerdos : Quia tua est firmitas et tuum est regnum, potentia
1 In codice scriptum est saxelisa (nominis) pro saxlisa (domus).
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
91
6^303330.0., dôçnoo çoo ÇOOÇ03&0.Q. 8o8obo çoo dobo çoo ^8oçoobo b^jç^obo 0^
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36806 : 0836.
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36806 : 0836.
49 v
50 i
et gloria Patris et Filii et saneti Spiritus nune et semper et a saeeulo
ad saeculum.
Populus : Amen.
5. * Et dicant «Laudat» et super « Gloria» «Unigenitus»; ad-« Nunc * 49
et semper » instituant « Unigenitus ».
Diaconus dicat : Deinde-quoque et semper eum-paee (ad) Dominum.
Kyrie eleison.
Nos-adiuva, nos-salva, nobis-miserere.
Kyrie eleison.
Omnino sanctae, incorruptae, magis.
Populus : Tibi, Domine.
Sacerdos hane orationem pronuntiet : Qui communes has et eonsentientes
nobiseum voeiferantibus nobis-donasti orationes, qui duobus et tribus eon-
sentientibus nomine tuo petitionum gratifieationem pollieitus-est, tu nune-
quoque servorum tuorum petitionem ad-melius perfiee et da nobis in-hoe
transitorio (mundo) agnitionem tuae veritatis et in-futuro vitam aeternam
nobis-dona.
Sacerdos alta (voce) dicat : Quia benignus et hominum*-amator es, » 5
Deus noster, et tibi gloriam offerimus Patri et Filio.
Populus : Amen.
92
A. JACOB
6. çod <d>cnot«ca6 « 8018036363 » çoo œj«g6g6 ‘fyjjodjodbçogbgcmGo çoo
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'836^33060 ô8ôb 6^33660 00060 ^3oçpôcno ob^ç^oo/boooû yooajoçp
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36806 : 80033(0000, 0003*3060636(3300 çpo '83^336(0300 3ob. 3^3^(36003636
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^3oçpoooo 7)36000 3o3<^). ^o^ùç^’ootdoo '836, oçp3çp£)ûo, ùçp3çp£)ûO.
çoo coJ'jpG gA3o6 : 33(003^3^.60016. <nbooodA £o(nobda.
6. Et incipiant-cantare « Nostri-memento » et dicant stichos et diaconus
tollat evangelium et thuribidum, sacerdos rétro sequatur, et veniant ad^
regias portas.
Diaconus : Ad Dominum oremus.
Populus : Kyrie eleison.
Diaconus super « Gloria » praebeat sacerdoti incensum, sacerdos crucem
describat, diaconus deponat et sacerdos hanc orationem Ingressus pronun-
tiet ; Rex Domine Deus noster, qui ordinasti in eaelis ordines et exereitus
angelorum et archangelorum ad-ministrandum tuae gloriae, fac eum in-
gressu hoc nostro missionem sanctorum angelorum ad-faeiendum nobiseum,
* 50 v ad-mini*strandum nobiseum, ad-glorifieandum tuam benignitatem. Quia te-
decet omnis gloria, honor et adoratio Patrem et Filium et sanetum Spiri-
tum nune et semper et a saeeulo ad saeeulum, amen.
Diaconus sacerdoti evangelium praesentet et dicat : Cum-sapientia, erigi-
mini.
Populus : Venite, adoremus et proeidamus ei. Salva nos, Fili Dei, qui
natus-es e virgine et glorifiearis per sanetos tuos. Cantamus te, alléluia,
alléluia.
Et dicat populus : Kyrie eleison. Troparium diei.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
93
51
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Diaconus : Cum-pace (ad) Dominum.
(Propter) supercaelestem (litt. de-eaelo desuper) paeem et.
Kyrie eleison.
Propter paeem totius mundi.
Kyrie eleison.
Propter sanetam hanc domum et (eos) qui cum-fide.
Kyrie eleison.
Ad-liberandum nos ex omni.
Kyrie eleison.
Et propter omnes qui petunt.
7. * Sacerdos orationem « Sancte Deus » pronuntiet : Deus sancte, qui
in sanetis requieseis, quem ter-sanotae substantiae voce seraphim cantant
et (qui) a cherubim glorifiearis et ab omnibus eaelestibus potentiis adoraris,
qui ex non esse ad-esse omnia eonduxisti, qui eonfeeisti hominem ad-imagi-
nem et ad-similitudinem tui et omni gratia tu^ adornasti et dedisti ei sapien-
tiam et seientiam et non despexisti propter-offensionem (litt. offensione)
sed fundasti salutis paenitentiam, qui dignos feeisti nos, pauperes et
indignos servos tuos, in-tempore hoc stare eoram glorificato et saneto
94
A. JACOB
* 52 r
2,ù6 6^36 (3005030553000x160 çoo 6083^060 ^8050060 ^oç^oo&ùû çoo 8oo&£jb3-
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çoo 3^033^3300^ ^80500000 *836000x1000, 6008355360 bù£)3£)6ooo 2>o6 6000600
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3003553050 ^80500x1, £366^7635530.
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çoo *836500 5005032)060 *8336^7060300 808060 500 dobo 500 ^78050060 6^3553060
oÿ 500 80605006 500 £33^360000 £331360608503.
36806 : 0836.
çoo œj*jo6 « ^8o(od<n 258360000x1 ». çoo *838205018020 « ^8050001 25836-
cooaabd » 005305036 * 82525325560 603'5)60063325060 603250660.
8. 25003016806 mJ06 : 800136350300.
82525325806 : 8*835000^0x1 30033553000.
36806 : 6^553060 *836060
20003016806 : 6o2>6d6ooo.
00060.
ojboçY>9^)6o
5003000060. 8006350300.
7-1 <3aaüaÿ°fl6a6sie-
51 v altari tuo et debemus tibi (litt. tuam) adorationem et glorifi*cationem
offerre, tu, Domine, suseipe ex oribus nostris peeeatorum et Trinitatis
sanetae hymnum et respiee nos tua suavitate, dimitte nobis omnia peccata
voluntaria et involuntaria et sanctifica nostras animas et corpora et da
nobis cum-dignitate ministrare tibi in-omnibus (momentis) vitae nostrae,
per-intercessionem sanetae Deiparae et omnium sanctorum tuorum, qui
ab-aeternitate grati fuerunt tibi.
Diaconus : Nos-adiuva, nos-salva.
Omnino sanetae, ineorruptae.
Sacerdos alto, (voce) : Quia sanetus es tu, Deus noster, et tibi gloriam
offerimus Patri et Filio et saneto Spiritui nune et semper et a saeculo
ad saeculum.
Populus : Amen.
52 r Et dicant « Sancte Deus » et post « Sancte Deus » ascendant * sacerdotes
ad-dltaris cathedram.
8. Diaconus dicat : Respieite.
Sacerdos : Pax omnibus.
Populus : Cum spiritu tuo.
Diaconus : Cum-sapientia. Psalmus David. Respieite.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
95
çod 300006(30 coj'gdG ogbdcjnO'gBo, 50003016806 cnj'gob : bod6d6ooo.
çod ojocnbg6 bojoœbogo, àogjjnü. joo <3g3ço^<n3dço bojocnbogobo ooj«£pb :
6o&6d6ooo. d(™3<™£)*0. 03605^8^360 5003000060. 80036350300.
çoà a>j<go6 «ojmggngao* ». 'BgSjo&caSojo ((oçmQçm'£)*o*bo » 50003006806
bàjSgcjno 03'5)80006 joo coj'gob : bo&6d6o<oo>, 038060036000 500 06806300
Ç’doçpobô 606063^060*, coogobo 3060 gobogo oyoob.
9. çoo '83850^008050 boboAgbobo 50003006806 j’ggAgjb yoob : bo&6d-
6o<oo>, 038060036000, 300^000 3003353000, £)<2ÙÇ”00, '3353^30^36 6^336.
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3073530000 3£JÇ2?o<nù 3003530000 30063^0000.
33603533*6006.
«30305300 300353060 833600^35300, (38360000 8080000.
33603533*6006.
* 60083530 85005006 bo6 ^yoç^oo&oooo çoo $335306.
33603533*6006.
600835360 o6o* 363&Ù36 603^50053060* 83 6
33603^3*6006.
^8oçpo6o 0806 60653060 0036 çoo 600835360 6o6^8£)6oo3&ooo.
33603^3*6006.
366050 6^336(00 300353060 306 $06060, 60663060.
9. 1 sic; exspectes (3005030(^060*.
* 52 v
Et ut dicent psalmum, diaconus dicat : Cum-sapientia.
Et legant lectionem, Paulum. Et post lectionem dicat : Cum-sapientia.
Alléluia. Psalmus David. Respicite.
Et dicant « Alléluia ». Post « Alléluia » diaconus incenset et dicat : Cum-
sapientia, erigimini et audite sanctum evangelium, ex evangélio (litt. capite)
cuiuscumque erit (lectio).
9. Et post evangelium diaconus kuerexi faciat : Cum-sapientia, erigimi-
ni, dicamus omnes, Domine, miserere nobis.
Populus : Kyrie eleison.
Tota anima et tota mente.
Kyrie eleison.
Domine omnipotens, Deus patrum.
Kyrie eleison.
* Qui dives es misericordia et bene(ficus). * 52 v
Kyrie eleison.
Qui non vis mortem pe(ccantis). a
Kyrie eleison.
Propter sanctam hanc domum et (eos) qui cum-fide.
Kyrie eleison.
Ad-liberandum nos ex omni tribulatione, ira.
7
96
A. JACOB
* 53 r
çoù 300133^3°°'-* °°3^’ 600632360 °°f,bo'>3')6 çn96ooobo &o6.
çoù 36060 o6ob 003b o^o 9çp2,oo9o6o6o çoo.
'6353^’30^336 6^336, 206360000, çpoçpoooo Ç’yoç^’cadoood *9360000, 333350^3-
booo, ^3030^300, '9333^30^36 6336.
36606 «33603233x160060 » m.
3(n(og(m9d6 363 cmooQgô* 33cm< 0? >d3y6oa?iooo ÿo6cnj«)db : «3030^300
236360000 6^33600, o3y6oo&o* 363 33^3000* 33Ç063&060 6^336060* *630^063
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33603233*6006.
* 60*000 800^30^33, 6^3^33693^3 çoo 9ç33>bo63<ï>3Ç3.
36806 : 33603233*6006, 3.
9(n£og(m9d6 dcn9àjngn<nb : 60*6300^3 800^30^33 ÇOO 300008003^3063 bo6,
236360000 6^33600, çoo *836 Ç00Ç03&060 *833 <6^0603 >00 808060 çoo dobo
çoo ^9oçoo6o 6^323060 oÿ çoo 9o6oçpo6 çoo £)3£)6oooo £)3£)60606^3.
g69o6 : 0636.
Et propter omnes qui petunt a Deo.
Et propter populum hune hic stantem et.
Miserere nobis, Deus, magna miserieordia tua, te-precamur, Domine,
miserere nobis.
Populus « Kyrie eleison» novem (vicibus dicat).
Sacerdos hanc orationem cum-manuum-elevatione pronuntiet : Domine
Deus noster, elevationem hanc manuum precationis nostrae suseipe a servis
tuis et miserere nobis multa miserieordia tua et miserationem tuam desuper-
mitte super nos et super omnem populum tuum, qui exspeetant tuam (litt.
a te) magnam miserieordiam.
Diaconus dicat : Deinde-quoque et semper eum-pace (ad) Dominum.
Populus : Kyrie eleison.
(Propter) pium et a-Deo-eustoditum.
Kyrie eleison.
* 53 r * Ut miserieors, longanimis et propitius.
Populus : Kyrie eleison, tribus (vicibus).
Sacerdos exclamet : Quia miserieors et hominum-amator es, Deus noster,
et tibi gloriam offerimus Patri et Filio et saneto Spiritui nune et semper
et a saeeulo ad saeeulum.
Populus : Amen.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
97
10. ÇOOdjm63d6 : 0(300(3300 3000038333(3000 003b.
g69o6 ; 33603(33^6006.
8006^8^363000 3000038333(3000 003b.
33603(33*6006.
çpù 06^0006 8ùoo 60(8)3^30* 030 ('|g*38o6r>(8)3<î)(o6o.Q..
33603(33*6006.
çoo *830360)636 03060 ^boçoobo 80660 300000(3033.
33603(33*6006.
0(3600363, '830^30(33 çoo (000(3336 03060, (08360000.
33603(33*6006.
3000038333(3000 000360 00^3660 £3030(360 900^(0(^)0336000.
g69o6 : *836 £3030(300.
9cn(og(m9d6 gbg jjncaQgo* ^dAcojwjob 305063 500030060 o^yoaçoob :
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(33 80060000 *836000 %3(0ù 3^0003^9333(^000, 60083(3000 800^3(0633006
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(33&obo çoù *630360036 0^060 ^8oçoobo *83660 300000(3033 60800(30^(300
33^3360060 çoo *83^60(3636 0^060 663^3(360 *63660 608^360060.
10. Diaconus : Orate propter cateehumenos.
Populus : Kyrie eleison.
Credentes propter cateehumenos.
Kyrie eleison.
Et doeeat illos verbum veritatis.
Kyrie eleison.
Et uniat illos sanetae suae, eatholicae.
Kyrie eleison.
Salva, miserere et eustodi illos, Deus.
Kyrie eleison.
Cateehumeni, eapita vestra Domino inelinate.
Populus : Tibi, Domine.
Sacerdos hane orationem pronuntiet dum diaconus dicet : Domine Deus
noster, qui in exeelsis habitans es et humilia respieis, qui propter salutem
hominum misisti unigenitum Filium tuum^ Dominum * nostrum lesum * 53 v
Christum, intuere super servos tuos cateehumenos, qui inclinant tibi eer-
viees suas et dignos fae illos in-tempore opportune lavaero seeundae (litt.
secundo adv.) nativitatis, ad-remissionem peeeatorum et ad-induendam
ineorruptibilitatem et uni illos sanetae tuae, eatholicae, apostolieae eeele-
siae et adnumera illos electo tuo gregi.
98
A. JACOB
3(n£og(mdd6 djnbo8ojncjng&gcjno : 6ùûooo 36360(30 6^336 0006033 oçoo-
ÇPûkço'jG ^0(*)OooLù6bù, çooçooço 'B^j'jEio'j&bo bob^ç^bo '83660
8o9obo çoo dobo çoo ^8oçoobo b^jç^obo o^ çoo 8o6oçoob çoo £)j£)6oooo
£jj£)5obo9çpc).
36806 : 0836.
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54 r 300003^38333(^’60 bo6oo 30633(0000, 3000038333^360 * bo6oo 50633(0000,
603(03660 3000038333^360 bo6oo 30633(0000, 6^3 306 3000038333^000
3060 06083(0 £>03(03550 80016^8^36360 30600 ^30353060 8080600 30^3001-
(JOOOO.
36806 : 33603233^.6006.
3(n(og(mdo6 gbg gnwiQgoa ^oAcnj'gob : 380(023002)00 ^36, «30302300 (3836-
0000 802300000, 6008323806 çno6b 83336 6^336 0^7 (jo ^706(030080(0 ^9oçoobo
'83660 603^360063332360, '8336(000190(0 *83660 800^302332)060 6^336000
(3001(030000 003b çoo 36obo ^383(3632)060 003b. *830^063, ^30302300, 33(063-
2>ùû 6^3360 çoo 83336 6^336 çno6b 300030(0 *83^70630(0 *836(00 3350632)060
çoo 9bob£)63<ï>ùbù çoo 9bb^3363ç3bo ^bobbçj^oobo 2 6^336000 (3001(030000 003b,
300323060 003b 36060 *836060, çoo çno6b 83336 6^336, 600832360 363
(003^30(030636 8bob£)63&obo o8ob %3(oo, 80230000 ^8oçoobo b^jç^obo,
54 V 83(3603632)000 çoo3 * ^ù68ù6oo3&^iÇ33&000 ^8oçooooo 800^70800^)0000
10. 1 bis seriptum. 2 ^jbobbç^ooiç^ooLo sic. 3 iterum scriptum in
initio paginae sequentis.
Sacerdos exclamationem (faciat) : Ut hi-quoque nobiseum glorifieent
omnino venerandum, magnopere pulchrum nomen tuum Patris et Filii et
saneti Spiritus nune et semper et a saeeulo ad saeeulum.
Populus : Amen.
Diaconus corporale explicet et dicat voce (alta) : Quieumque eateehumeni
54 r estis, exite, eateehumeni * estis, exite, quieumque eateehumeni estis, exite,
ne quis e eateehumenis sed quieumque eredentes sumus, ad Dominum ore-
mus.
Populus : Kyrie eleison.
Sacerdos hanc orationem pronuntiet ; Gratias-agimus tibi, Domine Deus
potentiarum, qui dignos feeisti nos nune-quoque adstare saneto tuo altari,
proeidere tuae miserationi propter nostra peeeata et propter populi igno-
rantiam. Suseipe, Domine, preeationem nostram et fae nos dignos fieri
offerre tibi preeationem et ministerium et hostiam ineruentam propter
nostra peeeata, propter omnem populum tuum, et dignos fae nos, quos
eonstituisti super ministerium hoc, potentia saneti Spiritus, eum-cognitione
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
99
^oTtby&obo b^ybobonooo bçooço TlyBçoo yo>33Ç^bù jpdbo çoo oço^oçj^bo,
£>03.000 obdoboo b^jrjbo ÇOO ,332>3^‘jOÇ”E)£) d&ùgç^OOOÙ 'drjBoOOÙ bôborj-
£>r)&0000.
Cooojm63o6 : '3o2)'3oÿoû6, 2^0^003636, ^O^yoç^Qb.
gA3o6 : jj^oj^jriboob.
jooojca63o6 : bod£>d6ooo.
8cn£ogen8d6 3d(n(md£o : £)ùndyoo£) g/B^yBob ycTtyrjç^o çpoçpy&on, àoç’jogo,
cnùy£)ùE)ob(j£)9o.a dodobo çoo dobo çoo ^doçoobo b^jç^obo oÇ* çoo 9o£)ùçoob
çpo 33360000 £)3£)6obù9çp').
g68o6 : ody6.
11. jooojmB3d6 : dy&dy <çpo 9a>(^9a(jo.
33603^3*6006.
%r)g)ù(^)ÇOo9oTi dTJyçooodobo.
33603^3*6006.
dTîjçooodobo.
33603^3*6006.
^doçoobo odob bobç^obo.
33603^3*6006.
^bboço 6336500 30035^060.
33603^3*6006.
çoo 3^033^000 003b, 600635^60 ocDb<n<3>g6 3035^060 306.
et * eum-reetitudine, puro testimonio mentis nostrae, invoeare te in-omni * 54 v
tempore et loeo, ut audias nos et miserearis nobis multa tua benignitate.
Diaconus : Nos-adiuva, nos-salva, nobis-miserere.
Populus : Kyrie eleison.
Diaconus : Cum-sapientia.
Sacerdos alta- (voce) : Quia te-deeet omnis gloria, honor, adoratio Patrem
et Filium et sanetum Spiritum nune et semper et a saeeulo ad saeeulum.
Populus : Amen.
11. Diaconus : Deinde et deinde-quoque.
Kyrie eleison.
(Propter) supernam (litt. superius) paeem.
Kyrie eleison.
(Propter) paeem.
Kyrie eleison.
(Propter) sanetam hane domum.
Kyrie eleison. «
Ad-liberandum nos (ex) omni.
Kyrie eleison.
Et propter omnes qui petunt a Domino.
100
A. JACOB
3(n(og(mdd6 gnwiQgdfl. gbg ^dAcnjwjdb : jwjùçjpùçp çoo d&ùgùçjp g^ob 'BrjG
^02»°3(^C°0^OOT ÇOù BOSûC^clkoOT, bôborjf^OTi ÇOÙ JùQOoQcoy^JùfyjCO, &ÙÛOTÙ
55 r 3caoboç*>ca * 33Çpfyj&ùbù G^jGbù ’bjçpù, g)ùGÇ>9oçp3 G^jjGGo b^jçpGo
ycaSçv.obù g>ùG1 '3Q2>oGg2>obù2 ^0Tt(^)(jOTùûbù çoù b^jçpobù, çoù d^g^jQ
ftwjjG £)&d->ùÇ™COÇO çpù Çpû^'B^^Ç^’ùÇO Ç’ùtOÇpgjfodùÇO ^Ooçoùbù 'BrjGbù
bùJ£)£>OTbr)3')Ç^’bù çoù 9cOùGo$£), Çn9r)£)OOCO, OTùGùOç^COQggç^OOÙ b^jGûOÙ
^ù£)9ù<£>>oof)&ooo (jbm^^&ùû çoù bùtoÇ’d^Gcojdooo çoù g^çpobbSobycoop.a
b«jç*>OQ(^o. 9co£)(J 9ùoo yc'vjC^çpg') 'So'Booo çpù boy£)ù£>£|çpooo Obùb^jfyj&ùçp
'SjGçpù £)&£)ÙÇpCOÇO, çpù£)'3^3çpùço ‘boùfyj&ùço ÿdoÇOÙCDÙ 'GrjGoOÙ bùOÇO£)9-
çpcnooù çpù ‘bjQobù T^Gbù bùb^jo^flçpbù djaçpfyj&ùçp.
coodjcaBadB : ^^ojG, ^ùQbo^GjG, ‘aoagÇyùcpaG.
gA3i>6 : j3&of)çp3.abcnG.
çoodjm63d6 : bo&£)dGocn.
3(n£og(mdd6 dtnSdjnjjntnb : (‘nùfi.OOù dçporjfyjdocnù '3qGoooù ÇOù(J3£)ç™Go
v 'GjGçoù çpoçpQ&ùbù 'c^bÇ’o^goçojoo * dùdobù çoù dobù çoù ^Qoçpobù b^jçpobù
ù^ çoù 3ù£)ùçoob çpù ^jjvrjGoooo £)j£)Gobù9çp£).
gAdd6 : ù3r)G.
12. çoù djnojnwiB 1 joodjmBcnd bdQgçjb'gAo çoù bdS^gAmbgcjno qoù
bdBcngcjno, çoù 8jnçog{jn8d6 bdAdoOo qoù «gg’Bb'gjgSo, çoù bo^Ooçog <3g3<no-'
ygdBcaB. çoù ogbùgn^cnù a>J<”p6 3800»$ bo^do£oobda ; £)co9'jçjpGo j<j£)ù&oGcnù
bùoço£)9ç^’cobù.
11. 1 supra lineam. 2 'Brj- altéra manu supra lineam.
12. 1 ù- supra lineam.
Sacerdos orationem hane pronuntiet : Rursum et saepe tibi proeidimus
* 55 r et te-preeamur, benigne et hominum-amator, ut intuearis * super precatio-
nem nostram, emunda nostras animas ab omni inquinamento carnis et
spiritus, et da nobis ineulpate et indemniter adstare saneto tuo altari,
et dona, Deus, eoorantibus nostris eum-rectitudine vivere et eum-fide et
animadversionem spiritualem, da illis omnino eum-timore et eum-earitate
ministrare tibi ineulpate, indemniter eommunicare sanetis tuis mysteriis
et eaeleste tuum regnum hereditare.
Diaconus : Xos-adiuva, nos-salva, nobis-miserere.
Populus : Kyrie eleison.
Diaconus : Cum-sapientia.
Sacerdos exclamet : Ut virtute tua eustoditi tibi gloriam offeramus
* 55 v * patri et Fi]j0 et saneto Spiritui nune et semper et a saeculo ad saeeulum.
Populus : Amen.
12. Et tollant diaconi thuribulum et flabellum et lucernam, et sacerdos
calicem et patenam, et sanctificata introducant. Et cantores dicant voce
(alta) Sanctificatorum (hymnum) : Qui eherubim mysterium.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
101
3c»cogcjno o3o<b> gnwiQgàbd o^ymjoob ^9oçoobo bobognobo : 060x1306
o6b çpo6b, 60083^0 *83363CP 06b ^o^çy^çjpooo g^oG 2 ^3^0600^360000
ÇOO ^rjBoTiCnô, ^ù6çOg)Oo8ùÇO g^oGù 9oobç”f)&C>ÇO 063 660636360(0 T^GçOO,
333733e01 C00C°3^0bùOTi, 60x183003 860636360x1 '6360 çpoçp 066 çoo 6o7)o-
63(3 ^ûG°^d Boç^ooo g^oG. 06083(0 0360(363(30000 * ^360000 30(30080033- * 56 r
06360OOO ^)^(J333Ç^ùÇp çpo g^ùBcTi^Ooj^BjÇpùÇp ojBrjG JÙQ ÇOO 8(^(03(300-
6008(0360(0 6336(00 g^ùGoo'Bb < 6> ÇOO ÇOO 660636 J)J)Oû 36066(300X160
666336^(3060x1 *63^70630(0 80083(3 6336, 300006(30 3030(3606 J ^33(3"
OOù8o6, 60x183003 *836 £)<3CP3<Î> QOOOÙ çpo ^3yùGùbù, 60083(30 6ùyçpo6o00
^360^06000 %3ÇOO 8^(0008063 6ù6, 60083(30 6360^06000 3030(30 6ù6
çpo 833033 0660^(3060x1, 60083(30 8600(300x1 6o6 çpo ^Soçpoooo 7)o6o
3060633635. *836 5333(063^0 8600(30060 60603660 çpo ^33(306800^83(060,
800060(33 638 %3çpo (300(030(360 o9ob çpo 3380660 8006060 *83660 3 doçpo-
ooo 63(3060 ^780(0060x1000 *8380060(30 8333(300^060 803(30000 ^o&çpgjCo-
9oçp ^9oçpobo o9ob *83660 £)6o33*bbo çpo *83^706303 * ^Soçpobo *83660 * 56 v
3006(360 çpo bobbçpbo, 60x183003 *83630 800303633 jflÇobo 63860 çpo
2>930C°fy)ko : ^3 5063 800^(333 3o6bo 7)3660 638 306 çpo 63(30
*83360(36 830103 83 0336000 *836000 g^oG 060833 668063 *83^706303
*83630 833360 363 636 9036 (300330(3060 çpo 33066060 8oo5obo *8360-
bo, 60.0.83003 7)36 6o6, 60083(30 7)30^06034 çpo 60083(30 7)30^70630
çoo 7)30^7360636, j6obç*)3 çn936oooo 633600, çpo ^Gçpo çpoçp36obù 7)336-
2 supra lineam. 3 '936060 ; hic graecus addit ko.! tKavaxTov fie (Bright-
man, p. 318, 1. 23) vel Kai Kaôâpi&ov p.ov tt/v «/'vx^r Kai T*lv KaP^a-v Ôltto avvet-
St/ctcws TTovrjpâs Kai iKavwaôv p,e (Brightman, p. 377, L 31-33). 4 7)30^706
sic, -03 addito secunda manu supra lineam.
Sacerdos hanc orationem dicat saneti Basilii : Nemo est dignus, qui
colligatus est carnalibus concupiscentiis et gustibus, adstare vel appropin-
quare aut ministrare tibi, rex gloriae, quia ministerium tuum magnum
est et timendum caelestibus potentiis. Sed innumerabili * tuo hominum- * 56 r
amore inconvertibiliter et ineffabiliter factus-es homo et ut-pontifex noster
apparuisti et ministerium incruentae hostiae offerre dedisti nobis sicut
Dominus omnium, quia tu dominaris caelorum et terrae, qui super thronos
eherubim sedens es, qui seraphim dominus es et rex Israël, qui solus es et
m sanctis requiescis. Te precor solum benignum et beneficum, intuere super
me peccatorem hune et inutilem servum tuum <•••> potentia Spiritus
saneti, vestitum saeerdotii gratia, adstare sanetae huie tuae mensae (trapeza)
et offerre * sanctum tuum corpus et sanguiaem, quia tibi inelino eervieem * 56 T
meam et precor te : ne foras averteris vultum tuum a me neque eontempse-
ris me a pueris tuis sed praeeipe offerri tibi munera haec per me peeea-
torem et indignum servum tuum, quia tu es qui offers et qui offerris et
102
A. JACOB
Ço6<ù3>cn 8o8obo çoo dobo çoo ^Soçoobo b^jç^obo oÇ* çoo 8o6oçpob çoo
«33*360000 £)J£)6°bo9ço'), 0836.
13. <3g3co&<n3dço *3')8<ng3d6')bobd Qodço^ob bo^SoQog Tigcod boj'gAcobg-
ggcjnbd, ojnbdàgAmbgtjno çoolb'gAwiG. çoodj<n68o6 bojSgtjno 8<ndj«)8owib
^oAgSm bdj«)Aœbg3genbd çoo Sjnçogtjncod «jj’gSomb.
14. * 8jnçogcjn8d6 çooobd66gb 3q<2«>Bo çoo oçjjymçoob : Ç0030&Ù636
bo^Soçpoooo 33^360 63860 305063 2>odï3^OQ*i03CE)0 ^0^ £)<goç™co.
15. £oodj<n63d6 ooj«æb : 0366*3^30000 ggçpfyj&on 63360 S'Bjçpca&ooo.
33603^33*6006.
^o6ùço033&3Ç2?o^'-> 3oç®)Ooob6obo.
33603^3*6006.
^Soçoobo o8ob 60653060 003b çoo 600835360 6ù6^8£)6oo3&ooo.
33603533*6006.
366050 6^336500 300353060 306 $06060.
çoo ‘jcv>33Ç^of>'>-
3(n£og(mdd6 gbg 23005530* ^oAœj'gdb : ^30305300 300353060 83y6oo&353oo,
8600530000 ^8050000, 60083530 *830^0603 866^36635360 $3^06060, 6008353-
60 ^6050006 ^36 3003530000 ^3] 530000 80000000, '830^’063 63)360530
5300503053000 08000 1 33506360* çoo ^30^063 ^8050060 '83660 603^360063-
335360 çoo 50066 83336 '83^7063050 '836500 850^33660 çoo 866^336^5360
15. 1 secunda manu supra lineam.
excipis, Christe Deus noster, et tibi gloriam offerimus Patri et Filio et
saneto Spiritui nune et semper et a saeeulo ad saeeulum, amen.
13. Post introductioneim ponat sanctificata super altare, sublevata ope-
riant. Diaconus incenset circum altare et sacerdotes incenset.
14. * Sacerdos lavet manus et dicat : Lavabo sanetitate manus meas
usque-ad Benedicam te, Domine.
15. Diaconus dicat : Perficiamus preeationem nostram eum-paee.
Kyrie eleison.
(Propter) propositum hoc et venerandum.
Kyrie eleison.
Propter sanetam hanc domum et (eos) qui eum-fide.
Kyrie eleison.
Ad-liberandum nos ex omni tribulatione.
Et (propter) omnes.
Sacerdos hanc orationem pronuntiet ; Domine omnipotens, sole sancte,
qui suseipis hostiam laudis (ab iis) qui invoeant te toto corde suo, suseipe
nostram-quoque peeeatorum horum preeationem et offer saneto tuo altari,
et dignos nos-fae offerre tibi munera et hostiam spiritualem propter nostra
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
103
b«j 5^03680 8338000 * (3005030 <ooo> 003b çoù 36080 383(363^080 0038, * 57 v
çoo 50068 83338 8338 ^0038050 80505^80 ^obù^ T^bbo, 60*000 3^8808
8000800 888*33635^0 £)b£) 83380 çoù 8001303083 8*35^0 80505^080 ^38080*
8080360 8*338 *83500 çoù ^08085032)06380 ù8ùb 850^33880 %3çoù çoù
3003355380 *83500 3680 *33880.
coodj<n6ad6 : *83533^038, 2,30(38003838.
336035533*8008.
50533 300335530 86^5530050 80^8050000 3(3^05033553^50, 303553080 8036
3000800 0000.
g63o6 : 8003380505533 303055300.
083355300*80 a't^çpoo&obù*., 8(3335530.
*^8003380505533 303055300 2.
T^SçOOodù* (JOOÇO3ÙOOÙ* ÇOù 8oO(^)333&ù*..
8003380505^3.
J3OOO553O çoù 38^00^380 ÇOÙQ3Ù*.
8003380505533.
8083(^80380 30880 (jboo63&obù.
8003380505^3.
^6ob(JJ)3ù8oodooo ùçnbùb6^)5jY>o (380063^080.
2 in linea praecedenti.
* peccata et propter populi ignorantiam, et dignos fac nos invenire gratiam * 57 v
coram te, ut tibi-fiat grata hostia haec nostra, et infunde Spiritum gratiae
tuae benignum super nos et super proposita haec munera et super omnem
populum tuum.
Diaconus : Nos-adiuva, nos-salva.
Kyrie eleison.
Diem omnem perfecte, cum-sanctitate, inculpabiliter, per Dominum peta-
mus.
Populus : Nobis-gratificare, Domine.
Angelum pacis, custodem.
Nobis-gratificare, Domine.
Veniam peccatorum et remissionem.
Nobis-gratificare.
Bonam et meliorem custodiam.
Nobis-gratificare. *
Reliqua tempora vitae.
N obis-gratif icare.
Christianam (lift, christiane) finem vitae.
104
A. JACOB
* 58 r
* 58 v
8(03^)8050^3.
3(035^050 Ç’Soçooû, £jb£>Ç’6'jç^>o, ^aj^xoûboçp.
36806 : '836 «jajùç^co.
* 3c»cogcjn9d6 3djnjjnd£o : 3o'îÇ’ydç™0(!)OOTd 3b(oç”(oçof3(o&oç">obo dobo
'drjbobôûOTO, 6(o8ç^>obo ooo6o J^^oob^ç” bo6 3013^050 ^Soçpooo,
60603600, çoo QboTt<3>3Ç^>b9yoTiç3Qç*>ooo b^ç^ooo £)6a> oÇ* çoo 8o6oçpob
çoo £)J£)5oooo £)J£)6obù9çp3.
36806 : 3836.
16. 8cnçogcjn8d6 : Q'B^çpco&Oû y^ûC^000-
36806 : b^ç^obo T^bobo 00060.
£oodjca63o6 : 3f>3£)o63&ooçoooo ^360003600066
çoo o8bwi6b'gywi6. *3g3co3Wi3dço oSbtnAobgwugobd £oodj<n68d6 œj«pb
3800,0 : 30660, 30660, Scoàbjçojoo.
36806 a 3'36^0860 ». <3g8ço^wiad£o a £>5)6^086060 » £0003016806 qoa
ojnoiyAob £00 a,j>gob 3800,0 : 3503300 33000^3050, 3Ç?2>£)°° 'So'Booo, 800^63-
çojoo ^Soçoobo '8360^7060360 S'Sjçooo&ooo 'cJjÇ’oeo^ç^bo.
36806 : ^jùç^oo&oa, a'a^çpoo&oû, '8360^706030 ^ftobon.
d£n£og£mdo6 0£nbo8o£n£jngbg£jno : * 8oçoç^>o ^ojç^obù 6^)36060 03 b^]
^606(^)360 çoo boy£jo6>£)ç”0 538600060 SoSobon çoo '60063^0^. 3003553050
Ç’Soçoobo b^ç^obon 03036 00^36 30033553000 00060.
16. 1 -o6b supra lineam.
Nobis-gratif icare.
Omnino sanctae, incorruptae, magis.
Populus : Tibi, Domine.
* 58 r * Sacerdos alto. (voce) : Miseratione unigeniti Filii tui, eum quo bene-
dictus es una-cum omnino saneto, benigno et vivifieo Spiritu nune et semper
et a saeeulo ad saeeulum.
Populus : Amen.
16. Sacerdos : Pax omnibus.
Populus : Cum spiritu tuo.
Diaconus : Diligamus invieem.
Et osculentur. Post osculationem diaconus dicat voce (alta) : Portas,
portas, respicite.
Populus «Credo» (dicat). Post «Credo» diaconus vélum sublevet et
dicat voce (alta) : Stemus bene, stemus eum-timore, respicite sanetam
oblationem eum-paee oblatam.
Populus : Miserieordia, pax, oblatio laudis.
* 58 v Sacerdos exclamationem (faciat) : * Gratia Domini nostri lesu Christi et
dileetio Dei Patris et cominunio omnino saneti Spiritus sit vobiseum omni-
bus
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
105
gA3o6 : çpo 2 b^ç'pobo *836060 oooGo.
3jnçoggn3à6 : %q9(Jô o£)oùG 5£)Ç2?^°
gA3o6 : ^ajçjpobo 8odo£)oo.
8cnçogcjn8d6 : doçpçjpo 8036(3300 ^jajùçjpbo.
gA8o6 : çpo£>b o£>b çoo 8o£>oooçjp.
3(n(og(mdà6 gbg jjnwiQgda ^dAcnjwjdb : çno£>b o£>b çoo dù£)ooùçjp T^Gçpo
^oçjpoo^oçp, rr3gGçpo Soçpçjpoo&oçpa, T^Gçpo oooy^joGob^doçp yo>33çpbo
oçp^oçjpbo v’jajçjpj&obo *83606060, £)on.83oo^) *836 bo£> çnSrj&cno gjoSoo^jooj^;-
9qç^>o, *83£)*bço£)Çp33çpo, «jboçpogo çpo So^Ç’çpooSjç^’o'4, bo8o£)ùçpoboo^i.
8o£>oçpob bo£> goooo&Qù *836 bo£> ooogoçpo çoo 8bo>çjpo>çp,3o>&oçpo 83 *8360
çpo b^jçp° ^8oçpon. *8360. *836 * o£>o £>Oûbo ^06 o£)boçp 800^3330636 çpo
ÇOOQrjG^JçpGo ^S^ûÇO^oG^G J£)OÇjpùçp çpo O(£ù g^6g)£)3*8o>£>3 bwjrjG
goçpfyjGçpob <b')(joçp oçn^jygoGgG çpo 606^303333^0 Soog^oGo^ drjdidobo.
o8ob 3003^060 003b ^doçpç^oodoo *836 çpo 8booç^’ooçpr8oo<î)oç"’bo 8360 *83660
çpo b^jçjpbo *83660 ^doçpobo, ‘jOT^çjpooo 003b, (^ooidrjçpGo ^3^36000 çpo
(^)OTidr)Ç<pGo o£)O £5^36000, boboGoobo çpo £)P>o6oo6o JQODOçpGo, (^cadrjçpGo
6^)36 %3çpo 0^86636. adoçpçpco&cn *836 'Bgbo^o^ogoboQo 0806 003b
£>0.0.000 3OCT000 2>ô6 ^336 (jooçpgoçpooo 'Bj^o&goçp çpo£>6 83363, £>00.8300^3
*836 ^7060*83 çp^oGoG oooùb3£)çpGo 9ooo3o£)oG2)3çpoo<bGo çpo &33£>3£)ç^Go
oGajçpoo/bGo, jrj£)ù&oGGo çpo bj£)ù&oGGo * 3^b 3^b (2&003G0, d£)03ùçp-
oo£jùçjpGo, oçp3y£)oo&oçpGo oj£)0032>oooù.
2 çpog sic. 3 secunda manu supra lineam. 4 -^çpoo^çpo supra lineam.
59 r
59 v
Populus : Et eum spiritu tuo.
Sacerdos : Sursum sint corda vestra.
Populus : Habemus ad Dominum.
Sacerdos : Gratiam demus (litt. tradamus) Domino.
Populus : Dignum est et iustum.
Sacerdos hanc orationem pronuntiet : Dignum est et iustum te cantare,
tibi gratias-agere, te adorare in-omni loeo dominationis tuae, quia tu es
Deus ineffabilis, ineireumseriptibilis (litt. « in-insaeptibilis »), invisibilis
et inaeeessibilis, sempiternus; semper es sieut tu es ipse et Unigenitus Filius
tuus et Spiritus sanetus tuus. Tu * ex non esse ad-esse nos-adduxisti et * 59 r
lapsos nos-erexisti rursum et non reliquisti nos donec in-eaelum nos-sursum-
duxisti et regnum nobis-donasti futurum (litt. futuri). Propter hoc omne
gratias-agiinus tibi et unigenito Filio tuo et Spiritui tuo saneto, propter
omnia quae seimus et non scimus, manifesta et non-manifesta bona quae
super nos facta-sunt. Gratias-agimus tibi «propter oblationem-quoque hanc
ut e manibus nostris peeeatorum offerre dignos nos-faeias, quia coram te
stant milia archangelorum et myriades angelorum, eherubim et seraphim
* senas alas-habentia, multos-oeulos-habentia, sublevata alis. * 59 v
106
A. JACOB
d{n3dgj2ng : dç^jgobù ^oç^oobobo T^bÇoA^G, 3900&36, çpoçpùçp3&3() çoo
°ÔJ3ô6-
gA3d6 : ^9oçpo o£)b, ^9oçoo o£>b, ^9oçpo o£>b 'Qtgoç^o bodocooo, bogbr;
o<£>oo6>.
9cn£og(m9d6 gbg tjnmQgoa ^oAcnj''jpb : T^ço^ooÆoço o9ùoo bobd^^Qç^OTô
doçpcoù fyjabQô, 93^303300 çpoçp3&obooot jd(joo9coy£)d£>3co, 33900&00 çoo
3°ôd3OT 5 : ^°C°Ô bo£> çoo ‘jcv>3ç*>ùço ÿ9oçpo o£>b 9bcoç^’coçof9coàoç^’o dg
'drjbo çoo b^jçpo ^3 Go ^9oçooû, Ç*9oçoo bo£> çoo y^ç^oço ^9oçoo çoo çpoçooçp
'9^33603^ o£>b çpoçp^doû *9360, (£0^9300^3 bcoç^ç^o *936 3b&300
30CDÙ&93Ç0 dC3(jo ^360 9bcoçpcoçpr9oob>oç"’0 9co93(j £>0.0.000 y<v>33Ç^,bù,
60 r £>co93ç^>bo J£)^93b3b 9obo 9o9o£>oo, * o£>o ^o£)^y9ço3b o£>ù93ço o^bço3b
(jbco£>3<î)do. bù£)j£)E>ooa, £>oo93ç^>o 030 90030ÇOÙ çpù 30033^033 ^36 003b
oçpob£)£)çpù 306332»^) çp3&ùû çoo çpo93bo, £>oo93çpbù 9o3(j39coçpo 030
(jboo£>3&obo 003b booogçpobù, 9ooçnoo 3^)£)o ^9oçpoooo 9obooo %3çoo çoo
£)b£>^E)3çpooo 39C?000’ g^çpç^kçoo, ùj£)£)oobù, ^oGç^bo çoo 9ob(jo
^9oÇOOOOÙ 9nbooù 900^70033000 ÇOO gooçjo^çpooo ÇOO 3£)$£]0.
9£n£OQgn9o6 obo9djngn3&3gno : 9ooçp300 ÇOO $09300, (£0^9300^3 3b3 o£>b
3oo£>(jo P>39o 00^3 G 003b ^oG^boçjpo 9obù(*)333<ï>3çrooço Q00Ç030000.
gA3o6 : 0936.
3jn£oggn9o6 gnooQgoû. : 35^333 9bg)03boço bob£)93çpo ,939ço3oo9oço
b3£>co&obo çoo oo$£)0 :
5 -00 supra lineam.
Exclama : Vietoriae hymnum offerunt, voeiferantur, clamant et dicunt.
Populus : Sanctus est, sanctus est, sanctus est Dominas Sabaoth. Pleni
sunt.
Sacerdos hane orationem pronuntiet : Post has beatas potentias, nos-
quoque, rex gloriae hominum-amator, vociferamur et dicimus : sanctus es
et omnino sanctus est unigenitus Filius tuus et Spiritus tuus sanctus,
sanctus es et omnino sanctus et magnopere pulchra est gloria tua, quia
mundum tu ita dilexisti ut Filium-quoque tuum unigenitum dares, ut omnis
60 r qui credet ad eum, * non pereat sed habeat vitam aeternam. Qui venit et
omnem propter nos perfeeit dispositionem et nocte, qua tradebatur propter
vitam mundi, accepit panem super sanctas suas et incorruptas manus,
tibi-gratias-agebat, benedixit, fregit et dédit sanctis suis discipulis et
apostolis et dixit.
Sacerdos exclamationem (faciat) : Accipite et comedite, quia hoc est
corpus meum propter vos fractum ad-remissionem peccatorum.
Populus : Amen.
Sacerdos orationem (pronuntiet) : Ita-etiam similiter calicem post coenam
et dixit.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
107
OjnSojngng ; l)£)Cn o8ob 3060 <^£336 363 o 6 * 6066530 6380 * 60 v
0653060 f3^^ç*>obôû 00^36 0036 çoo 8603053000 003b çoùcnbg«jç«o 8060-
Ô03Û2>ÛCr,ôCO (3^(030000.
36806 : 0836.
17. 3jn£ogtjn3d6 gncaQgoa. : 8003036363600 0^ (3600636060 0806 8(363-
6060 500 'jcv>33C?bô33 ^£336 003b ^SG^ç^bô, ^£jô£)(j£)9ôbo çoo 50003533060,
83608360 5053360 05050^008060, <^3(3050 080505336060, çoo 80(^^^336000
500^50008060 çoo 83006350 ^£3053050 5005036000 8006533060.
OjnSdjncjnü : *83660 ÇOO *836 803660 <836500 <8336^060300 y^Ç^Çt^
çpo 3003353000 003b.
36806 : '836 ^0^05300600, *836 5^3^360063300, '836 ^80505300600, ^30305300,
çoo 533350636000 '836, 508360000 6^33600.
18. SjngoggnSoB tjnmggoa : 83683(30 *8336^060300 *836500 60(^333660
o8ob 500 ^36066530060 86b£336’*353bo çoo ^boçoooo 500 533350636000 :
3065008000353063 6^3530 Ç’Soçooû *8360 1 6^336 <63500 çoo ^060850606360
o8ù6 850^33660 <63500.
ojnoOoAcowib Sjnçoggno ojo, gJ'ÇJoAo (oob^gAcnb à^jAbo çoo œj^pb
boocogScjncaço : 500 303 <$£360 363 3ù(*)Ooo6o6 joo6(j j6ob(*)C3 *836060.
20003006806 : 0836.
61 r
6 iterum scriptum in initio sequentis paginae.
18. 1 seeunda manu supra lineam.
Exclama : Bibite ex hoc vos omnes, hic est * sanguis meus novae legis * 60 v
propter vos et propter multos effusus ad-remissionem peeeatorum.
Populus ; Amen.
17. Sacerdos orationem (pronuntiet) : Memores-sumus nune vitae huius
mandati et omnis propter nos faeti, erueifixionis et sepulturae, tertia die
resurrectionis, in-eaeluin aseensionis et a-dextris sessionis et secundo rursum
eum-gloria adventus.
Exclama : Tuum et (quod) per te (est) tibi offerimus omnino et propter
omnia.
Populus : Tibi cantamus, te benedicimus, tibi gratias-agimus, Domine, et
preeamur te, Deus noster.
18. Sacerdos orationem (pronuntiet) ; Deinde-quoque offerimus tibi
rationalem hanc et incruentam hosti*am et invocamus et preeamur : desu- * 61 r
per-mitte Spiritum sanctum tuum super nos et super proposita haee munera.
Erigat-se sacerdos hic, crucem describat pani et dicat secreto : Et fac
panem hune venerandum corpus Christi tui.
Diaconus : Amen.
108
A. JACOB
61 v
62 r
boAdodbd joàb^gAmb joa cnj'jpb : boa^m bôb^)9gç*>o gbr) t
jùg 3ô(^)ocabô5 bobbç*> ^riob(®)g 'BgGobô.
ÇOOdJCa63d6 : ô9jG.
(n^bagg gj'gdAo jodb^gAmb çod2 œj^pb3 : 'Bgg&cng&ocnô b^ç^obo
f3g6ob<d> t ^9oçpobôûOTô.
(oodj<n6dd6 : ô9gG.
19. 3c«çoggno àjd SmjoAjgb jod gbg jjnwiQgda ^dAœjwjdb : £)ôûooô
g^Ggb <^oTi9gç^>ooô Sooçnooib ^ôGbô&ôGgç^ôço b^)ç*>ooô,
(joTiçpgùcnô, ‘boùfyj&ôçp b^ç^obô ^9oçpobô, * bôb^o^gggç^obù oçnbôgbg2>ôçp,
jôçoEiog&g&ôço ^oGô'Bg 'BgGbô ,ô(^)ô çoôbô'9^gç^>ôço çoù'9^oç^>g2»obô.
<^>dû9goo^) 'Bggb^o&ogcn 'BgGçoo b^ç^ogc^bd ô9ob 9bb£)g£)3ç*>bo bô(^)^9«j-
Gcagdooo ôçnb&^ç^û^^C^000 OT3^ 9ô9ôooô çoo 9ô9ôço9ooôgô(^)cnô, ^o5ôûb^ô(^)-
g^ôdlDOC?000’ ^^G^^C?000’ ^j°C?ù2>û^ûC?<nù> 9ôbô(^)g&gçnr>00ô, 9oTt^ô9gOOô,
ô(n9bùô£)£)&£)ç^>cnô, 99ô(^)bggçv>cno çoô jojggç^cnô b^ç^ooô bô(^)^9^)GoTig&ocn
dçnb£>£)(™£)(!)£)(™ood 003b.
3(n£og(mdd6 djnbdSdjntjngbgcjno : ff ^jSg^jbôço jo>gç™ôço ^9oçooû.,
^)b(^)^5gç2?°> ^)°3^><v>-2.bôço j£j£)cnbg£)ç”0 çogçocaapç^0 ^EJO^o, çp9£>ooob9faca-
àjçnoo, 9ô(^)ôçoob ,jùçnr>^vtjçnr>o 9ô£)Oo9.
^obô^oTtçogG 9o9ôçoç^>£)&£)ç^>ot4 ^jojôç^o '9g5 cnôGô.
8jnçogcjn8d6 cnj'gdb 3ço^j3ù(^oôço : ^9oçoùû ooTtgôGg ^oGùûb^ô^g^y^g-
Ç«o, * ^o5ô9ot/i&jçoo çoù 5ôOTç*>ob9(jg9gç*>o, ^9oçoù5o çoo Jj^Ç^^Çp
2 çoçoo sic. 3 in fine lineae praecedentis.
Cdlici describat crucem et dicat : Calicem autem hune f fac venerandum
sanguinem Christi tui.
Diaconus : Amen.
Ambobus crucem describat et dicat : Unione Spiritus tui f saneti.
Diaconus : Amen.
19. Sacerdos hic se-inclinet et hanc orationem pronuntiet : Ut fiat (iis)
qui aeeipient ad-lavaerum animarum, ad-remissionem peeeatorum, ad-eom-
61 v munionem Spiritus saneti, * ad-regni plenitudinem, ad-fidueiam coram te,
non ad-iudieium eondemnationis.
Quia offerimus tibi spiritualeni hanc hostiam propter eum-fide defunetos
(litt. perfeetos) patres et patriarehas, prophetas, apostolos, praedieatores,
evangelistas, martyres, eonfessores, ieiunantes et omnes animas eum-fide
defunetas (litt. perfeetas).
Sacerdos exclamationem (faciat) : ff Amplius omnino sanetam, ineor-
ruptani, magis benedietam reginam nostram, Deiparam, semper virginem
Mariam (recordare).
Ave gratifieata, Dominus tecum.
62 r Sacerdos dicat tacite : Sanetum lohannem prophetam, * praecursorem et
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
109
^3&^)Çpbo 9oTt(joj^)ç*>6o çpù ^9oçpùGo, (^0Tt9gçpcnù bù^bjEjQ&rjçpbù ùçngùb-
£)£}çp3&00 1 çpù y<v>32CP<nù ^9°çpùof)ù ^qBoùùOOù, (^)CTi9<jçp00ù 9£JOtJ5£)&OOTù
gcag^bgçpflÉ) ^38, «jojùçpoTi çp9r)£)cnoTi b^Boa.
çpù 9o'>o3b£)E)£)5 y c*>33Cp B o '93b£j£)E)3&£)çp5o bùbcojjdooo ùçnçp5co9ùbù
(jboo^&jBobù bù£)j£)E)OTLab<ù>bù.
9{n(og(mdd6 djù ‘Sgb'jjgBgb'genBo Smo^bgBBgb 306 •'jBjogB : 9070^363,
^jajùçjptn, ^yùçjpoTi&ocnù '8380000 b^jçjpo bùÇyùçjpoo^çpo bç^gajùGgbo çpù
L)£]ç<v>o 9'9oTi&Qç<pcoù 9obcoùû j^foojùobù çpù oGùfibo çpù b^jçjpo So^çjpôobù,
bwjçpo obùjobo ^«jù(^)ù9ùobùfi, b^)çp° 50001 <(^>>g)ùobùfi, l>£)çpo ooogùE^bo
* C°ù 9ùcn bùçpù o&o 9oJbjçpùgb Gùoojçpo 3o£>obù ^jGobùû.
@û^3Od ÔOOOÇP^O^000 ^36, gooto^bjGjG, ^ajùçpoot, y <^33 Ç^1 Go Q&objoor
3oobGo 9ù£)ooçjp 9ùçpoçp3&3çjp6o çpù 9ù£>ooçp aùGoo^ç^y^çpGo bo(*)y£)ùbù
9ùb (^3f99ù(^)oç’)3&obù ’BjGobùbù2, ycagpç^Go 9çpçp3çjpGo, j^oobçJJjjb 9oj£)
çooùjooGGo çpù yo>33Cp6o bù9çpçp3çjpoo£o ^bGo.
(^>ùû9300«j 'Brjgb^o&ùgoo ’BjGçpù boç^y^eobù ù9ùb 9bb^jrj£)3çpbù b^jçjpobô
oojb çpù ^9oçpobù jùcnooçpoj3 çpù bù9oo(joj^jçpooiûbù 3jçjp3bo<o>bù çoù
(^CT^Ç^Go £)&O^C03&000 ÇOÙ ,jùçp^£)çp3&000 GooJùÇjpù^OO&ùbù 'BoGù oj(J3"
goùG, 9co^9^G300Ù çoù çp9£)oonb9bùb£)£)ooù, ^ob^bGoTty^jù^cnù 93033-
ooù 003b, ycogçjpobù 3ùçpùç*)obù çoù 933ÇOÙ&00Ù 9ùooooù 003b. 9o*>3(j 9ùoo,
^ajùçjpoot, g^^çpooidùû * 9303coi2>obùfi, toùûooù y£)çp(ooo^)<î)oooù 9ùoooooù
19. 1 -ç<p- supra lineam. 2 -bùbù supra lineam.
62 v
63 r
baptistam, sanctos et omnino laudatos apostolos et sanetos, quorum memo-
riam perfieimus, et omnes sanetos tuos, quorum intereessione respiee nos,
Domine Deus noster.
Et memento omnium defunetorum (litt. requieseentium) eum-spe in-
resurreetionem vitae aeternae.
Sacerdos hic defunctos (litt. requiescentes) memoret, quos volet : Memen-
to, Domine, per-misericordiam tuam animae miserieordis Stepliani (Step'a-
ne) et animae genitoruin eius Cyriaei (Ku rika) et Annae (Ana) et animae
Miehaelis (Mik'ela), animae Isaae (Isak) (filii) Guarami (Guarama), ani-
mae Georgii (Gio<r>ga), animae lohannis (lovane), * et requiem-praesta * 02 v
eis ubi spectat (sic) lumen vultus tui.
Deinde-quoque preeamur te, memento, Domine, omnium episcoporum
orthodoxorum et recte eloquentium verbum veritatis tuae, omnium saeer-
dotum, per Christum diaconorum et omnium saeerdotalium ordinum.
Quia offerimus tibi rationalem hane hostiam propter mundum 1 et sanetam,
eatholieam et apostolieam eeclesiam et (eos)*qui in-munditia et virginitate
in eonversatione eonversantur, propter eredentes et pios, Christum-dili-
gentes reges, propter totum palatium (palati) et milites eorum. Da eis,
1 In codice legitur sulisa (animam) pro sop'lisa (mundum).
110
A. JACOB
* 63 v
S'B^çooobooo çoo y^ço^oTiQ&ocn 3(jb<n6çog2>caçoocn 3(03230000 çn8(^)ooo686ùb«3-
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Q&objca3oTtbo 6^3360, bobgtjnocn, (00083230 800060^3 Ç*8oçooooo *836000
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30(^000, 300332360 ^0230^60 çoo 6000332360 çpo (000832360 bo<^)^8«36003^000
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8000363636, £30302300, 6030003060 '838008^0(^)33^360 çoo 3300023068300-
O33Ç360 ^Boçooooù '836000 33^3360000060 ÇOO 8008363632)3^360 ££3060300060
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s sic 4 8ooJ8oçj33 sic. 5 3(^)0000000 sic.
63 r Domine, paeem * regni ut nos quiete eorum cum-pace et quiete vivamus
in-omni pietate et dignitate.
Sacerdos exclamationem (faciat) : Primum, meinento, Domine, archie-
piscopi nostri, nominatimf quem donasti sanctis tuis ecclesiis, cum-pace,
cum-sanitate, honorifice, cum-longaevitate et omnium episcoporum ortho-
doxorum et recte eloquentium verbum tuae veritatis.
Hic vivos memoret, quem voles : Memento, Domine, misericorditer Ste-
phani (Step'ane) Cyriaci (Kwrika) Michaelis (Mik'aela) lohannis (lovane)
Thethrae (T'et'ra) Georgii (Gorgeli) Isaac (Isak) Guarami (Guarama).
Memento, Domine, misericorditer Elisabeth (Elisabedi) Magdalenae (Magda-
neli) Marthae (Mart'a) Mariae (Mariam).
63v * Memento, Domine, civitatis huius in qua habitantes sumus, omnium
civitatum et regionum et (eorum) qui cum-fide habitantes sunt in ea.
Memento, Domine, nautarum, viatorum, aegrotorum et laborantium,
captivorum et salutem eorum gratificare eis.
Memento, Domine, fructum offerentium et benefactorum sanctarum
tuarum ecclesiarum et memorantium pauperes et super nos omnes miseri-
eordiam desuper-mitte.
Exclama : Et da nobis, Domine, uno ore et uno corde glorificare et can-
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
111
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3(n(og(mdd6 3ojncjnd£o : çpo oyogG Ç’yoç'poodoo. çpoçpobo çp9£>ooobo
QùQboT^&obo ft^jyGobo o£)b£| j£>ob(^gbo &£)£)6 J^SÛC?000 ^QÇpo.
gA8o6 : o9y5. çpo b^jçpobo 'ByEiobo oooGo.
20. £oooj<n68d6 : ^9oçpo5o dcoyoybjbbjoo. S^d'JÇjo
9o£>oçpob g^^çooTL&oco ^jojçpobo 9o9o£>oo.
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£>oo.ooo £jQ3ùçp9oG çp9g£)oo9oG b«jy59o5, £)co9yçp9oG '9go^o£>5o.
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SjnçogtjnSdG tjnriQgdfi. : <9yGçpo 9o9o£>oo o£>b (jboo£>Q(!)o.Q. fyjyBo
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6 bis scriptum. 7 -Ç’ infra lineam.
20. 1 bis scriptum.
tare omnino venerandum et magnopere pulchrum nomen tuum * Patris * 64 r
et Filii et saneti Spiritus nune et semper et a saeeulo ad saeeulum.
Populus : Amen.
Sacerdos alta (voce) : Et fiat miserieordia magni Dei et salvatoris nostri
lesu Christi super nos omnes.
Populus : Amen. Et eum spiritu tuo.
20. Diaconus : Omnes sanctos memoremus. Deinde-quoque et semper eum-
pace ad Dominum.
Kyrie eleison.
Propter oblatum hoc et sanetificatum.
Kyrie eleison.
Ut Dominus Deus noster, qui suseepit-ea.
Kyrie eleison.
Ut desuper-mittas nobis gratiam.
Kyrie eleison. a
Ad-liberandum nos.
Et propter omnes.
Sacerdos orationem (pronuntiet) : Ad te est vita nostra et omnis spes,
8
112
A. JACOB
30*33^0 bôboTtQ&ôfi, ^ajoçpoTt jù(joo9oTty «3 0(^3001, çpo ^boçpooo çpo
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r>obo ç’)&o3r)%obùbù ^9oçpoooo ^oTtGg&oooo d^bùç’jrjgrj&rjçpùçp (jcoçpgoooo,
'B'jEiçpcn&oçp b^)çp°^ù ^9oçpobo ‘boofyjdoçp, 606^3033-
3QÇpbù %Q(Jobùbù Çpo9j3Çp£>3<î>OÇp, E)£) çpùbù'B^rjçpùçp É)£)(JO Çpo'B^OÇjprj-
&OCD.
çooojmGaoB : a^oQbcagbjb.
gA3o6 : 33^032^3^.6006.
ÇOÇP3 b£)£)ÇpOOÇO, 6o^9oÇOOOO, Q'BjÇOCO&OOO, £)(JC*>ÇP33Ç^ÇO
wjajçpobo 9o<)£) 30006000000.
dco^^Qoçpçpg ^ajoçjpoo2.
ùGa'jçpo'/bo d'Bjçpoo&obon., bo^9«j6oTtû Ç’o6o9dçp£)o£>o.
9oo$£)9oçpcp3.
't^GçpCO&O.O. QOTtÇpgOCDÙfi., doTtç’jrjgrj&Ofi £jfd^£)ÇpO'Y)&ÙCDOa.
9o0$£)9oçpç™3.
J£)OOOÇjpO ÇOO £)9^CO&£)bo ÇOOQgOû.
dcog^dùçpçjpr).
6093(^)60360 Jjo96o a'ajçp^obo 6^33606060.
|J(^)ob(®)3ù6oTi&OCD ùçpbob£)£)çp0*
2 supra lineam.
Domine hominum-amator, et te-invoeamus et te-precamur et te-depreeamur,
et dignos nos-fae eommunieare caelesti tuo et tremendo mysterio huius
G4 v * saerae et spiritualis mensae (trapeza) in-pura mente ad-remissionem
peeeatorum, ad-veniam iniquitatum, ad-spiritus saneti eommunionem, ad-
regni eaelestis hereditatem, ne ad-iudieium neve eum-condemnatione.
Diaconus : Nos-adiuva, nos-salva.
Poptilus : Kyrie eleison.
Diem omnem perfecte, eum-sanetitate, eum-paee, ineulpabiliter, per Domi-
num petamus.
Nobis-gratifieare, Domine.
Angelum paeis, fidelem duetorem.
Nobis-gratifieare.
Veniam peeeatorum, remissionem iniquitatum.
Nobis-gratifieare.
Bonam et meliorem eustodiam.
N obis-gratif ieare.
Reliqua tempora paeis (sic) nostrae.
Christianam (litt. ehristiane) finem.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
113
ooùgbo
fy^bbù
SoTt^^Sùçpç^g.
rj^cncadù, b^jçjpobù Ç’Soçpobùû goooboo^ooo,
&£)r)88o * çpù JjOTigjÇpO (jboTt(^r)2>ùû 8^)380 j&obçj^bù Çp9£)Oobù
Waû^™00-
gA9d6 : *838 ^jojùçpox
21. ajnçogcjnchG 3djn{jndÇO : ÇO<ù> <çp>o£)b 9y3£)6 6336, ^OjùçpoTi,
JÙÇ0803&3&000, çpù^j'B^jçpùçp jùçp^àùçp çoo bçoùço 'Bgbçpù %3(jùooù
çn3£)cnobù 9ù9obù çpù ooj^jQùçp.
gA9d6 ooj'çjpb « 9d9d<n fvggGcnA. ».
9(n£og(m9d6 djnbd9djncjngbgcjno : (où.q.SqOT'^j 'Brjbo ù£)b b«jaj3gùn., dùçpo
çpù çpoçpgBùû 3ù9obù çpù dobù çpù ^Boçpobù b^jçjpobù ù^ çpù 8ù£)ùçoob çpù
£)J£)Bocdo £)J£)6°bù9çp3.
gA9d6 : ùQgb.
22. 9jncog{m9d6 : S'S^çpco&ù.a 30033^00^
gA9d6 : b£)çpo^° *838080 ooù8ù.
£oodjm69d6 : 000380 833880 £)0}ùçpbù 9ca£)çp£>ojE)r)Oo.
gA9d6 : *838 ^jajoçpoo.
9jn£og{jn9d6 {jntnçjgdfi. : ^QùçpçpoTt&cn *838, ^3303300 380^000, (00.0.83003
ù£j£)ù(jb3çpocDù ^bocnù dùçjpoooo 3^33^033 *83^838 çpù 8(003^0000
^yùçpco&oooo *8380000 0(000.* (oon.bo ^08 o(oboçp 30033^80 80010320838. *838,
303ÙÇ300, %3(jooo 9cooboçp3 (0(083^000 383 800^^(033008 ooùgbo 9ooo8o,
65 r
65 v
N obis-gratificare.
Unitatem, fidem Spiritus saneti petamus, nosmetipsos * et omnem vitam * 65 r
nostram Christo Deo nostro eommendemus.
Populus : Tibi, Domine.
21. Sacerdos alta (voce) : Et dignos fac nos, Domine, audaeter, indemni-
ter audere et invoeare te, caelestem Deum Patrem, et dieere.
Populus dicat « Pater noster ».
Sacerdos exclamationem (faciat) : Quia tuum est regnum, potentia et
gloria Patris et Filii et saneti Spiritus nune et semper et a saeeulo ad
saeeulum.
Populus : Amen.
22. Sacerdos : Pax omnibus.
Populus : Cum spiritu tuo.
Diaconus : Capita nostra Domino inelinemus.
Populus : Tibi, Domine.
Sacerdos orationem (pronuntiet) : Graiias-agimus tibi, rex invisibilis,
quia innumerabili tua potentia omne eonfeeisti et per-multam miserieordiam
tuam ex non * esse ad-esse omnia adduxisti. Tu, Domine, de-eaelo respiee * 65 y
(eos) qui inclinant capita sua, quia non inclinant earni et sanguini sed
114
A. JACOB
o6ù 9c'>£)Ço£)')JOôE> ^Ot/iQOOO ÇOO bobbçjpOOù { ÇOO }• ô(^ô3r)ÇO
'BrjGçpù 60*8063^060 çn86ooobo. *336 O^(jù, 83^303300, ^oGôSçpfl&ù&rjGo
6^33660 30033^000 33000(^0(0 Çp^2>,00XD^o33^1 00000003^)^0 Sb^ogboçp
œbcoobô Soooobo, 836033000 00060 Sogoçp 3^836, Soog^o^&ooo 00060
8co2/bo£)£) 3^836, 663^3^60, ^ajùçpoo, 5063^36636, 83^3660^00 b^jçjpooo
ÇOO 3oo£)(JOOùOO.
3çcÇDC!?3d6 djn3ocr»2n<nb : Soçoçpoooo çpo ^yoçpoo&oooo çpo 30(3008003^30-
66 r 63&0OTÙ 8booçpooçp*3oo&oçpobo dobo *836060.0.000, 6oo8çpobo2 * 00060
3£)£>cnb3£)çp bo6 3<v>3C?oçp ^Soçpooo, 606036000, (jboo33çpb83oo<23çpooo
b^jçpooo ^Soçpooo £)6oo çpo 8o6oçpob çpo ^33^360000 £)3£)6obo8çp3-
36306 : 0836.
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&3çpooo *336000, 8co33çp g)o6^83çpùçp 6^36çpo, 60083^0 %C3 8o8obo 00060
8^^008063 bo6 çpo ojo 6^336 00060 -)boCp<o>30çp bçpgo, çno6b 303
@ÔJ°GO àûC?° ^û^o 8co(338oçp 6^)36çpo ^366^63^0 3r0i^’Co ^36° Q?d
3o(JJ)Ooobo6o bobbçjpo çpo 6^336 8036 30033^60 3660 *33660.
23. £0003006806 : 8ooJb3çp30o.
8£j»£OQgn8o6 bo^Sojog %ü ocnoàyAib çoo œJ'jjob Soçngnoço : ^Soçpon.
^Soçpooooû.
36806 : 3600 06b Ç’SoçpOû, 3600 06b “jajoçpo, 036^3 j6obç*J)C3 boçpoçp3"
fyjçpoçp çp86ooobo 8o8obo, 0836.
22. 1 çoù5^)ù^)6336. 2 iterum scriptum in initio paginae sequentis.
tibi timendo Deo. Tu nunc-quoque, rex, proposita nostra omnibus ad-bonum
nobis-condona unicuique (litt, unusquisque) similiter petitioni eorum, eum
nantis iens esto, cum viatoribus viator esto, aegrotos, Domine, sana, medice
animarum et corporum.
Sacerdos exclamet : Per-gratiam et miserieordiam et hominum-amorem
* 66 r unigeniti Filii tui, cum * quo benedictus es una-cum omnino sancto, benigno,
vivifico Spiritu sancto nunc et semper et a saeculo ad saeculum.
Populus : Amen.
Sacerdos orationem (pronuntiet) : Respice, Domine lesu, de-sancto habi-
taculo tuo, veni sanctificare nos, qui supra cum pâtre sedens es et hic
nobiseum invisibiliter stas, dignam fae firmam manum tuam dare nobis
ineorruptum corpus tuum et venerandum sanguinem et per nos toto populo
tuo.
23. Diaconus : Respieite.
Sacerdos sanctificata supra elevet et dicat alta (voce) ; Sanetum sanctis.
Populus : Unus est sanctus, unus est Dominus, lesus Christus, ad-glori-
fieationem Dei Patris, amen.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
115
(oodj<n6dd6 : g'Bjçom&oco g^oç^oTt&çogcn.
g69o6 * « 3d6o(jd£og » : j6ùoti çn96ooobooTt, 6co9£)ç™9ùE) oob^gG
(jcoçpgoGo bcoajç^oboBo \ ojs&çpocn «jojoç^bo (joooo
BùG.
9(n£og(m9d6 ^oGçJjgbmb «jjwpAob bdbgço çoo gAcno 6d^ojjno bd6do9bd
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9ôçnç*>OTt TlgE), £japç™oTi çn9g6oooTt &£)9oti 305063 £jj£jGobù9çog çoo £)J£)É)O-
000 aj^Gobo9çp3.
500 01503b bo^9oçog ^06 <3 >901^3306503^ 9jn£oggn9d6 gAbd gjwjo6o
500 œj'jpb : g'Bjçpm&on. y°r)l33C^OTÙ-
36906 : b^jç^obo TlgBobù cnoBo.
50003016606 : 'Bo'Boooo j6obç*)gbocD0 go'igoçoo'iç^cn.
36606 : ^oBo'Bg 'BgBbo,
ù6b 9cTt9o2ôÇnr>o bob^Ç^OOTù £)03Ç™obd.Q.000 2, * (^^^OOO
c)^3ôC?0 C?0 ^336.
500 3^006016 360 500 <9g9ço^m9dço ^0063^060 50003016606 bdjgggggno
601036001b 500 95050320606 œj'çjob 9djn{jndço : ôçnôgbgb bobô^^jç^ocnô çoù
9boô£)£)ç™r)&ocnô b^jgbGo ymggndço 30506g 0^7 çoo 9o6oçoob çoo
£)j£)Goooo £)J£)6obù9çp3.
23. 1 b^ajç^oboGo sic. 2 -000 supra lineam.
66 v
67 r
Diaconus : Cum-pace cantemus.
Populus * (cantet) « Experire » : Agne Dei, qui assumpsisti peccata mun- * 66 v
di, nobis-miserere. Laudate Dominum e caelis.
Sacerdos frœngat in-crucis formant et una/m particulam in-calicem reponat
et dicaf : Unio Spiritus saneti.
Et unam particulam sanguini intingat et stiper patenam deponat et a
populo veniam petat et illâ communicet et dicat : Exaltabo te, Domine
Deus meus usque Ad saeeulum et a saeeulo ad saeeulum.
Et quando sanetificata circumducet, sacerdos populo crucem (descrïbat)
et dicat ; Pax omnibus.
Populus : Cum spiritu tuo.
Diaconus : Cum-timore Christi veniamus.
Populus : Coram te, Domine.
Benedictus est veniens in-nomine Domini, * Deus Dominus et apparuit * 67 r
nobis.
«
Et communicet populus et post communionem diaconus incenset et sacer-
dos dicat alta (voce) : Implevisti gaudio et hilaritate corda nostra omnino
usque Nune et semper et a saeeulo ad saeeulum.
A. JACOB
116
g6»8o6 : 0836.
24. 50003006000 ojnojncaB bo<6>cogcjno çoù bdQQQb'gAo. g6»8o6 coobçog-
bgjjno boÿSoçoobd '□J’OggoG'jbobdfi. œj«)db : 0(30363 3o6oo 613360, «gcjoçiptn,
^360000 610x1000 ^3^0(13006(03.
25. odobo <3g8ço^wi8dço çooojoo63o6 : 0380610036000, 610083(13000 800353300
60(38610000x1, ^3661^63(130, ^J^çpogo *63(3060 600(3138(1300x1, 30033(360
3880(3(13006(0300 «3030(1360.
g6»3o6 : 336103(33x16006.
çoodj<n68d6 : 5130(36003636.
çoq?C3 yc0l33Ç3O 661^3(300(3, 60^80(3000.
000360 6^33660.
g6»3o6 : *836 ^3030(300.
3(n£og(mdd6 2300(330x1 : * ^80(3(300600 *836, ^3030(300 30(3008003^3061300,
33000^30683000330300 b^jçpooo 6^33600000, 600.0.830013 ^0608(336061360 o8ob
(3(3360 çno6ib 83336 6^336 *63(3060 '83660 çoo ^33^3(00360 6ùoçp£j8çpoo6o.
50608(8)30(336 5*6060 6^33660 \ ^065^30(36003(336 *80*860 *83660 30033(360,
ÇOOOQ33 (360061360x1 6^3360 çoo 506036180(336 6(33060 6^33660, ^7061538061-
003 £300(3300002 çoo 83006360000 3003(30(3 ÿ8oçoobo çp86oooo68'3oo&3ç3o6o
ÇOO 8ù6oùÇOo6 jù£3^£3o6ù 8060008060000 ÇOO ^Soçooooo
*836000x1000.
8jnçogcjn8d6 8djncjnd£O : 610x18300^3 *836 6ù6o ^068^783(33(30 6^3360,
25. 1 post 6^33660 addit 5065^30(36003(1336 6^336 *83660 30033(1360 çooo-
(333 (360060360.0. 6^3360 a seriba cancellatum. 2 £300*630000 sic.
Populus : Amen.
24. Diaconi tollant lucernam et thuribulum. Populus troparium sancti-
ficatorum reductionis dicat : Impie os nostrum, Domine, lande, ut cantem.
25. Post hoc diaconus : Erigimini, qui accepimus divinum, incorruptum,
immortale, caeleste mysterium, omnes gratias-agamus Domino.
Populus : Kyrie eleison.
Diaconus : Nos-adiuva, nos-salva.
Diem omnem perfecte, cum-sanctitate.
Capita nostra.
Populus : Tibi, Domine.
« 67 v Sacerdos orationem (pronuntiet) : * Gratias-agimus tibi, Domine homi-
num-amator, benefactor animarum nostrarum, quia in-praesenti hac die
dignos fecisti nos caelesti tuo et immortali mysterio. Confirma vias nostras,
nos-vivifica timoré tuo omnes, eustodi vitam nostram et protégé gressus
nostros, nos-dirige oratione et intercessione omnino sanetae Deiparae et
semper virginis Mariae et omnium sanctorum tuorum.
Sacerdos alta (voce) : Quia tu es sanctificatio nostra, Domine, et tibi
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
117
^303023°°, çoo *838230 çooço'j&ùbo *8338^060300 8o8o8o çoo dobo çoo ^8o-
çoobo b^jç^obo oÿ çoo * 8o6oçoo8 çoo £)3£)8oooo £)J£)6obo9ço'). *
g63oG : 0838.
(oodj<n6do6 : 8*33çooo2>oooo ^608(^)380000 ^063023300.
g63oG : 8083230000 3)0323080^.000, 3)0302300 5£)'\J£)£)cnb')E>.
çoo ^oAçooSwi^çogb SjnjogtjnSoG dcnbogdQnbd3 bojwjAcnbggggnobdbd çoo
(oodj<n63d6 coj’gob : 33032^080 8080600 302300(30000.
g68dG : 33603233^8008.
3(n£og(mdd6 gbg jjnwiQgda 8djnjjn°C0 gAbd ^Sgcod ^oAcn-jwjdb : 60083230
033)600833 8033)600833323000 '838000 ÇOO fcoGb^ÇO 6008323000 *838(00
80080600 0^3)8 boboo3&0û, 0(3800383 360 *8380 çoo 033)60083 80833(063-
2>3Ç*>O *8380, 8038380.0. 33^3380080 *8380800. ÇOÙOQ33 çoo ^Soçoo 3338
6008323°°° £)y£)d£)8 '83338036380a. 808^3080 *8380800.. *838 0^080 0Ç00Ç038
(38360038080 *838080 80230000 ÇOO 83) (00803(038 83)38 80080*3000 '838000, *
2083(^)0000. 8*83(000800. 8000332380 *83880 800080^3 4, 33233800000 *838000,
8(3(0323°°°, 93033°°° çp° y°°3flc?bo %3çpo 3680 *83880, 60^83003) *838
8036 o6b 30033230 (38006380.0. 33000230 çoo 30033230 80^0 863)230 ^3
^06(008008030230 *838 8036 808080 508 800023080 çoo (00(038080 *8338^70-
60300 5 8o8obo çoo dobo çoo ^Soçoobo 83)23080 °^ çoo 8o6oçoob çoo £333380-
OOO ^33^380808203.
3 0238030238080, -bo expuncto. 4 80080^3 sic. 5 *8338^06000 sic.
68 r
68 v
gloriam offerimus Patri et Filio et sancto Spiritui nunc et * semper et a * 68 r
saeculo ad saeculum.
Populus : Amen.
Diaconus : In-pace Christi abeamus.
Populus : In-nomine Domini. Domine, nos-benedic.
Et descendat sacerdos in-gradu altaris et diaconus dicat : Ad Dominum
oremus.
Populus : Kyrie eleison.
Sacerdos hanc orationem alta (voce) super populum pronuntiet : Qui
benedicis benedicentes te et sanctificas (eos) qui ad te habent spem, salva
populum tuum et benedic hereditatem tuam, plenitudinem ecclesiae tuae
custodi et sanctos fac (eos) qui diligunt pulchritudinem domus tuae. Tu eos
glorifiea divinitatis tuae potentia neque proieceris nos spera*ntes in-te, * 68 v
Deus. Pacem mundo tuo dona, ecclesiis tuis, sacerdotibus, regibus et super
omneni populum tuum, quia per te est omjis salus bona et omne donum
perfectum desursum-descendens per te a Pâtre luminis et gloriam offeri-
mus Patri et Filio et sancto Spiritui nunc et semper et a saeculo ad
saeculum.
118
A. JACOB
36806 :
36806 coj'gdb : 03Ù36 bôb^ç^o ^jojç^obùû J£)6oob3£)ç™ 08036000 jy>G
£)j£)5obô9çp£) 3 3^36 £od 3 « 3560350,3x160060 ».
ÇOOÇOJ^ùû 8ù8ùbù.
^ojùç^oa 31303^600636.
acn£ogcjnad6 bdjgAcnbasgenbd ^«gdAo 50.06^36006 500 8000^(336 500 363
(m(ng3dA adjncjndço ^d6coj,gùb : 05060363(^.0. '8^^)ç*>obon. rçoo ^0600.6^06-
69 r SjôdcJSC?010 6 bo6, <^obÔ0> 600835^806 3*303 Gjdon 8o8obo 7)360-
bôû, 0^803636 6^336 80505^0000 b^j 53060 ^8050060x1000, 60x18300^ 7)360
o6b çpoçpa&oxi £)j£)6oooo £)J£)6obù9çpa.
36806 : 083b.
36806 <gb;>çmai£)6o « 303'5)60060000 gopeno » 305063 « 6<n8gtjn6o 36336
dob ». 500 050050W16 3355,00^00x1.
5oooj<n68o6 : £(0353060 8080600 305300(30000.
36806 : 33603533x16006.
85050355,806 3660 gj'£p6o 5006^36^16 500 coj'jjob : 3^)6006330x1 ^ajçj^obo
6^)36060 036^ ^606(^360 03036 6336 30033^000 %3Çpo 30035305033 0^
ÇOO 8ù6ùçoob ÇOO £)J£)6oOOO “JJ^)6obù8çp3.
36806 : 0836.
6 supra lineam.
Populus : Amen.
Populus dicat : Sit nomen Domini benedietum abhine usque-ad saeeulum
tribus vicibus, et tria « Kyrie eleison ».
Gloria Patri.
Domine, nos-benedie.
Sacerdos altari crucem describat et convertatur et hane orationem alta
(voce) pronuntiet : Plenitudo legis et prophetarum tu es, Christe, qui
* 69 r * feeisti voluntatem Patris tui, impie nos gratia Spiritus saneti, quia tua
est gloria a saeeulo ad saeeulum.
Populus : Amen.
Populus psalmum « Benedicamus Dominum » (dicat) usque « Qui sperant
in-eum-» et tollant eulogiam (evlogia).
Diaconus : Ad Dominum oremus.
Populus : Kyrie eleison.
Sacerdos populo crucem describat et dicat : Benedietio Domini nostri
lesu Christi sit super nos omnes omnino nune et semper et a saeeulo ad
saeeulum.
Populus : Amen.
LITURGIE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME
119
gbg gnwiQgdfl. bo^do£oobo J’gygoGgbobdfi. bd£oooj<n6<nb
^dAcnJ'gdb : doçroocno dùç*>ùço 9cob£)£jç”E)o (jcoçogoç^Go çoo £jçno£)b6o
dcobobo ’Bgbbo £)2)ôç"’ca<î)oo d^a^dobo 'd^bbo, ^éiobç^rj çndrjéicnoTi
oçngobéi^jç^Û00 boçndtooocaû dbob^fyj&o.Q. çoo booço£)d<™co.o. çoo 'BgGçoo
çooço£)&obo * 'Brjgb^o&ogcn cnobo dodocn çoo b^)ç*>ocn ^doçoocn £)£>oo o^ * 69 v
çoo do&oçoob çoo £)j£)E)oooo £)(j£)6obù9ço'), ù9q5.
Sacerdos hanc orationem sanctificatorum reductionis in-diaconico (sadia-
kono) pronuntiet ; Ex-potentia ad-potentiam progressi nos peccatores et
indigni servi tui eantamus regno tuo, Christe Deus noster, perfeeimus
divinum ministerium et mysterium et tibi gloriam * offerimus una-eum * 69 v
Pâtre et Spiritu sancto nunc et semper et a saeculo ad saeculum, amen.
Louvain,
40, rue de Namur.
André Jacob,
Stagiaire du F.N.R.S.
UN OPUSCULE INÉDIT
DE FR. C. CONYBEARE
À la fin du mois de janvier de cette année, la Bibliothèque
Vaticane s’est enrichie d’un petit ms. en papier, renfermant, œuvre
de Fr. C. Conybeare \ une traduction de l'arménien en latin de
différentes lettres échangées entre Evagre de Pont et Mélanie l’an-
cienne2; cette traduction était accompagnée d’une lettre d’intro-
duction adressée à un cardinal. En voici la teneur :
Hôtel du Pincio/Roma/ feb. 1. 1908
Vostra Eminenza
Padre Ehrle 3 quando recentemente io/gli donai una copia per la Biblio-
teca/Vaticana dell’ acchiuso volume di Eva/grius Ponticus. mi disse che
io poteva av/venturare di farvi présente col medesimo, / ed io perciô mi
1 Une esquisse de sa vie et la liste de ses travaux se trouvent dans L.
Mariés, Frederick Cornwallis Conybeare (1856-1924), dans Revue des études
arméniennes, t. 6, Paris, 1926, p. 184-332.
2 Fr. X. Murphy, Melania the Elder : a biographical Note, dans Traditio,
t. 5, New York, 1947, p. 59-77, signale, p. 71-72, à la suite de Pallade (H. L.
38), comment Évagre, assailli par une grave crise de conscience, surpassa
celle-ci grâce à Mélanie. Qu ’Évagre écrivit des lettres à sa bienfaitrice
est attesté par s. Jérôme (ep. 133.3, cf. CSEL), mais, comme celui-ci était
alors en pleine brouille avec la dame, il s’est permis, glosant sur son nom,
de la désigner par « cuius nomen nigredinis testatur perfidiae tenebras ».
Une lettre d’Évagre à Mélanie, conservée en syriaque au British Muséum
dans le ms. Add. 14.578, a été éditée, munie d’une rétroversion en grec,
par W. Frankenberg, Evagrius Ponticus, dans Abhandl. der kônigl. Gesellsch.
der Wissensch. zu Gottingen, pliil.-histor. Klasse, N. F., t. xiii, n° 2, Berlin,
1912, p. 612-619. Les lettres transmises en arménien, sont ici traduites pou*r
la première fois.
3 Nommé préfet de la Bibliothèque Vaticane en 1895, créé cardinal en 1922,
décédé en 1934. Sur l’activité du Père Ehrle et ses rapports avec le cardinal
Rampolla, voir M. Batllori, El Pare Ehrle,* prefecte de la Vaticana, en la
seva correspondència amb el cardenal Rampolla, dans Collectanea Vaticana in
honorem Anselmi M. card. Albareda, t. i. (Studi e testi 219), Città del Vaticano,
1962, p. 75-117.
121
122
A. VAN LANTSCHOOT
prendo la libertà di far/cosi4 nella speranza ehe esso possa riuscire /
aeeetto a voi corne uno che è l’una e l’altra / cosa un armenista ed editore
degli Atti / di S. Melania, parte délia cui corrispon/denza con Evagrio
empiono le ultime 40 / pagine. Di questa corrispondenza io ho / fatto una
versione latina, e, nel caso / che essa vi intéressa, io sarô onorato se / voi
volete aggradire una copia di essa. /
Io sono, Vostra Eminenza / Ubbidiente Servitore
Fred. C. Conybeare
Le contenu de ce billet ne laisse subsister nul doute au sujet
du destinataire en vue; il n’était autre que le cardinal Mariano
Rampolla del Tindaro 5, arménisant6 et éditeur des Actes de Mélanie
la jeune 7. Le texte arménien de ces lettres, objet de la traduction,
fut imprimé par Basile Sargisian, méchitariste de Venise, dans
Uppnj ^nlmuigLnj Ll if luuik’btutj.pnt.—
Venise, 1907, p. 334-374. Conybeare n’a pas mis en latin
toutes les lettres d’Evagre éditées dans cet ouvrage; il s’est limité
à celles qui, à son estimation, avaient quelque rapport avec Mélanie
et pouvaient, de ce chef, intéresser le cardinal Rampolla.
On ignore les vicissitudes par lesquelles passa ce petit ms. depuis
sa remise au cardinal jusqu’à son entrée à la Vaticane, soit durant
un peu plus d’un demi-siècle; il fut répéré par le R.P. A. M.
Ammann, S.J., dans un dépôt annexé à la partie des Musées du
Vatican relevant de la Bibliothèque, dormant là paisiblement on ne
sait trop depuis quand. Coté actuellement Vat. lat. 14.625, il se
compose de 42 feuillets, mesurant 208 X 160 mm. et ayant un nom-
bre varié de lignes à la page. À remarquer que 2 pages y sont
chaque fois laissées en blanc après 2 pages consécutives couvertes
d’écriture; seules celles-ci, à l’exception du folio qui porte le titre,
ont été chiffrées à l’encre par l’auteur lui-même de 1 à 40, dans
4 II s’agit du volume arménien de B. Sargisian mentionné ci-dessous; le
volume n’est donc pas entré à la Bibliothèque mais fut remis au destinataire
de la lettre.
5 Vécut de 1843 à 1913. On lira des détails à son sujet dans G. Pietbo
Sinopoli di Giunta, Il cardinale Mariano Rampolla del Tindaro, Rome, 1923;
Enciclopedia italiana di scienze, lettere ed arti, t. 28, Rome, 1949, p. 818;
Enciclopedia cattolica, t. 10, Città del Vaticano, coll. 517-518.
6 Cf. G. Pietro Sinopoli di Giunta, op. laud., p. 36 et 57.
t Parus à Rome en 1905 sous le titre : Santa Melania giuniore, senatrice
romana.
UN OPUSCULE INÉDIT DE FR. C. CONYBEARE
123
le coin supérieur de droite. Les folios, eux, ont été numérotés à
présent de 1 à 42 au bas du f. recto, la lettre d’introduction mise
en tête du ms. comme f. 1.
Demeurée inconnue et inédite, cette traduction de circonstance,
exécutée un peu hâtivement, semble-t-il, mérite néanmoins d’être
tirée de 1 ’oubli, car les arménisants n 'abondent guère dans le
monde des patrologues, ni dans celui des historiens de l'ascétisme 8,
et cette correspondance peut apporter quelques précisions sur les
relations spirituelles qu 'entretenaient Evagre et Mélanie. Dans l'édi-
tion de Sargisian, la première lettre porte le n° XI; cela nous
prive malheureusement des lettres qui se trouvaient parmi celles
faisant défaut au début de la collection.
Voici maintenant, fidèlement reproduite, la version latine de
Conybeare telle qu’elle parvint aux mains du cardinal Rampolla,
avec ses ratures et ses remarques9.
The Letters / of / Evagrius Ponticus / & / Melania / Translatée! from f. 2
Armenian / by Fred. C. Conybeare M. A. Oxon. / Fellow of the British
Aeademy / Doctor Theol. apud Giessen.
Letters of Evagrius Ponticus / & of S. Melania. / Translated from the f. 2
Edition of Father / Basil Sargisean, of San Lazaro, 1907. / The Armenian
Text is edited from / two Mss. / 1. A codex written by Mkhithar of
Ayrivan / in A.D. 1304, formerly in the Monastery of / the Apostles at
Mush & now in Valarshapad / 2. A codex belonging to Koriun Wardapet =
K. / Ten Epistles now lost seem to hâve / preceded. / The Armenian
appears to be translated / not from a Greek but from a Syriac / text.
Evagrii 3
>. . p- 1
Epistola ad Melaniam Dominam.
(Litteras enim miserai ad Evagrium, ubi et quomodo staret interrogans,
descripseratque ei tentationes suas) : —
XI. In Proverbiis alicubi dictum est Correptus viperâ dolores suos narrat
socio cruciatûs sui, eo ut attingat aliquid solatii. Ergo illud animadvertens
narro leniendi causa animae meae dolorem, quippe qui1 degustaverim plu-
8 La seule lettre qu’ils mentionnent est celle éditée par W. Frankenberg;
voir ci-dessus.
8 Lettre et traduction présentent une écriture différente, mais les correc-
tions, les ratures et les notes qu’offre cette dernière semblent néanmoins
faire pencher la balance en faveur de la mftin de Fr. Conybeare.
1 Notât Conybeare in ima pagina : Or quae for the Armenian tongue has
no gender.
124
A. VAN LANTSCHOOT
res de pluribus demoniis plagas vieissitudinesque, ideireo ut viriliter pro
parte meâ luerari possim seientiam Christi. Hoc tamen scias velim, tenta-
tiones homini supervenientes maximam dare fiduciam in tempore preeum,
qualem nequire praestare ullam de ceteris virtutibus. Et ipse Dominus
f 4 r maius munus nemini praestat quam pressuras * pati. De qua re suadebit
p 2 tibi beatus lob, quem talia inter splendentiores evexerunt quam oculum
Orientis. Unde si nos tribulatione pressurae similes fiainus Domino miti
animo oportet tolerare famulos nostros; cum maxime mente ponderemus
quaestum, si qui tentant nos, de supernis locis studeant nos deprimere.
Neque fas est fatuorum aversiones (? flexus or conversiones) multiplicare,
quia dolus inimicorum nostrum utilis est nobis. Memor sis amicorum lob,
qui ad criminationis iurgia commoti studebant indignationem excitare eius
eumque ad iram provoeare. Tu igitur dilata animum tuum, quum parum
facile audiverint te famuli tui (or famulae tuae). Exemplum enim est
tentationis, quod dixit lob : Vocavi filios aneillarum mearum, sed non
f. 5 v, * audiverunt me. Sin vero a familiaribus tuis probris exprobaris2, ne id
p. 3 quidem admireris; familiares enim etiam lob miserieordiâ carebant erga
eum. Ista vero cuncta malus idcirea3 concitat, ut tumultum indueat intel-
lectûs quo valemus respicere Creatorem eique offerre preces iustas. Si
vero qui tentatur accedit ad Deum, expedit nobis adpropinquare Deo. Sicut
etiam dixit Paulus : Tribulatio patientiam operatur, ea vero probationem,
at ea spem, eaque non confundit, sed intellectum efficit capacem regni
celorum. Tu igitur mansueta mitisque fias non solum erga feminas, sed
etiam erga viros, et erga alios omnes, exemplum patientiae virtutis quâ
oportet ancilla Christi usque ad mortem luctetur monstrando universo
mundo; siquidem ita armis instruxit Dominus feminas ut devincant Luci-
f- 6 r, ferum * Auroram adpellatum, debili quidem corpore, sed robore prae-
p. 4 cepti et fortitudine spei4 fidei.
Nos vero stamus in rTrin(itati) eodem5 per patientiam in corpore
nostro. Vale.
Eiusdem II
XII. Scribebas saepius ad me veluti ad agricolam coelestem terrae,
neque vidisti agrum meum tribulis spinisque esse confertum, vineamque
meam aridam infructuosamque esse, destitutam spiritalibus racemls. Aude-
mur tamen dicere quod, nisi paratae sint animae corporeae indui calceos,
sustinere discrimina serpentum nequeant, immo miserae fiant. Etiam prop-
f. 7 v, ter deficientiam aquarum adussimus * ollulas nostras. Pudet etiam me ob
p. 5
* a ex e. 3 supra lin. 4 cancell. 5 Trin(itati) cancell. et eodem
suprascript., addita nota : Trin in the S. Lazzaro Ms. sorin in K which I
render.
UN OPUSCULE INÉDIT DE FR. C. CONYBEARE 125
securem meam, quia quotieseumque percutiam lignum effunditur ignis,
incutitque saxa, seu cor saxi, seu nescio quid dicam illud. Post cetera deni-
que misiti ad me argentum purum, nos autem bene agentes remisimus idem
ad te. Cyathos enim et patinas quos iam habemus, adorare nequivimus; et
beati iam sumus si deficiamus carceri. Numquid vulneravimus solis lam-
pada? Gratias vero ago Deo, quod Pascham egimus sanctam apud viros
bonos, id quod pacavit animam nostram consolatione sua.
Epistola Tertia f. 8 r,
XIII. Quae nemo intelligere potest neque accipere, litteris ad nos misisti; p'
quae vero exoptamus et discere et accipere, ea non misisti, videlicet quis
sit qui te receperit vel benedixerit : ubi recubueris, vel qui sint apud quos
maneas, ista scire volebam. Praesertim si quid secundum voluntatem tuam,
vel si nihil, tibi evenerit. Ne irasceris. Memor sis illius qui non habuit ubi
caput reclinaret; quoniam caput universorum non receperunt, quod sym-
bolice effatus est. Scis vero terram vulpibus non adversari qui cupient
facere in ilia foveas; fieri tamen potest ut corruat suffocetque illos. Ego
vero gratias ago Domino quia caritate accepisti nos, notamque omnibus
fecisti caritatem tuam inlibatam erga nos.
Epistola Melaniae IV v
P- 7
Litteras Sanctitatis tuae vidimus, et caritas tua bona est erga nos ceu
parentis. lussisti ergo ut e molestia ( ? paupertate) nostra id tibi praestemus
quod sponte mittere non volebam ob reverentiam Sanctitatis tuae. Nune
igitur iussum suscepi, misique tibi verbum respondens verbo, eo ut quod
defecerit ipse suppléas, si quaedam de consiliis mali parum intellexerimus,
utilem c idoneumque responsum ad ilia non cognoverimus. Gratias tamen
ago magnanjmitatis 7 tuae quod ego usque nune non adsecuta sim demoniaca
consilia. Saepius enim impedita sum propter qualitatem eorum, postque
discessionem tuam multimodo cruciabar ab illis. Iam igitur gratias persolvo
Christo propter famam tuam insignem, idque quod exorabam tui causa
iam audio in te. Nune vero sis mihi praeco humilitatis scientiaeque, expul-
sorque consiliorum omniumque montium qui efferunt * sese superbe super * f.
scientiam Christi. Fiatque mihi fiducia in hora precum etiam illius mentis p. s
quae lucratur ab ilia. Neque sit mihi rétro reverti, vel ira rapi, vel cupi-
dinibus carpi, quod evenit gulosis qui die non vacant, noetu vero a somniis
non requiescunt. Scis vero ipse lectionem divinarum Scripturarum mundis
proficere et erigere mentem super visibilem 8 mundum deque eodem com-
mistas detestabiles exigentias, quae conlfëant animam vinculis indissolubili-
6 cancell. 7 s cancell. 8 ante visibilem, 2 vel 3 litterae cancell.
126
A. VAN LANTSCHOOT
bus eorporalibus. Tu vero, filiolus meus, exereeas fratres in meditatione
Scripturarum, ne fiant ainatores seeuli, nedum divitiarum quae ex eo; pru-
denterque observent latrones eonsiliorum. Talis enim diligentia exterminât
lupos, valdeque oderunt eam demones. Colluetatio quae evaeuatur per
sapientiam plena est tentationibus, efficitque puritatem eordis maximam,
f. 11 v sicut scripsisti; immundi * enim demones nequeunt rapere animam cuius-
p. g libet, sicut sapientia tua veris 9 certissime agnoscit. Spiritalis item sapien-
tia valet distinguere mundas cogitationes ab immundis, retegitque10 arti-
ficia demonum, quomodo induantur formam inanem ad 11 decipiendi causa
animam quae abire decreverit ad Dominum. Neeesse igitur qui operantur
expetant a Domino Spiritum scientiae. Ille vero ne cesset a certamine quod
idoneum est talibus muneribus qualia sunt, solitudinis amor, humilitas,
vigilantia, evacuata cura divitiarum, sine taedio preces. Invalescit autem
in his semper lectis Scripturis divinis; puritatem enim precum plus quam
Scripturae nihil praestat. Labor circumcidit affectûs12, qui sunt cupido,
ira et luctus. Quae vero post labores rémanent phantasmata lectio Scriptu-
* f. 12 r, rarum evellit animo, circumdat*que sensus nostros et intelligere facit
p. 10 essentiam scientiamque divinam 13, quam appellavit Dominus noster regnum
caelorum, 114 quo mediante videmus Patrem sanctum vivificumque.
Melaniae V
Bene erat remunerare bona mercede litteras tuas quas mihi misisti; plenae
enim erant bonis fruetibus, ego vero superata sum excolendo eas. Fragrans
item fuit odor earum ad intellectûs nares mei, factaque est omni modo
mihi laetitia. Quis mihi daturus est taie solatium cotidianum, quae cupit
praesidia umbraculaque poenitentiae. Oportet tamen fidem reponam Scrip-
* f. 13 v, turis, sicut aquam frigidam animae sitibundae, ita annunciationem * bono-
p. 11 rum a terra longe separare. Nos autem quam reddamus remunerationem î
Pauperes enim sumus et egentes misericordiae Dei, longeque stamus a
spiritalibus verbis quin nutriamus hospites nostros. Habebam enim, con-
fiteor, et vineam et villam; depavit autem villam locusta, et vineam aper
agrestis devoravit. En ergo adsideo portae virtutis, extentis manibus; melius
vero erat si ab ingredientibus reciperem eleemosynas.
Tu vero adiuta mihi precibus tuis. Pete a Domino ut adsint mihi Petrus
et lohannes, eo ut Petrus operibus, lohannesque theologia stabilient rpedes
in virtutem et calces15 in scientiam. Quum vero stabilior 16 parabolis, in-
gredior templum scientiae, demirorque17 et impleo ludaeos stupore.
9 cancell. 10 ex reteniatque. 11 cancell. 12 a ex e. 13 m ex s.
14 cancell. 15 supra pedes scripsit Conybeare bases et supra calces plantas,
ad optionem lectoris. 16 ex stabiturï 17 cancell.
UN OPUSCULE INÉDIT DE FR. C. CONYBEARE
127
Sexta f. 14 r,
p. 12
Te negleximus quando venimus pnmum in Palaestinam, neque potuimus
a te reeipere viatieum salutis quod propositum nobis erat. Neque scimus
utrum extra18 seeus viam simus, eorripiamurque a volueribus, an simus
inter 19 petrosa vel20 ita ut quo quodeunque exoriatur faciamus aestuare,
an spinae simus suffocantes verbum. Te vero obsecro, indulge mihi per
Dominum, oraque pro peccatis meis, quia transimus mare confertum pro-
cellis fluctibusque, rneque audeo21 et haesito certamen inire contra scien-
tiamque22 fidemque, animadvertens malitiam. Dominus vero obdormivit,
neque mens mea vigilat; nemo vero adest qui virtute eam expergefaciat.
Draco vero fugatus irascitur in nos, iamque cauda verberat, iamque den-
tibus commordet; nemo vero valet occidere eum, nisi contemptu victûs
divitiarumque et gloriae mundi. Per talia enim resuscitatur malus, vigetque
qui trucidatur sacramentis. * Qui tentationes obtulit Domino nostro, lapi- * f. 15 v,
des ut panis fiant efflagitans, terramque daturum esse pollicitus; sin vero p. 13
dignus sis inquit qui ab 23 angelisorum 24 alis tollaris, testimonium adferens
ex verbis Spiritûs : dignum esse qui ministerium ab angelis recipiat —
Quis denique valeat adversari illi. Quis fiat Daniel, qui adiuvetur a Saneto
Gabriele, faciatque globos ex adipe et pice et capillis ad discerpendum
draconem (Dan 14, 26). Ego vero parum valeo quia devicta sum ab illo ;
navemque tradidi navarcho, ne a nobis reponatur in alium fiducia quam
in Deum solum25, qui comminatur ventis et imperat mari, et accipit eos
qui in navi sunt in terram desiderii eorum. Quare postulamus semper
imploramusque filiolum tuum Edesium, qui frater meus est in Domino,
ut comprimât carnem suam precibus et ieiunio et vigiliis, eo ut per taies
modos sanetur * epithumetica pars animae, ne fiat vas immundarum * 16 r>
cogitationum et malitiarum ; fiat vero 26 potius moderator irae suae, quae p. 14
est ludas quidam demoniis tradens animam. Edoceatur idem humilitatem,
mitem animum et misericordiam, e quibus generatur am27 caritas qua
insignes apparent discipuli Christi. Fiat idem alacer ad leetionem S'crip-
turarum, quia d28 adtestantur Scripturae non salvatorem tantum esse
Christum mundi, sed etiam ereatorem mundorum, et consulere praesi-
dereque illis. Hoc igitur satis sit filio tuo. Valeto. Homini Dei, qui ministrat
Christo, quia magnopere consolationem obtulit nobis in Christo in eremo,
commendo te ad hominem perfectum oculatumque lohannem. Es 29 Exoro
te ut humilis fias sub manibus illius, sicut etiam pollicitus es illi, ipse
vero 30 suscepit animo promptissimus.
18 cancell. 19 cancell. 20 cancell. 21 cancell. 22 que cancell.
23 cancell. 24 is cancell. 23 u ex e. 26 cancell. 27 cancell.
28 cancell. 29 cancell. 30 ante vero, 2 vel 3 litterae cancell.
9
128
A. VAN LANTSCHOOT
f. 17 v,
f. 18 r,
p. 16
Melaniae septima
Minime eeu iustam animam meam antepono; plena enim est iniquitate,
neque tanquam ad Creatorem fidueiâ utor. Neque seio an verba mea spiri-
talia sint. Debilis sum, neque eaput meum nudare valeo orando. Sustineo
imaginem mundi, etiainque in hora preeum subiieio illi; profiteorque disce-
dere longe ab eo, mente tamen mea non eesso cireumire portas hominum,
eunctasque urbes exquiro, quomodo obtineam mereedem vanae gloriae. At-
que hoe satis est de Lazaro, quem dixisti manere in sinu eognitionis Abra-
hami. Spontaneam ministrationem Syrorum31 laudasti ; ego vero opéra
eorum nequeo aemula eonsequi; neque seio quomodo mensuram virtutis
eorum attingam vel longissimo itinere. Quantorum vero destituta sim rema-
nendo in terra Thraeum nequeo per litteras certiorem * te facere. Obsecro
autem te, impedias eos qui mundum derelinquunt ne eireumagentur mun-
dum de novo sine discrimine, immo demirata sum longissimum32 iter
tuum. Ego vero non bibo aquam Gihonis, nisi eogitando tantum vel mentis
aetu; longe enim abest a faeultate mea.
Evagrii octava.
Nee praeeonio possum detinere, neque obtreetatione aemulari velim. Prae-
eonium enim vanâ gloriâ effieitur, obtreetatio autem vulnerat; ubi autem
vana gloria atque dolor, ibi evenit omnis ineonvenientia33 molestia. Quis
deprimatus est eupidine perfeeitque desiderium suum, obtulit autem ei34
falsa iactantia? Pauli est triumphare s35 dextrae sinistraeque armis. Mihi
* f. 19 v, vero hoc dicendum est. Putruerunt * corruptaeque sunt cicatrices meae, a
p. 17 facie insipientiae meae. Iterumque Deus propitia peccatis meis, quia mul-
tiplicata sunt. Hoc vere habeo dicere tibi, sancta domina, fias doetor
sororum et filiarum, ne deveniant ad longum iter; alienum enim hoc opus
est animae quae longe recesset a mundo contenditque incedere via virtutis.
rQuoniam non ab operibus peccatorum solum opportent praeparari, sed
etiam mente et cogitationibus, et operibus quidem peccatorum Mosis est
to prohibere, sed a cogitationibus Domini nostri36. Admiror vero cir-
cumeuntein qui innumerabilibus occurit imaginibus, s37 quod possit per-
ficere verba Domini sui.
31 notât Conybeare : So Ms K asorotz. Mekhitar’s Ms lias avox nihili viz.
avorotz. 32 m ex s? 33 cancell. 34 ante ei, 2 vel 3 litterae cancell.
35 cancell. 36 notât Conybeare : Quoniam — nostri] locus obscurus. En
textus a Sargisian evulgatus : ib b tnP^n3 ifbqiug iffiuij'ii
£ iqunnpiuuinf ,uJl_ ^‘no^ b- , b tfbrjjug
(friLu^u^ £ Æ [i funp^pgng Sbutnb lîbpnj'. 37 cancell.
UN OPUSCULE INÉDIT DE FR. C. CONYBEARE 129
Melaniae IX f. 20 r,
Scio te esse pastorem multarum ovium, et idoneum qui greges paseas
apud Bethlehem, paueos baeulo, plures vero sibilando38. Ego vero propter
infirniitatem meam ne unius quidem eapax sum eurandi, vel ab ore lupi
vindicandi. Eeee enim omnes saueiae sunt (oves), quaedam rirâ, quaedam 39
vanâ gloriâ, quaedam etiani luetu, quaedam denique superbiâ laeeratae.
Supplieo te, intercède pro me apud pastorem lesum, ut liberet ab immiti
bestia, inque numerum gregis sui me accipiat, detque pabulum virtutis,
faciatque bibere aquam scientiae.
Melaniae X f- 21 v,
p. 19
Valde gavisae sumus ob visos fratres tuos qui in eremo, in terra ubi non
reperitur mos mundi. Quando tamen vidimus illos, neque sacrificavimus
vitulum illis, dum sub iugo fuimus malitiae ferarum ; neque azymos40
stabilitae caritatis veritatisque coximus illis quia non habemus sinceritatem
purgatorum. Posuimus autem illis panem aridum, symbolum malitiae
voluntatis nostrae, apud quam ne exortum quidem est germen agreste,
nedum ficus de41 suavi sapore, vel oliva inungens sanctitate. Quod vero
ad vitem vineamque attinet, ne odoris quidem fragrantiae participes factae
sumus, quum 42 tantum distemus a bonorum stabilitate. Fretae tamen sumus
Christo, quod succurret nobis mediantibus precibus tuae patemitatis. Adhuc
spargimus semen iustitiae, spe metandi aristam scientiae.
Evagrii XI f- 22 r,
Si libeat adquirere divitias apathias, O beata, studeasque accipere scien-
tiam Christi, quaecunque proficiant ad quaestum vitae (or salutis) tuae,
omnibus viribus efficias. Horâ vero precum posce sapientiam a Domino,
euius misericordia efficit te incorruptam, detegitque tibi insidias demonio-
ruin; absque enim illâ, nil anima cernit, nil mens intelligit. Oportet vero
cuncti illud explorent, quomodo bellum gerant cum inimicis suis, sicut
dixit David ab ore demoniorum qui dixerunt : Moriatur depereatque nomen
eius : responsum edidit : Non moriar, sed vivam, et declarabo opéra Domini.
Quumque alio loco diceret démon : Transmigravit in montes sicut passercu-
lus, dixit idem43’ Davit, die tu quoque : Domine, refugium vitae meae,
ego a quo trepidabo? lam vero animadverte verba adversariorum, tuque
disees vietoriam. Imitare Davidem, adque te ipsum speeta. Pone ianuam
cordi tuo, neque sinas ingredi eonsilia sine interrogatione. Interroga eon-
silia : * E nobis ne sis an ex hostibus. rSip*vero44 familiare sit, ingredia-*
p. 21
38 ante sibilando, susur (1) cancell. 39 supra lin. 40 q ex a. 41 can-
cell. 42 ante quum, littera cancell. 43 d ex t. 44 n vero cancell.
130
A. VAN LANTSCHOOT
tur ; sin autem adversarium 45, ne sinas. Illud paeem instituit ingrediendo ;
hoc vero implet tumultu. Taies sunt rerum sapores; ita oportet explores
horam paeis; si quando tamen expetas, neque aeeipias, aut gloriaris aut
eum Paulo eontemneris. Duo armati (or arma) qui in aliis. Fias laeobus, et
expelle eum laeobo Esau qui falsus est. Imprimetur tibi statim eeu eharaeter
seientia Christi. Adinstar tamen ignotorum retine humilitatein, adinstar
notorum retine fidueiam in Christo. Itaque divitiis paupera, seientia tamen
dives fies (or divites faciès eeteros). Doeeas cetera vacua omnino esse, atque
una eum fide retine omnia. Ista tibi signa apathias omni repletae bonitate.
f. 24 r, Melaniae XII
p. 22
Litteras nobis non misisti, homo Dei, sed favum ad suavitatem palati
nostri. Sicut eredis, seripsisti nobis; tanquam in speeulo delineasti earitatem
tuam in litteris. Nos tamen eeterorum quidem parum sumus eapaees, quia
deest mihi tam munditia eordis quam sine rubore vultus qui idoneus est
vere rationabili. Quis autem glorietur cor sanetum habere? Qui dieit, dixit.
Deus vero universus et Dominus lesus Christus emittant angelos suos ante
faeiem tuam, teque stabilient in via quâ ineedis; quoniam nobis adfuisti, et
talem tantamque eonsolationem praestitit nobis eremus una eum soeiis tui
omnibus, quos in Domino saluto.
f. 25 v,
oo Melaniae XIII
p. 23
Potenter (? Kvpt'wç) orasti, o beate, ad Dominum, qui me tum in prae-
teritis, tum in futuris, consolatus sis; neque deest tibi Patris providentia.
Quantus ergo est labor meus! Cupio per solitudinem liberari, neque eum
hominibus versari; quoniam Deum nequimus videre nisi deterserimus nobis
imaginem mundi, qui plenus est multifariis affeetibus. Cupio quidem eripi
istine. Admiror vero opinionem tuam qui me46 eonstringas ut tugurio 47
derelieto eommittam me mari. Conspeetu vero tui ne orbet me Dominus.
Ora vero pro filio meo Evagrio, ne falso pudore amoveatur spe sua.
26 r’ Melaniae XIX (sic)
p. 24
G avisa sum ob earnalem tui eognationem, eollaudavique Dominum. Magis
tamen laetor quod spiritali fiam digna virtute reetaque seientia; quoniam
absque istis non adunamur, dieo aetu effeetuque48 eonsiliisque seientiae,
quae fuerunt fiuntque. Fuerunt quidem per 49 fidem, fiunt autem per mun-
ditiam eordis, quam potis 50 lieet accipere per opéra quae perfieiuntur in
Christo fidei, sine quâ nequimus plaeere Deo, seeundum Apostolum, quia
princeps omnium est fides.
45 inter i et um littera cancell. 48 supra lin. 47 o ex um. 48 e
ex a 49 aupra lin. 50 cancell.
UN OPUSCULE INÉDIT DE FR. C. CONYBEARE 131
Melaniae XV f. 27
p. 25
Difficile et aegre ostendisti mihi te ipsum, quem ïamdiu exoptabam; et
aliquantuhim me exprobro, quum contemserim facinus. lam vero suscitas
memoriam spiritalis thesauri, qui est regnum coeli intra nos, quod affecti-
bus absconditum absque aetu et operibus non manifestatur. Intuearis igitur
animam tuam, et comprime ventrem tuum, et amove dimicationem irae tuae.
Animadverte etiam quomodo ardeat rut lumen tuum51 lux lucernae tuae,
quam mille modis Evagrius tuus tibi revelare nequibat.
Evagrii ad Fratres XVI 28
D 26
(This appears not to belong to the Melania eorrespondence) 52,
as neither the next two)
Evagrii XVII
Evagrii XVIII
Melaniae XIX
Magnopere nos delectavit litte 53' epistola tua inter magnas tribulationes
nostras. Concédât vero tibi54 Dominus misericordiam bis 55 in ultimo die,
quia memor fuisti humilium et peccantium. Nos enim quod proficiat non
habemus; vult autem aliquid lucrari56 dare miti virgini cuius bene placuit
vita. Architectonice vero festinanter agere non sivit. Ilia quae ante nos
est, in Domino maneat, commisimusque nos illi ; iussimusque virgini stare
eum Domino in secula orando, ne suffocetur (al. diffundetur) verbum
Domini quod manet apud nos; perficitur vero viribus nostris et operibus
secretis virtutis nostrae, ostenditque nobis Patrem secretum atque creatorem.
' Evagrii XX f. 29
Acceptabilis est voluntas tua erga nos, amator doctrinae, gavisusque
sum ob profectum tuum; quoniam imposita manu aratro rétro non es
reversus, desiderans corruptum mun 57 seculum. Festinas autem ut accipias
coronam iustitiae videasque sponsum Christum, quem de58 conquiris per
bona opéra. Opéré enim conquiritur ille, nemo enim operatur malum qui
eonquirit iustitiam; neque odio socii conquiritur earitas, neque falsa con-
versatione adquiritur veritas; recta enim fide bonisque operibus invenietur
Dominus. Litterae vero docent quas misisti, quod ostendit tibi subtilis
intelligentia; itaque eonsequitur regnum et iustitiam una cum opérante.
54 aupra lin.
55 cancell.
51 cancell. 52 ) cancell. 53 cancell.
56 ar cancell. 57 cancell. 58 cancell.
132
A. VAN LANTSCHOOT
f- 30 r’ Evagrii XXI
p. 28
Ambo egeinus consolatione, f rater Eustathie ; qui dei59 dereliquimus
patriam nostram faeti sumus egestate pleni. Sois quoinodo dilexerit nos
beatus (or beata) intervenions earitate sua nobis. Fidueia ergo me habet
Dominum tibi dedisse sanetum Athanasium, idoneum tibi ad consolationem,
idoneumque qui exposeat peeeatorum nostrum veniam. Gavisi igitur sumus
ob sanetas tui litteras; patefaeta autem est earitas tua erga nos. Largiatur
vero Dominus tibi seeundum cor tuum ; eunetaque tua eonsilia perfieiat ille,
quia eomplaeuimus tibi in Domino.
31 v> Eiusdem Evagrii de Virginibus. XXII
P- 29 (Vide Rufini Versionem apud Galland. Bibl. Vet. Patrum vii p. 578)
Evagrii XXIII.
(Ad Praesides diseipulosque)
Eiusdem Evagrii XXIV.
Evagrii. De Chérubin XXV
Alia Epistola Evagrii XXVI
Expeetatis argentum perenne quod a me lueremini. Ipse tamen longe
disto desidiae interveniente oeeano; artibus autem vietoriaque careo, quia
non deeimavi Melehisedeeis opes, neque posito certamine vietor gavisus
sum. Quis enim adseendat ad montera Domini, nisi qui sanetas habeat
manus immaeulatumque cor, qui aeeipiet qui60 eerte benedietionem a Domi-
no mediante miserieordiâ. Ipse vero qui nunquam reeubui supra Domini
peetus, quomodo theologiae verba ediseam ut inde vobis largiar. Qui
f. 32 r, mor*tuum non trueidaverim, neque aeeeperim de praeda quae gratis aderat,
p. 30 neque faetus sim Venator idoneae ferae; neque pura sunt rctia mea ut e
mari piseaturus sim eos qui exeiderunt virtute malitiae usque in profunda.
Beatos vere eenseo qui salvantur e mari, ip61 eosdemque supplieo ne
devoret me draeo, ludicrum angelorum, impugnansque imaginem Adami
primi novissimique, vineens et vietus, et infrenatus si modo possimus reti-
nere contra eum circuluin eius quod adest ad perforandum nares eius.
Habeatis vero mansuetudinem quae mater est scientiae, qua laudatus est
Moses ad testimonium ma02 insignis virtutis, cui licuit conversari eum
Deo aperto vultu, minime vero per enigmata; patefecitque illi plus quam
ceteris terram, doeuitque rationem praeteritorum. Deprecor tamen vos ne
refugiatis in unam modo virtutem, quum nequeat aedificari domus ex uno
f. 33 v, tantum lapide, vel ex una arbore templum regium. Virtute * enim prae-
P- 31 ditus, pariterque iracundus, arida arbor est infruotuosa autumni tempestate,
59 cancell. go cancell. 61 cancell. 62 cancell.
UN OPUSCULE INÉDIT DE FR. C. CONYBEARE 133
quae quidem bis mortua est. Iraeundus enim non eernit stellam lueis in
ortu eius, descendit vero in terram unde non redit, in locuin tenebrarum
caliginisque, ubi non videtur vita hominum. Virtus vero sine mansuetudine
robigo est carnis (or corporis) edax; mansuetudo enim efficit oculatam
mentem, igneaque iacula extinguit per scientiam Dei; iaculum vero igneum
diabolicum est consilium, quod 63 commovens cupidinem ineptam, id quod
nunquam accipiet mens illuminata; sin vero acceperit, mox illud expulit.
Praeripit enim eam seientia separatque visibili mundo, sublimem extollens
una cum dilecto eius. Absque enim carne (or corpore) luctari nequit malitia
in mundo, cuius consilia carnem auferre valeant, minime vero * incorpo- » f. 34
reum. Venite, effugiamus hinc, sicut dixit Dominus ad apostolos, sicut p 32
etiam Michia; hic enim deest nobis requies, quoniam venter et esus04
epulae évacuant a Deo. Absit autem avaritia aseetis, ne inveniatur in illis
idololatria. Effugite gloriam quia praematura est. Aecipite verbum Domini,
quod manet in eternum, estque illud lesus Christus Dominus noster.
Scripseras vero de ambiguitate consilii, utrum opporteat domum dere-
linquatis. Carnalem domum odit ille qui probatur ambiguitatibus. Duabus 05
vero verbis 66 rebus superatur ambiguus, odio et cupidine. Qui enim ambi-
guus est, odit obvia, cupitque nullo modo reperienda; quoque longius exten-
datur (cupido), plus valet odium, abigitque eum tanquain irrationalem
accepta ambiguitate. Advolat enim, extemploque celatum in illo odium
invidiae * abigit ilium aperte et revertitur. Dicit : Devictus sum; abundat- * f. 35
que in illo taedium atque dolor. Istud vero maxime evenit illis qui soli p. 33
habitant. Unde in Egypto plures sunt monachi qui plures inter sese coniunc-
tas domos aedificarunt; inque suam quisque decedit. Laborant vero 67 mani-
bus et orant, congregantur vero ad preces et ad mensam. Tentationes autem
ubique experturi sumus.
Alia Epistola Evagrii XXVII f. 36 r
p 34
Alia Epistola eiusdem de Consolatione XXVIII 1
Sustulisti luctum meum, neque dedisti mihi terram lacrimarum; nefas
enim lugere animam ad Dominum egressam. Quomodo vero dicimus sem-
per : Erue e carcere animam meam, laudoque nomen tuum1? Anima enim
in domo earceris cohibetur in corpore, proferens laudationem mundam
Deo. Intellectualia et sensibilia invicem répugnant; sed in egressu intel-
ligibilis partis, penitus liberatur; quia amplius non angustatur a materia-
libus, conversatur vero sola cum Deo. Quomodo vero nequit incorporeus
sine corpore adpropinquare corporalibus, ita nequit in corpore adspicere
incorporea. Beati, inquit, qui mundi sunt* corpore68 corde, quia illi Deum 33 *
33 cancell. 64 cancell. 65 a ex o. 66 cancell. 67 cancell.
68 cancell.
134 A- VAN LANTSCHOOT
» f. 37 v, videbunt. Animadvertas vero beatitudinem non mundis adtribui, * sed viden-
p. 35 tibus Deum. Munditia quidem apathia est rationalis animae; visioque Dei
scientia est veritatis69 unionis Sanetae Trinitatis, quam vident qui hic
perfecti sunt operibus, praeeeptisque expurgaverunt animas suas. Unus
egregius scopus earitatis iste est quod per eandem videt Deum, qui ipse
earitas est prineipalis. Caritate quae apud nos est, videmus earitatem prin-
cipalem, sicut dixit Salomon : Doeet mites viam Domini. Mitis erat primus
propheta, neque iniuriâ dicit Spiritus Sanctus : Monstravit viam suam
Moysi. Hanc edoeeas mansuetudinem fratres tuos, ne facile moveantur ad
iram. Aliud enim vitium non est adinstar irae, quae efficit mentem demo-
f. 38 r, nem animae suae. Dicit Salomon : Ira eorum sicut furor anguinis, * neque
p. 36 aliud est demonium neque maius quam vir conturbatus ira egressusque
naturâ. Phantasmata quidem demonum colorem formamque habent, et70
intelligentiam tamen nos tram aufugiunt evaduntque, quoniam compositio
eorum non est qualis nostra, ex elementis commista. Quum vero velint
apparere, simulant formas nostras, suas autem non ostendunt. Ne quis
ergo fratrum similis fiat anguini, neque admittas austeritatem quae man-
suetudinis expers sit. Similis enim est navi in medio mari, quam gubernat
démon irae. Deus vero praetermissis ceteris signis quae Moyses fecit,
mansuetudinem solam commemoravit; quia maior est quam coteras virtus.
Quum enim vellet delere Israelem, ipsum vero una cum illis posuit; protulit
* f. 39 v, Dei iram philanthropiamque in medium, * eo quod dixit : Aut remitte
pt 37 illis, aut me una cum illis dele. Deus vero statuit quod erat congruum, et
eripuit Moysen populumque siinul. Sin autem non agnoscas magnitudinem
virtutis per ista omnia, o mater, animadverte magna miracula. Nam cuncta
Moysis miracula in hoc adunata sunt, laudatioque Moysis alterum signum
fuit. David enim memorat praestantiam eius et dicit : Memor sis, Domine,
Davidis omnisque mansuetudinis eius; ceteras vero praetermittit virtutes,
scilicet infirmitatem genuum ob ieiunia, mutatumque colorem ob oleum(?),
et mutabilitatem similem passeribus ob pietatem; istam vero unam com-
memoravit. Hanc retineamus virtutem, audiatisque Dominum nostrum :
Discite a me, dicit, quia mitis sum corde. Ecce via eius, isque refrigerabit
nos in regno coelorum.
r, Epistola consolationis XXIX.
P- 38 XT
Ne contristare ob inortem patris nostri beati, quia profecturi sumus ad
eum; istud enim notum est-q.uojd.ego spopondi Deo, quum intrarem ordinem
religiosum post mortem patris mei, quod in terra nihil relinquam mihi,
sed proiciam ad mo 71 honorem Dei 72 Domini. At secundum verbum tuum
perpauca est tristitia ; ego vero quando eram inter hos (or haec) expetivi
69 supra lin. 70 cancell. 71 cancell. 72 cancell.
UN OPUSCULE INÉDIT DE FR. C. CONYBEARE 135
litteras tuas et aeeepi; Deusque eonsolator Apostolorum eonsolatus est me,
deditque mihi extemplo seientiam mortis et vitae, eorporis hodierno die
eaduei, semperque perstantis animae, quam ob rem eonligentur animae in
eorporibus, iterumque solvantur73; qua denique de causa angeli demones-
que ingrediantur mundum nostrum, nos vero in mundum eorum nullo modo
incedamus. Neque angelos * Deo vicinissimos videmus, neque demones im- * f. 41
mundos intelligimus. Maximum non adsequimur mysterium, neque minimo p 39
excidimus. Sicut vero patres nostri corporum tantum patres sunt, ita est
Deus pater animarum. Et sicut languor filii taedium est patris, eodem modo
etiam dolores animae Dei. Pater languente filio medicum vocat, Deus vero
Dominum nostrum filium eius emisit coelo ut curas impenderet generi
nostro, deduceretque nos a malis in bona, et ab inscientia ad seientiam Dei.
Quomodo vero angelis dédit habitationem lerusalem coelorum, sicut scrip-
tum est : Accedamus ad montem Sion et ad civitatem dei viventis ad
lerusalem coelorum ; ita conligavit demones vinculis in 74 invisibilibus man-
davitque eos abysso reservandos in iudicium. Nos vero posuit hic in * mundo, * f- 4*
coniunxitque eorporibus labori deditis, sicut scriptum est : Coela coelorum p. 40
Domini sunt. Terram vero dédit filiis hominum. Quum vero facimus elee-
mosynas, fit etiam super nos eodem modo eo ut aecipiamus quae sursuni
est lerusalem. Faciendo 75 Opérande vero malum fimus coheraedes demo-
nuin. Sin autem amemus Deum, hereditamus Deum. Pro certe igitur habe-
mus apud Ilium esse beatum patrem nostrum qui transivit de hac vita,
qui erat misericors mitisque. Testes vero sunt qui de eo acceperunt, qui
vendiderunt ei oleum lampadis. Parvum sermonem ignorantiae accipe in
tempore tristitiae, transeasque de tristitia tua ad consolationem. Bene vero
fuit tibi quod vivens refrigerare potuisti beatum, inque transitu cooperuisti
ilium saneto sepulchro in terra patris Abrahami et filiorum eius. Ego vero
exposco a Deo 76 Domino, intereedentibus angelis suis, ut eonsoletur te in
hoc seculo, posteaque ad dextram sistat una eum sanctis suis.
%
Cité du Vatican, Arnold van Lantschoot.
Biblioteca Vaticana.
73 a ex e. 74 cancell. 73 cancell. 73 cancell.
UNE PARAPHRASE GRECQUE RÉSUMÉE
DU COMMENTAIRE D'HIPPOLYTE
SUR LE CANTIQUE DES CANTIQUES
En 1913, au cours d’un séjour à Oxford, le Dr A. Sovic de
Zagreb, qui préparait une édition du commentaire de S. Nil sur
le Cantique des Cantiques, découvrait, dans un manuscrit du XIIIe
siècle de la Bibliothèque Bodléienne, le cod. Auct. T.2.5 (Miscell.
gr. 205), aux fol. 268-271, un intéressant témoin de celui de S.
Hippolyte sur le même livre. La guerre 1914-1918 devait retarder
l’annonce de cette heureuse trouvaille jusqu’en l’an 1921, date à
laquelle son auteur publia, sous le titre Fragmentum commentarii
anonymi in Canticuni Canticorumune courte notice sur ce texte,
dont une note annonçait la publication prochaine en appendice à
celle du commentaire de S. Nil. La mort, hélas, devait surprendre
A. Sovic avant qu’il ait pu réaliser ce projet et son article, peut-
être à cause de son titre trop modeste, ne semble pas avoir excité
jusqu’ici la curiosité des spécialistes de S. Hippolyte.
A. Sovié, qui ne connaissait le commentaire de cet auteur sur
le Cantique des Cantiques que par la première édition fragmen-
taire de G. N. Bonwetsch au tome I, 1 des Hippolytus Werkc1 2,
a pu croire qu’il avait retrouvé le préambule et une série d’extraits
du commentaire original d'Hippolyte. S’il avait connu la version
géorgienne de cet ouvrage éditée par N. Marr en 19013, il aurait
conclu tout différemment.
En effet, le texte du manuscrit d’Oxford est très différent de
celui que nous a révélé la version géorgienne et dont la priorité
est évidente. Mais, comme l’a noté un ancien lecteur (I, 9; II, 1),
1 Biblica, 2 (1921), p. 448-453.
2 Die Griechische Christliche Schriftsteller, 1, Berlin, 1897, Erste Hàlfte,
it. 343-374.
3 Ippolit. Tolkovanie pjesni pjesnej (Texfàsty i razyskanija po armjano-
gruzinskoj filologii, III) Saint-Pétersbourg, 1901. Nous avons utilisé la ver-
sion allemande de G. N. Bonwetsch, Hippolyt’s Kommentar zum Eohenlied
{Texte und Untersuchungen, 23, 2 c), Leipzig, 1902, p. 20-108.
137
138
M. RICHARD
il apparaît à première lecture que son auteur s’est servi sans
scrupule du commentaire d’Hippolyte pour réaliser le projet qu’il
s’était imposé de dévoiler les mystères du Cantique des Cantiques.
Dans son introduction (c. I), nous le voyons sans doute faire
preuve d ’une certaine originalité. Son exorde, § 1-2, ne doit rien
à son modèle. Ses §3-9 empruntent à Hipp. I, 2-5 4, l’idée que
Salomon a composé trois livres en l’honneur de la Trinité, les
Proverbes à la gloire du Père, l’Ecclésiaste à celle du Fils, le
Cantique des Cantiques à celle du Saint-Esprit, mais traitent ce
sujet très librement. Dans les § 10-16, nous trouvons déjà, non
seulement les thèmes, mais aussi quelques phrases d’Hipp. I, 10-15,
citées plus ou moins exactement. Quant au commentaire (c. II-
XXVII), il suit en général servilement Hippolyte, avec de fortes
coupures et, de temps à autre, quelques velléités d’indépendance,
notamment aux § V, 3 ; XIX, 3 ; XX, 1 ; XXVI, 1. Tantôt notre
auteur paraphrase plus ou moins librement le texte de son modèle,
tantôt il le cite à la lettre ou presque à la lettre.
Il n’a pas utilisé d’autre source que le commentaire d’Hippolyte
sur Cant. I-III, 8. Cet ouvrage, on le sait, s’il commente intégrale-
ment le c. I, à l’exception cependant du v. 5b, n’a retenu qu’une
partie des c. II-III, 8, qu’il cite avec quelque désordre : II, 1-2 a,
3 ab, 10a, 10b (=13c), 14b-15, 8-9 ab, 17 d (+ III, la), 9cd, 13 c;
III, 1 a-c, 3-4, 6-8. Notre paraphrase commente les mêmes versets,
dans le même ordre, avec quelques omissions, un mot par ci par là,
les v. II, 17 d-III, 1, vraiment mal placés dans la version géor-
gienne, et le v. III, 4 a. Un des meilleurs services que nous rend
cet opuscule est donc de nous avoir conservé à peu près exacte-
ment le texte biblique cité par Hippolyte. Quelques-unes des leçons
caractéristiques du texte grec qu’il nous donne se reconnaissent, en
effet, jusque dans la traduction allemande de la version géorgienne :
4 Ces § I, 2-5 sont d’ailleurs une interpolation évidente. Nous y trouvons
le « Saint-Esprit » mentionné neuf fois, et une dixième fois au § 6. S. Hippolyte
emploie évidemment ce nom divin, mais beaucoup plus souvent « l'Esprit » sans
adjectif. C’est ainsi que, dans la suite du commentaire, nous trouvons une
dizaine de fois to irvevua, cinq fois seulement to aytov irve.vp.a.. D’autre part,
le thème des trois livres écrits par Salomon ne s’accorde pas avec ce que nous
lisons aux § 10-15 sur 1 ’œuvre littéraire de ce roi. Enfin le commentaire est
résolument christologique et le Saint-Esprit n’y apparaît pas plus en relief
que dans les autres ouvrages de S. Hippolyte.
HIPPOLYTE SUR LE CANTIQUE
139
I, 2a à.7ro faX-r'iiMiTos : mit dem Kuss (II, 1 et 3).
— 6b + p-rfiè on : nieht dariiber (IV, 2) ; nieht darauf (V, 1).
— ôd èv : des Weinbergs (V, 3).
— 11b ôltto any/jidTwv : aus... Talenten (X).
— 14a NapSoç : Eine Narde (XIII, 1).
— 15b ô<f)0aXp.ot fiov irepurrepal om. : om. (XIV).
II, la tov àypov : des Feldes (XVII, 1-2).
— 1b œç Kplvov : wie ein Lilie (ibid.).
— 3b àvà p.é<rov t<5v viâv om. : om. (XVII).
— 8a ’lSov à&X^iSoç jaov : Siehe das Schwesterkind (XXI, 1).
— 9e I8ov à8tX<l>i86<; p.ov : Siehe meine Schwesterkind (XXIII, 1).
III, 4b ou om. : om. (XXV, 1).
— 8 EKaaroç popcpaîav èni tov p-ijpov avrov ftatTTdÇwv : ein jeder hat ein
Sehwert an der Hüfte (XXVII, 1).
A côté de cela, on constate un certain nombre de divergences,
dont certaines sont peut-être plus apparentes que réelles. Nous
laisserons l’étude de ce problème à M. G. Garitte, car sa solution
exige un nouvel examen de la version géorgienne, qui dépasse notre
compétence.
Avant la découverte d’A. Sovic, nous ne connaissions du texte
grec du commentaire d ’Hippolyte que le maigre résumé des § I,
11-14 que nous a conservé le florilège des Quaestiones et respon-
siones attribuées à Anastase le Sinaïte5. Le texte du manuscrit
d’Oxford nous donne beaucoup plus, même s’il doit être utilisé
avec prudence. Nous ne devons pas oublier, en effet, que son auteur
ne s’est nullement engagé à citer son modèle à la lettre. Néan-
moins, il est évident qu’il nous a conservé de nombreux éléments
du vocabulaite employé par Hippolyte dans son commentaire. Il
lui arrive même de nous révéler des imperfections de la version
géorgienne. Nous citerons deux cas où son témoignage vient appuyer
celui des fragments slaves contre cette version. Au c. VIII, 1, le grec
'tbi tot€ Tipia yv irapà tûj XoXo/zcopti ô ittttoç, irapà 8e r<S
<&apaà) fiaaiXeî Èdyvirrov to âppa s’accorde presque exactement
avec le slave, traduit par N. G. Bonwetsch : « Denn es waren wert-
voll die Rosse bei Salomo und bei Pharao in Àgypten der Wagen ».
La version géorgienne omet vrapà t(ü ^oXopajvTi ô ittttoç (ot
«
5 Qu. 41 (PG- 89, 592 CD). Nouvelle édition, d’après plusieurs manuscrits,
par G. N. Bonwetsch, Hippolytus Werlce, I, 1, p. 343.
140
M. RICHARD
i7T7roi). Au c. XXI, 2, nous lisons dans la traduction allemande de
cette version géorgienne : « Das Wort... sprang von dem Baum
in den Hades, es sprang von da heraus in menschlichen Fleisch
(etç Trjv dvOpajTnvrjv adpKa) auf die Erde ». L’expression etç tt)v
dvOp(t)rrivT)v adpKa serait extraordinaire sous la plume d’Hippolyte,
qui, dans ses ouvrages authentiques6, n’emploie jamais l’adjectif
dvOpdyirivos à propos du Christ. Le grec diro tov ÇvKov eîs tov
a&ïjv, diro tov a8ov dvetat irdXtv eis yyv et le slave « es sprang
von dem Baum in den Hades, es sprang hinauf auf die Erde
wieder » s’accordent pour condamner cette évidente interpolation.
Le travail de rédaction et les quelques passages originaux de
l’auteur de la paraphrase ne présentent aucun intérêt. Ils nous
révèlent un très médiocre écrivain sans aucune originalité. Ce texte
n’est donc précieux que comme témoin indirect du commentaire
d’Hippolyte. Pour faciliter les comparaisons avec la version armé-
nienne et les fragments slaves, nous avons adopté, dans la mesure
du possible, la numérotation des chapitres et des paragraphes de
l’édition de G. N. Bonwetsch. Au chapitre I, seuls les §10-15 de la
paraphrase s’accordent avec les mêmes paragraphes de cette édition.
Nous avons donc dû préciser dans les notes les correspondances
de notre texte avec celle-ci. En revanche, pour les c. II-XXVII,
nous nous sommes contenté de signaler les quelques anomalies que
nous n’avons pu éviter.
6 Nous ne tenons pas compte des interpolations du Contra Noetum. Hippolyte,
comme les Pères Apostoliques, les Apologistes et S. Irénée, emploie générale-
ment l’adjectif àvdpwirivos dans un sens péjoratif.
I. 1. HoXvç iv (ro(/)ia ^oXopatv, 6 papTvprjdels vivo Oeov.
’,ïïpirpoa0iv aov ovk iyivero dXXos xat perd ae ovk dvaaTTjae-
rai o/zotdç aoi. 2. HoXvç ian xat Svo’ep/zTjvevroç xat OKvrçpoç
7rpo<! iyxeipTjaiv, dXX’ opcoç xat TroXXd/aç y/3ovXy0yp£v rà
8t’ avrov VTre^eXOeîv, oircos té rà Trepi avrov ri ian ko.1 irôOev
o Tocrovroç tt/ç cro</>taç epcoç en ovt& àveniTravTO, rtveç 8e
at ftifiXot xat Troraîrat xat 7rocrai xat ttcuç avràç èÇfjkOe.
3. Tpetç rolwv avrov fliflXovs àvodevrovs eupiaKopev, tt}V tc
Trapotpiav, tov iKKXiqaiaaTTiv Kal to aapa rôv àapdrajv.
I. 3. Cfr Hipp., i, 2-3.
HIPPOLYTE SUR LE CANTIQUE
141
4. ‘'Ottcüç 8e nves Kai rrfv Xeyopévrjv aotyav navdperov etç
avrov TrepLTrXéKCûcrLv, rjvrwa Çévrjv Kai àWorpiav avrov Ittl-
ardpeda, ov povov etc r&v àpxaiojv Kai paKapioiv irarépcùv,
àXXà Kai ef avrrçç rrçç ftifikov. Ta re aKeppara Kai rovs rpoirovs,
ràç 7rapa^8oXàç re Kai rà aiviypara, rds Te èvepyetas Kai rà
pvari/jpLa, oaa èv roîs rpcal /SlfiXots rocs perd irovov èvrvyxd-
vovai yvdpcpa, Çévrjv Kai 7rdXiv tovtûjv vTroridrjpL. 5. ^Ottûjç
re 7rdXtv /zv(rr)?picü8(âç Kai rrdvv KeKaXvppévcrs ràç ftifiXovs
ravraç ràç rpeîç rr} âyia rputôi. avvéra^e. 6. Ttjv re yàp
napoipiav eiç tov îrarepa /zvœrrçpawScüç œvyypai/iaç, èXdXiqae,
(fyrjaiv, cüç a7ro tov irarpbs avrov rû ^okoptüvri,, èv ois Riperai
ô irarrjp rrepl tov viov tov tôiov Kai ôpoovaiov pvariqpid rwa
péWovra èK/SiqaeaOai èrr èaxdrov rûv rjpepajv els Tjpâs.
7. Tov re èKKXyaiaaryv els Xpiarov tov viov tov 0eov tov
povoyevi) Kai oaa èv rf) eKK^aia aiviypara, pàXXov 8e eKeîvos
aiviypaTto&ùs Kai KeKakvppévojs ègéOero • ttcüç 8è 817X0? tt)v ef
èOvâfv eKK^yaiav roîs /rrç irapipyoïs dvaycvdaKovat Kai ttcüç rà
rov Koapov <( paracOTTjs paTaLOTTjTaJv, rà navra paraiOTTjs )) \
direp ô Xpurros varepov èv t<ù evayyéki(p 8t8d£aç (/taiverai.
8. To 8e aapa râtv àapdratv rà rov Oeiov nvevparos Xoyta
otfcüç re avro irapexei Kai rb aapa Kai rb i/idXXetv Kai rà xapia-
para rà ÜLaÿopa Kai 7r<Sç rrjv ef è0va>v eKK^ipriav irore pepe-
X.ava)pévijv raïs TrapaTrrdpaaiv ècfialbpvve Kai Tjvtoaev èavrû
Xa/wrpvvaç ' ÜLaÿopois xaP<’aP‘aat'- 9* MvœrrçptcüScüç roivvv ô
^oXopàv ràç rpeîs fti/SXovs ravraç els ryv àyiav rptdSa
avvéypaxjje. [Kai 6 TttttoXvtoç rpeîs Xeyei ràç /8t/8Xovç].
AXX’ ènl rb npoKeipevov ttjç ^Ô^ÔXov npoiepev. "Eypaif/as rjpîv
8tart aapa aapdrajv Kakeîrai; 10. Tpitr^iXiaç napa/3oXàs Kai
nevraKiax^Xias à8àç iorroprjae, (fyrprt, ^oXopcôv Kai àrrb r^ç
Kebpov rov Xcfldvov eaiç tt}ç vaadnov r^ç eirl bcoparos Kai àirb
5. Cfr Hipp., 1, 2-3. — 6. Cfr Hipp.fi, 4-5. — 7. Cfr Hipp., 1, 4-5.
1 Eccl., 1, 2. — 8. Cfr Hipp., 1, 4-5. — 9. Cfr Hipp., 1, 3. — 10. Tpiax1'
Aiaç — T^v yijv Cfr Hipp., 1, 10.
142
M. RICHARD
7T€T€IVOV €COÇ €p7T€T0V Kai 0T)ptoV TOV CpTTOVTOÇ CITL TT)V yT)V \
^Otl pcv ovv SvavoTjTOv to irp6)8X.7jpa Kai dv(rcyxeipT)TOv, iravri
7tov 8t}X6v «rriv, (verre diro tc tov ovpavov Kai yf)<s, £vkov rc Kai
Orjpiov Kai ttctclvov Kai cpirerov Kai TrdvTtvv rûv (/tabvopcvajv ov
7rap€Xl7T€ Tl d)V OVX V'n’cÇ'ïft.Oc, râ)v pcv t^XovvTütv Kai pipov-
pcvarv rà inrodctypara, t&v 8e (fiCvycLv Kai dirorpcircw tov<s
rpoirovs, cüç CKaaro) Karà dvvaptv. 11. IIov roivvv rràcra T)
TOiavTT) irkovaia yvâaus', IIov 8è rà pv(TT7)pLa rà KCKpvppcva;
IIov ai irapafloXal Kai rà alviypara Ta roiavra; IIov 8e ai
fl'ifiXob’, ’Avaÿaivovrai, yàp povai irapaftoXal avrai ai ycycvr)-
pcvai cv rfi ao(f)ia. 'OXiyai, ydp. ’AvaÿéperaL 8e Kai crcpov
ftifikiov tov CKK^rjaLaarov, arixous tyrf \ ’Ava^eperai 8e Kai
to àapa tcùv aapdrajv, eyyvç ttov rj ttXcov r. 12. IIov ovv
âpa to irX.T)0oç irapcdpapc’, Ti 8e dpa', Hdvra rà ftifiXia avTOv
dvT)pT)Tab T) i/ievSeTai r) ypacjn]’, ’AXXà pr) ycvovro. To eiriropov
yàp pdWov r] X^P^ T°v àyiov irv€vpaTO<s Troir)aaaOai ev^OKTjaev
coç T€ TroXXà pèv Kai diropa Ta tov dv^poç tovtov t]0t), (mj-tc. Kai
irAeiaroLS tûjv ef cü t(ùv alvbypaTûiv avrov èp(f)opT)0f)vai, • Kai
IIXaTCovi yàp Kai ’ApuTTOTckei, Kai tous Tre.pl avrov crocfioîs
\lyerab àiroKXéÿaL ovk okiya nvà raiv tov àv$po<s tovtov irapob-
puàv tc. Kai alvuypdiïtov. IloXXà 8è Kai oi Oclol cvayycXbaTal
vircpvTprfhjaav Iv Kpvc^rj tS>v tov àv$po<s tovtov KaTopOûjpdrûJv.
13. Ti ovv’ "Anavra eo’iûMTT)^; Ov^t’ pT) ycvoiro. Eittê yàp
oti i(rr6pT)(r€v diro tt}ç Kciïpov Kai tt)<s vcrcrcûnov Kai ttctcivov
Kai Prjpiov Kai cpircrov Kai êcüç TTarvajparaiv \ ’Ettêi ovv dircipov
x)v to TrXrjôoSf opa to àircLpodvvapov tt)s aocfiias tov irvcvparo<s.
'Dira qv dvayKaîa irpb<s CKK^rjaLaaTUcbv opov, ravra Kai povov
C(rT)pcb(v0T). 14. Kai tovto ovk ccttlv cpov to pypa, àXX’ aKOvaov
tt/ç fiifi\ov tS>v Trapobpbûiv avrov ttov pcaov ovtcüç doypartfpv-
1 Cfr 3 Reg.t v, 12-13. In fine paragraphi aliqua deesse suspicor. —
11. Cfr Hipp., i; 11. — 12. IIov ovv — fà] yévotro Cfr Hipp., ï, 12. —
13. i Cfr 3 Reg., v, 12-13. Cfr Hipp., i, 13. — 14. Cfr Hipp., i, 14.
11 . 1 ^rq J tt) cod.
HIPPOLYTE SUR LE CANTIQUE
143
cr^ç • (( Aurai ai 7rapoi/ziai, (/>T}ai, ^oXopcopros ai à^LaKpLTOi
aç e’^eXefavro oi <f>tKoc ^^ckIov tov /3acriXetoç )) \ Ei 8è ékéÎ-
voi àSiaKpirovç avràç êîttov, ri eiTrtv/zev T^/xeîç oi fipaxeis Kai
ravreivoi, TrXeicrra avrcov aTroXi/zTrdvovreç ottwç re &vaeppr}P€VToi
elcnu. ’ESoéfy yàp aurû, (frrjai. « X^P‘a KapSiaç ))2 (Serre prf
7Tape/z7ro8i£ecr0ai avrov prfiè to tvxop (ficKaao^aat. To 8è
(( efeXefavro )) roiovrdv ecrriv. TeXevrrçœavroç XoXo/wvroç, perà
TrXeîcrra en?, qXOep ’E^e/daç ô ^ôaa-iXevç. 'Sofas Se 6 dvrçp Kai
Sucaioç xai ev'yvtv/zcov épdmop Kvpiov Oeov avrov. Aià rovro
yàp €i7T€v Tj fii/SXos otl oi faXoi *E£adov efeXefavro, iva paOys
otl à^LOTTLCTTOV ôvo/zaroç irpoariyaye pdprupas. Ildvrwç yàp
OVK àv aVTOVS eKeKTTJTO fakoVS, SlKatOÇ (WV, €1 prj TCùP TÏ)S
evcre/3eiaç opajv avppvaTai,3 ovt<û Kai ôpofaopes VTrfjpxop. Kai
iroOep faalp eÇekéÇapTO', ’Ev aiç êittc TrevraKicr^iXiaiç w8aîç
Kai rptcr^iXiaiç 7rapa/3oXaiç4. £o</>oi yàp vjrdpxoPTes àKpifiûjs
èÇekéÇaPTO. Tovro 8è ovk dvev r^ç oiKovopias tov irveupaTOS
yéyovev, iva ro pvcrnjpiov to péWov (^avepajOr) 8i’ avrew
èir ècrxdTOJv àiroTeKovpevov. 15. AeSeiKrai ovv otl rà pèv
irKeito qv, rà 8è dvayKaîa, oaa eÿfhjv €i7ràv pvaTT)pia)&ü<s eis
tc top îrarepa rov Kvpiov ripôv Ttjo-ov Xpiœrov Kai eiç tt)p olko-
popiap tov XpiaTOv Kai eiç tt^v evtvSiav rov irvev/zaroç, eiç
tc t^p eKK^rjaiap Kai tovs aofjxMS à7ro(rr6Xovç. 16. ’AXX’ cm
to fiifiXiop tov aapaTOs T)Kopép aot, TreiOopepoi. Aià ri a(rpa
àaparajp KaXeîrai ; "'On 8e Ip ois rà irepTaKicrxihia aapara
avTcüp aapa ep 1 Kai flékriû) ^LT)y7]aapTO iraprl ypdpLpop.
''Slairep yàp (/>i\os (/tikojp Kai àpOpoiiros àpOparrrajp eis avyKpc-
aip tov fie\Tiopos, ovtû> (frai Kai qapa aapdrajp, Tovréari,
tcùp aapaTtop àapaTiKtoTepop Kai t&p wSaiv àSiKtvrepov2.
’AXX’ €7ri ro irpoKeipepop ttjs /3i/3Xov irpotepep.
1 Cfr Prou., xxv, 1. 2 3 Beg., v, 9. 4 Cfr 3 Beg., v, 12. — 15. AeScuc-
rai àvayKaïa Cfr Hipp., I, 15. — 16. qOti Sè — yvwpi/iov Cfr Hipp., I, 13.
14. 3 o-vj^uorat cod. — 16. 1 tv : m cod. 2 yBvKtûrcpov cod.
10
144
M. RICHARD
II. 1. <E> i X r] ad t <ù pe dno </> iXrj p ar o ç aroparos
avrov, [Kai èv rovroiç rà TrXeîora râ> narpï tovtoj avvd8ei
Kai ô péyaç 'IttttoXvtoç] ori à y a 0 o i paaroi aov
vnèp olvov xai oaprj pvpajv aov vnèp navra
r à à p d p a r a, pvpov èKKevtoO èv ovo pd aov .
Aià rovro v eav 18 € ç Tjyanyaa v ae. 2. To pèv
(juXrjadrû) dno npoadnov r^ç avvayatyrjs kapfidvei, ifriç
napaKaXéi èÿéXKeaûai fiovXopévr) an ovpaviov Xoyov, ïva
</>iXi?0$. ‘'Eroi/ia <^.yàp^> 1 rà X€^17 ftovkerai KoXXrjaai
avrâ, ïva 8vvapiv nvevpariKrjv ànoanàaai 8vvr)0rj. 3. Aià
yàp rûv èvroXcov evreXXerai, iva aKippdar)1 rrjv 8ià
ar 6 paras dydnrjv. To 8è dyadoi paaroi aov vnèp
olvov, ov rponov ev<f>paivei Kap8iav ô oîvos2, ovrcoç
ev(/>paivovai 8ia0r)Kai Xpiarov. Maaroi ydp elaiv avrov ai 8vo
8ia07]Kai, vopos Kai evayyèXiov, yd\a 8è ai XevKai èvrokai.
"Clanep 8è vr/ma yaXovxdirai 8ià rcov palfiv, ovrco Kai oi maroi
àno râ>v 8vo 8ia6rjK(àv dpeXyovaiv èvroXds. 4. Mvpa Xpiarov
riva \éyei, àX.X’ rj rà \6yia vnèp navra àpdpara rfiovriv
Xoprjyovvra. 5. *Ov yàp rponov èv dyyeia) pvpov ov èyKci-
pevov, ovSènco rrjv ôapyv napèxet, £Xet $€ avrrjv èv èavrâ,
X.v0èvroç 8è rov pvpov, répnei dnavra? rovs èyyvç Kai rovs
paKpdv, ovrco rb pvpov ô Xoyo<s èv Kap8ia narpoç èov, rovréanv
èv tü) Ko\n<ù, èKKevü)0ei<s eiç rov Koapov evcoStag rà navra
nenkypcoKC.
34. Aià rovro veaviSes yydnrjaav ae Kai
eï X kv a dv ae, etç ôapyv pvpov aov e 8 p a pov .
Ned^iSeç 8è oi àyarrqaavres, oi paKapiaroi ànoaroXoi, oïriveç
à^évre? rov Koapov rjydnrjaav avrov. EÏXKvadv ae ’ èv
yàp râ èXKvaai Xpiarov npo<s eavrovs, yKoXovârjaav avrâ eiç
ôaprjv pvpov avrov 8pap6vre<s, 6 èan tt}ç SiSaœKaXiaç avrov.
II. 1. Cant., i, 2-3. — 3. v. 2b. 2 Cfr Ps. cm, 15. — 34. v. 3c, 4ab.
II. 2. 1 yàp suppléai, III fere 11. euanidae in cod., charta perforata. —
3. 1 îv‘ ècrKippûaT] cod.
HIPPOLYTE SUR LE CANTIQUE
145
III . 1. Eiia'tjv ey Ke pe, (/rrprbv, ô /3 a a i X e v ç e i ç
ro rapbeîov avrov. Tiç 8e ecrri }8ao-iXevç, àXX’ rj ô
XpccrTOs’ Ti 8e ra/zieîop, àXX’ rj rj èKKkTjaia; Tiç 8è ravra
XaXeî OTi eioijyayé pe ; IlapTCüç T) avvaycùyYj raiv marevadvTCùv ♦
7)cn/>aX«raTO yàp avTrjv ds to rapbeîov Ô ccttlv y] èKKkYyria.
4. ’A y a X X i a a 6 cù pev, (frai, Kai e v </> p av 6 <S p ev èv
arob, ày air iq cr o pev 1 paarovs crov virèp oîvov •
e v 0 v r î) ç r) y d tt y a é cre. vH8t} pèv ovv to pèv irpoKa-
TetkTfnro, to 8e cvÛvtyjs, Ôaob Kar evOeîav iropevovTab ovtoI cre
àyaircixrb.
IV . 1. MeXaiva elpb Kai KakYf, 6 vy dre p eç
Te p ov a aX t? p . Mi} ftkèTr eT e pe on eyà pepe-
kav cù pévTj eipi, pY)8è on Trapebbé pe b y X b o ç .
Ilajç xai pékabvd (jrrjcrb Kai Kakxj ; *Ori àpapTCùkr} YjpYjv,
àXX’ è^bXrjaé pe XpuTTos.
V. 1. Il a p e î 8 e pe b Yjkboç, TOvreaTbv epirpocrOev b
XpbtTTOs rrapébbé pe. IlapeîSe yàp avrrjv pi] Trebadeîaav,
Bbakacraerab 8e avry peravoovcrp. Eî8eç crropa avvaycùyrjç
bpokoyovarp! rà cnjpfteftTjKOTa. 2. Tioi ydp, (/yrprb, prjTpo<s
pov èpaxéaavrô pe . M'rçrrçp ô vopo<s, viol oi TrpocfyïjTab
oÏTbves epdxovTO ev èpol kéyovreç • èiriarpepov èirl vopov
Mcüvot}. 3. "E^cpto pe (/>vkaKTjv ev àpire\(bvb ’
à pir ekcùv a èpbv ovk èÿvkag a. Tovrearip eOevro pe
a)ç àpirekov • ' ovk eTî/p^œa 8è tov èpbv kaov, TOVTeaTb rà
KkTjpard pov. ILapà Trdcrqç yàp deoTrvevcTTOv ypa^rjç àpireKcùv
o ’ïcrparik keyerab. (( ’E^vrevaa )) ydp, (jyrjtrbv, (( àpirekcHva Kai
(ftpaypbv ovtGù Trepie^TjKa )) \ Kai <( apnekov e’f AlyvirTOV
peTxjpas » 2 Kai irokkà TObavra.
III. 1. v. 4e. — 4. v. 4 def.
IV. 1. v. 5a, 6ab.
V. 1. v. 6b. — 2. v. 6e. — 3. v. 6de. 1 Gfr Is. v, 2. 2 Ps. lxxix, 9.
III- 4. 1 âya7nja-ù>^€v eod.
146 M. Richard
VI. 1. ’Att dy y eikov po b ov rjy aTTrj agv rj ^VXV
pOV, TT O V TTO bpabVGbÇ , TT O V KObTa^Tj GV p G a TJ p-
fip ta ; Aeye /ioi, XpbaTG, <f>Tjab, TrapaKaXû, GyKaTG\bird<s pt;
Etç gOvtj irobpa'bvrj rj gttopgvÔtjs ckêi; ’OpÿavTj yeyévTjpab.
2. 'H TrXovaia irévopab. M^ttotc yévajpab ir Gp b fi a\-
X o p gvtj gît* d y e X a i ç gt ai p <ü v aov . Mtjttoté, (jyrjaiv,
tj TràXat Trpoa^GXOfJLGvrj TrpoarjXvTOV^, vvv TrpoaTjkvToç iOvdiv
yGVtofJLOLL.
VII. 1-2. *H Kai Xeyei crvvayajyrj • ’E à r prj yvqjç
a g avTTjv, tj k a X tj gv yvvabÇi, Xéyovaa • M g X a i v d
GbfJLb Kai k a X rç , àXX’ a^iaprcoXdç, dXXà </>iXov/iai, ov^apov
cre ôi'T'jcret1 tj </>iX£a pov • Tovréarbv, golv prj Gmarpé^yç g£
oXtjs ttjç KapSia? Kai gltttjs ràç a/iapriaç aov, ov pTj SbKabû)-
ûfrs. Mt? vg airaTaTto tj irpo<s iraTGpaç GirayyGXba ’ 'Afipaàp
<rco£erai, aXX’ ovbév aG à^eXTjo’ei. 3. ’E f g X 0 g av gv
TT T G p V a L Ç Kai TTObfJLabVG Tas G p b(/)O V Ç . ToVTG(TTCV
dvvTToSGroç Kai yvfJLvrj TropGvov1 ottlo-û) pov ’ TTpofiarov yàp
rjprjiJLaL gv avTto ’ dXXà yàp gIs Gpi(/)ov<s (tol to gvovtlov Xoyitp-
pab, OVKGTb clç 7TOb<ZpVTJV^> 2 TTpofiaTGùV, àXX’ €IÇ GptyoVS.
5. ’Eàv prj yvq)<s (TGavTTjv \ rj KaXTj gv yvvab-
b V, G g\0 G CTV GV TTTG pv ab<! TtoV TT O b fJL V b (1) V 2
aov Kab TToipabVG ràç èpi^ovs aov gttI (tktjvû)-
paT(DV T(ùV TTO b [JLGV (ÙV .
VIII. 1. T $ b tt tt (p pov g v dp paa b <E> a paà
ajpobüjad aG, rj irXrjabOV. ’Eàp pGTavoi/yrT)<s, (frrjai,
avvayajyrj, totg aè opobdaot epavrâ cüç rfi ittîto) ^GvyvvpévTjv
gv âppaab Qapad). ^bari 8e tüj Ïttttlû, t(û dp par b tov Qapaà)
VI. 1. v. 7ab. — 2. v. 7c.
VI I. 1-2. Permiscuit scriptor sententias quasdam ex Hipp., vu, 1-2
desumptas. v. 8a et 5a. — 3. v. 8bc. 1 Cfr Mich., i, 8. — 5. v. 8.
vin. i. v. 9.
VII . 1-2. 1 at ôny<T«i : ctoi àvurû cod. — 3. 2 Trot<Zpvriv^> IV fere 11. euani-
das in cod., charta perforata, suppléai. — 5. 1 èavr^v cod. 2 ttoi/ji/vwv cod.
HIPPOLYTE SUR LE CANTIQUE
147
dpoicùaev ; ^Ort totc rtpia T}v irapà rû> ^oXopGtvri ô ittttoç, irapà
8è tw <E>apaà /SaaiXeî klyvirrov to dppa *Ov roivvv rpoirov
ravra ovtcoç è£,evypéva èariv ev8o^a, ovtcoç Kai av ev8o£o<s car],
èàv dpa peravoiriaT)<s. 2. 'H pèv yàp ïiriros qv Ik Xaov rd)v
’lovSatcov, oOev ol diroaroXoï. <( ’E7re/3i/3aa-aç )) yàp, (jrrpriv, (( etç
OdXaaaav tovç itttfovç aov )) \ Kai (( e7rt/317077 èirt tovs ïirirovç
crov ))2. Kai StaTt ïirirovs tovs aTrooroXovç KaXet ; Atà ro
StcoKetr èv Koapw, rovréari Tpéxeiv tov 8p6pov rfjs evaefldaç,
dp par a 8e at ^KX^œtat at ef èOvôv, viro&vyvvpevoi roivvv
iinroi, rovréariv airoaroXoi, dppa Ô èariv rj èKKXrjaia. *EXkov-
<tlv avTTjv 8iKaia)<s irporpen'opEvoi èiri ty)v 68ov ttJç ovpaviov
l&ïjS'
IX. X iayovG<s (rov, (jyrjaiv, a>ç Tpvyoves1. ’Kyet
yàp to èpvOpov tov ttjs TriaTeo)^ 8vaû)Trovpevov \6yov.
T p dxy^-o $ aov cüç ô p pia k o t. Toirrèanv ovkéti KaTio
veveiç • to yàp TrappTjaiaaTiKOv Tïjs èXevdepiaç Xafiovaa, ds
ovpavovç àvdveve,
X. 'O po t co paT a xPvar,>ov 1 Troïka o pèv 2 œot
àjro aTiypaT(ûv tov àpyvpiov. ‘"Ort ô vopoç a»ç
àpyvpiov qv perpta)<s TraiSevcüv, vvv 8è rr/v è^ox^TdTTjv Tiprjv
tov xPvat°v KXrjpovopov ka/3ovaa to evayyèkiov, ôpoidpaTa
Xpvaiov iroirprerai aoi.
XI. “"Ecüç ov ô ^aatXevç èvayKaXiarj avTOvs,
(fyrprL Tovrèariv eœç ov ô Xpttrroç TrapayèvyTai to 8evT£pov,
0dX.7ra)v avravraç tovç maTevaavTaç èv rfi /3aai\da avrov.
XII. 1. NapSoç pov, (/> Y) a iv, è 8 (ûkzv ô a prjv
avrov. Tovrèanv to pvpov ttJç x^ptTOç ejrvevaGv, ïva, èav
2. 1 Habac., ni, 15. 2 Habac., ni, 8.
IX. v. 10.
X. v. 11.
XI. v. 12a.
XH. 1. v. 12b, 13a.
IX. 1 rpiryovoç cod.
X. 1 ^pvtrov cod. 2 TTOl'qfTüifieV cod.
148
M. RICHARD
0ékp, Kai ireptropT) atoOrjvai 8vvr)0fj. ’A tt 6 8 ea po ç r 7} ç
ar aKTi) <s ' rjv yàp XpbaTOç aâ>pa KeKTT)pevo<!, ïva 8tà tovto coç
florpvs iKÔkiftfi. 2. ’A8eX(/>i86ç pov èpoi, àvà
péaov tS>v paaraîv pov avXbaO tfaer a b.
XIII. 1. NapSoç tt}ç Kvvrpov à8eX(/>b86s pov
èv àprr eXataiv ’E v y a88 i. Tottoç èarl xatpaç rtvoç èv
rfi >ïov8aia ovtcd KaXovpevos èv £> to àiro^dXaapov yiverab.
Ttialv ovv dpTreXûveç èKeî <^€7rl^> 1 ÇvXojv. Tavra rà fvXa ékéÎ
KVbÇppeva 8i8(ùab to pvpov. Eittêv 2 ovv <( àSeXt/nSoç èv àpTreXGtabv
’Evya88i )), arjpalvaiv r68e • tcr^vpoç pèv yàp Y)v, <j>T}abv, èm
ÇvKov iràaxpiv o Kvpboç, vvrr6pevo<s 8è èm ÇvKov 8b8ü>ab tyjv
ev(t)8iav. 2. 'HvbKa 8’ âv vtto tov rexvbTOv ott\(ù vvyfi rà fvXa
èKeîva, TrapavTbKa to 8aKpvov diroard^eb, ovtû> Kai ô Xpbaroç
e’yyvç avrov ttov tov tottov tov Xaov èSaKpvev, ïva àiroXovaab
8vvT}0'fi, tyjv Trap3 èavTOV evû)8bav 8b evaTrkayxvbav 8r]\â)v.
Tore pèv èm fvXov èvvaaero cüç èv àpTreXûvb, ïva to KaXov
pvpov TTjs evwSlaç 3. *O 8è Xoyoç tov Oeov Karà adpKa
adpaTb èa^tbyyero Kai pèyaç atv pbKpos èyèvero ' èvrevdev
KpepaaOèvTOç1 avrov èm fvXov to KaXov pvpov tt}ç evwSiaç
d7r€KaXv7TT€TO. 4. Aeyei ovv • ’A8 eX</> 18 6 ç pov èv àpire-
Xaj a bv 3ïïvya88b.
XIV. ’A-VTbÿcùveb Kai kéyeb Trakbv èKebvos ‘ ’18 o v et1
KaXi), T) 77 X17 aiov pov, 18 ov eî 2 Kakrj [dSeX^tSoç
pov] 3. 'Ttto TrdvTOJv yàp TTe^bkrjaab Kai tojv py ybvûjaKOvrajv ae.
’lSov e î 4 k a X o ç àSeX^iSdç pov . 'ClpoXoyTprdç pe
KaXdv, 8tà ravTTji' rfy alriav opo\oytv ae Kayà KaXrfv. Tt 8e
Tjv to ebTreîv tov Xpbarov ' KaX^ et, àXX’ y • « ©dpatb, ôvyarep,
àÿéovTab aov ai àpapriab )>5.
2. v. 13ab.
XIII. 1. v. 14. — 4. v. 14ab.
XIV. Penniscuit scriptor sententias quasdam ex Hipp., xiv et xv, 1
desumptas. v. 15ab. v. 16a. 5 Cfr Matth., ix, 22 et 2.
XIII. 1. 1 ctti addidi. a Eî ÿv cod. — 3. 1 KpEp,ijLa(T0évTo^ cod.
XIV. 1 el : y cod. 2 cod. ® à8eX.<f>t86s p,ov deleui. 4 ei : y cod.
HIPPOLYTE SUR LE CANTIQUE
149
XV. 2. ’E77€</>cüi'')?a-€ TràXti/ fj avrri Kai Xeyei• ’ISov et 1
KaXo? à8eX.(/>i86? pov Kai ye à)pato? • tt p o ç
KXivrjv fipôv avaKtoi, 8okoI olkûjv rj p <2 v
k18poi. Tiva 8è /3ovXerai Xeyeir KarotKtav; Aéyei ydp •
rrpo? KXivrjv rjpâ)V av a klo ç • rrdvra)? rr/v rov rrvev-
paro? xdpcv aK<^érrr)^>v 2 yevopévrjv rrâai rot? Kavaovpévot?.
XVI. A o k o î oÏKtov rjpa)v k£8 pot. Tive? 8okol
Ke8ptvot, àX)C rj rrarepe? Kai Trarpidpx^’, yàp rporrov fj
Ke8po? ov aryTTÉTai, ovra) Kai 86£a rrarépaw ovk àrroKéirat.
Harv d) par a rj p à) v Kvrr d p ht ao i. Harvdpara y dp
eiaw oi drrdaroX.oi, rr/v rràaav ôpo^rjv vrro^aardtpvre?. " Clair ep
8è rf KvrrdpLaao? ovk drrofidWerai rrore ro dv0o?, e^ei 8e Iv
iavry rrdvrore rrjv popÿrjv Kai x^l^dtvo? Kai 0épov?, rov avrov
rporrov Kai oi àrroaroXoi ov Xeirrovai rrarvdpara Kvrrapiaaov
eKKXrjaia? vrrdpxovre?.
XVII. 1. Upxerai XoiîTOv eavrrjv errdyeiv Kai Xeyetv Sixaiov-
pévrj • ’Eyà dv0o? rov dypov (îiç Kpivov rûv
ko i,Xd8a)v, d)ael Kpivov ev péaa) aKav 0 a> v .
’E-yà TrXaroç rov Koapov rfôr) aKopm(,opévri, aol marevovaa
dv0o? yeyévripai rrapà rràatv àv0pé)nous. Kai ydp èan 0ea)prî-
aai ïva, edv riç ex rrepiroprj? marevar) Xpcarqj, nû? âv0o? iarl
îraXaià Kai véa (/>0eyy6pevo?. 2. Trjv eva)8iav roivvv rov Kpivov
irapéfiaXe rrj ^opoLorrirt rûv àyiayv. AOv yàp rporrov ro Kpivov
eva)8id£,ebf ovra) Kai oi âytoi, râ)v ev râ> /3i(p dv0pd)rra)v a>ç
àKav0â>v àrrorrviyopévayv, pvpi^ovai.
XVIII. Trj? ovv eva)8ia? ravrri? peréxtov Xeyei avrrj1 •
’lSov et 2 KaXrf f) rrXr)aiov pov, 18 ov et 3 k aXrj.
eH rrpb? Xpiarov • ’lSov et 4 k a X 6 ç • ai ç pfjXov ev
XV. 2. v. 16-17a. v. 16b.
XVI. v. 17a. v. 17b.
XVH. 1. Cant., U, l-2a. *
XVIII. Cant., i, 15, 16a; n, 3ab.
XV. 2. i d : rj cod. 2 ox <émy > v : III fere 11. euanidas in cod., charta
perforata, suppléai.
xvni. 1 avrÿ : av-nj cod. 2 ü ’ rj cod. 3 d : rj cod. 4 d : rj cod.
150
M. RICHARD
TOIÇ £l/XoiÇ TOV 8pV/ZOV OVTÛJÇ 5 à 8 € X (/> L 8 6 Ç
pov . *Ov yàp rpoirov, àyairTjroi, èv p^Xip irdpeartv evwSia
irapà iràv aKpoàpvov, ovrco Kai Xpiarbç àvà péaov irdvrajv
irpo(/>r}T(iùv èrrl fvXov irr)yvvp€vo<s rr/v evwiàiav coç prjXov irapd-
Xero.
XIX. 1. ’A8eX(/> 186ç pov àiroKpiverai Kai Xeyei
po i • ’EXfle, r) irXrj a tov pov, k a X ij pov, irep ta -
repd pov. AïKauoç ravrijv Xotirov ireptarepàv KaXei eîç
fipeporijra rpeiropévTfv. 2. ’E x 6 p ev a rov ir por eixta-
paroç irpoaKaXeî ravrrjv. ILpordxtapa 8è irpopaxov èan
revx^v. ’EX0é, (farjaiv, èyyvs àac/>aXdas Kai SiKaioavvyç rov
irporetxitrparos, tva SiKaàov kolvcovos yèvrj. 3. A € î f ov pot
rrfv di/rtv aov Kai aKovriaov pe rrjv (/xùvtjv
aov • oti T^Seîa1 y aov Kai fj oipts aov
d> pata. ’AKOvnaPdayç yàp ÿvxfys, pàXXov 8è tt}ç awayo/yfa
Kai ôpoXoyrjadaiys Xpiarov èv àXrjOda, i^Seia2 q (jxvvri, XaP°~
iroià rj oÿis rrj<! iriareajs, irapprjaia^opèvr) 8è àiroKpiverai Kai
Xeyei • Mvarijpiov yàp pvarr)puv8<û<s aoi ^ovkopat ÿpdaai, àirb
rov vvv oaa èiriK€Kpvppèvajç ds rà péWovra rjpîv eK^veaOai
i^iqyrîaaTO.
XX. 1. EÎttovctt/ç yàp avrrjç on à Kovr ia6v pe rrjv
(/> ûjv 7] v aov, èrrdyei Xéyovaa • Hiaaere y pîv àXcû-
7T€Kaç piKpovç àÿavit,ovra<; à p ir eX â v a ç Kai
àpireXùivEç rj pîv kvit ptÇovaiv . Oî8à ae 8è irvdopevov
pe Kai irepl rov làapÿàv iroWaKis ri (frai rà (( àXwTrovç iKparyae
KèpKov irpbç KépKov 8r)aa<; ))1 ; MvorrçpicüScüç 8« ràç pèKXovaas
àvaKvirreiv aipéaeus irpoearjprjvaro èv oîs Kai y fli/SXos avri]
XIX. 1. v. 10. Cfr v. 13e. — 2. v. 14b. — 3. v. 14ede. Commentarium
totum opus est seriptoris.
XX. 1. v. 14d. v. 15. Pars prima commenta™, Ot8d cte — p.iKpov^, opus
est seriptoris. 1 Cfr lud., xv, 4.
5 ovtoç cod.
XIX. 3. 1 rj8vla cod. 2 •rçjvîa cod.
XX. 1. 1 Stitraç cod.
HIPPOLYTE SUR LE CANTIQUE
151
àXcoTrexaç tovç i/ievSoTrpot/nfraç Xéyet xai i/jevSoxparrovç. Ti Se
ÿpcri piKpovs; Tlç yàp en, expert, vprrid^ovai, avWdfiere auras,
ïva pp av^paavTes tovs dpTreXâvas xa/daç e/ZTrX^craxri rovç
KurrpiÇovras to âvOos Tps Triareais. ^Ort Se aXonroi eiaiv oi
ÿ€v8oirpo(l)pTai Kai aiperiKoi, aKOvaov ’lepcpiov kéyovros ’
« TSov oi i^evSoTrpo^^rat crov, Tœpa^X, coç àXcüTrexeç èvèàpevov-
rai (roi ))2. Tovto Sè Kai Xpurros èv rois evayyeXtotç eSi/Xcoa-e
irpos 'HpcüSî/v €Î7tc6v • (( EtTraTe rp àXdireKi ravrp • TSov appepov
Kai avpiov 8vvapeis €7riTeXa> xat rfi rpirp ppépq. So^aaOpao-
pai ))3. 2. Tovtoiç Se xai avTOç ô ^ap^àv tovs r dX.ct)irovs
KepKOv irpos KtpKov Sîjcraç, Xa/z7raSa ott'utü) avratv1 t<zç aipéaeis
ràs /zeXXovœaç àvacfiveiv pviTTero, (bv rà ècr^ara rrvp (f)\éyov.
3. Kepxov Se rrpos KepKov 8paas1, to dvopoiov eSeifev avrcbv
on Kai ai aipéaeis dXX^Xatç dvTiXèyovai. 4. Tovtcov Kparov-
pévtov, oi dpirékiùves Kvirpitpvcri Kai Kaprrov irérreipov tw Ogcû
Trpoaifïépovaiv.
XXI. 1. ’A.'jTOKpiverai rraXiv Kai Xeyet • TSov àSeXt/nSdç
pov TTp^djv pK€l €7ri Ta Opp S l a X X 6/Z € V O Ç €7Tl
tovç /3 ovvovs - *Opoio<s pv dScX-^iBos pov Tp
8opKa8i p vefipqj eXdi/xav èiri rà opp BaiflijX. 2. Tt
to rrp8ppa ; Tov Xdyov to ra\v. *'Eiirp8a yàp àiro pèv tov ovpavov
eîç pprpav TrapOeviKpv, drrb pprpas eis tov Koapov, àiro tov
Koapov €ttj, to ^vXov, divo tov ^vKov eîç tov a8pv, àiro tov
aSov àveuri iraXiv eis ypv, arrêt yps eis ovpavovs, dir ovpavov
iraXiv enî rpv ypv, àXXà totc pèv acHaai, vvv Se Kpivai tov
Kocrpov. 3. ’Etti yàp tois rà injjpkà cüç opp (fipovovai irarei
pèv, 8iak\erai Se • ovk avairaverai yàp èir avrpv.
XXII. 1. *O p o i o ç, (f)pai, rp 8o p Ka81. To yàp o£v
2 leremiae locum non inueni : Cfr Ezech., xni, 4; Lament., v, 18.
3 Luc, xm, 32. — 2. 1 Cfr lud., xv, 4. — 3. 1 Cfr lud., xv, 4. — 4. Cfr
v. 15c.
«
XXI. 1. v. 8-9ab.
xxn. i. v. 9a. Permiscuit scriptor sententias quasdam ex Hipp., xxn,
1 et 3 desumptas.
152
M. RICHARD
tov Xoyov Katvov xai evKoXov èarjpave • Oavpaaov 8e, <S dvdpajTre,
tov 0eov 6£vTT)Ta àpopajv, oltto àvaroX&v €7ri 8vœiv, àiro Svcrewç
e7T4 pecnqpfipiav, ko/to) Kai dva> airevSovTOs, ïva iroTe pèv coç
Sopxaç, 7tot€ 8e coç eXa</>oç Set^#, tw taxe? tÛv ttoBcov to evay-
yéktov aTjpaivtov. ’Apt/rtrepa 8e 81X17M1 KaL papvKaTat2.
4. Tavra povos KaOapà eKiqpvTTe. Kaflapoç yàp ecnqpaiveTO
Xpurros, tGw 8vo StaûyKcàv ttuttiv èm</>ep6pevos. MapvKaTai
yàp to aa^eç tov Xdyov, rrjç Svvdpecoç to îcrxvpov àva^épojv.
XXII I. Erra î 8 o v à8eX(/>i86ç pov tt a p a kvtt t <ûv
8là Tü)V OvpiàfDV, éKKVITTOJV 8là T(iùV àlKTVCùV.
Aéyei, pot • ’E X e , 7r X17 aiov pov, KaXiq pov,
irepta-Tepd pov. 0vpt8aç 8è xat StxTva tovç Trpo^TjTaç
xaXeî, e’f d)v àiaKVTTTOJV ô Xoyos KiqpvcraeTai Atà tovtojv t&v
Ovptôaiv TrapaKVTTTtûv Xéyec pot, • ’EX0e, y irXrjaiov pov. Atà irdv-
t<üv yàp tÛv 7rpotftTjTûjp irpotrKaXeÎTai, TavTT}v, xa^àç xai ô
Trpo^TT/ç Xéyet • (( 0vpi8eç 'qveœxd'iqaav ev t<û ovpavS) )) \
XXIV. 1. ’E v vv£ i, <j>Tj a iv, e^ijT'rço’a ov Tjyd-
TTT)(rev r] ^fvXV pov € Çrf t T) a a avrov Kai ovx
evpov avrov. Evpov pe oi (/> p ov p 0 vvt e ç t t) v
ttoXlv. Mî} ov rfy diTT) a ev Tj i/jux?? pov êiSêtê1 ;
’E k par T) a a av tov Kai ovk d^>^xa av tov e (v ç
ov eiariyayov avTOV eis oikov prjTpos pov
Kai eis t apieîov tt]s <t v X X a/3 o v <r T) s p € • 2. *fl
T(vv aTTOKpv^ajv pv(TTT)pi(t)v tov 0eov. ©eatpTprov tovto irXiqpovpe-
vov èv ’M.dpôa Kai Mapta. 3. T77 vvktI yàp è&jTTjaav tov
^(üVTa d)s veKpov. *Akov(fov yàp tov àyyéXov • « Tiva ÇrjTeî-
té;»1 4. Evpov pe oi (/>povpovvTes TTjv ttoXvv.
2 Cfr Deut., xii, 15, 22 ; xiv, 8 etc.
xxm. v. 9de, 10. Permiseuit seriptor sententias quasdam ex Hipp.,
xxm, 1-2 desumptas. 1 Is. xxiv, 18.
XXIV. 1. Cant., m, labe, 3, 4ede. — 3. 1 Cfr Luc., xxiv, 5. — 4. v. 3a.
XXII. 1. 1 cod.
XXIV. 1. 1 *8tT€ cod.
HIPPOLYTE SUR LE CANTIQUE
153
Tiveç ovrot; Oi àyyeXot oi eiç tov rdt/tov Kaôtjpevoi1. OvKeri
yàp rdt^oç qv, àXXà ttoXiç, oti tov ovpaviov fiaaiXéa èxdpiqaev.
XXV. 1. Eîra, a>ç ànéarT) àn avriov, ifyrjaiv • E v p o v ov
TjydiTTjtrev t) ÿvxy pov. 2. T8ov yàp, tfrïjaiv, Trçœovç
ànrivTiqaev avraîç \ ’Expar^œa avrov Kai ovk à</>7jxa
a v t 6 v. IlpocreX^ovcrai yàp èKpdrrjaav avrov rovç 7roSaç 2.
Ovk à</>i€Îcrai avrov, ifyiqaiv, e at ç eiaiijyayov avrov
eiç oikov prjrpoç pov Kai eiç rapieîo v r y ç
cr v X X a fi ov at) ç pe , rrjç KapStaç pov ev8ov Kai rS>v anXdyx-
voov Kai ri/? rrjv àydnrjv avrov eyvivv, [3.] pvarripictâioç
ô ^oXopStv npo roaovrajv yevecov rivv ywaiKiàv ro pvarijpiov
aivirropevoç.
XXVI. 1. Eîra perà rovro • T t ç avry rj àv a fi aiv o v -
aa dno rrjç èprjpov co ç areXéxv Kanvov
reûv piapévr), apvpvav Kai Xifiavov dno
ndvrivv kov io pr S>v pvpeÿov. IlaXat yàp rà eOvr)
eprjpa OeS) vnrjpxopev, vwi Se xapLTt' ôtov noXirai Kai
avyKkrjpovopoi Xpiarov \ Trjv ovv èOvtov eKKXrjaiav Xeyei rrfv
eprjpov Tjriç èyévero ttoXiç tov Oeov. 2. fflç ar eXéx'n
Karrvov r e0 v pi a pévi). Atà ri Kairvov ; *Ori Karrvoç Ik
irvpoç irpoepxopevoç eiç àépa inrarai. Tov avrov 8tj rponov rov
Xpiarov pvariqpiov KariqyyeiXev rj oucovopia eiç rà népara rrjç
'yrj'*, eva)8if£aav rjpâç t<S nvpi rrjç Oeorrjroç dno tt}S yvjs €i<s
ovpavovç àvepxopevov. 3. XtcXc^ûÇ y^p ^vXov rov aravpov
èByXcoaev, d) (/)povpeîrai rj eKKXyaia, a pv pv av Kai Xi fi av ov
rov èvrai/iiaapov èv <w Kavxârai • ravra yàp rà évitât) Ovpid-
para rrjç eKKXiqaiaç. ’AXXa, perà navra, (frai • Xoviopraiv 1
1 Cfr loh., xx, 12.
XXV. 1. v. 4b. — 2. 1 Cfr Matth., xxvin, 9. v. 4c. 2 Cfr Matth.,
xxviii, 9. v. 4de.
XXVI. 1. v. 6. 1 Cfr Rom., vm, 17.«— 2. v. 6b. — 3. v. 6c. Commen-
tarium totum opus est seriptoris.
XXVI. 3. 1 Kovtoprov cod.
154
M. RICHARD
pv p € i/i ov . 'Zvvayopeva yàp rà m£0T) àm tt)ç yevvijaecûs
avrov p^XP1, dvaardaGtoç navra evtùSid^ei,. Mvp&pov 8è rb
evayyéXtov àvopaaev • èv eKelvo) yàp àiroKGWTai navra rà
êvc68t7 /zvœnfpia. Aià tovto Xèyei * 2 pv pv av Kai X.i/3 avov
àïïO naVTtÙV KOVLO p T (à V pV p GlpOV .
XXVII. 1. Erra (frrpriv • ’18 o v i] kX.Ivt} tov X o X o -
pûv, è^KOvra Svvaroi kvk\oj avrijs dnb
8v v a t (à v ’I a p a ij X, e k a œr o ç po ptfyaia v ènl tov
piqpbv avrov ^aard^v. JZXivr) tov 'îtoXopûvTO<s ovk
dXXi? rpavr) èKTjpvTTero, àXX’ y ô XpiaTO<s. *Ov yàp rponov ck
noXXov kottov ris Kai Kapdrov èmarpè^as èm kXlvt)<; èavrbv
èmpptnrei tcùv Kapdrov dnotrofirprai Kai àva7rav<ra(r0ai, ovtcù
Kai T/peîç èmarpéÿavTeç èK rf)<s tov Koapov paTaiOTTjTOç Kai
TT)<! TOVTOV nXdvTJS, TOV 7€ KOTTOV TCÙV àpapTTjpaTCùV CüÇ (flOpTLOV
èm tov dtpov èyKcipevov dm)pptyavTGs, àveTTavadpeOa pvam-
kcùs èv r$ KXunj TavTTj, T]Tiç èorlv ô X.picrro<s o \èy<ùv • <( Aevre
7rapT€ç oi Kom(vvT€ç Trpoç pef Kay à dvair averti) vpâs » \
2. ’Erri TavTTjv TYjv KXtvrjv dven-avtravTO oi Trpot/njrai, oi irpo
vopov Kai perà vopov kdpÿavT&s, rrpoç 8è Kai oi 7ra7piapxat*
T) k ovt a yàp 8vvarol kvkXû) avTïjs p o p (/> a i a v
èirl tov pyjpov avrov ^aard^ov CKatrTOÇ,
TOvreaTb arréppa eiç Xpicrrov ÿTjfjHÇppevob avro ’ASàp, p€XPL T°v
"X-picTTOv èÇrjKOvTa elat TrpomÎTop&s avrov diro Kara/SoX^ tov
Koapov, Tovréanv, cüç 1 efâriv elmav, diro tov ’ASàp Kai Ka0* è£fj<s
pèxpi TOV 'X.pLtTTOV.
Paris 7e, Marcel Richard.
Institut de Recherche et d’Histoire des Textes,
15, Quai Anatole-France.
XXVII. 1. v. 7-8. 1 Matth., xi, 28. — 2. Paucas sententias ex Hipp.,
xxvii, 2, 7-9 desumptas eontraxit scriptor. v. 7b, 8.
XXVII. 2. 1 (ôç : cod.
UNE NOUVELLE HOMÉLIE ACROSTICHE
SUR LA NATIVITÉ
Il est assez rare de pouvoir éditer un texte dont on possède encore
aujourd’hui plusieurs témoins onciaux; c’est le cas de l’homélie
acrostiche sur la Nativité du Seigneur (BHGr 1892 d) conservée pour
sa première partie seulement dans le Scorialensis M 236 et inté-
gralement dans le Sinaïticus 491. Les questions complexes relatives
à l’authenticité de l’homélie 6 de Proclus, qui comporte, elle aussi,
des éléments acrostiches, nous ont poussé à publier ce sermon inédit :
on possédera de la sorte un nouveau point de référence pour appré-
cier certains traits curieux de l’homilétique du Ve siècle.
DATE
L’homélie acrostiche date en effet de cette époque, pensons-
nous. Notre premier argument relève de la critique externe : l’étude
de la collection homilétique du Scorialensis montre en effet que
ce témoin est composé de deux couches distinctes; le fonds primitif
ne comporte que des sermons anciens et peut remonter au Ve siècle,
tandis que des homélies plus récentes, destinées aux seules nouvelles
fêtes de la Vierge, enrichissent le recueil dont elles ne semblent
pas avoir troublé l’ordre1. Un second indice nous est donné par le
titre : l’homélie est destinée à la fête de la Nativité, tout en ayant
simultanément pour objet la Sainte Mère de Dieu (voir la sobriété
des libellés x dans les onciaux S et E) : cette particularité nous
1 Abréviations : BHG = F. Halkin, Bïbliotheca Hagiographica Graeca, 3e éd.,
Bruxelles, 1957 ; Ehrhard = A. Ehrhard, Überlieferung und Bestand der hagio-
graphischen und homiletischen Literatur der griechischen Kirche (Texte und ünter-
suchungen, 50 à 52), Leipzig, 1937-1952; Follieri, Initia Hymnorum =: Enrica
Follieri, Initia Hymnorum Ecclesiae Graecae, 3 vol. (Studi e Testi, £11-213),
Rome, 1960-1962 ; Maas-Mercati-Gassisi — P. Maas, S. G. Mercati, S. Gassisi,
Gleichzeilige Hymnen in der byzantinischen Liturgie, dans Byzantinische Zeit-
schrift, 18 (1909), p. 309-356; Mercati, Antica omelia metrica — S. G. Mercati,
Antica omelia metrica « in nativitatem Christi », dans Bïblica, 1 (1920), p.
75-90; PG = Patrologia Graeca; PO = Patrologia Orientalis. — On trouvera
une description du Scorialensis dans Ehrhard, II, p. 4-6.
155
156
F. J. LEROY
reporte à un calendrier liturgique ancien. Troisième élément de
preuve : la langue même de l’homélie, en particulier de la suite acro-
stiche : cette langue est dense, dépouillée, analogue aux dialogues
de l’homélie 6 de Proclus; elle est plus sobre encore que celle d’un
hymne en vers réguliers daté par les meilleurs connaisseurs de
la fin du Ve siècle2. Certaines images, dans la sobriété de leur
expression, ont une saveur archaïque indéniable : « Un trésor céleste
est livré au regard dans le champ; courons donc voir pareil mys-
tère » (0 ; cf. Mt. 13, 44) ; « voici le grain semé dans la campagne
de la grâce ; il fait jaillir un épi de divine connaissance » (N ; cf.
Joh. 12,24); «la perle précieuse adhère à l’huître et, comme un
marchand, Joseph s’en est mis en quête» (O; cf. Mt. 13, 45). Quant
aux termes théologiques, le P. de Aldama nous le fait remarquer,
®€ot6kos ne se rencontre pas, mais une fois seulement Tj àyta
TrapOévos 3; on rencontre souvent irapOévoç (§ 6, 8, 19, 22, 23,
29 à 31) et deux fois Kopr) (§ 26 et 31) 4.
Au point de vue christologique, signalons 1 ’usage de 7raîç (§ 15)
et l’expression «le vêtement de la divinité» (§ 18). Pour les ques-
tions trinitaires, les paragraphes 12 à 15 permettront peut-être
de préciser le milieu d’où provient l’homélie; on trouve en tous
cas deux fois l’adverbe à^iXoveucajis (§5 et 15; voir aussi §22) 5
2 Acrostiche sur le Vendredi Saint (Maas, Mercati, Gassisi, p. 354 s) : dix
vers sur les 48 de ces 24 distiques se terminent par des vocatifs de remplis-
sage.
3 Ceci d’ailleurs, dans la phrase finale d’introduction à la doxologie (§ 36)
qui coupe brusquement la réponse de Joseph à l’ange : serait-ce un indice
ténu de la mutilation subie par le texte?
4 Ce détail rapproche notre texte de l’homélie métrique éditée par Mercatï
et datée par lui d’avant 400 : «non più tardi del 400 » (Antica omelia
metrica, p. 84) ; Kop-q y est utilisé aux lignes 8, 55, 60, 71 et 100, irapûévos
en plusieurs endroits et une fois aussi f} àyta irapdévos : 37 s.
5 Le terme manque dans le Patristic Greek Lexicon; le Thésaurus Linguae
Graecae, non plus que le Lexicon Athanasianum de Müller n’indiquent aucun
passage où le mot se trouve en un contexte théologique technique; partout,
il s’agit de l’attitude de l’homme dans la manière de chercher (Ç-qreiv :
Clem. Alex., Strom., 8, PG 9, 561 a 4; synonyme : â</>iXo8o£<ü$), d’interroger
(Bas. Caes., Epist. I, 2 : PG 32, 229c 3, èpwrâv), d’entendre (Athan., De
sent. Dion., 21, 3; GCS 2, 62; PG 25, 512 a, rendu par «sine ira et sudio »
par Müller) et finalement de croire (Epiph. Cypr., Anchor., 67 ; GCS I, p.
81, 22; PG 43, 137 : TrtfTTeverai àirepiépya)^, àtjttXovuKiüs). Voir aussi la
Septante : Ez., 3, 7.
UNE HOMÉLIE ACROSTICHE SUR LA NATIVITÉ
157
en des allusions à la toute-puissance divine et à la naissance éter-
nelle du Verbe 6; de plus, il est curieux que des adverbes ultérieure-
ment utilisés pour l’incarnation soient employés ici dans un con-
texte trinitaire (§ 14).
MANUSCRITS
Nous éditons le texte d’après les mss grecs suivants : E, Escorial
<E> III 20, oncial du IXe siècle (Ehrhard, II, p. 4-6) ; S, Sinai 491,
oncial de la même époque (Ehrhard, II, p. 195) ; voir aussi la
description de A. Wenger, dans L’Assomption de la T. S. Vierge,
Paris, 1955, p. 96 à 99) ; A, Athènes 282, une collection non méno-
logique (Ehrhard, III, p. 855) et B, Athènes 327 (Ehrhard, III,
p. 467) 7; M, Vatic. Barber, gr. 583 (VI 22), du XVe siècle8;
P, Paris gr. 3.100, copie d’érudit9. Nous connaissons en outre,
grâce aux notes du P. Martin tirées du Bestand d'Ehrhard, le cod.
Athos Pantocr. 6, du XVe siècle (Ehrhard, III, p 216), un méta-
phraste mêlé.
Le texte est encadré dans ces témoins par les sermons suivants :
E : BHG 1921 (Grégoire de Nazianze) et l’inédit BHG 1914 m,
pour la Nativité; S : PG 56, 385-96 (Proclianum 46) pour la Nati-
vité, et Proclus, hom. 7, pour la Théophanie; A : PG 61, 737-8
(Chrysostome) pour la Nativité et PG 77, 1039-50 (Cyrille d’Alexan-
drie) pour la Théophanie; B, PG 61, 763-8 (Chrysostome) et BHG
1914k (Chrysostome) pour la Nativité; M : BHG 1898k et BHG
1911.
6 Ou lit au' $ 14 : « ayant déployé sans rival (ou bien : étendant sans
jalousie) ma puissance par ma volonté, désirant engendrer un Fils, j ’ai
engendré un Dieu parfait ». S ’il y avait la moindre possibilité de comprendre
avec une nuance d ’antériorité une telle affirmation, on aurait peut-être là
l’indice d’un milieu arianisant; le paragraphe suivant précise toutefois que
l’on est en dehors du temps (ou xpovoç, ou Stacrr^a). L’insistance sur
ftovXifîds et ®eov èyévvrjda réAeiov indique de toute manière une pensée
orthodoxe à l’époque ou dans les tournures inspirées de l’arianisme.
7 Grâce à l’obligeance du P. Halkin, nous avons pu consulter les descriptions
manuscrites du P. Novak pour ces deux témoins tardifs.
8 Ehrhard III, p. 476, un panégyricon tardif, indépendant du Métaphraste,
comme B. *
# Le catalogue des homélies dressé par Montfaucon lors des travaux de
son édition chrysostomienne — Paris Suppl. Gr. 267, f. 62 — enregistre les
textes du cod. 3.100 aux numéros 56 et suivants; le Mauriste l’appelle :
« schedae nostrae Bigotianae ».
158
F. J. LEROY
Pour tous ces mss, sauf ceux de Paris et de Rome, collationnés
sur place, nous nous sommes servis des microfilms de l’institut de
Recherche et Histoire des Textes.
Quoique ne conservant que la première moitié du sermon, E en
a probablement connu le reste10. Seul ce ms. connaît 1 ’acrostiche,
comme son titre le manifeste; S ne l’a pas remarqué, bien que sa
mise en page le conserve pratiquement : deux fois seulement, S met
en marge d’autres initiales que l’alphabet, après I et L.
E présente un léger plus11 et S quelques lacunes par haplo-
scopie (§1, X, 27 et 33). A et B sont des mss frères, très proches
de P; certaines variantes les opposent cependant, ce qui suppose
un temps de tradition isolée de AB et de P. A ne peut dériver de B,
vu 1 ’haplographie de ce dernier au § 2 ; douze menues variantes de
B par rapport à A semblent suffire à exclure la relation inverse 12.
Ces deux témoins doivent donc dériver de manière indépendante
d’une souche commune aujourd’hui inconnue. M ne se sépare de
AB que sept fois (fautes : Z5, 157; addition : 342; variantes : 27*,
31, 105, 111, 214) ; il a en commun avec eux 19 particularités absen-
tes de P, la plus notable étant l’omission § 1 X 9-9*.
LE TEXTE
Il faut noter le point de vue purement contemplatif de l’homélie
nouvelle : se penchant sur le mystère de l’incarnation, le prédica-
teur s’étonne de son abîme, sans opérer de retour sur lui-même
ou présenter d ’application pour le chrétien (voir cependant § 1,
H et X) ; aucune exhortation à la joie, par exemple, comme chez
l’homilète du texte métrique publié par Mercati, où ne manquent
cependant pas les expressions de crainte et d’effroi (Qofiov yépec
Kai (f>ptK7]S...).
L’homélie a été prononcée le jour de la Nativité (§ 1, A et H,
et §6). Après l’aveu d’impuissance à contempler l’indicible (§1),
on passe à la louange de la Vierge et de la conception divine :
10 Dans sa fin brève propre, il utilise un terme (7rX.avü>p£vov) et une idée
(celle d ’ennemi) que 1 ’on rencontre aussitôt après dans la recension com-
plète.
il § 1, Il et S ; pour 2, il se rencontre ainsi partiellement avec P. En quatre
passages de 1 ’acrostiche seulement, E rejoint le groupe ABMP (A2, B4, E2, ^*7).
12 Voir $1 : 5, 10, 11, 22, 24, 26, 28, 32; voir en outre les
omissions aux § 3, 16, 28 et 30.
UNE HOMÉLIE ACROSTICHE SUR LA NATIVITÉ
159
d’abord en considérant les faits eux-mêmes (2-7), puis, en une
reprise lyrique, par application à Marie d’un lot d’images tirées
du livre de la sagesse de Sirach (8-11). A la manière d’un leit-
motiv, une citation scripturaire introduit alors un monologue de
Dieu le Père s’adressant au Fils (12-15). Le prédicateur inter-
pelle ensuite ceux qui murmurent contre une telle révélation (16-
18), avant de prendre à partie les Juifs (19, 22) pour leur faire
entendre la prophétie d’Isaïe (21). Le passage prophétique est
commenté brièvement, avant une esquisse de la biographie de la
Vierge; ici (22-25), l’auteur dépend du Protévangile de Jacques,
comme en un passage du § 1 : 0, X. Le sermon se termine dans
l’évocation vive des réactions de Joseph à la grossesse de sa fiancée :
nous entendons les paroles de 1 ’ange, dans le songe 13, et la réponse
de Joseph (29-35), interrompue sans que rien ne nous en prévienne
dans le texte.
Bien que l’acrostiche (§1) n’utilise pas irapOévoç mais simple-
ment Mapta (M) et malgré la différence de forme entre ce § 1 et
le reste, l’ensemble peut être du même auteur, à moins, évidem-
ment, que le vocabulaire de l’homilète ne se soit inspiré de la com-
position placée en tête du sermon.
Toutefois, la langue paraît également savante dans les deux par-
ties : Oeoyvtùcria (1, N) et àvTWTTeïv (31, équivalent de àvTO^daX-
peîv) sont attestés chez l'astrologue Hephaestion (IVe siècle) ; si
àvTcipTTjç au § 17 14 et Geoirria (§24 et 30) sont rares, </>a€<n/>6poç
et OeoTTvevaTOL (§ 1 K et A ) ne sont pas moins recherchés. Mao-rev-
ew (1, Il et § 35) est employé en un sens ignoré du Liddell-Scott :
donner le sein; KaroTTTevGiv (au sens technique militaire, effec-
tuer une reconnaissance, observer, espionner) se rencontre en 1, T
et 0 comme en 4. L’expression ro tolovto pvœnjpioi se trouve elle
aussi dans les deux parties (§ 1, A0 et 20), de même que le verbe
irpoftâWoj 10. fT7r€po7TT€V€ip, plus rare que {nrepopâv, semble à
13 L’auteur s’écarte donc moins de l’évangile que Proclus dans son homélie 6.
14 Le terme est utilisé dans un hymne tiré d’Éphrem : Maas-Mercati-
Gassisi, p. 332, v. 132. L’opposition âvrapTiyç-^ao’iXevç se rencontre en un
passage d’Ammonius, diacre d’Alexandrie, connu surtout pour la lettre à
l’empereur qu’il signe en tête des évêques en 457 (in Joli., 18, 37; PG 85,
1509 c, référence indiquée par le Patristic Griïek Lexicori).
1® Rapprocher les composés vrrep- et Karoirreveiv. L’auteur semble avoir une
prédilection pour des composés de pro- : 7rpo-ava</>cmw (20, 27), -/JaAAœ
(1, II, 3, 5), -SiyXoœ (20), -épxo[juu (19), -toTOpéw (7), -kotttiù (18), -Kptva) (13),
-opiÇw (10), -(f>épu) (8).
11
160
F. J. LEROY
prendre au sens étymologique, sans l’habituelle nuance dépréciative
de négliger, dédaigner, faire semblant de ne pas voir.
On notera la construction par €K€Îvov au lieu d’une relative
au § 29.
Les paronomases sont particulièrement poussées aux § 14, 16, 22
et 32 1C.
L’orateur aime à présenter de manière vive son sujet en imagi-
nant les discours des personnages (monologue du Père : 12-15 ;
paroles de l’ange à Joseph et réponse de ce dernier : 27-28 et 29-
35) ; il exprime sa louange en s’adressant directement à la Vierge
(8-11); la répétition d’un texte scripturaire, à la manière d’une
antienne psalmique lui est coutumière (12-15 et 16-19). Dans le
paragraphe acrostiche, il parle de lui-même sans exagérée protesta-
tion d’humilité (A-D).
USAGE DE L’ÉCRITURE
On remarquera que l’auteur utilise beaucoup l'Ecriture, mais
sans la citer souvent de manière explicite 17 ; de même, le Protévan-
gile de Jacques est supposé en plusieurs passages, mais non cité,
sinon au §25 (voir §1, <E>X). Les paragraphes 16 et 26 illustrent 18
18 § 14 : âppiyrwç, àppEvarwç, à</>pcurT<oç, à</>0aprœç ; on retrouve les deux
premiers adverbes dans une longue accumulation de Proclus, hom. 4 (716 a)
(voir aussi 1 ’hom. 8, 772 a 9 du même auteur) ; au § 16, même jeu de mot
que Proclus hom. 7 (757 b 7) : ïva KÔap.o<i b a.KO(j,p.o<! 7rdX.1v aviadev
§ 22 : -fj tov âxwpyTOv x<DpT)Tü><s à(f>iXovetK<ü<s èv rÿ KOtXta x!üiPrl(Ja(Ja- § 32 :
AttTovpyw tw roKtt> aX.X* o\>x VTrovpyü rü> rpoirip, Kaôopw to </>œs àkX,* ovk èpevviâ
to 7rύ.
17 Voir les images que nous citions ci-dessus : allusions voilées à l'Écriture
(trésor céleste, grain semé, perle précieuse). Il vaut la peine de noter les
détails suivants à propos de 1, N (voici le grain semé...) : kokkos n’est utilisé
que chez S. Jean pour le blé Joli., 12, 24); dans les synoptiques, ce terme
ne se rencontre qu’à propos du sénevé. Dans ce contexte de moisson, notre
texte acrostiche emploie, non le terme habituel âypos, mais xdpa, qui ne se
rencontre guère avec ce sens dans le Nouveau Testament qu’en Le. 12, 16
(voir cependant Jo. 4, 35); de même 7roXv</>opos manque dans le N.T. Cette
liberté par rapport au grec de l'Évangile au moment même d’une allusion
à l'Écriture ne laisse pas de surprendre : y aurait-il, derrière l’acrostiche,
une source orientale dont le prédicateur se serait inspiré? En tous cas, le
thème du feu de la divinité, courant en syriaque, n’est pas rare (§ 1, S, 4, 22,
27, 29).
UNE HOMÉLIE ACROSTICHE SUR LA NATIVITÉ 161
bien cet usage de l'Écriture : quelques mots en sont repris, sans
lemine, et la phrase continue sans que rien ne signale la transition
du texte sacré à l’orateur.
Comme variantes textuelles de l’Écriture, on note yévvqtrus
(§ 23) pour Mt. 1, 18, avec la recension d’Antioche et X^/n/ierat
(§ 21) avec les onciaux BLC pour Isaïe 7, 13.
Le Père de Aldama attire notre attention sur un détail curieux :
comme dans le Proclianum 72, le Ps. 2, 1 (Quare fremuerunt
gentes...) est utilisé dans le contexte du doute de Joseph; ici toute-
fois, le passage précis du sermon fait allusion au mystère de
l'Incarnation ( § 16-20).
Le Ps. 2, 7 est cité, comme dans l’homélie 4 de Proclus (713b)
et l’homélie métrique Mercati, ligne 133. La considération de ces
éléments permettra peut-être un jour de situer géographiquement
le sermon par référence aux formulaires liturgiques.
L’AUTEUR
Nous nous refusons à proposer un nom d’auteur pour cette homé-
lie nouvelle; mais il convient d’enregistrer dans deux directions
ce qui nous semble acquis.
Dans son discours sur la Nativité, Erechteios de Pisidie a peut-
être connu l’expression initiale de notre acrostiche : « Pourquoi
me fatiguer à explorer la mer qui ne peut être scrutée? (PO 13,
177, 7). C’était une raison d’examiner s’il n’y a pas de parenté
entre ce que l’on connaît de son œuvre et notre texte.
Cette recherche donne les résultats suivants : les neuf lignes
grecques du seul fragment connu dans l'original18 ne fournissent
pas une base très large de comparaison; on n’y trouve pas de lien
particulier, au point de vue langue, avec l’acrostiche. Cependant,
comme notre auteur, Erechteios s’en prend aux Juifs, en jetant leur
nom au front des hérétiques. Dans l’homélie connue par le syriaque,
on note une insistance sur la toute-puissance divine 18 19 : n 'aurions-
nous pas là une idée analogue à 1 ’adverbe « à</>tXoï'€tK<nç )) utilisé
trois fois par l’acrostiche? Un développement d'Erechteios sur les
18 PG 86, 2, 3321 et PO 13, 161.
19 PO 13, 171-80, éd. syriaque et traduction française de Nau. « Il domine
sur tout et tout lui est facile et rien ne peut résister à sa volonté » (172, 14) ;
«Celui à qui tout est facile» (173, 7; 176, 1).
162
F. J. LEROY
bienfaits divins est peut-être de la même veine que des passages
de notre texte20. Nous avons relevé dans notre nouveau sermon
une certaine prédilection pour les composés de c pro » ; cette nuance
semble présente en un passage du syriaque : « Isaïe a prophétisé
d’avance» (172, 5).
Dans les deux œuvres que l’on connaît de lui, Erechteios cite
également Isaïe 7, 14; mais c’est surtout au commentaire d’Isaïe 9, 6
qu’il s’est arrêté21.
Certains thèmes enfin sont communs, mais trop usuels pour être
typiques : Celui qui ne peut être... ni enfermé, ni limité (173, 10;
voir § 1, M et 22) ; la Vierge comparée au buisson ardent, non
consumé par la présence divine (175, 5) ; l’inanité des questions
(Comment? 175, 14; cf. §32), lorsqu’il s’agit de Dieu.
Outre l’acrostiche, un certain nombre de traits rapprochent
l’homélie nouvelle de la manière de Proclus : la polémique anti-
juive; l’usage de discours imaginés; le développement lyrique, par
exemple avec l’anaphore d’un passage scripturaire repris en leit-
motiv; une expression qui recherche les parallélismes poussés parfois
jusqu’à la rime. De même, on note quelques rencontres de détail :
l’antithèse àTrdrtnp-à/njTCüp et avai-KaTOi; l’allusion fréquente au
feu de la divinité (voir note 16) ; 1 ’image du métier à tisser appliquée
aux mystères de l’incarnation (§18 et Proclus, hom. 1, 681b);
l’usage de KpdÇû) comme lemme avant les citations (§11, 21); la
paronomase (voir note 14) ; l’accumulation d’adverbes (voir note
14) ou de participes (§23 à comparer à Proclus hom. 23 [Martin],
§ 12) ; la quintuple anaphore (§ 3).
Signalons enfin que les cinq premiers mots de l’acrostiche sont
repris comme premier vers d’un tropaire (dernier idiomèle pour
la fête de l’Annonciation) 22.
20 § 12 et suivants ; « roi des tyrannisés » est à rapprocher de « libérateur
des captifs» (174, 10); dans le développement 174, lignes 11 à 16, on ren-
contre « la vie rendue aux morts », probablement équivalent de notre « Çwr/v
Te6avaT(Dp.év(ûv » (13).
21 «Un enfant nous est né, un fils nous a été donné... »; voir le bref
commentaire de Proclus sur ce texte, à la fin du sermon 25 (PG 65, 849-50).
22 Voir Follieri, Initia hymnorum, s.v. ; le tropaire compte 13 vers. Le
même tropaire, signalé seulement par son incipit, se rencontrerait au terme
d’une série d’idiomèles pour le 20 décembre, fête préparatoire à la Nativité,
dans le ms. Athon. Lavra G 74, aux ff. 14-16 v : vu le nombre de ces folios,
UNE HOMÉLIE ACROSTICHE SUR LA NATIVITÉ 163
Telle est cette homélie ancienne sur la Nativité et la Vierge :
une forme très recherchée, parfois proche du genre de Proclus;
une expression théologique archaïque manifestant une pensée pro-
bablement orthodoxe en des manières de parler non entièrement
dégagées de la problématique de l’arianisme : serait-ce, au Ve siècle,
l’œuvre d’un prédicateur âgé, habitant peut-être une région retirée?
Ou faut-il remonter au quatrième finissant? L’avenir permettra
peut-être de trancher, quand les questions de l’Ephrem grec auront
été clarifiées.
il y a des chances que ce ms. conserve également la première partie de
l’acrostiche et non le tropaire indiqué par M^e Follieri (voir Ekkl. Pharos,
40 [1946], p. 96).
Tov avrov [Xputrooropov] etç rr}v avrrjv rjpépav
[etç rà yeveOXia tov Kvptov Tjpwv T^crov Xptorov]
Kai eiç ryv aytav Maptav ryv Ocotokov.
1. ’AStTT/rçrov TreXayoç1 8t’ attâvoç ip^avi^erai aijpepov2,
èpevvrjs àv0p(i)m,VT)<!3 fiaOvrepov vTrdpxov. Bvflov aKaraX^p-
irrov éÇavrkeîv eTrexetp^cra Kai oaov Stepewû4 jSa^vrepoç5
àva</>atv€Tai. rvcoatv app^rcov6 Kai aoÿiav KaroirreueLv irpo-
E cod. A = Athen. 282, XVI1 saec., f. 145-150 v ;
B = Athen. 327, XVI1 saec., f. 402-412;
E = Scorial. M. 236, IX1 saec., uncial., f. 62v-66;
M Vatic. Barber. 583, XV1 saec., p. 898-902;
P = Paris. 3100, XVII1 saec., f. 60-67;
S = Sinait. 491, IX1 saec., uncial., f. (7-18 v), nunc 16-28.
Nisi eontrarium pateat ex apparatu, A indieat simul codd. A et B.
S ; ‘Iiüâwov àp^i€7riCTKO7rov KtovcrTavTtvovTroAetos tov Xpvcrocrrd/xov Aoyoç
«s Tt/v yevvav tov Xptarov Kai tîç ttjv ®eotokov. *AA</>d^»;TOs, E ; tov èv âytoiç
irarpos t)[jmv Twawov àp^icTrurKoirov Ktt. tov Xp. Kat otKovpxvtKov Kat /xeyaAov
</>œCTT7/poç, Àoyoç tîç ttjv yéwav tov Kvptov Kat ®eov Kat Sayriÿpos r)püv I. X.
fiai dç T7/v âyiav Maptav tt/v ®., A; M idem habet ac A usque 0waT^poç,
dein ôptAta d<s to yevé0A.iov tov Kvptov r/p. *1. X. Kai d<s tt/v virepay. 8é<nrotvav
Map. tt/v ®. ; tov avrov ôpiXia ds to yevéâÀiov tov K. r/p. T. X. Kat €tç tt]V
wrtpy. M. t>]v ©., P.
1. A 1 inv. post èp.</>. APM. 2 om. EAPM. 3 inv. post vrrâpx-
APM. B 4 èpc.vvü> EAPM. 3 -epov S. P 6 àpfTwv SAPM, àppyrov
(= -a>v) E.
164
F. J. LEROY
Oepevos, t<ù àyûvi fiaTTri^opai, tt}ç roiavrifç ^ttjo’êcwç. Avi'dpeiç
qyvoiqvav to tolovto 7 pvarripiov Kai ttûjç VTroo’TTjo’O/zat rà
àXeKra 8 3ir)yT]aaa3ai ; ’E^erw tj eoprr) irap3 èavrf) rà ^r^para
Trâtrav 0vt}tt)v evvotav 9 pot/twç vjrepfiaivovTa \ ZdXij 2 Oakaaaaiv
irpoKGiTai3 aTrXevcrTOç4, €K fivûâiv dOaùpriTtov ttjp vîToaraa-ii/
e\ov(ra . H Krariç tov ktl(ttt}v crqpepov avvpveiTto , iKerifpiO'Uç
(frajvàs Kai àSîjp7 dvairépirovaa. ©iqaavpos ovpdvios èv to> 8
àypâ KaTOirreverai ‘ àpapovres9 ovv Kartôtopev ro tolovto 1
pvaTTipLOV. vl8e 2 7tûjç rj yy tov ovpavov ipipèpraTO 3 • tov yàp irpo
iaja(fr6pov yXiov4 àpiXXopévr) 7rpo/3dXXerai. KaraXa/i7T€i rà
(rvpiravTa t? TOLavrï) (frayrayatyia àvvKTtpos VTrdpxovaa Kai
^aea^topov 6 àiavyaapa 7. Aa/iTrrçSoi/eç OeoirvevaTOL8 ovpavoûev
irpoéKvÿav9, cîç oXa rà irépaTa tt}ç oiKovpévrjS SieSpa/zop.
Mapia v7ro8€X€Tat T^v irâaiv dxdprjTOv Kai (fripa èv KOtkia
tov tovs alûvas Kpepdaavra. Nw ô kokkoç iarrapr) èv rfi
X<*>pa ttjç xaptroç xai araxw i/3XdaTT)aev 6eoyva>oLas 7ro\v(fro-
pov. 'Sévira tovs 1 ôpâvras rj TOiavrr] viroOeaus 2, 7rwç tj OdXaaaa
TTjv d/3v(r(rov3 7r€pi/3dXXerai. CO TroXvnpoç papyaptTiqs iv T(fr
ôaTpaKû) KGKoXXrjTai, Kai tovtov wç 4 €p,7ropoç ’laxr^ àve(,7]TT)a€v.
ITatStoi' paoreverai iv5 ayKaXaiç p/rp-pos5* Kai Tpiffrei Ta
crvpiravTa^ 8ià TravTO<s iaOiopevoç. 'Pd^88oç âvOos iftXdaTrprev
Kai pi^av eis fidOos* SiêSwkêp, àarrjp àerripa Trpo^dWerai,
Kai (fraTVT) tov tokov à<T7rd^€Tai. ’Stirdpyava irvpl ivaXÎTTOVTai,7
\ O y o Q o X 9 3
Kai peiaxriç tovt(ùv ov yiverai • çtwa i,({)T)v avaparrovrai,
Kai aTT^Xaiov (frais VTroSixeTai9*. Tpéxet TJ'pdfTT]1 Baflvkàv iK
lïepatôos 8wpa Ko/ii^ovaa, kithoTria 8è (frOdl^L2, xeP°^v ®eov
A 7 Toiovrov EAP. 8 a<l>de.yKTa E. E 9 Stavoiav APM. 1 -^atvova’a
S. Z 2 ÇâX'iyv AP, ÇâXov àdâXafraov S. 3 7T€piK«Tai (-KETat B) APM.
4 -ctov SM. 3 -<Ta.v M, E^ovra S. H 8 inv. àv. <rrni„ APM. 7 w8às
APM. ® 3 om. AM. 9 -ouïtes P« 1 tocovtov EPM. I 2 oî8e B.
3 -aavTo A solus.
A 8 0eo7re/j,Toi A.
3 + votjtüç APM.
APM. P c k. eis ftados tt]v p. E.
4 TjAtoiz tjAiov A. 6-7 «^aECTTEpov Siavya^otitra APM.
9 + Kai EPM. H 1 om. A. 2 viroaTaatç EAPM.
O 4 ô APM. n 5‘5* om. S a.c. ; èv àvavSpotç àyK.
7 7rvp\ èvetXlTTOVTai S, TO (= rô) 7T.
A solus. 8‘8* om. S. 9‘9* om. AM. T 1 irpwrov A. 21 APM.
UNE HOMÉLIE ACROSTICHE SUR LA NATIVITÉ 165
vTroSefao-flai. 'T/zz'ûjSovctli'3 àyyeXoi Kai4 ttoi/zê^êç i/iaXXova-i,
avOponroi S6£av @€<S 5 TrpocrKopi^ovcriü, Kai6 €7ri yijç6* elpiqv'iqv
yv(i)piZ,ovT&;. $6/3to XaXco/zi? o-upeyerat Kab tov Kpirrjv
èKpeiXiTTCTai, AecnroT'iqv tov TexOévTa1 ûipokoyrjaev Kai oiKeiaç
77X777'7] ç ^Xev^epcoTai. Xepaiv fiaard^ei tov àxpavTOv Kai \apàv
hréyvit) (TtûTTipiov . Ÿv^ai Sikouûv dydWovTai Kai xopot
fipoTtov ev(f)paivovTai8, fj Epiqpoç3 ttoXlç €7T€ypaxrrai9*, flaai-
Xecoç 1 èv^TqpiqaavTOs. 'ftç ô tokoç àXeKTOÇ, Kai y piQTTjp àpiavTOs •
Kai 8tà ravra navra diïiTi'yrjTOv2 8t’ aaâi'oç èp^avi^erai TréXayoç
èpevviy; dv3pa>7rtvY)<ï 3 fiadvTepov virdpxov &.
2. ’il4 cfvXXtji/hç àXcKroç Kai4* tokoç dTpaKTevro<s5, <S
èvOvprjaeaJS6 npdypaTa Kai ékttXt^coç OavpaTa, a> irapOéve6*
dvvp^evTe 7 Kab pLOvi) perd tov 7* tokov âpiavre8. 3. 'Opco
TYjv TrapOévov Ttokiv tov /3acrtXea èyKoXTTi^opÆVTjv \ ôpâ> vcuov
evOeov 2 tov èv vi/hcttois 3 aKTjvdaavTa Kai4 èv aurû 5 iepovpyïj-
aavTa6, ôpû ki/Scûtov àyiav ty]v SiaÛTjKiqv Trepicrÿiyyovaav7,
ôpco ardpvov xPvaVv T® pdvva irpo/3akXop,èvT)v, opâ 8 o’T7]Xt]i' 8
oKvtov 8* tov xaPaKTVPa ftacrTdÇovfrav. 4. ?fl tov ûavparos •
4k Spoaov irvp Xaro/zeîrai Kai è£ vXi?ç1 </>Xof èÇairreTaiK, tj
ftaTOs (/)X6ya èv8v€Tai Kai to opo<s peiivaiv ovk èiri^èx^Tai2 •
C1) Cf. cap. XX Protevangilii Jacobii (de Strycker, p. 158-166), cuius
summarium hic datur.
(2) Cf. incipit»
Y 3 vp.vov ^Sovaiv EAPM. 4 om. APM. 5 lac. quinque litt. in S,
8o[£av ®e](d’ $€O7rp€7rœs Kogi^ovut E. 6-6* qui. ES, lacuna attestatur in S
ubi desunt 6 circiter litt. 7 restituimus, e cod. S te [6 litt.] ; tov ôvra
EAPM. 8 APM> 9 -p/xoç p. 9* _CTT0 b. 1 + èv avTÿ
AM. Q _T(W A, -toç B J TreXayoç hic inv. E. ® inv. Pa.0. àvOp. APM.
2. 4 â>ç AM -|- t) M. 4* -|- ô AM. ® -kcvt- Sa. c., AP y 4- àp&loTos,
aKi(TKevaffTO<s A soins in marg. 6 €vdvp.ia<s APM. 6* àairap- AP.
7 3 om. B. 7* om. EM. 8 àvaipaKTe S, Trapdéve A, ôei irapOéve M.
1 AP, -TropÂvrp' E, -irevop,[.... ] S, -irî^op.évrjv M. 2 4" Kai APM.
3 4- èv aurr/ APM. 4 om. A. 4-5 Kai èavrâi E, om. M. 6 àpxiepèa-
APM. 7 (jtépovaav APM. ® om. B. ®* avrov E.
4. 1 vSaros AM. 1'1* v8aro<s <pêî><s âirrerai P. 2 Séxerai AM.
166
F. J. LEROY
1X^17 0eov KaTOTTrevovrcu Kai epevva3 ^tjttjo’êcoç 3 ov ybvcùaKETab.
5. IlXeico1 tov Èm tt}ç Koapomta? vttokelpevov2 ovpavov, àXXov
ÈmyEiov ovpavov ÛEtopcù3 • Èkelvoç tS> \6y<p kvptov4 a</>tXov€t-
kcüç ^aord^erai Kat ovtoç tq> tokw Kvptov àvEpppvEVTûJs
XapTrpvverat, êkcÎvoç 7rpo/3aXXeTat qXbov alafhjTOv Kai ovtoç
efeXapi/iev qXbov vot)tov. 6. ’Avrt €<wcr(/>6pov tov irpo
Ètaa^opov, àvrl o’êXtjvt/ç 1 rpv pprpav rpv aXo^ov, olvtI àaTÈpûiv
rpv TTJÇ yaarpoç KaGaporpra, àvrl tojv ve^cov to Èk tov aœpaToç
TTEpi/36Xaiov • ovtcüç ovpavov ôpG) ty)v TrapOÉvov rfi2 appEpov
ttXÉov 3 tov Èm rps Koapoirouaç raïs dperatç àiraaTpaTrTOvaav.
7. At\a xEipcw ÈmX^Etùç Èt; opovç Xl6oç Xa^Everai,1 ovirEp
irpoïaToprjaEv Aavu/X 6 o’O^MMraroç2. ’Av^p ov Trapea-rt irpoç
crvvâ^Ebav Kai pipr-pp tetokev tt]v àXifôEbav, p ttvXt] tov îraXartov
ôpâ,TO3 Tja^aXbapÉvT) Kai Èvàov Èv tûj koltcüvl ô4 ^Saa-tXevç4
Èyvajpt^ETO.
8. Xv È p L t, (jù 0 T) Ç , mipOÈvE, d) Ç K € 8 p O Ç ÈV T (à Xt^ôd-
v<p C1) • cüç yàp irapdiï>Eiao<s Kvplov E$a)Ka<; eva^iav. Xv àç
<I>olvl£ vi/icü^tjç Èv So^p • tt}ç yàp crfjs yXvKVTT}TO<s Yj oIkov-
pÈvp TTETrXripwai,. Xv cüç ÈXaia evtt p Eirp ç Kapirbv
TrpopvEyKas 1 8df 175 Kat to avfloç aov àpcvpa 2 evtüStaç. 9. Xv w ç
à p>ir € X o ç È/SXdaTpaaç 1 ftoTpvv Kai p Ev(/>po(rvvp tov
otvov aov mvETai Kai ov Xet7r€Tat. Xv d>ç Xt^ôavoç, ki^avov
TrpoaE^È^aj2 Kat a> ç a pv pv a 3 È kXe kt p , xpvaov 4 Kat
(*) In § 8-10, varia desumuntur elementa ex elogio sapientiae (Sir., 24),
non eodem tamen ordine ae in Vetere Testamento : cf. Sir., 24, 9-17 ;
« libanus » (§ 9), «rosa» et « liliurn » (§ 10) : cf. Sir., 39, 14.
3 èpevvrfi ^rfTrftTUï APM.
5- 1 ttXûov ES, irXéov AM ; cf. § 6, n. 3. 2 ireirotTjiJÆvov APM, -ov/jævov
P- 3 + tt]v àyéav OtoroKov AP. 4 om. AM.
6. 1 \privôs A, fiTjvTj^ PM. 2 om. AM. 3 irXeiov S, tfAeiw E.
7. 1 XaTop.ev£Tat E. 2 7rpo0?jTïjç E. 3 ôpârat APM. 4 om.
soins A.
8. 1 irpocr- AS. 2 àpwpMTWV E.
9. 1 7rpo»)v€yKaç APM. 2 -eSé^ov S. 3 p.vpva B, (rp,vpyr) M. 4 ^pvaoç
S.
UNE HOMÉLIE ACROSTICHE SUR LA NATIVITÉ 167
apvpva aoi irpoaT)vèx0T) Xv 6 wç Tepé/3iv0o<s èÇérei-
v a ç k X d 8o vç xai vivo tt)v aKéxrqv avrov 7 eôvr] TreTrXavT)-
pèva KaréSpapov. 10. Xv co ç TrXaravoç avvi/Koéfyç è(/> 1
vSaroç, ttjv yàp 7rr)yr)v tt}ç ^wt)ç èv rfi KOiXia èfidaraaa<s2.
£v d) ç p d 8 ov evxpoov èv yvvai^ïv dve^ôXdoTT/o’aç
Kai co ç Kpivov à^id(/)6opov3 ty)V evtaàiav è^éTrepÿaç. 2,v
7T p b rov alâvos ®ebv ftaardaai irpotapiaai4 Kai e w ç
rov a l ta v o ç 8ia/zevet i) \o\eia (rov. Xv piqTyjp tt}ç dydTrrçç 5.
11. Tovç yàp èiraivov ç aov àvayyèWovai4 Xaoi Kai
rrçv 86fav aov air ayy eXeî x) ekkXt?ata • èv yàp
t ta àv aXap/3 dv eiv ae aTo\x]v SoÇx)?, viov 0eov
reroKaç2^) irpb<! ôv Kpd^ei ô TLarrip’ (( T io ç pov el av,
èyà ai) pepov yeyèvvx)Ka ae ))
12. <( Kv p io ç 1 eîirev irpbç pe • (( Tidç pov eî
av ' eyta ai) pepov y ey evvx) ko, ae » ' ovk exta pera
aè tas aè 8tà aè3 ’ eîs yàp4 è£ èvoç' (( èyà ai) pe p ov
yeyevvxjKa ae )) eiç dXeippa àdXovvTtav Kai ^aaikèa rvpav-
vovpèvtav • (( èyà ar) pepov y ey èvvr) Ka ae )), eîç
yak7]vr)v iroXepovpevtav 5 Kai 86f av aTreyvtaapèvtav. 13. (( ’E y à
aijpepov yeyévvr)Ka ae )), eiç èK^iKTjaiv ùitaKopèvtav
Kai1 (,tar]v reOavartapévtav2, eiç3 ^0oç xPr)aT°v Ka^ Oeiorepav
^ekritaaiv 3 • «eyà ai) pe p ov y ey èvvi) Ka ae )), avy-
KXrjpovopov perà aè T) ovv aoi ov TrpoéKpiva. 14. * Apportas \
àppevaTta?, àÿpdaTtas, à(/)0dpTta<s «Tidç pov el av • èyta
C1) Cf. Sir., 44, 15 et 50, 11.
(2) Ps. 2, 7; Aet., 13, 33.
3 ~x0ri<Tav APM. 6 om. E. 7 (TOV M.
10. 1 â0* E. 2 -ffTa^a.^ E. ® -<]>dovov solus A. TtpoupitjTaL A.
° -aws M, + t^ç KaXi/s APM.
11. 1 àvayyeXovat M. 2 réroicev B.
12. 1-2 om. AM ex haplose. 3 -8ià ctc >»ç <re E. 4 + à EM. 5 add.
hic Kai Çtirrjv redavarwiJiéviüv (e § seq.?) E.
13. 1-2] Kai yaXqvrjv xtifuiÇo/jiévtov E ; cf. § 12 5. 3’3 om. E.
14. 1 àpio-ros et dein apptucrros, à^paaroç, a</>0apros APM.
168
F. J. LEROY
arj pepov y ey évvi] Ka ae )) • irdvTa rà tt}ç </>v(F€coç 2
€7r€K€^ûxra, e\(>)v coç èpavTOv Kai aè Tlov ÈttlkoXttlov • iaop-
poTTCp 3 yàp flovXijaeb ftaaiXéa ae e\pLaa 4 • a èy à ar/ pepov
yeyévvijKa ae)), dt/tiXoveiKCoç ef aTrXcoœaç5 Tij 0eXrjaei 6 ttjv
8vvapiv, /3ovX.i)0elç Tlov yevvijaai, &eov èyévvr/aa réXeiov7.
15. (( ’E y à ai] pe pov y ey év v i) ko, ae • )) ov iraprjv alàtv
eiç ttjv rov yevvijaavTOç irpoaipeaiv, ov peaiTeia twoç ïva (j>0dai)
to yévvTjpa, ovk 1 év0vpr)pa2 dyyéX&v, to vorjpa fiaûvrepov
vrrdpxov3, ov XP™0^ ov Staor^/xa, ov /3pa8vTi]ç aKe^eajç,
àXX3 oXov4 eavTOv5 elçG tov iraîSa peTafîaXcbv7. (( ’Eyà
, ' ' 8 vv
a T) pe p o v yeyevvrjKa ae )).
16. «Kai ïva tI ecf) pva£ av e0vT) Kai X aol
èpeXeTijaav Kevd » W, Kvpiov 1 èiri8T)pT]aavTOç dvaKaiviaai
rà avpiravTa ïva 2 Koapoç ô aKoapoç 3 irdX.iv dva)0ev Koapi]0fî W ;
((Kai ïva tl èrf) pv a£ av e0vi) )) ; Trjv eK tov adpaTOÇ
poprfyrjv eKOvaiajç eXopevoç, to irXavdpevov irpofiaiov 4 £17717071? 5
KaTeairevaev. 17. ((Kai ïva tI erf) pv a£ av e0vi] )),
fiaaiXéajç irapovioç tov dvTapTijv xeLpà>aaa0ai. ïva ttjç irpdtTijç
(frOopâç eX.ev0 épatai] tov dv0pa)irov ; ((Kai ira ri € </> pva-
£ av e 0 v i) )), iroipévoç èv8i)povvTOç 1 èpr/tpa^ai (jtdpvyya2
dirXijaTOV, ïva pi] irdkiv ô Ôrftiç dpxodo^ 8aKT) irXevpdv]
18. ((Kai ïva tI eÿ pv a^ av e0 vi) )) 1 ; ’Ep tÛ ttjç
C) Ps. 2, 1 s. = Act., 4, 25.
(2) Cf. eandem paronomasiam initio hom. VII Proclii (PG 65, 757 b 7 :
tov âtcooyjiov kov/iov Koap.r)(ras).
2 + «îç APM. 3-4 oin. E. 5 APM. 6 OaXâtrap E, +
Trjs evcnrXayxvla^ fiov tt/v àfjtÆTpTjTOv 8vvap.tv E. 7 + Yîos /zou d av E.
15. 1*a om. E. èv^v/ziov APM. 3 om. EA. 4 ôXX* oXov] âXXov
APM. 5 Èavrov] yvr}atov viov yevvqaas E. 6‘7 om. E. ‘ p.eTép<iX.ov
M. 8 add. hic finem proprium, quem in fine homiliae invenies, E.
16. 1 ®tov AM. ^va âv(üôev Koa^os irdX.iv dvwOev... P, errore scribae
pro : ô dKoafios (cf. similem erorem § 193). 3 ô o.k. Koap.. AM.
4 om. B. 5 ^i)TÎ]aai APM.
17. 1 -pyaavTO^ APM. 2 -dirX. (f>ap. APM.
18. 1 + r) M et P, qui legit dein è%v<f>dva.aa.
UNE HOMÉLIE ACROSTICHE SUR LA NATIVITÉ I69
yaaTpoç2 îarât è^v(/>dvas3 to tt}ç Æedrrçroç èv8vpa, èvé8vaev
tov Kocrpov à(/>0ap(rias tpaTiov. ((Kat ira tl è^pva^av
ê0vr) » ; ’'Ava> dp^TCop T10s Kai ko/to) àiraTOtp ov* /3pé(/)o<s '
01 yàp àv0p(i)iTO<! TrpoeKoÿev5 eîç ©eop, àXXà ©eoç di'eSéf aro
dvOpcvrrov. 19. «Kai ïva ri é^pva^av gOvt) Kai
X a o i èpe\éTT)aav K€vd )) ; ’E</>pvaf ap e0vr) rà eXX??-
piKa1, èpekéTiqaav Xaoi ’IovSaÏKoi Ktvd2. Ti </>p vdrrere 3 Kai ov
</>pirr€T€ Kai pcXera/re K€và Kai ovk èvOvpeîaüe otl ck irapOévov
TTpoékrîkvOev Tioç4 ô virdpx<t>v tt)<s t€.kov<jt)<s 8iqpiovpy6s ;
20. 'O vopo<s Trpoe^Xûjaev 1 Kai 01 7rpo^rai2 Trpoaveÿdvriaav3
Kai ov aiüJTrf) èyévero to tolovto pvaTTjptov 4. Kai v/zeîç /zeXerâre
«Kevà Karà tov Kvptov Kat Karà tov Xpiarov
avrov». 21. Eî pèv Tjyvoem to irpâypa, irapavope1 ’lovSaîe,
SiKaiwç Kai 2 e^rçretç tov 3 rporrov 3 • ovk ^Kovaas 7rdXai ’Hcraiov
èv TTpO^TJTaiS KpdtfiVTO^ ’ « 'AkOV (T aT €. 8 Y] , 0 1 KO Ç
Aavi8, pr) pcKpov vpîv àyûva tt a p é\e 1 4
àv 6 p cü7t o 1 ç ; Kai ttcoç Kvpiw tt a p é\€T e dyaiva ;
Aià tovto Scocrei Kvpioç avroç vpîv5 ay peiov ’
I8ov Tj TrapOévos èv yaaTpl Xi)^ii//€rai 6 Kai
referai 7 viov Kat Ka\è<rov<riv to ovopa avrov
’EppavovijX.. » 22. Kai av TTapaKaXvTTTCDv tt}v di/zeuS?}
rov irpo^TOv ^ûwqv pekerq,? kcv à1 Karà r o v X p iar ov ;
’l8ov Tj TrapOévos ctckcv Kat iraXiv TrapOévos epewev, i8ov 17 irap-
0évo<s Tj TOV àxü>pT}TOV x^PV7^ à<j)bXov€tKa)<; èv TT)2 KOlXia
C1) Is., 7, 13 s.
2 + OaXapM AM ; IffTw] ICTTOV AM. $ ȣv</>avacra APM. 4 r]v P, &v AM.
0 -èKippev A.
19. 1 + Kat A. 2 om. AM. 3 <ppvâ.TTC(rde AP (qui pergit k. ov
<f>pvâTTe(T0€ ; cf. errorem similem § 16 2). 4 ®eos AM.
20. 1 om. APM. 2 + <ôç TrpopMvSaTopc^ APM. 3 irpotrav- PM.
4 TOV TOIOVTOV p.VfTT-qptov AM (Unde prîUS aiWTTlj).
21. 1 7rap.] w AM. 2 om. AM. 3 TO irpâyp,a S. 4 irapéxetv M.
5 om. solus A. 6 X^ETat AP. 7 réÇei APM.
22. 1 Kotvà P. 2 om. PM.
170
F. J. LEROY
Xûjpijaaaa, i8ov fj irapôévoç 17 ro rrvp rrçç OeorrjTos 3 àyxdXaiç
VTro8e^apévrj Kai cüç3* fiaTOs4 pfj (ffXeyopévrj, i8ov rj TrapOévos
rj rfjv irpoKoajuov eiKOva rov 0eov wç (TTfjXrj /Saardaaaa5 Kai
àaakevros 8tapeivaaa 6. 23. T8ov fj Trapôévos rj vrro àyyé\a>v
avarpat^eîtra avÇrjdeiaa, (rÿpayuTÔeîaa1, pvrju-revOeîaa1.
</>vXax0€Î<ra, àyLaadeîaa, wp^evOeîaa Kai eis rov oÏkov tov
0eov yeveaXoyrjüeiaa. (( Tov yàp T17 <r o v X p lctt ov
fj yévvrjcris 2 ovtûjç tjv )) (2). Ovtcüç; ILwç tjv fj yévvrjabs
’ïrjaov Xpiœrov; ILapOévos rtç f/v Ik ÿvXfjs Tov8â, ro Savirixov
Kardyovaa3 yevoç, 7rarpoç Tcoa/cei^, prjTpos4 vAwaç5, àiro
BrjôXeèp rfjs Kcoprjs, fjTLS oIkos àprov èpprjveveraL. 24. 'Trrfjpxev
fj Tracs yèvei1 fiaacXucâ)1 Kai iraafj àperfj 2 èKtKoaprjTO, to ck 8avt-
TbKrjs pt&rçs Siacrw^ovcra 3 /caXXoç, KaOapà Kai davXos X^Pa ' a^’7'7?
vrrfjpx^v èv 4 oÏk(û t(ûv yevvrjTopajv 5 evyevûç rpe^opévrj, TraXartov
TrepcrjvOc(rpévov, a(/)payi8i5* ^aaiXiKrj 6 (/tvXaTTopévrj, Xaprràs 7
Oeorrrcav7 (/iépovaa tûj iravrl KareXa/zTre8 KoapM, <wç 8éarTOLva
vireporrreuero to èv yvvai^lv al8éabpov èp^avi^ovaa. 25. ’Ev
vaû Kvpiov cüç irep barepà (3) à^ajpLapèvrj1, ôaio)2
àv8pl pvrjarevcTab t<v 3 Tcü<rr)</>, rrepl4 to Savirixov 5 àyx^TevovTt,
yèvos. Aèxerat ovv rfjv oIkcuùow rfjs pvrjareias o 6 Twcn)^ Kai
(*) Cf. Protev. Jacobi, XV, 3 (de Strycker, p. 134) et XIII, 2 (p. 124).
(2) Mt., 1, 18 (ï£'r£atç al).
(3) Cf. Protev. Jac., VIII, 1 (de Strycker, p. 100).
3 om. PM 3* + r/ S. 4 KaX.dp.'r] APM. 5 pXauT- B. 6 ftelvatra
APM.
23. 1 om. APM ; videntur synon. verborum « àyiatrd. w^. » quae sequun-
tur. 2 yEpEo-iç Nov. Test. 3 yévo<; KaroTTrevovcra APM. 4 + 8e AM.
5 *Avnjç A.
24. 1 yévovs ^atriXtKov APM. 2 ^rao-ats aperais APM. 3 aTroSta-
APM. 4 + tw PM. 5 tüv yEin/.] Kvpiov APM (ex influxu Protev.
Jacobi?). 5* -8a S. 6 + ôpâro AP. 7 Xap.7rd.8as deoTrEp-TTrias APM
(cf. supra, § 1, L). 8 KareXapirero (= rû?) APM, KaraXdpTrovrra B.
25. 1 à<f>opiÇopév7} APM. 2 om. A; ôacœs PM. 3 om. PM.
4'5 Kai ùpwXoyrjaev APM (ex linea proxima?). 6 + ad^potv APM.
UNE HOMÉLIE ACROSTICHE SUR LA NATIVITÉ 171
dpokoyrjaev to avvdkkay/jia, TjyvoTjKws7 tov pékkovTO<s to
àvrdXXay/ia8. 26. Tl ydp ifyiqaiv; « E vpé07j èv yaarpl
exovaa è k irv ev [laro ç àyiov». ’I oj a Y] cfl 8 e 6 à v Tf p
avTT)<! fiiKaios ûjv èkoyiaaTO prfTe1 àvaKpîvai, e’TreiS^
0eov avvépyeia r/v1#, piyre2 TrapaSeiypaTiaai 8ià to evyevèç
Kai vrrepfldkkov Tys Kopiy!, p/rpe àvayyéikai tivI 3 8tà ryv
èmaKidaaaav 4 Svvapiv, àkk’ è fl ov ktf 0 tj 5 kd0p a diro X v -
aai avTTjV ( 1). 27. "A y y e X o ç 8e K v p 16 v Kar’ovap
ÿaiverai kèyivv avry • (( ’Ico at) (/>, vio s A av 18, ri
dir o kv aa 1 kd0p a tpjTeîs tt)V irdkai vtto tûjv TrpoÿrjTOJV
Trpoavaÿatvr^eîaav àpvdSa1 ; Tt2 dirokvtr ai ka0 p a
i^yreîs tt}V davkiyov \dpav Kai ovpaviov VTrobe^apévrjv3 Kap-
irov4; Tl àirokvaai kd0pa £,t)T€Î<s ryv to irvp tyjs
0€.6t'Y)to<$ dp€id>Tto<s x<opriaaaav Kai Çéviyv tov èirl tov ^ivà 0eov
irapovaiav èpÿavitpvaav ; 28. ’AXXà (( pr) (/> o fl i) 0 fj <s 1
irapakafleîv Mapiàp ttjv yvvaiKd aov • to yàp
èv avTT) yevvT)0èv èK ILvevpaTO^ èaTiv àyiov •
referai 2 8e viov Kai Kakéaeis to ovopia
avrov3 ’Iî)œovv 4 » (2). 29. Seavrora, 8ià t'i prj (/)oflT]0cù
irapakafléiv tt^v irap0évov; ILkiyriov1 eœràç ov roX/w Ka0opâv
TTfv èv avTT] èiriaKidaaaav 3vvapiv Kai pr) (j>oflT)0ûj Trapakafléiv
t^v irap0évov2 ; <E>Xof 0X17 pcTapepopi/xtirai3 • èKtîvov yàp 4 èv
Koïkia (f)èpei tov Kopvif)à<! opéûjv avyKaiovTa èv5 opyfj Kai
</)k6ya6 aToki^ovTa ràç àaûjpaTOvs ^vvdpeis ' Kayà7 p,i)
1, 18 s.
(2) Mt., 1, 20.
7’8 om. A. 8 àvavrdX.- S.
26. 1 MIYTE ante rasuram litt. -Y-, S. om. AM. 2 S.
s om. A. 4 -dcravra. B. 5 è^ovAevo’aro APM.
27. 1 7raî8a APM. 2-4 om. S (ex haplose.?). 3 -ÇapÂvr) A.
28. 1 0opv(3Tffii<i B. 2 AP. 3 «om. B. 4 + 8è Xlyf-I
29. 12 om. APM (ex Implose.?). 3 p.€Tap.era S a.e. 4 om. PM.
5 om. APM. 6 -yt S p.e., ut videtur. 7 Kai èyù APM.
172
F. J. LEROY
(/)o/3ijô(t) TrapaXafiicv tt)v irapOévov ; 30. AvaTTjptû tÔ> fiXéppaTL1
Kara^X^Tret rovç opco^raç Kai aTrapvovpèvTj to yévos elç
Oeoirriav TLvà y Trais peTapepop^aiTaL Kai dXXov TLvà2 xaPaK~
TTjpa (/>épeL3 tt}ç ovpecos • xàyà4 py (frofiTjOa) irapaXaficLv ty]v
irapOèvov; 31. Xv e^cecrirevcraç r$ irapOévqj tov tokov 1 •
avv'qyopos èyèvov tov ôpwpévov deaparos. Xv rrjv Kopyv eîç
erépav /zereScoKaç 2 d^opoLùxrLv, eScoKaç daTraapbv Kai crvvèXa-
fiev 3 tov IXaapbv 4, eiTraç (( X a ï p e )) Kai ô A 6 y o ç èv
avTTj cràp^ èyévero . Kai crv, ô èv raîç dvo) 8vvdpe-
<riv, dvTOiiT'rjaaL tco aTTOOTciXavri cre pr) &uvdp€vo<s, èpol t<v
èv vXcoSet KGLpévto5 fila) Xeyetç • « M tj </> o ^81? 0 $ ç ir a p aXa-
fttîv TY]V Trapûévov ; 32. A.€LTOVpyÛ 7(5 TOKO) dXX*OVX VTTOVpyd)
T(p TpOTTO) ’ Ka3opâ) TO </><5ç dXX’oVK èpCWO) TO 7TÛJÇ ’ avyKpLVO)
rà Karèpè dXX’ovK dvaKpiva) Ta vrrèp èpè • tt}ç yacrrpo<s1
(TTeva^a) tov ôyKOV2 àXXà Kai tt)ç </>vcrea>ç ireWopaL tcù opa>.
33. ’AttoXvo-cü ; ’AXX3 ov crvp^épeL. ’AvaKpivo)4 ; ’AXX’ ovk
VTropÆVü). ’Epevi'îjo’Cü ; ’AXX’ovk è^L^vidcrai. ILpoaéXôaj t<v vopw;
’AXX’ dvnXéyo)5 t<v èv avr^ xpijpaTiïpvTt, ^aa-tXeî. 34. Tt
Xéyetç on 1 « pr) <j> o /31} ô rj ç it a p aXa fi eîv Ma p i à p
t Y] v yvv aï k d <rov»(2); TwaÎKa èprjv irotav 2 ; àv^peuù
^vyèà pi) viroÇevyOeîaav3 dXXà vaov tov AearroTOv avaSeix^^
aavj Aéyetç yvvaÎKa èprjv 8tà tl; 35. AovXoç èyà rrjs
Trapûèvov, <3 SecrTrora, Kai ovk dvi/jp, <j>povp€v<!1 Kai ov KvpLO<s,
Trapa^T/KO^vXaf 2 Kai ov arv^vyos, OLKéTr)? Kai ov vvp(/)LO<s. ’Eàp
</>€Vy7) €IÇ ALyVTTTOV, OVK dTToXtpTTaVOVpaL 2* • èàv TLKTTj, è(/>L(TTa-
c1) Le., 1, 28 et Joh., 1, 14.
f2) Mt., 1, 20.
30. 1 pXetfidpiû APM. 2 -|- fiatTiXucov APM. 3 om. B. 4 koî èyw
AM.
31. 1 + •crv solus A. 2 êSwKaç AM. 3-4 cruveXa/ÎES âyuurp,ov APM.
6 vXft> SiaKEi/uvtt> S.
32. 1 aapKOç B. 2 rü ojko) APM.
33. 3-4 om. S. 5 âXÀo Tt Aeyw A.
34. 1 om. APM. 2 + tt/v M. 3 ^aryff. AM.
35. 1 </>povpoç P. 2 irapa&ijKi]? <f>vA.a£ APM. 2* -vop.at, A.
UNE HOMÉLIE ACROSTICHE SUR LA NATIVITÉ 173
pai3 • pacrrevei Kai 0a/z^8ov/zat. ’Ek yàp rrjs d/cpoTopiov îrerpaç,
/3pveb yaKa Z,ctrf)s K(ù irapéxeb rraaiv Tpo^v. 36. ’Ek ravraç1
tt)ç àrytaç TrapOévov 2 irporikOev 6 Kvptoç Tjpxûv ’Itjctovs XptaTÔç.
AvrS) 17 8o£a Kai to Kpdros 3 eiç rovç aiûi/aç t<ùv auùvœv. ’Apiqv 4.
Bujumbura, Burundi,
B.P. 1550.
F. J. Leroy, S.J.
3 €7FlOTa/«U. S.
36. i-2] % av-ri/s APM. s + avv Harpe Kai âyiw TLvfvp.ari vvv Kai àfï
Kai, S. 4 Repetitur titulus in S : Tov Xpv<roo"royxov, eîs rà yfvf.0X.ia tov
K(vpto)v.
Codex E textum homiliae praebet tantum usque § 15, nota 8; dein,
sequentibus finit verbis : ... tiç to o’œo’ai rov rrXavwptvov ry rvpawé8i rov
è%0pov âvdptüTrov. ’Etti Trâatv ovv tovtois 8o$à<T<Dp.ev rov evSoKia Harpos aap-
Kwdtvra Kai fKOvtriiûs rraOôvra vrrèp rjpMV pM^oyfvÿ Ylov aapKi ®eov Aoyov, rov
fÇaXftyavra ro KaO* r/puiov x«poypa</>oy èiri rov aravpov Kaï awavaaryaavra
i/p.â<f âp.a rœ iravayiiù Kai Ç<i>ottoiü> Hvevp.ari, vvv Kai eîç àei Kai «îs tovç aàûvas
râ>v alwvwv. ’A/ii/v.
LA DATE DE IYORATIO II
DE GRÉGOIRE DE NAZIANZE
ET CELLE DE SON ORDINATION
L’hypothèse traditionnelle situant vers Pâques 362 le début du
ministère sacerdotal de saint Grégoire de Nazianze s’appuie sur un
passage, assez obscur, de YOratio II :
Kai tov plv eÇojOev ov 8é8oiKa Trokepov, ov8è tov vvv eirava-
ardvTa 0T)pa Tais GKKkrjaiais Kai tov irovrjpov to Tr\iqpo>pa kolv
Trvp direikr) kolv Çitfia Kav drapas kolv Kprjpvovs kolv fidpadpa
kolv irdvT(i>v ylvrjTai to>v ttcottotê pavévT(ov àTravdpajTTOTaTos kolv
Tais oucraiç Tipcopiais irpoaegeupy ^akemoTepas.
*Ev é'xcü 7rpoç TravTa (f/dppaKOv, plav Ô8ov eis vlkt]v • èv XpiaTÛ
Kavxiqaopai, tov virèp Xpurrov Odvarov.
Et je ne crains pas la guerre externe, ni non plus la bête dressée actuel-
lement contre les Églises, plénitude de la malignité, même si elle menace
de feu, de glaives, de bêtes, de précipices et d’abîmes, même si elle devient
la plus inhumaine de celles qui exercèrent jamais leur fureur et même si
aux sévices existant, elle en ajoute de plus pénibles de son invention.
Je possède un remède à toutes choses, voie unique vers la victoire : je
m’enorgueillirai dans le Christ de mourir pour le Christx.
On date ce texte de 362 « parce que 1 ’auteur y parle comme
d’une chose imminente, de la venue en Orient de l’empereur Julien,
et (que) ce dernier partit de Constantinople pour ce voyage vers le
solstice d ’été 362 »2. Cette hypothèse remonte aux Byzantins ; la
plupart des manuscrits portent une scholie identifiant avec l’empe-
1 Grégoire de Nazianze, Oratio II, 87 (PG 35, col. 492 A 6-14). Les réfé-
rences renvoient à la Patrologie Grecque de Migne (PG), dans laquelle on
peut trouver en grasse, dans la traduction latine, les références à l’édition
des Mauristes (I, 1778; II, 1840), que nous utilisons.
2 P. Gallay, La vie de saint Grégoire de Nazianze, thèse, Lyon et Paris,
1943, p. 73, note 3, renvoyant à J. Bidez, La vie de V empereur Julien, Paris,
1930, p. 79.
175
12
176
J. MOSSAY
reur Julien, la «bête dressée actuellement contre les Églises»3.
Les auteurs modernes ont généralement admis la même opinion4;
toutefois Loofs pense que notre texte est de 363 5 et M. Sinko a
la conviction qu’il n’est pas antérieur à 364°. Les historiens s’ac-
cordent pour reconnaître que le texte doit avoir été composé au
début du ministère sacerdotal de son auteur; c’est pourquoi ils
supposent généralement que Grégoire de Nazianze serait devenu
prêtre à la fin de 361 ou au début de 362 7.
Deux questions se posent. Le texte fournit-il un repère chrono-
logique précis? A quels événements de la carrière de saint Grégoire
se rapporte-t-il?
Dans le préambule du Discours, l’auteur annonce qu’il va s’ex-
pliquer au sujet d’un épisode de son ministère : d’abord pour
se justifier aux yeux de ses partisans, qui lui reprochent de s’être
3 PG 35, col. 491, note 9; Th. Sinko, De traditione orationum Gregorii
Nazianzeni, I (Meletemata Patristica, II), Cracovie, 1917, p. 92-93 et 100-102.
4 Nicetas de SERRE, Commentarius in Orationes I et XI s. Gregorii (éd.
Ch.-F. Matthaei, Moscou, 1780), dans PG 36, col. 949 A 1-4; Lenain de
TIULEMont, Mémoires pour servir à l’histoire ecclésiastique des six premiers
siècles justifiés par les citations des auteurs originaux, Bruxelles, I-XVI, 1732,
tome IX, p. 648, note 22; Ch. Clémencet, Vita s. Gregorii Theologi, Paris,
1778 (dans PG 35, col. 147-242), col. 180 A-D; (C?) Benjamin, art. Gregorios
von Nazianz, dans Paulys Real-Encyclopadie, XIV, 1912, col. 1859; P. Godet,
art. Grégoire de Nazianze, dans Dictionnaire de Théologie Catholique, VI,
1920, col. 1839; O. BaRDENHEWER, Geschichte der altchristlichen Literatur, III,
Das vierte Jahrhundert mit Ausschluss der Schriftsteller syrischer Zunge,
Fribourg-en-Brisgau, 1912, réimpression et suppléments, 1923, p. 166; A.
Puech, Histoire de la littérature grecque chrétienne, III, Paris, 1930, p. 327;
H. M. Werhahn, art. Gregorios v. Naz. der J., dans Lexikon für Théologie
und Kirche, IV, 1960, col. 1210; B. Altaner, Précis de patrologie, adapté
par H. Chirat, Mulhouse, 1961, p. 429; J. Quasten, Initiation aux Pères de
l’Église, traduit par J. Laporte, III, L’âge d’or..., Paris, 1963, p. 341 et
p. 350; B. Otis, The Throne and the Motintains : an Essay on St. Gregory
Nazianzus (!), dans The Classical Journal, 56 (1960-1961), p. 152.
5 J. Loofs, art. Gregorius von Nazianz, dans Eealencyclopàdie für protestan-
tische Théologie und Kirche, VII, 1899, p. 142.
6 Th. Sinko, De traditione..., p. 121.
7 P. Gallay, La vie..., p. 73, note 3; Loofs (art. Gregorius..., p. 142) et
M. Sinko (Z)e traditione..., p. 98) maintiennent aussi l’ordination sacerdotale
de saint Grégoire en 362; J. Barbel, Gregor von Nazianz. Die fünf theolo-
gischen Eeden. Text und Vbersetzung mit Einleitung und Kommentar (Testi-
monial, Dusseldorf, 1963, p. 8; P. H. Lafontaine, Les conditions positives
de l’accession aux ordres dans la première législation ecclésiastique (300-492),
Ottawa, 1963, p. 78-79.
GRÉGOIRE DE NAZIANZE
177
soustrait à ses responsabilités, ensuite pour exposer ses raisons d’ac-
cepter le sacerdoce8. D’emblée, l’œuvre se présente sous la forme
d’un plaidoyer fictif9. Les deux parties de la composition sont de
longueur inégale10 ; la première expose les exigences du ministère
sacerdotal; elle développe des lieux communs classiques : le thème
des qualités requises pour exercer l’autorité11, le parallèle entre
le soin des âmes et la médecine 12, 1 ’exemple 13 et enfin un argument
a fortiori14. La majeure de cet argument expose les difficultés
particulières du sacerdoce dans le cas actuel de Nazianze « lorsque
les membres (d’un même corps) se font la guerre les uns aux
autres...»15; cet exposé constitue un tableau des discordes ecclé-
siastiques et de leurs séquelles; les chrétiens sont la risée des
8 Oratio II, 1-2 (PG 35, col. 408 A 6 - 409 A 12).
o Entrée en matière classique : Oratio II, 1 (PG 35, col. 408 A 6-9), cfr
Aristide, Libri rhetorici, Il (éd. W. Schmid, p. 106, 10 - 107, 9) ; énoncé de
l’accusation et affirmation qu’il faut établir la justice et la vérité : Oratio II,
1 (PG 35, col. 408 A 9 - B 13), cfr le Rhéteur Syrianus, Fragmenta, X, 2
(éd. H. Rabe, p. 56-57), et R. Volkmann, Die Rhetorik der* Griechen und
Romer in systematischer Übersicht dargestellt, Leipzig, 2e éd., 1885, p. 128-
134; clichés classiques : to£is àpiaTt] : Oratio II, 1 (PG 35, col. 408 A 10-13^
cfr Démosthène, Epistola I, 1, 1462-1463 (éd. N. W. et N. J. De Witt,
p. 198), et Théocrite, Idyllae, XVII, v. 1-2 (éd. Ph.-É. Legrand, p. 146);
<!> àvSpéç ; Oratio II, 3 (PG 35, col. 409 B 1) ; sur le principe du plaidoyer
fictif pro domo, voir Isocrate, Oratio XV, 8, 9 et 13 (éd. G. Mathieu,
III, p. 105 et 106).
10 Oratio II, 3-101 (PG 35, col. 409 B - 501 C 1) ; 102-115 (PG 35, col.
501 C 2 - 513 C 10).
U Oratio II, 9-16 (PG 35, col. 417 A 11 -425 B 12); le thème des qualités
requises pour gouverner a été étudié par K. Praechter, Antike Quéllen des
Theophylaktos von Bulgarien, dans Byzantinische Zeitschrift, 1 (1892), p. 400-
407 ; des développements analogues à ceux qu ’on lit ici sont relevés dans
Platon, Xénophon, Thémistius, Julien l’empereur, et plusieurs autres; cfr
Xénophon Cyropaedia, I, 1, 1 et 2 (éd. W. Miller, p. 2 et 4).
12 Oratio II, 17-51 (PG 35, col. 425 B 13 - 461 A 13); le parallèle (syncrisis)
entre la médecine des âmes et celle des corps est examiné par Th. Sinko,
De traditione..., p. 111-114, après Sternbach et Lévêque (rapprochements
avec Isocrate et Sénèque).
13 Oratio II, 52-76 (PG 35, col. 461 A 14 - 484 B 3); cfr R. Volkmann, Die
Rhetorilc..., p. 233-235; et aussi Eph., VI, 10-22; 2 Cor., XI, 23-33; 1 Cor.,
IV, 16; XI, 1; 1 Thess., I, 6; II, 14; Phil., ÎII, 17.
14 Oratio II, 77-90 (PG 35, col. 484 B 4 - 493 A 14) ; R. Volkmann, Die
Rhetorik..., p. 201-202.
15 Oratio II, 78 (PG 35, col. 485 A 8-10).
178
J. MOSSAY
païens16: «Voilà le résultat de nos querelles intestines»17. La
mineure souligne que l’auteur n’est pas en mesure de faire face
à une telle situation; Grégoire concède d’abord qu’il n’est pas sans
ressources contre les luttes externes et contre « la bête dressée
actuellement contre les Eglises » 18 ; par contre, au milieu des luttes
internes19, il se trouve sans force et sans allié 20 ; et de conclure qu ’il
a dû « tourner le dos » 21. La suite signale que les difficultés inté-
rieures du combat spirituel sont ici hors de cause et qu’elles con-
stituent une raison supplémentaire et distincte pour éviter les res-
ponsabilités du sacerdoce 22.
Le contexte de notre passage reflète des difficultés internes de
la communauté de Nazianze; les précisions à ce sujet ne manquent
pas : une crise est suscitée par le zèle d’hommes qui luttent pour
le bien et la douceur, et qui aiment Dieu 23 ; le désaccord porte sur
des points particuliers de la christologie24; la paix est troublée,
le schisme, déclaré, la crise, notoire25 ; tout indique un différend
entre des personnes consacrées et la hiérarchie : « Nous sommes
déchirés par ceux qui sont le plus en vue dans notre communauté » 26.
Revenons au texte et examinons quelle situation historique y est
visée. La conjonction ov8e oppose tov pèv eÇtûOev ttoKe/j-ov et
tov 0f)pa ; elle peut indiquer que la « bête » représente soit un
danger distinct de la « guerre externe » soit une espèce particu-
lièrement redoutable de celle-ci. En tout cas, les deux expressions
se rapportent à un objet extérieur à Nazianze : la particule pév
oppose notre texte tout entier à la « guerre interne » évoquée dans
la suite du contexte; la réaction païenne a été mentionnée quelques
lignes plus haut27, mais rien n’autorise à restreindre exclusivement
au paganisme la portée de l’expression examinée si on peut trou-
16 Oratio II, 79-84 (PG 35, col. 485 A 11 - 489 B 9).
17 Oratio II, 85 (PG 35, col. 489 B 10).
18 Notre texte : Oratio II, 87.
19 Oratio II, 88 (PG 35, col. 492 B 1).
20 Oratio II, 88-89 (PG 35, col. 492 B 1 - C 10).
21 Oratio II, 90 (PG 35, col. 493 A 1-2).
22 Oratio II, 91-102 (PG 35, col. 493 A 15 -501 C 9).
23 Oratio II, 85 (PG 35, col. 489 B 11-12).
24 Oratio II, 83 et 85 (PG 35, col. 489 A 1-2, et C 3-6^).
25 Oratio II, 85, 88, 84 et 86 (PG 35, col. 489 B 10 - C 6; col. 495 B 1-8;
col. 489 B 5-9, et col. 492 A 4-5).
26 Oratio II, 82 et 83 (PG 35, col. 488 B 5-7, et col. 489 A 1-11).
27 Voir la note 16.
GRÉGOIRE DE NAZIANZE 179
ver en dehors de Nazianze, l’explication cherchée. La «bête» pour-
rait appartenir au milieu chrétien.
Le substantif 0yp se rencontre au figuré dans les classiques28.
Dans 1 ’Écriture, le thème de la « bête » fournit des métaphores
désignant des personnages cruels, brutaux, méchants ou stupides
et des symboles désignant des puissances hostiles, l’Antéchrist ou
les persécuteurs; mais, le mot ordinairement utilisé est (hjpiov29. Les
Pères adoptent des usages analogues30.
Sommes-nous ici en présence d’une métaphore ’désignant l’em-
pereur Julien? L’adverbe vvv et l’aoriste CTravaaravra indiquent
une hostilité qui s’est récemment manifestée; l’énumération des
menaces pesant sur les Eglises montre que la violence ne s’est pas
encore donné libre cours. Disons tout de suite que rien ne permet
de vérifier s’il s’agit du début de l’été 362, moment où Julien
était sur le point d’entreprendre un voyage à travers la Cappadoce :
ratç ÉKKXT/criaiç n’autorise pas à limiter le danger à un territoire
particulier. Selon M. Sinko, les menaces énumérées, Trvp, gi^a, ktX..
interdisent de voir ici une allusion à l’empereur Julien31; ce der-
nier évita la violence ; Grégoire le dit lui-même et reproche à
l’Apostat, comme la pire cruauté, d’avoir organisé une persécution
«sans martyrs»32. Toutefois, Grégoire lui-même n’hésite pas à faire
passer l’empereur pour un bourreau, un assassin, responsable de
violences sanguinaires commises contre les chrétiens 33. Notre texte
28 Thésaurus, IV, col. 365-366; H. G. Liddell, R. Scott et autres, A Greek-
English Lexicon, Oxford, 1958, p. 799.
29 W. Forster, art. dyptov, dans Theologisches Wôrterbuch zum Neuen
Testament, III, 1938, p. 133-136; F. Vigouroux, art. Bête, dans Dictionnaire
de la Bible, I, 2, 1899, col. 1643-1645; l’explication identifiant le nombre de
la « bête» et celui de l’empereur Julien ne vaut que pour les mots Ogpiov et
àiroa-TaTTfjs ; elle est à exclure ici.
30 Suicerus, Thésaurus ecclesiasticus..., Amsterdam, 1728, I, 1399- 1404, s.v.
O-rjptov; col. 754-755, s.v. yévvrjpxi, II, a; G. Müller, Lexicon athanasianum,
Berlin, 1952, p. 654 655 ; O. Stâhlin, Clem.ens Alexandrinus, IV, Register
(Die griechischen christlichen Schriftsteller der 1. drei Jahrhunderte), Leipzig,
1936, p. 477 ; cfr Grégoire de Nazianze, Carmina, I, 2, 34, v. 245-246 (PG 37,
col. 963) : Ttç 8’ ’Avn\piaToç; irXgpes lov drjptov, àvgp 8vvâ.<rrr]S.
31 Th. Sinko, De traditione..., p. 108.
32 Oratio IV, 84 (PG 35, col. 612 B 5 - (f 8) ; Oratio XXI, 32 (PG 35, col.
1120 C 1-2).
33 Oratio IV, 83, 97, 78-99 et surtout 86-87 (PG 35, col. 609 B 10; col.
632 A 4; col. 589 A 7 - 633 C 8, et 616 A 3 - C 4).
180
J. MOSSAY
ne mentionne que des menaces : kolv a7r€iX^... ; Julien ne ména-
geait pas celles-ci et les données concernant la « bête » sont, sur ce
point, compatibles avec l’image de l’empereur que l’auteur lui-
même a voulu laisser à la postérité34.
Les hyperboles qu’on trouve dans l’attribut aTravOpoiTroraTO^
et dans l’apposé tov irovr)pov to TrXTjpajpa, de même que le thème
de l’ingéniosité des supplices nouveaux, comptent parmi les clichés
les plus banals des récits de martyres35. Les formules utilisées ici
correspondent à ce que l’auteur dit ailleurs de l’empereur Julien36.
À ce point de vue encore, le texte peut s’appliquer à l’Apostat.
Mais les traits notés sont si conventionnels qu’on peut aussi bien
y reconnaître un autre persécuteur.
En effet, la «bête» pourrait être l’empereur Valens. Celui-ci
prit position pour 1 ’arianisme à partir de 1 ’été 36437 et Grégoire
brosse de lui un portrait qui répond à tous les détails de notre
texte; non seulement notre auteur emploie les termes tûjv eÇoiOcv
pour parler de la persécution de Valens, mais il nomme celui-ci
ô 07jp 38, il le montre menaçant39, recourant au fer, au feu, aux
bêtes, etc.40, inventant des supplices nouveaux et associant 1 ’eau,
34 Oratio IV, 79 (PG 35, col. 605 A 5 - B 7).
33 H. Delehaye, Les passions des martyrs et les genres littéraires, Bruxelles,
1921, p. 204-226; M. Guignet, Saint Grégoire de Nazianze et la rhétorique,
Paris, 1911, p. 203.
36 Oratio IV, 96 (PG 35, col. 629 B 1-5): Julien est pire que les persécu-
teurs qui l’ont devancé; Oratio IV, 96 et 102 (PG 35, col. 629 B 12 - C 2;
col. 636 C 9 -637 A 3) : il inventa de nouvelles formes de vexation; cfr
É. Stein, Histoire du Bas-Empire, publiée par J.-R. Palanque, I, Paris, 1959,
p. 165 ; Marie-Madeleine Hauser-Meury, Prosopographie zu den Schriften
Gregors von Nazianz (Theophancia, 13), Bonn, 1960, p. 89.
37 Aussitôt après le synode de Lampsaque; cfr E. Stein, Histoire du Bas-
Empire..., I, 175; G. Bardy, Le déclin de l’arianisme, dans A. Fliche et
V. Martin, Histoire de l’Église, III, Paris, 1939, p. 246-261.
38 Oratio XXV, Il (PG 35, col. 1213 A 12 - B 4).
39 Oratio XLIII, 50 (PG 36, col. 561 A 14-15; éd. F. Boulenger, p. 162) :
Kav àTreiÀiÿç xaÀeîroSrEpa ; cfr Oratio XLIII, 46 et 47 (PG 36, col. 556 B 6 -
557 B 14; éd. F. Boulenger, p. 152 et 156).
40 Oratio VI, 18 et 20 (PG 35, col. 745 A 4, et col. 748 B 11), et Oratio
XLIII, 50 (PG 36, col. 561 A 9-10 ; éd. F. Boulenger, p. 160-162) ; les inquisi-
teurs ariens lancés contre les Églises : Oratio XLIII, 31 (PG 36, col. 337 C 9-13 ;
éd. F. Boulenger, p. 124), Oratio XVIII, 37 (PG 35, col. 1036 A 5-6); un
officier arien comparé à un lion rugissant : Oratio XLIII, 48 (PG 36, col.
557 C 8-9; éd. F. Boulenger, p. 156); cfr 1 Petr., V, 8.
GRÉGOIRE DE NAZIANZE
181
le feu et les abîmes pour punir des récalcitrants41 ; l'empereur
apoaraît ainsi «pire» et «plus inhumain» que l’empereur Julien
lui-même, parce qu’il martyrisa les orthodoxes sous prétexte de
protéger la foi42. Valens est pour Grégoire, « l’ennemi du Christ »43.
On pourrait encore reconnaître une allusion à l’arianisme dans la
dernière phrase de notre texte ; l'antithèse « s'enorgueillir dans le
Christ de mourir pour le Christ » rappelle les querelles christolo-
giques44. Ainsi notre passage s'explique parfaitement si on fait de
la «bête menaçante» l’image de Valens.
Il n’y a pas de raison de retenir l’interprétation symbolique
voyant dans la « bête », le « démon, ce monstre engendrant des
monstres » 43. Le texte ne dit pas que la « bête » est ô irovrjpos, mais
tov irovrjpov to irXriptùpa. L’interprétation métaphorique répond à
une habitude de style de Grégoire car celui-ci emploie souvent
41 Oratio XXV, 10 (PG 35, col. 1212 B 8).
42 Oratio XXV, 10 (PG 35, col. 1212 A 3-5); Oratio XLII, 3 (PG 36, col.
461 B 1-2).
43 Oratio XLIII, 44 (PG 36, col. 553 B 11; éd. F. Boulenger, p. 150) :
Xpcaropaxos', Oratio XLIII, 30 (PG 36, col. 536 C 6-7; éd. F. Boulenger,
p. 122) : /AiCTO^piCTTOTaTOç.
44 On rencontre dans le contexte, une figure analogue : Oratio II, 85
(PG 35, col. 489 C 3-4) : wrtp Xpioroû àywvtetTai rts ov Karà Xpurrov...
«on luttera pour le Christ non selon le Christ»... D’ordinaire Grégoire dit
que les saints meurent « selon » ou « dans » ou « avec » ou « comme » le Christ :
Oratio XV, 1, 2, 11 et 12 (PG 35, col. 912 A 2-10 ; col. 913 A 4 ; col. 932 A 1'2 ;
col. 932 C 6-7) ; Oratio XXI, 1 (PG 35, col. 1081 A 7 - 1084 A 1) ; Oratio
XXXIII, 4 (PG 36, col. 220 A 6-14) ; Oratio XXIV, 4 et 16 (PG 35, col. 1173
C 1-D 4; col. 1189 A 1-4); Oratio XI, 6 (PG 35, col. 840 B 12-14); Oratio
XVIII, 24 (PG 35, col. 1013 B 8-14); Car mina, I, 2, 25, v. 237-240 (PG 37,
col. 830); Act., VIII, 32; Rom., VII, 4-5; Eph., IV, 2; Col., I, 10-11; et
H. Delehaye, Les passions des martyrs et les genres littéraires, Bruxelles,
1921, p. 47 ; cfr To (jvv "X-ptarM eivai : Oratio VIII, 19 (PG 35, col. 812 B 8-
10), et Phil., I, 23; voir aussi K. Rahner, Zur Théologie des Todes, mit einem
Exlcurs über dos Martyrium (Quaestiones disputatae, 2), Fribourg-en-Brisgau,
1958, p. 93; Th. Preiss, La mystique de l’imitation du Christ et de l’unilt
chez Ignace d’Antioche, dans Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses,
18 (1938), p. 202; N. Brox, Zeuge und Martyrer. Untersuchungen zur früh-
christlichen Zeugnis-Terminologie (Studien^zum alten und neuen Testament, V),
Munich, 1961, p. 217 p, 220-223.
45 A. Puech, Histoire de la Littérature grecque chrétienne, III, Paris, 1930,
P- 342; cfr Eph., VI, 11-20; 1 Petr., N, 8-9.
182
J. MOSSAY
une circonlocution pour éviter de nommer un personnage, particu-
lièrement un persécuteur46.
Le texte peut donc se rapporter soit à l’ensemble du règne de
Julien soit à une période du règne de Valens antérieure au moment
où ce dernier mit à exécution ses menaces « contre les Eglises ».
Valens vint mater la résistance des évêques nicéens en Cappadoce
en 371-372, mais dès 365, des Eglises avaient déjà manifesté leur
inquiétude au sujet de sa politique religieuse47. Il faut conclure
que notre texte peut concerner toute la période allant de décembre
361, au moins jusqu’à la fin de l’été 365.
Il reste à examiner quels épisodes de la carrière de saint Grégoire
le texte permet de situer entre ces repères chronologiques. L’ad-
verbe vvv ne se rapporte pas nécessairement au moment précis
où le discours a reçu sa forme définitive; le texte que nous lisons
est, sans aucun doute, un plaidoyer fictif; le mot vvv indique
manifestement le moment où l’auteur est censé adresser la parole
à ses ouailles. Deux indications concordantes éclairent les circon-
stances de cet événement; premièrement le mot per met en paral-
lèle notre passage et la suite du contexte, où l’auteur déplore les
divisions intestines de son Eglise 48 49 ; en second lieu, 1 ’adverbe vvv
lui aussi appelle un rapprochement avec le contexte car le mot
se lit déjà deux fois dans le début du développement auquel appar-
tient notre texte :
’AXXa pot vvv ckcÎvo 7rXi7povcr0ai 8ok€? xaflapcoç to (( Véyovev
ô tepev<s xaflàç 6 Xadç )), iv Karapa Trakai \eyopevov.
Mais il me semble qu’actuellement l’antique parole de malédiction s’ac-
complit parfaitement : « Le prêtre est devenu comme son peuple » 4!).
46 par exemple Oratio IV, 91 (PG 35, col. 621 B 12, et C 8-11) ; Oratio
XLIII, 44 et 48 (PG 36, col. 553 B 10-12, et col. 557 C 1-7; éd. F. Boulenger,
p. 150 et 156) ; voir aussi F. Boulenger, Grégoire de Nazianze. Discours funè-
bres en l’honneur de son frère Césaire et de Basile de Ccsarée, texte grec,
traduction française, introduction et index (Textes et Documents, H. Hemmer
et P. Lejay), Paris, 1908, p. XXXVII-XXXVIII.
47 Oratio XLIII, 37 (PG 35, col. 1033 C 6 - 1036 B 5) ; Oratio XLIII, 44
(PG 36, col. 553 B 10-11 ; éd. F. Boulenger, p. 150) ; voir G. Bardy, Le déclin
de l’arianisme, dans A. Fliche et V. Martin, Histoire de l’Église, III, Paris,
1939, p. 258-261; E. Stein, Histoire du Bas-Empire..., I, p. 175.
48 Oratio II, 88-89 (PG 35, col. 492 B 1 - 493 A 12) : 7rpoç 8è rov èpàv
iroX.ep.ov... ktX.
49 Oratio II, 82 (PG 35, col. 488 B 5-7); Isa., XXIN, 12.
GRÉGOIRE DE NAZIANZE
183
Et aussi :
Nw 8e eicri rtpeç ol Kai irepl pu<pûjv Trokepovvres.
Il y en a actuellement qui font la guerre pour de petites choses... 50 51.
Ces deux passages confirment que la « bête » sévit à un moment
où l’Église de Nazianze est divisée. Tout le contexte décrit d’ail-
leurs au présent les luttes intestines de l’Eglise locale.
Notre texte permet-il de dater d’autres événements? Au moment
de VOratio II, saint Grégoire était déjà prêtre et venait de passer
quelque temps auprès des anachorètes. En effet, il expose les raisons
de sa « fuite »B1, répond à ceux qui le soupçonnaient de briguer
l’épiscopat52 et explique la timidité qu’il éprouve devant les res-
ponsabilités du sacerdoce 53. Dans un passage bien connu du poème
autobiographique De vita sua, l’auteur rappelle aussi qu’on le fit
prêtre malgré lui et qu’il s’enfuit ensuite pour rejoindre saint
Basile dans sa retraite54. Ni le poème ni l'Oratio II ne disent
à quel moment eut lieu cette ordination.
Les conjectures proposées pour déterminer la date de l’événement
supposent d’abord que VOratio II fut écrite sous le règne de Julien
et ensuite que l’intervalle entre l’ordination de l’auteur et le dis-
cours avait été relativement court55. On vient de voir ce qu ’il faut
penser du premier point de cette argumentation; peut-on retenir
le second et admettre que saint Grégoire devint prêtre peu de temps
50 Oratio II, 83 (PG 35, col. 489 A 1).
51 Oratio II, 1 (PG 35, col. 408 A 14-16) .. to 8e cutiov... riÿç ôXiyo^v^caç
8i* rjv èfjMKpvva <l>vya8evo)v Kai qvX.iad-qv â</>’ vpMv xpovov ov /MKpôv « la cause de
la pusillanimité par suite de laquelle je fus en exil et bivouaquai loin de vous
pendant un temps assez long », Ps. LV, 8.
52 Oratio II, 100-102 (PG 35, col. 508 C 7 - 509 B 15) et particulièrement
chap. 101 (col. 509 A 3-5) : ... ri/s EKKA^CTias à£tov elvat %pr] irpwrov tira tov
^17/uiTOç tovtov dira rrfs irpodtptas « il faut être digne en premier lieu de
l’Église, ensuite de cette chaire que j’occupe, ensuite de la préséance... »;
la variante relevée par les Mauristes dans plusieurs manuscrits de Paris
souligne aussi nettement la situation actuelle de l’auteur : tov fi-faaTos Kai
tovtov TrpiüTOv dra ktX.. Cfr PG 35, col. 509, note 38.
53 Cfr Oratio II, passim et notamment 2, 6-7, 71, 73-76 (PG 35, col.
409 A 1-4; 413 A 5-416 A 4; 480 A 12-B 11; 481 A 12 -484 B 3).
54 Carmina, II, 1, 11, v. 338-355 (PG ^7, col. 1052-1054). En affirmant
qu’il n’accepta le sacerdoce qu’à son corps défendant l’auteur répète un lieu
commun banal.
55 Cfr les références indiquées à la note 4.
184
J. MOSSAY
avant le discours sur le sacerdoce? Cette hypothèse repose sur un
texte dont il ressort qu’une retraite accomplie par Grégoire à
l’époque de son ordination a été brève56 et sur des passages attes-
tant qu’un schisme des moines de Nazianze fut de courte durée57.
L’histoire des vicissitudes internes de la communauté de Nazianze
est particulièrement confuse et il est très hasardeux d’affirmer que
le schisme mentionné ici coïncide justement avec les événements
évoqués dans VOratio II58. Quant à la retraite invoquée, est-ce
celle dont il est question dans notre discours? M. Sinko a montré
qu’on doit en douter; il admet qu’un laps de temps indéterminé,
peut-être deux ans, a pu s’écouler entre l’ordination et VOratio
II59. Faute de données précises à ce sujet, on ne peut établir un
rapport certain entre les repères chronologiques fournis par notre
texte et le moment où saint Grégoire devint prêtre G0.
Une lettre de saint Grégoire (Epistola 8) indique que la prêtrise
de celui-ci précéda celle de saint Basile 61 ; on s’est basé sur ce texte
pour situer en 362 1 ’ordination de Basile : « Puisque nous nous
56 p. Gallay, La vie..., p. 73, note 3; Oratio I, 2 (PG 35, col. 396 B 3-5) :
MuCTTT/plOV (JLlKpOV O(TOV èpXIVTOV àrUTKéx[fa<r0ai '
pvaTr]pt<i> Kat crvve.icKp'xop.ai... « un mystère me donna Ponction; devant le
mystère, je m’écartai un peu, juste assez poui* m’examiner moi-même; avec
le mystère aussi, je viens vers (vous) ». Au sujet des diverses interprétations
de ce passage, voir aussi Th. Sinko, De traditione..., p. 105-106.
57 Oratio XVIII, 18 (PG 35, col. 1005 C 5 -1008 A 9) ; Oratio VI, 10 (PG
35, col. 733 C 15 - D 1); cfr P. Gallay, La vie..., p. 81, note 2 et 73,
note 3.
58 O. BaRDENHEWER, Geschichte..., III, p. 166-167 et 167, note 2; on y
trouve la discussion des opinions de Clémencet, Ullmann et Loofs sur cette
question; cfr aussi Th. Sinko, De traditione..., p. 100.
59 Th. Sinko, De traditione..., p. 105-106, 98 et 119-120.
60 J. Loofs, art. Gregorius..., p. 142. On lit dans Oratio II, 115 (PG 35,
col. 512 C 13-14) : virera) p^tra p.év ri pucpov oaov èpavrov CTHCTKE^ao’&u...
«je me retirai quelque peu, juste assez pour m’examiner...». La ressemblance
de ce texte avec celui de VOratio I, 2 cité à la note 56 ne constitue pas un
argument décisif en faveur de 1 ’identité des événements évoqués. La diver-
gence de Oratio I, 2 (note 56 : p,iKpôv) et du texte de Oratio II, 1 cité
à la note 51 (xpovov où ptKpôv) ne fournit pas un meilleur argument pour
la thèse opposée.
61 Epistola 8 (PG 37, col. 33 D 2-4) : Kat av êaÀwç (ocnrep Kai 7/p.eïs
yeypatporeç ê?ret8y ye eis tov irpexr(ivre, pov /3aôp.ov èfliâ(rOv]p.ev. « Toi aussi tu
fus pris comme nous-même qui t’avons écrit après qu’on nous eut élevé de
force au rang sacerdotal ».
GRÉGOIRE DE NAZIANZE
185
croyons obligés de mettre l’ordination de Grégoire au début de
362 », écrit Tillemont, « nous croyons ne pouvoir mieux faire que
de mettre celle de saint Basile à la fin de la même année » °2.
Comme on le voit, cette hypothèse s’appuyait, comme un corollaire,
sur celle qui a été examinée plus haut et elle reposait finalement
sur l'interprétation traditionnelle de notre texte, faisant de la
«bête» dressée contre les Eglises l’image de l’Apostat; elle a
déjà été mise en question et il n’y a pas lieu de s’y arrêter davan-
tage 62 63. L'Epistola 8 mérite toutefois de retenir l'attention, parce
qu’elle confirme nos conclusions. En effet, Grégoire note dans l’éloge
funèbre de saint Basile que ce dernier était prêtre lorsqu’il eut
des démêlés avec l'empereur « persécuteur après le persécuteur,
et, après l’Apostat, non pas apostat, mais ne valant pas mieux
pour des chrétiens et surtout pour la fraction de chrétiens la plus
pieuse et la plus pure, adoratrice de la Triade »64. Ici, sous la
périphrase, tout le monde a reconnu Valens, l’empereur arien, qui
était à Césarée de Cappadoce le 4 juillet 365 65. La lettre attestant
que Grégoire devint prêtre avant saint Basile montre qu’il fut
62 Tillemont, Mémoires..., IX, p. 648, note 22; voir aussi p. 66 et 68;
P. Gallay, La vie..., p. 72-73; O. BaRDEnhewer, Geschichte..., III, p. 132;
J. Loofs, art. Gregorius..., p. 142; P. Allard, art. Basile (saint), dans
Dictionnaire de Théologie Catholique, II, 1905, col. 441; B. Altaner, Précis
de Patrologie adapté par H. Chirat, Mulhouse, 1961, p. 418.
63 Notamment Maran, Vita Basilii, dans PG 29, p. XXXVIII (discussion
des opinions de Baronius, Tillemont etc.); W. Môller-Krüger, art. Basilius
der Grosse, dans Realencyclopâdie fur protestantische Théologie und Kirche,
II, 1897, p. 437; J. Quasten, Initiation aux Pères de VÉglise, trad. J.
Laporte, III, Paris, 1963, p. 299; Marie-Madeleine Hauser-Meury, Prosopo-
graphie zu den Schriften Gregors von Nazianz (Theophaneia, 13), Diss., Bonn,
1960, p. 40; H. Rahner, art. Basileios der Grosse, dans Lexikon fur Théologie
und Kirche, II, 1958, col. 33.
64 Oratio XLIII, 30 (PG 36, col. 536 C 4 - 537 B 1; éd. F. Boulenger,
p. 122) ; (/JamAevs..) ô p.erà rov SiwKTTjv SuvKTrjs, Kai pera tov aTroaTaTTjv ovk
àTroaraTï]^ p-év, ov8èv 8è àpeivwv ^piartavoîç, /xâÀXov 8e ^piariavœv rw evcre-
/îeararœ p.épei Kai KadapiüTaru» Kai TtpotTKvvrjTÿ rÿs TptaSoç...; Oratio XLIII,
27 (PG 36, col. 533 B 11-12; éd. Boulenger, p. 118) : annonce qu’il va être
question de la période où Basile était prêtre.
65 Cfr les scholies mentionnées dans PG 36, col. 536, note 74; Codex Theodo-
sianus, XII, 6, 5 (éd. Th. Mommsen, II, «p. 714 et aussi I, p. CCXLI et
C’CXLIV). Sur le séjour de Valens à Césarée au cours de l’été 365, voir
Oratio XLIII, 30-33 (PG 36, col. 536 C 2 - 540 C 11 ; éd. F. Boulenger, p.
122-128).
186 J- mossay
ordonné avant l’été 365, à un moment qu’il n’est pas possible de
déterminer avec plus de précision.
Notre texte permet seulement d ’affirmer que Grégoire de Nazianze,
alors qu’il était déjà prêtre, s’éloigna quelque temps puis revint
à Nazianze et expliqua sa conduite; c’est alors qu’il est censé avoir
prononcé VOratio II, sous le règne de Julien ou de Valens, entre
la fin de 361 et le milieu de 365, à un moment où une dispute
déchirait sa communauté.
Liège,
21, Hors-Château.
Justin Mossay.
THE ARABIC TRANSLATIONS
OF THE PSEUDO-ARISTOTELIAN TREATISE DE MUNDO
A passage by al-Mas'üdï, in which he speaks of a letter addressed
by Aristotle to Alexander the Great and known as the Letter of
the Golden House has fascinated me ever since I first read it.
Al-Mas'üdï says that after Alexander’s conquest of India he entered
a « golden house » there, the marvels of which he described in a
letter to his teacher Aristotle. In roply he received a letter by the
philosopher admonishing his former pupil to reserve his admiration
to the wonders of the cosmos rather than to those of man-made
things; this being what is known as the Letter of the Golden
House. It is well over twenty years since I first came across this
passage and related it to a short allusion in an article by R. Walzer
to a letter, also called of the Golden House, which is inserted into
a collection, preserved in an Istanbul manuscript, of the corres-
pondence between Alexander and Aristotle. Many years were to
pass before I had the opportunity to peruse that Istanbul MS. and
find out at last the identity of the text described in it as the
Letter of the Golden House — which is none other than an old
friend, the pseudo-Aristotelian De Mundo. Thus one part of the
puzzle was solved, though it now turns out that the assumption,
which could be taken as granted as long as the mere title of the
letter in the Istanbul MS. was known, that al-Masfüdï’s reference
concerned that letter, is open to doubt.
THE ANONYMOUS TRANSLATION IN THE ISTANBUL MANUSCRIPT
Let us take things in their proper order and give first of ail
a short description of the Istanbul MS. This can be done most
conveniently by translating into English the relevant section of the
article by R. Walzer, who was the first to refer to the manuscriptx.
1 Arabische Aristotelesübersetzungen in Istanbul, Gnomon, x (1934), p. 279-
280; reprinted in R. Walzer, Greek into Arabie, Oxford, 1962, p. 139-140.
187
188
S. M. STERN
The nianuseript Fâtih 5323 (dated 716 A.H. = 1316-7 A.D.) eontains a
rather copions correspondence, apocryphal of course, between Aristotle
and Alexander, conneeted by a running historical account. Its title
reads : The Book on the Events and Taies of Alexander and the Story
of the Wise Men of his Age, as related in the Chronicles. The
translater is not named. The contents, as they appear from a cursory
inspection of the MS., are as follows : 1. Letter by Aristotle to Philip
on the study of philosophy. 2. Philip’s invitation addressed to Aristotle.
3. Aristotle’s reply, in which he suggests that Alexander should be sent to
Athens (!) 4. Letter addressed by Aristotle to Alexander. 5. Instruction
given by Aristotle to Alexander, when the latter was staying with him.
6. Congratulations sent by Aristotle to Alexander after the conquest of
Scythia. 7. He also wrote to congratulate him on the capture of Amphissa.
8. Aristotle’s letter to Asia about general policy (or policy friendly to
the people?). 9. A question posed by Alexander about kingship. 10. Letter
sent in reply to this question. 11. A question posed about the killing of the
noblemen. 12. Reply in which he [Aristotle] dissuades him [Alexander].
13. Congratulations at the beginning of operations in Khurâsân (Persia).
14. The golden letter. 15. The letter of intercession. 16. I say : some
philosophers... 17. Epistle about the aims of Mutanabbî which agréé with
the wisdom of Aristotle, by Muhammad b. al-Hasan al-Hâtimî2 3. Thus we
hâve here a forgery somewhat in the genre of the letter quoted by Gellius,
9, 3, which was allegedly sent by Philip to Aristotle immediately upon
Alexander’s birth, in order to discuss his éducation31. The MS. is valuable
(if a more detailed examination confirms the results of a cursory inspection)
insofar as it is, as far as I can see, the only extant collection of pseudo-
Aristotelian correspondence, and promises therefore to enrich considerably
our knowledge of the history of the biographical tradition about Aristotle
in Antiquity 4.
2 In a footnote it is pointed out that this author died in 998 and references
are given to Brockelmann, Geschichte der arabischen Littérateur, I, 88 ;
Supplément, I, 141. It is also mentioned that this section had already been
noticed by Rescher, Zeitschrift der deutschen morgenlandischen Gesellschaft,
lxviii (1914), p. 387, note 5. In the reprint it is emphasized that this
treatise does not of course belong to the collection of letters.
3 A footnote reads : « Christ-Schmid, Geschichte der griechischen Literatur,
H, 1<» Munich, 1920, p. 482 ff. In regard to literary form, the letters of
Hippocrates (Littré, ix, 312 ff.), which are also embedded in a quasi-historical
narrative, provide the nearest analogy. »
4 The following references are given in a footnote : V. Rose, Aristoteles
pseudepigraphus, Leipzig, 1868, p. 589-599; Wilhelm Hertz, Gesammelte Abhand-
lungen, Stuttgart-Berlin, 1905, p. 1 ff. ; Hercher, Epistolographi Graeci, p.
172-174.
THE PSEUDO-ARISTOTELIAN TREATISE DE MUNDO 189
An examination of the MS. 5 showed that the « Golden Letter »
was in fact the pseudo-Aristotelian De Mundo 6. It appears on fols.
86 r-108 r of the MS. and the full text of its heading reads as
follows :
À9Jjjull (LlxJI I Lvj
^UJI JLb“l
i_>>A «AJ I C.\-J
U U
5 I inspected the MS. during a journey to Turkey in 1959 and obtained a
microfilm of it, thanks to the courtesy of the authorities of the Süleymaniyya
library who are responsible for photographing MSS. in Istanbul.
G This treatise was written in the first century A.D. « The treatise is
addressed to Alexander, who must either be Alexander the Great (in which
case the author doubtless wished to hâve his work attributed to Aristotle and
therefore addressed it to Aristotle’s most distinguished pupil), or else some
other Alexander must be intended » (Forster in the préfacé to his translation
referred to below). Whatever we might think of the intention of the author,
subséquent générations saw in the treatise a letter addressed by Aristotle to
Alexander the Great. In it Aristotelian and Stoic éléments are joined in an
impressive harmony. After a summary cosmology and geography, the treatise
culminâtes in a remarkable theological section describing God as the sustaining
principle of the universe. There is a critical édition of the text by W. L.
Lorimer (Aristotelis qui fertur libellus de mundo, Paris, 1933), while the most
recent discussion of its doctrinal background is to be found in P. Maguire’s
study The sources of Pseudo-Aristotle De mundo, Yale Classical Studies, VI
(1934), p. 109-167. We shall quote the book in E. S. Forster’s translation
published in the Oxford Aristotle sériés {The Works of Aristotle, translated
into English under the editorship of W. D. Ross, vol. III). The popularity
of the treatise is attested by the Latin translation of Apuleius (second century),
by diverse Greek authors of late Antiquity who quote it, by the Syriac trans-
lation of Sergius of Rësh eAynâ (sixth century), and an Armenian translation
of uncertain âge. To these there may now be added the Arabie translations
and the references in Arabie literature stÿdied in the présent article. The
Syriac translation, to which frequent references will be made in this study,
has been published by P. de Lagarde, Analecta Syriaca, Leipzig, 1858, p.
134 ff.
190 S. M- STERN
That is in English : «Aristotle’s epistle to Alexander, in which
he describes the order of the universe. It is known as the Golden
Letter, and is also called the Letter of the Golden House, because
Alexander, when he invaded India, saw there a house the furniture
of which was of gold ; he admired it and wrote about it to Aristotle.
Aristotle answered him by this epistle and told him that the
philosophers seek something which is superior to the forms, admired
by him, of the golden house — namely the beautiful arrangement
of the world. » The text of the letter itself begins as follows :
(£011 lgJ.1 oI I AaJlJI bl
(_}l l&jp LJUcu Ujj-i
4J.£ OleLyJI AflÂSjlj ÀaJxxJ ^JàxJI |3a
CjIj Jj CmmJ Igab Jyj"
jJ Ua Ui «xLJI Jl |L llj Lgj li
«aJUJI dAlS L»_j ojjLtj
«AÂmJlÂJ I 7 8 «Lai I^bjC । (3^ Qw.ôL jj* jj I (jI ôI 6j~» pJb
tjjLi «lJ Oj l«/ UjoJJu Igj U
feL^I IJa jAjç ^4 4-^MU L» (Jl OXF pj
£Î Lut Igj ^9 AXatæ* J AJ la» U (_} I I .bu
âà'ùM oys ।
7 ÂJUaC MS. The Arabie follows the Syriac : rf’i.'Uk. cn\ kntui.i .uo « by
taking as aid » ; the Syriac translater did not correctly render this passage,
which is given by many Greek MSS. in a corrupt form, as can be seen in
Lorimer’s édition.
8 jTj MS.
THE PSEUDO-ARISTOTELIAN TREATISE DE MUNDO 191
I shall not translate this into English, but give instead the begin-
ning of Forster’s translation of the De Mundo; Arabists will be
able to convince themselves that the Arabie is the translation of
the same text :
« Many a time, Alexander, has Philosophy seemed to me a thing truly
divine and supernatural, especially when in solitude she soars to the
contemplation of things universal and strives to recognize the truth
that is in them, and while ail others abstain from the pursuit of this
truth owing to its sublimity and vastness, she has not shrunk from the
task nor thought herself unworthy of the fairest pursuits, but has deemed
the knowledge of such things at once most naturel to herself and most
fitting. For seeing that it was not possible (as once the foolish Aloadae
attempted) by means of the body to reach the heavenly région and leaving
the earth behind to spy out that holy9 eountry, the soûl by means of
philosophy, taking the intellect as her guide, finding an easy path has
traversed the intervening space and fared forth on its pilgrimage, and
by intelligence comprehended things very far removed in space from
one another, easily, methinks, recognizing those things which hâve kinship
with one another, and by the divine eye of the soûl apprehending things
divine and interpreting them to mankind. »
There is no need to go further : the whole of the text is indeed
the translation of the whole of the De Mundo. That it appears
inserted into the framework of a sériés of letters exchanged by
Aristotle and Alexander means nothing, since this collection of cor-
respondance contained by the Istanbul MS. is a factitious compilation
put together in Islamic times out of disparate éléments10. No
information is available about the translater of De Mundo or his
9 In the light of Lorimer’s text (lepov) I substituted this word for
Forster ’s « heavenly », which renders a variant reading.
10 Nos. 1-7, 13, and 15, corne from an old collection of letters. No. 8 is a
treatise similar to the Sécréta Secretorum; indeed, a long section at the beginning
is common to both. No. 10 is a longer version of the letter published by
J. Lippert (De epistula pseudoaristotelica irept flaatXeia<! commentât™, Halle-
Berlin, 1891) ; the additional passages are of great importance. It can now
also be established that this letter is identical with the one referred to by
some authors under the title of « Epistle on Justice ». Nos. 11-12 seem to be
late compilations, reflecting the Sasanid historical conception of the period
after Alexander as one of Persian « Kings of Régions ». I must confine
myself here to these summary indications; I hope to return to the subject
in subséquent studies.
13
192 S- M. STERN
date. The comparison of the text reproduced above with the Greek
original and the Syriac translation shows that the Arabie trans-
lation included in the Istanbul MS. dérivés from the Syriac, rather
than from the Greek u. This is confirmed by further observations
concerning the extracts printed below 12. We may be confident that
an examination of the text in its entirety will bear out this con-
clusion. The characterization of the method of the translater will
be the task of a future editor; we may, however, point out that
he aims at — and can be said to hâve achieved — literary elegance,
to a greater degree than the author of the second version to which
we now turn.
'ÏSÂ AL-NAFÏSÎ’S TRANSLATION (PRINCETON MANUSCRIPT)
In addition to the translation discussed above, yet another has
11 IIoÀAaKis jnèy epoiye... y 0iAo<ro0ia c8o£ev eïyat — — '"'Q0
cnàv.rt'.i A rôrt' ; the elaborate Arabie
paraphrase ÂJ Ljj CjJI JjU y» Âi-JJI o I j l» seems to be explicable
from the Syriac construction (« many a time, when I was thinking etc. »),
rather than from the Greek. The next example is more conclusive : 0û6v ti
Kai 8atp.6vtov ovtws ^pÿipxi — rt'ÂÂxn rt'àv»crAr<' (« a thing
truly divine and excellent» — IyI , wnere the
hendiadys L)L> L reflects . Fvwvai —
the Arabie verb is of the same root as the Syriac, and was obviously chosen
for this reason. Tœp âXAcov — rt'ètxcuSôart' (« ail the
other arts »; the Syriac is translated as oLLwJI « other » missing altogether.
Ov8’ avTTjv Ttâv KaXXuTTotv àTT7]^iiü<Tev — r^»c\x. r^A.i cnrAi rdio
(« did not thnink herself unworthy to such excel-
lence»; the Syriac is translated as <Lü)l MaI c—->l l à: JjjT
Tœ <Tu>fuiTi — rtùcn rdL-gar.^n (« in this coarse body ») ; the additional
adjective reappears in the Arabie, in the form of hendiadys : J*Z)I )t M
Tfl Stavoia <rvvt(l>6pT](T€ — àvxrujo (c in its
thought collected and retained them ») ; the Syriac is reflected in the Arabie
JÙACÎjâes I4Paôiœç, olfiat, rà (rvyyevr} yvaiptcaca — ntr.ao
ffA A rt'ioàtuosn.l v\»r^ («and it
recognizes easily, methinks, the things, because they are akin to it ») ; the
Syriac paraphrase is rendered in Arabie I4I C-U—»
12 See below, p. 201-202, notes 33-36, p. 204, notes 46-49.
THE PSEUDO-ARISTOTELIAN TREATISE DE MUNDO 193
recently been identified. In this case we know who the translater
was : his name is 'ïsâ b. Ibrâhîm al-Nafïsï, a physician of the
Hamdânid prince Sayf al-Dawla, and belonging, therefore, to the
iniddle of the tenth century approximately. Not that we know
very much about him; an anecdote attests that he was an expert
translater from the Syriac. It is told that scholars supported by
Sayf al-Dawla used to get more than one salary if they were
proficient in more than one science : 'ïsâ al-Nafjsï drew three
salaries, including one for working as a translater from the
Syriac 13. It fits very well that his translation of the De Mundo was
made from the Syriac, as is expressly stated in the colophon and
is confirmed by the examination of its opening sentences. This
translation is preserved in a MS. belonging to the Princeton Uni-
versity Library (bearing the press-mark Yahuda 308 and dated
677/1278-9 14. For comparison with the other translation I repro-
duce the beginning of that by Tsâ al-Nafïsï15 :
‘ j Ij ô^**àS* Ll I • I (_J Is
I (3^ ‘SrL? J"*' û)l
13 Ibn al-Qifltï, ed. Lippert, p. 250.
14 For a description of this MS. see J. Kritzek, Une Majmü'a philosophique
d Princeton, Mélanges de l’institut Dominicain d’Études Orientales, III (1956),
p. 375-380. Our text is no. 21 among the texts contained in the MS. I am
inuch obliged to the authorities of the Princeton University Library for
putting at my disposai a microfilm of the folios containing the De Mundo.
The colophon reads as follows : Jl jl J pLjJ ÂJUJI
js (lui j
À! L» J l À) U»Jl oJjbj -a3|
15 Since we hâve external testimony for this version having been derived
from the Syriac there is no need for detailed comparisons as we hâve under-
taken for the other translation. We may nevertheless point to the most obvions
instances of dépendance on the Syriac, rather than the Greek, text : iuij lâsj
represents not Saipôviov’, J U, — rt'àxcveziarc' ^cnAc\_^
re’kuiMrc', not rüv àXXtov’, ÂUJl ÂJjdl .Ja — rt'.icn , not
rwv KaXXiarwv. Here, two, we find the adjectives ^lX.| JâJUJI (|t1. Il) for
which there is no authority in the Greek, only in the Syriac.
194 S. M- STERN
UU 16 Aie. dAI3 (j-* û)l J* L&^aX
Jl I fj£- 3^*^ lP®3 *''“* (»’..£" * |L?
pJLc. Jl û)l Lgj ûl *—’lj oJa
^9 J-l JâJlÂJI ^-«J-l lAgj Jysw (jl £~ull tl AjI ^1 dU3
Jl Jâxâ ±JLa Jl ô^a _a> J c.^*JI Jl
cJLclJ JI4J-I 18 U3jJ Jjbl dJJ3 |»lj C (JJ^-3" 17 UbjX)I JlSCll dll3
jLi jfè IgJüûu OjâLwS ÀÂ*JùiJb ^j^üLJI
^jAxj lâ->Â*J A*JI AjU. ^yJI jj^^l Â9/c« o5j2>tâ (.^jCU Vj
a^LJJ (£jî L 4^-si I4-U dU3 J4~j UUt
jSÛA^J À^jt/J^l j^-/Jl Jl cJâJ3 । c£2_?
LgJo>j^Xj (j*ÙJ I Lgj
Here we hâve again the exact rendering of the beginning of the
pseudo-Aristotelian De Mundo. It is remarkable that according to
the colophon « this treatise was known as the Golden Letter »,
though it cannot be said whether this note goes back to the trans-
later or is an addition by some copyist.
16 « Owing to its sublimity and vastneas » is missing.
17 The Greek has tov iepov èice.ïvov xüpov, with a variant reading ovpâvtov
instead of Iepov (cf. above, p. 191, note 9); the unique MS. of the Syriac version
has rt'.icn From the Arabie we may conclude that an adjective corres-
ponding to Iepov (or ovpâvtov', though ^1)1 rather suggests Iepov ) has
erroneously been omitted by a copyist of the Syriac text. In the other Arabie
translation we hâve jüJI dl) j, without an adjective — either because it
was missing in the Syriac original, or has been omitted in the Arabie by
error (the passage being corrupted in any case, cf. the footnote to it).
18 Our translater, who knew nothing about the Aloadae (Otus and Ephialtes,
who according to a myth attempted to reach heaven by piling Ossa upon
Pelion), thought to recognize in the word (correctly rendered in the Syriac :
rd».ic\\ rd) the Lydians.
THE PSEUDO-ARISTOTELIAN TREATISE DE MUNDO
195
THE « GOLDEN LETTER » AND THE ALEXANDER ROMANCE
The label of « Golden Letter » is, as we hâve seen, attached to
both translations, and the first is, in addition, also called that
of the « Golden House »19. This latter name gives us a clue leading
to the Alexander romance. The varions versions of the legendary
history of the Macedonian conqueror include a letter, purporting
to hâve been addressed by him to Aristotle, and containing an
account of the marvels witnessed by him in India. In the oldest
version the letter is considerably abbreviated, but longer forms
are to be found in other versions, and in these a temple richly
eovered by gold and precious stones figures prominently. I give a
translation of the passage from the Syriac version, which dates from
the seventh century and is therefore near in time to the period
which concerns us 20.
Then I gave orders to set out from this place, and we came thence to the
foot of a certain mountain. This mountain was very high, and a temple
had been built on the top of it, the height of which was a hundred cubits.
When I saw this, I marvelled greatly. It was girt round with a chain of
gold, and the weight of the chain was three hundred pounds. I gave orders
19 It must be pointed out that it is by no means certain that the two
titles were originally synonymous. « Golden » may be taken in the sense of
« precious » (just as in the case of the Xputrô êir-rj, the Golden Verses
attributed to Pythagoras), and need contain no particular allusion to the
Golden House.
20 The letter, in the form in which it appears in the oldest version, called
version A (see W. Kroll’s édition, Historia Alexandri Magni (Pseudo-
Callisthenes ), Recensio vetusta, Berlin, 1926, p. 106 ff.) does not contain the
épisode of the Golden House. For the Syriac version see E. A. W. Budge,
The History of Alexander the Great, being the Syriac version of the Pseudo-
Callisthenes, Cambridge, 1889, whose English translation is followed here (p.
181-182 of the Syriac text, p. 101-102 of the translation). The épisode also
occurs in some L'iter versions (e.g. version fl, see in C. Müller’s édition,
Paris 1846 — in the appendix of Dübner ’s édition of Arrian — iii, 28,
p. 141-2 ; the épisode is, however, included in a letter to Olympias) and in the
Latin version of the letter edited by Pfister, Kleine Texte zum Alexander-
roman, Heidelberg, 1910, p. 41 (§ xi). The Latin letter speaks, by the way,
of yet another golden house in India : thb palace of the Indian king Porus
(ed. Pfister, p. 22-23) ; yet there can be hardly any doubt that the Arabie
references to the Golden House concern the temple, which figures in many
versions of the romance.
196
S. M. STERN
to open the door of the temple that I might go in with my troops. When
we went in, we found in it two thousand five hundred steps of sapphire,
and we saw inside a very large ehamber the Windows around which were
of gold, and in them there were thirty figures of gems and of... of gold.
And when we drew near to the ehamber, we saw that the whole temple
was of gold, and over its Windows there were golden images, figures of
Pan and the Satyrs, who were musicians, and in the Windows there stood
dancers. In the temple a golden altar was plaeed, and by it stood two
eandlestieks of sapphire, the height of eaeh of which was forty cubits.
Lamps of gold were set upon them, which shone like the light of a lamp.
And upon the altar instead of fire was plaeed a lamp made of stone,
which shone like a star. In the temple a couch of gold was plaeed, which
was set with gems; its length was forty cubits, and cushions of great
value were laid upon it; the form of a huge man reclined thereon, and an
effulgence shot forth from him like the lightning flash. Over him was
spread a garment worked with gold and emeralds and other precious stones
in the form of a vine, the fruit of which was of gold set with gems, and
before the couch an ivory table was plaeed. When I saw this, I was
unwilling to draw near hastily and uncover his face, and see who it was.
Then I sacrificed in the temple to the god and did reverence, and I turned
away and came out. And when I, had corne out and was in the doorway
of the temple, there was suddenly a terrible sound like the noise of
thunder, and like the noise of the uproar and billows of the sea. And when
that roaring noise ceased, I heard a voice from within the temple which
said to me thus : « King Alexander, rest and cease from thy toils ; enter
not the temple of the gods, neither reveal their mysteries; for he whom
thou hast seen upon this couch is I Dionysus, and I tell thee that it is
given to thee to eonquer in this war for which thou art prepared, and to
corne to our country to rest, and they shall reckon thee among our
number. » When I heard a voice like this, my mind was in fear and joy,
and I again sacrificed and did reverence to him; and I went out to go
about that place and to record this sight in it.
A « golden house » indeed, this temple of Dionysus in India
and surely the one which our references hâve in view. Some reader of
the Alexander romance meditated on this too effusive description of
golden splendour, and had the pretty fancy to imagine what Aristotle
might hâve thought of it : surely he would hâve deprecated the
exaggerated importance given to material magnificence and set
against it the grandeur — incomparably more significant — of
the cosmos, as it is revealed to the inquring mind. Now, the con-
templation of the intelleetual beauty of the cosmos is the main
THE PSEUDO-ARISTOTELIAN TREATISE DE MUNDO 197
theme of the treatise De Mundo, thought to hâve been addressed
by Aristotle to Alexander. What was more natural, therefore, than
to take the spéculation one step further and conclude that this
treatise was indeed Aristotle’s reply to that paragraph about the
Golden House? Yet it is not clear whether this step was immediately
taken, or whether at first some other reply was invented, and was
then substituted by the De Mundo.
Ibn al-Faqih wrote at the end of the ninth century; he refers
to an earlier authority belonging to the end of' the eighth and
beginning of the ninth century, but it cannot be said how far this
can be relied upon 21. The passage reads as follows 22 :
Al-Marwazî said : I recited to al-Ma’mûn the letter which Aristotle
wrote in reply to Alexander’s account of his conquests, the riches which
he acquired and which were too difficult for him to carry, and the golden
house which he saw in India and which excited his admiration. Aristotle
wrote in that letter : « I see that you admire a fabric made by men’s
hands, and omit to express your admiration for that lofty roof above
you, and the art of Him who has adorned it with the stars and arranged
it according to the most profound wisdom. As regards the countries con-
quered by you, you should rule them through gaining the friendship of
their population, not through force and hatred, since obedience due to
love has a more praiseworthy beginning and end than obedience due to
force and coercion. As regards the riches, you should carry them in the hide
of an ox. » Alexander understood the allusion and buried his riches in
every town, and wrote down the sites of these hoards in a tanned hide of
an ox which he carried back to Byzantium. It is preserved there to this
day in the emperor’s treasury23.
The other author speaking of the letter of the Golden House is.
as we hâve said at the very beginning of this article, al-Mas*üdî,
who in the course of an account of the different eras, included in
21 Al-Marwazî, in whose name the story is quoted, is, as de Goeje has
suggested in his note to the passage, most probably identieal with Abu Yahyâ
al-Marwazï, mentioned in the Fihrist, p. 263.
22 Ibn al-Faqih, al-Buldân, ed. de Goeje, p. 160.
23 A slightly different form of the enigmatic advice and its interprétation
is given in al-Mubashshir b. Fâtik’s Mukhtâr al-Hikam (ed. Meissner, Zeit-
schrift der deutschen morgenlândischen Gesillschaft, 1895, p. 595 ; ed. Badawî,
p. 233) ; the advice is, however, included in a letter by Olympias, not Aristotle.
It seems that in Ibn al-Faqïh’s account the contents of varions letters are
conflated as if they belonged to one single letter by Aristotle.
198
S. M. STERN
his al-Tanbïh wa*l-Ishraf (written in 345/956), cornes to speak of
the Indians and the Golden House of India24.
In the upper part of India, in its eastern région, is the so-called Golden
House. The beginning of their era is after the appearanee amongst them
of the first Budd, i.e. 12,000 years multiplied by 36,000 25. This is the
house which was entered by Alexander, son of king Philip, after he had
killed their king, Porus. He described this house and the marvels which
he saw in it a letter to Aristotle; Aristotle replied in a letter known ns
the Letter 26 of the Golden House, the beginning of which reads as follows :
« To Alexander, King of the Kings of Nations, from Aristotle, his servant.
You hâve written to me describing the Golden House in India which you
hâve admired and the marvels which you hâve seen in it : the lofty building
adorned with ail kinds of precious stones and red gold pleasing to the
eye, so that its sight blinds the beholder and its famé fills the nations. I
write to you, O King, to warn you — since you are equally acquainted with
the precedent27 substances which are above, and those which are here
below, upon the earth — lest you admire a thing made by weak hands,
through skill, in short days and a negligible duration of time. I would
rather, O King, that you turn your eyes to what is above and beneath you,
at your right and your left : the sky, the rocks and mountains, the seas,
the marvels and phenomena which they contain, that lofty édifice which
was wrought by no iron tools and which cannot be breached by machines
of siégé, and which was not put up by weak and frail bodies in finite
time. » He then goes on describing, in the rest of the letter, the countries,
seas, spheres, stars, meteorological phenomena and other things which
occur in the atmosphère. Ail this, together with letters by Aristotle to
Alexander concerning the behaviour which he should adopt in matters of
religion and kingship, and other subjects, was mentioned by us in our book
on the Branches of Knowledge and Events of Past Ages28; this letter is
easily available.
24 Ed. de Goeje, p. 201-202.
25 For this number, which seems to be based on some confusion, see
C. A. Nallino, Raccolta di scritti, V, 207. The indication that this era is
connected with the appearanee of the Budd (Buddha) is also erroneous.
25 Strangely, in the original this word is in the plural.
27 This adjective (ÂiLJI) is somewhat unexpected; I wonder if it is not
a scribal error for « heavenly ».
28 This is a book by al-Mas'üdî, now lost, which he often quotes in his
al-Tanbïh wa’l-Ishrâf ; there our author also quoted other letters by Aristotle
to Alexander, no doubt identical with, or similary to, some of the letters
still extant, for instance, in the Istanbul MS.
THE PSEUDO-ARISTOTELIAN TEEATISE DE MUNDO 199
It is clear that Ibn al-Faqïh refers, by giving a brief résumé,
to the same text which is given in extenso by al-Mas'üdï : the
beginning of a letter by Aristotle in reply to Alexander’s account
of the Golden House. The words quoted from Aristotle’s letter
do not, however, recur in the De Mundo. There are two possibile
ways to envisage the development of this fictitious correspondance.
(1) Inspired by the passage in Alexander’s letter on the Golden House,
someone composed a letter in which Aristotle exhorted his former
pupil to prefer the marvels of the cosmos to man-made magnificence.
This is the letter the beginning of which is referred to by Ibn
al-Faqïh and quoted by al-Mas'üdï. At a second stage someone
noticed that the De Mundo also expresses this contrast, and identi-
fied it with Aristotle’s reply. Thus, instead of the original Letter
of the Golden House — lost apart from Ibn al-Faqïh’s and al-
Mas'üdï’s citations — it was the De Mundo to which this appelation
was now applied 29. (2) There is no «lost» Letter of the Golden House,
but it was the De Mundo which was taken from the very beginning
— i.e., as soon as someone had the idea that Aristotle must hâve
replied to the description of the Golden House — as Aristotle’s
reaction to the enthusiastic passage about the Indian temple in
Alexander’s letter. The De Mundo was, however, furnished with a
préfacé in which its connection with Alexander’s letter from India
was emphasized. To be sure, it is somewhat strange that such a
préfacé is lacking in the extant MSS. of the Arabie De Mundo ; this
seems to militate against the second alternative. In its favour speaks
al-Mas'üdï’s summary of the contents of the letter, since the De
Mundo does indeed contain the description of the « eountries, seas,
spheres, stars, meteorological phenomena and other things which
occur in the atmosphère ».
Be it as it may, the very first chapter of the De Mundo contains
a passage which could easily suggest — and which has no doubt
suggested — the idea that it was a counterblast to the description
of the marvels of India : « And so men who hâve laboriously
described to us either the nature of a single région or the plan of
«
29 Since it is not quite certain whether the title of « Golden Letter » in
the Princeton MS. implies a reference to the Goden House (cf. above, p. 195,
note 19), the first, and only, certain identification of the De Mundo with
the Letter of the Golden House is contained in the heading in the Istanbul MS.
200
S. M. STERN
a single city or the dimensions of a river or the scenery of a moun-
tain, as some ere now hâve done, — telling of Ossa or Nysa or the
Corycian cave or giving us some other limited description, — such
men one should pity for their small-mindedness in admiring ordin-
ary things and making much of some quite insignificant spectacle.
They are thus affected because they hâve never contemplated
what is nobler — the Universe and the greatest things of the Uni-
verse; for if they had really given attention to these things, they
would never marvel at anything else, but ail else would appear
insignificant and, compared to the surpassing excellence of those
other things, of no account. » Indeed, it is possible that the Nysa
mentioned in the passage was taken as a reference to the Indian
Nysa, the reputed birthplace of Dionysus (whatever the author’s
original intention might hâve been) — and thus as an allusion
to the description of the Indian sanctuary of Dionysus in Alexander ’s
letter. Admittedly, this implied reference to the wonders of the
temple is not clear; and this might hâve led — if the second of
the alternatives is the correct one — to the addition of a préfacé
in which it was explicitly stated that the De Mundo was meant
as a reply to the description of the Golden House.
AL-BÎRÜNÏ’S QUOTATIONS FROM THE ANONYMOUS TRANSLATION
Apart from Ibn al-Faqïh and al-Mas'üdî — provided that they
really refer to the De Mundo — who are interested in it from the
angle of the Alexander romance, and al-Bïrünï, whom we discuss
in this section, the De Mundo does not seem to hâve been used by
Muslim writers30 ; this is surprising in view of the existence of
two translations and the high quality of its contents, which could
hâve provided material for the Islande philosophers. It is rather
characteristie for al-Birünï that he should be the exception : he
had a sure eye for seeking out valuable texts. In his description
of India, al-Birünï quotes three passages from the De Mundo31,
30 Jbn Abï Uçaybi'a (i, 69) mentions among Aristotle’s work «his Golden
Letter ».
31 Attention to these quotations was drawn by W. L. Lorimer, first briefly
in his article Plato in Afghanistan and India, American Journal of Philology,
1932, p. 159, note 6, and then in greater detail in the Addenda to his
édition of the Greek text, p. 119. (In the article he surmises that another
passage in al-Birünï may possibly contain an allusion to the De Mundo.)
THE PSEUDO-ARISTOTELIAN TREATISE DE MUNDO 201
and a comparison shows that he was using the anonymous trans-
lation contained in the Istanbul collection of letters, and not Tsâ
al-Nafîsï’s translation preserved in the Princeton MS. It is worth-
while to examine these quotations in detail.
( 1) Ch. 2 of the De Mundo begins as follows : « The Universe
then is a System made up of heaven and earth and the éléments
which are contained in them. But the word is also used in another
sense of the ordering and arrangement of ail things, preserved by
and through God. Of this Universe the centre, which is immovable
and fixed, is occupied by the life-bearing earth, the home and the
mother of diverse créatures. The portion above it, which has fixed
bounds towards its upper part, and is the abode of the gods, is
called Heaven 32. Heaven is full of divine bodies, which we usually
eall stars. » This is rendered into Arabie in the text inserted in
the collection of letters as follows :
c.j^i-1 u-jlyptà 33 ij-t AjUïj
ÛIjJ-I fî >^1 34
Incidentally, it may be worth while to notice that Lorimer’s tentative sug-
gestion which he put forward, « even if only for disproof by an Orientalist »,
that al-Bîrünî’s knowledge of Plato’s Timaeus might hâve been derived from
the Persian translation said by Agathias to hâve been made for Chosroes I,
has to be firmly rejected. Al-Bïrünï’s knowledge of Plato is derived from
the Arabie versions made by the translatera from Greek and Syriac. (Lorimer’s
quaintly named article, in which he in fact discusses some readings in the
Platonic quotations of al-Bïrünï, reinained unknown to scholars discussing
tho knowledge of Plato by Muslim authors; cf. R. Rosenthal, On the Know-
ledge of Plato’s Philosophy in the Islamic World, Islamic Culture, 1940,
p. 387 ff. ; R. Walzer, the article Aflâtün, Encyclopaedia of Islam, 2nd ed.).
32 Forster’s translation of this sentence has been corrected in the light
of Lorimer’s édition.
33 This rendering is due to a misunderstanding (which is casier to explain
from the Syriac than the Greek text) : « it being preserved etc. » does not
refer, as the translater thought, to « created things », but to « order ».
reflects r€»ocn rather than rœy ôXœv.
34 la—j reflects r^Liaoin rdâœ.i Axaœ
(« the middle of this arrangement ») as against ravriyç 8e to p.èv pÂtrov.
202
S. M. STERN
Lgj 1> 1=»-l_j 36 ljj.fi Lubl3 l^sjli U Uli 35 ÀÂk>ell
iLb^l bL~=J ^L> c.^JI *ôJ^I 37 bjlkâl J5"
Id ô l*JJ
Al-Birünï’s quotation reads as fellows38 :
jbüâj |L l*J I (jl J-kAsb'ùH
c^Jlj (_pt ôjUasI
(_} I aJ aJ L«j IL^Ismj I (J lâj
Aj 1» laJ_9 ô^t U b l_9 aJS^ I
39 1^5" ô2l*JJ ^ôb^aJ ^Ju
Though the quotation is rather free, it clearly cornes from our
version 40.
(2) The second passage quoted by al-Bïrünï41 is from the middle
of ch. 3 : « Thus then five éléments, situated in spheres in five
régions, the less being in each case surrounded by the greater —
namely, earth surrounded by water, water by air, air by fire, and
fire by ether — make up the whole Universe. Ail the upper portion
represents the dwelling of the gods, the lower the abode of mortal
créatures. Of the latter, part is moist, to which we are accustomed
to give the names of rivers, springs and seas; while part is dry,
which we call land and continents and islands. » In the Istanbul
MS. the Arabie text reads :
Incidentally, the sentence : « Of this Universe the centre, which is immovable
and fixed, is occupied by the life-bearing earth, the home and the mother
of diverse créatures » was misunderstood by the translater : « the centre »
was taken to refer to the earth, whereas in reality it is the point occupied
by the earth.
35 From the Syriac rrtumisoG, « nurse» (écrria).
36 From the Syriac -LA <n\ i=A ^».i a en « that which is
outside it upwards » (to 8e wrepdev av-ri]?).
37 Here is another mistake : the original says that the heaven is limited
on every side, not that it limits the earth from ail sides.
38 Ed. Sachaü, p. 115; Saehau’s English translation, i, 232. Of his source
al-Birünï merely says that it is « one of Aristotle ’s letter to Alexander ».
39 Read so; the édition has âjUd!»
4o 'Isa al-Nafisî’s translation is quite different.
41 This second quotation follows immediately after the first, and is intro-
duced by the words : « He says in another passage of the same letter ».
THE PSEUDO-ARISTOTELIAN TREATISE DE MUNDO 203
| q La I I LJâJ I I &•£>& G üu I La f
^Jl uJj* -tf ôjl-^«b (jû*j
jWI 6J^ JjéJb feUl3 &UI 1*^
jJlJ I cjj L^ts aIS' |L LJ I IÂa ^LJaJ I oAa_j jLJI_j
42 oi_jàJi Jst jàJùH ojjâj j^i
^4*^ ,"r*kpl <^“**^ ^**4^3 Lly
> '5*3 *^Ar u*iU'
Here again al-Bïrûnï’s quotation, though abbreviated, corresponds
to this text :
ftlj^JL dl_J C.11L Ôj_^<a?c^ <J*J il • j-*-î ^3-» JjjÛ3
À4JÎI C.LLJI ojJJI 0)1^ Ij^Jj 42 43 44jülj jWL J^JIj
44 «ùilll c»l_jjJI (J->m I ojjâj
(3) The last quotation consists of some verses by Homer, and
though it is not expressly ascribed to the letter of Aristotle the
comparison of the wording elearly shows that it cornes from the
anonymous translation of the De Mundo, ch. 6 : « Even thus speaks
the poet Homer —
Unto Olympus’ height, where men say that the gods hâve their
[dwelling,
Always safe and secure; no wind ever shaketh its stillness,
Nor is it wet with the rain ; no snow draweth nigh ; but
[unclouded,
Ever the air is outspread, and a white sheen floateth aubout
[it45.»
42 Read so; the MS. has showing the beginning of the corruption
which went further in al-Bïrùnï’s text.
43 The édition has ^>*^1
44 Read so; the édition has ï^TllI (rendered by Sachau : « aquatic
animais »).
45 The quotation is from the Odyssey, VI, 42-45. Sachau did not identify
the passage (cf. the note in his translation, II, 234) ; this — but no more —
204
S. M. STERN
The Istanbul MS. has :
46 o—tLb’l • dj^?. dJJjJs
jlk^l àU Vj tfÂJI À4J5M JbSll û5C^47>bÜaJI
49 A~£*kj k_jbc« ^CyaJI A-j <Jj 48 AjjJô' Mj
Al-Bïrünï’s quotation (p. 114) reads :
Jj'ùM ^£"*4 o^bllaJI c.^*JI C*bu>. dlil • ^cl£JI lJVm/ djA>3
ÀjJ I A_ikù M_J jlk^Ml aJuj Mj ^L> ji I A„£jX^j M a^J^M
60 ôlA*J k-jbtM, J^tyaJI
Oxford,
Ail Soûls College.
S. M. Stern.
was done by I. Y. Krachkovsky, in his article (written in 1945) Homer :
al-Bïrûnï, Izbrannye Sochineniya, II, 584. Lorimer’s passage in his édition
of De Mundo, where he has shown that the Homeric quotation in al-Bïrünî
is derived from that treatise, remained unknown to him.
46 Clearly from the Syriac >cn*i&acn* («you hâve given»); nothing like
that in the Greek. The construction of the whole sentence follows closely
the Syriac. Incidentally, E. Konig’s German translation of the Syriac version
in Lorimer ’s édition is f aulty in this passage ; « Der Olymp — Reinheit
habe ich der Gottheit gegeben als Wohnhaus für immer»; translate: «You
hâve given the pure Olympus as dwelling-place for the gods forever ».
47 A hendyadis for Syriac («pure»; Greek âo’^aXes). Already
Lorimer has pointed out that this rendering shows that the Arabie text is
based on the Syriac.
48 The MS. has <üj.,. The words renders the Syriac cn\ rcLfioiso « wastes
it away ». The Syriac translater did not know the correct meaning of
èTriTriXvaTai and rendered it by guess.
49 The paraphrase in the Syriac is closely followed; even is retained as
50 It may be of interest to reproduce cïsâ al-Nafîsî’s translation :
Axi /Ml Jl <UI jC. J* /jl Ô6.LI j! : JU \f
çi- M, . *Lo Mj jüa-* Ml a»Mj
ENCORE A.BDULMASÏH DE SINGÂR
Beaucoup a déjà été écrit à propos du jeune martyr juif de
Singâr, Asér, égorgé par son père après qu’il eut été baptisé sous
le nom de 'Abdulmasïh (Christodule) par ses petits camarades chré-
tiens, bergers comme lui.
On connaît le dossier de l’affaire :
1) en 1873, les Mékhitaristes de Venise éditaient le texte arménien
de la passion du saint, dans les Vitae et passiones sanctorum, selectae
ex Eclogariis1;
2) en 1886, le P. Corluy donnait l’édition princeps du texte
syriaque, avec traduction latine, dans les Analecta Bollandiana2 ;
le même texte était repris, en 1890, par le P. Bedjan, dans le tome I
des Acta Martyrum et Sanctorum3 ; un résumé français en était
fait par Dom Leclercq, en 1904, dans le tome III de Les martyrs4 5;
enfin une traduction arabe par Mgr A. Scher était insérée dans le
tome II des Vies des saints martyrs d’Orient3 en 1906;
3) en 1923, R. P. Blake faisait connaître une version géorgienne 6 7
dont il annonçait la publication. Le professeur Blake ne put mettre
son projet à exécution avant sa mort survenue en 1950;
4) en 1926, enfin, le P. Peeters publiait dans les Analecta Bol-
landiana1 un texte arabe avec traduction latine et introduction
critique.
Il est inutile de revenir sur les manuscrits d’après lesquels ces
éditions ont été établies; ils ont été signalés par les éditeurs. Rap-
pelons seulement la filiation des textes, également acquise précédem-
1 T. I, p. 6-25 (Réf. dans B.H.O., n° 4).
2 T. V, p. 5-52 (B.H.O., n° 3) et Ortiz de Urbina, Patrologia Syriaca,
p. 183, n° 14.
3 P. 173-201 (sigle : A.M.S.).
4 P. 134, n° 19.
5 Suhadâ* al masriq, p. 77-97 (sigle : A.S.).
« B.O.C., t. XXIII, p. 396-397 ; Catalogue des manuscrits géorgiens du
patriarcat grec de Jérusalem, tiré à part, 1924, p. (52), n° 20.
7 T. XLIV, p. 270-341; promis ïbid., t. XXVII, p. 164, n. 4, et t. XL,
p. 259-260 (sigle : P.).
205
206
J. M. FIEY
ment : l’original est syriaque8, il fut traduit en arménien en 8739
et passa (directement ou par l’intermédiaire de l’arménien?) aux
Géorgiens10 il. Les deux dernières versions n’auront donc d’intérêt
que dans la mesure où elles auraient retenu des détails originaux,
abandonnés en route par les rédacteurs successifs ou les copistes
du texte syriaque.
Le texte arabe est également en dépendance du syriaque. Le P.
Peeters a déjà prouvé sa provenance syrienne-occidentale, il faudra
essayer de préciser encore ici son lieu d’origine et les circonstances
de sa composition.
Il semble donc que notre effort principal doive porter sur le texte
syriaque; lui seul a gardé des détails significatifs dont l’impor-
tance a échappé aux versions postérieures, alors que celles-ci ont
ajouté des enjolivements qui ont déformé les faits et égaré les
chercheurs u.
C’est en effet parce qu’il me semble que l’on peut tenter une
interprétation des faits différente de celle fournie par les auteurs
précédents, que je voudrais revenir sur la localisation dans l’espace
et dans le temps.
LOCALISATION DANS L’ESPACE
L’histoire n’a pas à être de nouveau résumée. Le faits se dérou-
lent entre deux lieux : le premier est la source près de laquelle
se trouve l’oratoire marquant la place où l’enfant a été martyrisé,
8 Anal. Boll., ~X1AN (1926), p. 289-290. Il est difficile de dire si le texte
était à l’origine monophysite ou nestorien. Dans son état actuel, d’après le
manuscrit du XlIIe s. (Baumstakk, Syr. Lit., p. 237 et n. 5), il semble
plutôt syrien : rite du baptême, fête de S. Babylas. Le texte arabe (P.,
p. 329) porte encore le syriaque « Mâri » au lieu de la forme arabisée « Mâr »
et (P., p. 331) fait allusion à la traduction du nom hébreu d’Aser en
« syrien ».
9 Réf. dans Le Muséon, LXXVI (1963), p. 103 et n. 27.
10 Dans l’incipit géorgien de R. P. Blake, le nom est arabe; cependant
M. G. Garitte a trouvé dans un menée géorgien de Ste-Croix, conservé à
Dumbarton Oaks (Washington), et datant du Xle siècle, la forme grecque
Christodule, à la date du 25 février; voir ci-dessus, p. 57.
il Pour le P. Peeters (P., p. 270) « il paraît indéniable qu’il (le texte
arabe) se tient plus près de la rédaction primitive ».
'ABDULMASÏH DE SINGÂR
207
le second est le « temple » que bâtit sur son corps le marchand
Nastïr12, à la « tête de ligne » des caravanes.
La source.
Où faut-il chercher la source près de laquelle fut martyrisé notre
héros? Deux données peuvent nous guider : la source est dans les
environs de Singâr, et non loin d’une route commerciale.
Il semble d’abord qu’il soit préférable de chercher la source dans
les environs de la ville de Singâr, plutôt qu’à Singâr même. Le
texte syriaque13 dit tantôt : « dans le pays des Singâriens », et
tantôt « dans la ville de Singâr ». On sait que les anciens employaient
1 ’expression « dans la ville de » dans un sens très large ; « à Mossoul »
veut dire souvent « près de Mossoul »14 et une distance d ’une bonne
journée de marche est encore « près » de quelque lieu 15.
Même si la «tradition locale »(?) a quelque fondement, qui
voudrait qu’il y ait eu jadis une église sur le site de la porte
romaine sud de l’ancienne Singâr, près de laquelle il y a également
un bassin 16, cette « église » ne peut être « l'oratoire » qui fut bâti
sur le lieu du martyre. En effet celui-ci était loin de la porte de
la ville; toutes les scènes, baptême, meurtre, inhumation, se dérou-
lent dans l’intimité, personne ne vient déranger les protagonistes,
ce qui serait peu vraisemblable à la porte d’une ville. On pourrait
encore invoquer dans le même sens l’expression commune aux deux
textes17 que l'évêque qui complétera le baptême passait « de village
en village ». Tout ceci met la source entre deux villages plutôt
qu’à la porte de la ville18.
Il nous faut donc chercher la source dans la région de Singâr,
12 Faute de moyens d’information suffisants (ce qu’on ne peut lui repro-
cher) le P. Peeters avait supposé (P., p. 290) que « ni de l’un ni de l’autrd
aucun vestige ne semble avoir subsisté ».
13 A.M.S., p. 173; A.S., p. 77.
14 Mossoul chrétienne, p. 125.
10 Sozomène met Singâr près de Nisibe, P.G., t. 67, col. 1392.
16 David Oates, The Roman Frontier in Northern Iraq, Geographical Journal,
CXXII, 2 (1956), p. 190-199, ici, p. 195-196.
17 §9, A.M.S., p. 183; A.S., p. 85; P., p. 311.
18 L’objection du P. Peeters (P., p. 281)P est donc sans fondement : «Mais
qu’en 384 on y ait (à Singâr) une ville de quelque importance, habitée par
des Perses mazdéens, des Juifs et des Arabes chrétiens, c’est un anachronisme
sorti de l’imagination de 1’hagiographe ».
14
208
J. M. FIEY
à une certaine distance de plusieurs villages. On ne peut décider
si les enfants «Mages» qui apparaissent à l’arrière plan venaient
du même village que les petits chrétiens; ceux-ci n’habitaient cer-
tainement pas le même village que le jeune juif19, sans quoi, à la
vitesse où se propagent les nouvelles à l’intérieur d’un village
compact d’Orient, ils auraient appris la nuit même l’assassinat de
leur ami20 au lieu de le découvrir le lendemain en trouvant son
corps près de la source.
Le village chrétien n’est pas non plus tout près de la source :
«l’église est loin», disent les enfants21, et bien qu’ils rentrent chez
eux tous les soirs22, leurs maisons seront trop éloignées pour qu’ils
aillent y chercher pelles et pioches pour creuser la tombe, ils se
contenteront pour cela de leurs bâtons de bergers23, qui sont à
peine des houlettes.
C’est donc un groupe de deux ou trois villages, répartis autour
d’une source, qu’il faut chercher.
La route commerciale.
La source et les villages seront situés non loin d’une grande route
de caravanes. Cette route, qui suivait la direction est-ouest24, est
connue. Tout le long du flanc sud de la chaîne du Singâr son
trajet est bien net. Les gîtes d’étapes, marqués du temps des Romains
par de petits forts et au moyen âge arabe par des khan, ont pu
changer de lieu à travers les âges, la route est sensiblement la
même, et je connais encore des chameliers qui l’ont parcourue
plusieurs fois.
Utilisant le témoignage des historiens et des géographes de
l’antiquité, surtout de Ptolémée, de la Table de Peutinger, et de
l'Anonyme de Ravenne, de nombreux modernes se sont essayés à
retracer le trajet des routes antiques de la région; le dernier en
date, M. L. Dilleman, a fourni récemment une étude bien documentée
19 II y a bien sûr beaucoup d’invraisemblances dans le récit; on s’étonne
ici qu’Aser soit seul de sa race, alors que les autres groupes sont plus
nombreux.
20 p., p. 323.
21 §2, A.M.S., p. 174; A.S., p. 78.
22 p., p. 303.
23 § 16, A.M.S., p. 190; A.S., p. 91; P., p. 324.
24 §17, A.M.S., p. 191; A.S., p. 91; P., p. 325.
'ABDULMASÏH DE SINGÂR
209
intitulée Haute Mésopotamie orientale et pays adjacents25, où deux
cartes montrent, l’une les routes antiques de la Mésopotamie (est)
et l’autre comment quatre routes se rencontrent à l’ouest de
Singâr20. Pour la partie Iraquienne de la route est-ouest qui nous
intéresse ici, l’auteur semble ignorer les recherches du Professeur
David Oates, continuateur de Sir Aurel Stein, dont les fouilles à
'Ain Sïnu ont fixé définitivement en ce lieu le site du fort romain
de Zagura27.
Déjà Herzfeld avait identifié le site, dont il avait donné un
plan28. Là où l’archéologue allemand s’était trompé, c’était quand
il avait nommé le lieu 'Aïn al sahîd. D. Dates29 corrige le nom
du fort romain en 'Aïn Sïnu, et déclare l’autre appellation « aujour-
d’hui inconnue sur place».
Ceci est vrai; mais alors, d’où Herzfeld a-t-il entendu le nom de
'Aïn al sahîd dont le sens, la source du martyr, indique peut-être
justement ce que nous cherchons? On ne peut s’empêcher de remar-
quer également que le nom est arabe, alors que les noms modernes
des localités de la chaîne du Singâr sont plutôt kurdes, ceci depuis
l’occupation yézidie, qui date peut-être de la fin du XIIe siècle30.
Si vraiment le lieu était encore au XVIe siècle le but d ’un pèlerinage
de chrétiens arabes occidentaux, le maintien de l’arabe s’explique.
En fait, la Source du Martyr existe encore sous ce nom, à 11 km.
à l’est de 'Aïn Sïnu, donc à 39 km. à l’est de Singâr et à 18km.
à l’ouest de Tell A'far. Je n’ai malheureusement pu m’y rendre
moi-même, si bien que je ne sais s’il reste quelque trace de l’ora-
toire. Celui-ci disparut probablement au XVIIe siècle, au moment
où les derniers chrétiens, en fait syriens-orientaux, de Singâr devin-
2-> Institut français d’archéologie de Beyrouth, 1962.
20 Fig. XVIII, p. 149 et fig. XXIV, p. 186.
27 Cf. The Roman Frontier, oit., avec les trois cartes, fig. 1 : Syria and
Parthia ca. A.D. 200; fig. 2 : Northern Iraq in the Roman Period, face p.
190 et fig. 3 : Singara, plan face p. 191. Également : Ain Sinu, A Roman
Irontier Post in Northern Iraq, dans Iraq, XXI (1959), p. 207-242 avec
(p. 209) carte de l’Iraq du Nord au début du IHe siècle ap. J.-C.
28 Sabre et Herzfeld, Archaeologische Reise in Euphrat und Tigris Gebiet,
t- H, p. 305-307, plan : Abb. 283. Localisation adoptée par Dilleman, oit.,
P- 167, 171, 204, 217, 352, etc.
29 Geog. Journal, cit., p. 199, n. 22.
30 Mgr Armalet, Al qasâra fï makabât an nasâra (ca. 1919), p. 369, d’après
un manuscrit chaldéen de 1198 (?).
210
J. M. FIEY
rent Yézidis31. Près d’une source, probablement encore fréquentée
chaque midi par les petits bergers, il ne faut pas s’attendre à
retrouver grand chose, 300 ans après sa destruction, d’un bâtiment
qui ne devait pas être important.
Remarquons encore que la Source du Martyr est située entre
les deux villages de 'Ibra, le Grand et le Petit. Le mot peut signifier
« traversée, passage », et dans les deux cas on trouve une vallée
assez marquée pour que la route moderne ait besoin d’un petit
pont, mais on peut aussi y retrouver les trois consonnes fBR qui
sont celles du mot «hébreux»32. N’y aurait-il pas ici un ancien
Bét 'Ébré, qui correspondrait à notre histoire?
Le temple.
Maintenant que nous tenons l’un des bouts de la chaîne, dans
quelle direction allons-nous chercher l’autre, vers l’occident ou vers
l’orient? Jusqu’ici on avait pensé que les marchands avaient emporté
le corps «dans leur pays d’Orient»33. Rien que d’après le texte
arabe on aurait plutôt l’impression du contraire : il y est dit
expressément que la caravane se dirigeait « de 1 ’orient vers l'occi-
dent »34 35. On avait pensé que les marchands n ’étaient qu ’à l'aller
de leur voyage et que, quand ils repasseront l’année suivante à peu
près à la même époque, ce sera au retour vers leur pays135. D’où
1 ’on cherchait une communauté chrétienne de langue arabe « plus
loin vers l’est»36, en fait jusqu’à Hîra37. Tout ceci était s’aven-
turer bien loin « dans le domaine de la conjecture »38, alors que
le texte syriaque est formel : les marchands étaient des Arabes
31 Texte publié par Nau dans R.O.C., XX (1918), p. 110 s. — Le dernier
évêque syrien occidental de la région est mentionné en 1317-1345 et le
Couvent Suspendu, sur le Mont Aride, tiendra jusqu’au XVIe siècle.
32 L’occupation ancienne de la région est montrée par la découverte d’une
inscription araméenne de 116 A.D. dans les collines de cIbra al fjagîra; cfr
la revue Sümer (Bagdad),, X (1954), p. 145-152, avec plan p. 149 par Salem
al Allûsi.
33 p., p. 272 ; ibid., p. 278, « marchands orientaux », p. 286 et passim.
34 p., p. 325.
35 « Us venaient de fort loin puisqu’après leur retour une année s’écoule
avant qu’ils ne repassent au tombeau du saint » (P., p. 226).
36 p., p. 287.
37 Avec une brillante hypothèse sur les 'Ibâd (P., p. 287-288).
38 p., p. 289.
'ABDULMASÏH DE SINGÀR
211
occidentaux39. Il faut donc chercher la basilique qu’ils bâtirent
quelque part en Syrie40 et non pas en Iraq.
Même si ce point n’était pas précisé aussi clairement, on aurait
dû s’en douter. D’abord parce qu’il eut été peu probable que les
marchands aient emporté la précieuse dépouille pour un voyage
d’un an, si vraiment ils n’étaient qu’à leur point de départ. Ensuite
parce que, quand ils repassent l’année suivante, le corps n’est plus
avec eux, puisqu’ils promettent d’en envoyer une parcelle comme
relique41, pour la chapelle de la source. ’
D’ailleurs, le culte du saint s’est plutôt développé du côté de
l’Occident. De tous les calendriers syriens orientaux que j’ai pu
dépouiller, seul celui de Mgr A. Scher comporte la commémoraison
de 'Abdulmasïh. Encore cette liste provient-elle du couvent de
S. Jacques le Reclus, près de Seert, c’est-à-dire d’un district con-
finant au centre syrien-occidental du Tür 'Abdïn 42.
C’est donc en milieu syrien-occidental qu’il faut chercher le
« temple ». Le texte arabe peut aider cette recherche, car il est
nettement syrien-occidental43. De plus il est expressément rédigé
39 A.M.S., p. 192; A.S., p. 91. On remarquera que ces marchands ne savaient
pas lire, puisqu’ils demandent le nom du saint, qui était écrit devant eux,
§22, A.M.S., p. 195; A.S., p. 94; P., p. 332. Ceci n’avait rien d’étonnant
il y a encore quelques décades. Il est donc exact de dire qu’« ils étaient en
mesure de converser avec les naturels du pays » (P., p. 278), mais pas « de
lire cette inscription ». Il faut corriger également la traduction (P., p. 334)
« sicut scriptum legerat » en « sicut scriptum invenerat ».
40 Le texte arabe semble avoir gardé la forme exacte du nom du marchand
qui construisit le temple : Nastîr, du nom d’un abbé et auteur ascétique
égyptien; cfr Payne Smith, Thésaurus, col. 2403, avec réf.; Budge, The
TVit and Wisdom of the Christian Fathers of Egypt, p. 15, 18 (Q.U.P., 1934).
La forme syriaque moderne : Nastîr (A.M.S., p. 192; A.S., p. 92) semble
« nestorianisée » et n ’existe pas ailleurs.
41 P., p. 333.
42 A.S., p. 97 et 420, au 8 octobre. Il n’y a aucune mention de ce genre
à la fin du texte syriaque (A.M.S., p. 201).
43 Cf. les cérémonies du baptême, grandement développées par rapport à
1 original syriaque et typiquement syriennes occidentales. Mgr G. Khouri
Sarkis, Prières et cérémonies du baptême, selon le rituel de l’Église Syrienne
d Antioche, Orient Syrien, I (1956), p. 156-174, comparé au rite syrien oriental,
B.O., m, ii, p 251. par ailleurs je ne crois pas qu’il faille trop presser
l’emploi de 'Abdulmasïh au lieu de 'Abda d’Alôho dans la formule du baptême;
ceci peut n’être qu’un simple jeu de mots destiné à susciter les soupirs de
componction des pieux auditeurs (et auditrices) de l’histoire, comme le nom
212
J. M. FIEY
pour être « lu » 44 comme panégyrique « en cette fête honorable » 45,
donc au sanctuaire même du saint. De quel sanctuaire s’agit-il, de
celui de la région de Singâr ou de l’autre? Il ne semble pas que
ce soit celui de Singâr, car le lieu du martyre et la source y seraient
mentionnés d ’une façon plus « présente ». Il serait également inu-
tile, si on était sur place, de mentionner46, ce que ne fait pas le
texte syriaque, que « son temple (1 ’oratoire) reste ouvert » aux
suppliants. Enfin, le dialecte du texte arabe n’est certainement pas
celui de Singâr ou de Mossoul, encore moins un dialecte du sud de
l’Iraq. Tout dans ce texte indique la Syrie plutôt que l’Iraq.
Le changement introduit dans le texte arabe par rapport au
texte syriaque, pour transférer la fête de sa date originelle syriaque
du 27 juillet47 à la date du 25 48, permet d’éliminer tout de suite
les lieux où la fête se célébrait le 27. C’était le cas à Alep, comme
en témoignent deux bréviaires du XVe siècle qui ont servi de base
à F. Nau pour établir son ménologe n° VI 49.
Parmi les lieux où la fête se célébrait le 25 juillet, et où par
conséquent le panégyrique pouvait avoir été lu ce jour-là, figure
le Tür 'Abdïn. Le Martyrologe de Rabban Saliba, du XIVe siècle,
originaire de Hâh, en témoigne50.
du défunt est volontairement introduit dans les poèmes d ’Abü Halim ou
d ’autres après les funérailles. L ’idée a pu en venir à un rédacteur « occidental »
mêlé à des « Grecs », comme c’est le cas en Syrie, et qui connaît les formules
byzantines et arméniennes. Cf. A. Raes, Introâuctio in liturgias orientales,
p. 138-139.
44 P#> p. 294.
45 p., p. 341.
46 P., p. 336, comparer A.M.S., p. 197 et A.S., p. 95.
47 $28, A.M.S., p. 201; A.S., p. 97.
48 P., p. 340.
49 Martyrologes et ménologes orientaux, P.O., t. X(1912), fasc. 1, p. 82; les
deux mss sont Paris Syr. 146 et Vat. Syr. LXIX. Le P. Peeters (p. 291, n. 2)
avait déjà remarqué que l’exception était à noter, mais sans en tirer de
conclusion.
50 Éd. Peeters, cit., p. 188, avec invocation du saint en faveur des femmes
stériles. Il est remarquable que ce soit sur un martyrologe de ce type plutôt
que sur celui d’Alep (alors pourtant que le catholicisme syrien occidental
était originaire d’Alep) que le calendrier syrien catholique arabe de Mossoul
(1877, Mgr Benni) se soit basé pour fixer la commémoraison au 25 juillet.
Le lieu du martyre y est placé « en Orient », ce qui souligne encore que le
culte est occidental.
'ABDULMASÏH DE SINGÂR
213
Contre la localisation du temple au Tür 'Abdïn on peut invoquer
que les habitants de cette région peuvent difficilement être appelés
« Arabes ». De plus, dans la mesure où sont exhaustives les listes
que l’on peut dresser des sanctuaires du Tür 'Abdïn, d’après les
renseignements fournis par Mgr Armalet51 et de nombreux auteurs
tels que Pognon, Miss Bell, etc., aucune église du nom de 'AbduL
masïh n’y apparaît.
Par ailleurs, on voit dans le texte que la renommée du saint se
répandit au Bét 'Arabâyé 52, au pays du Hâbür et dans tout 1 ’Orient.
La mention du relativement petit district occidental du Hâbür à
côté des deux géants orientaux du B. 'Arabâyé (de Nisibe au Tigre)
et de «tout l’Orient», n’essaie-t-elle pas d’attirer notre attention
sur le lieu où se trouve le temple? Dans ce cas, la route des mar-
chands aurait été celle qui aboutit à Ra’s ul 'Aïn 53.
Une enquête menée dans les milieux syriens-occidentaux de la
Djéziré syrienne n’a donné aucun résultat. Ceci ne prouve évidem-
ment pas grand chose, car l’occupation chrétienne de cette région
a été interrompue pendant plusieurs siècles avant d’être reprise
il y a seulement quelques décades.
On revient donc à la localité où le texte arabe fut copié en
1545 54 Sadad, près de Homs, en Syrie. Serait-ce là qu’il faudrait
chercher le «temple » du martyr? En effet. Bien qu’il n’y ait plus
aujourd’hui là-bas d’église de ce nom, on connaît encore, près du
bourg, les ruines de Mâr 'Abda, dont plus personne ne sait qui il
était55.
51 Excursion au Tür 'Abdïn, dans Machriq, Beyrouth, XVI (1913), p. 561-
578, 662-675, 739-754, 835-854. Je n’ai moi-même rien trouvé non plus de ce
saint lors de mon séjour au Tür 'Abdïn en 1956, avec l'expédition archéolo-
gique de l'Université de Michigan.
u2 Ce nom géographique propre (A.M.S., p. 195) doit être laissé tel quel et
ne pas être traduit par «pays des Arabes» comme l’ont fait le texte arabe
(P-, p. 332) et A.S., p. 94.
°3 Route n° 5 de Dilleman, p. 149; et D. Oates, The Roman Frontier, cit.,
P- 195 et 197.
54 P>, p. 292. §adad est situé à une quarantaine de kilomètres au sud-est
de Homs.
5° Je remercie ici respectueusement S. Êm. Mgr Malâtiôs Barnâba, archevêque
syrien orthodoxe de Homs, Hama et dépendances, qui a bien voulu me com-
muniquer ce renseignement.
214
J. M. FIEY
Le mois du martyre.
Le nom sous lequel le saint figure ici, 'Abda, plus proche de la
forme syriaque que de la forme arabe, peut nous aider à classer
les différentes dates de la fête du saint, de la diversité desquelles
le P. Peeters disait qu’elle « ne laisse pas d’être un peu suspecte» 56.
Les dates arméniennes et géorgiennes étant laissées de côté, parce
que obtenues par équivalence, les autres documents fournissent
deux dates : fin juillet (le 25 ou 27 ) 57 ou début octobre (le 3 ou
8) 58. Laquelle est la plus probable?
On aura remarqué que le martyre est lié à une fête juive. Or,
si l’on consulte le calendrier judaïque59 60, l’on voit qu’il n’y a pas
de fête pendant les mois de Tammüz-Âb-Elül (juillet-août), alors
que Tisri (septembre-octobre) en comporte trois coup sur coup,
celle des Néoménies, ou Jour des Acclamations, nouvel an du
Judaïsme, celle des Expiations (Yôm Kïppür), le 10, et celle des
Tentes (Tabernacles), du 15e au 23e jour. Ceci semble en faveur
du début d’octobre comme date du martyre, et donc date ancienne
de la « coronatio » ; les deux sources qui fournissent la date du
3 octobre appellent le saint 'Abda.
On trouve donc le nom syriaque, apparemment plus ancien, de
'Abda en liaison avec le 3 octobre, date la plus probable du martyre,
et avec son « temple » à Sadad. Ceci nous ramène une fois de plus
à la passion syriaque (la même qui fut traduite par ordre de
Gurgën en 873) dont le P. Peeters avait déjà deviné qu’elle «pour-
rait donc bien être voisine de la source dont provient la deuxième
annonce de R. Saliba » ®°.
Hélas, ceci ne semble pas éclairer beaucoup la trame des événe-
ments. On remarque bien, à propos des deux passages de la cara-
vane, que le premier a lieu la nuit, puisque les marchands voient
56 p., p. 291.
57 Passions syriaque et arabe; Nau, p. 82; R. Saliba, le annonce, p. 188-189.
58 R. Saliba, 2e annonce, p. 139, 164; Nau, p. 107, « barré de première
main» (p. 135 et 91) bien qu’il ne figure nulle part ailleurs dans le même
ménologe (n° X, du XlIIe-XIVe s.) ; A.S., 97 et 420.
59 Bien résumé dans la Bible de Jérusalem (1956), p. 1659.
60 P., p. 291, ou encore (P., p. 270) « le texte syriaque est primitif ». Le
P. Peeters avait déjà deviné que la fête d’octobre était la date originelle
(P., p. 292) à cause de la fête de S. Babylas (4 septembre). En fait, certains
ménologes syriens occidentaux, notamment de la région d ’Alep (Nau, p. 85
et 124), s’entendent en cela avec les synaxaires grecs.
'ABDULMASÏH DE SINGÂR
215
la lumière projetée par le corps61, et que le second suppose un
arrêt de jour62, puisqu’ils voient de loin la chapelle et parlent
aux gens du pays, mais ceci ne semble conduire nulle part. On
peut tout au plus supposer que, la date du 3 octobre étant celle
du martyre, la date de juillet représente l’anniversaire de la consé-
cration de l’église de Sadad, par exemple. De telles commémoraisons
étaient fréquentes au calendrier.
LOCALISATION DANS LE TEMPS '
La première phrase des textes syriaque63 et arabe64 place le
martyre «en l’an 701 d’Alexandre» et ajoute : «le magisme était
dans sa grandeur dans le pays des Perses, le judaïsme enlevait
de son visage le voile de la peur au pays de Singâr ».
A priori, il n’y a pas d’anachronisme flagrant dans cette intro-
duction. En 389, les Perses gouvernaient en effet Singâr, que les
Romains leur avaient cédé en 363, et, apeurés ou non, les Juifs
devaient être là, comme un peu partout dans la région.
Cependant, la date est-elle exacte? Le P. Peeters, par une argu-
mentation brillante, voit dans les Arabes chrétiens de Singâr des
Qadsâyé, dont il retarde la christianisation (et donc notre histoire)
jusqu’au VIe siècle65.
Il n’est pas impossible que le nom des Qadsâyé leur soit venu
d’un anneau d’oreille ou de nez qui aurait été leur signe distinc-
tif66, il est certain qu’il y avait des Cadusiens parmi les habitants
du Mont Singâr 67, mais est-il sûr que les petits Arabes (si vraiment
61 II fait encore assez chaud le 3 octobre pour justifier le voyage de nuit.
«2 § 17 et 22.
63 p. 173 et 201; A.S., p. 77 adapte : «vers l’an 390 du Christ».
64 p., p. 294.
65 P., p. 278-283.
66 Le texte syriaque porte « qdâsa » (A.M.S., p. 195), au pluriel « qdâsé »
(P- 176), que le Lexique chaldéen-arabe de Mgr Audo, t. II, p. 405, définit :
«petit bijou d’or ou d’argent pour les femmes, s’accrochant aux oreilles
ou au nez». L’arabe correspondant serait « qudâs » : bijou d’argent en
forme de perle. La traduction arabe de Mgr A. Scher préfère : « qarat ».
(A.S., p. 80, 86, 93.) Le texte arabe portj tantôt « halaqa » (anneau), pl.
« halaq » (p., p. 302 et 331), tantôt « haras » (grain) (P., p. 303 et 313).
67 Sur les Cadusiens voir Dilleman, cit., p. 95, 97 et n. 9, 98, 232, 281,
315, 317, 318, etc. On trouve un village, apparemment chrétien, de Cadusiens
(Bét Qadsâyé) en Marga au Vie s., Historiés of ...R. Bar Edta, éd. Budge,
t- II, I, p. 277.
216
J. M. FIEY
ce sont des Arabes?) qui apparaissent dans le récit, soient des
Cadusiens? Après tout, un seul des enfants est dit porter des boucles
d’oreilles08. Il serait probablement plus simple d’invoquer, pour
expliquer cette parure, la coutume apparemment très ancienne
parmi les chrétiens de percer les oreilles des aînés, peut-être pour
compléter leur déguisement en filles et les préserver ainsi du
mauvais œil. L’habitude est encore attestée dans une sculpture
datant vraisemblablement du XIIe siècle, au magnifique couvent
de Mâr Behnâm, près de Mossoul, et n’a pas encore complètement
disparu aujourd’hui du grand village syrien voisin, Qaraqôs.
Dans le texte même, la boucle d’oreille symbolise une rupture
religieuse plus qu’ethnique, et devient le signe de l’esclavage du
Christ, conformément au nom du néophyte, car chez les Juifs seuls
les esclaves avaient les oreilles percées.
Le P. Peeters a raison quand il retarde la conversion des Arabes
nomades de la Gazïra, les Tayyâyé des chroniques syriaques; mais
la christianisation des Arabes sédentaires ou semi-nomades, les
'Arabâyé 09 : Cadusiens, Orroens, Praetavi68 69 70, etc., se fit-elle attendre
si longtemps71? Comme ce point n’a pas encore été éclairci par
l’histoire, la date des événements relatés dans notre légende semble
devoir être plus facilement fixée par l’examen d’autres détails.
Le terminus ad quem est fourni par la fin de l’empire des Mages,
si du moins la première phrase de la légende syriaque et arabe
est exacte. Cette date peut être précisée facilement : les faits ont
dû se passer avant la défaite de Chosroès à Ninive par les Romains
d’Heraclius en 627.
Il ne semble pas qu’il faille revenir sur l’élimination, opérée
68 P., p. 302; moins net dans le chaldéen §3, A.M.S., p. 176; A.S., p. 80.
69 Liber Castitatis, n° 46 et 126. — Sur la différence entre 'Arabâyé et
Tayyâyé, les premiers sédentaires et les seconds nomades, voir J. B. Segal,
Western and Eastern Mesopotamian Communities from Julian to the Bise
of Islam, Proceedings of the British Academy, vol. XLT (1955), p. 119 et
n. 2 et 4, et p. 120, n. 1, avec réf. — Le texte syriaque appelle les marchands
Tayyâyé; cependant on voit qu’ils habitent un village.
70 Dilleman, p. 75 et 313-314, ne semble pas retenir la suggestion du
P. Peeters d’identifier les Praetavi (ou Rhetavi) aux Ourtéens.
71 On voudrait bien savoir au cours de quelle persécution furent couronnés
ceux qui semblent être les trois seuls martyrs mentionnés de Singâr, com-
mémorés le 12 octobre au calendrier nestorien d’Urmi (publié en 1894 d’après
un ms. du XIVe-XVe s.).
'ABDULMASÏH DE SINGÂR
217
par le P. Peeters, de la date arménienne de 64472, « après l'abais-
sement final de la domination des Mages en Perse ». Tout le con-
texte de la légende prouve le contraire et le terminus ad quem de
627 peut être maintenu.
Le terminus a quo est plus difficile à établir. Il sera déterminé
par la présence d’un évêque et l’existence d’un couvent. Quand
ces deux points auront été précisée, il faudra trouver entre les
deux dates extrêmes possibles une période troublée qui nécessitât
qu’un évêque se déguise pour se déplacer.
Voyons ces points en détail.
Un évêque.
Un évêque apparaît dans la légende 73, qui complète par la con-
firmation l'ondoiement de 'Abdulmasïh par ses petits camarades. On
a pensé74 qu’il n’y avait pas à Singâr d’église épiscopale, donc
pas d’«ordinaire du lieu», et que l’évêque qui apparaît ici était un
de ces évêques itinérants, relevant du système des « évêques des
tribus», qui fut celui des Arabes jusqu’à une période assez tardive.
Cela pourrait être vrai si nous étions en pays de nomades, mais
le Mont Singâr se situe nettement, et depuis longtemps, dans la
« maTnüra », le pays construit. C ’est d'ailleurs de village en village,
et non de campement en campement, que l’évêque est en train de
passer. Il est clair dans le texte syriaque75 que l’évêque n’est
pas itinérant, mais bien déguisé en homme du peuple et tachant
de passer inaperçu, donc en fuite devant quelque danger non pré-
cisé qui le menace personnellement.
Mais d’abord la question doit être re-posée : depuis quand y
eut-il des évêques à Singâr?
72 P., p. 280. Cependant peut-on tirer quelque chose des anomalies parallèles
des incipit arménien (en l’année quatrième première de l’ère arménienne) et
géorgien (en l’année 703 et troisième selon les Ioniens)? Ce dernier mot a
l’air de suggérer que le texte géorgien (qui emploie le nom arabe :
'Abdulinasih) dérive lui aussi directement de la source syriaque, sans passer
par l’arménien, à moins que l’édition arménienne ait supprimé la date grec-
que, qui figuerait dans les mss? a
73 §9, A.M.S., p. 183; A.S., p. 85; P., p. 311. Le P. Vaïlhé, dans D.H.G.E.,
I (1912), col. 67, s.v. Abdul ülasich, en fait un chorévêque.
74 P. p. 283; p. 272 : «un évêque missionnaire en tournée pastorale».
73 § 9, A.M.S., p. 183, A.S., p. 85.
218
J. M. FIEY
Le P. Peeters76 a déjà écarté le témoignage de la Chronique
d’Erbil qui, aussi fantaisiste ici qu'ailleurs, affirme l’existence d’un
évêché à Singâr au milieu du IIIe siècle. L’assistance d’un prétendu
Georges, évêque de Singâr au Concile de Nicée n’est pas non plus
à retenir77, pas plus que la ville n’est nommée parmi les sièges
de la province de Nisibe en 410 78. Mais il n’y a pas de raison de
douter de la présence d’un certain Bâwaï sur le siège nestorien de
Singâr en 533. Au témoignage de la Chronique de Séert79, ce
prélat fit partie de la délégation de « savants persans » envoyés à
Justinien pour discuter théologie80.
Même si l’on conteste l’authenticité de Qârïs, évêque monophysite
de Singâr en 544, on retrouve des « évêques de la province de ce
lieu » en 595, dans le pacte des moines dits de Bar Qaiti81.
L’évêché de Singâr semble donc avoir été créé entre 410 et 533,
ce qui paraît contredire la date de 389 donnée par les faits, et
les retarder au moins jusqu’à 410.
Ceci dit, l’existence d’un évêque à Singâr ne fournit cependant
pas le terminus a quo de notre légende. On y voit également appa-
raître un couvent, ce qui pose une deuxième question : à partir
de quelle date y eut-il des couvents au Mont Singâr?
Un couvent.
Remarquons d’abord qu’il n’est pas dit dans le texte syriaque
que le couvent où les pères des enfants se rendirent, entre le
baptême et le martyre de 'Abdulmasïh, ait été sous le patronage
de S. Babylas82, mais seulement qu’on y fêtait la S. Babylas83,
probablement le 4 septembre. Ceci concorde avec tout ce que l’on
peut savoir par ailleurs des couvents du Singâr : aucun monastère
au nom de Babylas ne figure parmi eux. Ce saint d’ailleurs, si sa
légende n 'était pas ignorée des Syriens-orientaux, était plutôt
76 p., p. 283 et notes.
77 P., p. 284.
78 Synodicon Orientale, p. 272.
79 T. II, p. 95, cf. également van Lantschoot, dans D.H.G.E., VI (1932),
col. 13, s.v. n° 13, Babai, évêque de Siggar.
80 Cf. Mari, Liber Turris, arabe, p. 54 (vie de Joseph).
81 Synodicon Orientale, p. 469.
82 Pe> p, 286. Sur ce saint cf. D.H.G.E., VI (1931), col. 33 par R. Janin.
83 § 5; A.M.S., p. 178.
'ABDULMASÎH DE SINGÂR
219
vénéré parmi les Syriens-occidentaux84. Or, le seul couvent syrien-
occidental du Singâr, celui qui fut « acheté » par Simon al Zaiti,
n’apparaît dans l’histoire qu’à la fin du VIIe siècle85 86. C’est ce
même couvent qui semble être mentionné dans l’Histoire de Mar
Ahoudemmeh8e, où l’on parle de «la communauté (il n’y en a
donc qu ’une) 87 des moines qui est dans la montagne de Singâr »
et que les aumônes des fidèles monophysites continuent à soutenir
au moment où l’histoire est copiée, c’est-à-dire en 93688.
Venons en donc aux moines du Singâr. '•
On ne dit nulle part que les premiers anachorètes signalés dans
« ces monts déserts et horribles » 89 *, les « paissants » de Sozomène °°,
aient fondé des couvents, ni non plus le groupe auprès duquel
séjourna Jean de Telia avant son arrestation91, vers 535. La raison
en est facilement compréhensible : jusque vers la fin de l’empire
sassanide le Mont se trouvait dans la zone fluctuante des fron-
tières 92, et des installations monastiques importantes auraient été
trop exposées aux rezzous réciproques des Perses et des Romains.
En fait, il faudra attendre la fin du VIe siècle pour que des
couvents se fondent au Singâr. Ces couvents sont connus par deux
84 Je ne l’ai retrouvé dans aucun sanctoral syrien oriental, cf. Orient
Syrien, VIII (1963), p. 21-54; c’est peut-être pour cela que, dans sa traduc-
tion (p. 81), Mgr A. Scher supprime la mention de la fête de Babylas et
dit seulement que les moines lurent l’histoire du saint.
85 Cf. Légende de Simon, évêque de Harrân, dit Abü Kurra, dans Catalogue
Sachau, Berlin, p. 760. — Comme ce couvent est entouré de jardins, le
lieu-dit Dayra Wüzena, sur le sommet du Singâr, semble lui convenir mieux
que les autres sites connus. Nous verrons plus loin que le couvent appartenait
d’abord aux Nestoriens.
86 Nau, dans P.O., 111 (1906), p. 28.
87 Je ne crois pas qu’il y ait eu au Singâr, au Xe s., un couvent de
S. Aaron (P., p. 286). Il serait trop long de donner ici toutes les références,
mais le seul couvent d ’Aaron semble être celui de ëegara d ’pesqîn, à 1 km.
au nord de Malatya, à l’est de l’Euphrate; cfr Honigmann, Le couvent de
Barsauma, p. 80 et n. 4, et p. 81.
88 U ne semble pas d’après le texte, et le contexte historique général le
confirme, qu’il faille placer cette communauté au temps de Mâr Ahüdemmeh
(P., p. 282).
89 Vita lohannis episcopi Tellae, adore Elia, éd. E. W. Brooks, C.S.C.O.,
texte p. 68, versio p. 44.
«O Livre VI, chap. 33; P.G., t. 67, col. 1394.
91 Cité dans P., p. 285.
92 II semble qu’il n’y ait pas eu ici de «limes» fixe, mais seulement
une occupation de points favorables; cfr Dilleman, cit., p. 206 et 282.
220
J. M. FIEY
sources, le Liber Castitatis93 et le Synodicon Orientale94 qui sem-
blent de prime abord parler de choses sans relations entre elles,
mais qui en fait parlent des mêmes couvents et des mêmes per-
sonnages 9S *.
ïsô'dnah mentionne deux couvents « dans le voisinage de
Singâr ». Le premier fut fondé par Mâr Àbâ. vers 590 90 et agrandi
par Mâr Yônân; il était situé au lieu-dit Bar Türâ. Les compagnons
d’Âbâ.ont nom : Gabriel, Ukâma, Brihisô' et Sabôht. Ce dernier
moine nous intéresse spécialement car c’est lui qui fondera plus
tard le deuxième couvent, « un grand couvent derrière Bar Türa »,
également « à proximité de la ville de Singâr, dans la montagne ».
Gabriel fonda-t-il aussi un couvent, le troisième? Le Liber Casti-
tatis ne le dit pas; un manuscrit de Berlin semble permettre de le
supposer 97.
Quant au Synodicon Orientale, il nous met en face de trois
couvents. En 598, dans la fédération anti-méssalienne soumise
directement à la juridiction du patriarche Sawrïsô' Ier 98 99 et patronnée
par Chosroès II Parwez, entrent : le couvent de Bar Qaiti, qui
donne son nom à la « congrégation », le « nouveau couvent », et un
autre groupe situé à l’est, dans le voisinage du monastère. Il n’est
pas question de couvents dissidents, qui ne se seraient pas ralliés
au pacte, et il semble bien qu’il n’y ait pas eu d’autre couvent
au Singâr, puisqu’on prévoit l’entrée dans l’union des «autres
congrégations des enfants de la foi de l'Eglise qui viendraient
s'établir dans cette montagne ou dans ce désert » ".
Quant aux personnes citées dans le texte du pacte, viennent en
tête deux supérieurs (pour trois communautés), Brihïsô' et Abâ,
puis trois prêtres : Abün, Matta et Yazidâd, cinq diacres : Yônân,
93 Liber Castitatis (texte chaldéeu Bedjan), n° 14, 25, 29, 30, 49, 51, 104,
105; repris dans Chronique de Séert, t. II, p. 149-150.
94 p. 461-469.
9j> P., p. 289 « deux autres ».
9® D’après 'AMR, in B.O., II, p. 415; le fondateur vivait sous ïsô'yaw I«*r
d’Arzun (582-595).
97 Catal. Sachau, p. 586.
98 'Awdisô' de Nisibe (Coll. Can., tr. VII, ch. vi, dans Mai, X, p. 133 et
B.O., III, I, p. 344) attribue l’exemption de Bar Türa à ïsô'yaw II (628-644/6).
99 C’est par erreur que V Abrégé du Liber Castitatis (cod. Berlin 63, Catal.
Sachau, t. I, p. 234-239) met la couvent de Sâwôr à Singâr au lieu de éuster;
cfr Liber Castitatis, n° 54.
'ABDULMASÏH DE SINGÂR 221
Mâr Âbâ, Sawrïsô' et deux Yôhannân, et enfin deux moines :
Abraham et Pierre.
Les deux supérieurs sont connus; Abâ est le premier fondateur
de Bar Tûra, quelques années avant le pacte. Brihïsô' a été nomme
parmi les compagnons d’Àbâ, il est maintenant devenu supérieur
de l’un des deux autres couvents. Parmi les suivants on remarque
le premier diacre, Yônân, qui semble bien devoir être le futur
successeur d’Abâ.
Si les hommes sont les mêmes, les couvents auss; sont les mêmes.
Mais lequel est lequel? C’est ici que l’archéologie vient à notre
secours. Nous trouvons au Singâr trois couvents : celui de Dayr
'Âsi, situé dans une vallée basse à environ une heure de marche
de Balad Singâr, vers le nord 10°. Derrière ce premier couvent, sur
le sommet de la montagne, à trois heures de marche de la ville101,
s’éparpillent les constructions mégalithiques du grand monastère
appelé Dayra Wüzena, au sud-est duquel se trouvent les jardins
de Kâni Sév. Enfin, à l’est de ce dernier couvent, également sur
le plateau du sommet, près de la grotte de Tsél Mér (XL hommes),
quelquefois appelée Dayr al zalâzil (le couvent des tremblements
de terre) 102, se trouve le Dayra Zégké.
Reportons graphiquement ces données sur un plan, nous arrivons
aux identifications suivantes :
1) le couvent dit de Bar Qaiti (surnom d’Abâ?), situé au lieu-dit
Bar Tûra, est l’actuel Dayr 'Âsi. Il sera illustré à la fin du
VIIe siècle par l’écrivain Salomon bar Garaf103 et aura l’abbé
Marc comme supérieur dans la seconde moitié du VIIIe siècle 104.
2) le «nouveau couvent», de R. Sabôht, est appelé aujourd’hui
Dayra Wüzena. Abandonné par les Nestoriens avant 734, il sera
ioo C’est celui que Sacliau ne put visiter, cité dans P., p. 290, n. 3. — Je
ne puis entrer ici dans le détail de la description ou de l’histoire de ces
couvents, que j’ai reconnus en 1956. Je-me contente de donner ici les grandes
lignes et les conclusions de ce qui les concerne.
10i Plus facilement accessible par la face Nord, à partir de Dehôlé.
!02 A cause des craquements sismiques qu’on y entend parfois, d’où les
indigènes disent que les . Quarante (pour les chrétiens : les XL Martyrs)
« tirent le canon ».
103 Book of Governors, II, p. 72-73, 83; B.O., III, I, p. 459, 470. Budge,
dont la géographie est souvent fantaisiste, place Bar Tûra non loin de
B. 'Àwé(î), Book, I, p. Ixxiii et II, p. 72, n. 3.
1°4 Book of Governors, II, p. 654; B.O., III, I, p. 501. Timothée le Grand
(780/9-823) fait déménager un couvent de QT, Lettre VIII à Serge, trad.
C.S.C.O., p. 58; recension de Mgr Bidawid, p. 21.
222
J. M. FIEY
acheté par Simon al Zaiti et restera aux mains des Syriens-
occidentaux jusqu’au Xe siècle.
3) la congrégation de l’est, sans nom chrétien connu, est celle
de Tsél Mér et Dayra Zégké.
C’est dans l’un de ces couvents que les pères des petits pâtres
de notre légende entendront raconter l’histoire de S. Babylas. Le
fait que leurs enfants ne les accompagnaient pas semble indiquer
que le couvent n’était pas tout près de leur village.
Ce qui nous intéresse ici, c’est que le plus ancien des couvents
n’ait été fondé que vers 590; si l’on était sûr que l’histoire n’a
pas oublié de mentionner un couvent plus ancien, ceci retarderait
le martyre de 'Abdulmasïh après cette date.
Un évêque en déguisement.
Le terminus a quo étant ainsi ramené vers 590 et le terminus
ad quem en 627, quel événement a pu se produire entre ces deux
dates qui ait forcé l’évêque du lieu à adopter un déguisement pour
visiter ses ouailles?
Il ne peut s’agir d’une persécution, même locale, car rien dans
le récit ne témoigne d’un tel état de choses : les enfants chrétiens
et mages se fréquentent, les marchands chrétiens et non-chrétiens
circulent ensemble, etc.
La crise méssalienne de 598, qui amènera le pacte de Bar Qaiti,
semble au contraire remplir les conditions. L’hérésie était alors à
son paroxysme. Les groupes monastiques du Singâr « étaient sur le
point d ’être engloutis dans 1 ’abîme », quand, en réponse à la sup-
plique présentée par eux au Roi des rois105, Chorsoès donna
« ouvertement, relativement à cette congrégation, des ordres con-
formes à sa divine ( !) volonté » 106. Les moines furent placés directe-
ment sous l’autorité du patriarche nestorien Sawrïsô' Ier. Ceci veut
dire qu’ils seraient désormais soustraits à la juridiction de l’évêque
du lieu et même du métropolite de Nisibe, Grégoire de Kaskar,
qui sera forcé de démissionner107. « Quant aux pervers qui ont
àgité et troublé l’entendement d’un grand nombre : je veux dire
d’évêques, d’archevêques, de fidèles et même de païens..., qu’on ne
les rencontre plus au milieu de vous ! » On ne peut dire plus claire-
ment que l’évêque de Singâr, suivi probablement par une grande
105 Synodicon Orientale, p. 469.
106 Z&id., p. 462.
107 Chronicon Anonymum, éd. Guidi, C.S.C.O., 2/Syr. 2, p. 17.
'ABDULMASÎH DE SINGÂR
223
partie de son peuple108, sauf les moines, s’était laissé gagner au
méssalianisme. D’où on lui retire sa juridiction ordinaire sur les
couvents de son diocèse, et même il est exposé aux poursuites de
la police royale perse.
598 semble donc une date satisfaisante pour trouver un évêque
en déguisement, circulant dans ses villages (pas trop près de la
ville), mais admis encore par ses diocésains. Toutes les autres sup-
positions, de propagandistes monophysites par exemple, ou nous
ramènent à une période trop avancée 109 incompatible5 avec la pré-
sence d’un couvent, ou bien sont contredites par la narration.
CONCLUSION
Il y a donc encore bien des points obscurs concernant ce petit
fait divers qui s’est passé il y a quelques 1300 ans. Qu’il se soit
vraiment passé, ne semble faire aucun doute 110 ; son enracinement
dans le lieu est solide, mais sa datation est loin d’être sûre. La
date d’octobre 598 proposée ici semble satisfaire aux nécessités du
contexte historique, il reste cependant à expliquer comment cette
date a pu être défigurée chaque fois d’une façon différente par les
diverses versions, pour aboutir à des données discordantes et à des
formules incompréhensibles.
Mossoul (Iraq), J. M. Fiey.
The Latin Chureh.
108 Le désir de garder leurs bonnes grâces serait alors un motif de plus
qui aurait poussé le patriarche Sawrîsô* 1er à demander à l’empereur Maurice,
entre 596 et 602, la libération de captifs originaires de Singâr; ce fait con-
firme également l’appartenance de Singâr à l’empire perse à cette époque;
cfr Chronique de Séert, II, p. 173.
109 par exemple que ce soit l’un des sept moines qui allèrent recevoir
l’ordination à Antioche après les dragonnades de Barsaume (484/5) mais qui,
à leur retour « ne purent se montrer ». Il fallut attendre la mort de Barsaume
pour que le catholicos d’Arménie vienne « donner l’ordination dans notre
pays»; cfr Lettre de Mârûtâ, dans Michel le Syrien, t. II, p. 440.
110 Le P. Peeters hésitait « si le fond même du récit est de pure invention »
(P., p. 277); l’abbé Nau (Les Arabes chrétiens, Cahiers de la Société Asiatique,
1933, p. 30-31) pensait que les Arabes de Mésopotamie avaient simplement
rendus orthodoxes une pierre rouge et une source merveilleuse « en laissant
croire» à l’histoire d’Aser. Le P. Ortiz de Urbina (Patrologia Syriaca, Rome,
1958, p. 183, n° 14) dit de la passion : « Acta propter posteriorem aetatem
non tantae auctoritatis esse videntur ».
15
DIE VERBEN
DER KLASSE UBAK, UFAD, UHAL IM TUAREG
Neben zahlreichen Verbalklassen, die (im Imperativ) nur den
flüchtigen Vokal e zeigen, kennt das Berberische aueh solche, die
voile Vokale aufweisen. Hierzu gehôrt die Klasse der Verben UBAK,
UFAD, UHAL, die im. folgenden behandelt werden sollen. Die
Konjugation, die durch den Stellungswechsel des Charaktervokals
u gekennzeichnet ist, sei durch die nachstehende Zusammenstellung
skizziert :
(a) Perfektstamm (ëffud) : y ëffud « er hat gedürstet »
ur-yëffud « er hat nicht gedür-
yeffüd « er dürstet »
stet »
(b) Imperfektstamm (ufad) : ufad « dürste ! »
ed-yufad « er wird, soll dürsten »
(c) Durativstamm (tufad) : itufad « er dürstet (dauernd) »
ur-itufad « er dürstet (dauernd)
nicht »
Wâhrend F und D als Stammeskonsonanten ohneweiteres fassbar
sind, ist ein dritter Konsonant nicht sichtbar. Môglicherweise ent-
hàlt die Gémination des Perfektstammes eine Erinnerung an einen
ersten oder zweiten Radikal. Beim Verbalnomen fad, pl. fadën
« Durst » fehlt dagegen jede Spur des Charaktervokals. Immerhin
sei hier festgehalten, dass nicht aile Verben dieser Klasse die Verbal -
nomina auf die gleiche Weise bilden. Die folgende Aufstellung
soll die Bildungesweise im einzelnen verdeutlichen.
VERBEN DER KLASSE UBAK
1. ïibak « Beabsichtigen, wollen » : tëbuk, pl. tibukkïn.
De Foucauld, Dictionnaire abrégé» (=FD) I, 37 (cj. 71)
«avoir l’intention, vouloir».
2. ufad « dürsten » : fad, pl. fadën.
FD I, 208 (cj. 85) «avoir soif».
225
226
W. VYCICHL
3. uhal « griissen (einen Abwesenden) » : tëhult, pl. tihulawïn.
FD I, 392 (cj. 71) « saluer (un absent) ».
4. ukal « betreuen (Tier, Sache) » : tukalt, tukalïn
FD I, 517 (cj. 85) « prendre soin (animal, chose) ».
5. ulaz « hungern » : laz, pl. lazën.
FD II, 103 (cj. 85) «avoir faim».
6. umay « danken » : tëmuyt, pl. timuyïn.
FD II 129 (cj. 85) « rendre grâces ».
7. uman « erscheinen, deutlich sein » : tumant, pl. tumanin.
FD II, 147 (cj. 71) « paraître, être évident ».
8. umas « sein » : tumast, pl. tumasïn.
FD II, 166 (cj. 71) « être ».
9. utab « Busse tun » : tëtubt, pl. titubïn.
FD II, 642 (cj. 71) « pratiquer la pénitence ».
10. usaf « einsam sein » : asuf.
FD II, 573 (cj. 85) «être solitaire, s’ennuyer».
11. uzar « besuchen » : tezurt, pl. tizurïn.
FD II, 726 (cj. 71) « visiter ».
12. uzam « fasten » : azum, pl. izammën.
FD II, 722 (cj. 71) «jeûner».
13. uhad « mit dem bosen Blick behexen » (cj. 71) : tëhôt.
FD I, 363 « jeter un sort par le mauvais œil ».
Bei der Bildung der Verbalnomina scheinen verschiedene Prin-
zipien mitzuspielen. Azum « Fasten », pl. izammën lehnt sich in
seiner Bildung an Worter wie a fus « Hand » pl. ifassën, afud
« Knie, pl. ifaddën an. Die « unregelmâssigen » Formen tëbuk, tëhult,
tëmuyt, tëtubt, tëzt sind sicherlich typologisch âlter als die « regel-
mâssigen » Formen hikalt und tumant. Das Prâfix të der Verbal-
nomina, das auch kabylisch als të vorkommt ist wohl eine lautliche
Variante zu ta. Dass es ein Nominalprâfix ist, wie in arabisch
tartïb, takrâr (von r-t-b, k-r-r) scheint angesiehts der Plurale mit
regelmâssigem ti unwahrscheinlich. Es handelt sich also doch um
den alten Artikel (Vycichl, L’article défini du berbère, Mémorial
André Basset, Paris, 1957, S. 139-146). Hier stellt das das Vor-
kommen des flüchtigen ë anstelle des vollen a ein Problem. Es wâre
môglich, an eine Entwicklung in zwei Etappen zu denken : zuerst
Umlaut (*tahult zu *tuhult) und dann Reduktion des besonderen
Lautes u zu ë. Dass dieses Prinzip nicht für den gesammte Bereich
VERBEN IM TUAREG
227
des Tuareg oder des Berberischen gilt, würde dieser Erklârung
nieht widersprechen. Die Zugehorigkeit zu Konjugation 71 oder 85
ist offensichtlich belanglos : Arabisch zwr ist 71, twb ist 85.
DIE ETYMOLOGIE DER VERBEN
Von den 12 Beispielen der Klasse UBAK sind nieht weniger als
drei sicherlich Lehnworter. Es handelt sich um utab « Busse tun »
(arabisch tâb, yatiïb), uzar « besuchen » (arab. zâr, yazür, modem
zâr yëzür), uzam « fasten » (arab. sâm, yasüm). In allen drei
Fâllen handelt es sich im Arabischen um Verben med. w : t-w-b,
z-iv-r beziehungsweise z-w-r, s-w-m.
Aber aueh andere Verben der Klasse UBAK scheinen Beziehun-
gen zum Semitischen zu besitzen, wenn aueh die Zusammenhange
nieht immer klar sind. Bei der nachstehenden Behandlung der
berberisch-semitischen Zusammenhange sind zuerst die Formen
genannt, die mir als besonders wahrscheinlich vorkommen :
vhal « grüssen (einen Abwesenden) » sollte man besser mit
« (jemandes) gedenken » wiedergeben. Mûsa yëhiil Dassin « Musa
gedenkt Dassin ’s ». Es ist bekannt, dass tuareg h einem alten
Labial entsprechen kann (tehele « Schaf », in Ghadames tabali). Im
Arabischen entsprâche dann b-w-l : bâl « Sinn, Gemüt », hatar
mi-bâl-ï « es kam mir in den Sinn, es fiel mir ein ».
urnan « erscheinen » erinnert an arabisch b-y-n « offenbar,
klar sein » beziehungsweise b-w-n « übertreffen » (an Tugend).
Bayn, bawn « Unterschied, Zwischenraum », el-qamar bân « der
Mond ist aufgegangen », bayyin « deutlich ». Ich vermute, dass die
Worterbuchbedeutung von b-w-n nieht die ursprüngliehe ist und
dass bân, yabün einfach « deutlich erscheinen, siehtbar sein » heisst.
Dass hier arabisch b nieht einem h entspricht, wie bei uhal, ist
vielleicht dem Einfluss des benachbarten n zuzusehreiben. Im
^"yptischen entsprâche w-b-n « aufgehen » (von der Sonne), mit
Metathesis.
usaf « einsam sein » gehort wohl zum arabischen Kausativum
asâf, yusïf « verlieren (Sohn, Vieh) » und f. misyâf « des Sohnes
beraubt » (von einer Mutter). Der Giedanke des Alleinseins findet
S1ch im Tuareg in asuf « Wüste » und die kël suf sind die Wüsten-
geister, die « Leute der Einode ». Das berberisehe Verbum ist die
ursprüngliehe Form, wâhrend arabisch ’astïf das Kausativum dar-
228
W. VYCICHL
stellt. Diese Verschiedenheit erklàrt warum die Bedeutung in bei<
den Fâllen nicht die gleiche ist. Auf der berberisehen Seite würde
man ait s-w-f ansetzen. Dieses Skelett kënnte auch semitisch vor-
gelegen haben und das y in misyâf kënnte von yusïf « geborgt »
sein.
ukal « betreuen (Tier, Sache) » beziehungsweise « sich (um etwas)
kümmern » dürfte mit arabisch w-k-l zusammenhângen. ~Wakal mit
der transitiven Vokalisierung qatal bedeutet « (jemanden) beauf-
tragen », was als « machen, dass sich (jemand) um etwas kümmert »
interpretiert werden kann. WakU ist der « Beauftragte » oder
«Agent». Mit diesem Etymon hat man agyptisch cz.ty « Minister,
Wazir » zusammengestellt ('i:'kl.t-y). Im Tuareg heisst ur ëkkulëg
« ich kiimmere mich nicht darum ».
Nicht ganz klar ist der Fall von umas und ubak. Umas « sein »
sollte im Semitischen med. w sein, aber ein solches Verbum mit
entsprechender Bedeutung scheint nicht zu existieren. Ob eine
Beziehung zu agyptisch m-s-y « geboren werden » und « gebâren »
beziehungsweise « erzeugen » besteht, bleibe dahingestellt. Dass
m-s-y einer àlteren Form m-w-s entsprechen kann, ist an Hand
einer Reihe von Parallelfâllen erwiesen (Vyciciil, tîber eine Klasse
dgyptischer Verben ult. j, ZDMG 103, 1953, 373-377). Das bedeutet
aber noch nicht, dass hier eine Beziehung bestehen muss. Ein anderer
offener Fall ist ubak « wollen ». Man kënnte an ein arabisches
Dialektwort aus Yaman denken : « andare nella Tihama si dice
bâk, yibûk» (E. Rossi, L’arabo parlato a San'â, Roma, 1939, p.
192). Koptisch bôk heisst ebenfalls « gehen », doch auch « senden »,
das heisst « gehen machen ». Die Verbindung von « wollen » und
«gehen» existiert im Arabischen. Fën qâsid « Wohin willst du?»
bedeutet «Wohin gehst du?», doch scheint mir diese Ableitung
für das nicht-arabische Gebiet etwas an den Haaren herbeigezogen.
Eine sekundâre Bildung ist uhad « mit dem bësen Blick treffen ».
Zugrundeliegt wël « Auge » in Gadames, schilhiseh pl. ti-wall-in
dim. « Auglein ». Dass tuareg h fremden w entspricht, ersieht man
aus tahargit « Traum », das schilhiseh tawargit lautet. Im Schil-
hischen heisst « Auge » titt, pl. allen. Stumme leitet tytt von *t-il-t
her (Handbuch des Schilhischen von Tazerwalt, Leipzig, 1899, S.
37, 1). Im Tuareg lauten die Formen tit, pl. tittawïn, obwohl
®ta-wil.t lautgesetzlich ein *tehilt oder *tehitt ergeben sollte. Nun,
wenn auch *tehitt nicht belegt ist, muss es doch existiert werden,
VERBEN IM TUAREG
229
denn uhad ist offenkundig ans dieser Form — als *tehidt aufge-
fasst — abgeleitet. Zu dt:tt vergleiche man tuareg amâwad « Jüng-
ling», f- tamawat « erwachsenes Màdchen » (ans *tamawad;t,
eigentlich tamawatt, wie noch vor Suffixen).
ZUSAMMENFASSUNG
Die 13 Verben des Typs UBAK, die vorstehend untersucht wor-
den sind, verteilen sich wie folgt : !
3 (utab, uzar, uzam) sind arabische Lehnworter,
4 (uhal, uman, usaf, ukal) scheinen mit arabischen Formen urver-
wandt zu sein,
2 (umas, ubak) sind nicht mit Sicherheit einzuordnen,
1 (uhad) ist eine sekundare Bildung des Berberischen, von einem
Wort für « Auge » abgeleitet,
3 (ufad, ulaz, umay) wozu eventuell noch die beiden obigen
(umas, ubak) gehôren, besitzen nach dem gegenwàrtigen Stande
unserer Kenntnis keine Entsprechung im Semitischen und
Àgyptischen.
Die Parallelitat der Morphologie bei den Verben für « hungern »
und « dürstcn » ist wohl kaum ursprünglich, sondern auf spatere
gegenseitige Beeinflussung zurückzuführen. Das y von umay « dan-
ken » wird wohl auf einen « starken » Konsonanten zurückgehen.
Es ist bekannt, wie « verwittert » der Lautbestand der Berber-
sprachen ist.
Die Verben ohne semitische Etymologie machen 23 % (oder wenn
man die beiden unsicheren Fàlle umas und ubak hinzurechnet)
38 % der Gesamtsumme aus. Handelt es sich hier um die Reste
einer alten vorhamitischen Sprachschichte Nordafrikas? Ich habe
einmal eine Reihe von Substantiven zusammengestellt, die nur ber-
berisch und âgyptisch belegt sind (Eine vorhamitische Sprach-
schicht im Àgyptischen und Berberischen, ZDMG 1961, S. 243-253)
und auf die Môglichkeit des Vorhandenseins einer nichtsemitischen
Sprachkomponente in Nordafrika hingewiesen. Es ist vielleicht noch
etwas verfrüht, in dieser Frage ein abgchliessendes Urteil zu fallen,
doch dürfen schon jetzt gewisse Argumente in Betracht gezogen
werden :
— die Existenz einer vorhamitischen Sprachschicht in Nord-
230
W. VYCICHL
afrika lâsst sich nieht allein ans dem Vorhandensein von Wôrtern
erweisen, die keine semitische Etymologie besitzen. Diese Elemente
kônnen Neubildungen darstellen oder frühere semitische Ent-
sprechungen kônnen in Vergessenheit geraten sein,
— anderseits zeigt die Geschichte, dass sich die Ausbreitung ver-
wandter Sprachen sozusagen vor unseren Augen vollzieht, wàhrend
kleine Sprachgemeinschaften verschwinden. So ist das Sumerische,
Elamische und die bunte Sprachenwelt Kleinasiens erst in geschicht-
licher Zeit verschwunden. Weite geographische Ràume, wie die
Berberei begünstigen die Ausbreitung einer Sprache : früher des
Berberischen, jetzt des Arabischen. In Asien haben wir weite
Gebiete, in denen das Türkische, Mongolische und jetzt das Russische
herrscht und wo die friiheren Sprachen verschwunden sind.
Genève, Werner Vycichl.
2, rue des Pénates.
CONTES SOUDANAIS
Le appareils de diffusion pénètrent aujourd’hui dans les bour-
gades les plus reculées, dans les demeures isolées, et jusque sous
la tente des nomades. Ils ont supplanté le conte ; qui animait les
longues veillées des nuits soudanaises. Les livres scolaires à l’usage
des classes élémentaires sont presque seuls à en garder le souvenir.
Le texte arabe des contes dont je donne ici la traduction a été
publié dans 'lyre? litalâmidah, livre de lecture utilisé au Soudan
dans les classes de troisième et quatrième élémentaire. Un professeur
soudanais, *Abd al-Latïf fAbd ar-Rahmân, les a réunis. Je les ai
traduits à mon tour et j’espère que cette traduction, bien qu’elle
soit imparfaite, aidera à connaître et à faire comprendre la littéra-
ture soudanaise, al yAdab as-sa'abiyyah as-sûdâniyyah *.
Dans ces contes nous trouvons différents thèmes empruntés aux
Mille et une Nuits. Nür ad-Dïn par exemple est une variante du
conte des Trois Frères cité par V. Chauvin (Bibliographie des Ouvra-
ges Arabes, t. VI, p. 2). Celui d’Iblïs par contre appartient au
cycle des légendes religieuses. Ce récit se rattache par certains de
ses éléments au cycle de Job.
Dans tous ces contes nous retrouvons également de nombreux
thèmes communs au folklore universel. Seul le cadre diffère. Il
serait intéressant de rechercher sinon les influences, tout au moins
les rapports que présentent les contes soudanais avec d’autres contes
du folklore occidental et oriental. Ceci dépasse le cadre de notre
sujet. Nous espérons pouvoir y consacrer une étude approfondie
dans l’avenir.
Qu’il me soit permis en terminant d’adresser tous mes remercie-
ments à M. le Professeur Gonzague Ryckmans qui a bien voulu
s’intéresser à cette traduction.
1 La traduction d’une vingtaine d’autres contes soudanais par V. A. Yagi
a paru dans Correspondance d’Orient. Études (Bruxelles), nos 1-2, 1963, et
n° 3, 1963.
231
232
V. A. YAGI
HISTOIRE DE NÜR AD-DÏN
Un roi parmi les rois avait trois fils. Ce roi possédait un beau palais
avec un joli jardin, qui contenait des fruits de toutes espèces tels que
bananes, pommes et citrons.
Il y avait aussi différentes sortes de fleurs délicates, rouges, jaunes,
blanches et mauves. Ces fleurs répandaient de doux parfums, embaumaient
le jardin et le palais.
Un oranger merveilleux donnant seulement trois oranges tous les ans
était ce qu’il y avait de plus beau dans ce jardin. Mais le roi et ses trois
fils n’avaient jamais goûté la chair de ces oranges. Un jour entre les
jours, le roi et ses trois fils sortirent dans le jardin du palais et allèrent
contempler les fleurs attirantes. Elles se balançaient avec le vent, et les
feuilles des arbres frappaient les unes contre les autres comme si elles
jouaient, ainsi que jouent les petits enfants. Ils écoutèrent les voix des
oiseaux, et leurs chants étaient comme les chants d’un jour de noces.
Après un moment, le roi et ses fils s’arrêtèrent sous l’oranger et contem-
plèrent les trois oranges.
Le prince Mahmüd dit : « Rien n’est plus beau que ces oranges. Leur
couleur ressemble à l’or ».
Le prince Sihâb ad-Dïn répondit : « Oui, ô Mahmüd, elles sont belles
et très grosses ».
Le prince Nür ad-Dïn dit ensuite : « J’ai observé que cet arbre ne
donne pas plus de trois oranges chaque année. Il est surprenant que je
n’aie jamais goûté la chair de l’une d’elles ».
Le roi répondit : « Oui, mon fils, tu dis vrai. Moi non plus je n’ai
jamais goûté leur chair, parce que le gül vient à cet arbre dès que ses
fruits sont mûrs. Il part avec les trois oranges pendant trois nuits ».
Les trois princes crièrent ensemble : « Il faut que nous gardions cet
arbre. Il faut que nous tuions ce gül maudit ».
Le roi rit et dit : « C’est un gül énorme et effrayant, mes enfants. Il
vient au milieu de la nuit et il pousse des cris d’une voix tonnante, et le
palais et les arbres en sont tout secoués ».
Les trois princes crièrent : « Nous n’avons pas peur de lui. Nous gar-
derons l’arbre ».
Le roi dit : «Je te permets, Mahmüd de veiller sur l’arbre la première
nuit. Toi, Sihâb ad-Dïn tu le garderas la deuxième nuit et toi, Nür ad-Dïn,
tu le veilleras la troisième nuit ».
Les trois princes se réjouirent et approuvèrent les paroles de leur père.
La première nuit, le prince aîné Mahmüd alla veiller au jardin. Il
entendit au milieu de la nuit une voix vibrante. Le sol en fut ébranlé.
Mahmüd fut saisi d’une peur extrême, son fusil s’échappa de sa main et
il s’enfuit à toutes jambes. Le gül partit avec la première orange de
l’arbre.
CONTES SOUDANAIS
233
La seconde nuit, ce fut le tour du prince cadet éihâb. Quand le gûl
vint au milieu de la nuit et cria d’une voix vibrante, Sihâb tomba par la
violence de la peur sur le sol. Il resta étendu comme un morceau de pierre,
jusqu’à ce que, au matin, le jardinier l’éveillât. L’arbre était diminué d’une
seconde orange.
La troisième nuit, le plus jeune prince, Nür ad-Dïn, alla au jardin
garder l’arbre. Il passa la nuit à veiller sur l’oranger jusqu’à ce que le
gûl arrivât. Il cria d’une voix si éclatante et effrayante que la terre
et le palais tremblèrent. Mais le prince Nûr ad-Dïn n’avait pas peur. Il
attendit au contraire bravement, regarda le gûl, épaula son fusil et tira.
La balle lui entra dans la poitrine. Mais le gûl se mit rapidement debout
en gémissant d’un gémissement effrayant.
Le prince retourna joyeux au palais de son père. Dans l’excès de sa
joie, il ne put dormir jusqu’au lever du soleil. Le matin, le roi et ses
deux fils aînés allèrent ensemble à l’arbre. Ils trouvèrent la troisième
orange restant et le sang qui avait coulé du corps du gûl. Le roi cria de
sa voix la plus stridente : « Tu est le plus courageux de mes fils, ô Nûr
ad-Dïn ».
Les trois princes suivirent la trace de sang, dans l’espoir d’arriver
jusqu’à la demeure du gûl afin de le tuer. Les traces de sang cessèrent
près d’un puits profond et sombre.
Le prince Mahmûd dit : « Il faut descendre dans ce puits pour que
nous cherchions le gûl. Moi, je descendrai. Attachez une corde autour de
ma taille et faites-moi descendre à l’intérieur du puits. Quand j’appelle-
rai al-Bard, al-Bard1, laissez la corde; quand j’appellerai al-Harr, al-
Harr 2, vous saurez que je suis en danger, tirez la corde et sortez-moi en
hâte ».
Puis le prince Mahmûd attacha une longue et forte corde autour de sa
taille et descendit dans le puits. Mais il était à peine descendu qu’il cria d’une
voix perçante : «al-Harr, al-Harr!-». Les deux princes serrèrent forte-
ment la corde et le sortirent en hâte du puits.
Le prince cadet Sihâb ad-Dïn s’avança ensuite. Il attacha la corde autour
de sa taille et descendit. Mais, il était à peine descendu qu’il cria : « al-
Harr, al-Harr! ». Les deux frères le tirèrent à l’extérieur.
Le plus jeune prince, Nûr ad-Dïn, s’avança ensuite. Il attacha solidement
la corde à sa taille, prit son sabre et dit à ses frères : « Au moment où
ln01, j’appellerai al-Harr, al-Harr! laissez-moi descendre jusqu’au fond
du puits ».
Le prince descendit ensuite peu à peu jusqu’à ce qu’il parvînt au fond
du puits. U regarda autour de lui et vit*des choses étonnantes. Il vit de
1 Le froid.
2 Le chaud.
234
V. A. YAGI
beaux jardins et des forêts touffues dont les arbres se tenaient les uns
aux autres, si bien que Nûr ad-Dïn crut qu’ils s’entrelaçaient. Il vit d’énor-
mes fleurs semblables à des étoiles. Il vit sourdre des ruisseaux au milieu
des jardins. Il vit de nombreuses gazelles se combattre à coups de corne,
jouer et bondir çà et là. Nûr ad-Dïn se réjouit de ce beau spectacle. Il
marcha entre les arbres jusqu’à ce qu’il vît un immense palais. Il ouvrit
les portes et y entra. Il alla rapidement d’une pièce à l’autre jusqu’à
ce qu’il entrât dans une petite pièce où il trouva trois belles jeunes filles.
Leurs cheveux étaient comme de la soie noire. Nûr ad-Dïn s’arrêta saisi, les
contemplant. Puis, une des jeunes filles se leva et dit : « Qu’est-ce qui
t’amène ici ô beau jeune homme courageux ».
Nûr ad-Dïn répondit : « Je viens chercher le gûl qui vit ici pour le
tuer ».
La jeune fille dit en pleurant : « Ce gûl est celui qui nous retient
dans ce palais. Il est effrayant. En vérité il te tuera. Par Allah! ne va
pas vers lui. Retourne chez les tiens avant que ce gûl maudit te voie ».
Le prince répondit en disant : « Je n’ai pas peur. Je tuerai le gûl pour
que les hommes soient délivrés de sa méchanceté. Ne crains pas pour moi.
Je le tuerai ».
Les belles jeunes filles s’étonnèrent en entendant les paroles de Nûr
ad-Dïn. Elles décidèrent de lui offrir toute leur aide pour qu’il réussît à
tuer le gûl. Elles lui dirent : « Ecoute, ô courageux jeune homme, le gûl
dort dans une pièce derrière celle-ci. Vas-y. Si tu trouves ses yeux fermés,
sache qu’il est éveillé et qu’il te tuera. S’ils sont ouverts, sache qu’il dort
d’un profond sommeil. Frappe-le d’un seul coup de ton sabre et il mourra.
Si tu le frappais une deuxième fois, il vivrait à nouveau. Il te tuerait
et nous avec toi ».
Nûr ad-Dïn entra avec calme dans la chambre du gûl. Il le trouva
étendu, les yeux ouverts. Il sut ainsi qu’il dormait et le frappa d’un coup
violent de son sabre. Le gûl poussa un cri effroyable et dit : « ô bon
jeune homme aie pitié de moi. Frappe-moi un second coup pour que je
meure et me repose ».
Le prince leva son sabre; il était prêt à l’abaisser pour frapper le gûl
d’un second coup, mais il se rappela les paroles des jeunes filles et ne le
frappa point. Le gûl mourut. Nûr ad-Dïn revint alors dans la chambre
des jeunes filles et leur annonça la mort du gûl. Elles furent très con-
tentes et chacune d’elles s’empressa auprès du prince, embrassant ses
mains, ses jambes et ses yeux en disant : « Merci à toi, ô courageux
jeune homme! merci à toi qui nous as délivrées du tourment! Merci et
mille mercis à toi ! ».
Nûr ad-Dïn attacha ensuite la corde autour de la taille de la fille aînée
et cria d’une voix éclatante à ses frères de serrer fortement la corde.
Les deux princes saisirent solidement la corde jusqu’à ce que la fille
CONTES SOUDANAIS
235
aînée sortît. Ensuite la corde monta la fille cadette après sa sœur aînée.
Quant à la plus jeune des trois jeunes filles, elle resta avec Nür ad-Dïn
en attendant son tour. Nür ad-Dïn lui dit : « Tu vas monter à la surface
de la terre avant moi. Je crains que lorsque les deux princes te verront,
ils te demandent en mariage car tu es belle. Et moi, je veux t’épouser
car je t’aime et t’aime à l’extrême ».
La plus jeune des filles répondit : « Moi aussi je t’aime d’un amour
violent et je n’épouserai nul autre que toi, ô mon aimé ».
Nür ad-Dïn fut joyeux et attacha la corde autour de la .taille de la jeune
fille. Avant qu’il appelât ses frères, la jeune fille lui remit trois petites
boîtes et lui dit : « Quand je voudrai trois vêtements, ouvre-les. Ne les
perds pas ». Il appela ses deux frères. Ils tirèrent la corde et la jeune
fille sortit. Les deux princes prirent les jeunes filles et s’en allèrent au
palais du roi, abandonnant leur frère. Tous deux se querellaient, chacun
d’eux voulant épouser la plus jeune.
Nür ad-Dïn attendit longtemps. Il cria vers ses frères jusqu’à ce qu’il
désespérât. A la fin, il marcha très triste au milieu des bois et des jardins
jusqu’à ce qu’il parvînt à un beau jardin. Il y trouva un homme immense
à longue barbe, aux cheveux abondants, aux yeux saillants, au nez long
et à large bouche. Il travaillait avec ardeur dans le jardin. Le prince le
salua et lui dit : « Brave homme, j’ai perdu mon chemin. Je voudrais sortir
à la surface de la terre. Aurais-tu un moyen pour m’aider en cela? ».
L’homme répondit : « Va ton chemin, mon fils jusqu’à ce que tu arrives à
l’extrémité de ces champs. Tu trouveras là-bas deux moutons, l’un blanc
comme le lait, l’autre noir comme un lambeau de la nuit. Ferme tes yeux
et cours derrière eux. Si tu empoignes le mouton noir, il te descendra dans
un pays éloigné à l’intérieur de la terre. Si la chance t’aide, tu saisiras
le mouton blanc. Ce mouton blanc t’emportera à la surface de la terre ».
Nür ad-Dïn fut pris d’une grande joie, il remercia l’homme et marcha
jusqu’à ce qu’il vît les deux moutons. Il ferma les yeux et courut derrière
les deux moutons jusqu’à ce qu’il en saisît un. Sa chance était mauvaise,
il saisit le noir. Peu après il se sentit enfoncer et enfoncer à l’intérieur de
la terre jusqu’à ce qu’il parvînt à une large vallée. Il trouva dans cette
vallée une source. Ses eaux coulaient belles et pures. A côté de la source,
il trouva une belle jeune fille pleurant à chaudes larmes. Ses yeux étaient
rouges par la violence de ses pleurs. Il lui demanda la cause de ses larmes
et elle lui dit : « Bon étranger, dans ce pays, une bête à sept têtes vit de la
chair des hommes. Elle nous défend de nous rendre à cette source unique
sauf si nous lui présentons chaque jour une jeune fille pour qu’elle la
mange. Aujoi rd’hui, c’est moi la victime. J’espère que tu t’éloigneras
avant qu’elle vienne me manger et qu’elle te nuise ». — « Non, je ne partirai
pas. Je l’attendrai ici et la tuerai avec mon sabre que voici. Je la taillerai
en menus morceaux ».
236
V. A. YAGI
Avant que Nûr ad-Dïn eût achevé ses paroles, l’horrible bête apparut
avec son corps difforme et ses têtes effrayantes. La jeune fille s’évanouit
de terreur. Nûr ad-Dïn s’élança sur la bête et la frappa d’un coup mortel.
Le monstre cria d’une voix effroyable et tomba sur le sol comme un grand
arbre que le vent abat. La jeune fille se releva et vit le monstre gisant
sur le sol. Elle remercia Nûr ad-Dïn et lui dit : «Je suis la fille du roi
de ce pays. J’espère que tu nous visiteras dans notre palais pour que mon
père te récompense de la meilleure des récompenses ». La jeune fille fit
ensuite ses adieux à Nûr ad-Dïn et partit joyeusement pour le palais du
roi son père.
Quant à Nûr ad-Dïn, il était dans une fatigue extrême, aussi s’assit-il
à l’ombre d’un arbre pour se reposer un peu. Nûr ad-Dïn donnait à
l’ombre de l’arbre. Mais il s’éveilla peu après en entendant la voix effrayée
de petits oiseaux. Il regarda au sommet de l’arbre et il vit des aiglons
criant et s’agitant avec tous les signes de la peur.
Nûr ad-Dïn regarda et vit un grand serpent semblable au tronc d’un
gros arbre se mouvoir avec rapidité vers les aiglons pour les avaler. Nûr
ad-Dïn se dressa et frappa d’un coup mortel le serpent avec son sabre.
Les aiglons se calmèrent et se mirent à piailler à belle voix et ils disaient
à Nûr ad-Dïn : « Merci, merci ».
Peu après l’aigle revint vers ses aiglons. Quand il vit Nûr ad-Dïn sous
l’arbre, il crut qu’il venait pour dérober ses petits. Il fondit sur lui pour
le déchirer de ses serres et de son bec. Les petits aiglons crièrent deman-
dant qu’il le laisse dormir et se reposer. Ils lui apprirent que Nûr ad-Dïn
les avait sauvés d’une mort certaine.
Quand le roi des oiseaux entendit les paroles de ses petits, il déploya
ses grandes ailes autour du prince et l’ombragea jusqu’à ce qu’il sortît
de son sommeil.
Quand Nûr ad-Dïn se réveilla le vieil aigle lui dit : « O courageux
jeune homme comment te récompenserai-je? Il faut que je te récompense
au mieux de ton bienfait ». Nur ad-Dïn répondit : « Avec ta permission
porte-moi sur ton dos jusqu’à mon pays à la surface de la terre ». Le
vieil aigle resta interdit, il regarda Nûr ad-Dïn en disant : « C’est un
long voyage, nécessitant de grandes préparations. Je crains de mourir
de faim et de soif ». Nûr ad-Dïn demanda : « Pourrais-tu voyager si tu
as la nourriture et l’eau?». L’aigle lui répondit : «Oui. Mais j’ai besoin
de quarante moutons et de quarante bouteilles pleines d’eau. Où trouveras-
tu tout cela? Nul ne peut te le donner sauf le roi ». Le prince Nûr ad-Dïn
réfléchit. Il se rappela alors qu’il avait délivré du monstre la fille du roi.
Il se dit en lui-même : « Peut-être le roi m’aidera-t-il. J’irai chez lui ».
Nûr ad-Dïn arriva au palais du roi. Il y trouva un grand nombre de
chasseurs, de laboureurs et de cavaliers debout devant le roi. Chacun
d’eux disait qu’il était celui qui avait tué cet effroyable monstre. Le roi
CONTES SOUDANAIS
237
était perplexe et sa fille lui dit : « Celui qui a tué le monstre est un
jeune étranger. Il n’est pas de notre pays ». Enfin Nûr ad-Dïn arriva. Il
sortit de sa poche les sept langues de la bête et dit au roi : « C’est moi
qui tuai l’effroyable bête et délivrai le pays de son tourment ». La princesse
frappa joyeusement ses mains l’une contre l’autre et dit à son père le
roi : « Oui, ô mon père, c’est le jeune étranger qui a tué le monstre et
m’a sauvée d’une mort certaine et a délivré le pays du tourment et de la
peine ». Le roi chassa tous les gens sauf Nûr ad-Dïn. Il lui ordonna de
s’asseoir et le remercia de son courage. Il lui demanda d’épouser sa fille
et de prendre la moitié du royaume. Nûr ad-Dïn répondit en disant :
« Majesté, c’est moi qui te remercie mais je ne désire de toi que quarante
moutons et quarante bouteilles remplies d’eau ».
Le roi s’étonna et dit : « Pourquoi ne veux-tu pas être roi ? Pourquoi
ne veux-tu pas épouser ma fille? Pourquoi demandes-tu quarante moutons
et quarante bouteilles remplies d’eau? ». Nûr ad-Dïn répondit : « Ô roi,
je suis moi-même fils de roi et je voudrais revenir dans ma famille à la
surface de la terre. Je ne te demande rien d’autre que des moutons et des
bouteilles d’eau ».
Le roi ordonna ensuite à ses serviteurs de lui préparer rapidement de
l’eau et des moutons. Le prince Nûr ad-Dïn lui fit ses adieux et le remercia.
Nûr ad-Dïn revint chez le vieil aigle avec les moutons et les bouteilles
d’eau. Ensuite il plaça la nourriture et l’eau sur l’aigle et il monta sur
son dos. L’aigle lui dit : « Ecoute, ô courageux jeune homme, j’aurai
besoin de manger et de boire en chemin. Quand je crierai kark, kark,
donne-moi la viande, quand je crierai karak, karak, donne-moi l’eau. Si
tu ne me donnes pas rapidement ce que je te demande je descendrai à
l’intérieur de la terre une seconde fois ». Nûr ad-Dïn lui dit : « Je te
donnerai rapidement ce que tu veux, ne crains pas. L’aigle ensuite s’envola
après qu’il eut dit adieu à ses petits et qu’il leur eut laissé la nourriture
suffisante pendant son absence ». Il vola, vola. Chaque fois qu’il avait
faim il criait : kark, kark, et Nûr ad-Dïn le nourrissait d’un mouton
entier. Chaque fois qu’il avait soif, il criait : karak, karak et Nûr
ad-Dïn lui donnait à boire. Ainsi l’aigle montait, montait vers la surface de
la terre jusqu’à ce qu’il ne restât plus qu’une faible distance. Alors l’aigle
cria : kark, kark. La nourriture était épuisée. Nûr ad-Dïn ne trouvait rien
a donner à l’aigle. L’aigle avait tout mangé. Nûr ad-Dïn se hâta de couper
un morceau de sa chair et le donna à l’aigle. L’aigle goûta la chair et
sut que c’était de la chair humaine. Il ne la mangea point mais conserva le
morceau sous sa langue et continua à voler. Il vola jusqu’à ce qu’il arri-
vât à la surface et la terre.
Nûr ad-Dïn ne pouvait ni marcher ni bouger. L’endroit où il avait coupé
la chair de son corps le faisait souffrir violemment. L’aigle lui demanda
la cause de sa fatigue et de sa douleur. Nûr ad-Dïn lui raconta ce qui était
238
V. A. YAGI
arrivé. L’aigle dit : «Je savais tout ce que tu as fait avant que tu parles.
J’ai conservé le morceau de chair ». L’aigle ensuite sortit le morceau de
sa bouche et le plaça à l’endroit de la blessure. Il le frappa de son bec à
coups légers. La chair redevint comme elle était.
Nür ad-Dïn se leva sain et sauf et fort. L’aigle lui demanda la permis-
sion de retourner dans son pays à l’intérieur de la terre. Nür ad-Dïn la
lui accorda et il s’envola. Nür ad Dïn n’alla pas au palais de son père mais
il alla dans la boutique d’un tailleur qui cousait les vêtements du roi.
Le tailleur ne le reconnut pas car son aspect avait beaucoup changé du
fait des nombreux voyages, de la fatigue et de la douleur. Il arriva à la
boutique du tailleur et lui demanda de lui apprendre à coudre et de l’accep-
ter comme apprenti dans sa boutique. Le tailleur accepta. Nür ad-Dïn
commença son travail sur-le-champ. Il fit de tels efforts dans son travail
qu’il apprit la couture en quelques mois.
Un jour le tailleur revint du palais du roi. Il était dans un grand
embarras. Il s’assit devant sa boutique et avec ses doigts il creusait la
terre, regardant le ciel, puis la terre, puis les gens autour de lui. Le
tailleur resta longtemps en cet état. Nür ad-Dïn s’approcha de lui et
le questionna sur la cause de son embarras. Le tailleur dit : « C’est
une affaire difficile, mon fils. Tu ne peux y penser. Va à ton travail et
laisse-moi ».
Nür ad-Dïn répondit : « Dis moi, ô mon oncle, ce qui occupe ton esprit.
Peut-être pourrai-je t’aider». Le tailleur se mit en colère et dit : «Va,
ô garçon, à ton travail et laisse-moi réfléchir ». Nür ad Dïn lui répondit :
« Par Allah ! ô mon oncle, ne te mets pas en colère et dis-moi ce qui te
préoccupe. Peut-être pourrai-je t’aider ». Le tailleur dit : « Ecoute, mon
fils. Il y a dans le palais du roi une jeune fille belle comme la lune. Le
prince Mahmüd veut l’épouser, et le prince Sihâb ad-Dïn veut l’épouser.
Le roi lui-même désire l’épouser et ton oncle, le pauvre tailleur, veut aussi
l’épouser s’il en trouvait le moyen. Chacun veut l’épouser car elle est
belle, belle comme la lune ». Nür ad-Dïn sourit parce qu’il connaissait
l’histoire et dit comme le fou : « Et moi, je veux l’épouser ». Le tailleur
lui dit : « Tais-toi, garçon maudit. Par Allah tu ne la verras jamais ».
Le tailleur dit ensuite après un court silence : « Le roi a voulu la con-
sulter avant que quelqu’un l’épouse au sujet de l’homme qu’elle aimerait
épouser. Quand il l’interrogea, elle lui dit : Je veux épouser un prince qui
m’offrira trois vêtements merveilleux : le ciel avec ses étoiles sera peint
sur le premier vêtement, sur le second, la terre avec ses fleurs, ses arbres
et ses animaux et sur le troisième, les mers avec leurs poissons, leurs vais-
seaux et leurs monstres. Le roi fut très embarrassé et il trouva singulière
cette étrange demande. Il m’a demandé de faire ces trois vêtements dans
un temps très court ».
L’apprenti Nür ad-Dïn se mit à rire si bien qu’il en tomba à la renverse
CONTES SOUDANAIS
239
et dit : « Est-ce ceci qui t’embarrasse, ô mon oncle? C’est une chose
facile ». Le tailleur répondit : « Une chose facile ! O fou vantard ! Éloigne-
toi de moi. Sur toi la malédiction d’Allah ». Nür ad-Dïn répondit : « Écoute
mon oncle. Je peux faire ces trois habits ». Le tailleur rit d’un rire bref
et dit : « Gloire à Allah ! Moi qui t’ai enseigné, ne peux le faire : comment
le ferais-tu, ô apprenti? C’est impossible». Nûr ad-Dïn répondit : «Laisse
ce discours inutile. Enferme-moi dans une chambre cette nuit et viens au
matin toucher les vêtements merveilleux ». Le taileur dit, et il imitait Nûr
ad-Dïn : « Enferme-moi dans une chambre cette nuit et, viens toucher les
vêtements merveilleux ». Puis il continua en disant : « Si tu ne les fais
pas, qu’est-ce que je te ferai?». Nûr ad-Dïn répondit : «Fais de moi ce
que tu veux si je ne les fais pas ». Le tailleur dit : « Que veux-tu avec toi
dans la chambre? ». Nûr ad-Dïn répondit : « Une bouteille de lait et une
bouteille de miel ». Le tailleur rit et dit : « Et une bouteille de graisse
aussi, bien entendu! ». Nûr ad-Dïn répondit : « Tu crois que je plaisante,
mon oncle. Je perds mon temps à parler. Enferme-moi dans la chambre
et viens demain ». Le tailleur se tut un instant puis se dit en lui-même :
« J’enfermerai ce maudit apprenti et je verrai ce qui arrivera ». Il se leva
rapidement et apporta du miel et du lait. Il fit entrer Nûr ad-Dïn dans
une petite chambre et l’y enferma.
Nûr ad-Dïn entra dans la chambre, but le miel et le lait et dormit jus-
qu’à ce que l’aube apparût. Il s’éveilla et sortit les trois boîtes que la jeune
fille lui avait données. Il ouvrit la première et il trouva un vêtement mer-
veilleux : le ciel et ses étoiles y étaient peints. Il ouvrit la deuxième et
trouva un vêtement : la terre, ses fleurs, ses arbres et ses animaux y
étaient peints. Il ouvrit enfin la troisième et trouva un vêtement : les mers
avec leurs poissons, leurs vaisseaux et leurs monstres y étaient peints.
A cet instant, le tailleur ouvrit la porte et entra en toute hâte. Il voulait
frapper Nûr ad-Dïn, mais il tomba sur le sol en voyant les vêtements
merveilleux. Quant il revint à lui, il porta les vêtements au roi. Le roi les
prit et courut lui-même chez la jeune fille. Il les lui offrit. La jeune fille
se mit à rire et lui dit : « Oui, c’est ma demande. Où est le jeune homme
qui fit ces vêtements?». Le roi demanda au tailleur : «Est-ce toi qui fis
ces vêtements? ». Le tailleur répondit : « Non, monseigneur. C’est mon
apprenti. Je cours chez moi et le ramènerai». Il courut à sa boutique et
amena Nûr ad-Dïn au roi et à la princesse. La princesse le reconnut. Le
roi et toute l’assistance le reconnurent. Le roi dit au tailleur : « Celui-ci
est mon fils, Nûr ad-Dïn le brave ». Et la princesse s’écria : « Celui-ci
est Nür ad-Dïn mon courageux époux ! ».
16
240
V. A. YAGI
LE SEL
Un roi avait trois fils. Un jour, il appela ses trois fils. Quand ils furent
devant lui, il les questionna sur l’étendue de leur amour pour lui. L’aîné
dit : « O mon cher père, je t’aime plus que les joyaux et l’or, bien mieux
que tous les trésors de ce monde ». Le cadet dit : « O mon père, le puissant,
je t’aime plus que les bonbons et que le miel ». Le plus jeune des fils du
roi se tenait debout et dit : « O mon père chéri, je t’aime à la mesure de
mon amour pour le sel ».
Le roi se mit en colère et dit : « Tu m’aimes à la mesure de ton amour
pour le sel amer?». Le jeune fils répondit : «Oui, ô mon père chéri».
La colère du roi augmenta. Il appela une troupe de ses soldats. Il leur
ordonna de mener son plus jeune fils jusqu’aux montagnes éloignées et
de l’égorger là-bas. Les soldats dirent : « Nous sommes prêts à entendre et
obéir ».
Le jeune garçon pleura. Ses frères pleurèrent, mais le roi ne lui fit
pas miséricorde. Les soldats se saisirent du garçon et partirent avec lui.
Il pleurait. Us allèrent très loin dans les montagnes. Quand ils voulurent
l’égorger, les soldats s’apitoyèrent sur le prince et ne purent le tuer. Lui
les aimait, les respectait et il usait de bons procédés à leur égard. Il donnait
à leurs jeunes enfants des bonbons et de beaux cadeaux. Les soldats dirent
enfin : « O petit prince, nous t’aimons et nous nous apitoyons sur toi.
Pour cela nous te laisserons. Mais ne t’approche pas de la ville car nous
craignons que ton père en apprenne la nouvelle et nous tue ». Le jeune
prince répondit : « Je vous remercie beaucoup. Jamais je ne m’appro-
cherai de la ville ».
Les soldats prirent ensuite les vêtements du prince. Us égorgèrent une
jeune gazelle et maculèrent les vêtements avec le sang de la gazelle afin
que le roi crût qu’ils avaient tué son fils. Us dirent adieu au prince et
retournèrent en pleurant à la ville. Le jeune prince erra seul entre les mon-
tagnes et les arbres. Il poursuivit sa marche. Il marcha nuit et jour pendant
tout un mois jusqu’à ce qu’il arrivât à une grande et belle ville.
Les ténèbres étaient épaisses quand il arriva dans cette grande ville
et il ne put y trouver un endroit pour y dormir. Il vit enfin une petite
maison. Il y alla et frappa à la porte. Une vieille femme sortit., U lui
demanda à dormir dans sa maison jusqu’au matin. La vieille femme accepta
et dit: «Entre1, mon fils, avec grande joie! Sois le bienvenu2». Le
jeune prince resta trois mois avec la vieille et ses petits garçons.
1 Formule de politesse pour demander à quelqu’un d’entrer, de s’asseoir,
en lui offrant quelque chose, etc...
2 Littéralement : « Vous êtes dans votre famille et ayez suffisamment de
place», c’est-à-dire «Soyez le bienvenu, vous n’êtes pas un étranger».
CONTES SOUDANAIS
241
Un jour la vieille dit au prince : « Écoute, ô mon fils. Notre roi est mort
il y a trois jours. Aujourd’hui les habitants de la ville s’assemblent tous
sur la grande place pour choisir leur nouveau roi. Viens avec nous voir
qui sera le nouveau roi ». Le prince y consentit et sortit avec elle après
qu’elle l’eut vêtu d’une belle chemise, de longs pantalons et d’un joli calot
jaune. La foule était assemblée sur la grande place. Ils lâchèrent un petit
oiseau selon leur coutume et ils attendirent jusqu’à ce que l’oiseau descendît
sur la tête de l’un d’entre eux. Ils sauraient ainsi qui serait le nouveau
roi et lui obéiraient. L’oiseau planait dans l’espace et les gens le regar-
daient avec une grande attention. Chacun d’eux espérait qu’il descendrait
sur sa tête ou sur la tête de son père ou de son fils. Mais le petit oiseau
descendit sur la tête du jeune prince. Les gens le regardèrent et crièrent :
« Non, non ! Nous ne le voulons pas. C’est un étranger, c’est un étranger ».
Us lâchèrent ensuite l’oiseau une seconde fois. Il vola, vola et descendit une
seconde fois sur la tête du prince. Quelques gens crièrent : « Non, non ! nous
ne le voulons pas, c’est un étranger ! ». Puis le petit oiseau vola, plana et tour-
noya dans les airs si longtemps que les gens crurent qu’ils ne redescen-
drait plus. Enfin le petit oiseau s’abattit sur la tête du jeune prince une
troisième fois. Cette fois, la colère des gens s’apaisa. Us se turent et
l’acceptèrent comme roi pour leur pays.
Le prince devint un roi aimé, sage et juste. Son histoire se répandit
dans beaucoup de pays. Un jour, le jeune roi envoya une lettre à son père,
le vieux roi. Il lui demandait de venir et de rester avec lui pendant sept
jours. Le vieux roi accepta et vint. Ses vizirs, ses soldats et ses serviteurs
le suivirent. Il decendit dans le palais du jeune roi qui l’accueillit avec
respect. Il fit égorger en son honneur un grand nombre de moutons et dit
à son cuisinier : « Ne mets pas de sel dans la nourriture ». Le vieux roi
passa deux jours avec le jeune roi mangeant la nourriture sans sel. A cause
de cela il mangeait très peu. Le troisième jour le vieux roi demanda au
jeune roi : « Avez-vous du sel? ». — « Oui. Pourquoi demandes-tu du sel? ».
Le vieux roi répondit : « Parce que nous mangeons la nourriture sans sel ! ».
Le jeune roi dit : « Aimes-tu le sel, ô roi? ». Il répondit : « Oui, je l’aime
beaucoup. Quelqu’un peut-il se passer de sel? Il nous est utile et indispen-
sable ». Le jeune roi dit : « Mais pourquoi as-tu tué ton jeune fils qui
disait qu’il t’aimait à la mesure de son amour pour le sel ? ».
Le vieux roi regarda le visage du jeune roi. Il le reconnut et l’embrassa
en pleurant amèrement. Il lui demanda pardon et son fils lui pardonna.
242
V. A. Y AGI
AT-TAÏB ET AL-KA'AB 1
At-Taïb monta sur son âne et sortit pour chercher du travail. Il portait
avec lui un peu d’eau et quelques provisions. Après qu’il eut parcouru
une assez longue distance, il rencontra un homme grand et laid de visage,
montant un âne borgne. Il le salua et ils voyagèrent de compagnie dans
la même direction, qui les mena dans le désert. A midi, ils trouvèrent un
petit arbre. Ils s’assirent sous cet arbre et at-Taïb sortit un peu de ses
provisions et de son eau. Ils mangèrent et, après s’être rassasiés, ils
prirent un bref repos. Ensuite, ils se levèrent et continuèrent sans interrup-
tion leur marche, parlant et riant.
At-Taïb dit subitement à l’homme : « Je m’appelle at-Taïb. Quel est ton
nom? ». L’homme répondit : « Mon nom est al-Ka'ab ». At-Taïb dit : « Ce
nom est laid. Ce n’est pas possible que ce soit là ton véritable nom ».
Al-Ka'ab répondit : « C’est mon véritable nom. On m’a appelé de ce nom
parce que mes actes sont mauvais et mon apparence est mauvaise, elle
aussi ». Le soir, ils s’assirent sous un grand arbre. At-Taïb sortit le reste
de ses provisions et de son eau. Ils mangèrent et burent et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, ils entendirent un lion pousser de violents rugis-
sements. Ils eurent très peur et se mirent à réfléchir à un moyen d’échapper
au lion. Après une longue réflexion, at-Taïb dit : « Viens, montons sur
cet arbre et abandonnons les deux ânes au lion ». Al-Ka'ab répondit :
« Non. Moi, je prendrai mon âne au sommet de l’arbre ». At-Taïb dit :
«Ceci est insensé! Ne perds pas de temps. Allons! montons sur cet
arbre ». Al-Ka'ab refusa et se mit à faire courir son âne inutilement. Quant
à at-Taïb, il se dépêcha de grimper sur l’arbre et il s’assit, s’étonnant de la
stupidité de son compagnon.
Puis le lion s’approcha d’eux. Al-Ka'ab abandonna son âne et grimpa
sur l’arbre. Le lion fondit sur l’âne d’al-Ka'ab et le mit en pièces. Il le
mangea jusqu’à ce qu’il fût rassasié. Quant à l’âne d’at-Taïb, il se cacha
derrière une grosse pierre jusqu’à ce que le lion s’en allât.
Le matin vint et les deux hommes descendirent de l’arbre. Al-Ka'ab
revendiqua l’âne survivant comme étant son âne; il prétendit que le lion
avait mangé l’âne d’at-Taïb. At-Taïb lui dit : « O mon frère ! ton âne
était borgne et celui-ci est sain ». Al-Ka'ab répondit : « C’est vrai mais
Allah l’a guéri ». Puis at-Taïb dit : « Oui, l’âne est ton âne, mais viens,
montons-le ensemble ». Al-Ka'ab dit : « Non. L’âne est mon âne. Je le
monterai seul. Quant à toi, monte sur tes jambes ! ». At-Taïb accepta et le
suivit à pied jusqu’à ce qu’ils arrivent à l’ombre d’un arbre. Ils y firent
1 Al-Kacab signifie « le mauvais ». Ce mot désigne dans le dialecte local
toutes les choses ou les actions mauvaises et méchantes.
CONTES SOUDANAIS
243
halte et al-Ka'ab sortit un peu de ses provisions et de son eau. Il s’assit et
mangea seul. At-Taïb lui dit : « Donne moi un peu d’eau ». Al-Ka'ab rit
aux éclats : «Ha! ha! ha! ». Et il dit : «Je n’ai rien pour toi, moi al-
Ka'ab. Pourquoi as-tu gaspillé ton eau et tes provisions? Par Allah! je ne
te donnerai pas une goutte d’eau ni une bouchée de pain, sauf si tu acceptes
ce que je te dirai». At-Taïb dit : «Et que dis-tu?». Al-Ka'ab répondit :
« Je mettrai mon doigt dans ton œil droit et je te donnerai une gorgée
d’eau ». At-Taïb s’écria : « Non, je ne veux pas. Je supporterai la soif si
Allah veut ». Après quelques heures, at-Taïb, à cause de la soif, fut saisi
d’une fatigue extrême. Il ne pouvait ni parler ni marcher, et ne pouvait
voir le chemin. Il dit à son compagnon d’une voix faible : « O mon frère !
Tu as mangé avec moi mes provisions et bu mon eau. Pourquoi m’interdis-
tu tes provisions et ton eau? ». Al-Ka'ab répondit : « Ne dis pas de paroles
vaines sans profit. Par Allah, je ne te donnerai ni eau ni pain, excepté si
je fais entrer mon doigt dans ton œil droit et gauche ». At-Taïb dit : « Tu
avais dit que tu voulais faire entrer ton doigt dans mon œil droit seule-
ment!». Al-Ka'ab répondit : «Oui, j’ai dit cela mais j’ai changé d’idée
parce que tu n’as pas accepté sur-le-champ ». At-Taïb dit : « Et comment
irai-je avec toi quand tu auras crevé mes yeux? Me conduiras-tu jusqu’à ce
que nous arrivions à la ville où nous allons? ». Al-Ka'ab éclata de rire et
dit : « Non, je ne peux pas rester en arrière. Je te laisserai ici, sous cet
arbre ». At-Taïb se mit dans une violente colère et se dit en lui-même :
« Pourquoi lui ai-je donné mes provisions et mon eau? Et pourquoi l’ai-je
accompagné? Pourquoi lui ai-je laissé mon âne?». Pendant qu’il réfléchis-
sait, al-Ka'ab lui dit : « Mon ami, la cécité est préférable à la mort. Viens,
je crève ton œil et je te donnerai un peu d’eau. Si tu n’acceptes pas, je
t’abandonne et je m’en vais ». At-Taïb réfléchit un peu et dit: « Je me confie
en Allah. Viens, fais ce que tu veux ». Il croyait qu’al-Ka'ab le prendrait
en pitié. Mais al-Ka'ab s’avança et creva ses yeux sans pitié. Il lui donna
une très petite quantité d’eau et l’abandonnant sous l’arbre, il s’en alla.
Le pauvre at-Taïb était tristement assis, pensant à son affaire et deman-
dant à Allah de l’aider. Chaque fois qu’il entendait un mouvement, il se
mettait debout et disait à haute voix : « Aie pitié du pauvre et Allah aura
pitié de toi. Je suis aveugle, prends-moi avec toi à la ville». At-Taïb
entendit dans son sommeil une voix l’appeler : « O homme bon, marche
vers l’occident cinq pas. Tu trouveras un petit arbre. Prends quelques
unes de ses feuilles et pose-les sur tes yeux ». At-Taïb se mit hâtivement
debout et n’entendit rien. Ils se recoucha et entendit une autre fois la
voix l’appeler. Cette fois, il obéit à l’ordre de la voix et fit cinq pas vers
l’occident, jusqu’»' ce qu’il trouvât l’arbre. Il prit quelques-unes de ses
feuilles et les posa sur ses yeux. Il recouvra la vue en l’espace d’un
éclair. U rassembla ensuite une petite quantité des feuilles de l’arbre et
se dirigea vers la ville.
244
V. A. YAGI
Il vit subitement devant lui un haut palais. Il marcha dans sa direction
jusqu’à ce qu’il y parvînt. Il s’assit à proximité. Un petit garçon vint vers
lui et lui offrit de l’eau fraîche et une nourriture glacée. At-Taïb mangea
et but. Après qu’il se fut un peu reposé, il demanda au jeune garçon à qui
appartenait le palais. Le jeune garçon répondit : « C’est le palais de
notre seigneur le roi». At-Taïb dit : «Le roi est-il ici à présent?». Le
jeune garçon répondit : « Oui, mais il est aveugle depuis des mois et il
garde le lit. Les médecins ont tenté en vain de le guérir ». At-Taïb dit :
« Je peux le guérir. Conduis-moi vers lui ». Il le conduisit au roi et il lui
dit : « Ta guérison sera l’œuvre de ma main, ô mon seigneur ; ne crains
rien. Si je suis incapable de te guérir, coupe-moi la tête ». Le roi lui permit
de s’avancer et d’essayer et il dit : « Si tu réussis je te ferai mon vizir
et je te donnerai ma fille en mariage. Sinon je te couperai la tête ». At-Taïb
sortit les feuilles de l’arbre et les posa sur les yeux du roi et lui rendit
la vue.
At-Taïb épousa la fille du roi; il devint un vizir puissant et aimé du
roi et de tous ses sujets. Il devint un médecin célèbre, guérissant la cécité
en un court instant.
Un jour d’entre les jours, at-Taïb monta sur son cheval et sortit pour
chasser avec ses serviteurs, ses esclaves et ses chiens rapides. Il rencontra
en chemin un homme affaibli, laid de visage, assis sous un arbre. Les signes
de la faim et de la maladie apparaissaient sur lui. Il alla vers lui, le salua
et ils se reconnurent tous deux. At-Taïb prit al-Ka'ab chez lui et le traita
généreusement. Il lui donna l’hospitalité pendant trois jours et le conduisit
chez le roi. Quand tous deux furent devant le roi, at-Taïb dit : « Mon
Seigneur le roi, celui-ci est mon frère venu me visiter. Il m’a demandé de
revenir avec lui au pays. Mais j’ai refusé et lui ai demandé de rester ici
avec moi. J’espère que mon Seigneur le roi l’aidera ». Le roi répondit :
« Sois le bienvenu, ô hôte généreux. Daigne nous honorer. Nous aimons
at-Taïb et nous aimons tous ceux qui viennent de son pays ». Ensuite
al-Ka'ab demeura l’hôte du roi pendant trois autres jours et le quatrième
jour, le roi le nomma vizir.
Les deux vizirs demeurèrent une année entière dans la félicité et le
bonheur. Mais al-Ka'ab remarqua que les gens respectaient et aimaient
at-Taïb. Il machina un stratagème pour le tuer. Il se rendit chez le roi une
nuit, tandis que tous dormaient et il lui dit : « Mon Seigneur, at-Taïb
à qui tu donnas ta fille en mariage et que tu fis vizir est un de nos esclaves.
Je suis venu ici pour le ramener mais j’ai eu honte et n’ai pu». Le roi
resta silencieux un long moment, puis il dit : « At-Taïb m’a guéri et m’a
fait du bien. Je lui promis le vizirat et je le mariai à ma fille. C’est un
homme bon et je l’aime». Al-Ka'ab répondit : «Mais n’oublie pas, mon
Seigneur que c’est un esclave et moi je raconterai demain son affaire aux
gens ». Le roi eut très peur de l’affront et il dit à al-Ka'ab : « Ne fais
CONTES SOUDANAIS
245
pas cela. Nous te promettons de réfléchir à un moyen de tenir caché ce
secret ». Al-Ka‘ab répondit : « La chose est facile. At-Taïb te rencontre sou-
vent le matin. Demande à tes gardes de creuser une grande fosse et de la
remplir de braise. Ordonne-leur d’y jeter le premier homme qui viendra
le matin. Tu pourras après cela t’affliger auprès des gens et dire que tu
n’avais pas l’intention de tuer ton ami at-Taïb ». Le roi entendit ces paroles
et fut saisi d’une violente colère. Il dit : « Ceci est un crime. Comment
tuerai-je mon ami! ». Al-Ka'ab répondit : «Alors j’apprendrai aux gens ce
matin qu’il est un de mes esclaves. Je le lierai avec une, longue corde et
je le conduirai devant moi. Les gens comprendront et riront de toi quand
ils connaîtront la vérité ».
Finalement, le roi craignit qu’al-Ka'ab lui fît un affront devant les gens.
Il ordonna à ses gardes de creuser une grande fosse, de la remplir de braise
et d’y jeter le premier homme qui entrerait ce matin au palais. Al-Ka'ab
fut saisi d’une grande joie. Il alla à sa maison, après s’être assuré qu’at-
Taïb mourrait ce matin.
Le roi ne put dormir de toute la nuit, craignant la mort de son ami
chéri at-Taïb. Mais at-Taïb cette nuit tomba malade et ne dormit pas de toute
la nuit. Au matin, il ne put aller au palais à cause de sa maladie. Il fit
écrire une lettre par son serviteur en s’excusant auprès du roi.
Quant à al-Ka'ab, il s’éveilla très tôt le matin, joyeux de voir at-Taïb
dans la fosse. Dès que le soleil brilla, il se hâta vers le palais du roi. Les
gardes le saisirent et le jetèrent dans le feu. Et il criait : « Ce n’est pas moi
la victime, ô gens! ».
Peu après, le serviteur d’at-Taïb vint porter au roi la lettre d’excuse
d’at-Taïb. Le roi fut saisi d’une grande joie quand il lut la lettre et il
comprit qu’at-Taïb avait été retardé et sauvé de la mort. Ensuite le roi
se hâta de sortir du palais pour voir l’homme que les gardes avaient jeté
dans le feu et il trouva al-Ka'ab en train de brûler. Il rit et dit : « Celui
qui creusa la fosse pour son frère, y est tombé » 2. Le roi retourna dans son
palais et écrivit une lettre à son ami at-Taïb lui souhaitant une prompte
guérison.
LA VIEILLE CLEF
Dans l’ancien temps, une cruelle famine survint dans un village. Les
gens ne trouvaient rien à manger car leurs animaux mouraient et, comme
cette année-là la pluie ne tombait jamais, aucune plante ne poussait. Quand
les gens furent fatigués et qu’ils ne trouvèrent plus rien à manger, ils
2 Proverbe oriental cité par René Basset dans Mille et un Contes. Récits
rt Légendes arabes, II, p. 325.
246
V. A. YAGI
chargèrent leurs petites affaires sur leur dos et partirent pour les villes
voisines chercher nourriture et travail.
Parmi ceux qui partirent de ce village était un beau garçon du nom de
‘Abbas. ‘Abbas avait vécu avec un bon laboureur qui l’éleva après la mort
de son père et de sa mère.
Dès que la famine se fit sentir, le bon laboureur dit à ‘Abbas l’orphelin :
« O 'Abbas ! ô mon fils, je t’ai élevé et j’aimerais que tu sois avec moi
toute ma vie, mais j’ai peur que tu meures de faim. Pars vers une des
villes ; peut-être trouveras-tu un travail ». ‘Abbas l’orphelin répondit :
« Je te remercie beaucoup de ta sollicitude et j’espère te rendre cette bonne
action dans le proche avenir s’il plaît à Allah! ». Ensuite ‘Abbas sortit et
alla en direction de la ville. En chemin il réfléchissait : « Trouverai-je
à la ville un homme bon comme ce laboureur, me recevant en hôte dans sa
maison jusqu’à ce que je trouve du travail. Et trouverai-je du travail à
la ville? ». 'Abbas arriva enfin à la ville après minuit. Il se mit à chercher
et à chercher, mais il ne trouvait aucun endroit pour dormir. Après un
long moment, 'Abbas trouva une vieille maison en ruine et il s’y coucha.
'Abbas l’orphelin ne dormit point car le froid était intense et il était
affamé. Pendant qu’il réfléchissait et réfléchissait tristement, il sentit
qu’on touchait sa main. Il se dressa effrayé. « Je me réfugie en Allah
en ceci!». Que vit-il? Il vit un homme grand et fort debout près de lui,
portant une lampe dans sa main gauche et un gros bâton dans: sa main
droite. “Abbas l’orphelin eut peur, mais il chassa la peur de son cœur
et il dit à l’homme : « Que veux-tu, ô mon oncle? ». L’homme répondit d’une
voix rude : « Viens avec moi ».
Et il marcha à l’intérieur de la maison en ruine. 'Abbas le suivit. Après
un court instant, 'Abbas se trouva dans un beau et grand palais à
l’intérieur de la terre, et, dans le palais, une salle où était une grande
table couverte de toutes sortes de bonnes choses à manger. ‘Abbas l’orphe-
lin mangea jusqu’à ce qu’il fût rassasié. Ensuite l’homme alla dans une
autre salle et 'Abbas le suivit jusqu’à ce qu’il trouvât un lit couvert des
plus belles soies. ‘Abbas l’orphelin s’y coucha et dormit d’un sommeil
paisible jusqu’au matin.
Au matin, l’homme vint, apportant de la nourriture et du lait. Il l’offrit
à 'Abbas. Après que 'Abbas eut mangé et eut bu le lait, l’homme lui dit : « Il
paraît que tu es courageux, ô mon fils, car tu es le premier homme qui ait
pu entrer dans ce palais, mais ton courage se manifestera ce soir ». 'Abbas
demanda : «Qu’arrivera-t-il ce soir?». L’homme rit et dit : «Des hommes
forts viendront vers toi, ils porteront de gros bâtons et te frapperont avec
violence. Si tu supportes avec patience les coups et le tourment trois nuits,
tu auras délivré la belle petite princesse».
'Abbas dit: «Qui est la belle petite princesse?». L’homme rit de sa
grosse et vilaine voix et dit : « Si tu supportes avec patience et souffres
CONTES SOUDANAIS
247
les coups, tu verras la jeune princesse de tes yeux et elle te racontera son
histoire ». — « Je suis ‘Abbas le héros ! je n’aurai jamais peur ». L’homme
dit : « J’ai peur QUe t’enfuies après la première nuit ». ‘Abbas s’écria :
« Non, non, je ne m’enfuierai pas. Je suis 'Abbas le héros ». Le soir,
‘Abbas entendit des voix fortes et effrayantes. ‘Abbas eut peur, mais il
chassa la peur de son cœur et dit : « Je suis ‘Abbas le héros. Je patienterai
jusqu’à ce que je délivre la jeune princesse».
Après un court instant, sept hommes forts entrèrent près de lui. Ils
ressemblaient à des diables et ils se mirent à le frapper à coups violents
et douloureux jusqu’à ce qu’*Abbas tombât comme mort. L’homme grand
vint le matin et il apportait un remède magique. Les blessures de ‘Abbas
furent guéries en quelques heures. Et ainsi ‘Abbas l’orphelin continua à
souffrir les coups et le tourment trois nuits et l’homme le guérissait avec
son remède magique. Le matin du quatrième jour, la belle petite princesse
entra dans la chambre de ‘Abbas. Elle l’embrassa et le remercia. Et 'Abbas
fut saisi de joie et se mit à contempler ses longs chevex dorés, son beau
visage et ses vêtements soyeux. Enfin il lui dit : « Qui t’a amenée en ce
lieu, ô belle petite princesse? ». Elle lui répondit de sa jolie voix : « Je
suis la fille du roi Sarhân. Des diables m’ont enlevée il y a cinq ans et
m’ont emprisonnée dans ce palais. Ils m’ont dit : Nous ne te ferons sortir
que lorsqu’un homme viendra et souffrira nos coups et nos tourments trois
nuits. Des hommes vinrent fréquemment mais eurent peur du maître de la
lampe et s’enfuirent. Quant à toi, tu m’as délivrée, ô mon aimé. Je t’aime
et voudrais que tu m’épouses. Est-ce que tu acceptes? ».
‘Abbas fut saisi de joie. Il rit et dit : « Volontiers, avec joie ». La prin-
cesse lui indiqua son pays et le palais de son père. Elle lui dit : « Les
diables m’emporteront maintenant. J’espère que tu viendras dans notre
pays. Je t’attendrai, ô mon aimé».
Ensuite la princesse disparut, et ‘Abbas se trouva seul dans la vieille
maison en ruine. ‘Abbas l’orphelin ne put louer ni une voiture, ni un
chameau, car il ne possédait pas d’argent. Il se mit à marcher en direction
du palais du roi Sarhân dans la ville de Tarhân et il continua de marcher
pendant de nombreux mois. Pendant ce temps, la belle petite princesse
l’attendait, mais à la fin elle crut qu’‘Abbas l’orphelin ne l’aimait point et
qu’il ne viendrait plus. Elle accepta ainsi d’épouser le prince Sa‘ad Allah,
fils du roi Jâd Allah. Et les fiançailles s’accomplirent. Un jour, la belle
petite princesse marchait avec son fiancé le prince Sa'ad Allah dans son
jardin parmi les grands arbres et les belles fleurs. Elle se tourna soudain
et elle vit son maître, celui qui l’avait délivrée des diables. Elle fut saisie
Je joie et se rappela sa promesse envers 'Abbas.
Elle réfléchit un court instant et dit au prince son fiancé : « Ecoute, ô
prince, voici que j’égarais la vieille clef de ma maison et j’achetais une
clef nouvelle. Après des jours, je trouvais la clef ancienne. Que dois-je
248
V. A. YAGI
faire?». Le prince répondit : «Évidemment l’ancienne clef est la clef qui
convient à la porte. Emploie-la et laisse la nouvelle ». La princesse lui dit :
« Tu as dit la vérité. Celui-ci est mon aimé ‘Abbas, héros orphelin qui me
délivra des diables. Je l’ai trouvé à présent et je le choisis comme époux.
Quant à toi, ô prince, pars en paix et cherche une autre épouse ».
Le prince contempla 'Abbas un long moment et dit : «Je ne crois pas!
Accepterais-tu ce jeune homme crasseux comme époux, toi fille du roi
Sarhân! ». La jeune princesse répondit : «Oui, il est sale, mais il est un
grand héros et il sauva ma vie. Je l’ai accepté pour époux ». Elle embrassa
'Abbas et le conduisit au palais de son père et l’épousa.
IBLÏS
Iblîs, le chef des diables, s’assit à l’ombre d’un arbre et cria : « Shamhîl,
Tamhîl, Mawary, Kawâry, Fawâry ! ». Ses fils, les diables se mirent en
mouvement de tous côtés. Ils volèrent avec une rapidité effrayante vers
l’arbre sous lequel était assis leur chef le maudit.
Ils s’assirent devant lui en toute déférence. Il leur dit d’une voix grave
et terrible: «Qu’avez-vous fait aujourd’hui avec les fils d’Adam?». Un
des diables se leva et dit : « Mon Seigneur le chef, aujourd’hui j’ai mis
en colère un homme bon et l’ai excité jusqu’à ce qu’il tuât son ami ».
Iblîs dit : « Tu as bien agi, ô mon fils. Assieds-toi ». Ensuite un autre
diable se leva et dit : « Mon Seigneur le chef respecté, aujourd’hui, j’ai
réussi à empêcher soixante-dix hommes de faire la prière de l’aube ».
Iblîs dit : « Ceci est un bel acte ». Iblîs se tourna ensuite vers un petit
diable et lui dit : « Qu’as-tu fait avec ce laboureur at-Taïb, qui prie à
longueur de jour et de nuit, a pitié des pauvres et laisse les oiseaux manger
ses grains? ». Le petit répondit: « J’ai été impuissant à séduire ce laboureur,
et toutes les ruses que j’ai tentées ont échoué, car il lit le Coran nuit
et jour ».
Iblîs se mit dans une violente colère. Il bondit d’un immense bond, secoua
sa longue queue, leva son nez vers le ciel, frappa un grand arbre de sa main
et le cassa. Puis, il dit : « Écoute, ô diable, ô petit, si tu n’as pas corrompu
le caractère de ce laboureur en sept jours, je te brûlerai dans uji feu
ardent, puis, je broierai tes os et les jetterai au vent ». Le petit diable
dit d’une voix faible : « Je t’écoute et t’obéis, ô mon Seigneur le chef ».
Et la grande assemblée se sépara.
Le petit diable partit chez le laboureur at-Taïb et le suivit six jours.
Nuit et jour, il susurra la tentation dans sa poitrine pour qu’il laisse la
prière, qu’il désobéisse à Allah, qu’il mente et trompe les hommes. Mais le
laboureur at-Taïb refusa d’écouter les suggestions du diable et toujours
CONTES SOUDANAIS
249
il disait: «Je me réfugie auprès d’Allah contre Satan le Lapidé!»1.
Le septième jour le petit diable eut peur du châtiment de son père Iblîs,
le grand Maudit. Et il cria du plus perçant de sa vilaine voix : « Il faut
que je réussisse aujourd’hui, sinon je serai tué et brûlé».
U alla vers un autre laboureur jeune et fort du nom de Sulaymân. Il
travaillait avec le laboureur at-Taïb. Il lui susurra la tentation dans sa
poitrine jusqu’à ce qu’il se mît en colère et tuât le fils du laboureur at-Taïb.
Le diable fut content et bondit jusqu’au ciel, puis descendit en hâte et
dansa. Et il chantait avec sa vilaine voix et disait : « A présent le laboureur
at-Taïb viendra et verra son fils tué. Il se mettra en colère et tuera Sulay-
mân ». Après un court instant, le laboureur at-Taïb apprit le meurtre de
son fils. Il alla et marcha avec calme et avec lui, un grand nombre de gens
pleuraient, criaient et insultaient Sulaymân le meurtrier. Mais le laboureur
at-Taïb leur dit : « Taisez-vous, ô gens. Ne soyez pas en colère. Ceci est
ce qu’a promis le Miséricordieux » 2. Le petit diable entendit les paroles du
laboureur at-Taïb et fut en proie à une violente colère. Il comprit qu’il
avait essuyé un cuisant échec. Il se mit à pleurer et à crier de sa vilaine
voix, et vola jusqu’à son chef Iblîs le Maudit.
LA FEMME DE JOHA1
Connais-tu l’oncle Joha? En as-tu entendu parler? L’oncle Joha était un
homme facétieux, célèbre par son esprit et ses bizarreries. Je crois que tu en
as entendu de nombreuses histoires et que tu l’as dessiné de nombreuses fois
avec ses markoub 2 rouges, sa jocba3 verte, son tourtour4 blanc et sa
ceinture jaune.
L’oncle Joha mourut et laissa sa femme et ses petits enfants. Il ne leur
avait laissé pour tout bien qu’un âne courtaud et laid. La femme de Joha
monta sur cet âne et sortit chercher la nourriture de ses enfants. En
chemin, elle rencontra un homme monté sur un bel âne. Elle le suivit
jusqu’à ce qu’elle arrivât avec lui à sa maison au coucher du soleil. L’homme
lui demanda de passer la nuit auprès de sa femme et de continuer ensuite
1 Cfr Coran, XXIII, 99.
2 Cfr Coran, II, 103.
1 Joha, personnage légendaire du folklore oriental. L’origine en est pro-
bablement irakienne. Joha est célèbre à la fois par sa niaiserie et son esprit
mélangé de ruse. Ses plaisanteries et ses bizarreries sont passées en proverbe
dans tout 1 ’Orient.
2 Sorte de chaussures portées au Soudan et en Égypte.
3 Vêtement ample et ouvert que les hommes mettent sur leur jalldbiya.
4 Long bonnet pointu porté principalement par les femmes au Liban et en
Syrie.
250
V. A. YAGI
son voyage le matin. La femme de Joha accepta et fit arrêter son âne.
Elle entra ensuite. La maîtresse de maison l’accueillit avec joie et lui fit
bon accueil. Elle lui offrit une bonne nourriture, lui prépara un bon lit
où elle dormit jusqu’au matin.
Très tôt le matin, la maîtresse de maison apporta à manger à la femme
de Joha et du lait. Ensuite elle prépara le petit déjeuner de son mari et
sortit. Quand elle rentra, elle trouva la femme de Joha balayant la maison
et rangeant les ustensiles. Elle lui dit : « Merci. Pourquoi te fatigues-tu?
Tu es une invitée ». La femme de Joha répondit : « Je ne suis pas une
invitée. Le maître de cette maison m’a épousée et m’a amenée de mon
pays ». La maîtresse de maison se mit en colère et alla chez son mari. Elle
le querella sans le questionner, si bien que les gens s’assemblèrent et lui
demandèrent la cause de cette querelle. Elle leur raconta l’histoire de
l’invitée, puis elle dit : « Par Allah ! Regardez eet homme perfide qui
part et épouse une autre femme ». Son mari dit : « Je ne l’ai jamais
épousée et je ne la connais pas. Je l’ai seulement trouvée en chemin. Elle
m’a demandé de l’héberger cette nuit et ensuite elle partirait au matin ».
Sa femme dit : « Elle partirait au matin, ô menteur ! ».
Les gens ensuite allèrent à la maison et interrogèrent la femme de
Joha devant le maître de la maison. Elle dit : « Oui, cet homme m’a épousée
et m’a amenée de chez ma famille. Est-ce que vous croyez, ô gens, que moi,
je suis une menteuse. Est-il possible qu’une femme dise une semblable
parole? ». Elle se mit à pleurer. Les gens dirent au maître de la maison :
« Il semble qu’elle est sincère dans ses paroles ».
Quand le maître de la maison eut compris qu’elle était une fourbe
habile il lui dit : « C’est vrai. Je t’ai épousée mais je te répudie à présent,
retourne dans ta famille ». La femme de Joha répondit : « Mais il faut
que tu m’amènes toi-même ou avec un de tes enfants à ma famille car moi,
je ne connais pas le chemin ». Les gens dirent : « C’est une parole sensée.
Il faut que tu la renvoies avec ton fils aîné puisque toi tu es occupé ».
L’homme accepta. Il donna un chameau à l’aîné de ses fils et l’envoya
avec elle. En chemin, la femme de Joha commença à réfléchir au moyen de
s’approprier le chameau. Pendant qu’elle réfléchissait, elle passa près
d’un grand souk. Un grand nombre de gens y étaient réunis, vendant des
grains, des vêtements et des dattes. Elle entendit un homme crier : « La
belle pastèque! Je suis prêt à la couper!»5. Elle dit au garçon : «Va
et achète-nous une grosse pastèque pour que nous la mangions en chemin ».
5 Au Soudan, en Égypte et en Irak, les marchands de pastèques coupent
une pastèque ou y font une entaille pour montrer que leurs pastèques sont
bien rouges. Les marchands crient : 'Alâ as-siklcïn, lit. «au couteau», c’est-à-dire
«je coupe». Ils coupent ou entaillent les pastèques jusqu’à ce que l’acheteur
en trouve une bien rouge.
CONTES SOUDANAIS
251
Quand le garçon fut parti, la femme de Joha appela un homme riche et
lui dit : « Aimerais-tu m’acheter un esclave robuste ? Il te servira et obéira
à tes ordres». Il répondit : «Volontiers. Où est-il?». La femme de Joha
lui montra le garçon et dit : « Cet esclave m’aime beaucoup. Il ne veut
jamais se séparer de moi et il dit toujours qu’il est libre. Peux-tu le
prendre? ». L’homme riche répondit : « Oui je le peux ». Et il paya le prix.
Quant le garçon revint, la femme de Joha prit la pastèque et lui dit :
« Va avec ton oncle, celui-ci, et sois pour lui un fils vertueux ». Le garçon
dit: «Pourquoi irai-je avec lui?». L’homme riche dit : «Je t’ai acheté
à ta maîtresse, ô esclave, suis moi ». Le garçon répondit : « Je ne suis
pas un esclave. Je suis un homme libre ». Et il pleura. 'La femme de Joha
dit : « Ne t’ai-je pas dit qu’il disait toujours qu’il est libre? ». Ensuite
la femme de Joha monta sur le chameau. Elle poussa devant elle son âne
et partit.
Quant au garçon, l’homme riche le poussa devant lui après qu’il l’eut
battu et corrigé. La femme de Joha arriva à sa maison et elle égorgea le
chameau pour ses enfants. Ils furent contents et se mirent à le manger
pendant six jours, nuit et jour. Le septième jour, vint chez eux un homme
monté sur une belle chamelle blanche et habillé d’un bel *aba6 également
blanc. Il demanda à la femme de Joha de lui donner de l’eau froide. Elle
dit à son fils aîné : « Yahya nous n’avons pas d’eau chez nous. Va et
amène de l’eau de chez notre voisine ». L’enfant dit : « Je suis nu et ne
peux y aller ». La femme de Joha dit à l’homme : « Donne ton vêtement
à cet enfant pour qu’il s’en couvre et t’apporte de l’eau ». L’homme donna
son vêtement à l’enfant mais l’enfant partit et ne revint pas. Elle dit à son
deuxième fils : « Salâh. viens et rattrape ton frère». Salâh dit : «Je suis
nu, comment irai-je? ». Elle dit à l’homme : « Donne lui ton turban pour
qu’il parte et cherche son frère ». L’homme s’exécuta. Ainsi les quatre
fils de Joha furent habillés avec les vêtements de l’homme. Ils partirent et
ne revinrent point. L’homme resta avec seulement son caleçon attendant
l’eau froide. Enfin la femme de Joha dit à l’homme : « Ces enfants sont
des diables. Va et vois où ils sont partis ». L’homme laissa sa chamelle et
partit chercher les enfants. La femme se hâta d’enfourcher la chamelle et
s’enfuit. Quand l’homme vit sa chamelle, il courut derrière elle. Mais elle
était beaucoup plus rapide que lui.
La femme de Joha arriva à la maison d’un forgeron. Elle descendit,
s’approcha de lui et lui dit : « Mon mari va arriver chez toi sous peu.
C’est un homme fou. Il a essayé de me tuer. Je suis montée sur cette
chamelle et me suis enfuie loin de lui. J’espère que tu le saisiras et le
garrotteras q”?nd il arrivera ». Le forgeron accepta et amena ses cordes.
6 Manteau, généralement en laine, long et ample que les hommes mettent
sur leur jallabiya.
252
V. A. YAGI
Il attendit l’homme jusqu’à ce qu’il arrivât et le garrotta avec ses cordes.
Celui-ci cria : « La chamelle est ma chamelle. Cette femme a volé mes
vêtements ». Pendant que le forgeron était occupé avec le maître de la
chamelle, la femme de Joha volait les affaires du forgeron. Elle monta sur
la chamelle et prit la fuite.
Quand le forgeron eut fini de lier l’homme, il se retourna et ne trouva
plus ses affaires. Il se mit dans une violente colère et courut derrière la
femme jusqu’à ce qu’il la rattrapât et revint avec elle chez lui. Quand il
revint, le maître de la chamelle lui raconta son histoire. Le forgeron le
crut et défit les cordes. L’homme et le forgeron s’assirent et réfléchirent
au moyen de tuer cette femme rusée.
Après avoir longuement réfléchi, le forgeron apporta un grand panier.
Il y mit la femme de Joha et ferma le couvercle du panier avec un fil fort
et solide. Ensuite il dit au maître de la chamelle : « Viens avec nous. Nous
la jetterons dans le fleuve ». Le chamelier dit : « Quelqu’un pourrait nous
voir et nous conduire au gouverneur ». Le forgeron dit : « Que ferons-
nous?». Le chamelier se tut quelques minutes et dit: «Les bédouins
portent leurs affaires sur le dos des chameaux et personne ne les questionne.
Pourquoi n’engagerions nous pas un bédouin pour qu’il emporte ce panier
sans que nous lui disions ce qu’il contient ». Le forgeron répondit : « C’est
une bonne idée ».
Puis il sortit et appela un bédouin. Il lui donna vingt girish 7 pour
emporter le panier et le jeter dans le fleuve. L’arabe fut content. La femme
de Joha était sur le point de mourir de rire parce qu’elle pensait à un
moyen de s’approprier le chameau du bédouin en chemin. Quand le bédouin
arriva au fleuve, il voulut jeter le panier dans le fleuve. La femme de
Joha dit de sa voix la plus perçante : « Louange à Allah ! Louange à
Allah! attends! attends! attends! ah! ah!...». Le bédouin eut très peur
et fit un grand bond. Puis il s’arrêta loin et dit : « Qui es-tu? ». La femme
de Joha répondit : « Viens et ouvre le panier, je te le dirai ». Le bédouin
répondit : « J’ai peur et je ne peux pas ouvrir le panier sans savoir
qui tu es ». Elle dit : « Je suis la mère du forgeron. Viens et ouvre pour
que je te raconte l’histoire ». Le bédouin ouvrit le panier et la femme de
Joha sortit. Elle dit : « Louange à Allah, le Maître des mondes !8. J’étais
morte avant des heures, ô mon fils, quand mon fils t’a demandé de me jeter
dans le fleuve. A présent louange à Allah ! je vis une seconde fois ». Le
bédouin dit : Pourquoi ton fils ne t’a-t-il pas enterrée dans un tombeau? ».
La femme de Joha répondit : « Parce que je lui ai demandé cela par peur
du tombeau ». Puis elle lui dit : « Va chez mon fils et dis lui que sa mère
est vivante et il te donnera une grosse récompense ». Le bédouin fut content
7 Environ vingt francs.
8 Coran, I, 1.
CONTES SOUDANAIS 253
et oublia son chameau. Il courut d’une course rapide pour donner la
nouvelle au forgeron.
La femme de Joha se dépêcha de monter sur le chameau et de fuir
jusqu’à sa maison. Quand le bédouin eut annoncé au forgeron ce qui était
arrivé, le forgeron lui dit : « O bédouin stupide ! La femme rusée a volé
ton chameau ! ».
LA BAGUE DU VOLEUR
‘Othman était un jeune homme fort et courageux mais il était un voleur
fameux. Depuis son enfance, il volait le bien dans les maisons des riches.
Une certaine nuit, 'Othman pénétra dans le palais du roi. D trouva les
gardes, les serviteurs et les esclaves dormant. Il se glissa jusqu’à une grande
chambre obscure où il trouva un grand lit. Il étendit sa main pour savoir
s’il y avait là quelqu’un dormant sur le lit. Je me réfugie auprès d’Allah !
C’était la chambre du roi et c’était le lit du roi. Le roi l’empoigna par sa
main et se mit à appeler ses gardes. Le voleur se hâta de poser son autre
main sur la bouche du roi. Il se mit à enlacer le roi jusqu’à ce qu’il s’en
délivrât. Il courut jusqu’à la sortie du palais. Les gardes le virent mais
il leur échappa en courant. Mais hélas! il se rappela qu’il avait oublié
sa bague dans la chambre du roi. Il se dit à part lui : « Demain le roi me
connaîtra. Il faut un moyen pour que je vole la bague. Je vais aller chez
mes trois amis. Peut être m’aideront-ils à sortir de ce grand malheur ».
'Othman arriva à la maison de son premier ami et lui raconta l’histoire.
Son ami dit : « Je ne peux pas t’aider, ô voleur maudit! Je partirai à
l’instant de cette ville. Demain le roi saura que je suis ton ami et il me
tuera avec toi ». 'Othman lui dit : « Je te croyais un ami, l’heure du chagrin
m’est utile, mais à présent je te connais et je sais que tu es un homme
lâche ». Son ami dit : « Va-t-en. Ne multiplie pas tes paroles. Pourquoi
voles-tu? ».
‘Othman ensuite alla jusqu’à la maison de son deuxième ami. Il lui
raconta l’histoire de la bague et lui demanda de l’aider à sortir de ce
grand malheur. Son ami rit et lui dit : « Cette affaire est facile. Va et
dors à l’aise et demain, je te défendrai devant le roi. Jamais le roi ne te
tuera ». ‘Othman répondit : « O mon frère, ne ris pas. Le roi a un grand
nombre de soldats, de gardes et d’esclaves. Il s’emparera de moi. Comment,
toi, me défendras-tu? ». Son ami dit : «Demain je réunirai tous les
garçons et leur raconterai l’affaire. Je donnerai à chacun d’entre eux
un gros bâton po’’r frapper les soldats du roi ». 'Othman dit : « Us ne
pourront pas ». Son ami rit et dit : « N’aie pas peur. Je ferai ceci : je
les réunirai pour toi et les encouragerai ». 'Othman répondit : « O mon
frère ! tu es un menteur et il est inutile de parler avec toi ».
254
V. A. YAGI
Ensuite 'Othman alla chez son troisième ami Ja'far. Il lui raconta l’his-
toire et ce que ses deux amis avaient fait. Ja'far dit : « Va et monte
sur ton cheval. Je ferai de même et t’attendrai à la sortie de la ville ».
'Othman le rejoignit après un moment avec son cheval et ils chevauchè-
rent jusqu’à ce qu’ils atteignissent, à l’aube, une grande forêt aux arbres
énormes et dispersés. Ils firent halte là et chacun d’eux attacha son cheval.
'Othman s’arrêta perplexe, attendant ce que son ami ferait. Ja'far se
tourna vers lui et dit : « Tu sais, ô 'Othman, qu’il y a dans cette forêt un
lion grand et fort et que le roi a promis une récompense à quiconque lui
amènera ce lion vivant ». 'Othman répondit : « Oui mon ami. Mais à quoi
bon cette récompense, pour moi qui ai besoin d’échapper à la mort ».
Ja'far dit : « Ne crains pas mon ami. Tu échapperas à la mort, s’il plaît
à Allah. Tout ce que j’attends de toi c’est que tu montres ton courage et
ta force et que tu m’aides à m’emparer de ce lion vivant». 'Othman dit :
« Ecoute, écoute, c’est la voix du lion. C’est une voix effrayante ». Ja'far
dit : « Oui, la voix s’approche de nous peu à peu. Il faut que nous nous
préparions à le rencontrer. Prends cette corde. Sois courageux, ô 'Othman!
Rappelle-toi que nous ne voulons pas tuer le lion mais que nous voulons
le saisir vivant ». Ensuite le lion s’approcha d’eux. Il rugit d’un effroyable
rugissement. Le matin se leva et le roi s’éveilla. Il ordonna à ses soldats
et à ses gardes de rassembler tous les habitants de la ville, hommes, femmes
et enfants avant le lever du soleil.
Et avant le lever du soleil, les habitants de la ville étaient rassemblés
et attendaient en criant devant le palais du roi : « Nous sommes tes esclaves
ô roi aimé ! Ordonne-nous ce que tu voudras ». Après un moment, le roi
sortit de son palais. Ses vizirs et ses gardes le suivaient. Les gens crièrent
ensemble : «Vive le roi juste et aimé! Nous sommes tes esclaves et tes
soldats. Ordonne-nous ce que tu voudras ». Le roi leva sa main ordonnant
le silence. La foule se tut et se calma.
Ensuite le roi leur raconta l’histoire du voleur et leur dit : « Le voleur
est inconnu. Je le connaîtrai à l’instant ». Ils se mirent en ligne droite
très rapidement. Quand ils l’eurent fait, le roi les fit passer un à un et
il essaya la bague à la main de chacun d’entre eux. Mais il ne trouva point
le possesseur de la bague. A la fin le roi interrogea un de ses vizirs
disant : « Qui est absent parmi les habitants de la ville? ». Le vizir répon-
dit : « Allah prolonge la vie de notre Seigneur le roi. Il m’est parvenu à
l’instant que 'Othman ibn Hamdân et son ami Ja'far sont sortis de la ville
la nuit et nul ne sait où ils sont allés ». Le roi dit : « Amenez-les moi sur
l’heure. Il faut que l’un d’entre eux soit le possesseur de la bague». Au
même instant, Ja'far apparut traînant un lion vivant. Tous les gens l’ap-
plaudirent et crièrent : « Vive Ja'far le brave ! Il a mérité la récompense ! ».
Ensuite 'Othman apparut monté sur son cheval. La foule cria : « C’est le
voleur, le traître ! Il a mérité la mort ! ». Le roi dit : « Amenez-le moi que
CONTES SOUDANAIS
255
j’essaie la bague à sa main ». Ja'far s’avança et dit : « Allah prolonge la
vie de notre Seigneur le roi. Cette bague est la bague de mon ami
‘Othman ». Le roi se mit en colère et dit : « Il faut que nous tuions ton
ami coupable et traître ». Ja'far dit : « J’espère que mon Seigneur le roi
ni’écoutera lui dire l’histoire de cette bague avant d’ordonner de tuer mon
ami 'Othman ». Le roi dit : « Dis ce que tu veux ». Ja'far dit : « Mon ami
'Othman a prétendu la nuit d’hier, qu’il était plus courageux que moi.
Nous convînmes que chacun d’entre nous ferait un acte qui monterait son
courage et sa force. 'Othman m’annonça qu’il pouvait, entrer dans la
chambre où dort le roi sans que les gardes le saisissent. Il dit qu’il laisserait
sa bague chez mon Seigneur le roi. Quant à moi je promis à mon ami de
m’emparer de ce lion vivant et de l’amener dans la ville ». Le roi se tourna
vers 'Othman et lui dit : «Est-ce que ceci est vrai, ô 'Othman? Est-ce ta
bague?». 'Othman répondit: «Oui, mon Seigneur». Le roi fut très
content et ordonna pour chacun d’entre eux une magnifique récompense.
'Othman se repentit de ses vols et vécut honorablement.
LE QÂDÏ AVISÉ
Un garçon orphelin vivait avec sa mère. Son père mourut et le garçon
était à la mamelle. Sa mère était une femme travailleuse et chaste, vivant
du travail de sa main et ne se réfugiant point auprès d’un de ses proches
ou auprès d’un homme vertueux ou sage afin de lui demander de l’aide.
Elle faisait chaque jour une quatité de zalâbiya1. Elle les faisait avec
de la farine de blé, les enduisait du miel des abeilles et les plaçait dans une
petite écuelle. Le garçon les portait au souk et il les vendait à ses pareils
parmi les garçons et les filles. Le soir il revenait avec de l’argent pour
sa mère.
Un jour le garçon sortit très tôt le matin selon son habitude. Il sortit
portant l’écuelle de zalâbiya sur sa tête et il criait : « Zalâbiya, les excel-
lentes zalâbiya, les zalâbiya au miel ! ô enfants ! ». Les enfants s’empres-
saient vers lui de-ci, de-là. Us les achetaient et les avalaient avec rapidité,
voluptueusement et passionnément. Pendant que le garçon était tout entier
a la vente et qu’autour de lui, les enfants se poussaient les uns sur les
autres, criaient et jouaient, apparut un vieux joueur de flûte, portant un
long tour tour, une jouba verte, une ceinture jaune et des chaussures
rouges. U avait laissé pousser sa barbe et arrangé sa moustache comme
des moustaches de chat.
H tira de sa flû'j de jolis sons et il se mit à danser comme un fou. Les
enfants abandonnèrent le garçon et se précipitèrent vers le joueur de
1 Sorte de beignet au miel ou au sucre.
17
256
V. A. YAGI
flûte. Ils se groupèrent autour de lui, dansant, bondissant, riant et chan-
tant. Le garçon posa son écuelle sur une grosse pierre et avec elle ce qui
restait de zalabiya et l’argent qu’il en avait obtenu. Il alla, lui le dernier,
danser, chanter et rire avec les autres enfants. Quand le garçon se souvint
des zalabiya, il courut à la pierre où il avait posé l’écuelle, mais celle-ci
avait disparu. Il s’assit pleurant et gémissant douloureusement, et les
larmes tombaient de ses yeux en abondance.
Le Qâdï de la ville passa près de lui et avec lui quelques uns de ses amis.
Il interrogea le garçon sur la cause de ses larmes. Il lui narra ce qui était
arrivé et lui montra la pierre où il avait posé l’écuelle. Le Qâdï l’apaisa
jusqu’à ce qu’il cessât de pleurer. Il lui dit ensuite : « Ne t’afflige pas,
ô mon fils. Je suis le Qâdï de cette ville et demain je prendrai pour toi ton
droit contre cette pierre fourbe ». Puis le Qâdï ordonna à an gendarme
d’aller pour prendre la pierre et de l’apporter au tribunal le jour suivant.
Il demanda au garçon de venir au tribunal de la ville ce jour-là. Le
garçon le remercia et partit. Et il était dans un violent embarras. La
nouvelle se répandit dans la ville et les gens s’étonnèrent et dirent :
« Comment le Qâdï jugera-t-il cette pierre inanimée? ». Et quelques-uns
crurent que le Qâdï était atteint de folie.
Le jour suivant, le tribunal s’assembla. Le Qâdï s’assit et à ses côtés
s’assirent ses conseillers pour le procès de la pierre accusée du vol de
l’écuelle de zalabiya. Un grand nombre des gens de la ville étaient venus
assister à cet étrange procès et tous étaient assis à l’endroit réservé dans
les tribunaux aux spectateurs. On amena la pierre devant le Qâdï et le
garçon debout raconta son histoire. Quand il eut terminé, le Qâdï dit,
après qu’il se fut retiré un court instant avec ses conseillers : « O pierre
fourbe, ce garçon a posé sur toi l’écuelle, tu as été négligente en cela. Mais
si tu ne nous dit point qui l’a prise, tu seras, toi, poursuivie en justice».
Puis il dit : « O pierre fourbe, nous te condamnons à vingt coups de
fouet ». Et il fit signe au gendarme du tribunal disant : « Fouettez cette
pierre de vingt coups de fouet ». Ici, les spectateurs parmi les gens de la
ville crièrent et rirent d’un énorme rire. Le Qâdï se mit en colère et dit
aux assistants : «Pourquoi riez vous, ô insolents! Vos rires sont un affront
pour le tribunal et pour cela je condamne chacun d’entre vous à une
amende de la somme de deux girish. Celui qui ne paiera pas à l’instant ira
en prison pendant deux jours ».
Les assistants cessèrent de rire et chacun d’entre eux paya deux girish.
Le Qâdï les rassembla et les remit au garçon. Il les porta à sa mère,
content et joyeux de l’intelligence du Qâdï.
CONTES SOUDANAIS
257
DHAKI ET DHAKIYA
Le Hajj Dhaki était un homme célèbre par son intelligence. Il avait
juré de n’épouser qu’une femme intelligente comme lui. Mais il chercha,
chercha beaucoup, et il ne trouvait point de femme lui convenant.
Un jour d’entre les jours, le Hajj Dhaki monta sur son chameau portant
son sabre et son bâton, et il sortit pour chercher une épouse lui convenant.
Après qu’il eut voyagé deux jours à travers les montagnes et les forêts,
les ravins et les vallées, il trouva un homme âgé, grand et beau de visage,
habillé de vêtements blancs, portant un chapelet dans sa main droite et,
dans sa main gauche, un court bâton avec lequel il excitait sa jolie chamelle.
Le Hajj Dhaki lui dit : « Le salut sur toi, ô mon oncle ». L’homme répon-
dit : « Et sur toi le salut et la miséricorde d’Allah, ô mon fils. D’où
es-tu et où vas-tu? ». Le Hajj Dhaki dit : « Je viens de l’île Shahmân.
Je parcourrai le pays jusqu’à ce que je trouve une femme intelligente me
convenant ». L’homme dit : « Est-tu le Hajj Dhaki, l’homme célèbre qui
cherche une femme intelligente? ». Hajj Dhaki répondit : « Parfaitement,
tu as dit la vérité; qui es-tu, ô mon oncle?». L’homme dit: «Je suis
Sam'ân ibn Hamdân du village Shartân ». Le Hajj Dhaki rit et dit :
« Sam'ân, Hamdân, Shartân. Et où est ce village Shartân? ». Sam'ân dit :
« Nous y arriverons s’il plaît à Allah, après quelques heures ».
Ils allèrent ensemble jusqu’à ce qu’ils passent près d’un champ de blé
vert. Le Hajj Dhaki dit : « O onele Sam'ân, est-ce que les maîtres de ce
champ mangent de ce blé semé? ». Sam'ân répondit : « Evidemment. Ce
n’est pas parce que le blé n’est pas mûr, mais, ses épis n’apparaissent
pas pour l’instant ». Le Hajj Dhaki rit et dit : « Il me semble que tu n’as
pas encore compris mes paroles ». Sam'ân répondit : « J’ai compris tes
paroles et il me paraît que tu es un fou et un maudit ».
Ils passèrent ensuite près d’une troupe d’hommes enterrant un homme
mort. Le Hajj Dhaki dit: «O oncle Sam'ân cet homme est-il mort?».
Sam'ân répondit : « Évidemment, il est mort. Comment sa famille l’en-
terrerait-elle s’il n’était pas mort!». Le Hajj Dhaki rit et dit : «O oncle
Sam'ân il me semble que tu n’as pas compris mes paroles cette fois encore ».
Sam'ân se mit en colère et dit : « Tu es fou sans doute, ô mon fils; Allah
soit à ton aide!».
Après peu, ils arrivèrent au village Shartân et le Hajj Dhaki alla avec
l’oncle Sam'ân à sa maison. Quand ils furent arrivés, Sam'ân dit à sa fille,
et son nom était Dhakiya : « O ma fille, lève toi et prépare-nous à dîner
pour cet hôte fou ». Dhakiya dit : « Comment sais-tu qu’il est fou, ô mon
père?». Sam'ân répondit: «Il m’a posé des questions étranges en
chemin». Dhakiya dit : «Quelles questions?». Sam'ân dit : «Il m’a posé
la première question quand nous passions près d’un champ de blé vert :
258
V. A. YAGI
Est-ee que les maîtres de ce champ mangent de ce blé semé? Ensuite, nous
passâmes près d’une troupe d’hommes enterrant un mort et me dit :
Cet homme est-il mort? ». Dhakiya dit : « O mon père il me semble que
eet homme est un homme intelligent et il n’est pas fou. Car ces questions
sont belles et indiquent l’intelligence de eet hôte généreux ». L’onele Sam'ân
dit : « Par Allah ! C’est étrange ! Tu es folle comme lui. Comprends-tu le
sens de ces questions?». Elle répondit: «Oui». Sam'ân dit: «Alors
instruis moi ? ». Elle dit : « La première question, son sens est : Les
maîtres de ce champ empruntent-ils aux commerçants une chose pour
en payer son prix à la récolte? S’ils empruntent, ils en mangent sans
doute ». L’oncle Sam'ân rit et dit : « Par Allah ! c’est un langage sensé mais
quel est le sens de la deuxième question?». Dhakiya dit : «La deuxième
question, son sens (est le suivant) : Cet homme mort laisse-t-il des fils
gardant son nom et sa bonne réputation après sa mort? S’il laisse des fils
qui réussissent à sa place, il n’est pas mort, s’il n’en laisse pas, alors il
est mort1 ».
Sam'ân dit à sa fille : « Allah te garde, ô ma fille ! Vraiment tu es
intelligente et vraiment c’est un homme intelligent! Je l’ai accusé de folie.
La vérité, c’est que c’est moi qui suis le fou stupide ». Alors le Hajj Dhaki
entra après qu’il eut entendu les paroles de la jeune fille et il dit à
Sam'ân : « Celle-ci est l’épouse que j’ai cherchée ». Sam'ân dit : « Je te la
donne, ô homme intelligent. Prends-la où tu veux et traite-moi avec indul-
gence ». Et au matin les gens apprirent le mariage du Hajj Dhaki et
son histoire et ils dirent : « Dhaki a trouvé Dhakiya »2.
UN THÉ SANS LAIT
Un homme pauvre était assis, et le sommeil l’avait vaincu, dans un des
coins du café. Il réfléchit à son état et contempla ses vieux vêtements
malpropres. Et peu après, subitement, l’homme se trouva sur le rivage d’un
grand fleuve. Et il vit sur le rivage, un homme riche qui lui ressemblait,
à part ses vêtements propres et beaux. Et il vit autour de l’homme
riche plusieurs serviteurs. Il vit au loin une belle voiture attendant cet
homme riche. Le pauvre réfléchit un peu et dit : « Pourquoi ne tuerais-je
pas cet homme riche? J’irais à sa maison et je posséderais tout ce qui
1 Ceci rappelle le hadîth : «L’Envoyé de Dieu a dit: Quand l’homme
meurt, ses actes cessent avec lui, excepté ces trois qui continuent, une aumône
qu’il a faite, une science dont il a profité et fait profiter les autres, et un
enfant vertueux qui prie pour lui ».
2 Jeu de mots intraduisible en français. En arabe, Dhaki, fém. Dhakiya,
signifie « intelligent ».
CONTES SOUDANAIS
259
s’y trouve. Oui, j’agirai et ni ses serviteurs, ni sa famille ne nie connaîtront,
car je lui ressemble beaucoup. Mais comment saurai-je leurs noms à tous?
Ses serviteurs, ses filles, ses fils et sa femme! Ah! de nombreuses difficultés
iront à ma rencontre! Mais il me faut le tuer. Il est nécessaire que je ne
perde pas l’occasion ».
Peu après le riche ôta ses vêtements et entra dans le fleuve pour se
baigner et il s’éloigna de ses serviteurs. Le pauvre ôta ses vêtements avec
rapidité et le suivit. Puis, il l’empoigna rapidement et l’étrangla jusqu’à ce
qu’il mourût. Et il posa sur lui une grosse pierre. Ensuite, le pauvre sortit.
Il marcha en se balançant et imitant les grands dans leur marche. Les
serviteurs se dirigèrent vers lui et lui présentèrent les vêtements soyeux.
Il les mit et s’avança vers la voiture en toute tranquillité. Le conducteur lui
dit : «Est-ce que tu vas à la maison ou au club, ô monseigneur?». Et il
dit avec toute magnificence : « A la maison ». La voiture s’arrêta enfin
devant un beau palais. Et notre ami descendit et entra dans le palais en
toute tranquillité. Les serviteurs l’accueillirent mais il était un peu embar-
rassé et ne savait vers quelle pièce aller. Pendant qu’il réfléchissait hâti-
vement, il vit un beau fauteuil dans le jardin du palais. Il alla s’y asseoir.
Après un moment, le serviteur vint à lui apportant du café. Il l’interrogea
disant : « Où est ta maîtresse ». Le serviteur répondit : « Elle est allée
visiter la femme de Jamal ad-Dïn et reviendra sous peu ». Puis le servi-
teur partit et laissa notre ami seul, ayant peur, s’interrogeant : « Comment
saurai-je le travail du maître de ce palais? Est-ce que son travail a
besoin d’écriture et de lecture? Est-ce que sa femme me connaîtra? Et
comment saurai-je le nom de ses enfants et de sa femme? ».
Pendant qu’il réfléchissait, une petite fille vint et elle pleurait et disait :
«Père, Mustafa m’a battue». Il lui dit: «Tais-toi; tais-toi ». Et il se
disait : «Ah! c’est joli, je sais une seule chose au moins! Un des enfants
de l’homme riche s’appelle Mustafa. Mais a-t-il des enfants autres que
Mustafa et comment reconnaîtrai-je Mustafa. parmi eux?». Puis il réflé-
chit un peu et dit à la petite fille : « Où est Mustafa? ». Elle dit : « Il m’a
battue et a couru en dehors de la maison avec Salh ad-Dïn ». L’homme
se tut un peu et lui dit : « Va et joue avec tes frères jusqu’à ce que ta
mère soit là ».
L’homme s’assit seul dans le jardin jusqu’à ce que le soleil se couche
et que les ténèbres s’étendent. Et lui ne savait que faire ni où aller. Pendant
qu’il était dans un violent embarras, un des serviteurs vint à lui et lui
dit : « Nous avons préparé le dîner, ô monseigneur ». L’homme se leva
sans parler et suivit le serviteur jusqu’à la salle à manger. Et là, il trouva
toutes sortes de nourriture. Mais il ne put jnanger que peu car il était
effrayé. Il redoutait ue rencontrer la femme de l’homme riche et il avait peur
qu elle sache la vérité sur son affaire. Enfin, il chassa la peur de son cœur
260
V. A. YAGI
et il se leva. Il chercha l’appartement1 de la femme dans le palais. Il
entra dans sa chambre après l’avoir cherchée dans de nombreuses pièces.
Il entra dans sa chambre et la trouva assise sur un grand lit. Il s’émut
quand il vit ses longs cheveux et ses yeux étincelants. La femme se tint
debout devant lui et lui raconta sa visite aux voisins. Mais lui ne lui parlait
pas et restait debout immobile. Elle le regarda au visage et eut des
doutes sur son compte. Elle voulut connaître la vérité et lui dit : « La
femme de Sheikh Jamal ad-Dïn m’a demandé ton nom quand je l’ai visitée.
Mais je ne pus répondre car j’avais oublié ton nom. J’ai essayé plusieurs
fois de m’en souvenir mais je n’ai pu. Quel est ton nom? ». Alors l’homme
eut peur d’une très grande peur, la sueur coula de son corps et ses mains
et ses jambes tremblèrent. Puis il dit rapidement : « Ceci est insensé! Com-
ment as-tu oublié mon nom après que nous avons vécu ensemble ce long
temps ! ». Elle rit et dit : « Oui, nous avons vécu ensemble, mais j’ai
oublié ton nom aujourd’hui». Il dit : «C’est insensé! Comment une femme
oublie-t-elle le nom de son mari! ». Elle dit : « Est-ce que tu peux, toi, te
rappeler mou nom à l’instant?». Il dit : «Oui, sans doute». Elle lui dit :
«Quel est mon nom?». Notre ami se tut un moment puis il dit : «Ah!
j’ai oublié ». La femme sut qu’il n’était pas son mari mais qu’il ressemblait
à son mari. Elle voulut s’assurer davantage et dit : « Si tu as oublié mon
nom à moi, alors quel est ton nom?». L’homme se troubla et la peur
apparut dans ses yeux et les battements de son cœur s’accélérèrent. Il se mit
debout parlant tout seul comme un fou: «‘Abd al-Qadïr; non, Sâlah?
non, Kamâl? non, Jamâl? non, Yûsif? non, attends un peu. J’ai oublié
mon nom aussi ». La femme sut qu’il n’était pas son mari. Elle le saisit
et lui dit : «Tu n’es pas mon mari, ô voleur perfide! ». Puis elle appela
les serviteurs. Et ils vinrent portant des bâtons et des couteaux.
L’homme se réveilla soudain de son sommeil et il se trouva dans un des
coins du café, avec ses vêtements sales. Il sut qu’il avait rêvé, louanges à
Allah! et il cria de sa voix la plus aiguë : « O cafetier un thé sans lait!-.- ».
Léopoldville, Viviane Amina Yagi.
République du Congo,
Ambassade du Soudan.
1 Mdkân = lieu, endroit, place.
BIBLIOGRAPHIE
Jahrbuch für Antike und Christentum, Jahrgang 5/1962. Münster,
Aschendorff, [1963]. 201 S., 15 Abb. im Text, 11 Taf. mit 27 Abb.,
1 Beilage, 28 X 20 cm. Subskriptionspreis : kart. DM 21,25, Ln.
DM 24,25. Einzelpreis : kart. DM 25,—, Ln. DM 28,—.
Auch der neue Band des JbAC führt wieder die Veroffentlichung von
Dolgers naehgelassenen Beitragen zur Geschichte des Kreuzzeichens weiter,
und zwar mit den Absehnitten 9 und 10, namlich « Christusbekenntnis und
Christusweihe durch Ausbreitung der Hande in Kreuzform » (S. 5-10) und
«Das Kreuzzeiehen im Taufritual » (S. 10-22). Desgleichen lesen wir von
Th. Klausers Studien zur Entstehungsgeschichte der christlichen Kunst die
5. Folge, namlich den Absehnitt 14 : « Der ‘Sarkophag des guten Hirten’
in Split » (S. 113-124). Es geht dem Verf. zunachst um den Aufweis, dass
es sich nicht um ein Produkt der christlichen Kunst handeln kann, dann
aber um die Einordnung des Stiickes in die allgemeine Sarkophagentwick-
lung : wenn auch nicht der Sarkophag selbst, so doch sein Archetypus ist
in Kleinasien zu lokalisieren. Fortgesetzt werden sehliefilich K. Thraedens
Untersuchungen zum Ursprung und zur Geschichte der christlichen Poesie.
Der zweite Absehnitt, « Die Topoi ‘Sehwierigkeit’ und ‘Unvennogen’ bei
Commodian und Spateren » (S. 125-135), ist eine Abrundung des im vori-
gen Jahrgang gedruckten ersten Abschnittes (« Rezeption rhetoriseher Topoi
bei Commodian »). Das bisher Erarbeitete wird dann kurz — als dritter
Absehnitt — in einigen « Formgeschichtlichen Folgerungen » zusammenge-
fafit (S. 135-137). Es folgt ein vierter Absehnitt, «Zur christlichen Rezep-
tion einiger Brieftopoi und ihres Vokabulars » (S. 137-157). Über die
Deutung der Ausgrabungsergebnisse unter St. Peter konnen wir eine kleine
Kontroverse zwischen A. von Gerkan und Th. Klauser verfolgen. Nachdem
v. Gerkan seine Ansieht über Petrus in Vaticano et in Catacumbas darge-
legt hat (S. 23-32), setzt sich Klauser unter dem Titel Die Deutung der
Ausgrabungsfunde unter S. Sebastiano und am Vatikan damit auseinander
(S. 33-38), und v. Gerkan antwortet darauf (S. 39-42 : Noch einmal Petrus
in Vaticano et in Catacumbas). Es geht bekanntlieh um die Frage, oh
die Grabungen unter St. Peter, wenn sie schon das Apostelgrab selbst nicht
freilegen konnten, so doch die Beweise geliefert haben, dafi der Apostel
hier bestattet gewesen sein mufi. Auch der Niehteingeweihte wird diese
Auseinandersetzung, die ihn mit einigen wiehtigen Einzelpunkten der Kon-
261
262
BIBLIOGRAPHIE
traverse vertraut maeht, mit Gewinn lesen, zumal sie in einem sehr vorneh-
men Ton gesehrieben ist (die Bemerkungen im ersten Aufsatz v. Gerkans an
die Adresse von E. Kirsehbaum sind dagegen z. T. etwas scharfer ausge-
fallen). Ein Thema, das ieh über seine direkte historisehe Bedeutung hinaus
als durchaus aktuell empfinde, greift Th. Klauser in seiner kurzen Betrach-
tung über Bichofe auf dem Richterstuhl auf (S. 172-174). Der Verf.
wundert sich darüber, dafi es so gut wie keine zeitgenëssische innerkireh-
liehe kritisehe Auseinandersetzung über die Kettung der Kirche an den
Staat unter Konstantin gegeben habe, wobei die Bisehofe aueh Zugang
zum Richteramt in Zivilprozessen erhielten. Von Hilarius von Poitiers
jedoch sei festzustellen, « dafi er die Fragwürdigkeit der dureh Konstantin
eingeleiteten kirehenpolitisehen Linie lebhaft empfunden hat ». In Hila-
rius’ Auslegung von Ps. 1. 10 (« Beatus vir, qui... in cathedra pestilentiae
non sedit ») sieht Klauser eine kritisehe Auseinandersetzung mit der bisehëf-
liehen Gerichtsbarkeit. L. Koep behandelt « Religion » und « Rittis » als
Problem des frühen Christentums (S. 43-59), O. Nussbaum Die Bewertung
von rechts und links in der rômischen Liturgie (S. 158-171) und Ilona
Opelt kann Ein Horazzitat bei Pseudo-Eucheriïis nachweisen (S. 175-176).
E. Dinkler stellt in einer Untersuehung über Kreuzzeichen und Kreziz.
Tav, Chi und Stauros (S. 93-112) zunaehst fest, dafi Kreuz-Zeichen auf
arehaologisehen Funden nieht notwendig christliehen Ursprungs sein müs-
sen. Wenn auf diesem Gebiet aueh noeh vieles unsieher bleibe, so lasse sich
doch mit Sicherheit feststellen, dafi in esehatologisehen Kreisen des Juden-
tums im ersten Jahrhundert sowohl stehende (+) wie liegende Kreuze (X)
verwendet wurden (das bekannte Material ist eigens in einem Anhang
[S. 109-111] übersiehtlieh zusammengestellt). Das ehristliche Kreuz (der
Stauros) steht nun einerseits in keinem direkten Zusammenhang mit dem
jüdisehen Tav-Zeichen, andererseits werden beide sehon früh ausdrücklich
miteinander in Verbindung gebraeht. Die Wurzel dafür sieht der Verf. im
Taufverstandnis des Urehristentums : hier wird « der alttestamentlich-jüdi-
sche Braueh der Kultsignierung mit dem Tav aufgenommen und in neuem
Verstandnis weitergeführt ». Die Âgyptologie kommt wieder dureh Beitrage
von A. Hermann zu Wort, diesinal sind es Âgyptologische Marginalien zur
spatantiken Ikonographie. Es handelt sieh um drei selbstandige Studien.
In « I. Lazarus und Osiris » (S. 60-69) wendet sieh der Verf. — m. E. zu
Recht — gegen den Versuch, eine bestimmte Darstellungsart der Aufer-
weekung des Lazarus von der Osirislegende herzuleiten, naherhin darin eine
ehristliche Umsetzung der altagyptisehen Mundëffnungsszene zu sehen.
«II. Christliche Mumienportraits? » ist — wie eine Anmerkung ausdrück-
lich sagt — eine Buchbesprechung von Hilde Zaloseer, Portraits ans dem
Wüstensand (Wien-Münehen 1961). Der Sehwerpunkt dieser kritisehen
Stellungsnahme liegt in der Auseinandersetzung um die Frage, ob sieh auf
Mumienportraits der ersten Jahrhunderte spezifisch ehristliche Züge naeh-
BIBLIOGRAPHIE
263
weisen lassen. Nach dem Verf. ist das nieht der Fall, und aueh hier seheint
mir seine Argumentation überzeugend. « III. Eine spatantike Stadtansieht
von Alt-Kairo » (S. 79-92) kann mit guter Wahrseheinliehkeit ein im Jahre
1942 in der Nahe des Dsehebel ‘Aglun (Jordanien) gefundenes Fufiboden-
mosaik als Stadtansieht des àgyptischen Babylon (= Alt-Kairo) identifi-
zieren, wobei in der dargestellten charakteristisehen Bauliehkeit die Kirche
al-Mu'allaqah (= «die Aufgehangte ») im Südtor der Stadt zu sehen ware.
Aber noch ein anderes Mosaik (aus Hadith; nordostlieh von Lydda?) ware
nach dem Verf. als Stadtansieht von Babylon zu deuten, obwohl die Stadt
hier auf eine von der ersten reeh't abweiehende Weise dargestellt ist. Aufier
Buehbespreehungen (S. 177-190) und Berichten über die Arbeit des Franz
Josef Dolger-Instituts und des fordernden Vereins für das Jahr 1962 (S.
200 f.) finden sich aueh in diesem Band sehliefilieh wieder Naehtrage zum
RAC, und zwar Aischylos (S. 191-195) und Aristophanes (S. 195-199),
beide von I. Opelt.
H. Quecke, S.J.
*
**
Collectanea Vaticana in honorem Ansélmi M. card. Albareda a
Bibliotheca Apostolica édita (Studi e Testi, 219 et 220). Vatican,
Biblioteca Apostolica Vaticana, 1962. 2 vol., iv-512 p., 30 pl. hors
texte; n-570 p., 38 pl. hors texte.
Pour marquer les vingt-cinq ans de préfecture du R.me Dom Anselme
Albareda, la Bibliothèque Vatieane a voulu lui offrir ces deux imposants
volumes de mélanges; pendant l’impression du recueil, le R.me Père fut
élevé par le pape Jean XXIII à la dignité cardinalice; ainsi, la publication
des Mélanges Albareda prit la double signification d’une manifestation de
reconnaissance envers le préfet jubilaire et d’un hommage public au nouveau
cardinal.
Les Collectanea Vaticana contiennent 26 articles, occupant 926 pages;
nous devons nous borner ici à signaler ceux d’entre eux qui sont de nature
a intéresser les lecteurs du Muséon.
H. Anglés, El tesoro musical de la Biblioteca Vaticana (I, p. 23-53). —
Cet article traite des mss musicaux de la Bibliothèque Vatieane; nous y
noterons le § 1 (p. 27-28), Côdices con mûsica bizantina.
M. Batllori, El Pare Ehrle, i)refecte de la Vaticana, en la seva corres-
pondèneia amb el cardinal Bampolla (I, p. 75-117). — L’auteur expose,
d’après la corespondance du P. Fr. Ehrle avec le cardinal Rampolla dei
Tindaro (cardinal bibliothécaire de 1889 à 1913) l’activité de l’illustre jésuite
(cardinal en 1922), qui, préfet de la Vatieane de 1895 à 1914, fut le véritable
fondateur de la grande bibliothèque moderne qu’est aujourd’hui la Vatieane.
264
BIBLIOGRAPHIE
J. Bignami Odier, Le fonds de la Reine à la Bibliothèque Vaticane (I,
p. 159-189, 12 pl. hors texte). — Histoire très bien documentée de la consti-
tution et de l’entrée à la Vaticane de la collection de mss de la reine Christine
de Suède (1644-1654, morte à Rome en 1689) ; ce fonds des Reginenses com-
prend, outre les mss latins, des mss grecs, des mss hébreux et quelques mss
arabes et turcs.
E. Cerulli, Gli Atti di Zena Mârqos, monaco etiope del sec. XIV (I, p.
191-212). — Zënâ Mârqos est le fondateur du monastère de Dabra Besrât
(«Couvent de l’Annonciation») dans le Choa; contemporain et cousin de
Takla Hâymânot, il participa à l’intense mouvement d’évangélisation qui
au XIVe siècle se développa vers les régions méridionales du royaume
éthiopien. La Vie inédite de Zênâ Mârqos, analysée et étudiée ici par S. Exc.
M. Cerulli, est connue seulement par un des mss éthiopiens donnés par M.
Cerulli lui-même à la Bibliothèque Vaticane; cette Vie, qui dépend de celle
de Takla Hâymânot, date d’environ la fin du XVIe siècle (p. 204 et 211) ;
elle contient une allusion (p. 206-207) à un épisode de la Vie de S. Grégoire
l’Illuminateur de l’Arménie, dont il existe un abrégé éthiopien (BHO 333) ;
parmi les miracles post mortem qui font suite à la Vie proprement dite,
figure le récit d’un pèlerinage miraculeux à la tombe de S. Syméon stylite
(l’Ancien) en Syrie (p. 201).
R. De Maio, La Biblioteca Apostolica Vaticana sotto Paolo IV e Pio IV
(1555-1565) (I, p. 265-313, 6 pl. hors texte). — M. D. M. réunit dans cette
étude d’abondants renseignements sur le personnel de la Bibliothèque Vati-
cane au temps de Paul IV et de Pie IV ; il passe en revue successivement les
cardinaux bibliothécaires (de Nobili et Carafa), les préfets (custodi), les
«reviseurs» (Matthieu Devaris pour le grec), les scrittcri (copistes) latins,
les scrittori grecs (parmi lesquels Jean Honorius da Maglie, Francesco
Syropoulos et Emmanuel Provataris), les scrittori hébreux (Alessandro et
Ottavio Franceschi et Andrea Del Monte) et le premier restaurateur de
mss, le français Nicolas Fery. Les pl. II-III et IV donnent des srérmens
des écritures des scrittori grecs et des scrittori hébreux.
R. Devreesse, Pour l’histoire des manuscrits du fonds Vatican gret (I,
p. 315-336). — Distinguant trois périodes dans l’histoire de la collection
de mss grecs de la Vaticane, les Vaticani greci (1. du IVe au IXe siècle;
2. le XIVe siècle; 3. la période moderne, à partir du XVe), Mgr Devreesse,
ancien scrittore grec et vice-préfet de la Vaticane, retrace l’histoire de la
constitution et de la lente croissance d’un fonds qu’il connaît mieux que
personne; le nombre des Vaticani greci était de 23 à la fin du XIIIe siècle;
il est aujourd’hui de 2624.
Enrica Follieri, Un canone inedito di S. Andrea di Creta per l’Annun-
ciazione (Vat. gr. 2008 e Crypt. A. a. VII) (I, p. 337-357). — Les mss
utilisés par MelIe Follieri sont tous deux italo-grecs et du début du XIIe
siècle; le canon d’André de Crète (f 740), édité p. 345-357, appartient au
ton IV; les hirmoi de toutes les odes sont d’André lui-même.
BIBLIOGRAPHIE
265
G. Garitte, Sur une formule des colophons de manuscrits grecs pieu
%ùp g ypaipatTa) (I, p. 359-390). — Nous avons relevé dans les colophons
de 51 mss grecs, du Xe au XIXe siècle (p. 360-375), une formule qui revêt
ordinairement, avec des variantes diverses, la forme suivante : *H pèv ^eip
y ypai^aa-a agirerat râcfxp | ypaffig 8e pÂvei eis xpôvovs TrXgpea-raTOvs. Ce sont
les copistes de l’Italie méridionale qui ont introduit, au Xe siècle au plus
tard, l’usage de cette formule dans les colophons grecs; la formule est
d’origine copte; on en trouve des parallèles dans des mss et des inscriptions
coptes, ainsi que dans des mss arabes et syriaques. Un nouveau témoin grec
de la formule (à ajouter p. 373, comme n° 45a) vient de nous être signalé
de Rome par M. l’abbé A. Jacob : cod. Baberini gr. 386, fol. 105 v, daté
de 1522, italo-grec.
A. Van Lantschoot, Inventaire sommaire des manuscrits Vaticans éthio-
piens 251-299 (I, p. 453-512, 2 pl. hors texte). — Depuis 1936, date de la
publication du catalogue des mss éthiopiens de la Vatieane, ce fonds s’est
enrichi de 49 volumes, cotés 251-299; le vice-préfet de la Bibliothèque
Vatieane, notre excellent collaborateur M. le chanoine (Prémontré) A. Van
Lantschoot, en publie ici un inventaire sommaire; la plupart des 49 nou-
veaux mss sont de date récente (XVIIIe, XIXe et même XXe siècle; le n°
278 date de 1955); six seulement sont antérieurs au XVIIe siècle; le plus
ancien (n° 264, recueil de textes hagiographiques) est daté de 1362/3;
l’inventaire est muni des index requis (p. 506-512).
M.-H. Laurent, L’abbé Paul Liebaert, scriptor honoraire adj. de la Vati-
cane. Sa vie et ses œuvres (1883-1915) (II, p. 1-132). — C’est presque un
volume, bourré d’une érudition proprement abasourdissante, que le R.P.
Laurent consacre à l’attachante figure du belge Paul Liebaert, né à Courtrai
en 1883, mort à Pallanza à l’âge de 32 ans; ce «second Mabillon », comme
l’a appelé Lindsay, s’était acquis, au cours d’une carrière prématurément
close, une réputation de paléographe, de liturgiste et d’historien de l’art
dont peu de savants peuvent se flatter, même à l’âge le plus avancé. L’ouvra-
ge du P. Laurent comprend une biographie de l’abbé Liebaert (p. 4-50),
une bibliographie commentée (p. 51-87 : travaux publiés, inédits et projetés)
et une ample série de pièces justificatives (p. 88-132) ; il constitue une
importante contribution à l’histoire de la Vatieane pendant les cinq années
où P. Liebaert y fut attaché (1910-1915). Nos lecteurs s’intéresseront par-
ticulièrement aux pages relatant le rôle joué par Liebaert dans la restau-
ration des mss coptes Pierpont Morgan (p. 34-36, 120-128).
G. Levi Della Vida, Manoscritti arabi di origine spagnola nella Biblio-
teca Vaticana (II, p. 133-189, 6 pl. hors texte). — L’illustre orientaliste
italien, qui depuis des décennies scrute les mss orientaux de la Vatieane
et spécialement les mss arabes islamiques, dont il est le meilleur connaisseur
qui soit (témoin son catalogue des mss arabes islamiques et ses recherches
sur l’histoire des mss orientaux de la Vatieane : Studi e Testi 67 et 92,
266 BIBLIOGRAPHIE
1935 et 1939), étudie ici les mss arabes originaires d’Espagne conservés
dans les différents fonds de la Vaticane; c’est le fonds des Borgiani qui en
contient le plus; on y trouve en effet 21 mss acquis par le cardinal Camillo
Massimo (ou Massimi) durant sa nonciature à Madrid (1654-1658).
Avec une abnégation et un soin admirables, le R.P. M.-H. Laurent, assisté
de M. P. Mazzantini, a dressé d’amples index des deux volumes : index
des mss, des incunables, des noms propres et des planches; ces répertoires,
qui emplissent 150 p. à la fin du volume II (p. 417-567), rendront aisée
l’exploitation des richesses de toute nature accumulées dans les CoTlectanea
Albareda : avantage qu’offrent bien rarement les recueils de ce genre.
Gérard Garitte.
«
*#
Julius Assfalg und Josef Molitor, Armenische Handschrtften
(Verzeichnis der orientalischen Handschriften in Deutschland, IV).
Wiesbaden, Franz Steiner Verlag, 1962. xvi-158 p., 6 planches hors
texte, 280 X 200 mm.
L’infatigable directeur de cette revue, M. G. Garitte, a fait connaître
dans le dernier fascicule (Le Muséon, 76, 1963, p. 483-484), le Catalogue
des manuscrits géorgiens par J. Assfalg. Le même auteur avec la collabo-
ration de M. J. Molitor publie dans la même collection un catalogue des
manuscrits arméniens conservés dans les bibliothèques allemandes, dont il
n’existait encore aucune description. On ne s’étonnera donc pas que le pré-
sent volume est rédigé sur le même plan que le précédent. Seulement la
tâche des auteurs était quelque peu simplifiée, en ce sens tout au moins
qu’ils n’avaient pas à s’occuper de tous les codices arméniens conservés
dans les bibliothèques allemandes, comme ce fut le cas pour les manuscrits
géorgiens, du fait que les fonds importants (Berlin, Munich, Goettingue)
sont déjà connus depuis longtemps par des excellents catalogues. En fait,
l’Allemagne est pauvre en manuscrits géorgiens; l’inventaire en énumère
15; ce catalogue-ci comprend 38 numéros. De ces 38 codices, 22 sont des
nouvelles acquisitions qui sont entrées à l’ancienne « Preussische Staats-
bibliothek » de Berlin depuis la rédaction du catalogue de N. Karamianz
(1888) ; elles sont aujourd’hui dispersées dans les bibliothèques de Marbourg,
de Tubingue et de Berlin. Dix bibliothèques publiques et privées se partagent
les 16 numéros restants (Beuron, Darmstadt, Erlangen, Fulda, Goslar, Halle,
léna, Munich, Nuremberg, Stuttgart).
Il va sans dire que ces 38 manuscrits sont d’âge, de valeur et de contenu
BIBLIOGRAPHIE
267
variés. L’âge du plus grand nombre de eodiees s’échelonne entre le XVe et le
XVIIIe siècle; avant cette date nous en rencontrons deux qui remontent,
l’un, un tétraévangile (n. 2), à 1224 et l’autre, un rituel (n. 17), à 1319.
De par la nature même de ces différentes collections, la valeur des manuscrits
est très inégale. Dans l’introduction M. A. a attiré l’attention sur l’intérêt
particulier que réservent les eodiees recensés. Citons le tétraévangile (n. 4)
richement miniaturé dont deux planches en couleurs sont reproduites en
tête du catalogue. Signalons ensuite la présence de plusieurs feuillets palimp-
sestes qui forment trois manuscrits. Le premier (n. 32), qui est à l’abbaye
de Beuron, est un codex arabe; il compte 11 feuillets dont les textes sous-
jacents arméniens sont des fragments des Epîtres de S. Paul; les deux
autres (n. 33 et n. 34) appartenant à une collection particulière à Goslar,
forment chacun un groupe de 9 feuillets couverts d’une écriture syriaque
sous laquelle on a reconnu un texte arménien qui contient des fragments
du commentaire des Psaumes probablement de S. Jean Chrysostome. On
estime que le texte arménien retrouvé de ces feuillets palimpsestes se place-
rait vers les années 700; il remonterait donc plus haut que le plus ancien
manuscrit arménien daté connu qui est de 887! Le contenu s’étend à dif-
férents domaines de la littérature arménienne; la littérature religieuse est
le mieux représentée; on y rencontre le Psautier, les Évangiles, des commen-
taires de la Bible, des livres liturgiques, des synaxaires, des compilations
ascétiques, des livres de prières. Les textes profanes cependant ne manquent
pas, comme l’Histoire d’Alexandre, le conte de la Ville d’airain, des rou-
leaux de formules magiques (Kiprianos), un recueil d’horoscopes. Grâce
aux nombreux index qui terminent le volume, il sera toujours facile de se
retrouver dans les noms de personnes et d’œuvres, dans les noms des localités
et dans ceux des saints cités dans les synaxaires.
On ne peut que louer le soin remarquable déployé dans chaque description
qui rend témoignage au labeur minitieux des auteurs. Notre seul regret est
(il a été exprimé également pour le catalogue des manuscrits géorgiens) que
les textes arméniens cités ne soient pas traduits. A ce propos nous renvoyons
au travail de M. F. Macler, Notices de manuscrits arméniens vus dans
qzielques bibliothèques de l’Europe centrale, dans Journal asiatique, 11e
série, t. II (1913), p. 229-284, 559-686, qui peut être encore utile au lecteur
non spécialisé. Quand M. Macler rédigeait les Notices, il trouvait à Berlin
7 manuscrits qui font partie du lot de 22 manuscrits dont il a été question
ci-dessus. Ces notices sont, il est vrai, sommaires et incomplètes, mais elles
ont l’avantage incontestable de donner la traduction des incipit et des colo-
phons.
J. Muyldhrmans.
*
*#
268
BIBLIOGRAPHIE
Julius Assfalg, Syrische Handschriften : syrische, karsunischc,
christlich-pal'dstinische, neusyrische und manddische Handschriften
(Verzeichnis der Orientalischen Handschriften in Deutschland, V).
Wiesbaden, F. Steiner Verlag, 1963. Gr. in-8°, xxvi-252 p., 9 planches
hors texte. Prix : DM 100.
Les syriaeisants peuvent désormais se faire une idée complète de ce que
les dépôts allemands de manuscrits peuvent apporter à leur documentation.
Il leur suffit, après consultation du Catalogue des mss de Berlin (Sachau,
1895), de parcourir les index du présent volume. Il décrit un ensemble de
mss syriaques, jusqu’à présent mal catalogués, voire pas catalogués du
tout, qui reposent dans l’un des quatorze dépôts ci-après : Marbourg,
Tubingue, Gœttingue, Halle-sur-Saale, Rostock, Kiel, Nuremberg, Erlangen,
Beuron, Freising, Heidelberg, Leipzig, Wolfenbuttel et Goslar. Le mot
« syriaque » est pris ici dans un sens élargi : il s’agit de 78 mss syriaques
au sens strict du terme, de 14 mss karsuni, de 14 mss syro-palestiniens, de
4 mss en néo-syriaque, et de 3 mss mandéens.
Peu de travaux sans doute requièrent autant de connaissances et de
compétence dans un domaine de l’érudition, autant de patient labeur et
autant de dévouement désintéressé que la description, faite selon toutes les
exigences scientifiques, d’un dépôt de manuscrits. De toutes ces qualités,
M. J. Assfalg, privat-dozent à l’Université de Munich, nous donne ici un
témoignage éclatant. En l’en félicitant et en l’en remerciant, nous avons
conscience d’exprimer le sentiment de beaucoup.
On ne doit pas penser que ces mss épars sur le territoire allemand ne
nous apportent que des fragments ou des membra disiecta. Réunis sur les
rayons d’une même bibliothèque, ils formeraient un ensemble où se rencon-
treraient à peu près tous les genres d’ouvrage qui composaient les biblio-
thèques syriaques des couvents orientaux d’autrefois : textes et commen-
taires bibliques, apocryphes, ouvrages théologiques ou ascétiques, histoire
ecclésiastique, hagiographie, livres liturgiques, mais aussi des grammaires,
des dictionnaires et d’autres écrits encore. La plupart de ces mss sont datés;
quelques-uns sont anciens; il en est un de la seconde moitié du VIe siècle.
Certains transmettent des textes inédits; d’autres, dont le texte a été édité,
mais pas toujours critiquement, devront être consultés par les futurs
éditeurs.
De copieuses introductions nous informent, entre autres choses, de la
provenance des mss. Une srrie d’index permet au lecteur d’être immédiate-
ment renseigné, et avec sécurité, sur ce que les pièces décrites sont suscep-
tibles d’apporter à ses recherches. Neuf planches, dont une en couleur,
fournissent une image concrète de l’écriture 'des pièces les plus remarqua-
bles. La typographie, élégante et aérée, fait honneur à la firme éditrice.
Le caractère syriaque utilisé est, croyons-nous, le type nouveau qui a été
BIBLIOGRAPHIE
269
créé, il y a quelques années, par la Société Monotype anglaise sur nos
indications, et qui nous sert à nous-même pour les volumes de la section
syriaque du Corpus Scriptorum Christianorum Orientalium.
René Draguet.
*
Louis Costaz, S.J., Dictionnaire syriaque-français, Syriac English
Dictionary, [Dictionnaire syriaque-arabe]. Beyrouth, Imprimerie
catholique, 1963. Gr. in-8°, 421 p. Prix : ca. 280 fr. b.
L’épuisement des deux éditions (1895, 1911) du Dictionarium syriaco-lati-
num du Père J. Brun, la rareté de leur apparition dans les catalogues
d’antiquariat, indiquent les services que cet ouvrage a rendus à des géné-
rations de syriacisants. D’un autre caractère que le Thésaurus de R. Payne
Smith (2 vol., 1879, 1910, et les Suppléments de 1927), que le Compendious
Syriac Dictionary founded upon the Thésaurus of R.P.S. de Mrs. Mar-
goliouth (1903), et que la seconde édition du Lexicon syriacum de C. Brockel-
mann (1928), le Brun restait le dictionnaire le plus accessible aux débutants
et, sans doute aussi, celui auquel plus d’un spécialiste recourait d’abord.
C’est dire à quel point, depuis des années, le Brun nous manquait. Plusieurs
avaient songé à une réimpression photomécanique. Le R. P. Costaz a fait
mieux : il nous fournit un nouveau dictionnaire, un Brun d’une nouvelle
formule, qui s’est incorporé les progrès sensibles marqués par Brockelmann
sur le Thésaurus. A notre avis, la réussite est remarquable, si modestes que
soient les prétentions de l’auteur : mettre à la disposition des « commen-
çants ou des élèves des séminaires » un Brockelmann réduit. Nous formulons
ce jugement après avoir utilisé le Costaz pendant plusieurs mois, tant
dans notre enseignement du syriaque que dans nos travaux personnels
d’édition.
Faut-il rappeler que Payne Smith, Brockelmann et Brun sont en latin
et suivent l’ordre des racines, tandis que le Compendious Dictionary est en
anglais et suit l’ordre alphabétique des mots? Le Costaz reste fidèle à la
classification par racines, mais il élargit considérablement son audience en
fournissant, de chaque mot ou expression, une traduction française, puis
une traduction arabe. La dépendance voulue de Brockelmann est sensible
de bout en bout; elle est perceptible au premier coup d’œil au fait que les
racines actuellement homographes, mais de sëhs parfois très différent, sont
distinguées les unes des autres sous des chiffres romains (I, II, III, etc.),
et que le genre des mots est indiqué chaque fois que, eu égard aux règles
générales, leur terminaison pourrait induire en erreur. En ce qui concerne
270
BIBLIOGRAPHIE
les formes verbales, par une heureuse innovation qui accroche tout de suite
l’œil et permet un rapide inventaire de l’article, le Pe'al, le Pa*el et l’Af'el
sont respectivement affectés des exposants 1, 2, 3, les quadrilittères par
l’exposant 4, et les formes « rares » par la lettre r minuscule.
Un dictionnaire devant, c’est souhaitable, inclure tous les mots de la
langue, j’avoue que j’avais conçu quelque appréhension en lisant, dans la
préface, cette phrase énigmatique : « Nous avons cherché à n’exclure que les
termes et les sens rares ou techniques. » Je m’en suis ouvert au P. Costaz;
il a eu l’amabilité de me répondre par une longue lettre, où il me fait part
des nombreux problèmes auxquels le confrontaient des exigences logiques,
ou pratiques, et des solutions vers lesquelles il s’est orienté. Il suivait
Brockelmann et le Thésaurus, mais, ayant observé que les omissions du pre-
mier par rapport au second étaient faites à bon escient, il les a admises lui
aussi; il a fréquemment omis aussi des mots ou des sens que le Thésaurus et
Brockelmann n’appuyaient que sur des dictionnaires; enfin, il a éliminé ce
qui ne se rencontrent que dans des traités spéciaux (grammaires, géogra-
phies, livres de médecine, de botanique, de zoologie, etc.). Tout ceci était
conforme à son but de « faire un lexique pour des étudiants à qui on donne
à traduire des passages d’auteurs pour le moins assez connus ». Le P. Costaz
avait à tenir compte aussi de certaine exigence, assez étrange en soi, de son
éditeur, qui entendait limiter à quelque 400 pages l’étendue du volume.
Expérience faite sur pas mal de points, je présume que, pratiquement, le
lexique nous livre un instrument valable pour la lecture de l’ensemble des
textes syriaques sur une très large échelle; j’ai constaté, en effet, l’absence
de quelques mots, « techniques » si l’on veut, qui figurent dans Brockelmann
(j’en ai rencontré d’autres, d’ailleurs, qui ne figurent nulle part), mais on
peut toujours essayer de trouver ailleurs ce que, exceptionnellement, on ne
trouvera pas dans Costaz; l’essentiel est, ce me semble, que les syriacisants,
quels qu’ils soient, disposent d’un Brun très supérieur à l’ancien par la
sûreté de son information et de son ordonnance, qu’ils peuvent utiliser
comme lexique manuel de première consultation.
Les fonctions actuelles du P. Costaz sont, me dit-il, celles d’« un préfet
des études et de discipline dans un collège commençant », celui de Saint-
Joseph, à Ain-Ebel, au Liban. Voilà donc un homme qui a magnifiquement
employé des loisirs qui doivent être rares ! Cela ne fait qu’accroître la recon-
naissance que nous avons pour le travailleur qui a produit, avec un tel
succès, une œuvre combien difficile et dont les fruits seront des plus
bénéfiques pour les études syriaques et l’étude de la tradition orientale
chrétienne. Le P. Costaz nous a comblés, car il avait donné, il n’y a pas dix
ans (1955), une Grammaire syriaque qui condense avec clarté la doctrine
des grammaires existantes les plus valables, et où l’on sentait, comme on la
sent dans le lexique, l’expérience d’un homme voué à l’enseignement (voir
Le Muséon, 1955, t. LXVIII, p. 421-422). Cette Grammaire a été rapidement
BIBLIOGRAPHIE
271
épuisée; ceux qui la cherchent en vain, depuis quelques années déjà, seront
heureux d’apprendre qu’une seconde édition, améliorée, est prévue pour
l’été de cette année 1964.
René Draguet.
*
**
A Patristic Greek Lexicon edited by G. W. H. Lampe, faso. 1-2
(a-evcrv/zTra^TCoç), p. 1-576. Oxford, Clarendon Press, 1961, 1962.
Prix : sh. 84 par fasc.
Voici enfin les prémices, espérées depuis tant d’années, d’une œuvre dont
le projet remonte à quelque soixante ans. Elle doit être complète en 5
fascicules, au rythme d’un fascicule par année. Le fasc. 1 est sorti de presse
le 21 sept. 1961, le second le 25 oct. 1962; nous n’avons pas encore reçu le
troisième.
Qu’est-ce au juste que cet ouvrage, et quelle aide peut-on, ou n’en doit-on
pas, attendre? L’éditeur nous en informe exactement dans une préface qui
retrace les fata libelli et qui s’y appuie pour faire entendre au le teur que,
si on lui donne pas mal de choses, il ne doit pas réclamer des ouvriers ce
que peut-être il aurait souhaité, mais que les éditeurs n’ont ni voulu, ni,
pour une part, été en mesure de fournir pour l’instant.
Le PGL est conçu comme un supplément à la seconde édition du Liddel
Scott-Jones (1940) : « The user of this work is in fact assumed to hâve
Liddel and Scott by its side» (p. ix). Limites chronologiques : en principe,
les auteurs du NT exclus, ceux de la fin du Ier s. au milieu du IXe, de
Clément de Rome à Théodore Studite (p. vii). Le problème essentiel est celui
-du caractère de ce lexique : linguistique, ou théologique? Il importe de
savoir que, pendant une bonne trentaine d’années (depuis 1906 environ
jusqu’à la mort, en 1941, du premier éditeur officiellement nanti de ce titre,
le Dr Darwell Stone), des fiches furent recueillies sans qu’on eût tiré au
clair la question de savoir « whether the main concern of the Lexicon was
to be linguistic on the one hand, or theological and ecclesiastical on the
other» (p. v). La décision fut prise par le second éditeur, Dr F. L. Cross;
elle tomba, en considération de la nature des matériaux jusqu’alors rassem-
blés, en faveur du second membre de l’alternative : « It had become clear
that the primary value of the material so far assembled lay in its interest
to students of the development of Christian theological vocabulary and of
the ideas which it expressed » (p. v). En conséquence, « the object of this
work is primarily (nous soulignons) to intefpret the theological and
ecclesiastical vocabulary of the Greek Christian authors from Clement of
Rome to Théodore of Studium » (p. vii), tandis que « a secondary object
of the lexicon is to give information about ail words, whether of any
18
272
BIBLIOGRAPHIE
theologieal importance or not, which are used by these writers but not
included in LS J » (p. viii).
Le PGL, destiné à supplémenter le LSJ, ne le prolonge donc pas dans la
même ligne, et de beaucoup s’en faut, puisque le LSJ est uniquement de
caractère linguistique. Est-il téméraire de penser que la majorité des byzan-
tinisbes, et nombre de patrologues, regretteront cet état de fait? Le Dr
Lampe, le troisième, et l’actuel, éditeur, semble être le premier à partager
leur point de vue. Il écrit : « The idéal policy would probably in volve the
production of two entirely distinct works, a lexicon of the language used by
the Greek Christian writers on the one hand, and a very large encyclopédie
dictionary of patristic theology on the other », — d’autant que, il ne se le
dissimule pas, même au point de vue théologique, principal caractère qu’on
a voulu donner à l’ouvrage, le présent lexique n’est que « a first step
towards the ultimate goal of a full-scale theologieal dictionary of the Fathers
in the manner of Kittel’s Theologisches W'ôrterbuch zum Neuen Testament »
(p. viii).
Ces propos ne souffrent d’aucune ambiguïté. Mais alors? Ce sont des
raisons pratiques qui ont déterminé l’éditeur à aller de l’avant. Lui-même
et ses collaborateurs, dit-il, « hâve thus found themselves compelled, para-
doxically, to work against time in the actual writing of a book whose
publication must seem to the general public to hâve been long delayed.
They would hâve preferred to spend much more time in remedying the
deficiencies and imperfections of the Lexicon as it now stands. On the
other hand, it seemed their duty rather to bring it forward for publication
with the least possible delay » (p. vi). L’éditeur plaide donc «not guilty ».
Nous sommes convaincu que le lecteur le renverra libre de toute accusa-
tion; plus que cela, conscient des énormes difficultés (évoquées p. vii) que
rencontrait l’organisation d’un matériel immense et qui n’avait pas été
réuni dans des conditions idéales, il remerciera chaleureusement le Dr Lampe
et ses nombreux collaborateurs d’avoir mis sur pied un instrument de tra-
vail dont l’apport positif est considérable et certain.
L’usager qu’intéresse avant tout la pensée théologique des Pères tirera un
profit abondant de maints articles ayant trait à l’histoire d une idée ou
d’une institution, et dont la matière, étayée de larges citations, est « arranged
according to the logic of their suject-matter rather than strictly lexico-
graphically » (p. ix) ; citons-en quelques-uns, à titre d’exemple : aydirg
(3 colonnes et demie), ayytXos (9 col.), àyévTjTO^-àyévvgTo^ (3 col.),
(5 col.), -àpaprla (6 col.), euedv (11 col.), dpxipp.év7] (J col.).
Quant à celui qui demande au PGL des mots, des expressions, des
acceptions de termes, il en trouvera beaucoup qu’il aurait cherchés en vain
dans les répertoires plus anciens (Du Cange, Sophocles, Preisigke, etc.).
Si sa quête reste sans résultat, qu’il se souvienne de l’avertissement très
net qui lui donne la préface : « S'o far as the présent work is concerned
BIBLIOGRAPHIE
273
it must be made elear to the reader that he must not expect to find a
thésaurus of patristie language ». Ainsi avons-nous jugé qu’il n’était pas
pertinent de signaler ici pas mal de choses que nous avons cherchées en
vain dans les deux fascicules, et qui auraient pu s’y trouver puisque d’autres,
qui leur sont parallèles, y figurent. Nous prenons ce qu’on nous donne, avec
une vive reconnaissance. Une seule remarque : à en juger par la liste
des « authors and works », les logoi grecs d’abba Isaïe, dont la langue (et
les idées) sont remarquables pour l’histoire de l’ascèse, n’ont pas été
dépouillés (éd. de Jérusalem, 1911).
René Draguet.
*
* *
N. Lopez Martinez et V. Proano Gil, Symbolum pro informa-
tions manichaeorum (El Bogomilismo en Bosnia). Burgos, 1958.
L’édition critique de ce traité de Jean de Torquemada veut mettre en
valeur un grand théologien du XVe siècle. La pièce ainsi versée au dossier
des études manichéennes ne manque pas d’intérêt. Ce document constitue
le dernier traité antimanichéen de l’Église catholique et clôture un débat
ouvert par les Acta Archelai vers 325. Le théologien dominicain vise le
bogomilisme, ce courant dualiste très tenace en Bosnie durant tout le
moyen âge, et que nous connaissons aussi sous le nom de Bulgarorum
haeresis.
Dans une bonne introduction (p. 7-33) les auteurs situent bien le pro-
blème du néo-manichéisme dans le cadre des hérésies du moyen âge et
montrent que ce traité, avec ceux de Cosmas le Prêtre (Xe siècle) et d’Euthy-
me Zigabénos (XIIe siècle, P.G., CXXX, 1289-1332) permettra de mieux
connaître les milieux dualistes du moyen âge. Trois manuscrits sont utilisés :
Vat. lat. 974, fol. lr-18r, déjà édité en 1932 en Yougoslavie, Vat. lat.
976, fol. 183 r-208 v et Paris, lat. 2440, fol. 37r-56v.
La doctrine des albigeois viendrait-elle de» manichéisme par l’intermé-
diaire des bogomiles? Malgré son intérêt comme témoin d’une époque, le
traité de Torquemada ne donnera pas la réponse à cette question. A notre
avis, il comble une autre lacune; il constitue un chaînon qui manquait dans
l’étude du dualisme manichéen, à savoir le trait d’union entre la lutte anti-
manichéenne de l’Église prolongée jusqu’à la fin du moyen âge et la nais-
sance des études manichéennes dans la controverse protestante du XVIe s.
J. Ries.
*
274
BIBLIOGRAPHIE
B. H. Stricker, De Geboorte van Horus, I (Mededelingen en
Verhandelingen van het Vooraziatisch-Egyptisch Genootschap « Ex
Oriente Lux », 14). Leiden, E. J. Brill, 1963. 86 S., 13 Abb. im Text,
26.5 X 19.5 cm. Preis : hfl. 20.—.
Es geht dem Verfasser in der vorliegenden Arbeit um eine Deutung von
Text und Darstellungen auf der Südwand der Grabkammer in Grab Ramsès’
VI. Er sieht darin einen « embryologisehen Traktat, der die Geburt und
eventuell die Wiedergeburt des Pharao behandelt» (S. 10). Der Verfasser
interpretiert die genannten Darstellungen und Texte im Liehte einer Unzahl
anderer Texte, die er fast immer im vollen Wortlaut anführt. Nur eine
geringe Anzahl davon sind agyptisehe Texte; die Mehrzahl ist grieehischen,
manche sind lateinisehen Autoren entnommen; hâufig wird jüdisehes
Sehrifttum, hier und da werden indisehe Texte oder Gebrâuehe herange-
zogen; ausnahmsweise kommt das Neue Testament zu Wort. Dabei sind die
Texte der klassisehen Autoren natürlich teilweise direkte Beriehte über
agyptisehe Verhaltnisse. Im bisher allein ersehienenen ersten Teil — insge-
samt sind drei Teile geplant — sind naeh einer Einleitung (S. 9-11) die
beiden ersten Kapitel verôffentlicht. Es werden einmal die Aussagen über
«die Geschleehtsorgane » untersueht (S. 12-60), und zwar naeheinander
die über die mannliehen und dann die über die weibliehen. Das folgende
Kapitel behandelt «das Wort» (S'. 61-73), womit das gottliehe Sehopfer-
wort gemeint ist, das allein der Zeugung ihren Erfolg, die Befruehtung,
verleihen kann.
Das Gesaintbild, das der Verfasser aus so versehiedenen Elementen er-
stellt, ist zweifelsohne imponierend. Doeh erhebt sieh natürlich die Frage,
ob sich diesem Gesamtbild aile Einzelzüge ganz ungezwungen einfügen. Das
betrifft einmal die Beziehungen, die der Verfasser zwischen Daten ganz
verschiedener Kulturbereiche (bis nach Indien hin) knüpft. Liegen hier echte
Zusammenhange vor oder nur zufallige Parallelen? Und lâfit sieh dann
wirklieh in dem einen Bereieh nieht Bezeugtes aus Zeugnissen eines anderen
Bereiehes erschliefien? Sodann scheinen manche Einzelinterpretationen etwas
einseitig vom Gesichtspunkt der verfolgten Thematik her bestimmt und
hier und da sogar gesucht. Dies gilt nieht zuletzt aueh von dem Fachgebiet
des Verfassers, der Àgyptologie; und hier mufi den Spezialisten anderer
Fachgebiete gesagt werden, dafi sie es nieht überall einfaehhin mit Gemein-
gut der agyptologisehen Forsehung zu tun haben. Auf Einzelfragen braueht
an dieser Stelle aber nieht eingegangen zu werden. Aller Beachtung wert
seheint mir jedenfalls die Deutung des untersuehten Textes aus der Grab-
kammer Ramsès’ VI. Der bewundernswerte Seharfsinn des Verfassers dürfte
in diesem reeht anigmatischen Textgut in der Tat « embryologisehe » Ele-
mente zutage gefôrdert haben. Ob man deshalb sehon dem ganzen Text
das Thema eines « embryologisehen Traktates » geben soll, dürfte dem-
BIBLIOGRAPHIE
275
gegenüber eine zweitrangige Frage sein. DaB wir es nieht mit einem medizi-
nischen Traktat zu tun haben, sondern die embryologischen Elemente letzt-
lich im Dienst einer religiôsen Thematik stehen, sagt ja aueh der Verfasser
recht klar, wenn er im gleiehen Atemzug den Inhalt des Textes dahingehend
zusammenfafit, dafi er « die Geburt und eventuell die Wiedergeburt des
Pharao behandelt ».
H. Quecke, S.J.
*
**
Otto F. A. Meinardus, The Copts in Jérusalem. Kairo, Commis-
sion on Oecumenical Affairs of the See of Alexandria, Cairo,
1960, 98 S., 61 Abb. auf Tafeln, 1 Abb. und 1 Plan im Text,
238 X 167 mm. Preis : £E. 0.750 oder $2.00.
Wie die übrigen grofien ehristliehen Gemeinsehaften, deren Bestehen un-
mittelbar ins Altertum zurüekreieht, hegen aueh die Kopten grofite Ver-
ehrung für die heiligen Statten in Jérusalem. Sie maehen — besonders zu
Ostern — ihre Wallfahrten dorthin, sie haben dort feste Platze in Besitz
und eine gewisse Anzahl von ihnen lebt standig dort. Das vorliegende Bueh
stellt die ganze Geschichte dieser Beziehungen der Kopten zu den heiligen
Statten dar, angefangen von den âltesten Naehriehten darüber, und gibt
aufierdem ein gutes Bild von der heutigen Lage. Mehr als die Hâlfte des
Bûches nimmt das erste Kapitel über « The History of the Copts in Jéru-
salem » ein (S. 9-46), das aber aueh sehon die Angaben über die koptisehe
Kapelle in der Kirche der Auferstehung (im Westen gewôhnlieh Kirche des
hl. Grabes genannt) enthalt. Eigene Absehnitte behandeln die übrigen
Besitzungen der Kopten in Jérusalem, am ausführliehsten das zwischen
Athiopiern und Kopten umstrittene Sultan-Kloster auf dem Daeh der
Kapelle der hl. Helena (S. 47-69), ihre Rechte an solehen Heiligtümern,
die sie mit anderen ehristliehen Gemeinsehaften teilen (hier wird aueh die
Geburtskirehe in Bethlehem berüeksiehtigt) (S. 70-78) und sehliefilieh die
Besitzungen der Kopten in Jéricho (S. 79-80).
Das Bueh ist mit Zurückhaltung und leidensehaftslos geschrieben. Was
die wenig erbaulichen Auseinandersetzungen der versehiedenen ehristliehen
Gruppen um den Besitz der hl. Statten angeht, ist eine einfache Vorlage
der Quellen aber aueh sprechend genug. Für die Kopten kommt hier beson-
ders ihr Streit mit den Athiopiern um das Sultan-Kloster in Frage (S.
47-62). Dafi die Anteilnahme des Verfassers«aber entschieden weiter reieht
als eine rein konstatierende Zusammenstellung von Fakten, wird im Vor-
wort deutlich. Hier appelliert er an « the spirit of Christian charity » und
empfiehlt Verzicht auf « ail recourse to legal documents and action,
276
BIBLIOGRAPHIE
wherein worketh not the righteousness of God ». DaB man hierin viel auf
ihn horen wird, wage ieh kaum zu hoffen. Der westliche Leser wird indessen
gut daran tun, sieh dabei iinmer vor Augen zu halten, dafi in Jérusalem nicht
nur Kopten und Àthioper betroffen sind.
H. Quecke, S.J.
S0ren Giversen, Apocryphon Johannis. The Coptic Text of the
Apocryphon Johannis in the Nag Hammadi Codex II with Transla-
tion, Introduction and Commentary (Acta Theologica Danica, V).
Kopenhagen, Munksgaard, 1963. 294 S., 25.5 X 17.5 cm. Preis :
dkr. 85,00.
Die photographische Ausgabe der Coptic Gnostic Papyri in the Coptic
Muséum at Old Cairo durch Pahor Labib, von der bisher leider nur cin
Band erschienen ist (1956), hat den unschatzbaren Vorteil gehabt, daB sie
wenigstens einen Teil der neu gefundenen Texte schnell zugânglich machte.
Sie hat aber sicher nie eine eigentlich technische Ausgabe ersetzen sollen,
jedenfalls bleiben solche Bearbeitungen nach wie vor ein dringendes Erfor-
dernis. Es ist deshalb nur zu begrüfien, wenn uns in dem hier anzuzeigenden
Work nun ein weiterer der schon von Labib provisorisch veroffentlichten
Texte in wissenschaftlicher Edition vorgelegt wird, namlich das Apokryphon
des Johannes aus dem Codex II (= Codex III nach der Zahlung von
H.-Ch. Puech, Codex X nach der von J. Doresse). Der Herausgeber hatte
dafür die Moglichkeit, in Kairo an den Originalen selbst zu arbeiten und
photographische Aufnahmen zu machen. Der erste Teil des Bûches enthalt
die eigentliche Textausgabe, der zweite den Kommentar. Im ersten Teil
finden wir — nach einer Einleitung (S. 13-18) — zunachst eine sehr ein-
gehende Untersuchung der Handschrift (S. 19-45). Es geht hier um weit
niehr als eine Beschreibung des Manuskripts. Es war zunachst die Zusammen-
gehorigkeit der Seiten und der ursprüngliche Uinfang der ganzen Hand-
schrift zu bestimmen, wobei u.a. die Tatsache von Bedeutung ist, dafi wir
es mit einem Codex zu tun haben, der aus einer einzigen Lage besteht (der
Verf. gibt in diesem Zusammenhang eine eigene Ubersieht über die anderen
bekannten kopt. Handschriften, die ebenfalls aus einer einzigen Lage beste-
hen [S. 28 f.], wobei auf die Handschriften des Nag' Haminadi-Fundes
allerdings nur ein summariseher Hinweis gegeben wird). Auch der Heftung
und dem Einband wird je ein eigener Absehnitt gewidmet, die Schrift wird
palaographisch eingeordnet und die sprachlichen Eigenarten (nur des hier
behandelten Textes, nicht der ganzen Handschrift) werden untersucht.
Aufgrund ail dieser Betrachtungen datiert der Herausgeber die Hand-
BIBLIOGRAPHIE
277
schrift in die Jahre 330-340 oder allgemeiner in die erste Hâlfte des vierten
Jahrhunderts, eine Datierung, die jedenfalls sorgfâltig überlegt und begrün-
det ist. Es folgt dann der koptisehe Text im Typensatz mit gegenüber-
stehender engliseher Ubersetzung (S. 46-109), daran sehliefien sich die
Indizes (S. 110-135) der koptisehen Wërter, der griechisehen Wërter und
der Eigennamen an. Den zweiten Teil erëffnet eine Übersieht über « The
Contents of Codex II’s Apoeryphon of John » (S. 139-150), worin eine
kurze Inhaltsangabe der einzelnen Absehnitte gegeben wird, in die der
Bearbeiter den Text einteilt. Im folgenden « Commentary » (S. 151-275)
werden dann die versehiedenen Einzelfragen behandelt, wobei aueh das
Verhâltnis zu den Parallelstellen in den anderen Versionen ausgiebig zur
Spraehe kommt. Der zuletzt genannte Fragepunkt verdient in der Tat
besondere Aufmerksamkeit, und der Verfasser greift die diesbezügliehen
Beobachtungen in einem eigenen Absehnitt, « The Relationship Between
the Different Versions of the Apoeryphon of John » (S. 276-189), noehmals
auf, um die Folgerungen daraus zu ziehen und das Verhâltnis der versehie-
denen Versionen des Apokryphon des Johannes zueinander zu bestimmen.
Dafi er dabei die vierte, aueh damais sehon bekannte Version nieht berüek-
siehtigen konnte, ist nieht seine Sehuld. Dieser Text (im C >dex IV) ist
besonders sehleeht erhalten, und die Blâtter waren 1957/58, als der Heraus-
geber in Kairo arbeitete, noeh nieht geordnet und konserviert, so dafi sie
hâtten benützt werden kënnen; die inzwisehen vorliegende Ausgabe von
M. Krause und P. Labib, Die drei Versionen des Apokryphon des Johannes
im Koptisehen Muséum zu Alt-Kairo (Wiesbaden 1962 [m.W. in Wirklieh-
keit aber erst 1963 ersehienen]), die aueh diese Version enthalt, erschien
zu spât, als das Giversen sie noeh hâtte benützen kënnen. Natürlich wâre
es in jedem Fall ein Vorteil gewesen, wenn der Verfasser gleieh aile erhal-
tenen Versionen hâtte berüeksiehtigen kënnen. Aber seine Untersuchung
über das Verhâltnis der drei anderen Versionen wird dadureh nieht wertlos,
dafi ihm die vierte nieht zugânglieh war. Und ieh mëchte meinen, dafi die
Version von Codex IV diejenige ist, bei der es am ehesten zu verschmerzen
ist, dafi sie nieht mitberüeksichtigt werden konnte. Nieht nur, weil sie die
bei weitem am sehlechtesten erhaltene ist, sondern weil die Untersehiede
zwischen dem Apokryphon des Johannes aus Codex II und dem aus Codex
IV, beides Vertreter der sogenannten lângeren Version, noeh geringer sind
als die zwischen den Textformen im Codex III und in der Berliner Hand-
sehrift, den Zeugen der sogenannten kürzeren Version (vgl. Krause-Labib,
S- 37 und 39). Das Verhâltnis der drei Versionen bestimmt der Verfasser
nun wie folgt : was den Umfang betrifft, so steht die Fassung von Codex
II, also die lângere Version, der ursprünglielien Fassung am nâehsten. Die
kürzere Version ist dureh Einkürzung des ursprüngliehen Textes entstanden,
sie enthâlt aber zugleich aueh einige Zusâtze, in den Text eingedrungene
278
BIBLIOGRAPHIE
Glossen. Hinter diesen Ânderungen der kürzeren Version steht aber keine
bestimmte Tendenz, wâhrend umgekehrt in der langeren Version eine Ten-
denz zur Vermeidung von Anthropomorphismen greifbar ist, auf deren
Reehnung selbst langere Einschübe kommen. Diese Einschübe stammen ans
anderen Quellen; eine dieser anderen Quellen ware nach dem Verfasser
das nieht erhaltene, aber Taf. 67.10 (Labib) genannte Bueh des Zoroaster
(mcuxime NZœpOACTpoc). Es gab keine gemeinsame koptische Quelle
für die drei untersuehten Versionen, ja nicht einmal eine gemeinsame
griechische Vorlage für die beiden nah verwandten Texte der kürzeren
Version, so dafi die drei Zweige sich schon in der griechischen Uberlieferung
gebildet haben müssen.
Im Fall des Apokryphon des Johannes aus dem Codex II liegt das nicht
gerade hâufige Ereignis vor, dafi derselbe Text von zwei Wissenschaftlern
zugleich unabhangig voneinander herausgegeben wird, denn das schon
genannte Werk von Krause-Labib enthalt gleichfalls den Text des Apo-
kryphon des Johannes aus Codex II und zudem eine Beschreibung dieser
Handschrift. Bei dem unumganglichen Vergleich zwischen beiden Ausgaben
wird der Benützer schnell feststellen, dafi sie nicht selten voneinander
abweichen, und zwar sowohl in der Lesung des Textes an den weniger gut
erhaltenen Stellen (also auf den ersten Seiten der Handschrift) wie aueh
in den Angaben über die Handschrift. Ich betrachte es hier nicht als meine
Aufgabe festzustellen, welche Angaben im Einzelfall die richtigen sind und
welche nicht, zumal dies in vielen Fallen ohne Vergleich des Originals gar
nicht moglich ist. Für den Text selbst steht zwar jedem Labibs Tabelband
zur Verfügung, aber es will mir nicht scheinen, als kënnte ein Rekurs darauf
aile Fragen lësen. Im übrigen mëchte ich vermuten, dafi richtige Angaben
wohl nicht nur in einer der beiden Ausgaben zu finden sein werden.
H. Quecke, S.J.
*
G. S. P. Freeman-Grenville, The Muslim and Christian Calen-
dars being tables for the conversion of Muslim and Christian dates
from the Hijra to the year A.D. 2000. London, Oxford University
Press, 1963. vn-87 S., 222 x 148 mm. Preis : sh 10/6.
Wie schon der Titel deutlich sagt, verfolgt das Bueh einen rein prak-
tisehen Zweek, namlieh die notwendigen Hilfsmittel zur Umrechnung von
Daten des mohammedanisehen Kalenders in solehe des ehristliehen Kalenders
und umgekehrt zu bieten. So nehmen denn aueh den weitaus grëfiten Platz
die entsprechenden Tabellen ein (S. 14-87). Vorausgesehiekt sind kurze Ein-
führungen in « The Muslim Calendar » (S. 1-3) und in « The Christian
BIBLIOGRAPHIE
279
Calendar » (S. 4-5) und die Anweisungen zum Gebraueh der Tabellen
(S. 6-13).
Das Bueh wird sieher seinen Zweek erfüllen, doch bleibt es zu bedauern,
dafi die Angaben über den mohammedanisehen Kalender weder vollstandig
noch ganz korrekt sind. Dabei denke ieh bei Vollstandigkeit nur an das„
was zur allergewohnliehsten Umreehnung von mohammedanisehen Daten in
ehristliehe (und umgekehrt) notwendig ist, keineswegs an eine Behandlung
ail der Unsieherheitsfaktoren, die bei der Deutung von mohammedanisehen
Zeitangaben zu berüeksichtigen waren.
M. E. hatte unbedingt erwahnt werden müssen, dafi auch der mohamme-
danisehe Kalender Sehaltjahre kennt. Was mufi jemand, der sein Wissen
über den mohammedanisehen Kalender allein aus dem vorliegenden Bueh
sehopft, denken, wenn er einmal auf einen 30. Dû ’l-higgah (Dhu al-Hijja)
stofit? Oder wenn er ein christliehes Datum umreehnen mufi, das zufallig
auf diesen Tag, den Sehalttag im mohammedanisehen Kalender, fallt?
Nehmen wir das zeitlieh naehstliegende Beispiel, den 24. Mai 1963. Entweder
wird der Benutzer davon ausgehen, dafi am 25. Mai 1963 das Jahr 1383
der Hedsehra begann, und ohne weiteres annehmen, dafi der 24. Mai 1963 der
29. Dû ’l-higgah 1382 war, was nicht stiinmt. Oder er wird sueh in dieseni
Fall gewissenhaft seine Tabellen gebrauehen und dann den 24. Mai 1963
als den 355. Tag des Jahres 1382 der Hedsehra bestimmen. Mit dieser Zahl
kann er aber niehts anfangen, da der 355. Tag eines Hedsehra-Jahres in
Tabelle 2 (S. 63) nicht vorgesehen ist.
Unrichtig sind die Angaben des Bûches über die genauere Entspreehung
der mohammedanisehen und christlichen Daten. Da im mohammedanisehen
Kalender bekanntlieh der Tagesbeginn bei Einbrueh der Dunkelheit liegt,
in unserem Kalender dagegen bei Mitternaeht, erhebt sich die Frage, wie
die erreehneten Gleiehungen, etwa 7. Muharram 1040 = 16. August 1630
(dies Beispiel wird auf S. 8 durehgerechnet), zu deuten sind. Zunachst ist
mir unverstandlieh, warum der Verfasser diese wiehtige Frage nicht in
den einleitenden Bemerkungen grundsatzlieh geklart hat, sondern erst bei
Behandlung des genannten Beispieles en passant darauf zu sprechen kommt.
Sehlimmer aber ist, dafi seine Angaben dazu falseh sind. Nach ihm hatte
die Gleiehung 7. Muharram 1040 = 16. August 1630 zu bedeuten, « that
7 Muharram A.H. 1040 began at sunset on Wednesday, 16 August 1630».
Das kann ieh nicht anders verstehen, als das der 7. Muharram 1040 am
Abend des 16. August 1630 begonnen und bis zum Abend des 17. August
gedauert haben soll. In Wirklichkeit begann der 7. Muharram 1040 am
Abend des 15. August 1630 und dauerte bis zum Abend des 16. August.
Glüeklieherweise beeintraehtigen die genanten Mangel die Brauchbar-
keit der Tafeln kaum. Was die zuletzt behandelte Interprétation der durch
die Tabellen gewonnenen Gleiehungen betrifft, so sind beide ja voneinander
vollig unabhangig. Und was die Berücksiehtigung der mohammedanisehen
280
BIBLIOGRAPHIE
Schaltjahre betrifft, so genügt es für die Datenbereehnung, auf S. 63 am
Ende des Monates Dû ’l-higgah den 30. Monatstag = 355. Tag des Jahres
hinzuzusetzen. Überhaupt wird derjenige, der den mohanimedanisehen Kalen-
der schon kennt und das Bueh nur zur Umreehnung benutzt, sieher nieht
in Irrtum geführt werden. Nur der Anfanger, der sein ganzes Wissen über
den mohainniedanischen Kalender diesem Bûche verdanken sollte, ist unzu-
reichend informiert.
H. Quecke, S.J*.
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NEUE GRIECHISCHE PARALLELEN
ZUM KOPTISCHEN HOROLOGION
Unlàngst hat J. Mateos aus einer Sinai-Handschrift des 9. Jahr-
hunderts ein griechisches Horologion verôffentlicht \ das seines
Wissens «das àlteste bekannte griechische Horologion ist» (S. 47).
Der Text verdient also besondere Aufmerksamkeit. Einen ersten
Kommentar hat der Herausgeber der Edition beigegeben. Es war
aber nicht seine Absicht, aile liturgiegeschichtlichen Fragen auf-
zugreifen, die das neue Dokument aufwirft. Meine hier folgenden
Bemerkungen halten sich in einem noch weit engeren Rahmen. Es
geht mir nur um einen Vergleich des neuen Textes mit dem kopti-
schen Horologion. Eventuellen weiteren liturgiegeschichtlichen Zusam
menhangen bin ich nicht nachgegangen, und aueh d?^> koptische
Horologion kann ich nur in seiner heutigen Form heranziehen1 2.
Der Sinai-Text weicht nicht unerheblich vom Text des heutigen
byzantinischen Horologions ab 3. Einige seiner Besonderheiten haben
nun Parallelen im heutigen koptischen Horologion. Auf solche
Gemeinsamkeiten mochte ich hier hinweisen.
Die Sinai-Handschrift enthàlt einige Textstücke, die im heutigen
byzantinischen Horologion fehlen, die aber im koptischen Horologion
erhalten sind 4. Wenn ich nichts übersehen habe, finden sich drei
1 J. Mateos, Un horologion inédit de Saint-Sabas. Le Codex sinditique
grec 863 (IXe siècle), in Mélanges Eugène Tisserant, Bd. III (Studi e Testi,
Bd. 233), Vatikanstadt 1964, S. 47-76. Den Sinai-Text zitiere ich im folgenden
nach den Seiten der Handschrift; in eckigen Klammern setze ich die Seiten-
zahl bei Mateos hinzu.
2 Einzige neuere Druckausgabe des koptischen Textes : niXWJüt rrre HIAXIT
(Kairo 1930), im folgenden als Horol. zitiert. Es handelt sich um eine Aus-
gabe der unierten Kopten.
3 Für das byzantinische Horologion steht mir nur die Ausgabe von B.
Kutluaiusianos, ’QpoXoytov to géya, 5. Ausg., Venedig 1892, zur Verfügung,
im folgenden als OpoX. zitiert.
4 Wenn im folgenden von zwei Texten gesagî wird, dass sie « identisch »
(o.a.) seien, so ist darunter grundsiitzlich keine wortwortliche Übereinstim-
mung verstanden; auf kleinere Divergenzen wird aueh nicht in jedein Fall
eigens aufmerksam gemacht, dagegen sind starkere Abweichungen natürlich
immer angegeben.
285
286
H. QUECKE
derartige Abschnitte. Einer dieser Abschnitte gehort der Prim an.
Die vier « kleinen Horen » (Prim bis Non) der Sinai-Handschrift
sind ganz parallel gebaut, nur hat die Prim zwischen den Eingangs-
gebeten und den Psalmen zusatzlich einen dreimal zu rezitierenden
kurzen Text. Diesen Text kann ich im heutigen byzantinischen
Horologion weder an dieser noch an irgendeiner anderen Stelle
finden, dafür steht er im heutigen koptischen Horologion genau
an der gleichen Stelle im « Morgengebet » 5, namlich im Anschluss
an das Aevre 7rpocrKvvrjaù)iJ.ev ktX. / amcdini MÀpeNOYwcpT
cpËÂ6. Ich gebe zuerst den koptischen Text (Horol. 17 f.) und
stelle dessen Übersetzung neben den griechischen Text der Sinai-
Handschrift (f. 13r [48]) :
rriexiDpfc xqciNi TGNgjen ^mot ntotk ttZc oyo^ TeNj'
Zo epoK e-e-peKA-pefc epoN j>eN nxie^ooy 4>ai ®noi na-q-nobi
oyog, MA.TOYXON
Die Naeht ist vorübergegangen ;
wir danken dir, Herr, und wir bitten
dich, uns an diesem Tage sündenlos
zu bewahren ; und rette uns !
'H vî>£ 'n-apÿX.fkv, ev^apiaTiâ om,
Kvpte, ttjv rjpepav, aiTOvpiai, elprjviKTjv
Kai àvap.âpTTjTov irapdcr^ov P^h ^wrjp,
Kai (Twaov pie.
Die beiden anderen Texte sind die Troparien der Sext und Non
5 Zum Verhâltnis des koptischen « Morgengebetes » zur byzantinischen Prim
siehe weiter unten. — In der Komplet (17 irp<î>TTj ô\pé} der Sinai-Handschrift
steht an der entsprechenden Stelle ein dreifaches rjpœpav SieXôdv ktX.
(f. 102r-102v [58]), das — worauf Mateos (S. 61) nicht eigens aufmerksam macht
—• seine fast buchstabliche Entsprechung in dem so beginnenden Troparion
der heutigen byzantinischen Komplet (grosses Apodeipnon, OpoX. 184) hat.
Das koptische Horologion hat diesen Text gleichfalls (mit leichten Ânderungen)
als Troparion der Komplet und stimmt so in diesem Fall mit dem heutigen
byzantinischen Horologion gegen die Sinai-Handschrift überein. Der Haupt-
unterschied zwischen dem griechischen und dem koptischen Text liegt in den
Anfangsworten. Diese lauten im Koptischen : IC niegOOT Aqctltt = « Seht,
der Tag ist vorübergegangen». Wenn man von dem einleitenden «Seht!»
absieht, ist dieser Anfang ganz parallel zu dem Anfang des entsprechenden
Textes aus dem « Morgengebet » (gleich unten zitiert), steht allerdings erst
am Schluss der Hore, nach der Psalmodie. Die Vermutung einer sekundaren
Angleichung der Texte im Koptischen scheint nicht ganz abwegig.
o Ein geringfügiger Unterschied liegt darin, dass im Sinai-Text beides
unmittelbar aufeinander folgt, wahrend im koptischen Horologion dazwischen
noch steht : « Durch das Eintreten (irpwflda') der heiligen (âyca) Maria und
deiner Heiligen bewahre uns, und wir wollen preisen mit gutem Lobpreis;
und crbarme dich unser nach deinem Willen in Ewigkeit! ».
ZUM KOPTISCHEN HOROLOGION 287
der Sinai-Handschrift. Dass diese Troparien nieht im heutigen
byzantinischen Horologion stehen, hatte schon Mateos konstatiert
(S. 63). Sie finden sich jedoch im koptisehen Horologion. Zur
Vermeidung von Missverstandnissen ist erst kurz ein Blick auf die
Troparien von Terz, Sext und Non des koptisehen Horologions zu
werfen. In diesen drei Horen folgt jeweils auf die Evangelien-
lesung eine Reihe von Troparien und Theotokien, die ich wie
folgt gegeneinander abgrenze : zwei Troparien (1. und 2. Trop.),
ein Theotokion (1. Theot.), zwei weitere Troparien (3. und 4. Trop.)
und ein weiteres Theotokion (2. Theot.), d.h. jeweils zwei Zweier-
gruppen von Troparien7, wobei in jeder Zweiergruppe das erste
Troparion mit aoSea rrATpi (ÿËÂ, das zweite mit kai nyn üjbx
schliesst. Im folgenden ist ausschliesslich vom ersten und zweiten
Troparion im hier bestimmten Sinn die Rede, also nur von Text-
stücken vor dem ersten Theotokion. Sowohl in der Terz wie in der
Sext und Non ist nun das erste Troparion des koptisehen Horo-
logions mit dem entsprechenden Text im heutigen byzantinischen
Horologion identisch, d.h. jeweils mit dem Troparioî der betref-
fenden Hore, die beiden Stichen inbegriffen8. Für die zweiten
Troparien der koptisehen Sext und Non ist dagegen im heutigen
byzantinischen Horologion keine Parallèle nachzuweisen9. In den
Troparien der Sinai-Handsehrift haben wir nun die griechische
Bezeugung für diese Troparien des koptisehen Horologions. Ich
gebe die Texte in derselben Anordnung wie oben den ersten Text :
Zunâchst für die Sext (Horol. 186 f. ; sin. gr. 863, f. 58r-58v [52]) :
ü> ïhc nxc neNNoy't' 4>h gtayT iqT nàk ej»OYN erricTAY-
poc |»eN 't’XJcn s akjadtgb m<|>nobi giTen nnpe oyog
aktanj,o MmpeqMaroYT giTeN neKMOY eTe mpœrfi ne
eTA.K-e-A.Mioq |»eN nskjcijc eTAqMOY giTeti 4>nobi j»u,TeB
NnennA-e-oc10 giTGN ngkmkayS. noy-kxi NpeqTANj»o oYog
7 Mitunter werden diese Zweiergruppen als je ein einziges Troparion
betrachtet, so dass dann in jeder dieser Horen überhaupt nur zwei Troparien
gezahlt werden, entsprechend der Zahl der Theotokien.
8 Terz : Horol. 146 f., OpoX. 115; Sext : Horol. 184 ff., îlpoX. 126; Non :
Horol. 226, OpoX. 154. Grossere Divergenzen zwischen dem griechischen und
dem koptisehen Text bestehen nur am Schluss des Troparions der Sext, wo
im koptisehen Horologion die beiden Stieh^n in umgekehrter Reihenfolge
stehen und dann noeh weitere Abschnitte aus dem betreffenden Psalm (54
[55]) folgen.
9 Für die Terz, wo besondere Verhâltnisse vorliegen, vgl. weiter unten!
19 Das Horol. hat hier enennAOOC, vermutlich ein Fehler. Ich folge hier
288
H. QUECKE
j>6N NliqT GTÀ.Y't’ iqT NÀK N|>HTOY MATOY-XO MFI6NNOYC
©BOA. £A 't’eBAA.BH NT6 NlfcBHYI N^YÀHN,KON N6M Nieni-Q-YMlA
NKOCMiKON ej>oYN enep 4>neYi NNGK^xn NenoYPANioN
K ATA. NeKMeTCpeN £HT
0 Jésus Christus, unser Gott, der
du in der seehsten Stunde ans Kreuz
(aravpoç) genagelt wurdest, du hast
die Sünde dureh das Holz getotet
und den Toten dureh deinen Tod
lebendig gemacht, namlieh den Men-
sehen, den du mit deinen Hân-
den geschaffen hattest, der dureh
die Sünde gestorben war. Tote
unsere Leidenschaften (7ra0os) dureh
deine heilenden, lebendigmachenden
Schmerzen und dureh die Nagel, mit
denen du angenagelt wurdest, rette
unseren Geist (Trvtvjaa) vor dem Ver-
derben (/JXa/fy) der materiellen
(uXikoç) Dinge und der weltliehen
(koct/ukos) Begierden (èTrtôvpia) dazu
hin, nach deinen Erbarmungen dei-
ner himmlisehen (àrovpâvtos) Urteile
zu gedenken.
‘O ektj? wpa. tw ffTavpÿ TrpotrrjXfàOel^,
’Itjctoû ô ®eos ïjpMv, Kai ttjv plv
àpaprtav veKpwuas èv rü ÇvXm, tov
8è ve.Kpa>0e.vTa ^œwffaç tw crœ 0avâ.Ta> •
to irXa(rp,a tü>v \etpüv crov, tov
dv0pwirov, à7r€KT«v€ fj âpaprta ’ véKpw-
erov pov tol 7râ0T] toïç £œo7rooîs trou
Tradrjpaai ' Kai roîç 17X01Ç ois irpotre-
7rayiyç t^ç twv vXikwv irpo(rira0eéas
è^fjXwaov pov tov vovv, œç <(>iXdv0p<i>-
7TOÇ.
Am Schluss weichen die beiden Texte nicht nur stark voneinander
ab, sondern jeder von ihnen bereitet schon für sich gewisse Schwie-
rigkeiten. Auf die des griechischen will ich hier nicht weiter ein-
gehen. Wenn Mateos von diesem griechischen Troparion sagt, dass es
«d’une construction grammaticale assez déficiente» sei (S. 63), so
wird er vermutlich aueh und gerade an den Schlussabschnitt
gedacht haben. Trotz allem scheint mir der griechische Text
ursprünglicher. Beim Kopten sind am Schluss sicher zwei Gedanken
hôchst ungeschickt kombiniert, die so einfach nicht zusammenpassen
wollen. Zudem haben wir den Schlussatz des koptischen Textes
der Ausgabe von R. Tuki, Diurnum alexandrinum copto-arabicum, Rom, 1750.
Tukis Ausgabe ist mir zwar nicht zugânglich, aber die Troparien (mit Theoto-
kien) der Sext daraus sind abgedruckt bei O. H. E. Burmester, The Canonical
Hours of the Coptic Church (in Orient. Christ. Periodica 2 [1936], 78-100)
84-87.
ZUM KOPTISCHEN HOROLOGION
289
noch an einer anderen Stelle im koptischen Horologion, und dort
in einer Fassung, die wohl kaum zu beanstanden ist. Im Schluss-
gebet (« absolutio ») der Non des koptischen Horologions heisst es
u.a. (Horol. 232 f.) : oyorreB NNeNNoyc bboa £A Nipœoycp
mkhdtikon New Nieni-e-yMiA nkocmikon e^oyN enep ^neyi
NNeKfcxn NenoypxNioN, zu deutsch : «Wende unseren Geist
(irveupa-, Plur.) von den irdischen (/Jicütikoç) Sorgen und den
weltlichen (kootukoç) Begierden (èirtOupia') weg dazu hin, deiner
himmlischen (eTrovpaptoç) Urteile zu gedenken ! » Auffallig ist
dann allerdings, dass unmittelbar ein Sàtzchen folgt, das an das
cuç (/>iXdvOpa)TTo<; am Schluss des Troparions aus der Sinai-Hand-
schrift erinnern kënnte : jccdk nàn gboa. NTeKMeTMAipcmu œ
niAFA-e-oc, deutsch « Vollende uns deine Menschenliebe, o Guter
(œyafldç) ! ».
Dann die Texte für die Non (Horol. 227 ff. ; sin. gr. 863, f. 72v-
73r [53f.]) :
cd 4>h eTA.q't MrnnNÂ. eNeNXiJC m4>kdt eTA.yA.cpK enicTA.y-
poc m<|>na.y NA-xrr •ë-'f ak/G mcdit miticoni eTAcpi ngmak
ej»oyN eninA.pA.-A.icoc MnepoBcpK epoi œ niArA-e-oc unep/û
BO't' MMOI A.AAA. MA.TOYBO NTA-ŸYXH A.pi OyCDINl eiTA.KA.'t' OyOfc
eK6A.IT NO)4>Hp eNlgMOT NT6 NeKMyCTHpiON NX-O-MOy fclNA.
AicpANxeM jrri NTeKMeTpeqep ne-o-NANeq ntajni na.k
ej»oyN Noyfcœc j»en oyMeTA-TXA. pœq enfi cpcpcDoy eneKCAi
efcOTB SNXA.1 NIBCN CD ITXC neNNOyj' oyofc NA-fcMeN
0, der den Geist (irvevpa) in die
Hânde des Vaters gegeben hat, als
du in der neunten Stunde ans Kreuz
(aravpoç) gehangt worden warst und
dem mit dir hangenden Rauber den
Weg ins Paradies (irapaSetao^) ge-
wiesen hattest, vergiss mieh nicht, o
Guter (âya^oç), verabscheue mieh
nicht, sondern (àAAa) reinige (hei-
lige) meine Seele erleuchte
meine Einsieht und mâche mieh
teilhaftig der Gnaden deiner unster-
blichen Geheimnisse (pvaryptov),
damit ieh, wenn ieh dein Wohltun
verkoste, dir einen Lobgesang dar-
bringe, ohne zu sehweigen, deine
*0 rfy ij/vx^v ôri £vAov Kpepdpevos
èvvaTfl wpa -rrapaSovs rw Harpe, Kai rü
avaravpwdévri crot Agarïj o8o7roi?jCTas
rr]v ei<s tov irapaSeurov etaoSov, p.?}
p.t 7rapi8fl<s, p.Tj pc. àiro8oKtp.d<rr)S,
àyadé, ôAA’ àyiaaov ttjv pov
Kai <f>d)Ti(TOV Tfjv 8tdvotav, Kai tt/s
àOavdrov Tpvtfyr/s Kotviorov p* âvaSei-
^ov twv pvaTTjpiiüV aov, tva yevaa-
jUCVOÇ (TOV Tlÿç ^piyCTTOTI/TOÇ, VpVOV
àaiyijrov irpoaayaya) aoi, vtrep mivra
TroOrpras aov ttjv ûpaioT’qra • Xpiare
o ®eoç TjpÂw, 8o£a aot.
290
H. QUECKE
Schonheit über jegliehes Ding be-
gehrend, o Christus, unser Gott; und
rette uns!
Soweit die Paralleltexte selbst.
Es ergeben sich aber noeh weitere Berührungspunkte zwischen
der Sinai-Handschrift und dem koptisehen Horologion. Vor allem
sieht es ganz danach aus, dass die Troparien aller vier « kleinen
Horen » hier von Bedeutung sind. Davon zunàchst. Von Sext und
Non war schon die Rede; im Zusammenhang mit der Terz werden
wir aber nochmal auf Sext und Non zurückkommen müssen. Vor-
her jedoch kurz zur Prim. Wie schon Mateos festgestellt hat (S.
62 f.), hat diese Hore in der Sinai-Handschrift jenen Text als
Troparion, der im heutigen byzantinischen Horologion (mit leich-
ten Ânderungen) als Schlussgebet der Hore dient : To </><âç ro
olXt)0lv6v kt\. (f. 24v-25r [49] ; vgl. flpoX. 106). Ein Vergleich mit
dem koptisehen Horologion macht insofern gewisse Schwierigkeiten,
als das koptische Horologion nur eine Morgenhore hat und nieht den
Unterschied zwischen Orthros und Prim kennt. Das koptische
« Morgengebet » entspricht aufs Ganze gesehen dem byzantinischen
Orthros, doch fehlen Beziehungen zur byzantinischen Prim nieht
ganzn. Nun hat das « Morgengebet » des koptisehen Horologions
überhaupt kein Troparion, sondern an der entsprechenden Stelle
(nach der Evangelienlesung) einen làngeren « Hymnus » (Psali/
Tarh). Dessen erste Strophe lautet : « Wahres Licht, das jeden
Menschen erleuchtet, der in die Welt kommt » (Horol. 80). Wenn
aueh der koptische Hymnus weiter nichts mehr mit dem grie-
chischen Troparion, bzw. Schlussgebet der Prim zu tun hat, so
seheint mir doch die Tatsache hochst bemerkenswert, dass in der
Sinai-Handschrift und im koptisehen Horologion an der gleichen
Stelle Texte stehen, die mit demselben Satz beginnen. Ausserdem
stimmt das Troparion der Sinai-Handschrift noeh in zwei kleineren
Punkten mit dem Anfang des koptisehen Hymnus gegen das
Schlussgebet der Prim des byzantinischen Horologions überein : es
fehlen einmal das einleitende Xpicrré und dann spâter Kai aryuitpv.
Die Terz, zu der wir nun kommen, müssen wir im Zusammen-
hang mit der Sext und Non sehen. Für Sext und Non hatten wir
il Gerade der sin. gr. 863 bietet hier neues Material; schon eingangs
hatten wir das beiden gemeinsame Gebet « Die Nacht ist vorübergegangen
usw. » gesehen.
ZUM KOPTISCHEN HOROLOGION
291
schon Folgendes festgestellt : in beiden Horen ist das erste Tropa-
rion im koptisehen Horologion mit dem Troparion der betreffenden
Hore im heutigen byzantinischen Horologion identisch, das zweite
dagegen mit dem Troparion dieser Horen in der Sinai-Handschrift.
Derselbe Tatbestand scheint aueh für die Terz vorzuliegen, obwohl
hier die Situation auf den ersten Blick eine ganz andere zu sein
scheint. Für die Terz haben nâmlich das heutige byzantinische
Horologion (flpoX. 115) und die Sinai-Handschrift (mit leichten
Varianten) dasselbe Troparion (f. 42v [51]), nur fehlen in letzterer
die beiden Stichen. Und wenn ich nun zunâchst einmal stark ver-
einfachen darf, dann ist für das koptische Horologion zu sagen,
dass sein erstes und zweites Troparion diesmal gleich lauten und
dass dieser Text wieder mit dem Troparion identisch ist, das das
heutige byzantinische Horologion und die Sinai-Handschrift gemein-
sam haben. Somit machen aueh diese beiden koptisehen Troparien
denselben Eindruck wie die von Sext und Non : sie lassen sich als
eine Kombination der Troparien aus dem byzantinischen Horologion
und der Sinai-Handschrift beschreiben.
Wie gesagt, habe ich zunâchst stark vereinfacht. So giatt geht in
Wirklichkeit nieht ailes auf. Zunâchst einmal sind die beiden kop-
tischen Troparien nur partiell identisch, nâmlich jeweils in der
ersten Hâlfte, also in jenem Abschnitt, der dem eigentlichen Text
des grieehischen Troparions (ohne die Stichen) entspricht. Auf
diese erste Hâlfte folgt dann in den beiden Troparien jeweils ein
ganz verschiedener Abschnitt. Dieser zweite Abschnitt sind im
ersten Troparion eben die Stichen des heutigen byzantinischen
Horologions. Der zweite Abschnitt im zweiten Troparion 12 hat nun
inhaltlich — soweit mir bekannt ist — weder im heutigen byzanti-
nischen Horologion noeh in der Sinai-Handschrift eine Parallèle.
Dadurch ist aueh das Verhâltnis des Troparions der Sinai-Hand-
schrift zu dem des koptisehen Horologions in der Terz nieht das
gleiche wie in der Sext und Non. In Sext und Non deckte sich
das Troparion der Sinai-Handschrift seinem ganzen Umfang nach
mit dem zweiten Troparion des koptisehen Horologions (mit einer
12 Dieser zweite Abschnitt im 2. Troparion besteht weder hier in der Terz
noeh in Sext und Non aus Psalmversen. Aueh in der Art der verwendeten
Texte scheint also eine Gesetzmassigkeit zu eikennen : die ersten Troparien
dieser Horen des koptisehen Horologions enthalten jeweils die Psalmverse, die
im byzantinischen Horologion als Stichen dienen, in den zweiten Troparien
dagegen fehlen Psalmverse, ganz wie in den Troparien der Sinai-Handschrift.
292
H. QUECKE
gewissen Einschrânkung für die Sext; vgl. oben). In der Terz ist
das Troparion der Sinai-Handschrift wesentlich kürzer als das
zweite Troparion der koptischen Terz und deckt sich eben mit dem
ersten Abschnitt dieses Troparions. Schliesslich weisen die Texte
der beiden koptischen Troparien aueh in dem Teil, in dem sie mit-
einander identiseh sind, noch andere Divergenzen untereinander
auf. Ich übersetze hier den Text dieses ersten Abschnittes in der
Version des zweiten Troparions (Horol. 147 f.) : « Herr, der du in
der dritten Stunde deinen heiligen Geist (Trvev/za) auf deine heiligen
(àytoç) Jünger (jzaéfyrTjç) und geehrten Apostcl (àTrdoroXoç)
herabgesandt hast, nimm diesen nicht von uns, o Guter (dya06ç),
vielmehr (àXXa) bitte ich dich, ihn in unserem Innern (Plur.)
zu erneuern. » Die erste Fassung (Horol. 146 f.) weicht in folgenden
Punkten ab : 1. ist für das Possessivum « dein » vor « Jünger »
in den beiden koptischen Fassungen jeweils eine andere Ausdrucks-
weise zur Anwendung gekommen. 2. übersetzt das erste Troparion
das griechische èyKaivixrov aueh wirklich mit dem Imperativ
« erneuere ! », lâsst aber das am Schluss des griechischen Textes
stehende « wir bitten dich » unberücksichtigt. 3. sind die Anfangs-
worte in beiden Fassungen jedenfalls wieder verschieden formuliert.
Ob damit der Sinn modifiziert ist, ist schwer zu beurteilen. Das
rrZc <|>h eTAKoyœpn MrreKnNX ë-ë-ÿ der zweiten Fassung
heisst eindeutig « Herr, der du deinen hl. Geist gesandt hast ».
Das neKnNÂ. ë-ë-ÿ ttJc <|>h eTXKoyopnq übersetzt man dagegen
ganz unwillkürlich als « Deinen hl. Geist, Herr, den du gesandt
hast », und so ist der Text dann aueh in der arabischen Übersetzung
wiedergegeben. Es ist aber meiner Meinung nach philologisch
gesehen durchaus mbglich, aueh die erste Fassung zu übersetzen :
« Herr, der du deinen hl. Geist gesandt hast ». Der koptische Wort-
laut weicht natürlich aueh dann noch ab, aber beide Fassungen
kbnnten Ubersetzungen ein und derselben Vorlage sein. Abweichend
vom Griechischen hat dann der koptische Text (in beiden Fassungen)
!>gn nh eTCÀ-i»oyN mmon — « in unserem Inneren (Plur.) » statt
èv Yjiiîv, Se6pÆ0a (Sinai-Text), bzw. Yjfûv tocs SeofJLévots crov
(byzant. Horol.). Wenn man das erste koptische Troparion allein
für sich betrachtet, kônnte man vielleicht geneigt sein anzunehmen,
dass einfach das heN NH eTCAJjoyN mmoi = « in meinem Inneren
(Plur.) », das hinter dem gleich folgenden zweiten « erneuere ! »
steht, etwas nach vorne hinter das erste « erneuere ! » gerutscht
ist und dort einen anderen, ursprünglicheren Text ersetzt hat.
ZUM KOPTISCHEN HOROLOGION 293
Dies scheint mir aber ailes andere als sicher. Erstens müsste man
dann annehmen, dass von derselben Stelle aus (oder woher sonst?)
aueh noeh dieselbe hypothetische Lesart im zweiten Troparion ver-
drângt worden ist. Sodann zeigen schon die beiden hier betrachteten
griechischen Texte, dass die griechische Uberlieferung selbst schwan-
kend ist. Ausgehend von der Fassung der Sinai-Handschrift mochte
ich sagen, dass der Weg von èv T)[ûv zu « in unserem Inneren »
gar nieht so weit ist und dass das Seo/zefla dem « ich bitte dich »
im zweiten koptisehen Troparion doch recht gut entspricht. Ich
mochte sogar sagen, das der Sinai-Text aueh mit seinem Troparion
der Terz dem entsprechenden Abschnitt des koptisehen Horologions
(dem 2. Troparion) nàher steht als dem Troparion der Terz des
heutigen byzantinischen Horologions.
Wir müssen aber zu unserem eigentlichen Fragepunkt zurück-
kehren. Trotz der dargelegten Unsicherheiten, deren Gewicht keines-
wegs verkleinert werden soll, mochte ich mit den notigen Vorbe-
halten annehmen, dass für die Terz des koptisehen Horologions das
gleiche zu gelten hat wie für Sext und Non : das erste Troparion
ist mit dem Troparion des heutigen byzantinisenen Horologions,
das zweite mit dem der Sinai-Handschrift identisch. Jedenfalls
ergeben sich folgende zwei Reihen : einmal die Troparien von Terz,
Sext und Non des heutigen byzantinischen Horologions, und diese
sind mit den ersten Troparien der gleichen Horen des koptisehen
Horologions identisch; zum zweiten die Troparien dieser Horen in
der Sinai-Handschrift, und diese sind mit den zweiten Troparien
dieser Horen im koptisehen Horologion identisch. Dass diese frap-
pierenden Entsprechungen nieht reiner Zufall sein kônnen, liegt
auf der Hand. Eine andere Frage ist jedoch, wie dieser Tatbestand
zu deuten ist. Das einfachste Schéma eines Abhângigkeitsverlialt-
nisses sâhe so aus : die beiden verschiedenen Troparienreihen, die
als solche im heutigen byzantinischen Horologion und in der Sinai-
Handschrift bezeugt sind, sind einmal tatsachlich derart miteinander
kombiniert worden, dass für jede Hore das Troparion der einen
Reihe mit dem der anderen Reihe zu einer Zweiergruppe vereinigt
wurde; diese Kombinationen leben im heutigen koptisehen Horo-
logion fort. Ob die wirkliche Entwicîdung allerdings auf diese
Weise abgelaufen ist, kann mit dem hier betrachteten Material
allein nieht entschieden werden, und ich lasse diese Frage hier
vollig offen. Damit werden sich die Liturgiegeschichtler zu befassen
haben.
294
H. QUECKE
Schliesslich noeh ein letzter Punkt. Mateos wundert sich mit
Recht darüber, dass die Sinai-Handschrift das Horologion nieht
mit dem Mesonyktikon beginnt, sondern mit der Prim. Er stellt
dazu einige Überlegungen an (S. 60 f.), denen man vom koptisehen
Horologion her noeh die folgende hinzufügen konnte : aueh die
koptisehen Horologien beginnen insgesamt nieht mit der Mitter-
nachtshore, sondern mit dem « Morgengebet ». Schon oben wurde
erwâhnt, dass dies « Morgengebet » nieht einfach mit der Prim
identisch ist, sondern am besten als Entsprechung von Orthros und
Prim zugleich betrachtet wird. Wenn man also aueh in diesem
Fall nieht einfachhin von einer Übereinstimmung zwischen der
Sinai-Handschrift und dem koptisehen Horologion sprechen kann,
so bleibt eine wichtige Gemeinsamkeit zwischen beiden bestehen :
die Anordnung der Horen beginnt nieht mit der Mitternachtshore.
Zur Auswertung des neuen Materials fühle ich mich nieht beru-
fen. Nur ganz allgemein sei vermerkt, dass dies neue Material
sich glânzend den von Baumstark in seiner Untersuchung über
« Palâstinensisches Erbe im byzantinischen und koptisehen Horo-
logion » 13 aufgezeigten Zusammenhângen einfügt. Ob sich darüber
hinaus konkrete Einzelergebnisse daraus erheben lassen, werden
die Fachwissenschaftler zu untersuchen und zu entscheiden haben.
Ich wollte hier nur auf das Material aufmerksam gemacht haben.
Es sei mir dabei gestattet, an den Artikel zu erinnern, den ich im
letzten Band dieser Zeitschrift veroffentlicht habe : « Erhebet euch,
Kinder des Lichtes!» Es ist jetzt schon das zweite Mal in kurzer
Zeit, dass ich auf Übereinstimmungen zwischen dem koptisehen
Horologion und griechischen Texten stosse, die nieht im heutigen
byzantinischen Horologion stehen. Da es sich in beiden Fâllen um
mehr zufâllige Beobachtungen handelt, mochte ich vermuten, dass
eine systematische Durchmusterung der Texte weiteres Material
zutage fordem müsste.
69 Heidelberg, Hans Quecke, S.J.
Blumenstr. 23.
13 In Atti dei V congr. internas, di studi Usant., Bd. II (Studi bizlant. e
neoell., Bd. 6), Rom 1940, S. 463-469.
rrpeTe = PRAEDARI?
Der Charakter des Koptischen als « mixed language » 1 ist insbe-
sondere dureh die Arbeiten des langjàhrigen Direktors der Zeit-
schrift Le Muséon Mgr. L. Th. Lefort (1879-1959) klar und end-
gültig herausgestellt worden 2. Aueh die Bedeutung der griechischen
und lateinischen Lehnwbrter ist in diesem Sinne inzwischen voll
erkannt worden und ihre Erforschung in Gang gekommen3. Natur-
gemâss stand das Griechische bisher ganz im Vordergrund, da sein
Einfluss weit überwiegt.
Es ist daher noch unklar, wie weit das Lateinische Macht in
Âgypten gewonnen hat : zeitlich und ortlich. Zur Belebung der
Diskussion teilen wir hier eine Beobachtung mit, die wir anlâsslich
der Lektüre koptischer Zaubertexte mit 2 Studenten im Sommer-
semester 1964 in Heidelberg machten. Wir stiessen dabei auf den
Machtzauber, den W. E. Crum als Nummer 398 sûner Short Texts
from Coptic Ostraca and Papyri, London 1921 publizierte. Der erste
Commentator und Übersetzer brachte das dort vorkommende Ver-
bum rrpeTe mit dem Griechischen TrXrjOeiv in Verbindung und
übersetzte intransitiv « sich füllen »4. Es geht darum, dass der
1 Cf. zum Vergleich im modernen Europa : J. Aquilina, Maltese as a mixed
language, in Journal of Semitic Studies, 3 (1958), p. 58-79. Hier ein anti-
arabischer Charakter des Volkes (P. Cachia, Cultural cross-currents in Maltese
Idioms, in Journal of Maltese Studies, 2, 1964, p. 226-237) bei einer im
Grande arabischen Sprache, in Âgypten ein antibyzantinischer Charakter bei
einer stark griechisch beeinflussten Sprache; nicht nur im Vokabular, sondern
— was noch kaum untersucht ist — trotz aller àgyptischen Eigenstandigkeit
aueh in der Syntax (vornehmlich wohl im Bohairischen ; cf. aueh H. J.
Polotsky, Études de syntaxe copte, Le Caire, 1944, p. 26).
2 Cf. seine Bibliographie in Le Muséon, 72 (1959), p. 265-276.
3 Cf. A. Bôhlig, Ein Lexïkon der griechischen Wôrter im Koptischen.
Die griechisch-lateinischen Léhnwôrter in den koptischen manichàischen Texten,
München, 19542 (Studien >eur Erforschung des ehristliehen Âgyptens I) ;
idem, Die Fortführung der Arbeit am Lexïkon der griechischen Wôrter im
Koptischen, in Wissenschaftliche Zeitschrift der Martin-Luther-Universitat
Halle-Witteriberg, 5 (1956), p. 655-657.
4 A. M. Kbopp, Ausgewàhlte koptische Zaubertexte, II, Bruxelles, 1931, p.
19-21.
295
296
C. D. G-. MÜLLER
Magus einem Fabelwesen seine Macht für 7 1/2 Stunden abnehmen,
sie rauben (crvXâi') will, wie es vorher heisst. Die vorgeschlagene
Übersetzung des « Sich Füllens mit der Kraft » ist mëglich, schien
uns jedoch etwas gekünstelt.
Im Laufe unserer Nachforschungen stiessen wir auf das Wort
npcTfi (saïdisch) oder npGTA. (bohairisch) in der Homilie Severü
von Antiochien über den Erzengel Michael45. Es bedeutet hier
offensichtlich «praeda» (Beute)5 6 * 8. Wir mochten daher rrpeTe mit
« praedari » zusammenbringen. Demnach würde der Magus sich das
dem Fabeltier Gehorige zur Beute machen, was gut zu dem vor-
hergehenden « Rauben » (crvXd.i') passen würde. Allerdings konnten
erst weitere Beispiele, über die wir vorerst noeh nieht verfügen,
unsere Annahme aus dem Stadium der Hypothèse in dasjenige der
Gewissheit heben.
Heidelberg, C. Detlef G. Muller.
Hausserstrasse 59.
5 C. D. G. Muller, Die dite koptische Predigt, Diss. Heidelberg, 1953
(gedruckt Darmstadt 1954), p. 143 (saïdisch = E. A. W. Budge, Miscellaneous
Coptic Texts in the Dialect of Vpper Egypt, London, 1915, p. 164, lin. 7 ;
bohairisch = idem, Saint Michael the Archangel, London, 1894, p. 74, lin. 6).
8 Aueh das Verbum <rvXâv steht im saïdischen Text hier in der Nahe
(CT2\A.» l.c., p. 164, lin. 6; bohairisch : cye2\-, l.c., p. 74, lin. 4). — Der Araber
übersetzt npeTA. sinngemass Jl^.| (e* A. W. Budge, Saint Michael the
Archangel, London, 1894, p. 160, lin. 24) und der Àthiopier entsprechend :
« W « (ibidem, p. 203, lin. 18-19).
DAS FEST
ALLER ALTTESTAMENTLICHEN PATRIARCHEN
AM 3. JANUAR IM GEORGISCHEN MENÂUM
VON DUMBARTON OAKS
In dieser Zeitschrift (77 [1964] 29-64) hat Gérard Garitte bei der
Untersuchung der georgischen Menàen-hs. von Dumbarton Oaks mit
Recht das auffallende Gedàchtnis « Sanctorum Patriarcharum »
am 3. Januar hervorgehoben. Mit Hilfe der Angaben im Hymnarium
des Michael Modrekili1 konnte er ergànzend hinzufügen, dass es
sich bei diesen Patriarchen um die Alten Testamentes handelt.
Indessen sind damit die Môglichkeiten, diese eigenartige Erschei-
nung im georgischen Festkalender aufzuhellen, noch nicht erschôpft.
Wenn wir bei Modrekili sâmtliche Angaben über die Vorfeier von
Weihnachten und Epiphanie 2 ins Auge fassen, kann uns ein sehr
beachtenswerter Parallelismus nicht verborgen bleiben. Die folgende
Übersicht soll das noch etwas deutlicher machen. Da wir bei
Johannes, dem Bischof von Tbeti3, Spuren verwandter Angaben
finden, ziehen wir auch diesen Zeugen aus dem 10. Jh. mit heran.
1 Für Modrekili dürfen wir uns hier mit Hinweis auf Le Muséon 74 (1961),
417 begnügen.
2 Da die àlteren georgischen Zeugen einschliesslich des Sinaiticus 34 (vgl.
Gérard Garitte, Le calendrier palestino-géorgien du Sinaiticus 34 (Xe siècle)
= Subsidia hagiographica 30, Bruxelles, 1958) von dieser Vorfeier noch nichts
wissen, handelt es sich auch bei dieser Erscheinung um einen Einfluss des
byzantinischen Heiligenkalenders. Freilich ist in concreto die Gestaltung dieser
proeortia in charakteristisch georgischer Weise erfolgt. Im gleichen Sinn des
« Siegeszuges des byzantinischen Festkalenders » hat Sinaiticus georg. 1 proeortia
vom 20.-22. Dezember (Iv. Dzavachisvili, Sinis mt'is Ic'art'ul helnacert'a
agceriloba, Tiflis, 1947, 1-2) und Sinaiticus 64 vom 20.-24. Dezember (N.
Marr, Opisanie gruzinskïh rukopiseï Sinaïslcogo Monastyrja, Moskau und
Leningrad, 1940, 136). Aber zu Epiphanie nicht.
3 Vgl. Michael Tarchnischvili, Geschichte der kirchlichen georgischen
Literatur — Studi e Testi 185 (Città del Vaticano, 1955), 117 f.
297
298
H. ENGBERDING
Weihnachten Epiphanie
Modrekili Johannes v. Menaen Tbeti 21. XII. 21. XII. Synaxis in Versamm- ovili lung im Hirtenheim praenuntiatio Vorhersage de nativitate der Geburt domini nostri Jesu Cliristi vigilia Vorfeier et cum omni- und Gedacht- bus nomini- nis der alt- bus memoria testament- patriarcha- lichen Patri- rum Veteris arehen Testamenti 22. XII. Synaxis ibi- dem in ovili 23. XII. 23. XII. praenuntiatio Vorfeier der de nativi- Geburt und tate domini Gedâchtnis nostri des gerech- Jesu Christi ten Joseph Sonntag vor Weih- nachten 4 : memoria Abraham Modrekili Johannes v. Menàen Tbeti 3. I. 3. I. 3. I. Synaxis in Versamm- litore Tibe- lung am riadis maris Jordan praenuntiatio Enkanie (dedicatio) Johannes’ des Taufers baptismatis Taufe des domini nostri Herrn Jesu Christi et memoria sanctorum patriarcha- patriarcha- rum Veteris Testamenti 4. I. Synaxis in Calamon. praenuntia- tio baptis- matis domi- ni nostri Jesu Christi Sonntag vor ante epipha- Epiphanie niam quae Synaxis dominiea ultra erit lordanem
< Diese Feier ist also bei Modrekili und Johannes von Tbeti (und in Sin. georg. 1 und 64) auf den 21. Dezember gelegt worden.
DAS FEST ALLER PATRIARCHEN
299
et Isaac et
Jacob et
trium Puero-
rum, Danie-
lis Prophetae
et aliorum
omnium sanc-
torum Patri-
areharum
A. Aus dieser Gegenüberstellung ergibt sich für die Ordnung
im Hymnarium des Modrekili :
I. Für die Gestaltung der proeortia vor Weihnachten :
1. Die Synaxis auf dem Hirtenfelde, welche nach dem alten
armenischen Lektionarium 5 zur Non der Vigil von Epiphanie, im
Grossen georgischen Lektionarium der Kirche von Jérusalem6 zur
Vesper der Vigil von Weihnachten gehalten wurde, ist hier zur
Synaxis der beiden Vortage 21. und 22. Dezember geworden.
2. Das Gedâchtnis an die « Altvâter », welches nach dem Typikon
Jérusalem, Agiu Stawr. 40 am Sonntag vor Weihnachten gefeiert
wurde und sich spâter zu einer doppelten Feier an den beiden 7,
dem Weihnachtsfest voraufgehenden Sonntagen entwickelt hat, ist
hier auf den 21. Dezember gelegt worden.
II. Dieser vorweihnachtlichen Ubung ist der Ritus der Tage vor
Epiphanie angeglichen worden.
1. Wie für die Vorfeier von Weihnachten als Synaxis ein weih-
nachtlicher Ort gewâhlt wurde, so für die Vorfeier von Epiphanie
ein Ort am Wasser :
5 F. C. Conybeare, Rituale Armenorum (Oxford, 1905), 517 oder Athanase
Renoux, Un manuscrit du lectionnaire arménien de Jérusalem (cod. Jerus.
arm. 121) — Le Muséon 65 (1962), 386.
® Michael Tarchnischvili, Le Grand Lectionnaire de l’Êglise de Jérusalem
(CSCO 188, 1 — 189, 9 und 204, 113 = 205, 91).
7 Juan Mateos, Le typicon de la Grande Église. Ms. Sainte-Croix n° 40 —
Orientalia Christiana Analecta 165 (Roma, 1962), 134. Sinaiticus georg. 1
steht noeh auf der alteren Stufe der Entwickelung im griechisch-byzantinischen
Ritus, wenn er fol. 13 r bietet : Ante Christi Nativitatem Dominica, in qua
liber Nativitatis legitur, memoria sanctorum patriarcharum et festivitas Salva-
toris nostri Nativitatis (Marr, a.a.O.) und ahnlich aueh Sinaiticus georg. 64
für den gleichen Sonntag : Memoria sanctorum patriarcharum et festivitas
Salvatoris nostri Nativitatis (Dzavachisvili, a.a.O.).
300
H. ENGBERDING
a. für den 3. Januar : synaxis in litore Tiberiadis, eine Angabe,
die genau so am 7. Januar wiederkehrt.
b. für den 4. Januar : die Synaxis in Salamon. Damit ist die
laura des Kalamon gemeint. Deren Beziehung zum Jordan uns in
einem Paterikon des 14. Jh. in folgender Weise erlàutert wird :
Laura tov KaXa/wvoç rfyovv tov àyiov Tepaaipov, rov èv
t *ïo pü av?) (A. IIa7ra867rovXoç-K€pa/z€vç, 'lepoo’oXv/ziTiKTj
Bi^Xio^kt/ 1 [1891 = 1963] 244). — In den Zeugen bei Garitte,
Calendrier 125 erscheint diese synaxis am 5. Januar 8.
2. Eine andere Art der Angleichung der Vorfeier von Epiphanie
an die Vorfeier von Weihnachten wird in der Wiederholung
der memoria omnium Patriarcharum greifbar. Das Hymnar des
Modrekili stimmt hierin genau mit unserer Menàen-hs. überein.
Das gilt sogar für die Wahl des Tages. Denn wàhrend unsere
Menàen-hs. in der Ansetzung des Tages vor Weihnachten sich an
den griechisch-byzantinischen Brauch hait, richtet sie sich vor
Epiphanie — wo das griechisch-byzantinische Vorbild fehlt! —
nach dem eigentlich georgischen Brauch, wie er im Hymnar des
Modrekili sichtbar wird.
B. Das Hymnarium des Johannes von Tbeti hat das Gedàchtnis
an die Patriarchen ebenfalls auf den ersten Tag der vorweihnacht-
lichen Feiern gelegt. Dazu ist auf den 23. Dezember das Gedàchtnis
des hl. Joseph, des Bràutigams der Gottesmutter, gerückt worden,
welches der byzantinische Ritus erst am Sonntag nach Weihnachten
begeht9.
Das Interessanteste ist nun, dass unsere Menaen-hs. von ail diesen
Vorfeiern nur das Gedàchtnis der Patriarchen kennt. Dieses aber
zweimal — wie Modrekili — einmal am Sonntag vor Weihnachten,
und einmal am 3. Januar.
Der Ordner der Vorlage, auf welche unsere Menàen-hs. zurück-
geht, wird also Übungen gekannt haben, wie sie das Hymnarium des
Modrekili in grosserer Vollstàndigkeit uns überliefert hat.
4421 Gerleve (Deutschland). Hieronymus Engberding.
8 Gerade die Verlegung dieser Synaxis vom 5. auf den 4. Januar zeugt
für die georgische Art der Gestaltung der Vorfeier.
9 So schon in den altesten Typika der Hagia Sophia von Konstantinopel;
vgl. Mateos 160.
LA VERSION GÉORGIENNE
DE L’ENTRETIEN VI D’APHRAATE
En 1907, G. N. Bonwetsch a révélé l’existence d’une version
géorgienne d ’un des vingt-trois « Entretiens » d ’Aphraate, le « Sage
persan » ; il a reconnu le VIe Entretien (« Sur les bnay qyâmâ ») 1
dans un des traités géorgiens attribués à Hippolyte par le « manus-
crit de èatberd », aujourd ’hui cod. S 1141 de l'Institut des Manus-
crits de Tiflis2; ce manuscrit, copié vers 973-976 pour le monastère
de èatberd en Tao-Clardjéthi3, avait été décrit en détail par N.
Marr en 1901 dans l’ouvrage où il publia, d’après ce même manu-
scrit, le Commentaire d'Hippolyte sur le Cantique des Cantiques4;
Bonwetsch avait pu prendre connaissance des six autres traités
contenus dans le manuscrit de èatberd grâce à une traduction
russe faite sur le texte du manuscrit par V. Karbelov (Karbelas-
vili) 5.
Depuis Bonwetsch, le texte géorgien de l'Entretien VI d’Aphraate
n’a plus été l’objet d’aucun examen, et il est resté jusqu’à présent
inédit6 * 8.
1 Éd. J. Parisot, Aphraatis sapientis Persae Demonstrationes (Patrologia
Syriaca, I, 1), Paris, 1894, col. 239-312.
2 G-. N. Bonwetsch, Die unter Hippolyte Namen überlieferte Schrift über
den Glauben (Texte und Untersuchungen, 31, 2), Leipzig, 1907, p. 3-4.
3 Sur ce monastère, voir L. Menabde, Jveli k'art'uli mcerlobis kerebi, I, 2,
Tiflis, 1962, p. 412-423 (sur le ms. S 1141, p. 417-419); bibliographie sur ce
ms. dans Le Muséon, 76 (1963), p. 277, note 1.
4 N. Mark, Ippolit. Tolkovanie Pjesni Pjesnej (Teksty i razyskanija po
armjano-gruzinskoj filologii, III), Saint-Pétersbourg, 1901, p. iv, xx-xxvm.
5 Voir G. N. Bonwetsch, Drei georgisch erhaltene Schriften von Hippolytus
(Texte und Untersuchungen, 26, 1 a), Leipzig, 1904, p. ni. — Voir le détail
des sept traités dans Le Muséon, 76 (1963), p. 278-279.
8 La version géorgienne de l'Entretien VI d’Aphraate a été signalée,
d’après Bonwetsch, par O. Bardenhewer, Geschichte der altkirchlichen Litera-
tur, IV, Fribourg-en-Br., 1924, p. 336; I. HaiTsherR, dans Dictionnaire de
Spiritualité, I, 1937, col. 752 (lire « sixième Démonstration » au lieu de
« première Démonstration ») ; M. Tarchnisvili, Geschichte der kirchlichen geor-
gischen Literatur (Studi e Testi, 185), Vatican, 1955, p. 365; K. Kekelidze,
Etiudebi jveli k'art'uli literaturis istoriidan, V, Tiflis, 1957, p. 16, n° 23;
301
302
G. GARITTE
En 1924, feu R.P. Blake, dans son catalogue des manuscrits géor-
giens de Jérusalem, décrivit un manuscrit en papier du XIIe-XIIIe
siècle (n° 44) qui contient la même série de sept traités d’Hippolyte
que le manuscrit de èatberd; la version géorgienne de l'Entretien
VI d’Aphraate se lit dans ce codex de Jérusalem aux fol. 235 r-
245v7. En 1932, le même auteur découvrit une troisième copie de
la même pièce dans le cod. 11 (Tsagareli 80) d’Iviron, un gros
homiliaire du Xe siècle, en parchemin; dans ce manuscrit, la ver-
sion géorgienne de l'Entretien VI est également attribuée à Hip-
polyte, mais elle n’est pas accompagnée des six autres traités aux-
quels elle fait suite dans le manuscrit de èatberd et dans celui
de Jérusalem8.
Ainsi, l’Entretien VI d’Aphraate est conservé en géorgien dans
trois manuscrits :
A : Athos, Iviron, cod. géorg. 11, parchemin, Xe siècle, fol. 275 v-
288 r;
J : Jérusalem, Patriarcat grec, cod. géorg. 44, papier, XIIe-XIIIe
siècle, fol. 235 r - 245 v ;
T : Tiflis, Institut des Manuscrits, cod. S 1141, parchemin, Xe
siècle, p. 410-433.
Seul le manuscrit A a conservé le texte complet. Le manuscrit
T a perdu un feuillet entre la p. 414 et la p. 415 : la lacune s’étend
du chap. I, § 18 au chap. III, § 1. Dans le manuscrit J, la fin de
la pièce manque : le texte du fol. 245, actuellement le dernier du
codex, s’arrête au début du § 7 du chap. XVII; la partie man-
quante correspond aux sept dernières colonnes du texte dans le
manuscrit T.
Un heureux concours de circonstances et de dévouements nous
a procuré des photographies de ces trois manuscrits, conservés dans
des fonds très distants l’un de l’autre et d’un accès d’ordinaire
M. Brière, dans Patrol. Orient., XXVII, 1-2, Paris, 1954, p. xvi; A. Vôobüs,
History of Asceticism in the Syrian Orient, I (CSCO, 184/Subs. 14), Louvain,
1958, p. 173.
7 R.P. Blake, dans Revue de l’Orient Chrétien, 24 (1924), p. 208-210 et
387-388; voir p. 388, n° 13; cfr M. Brière, dans Patrol. Orient., XXVII, 1-2,
Paris, 1954, p. xvn-xviil; N. Marr, Kratkoe opisanie gruzinskïh rukopisej
biblioteki greceskogo Patriarhata v lerusalime, Tiflis, 1955, p. 81-82. — Voir
le détail des traités d’Hippolyte dans Le Muséon, 76(1963), p. 278-279.
8 R.P. Blake, dans Revue de l’Orient Chrétien, 28 (1931-1932), p. 355,
n» 76.
APHRAATE EN GÉORGIEN
303
fort malaisé; notre Bibliothèque universitaire possédait un micro-
film du manuscrit de Jérusalem, réalisé par la «Library of Con-
gress» de Washington en 1949; M. M. Richard, Directeur de la
section grecque de l’institut de Recherche et d'Histoire des Textes
de Paris, a bien voulu photographier le manuscrit 11 d’Iviron
lors d’une expédition à l’Athos en 1963 et mettre cette photo-
graphie à notre disposition; enfin, M. I. Abuladze, Directeur de
l’institut des Manuscrits de Tiflis, a eu l’obligeance de nous pro-
curer un microfilm du texte du cod. S. 1141.
Disposant ainsi de la documentation manuscrite ‘ complète, nous
avons pu établir une édition critique de la version géorgienne de
l'Entretien VI, que nous publions ici.
L’œuvre d’Aphraate a été traduite très tôt du syriaque en armé-
nien, probablement dès le Ve siècle 9, et cette version est conservée
dans des manuscrits relativement nombreux10 11; elle a été publiée
à Rome en 1756 (sous le nom de S. Jacques de Nisibe) par Nicola
Maria Antonelli (1698-1767, cardinal en 1759), d’après le cod.
Vat. Borg. arm. 59, du XVIIIe siècle u. Comme les autres traités
géorgiens conservés dans les manuscrits T et J sous le nom d’Hip-
polyte 12, l'Entretien VI est certainement traduit de l'arménien ;
sans parler des arménismes flagrants dont le texte géorgien est
9 Voir C. I. F. Sasse, Prolegomena in Aphraatis sapientis Persae sermones
homïleticos, Leipzig, 1879, p. 24-26; G. Z(arphanalean), Matenadaran haykakan
t'argmanut'eanc' naxneac' (dar IV-XIII), Venise, 1889, p. ‘20-46; Parisot,
I, p. xxxi-xxxix; S. Lyonnet, Les origines de la version arménienne et le
Diatessaron (Biblica et Orientalia, 13), Rome, 1950, p. 120-127; V. Inglisian,
Armenische Literatur (Handbuch der Orientalistik, I, 7), Leyde, 1963, p. 156-
254 (p. 159, n» 18).
io II y en a cinq à Venise (voir Parisot, I, p. xxxn), et cinq à Edjmiatsin
(aujourd’hui à Erevan) d’après Zarphanalean (p. 44-45; les deux plus anciens
seraient datés respectivement de 1661 et de 1676).
11 N. Antonellus, Saneti Patris Nostri Jacobi episcopi Nisibeni Sermones.
Cum Praefatione, Notis, & Dissertations de Ascetis, Rome, 1756, xlviii-488 p.
in-fol. (texte arménien et trad. latine). — Cette édition a été reproduite par
A. Gallandi dans sa Bibliotheca Veterum Patrum, V, Venise, 1769, p. i-clii.
Une seconde édition, sans traduction, a été publiée à Constantinople en 1824.
— Sur les éditions du texte arménien, voir A» L. Lazikean, Haylcakan nor
matenagitut'iwn, II, Venise, 1912, col. 4-7; sur le ms. source de l’édition
d’Antonelli voir E. TisSERAnt, Codices armeni Bybliothecae Vaticanae, Rome,
1927, p. 87; Lyonnet, p. 120, note 4.
12 Voir Le Muséon, 76 (1963), p. 280, note 6.
304
G. GARITTE
parsemé, on constate, en comparant le texte géorgien avec la ver-
sion arménienne d’une part, et avec l’original syriaque d’autre
part, que le géorgien reproduit fidèlement de nombreux détails
qui sont propres à la traduction arménienne et inconnus du syria-
que ; nous avons signalé ailleurs13 quelques traits de ce genre,
dont il ressort clairement que le texte géorgien ne se rattache pas
directement à l’original syriaque14, mais qu’il a été traduit sur la
version arménienne.
On pouvait s’attendre que le manuscrit A, où. l'Entretien VI
se présente dans un autre contexte que dans les manuscrits T et J,
diffère également de ces deux derniers quant au type de texte
qu’il conserve; il en est bien ainsi : T et J, apparentés par leur
contenu (l’Entretien VI y fait partie d’une même série de sept
traités attribués à Hippolyte), le sont aussi par leur texte, tandis
que le manuscrit A, où l’Entretien VI est isolé, appartient à une
autre branche de la tradition textuelle.
Les divergences entre T et J sont relativement peu nombreuses
et peu importantes; mises à part les différences purement ortho-
graphiques ou purement formelles, on ne relève entre ces deux
témoins qu’un nombre restreint de variantes impliquant une dif-
férence de sens; dans la plupart de ces cas, la comparaison avec
le modèle arménien ou avec l’original syriaque montre que la cor-
ruption est du côté de T. Si T et J reproduisent essentiellement
le même texte, on ne peut dire cependant que J dérive directement
de T; car J est exempt de maintes omissions mineures commises
par T, et en cas de divergences par rapport à T, J s’accorde très
souvent avec A. Les mêmes relations entre T et J ont été observées
par le R.P. Mercier dans le texte géorgien des « Bénédictions de
Moïse et de Jacob » conservé dans ces deux manuscrits 15.
13 L’Entretien VI d’Aphraate en géorgien, dans Bedi Kartlisa, 45-46, Paris,
1964, p. 82-87.
14 On ne peut plus douter aujourd’hui que les Géorgiens aient traduit
directement du syriaque; voir P. Peeters, dans Anal. Boll., 59 (1941), p.
71-72; G. Garitte, dans Anal. Boll., 74 (1956), p. 424-425; idem, Vies géor-
giennes de S. Syméon stylite l’Ancien et de S. Éphrem (CSCO 171/Iber. 7),
Louvain, 1957, p. i-x; G. Garitte et A. de Halleux, Le Sermon géorgien
du moine Martyrius et son modèle syriaque, dans Le Muséon, 69 (1956), p. 243-
312; M. Tarchnisvili, dans Le Muséon, 71 (1958), p. 186-189.
15 B.-Ch. Mercier, dans Patrol. Orient., XXVII, 1-2, Paris, 1954, p.
xvin-xx.
APHRAATE EN GÉORGIEN
305
Le texte de l’Entretien VI dans le manuscrit A est d’un type
très différent de celui de TJ. D’abord, on relève dans A la pré-
sence de nombreux passages qui manquent dans T et J ; dans pres-
que tous ces cas, il s’agit d’« haplographies » évidentes commises
par TJ; on trouvera ces omissions signalées dans l’apparat cri-
tique aux endroits suivants : I, 10, 14, 18, 19-20; VI, 2, 5; VIII, 6;
XI, 3; XII, 4; XIII, 3; XIV, 3, 7; XVII, 5, 8; XVIH, 3, 4-5 16.
L’authenticité des passages conservés par A seul est indiscutable,
car elle est garantie par leur présence dans la version arménienne
et dans le texte syriaque; d’ailleurs, bien souvent’ leur absence
dans les manuscrits T et J rend le texte de ces deux témoins incohé-
rent ou incompréhensible.
En outre, A s’oppose à TJ (ou à T seul) par de nombreuses
variantes réelles; dans ces cas, la critique interne seule permet
rarement de trancher en faveur de l’une ou de l’autre des leçons
concurrentes; mais le témoignage des antécédents arménien et syria-
que du texte géorgien appuie en général le texte du manuscrit A.
En conclusion, on retiendra que 1° les manuscrits J et T d’une
part, et le manuscrit A d’autre part représentent Jeux branches
nettement différenciées de la tradition; 2° des trois témoins, c’est
A qui conserve le texte le meilleur et le plus fidèle à l’original;
il est exempt de nombreuses omissions, modifications et corruptions
qu’ont subies J et T; 3° ces deux derniers manuscrits sont proches
parents, mais n’ont pas entre eux de liens de dépendance directe;
J est moins corrompu que T et a conservé maintes leçons attestées
par A contre T.
Si seuls étaient conservés les manuscrits T et J, on ne connaîtrait
de l’Entretien VI géorgien qu’un texte médiocre, altéré et mutilé.
Or, c’est le cas, on le sait, pour les six autres traités géorgiens
attribués à Hippolyte, qui, précisément, ne sont transmis que par
T et J 17. Les enseignements fournis par 1 ’étude de la tradition
manuscrite géorgienne de l’Entretien VI portent à croire que le
traducteur géorgien n’est peut-être pas seul responsable de toutes
les déficiences qui s’observent dans le texte géorgien des traités
d'Hippolyte 18.
«
16 Une omission semblable, par haplographie, est commise par A en I, 9.
17 Voir Patrol. Orient., XXVII, 1-2, p. xv-xxii; Le Muséon, 76 (1963),
p. 277-279.
18 Voir Patrol. Orient., XXVII, 1-2, p. xxi-xxii; Le Muséon, 76 (1963),
p. 283-284.
306
G. GARITTE
Pour l’établissement du texte géorgien, la tradition de l'Entre-
tien VI, dont l’original syriaque et la version arménienne sont
conservés, fournit des moyens de critique exceptionnellement sûrs.
Les leçons appuyées par le modèle arménien, ou (quand le texte
arménien imprimé est défaillant) par le syriaque, doivent évidem-
ment être préférées aux leçons concurrentes. Dans le cas de varian-
tes qui ne peuvent être départagées par le témoignage de l’arménien
ou du syriaque, une leçon attestée par les deux branches de la
tradition (c’est-à-dire par A et J ou bien par A et T) doit, ceteris
paribus, être choisie de préférence à l’autre.
Nous n’avons pas signalé, sauf cas spéciaux, les variantes pure-
ment orthographiques, telles que les alternances 3/b ou
(J écrit toujours £)& pour £)0)- Nous avons repris la division
en chapitres de la traduction latine du texte syriaque publiée par dom
Parisot (cette division correspond généralement à celle de l’édition
arménienne d’Antonelli), et nous y avons ajouté une division en
paragraphes.
L’Entretien VI géorgien est un document important pour la
philologie géorgienne; il appartient, à n’en pas douter, à la période
ancienne de l’activité des traducteurs géorgiens, comme le montrent
l’antiquité des manuscrits A et T, et la langue même de la version.
Marr estimait que la version géorgienne du Commentaire d’Hip-
polyte sur le Cantique des Cantiques n’est pas postérieure au IXe
siècle19; il n’est pas douteux que la version de l'Entretien VI
d’Aphraate est au moins aussi ancienne.
Le fait que notre texte est la traduction d’une version armé-
nienne d’un original syriaque, et que cet original et cette version
sont conservés, lui confère un intérêt tout particulier pour l’his-
toire de la littérature géorgienne. On sait, en effet, que la voie
menant du syriaque au géorgien via l’arménien a été suivie par
un important courant qui a alimenté les couches les plus anciennes
de la littérature géorgienne de traduction; c’est cette filière
« syriaque-arménien-géorgien » qui a mené les Evangiles et les
Actes, et d’autres écrits encore, bibliques et non bibliques, d’un
vieux texte syriaque à l’ancienne version géorgienne, par l’inter-
19 Voir Marr, Ippolit (ci-dessus, note 4), p. xvi-xvn; cfr I. Abuladze,
K'art'uli da somhuri literaturuli urt'iert'oba IX-X ss-si, Tiflis, 1944, p. 029-034.
APHRAATE EN GÉORGIEN
307
médiaire d ’une vieille arménienne 20. Mais en général les antécédents
arméniens et syriaques de pareilles versions géorgiennes ne sont
pas conservés comme tels; souvent, ils sont seulement postulés par
la critique philologique sans être attestés documentairement21. Le
cas de l’Entretien VI d’Aphraate est le seul connu où les trois
états successifs du texte, le syriaque, l’arménien et le géorgien,
nous soient parvenus intégralement. L’étude comparée de ces trois
rédactions d’un écrit relativement long permet de juger sur pièces
(et non seulement par des reconstitutions hypothétiques) des armé-
nismes qui peuvent marquer un texte géorgien traduit de l’armé-
nien, et aussi des traces que peut conserver d’un original syriaque
une version géorgienne dérivant d’un intermédiaire arménien.
Pour que d’une telle comparaison on puisse tirer des conclu-
sions certaines, il faut que l’on dispose de textes philologiquement
sûrs. C’est le cas, sans nul doute, pour le syriaque et pour le géor-
gien, dont les traditions sont exceptionnellement favorables; le texte
syriaque nous est connu par un manuscrit daté de 474 (le quatrième
parmi les plus anciens manuscrits syriaques datés) et par un autre
du VIe siècle 22 ; le géorgien nous est conservé notamment par deux
manuscrits du Xe siècle.
Pour l’arménien, l’état de la tradition n’est pas encore connu
avec précision, mais il est clair dès maintenant que l’édition
d’Antonelli, qui reproduit un manuscrit du XVIIIe siècle, est bien
loin d’offrir les garanties requises23; le texte imprimé peut être
suspecté d’avoir subi nombre de ces remaniements auxquels sont
20 Pour les Évangiles, voir Lyonnet, Les origines (ci-dessus, note 9) ;
pour les Actes, G. Garitte, L’ancienne version géorgienne des Actes des
Apôtres {Bibliothèque du Muséon, 38), Louvain, 1955, p. 19-20; pour le
Psautier, idem, dans Bedi Karthlisa, XI-XII, n° 36-37, Paris, 1961, p. 17.
21 Nous avons montré naguère que l’invention géorgienne des Trois Enfants
de Babylone est une traduction faite sur un texte arménien remontant lui-
même à un original syriaque (Le Muséon, 72, 1959, p. 69-100); nous avons
retrouvé depuis l’intermédiaire arménien (Le Muséon, 74, 1961, p. 91-108);
mais le prototype syriaque ne semble pas avoir survécu.
22 British Muséum, Add. 17.182 et Add. 14.619; voir J. Parisot, I, p.
lxvii-lxxiii.
23 L’Entretien VI y est amputé d’une grande partie du chap. I (§ 7-21) et
du début du chap. II (§ 1) ; le ms. 98 des Méchitaristes de Venise n’a pas
cette lacune (voir Parisot, I, p. xxxn) ; la version géorgienne non plus. —
Sur les déficiences de l’édition d’Antonelli, voir Sasse, Prolegomena (ci-
dessus, note 9), p. 30-33.
308
G. GARITTE
d’ordinaire exposés les textes archaïques. Il serait souhaitable qu’un
orientaliste courageux entreprenne d’établir une édition critique
sûre de 1 ’Aphraate arménien 24 ; pour l'établissement du texte de
l’Entretien VI, et plus généralement pour l’appréciation de la
valeur des témoins arméniens, la version géorgienne lui fournirait
un appoint précieux.
24 Sasse formulait déjà ce souhait en 1879 (Prolegomena, p. 33).
rooj^)3^cpo ^doçpobô qoô By^péiobb Oôdobô fi^)g5obô oôooç^o-
(JJjgbo dooôgôfngôob jmôcnbobôQ ; bôb® ôçooo^âobôQ x.
I. 1 r3ô(î)ooôcp ôfnb bo(^y£)ôQ yby (nmdycpbô 1 30^3 qoô yoo-
3230000 ^ybogfngôoooô Sybô^yBôfnyôycp, ^ôb^dyôôQo 2 docpobô 306
ôdôb <rjô3bô, qoô ôçjqôôqo ‘bycoô 832303000 65336000
(odfnooobô 8o8b(ôoo qôooô 8o5b, 653 53300 ^yyb 80130(036 dôdôbôb-
Cpobo 030, fôôQooô é)ô<rjô3b 3 80130203b 86003636 65336 O^dôfôyBo.
2 333(080236300 1 <rjô8bô 8ôb 2 bodobôbô 3, (ôôqooô 80b ooôBb 8330-
Tit. 4ItaT; bôb© ôçocoj^jdobôQ dj^Xpôftcoô ôçocpgcndobô cojb coj^)3^)c?0
Ç3o£pobô o3ncpoÔ0 QcDôgôftQdobjfodcnbobôQA; Ç3o(pobô çpô Bgf^ôfnobi
3ô3obô 33c*)C?oÔ3 SœôgôfngdobjcndcnbobôQ : bôbg ôçnco^Sobôa :• 00030 % :•
I. I 1 Uncialibus litt. T.—2 T add. ^5336(00.—3 A add. 533533.
2 1 T add. ^5336. — 2 ô3ôb T. — 3 doç^obôbô T.
rSermo saneti et beati patris nostri Hippolyti archiepiseopi; forma pro-
missionis *.
I. 1 Iustum est verbum hoc quod dieo et omni ordinatione aeeeptabile,
expergisei1 e somno in-hoe t-empore 2, et tollere corda nostra super brachia
nostra ad Deum in caelis, ne forte repente veniat paterfamilias, ut quando 3
veniet inveniat nos vigiles 4. 2 Observemus 1 horam 2 sponsi3, ut cum eo
Tit. 1 Ita T; Forma promissionis, de mortuorum resurrectione, sermo saneti
Hippolyti archiepiseopi A; sermo saneti et beati patris Hippolyti (wpolite)
archiepiseopi; forma promissionis; caput vu J.
I. 1 1 T add. nos. — 2 Cfr Rom., xin, 11. — 3 A add. forte. — 4 Cfr
Matth., xxiv, 42.
2 1 Litt. caveamus; T add. nos. — 2 horam hanc T. — 3 somni T.
APHRAATE EN GÉORGIEN 309
(ogoo 6ôjcn(î)$o5g6ô 806. 30638'60(00100 4 ‘bgooo 60600323000 F>£)g5ooô,
(ûôqooô 8 8033336301(0000 8ôb bobôfô^jcpooo. 80130S'bô^cooo bôg/bôçjpo
bôçog^fôooô F)£)q5ooô o$(ôoiq6ô 6 6ob (oô ^cpocpobô 3'6060 003b 7.
3063060^30000 çoô 306303000000 F)£)05 ôô^ $0(001363600, (ÛÔQOOÔ
833080160100 6080163230 8 bôjoo(ô^o5g. (00366060000 33362360 806
(Ô0183230 80130(0300, (ûôqooô 30^00(06300 80060 ^3323 G?6 6ô(n$8^)5oi.
8ô(nô(oo6 30336300 230033060 8o5ô, (ûôqooô 3063230000 0(030230 030 9
rbôbô(nP)23ooQ (oô 608063230 10. 3 30630^80(06300 3£)23^o 1 ^3660
ôô^ 2» ^ôû0°ô 3060230000 802)0230 3 030 (00(0360000
00360000. 30^866300 4 800^30233 8, r3oooô(ngô $3(0023 ô(ôb 6, (ûôqooô
8333$yô2353b 7 ^36 (o93(ûoo8ô5 8. 03036 883(000600 ^36 Soi-
(nob, (ûôqooô 3o$oo(o53oo 68ô(o Jfûob^bô 9. 3^)88000(036 10 6o8ô(ûoo-
23060 0036, (ûôqooô 306362)300 11 (^0623060 806 306 6083^)301060 12.
30^866300 13 80(0023 $3880^0(^3606, (ûôqooô ô(ûô 803336300 14
4 30633- J. — 5 Om. J. —6 fôôQcoô SoygggôgmcpocD... oÇfômQbô deest in T folio mutilo.
— 7 cojb post 3ob A. —8 Om. A.—9 Om. J.—10 bôQoBgç^0 C?6 bVbôfnycp0 A.
3 1 000360 A. — 2 gdçwgfôgôobô 306 JT, ycngç^obô 306 £)3xu)C?t’'>3&0^0 A. —
3 3n 8030^0 A. — 4 3oj35gco AT. — 5 ScnÇyôç™® T. — 6 Om. A. — 7 dQ2>£)- A. —
8 (33ôC?8ô5 A. — 9 jftobf^gbô TA — 10 3£)3ocnçpQ5 AJ. — 11 gô5d£noœ J- —
12 bô^jgçpcnQbô JT. — 13 3oj35gco AT. — 14 -36300 sup. lin. m2 J.
intremus in-loeum-nuptiarum 4. Praeparemus oleum lampadibus nostris, ut5
oeeurramus ei eum-gaudio 6. Apparemus viaticum stationibus nostris propter
angustam 7 et arctam viam 8. Exuamus et abieiamus a nobis foeditatem, ut
convestiamur veste9 nuptiali10. Adieiamus pecuniae (litt. argento) quam
aeeepimus, ut voeemur servi boni et fideles u. Semper simus in oratione, ut
transgrediamur loeum r iudieiarium et timendum 12. 3 Emundemus rcorda
nostra1 rab iniquitate2, ut videamus Exeelsum3 in-gloria sua. Fiamus
miséricordes, rsicut est scriptum 4, ut misereatur nostri Deus 5. Sit pax inter
nos, ut voeemur ut-fratres Christi 6. Esuriamus de iustitia, ut saturemur 7
4 Cfr Matth., xxv, 10. — 5 Om. J. — 6 Cfr Matth., xxv, 4. — 7 ut occur-
ramus... angustam deest in T, folio mutilo. — 8 Cfr Matth., vu, 14. —
9 Om. A. — 10 Cfr Matth., xxn, 12. — 11 Cfr Matth., xxv, 21. — 12 timen-
dum et terribilem A. *
3 1 nos ipsos A. — 2 ab infirmitate JT, ab onini iniquitate A. —
3 venientem A. — 4 Om. A; Matth., v, 7; Luc., vi, 36. — 5 Dominus A. —
6 Cfr Matth., v, 9. — 7 saturemini J.
310
G. GARITTE
2>üOC?^0 dôb. 4 30630^80(00000 1 600036030 2 fi^jyBo
gjôCpooô $ô5, (ûôqcoô 80363300 Sôyoogo yfôooobô ^oçjp ôbo. (003-
(03000 3 603^)833230 fi^jybo 4 3C?Q?Q6ô <63(00, (ûôqooô ô(ûô Byodfôôb
jôfôooô 8 (oô 21ÛC?30000 306. 30^866300 0 $£)(ô 3ô(^ooobô6 bô^Qôfn 7
£)o}Cpobô 0036060. 306330(00000 30033230 8 300603060 ^360 Q°ô
8003030(00000 80(030230(^0 030 jfôob^Ç? 9, (ûôqooô 30638(00(0(0(0300.
(00303(080230000 10 bôgôbÇ? 11 ^360 6ô0°ô 3o5ô, (ôôqooô 12 (nôjjô8b 18
8030(0300 30630(00000 (oô 3060(00000 14. 5 3060230000 £)3Ô23°
fi£)05o b50£)£p0docoô, (ôôûooô 1 33^00(006 2 FrçyyS (oô (003(03300
80(0^^)36000 8060. 800308^)236300 000360 ^3660 (00 83303^)0(00000
j(ôob^)3, 30000(030 8ô5 808oy£)ô(ô5ô (oô r8o0Qô fi^jyB 003b 3.
3ô(^ooobBô(o 3083(0000 6^)23° 030 J(ôob^bo, (Ôôqooô 80(0230
380030000 4 80b 30B. £)q6oo 30^866300 5 0806 boogçpobô 30B,
4 1 -3Ç- J. — 2 bôcoQl^Qcpo A. — 3 -ôçp A. — 4 Sup. lin. in2 J ; bôyoaggçwOTôQ
P>^)q5cdôq A. — 5 A add. gô5 — 0 gojdBgco T, oj3g6 A. — 7 Om. A, sup. lin.
m2 J. — 8 Om. JT. — 9 Jftob(5®bo A. — 10 Ante Cpôyojft. A add. £pô. —
11 bôgôbg J. —12 Om. A. — 13^A add. 030. — 14 Om. JT.
5 1 fôcndgç™ J. — 2 g^cnçpcnb A. —33obQô fyygB cojb 00030 cojboJ. — 4 gôcncnco
AJ. — 5 30^86300 A.
e mensa regia 8. Fiamus sal veritatis 9, ut non tradamur ut-esca serpenti. 4
Emundemus semen nostrum a spinis, ut demus fruetum pro uno centum \
Colloeemus fundamentum nostrum 2 super petram, ut non commoveatur ven-
tis 3 et undis 4. Fiamus 5 vas pretiosum, utile 6 domino suo 7. Vendamus om-
nem 8 possessionem nostram et emamus margaritam Christum 9, ut divites-
fiamus. Muniamus 10 thesaurum nostrum in eaelis u, ut12 quando ibimus
aperiamus et gaudeamus13. 5 Videamus Dominum nostrum per-aegrotos,
ut1 vocet nos et consistamus a-dextera eius 2. Odio-habeamus nos ipsos 3 et
diligamus Christum, sicut ille dilexit nos et ftraditus est pro nobis 4. Hono-
ratum teneamus (litt. prehendamus) spiritum Christi, ut gratiam inveniamus
8 dominiea JT; cfr Matth., v, 6. — 9 Cfr Matth., v, 13.
4 1 Cfr Luc., vin, 7-8. — 2 domiciliorum nostrorum A. — 3 Litt. e ventis.
— 4 Cfr Matth., vu, 27. — 5 fias A. — 8 Om. A, sup. lin. m? J. — 7 Cfr
2 Tim., n, 21. — 8 Om. JT. — 9 Christi A ; cfr Matth., xm, 46. — 40 et
muniamus A. — n Cfr Matth., vi, 20. — 12 Om. A. — 13 Om. JT.
5 1 qui J. — 2 Cfr Matth., xxv, 33. — 3 Cfr loh., xn, 25. — 4 tradidit
pro nobis se ipsum J ; cfr Ephes., V, 2.
APHRAATE EN GÉORGIEN
311
30000(030 j(ôob£)38ô5 £) 3600(0 o3y(ôô 00030 00360 080b 600323060 306’
6 3°J965goo 1 8(006023 (oô 883(0, (ôôûooô (0030833(0(00000 j£)0tfô"
5ôû 030 3600(0360600 2. 333(080236300 ^36 3 8606^(036060 8obbô 4,
(ôôûooô $£)8bôb£)(ôoob ^36 30(00360 8ôb bo^Sojpobôbô. 3023003-
30(0300 8obô 8o8ô(noo bo^8o(oooo, (ôôûooô 3330(0300 ^06083 L>o8-
(00(0(0360 (08(00036060 80606060. 33'600(06300 r353dôooô 806000 5,
(ôôûooô 0(0(03008060 80660 0 ooô5ô 3360036(0300 7. 0(030(00000 6080
8060 300(030000 F)£)35oooô, (ôôûooô 30633(06300 (00663060 806 306
(Ô008323 80062330(0 8 0(06 ; 60806323 0(06 (0(oÇ? 9 030 (000832360 80030-
(036 10, (oô 30683 rô(ôb (0008323806 11 (oô£)oo8oo6 8ô6 ? 60806323
(oô 82303(0 0(06 (0066300 030 8060 (oô 8006(0636 300332360
£)8^£)23oo5° 12. 7 0^ (0030(03000 F)ôg6^)(^o 1 030 60600336060 2,
(Ôôûooô ô(ôô (0030^3236300 (oô 8003^3(0300 3 (O£)ô^23bô 8ôb 8o5ô.
800308(^3036300 ^32360 ^3660 $3880(00(^360000 (oô 6080(000230000,
6 1 3oj35gco AT. — 2 jgfôcob'jgobôQ T. — 3 Om. A. — 4 8 bô A. — 5 35gbôbô
3obbô AT. — 6 80b T. — 7 -3- om. AJ. — 8 T. — 9 Q?£?{) J. —10 3cn3QÇjpoco
A. —11 Om. A. —12 A.
7 1 fiôgb^coo A. — 2 -3- om. A. — 3 Sic AJT.
ab eo. Alieni fiamus ab hoc mundo, sicut Christus alienum tenait (litt. pre-
hendit) se ipsum ab hoc mundo 5. 6 Fiamus humiles et mites, ut heredi-
temus terram vitae *. Observemus (litt. caveamus) nos 2 ministerium eius, ut
ministret nobis in-tabernaculo sanctitatis. Oremus ad eum cum-sanetitate,
ut intremus coram maiestate divinitatis eius. Participemus passionibus3
eius, ut feum resurrectione eius4 vivamus. Sùscipiamus signum eius per-
corpora nostra, ut liberemur ab ira quae ventura5 est; timenda est dies
rin-qua veniet6, et quis rest qui 7 tolerabit eam? 8 Timenda et potens est ira
eius et interficiet omnes iniquos9. 7 Nunc (nobis) imponamus galeam
spei x, ut non vulneremur et pereamus in praelio. Confirmemus lumbos nos-
tros per-veritatem et iustitiam 2, ut non dissoluti inveniamur in-praelio belli.
5 Cfr loh., xvii, 14.
6 1 benedictionis T; cfr Matth., v, 4. — 2 Om. A. — 3 passioni AT. —
4 in-resurrectione cum eo T. — 5 veniens T. — 6 quam exspectamus A. —
7 Om. A. — 8 Cfr loél, il, 11; Mal., ni, 2. — a impios A.
7 1 Cfr Ephes., vi, 17. — 2 Cfr Ephes., vi, 14.
312 G- GARITTE
(ôôqooô ô(ôô (00386023 3080035300 £>“30^2380 808 6(08012308080.
0(03(03300 çoù 30630(0380000 ^(008(^3, ûôqooô •'çoôôQb^cnb ^36
306 4 (0323300 383. 0(030(00000 gôfôo 3o(n83o(n 5 dco(nco(^)8ô 808,
3ô53<bôçogd^)cp0^ôû 8080(036080x1 8386323080 fiüO^obôQ. 8 80030-
(oooco “3323080 ôô^ âOCpQ^oggbôû ûôqooô 1 30(0603(0 30^866300 2
(00^)33660(0 3üOC?°°ô C?0 °dûC?6oOTô- 2^530300^0000 306
(008630x1 çoô 3£)cp°5^yfôco8ôQ 300323000 boboofôooç^ooo “3(000 3.
bo(JJ)y£)ôQ 4 C?0 2PôC2^àQ “3^3800x1 5 3060800(0300 3o(ôooô
308 ooJ^)q5ooô, (ôôûSqoo^) 803000 0230030300 ooj^)g5 6 (08(000080
8080(000. 5^)830 30(000 8^3330(0, (00x1000 30833(05300 ^36 7 $333080
80b 306 (nh^jcpobôQbô. 9 30^866300 1 8^)803 80233(0 2 800^83(0,
(00x1000 80030(00000 80830(03230 r3o(ô33cpooô 8000 ooôBô ; 30^)3(0000000
bo8do8Ç? çoçoobôû 0808, (ôôûooô 80030(00000 80830(03230 3 ü^0Ô0^o5
5^)830 30(000 8“38ôj 80030233, (00x18300^3 ôàô 383(00 “33023806
F)£)358ô5 80033330660 3360580 003880. Çoô53(ô3“32?83ô 30(0004
4 -3- om. A; 306 om. JT. — 8 3o(ôb3o(ô T; -3o(ô sup. lin. m2 J.
8 1 (ô(ôq3'jcd£)) T. — 2 3oj35gco AT. — 3 A add. cojboco. — 4 g^gbcnQ A. —
8 A. — 6 Om. A. — 7 Om. A.
9 1 30336300 AT. — 2 Qôçjgg T, Qôçwg cpô A. — 3 ôofnggc?000 * bôbgoçpgçp0 om. &..
— 4 Sup. lin. m2 J.
Surgamus et expergefaciamus Christum, ut compescat ra nobis3 undam
hane 4. Suscipiamus elipeum coram 5 Malo, praeparationem evangelii Salva-
toris nostri6. 8 Accipiamus a Domino potestatem ut1 audaces fiamus
conculcare serpentes et viperas2. Amoveamus a nobis iram et furorem eum
omni malitia3. Verbum indecens 4 et procacitatem inordinatam 5 amovete ab
oribus vestris, quia istis oratis vos 6 ad Deum. Ne simus maledici, ut effugi-
amus nos 7 a malédiction© legis 8. 9 Fiamus operarii eeleriter1 facientes,
ut accipiamus mercedem rcum prioribus; toleremus gravitatem diei huius,
ut accipiamus mercedem 2 ampliorem ; ne simus operarii vacantes, quia ecce
Dominus noster nos conduxit in-vineam suam. Plantati simus 3 sicut vineae
3 Om. JT. — 4 Cfr Matth., vin, 25. — 5 Litt. facie ad faciem. — 6 Cfr
Ephes., vi, 16, 15.
8 1 quia T. — 2 Cfr Luc., x, 19. — 3 a add. sua. — 4 inordinatum A.
— 5 indecentem A. — 3 Om. A. — 7 Om. A. — 8 Cfr Matth., v, 22.
9 1 celeres T, celeres et A. — 2 cum prioribus... mercedem om. A; tole-
remus, litt. baiulemus. — 3 Sup. lin mz J.
APHRAATE EN GÉORGIEN 313
30000(030 3350360 bôygfôdgBbô jfôob^bbô 8, (0008300^) 030 00030(00
ô(ôb 336030 $3880(00(50 ; 30(000830 33603 603(0306308(082)36323,
(ôôqooô ô(ôô 30630(0(0300 6 33603060 8ob 306 $3880(00(5060.
10 30(000830 b£)£pô(o b£)cp53cpô(o \ (Ôôqooô 30(000(006 6^)2363233600
fi£)35o r3ô(ô33(nQ6 ^3660. (003032306036300 000360 ^3660 2
ô3ôb 600332360 8o5ô, (oô 8(00302360 306308(00(0(06300 80082)^)-
(Ô3Ô0000 F)£)35oooô. 8ô8ôq ô(ôô 306^)000 j£)3yô5ôbô <63(00, (ôôqooô
30^866300 3 83023 8ô8o6ô 806 ^QÔOOÔQbô. (OÔOO£) ô(ÔÔQ 4 3£)ôJu)"
6(036 (Ô330 8, 3003323033 « 330^6 ; (oô (Ô330 7 ô(ôô 306 333606,
(oô r8335o3(ô5o ^3660 8 8(003023 ô(ôoô5. 11 3060(036(0300
60600060 806 rF)£)35obô 8080(000 1 8ô(ôô(oo6, (ôôqooô 2 ^36 <63(00
060(036(036 bôbooo 030 ^360 3 (oô 85663230 ^3360 4. (00360^6300 8
000360 F)£)355o 0806 6000532360 (oô 000608(036 30^866300 6 r3536ôooô
8000 ^gç^0^0000 ’» (ôôqooô ô(ôô 0003(0030(036^)2? 8 30^866300 9
— 8 Om. A. — 6 ftôSggôfnçpgco J.
10 1 A.—2 3ô(ôg3(nQb-fi£)')55o om. JT.—3 30 j 86300 AT. — 4ô(nô
T, ôfôôû A, ôfnô (ôôq (ftôo sup. lin. m2) J. — 8 fnggôcog AJ. — 6 -3g om. J. — 7 fnggôcog
J, fôgooôgç) (sic) A. — 8 figgBBo 833603(060 AJ.
11 1 3o3ô(ôcd Fi^jgSobô A. — 2 £üô A. — 3 Om. A. — 4 Om. JT. — 5 6 £0030605^6300
J, £0030(506^6300 T. — 6 30^86300 AT. — 7 Om. A. — 8 A; post -Ô£)Cp>
litt. 2 cancellatae J. — 9 308036300 A.
in-uvifero-agro Christi4, quia ille ipse est vinea vera; simus vineae fructi-
ferae, ut non excïdamus a vinea vera5. 10 Simus ut-spiritus odoratus \
ut eat aroma nostrum reireum nos. Pauperes faciamus nos ipsos 2 in hoc
mundo, et multos divites-faciemus per-magisterium nostrum. Patrem non
acquiremus super terram, ut fiamus filii Patris eaelorum3. Etsi nihil habe-
bimus, quasi totuin habemus ; et quasi nemo nos novit, et rcognitores nostri4
multi sunt. 11 Gaudeamus ad spem nostram semper, ut1 super nos gau-
deat spes nostra 2 et Salvator noster 3. ludicemus 4 nos ipsos in-hoe mundo
et debitores fiamus Tpassionum Domini5, ut non caput demittentes fiamus 6
4 Om. A. — 5 Cfr loh., xv, 1 ss.
10 1 aromatis A; cfr 2 Cor., 11, 15. — 2 Om. JT. — 3 Cfr Matth., xxiii,
— 4 nostri cognitores AJ.
11 1 et A. — 2 Om. A. — 3 Om. JT. — 4 cruciemus T. — 5 Om. A. —
6 inveniamur A.
314
G. GARITTE
838006^)33060 8obbô 10 (00230360 8ôb 606^32306060 02)302)0000
fi£)Q5 rbô6(ôdco23o ço^p^ç^obôQ 12, 2)ô53<bôQogd^)cpgdôû 6060(0360-
6ôû. (0033(0330000 30(060 806 <63306060, ôôûooô ^b^çocnb 13
^06083 fi^Qbbô çoô 3330(0300 8ôb 14. 12 £)$yo6oo(o 30006003(0300
^3023006060 80660, (Ôôûooô 80030(00000(003(03530 336(036. 3oooboo3oooo 1
606^)3333230 8obo (oô 6080(00023??, (ôôûooô JüOtP^ôû2 36330
8003^)3336 C?0 8003^)380^)006. 3^(0^530(0300 ‘6363632360 80b qoô
80630 3<6(ôô 630(0300, 0(0302360 80b (000832360 ^(006(^3 02)802)23(00 3.
(00^)^)330000 4 60033230 5 353, (0008300^) 0(0633 ô(ôô ^360, (ôôûooô 6
8030^06300 600332360 80b (00083236030 7 ^0636^)23 30(000. 02)3060-
236300 00^)02360 F)£)355o 802)23^(0, (ôôûooô 3060230000 6(0^30630233-
6ôû 30800^0636060 Sobobôû. 13 02)30802)230000 3(0000000 ^360000
30000(030 00(06000, (Ôôûooô 3060230000 300(030 030 30b ooô5ô ô(ôb \
(003^8'60(00000 2 82)^3360 030 3 83^)3060 80b, 6030030 60^0(03230,
80(06300 (oô 23<*>(33^Q, (0008323 ô(ôb ^06(00 8obo, (ôôûooô bô(ô^ 8^)600
10 8ôb A; AJ add. cpô. — 11 bôfnFiQçpobôbô A. — 12 bôôftdcnçpobô 80b cojb A. —
13 ôôBgçcnb A. —14 Om. A.
12 1 -cnnco AJ. — 2 j«jgyô5obôQ J. — 3 ôQôjnç^Cp0 AJ. — 4 -gcnco A. — 5 bcngycp
T. — 6 çpô JT. — 7 ftcnSgçwbô °ô° A.
13 1 Om. T. — 2 -à- om. A. — 3 Om. A.
in-occursu eius 7 in-throno iudicii. Suscipiamus nos rarma proelii 8, praepa-
rationem evangelii9. Pulsemus ad-ianuam caeli, ut rnobis aperiat (eam) 10
corain nobis et intremus fin-eam u. 12 Sine-taedio petamus misericor-
diam eius, ut accipiamus quantumcumque volemus. Petamus regnum eius
et iustitiam, ut terra1 haec etiam nobis detur et nobis augeatur 2. Solliciti-
simus de-superno et illud etiam cogitemus, locum in-quem Christus exaltatus
est. Relinquamus mundum hune, quia Fnon noster est3, ut4 perveniamus ad-
mundum oui etiam 5 sumus destinati. Elevemus oculos nostros ad-excelsum,
ut videamus splendorem apparitionis eius. 13 Exaltemur per-alas nostras
sicut aquilae, ut videamus corpus apud quem sit *. Apparemus munera régi,
fructum desiderabilem, ieiunium et orationem, quod est pignus eius, ut
7 Om. A; AJ add. et. — 8 propter arma A. — 9 Cfr Ephes., vï, 16. —
10 aperiatur A. — H Om. A; cfr Matth., vil, 7.
12 1 terrae J. — 2 Cfr Matth., vi, 33. — 3 Litt. est quidem non noster.
— 4 et JT. — B Om. A.
13 1 Om. T; cfr Matth., xxrv, 28.
APHRAATE EN GÉORGIEN
315
3^3636 4 ^OQ?6 bôQôbgbô Sobbô ; (oô (00083230 5 030 ô(oô
3(ô^8£)5cob ô[oooj£)3ôbô 003660 6 (ôôqqô 7 ô2)£)ooj£)ô, ô(ôô 8
8ôb 8362330(0 bôbcpbô 8ôb bôgôbobôbô. 333(080236300 58060
8ôb bodobôbô 9 ; 8033336300(0000 8ôb bobô(Ô£)2?O0°, (oô 8030(000^)000
8ôb 8360^3363230 10 ô£)ooj£)8ôQ, 6080(00023^, Qoô 33(0^8^)55300
ôçooo^8ôbô 11 çoô 30633(06300 33362360 8ôb gS^ftbô. 14 6002300
*030 (000832360 1 ô(ôô 8800603b 2 6080063230 60^00(0^063 30650(0006
030 6632360 806 30(0363632360, (oô ô(ôô 3 4 9ôb 338000660-
2330C0 8 Ô£)(ôo6ô 806 306 6ôjoo(ô^o5obô 6. (000832360 £)y£p(ôb 030(0033-
bo qoô 60303(0000, 3£)36£)2? 08003006 7 030 30230^60 806 ^8o(oôooô6ô.
(oô (0008323806 ô(ôô 3080002)006 6030030 800(006 3360560, 30603-
6^(036 (oô 30603(0006 030 60^06^33230(0. (0008323806 80002)006
3336230 r^)32?°^0 0036060 306 8, 800^3036 030 9 800833832306033 10
0036060 11 02)60(030636000 “3(000. r(ôoo8323bô “36(036 3030(0 yoogôû,
4 3y3fy)b fi^jgB A . — 8 -o om. J. — 8 3ôb 3obbô A. — 7 A add. .030. — 8
AJ. — 9 A add. cpô. — 10 3g- om. AJ. — 11 A add. 3ôb.
14 1 (ôcnSgcgcoô 030 A. — 2 gScnbcnb A. — 3 Om. T. — 4 ôggçjgcnB AJ. — 8 Om.
J ; 3ô3ô£p T. — 8 -obôabô JT. — 7 oômtob AJ. — 8 Qm. A. — 9 Om. J. —10 -o-om. A.
—11 -o- om. A.
fidueiarios (litt. fideles) Tnos faciat2 super totum thesaurum suum; et qui
non fidelis-erit proniissioni suae3 quamcumque promisit, non permiùtent ei
intrare in-domum thesauri. Nunc attendamus (litt. caveamus) voci sponsi4;
oeeurramus ei cum-gaudio, et afferamus ei adiutoriam promissionem, ius-
titiam, et fideles-simus promissioni et effugiamus ignem inexstinguibilem.
14 rIllum autem qui non vestitus est1 veste nuptiali depellent in-tenebras
exteriores, et non 2 permittent ei gustare 3 reenam nuptialem 4. Qui diligit
agros et niercatum, exelusus invenietur ille a-eivitate sanctorum 5. Et qui non
proferet fructum inter vineam, eradicabunt et abicient eum ad-cruciatum.
Qui accepit pecuniam (litt. argentum) ra domino suo6, reddat (litt. vertat)
illam datori ipsi suo cum usura 7. rQui volet negotiator esse, emat agrum
2 faciat nos A. — 3 eius A. —4 A add. et.
14 1 qui autem non vestiti erunt A. — 2 Om. T. — 3 Om. J, manducare T.
— 4 Litt. e pane nuptiali; cfr Matth., xxn, 13. — 5 Cfr Matth., xxn, 5. —
6 Om. A. — 7 Cfr Matth., xxv, 16.
316 G. GARITTE
030(036 030(0030 bôgôbooo £)(ôoo 12. 15 (0008323806 1 (0060036006 2
0036230 6o^8o(oo6ôû 3, 305^80(035 j^)gyô5ôû 00360 33023000 506.
(000832360 £)5ço£)U 80060(00(03 yoogb(o 4, 6bj8ô(ôo 00360 8ô(ôb(oo6 5
Q'bôQo o3yb(ô5. CncaQjcpbô ^jBçoQb ^8o(ob ycngôço 600332360 0806
3o5ô, 00030 00360 rjfôdô癣)cpôço o3yb(ô5 6. (000832360 ^36(036 8002)3-
Ôô(o 33(03360 <6330600, 3(0^8^)636 ôçoooj^)3ôbô 7 00366b. (00083230
(ôbooo(oob ôbôôfôffbbô 8b6, ‘bôj^jcpydôbô 86(080023060 003606060
33(080233600(036. 16 (00083230 8330236 çogô^cpbô, 803033(0 830-
3^(03 5. (0(08323 806 8000300 b JC^sb^fôo \ $8oçoôqo o3yb(ô5 3003323-
bô £)ô8bô. (0008323806 000360(0306 8630363600 ôb^ycpoo'booôû,
£)Qbooço o3yb(ô5 2 00030 00360 303000 306. (0008323806 ôçooçooob
ÜCÎ0C?0 $8oqoôooôq, 8033800 qoô 8002)3600 3060800(036. (00083236b
“36(036 800300363600 0003060 oo3bobôo, 800603363230 080b boogcpo^ôû
3060800(036 3. (00083236b 4 6)062330 ‘byQobôQ, 000506b bôbçjpooô 8
12 Om. JT.
15 1 cpô fô(n3')Ç2>3ô5 JT. — 2 cpôocogbcnb AJ. — 3 cr>3bo A. — 4 ycngô- sup. lin. m2
J. — 8 Om. A. — 6 Ç3o(pô(io cpôo3ôfôbg5 A. —7 A add. 3ôb.
16 1 Xô333üfio A, Xô3o3u)^° J* —2 °3y(ôg5 A. — 3 gô5ô3(n(ôg5 J. — 4 £)5çpyb
A. — 5 bôbç^bô A.
eum thesauro 8. 15 Qui1 seminabit semen sanctitatis 2, emundet terram
suam a spinis. Qui volet piscator esse 3, operam suam semper4 ut-paratam
teneat (litt. prehendat). Qui volet sanctus esse in hoc mundo, se ipsum rut-
cautum teneat (litt. prehendat) 5. Qui volet accipere coronam eaelestem6,
fidelis-sit promissioni suae. Qui curret in-stadio, dolositatem adversarii (litt.
bellatoris) sui caveat. 16 Qui intrat in-proelium, firme armetur. Qui com-
parabit instrumentum, ut-purum teneat (litt. prehendat) (illud) omni tem-
pore. Qui sibi-suscipiet similitudinem angelorum, ut-alienum teneat (litt.
prehendat) se ipsum ab hominibus. Qui adsumet (litt. tollet) iugum sancto-
rum, negotiationem (litt. dare et accipere) amoveat. Qui volet acquirere se
ipsum, retributionem huius mundi amoveat. Qui diligit1 domum caeli, in-
8 Om. JT; cfr Matth., xm, 44.
15 1 et qui JT. — 2 auum A; cfr Matth., xin, 7. — 3 Sup. lin. mt J. —
4 Om. A.. — 5 purum custodiat A. — 6 Cfr 1 Cor., ix, 24.
16 1 volet A.
APHRAATE EN GÉORGIEN
317
5^ çüôS^fôflôoB. 17 fncaQgcpUô £)5ço£)b [ofôgdgcpooô ooô5ô ô2)8ô-
jnçmgôôQ *, bô£3(oô(ôooô 33£)C?°°à ^u) ^00832360 b^ôjpob
bocpsôû ‘633060 8ob bodobôû, £)6o^oo(o o3yô(ô5 00030 00360 30033-
ç^bô ^0860. (000832360 b^ôçoob ^33060 030 606^)83230, 800(030-
23106060 2 3063800(035 3. (00083230 00300 ofio5ô Ô£)(ô6ô 806 *‘633060
bodobôbô 4, 5^) 0^8606 8 303(^0060(0 0806 600332360. (0008323806
C0300 6 (00000360 0036230 33000230, ^8o(oô(o o3yô(ô5 £)£)ô(ôdcpobô
306 7 (oô 33023000 306. 18 (0008323805 o^yoob 836360(0 300(023060,
02)000^)02335 (0008230000 1 02)0836005, (ÔÔÛ8300"*) 2 (0008323806 o^yoob
836360(0 3 ^3(0 0(06 8060 ô2)b(ô£)2?0&ôQ?6ô 4, fô^Qooô ô(ôô 6ôjo-
36323 03863b 00060^0(0803023000 306. (00083230 083636(036 8
6062360, 306'6(0063000 (00(03306 603^833230 8obo 0 323(0360
‘63(00, (Ôôûooô ô(ôô 8308(006 030 Jô(ôooô 306. r(ôoo8323bô "36(036
60323Ô00230Û 66323060 306 7, 30(000(036 600032360, 30(0(03 60003230
17 1 A, ôjnSôjnçnQÔôçp J. —2 -cadôa A. —3 5ô6oc,'v‘z5)q6 A. — 4 ‘bggobôbô
A, bodobôbô J. — 8 o£)5j£QÔ6 T. — 6 Om. A. — 7 Om. J.
18 1 A add. 030. — 2 Om. JT. — 3 -ôôq A. — 4 -ôôûqô A. — 8 ô£>ô3')5gÔ£ipQb A. —
8 Om. A. — 7 Om. JT; boç^cnç^ôû A.
luteis (litt. in-luti) domibus2 ne laboret. 17 Qui volet apud nubes exal-
tari, iumenta ornata ne curet. Qui eupit videre eaelestem sponsum, imma-
culatum teneat (litt. prehendat) se ipsum omni tempore. Qui eupit caeleste
poeulum, ,rab-ebrietate reeedat *. Qui ipse invitatus est ad-cenam (litt. ad-
panem) reaelestis sponsi2, ne fse-exeuset3 ad-negotiandum in-hoe mundo4.
Qui ipse 5 seminavit semen bonum, purum teneat (litt. prehendat) a zizania
et a 6 spinis 7. 18 Qui ineipiet aedifieare turrim, eomputet quo aedifiea-
bitur, quia1 qui ineipiet aedifieare, opus est ei perficere etiam, ut non
ludibrium fiat a praetereuntibus 2. Qui aedificabit domum, eum-eonsidera-
tione imponat fundamentum eius 3 super petram, ut non eommoveatur illud
ventis 4. rQui volet fugere e tenebris 5, ambulet in-lumine, dum lumen eum
2 domo A.
17 1 ebrietatem amoveat A. — 2 eaelestem A, sponsi J. — 3 thesaurizet T.
— 4 Cfr Luc., xiv, 18-19. — 5 Om. A. — « Om. J. — 7 Cfr Matth., xni,
24-25.
18 1 Om. JT. — 2 Cfr Luc., xrv, 29. — 3 Om. A. — 4 Litt. e ventis;
cfr Matth., vu 24-25. — 5 Om. JT.
21
318
G. GARITTE
9ob ooôBô ô65b. (000632360 8 360600(006 60323(^00230(0 9 <bô9oo(ôob 19,
'feô^b^jcpob g>ô5à9‘bôço')5 936033(0(0363230 00360. (000632360 "36(036
6362330(0 ^ôBb^jgBgdôbô, 30636'60(036 9ô6ôooo6ô 9ob 003b 11 bôg/bô-
230. 19 (00063230 0006003(03b ^)gcpobô 306 roo3bobô 600^)333-
6060 \ 9o£)^)3335 9ô5qô 000606(03660 9ôb 2 003660. (000632360
£)3£)ô(ô(O06 606(00623^, 633(0(0 03006 030 JüûtP^ôbô 9ôb 3600(0360-
bôbô 3. (000632360 ^) y ^30(0(03 b 4 963(000600, 606006 (o9(ôooob o^ooçooob 5.
(0009323806 £)$yob 6 63600 ^)gcpobô 00360600, 3036 63600 9obo,
(ôôqooô ô(ôô 7 (0066300 £)oyôooQbo 8 9oo(ooob. (Ôoo93cp9ô5 9 3060^-
9o(ooob 00030 00360 ‘603^)2336060 306, 93^)3?? j(ôob(^? 00^)0230000
00360000 06023006. 20 (0008323806 630^360(0006 6^)23° °6° j(ôo-
6^60, ^9o(oôqo o3yô(ô5 00030 00360 (oô (00033306 90603060 030
00360 3030. (00063230 o^ooçoô (^)ôd(ôô(o (08^00060, ^9o(oô(o 033(03606
300(0360 003660 300323060 306 6023^36060. (0009323606 93039^)63006
8 Textus inde a fôcnd'jç^0 usque ad dôdobgcnçwobô (ni, 1) deest in T, folio uno avulso
inter p. 414 et p. 415. — 9 bo^Ô^C^C? A. — 10 -obôQ J. — 11 co^bo J.
19 1 coôBôBôcpgôcoô cojbcoô A. —2 Om. J.—3 (jbcngQçp000^0 A. — 4£)5çp£)b —
5 (jÇcocpcob A; J. add. 030. — 8 £)Çycnçpob A. — 7 Om J. — 8 ^gcpobôn ô(üô J. —
9 Textus inde a (ôcndgçwQ0^ usque ad oycnb *p3bô (§ 20) deest in J.
eo est6. Qui 7 timebit fugere hieme 8, æstate praeparet refugium suum. Qui
volet intrare in-requiem, praeparet rpropter sabbatum viaticum9. 19
Qui petet a domino rsuo remissionem *, remittat ille etiam debitori suo 2.
Qui diliget humilitatem, heres erit ille in-terra vitae 3. Qui diliget4 paeem 5,
progenies Dei voeabitur 6. Qui soit7 voluntatem domini sui, faciat volunta-
tem eius, ut rnon iram ampliorem 8 aecipiat9. Qui10 emundabit se ipsum a
dolositate, regem Christum oculis suis videbit u. 20 Qui excipiet spiritum
Christi, ut-purum teneat (litt. prehendat) se ipsum et custodiat interiorem
suum hominem. Qui vocatus est templum Dei, ut purum teneat (litt. prehen-
0 Cfr loh., xii, 35. — 1 Textus inde a qui timebit usque ad patris uxoris
(in, 1) deest in T, folio uno avulso inter p. 414 et p. 415. — 8 Cfr Matth.,
xxiv, 20. — 9 sabbati suum viaticum J; cfr Hehr., iv, 11.
19 1 débita sua A. — 2 Cfr Matth., xvm, 24. — 3 viventium A; cfr
Matth., v, 4. — 4 volet J. — 5 Cfr Matth., v, 9. — 6 j add. ille. —
7 sciet A. — 8 iram domini non J. — 9 Cfr Luc., xn, 47. — 10 Textus inde a
qui usque ad erit omni tempore (§ 20) deest in J. — 11 Cfr Is., xxxm, 17.
APHRAATE EN GÉORGIEN 319
bg23o 050 j(ôo6(^?6o, 8$gbô(Ô36ôbô SoBô oycob 300332360 jjô86ô.
(0018323806 8002)006 300(030 050 j(nob(^bo, $8o(oô(o 033(03606 1
301(0(360 003660 300323060 306 $0(0003636060. (0008323806 306080(03006
dg3C?° °ô° 8Ô6°» 6g2p(ôô 800^33306 2 800033 60^83000 80(033-
23000. (0008323806 3ooôoQ£)ôb 3030 030 060230, £00033306 00030
00360 300323060 306 do2?$3Ôobô. (0008323806 8ooôo3gôb ^ô$3 $3230-
60 80b 306 ySdô'bobô, 5g 306080(03^036 8ôb 3, (Ôôqooô ô(ôô (oôo-
60^006. (0008323806 Ô2>o2)oob gô(ôo $06083 83(0008060 80b 4,
(00033306 5 00030 00360 obô(ôooô 306 800803023000 80b <63(00.
(00083230 830060(00 6 ô(ôb, 030 ô(ôô bôooBoo ô(ôb $06083 g<323°bù
0036060. 21 (00083230 <b(ôôbô3b (0^2360 1 g<323°bôbô, <6(0063060
080b b(n323o^0^0 6g 8330(0(03606. (000832360 8636036 2 623300
(ôfig23bô 3 gg23°6àbô, 8303b 030 6360 (00083230 4 (Oô53(ô0g23 ô(ô5
00060^0(060302360 5 $302300060. (00083230 36036 30360 8oojg(oô3bô,
8002)006 8ô5 $33300 030 (0008323 oojgô 03(03800. (0008323806
ô2>ô5oooo6 606003230 00360, 5g (008(03^)6 8ô5. (00080230 80032306
20 1 o3y(ôg5 J. —2 QgojooyoB J. —3 Om. J. — 4 J add. Ôoftbô. — 5 (0000336 J.
— 0 -o om. J.
21 1 3Xu)C?0^0 J- — 2 à5gôô35 J. — 3 3xOC?^0 J* — 4 *° om. J* — 5 cdô6ô-
ÇôfnbôçpoB'jcpUô J.
_ dat) corpus suum ab omni contaminations J. Qui coarctabit spiritum Christi,
in tristitia erit omni tempore2. Qui accipiet carnem Christi, purum teneat
(litt. prehendat) corpus suum ab omni foeditate. Qui exuet veterem hominem,
ne iam revertatur3 ad-eadem opéra priora4. Qui induet hominem novum,
custodiat se ipsum ab omni eontaminatione. Qui induet loricam-squamatam
ex aqua piscinae, ne exuat eam 5, ut non condemnetur. Qui suscipiet clipeum
coram adversario 6, custodiat se ipsum a sagittis venientibus super eum. Qui
piger est, ille non gratus est coram domino suo. 21 Qui meditatur (litt.
cogitât) legem Domini, in-meditationem huius mundi ne incidat. Qui vult
ambulare in-lege Domini, similis-est ille arbori quae estplantata in-transitu 1
aquarum2. Qui sperat in-hominem mortalem, accipiet ille maledictionem
quam dixit leremias 3. Qui accendet lucernam suam, ne exstinguat eam. Qui
20 1 Cfr 1 Cor., m, 16-17. — 2 Cfr Ps. ex, 7. — 3 convertatur J. —
4 Cfr Ephes., rv, 22. — 5 Om. J. — 6 adversarii vultu J.
21 1 in-transfluvio J. — 2 Cfr Ps. 1, 1-3. — 3 lercm., xvn, 5.
320 G- GARITTE
^dôbô dôb bodobôbô, ooôdôdooçnyB ‘bgooo, çpô (ôcndgç^o ogo dyjôfng
ôfûb, QjfôdôcpyB ^gôçjpbô dôb 6 o^bbô. (nmdycpbô £)J£)ô(nb 7 jôç^-
^ÜCTO^ôû 8, QdbgôgbyB ogo gcpoôb. (ncodgcpdôB ôçooçocnb £J£?0C?0
ôçocoj^jdobôQ 9, ô^ôbfn^cpyB ô£oooj£)dôQ 050. (ncndgç^bô £jy£jô(ô(ogb
dgygByôooo gbmfngbôQ, dmycpmQOQB bôbmydôbô.
II. 1 d'bôj^jgôfû ô65b, ddôBcn, çpô dftôgôçpdôBjôBô 1 d^çomdo
°BO ^ÜO^°» C?0 ^ofûbô d^Bycoôbô gôByd'bôQogdob 2 çoô^bBôço dôooô ;
œrjdcp^jfôBo ogo ôfûoôBg') dobBo, qoô ô65ô àdfndôgB ^ôfn^y^gB^Jç^ooô
dôoo 3 dob dogfn. bmç^cn r(ôcndgç^bô àjmBgço 4 oynoogBo bodôfûoo-
CpobôBo ôçigfôoBçoob 5 * 7 dob 6 506, qoô 3Qf*i y^oob obôfûo 050 7 dobo
(nô^jôdb gbfûoB dôb8. b^jepoyfûBo bgçoggB dôb fnô^Jôdb ogo àdfndôgB,
qoô ô65ô o^jgcpoôB ogo ^mfûgooô roo3booô ‘bgçoô 9. ycnggcpooô Sgocpooô
Bôoocpobôooô ôfôô gdoBob 10 dob gôB, (nôQdgoo^) ÔBgcpo ogcp^joB 14
^oBôdg Ôofnbô Bôoocpobôbô ; qoô dgocpooô jgooocpobôooô ô65ô gdoBob
Ômfnm^obô gôB, fôôûdgoo^) Qoôbôoofng^jBggcpôco doæô ogo ggfn^ooô
6 Om. J. — 7 £)y£pft5 J. 8 bo jôÇwÇvjçwg J. 9ô£)Coj£)3oCD J.
II. I 1 J add. ôftb.—2 gô5g3‘bôcpob J.—3 Om. J. — 4 ftcnS'jçwcoô àjcnBcpgB A.
— 5 ôçgftoBcooôB A. — 6 3ôco A. — 7 Om. A. — 8 3ôco A. — 9 ‘bgcpô cojbcoô J. —
10 g3o5o5 J. —11 oç^joB A. — 12 Sup. lin. m2 J.
exspectat vocem sponsi, (se) eum aeeipiat oleum, et qui ianitor est, at'tendat
{litt. caveat) domino suo. Qui diligit virginitatem, assimiletur ille Eliae.
Qui suseipiet iugum promissionis4, perfieiat promissionem. Qui diliget
rreclusam vitam 5, exspectet spem.
II. 1 Dolosus est, fratres, et versutus 1 adversarius noster, et in-faeie
fortium se-praeparat ad-dissolvendos eos; infirmi sunt quidem eius, et non
bellat in-(eos qui sunt) eaptivi-dueti ab eo. Qui autem habet2 alas iustitiae
evolat3 ab eo4, et non (per)venit sagitta eius quando immittit (eam) in-
illum5. Spiritales speetant eum quando bellat, et non dominantur (arma
eius) 6 super corpora eorum. Omnes filii luminis non liment ab eo, quia
tenebrae fugiunt coram vultu luminis ; et filii boni7 non timent a malo,
4 cum-promissione J. — 5 Litt. recluse vivere.
II. 1 1 Litt. multis-machinationibus-praeditus; J add. est. — 2 habebunt
A. — 3 evolant A. — 4 eis A. — 5 in-illos A. — c Cfr syr., col. 253, 22. —
7 Genitivus.
APHRAATE EN GÉORGIEN 321
Sôcoooô 12. 2 (0008300^) 1 fnô<rjô9l> r65gcpob bôbgco 2 googob 8ôoo,
ogjûBo 2b 6000323 oj85oô53; qoô fnô^|ô9b Qoô8(ôoôcpQoob 8ôoo ‘bgcoô
gocoô(ôgô 5üOC?° °ô°» 9ô(ôocp oj85oô5, qoô gg(ô $ô3ob 8ôoo 506.
çoô otü û^üO^ob 8ôco Qbgôgbôço rôb3o(^obô çoô o.jgçoBobô 4,
05060 5 oj85oô5 Qbftôbôço 6063532^000 y(ô8ôooô. qoô oo£) Sggoçoob
Qôoocpô 6 8803(0360000 7 $ô8ô(oooôqooô, bdç^oôS 8ôb 8 8ô(ôbgoooô
80000000 9, SbgôgbôQo 8366323060 fi^gBobô. qoô oo£) oo£)ô2?ooô
gô6gb(ôco8ocoô 36(ôdôg5 8000 10, ô£oobo£p5oô5 00^)02360 800060 11
bo3ô[ocp')bô gobôbô. 3 qoô oo£) 3636056 1 50000(0850 Sgo^y^jgSô
05060 60(^53000, 8000 50(03^0(0050020006 bo(^y^)ôû 8obo 6068363-
Cpooô 506 8000000. qoô oo£) 508003560(006 8000 2 qoô 6(0800230 £)ygob,
05060 2 3qo3£)(ô5oô5 60(0^8^)600360000 qoô (0065006 050. (oô oo£)
docpoooô 800^006 8000 ‘63(00 3, 50602)38006 8000 4 (oô 50603(0006-
5006 5 0005^)06065380(0 (oô 0(00(0363(0 (o8g(ôoobô. (oô oo£) 8006053-
Ôoooô 0'6(0'6366 6, 80000 050 5230605000 506^)53006. (oô oo£) 7
2 1 Om. J. — 2 Qbgôgbôcp Ô5gç£>obô J. — 2b 030 J. — 3 3386006 3ôcd J. —
4°jgCp5obô cpô ôbôof^obô J. — 5 030 J.—6 3ôcdô J. — 7 QQogfôtnôocoô J. — 8 3ôcd
J. — 9 Om. J. — 10 J add. 3ôco. —11 cojbBo J.
3 1 -5g- sup. lin. J. — 2 Om. J. — 3 J add. 3ôco. — 4 Om. J. — 8 Alt. -o- sup. lin.
J. — 6 J add. ô3ôco. — 7 coq post ggônbocoô A.
quia in-conculcationem traditus est ille pedibus eorum 8. 2 Quia 1 quando
rtenebrarum forma 2 oomparet eis, illi lumen fiunt3, et quando strepitum-
faeit super eos sicut serpens, sal fiunt4, et non-potest mandueare ex eis. Et
si ostenditur eis similiter raspidi et viperae 5, illi fiunt similes (litt. similiter)
Ninivitis pueris. Et si raggreditur eos 6 esuritione eiborum, vincunt eum 7
per-ieiunium suum8, rsicut Salvator noster9. Et si oculorum exsultatione
bellat eis10, devant oculos suos ad-altitudinem eaeli. 3 Et si vult ut
illiciat eos verbis, illi praeterire-faciunt verbum eius ab auribus 1 suis. Et
si manifestatur eis 2 et bellum eis facit, illi2 armantur fide et prosternunt
eum. Et si per-somnum pervenit super eos 3', exspergiseuntur illi 2 et animum-
recipiunt ad-adorandum et glorificant Deum. Et si possessione tremere-fa-
8 Sup. lin. mi J; cfr Gen., m, 15.
2 1 Om. J. — 2 similiter tenebris J. — 3 fiunt eis J ; cfr Matth., v, 14. —
4 Cfr Matth., v, 13. — 3 viperae et aspidi J. — 6 Litt. intrat ad-eos. —
7 eos J. — 8 Om. J. — » Litt. similiter Salvatori nostro. — 10 J add. illi.
3 1 Litt. auditibus. — 2 Om. J. — 3 j add. illi.
322
G. GARITTE
3^)cpobooj^)8oooô g3ôûboooô ôçodfôBob 03060, 8ô(û(^ooqo 3ô5q8oo(û5oô5
Çoô 3ggyg55oô5 8, qoô ô(ûô 9 ôb^jcpooô ooôBô Q3ôûbooô.
III. 1 8330(00 ôçoô3obô 33230000 Q3ûboooô, qoô ôqoô8 1 830(^3330 2
bob^cpycpybô 8o5ô oo3bbô 3. 80030(00 ooobydobô 53230000 (03(0003-
Cpobô 4 oo3bobôûooô, (oô ocobyd 3^)230^80300 ^ô3ÜC?3^ôû 030
8obo, qoô ô(ûô ob8o5ô bo(^y^)ôû 030 5 (oycooogcpobô 4 o^bobôQ.
53230000 çoQQoôjôQobôûooô àd(ôdoo(oô 0 bô8boo5b 7, 3o(o(î)')8(oob
^0(0^380(00 8ob 306 ôçjooj^)8^)cpo 8 030 80b ‘63(00. 3o(ô88ooq
0300 (0^)63 5 30033(^000 dSôooô Sobooô, (oô 53230000 9ô8obQoo£pobô
oo3bobôûooô 9 (003(030 10 5o8o 8ôb 11 ‘bflQoô. 2 8(0(03(^00 8ood(0£)ô-
(no 0300 ôàfôooB bôbcpbô 8ôb obfôô^cpobôbô, G?6 8ô(noô8ob (oobù
roo3bobô 003b 1 2 Soobybo. 8003^060 8ooby 30800330-
6360(0 3(0060 80b j^jyyôBobô 80b 306 83338(^323000060, G?6
8 -5- sup. lin. J. — 9 Sup. Un. J.
III. I 1 ô(oô3o J. —2 3j)O(5y£)3ô J« —3 cojbô A. — 4 cpgcpgmcgcpcjbô A. — 5 Om.
J. — 6 bdçptn A — 7 -5bô J. — 8 ôçcoj^jdôQ A. — 9 dobobôQcoô A; abhinc T denuo
(p. 415), post lacunam unius folii (cfr n. 8 § 1, 18). — 10 cpôggô T. —11 3ob T.
2 1 cojbobôQcoô A. — 2 -à- om. A.
ciunt4, sua (bona) pauperibus dividunt. Et si5 per-concupiscentiam Evae
concitat eos, solitarie recédant et concluduntur, et non 6 cum filiabus Evae.
III. 1 Intravit ad-Adam per Evam (litt. per-manum Evae) \ et Adam
illectus est in stultitia sua. Venit ad-Ioseph per dominam (litt. per-manum
dominae) eius, et loseph intellexit dolositatem eius, et non audivit verbum
dominae suae2. Per mulierem (litt. per-manum mulieris) bellabat3' in-Sam-
sonem, donec abstulit (litt. perdidit) ab eo (quod erat) promissum 4 super
eum 5. Primogenitus erat Ruben omnium fratrum suorum, et per-patris sui
uxorem (litt. per-manum ... uxoris) 6 rimpositum est 7 signum super eum8.
2 Pontifex (litt. sacerdotum magister) erat Aaron in-domo Israelis, et prop-
ter Mariam sororem suam invidit Moysi *. Misit Moysem educere populum
e terra Aegyptiorum, et r (se)cum abduxit2 consiliariam malorum ; et3
4 J add. hos. — !> si post Evae A. — 6 Sup. lin. m* J.
III. 1 1 Cfr Gen., m, 6. — 2 Cfr Gen., xxxix, 7-8. — 3 vicit A. —
4 promissionem A. — 5 Cfr ludic., xvi. — 6 Abhinc T denuo (p. 415), post
lactinam unius folii (cfr n. 7, §1, 18). — 7 corruit T. — 8 Cfr Gen., xlix, 3;
xxxv, 22.
2 1 Cfr Num., xil. — 2 conducebat A. — 3 Om. A.
APHRAATE EN GÉORGIEN
323
€0060^0(0033060 3 8'6(00630230 030 4 6(o(ô(o£)ooôq ; (oô 8 933800630
£)oy>Cpo 800636 (oô 08360 Scojc^gôû 8060, 8ô5 SoôJqoô 6 3(0230
8060 7 3£)53û <3ü08ô5ôC? 80(0008323000(0 8. 8363 (oô 82303(0 9 oyco
C003000 300332360 2>üô^C?^0 9o5ô, (oô 33230000 ô6£)2?o6ô 330Q60000
08(030 10 806 ooô5ô 6(00230. J85g2?30oooC? oym ^85(o5o (oô 8^)3-
803(0 602330000, (oô 833(00 030 3^2?°9ooj£)8ô8ô5(oo6ô 0036060806 n,
çoô 800323^ 030 rô636ô23oo8 806 ^023 12 (0008300^) 03060 (oôq
00360 coô8ô(ôo. 3 ôqo9ô£O2P£ï?0 1 G?6 306(00(060 600230080060 ^)g(ôooû6
3(0332300 8333000 J£)3yô5o6ôooô 2, (oô (02)3000 3 'Sôoo 306 (00(03-
6060 8060600004 (03(00000 306(0(00336 3£)C?° 9o6o 8. 33230000
03'606323060000 rô6£)2?°L)0 03006023060000 6 3068(00323(00 6(o(ô(0(^)o
ôjô6o6o (oô 8330636^2? °ijn ’• ?p86ô 8ô6 (0(0832360 308(030(00 0(060
r5ô8(o6oooô (oô 8(0603360000 8 (oô 33(0 r3£)SC?0 806 9, 8030(00 10
(oô 8308(060 11 ô6£)2?° °6° 33^60, G?6 9(O£)5Q?ô 806 (0(08323806
3 coô5ôày3ô5cpô A. — 4 Om. A. — 5 Om. A. — 8 dmôjQOô J. — 7 cojbo J. — 8 -çp om.
A. — 9 QdçjpQ A. — 10 oôcnô A. — 11 3obobô3ô5 T. — 19 .ô'jbôcpcoQob Çoçjp J,
ôôgbôçjpcoQob 3ogft T.
3 1 ôSôççwfpô AJ. — 2 -ooô om. T. — 3 dç^ogfôcoô A. — 4 cojbobôcoô J. — 5 Om.
J ; T add. çpô. — 8 Om. A. — 7 oôcnyô J, oôcnô A. — 8 3cn5. £pô 6ô3. A. — 9 dy^jdcpco
3ôb gco^Bgôôcp 3ô3o6 A. —10 Qcagoçpô A. —11 dyyoçpô 3obô JT.
occurrit Dominus Moysi et voluit oecidere eum, (donee) ille revertere-feeit
uxorem suam rursus (litt. ibidem) ad4erram Madianitarum 4. Fortis et po-
tens erat David in omni praelio, et per filiam (litt. per-manum filiae) Evae
inventa est apud eum culpa 6. Formosus erat Amnon et puleher visu, et colli.
gavit eum concupiseentia sororis eius, et occidit eum rAbsalom pro eo 7
quod insultavit sororem eius Thamar 8. 3 Exaltatus est et glorifieatus est
Solomon plus quam-omnes reges terrae, et in-diebus 1 glorificationis eius
mulieres deelinaverunt cor eius 2. Per 3 lezabelem (litt. per-manum lezabelis)
rfiliam Ethbaalis4 multiplicatum est malum Aehab, et rfuit inquinatus5.
Tempore quo temptavit lob rper-progeniem et possessionem6 et rnon-
4 Cfr Exoâ., IV, 24-26. — 5 victor A. — « Cfr 2 Reg., xi, 1-5. — 7 ab
Absalome T. — 8 2 Reg., xin. *
3 1 in-potentibus A. — 2 Om. J ; cfr 3 Reg., xi. — 3 et per T. — 4 Om.
A. — 5 inquinatus inventus est AJ; cfr 3 Reg., xvi, 31. — 6 per-poss. et
Prog. A.
324
G. GARITTE
030(00083^)0 ôçoô8o, (oô 3(^338 Ôofnoooô Soboooô 30380 80b Sôfôooôcpbô
ocnôbô 12 (oô oo^£)ô :« ooj^) 5£)(ûôq bo^jy^Jôû 13 £)8fôooobô 8o8ô(noo »;
rb(nç^cn 806 14 Sy^fnôybycn b^03^02 15 8obo. 4 ôbô 8333808
882300 Qo^^y3ÜC?^0 9ôb yboofnydôbô, <rjô9bô 8ôb (000832380 £)6(oô
33230000 (03(0080 Sobobôûooô 1 33Ô3£)3°C?0 9obo 2 ; 8002300 ôbô
3^)cpob38ôy(n <bôj^)c?û^ôû 030 3 9obo (00 (oôô8qo(ûô 4 Q03Q00Q
00380 (00(038080 5 306 0038080, r(oô (00083^)60 6 (oô (Oô8^)8(n6ô
33(0860 030 (0008323000 à8bôb£)(Ô3Ôçoô (03(000 8obo. (00(0 7 oycn
0003063 ^)g(ôooûb 8 $o5ôob^ô(ô83£)y£)32pooô 9 3003323000, (oô 8003230
030 33(000(03 r(ôoo33ôbô 808 8o5ô 10 ôb^)2?°bô 83(000(00008080 n.
8(oo(pô(ô 12 oyoo 3ô8ô5o 13, 838(030080 933080Q, (oô ô'bfôôbô 80b 14
30023808 808806 ^0(0^383(00(0 15 à^jfôoôooô 16. 60883^) 17 oyoo
<bô86(ôo 18 3£)5(obô 808 ^3(00 83830060880 19, (oô (oôôS^ô 030
12 -ô om. A. —13 bof^ygôQ post dodôftco A. —14 (pô J. — 15 A add. ogo.
4 1 cojbobôQcoô A. — 2 Om. A. — 3 Om. J. — 4 çpô- om. T. — 5 A add. 3ob. — 6 Om.
A. — 7 cpocpo A. — 8 Om. JT. — 9 JT add. gcnftob. — 10 fncnygobô cojb A. —
11 -ôabbô JT. — 12 -fôo A. — 13 3- om. A. — 14 Om. JT. — 15 -ôq A. — 16 -cdôq AJ.
—17 5ôb3g(5o A. —18 ‘bôdôfôg A. —19 ô3cn6obbô JT.
potuit dominari ei 7, ivit et rinduit filiam 8 Evae, et accessit ad-eum quae
evertit Adam, et loquitur per-os eius homini iusto lob et dixit : « Die aliquod
verbum 9 adversus Deum»10; rille autem11 contempsit consilium (litt.
doctrinam) eius. 4 Asa rex vicit maledictum in-vita \ tempore quo volebat
per matrem (litt. per-manum matris) eius decipere eum2; Asa autem in-
tellexit dolositatem eius et deposuit 3 matrem suam a maiestate sua, ret ever-
tit 4 et confregit idola quibus ministrabat mater eius 5. Magnus erat lohannes
rmagis quam-prophetae 6 omnes, et occidit eum Herodes rin saltatione7
filiae Herodiadis 8. Dives erat Aman, secundus a-rege, et suasit ei9 uxor
eius perdere ludaeos 10. Princeps11 erat Zambri super tribum 12 Simeon13,
7 non potuit eum decipere; tune A. — 8 intravit ad-eum filia JT. — 9 verbum
post Deum A. — 10 lob, n, 9. — 11 et J.
4 1 Syr. lit hayê (col. 260, £) ; arm. aniceal kenae'n (p. 207, 19). — 2 Om.
A. — 3 Litt. parvam-feeit. — 4 Om. A. — 5 Cfr 3 Reg., xv, 11-13. — 6 inter
porphetas JT. — 1 propter saltationem A. — 8 Cfr Matth., xiv, 3-11. —
9 Om. JT. — 10 Cfr Esth., ni, 1; vi, 13. — 11 nahpet, arm. nahapet (p. 207,
29) ; cfr Makr, Ippolit, p. lxv. — 12 gundi, arm. gund « cohors » ; cfr ïbid.,
p. Lxni. — 13 amon JT.
APHRAATE EN GÉORGIEN
325
jô'bdo 20, ôbgcp8ô5 8ô5 833060 8ob 21 8ô(ooô8obô8ô5 22 ; 3(000060
(03(00303060 306 (00330 obfôô&cpobô 5060 003(00000060 ôooôbo 3(00060
•"(0(0360 8o5ô 23.
IV. 1 0806 003b, 880600, 30033230 3030 (00083230 1 Ô2>oojg8o6ô
(oô 60^80(0060 003b 8ô(ô(^oo(o 833336006, 5g g5yô5 (03(00303060
coô5ô yoogôû, (oô Bggô 2 (03(00303060 3 8060306623303 ; 0(0083(0 4
gS^cnô^b 0(06 8obô 00g 360(00(0 300230 ybgôb 5, (oô (03(003030603
33(0333 6 7 °°ü 8 360(00(0 J8ô(ôo ybgôb 8, 30(0(03 9
ftôB^g^saôôbô (oô 300(03060 ; (03(003030 (03(00050 8333035, (oô
30803030 8080000. 2 gjgyoog 83(00^23 1 033636 80803030 (00
Q?3Q?Ô3Ô6° 3ü^OTb03oco ^(0^0230000, 5g 30633363003(0 2 ; g3g-
300g ô(ooojg8ooo 3063336635 3, 5g 4 8300(03(0 8303003303(0 \
(003000 ô(ôô 8fôg83Ôô(o r(oô 60830(0 6 833(0036006. 0803(0000306
6^032302 3300023 (oô 8g35o3(ô 363 0(06, 83 306^033 000360 ^>3860
(oô oojg35, bô3gôfô3cp5(n 7 : 8ô(ô(jyo(o yoogôQ 8ô8ôooôû (oô 8ô(ô(^)oo(o
20 Su)0 sic JT. — 21 Om. AJ. — 22 3ôcpoô3gc^cDôQbô3ô5 JT. — 23 r’^Sô cpçgbô A.
IV. I 1 fômSgcpo ante 3ô(ôgcncp AT. — 2 Bqqôçô A. — 3 Om. A. — 4 ^ôqSqcd^) A.
— 8 ob^Jôb A. — 6 gbfôg JT. — 7 Om. A. — 8 (oôqcdô J. — 9goQofôgçQôftô A. —10-3(o*T.
2 1 3jjtôgÔ52)cp A. — 2 gô5oyg5gôog5 J. — 3 3060-J. — 4 B^çôfôô A. —
5 g^oycngogcp A, SyoycnggoôB J. — 6 Om. T. — 7 Om. A.
et evertit eum Cozbi14, filia regis Madian 15 ; ex una muliere eorruerunt
ex Israël viginti et quattuor milia in una die 16.
IV. 1 Propter hoc, fratres, omnis homo qui1 propter votum (litt.
promissionem) et sanetitatem solitarie conclusus erit, ne velit cum muliere
habitare (litt. esse), neve rad-mulierem 2 introire; sed 3 melius est ei si palam
uxorem habebit, et mulieri reodem-modo 4 convenit5 si 6 palam maritum
habebit, potius-quam ardere et peceare; mulier mulieribus adhaereat, et vir
viris. 2 Si erunt coniuncti1 vir et mulier benedietis 2 nuptiis, ne sepa-
rentur ; si ad-votum (litt. eum-promissione) separabuntur, ne3 iterum con-
iungantur (litt. adhaereant), ne uit-moeehatio ret fornieatio 4 eis aestimetur
(hoc). Itaque (litt. abhinc) doctrina bona et pulehra haec est (quam) ego
14 kcue JT, k'azbi A. — 15 Madianitarum JT.* — 16 Num., xxv, 9, 14-15.
IV. 1 1 qui ante solitarie AT. — 2 Om. A.. — 3 quia A. — 4 ita A. —
5 Om. A. — 6 ut J.
2 1 congregati A. — 2 Litt. cum-benedictione. — 3 ne iam A. — 4 Om. T.
326
G. GARITTE
ycogôû (03(000000 33000CP qoô 8^3603(0 ôfnb ; r(*ica3gcpooô (0003336
00030 00360 8 ôçoooj^jSôbô 9 (oô£)oo8oa5 10 r6ô$£)oo(ô(n6ô 0806 ^ofôbô
3 (0008300^) coj£)ô 03(03800 $o5ôû6$ô(n83(^y^)3cpaô5 : « By^ôfô
ô(nb jôQobô 1 (Ô(n3ycp3ô5 ôçnoçocnb £)£2OC?0 ^360 2 bo^ôd^jjooo 3
306 0036000 (oô Qoô^Qogb (üôçogQydgcp 4, (ôôû3qoo^) 000360(030
ÜCÎ0C?0 905° ». 36(^3 ^y(ô ô(nb, bôy^)ô(ôgcp5(n, (000832*806 ôçooçooob
ÜCÎ0C?0 ^06(^360 açnooJgQooo, (00033306 6o$8o(oooo.
V. 1 (ôôûQgoo^) 36(^3 ^yfnocp ô(nb 800636 003b, bôy^ôfôyçjpBco 1 :
30860 8ôb 30000(030 2 306(03360(00 3 $8o(oôû 030, 80630 8303^)0(00
6o$8o(oÇ? ; (oô 30860 8ôb 30000(030 306^80(060, 3002*0 030 8obo
^060(003^)3000000 dobô 00360600000 4 806 ô(ôô 5 à86ôb^)(ô3Ô(oô 6 ;
(0008300^) 36(03 $3(002* 0(06 : « ob^) 7 d& 603360 oyco 86ôb^)(ô
8006360 6oy(ô8ooo roo3booo 306 8 ». (oô 83(083 9 ob^job 10 0036 36(03
8 ftraQcpocoô cpôoggB'jB 000360 003660 A. — 9 Sup. lin. m2 J; A add. 3ôb. — 10 (oô
Cpôg. AJ —11 bôÇgoofôcnQbô ô3ob jjôQobô $o(ôbô A.
3 1 3030 A. — 2 Om. T. — 3 -3g- T. — 4 -ôgç£>o AJ.
V. I 1 Om. A. — 2 fôcnQgçwbôA. — 3 A add. 3ôb. — 4 Qobobôacoô AJ. — 8ôfôçôtôô
A. — 0 à- om. A. — 7 Om. A. — 8 306 0036000 A. — 9 Om. A. —10 obcnnb T.
docui me ipsum et vos, dilecti5: solitarie habitare (litt. esse) viros et soli-
tarie habitare (litt. esse) mulieres bonum et pulchrum est; qui6 custodient
se ipsos rin-voto 7 (litt. in-promissione) perferant rtemporalem hanc8 tri-
bulationem. 3 Quia dixit leremias propheta: « Beatus est homo1 qui sus-
eipiet iuguni tuum 2 ab aduleseentia sua et considebit tacens, quia sibi-impo-
.su'it iugum tuum » 3. Ita convertit., dilecti, qui suscipiet iugum Christi pe”-
votum 4, custodiat (illud) cum-puritate.
V. 1 Quia ita est scriptum de Moyse, dilecti1 : in-tempore quo 2 rei
manifestatus est3 Sanctus, ille etiam dilexit puritatem ; et tempore quo4
purificatus est, uxor eius per-circumcisionem filii sui6 ei non6 ministrabat;
quia ita est scriptum : « losue7 filius Nave erat minister Moysi a pueritia
sua » 8. Et rursus 9 de losue ita est scriptum : « A-tabernaculo non recede-
5 Om. A. — 6 per-quod A. — 7 Sup. lin. m® J. — 8 temporalis huius horae A.
3. 1 Litt. beatum est hominis JT (cfr syr., et arm. erani ic'ë mardoy) ; beatus
est homo A. — 2 Om. T. — 3 Thren., ni, 27-28. — 4 Litt. cum-promissione.
V. 1 Om. A. — 2 Litt. ut JT (cfr arm. i zamanakê anti ibrew) ; quo A. —
3 man. est ei A. — 4 Litt. ut A JT; cfr n. 2. — 5 eius A. — 6 non iam A. —
7 Om. A. — 8 Exod., xxxni, 11.
APHRAATE EN GÉORGIEN
327
^3(0023 ô65b : «30(00380 8ôb ô(nô 3063800(03600(00 ». (oô 30(0030
050 r8ob <rjô3obôQ 11 33230000 (03(003030800000 ô(ôô 08808^(03600-
çpô ; (ôôq83oo£) ô(ôô “36(0806368 3?C£)C?0 12 QOÛQo^œô 8382330(0
30(00380 808 30808080,0(0083(0 (003088 80030(0006 rooôy^)ô5ob0g3ôQo
(03(0060 13, 30(0000 30(03 14 ooôy£)ô5obb(3ûô5 (00 ^0(030(0006. 6002300 18
Qfoçpgcpooô 8000 38(03 083600 r(oô ooj^)ô 16 : « fnô^|ô9b oyoob
Qbôb^fôybôQ 30(030800 808 17 3080800 18, 30023000 30b ^8o(oô(o
083(036000 000360 003860 ». 2 (oô 3230008 003b 38(03 ^3(0023
0(08 : oyoo 3080, 800080 1 30(0832380 030003300(00 2, (oô ô(ô5 3080
602)^)0(03380 80b jôfôoooobôbô 3, çoô 800^(3080 4 r8ob 306 0038080 8
08806^(03600(00 ; (0008300^) 2>ÜC?° 9°^° 30000 8o5ô oyoo, 8g(ôo5-
3323000 Qobôooô 8ooôj£)5(oô 8080 80'6(0(03230, (oô 6 (0008300^)
000380(030 8ô5 8630383603 82)380(03000 7 '6330800003 8, 0800033
8(0380(03000 8ooôJ^)6(oô 8obô Ô£)(ôo (oô $30230 ; (oô (00308b 0323(^)00(009
3o(ôobô 308 03^06323080 10, 30033230 ^(03)6303 00380 11 (00(030
11 jjô3. 3ob A. — 12 A. — 13 CpOCp- œôy. A. — 14 ôôRqSq A. —13 çpô J. —
16 yocoôftSgcp A. — 17 Om. J. — 18 Om. A.
2 1 A add. 3ôb. — 2 -3- om. A. — 3 jcn- AJ. — 4 Sn^ôgobô A. — 5 oojbobo 306 A.
— 6 Om. T. — 7 3c2«j- A — 8 <bg- om. A. — 9 A add. 030. —1° 00%- A. —11 3obo A.
bat » 8. Et rtabernaculum temporis 10 per mulierem (litt. per-manum mulieris)
non ministrabatur; quia non sinit11 lex mulieres intrare in-tabernaculum
temporis10, sed quando veniebant rad-adorandum mulieres12, extra ianuas
orabant (litt. adorabant) et abibant. rSacerdotibus autem 13' ita praeeepit
ret dixit14 : « Quando erit ministerium tabernaculi temporis 15, ab uxoribus
puros tenete (litt. prehendite) vos ipsos ». 2 Et de Elia ita est scriptum :
erat tempus, in-monte Carmelo erat et est tempus in-torrente Carith \ et a
discipulo suo ministrabatur; quia cor eius in eaelis erat, volucres caeli
ferebant ei escam; et2 quia sibi-imposuit ille similitudinem vigilum caeli,
eidem vigiles ferebant ei panem et aquam ; et quando fugiebat3 a facie leza-
belis, totam sollicitudinem suam posuit in eaelis, et per-currum ignis raptus
9 Om. A. — 10 Sic AJT; cfr arm. vran zamun, litt. tabernaculum temporis;
syr. maskan zabnâ « tabernaculum temporis, i.e. temporarium ». — H Litt.
iubet. — 12 mul. ad-ad. A. — 13 et sac. J. — 14 quoniam A. — 15 Om. A;
cfr n. 10.
2 1 k'arit* T, k'orit' AJ. — 2 Om. T. — 3 A add. ille.
328
G. GARITTE
30000 9o5ô, çpô g^cpocoô QæbcpobôQooô ôçjo^jôqô qô(o ôço9ô(ôoo 12,
(oô 9^)5 oJ95ô 60933(0(0363230 00360 11 £M£)5obô9(O0 ô2>ooj^)9obô
(oô 90(0630000. 3 (oô 0cpobÇ? 3o(o(n(oô 3*60000 r9cndço£)(ôobô 00360-
bôooô \ (oô Joofôbô 9ôb b(n9ô5o£)0cpobô 2 (03(0030306060 3 03003300-
(oô 4, (oô 9oo^Qobô 5 oo3bobô 306 o9bôb^)(ô0Ôoo(oô ; (ôôq90oo£)
36(03 ooj£)ô (O0(oôjôq9ô5 9ô5 boo9ô5o^)0cp9ô5 6 : « ^o5ôq6^ô(ô90-
ÔUüOC?0 0^0 r$9°Q?ôû (o9(ôooobôû 7 0(06, (oô 9ô(ôô(oo6 ôjô 9o9ô-
3ôcp 8 9oo9ô0ôcp 0(06 ; ô^ 36(03 933303b 60^90(0360 9obbô ®,
£)J950oo 9ôb 10 bôyooQcpô(o joofôo 3(0000 11 (oô bô9bôb^)(Ô0Ô0cpo
306606^)36363230 ». (oô (00063 0(06 bô9bôb^)(ô0Ô0cpo 030 12 306-
606^)36363230 joofôbô 9ôb 323063660 ? 363(00(00, (^062300 (oô
6060600233. 4 (oô 0003063b 1 003b 2 (ôôû(oô90 3 300^0 4, (ôôq90oo£)
jôqooô 9oo(ôobQô ô(ôô 06360 yooQôû (00 8 33(090233600(00 bojô£p$£)"
23360 003660 ô£)ooj£)9oooô 6 (oô 9ooo(ooo 9ô5 b£)23° 030 7 32300060 ?
(oô 50(^ô(ôo 030 9ooQoj^)c?0 OÔ93^ 0003060 0036060 003b (00
12 QoQôftcD T.
3 1 Qcndçgftobôcoô A. — 2 -obôbô T. — 3 cpgcpôjôQobô 3ob bcnQôbo^Qc?0'30'30
A. — 4 -3- om. A. — 5 3(nÇ(ô)gobô 3ob A. — 6 A add. 30000(5)3g(p. — 7 ç3. Ç3- A. —
8 J add. cpô. —9 3obô ftôacoô A.—10ô3ôb T.—11 gftco J.—12 A add. £pô.
4 1 -5©bo A. — 2 Om. AJ. — 3 ftôaSg A, ftôaçô J. — 4 A add. £pô — 5 (5)ôq3qco“j A.
— 6 -oco T. — 7 Om. A.
est ad caelum, et ibi facta est habitatio eius ad saeeulum per-voti4 obser-
vationem 5. 3 Et Elisaeus ambulabat in-viis magistri sui \ et in-cenaculo
Sunamitidis 2 mulieris 3 erat et a discipulo suo ministrabatur, quia ita dixit
mulier Sunamitis: « Propheta hie rsanctus Dei4 est, et semper hie dever-
titur5 ; nune ita convenit sanctitati eius6, faeiamus ei7 ut-domieilium
eenaeulum unum et ministerium requietorium » 8. Et quidnam est minis-
terium 9 requietorium in-cenaculo Elisaei ? Grabatus, mensa et candelabrum 8.
4 Et de lohanne, rquidnam adhuc 1 dicam, quia inter homines etiam non
voluit habitare (litt. esse) et2 attendebat (litt. eavebat) virginitati suae per-
votum (litt. per-promissionem), et aeeepit ille spiritum Eliae? Et beatus
4 Litt. promissionis. — 3 Cfr 3 Reg., xvir, 2-6; xix, 6; 4 Reg., 11, 11.
3 1 Om. A. — 2 somaniteli. — 3 mulieris Sun. A. — 4 Dei sanctus A. —
"> Litt. iens-veniens est AT, iens et veniens est J. — G A add. ut. — 7 huic
T. — «4 Reg., rv, 9-10. — • A add. et.
4 1 quidnam A, quid adhuc J. — 2 quia A.
APHRAATE EN GÉORGIEN 329
Ôô(ô5ôdôûb 003b : « 5g Ü3Ü0 8 ^(ôô 3323&ÜO^°3O^°^à 9 $ô8ô(o (oô
bg8ô(o ô5g (03(00000 000603305360(0 10 ? 0(0083(0 ô(nô ^3(0 ôfnb ».
VI. 1 ô8ob 003b, d8ô5(n \ 306023300 (oô agç^ob^80330300
(ôôûdyoog 2 (pôbôdôSooo 306 33230000 (03(003030600000 8330(00
8(®)3(ôo 030 303000 3, (oô 8oô(obôb(ôgcpôco8(pg '”0303') 3^6(08036 4.
bô3g^33C3° ô(ôb 030 5 388030600, (oô ^gcpoooô Soboooô àôfôdc^b
030 (ôf^gcpooô 0 £)8(ôooobôooô ; (00 ro3o 3^860 3o(ô (oô 3606 (oçoooo 7
30(03323000 8 ; 80b 30800 (000(030 $33300 030 8^g23°bôQ9; 80b10
30800 8330(00 11 603^(00230 : 60238006000 Booôb 83023000 (oô
803338005 603^(002360 ; 80b 30800 (000^3330 'JüStpBôQ, (ôôûooô
ô2)8oobQ5(03b 12 330230 (oô 3^(0000600030. 2 ''0803(0000 306 800-
6233060 80b 1 63(^0(0060 2 8ô(ôoô8obbô, 330230 030 3ô5ogbg(ôô 3,
00323° 030 B^o^ooqô, 233CJ3 030 C°à°$tJ33à, 8o$ôû 030 80(0023
8 A add. Fi^jgB. — 9 Alt. -g- sup. lin. m2 J. —10 QoQcnyg. A.
VI. I A add. fôôQdgcog. — 2 gocoôfôdgcp A. — 3 jôgbô JT. — 4 ft£)ô. 0303g A«
— 5 Sup. lin. m2 J. — 6 A add. 3ôco. — 7 Om. A. — 8 AJ add. 306. — 9 A. —
10 çpô 3ob A. — 11 SgQn^çpô A. —12 gôQmoçcnb A.
2 1 Uncialibus litt. T. — 2 Om. A. — 3 ^ôBogfnb^jô A.
apostolus dicit de se ipso et de Barnaba : « Numquid igitur 3 non potestatem-
habemus manducare et bibere, aut mulieres (nobis) cum ducere4? Sed non
convenit » 5.
VI. 1 Propter hoc, fratres \ vidimus et intelleximus quia 2 ab initio per
mulierem (litt. per-manum mulieris) intravit inimicus ad-homines 3, et usque
ad finem ridem nobis bellat4. Armatura est ilia 5 daemonis et per eam (litt.
permanum eius) bellat ille in-eleetos Dei; et rilla ei facta est os et tympa-
num 6 a-die prima ; r per illam 7 imposita est maledictio legis 8 ; r per illam 7
intravit9 mors: cum-doloribus parit filios et treduntur morti; rper illam 7
mal édicta est terra, ut germinet10 spinam et tribulum. 2 TNunc vero 1
in-adventu beatae2 Mariae, spina eradicata est, sudor abstersus est, ficus
maledicta est3, humus sal facta est4, maledictio affixa est ligno crucis,
3 A add. nos. — 4 circumducere A. — 5 1 Cor., ix, 4-5.
VI. 1 1 A add. quia. — 2 quoniam A. — 5 -em T. — 4 nobis bellat
idem A. — 5 Sup. lin. ms J. — « Om. A. — 7 Litt. ex ilia. — sa add. et.
—• 9 ingressa est A. — 10 proférât A.
2 1 Litt. abhinc; cfr arm. aysuhetew. — 2 Om. A. — 3 Cfr Matth., xxi, 19.
4 Cfr Matth. v, 13.
330
G. GARITTE
oj85ô, 030 çpôg333u)ôC?0 ^OC?^6 9ô^ 4 î<£)ô(nobôbô, bôScooob^
030 bôfôQÔ^cp ô6?U 63(^0(0000 çpô 5 $8oçoôooô, bS? 030 (3600(0360603
800330 bô^Sçyôçp 8co(n$8£)53ooô çpô 536068300332^000, Jôçp^çpBo
Bôycogbô 836^0(0336, 30(00 ^ôb^QÔ^çp ô(ôb, g/bôQ 306^8320022?
ô(nb, ^yôfôcno 0(0800330 çpô ôb^ôSb ^y£)(ô°3(2?ooô, 60^00(0^063
g>ô53‘bôçp')d£)Ç2? 6 rÔô^C?ôû 0(080(00036^(2? ’> 5^0 030
£)bbo çpôjcpüC? ô^’ 8 3600(0360600 306'60336^(2? ô(ôb,
bobô(n£)(2?o 80336022? ôfnb, 8ooyoj^)(2?5o 0^0636006, fioBgd^çpBo
8(003022? ô(noô5. 3 F)û5qÔ£)Ç2?6c% Q'bôçp 083(036000 1 000360 003660 ;
body 030 06030(03086, Bôooqçç?0 308006(0^306(00 jyooocyo çpô
8^3603(00 2, bô3jô£)cyo ^^Ü3ÔC?0 ^BgQ'bôçpyboyb, Jôçoô^o
3cnôbçpyd^)çp Q?0 C2ôC2ôCPO^b, 6080(0360 0(03(036006 3, çpôcyô-
(ô^)(2?5o 3ô3cnP)5çpydoô5, Sy^çpôfnBo 0(0(0336006, 636(^3 030 380066,
jJBôfôobô 80b 3800 ob8ob, yboo33(2?5o 363 4 ôçogfôoBçpgdoôB 803363-
Ôôçp £)<3£pobô, 8(0380(0360 qôooô 8o5ô 06^(0033636 8, bôyçpô(ôo 6
bô8^3cyobôû 7 0(080(00036^(2? 8 î (ôoo83(2?o 030 çoô8^)(ôô 9
£)bô(ôob 8, (ôco83£2?o 030 8co£)d(2?£)(ôçpô 9 38060b. 4 y(ô8ô5o 8ô(n-
4 Om. A. — 5 Om. JT. — 8 gôBçgôjyçj? T. — 7 Om. JT. — 8 A add. ogo.
3 1 09336000 A. — 2 Post bôdjôgç^o JT. — 3 ôqq- A. — 4 A add. ÔÇC033Ô006 çpô.
— 5 ôb^ôgQÔQË T. — 6 A add. 030. — 7 bôb}^. J, bôfôfi. A. — 8 A add. £pô — 9 A
add. dôb.
paradisus est promissus (litt. evangelizatus) beatis et5 puris, arbor vitae
data est ut-cibus credentibus et voluntatem facientibus, virgines fructum
offerunt, ianua est aperta, via est purificata, fons emanavit et potat sitien-
tes; nuptiale est praeparatum c, rmensa est erecta7, bos pinguis est maeta-
tus, poeulum vitae est permixtum, gaudium est diffusum, apostoli invitantur
(litt. voeantur), voeati multi sunt. 3 Vocati, paratos tenete (litt. prehen-
dite) 1 vos ipsos; sponsus aceumbit, lumen effulsit bonum et pulehrum 2,
ornatus non-transiens praeparatus est, praeco est propinquus3 et elamat,
monumenta aperiuntur, abscondita apparent, mortui surgunt, tuba vocife-
ratur, eitharae vox auditur, vivi 4 evolant in-occursum regis, vigiles in eaelis
urgent5, thronus iudieii est ereetus ; qui6 laboravit7 gaudet, qui infirmatus
5 Om. JT. — « apertum T. — 7 Om. JT.
3 1 facite A. — 2 pulcher post ornatus JT. — 3 Litt. « appropinquatus ».
— 4 A add. surgunt et. — 3 docent T. — 6 et qui A. — 7 A add. ille.
APHRAATE EN GÉORGIEN 331
^£)£)5ooo 33(0800 8boô(Ô£)2? 6(003(0 1, (pô (ôco8323bo 030 2 Sbfôf^booo
rjgfidcn ô(ôoôb 3 03230033(0 4 çoô ftofiQço 5. ^(ndgcpBo 6 dBgcpbô
3o5ô bbgBôB b^)cpoooooj^)3g5, (ôco8323bo7 Bôoogcpbô 8obô ô(ôoôb, 80008
£)bô(ôob. 80(0230 ftôdcnfiBçoô, ^Sâôfôo^dôQ b^jgygb 9 ; bo5ô5^)cpo
ôfôô 10 ôfnb 8ôb btnggcpbô. r<bô8ooô(ôo 3083^)3800(00, ‘bôgbgcpo
Qcng^Qôbcpô 11 ; Sbdôooo 050 12 3068^)36360800 8000^00, 60003230
b^jgygb, 80^3(0(^3230 boj^çoocpobôQ 0323(^08. 5 (00089230 1
030 060030 ô£oooj£)3ôbô, ro&o 080(0368 2, 08^)368 çoô ôjgdb ;
(0508323000 3 30023 4 ô(ôô 08^)38, r8ço38ô(ô()coô 30b 3080000 0880-
b^fôbflb, çoô (0008323000 30023 08^)38 5 ô5£) oo£) 6 (03(06303° 7
j8(ôob 30(038, (06 3(0^8^)6638 8 ô£oooj£)3ôbô £)(ôoo°3(ôoo68, ‘8330-
bôbô 3ôb 33(033686 (oo(ôb 0^866369 ; 6çoooj^)8o86 10 886(08332360
bôbcpbô 3ô£)£pobôbô 086(038(036, (06 3003323000 dôfô^ooço 83003006
686(0008 88002300(08008023866 (00083230 80030(00 ^062)006 30b
868086006. 6(ô6 6(08 8^)6 (0^336 11 SôSôjôQobô11 (06 (03(06363086 11
4 1 ôftoôB A. — 2 Om. A. — 3 Om. JT. — 4 -336 A. — 5 A. — 6 cpô (ôcn3. AJ.
— 7 Cpô (ôcn3. A. — 8 Om. A. — 9 bjç^b A. — 10 Sup. lin. m2 J. — 11 'bôgb. 80)3.
‘bôSco. 3063. JT; cpô ‘bôojb. 338003. A. —12 Om. J.
5 1 cpô fôm3. A. — 2 3ôb «jbôftob A. — 3 cpô fôooS. A. — 4 30052*0 T — 5 Om. JT. —
6 Om. J. — 7 A add. fôooSgç^*0• — 8 -65q6 A. — 9 oJ36q6 AJT. —10 -ob T. —11 -ôq A.
est7 timet. 4 rPueri dexteram versus 1 laetantes sunt, et qui sinistraan
rversus sunt2 Jugent et fient. Qui 3 in tenebris sedent gemunt, qui3 in lu-
mine sunt, illi4 gaudent. Gratia apparuit, veritas régnât; paenitentia non 5
est in-illo mundo. rHiems a-nobis reeessit, aestas nobis appropinquavit6 ;
sabbatum requiei advenit, lumen régnât, stimulus mortis fugit7. 5 Qui1
fortis inventus est in-voto (litt. in-promissione), ille gaudet, deleetatur et
laudat; qui1 uxorem non ceperunt, ra vigilibus caeli ministrabuntur, et qui
uxorem ceperunt2 aut si3 mulier 4 nupserit, et fideles-fuerunt5 voto (litt.
promissioni) invicem, caelesti corona digni fient; voti (litt. promissions)
observatores in-domo Excelsi gaudebunt, et omnes solitarie habitantes6
4 1 Sic! Cfr syr. bnay yamînâ; arm. m^nkunk'n ajoy. — 2 Om. JT. —
3 et qui A. — 4 Om. A. — 5 Sup. lin. mt J. — 6 aestas nobis appr., hiems
a-nobis rec. JT; et aestas A. — 7 Praesens.
5 1 et qui A. — 2 Om. JT. — 8 Om. J. — 4 a add. quae. — 5 erunt A.
—• 6 Litt. entes.
332
G. GARITTE
çpô 12 ô(ôqô 8oo5obô (oô ^gcpobô, 0(0083(0 13 300332360 5ô8oo6
2)8(nooob 033636. 6 (oô 3003323000 Jôcp^cpooô $8o(oôooô (0008323000
Çoô£)^o5ço5gb 000360 800060 Jfôob^jgbô 8^)5 02)0600636 1 6060032360
003660 (00 8330(036 60^00(0^06360 2 8ôb bodobô 80b ^06083.
300332360 3 (000832360 3(0^8^)6636 jfôob^bô, 800(0 b ô(ôoô5 03060
$333060 80b 306 8^^)c?obôûbô 4, (oô 30(0383 ô(ôoô5 03060 5 3ô£)o-
jjobô 80b 306 ôb^jc?000 8000 33^ûbooô ; 60238006060 8oo6obôbô
8cn(ôb ô(ôoô5, (oô rô8ob 6000323060 6 8302300600 7 ô(ôô(o 8oo£)oo£)ô-
23036 8, (oô 9 ô(oqô ‘6(0^)6336 603600(03632360 800060 10, 0(0083(0
^(006(^360 3(0^8^)66006 11 rô2)ooj£)8oooô 8000 12 ; (oô (0008300^) b(ôô
30(0006 J8(ôob, 360(006 13 8000 6063230 14 £)^3Ô^ 18 83000 (00
ôb^jd?050 16- 7 (oô 323003060 80b $023 ôb^jd?000 1 33ôQbcoô,
“330230063(0 2 (093(^0060 036023 8^)60000 (oô J360000. ^00(0^0230 3
3300b ôb^)^050^ 83(0 (02)3, 6002300 $80(00000 ljô23$£)C?00ôû Ü8ü"
12 Om. A; post cpô, spatium ca. 10 litt. vacuum J. — 13 ftôQdgco^) JT.
6 1 ôçô- A. —2 jcnftÇoçwbô A. — 3 yc^QC?000 J« — 4 (ôfig-A. — 5Om. A. — 0Om. A.
—7 -gôôQ T. — 8 3o£)- T. — 9 Om. A. — 10 Om. J. — 11 -“36006 J ; A add. bfn^ç^^C?-
—12 Om. A. — 13 gbôftmb A. — 14 bobôfn^c?0 A. —15 £)3g(5obo A. —16 -coôbô A.
7 1 A add. 3ôco. — 2 -Ô£pg5 A, -ôçoqcd T. — 3 -o om. J.
laetifieabit Unigenitus qui venit e sinu 7 Patris. Non est ibi seleetio viri et
mulieris nee servi et domini, sed 8 omnes progenies Dei erunt9. 6 Et om-
nes virgines sanetae quae spoponderunt se ipsas Christo ibi aeeendent lucer-
nas suas et intrabunt rin-nuptialem loeum1 coram sponso. Omnes quae
fideles-fuerunt Christo, longe sunt illae a maledictione legis, et extra sunt
illae 2 a supplieio filiarum Evae; a-dolore partus longe sunt, et rhuius mun-
di 2 filiationem ut-nihil computant, neque sollicitae-sunt de-vietu suo 3, sed
Christo fideles-sunt rper-votum (litt. promissionem) 2; et quia non nubunt,
promittitur 4 (litt. evangelizatur) eis nomen 5 amplius quam-filii et filiae 6.
7 Et loco luctus filiarum Evae, eantant1 Deo psalmis et laudationibus.
Nuptiae Evae filiarum septem dies, sanctarum autem virginum ad saecu-
lum temporum. Ornatus Evae filiarum lanae et panni, quae marcescunt et
7 Litt. plur. — 8 quia JT. — 9 Cfr Gai., in, 28.
6 1 in-nuptias A. — 2 Om. A. — 3 Om. J. — 4 -etur A. — 5 gaudium A.
— 6 Cfr Is., lvi, 5.
7 1 cantabunt A, cantabitis T.
APHRAATE EN GÉORGIEN
333
5obô8(og 308000. bô8jô^)cpo ggôûb ôb^gcpooôQ Sô^jgcpobôQ (oô
8fi£)(ôobôQ, (ôcnSgcpo g>ô5jgçoob 4 (oô ^ôfô^çoob ; bcncpcn Sôooo 050
bô8(nbgcpo 8 ô(ôô aôbjgçogb 4 £M£)5obô8(og. rbojgoo& ôbgcpooô
ggôûbooôQ 6 bodg(ôg8ô5 (0003530b, bcnç^cn bojgooÇ? ô(o5ôooj^)g8obô 7
SSôfôbggcpooôQ ô(0(p3cn8obô <>jô8coô 8 3ô5ôb(p(ogb (oô 308008(0^30-
Bcpgb.
VII. 1 $ JôC?^u)C?(n’ Soôoobcngg 00030 8g5o j(ôob-
ÔQbô, 5g Ü3Ü0 &0Ôy(n2?ob 3o590 1 C°ô sAto^b : « 80033(0 2,
0303 ^>û9 ooôBô (00 88bôb£)(ôg8(o 3 8g », 8g5 gb(ôg 4 80^)33 80b :
« jôgbô Qg^gggbô 800080030(3 30(0 8g (Oô 5 8ôb gàSbôb^jfôgô 6 8g
(oô 8ôbgô 333(080(3380 ; £)3u)0°°C) C^OÔÛS00 °2>° Q°ô 8bôbg(ôg8ôQ
8obo, 3ô5(nobb5gb fig8 ‘bgcoô (Oô (oô^g(ôcnb $0360 30880^33383(30
(oô 306830(0008 7 808(3000 0038000 8. (oô 30(0(03 8g5 Fig 8 306 306-
bggBgbôbô 38038(03, (oô 8g 8g5 306, 5g Qdüû 6^(333(3 3o3(n3-
5goo (oô ^0(03^380(00000 ôjoBôooj^gSo 9 FiggBo 80^0(3^(33 10-
2 803^0(03(300, 5^) 800003(038 3338(380 ^oôjoooô 836000, (ôôqooô
4 ftô6à- A. — 8 bô3jô£)Ç£>o A. — 6 ôb. 33. boj. T; ôb^ç^coô 8000 A. — 7 -ob T,
ôçcojjgQobô A. — 8 Jp3bô A.
VII. I TAadd. 3q5. — 2 A add. çpô.— 3 3-om. A;-b«j(ôQ J. —4'jbft'jco J.—
5 Om. T. — 6 -à- om. A. — 7 A add. 8q. — 8 BqSoot JT. — 9 J add. 030. — 10 Om. A.
praetereunt; illarum autem vestis 2 non mareeseet ad saeeulum. rPulchri-
tudinem (litt. bonitatem) filiarum Evae3 senectus marcidam-facit, pub
ehritudo (litt. bonitas) autem voti observatorum in-resurreetionis tempo-
ribus 4 renovabitur et effulgebit.
VII. 1 O virgo, quae desponsavisti te ipsam Christo, ne forte tibi1
loquatur aliquis et tibi dicat: « Veni2, habita (litt. esto) mecum et ministra
mihi » ; tu ita responde ei : « Homini régi sum desponsata ego et3 ei ministro
ego et ei etiam attende ; si relinquam eum et ministerium eius, irasceteur su-
per me et describet librum dimissorium et r me depellet4 a domo sua5. Et
dum tu a me requiem quaeres, et ego a te, ne forte eulposi inveniamur et per.
damus votum nostrum, virginitatem 6. 2 Dileote, ne inicias ignem in-si-
2 ornatus A. — 3 fil. E. pulehr. T. — 4 tempore A.
VII. 1 1 tibi post aliquis A. — 2 A add. et. — 3 Om. T. — 4 dep. me A.
— 5 mea T. — 8 Om. A.
22
334 G- garitte
ô(ûô 830^306 1 bô3(nbgcpo 8360 2 bôJcnfû^oB^, ô^ôQqqo 836 8ô(û(®)(n(o
°yô3 CPô Ojfôdôcp') ô(o5ôooj^)g3bô 8ôb 3 83660, ^o5(obô, (oô 83^0 4
8ô(û(^)(n(o 30300 (oô 306338'60(000 5 0003060 fiydobô 6 ‘byooo, (ûôqooô
8330(03 7 60^00(0^06360 806 6(0836000 8000 ooôBô jôcp^£)cpooô, (oô
ôfnô (003333600 8 30(0383 b^ç^ycpooô 8000 ooôBô ».
VIII. 1 068063 836, bôy^ôfôycpcn, 363 (00083(^60 1 8036^3(0
836(00, 30000(0 38^)3606 2 30030(0 3 8333636^)23000 4 0(06000^3806 5
ôço8co,j£) 8323000 6 (üô lJô23$£)C?000 $80(00000 3. 80(033230(0 7 363,
^Ô3°60C? 8y(ôco6ô(p ^(oycpo 60(0^8^)60036060 3, (00083230 803^3(03
836000 80(0332360 806 8 ^03660 9, (ûôqooô 3^)ç^b3(nQ03o53 0300
ooôy^ôBobQySôbô (oô 10 80(063060 (oô boy^Jôfô^cpbô Jfôob^yUbô u, (oô
0300 333(0 (pô 8(006023, (oô 0300 12 ^(03323 ^°Ô83000 (oô ^80(00
3006360000 3003323000 8080(000 jôqooô. 2 03036 bo^jy^jôQ 8360
2 1 -£jgb A. — 2 030 T. — 3 Om. A. — 4 -30 sup. lin. m2 J. — 5 -cpcnco T, 306308-
A. — 6 figgBobô T. — 7 -cpgco T. — 8 -ygBBgco T.
VIII. I 1 ob3o5g - fncnSgcpbô uncial. litt. T; ftcnSg^bô gbg A. — 2 à- om. AJ.
— 3 -ôq A. — 4 -ôq A, om. JT. — 6 -obô J ; postea ca. 10 litt. caneellatae J. —
6 ôçSôbfn^çwgôgçrncoôQ A. — 7 -ç^o JT. — 8 Sup. lin. m2 J. — 9 J add. 3o5ô. —
io Om. T. —11 -gbô A. — ™ Om. T.
num 1 tuum, ut non eomburatur vestis tua2 nuptialis; sed tu solitarie vive
(litt. esto) et attende voto tuo, pignori; et ego etiam 3 solitarie vivam (litt.
ero) et praeparabo 4 rmihi ipsi 5 oleum, ut intrem 6 in-loeum-nuptialem eum
sapientibus virginibus et non retinear 7 extra eum stolidis ».
VIII. 1 r Audi tu, dileete, hoe quod 1 seribo tibi, quomodo deeeat esse
reolusos2 rvoto subditos3 et virgines sanetas. Primo4 hoc (deeet), firme
tenere (litt. prehendere) iugum fidei, quod seripsi tibi in-prima5 epistula
(litt, libro), ut studiosus sis in-adoratione et6 ieiunio et earitate Christi,
et sis mitis et humilis, et sis c reetus verbis et punis mente erga omnes ho-
mmes. 2 Sit verbum tuum eum-mensura, et ianuas1 adapta labiis tuis
2 1 Litt. plural. — 2 Om. T. — 3 Sup. lin. m2 J. — 4 -bimus T. —
5 nobis ipsis T. — 6 -émus T. — 7 -eamur T.
VIII. 1 1 Uncial. litt. T. — 2 Om. JT. — 3 Litt. promissionis promissores;
prom. perfeetores A; post promissionis, ca. 10 litt. caneellatae J. — 4 primum
(nomin.) JT. — s in prima J. — 8 Om. T.
2 1 ianuam T.
APHRAATE EN GÉORGIEN
335
<6(n9ooo, (oô r3ô(ô5o 830636 1 6053000 836000 bo^jygôooô 2 003b
ô3ôooooô 3, (oô 33(080233 80(0230(0 60302360 4 ; (oô 5g 3oygô(ô5
bô9jôgcpo bô9(nbycpooôû, (oô 5g o(og^o oo9ôbô 8 83660 «
30000(030 3002303(00 ô5g 7 30000(030 J 8(006300230. 5g 060360(0308 8
^00(0^02360, (00 9 5g0ô 30(0(003(0330 (0360060 10. 3060800(03 836
306 30063600 ô93ô(ô£)ô3ô5o, (oô 6083000 9jgcpooô 11 5g 3^0(006 12
602330Q 13. 3 3060800(03 836 306 3600 9‘bôjg3ô(ôo (oô 603360
3(ôg5o, (oô 1 5g d3(ôbô 0(^33 303060 0036, (oô 5g0ô 30860360 0(ôgbô
3(ôfio 30(0(03 3090080360(08(03 3300023060 (oô 600(000(^)060. 0306600
cog, 6g 9ooà^(oo 2 306860 (oô 0(060(03053660 ; 0630^(03600 5g
3oygô(ô5 ; 3oygô(ô(oo5 8033800 30(0(03(00 3 800(036060. 4 5g
3303633 30360 (00083230 8000^336 6o5ô5g2?ô(o, r(oô 5g 1
à6ôb(ôoo6 89ô6ô (00083230 080(0630(036,(00 5g0ô ô(Ô3bg35 (00083230
33(0 080(0630(036. 0(0302360 (000832360 8330^360(0006, 33(080233,
(oô bô(Oô ô(ôô 8330^360(0006, 3gC3°^9ôyô3 <...> 2 0003060
2 1 jôfto 3gôô T.—2 bogy3bô A.—3-cnnbô A. — 4 -çjgobô 306 A. — 8 bôjQôftbô
JT. —6 Om. J. — 7 3060 A. — 8 -b- om. A. — 9 Om. J. —10 £>360000 A. —11 3g- sup.
lin. m2 praeponit T. —12 -ob A. —13 -ôçp A.
3 1 Om. A. — 2 3o- J. — 3 -£>ôfôô J.
4 1 6“3qô, -30 sup. lin. m2 J.—2 Arm. z-patiw «honorera», syr. îqâreh «honorera
suum ».
propter rverba vana2, et cave ab-alto 3 risu; et ne diligas ornatum vestium,
et ne curam-agas capilli4 tui5 sicut uxoratus aut6 sieut nupta 7. Ne aceum-
bas nuptiis, neve insanias rin-vino 8. Amove a te mentem superbam, et spon-
sos ornatos 9 ne cupias videre. 3 Amove a te linguam dolosam et labia fal-
sa, et1 ne malum dicas de (ullo) homine, neve famam falsam audias 2 rprius-
quam perquisiveris bonum et malum ®. Si feneraberis, ne exigas fenus et us-
uram; avaritiam ne diligas; diligas dare potius quam-aceipere. 4 Ne il-
ludas hominem qui convertetur ad-paenitentiam, ret ne1 irrideas fratrem
qui ieiunabit, neve pudore-affieias (eum) qui non-poterit ieiunare. In-loeo
2 verbum vanum A. — 3 ab alto A; litt. ab-afte ridendo. — 4 neeessarii JT.
• 5 Om. J. — 6 vel A. — 7 Litt. mariti uxor. — 8 per-vinum A. — 9 ad-
sup. Un. m* praeponit T.
3 1 Om. A. — 2 Litt. oboedias. — 3 Litt. ante perquisitionem boni et mali.
4 1 neve J.
336
G. GARITTE
SyBobôQ. (Ôôjô3b Syo^yBôfôByB bo^jygôBo 3q55o, 0^)300(03 ;
g3gyoog 3 ^3°^3 BôfôByB, (oôfpgQyB. (oô Qgyç^obô SyBobô 4
003b, 5g 603036323 àycng rooô3bô 003660 5 bôbçjyoooo bôbçjyôço
62330000. 5 (ôcndyc^bô ySoBcQQoob ço3(ncoobô, 3ôb ^ôBgybôjioy
<6(006300 3y5o, (oô ô(n(ô(n£)obô 30b (000333 00030 00360 1. qoô
o(og3ô2y d3(ôbô 2 5g 3 0(^33 rdcnygbobô 003b, (oô 00g Q^jyfôo
3q5o oycnb 4 ; (oô ybfô&oo (oôSgyfô ôôqooô ^<*>3230(033 Qcndgç^y 5
ôfnô ftybgôb ; (oô 00g 3300023060 bôjQobô 003b 30683 SgfôQoyb 6,
836 7 goyôcnQb (oô gdy^b 8 (oôbdoBy 9 33000230. (Ôôjô86 ftôjgb-
(036 10 (ôôq 330 11 32?ô^ô3^0 12> 8boô(ôg2y 0303 13 ; gjgyoog
ô(ôôq gAjgbcoyb 14, 5g 33^36(0360 15, g>ô(ô5ô gc^GOSQ?0 16-
6 6002300 303050 d3<ôob QyÔygOC?0^0 ooô5ô 5g ô(n5 <6(006300 8360,
(oô 303060 8030636323060 ooô5ô r5g 0(^33, (Ôôqooô ô(ôô 030600 ; (oô
303060 d3(ôob dyôygyç^obô ooô5ô 1 r5g3ô oyoo <30 2, (ôôqooô ô(ôô
3 çpô co£) A. — 4 co^bobô T. — 5 Post 5«j A.
5 A. — 2d^)fîibô A. — 3 A add. yobô. — 4 Om. A. —5 3cnd. yenycp. A.—
6 àdgfôçpgb J. — 7 8ô3o5 3g5 A, 8ô5 JT. —8 -ybôçpçô A. — 9 çpôbdo6g5 JT, 3gbdo5g
A. — 10 ôj. JT. — w 3306 JT. — 12 AJ add. çpô. — 13 09036 JT. — 14 ôj. JT. —
15 ^03«33^C?o2>06 T» 33&33£?0&°6 J» ^O^SSü^çpQÔo A. —16 oçpcnQQSçpoB JT.
6 1 Om. JT. — 2 6^)3qô 09(^330 JT (-8- om. J), B^qôçoô oyenajo A.
in-quo te excipient, cave, et ubi non te excipient, intellige <dignitatem>
tui ipsius. Quando excipient verba tua, loquere ; si 2 non excipient, tace. Et
propter ventrem tuum, ne ludibrium facias rte ipsum 3 a-domo ad-domum
ambulando. 5 Qui timebit Deum, illi manifesta secretum (litt. consilium)
tuum, et a malo custodi te ipsum. Et clam malum ne dicas 1 rde proximo,
et si inimicus tuus erit2 ; et ita labora ut romnino osorem 3 non habeas ; et
si propter bonum opus quidam invidebit, tu 4 magis et amplius 5 auge 6 (litt.
adice) bonum. Quando habebis 7 quod des8 pauperi9, laetans sis10; si
nihil habebis 7, ne rmaestus-fias u, at ora 12. 6 Cum autem homine ma-
lum dicente ne sit sermo (litt. consilium) tuus, et cum homine insultante rne
loquaris, ut non insulteris ; et cum homine malum dicente1 ne etiam sis, ut
- et si J. — 3 ante ne A.
5 1 A add. cuidam. — 2 Om. A. — 3 os. omn. A. — 4 ille JT. — 5 A add.
adhac. — 6 augeat JT. — 7 -bit JT. — 8 det JT. — 9 AJ add. et. — 10 sit
JT. — 11 maestus-fiat JT, molestus-fias A. — 12 oret JT.
6 1 Om. JT.
APHRAATE EN GÉORGIEN
337
oooj^ôb 3 ggcyobô 6y5obô 003b. ^qBqôooo 4 5^) bôooBcn yyco-
30 5 8cny£)ôbbô 6y5bô. yby y^ycpo S^^b Qôftftcnço 830003000
çüô jôcp^cpooô, (ôco8qç^ooô ô^oo^yb £)CÎ0C?0 °ô° 6 ‘byyobôû
ôçnoojü^000 qoô yJ855yb7 Qcn^ôgy j(ôob(^ybô ; yb(ôy ^yâ^ô^b
8ôooô (Ôôûooô 8cndço£)ô(ôbô 8ôb oo3bbô j(ôob£)ybô ySbg^bByB.
IX. 1 0(030(00000 fi^iyB x» bôy^)ô(ôQ((p5oo, Sb^ôsbybôû 80(^003-
(ôobô fi^jyBobôû. (ôôûSyoo^) 8qoo(oô(ô oyoo, qoô 2 * * (oô^cpôbôjBô ;
8ô(0ôcy ôfnb, qoô QoôodQoôdcyô 00030 oo3bo ; bôyoogycyo 8obo
8ô(0ôcyooô 6o5ô ôfnb 3, qoô jüûtP^ôbô ‘byQoô ô(nô 080030 ôQo^oQpo
bôQoôSQô 8ooqo(ôojô 00030 ; (o(ô£)dycpooô ‘byQoô Soobç^ôço ôfnb, jo(3£)bô
‘byQoô qoô^qoô qoô 6330(00 oy(ô^)bôcy^8co ; qoô (Ôôû8yco£) 4 co8y(ôoo
ô6ôb qoô dy (o8(nooob 5, bô(^o 8oo5obôû 6 00.^0(030 7. 2 qoô
(ôôû8yco£) 3ô5b“yy5ydôû ôyoo 1 3003303000 8ô6£)(ôôQpooôû 2, 00300
qoô6^)(ôô, (ôôûooô 3003303000 ^ôB^b^yyBoob 3 ; qoô (ôôû8yco£) ^yô(ôooa
3 œj^pb JT- — 4 uJ^'jgfô'jôOOT A. — 5 -330 JT. — 6 Om A. — 7 oj36gb A,
0j35gb T.
IX. I 1 JT add. 06. — 2 A add. cojb. — 3 Om. JT. — 4 Om. JT. — 8 -obôQ
JT. —8 3(n5gôobôQ A— 7 T add. 3g3(nbô£p.
2 ôfôb 030 A. — 2 £0ô3ô3- A. — 3 30633b. JT.
non malum dicatur de Domino tuo. Apparentiâ 2 ne gratus sis proximo tuo.
Hoc totum decet solitarios 3 et virgines, qui susceperunt iugum caeleste eum-
voto (litt. eum-promissione) et facti sunt diseipuli Christo; ita decet eos ut
magistro suo Christo assimilentur.
IX. 1 Suscipiamus nos *, dilecti, similitudinem Salvatoris (litt. vivifica-
toris) nostri. Quia dives erat et2 pauper-factus-est; exeelsus est, et humi-
liavit se ipsum ; domicilium eius in excelsis est3, et super terram non inven-
tus est locus ubi inclinaret caput 4 ; super nubes venturus est, super pullum
consedit et intravit in lerusalem ; et quia 5 Deus est et filius Dei, formam
servi 6 aecepit (litt. sibi-imposuit) 7. 2 Et quia requies erat1 omnium fati-
gatorum 2, ipse fatigatus est 3, ut omnibus 4 requiem-praestaret; et quia fons
2 ignorantiâ A. — 3 Litt. solitarie entes. «
IX. 1 1 JT add. etiam. — 2 A add. propter nos. — 3 Om. JT. — 4 Cfr
Matth., vin, 20. — 8 Om. JT. — 6 servitutis A. — 7 T add. induere; cfr
Philipp., 11, 7.
2 1 est ille A. — 2 defat. A. — 3 Cfr loh., iv, 6-7. — 4 jt add. nobis.
338
G. GARITTE
0300 çoô 4 ôb£)ô 5 3^03323000 ^y£)fôogcpooô, 8003^3^23600 6 çoô ooobcngô
bôb^)3ycpo ; çoô (ôôûdyoo^) 00300 bôgbyôôû 0300 qoô 7 ^ôBôdçocn
ddoyfnyôôû rçoô 00300 6003 ddoô 8, 30630500 “3500660050 500
30800030500. 500 9 (Ôôû3yoo^) 950380603 0300 500 ô(üô 50008060, 50008060
60360 8o5ô 8oo(ôob <b[O£)ôbô. 500 (ôôûdyoo^) àdbôb^Jfôydyb 80b
82)380(0360 qôooô 8o5ô, 603500(0000 ‘63500 8ô8obôooô 10, 00300 u
à8bôb£)(ôô 12 303000 53230000 00360000. 3 500 (ôôûdyoo^) dj^JfôBôcpo 1
oyco y^SOCpooô bby^jcpooôû, çoô333u)ôC?fy)b 2 &)Cpooô Sobcoô
bô333£)ô£p5°. 500 (ôôûdgoo^) 330002360 803336500 3o(ôoooô 00360000
3003323000 8080(000, 03083b 80b 6032)3230. 500 (ôôqQqoo^) ô(ôô 30b
(ôôû 3 03600, a^O^b 030 500 03^)350(0365036 8ôb 4. 500 (0008300^)
3068036003323363230 5 oyco 6 3003323000 83^3 500(00000, 8o6qô 00030
oo3bo boj£)çoo£pbô ^£)ô(ôobôbô 7.
X. 1 363 30033230 608500623^ 2>3^ÜO^0 1 9^60030(0806 ; 080-
4 Oin. T. — 5 ôb^Jôdb ogo A. — 6 A add. 3ôb. — 7 Om. JT. —8 Om. A. — 9 çpô J,
om. T, 030 cpô A. — 10 3ô3obô 00060 A; T add. 3^çpca3ôfnQ3ô6, sup. lin. m2 J. —
11 Om. A. —12 A add. 3ô5.
3 1 -ô££> T. — 2 (pôà33. J. — 3 Om. J. — 4 Om. A. — 5 -ÔQCp T. — 6 T add. 030. —
7 xoô^OOTô
X. I 1A add. B^q6.
erat et5 potavit6 omnes sitientes, sitivit7 et petivit potum ; et quia
ipse plenitudo erat et8 saturavit famem nostram, ret ipse esurivit9,
exivit ad-desertum et temptatus est. Et10 quia vigil erat et non ob-
dormivit u, obdormivit in navi inter mare 12. Et quia ministrant ei vigiles
in caelis super thronos Patris 13, ipse 14 ministravit15 hominibus manibus
suis. 3 Et quia medieus erat omnium aegrotorum, infixerunt manibus eius
elavos. Et quia bonum diff un débat per os-suum ad omnes, mandueare-fece-
runt eum fel. Et quia nemini quiddam 1 noeuit, pereusserunt eum et convi-
eiabantur ei2. Et quia vivifieator erat3 omnium mortuorum, tradidit se
ipsum morti crucis 4.
X. 1 Hane totam humilitatem nobis ostendit1 Salvator (litt. vivifica-
5 Om. T. — 6 potat ille A. — TA add. ille. — 8 Om. JT. — 9 Om. A. —
19 Om. JT, ille et A. — H Cfr Ps. cxx, 4. — 12 Cfr Matth., vin, 24. —
13 eum Pâtre A; T add. sedens. — 14 Om. A. — 15 A add. ille.
3 1 Om. J. — 2 Om. A. — 3 T add. ille. — 4 per-erucem JT; cfr Philipp-,
n, 8.
X. 1 1 Perfect.’, ost. nobis A.
APHRAATE EN GÉORGIEN 339
3(0000 306 FiqoBqô 200308(006236300 000360 ^3660, dbôbco. “3030230
^360, (ôô<>jô86 80030(00 roo3Übô 80b 6^)636060 2 30(0383 3,
^360000 ô8ooo 6^)6360000 8380060230 4 0^3300(00 F)£)35 ooôbô ;
3(03300 (oô 332300(0000 6^)636060 80b 8obbô 6^)6360000 08000 5
^360000, (Ôôqooô (0(0360 8ôb 30630006306060 <600(0 833636 ^36
6^)636060 806 003660. 800(000 “33023806 ^36806 rF)£)35 306 6
^o5(oo, r(pô £0033^)330 F>£)q5 $o5(oo 7 00360 (oô 0(0802)23(00 8. 030
(00083c? ô(ôôqoo 5ô3cp£)cp03ô5 °8(n 9> fiüO^obô 603636060 0036
363 10 300. 2 fi^bo 363 030033 8060 ; boocpoo 8060 030, 30600
Ii£)35(oô ? 6ô(ô^8£)5oo 0(06 bo^ygôQ 363 (0008323 ôçoSoooJ^ô 1 :
« 6ô(oô 2 83 30300 8^)5qô 00^36 f>38 ooô5ô ». 030 (0008323 F)£)û6
306 8002)00, (00(0360000 (oô 80^)030000 0(06 806 ooôbô ; (oô
8060 030 (0008323 ô(ôb ^“336 ooôbô, £)o}(ôooq6 33(00(06 (00(0360000
(oô 30^)030000 33(00060(0 ; ^“3360 030 3ô(^)ooo65ô(o 0(06 806 ooôbô ;
806 36(0 8060 03030 3 3ô£)ooo65ô(o 3083(0000 ^“336 4 ooôbô.
3 Ü3üû°°u) (00(036^)23 330000 8060 030 F)£)05 ooôbô, 8003^)3336300-
2 0036060 3ob ô^)5gôobô A;3ôbom. J. — 3 AJT add. (00, delendum. — 4-oç2*T. —
8 3oco A. — 6 Om. JT. — 7 Om. JT. — 8 ô3- A. — 9 A add. ôftôSgço. — 10 Om. A; yen
0^0 J-
2 1 ô£)&3- A. — 2 A add. 30. — 3 -qô om. A. — 4 3ob JT.
tor) ; quare (litt. abhinc) nos etiam humiliemus nos ipos, fratres. Dominus
noster quando venit extra suam naturam2, nostra hac natura convestitus
(eon)versabatur nobiscum; stemus et exspectemus naturam eius rper-natu-
ram hanc nostram3, ut in-die iudieii participes faciat nos naturae suae.
Aecepiit Dominus noster Ça nobis 4 pignus, ret reliquit nobis pignus 4 suum
et exaltatus est. Ille qui nihilo indigens erat, propter nostram plenitudinem 5
hoc fecit. 2 (Quod) nostrum (est) erat etiam eius; (quod) autem eius (erat),
unde nobis? Fidele est verbum quod promisit nobis: «Ubi1 ego ero, ibi
etiam vos mecum » 2. Illud quod a nobis accepit rcum-gloria et honore 3 est
apud eum; et (quod) eius (est), quod est apud nos, magis nobis eonvenit
cum-gloria et honore tenere (litt. prehendere|; (quod) nostrum (est) hono-
2 A JT add. et, delendum. — 3 per-nat. n. A. — 4 Om. JT. — 5 Sic; arm.
karôtut'ean « indigentiam » ; syr. snîqûtâ « indigentiam ».
2 1 ubicumque A. — 2 loh., xrv, 3. — 3 Litt. per-gloriam et hon.
340
G. GARITTE
Qoob fi^jybocoô booo qoô 3og>3<boQo5gb figyb 1 æ^3obô oosbobô ooô5ô ;
uMuJO00^) ^^ftôQbsycnco bobo 050, booçocnb fi^Jfjb 50b oosbo
050 ; qoô oo£) üQ’Ofysy™00 2 ^°5qoo 050 bobo, (ncobyop 3 ôC2&3ædüô 4
bôb^ô ^ôb^ôbcnfôbyb fi^yb. SOJftchcpbgoo dgbô bôb by^gobôbô
(ncobycp 5 ooôbô ôfnb, (ûôQbyoo^) fi^jyboQô ^obQoo bob coôbô
ôfnb ; (ôcnbyopbôb coôg^jycnb dybô bôb byggobôbô, byggobô bob
$ôb ô^cab 6 30^)030 ; fi^iybo °ô° 3ô(^ocnbbôQo ‘bob rbob ooôbô 7 ;
9ôfôô3ôQoo qoôôqo^ô bôb 8 qoô Qoôb^Jô 9 rbô(ô^^)Qp bôbobô 10.
4 qoô fôôQb'joog 1 acpôbôj qoô 2 bo^ô 3 30(000, (ôôq bo3ô3(nco
dybô bôb by^jgobôbô 4 ? ô(nô (ôôq £)£bb bôb fi^yb 30b, ^ôfôbô yby 8 :
(ôôqcoô ^boQoôQo 3o3yfôôoo (J^ôdôfôo yby, (Ôôûooô, fnô^jôbb ôçoybfô^Qpbyb
jjôbbo 6 qoô do33y3ôbbyb 7 bôbobô, 3o(ôbboô(Ô£)Qpbo qoô 8 bôQOQpoooô
3 1 Om. JT. — 2 £)- om. A. — 3 ~cpo 030 A. — 4 A add. dcngoçcnco [...] 306 qoô cd«j
ÇoBçpo 030 3obo fncaQjcpo 030 0^3300^0. — 5 A add. gbg. — 6 -3-
om. AJ. — 7 Post 030 A. — 8 Om. A. — 9 A add. 030. —1° Qôftj^gBoco 3ô3obô A,
3obô JT.
4 1 Om. AJ. — 2 Om. A. — 3 A add. qoô 5ô0ô(ô. — 4 3cag- A. — 5 A add. bcnç^cn. —
6 A add. figgBBo. — 7 A add. Ço5ô3g. — 3 Om. JT.
ratum3 est apud eum ; secundum eum, (quod) eius (est) etiam4 honorate
teneamus (litt. prehendamus) apud nos5. 3 Si glorifieaverimus1 (quod)
eius (est) apud nos, nobis oceurret per-(id quod) nostrum (est) et rattrahet
nos 2 apud se ipsum; si oontemnemus (quod) eius (est), auferet a nobis (quod)
suum (est) ; et si neglegemus pignus eius, quod nobis promisit3 ab-illo etiam
amovebit nos. Attendamus filio regis qui apud nos est, quia nostrum
etiam pignus apud eum est. Qui venerabitur filium regis, a rege inveniet
honorem; (quod) nostrum (est) honorate sedet rapud eum4; coronam im-
posuit ei 5 et sedere-feeit 6 a-dextera Patris 7. 4 Et nos, quia 1 pauperes
M humus 2 sumus, quid reddemus filio regis? Nihil neeesse-est ei a nobis,
praeter hoc3: ut purum teneamus templum hoc, ut, quando perfieientur
tempora4 et nos addueet rad-Patrem5, vultu laetantes et6 gratia pleni
« Litt. honorate. — 4 Om. A. — 5 eum JT
3 1 Litt. glorificatum faciemus. — 2 nos-attrahet JT. — 3 A add. acei-
piemus ab [...], et si neglegemus pignus eius, quod nobis promisit. — 4 Ante
honorate A. — 8 Om. A. — 6 A add. illud. — 7 sua JT.
4 1 Om. AJ. — 2 humus et cinis A. — 3 A add. solum. — 4 A add. nostra.
— 5 coram Pâtre A. — 6 Om. JT.
APHRAATE EN GÉORGIEN
341
6036360 £003003300 r^o5ô3g 8060 9. (ûô^ô86 030 10 80030000
fi^)g5Qoô n, F)£)q5° rô(ôô(ôôû 12 oyco 80b ooôBô, 30(060 F)£)q5o 363
83080060. 5 ^Jô8bô 80b (Ôô<>jô8b 1 ôbô(ôô 306(00303 fyj^ôfôbô 80-
(0008b, (ôcoScpobô 306 0830 “330030, ^°Ô8üôû 8ô[ocpooo r8coo£oco
Cpô 2 80030000, cp0 bo(^y£)ôQ 030 300(030303 oj85ô qoô Q?ôo933op(ôô
8oo(ôob ; op6 (ôô^ôSb 030 3 ôcjSôçocPQ?0 4 800803030636303060
0036060, ôo>ob^)5ô 500(0360 030 (0008303 803(0 rô(ôô(oôû 8 8000^60036,
30000(030 80030^0?° 030 6 0(^336 : « 30000(030 7 8030000 8ô8obô
0036060, ôo»3üô9ôCJC?6ô cpô Cpô3£)bb5ô ^36 30000 SoBô » ; op0
80033303060 F)£)35 b^)dP° ÿaocpôa cpô °°Ju)0 : <( 9ooo>3oo b£)c?°
^Socpôû, cpô 93 00^36 ooôBô 30(0 8oôo>bôb(Ô£)03ôop8cp3 8 boogcpobô ».
6 jfôob^ ‘bob 1 8ô(ô^^)0P 2 8ô8obô, qoô 3 J(no6^)3 ô(ôb 8co(ôob
303000 ; 83980336303 ô(ôb ‘63636303000 cpô JüO^ô^OC?000 5 bob(ô85&
ô(ôb 8ô8obôû, opô 8(003003000 8oo(ôob qoô 9 3300(036^)0? 5 3(ô°o ô(ôb,
Opô 8(003003000 800(0^8^)63000 ooôBô 4 08003360b 5 603636000 6, cpô
9 3ob ^o5ô3g J ; A add. (ôôqQqcdq. —10 Om. JT. —11 Om. JT. —12 ô(oôq A.
5 1 fncoQQÇjpbô A. — 2 Om. A. — 3 Om. JT. — 4 ô3- AJ. — 5 ô(oôq A. — 6 Om. A
— 7 Cpô 3000. A. — 8 -ôScpgAJ.
6 1 ôfôb JT. — 2 3ôfôjç£)g5ocD A. — 3 Om. T. — 4 3(nfôob T. — 5 Om. A. — 6 A add.
ôftb.
consternas eoram eo 7. Quando ille 8 venit ad-nos 9, nihil (quod) nostrum (est)
erat apud eum, sed hoc (quod) nostrum (est) induit. 5 In-tempore quan-
do 1 evangelizavit Gabriel beatam Mariam, ex qua genitus est Dominus, Ver-
bum ab-excelso raceepit et2 venit, et Verbum carnale factum est, et habi-
tavit inter nos3; et quando ille4 exaltatus est rad-illum-qui-misit eum5,
assumpsit corpus quod illinc rnon tulerat 6, sicut Apostolus dicit7 : «Quan-
do ivit ad-Patrem suum, nos exaltavit et posuit nos in caelis » 8 ; et misit
nobis Spiritum sanctum et dixit : « Accipite Spiritum sanctum, et ego vobis-
cum sum usque ad consummationem mundi » 9. 6 Christus sedet1 a-dex-
tera Patris, et 2 Christus est inter homines; potens est in-supera et in-infera;
sapientia est Patris, et inter multos habitans est; unus est, et apud3
7 A add. quia. — 8 Om. JT. — » Om. JT. *
5 1 in-quo A. — 2 Om. A. — 3 loh., 1, 14. — 4 Om. JT. — 5 Litt.
ad-mittentem suum. — 6 Litt. nihil ferebat. — 7 A add. et. — 8 Ephes.,
n, 6. — 9 loh., xx, 22 ; Matth., xx'vin, 20.
6 1 est JT. — 2 Om. T. — 3 inter T.
342
G. GARITTE
ôfôô çoôôjcpçoô 30000(^(30 ^3(^023 ô(ôb : « ftôB^ycn 030 8m(nob
8(^03023000 » ; rçoô£)ôoo£) 3(n(ôob 8(003023000 7 30630003023 ô(nb, 800030
3ô(ô^£)cp BôBobô 8 ‘bob ; r(oô (ôôûByoo^) BôBobô ‘bob»,
F)£)y5 Bob ooôBô 30(000, (oô 030 fi^)y5 ooôBô, 30000(030 ooJ^Jô :
« ooj^jyB ooôBô (oô By ooJ^jyB Bcofôob10»; (oô h 83(083
ooj£)ô : « 8y (oô BôBôq fiyBo y(ôoo 30(000 ».
XI- 1 03üO°°ü B^Bybôû 3obo8y £)dcy£)(ô1 oycob 2 yBmdobô
306, (oô ôco3ydcoçoob (oô 03023018(03 b bo(^y£)ôbô 080b (oô ooj^Jôb :
« 30000(083(0 3 y(ôoo ô(ôb j(ôob^ (oô y(ôoo ô(ôb 8ô8ôû Bobo, (oô
30000(0 4 Qoôo8j3Qo(ô(nb 8ô8ô8ô5 (oô dyBôB jôyobô 8co(ô^8^)5obô
ooôBô ? ». 8y5, 8co(ô^8^)5yco, 80^)33 : bôbycyo bôBybobôû 000-
00003^)230(0, boocyoo b^oo(ôydôû bôBybobôû, 3(0000 b^)5ybôû, 3(0000
(oBfôooyydôQ, 3(0000 ô(ôbybôû, 3(0000 80230, 3(000006000 3003323000
800(0^8^)83000 303000 ooôBô 5 ; ô(ûô 8(00302360 çoQy^c^So ô(ôoô5, (oô
ôfnyô £)(ôoyb£)5o 6 ^(ôob^yBo, 0(0083(0 bôBo bôbyçjyo, BôBôû (oô
7 Om. JT. — 8 A add. -3g. — 5 Sup. lin. m2 J. —10 coôBô J. —11 Om. A.
XI. I 1 -(ôo A. — 2 ôfôb JT. — 3 Om. J. — 4 Om. AJ. — 5 Sup. lin. m2 J. — 0 -6360
A.
multos fideles rinvenitur plene4, et non defecit, sicut est scriptum: « Divi-
dam eum inter multos»5; retsi inter multos6 est divisus, eo etiam a-dexte-
ra Patris 7 sedet; ret quia a-dextera patris sedet8, nos apud eum sumus, et
ille apud nos, sicut dixit: « Vos apud me et ego inter 9 vos » 10 et11 rursus
dixit: « Ego et Pater meus unum sumus ».
XI. 1 Si mens alicuius infirmior erit1 quam seientia (eius) 2, et adver-
sabitur et disputabit verbum hoc et dicet : « Quoniam 3 unus est Christus et
unus est Pater eius, quomodo4 habitabit Pater et Filins apud hominem
credentem ? ». Tu, credens, responde : nomen Trinitatis rsingulis-personis 6
(est), aequalitas autem Trinitatis, una natura, una divinitas, una essentia,
una potentia, unâ (est) apud6 omnes credentes homines ; non multi dei
sunt, neque innumerabiles Christi, sed tria nomina, Pater et Filius et
4 plene est A; litt. cum-plenitudine. — 5 Is., Lin, 112. — 6 Om. JT. —
7 A add. ipsius. — 8 Sup. lin mi J. — » apud J. — 10 loh., xiv, 20. —
11 Om. A. — 12 loh., x, 30.
XI. 1 1 est JT. — 2 Litt. infirma a seientia : aramaeismus, cfr syr.
bsirâ men; arm. thar i. — 3 Om. J. — 4 et quomodo T, et AJ. — 5 Litt.
singulariter. — 8 Sup. lin. m* J.
APHRAATE EN GÉORGIEN
343
qoô b£)£po $8oqoôû, 3(0000 £083(0000 3003303000 ‘byçoô “3 3^) 606080037 •
2 068063 836 8, bôy^ôfôgcpoa, 30000(0 g^ç^ob^ 8066030003303 ô(ôb
bofty^pa aôQcnfioByb^cpooô 306. 6ôq5ô^)(ô ô(nb y0033030 Q0060Q03-
ôqc?o ; 6000300 0008600036303060 0(063600 33(0 30B oo$£)ô6 qoô
33(030 308008036000 r83880336303 30B 9 ôfnb. 3003303000 $06083
fiôBb 10 (0008300^) 8‘boboo£)ô£po qôooô 8o5ô ôfnb n, qoô 60003030
8060 JvD0Uô5ôUô ^3000 80336003 ô(ôb n, qoô 80b 30B 12 8330036 13
jôfôooô 8(003003000 60603060000 qoô 8(003003000 (J^ôdôfôooô 14 bô(ôj£)-
8303000 15 830033606 10 ; qoô bôQoôQô 8030036 6(0^30630033600 17
8obo, 8^3 18 oco$^)8ob 10> qoôqiôoo^) 303060 636060 (*>0036 17 ô(ô5 ;
qoô (000830300033 18 5ô3(ôôc3ooô 836(0^)0? ^6, 8'63(033 19 o$ooqo3~
60b 20 ; qoô 2i 8'60600^)0030 30000 8o5ô ô(ô5 qoô rô(ôô 8000303(006 22,
qoô 8(003003 8<boboo£)ô03 ô(ôô ocoj^Sob. 3 qoô $300360 ‘6o>3bô5o
8(003003 ô(ôoô5, qoô $06030 1 3(0000 ojôoou) 2 ^o>8oooo)oo ‘60)360
306, $3003033 ro$ooQD36ob 3, qoô co£) 4 ôooôbBo ôC2ô3^^3»
7 JT add. ô3g5.
2 8 Om. A. — 9 306 33dçjp. A. — 10 Bôb A. — 11 ôft6 A. — 12 5063g
QgCpôO&ob (Oô A. — 13 -çjgb A. — 14 (^ôdftobô T, {^ôdftobôcoô J. — 15 -Qçjgoco A. —
10 -06 A. — 17 dôftÇg. A. — 18 Q'bggg A. — 17 caçpgBo JT. — 18 -coô3g A. — 19 -£p-
om. A. — 20 -06 JA; A add. bôbgçjgo. — 21 Om. A. — 22 ôftôa çpôôgcpcpob A.
3 1 3ôC?ô3° AT. — 2 -coq om. JT. — 3 gÇcaçpgbob bôbgçjgo A. — 4 Om. JT.
Spiritus Sanctus, unus Deus, super omnes ad saeculum7. 2 Audi tu *,
dileete, quomodo intelligendum sit verbum ex apparentibus. Nota est omnis
creatura; creatoris autem essentiam nemo poterit-dicere nec perquirere qui-
dam potest (lift, potens est). Coram omnibus paret quia sol 2 in eaelis est,
et lumen eius super terram est diffusum, et ex eo 3 intrat in-ianuas multas
domus et in-multas aedium 4 fenestras 5 sequitur ; et ubicumque it splendor
eius, sol6 dicitur, etsi hominis palmae (mensurâ) tantum est; et rin-
quascumque 7 rimas est ingressus, rut-sol8 item voeatur; et9 sol 2 in eaelis
esit et non 10 déficit, et multi soles non dieuntur. 3 Et aquae maris multae
sunt, et cyathum 1 unum si assumes e mari, aqua item voeatur2, et si *
mille vasa implebis, eodem-modo (litt. ead$m) voeatur, fet e mari nihil
7 JT add. amen.
2 1 Om. A. — 2 Litt. solis oculus; arm. aregakan, cfr Marr, Ippolit,
p. lvi. — 3 eodem sequitur et A. — 4 aedis JT. — 5 a-fenestris AJ. —
6 A add. item. — 7 in-quasdam A. — 8 aol A. — » Om. A. — 10 nihil A.
3 1 insulam AT. — 2 ej voeatur nomen A.
344
G. GARITTE
0303g o^cnçpflôob 8, rQoô ‘b^bô 306 ô(ûôq 8cnôjcpcogdoB 8. r03(ôg3g
bôbfjço 7 r30Qbcpobô 506 bôboogcpo ôçoôBcoco, qoô 8 QQQbcpbô 80b
0(00033 9 QcnôjQpQoob ; qoô oo£) bôg/bQÔgcpôQo oçocn 8ob 3060, 030 19
33^333 ^3°0^ u- C?0 °°ü 9o$ôq dcJOtpSobô 306 ô£oo£0(n 12, bôbflcpo
r33<n 13- 4 Oô^O ^^qoqô QJ 93(0000 qoô cK? 3obo
8bcoQpcoQo8codoQpo qoô b^JQ^o 3obo ^Soqoôq 8(003003000 800(0^8^363000
303000 1 ooôBô ô(ôb, qoô 030 rQo9fnoo')')ôôbô33 oosbbô 2 3303b.
ü3ü0°°u) 9<boboo^)ôcpbô ô(ôôû 3 4 Scoôjç^Qoob (Ôôjô8b 3oggo5ob
j^jgyôBôbô ‘bQQoô, £)3u)0°°u) 0k) 4 gb(n^oo ô(ôb, ^)g(ôcoûb 80303(0
ô6ôb dôQpo ço8(ôooobôQ.
XII. 1 83(083 90030^3600 83B, 603^30(030300, ^3(00030000 3ôoo.
30860 (000830360 qoô88o8qoô 8oobÇ? 6063(00000 3ooo 1 qoô 336Ô
£)d[oooQoô £)6ôbô 8ôb, à(ôj£)ô 8ôb “33003806 : « 80030(000 2 b^jcpobô
8030b 306 836060 (0008303 936 ooôBô ô(ôb, qoô 803^30600 6083003-
qoôôooooô 3 jôqooô 4 ‘bgQoô Soob^QQÔ^cpcoô 5 » ; qoô 8000(000 b^jcpobô
80b 306 800636060, qoô 0(0036636 6 80b 306 608300300000060
8 g^. A. — 6 Om. JT. — 7 gôfôggô A. — 8 Om. JT. — 9 ôfôôn A, ôfôô J. —10 Om. A. —
11 gô<ob A. —12 oçxn A. —13 ggfngg ^63ôC?(n AJ.
4 1 Om. A. — 2 jnQfôcoobôgg cosbobô A. — 3 ôfôô JT. — 4 Om. A.
XII. I 1 Om. A. — 2 A add. 3cnbg. — 3 -cobô A. — 4 Om. T, jôgbô A. —
5 -&£jçer>bô A. — 6 ôçôçôgbBô sic T.
déficit3. Eodem modo rex igné lucernam accendes3, et igni nihil deficiet;
et si ad-aecendendum capies ex illo, ille 4 eodem-modo manet 5. Et si humum
e terra sûmes 6, nomen non-poteris ei mu/tare. 4 Hoc modo etiam Deus et
Filius eius Unigenitus et Spiritus eius sanctus apud multos credentes homi-
nes1 est, et ille rin-divinitate eadem sua2 manet. Si soli3 nihil4 déficit
quando diffunditur super terram, si hoc 1 ita est, magis potens est poten-
tia Dei.
XII. 1 Deinde recordari-faciam te, dileete, scripturarum. In-tempore in-
quo gravatus est Moyses per-seneetutem et non-poterat ducere populum,
dixit ei Dominus : « Aocipiam 1 e spiritu isto tuo qui apud te est, et diffun-
dam super septuaginta homines 2 seniores » 3 ; et accepit e spiritu Moysis, et
3 Om. JT. — 4 Om. A. — 5 manebit A. — 6 capies A.
4 1 Om. A. — 2 Dei eiusdem sui sic A. — 3 Litt. solis oculus. — 4 non JT.
XII. 1 1 A add. Moyses. — 2 Om. T. — 3 Num., xi, 17.
APHRAATE EN GÉORGIEN
345
jôqBo ; çoô bcobyb ô(ûôq çoôôjcpQOô, çoô ô(ôqô b^)cpo 050 ^boçoôû
(ÿjoaQfjcp bob 7 ooôbô oycn çoô(ôôûbQo(ôçoô. 2 rçoô o^j^b 1 by^ôfôo
050 QcoQoj^cpo 2 : « 2>ôb£)yoa çoby(ôoobôb b^jcpobô bob 50b jfôob-
(®>gbobô çoô boàgobô ^obôQb^ôfôby^y^ycpooô ‘byçoô », çoô jfôob^jg
03033 3 ^^oyb î (üôûbyoo^) 06Ô0 ‘bonbooo bob^ô 4 bôbôbôb b^)cpo 050
oo3bo. ôbooo 30b, bôy^jôfôyç^m, 30000(03qqo 5 j(ôob(^ b(ûô3ô£pooô
jôqooô 6 7 ooôbô Coô3j3Qo(ôgd£)cp ô(ôb, rçoô j(ôob(^gbô ô(ôôq Qoôjcpg-
ô^)cp ô(ôb 7 ; b(ôô3ô£pooô bcnfôob ^ôbycogocp ^b, çoô bôbobô ooôbô
bôsbgdooo ô(nb. 3 b(ôô3ô£pooô ^obôûb^ô(ô3g^)y^)gc«ooô bcnoçoyb
b^jcpobô 30b bobobô 30000(030 b3£)dc?3b 5 C?0 b^jcpobô
rbobobô 30b 1 bogybocp ô(ôb yo^ycpbô 2 ‘byçoô ^cofÔQoyçpbô 2, çoô
ÇobôûbÇôfôby^y^ycpydyb dybo 3 çpô ôb^jçpbo bôoobo, brob^yô^K^bo
çoô 3ô^u)3^° 4» Q^bôbo çoô 3&)3ôcp5o. çoô j(ôob^ fi^jyb ooôbô
ô(ôb, çoô j(ôob^ qôooô bobô 8 bô(ô^£)£p 3^3obô bobobô ooôbô 8.
7 3mbgb A.
2 1 gocoôftQô A. — 2 A add. Of^yjb yocoôftSgcp. — 3 00^030 A. — 4 Scnbgô A. —
8 gocoôfn J. — 8 Om. JT. — 7 Om. JT.
3 1 gô5 3obobô J, 3063g 3obobô A. — 2 -coô A. — 3 JT add. 3ôco5o. — 4 ÿtâ. T ;
JT add. 3ôco5o. — 5 A add. ôftb. — 8 T add. ôftb.
rimpleti sunt4 ex eo septuaginta hommes; et Moysi nihil defecit, neque
Spiritus sanctus qui apud eum 5 erat nihil minor-faetus-est. 2 rEt dicit1
beatus Apostolus 2 : « Dividit Deus e spiritu Christi, et diffudit super pro-
phetas » 3, et Christus idem 4 manet; quia non cum-mensura dédit Pater
spiritum suum5. Per-hoc scito, dilecte, quoniam6 Christus apud multos
homines 7 habitans est, ret Christo nihil deficiens est8 ; inter multos est
divisus, et apud Patrem plene 9 est. 3 Multi prophetae acceperunt e spi-
ritu eius sicut potuerunt; et rursus (litt. deinde) e spiritu1 eius est diffu-
sum super lomne carnale 2, et prophetizant filii3 et filiae eorum, seniores
et iuvenes 3, servi et ancillae. Et Christus apud nos est, et Christus in eaelis 4
4 implevit T. — 5 Moysem A.
2 1 sicut A. — 2 A add. dicit quoniam. — 3 Cfr 1 Cor., xn, 11, 28 ;
Rom., xn, 3, 6. — 4 eodem modo A. — 5 Cfr loh., ni, 34. — 6 quomodo J. —
7 Om. JT. — 8 Om. JT. — 9 Litt. cum-plenitudine.
3 1 A add. eodem. — 2 omnia carnalia A. — 3 JT add. eorum. — 4 A
add. est.
346
G. GARITTE
4 qoô 1 J6ôol>(^)£)9ô5 ô(ûô 2 oo£) <bcn3ooo 3 Qcqoqjcq b^)c?0 °ô°»
8080806 Sfloy^ôfiô 050 4 qoô 3013303033 9oüqô 3303000 8obooô ;
rfôôQ3goo£) 0(^336 0013063 : « ô(ûô oo£) ‘6018000 80630 8080806
b^)cp° 9gbô 003660, 0(008300 8303^)0(00 030 qoô 80630 3(033^3033 » 8.
5 qoô 00300 ü3ôC?° 1 °Ô83^ : <( yca30C?o3Û ^38000
9ô3obô r3o3(n 638060 2 »; qoô j£)ôC?ôC? 3 ooj^ô : « 8ô8ôû ô(oô 30b
b^ob 4, 0(008300 30033030 bô8^3cpo 80630 dybô oo3bbô » ; qoô 80030-
jgcpo 0(^336 : « 3003303033 0003800(0(10030^ jfôob^ybô, 30(060
8ô8ôû (0008303806 5 qoôô801(060030 8ôb 30033030 ; qoô 03036 çoQyfàcoo
3003030000 300330360 8060 6 qoô 300330360 30360 ‘byQoô ».
XIII. 1 0003063b 003b ^08366 £)3ôC?° C?6 °Ô83^ :
« □g^O'iûb ô(nb 0003063 3003303000 Ço6ôûb^ô(n83(^3^303000 »; 6000300
‘600800033 8ooq)oo 1 6^3030 030. 800033 ‘60180000 2 Sooqjoo 3 30300
4 1 om. A. — 2 ôftôa A . — 3 A add. cncpgB. — 4 d© A. — 5 Om. JT.
5 1 Om. J. — 2 Bg3. 3. A. — 3 3g(*)3g JT. — 4 3^ob AT. — 5 A add. 030. —
6 cdôBô AJ.
XIII. I 1 3cno£)(n AJ. — 2 b^og0006 JT. — 3 Snojnca J; gç^00 Qooçcn A.
a-dextera apud patrem suum 5. 4 Et1 Christus non quidem eum-mensura 2
aceepit spiritum, sed Pater dilexit eum 3' et totum tradidit manibus eius ;
(quia dicit lohannes: «Non quidem cum-mensura tradidit Pater spiritum
filio suo, sed dilexit eum et ei tradidit totum » 4. 5 Et ipse Dominus 1
dicit: «Totum est datum mihi a Pâtre meo»2; et rursus3 dicit: «Pater
neminem iudicat, sed omne iudicium dédit filio suo » 4 ; et Apostolus dicit :
« Totum subicietur Christo, praeter Patrem qui subieeit ei totum ; et sit Deus
omnino rin omni 5 et super omnem hominem » 6.
XIII. 1 De lohanne testif icatur Dominus noster et dicit : « Maior est
lohannes quam-omnes prophetae » 1 ; cum-mensura autem aceepit spiritum.
Eadem mensura2 raceepit Elias3 spiritum, rita etiam 4 lohannes eundem 5
8 T add. est.
4 1 Om. A. — 2 A add. tantum. — 3 filium A. — 4 quia dicit... totum
om. JT; loh., in, 34-35.
5 1 Om. J. — 2 Matth., xi, 27. — 3 deinde JT. — 4 loh., v, 22. —
5 apud omnem AJ. — 6 1 Cor., xv, 27-28.
XIII. 1 1 Matth., xi, 9. — 2 spiritu JT. — 3 El. acc. A. — 4 eodem
modo A. — 5 A add. mensuram.
APHRAATE EN GÉORGIEN 347
bgcpo 030, 33(^330 4 0003063b 0303g 8 bgcpo ôJ^Sqoô. 30300b
aoSooQoôo^jô^ÔQoô b^)cpo 030 6000083 8000000, 6000083 ^)qoô65ooooô,
bôQoôdg j^Jôdooô. 30300b 83(006330360 ‘bfôQooQogb, qoô « 0003083
3(0000030660 8300360 $ô8qoô. 30300b 600336060 60(0^33030 gfô(®)yô
qoô 0003063b <^3030600 7. 2 30300b 03*606303 1 ^Q?036oqoô, qoô
0003063b àgfôooQooôQoô 2. 30300 ôjôdb 08600336000, qoô 0003083
àyfôooQoyb. 30300 3060800 qoô 306300 ooofôQoôSy, qoô 0003063 3060(000
3860*60 3 600003063380600 4. 30300b b^jcpo 030 8(0^006030 8
qoôôqo3(oô ooô3bô *63000 303063660, qoô 0003063b 3323° °&° ^ô^ô8b
800^00 ooô3bô 80b 6 *63000 8566303060 fi^Bobôbô, r8obo 03033 7
b£)Qp° 8ôb <63000 306^*6008303000 800^00. 30300b r3ô53b£)53b
3060 8 qoô ôço^qoô 9, qoô 0003063 0600360 gô5o 3066^)8^)C?6o C?6 b^jopo 10
çoSfôooobôû r(ôoo83Q3o 30(000080030000 11 qoô qoôôqc>3(ôô 12 000360
<63000 £)°3C3°bô 13 fi^Sobôbô. 3 303063 8(0^006030 6^)cpo 9oooçooo
3030006 306 ; 6000300 ^JQç^obô 1 <63000 306^3'6008303000 6000030b-
4 ûôfi030 A. — 8 A add. <bn3o. — 8 bcnepcn A. — 7 jn£)Ç?çpobôQ J, çocnçpobôQ A.
2 1 00%. A. — 2 àgfnnçpoô T, gfnnçpoô A; deinde in J linea quasi integra vaeua.
— 3 A add. 030. — 4 -çgôobôQ A. — 8 -ôç^Q? T. — 6 Om. A. — 7 dobogg 030 A. —
8 3. 306. J. — 9Aadd. — 10J add. 030.—113ôfîiçpô3cn3ô3ôço'oT.— 12cpôQpgfô(n3oço,o
T. —13 QjjbBQÇjpobô T.
3 1 £)(3ôC?^)0 A.
spiritum habebat. Eliam circumrapiebat spiritus quandoque in-montes, quan-
doque in-deserta, quandoque in-speluncas. Eliam volucres nutriebant, etft
lohannes alatam loeustam manducabat. Eliae7 pellicea (litt. pellis) einotura
eineta erat, 'et lohanni corii 8. 2 Eliam lezabel persequebatur, et lohan-
nem Herodias. Elias Aehab reprehendebat, et lohannes Herodem. Elias
dirupit et divisit lordanem, et lohannes aperuit piseinam baptismi. Eliae
spiritus duplex 1 pemiansit super eaput Elisaei, et lohannis manus quando
pervenit super caput Salvatoris nostri, Teins idem2 spiritus super ilium
sine-mensura pervenit. Ab-Elia Taperti sunt eaeli3, et aseendit4, et lohannes
vidit eaelos apertos et spiritum Dei Tqui descendit et permansit5 super
caput Domini6 nostri. 3 Elisaeus duplicem spiritum aceepit ab Elia ;
6 autem A. — 7 Dativus. — 8 funis JA.
2 1 dupliciter T. — 2 eiusdem A. — 3 caeli ap. sunt J. — 4 A add.
sursum. — 5 descendentem et permanentem T. — 6 salvatoris T.
348 G- GARITTE
(ogdôbô <b')g>ôfnQoô9cQ. gcpolrê? doaoQjco bôç^gBo 030 gcpoôûbo, qoô
£)opcp3ô5 fi^)g53ô5 ooô3boQc>3ô 33030 °ô° dQQ^cpooQcndçngfüobôQ
dob. QQpob^ Qoôô^jbcn r^pC3° 030 d^ôfô^ 2, qoô 3 ^igôcpdôB
fi^)g53ô5 QôfôQoôôjQoô ^yôQpo 030 4 ço^Bcoqo. jopob^ 3ô5ôdçocn
gfôoooooô 3^3^0000 ôbo jôqo ; bcnQpcn ^JtgôcpdôB fi^)g53ô5 b^joooooô
3£)g<b°°oô b^)ooôooôb5o 3ô5ôd[o5ô 4 30(^60 5rQOQQogdobô qoô yfôdydobô «.
r3Cpob^ 3ô5^3oqoô 5q3ô5 3ô5dcn(ncn^)Qd^)Qpo ; bcnQpcn ^JtgôQpdôB
fi^)Q53ô5 ôooBo 030 jôqBo 7. 3030 bÇ? Q?ô^tf03ô y^d^bo 030, qoô
Sg^ôdgb qoôoo£)ooô ; bcnç^cn ^jgôç^dôB F)£)q53ô5 ôj^jfôoobô yfôdQÔo
030. 4 (jcpobgb ôyggQofiQÔQogb 1 yfôdyôo 030 ; bcnç^cn ^jgôç^bô
fi^Bbô ôjoÔQOQb qoô ô3£)(ncobQ3QOQb. Qç^obÇ? £00^3330 333^0;
bcnç^cn ^jgôç^dôB fi^BdôB (00^3330 û£)qoô qoô ôj£)(ûoob5ô 60030-
j£)Qp5°. 3030b?? 3(^000 dj^Qoôfôo ôq)ôqo3û5ô ; bcnQpcn “303003805
fi^BdôB 8(00300350 2 ôq)ôqo3û55ô. 3030b?? qoô3ô(ûqoô y(n8ôbô 80b
^3000 8 j^JQOôfôbô qoô ôçoôqo3o5ô ; b(ncpoa “3030030 ^^360 dcoô^QOô
2 Çyôfncoû A. —3 bcnç^t») T. — 4 Om. A. — 5 oojBogft T. — 6 y(n3, (oô CpQCp. A. —
7 Om. JT.
4 1 -bçpô A. — 2 T add. Qj^çpôftbo.
super Dominum autem sine-mensura in-baptismo deorsum < spiritus descen-
dit^. Elisaeus aceepit pelliceam-vestem Eliae, et Dominus noster aceepit
(litt. sibi-imposuit) manum saeerdotum prineipis (litt. magistri). Elisaeus
duleem-feeit raquam amaram \ et2 Dominus noster convertit aquam in-
vinum. Elisaeus saturavit uno pane centum homines; Dominus autem noster
quinque panibus quinque milia saturavit3 praeter 4 rmulieres et pueros5.
rElisaeus purificavit Naaman (nemari) leprosum; Dominus autem noster de-
cem homines6. Elisaeus maledixit pueros, et eomederunt (eos) ursi; Domi-
nus autem noster benedixit pueros. 4 Elisaeo eonviciabantur pueri; Do-
minum autem nostrum laudabant et benedieebant. Elisaeus maledixit Giezi
(geezi) ; Dominus autem noster maledixit ludam et benedixit apostolos.
Elisaeus unum mortuum suscitavit ; Dominus autem noster multos1 susei-
tavit. Elisaeus concidit super puerum mortuum et suscitavit (eum) ; Dominus
autem noster descendit in-monumentum et multos vivificavit et suscitavit.
3 1 fontem A. — 2 autem T. — 3 Om. A. — 4 sine T. — 5 p. et mul. A.
— 6 Om. JT; leprosum, litt. leprosum-factum.
4 1 T add. mortuos.
APHRAATE EN GÉORGIEN
349
6080(0360 çoô 9fôô3ô£p5o 036003660 çoô ôçoôçoqoSSô. ô^ 8(00302360
bôb^ôgç^Bo ô(ôoô5 (00083^360 j855ô bg^SôB ^(006(^36806 33^30000
^oBôûb^ô^QgôyüOC?000 C9Ô Q^GoJg^coôQCDô.
XIV. 1 0806 003b, d8ô5m x, ^3630 fô^OCpooô 2 8003013300
bgç^o 030 3 J(ôob^6o, çoô jfôob^flQôB (000833(0(00 F)£)gB 8oo(ôo6 4,
3000(030 ^(noç™ 0(06, r30ooô(ÔQô 030 8 oojgô bgc^BôS ^8oçoô8ô5
3o(ôoooô ^oBôQb^ôfôSQ^y^QcpcoôQCDô : « 0003083300(000 6 3ôoo ooôBô
Çoô 30Ç00QÇ00 7 8ôco 800(006 8 ». 0803(0000 30B ^ôbgS'bôçooooo £)ôdô(ôo
363 9 bgç^bô 9ôb j(ôob£)^bbô, çoô bgS^ô 8330^363600 10
8ôb, (Ôôqooô ô(ôô ^0(030(036 ^36 306. 2 8003036360000 1 30000(0
030 ^0836366 F)£)û9 SooQojgç^o rC9ô 0(^336 2 : « 6g 830^363600 3
bgç^bô 8ôb 3 ^Soçoôbô 4 (ôooScpoooô 5 60003030(0300 (0(0360 8ôb 6
30800566060 00^3606060 ». (ôôq8300g 60002306(0360000 8000 7
80030(03600 bgç^bô 806 J(ôo6(3^66ô 8, (ôôû83oog (Ôô<>jô86 5 8ooàbôçooô5
8(0(0323000 8000 6 bgç^bô 8067 (0030868 (03063(0 3860'660 806
XIV. I 1 JT add. fig85(n. — 2 Sic AJT; delendum. — 3 Om. A. — 4 coôBô JT. —
5 (ôcndgçipdôB JT. — 6 3(j3j3Cp(ô(n 8g JT. — 7 303(0 JT. — 8 JT add. (pô. — 9 Om. JT.
—10 303ô39O530ÔOT a-
2 1 -co sup. lin. m2 J ; A add. f>£)g5. — 2 gocoôfnSgcp A. — 3 QjJ^gsBgôcD J,
33^33^633000 A. — 3 Om. T. — 4 T add. jnSfncoobôbô — 8 A add. 030. — 6 Om. J.
— 7 ô3ocd T — 8 -gbô A — 6 Om. T. — 7 JT add. Ç3o£pôbô.
Nune multa signa sunit quae feeit spiritus Christi per prophetas (litt. per-
manum prophetarum) et apostolos.
X IV. 1 Propter hoc, fratres \ nos etiam aeeepimus 2 spiritum Christi,
et Christus habitavit inter 3 nos, sicut scriptum est, sicut4 dixit spiritus sane-
tus per-os prophetarum : « Habitabo 5 apud eos et ambulabo 6 inter eos » 7.
Quare 8 (litt. abhinc) praeparemus templum hoc nostrum 9 spiritui Christi,
neque rmaestum-faeiamus 10 eum, ut non abeat a nobis. 2 Recordemur 1
quomodo praecipiat nobis Apostolus ret dicat2 : « Ne contristemini3 spi-
ritum sanctum 4 per-quem baptizati estis in~die salvationis vestrae » 5. Quia
per baptismum 6 accipimus spiritum Christi, quia quando invoeant sacer-
♦
X IV. 1 1 fr. mei JT. — 2 qui aeeepimus AJT. — 3 apud JT. — 4 qui
JT. — 5 jt add. ego. — ® ero JT. — 7 Lev., xxi, 12. — 8 et quare JT. —
9 Om. JT. — 10 molestum-fac. A.
2 1 A add. nos. — 2 quoniam A. — 3 maestum-faeiatis J, molestum-faciatis
A. — 4 T add. Dei. — 5 Ephes., IV, 30. — 8 bapt. hune T.
23
350
G. GARITTE
ooôBô, 3ô5ôb£)5o6 3060 qoô 30(000080030006 qoô QoôôQog/nob ^yôQpbô
806 ‘bycpô 3860^06060. 3 3^03303000 608006000 303000 306 8oo(ôb
ô6ôb b£)cp° ^Soqoôû, 30(060 fnô<rjô9b 800030006 3030 1 3860^60 806
BôcoQpobçoQdobôbô ; 8ôb 2 <rjô86ô 83300006 b^)cp° 030 $8oqoôq
30360 8ôb qoô ô6ô6 8ob ooôBô. 8oo6ôbô 8ô6 80(0330360 833630000 3
360033030000 830^8606 3030 030 3ü60C?^0 r3^b 8o5ô 4 QpgQoobô
oo3bobôbô, qoô 838Q030080Q0 8003^)0003 ô(ôb 5 ; rbooopoo 8300(0^
030 800600 3860'60000 8000, 60000306(0360000, £)3u)Q?ô3 6 ;
(000830053 653030 (o8(ôooobôû 8oo(oob 303806 7 gSdô'bbô 8ôb 8o5ô,
(0008303 u)3u)Q?ô3- 4 Q?0 800353000b 3030, 000330306
^533306060 653660 1 003660, qoô 3600600 803(006 806 306, qoô 653-
C30 030 ^Soqoôû <6330600 2 (0008303 ^5 r8ob ooôBô 3 0(0300006 4
j(ôob(^6ô. 0806 00(060 63(^0(00 030 80030^53030 2,3^5336366 rQoô
°Ôy3b 5 : « Qo^û3C?3o6 6 300(030 8836303(00 7 qoô 0(00033606 300(030
6530303(00 » ; qoô 653030 030 800^306 853633 Jfôob^bô 8 ; 83(083
3 1 T add. 030. — 2 cpô 8ôb J. — 3 3^)80630000 JT. — 4 Om. A. — 5 ô(*)5 A. —
« Om. JT — 7 T add. 8ô5.
4 1 A add. -33. — 2 Om. JT. — 3 Om. A. — 4 03- T. — 8 Om. J. — 6 cpôgcogbgob
A. — 7 8353806303(5)0 T. — 8 A add. qoô.
dotes Spiritum7 stantes (litt. quando stant) apud piscinam, aperit eaelos
et descendit et permanet super aquam piscinae. 3 Ab omnibus natis (litt.
progeniebus) hominum longe est spiritus sanctus, nisi quando descendit ho-
mo in-piscinam baptismi; in-illo 1 tempore intrat spiritus sanctus in-homi-
nem et est apud eum. In-generatione prima per-spiritum (litt. respirationem)
vivum conficitur homo rin ventre2 matris suae, et postea mortalis est;
raltera autem genenatio per-piscinam, per-baptismum, immortales est3 ;
quia spiritum Dei accipit hoino in piscina, qui est immortalis. 4 Et quan-
do moritur homo, sepelitur in-terra, principio 1 suo, et cognitio aufertur2
ab eo, et Spiritus sanctus eaelestis 3 qui est r,apud eum 4 ascendit ad-Chris-
tum. Haec duo beatus apostolus nobis ostendit ret dicit5 : « Sepelitur 6 cor-
pus animale (litt. respirans) et (re)surgit corpus spiritale » 7; et spiritus re-
7 T add. sanctum, J sup. lin. m>.
3 1 et in-illo J. — 2 in-ventre A. — 3 Om. JT.
4 1 buni, arm. bun; cfr Marr, Ippolit, p. lxii. — 2 Litt. accipitur. —
3 Om. JT. — 4 Om. k. — 5 Om. J. — 8 seminatur A. — Tl Cor., xv, 44.
APHRAATE EN GÉORGIEN 351
oÔtl3^ : « fnô^jôQU 50630(0000 9 300(03000 08000 10 306,
£)O}cpobô fi^igbobô 8030000b b£)£p° °2>° >h 5 Q?0 b^)cp° 030
8836303(00 1 (JüOtpkôbô ‘bflQoô QoôSooob, qoô 3üC?°b3SobgmgôQ
Sogcoob r8ob 306 2. (Ôoa8g£p8ô6 3 Qoôo8ô(ôboob b^)cp° 030 J^ob^bo
bo^SoQoooo 30000(030 8030000b 4 jfôob^bô, gb(ôg oo^b 5 : « ^cnfô^bô
8ôb (ôcoSycpbô 8g 3g3gco qoô 68g8g8cnbô 7 ^gcpobô 80b 306 g8dô‘bobô
^Soqoôqo Qoô88ô(ôbô 83»; 80806 8 ô^job b^)cp8ô5 9 ^8oqoô8ô5
j(ôob(^?bô, (Ôôqooô ô(oçp3(n8ôbô 8ôb 10 ^cnfôgcoô Sobooôbô £)cg(ôcnQbo
dôcpo qoô QooQogdôQ 8ooçocnb 300(050000 o^boooô. 6 booçpoo 303806
8ô5 (ôoo8gcp8ô5 8ooçooob 1 b^)cpo 030 ^Soqoôq ^ycpobô 80b 306
gSdô'bobôûbô 2 qoô Sgô^boob 030, 30630000b qoô ^ô(Ô30Qoob 80b
306, 3oqo(ôq ô(ôq)ô 8cq8j£)qoô(ô ô(ô5 3030 030, qoô 8030000b Ô£)5ôqo
oo3bô j(ôob(^gbô, qoô oQùfô^Sob ^obôSg ^(ôob^gbô jôgobô 80b
003b (Ôoo8gop8ô6 Sgô^bô 030. 7 qoô (nô^jôQb oyoob ô(obôb(ô£)cpo
9 -cpgco JT; A add. fyggB. — 10 Om. A.
5 1 33536303(00 JT. — 2 3ôb A. — 3 bcnç^cn fncn3. JT. — 4 Bggocpob Ço5ô8g T. —
5 A add. 30000(083(10. — 6 Om. JT. — 7 AJ add. 3q — 8 A add. ô^jÇgob çpô. — 9 T
add. 3ô5. — 10 Om. A.
6 1 3oçmb T. — 2 -‘bobô A.
ventât rursus (litt. ibidem) ad-Ghristum 8 ; deinde dicit Apostolus : « Quando
eximus 9 e corpore hoc 10, ad-Dominum nostrum it spiritus » u. 5 Et spi-
ritus animalis (litt. respirans) super terram restât, et intelligentia aufertur1
rab eo 2. Qui3 conservaverit spiritum Christi cum-puritate ut rit ad Chris-
tum 4, ita dicit (spiritus) 5: « Corpus in-quod ego intravi et r(quod) indui6
ex aqua piscinae purum eonservavit me » ; tum 7 invitât spiritus sanctus
Christum, ut in-resurreetione corporis sui maiorem potentiam et gloriam
accipiat per-corpus suum. 6 Si quis autem (litt. homo autem qui) accipiet
Spiritum sanctum ex aqua piscinae et contristabit eum, exit et abit ab eo
(spiritus), duin nondum mortuus est homo ille, et it ad-prineipium 1 suum
Christum, et murmurât coram Christo de homine qui contristavit eum. 7
Et quando erit eonsummatio temporum et adveniet tempus resurrectionis,
♦
3 A add. et. — 9 exibimus JT. — 10 Om. A. — 11 2 Cor., v, 8.
5 1 Litt. accipitur. — 2 ei A. — 3 JT add. autem. — 4 intrat coram
Christo T. — 5 A add. quoniam. — 6 Litt. (quo) convestitus sum; AJ add.
ego. — 7 A add. certiorem-facit et.
6 1 buni; cfr § 4, n. 1.
352
G. GARITTE
<t)ô3ooôq qoô dooo^ooob ^Jôdo 0(000300 dobôQ, doo30Qp3b b^)cpo 030
dôQpoooô 80303(00000, qoô QoôQpg^b bôdôfôgbô dôb <bf)Qoô (000830360
Qoôdôfôb^jcp ôfn5 3030 030 r8ô(nooôcpo (000830360 qoô£)80(06036
b£)cpo 030 1 ^doQoôû bo^doQoooo, g 3(080033606 ^8ôbô dôb
‘bg3ô(ôqoôdoobô. 8 qoô 30000(030 1 30606^)6006 2 8(0380(03000 3 63360
<63306060 4 ^06083 83^)3060 dob, 8ô8o5(oô 636(^3 030 oob(ôo5 5 qoô 6
J5ô(ôo 030 380066 7, qoô 3680b 8 b^jcpbô dôb 3800 030 ; qoô ôQofôg
ôQofôg 8030000b 9 qoô ô(Oô(oob 10 6080(03660 11 dôb qoô 0(0000306606 12
300(0360 030 13 Qoôo}ô(ô£)cp5o qoô 3000333b 14 QooQogdôû ^30 dôb 18,
(0008303 2>ôd(nb(Ô£)cp ô(ô5 dob 306 ; qoô 8060306 gjdSob 16 b^)cpo
030 300(03000 dôoo (0008303 0(000030660, qoô qooqoqôôû 030 bôdjô£)cp
gjdSob 30(0383, qoô dboô(Ô£)cpôQo 00000360000 ^0(000306 17 ^06083
^(ôob^bô. 9 qoô ojdSob 3030 030 300303000 1 6^)03 G?0 Ç0**’-
^ydQoob2 boj^Qooçpo 030 3600(0360603 dob 306 b^cpobôûbô ; qoô
7 1 Om. JT.
8 1 Om. JT. —2 -653636 A. —3 A add. 3ôcd. — 4 %£)- om. A. — 8 (nbftocp'jb A. —
6 Om. A. — 7 -Ô£ogb A. — 8 gb3gb A. — 9 -cpgb A. —10 -jncnb A. —11 -(ôgbô JT. —
12 -55gb A. — 13 JT add. cojbSo. — 14 -3530b 3ôb qoô A. — 18 Om. A. — 16 oJ35ob
T. —17 T add. 030.
9 1 A add. -3g. — 2 -3cxpob JT. — 3 gbnggcpgbobô JT, -cgg- sup. lin. m1 T.
veniet spiritus rcum-potentia potentix, et stabit super monumentum in-
quo est censervatus homo riustus qui conservavit Spiritum 2 sanetum eum-
puritate, attendons3 voci desursum-(venientem). 8 Et ut1 aperiunt2 vigi-
les portas caeli eoram rege, tune tuba sénat3 et4 eithara eanit5, et audit6
spiritus voeem ; et eito 7 it8 et pandit9 monumenta 10 et suscitât11 corpora 12
abscondita et induit13’ gloriam eis 14, quae est egressa ex eo ; et intra fit spiri-
tus eorporibus 15 quae suscitavit, et gloria ornatus fit extra, et laetanter
rcum-gloria 16 prostat coram Christo. 9 Et fit homo omnino spiritus et
immergitur (litt. périt) mors rin vitam 1 spiritus; et evolat per-spiritum
7 1 Litt. per-pot. pot. — 2 Om. JT. — 3 Litt. attendit.
8 1 Om. JT. — 2 aperient A. — 3 -abit A. — 4 Om. A. — 5 Litt. vocife-
ratur; -et A. — 6 -iet A. — 7 Litt. cito cito. — 8 ibit A. — 9 -et A. —
19 -tum JT. — 11 -abit A. — 12 jt add. sua. — 13 -uet A. — 14 ei A JT;
ei et ante gloriam A. — 15 Dativus. — 18 Litt. per-gloriam.
9 1 Litt. e vita; e vivacitate JT.
APHRAATE EN GÉORGIEN
353
ôÇjgfôoBçoob bgcpoooô 8000 8033636000 8 3^3 go bô 4 ; qoô 830^3-
Bôfôcnb 050 QoüSO^ôB 80B 5 bobôfûgcpooo 6, qoô BôQocpoyfô 7 ôfnB
jfôob^)') ^cnfôQooô 8000 bo^BoQoob 880(^63303000.
XV. 1 ô^, bôy^ôf^çpBcn, 363 bgcpo 1 (00083030 2 800(036
^oBôQb^ôftQQftygQepcoô qoô y^SOC?^6 £p9bô ^36
otôBô ô6ôb 3 ; qoô 4 ô6ô5 jô8o (ûô^ôSb 5 8030000b 800803030636303060
0036060. 2 rob3o5y, 603^)0(030300 \ (0008303 °°Jüô £)SôC?dôB
fi^BSôB 2 : « B^) B'^fôôQbàycngoo 3(00060 830(03000 30660 foca-
830360 3^(0^8363 83, (0008300^) 06330300'660 800060 8ô(ûôqoo6
36300336 3 qôooô 8o5ô 3o(ôbô 808060 ^3806060 ». 3 36333
b£)Qp° 8030Q006 qoô Q00Q0306 ^06083 £08(000060, qoô 06330300'6000
06003006 3o(ôo 8060 ; bcnopcn (0008303806 83030606 1 (J^ôdôfôo 030
(000830360 8o5ô (0083300(036^)0? ù(ô5 2, 000(0(^3606 ^06083 £o9(ôcoo6ô.
XVI. 1 qoô 83 80030363600 836, bôy£)ôfn3cp(*>, ^036000 306,
(ôôq83oo£) b^)Qp° 06Ô0 8ô(ôôqoo6 1 303060 Bob ooôBô ô6ôb 2 (0008030600
4 3cng- A. — 5 Om. A. — 6 In marg. m2 J. — 7 3ôqoço,°OC? A.
XV. I 1 JT add. Ç3o£oôq. — 2 -gç™ A. — 3 ô(ô5 JT. — 4 Om. A. — 5 cnçpgb A.
2 1 -5gco -cpBcn A. — 2 A add. gocoôfôSgcp — 3 à- om. A.
3 1 -5ô J. — 2 A add. b£)Ç£>° 030.
XVI. I 1 coq JT. — 2ôfô5 JT.
in-oceursum regis; et excipiet eum rex rcum-gaudio 2, et benignus 3 est
Christus eorpori puritatem servanti.
XV. 1 Nunc, dileeti, hic spiritus1 quem aceeperunt prophetae et nos
etiam, non in-omni tempore apud nos est; et2 est tempus quando 3 it rad-
eum-qui-misit eum4. 2 rAudi, dilecte \ quod dixit Dominus noster2 :
« Ne contemnatis unum e parvis qui credidit in-me, quia angeli eorum sem-
per speetant in eaelis vultum Patris mei » 3. 3 Hic idem spiritus it et stat
coram Deo, et angeli vident vultum eius; qui autem inquinat1 templum in
quo est habitans 2, (in-eum) murmurât coram Deo.
XVI. 1 Et ego recordam-faciam te, dilecte, e Libris, quia spiritus non
2 In marg. mz J. — 3 Litt. gratiosus. *
XV. 1 1 JT add. sanctus. — 2 Om. A. — 3 cum A. — 4 Litt. ad-
niittentem suum.
2 1 audite, dileeti A. — 2 A add. quoniam. — 3 Matth., xvm, 10.
3 1 -avit J. — 2 A add. spiritus.
354
G. GARITTE
050 3 ô6?5. (nôûSyoo^) 4 ybfûy 5 ^yfûocp ô65b bô£)cpob 003b 6 :
« ôqjSôqjqpqoô 7 80b 506 b^)cpo 050 ^Soqoôq » (ôco8qqp Qc^oqoô 8obô
jp3bô 8ôb Qbybobôbô, (ûôqSqoo^) 8yô^bô 050 bô£)Qp ; qoô 80^)3-
CpoBô 8 8ôb ço8q(ôco8ô5 80b ^ocp b^)cp° 0ôû05^0 î C°ô r3oooô(ügô
0^)^3005 8ôb b£)cp° 030 £)JQ°o£)(no 9, Scnoçoob 10 Q003000 jBôfôo
030 11 r8ob ^06083 12 qoô 30^0086, qoô 8yyb Scno^oob b^)cp° 030
^Soqoôû (ncnSQQp Q003000 jô8bô 8ôb Qbgbobôbô, qoô 030^05 13
b£)cp° 030 £)J0°O£)(ôo 14 Ôofôobô 306 Sobobô, (000830^0 0^)^3366 15
bô£)Qpb. 2 qoô ô6ô5 $080, 00030000b 30830 ^ô(Ô30Qoob b^jçpo
030 ^Soqoôû ; qoô Q003000 8cnoçoob jBôfôo 030 qoô o^yob 3ô£pcndôQo,
QOÔ 8(n3OQ0ob QOÔ Q0ÔÔQ03(Ôob 80b ‘b'jQOÔ b£)cp° 030 ^Soqoôû. £)J£)Q-
oo£)8qô oycogcoQoô 1 SôfôôQoob 80b ooôBô b^jcpo 030 ^8oqoû, ô(ôô8qô
qoocqSoqp oyco 030 £)(ôoôQb 2 Qcocpobô ooôBô. bcnQpcn jjôSbô (ôcnS'jcpbô
ooôy^jôBobbQySB 3 Q003000 4 qoô ôQjoôfûgbB SyQCQQoybôooô oo3bcoô
3 Om. JT. — 4 Om. JT. — 5 ghtogco T. — 6 A add. 3ocoôfn3gcp. — 7 ô3ô- J. — 8 3cn£)-
J. — 9 Om. A. — 10 Smoçogb A. —11 Om. A. — 12 Post ftôçpcnôB A. —13 Q3C?* J« —
14 Hic inc. in J fol. 245, quod partim mutilum est, angulo superiore interiore exciso;
11 superiorum linearum tertia circiter pars anterior deest. —15 036306 A.
2 1 -331*1(00 T. — 2 à^fôoôûb J, à^fnoobô A. — 3 00033. T. — 4 Om. A.
semper 1 apud hominem est euius est. Quia2 sie est scriptum de Saule3 :
« rExaltatus est4 ab eo spiritus sanctus » 5 qui venit in-eum in-tempore
unctionis, quia contristavit eum Saul; et misit ei Deus loco illius spiritum
malignum ; et rut premebat eum spiritus malignus °, accipiebat David ci'tha-
ram reoram illo7 et cantabat. et statim adveniebat spiritus sanctus quem
aeeepit David in-tempore unctionis, et fugiebat spiritus malignus a vultu
illius, qui premebat8 Saulem. 2 Et erat tempus (cum) a Davide etiam
abibat spiritus sanctus; et David accipiebat citharam et incipiebat cantare,
et veniebat et permanebat super eum spiritus sanctus. Si fuisset semper apud
eum spiritus sanctus, non fuisset deceptus ille cum Uriae uxore. In-tempore
autem quo orabat (litt. adorabat) David 1 et confitebatur offensiones suas
coram Deo, ita2 dicebat : « Cor purum créa apud me, Deus, et spiritum
XVI. 1 1 quidem JT. — 2 Om. JT. — 3 A add. quoniam. — 4 Sic;
arm. verac'aw « sublatus est ». — 5 1 Reg., xvi, 14. — 6 Om. A. — 7 Post
cantabat A. — 8 vexabat A.
2 1 Om. A. — 2 hoc J.
APHRAATE EN GÉORGIEN
355
^o5ô9g çoSfûooobô, gbfôftoo 8 00^38 : « g>£)C?0 $9oqoôq QoôàdôQog
cdô5ô, QjSgfôcom, qoô bgçjpbô ^SoQoôbô 83680 5^) 8080(036 638 306 ;
801833 83 bobô(û£)cpo 80360130(036080 8360800, qoô b^jcpoooô
33038^00336080 6 8360800000 7 000808(^3033 3g ». 3 qoô 30308^8
003b gb(ôg 1 $3(0003 ôfnb : 3000(03 ô(ôô 80130Q00 8obô J5ô(ôoooô
8000 8305^0163030 °3° 2> 5(ôô ^ôû ô^)$yô dôb b£)cp8ô5 8ô5 3
$8oqoô8ô5 ; 30000(030 30^3016000 j5ô(ôoooô 8000 830030163030 4,
8ô3o5q)ô 80130Q00 8obô b^jcpo 030 3 $8oqoôq, o$yoi $o5ôq8$ô(ô-
dûÔ8u)0C?0dôQo qoô otJ-)ô : 38(03 1 o^jy^b £)3ÔC?° : ojj^b jô(ôo8,
qoô 3 0(030 060030100 $3800, qoô 330380 080b 6 3^36360 05003801b
$yC3oooô. qoô 83(083 Q03Q003030 030 8018060(^3030 fnô<rjô9b 80030Q00
gcpob^bô dobô 80b 003b 7 SooSj^JQofôobô 8, 3C308Ç? 38(03 ooj^)ô :
« G?6 £)3ôC?dô5 Qoôgôfôô fiyS 306 qoô ô6ôô 3080080380000 83 9 ».
4 qoô 83(083 fôô<r)ô8b 800303060 1 83033806 obfôô^cpobôSôB (ÔÔÛ000830
8003030 030, 'Qcobfnô 80b b^)cp8ô5 8ô5 2 $8oqoô8ô5 3000(03 ôfôçoô
8oi8(ô£)c? oyoo 80130^030 030 8obô, qoô 3 oo^£)ô gcpobS? : « ôlô
8 gbfôg A, gbg J. — 6 -obônbô A. — 7 Om. A.
3 1 gbfô^co T. — 2 T add. qoô. — 3 Om. A. — 4 Om. AT. — 5 (jjgôfto A. — 0 dôb A.
— 7 T add. cojbobô. — 8 -ôftobô A. — 9 Om. JT.
4 1 -o55ô J. — 2 Om. AJ. — 3 Om. A.
sanctum tuum ne auferas (litt. accipias) a me; da mihi gaudium salutaris
(litt. vivîficationis) tui, et spiritu potestatis tuae1 confirma me » 3. 3
Et de Elisaeo ita est scriptum : Dum non venit ad-eum psaltes (litt. citharâ
eantas), nihil1 notificavit ei spiritus sanctus; ut eantabat psaltes (litt. citha-
râ eantans2), tune venit ad-eum spiritus sanctus, coepit prophetizare
et dixit: Ita dicit Dominus: Non erit ventus3, neque videbitis pluviam, et
in-campo hoc4 foveae implebuntur aquâ5. Et deinde mulier Sunamitis
(somaniteli) quando venit ad-Elisaeum propter filium 6 mortuum, Elisaeus
ita dixit: «Et Dominus absoondit a me, et non rmanifestavit mihi7». 4
Et deinde quando misit rex Israelis ut occideret eum, nuntiavit ei spiritus
sanctus rantequam veniret1 nuntius (litt. apostolus) ad-eum, et2 dixit Eli-
3 Ps. l, 13-14. *
3 1 et nihil T. — 2 Om. AT. — 3 ros A. — 4 Om. A. — M Reg., m,
15-17. — 6 t add. suum. — 7 mihi man. JT; 4 Reg., iv, 27.
4 1 Litt. dum nondum esset progressas; cfr arm. mine* ë'ew ekeal ër. —
2 Om. A..
356
G. GARITTE
ybyfûô 3(nô3cpo5ô 8y8ôB 8ôB 3 £)8^£)cpooQbô8ôB 4 ôqjqôôqo ooôgobô
fiySobô ». qoô 83^83 ô£)^yô 8 bôgbgdobô 8ob 003b (0008303 J^S^qo
oyoo bô8ô(noô jôcpôjbô 5 838Q030080Q0 cpQjobô 80b. gbgQô 6 ô£)^yô
80b 7 b£3cp9ô6 ^8oqoô8ôB ^yy'bob 8 003b, 30000(08300 9 3oo3ô(oô 1°
3æbCPo 030 QOÔ QOôSôQpô.
XVII. 1 ô8ob 1 003b, bôy “30(0303600, (Ôôjô8b rb^)cp° 030
^8oqoôû 0330030b 2 jôQobô 80b 306 (ôooSç^obô ooôBô 3 8yoog ô(ô5,
3000(03 3inbop3ôQo3QOQ 8ob33 4 jôQobô ooôBô 8, 36(08036 30360 6 80b
b£)Cp° 030 £)30°O£)(Ô°, 388ÔJO, (ÔÔÛOOÔ83Ô ÔQOO£)Bô 030, QOÔ (Ôô<r)ô8b
80030 b 7 3030 030 “30036000 5 ^q9qco£) 3000(03 ô6oBqoô 8 b^)cp° 030
^8oqoôû 303060 80b ooôBô, 380606 b^jcpbô 80b £)jQCO£)(ôbô 8oôb-
C3360Q0 8obô 9. 2 060033» 603^)0(030300, (ôôû8qoo^) £)3ôC?°
^“3360, (00083030 80633 b^jcpobô 1 30B 8006003 ô(ôb 2, ô(ôô 308000-
4 JT, QfôfiQçwcnnbôQôB A. — 8 A add. 3ôb. — 8 gbftgQô J. — 7 Om. J.
— 8 Ô0*bob T. — 9 -3gcp om. J. —10 Soggôftô J.
XVII. I 1 0Ç ô3ob A.—2 033. b. o. Ç3. JT ; ^Qoçpôo om. A. —3cdô5ô0ô A. —
4 3ob JT. — 5 Om. JT. — 8 Om. JT. — 7 3mob A. — 8 -£)ô om. A. — 9 3ôb yôgbô
coôBô A.
2 1 A add. ^3o£pobô — 2 oyco A.
saeus : « Ecce misit filius iniqui 3 tollere caput meum » 4. Et deinde notifi-
cavit5 de plenitudine quae futura erat in-Samaria civitate postridie (litt.
post diem) 6. Hoc 7 etiam notificavit ei 8 spiritus sanctus de Giezi, quoniam 9
furatus est argentum et occultavit10.
XVII. 1 Propter 1 hoc, dileeti, quando spiritus sanctus 2 amovetur (litt.
mutatur) 3 ab homine apud quem 4 habitans (litt. ens) est, usque ad reditum
(litt. adventum) (eius) rapud eundem hominem 5, bellat rin-hominem ilium 6
spiritus malignus, daemon, ut deeipiat eum, et quando invenit hominem
otiosum ; quia dum est adhuc 7 spiritus sanctus apud hominem, timet spiri-
tus malignus appropinquare ei 8. 2 Vide, dilecte, quia Dominus noster, qui
ex eodem spiritu1 est2 genitus, non temptatus est a daemone; rquando au-
3 iniquus JT. — 4 4 Reg., vi, 32. — 5 A add. ei. — 6 Cfr 4 Reg., vu, 1. —
7 ita J. — 8 Om. J. — 9 quomodo J. — 10 Cfr 4 Reg., N, 25-26.
XVII. 1 1 Nunc propter A. — 2 Om. A. — 3 Ante spiritus JT. —
4 A add. etiam. — 5 ad-illum hominem JT. — 6 in-illum JT. — 7 Om. A.
8 apud ilium hominem A-
2 1 A add. saneto. — a fuit A.
APHRAATE EN GÉORGIEN
357
qôqoô jobô 306 ; boocpoo 3 (5ô<-jô8b 30(50008003000 b^)cpo 4 ^Soqoôq
r8ob ‘b'jçoô8 Bôoocpob^bôbô 8ôb ‘b'jçoô6 g3dô‘bbô 7, 838Q030080Q0
ôçooysôbô 050 b^)cp8ô5 8ô5 £)33°o£)(58ô5 Sooôbô 80b 8 qoô 30800b-
0QOOQOÔ 030 9 8ôb. 3 gbg ‘bôj^K^ôôBo ô(5oô5 S^QoooSobôBo ;
boocpoo 836, bôy£)ô(53cpoo, Cnô^jô9b 03(5863 6(58oocpôQ 050 1 8obo,
qoô b£)cp°°oô ô(5ô ô[obQO£)Q)5g 2, qoô 30063600 8360 ‘bfô^jSgôbô 080b
boogcpobôbô r8oob^)3^)cp oy^L» 3, 3£)C?°^9ôyô3 ^g9qco£) b^)Qp°
050 Q)8(5ooobôQ ftôBBcnfôgd^cp 4 ô6ôb 836 506 ; booQpoo 836 0QJQ033
qoô ooôy^ôBobbQydQo 5 rQoô £^0033300, C?0 0 ^SOQogb 83600033
b£)cp° 050 ^3oqoôû 7, r303QCpo ^360 8, qoô ô(5ô 33(5300(006 836
d^Qocndo 030 8360. 4 (5008300^) 330(503805 33(032^0 30^ G?6-
oobô(5ob 30(0(53 8ô8ôbôbcpobo 030 1 8o5ô ô(56 qoô 8(0380(53 ô(55,
ô(5ô8qqo 2 (5ô^ô8b ô(5ô 8o5ô 080030b 3 06^) oo£) bdo5ô35 ; 33(53
bôb3QOQô 388030 33(5 3£)3C?oL> £)ô8ô(5bô 80b Jfôob^bbô, 300(53000 4
fi^jybcoô, ô(5ô 00£) b^)Qpo 030 j(5ob(^?bo 0330(^06 ^36 306.
3 cpô A. — 4 A add. 030. — 8 Ante b^jçjgo A. — 6 Om. AJ. — 7 AJ add. dôb ‘bgcpô ; T
add. Çdocpôbô om(ôcpô5gbô, J sup. lin. m2. — 8 A add. ‘b'jcpô. — 9 Om. A.
3 1 Om. A. — 2 ôbçp- A. — 3 dmàbjcn JT. — 4 -œgftg- T. — 5 coôy^ôBobgg A. —
6 çoô 0'j£)3fô£]po çdgfôcobô yocpftg A. — 7 Om. A. — 8 3g 5o 833. A.
4 1 Om. A. — 2 bcncpcn T. — 3 3cnob A. — 4 JT add. ô3ôcd.
tem 3 descendit spiritus sanctus f super eum4 rin baptismo, in pisciiïa 5,
postea adduxit eum spiritus malignus rin-montem 6 et temptabat ille 7 eum.
3 Hae dolositates sunt adversarii; tu autem, dilecte, quando comperies bel-
lum eius, et spiritu non fervebis, et rmens tua in-cogitatione huius mundi erit
implicata *, intellige quia spiritus Dei est remotus a te; tu autem, surge et ora
(litt. adora) ret precare, et2 rreveniet ad-te3 spiritus sanctus4, custos tuus,
et non prosternet te radversarius tuus 5. 4 Quia fur murum non perfodit
dum paterfamilias intro est et vigil est. rsed quando1 non intro invenitur 2
aut si dormit; ita etiam daemon non-potest dominari in-templum Christi,
corpus nostrum, nisi spiritus Christi amovetur (litt. mutatur) a nobis.
3 et qu. A. — 4 Ante spiritus A. — 5 Litt. Super baptismum, piscinam. —
6 super montem A. — 7 Om. A.
3 1 mentem... implieabis JT. — 2 et procide ad-Deum donec A. — 3 Litt.
veniet ad-te eundem. — 4 Om. A. — 5 tuus adv. A.
4 1 quando autem T. — 2 invenit A.
358
G. GARITTE
5 rQoô 363 g>üC?ob39ôyô3’ bôygô^cpcn, ô(nô oog 1 £)$y3b°co
£)^yo5 83ô(nô38ô5 8ô5 8ô8ôbôbQ3°bobôû 2 8ob, 8o5ô ô6?6 ô5^)
ôfôô, 0(^08300 ^06033 o8b^)(ôcnd5 3 qoô 068366. £)3u)0°°u) 36806 4
^8ôû 3ô3ôbôbcpobobôQ 8ob, 30000^ 030 0836366 bôbcpQüC?000
0036000 30000(08300 5 : « 8g ScofôôQo g/bôQo ^0(030^3 « », qoô (003086
^ô(Ô3ûQoob 030, 8003000067 830(00308 qoô 33(0303° C°ôoobô(ôob qoô
gôbo 9 3ô5o3ô(ôob 10 ; £)du)0°°u) 822380(03 0(00300 11 bôbcpOüC?90
r°3o (oô 12 3ô5j(ôdôQpüC? 13» 380606 880(00360 80b qoô 0303^)06.
6 1 388030 2 : ô(ôô 3 co£) ^oBôûb^ô(ô (ôôq qBcqôôq ôj^)b 4,
(ôôûôooSqô £)^ycoQoô (00308b b^)Qpo 030 833303° $0(0300006 303060
80b 30B, 0(008300 30860 30306 qoô ^jS'bofôoB 30360 80b (000830360 3
00060 j(ôob^ qoô833(0(036^)0? î (00 (*103086 0(^336 bo(JJ)y£)ôooô
£)8£)3(ôcoô qoô 8^063^)033306000, ô5^j co£) 3£)Q3° £)$8^0ko5, 06^)
co£) 306(006636^)0? ô(ô5, ôB^j oo£) 36(08036 30b, ô5^j oo£) 6 2>üC?°^"
bo(JJ)y£)ôbô Q£)Qobô 7 833(000008003 ô(ô5, 8ô8o5(oô 360b 38803806
8ô5 8 oo£) j(ôob^ ô(ôô 80b ooôBô ô(ô5, 800300006 qoô ôqiô6(ô£)c?°L>
5 1 Om. JT. — 2 -çwobôQ J. — 3 odbf^^fôcnôB T. — 4 -ob T. — 5 Om. J. —
8 Qogôç™ J. — 7 3o- T; Qogoçoob in spatio vacuo m2 J. — 8 Ante 050 JT. — 9 bôçgôb©
A. — 10 gô3mo3. A. —11 ô(ô5 qoô JT. —12 Om. JT. —13 gôBôjfôdôç^Bob JT.
6 1 Oô^QO’SO — 2 -jbô T. — 3 ôfôôQ A. — 4 add. gQSôjbô. — 8 (ôcnSçwobô A. —
0 Om. JT. — 7 Qtncpbô T. — 8 Om. A.
5 Œt hoc intellige, dileete : non quidem 1 sciens (litt. sciendo) soit fur de-
patrefamilias intro(ne) sit annon, sed ante speculatur et audit. Si audit
vocem patrisfamilias, quomodo mandet domesticis suis, (dicens) quoniam2:
« Ego ad-longinquam viam abeo3 », et quando abit rille, venit fur4 et mu-
rum perfodit et thesaurum furatur; si vigiles rsunt domestici et caventes 5,
timet fur et fugit. 6 Ita 1 etiam daemon : non quidem praevie ullam cog-
nitionem habet2, ut sciât quando spiritus custos abeat ab homine, sed tempus
exspectat et investigat hominem apud quem Christus habitans est; et quando
dicit (hic homo) verba indecentia et sordida, aut si furit, aut si est iratus,
aut si bellat in- aliquem, aut si3 in-eupidinem vanam est illapsus, tune novit
daemon quod Christus non apud eum est, venit et perficit voluntatem suam 3
5 1 Om. JT. — 2 Om. J. — 3 eo A. — 4 fur ille it JT; it in spatio
vacuo m# J. — 5 est et domesticos cavere-facit JT.
6 eodem modo T. — 2 A add. daemon. — 3 Om. JT.
APHRAATE EN GÉORGIEN
359
B360Û 8obo 9 8ob ooôBô. 7 (nôûSyoo^j 1 jfôob^jg 2 88300000 qoô
8qoô6ôq3ooô ooôBô Qoô8j3Qo(ôgd£)cp ^6 3 qoô (0008303000 38060b
bo(^y^)ôooô 506 8obooô, 30000(030 rO(^y3b ^oBôQb^ôfôSQ^y^gçno
030 4 : « 3ob8g 803^6300(05, ôBg 30b ooôBô £003383300(0(0,
30(060 0 88300000 qoô 8qoô6ôq3ooô ooôBô 7 qoô (0(08303000 38060b
bo£)y£)ôooô 306 ^>38000 8 ? ». qoô “33003806 ^36806 ooj^Jô :« (0(083030
30Qococpob 836360000 ^>38000 rQOô QOôo8ô(ôb(ob boy£)ô(ô£)c?o ^>380 9,
8obô 8030Q0300 83 qoô 8ô8ôû ^>380, qoô 30B010 80booôBô Q0030Q030OT».
qoô (Ôô<rjô8b 060030b 3030 030 3ô53(ôdôo3£)C?àQ? Q?0 3ÜC368COQ030-
B3Q0 11 ooôy£)ôBob338ôbô qoô 030033060, 30(0383 0^306 80b 30B,
qoô 30030300033 12 33(0 ojôQo(ôob 13 80060336000 14 8ôb ; 060030b (ôôû-
8300^) j(ôob(J^ 80b ooôBô ô(ô6. 8 qoô oo£)1 booj^Jô oo£) : «(Ô03Q03683
ô(ôb 388030, r(ôôû83oo^ 0I0 3b3(ôô 8(003003000 ^6(08036 ? 2 »,
ob8oB3 qoô 83(0^000 qoô 8(0036363 (0008303 030 <63800 0003^3(03
qoô 80333 3 j(ôob(^b 003b, (00083003] 3063003003 ô(ôb 030 8(00-
— 9 Om. JT.
7 1 A add. bcnço'fo gbggô £)^goco. — 2 Hic desinit J mutilus. — 3 ô(nb A. —
4 ÇoBônbÇ. Of^y^b T. — 8 803b- T. — 0 A add. coq. — 7 Om. A. — 83g5coô A. —
9 Om. A. —10 bôgôB© A. —11 -06g ôfà6 T. —12 Om. T. — 13 Sjôcpftob T. — 14 Om. T.
8 1 t3d«3OOT<3 T- — 2 Om. T. — 3 Qcnftgg T.
cum illo. 7 Quia1 Christus apud mites et humiles habitans est et (apud
eos) qui timent a verbis eius, sicut rdicit propheta 2 : « In quemnam respiciam,
aut apud quem habitabo, nisi apud 3 mites et humiles et qui timent a verbis
meis4?». Et Dominus noster dixit: «Qui ambulabit in-mandatis meis ret
observabit earitatem meam 3, ad-eum ibimus ego et Pater meus, et mansio-
nem 5 apud eum ponemus ». Et quando videt hominem percautum et studi-
osum 6 in-adoratione et precatione, extra diseedit (litt. se vertit) ab eo, et om.
nino 7 non audet appropinquare 7 ei, videns (litt. videt) quia Christus apud
eum est. 8 rEt si1 diees quod: « Quantus est daemon, Fquia ecee in-mul-
tos bellat2?», audi et mihi aurem-praesta (litt. oboedi) et reeordare quod
superius deseripsi et tibi dedi de Christo, quia est divisus ille inter multos
et ei nihil deficiens est. Aedes per-quarum feaestram paucus sol initroit (litt.
7 1 Hoc autem etiam scitote quia A. — 2 proph. dicit T. — 3 Om. A. —
4 tuis A ; Is. lxvi, 2. — 5 diversorium A. — 6 studiosus est T. — 7 Om. T.
8 1 si T. — 2 Om. T.
360
G. GARITTE
gôCpooô 8(n(ôob qoô 8ôb 4 ô(ûôq qoô JCPO^ÜC? ô^b. Ô0^0^000
ooô bô(n 3^)803000 830(0^ 3W 830030b, 30033030 8 Ôô9ô^° <^55ôoo-
CpQoob 6 ; qoô 30380 (000830380 830(0300 83300008 7 38803080 306,
00030Q00 030 QoôdbgcpQoob. 9 088063 (000830380 0(^338 80030^-
C30 : « £)3u)0°°u) 0^030 bô^jôQo bô^jôQo 1 ylîgyBob qoô 5ôooq3ôqo
ô533cpcn‘b')d(î)3ô, rô6ôô (ûôq2 qooqo ô6ôb (üôûSyoo^) 88ôb£)(û5o0ô 3 80860
33(^333 Od603°ô9 4 30000(^30 8 88ôb£)(û5o 8o8ô(ûooc3o8ô5o 6 ». qoô
£jgôcp3ô5 F)£)353ô5 7 à(ûj£)ô 800^033000 0038000 : « ôàô 383(00
80333 <”Jüû5 50C?9$o3Û&ôq qoô^jqôBôqo 30033030 80030 8(^3(00800 ».
10 qoô 33008(000636 ^03660 30000(08300 3(0 8(003003 ù(ôb 1 qoô
8bôb^)(ô5oQô ô(ôoô5 8o85o2 ; qoô 00060 3 0(^338 80b 003b4: «83^880
030 (083(000805 S^qoooSôqo » ; qoô (0008303 ô(ôoô5 8bôb^)(ô5o 80860,
3ô5£)(^)335ô 03080 8, qoô (ô6oô5 6 800330380 8o5ô qoô 16(0830605
jôqooô (ôôûooôSqô 7 0300^)6538 03060. 6000300 308003800038^)03000
33(0 36(0830606, (ÔÔQ8300Q ^ÜO^C?0 30C?9^o3û9ôû 8
4 3obô T. — 5 A add. 030. — 8 ftôBôcocpçpob T, gôBôbôcoçwob A. — 7 -(pgb A.
9 1 Om. T. — 2 ôfôôn A. — 3 -30 post 3ob5o T. — 4 -303(0 A. — 5 A add. 030. —
6 bo- om. A. — 7 A add. 3ô5.
10 1 ô(noô5 A. — 2 3ôco5o A. — 3 A add. -30. — 4 A add. yocoôfnQgcp. — 5 Om. T.
— 0 T add. yœsgç^bô. — 7 gocoôftSgô A.
sequitur), rtotae illuminatae-fiunt3 ; et homo in-quem paucum intrat4 e
daemone, ipse obtenebratur. 9 Audi quod dicit Apostolus : « Si daemon
Tvariis imaginibus apparet1 et lumine 2 sicut angélus etiam, nihil magnum
est si (litt. quia) ministri etiam 3 eius eodem modo (eon)vertuntur sicut mi-
nistri iustitiae » 4. Et Dominus noster dixit discipulis suis : « Ecce dedi vobis
potestatem conculcare totam potentiam inimici » 5. 10 Et nobis nuntiant
Libri quoniam exercitus multus est et ministri etiam sunt eius 1 ; et lob 2
dicit de eo 3 : « Confecit eum Deus ut-adversarium » 4 ; et qui sunt ministri
eius, reliquit eos 5 et currunt in 6 mundo et bellant in-homines ut decipiant
eos ; manifeste autem non-possunt bellare, quia est data nobis potestas 7
3 Litt. tota aedes illuminata-fit T, totam aedem illuminât A. — 4 intrabit A.
9 1 Litt. ut-variae imagines ostenditur. — 2 Litt. ut-lumen. — 3 Post eius
T. — 4 iusti A ; 2 Cor., xi, 14-15. — 5 Luc., x, 19.
10 1 eorum A. — 2 a add. etiam. — 3 A add. quoniam. — 4 lob, XL, 14.
— 5 Om. T. — 6 T add. toto. — 7 Om. T.
APHRAATE EN GÉORGIEN
361
Qob ‘b'jcoô, dçpg3ôço 8obô ^£)ô(ûoooô j(ûob£)ftboooô qoô ^Soqoôqo
çüôSôf^ocoô 3(0(^3000 bggbooôQooô ; 30(^60 ftôQgôooo 8 0(^03968 9
qoô 30^3000 oôôfôôgb 10.
XVIII. 1 SgfôfiQoo 3g, bôg^ôfôgcpcn x, bo^y^bô 80b 003b (ncnSgcp 2
œjüô c^QoJüCpdôB, qoô 830096006 3ôb 8o6ô S^gôQpgdgQpbo.
oÔ33b Scngojgcpo : « ôfnb 300(^30 SB^bgog^o 3 qoô ôfnb 300(030
b£)^og(ôo ; 98(09 ^g(ôoQp ô(nb 4 : 8goj85ô 5 dofôggçpo 030 3030
ôqoô8 6 8^)806300 38(039^0, qoô 7 3qcq(*ïÇ? 030 ôqoôS 6 bgcpo
3807390^0 >h qoô 1 830098006 qoô 0(^3306 30000(08900 co(ôo
ôqoôSo ô(nbco ; qoô ooj^)ô : « 30000(030 2 8000303^)00 8ô(^o 030
ôQpôdob So^obô 3060800, 93(0939 3 bôbgQo 8000303^)000 4 FiggB
bô^jo 030 ôQoôSob 5 ‘bggobôû ». ôqoôSo 6 So^obô 3080 030 ô(ôb
(Ôcn8gcp8ô6 300000, qoô 7 ôqoôSo ^93000 80380030(00 £)3ÔC?° 8
fi^jgBo ogb^) j(ôob(^. 3 r(ô(n8gcp8ô6 8goy^)ô(ôcnb b£)cpo 030
8 A add. bncpn. — 9 -Ôg6 A. —10 A.
XVIII. I 1 -gc^Bcn post 003b T. — 2 -çjgo 030 A. — 3 33£)-T. — 4 T add.
gocoôftSgcp. — 5 3q j36ô çoSgftcoSôG A. — 6 ô£pô3o T. —7 bcnç^cn T.
2 1 Om. A. — 2 A add. 030. — 3 -33 om. A. — 4 -g«jco T. — 5 -obo A. — 6 ôqoôS
A. — 7 Om. T. — 8 Om. A.
super eum, ad-vineendum eum per-erucem Christi et purum eonservando
corpus nostrum ; at rapiens 8 (litt. rapiendo) rapit9 et furans (litt. furando)
furatur 10.
XVIII. 1 Aurem-praebe (litt. oboedi) mihi, dileete \ de verbo quod dixit
Apostolus, et decipiuntur in eo haeretici. Dicit Apostolus : « Est corpus
animale (litt. respirans) et est corpus spiritale; ita est scriptum2: rCon-
fectus est primus homo 3 Adam anima (litt. respiratio) viva, et4 secundus
Adam spiritus vivus » 5. 2 Et1 decipiuntur et dicunt quoniam duo Adam
sunt; et dixit (Apostolus) : « Sicut induimus nos imaginera Adae terreni
(litt. qui-ex humo), reodem modo 2 induemus3 nos imaginera Adae caeles-
tis » 4. Adam terrenus (litt. qui-ex humo) ille est qui peccavit, et5 Adam eae-
lestis (litt. de-eaelo) salvator (litt. vivificator) dominus6 noster lesus
8 A add. tantum. — 9 rapiunt A. — 10 fur^ntur A.
XVIII. 1 1 Post verbo T. — 2 t add. quoniam. — 3 confecit Deus pr.
hominem... A. — 4 autem T. — 5 1 Cor., xv, 44-45.
2 1 Om. A. — 2 ita A. — 3 induimus (perf.) T. — 4 1 Cor., xv, 49.
— 5 Om. T. — 0 Om. A.
362
G. GARITTE
jfôob^bo, oj85yb ogo Sbgôgb ôQoôSobô 8ob ‘bggobôûbô, (ômSgcp
ô(nb Sôgbmgôfôo fi^jgBo ogb^) jtnob^ 1 ; (ncnSgcp 2 8go8mbô 88^)-
aoBgogfôo 3 gbg bgcpogfôaôB 8ô5, goooôfôgô ‘bgSooô 8og^g(ôg 3g5-
qoô. 4 30(3806 8ô5 1 fô(n8()cp8ô5 Sgô^bcnb b^jcpo ogo Jfôob^ftbo,
ôçoQogcn8ôbô SS^SoBgogfôôço 2 odcngcnb, fôôQdgoo^) b^)c?o 3 ‘bggobôû
ôfnô oyoab 80b ooôBô ; qoô fôô<r)ô8b ôçoQoggb, cpôSoogb ogo Ô^)5bôgg
oosbbô, JüOtP^ôbô ‘b'jQoô, gô5dô(ûg£)cpo b^jepoUô 80b gô5 4 ; qoô
(ûôq8()oo£) goBgô^jepôQo o3y(ûô 8ô5 b^)cp° °ô° J^ob^bo, oycnb 3
ogo QoCJûbô 8ôb 3g8oob^)ggobôbô 3o3^)gcp C?à bôgbg bofôgbgcpoooô,
gô5jojgd^)cpo- 5 bcnQpcn fôcnSycpSôB 3ô(^o(nb5ôQo oôyfôôb b^)Qpo
ogo qoô QoôoSôfôbcnb bo^SoQoooo, QOQjgbô 8ôb 3g8oob^)ggobôbô 1
Qoôogggb ogo b^Jç^pQôB 8ô5 ^8oqoô8ô5, qoô oycnb 030 ymgcpoooôgg
b(û£)cp qoô ô(ûô oycnb ogo 8o3^)gcp» 30000(030 8(ngoj£)cpo o^jysb :
« gô(û5ô gbg (ôô^ôSb Scnbocp 30336300, 5^)8gô SoS^jepôQo 3°"
ôeoggdoco ». 6 qoô 8g(ô8g coj^)ô : « yooggcpcoô 1 COôgodoBcnco,
3 1 Om. T. — 2 f*)(n3gçi«3ô6 030 A. — 3 88353og(î)o A.
4 1 Om. A. — 2 33363- A. — 3 A add. 030. — 4 T add. ÇQocpobô. — 5 odcogcnb T.
5 1 Locum inde a 808533^ (§ 4) usque ad 8g3cob. om. T.
6 1 A add. -3g.
Christus. 3 rQui diliget spiritum Christi, fiet ille similis Adae caelesti,
qui est salvator (litt. vivifieator) noster lesus Christus ;1 nam 2 vestitus est
animali hoc spiritale, sicut superius scripsi tibi. 4 Homo qui contristabit
spiritum Christi, in-resurrectione animalis (litt. ut-respirans) invenietur, quia
spiritus caelestis non erit apud eum; et quando resurget, restabit ille rin-
principio 1 eodem suo, super terram, exutus a spiritu 2 ; et quia insultatum
tenuit (litt. prehendit) ille spiritum Christi, erit3 ille in-die occursus nudus
et plenus pudore, confusus. 5 Qui autem honorate tenuerit (litt. prehen-
derit) spiritum et conservaverit cum puritate, in-die occursus1 custodiet
eum spiritus sanctus, et erit ille omnino perfectus et non erit ille nudus, sicut
Apostolus dicit : « At2 quando vestiti erimus, ne ut-nudi inveniamur » 3. 6
Et deinde dixit: «Omnes obdormiemus, in resurrectione autem non omnes
3 1 Om. T. — 2 Litt. qui vel quod; arm. zi.
4 1 buni; cfr XIV, 4, n. 1. — 2 t add. sancto. — 3 invenietur T.
5 1 Locum inde a nudus 4) usque ad occursus om. T. — 2 Litt. at hoc.
— 3 2 Cor., -v, 3.
APHRAATE EN GÉORGIEN
363
bcnçpcn ôçjçog/nQôbô ô(nô yo^cpBo $ô53ôbcpçpgoo ; (nôûSyoo^) JCQfô
ô(nb r3cnj£)çoô3bô 806 2 9ooôq£)8ôqp £Mu)Q?ô30&ôû 2°ô r2>^>5fny^)5o-
ç^gdôbô 8ôb 3 9ooô0£)3ôço ü^yü^0C?0^ôû 5 btncpcn (nô<r)ô86 9ooôoq£)ô6
9(nj£)çoô33ô5 4 8ô5 £)3u)Q?ô30&ôû C?0 ^3£)5°C?Û&ô8ô5 ô8ô5 g^yü"
Bgcpgôôû, 8ô9o5 ôçjgbfôgcpcnb bo^jygôQ 030 (ôoo8qç™ Qpôo^jfôô :
qoôoBooJô 5 boj£)çoocpo 8c?03oo°ô ». SyCnSy 0(^336 : « 8gyb6 roo£)ô-
Cpobô $0860 7 8j£)Qpô(û5o ôqoqc>3q5 ^(ûygBycpBo 8, qoô F)^)y5 30630-
bcpQoyoo ». 7 qoô 36g (ôoaSQQpBo 3ô5ôbcpop')5, 3ôoo 9ooôoq£)ô5
bô(^o 1 ôQoôQob 2 b^JcpoyfôobôQ qoô oJ855y53 b^cpoyfô ; booQpoo
(ôca8yQp5o 030 ô(ûô 3ô5ôbcpopg5, qoô9ooq5 03060 4 9^)80630000 8 30a-
(ÔQogcpocoô 863036000 ôQoôSob 6 80^060 306060 jggyôBôbô ‘byopô ;
qoô 7 (ôcnSgcpBo 030 7 q(ô^8£)55q6 ô£oooj£)8ô6ô 800(^03636 8 30Q0
ô£o8ô(ôoo 9, qoô ôQ)ôg(ôo535g6 03060 7 6^jcp9ô5 8ô5 10 (ômSycp
9ooô£)3£)ô 8000, qoô 000083300(0006 bôb^)3333cpo 3068'60-
Qpyô^cp °y(n dôco 0036 r6ô£)3£)5ooo 306 11 ; qoô 12 89^)806303(060 13
2 -gobô 3ob A. — 3 -Boçjpobô 3obA. — 4 3£)j£Xp. A. — 3 -5- om. T. — 6 QoybQ^jcpôçp
A. — 7 Ç. cr>£)ôç£>obôbô A. — 8 -Bgcpôçp A.
7 1 A add. 030. — 2 -obo A. — 3 oj35g5 03060 A. — 4 Erasum T. — 3 383630000
3oco A. — 6 ô£pô3obo 3ob A. — 7 Om T. — 8 -5gb T. — 9 8o3ô(ôco T. — 10 T add.
Ç3ocpô3ô6. —11 Om. A. —12 bcocpca A. —13 3836300(060 A.
-renovabimur; quia oportet mortale induere immortalitatem, et corruptibili-
ta'tem 1 induere incorruptibilitatem ; quando autem induerit mortale immor-
talitatem et corruptibilitas haec incorruptibilitatem, tum perficietur verbum
quod scriptum est : Inimersa est mors per-vietoriam » 2. Deinde dicit : « Sta-
tim rin-oculi ictu3 mortui résurgent incorrupti4, et nos renovabimur »5.
7 Et hi qui renovabuntur, illi induent imaginera Adae spiritalis et fient1
spiritales ; qui autem non renovabuntur, restabunt illi 2 per-spiritmn (litt.
per-respirabionem) carnalem similes 3 Adae terreno (litt, qui-ex humo) super
terrain ; et4 qui f ideles-fuerunt voto (litt. promissioni) rapientur 5 ad caelum
et volare-faciet eos 4 spiritus 6 quem induerunt illi, et hereditabunt regnum
quod fuit praeparatum propter eos ra saeeulo 7 ; et8 animales (litt. respiran-
«
6 1 -bile A. — 2 1 Cor., xv, 51, 53-54. — 3 in-ictu oculi A. — 4 ut-
incorrupti A. — 5 1 Cor., xv, 52.
7 ’A add. illi. — 2 Erasum T. — 3 Litt. ut-similes, vel similiter. — 4 Om.
T. — « -ietur T. — fl T add. sanctus. — 7 Om. A. — 8 autem A.
364
G. GARITTE
363 00080036 0^033 ^“33306060 <63000 608808360 8o5ô 309(03000 14
003600060 13, qoô 800^336 ^09^0963000 ; 8^)5 0301b £)o(ôocpo oo£)ô-
CpOOÔÛ QOÔ ÇOfô^BôQ jdûQpCOÔQ.
XIX. 1 363 803^3(03 qoô 1 8093036363 000360 (03860 qoô
838 2, bôy^ôf^ocp^ 3- 0803(0000 308 8303^30(03 4 bojôQp^cp^, Bô^ocpo
‘633060Û ; qoô ô£o5ôooj£)38o 8 000080(0636 3093303806 300(030303805,
(0008300^3 363 ô6ôb r5ô^oc3o 33000030 0 qoô ô(ôô (ôôû 7 0(06 (00983030
36^00(03606 080b 8 ; 363 0(06 83(000300 8(3380(03000 <6330600000 9 ;
36330000(0000 ooô5ô qoôo8j3Qo(ôo6 ^(006(^3805. 2 3080 ‘60036^030600
SoOO^OÔ, QOÔ 1 (Ô(^)0o5o 033(936060 QOôfifio9ÔOC3 ô(ôoô5 ; 606^0^)0360
(009830360 2 ooj^)5ô “33003806 ^“336806 0^8636006, (ôôq83oo“3
ooj“3ô : « 00)00336 600036030 6000360360 <63000, qoô 83^3033600 3
83“333&ô6ô <63000, qoô oycob 60380030 4 qoô 5 8063030 qoô 60-
j“3qooq30, qoô 6 6080630336060 <633000 30809^)60035 » ; 363 7 30933030
363(00 8 000)3000 ^“336000 ôq)36(ô“3c?O&0^-
14 -coôbô A. —15 Om. A.
XIX. I 1 çpô (oô A.—2 cojggB T.—3 -gç^Bcn T. — 4-ô(*)gcoT.— 5-g35o A.—
0 BQ0^- 60Ç. A. —7 Om. A. — 8 3ôb A. — 9 jfnob^bcoô A; A add. çpô.
2 1 Om. T. — 2 -5o om. A. — 3 -ôôôq T. — 4 -yft3- A. — 5 Om. A. — 6 Om. T. —
7 ôÇ gbg A — 8 Om. A.
tes) hic restabunt super terram in gravitate eorporum suorum 7, et rever-
tentur in-inf ernum 9 ; ibi erit f letus oeulorum et stridor dentium 10 *.
XIX. 1 Hoe seripsi et1 recordari-feci me ipsum et rte, dilecte 2, Abhinc
dilige3 virginitatem, partem eaelestem; et votum4 (litt. promissionem) ob-
servet omnis carnalis, quia haee est rpars bona 5, et nihil est quod aequetur
huie6 ; haee est consortium (litt. eoniunctio) vigilum caeli 7 ; apud huius-
modi (hommes) habitat Christus. 2 Tempus aestatis advenit, et1 rami
ficus sunt teneri-faeti2; signa quae dixit Dominus noster fiunt, quia dixit:
« Surget gens super gentem, et regnum super regnum, et erit famés et gla-
dius et mors, et3 horrores de-eaelo apparebunt » 4 ; hoc 5 totum ecee6 in-
diebus nostris perficitur.
9 Cfr Ps. ix, 18. — 10 Matth., vin, 12.
XIX. 1 1 et et A. — 2 vos, dilecti T. — 3 -gite T. — 4 vota A. —
5 bona pars A. — 6 ei A. — 7 Christi A.
2 1 Om. T. — 2 Cfr Matth., xxiv, 32. — 3 Om. T. — 4 Luc., xxi, 10-11.
5 nune hoc A. — 6 Om. A.
APHRAATE EN GÉORGIEN
365
XX. 1 ô^ 1 ojooobggQo dg5 2 ôdôb (ncndgcpo 3 dog^gfng
9q5qoô, dg5 qoô ddôBo dg55o (ûcndgcpooô ôQ)^)ooj^)gb 4 ôq)ooJ^)3ôû 5
qoô dgoy^ôfngb bojôQp^cp^, qoô ycnggepcoô dcndodooô çodfncoobôcoô
(ncndgopcoô ôqj^joo^ôB 0 ôq>ooJ^)3ôû qoô odôfnbggB 7 ; (nôQdgoo^)
°Ôy3b : « ôQJ^ooj^oo 8 qoô ôQj^b^cpgoo ggôcpbô çodgfnoobô ooj^)g5-
bô ; gj^dôQpgbooo ycngcpobô 306 ^Qogdgdobô, qoô d^£)cpbô9 £)gcpo-
bôbô ‘bfôôbggcpooo qoqjq qoô Q)ô3q ». 2 bo(^y^)ôû C°ô C?ô“
çocndôQ 2>ô5od(nfî)goo Ôofôobô 306 ooj^jgBobô, (ncndgopdôB bôjogbgcp
ygob 1 qoô ^ôBôjojob jôgo, (nôûdgoo^) ôçogb(n^)Qpgdob dôoo ‘byQoô
b°(^y£)ôQ 030 (ncndgop 2 ^Û^°CP ôfnb bôbôfôgdôbô, 30000(0 3 £)5qoô
£)<3ôçpbô fi^)g5bô 4 ô^cqqôqo ô53ôà(ûgdobô dob 4 gôfnobgggcpooô
dôoo 306 : « fôôQdgoo^) oygBgb gggbcpob dcny^ôfû'), 3ô5dôb(î)gb 5
030 »• O&^OO0 y^SOCpSôB (ncndgopdôB ôfnô ooôgboQogôb ycngôQo
bo^jy^ôcoô ôdôoo Qpô^gfnoQpooô 6, gôfnobgg'jcpooô gôfôgg 3ô5bôb(ncnb 7.
3 b(ncp(n dg5, bôy^Jôfôgcpcn, ojooobggQo qoô ob^ôggÔQo qoô 3£)cpb-
XX. I 1 ôfnôQjçp 0^ 3g5 A. — 2 Om. A. — 3 A add. gbg. — 4 ô^cojjggb A,
ôçoQcoj^ôb T. — 5 ôçBôcojjggdo A. — 6 -jjgôB A. — 7 o3ôfnbg5 AT. — 8 ÔÇ03CD- A.
— 9 T, fnF)^)c?bô A.
2 1 j35ob A. — 2 -cpo A. — 3 A add. 030. — 4 Om. A. — 5 £pô 3066. AT. —
6 -cdôq A. — 7 3ô5ôôbfî)50b T.
XX. 1 Nunc 1 lege tu 2 hoc quod scripsi tibi, tiu et fratres tui qui rfeee-
runt votum 3 et dilexerunt virginitatem, et omnes timentes Deum qui rfa-
ciunt votum 4 et ieiunant; quia dicit: « Votum-facite 5 et perficite Domino
Deo vestro; attendite ab omni neglegentia, et legem Domini meditamini
die et noete » 6. 2 Verbum indecens et procacitatem removete ab ore ves-
tro, quod illudit (litt. ludibrium facit) et confundit hominem, quia perfiei-
tur super illos verbum quod est scriptum in-evangelio, ut volebat Dominus
noster 1 auferre 2 avaritiam a Pharisaeis : « Quia erant pecuniae 3 amatores,
deriserunt4 eum » 5. Ita etiam nunc omnem qui non annuet (litt. sibi-impo-
net) facere verba haec descripta, ut Pharisaeos item irridebit. 3 Tu autem,
«
XX. 1 1 sed nunc tu A. — 2 Om. A. — 3 Litt. promiscrunt promissionem ;
promittent T. — 4 Litt. promittunt promissionem; promittent A. — 5 Litt.
promittite. — 6 Cfr Eccli., xvn, 11; Ps. 1, 2?
2 1 Om. A. — 2 Litt. abstergere. — 3 Litt. argenti. — 4 et der. AT. —
5 Luc., xvi. 14.
24
366 G- garitte
0003063 1 ycogôQo çoô qoô 2 8^C?° 3 Ü3C?°^ÔÛ
03038 836000 ‘6(00630 4 300330360 <r)ô8bô. qoô 30000(^30 0^801030-
cobcn 836 5 ^0360 363, 30300303 836 3600(0360000 803000 8380000,
603530(030300, 0QJQ033 rQoô 000353060633 53300360 6 qoô 8008036363
83 7 ^OO^QOO^ÜC?0 0^0 8 $9oQoôbô 0^0033060 9 83660 10.
3 1 g^çwbQmcpgoBg oyôg A. — 2 Om. T. — 3 A. — 4 T add. çpi ‘bfô^jBgô. —
5 Om. A. — 6 Om. A. — 7 Om. T ; A add. coôy«jô5ob0g3oco. — 8 Om. T. — 9 CPC033. Ç8.
A. — 10 A add. ô3g5; T add. £pô ytnygcpcDô yfncocnôoco ôçScnycojgôco jgôôa çpô
çooçoqôôq 3ô3obôa çpô dobôa qoô ÇSoçpobô bgç^obôQ, ôÇ çpô Sôftôçpob çpô
5335360000 533«j5obô3Qog. ô3g5.
dileete, lege et disee et stude1 faeere et perfieere, et2 lex Domini sit tibi me-
ditatio3 in-omni tempore. Et ut legeris tu 4 epistulam (litt. librum) hanc
preeor te per-vitam istam tuam, dileete, surge F et ora ad-Dominum (litt.
adora Dom.) 5 et memento mei 6 peeeatoris huius 7 in-sancta oratione tua 8.
3 1 studiosus sis A. — 2 Om. T. — 3 T add. et sollicitude. — 4 Om. A.
— 5 Om. A. — 6 A add. cum-adoratione. — 7 Om. T. — A add. amen;
T add. et omnes unâ edicamus laudem et gloriam Patris et Filii et saneti
Spiritus, nune et semper et a-saeculo ad-saeeulum. Amen.
Louvain,
9, Avenue des Hêtres.
Gérard Garitte.
UNE VERSION ARABE
DU «SERMON ASCÉTIQUE» D’ÉTIENNE LE THÉBAIN
Qu’un personnage complètement ignoré de l’histoire puisse sur-
vivre à un oubli définitif uniquement grâce à la conservation de
son œuvre littéraire, n’est pas un événement surprenant. Cela
paraît même très normal quand il s’agit d’un ascète, anachorète
ou cénobite, dont toute la vie a été recherche de l’humilité, détache-
ment du monde et fuite de la vaine gloire. Entre beaucoup d’autres
de ses frères dans le monachisme, c’est en tous cas le sort d’Étienne
le Thébain, dont aucune chronique ne semble avoir conservé le nom,
dont aucun disciple n’a consigné, dans un but édifiant, le plus
bref récit.
Mais ne nous y trompons pas, en parlant d’héritage littéraire
de ce moine de la Thébaïde. J. Darrouzès, après un dépouillement
des catalogues de manuscrits grecs, a réussi à réunir sous son nom,
en tout et pour tout, trois pièces ascétiques1 qu ’il conviendrait
d’ailleurs de soumettre d’abord à la critique littéraire :
1° 2âre</>dvov fiovaxov ®r)/3aîov Adyoç à<TKr)TiKÔ<s.
Inc.: IIpwTov pÂv, rétevov, à7roT<laaov rü> koct/jm • ••
2° Aidra^tç tov àyiov "^ret^avov rrâcri. povaxoïs'
Inc.: IIpo TrâvTwv XP'ÏI&P&V tt/v Taireivo<t>po(TVV7)v •••
3° 2re</>dvov ®T)flaiov èvroXat roîç àiroTa(T<ropÂvoi^.
Inc.: lïpœTov p.èv pr) noivtnvéav ptrà yvvaiKÜv •••
Si le Adyoç ào’KT/TtKOç n’a jamais encore été édité, les’EvroXat
et la Atàrafiç ont fait l’objet d’une publication de C. Dyobouniotis,
d’après un unique manuscrit, de la collection du Monastère de la
Chozobiotissa à Amorgos (Grèce) 2.
Il serait certainement très fructueux de comparer les ’Ei/roXat,
1 J. Darrouzès, Étienne le thébain, dans Dictionnaire de Spiritualité, IV,
Paris, 1961, col. 1525-1526.
2 K. I. Dyobouniotis, Ste^ovos à Sa/Jucrj;?, dans 'lepoç Svvâ«<r/zoç, Hz
(wtz), num. 193, 15 mai 1913, p. 9-12; ibid., num. 194, 1er juin 1913, p. 10-13.
367
368
J.-M. SAUGET
tant avec les « Regulae et Præcepta » d'Antoine le Grand 3 qu 'avec
les « Præcepta » de l'abbé Isaïe 4.
Déjà J. Darrouzès a attiré l’attention sur la similitude entre la
Ataraftç d’Étienne et le Xdyoç r' de l’abbé Isaïe : llept Karacr-
Taaea)<! àpxap'uav Kai KeXXMTa)v:>, inc. : IIpo 7rai/roç xp^opiev
r?/ç Tair€ivocl>pocrvp7}ç.
Mais il est nécessaire d’apporter une rectification à l’affirmation
un peu trop absolue de l’auteur selon laquelle «le contenu [de la
Atara^tç] recouvre exactement le Sermon 3 d’Isaïe de Gaza (PG
40, 1108-1112) ». En fait la Ataraftç déborde les limites du
Xdyoç I1'. Il est possible de le suivre jusqu’à la fin dans l’édition
de C. Dyobouniotis (n. 194, p. 11 b, ligne 2 in fine). Puis le texte
de la Ataraftç poursuit de manière continue :
’Eàv y fiovaxos êxtov SofÀov Kai èdays avrov atavrw, v fl piÇei's ro axÿfia,
Il est facile de reconnaître là :
’Eàv ys èv povaarypiia Kai Êx£lç SovXov, Kai Kparyays avrov, vflpifctis ro
(rxÿfia-
Or cette sentence fait partie duAdyoçA'de l’abbé Isaïe (§ Az
vers la fin) 6. Et le parallélisme se poursuit entre la Aidra^tç et le
Aoyoç A', l’œuvre supposée d’Étienne opérant de longues coupes
dans le texte d’Isaïe. Quant à 1’€VXV finale de l’édition de C.
Dyobouniotis, qui pour J. Darrouzès « semble du même auteur »,
bien que sans titre, elle se trouve parfaitement dans le texte du
même Adyoç A' (§ Zz un peu après le milieu) 7. Par delà cette
prière, le contact entre les deux textes ne cesse qu’avec Kai ovk
eX-ÉOvaiv T)pâ<s ovk^tl (Isaïe, Adyoç A', § H' ) 8. S ’il n ’a pas été
possible jusqu’à présent de repérer dans Isaïe la partie finale de la
Aidraftç, à partir de pfl Bovres TrpoaKoppa rfi avvecBiqaei rjpâv
(n. 194, p. 13a, ligne 15), il n’est pas définitivement exclu de
pouvoir la retrouver encore dans Isaïe dont l’édition critique fait
encore défaut.
3 PG 40, col. 1065-1074.
* Voir J.-M. Sauget, La double recension arabe des Préceptes aux novices
de l’abbé Isdie de Scété, dans Mélanges Eugène Tisserant, III (Studi e
Testi, 233), Vatican, 1964, p. 299-356 (cité Sauget, Double recension).
° Toô bu'iov irarpo<; ÿpüv àflflâ ’Haaiov Xôyoi K0'--- Nûy ro irpürov
LKidèovrai vtto Aîyovarivov p.ova>'o~: lopSav'irov, Jérusalem, 1911 (cité
Augoustinos), p. 7-14.
g Augoustinos, p. 20, ligne 14.
7 Augoustinos, p. 24, ligne 12.
s Augoustinos, p. 25, ligne 12.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
369
Ces constatations à propos des pièces 2 et 3 du dossier d’Étienne
le Thébain inclineraient volontiers à restreindre sa paternité au seul
Xoyoç ; cette question ne pourra cependant être résolue
que lorsqu’on disposera d’une édition des pièces attribuées à notre
moine de la Haute Égypte.
Qu’il soit permis cependant de faire remarquer dès maintenant,
qu’en franchissant les frontières de la littérature grecque ascéti-
que, seul le Xoyoç do’KTjrtKoç est transmis sous le nom d’Étienne
le Thébain, soit en version géorgienne 9 soit en version arabe.
C’est de cette dernière que je donne ici le texte d’après les
manuscrits que j’en ai pu rassembler, en en proposant également
une traduction française.
LA TRADITION MANUSCRITE ARABE 10
1. Vatican arabe 71n, 885, parchemin, 230 X 170 mm., 17-18
lignes, ff. 226v-234r (= A).
C’est ce texte qui sera pris comme base de la présente édition.
Il est très lisible, à l’exception toutefois de quelques mots en coin
inférieur extérieur, disparus ou rendus difficilement déchiffrables
par suite d ’un début de combustion du manuscrit. Ces lacunes
ont pu toujours être compensées grâce aux autres témoins, elles
sont indiquées, dans le texte, entre crochets < >.
2. Vatican arabe 695, copie du XVIIIe siècle du manuscrit précé-
dent. N’offrant aucun intérêt, le texte de cette copie n’est pas
retenu.
9 Ms. Sinaï géorgien 39 (Xe siècle), IX. Cfr G. Garitte, Catalogue des
manuscrits géorgiens littéraires du Mont Sinaï (CSCO, 165, Subsidia 9),
Louvain, 1956, p. 111. Encore faut-il noter que dans cette version géorgienne
1 ’auteur est, sans plus de précision, appelé « Étienne, moine ».
19 Pour un premier aperçu de la tradition arabe à propos d’Étienne le
Thébain, cfr G. Graf, Geschichte der christlichen arabischen Literatur, I
(Studi e Testi, 118), Vatican, 1944, p. 413; id., II {Studi e Testi, 133), 1947,
p. 497-498 (cité GCAL).
11 Pour la description de ce manuscrit, il faut encore se contenter de la
notice reproduite par A. Mai dans Catalogue codicum Bibliothecae Vaticanae
arabicorum... {Scriptorum Veterum nova collectio, IV), Rome, 1831, p. 143-145
(cité Mai, Catalogua).
13 Cfr A. S. Atiya, The Arabie Manuscripts of Mount Sinai {Publications
of the American Foundation for the Study of Man, 1), Baltimore, [1955],
P- 7. J’ai pu examiner le microfilm de ce manuscrit à la Bibliothèque de
l'Université de Louvain.
370 J.-M. SAUGET
3. Sinaï arabe 236 12, 1298, papier, 185 X 125 mm., 11 lignes, ff.
208p-215v (=B). Ce manuscrit est mutilé de la fin, et le Xd'yoç
d’Etienne qui le termine s’en trouve réduit aux 56 premiers para-
graphes de notre édition.
4. Sinaï arabe 57113, XIIe siècle, papier, 260 X 170 mm., 19-20
lignes, ff. 216r-222v (— O). Ce manuscrit est mutilé de la fin ; le
Xd'yoç d’Étienne qui le termine est malgré cela presque entière-
ment conservé. Par contre une détérioration assez grave des der-
niers folios dans leur moitié inférieure cause de graves lacunes
dans le texte.
5. Paris arabe 253 14, XIVe siècle, papier, 280 X 210 mm., 22 lignes,
ff. 246r-250v (=D). Ce manuscrit est mutilé de la fin; le Xd'yoç
d’Étienne qui le termine est malgré cela quasi intégralement con-
servé.
<6>. Sinaï arabe 235. Ce manuscrit ne m’a pas été accessible 15.
Graf16 sur la foi du catalogue de Margaret Dunlop Gibson17 y
signale des « Reden des Stfephanus] at-tabânï ».
Deux autres manuscrits contiennent un témoin de la version
arabe du Xd'yoç ào’KT/riKOç d’Étienne. Ce sont :
13 Atiya, ibid., p. 23, ne signale pas le Xoyos d’Étienne dans ce manuscrit.
C’est l’examen du microfilm qui me l’a révélé.
14 Ce texte n’est pas signalé par Graf, GCAL, I, p. 413, ni II, p. 497-498.
Il est pourtant signalé par le Baron de Slane, Catalogue des manuscrits
arabes (Bibliothèque Nationale — Département des manuscrits), Paris, 1883-
1885, p. 69; on y lit, il est vrai, à propos de ce manuscrit : «7° (f. 246),
Paroles d’Étienne Sabbaïte (sic UsIZmJ), moine de S. Saba, sur la
vie monastique ».
15 Ce manuscrit en effet n’a pas été photographié par l’expédition améri-
caine de 1950, et il ne figure pas dans l’inventaire d’Atiya.
16 GCAL, I, p. 413.
17 Voir Margaret Dunlop Gibson, Catalogue of the Arabie MSS. in the
Convent of S. Catharine on Mount Sinai (Studia Sinaitica, III), Londres et
Cambridge, 1894, p. 34. À propos du manuscrit 235, <jt'} on lit : Aoyoi rüv
àytwv Sv/xewv tov StvAitov Kai ^TE0avov tov Ghj/3aÏTOv, (J_j^
• É ne peut pas d’ailleurs s’agir d’une confusion avec le n° 236, car
(p. 35), la description qui en est donnée correspond
d’Atiya (p. 7).
dans le même catalogue
dans sa brièveté à celle
ÉTIENNE LE THÉBAIN
371
1. Vatican arabe 398 18, XVe siècle, ff. 102r-104r. sous le titre :
^2 I Aj LwJ I LaIx^ I L*j I «XaJ I
« [Extrait] des paroles du saint Anbâ Istifân at-tabâisï; que sa
prière nous garde. Amen ».
2. Paris syriaque (karsünï) 293, 149319, ff. 137v-139v, sous le
même titre.
La comparaison de ces deux manuscrits montre qu’il s’agit
exactement du même lexte, malgré l’affirmation de Graf, et que
loin d’être des extraits de la recension représentée par les témoins
énumérés plus haut, ce texte présente en une langue certainement
plus « littéraire » une recension très abrégée et résumée de la
« recension normale ».
Ces deux grandes différences de langue et de texte justifient
d ’elles-mêmes l'inutilité de ces deux derniers témoins pour la présen-
tation de la « recension normale » du Xdyoç do’K'nriKdç d 'Étienne
le Thébain; ils ne seraient en effet d’aucun apport pour l’étude
des relations entre le texte grec et la version arabe primitive.
Néanmoins cette « recension brève » peut nous retenir à propos
d’un autre problème.
C’est en effet le même Vatican arabe 398 qui a révélé l’existence
d’une «recension brève» des Préceptes de l’abbé Isaïe20. Or dans
ce florilège ascétique du XVe siècle, c’est la même section (ff. 101r-
162r) qui, sous le titre : Jlyl •••
It* ÛLa^JI lUMl «Au nom du Père...
Recueil de dires et de récits des Pères, les saints moines, parmi
ceux que rapportent le Paradis et d’autres [sources] », contient
(ff. 102p-104r) le Ao'yoç d’Étienne, et (ff. 136r-140v) les Préceptes
d’Isaïe. Or l’un et l’autre texte se présentent comme un abrégé
et un résumé d’une version très proche d’un original grec, et dans
une langue beaucoup plus libérée du modèle.
Au f. 162r, la section de Vatican arabe 398 se termine :
I i>. । « et ainsi (= dans son achèvement) s'achève le
18 Sur ce manuscrit, voir Mai, Catalogua, p. 499-500.
19 Voir [H. Zotenberg], Catalogues des manuscrits syriaques et sabéens
(mandaites) de la Bibliothèque Nationale, Paris, 1874, p. 192 (manuscrit 239,
nn 11).
20 Voir Sauget, Double recension, p. 302.
372
J.-M. SAUGET
Résumé (muhtasar) de Ibn al-'Assal ». Ce terme de muhtasar
ne se trouve pas dans le titre de la section du f. 102r, mais il
apparaît sans qu’une nouvelle section ne commence, au début d’une
pièce du f. 129p : lÿ'Lj jLjJ y* «Résumé des
récits des Pères et de leurs discours ». Si le muhtasar ne commen-
çait qu’avec le f. 129r, le Xdyoç d’Etienne n’y appartiendrait pas;
mais, comme je l’ai déjà noté, son apparentement certain au type
littéraire de la « Recension brève » des Préceptes d ’lsaïe, empêche
de conclure aussi rapidement, au sujet du début de ce muhtasar.
Par ailleurs, il ne semble pas que le muhtasar d’Ibn al-'Assal
ait laissé quelque trace dans l’histoire de la littérature arabe chré-
tienne 21. Le Vatican arabe 398 nous en offre-t-il le texte complet
ou seulement un fragment? Il suffit ici de poser le problème. Des
recherches ultérieures orientées dans ce sens permettront peut-être
de conclure que tant la recension brève du Xdyoç d’Etienne, que
celle des Préceptes d’Isaïe ont un même auteur, un des Ibn-al-cAssal.
LE NOM DE L’AUTEUR DU Aoyos
Après avoir examiné la tradition manuscrite arabe du Adyoç
àaKT^TLKOs, il n’est pas inutile de chercher à tirer du témoin le
plus ancien un argument non négligeable pour ce qui est du véri-
table nom de son auteur.
C’est qu’en effet C. Dyobouniotis inclinait fortement à identi-
fier Etienne le Thébain avec un autre personnage mieux connu,
Etienne le Sabaïte, dit le Thaumaturge (f 794), longtemps identifié
lui-même avec un autre Etienne le sabaïte, neveu de S. Jean
Damascène, et inscrit dans des synaxaires byzantins au 28 octobre
ou au 13 juillet.
Sans apporter de preuves personnelles, Graf était tenté par la
réduction de ces trois personnages en un seul 22.
G. Garitte a montré le peu de fondement de l’identification des
deux homonymes sabaïtes 23.
J. Darrouzès de son côté juge improbable l’hypothèse de C.
21 GCAL, II, p. 397/.
22 GCAL, I, p. 413.
23 G. Gakit’IE, Un extrait géorgien de la Vie d’Étienne le Sabaïte, dans
Le Muséon 67 (1954), p. 71-92; idem, Le début de la Vie de S. Étienne le
Sabaïte retrouvé en arabe au Sinaï, dans Anal. Boll., 77 (1959), p. 332-369.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
373
Dyobouniotis, à laquelle pourrait servir d’appui le titre de Sabaïte
qui apparaît dans deux manuscrits grecs récents qui transmettent
l’œuvre d’Etienne.
D’après son colophon24 le Vatican arabe 71 a été copié à la
Laure de Saint-Sabas pour un certain moine Isaac du Mont Sinaï,
en 885, c’est-à-dire moins d’un siècle après la mort d’Etienne le
Thaumaturge. À supposer qu’ait existé dans ce monastère quelque
tradition à propos de l’œuvre littéraire de ce célèbre moine, et que
notamment on lui ait attribué le Aoyoç doTcrçrixoç, pouvait-il venir
à l’esprit d’un moine du même monastère et après si peu de temps,
de dédaigner si fort un patrimoine conservé fièrement et fidèle-
ment, et de changer avec désinvolture le nom de Sabaïte en celui
de Thébain? On comprendrait mieux la transformation contraire.
En l’absence d’autre preuve, cet argument de critique externe
permet néanmoins d’affirmer qu’en 885, à la laure de Saint-Sabas,
l’auteur du Aoyoç doTojrtxoç était indubitablement considéré
comme Étienne le Thébain. C’est en même temps répondre à ce
dernier désir de J. Darrouzès, pour qui, malgré tout, il restait
« à expliquer aussi pourquoi ce Thébain n ’est pas connu des recueils
antérieurs au XIe siècle ».
L’ÉDITION DU TEXTE
Les quatre témoins de la version arabe du Aoyoç àaKrqTLKO^
présentent une uniformité telle, qu’il faut les considérer comme
d’une famille unique dont l’archétype est vraisemblablement le
Vatican arabe 71 (=A), qui de Palestine gagna le Mont Sinaï;
c’est de là que proviennent également le Sinaï arabe 236 (= B)
et le Sinaï arabe 571 (= O). Quant au Paris arabe 253 (=D), son
origine égyptienne ne fait pas de doute, et un certain nombre de
leçons communes avec C inclinent à voir entre eux une dépendance
directe.
En raison de son antiquité, et de l’intégrité du texte, c’est, comme
je l’ai annoncé plus haut, le Vatican arabe 71 qui a été choisi
comme base de la présente édition.
L’orthographe de A a été soigneusement observée. À l’exception
24 Le colophon de ce manuscrit a été publié par E. Tiseerant dans Specimina
codicium orientalium (Tdbulae in usum scholarum, 8), Bonn, 1914, p. xxxin-
xxxix.
374 J.-M. SAUGET
de variantes d’écriture constantes comme au lieu de y*,
au lieu de et XJJ au lieu de ainsi qu’écrivent
les autres témoins, toutes les autres différences orthographiques
ont été notées.
On a également laissé telles quelles des formes grammaticalement
incorrectes spécialement dans les verbes à racine faible, comme
par exemple au lieu de tj5Cï ‘ùL On se rend compte en
effet d ’une tendance constante à écrire tous les sons a — I (ce qui
explique la non existence du = alif masqsürâ et son remplacement
par I = alif tawwïl), o ou u = j (exemple donné üj£> M ) et i =
çjg M au lieu de M) 25. La finale I pour les mots
«attributs» est également inconnue jjS au lieubyu^
Ces particularités d’ailleurs montrent combien cette langue a subi
d’influences dialectales.
Quant à la syntaxe, elle se ressent beaucoup de l’original grec,
et quantité de constructions ne s’expliquent que de cette manière.
Le traducteur rend habituellement le mouvement de la phrase
grecque, quitte en d’autres cas à traduire ad sensum plutôt qu’ad
litteram. Mal à l’aise parfois devant certaines phrases, il les omet;
ne trouvant pas assez vite les synonymes ou les termes correspon-
dants dans une énumération, il abrège sans trop de scrupules. Une
comparaison a pu être faite entre notre texte, et celui du manuscrit
Paris grec 1066, ff. 186r-194r. Cette comparaison est positive quand
1 ’accord est absolu entre grec et arabe, elle ne peut être qu ’indicative
quand les deux textes divergent : le modèle de l’arabe avait peut-
être déjà les différences notées par rapport au texte du Paris grec
1066, qui n’est que du XIe siècle. C’est pourquoi il a paru inutile
de signaler toutes les variantes par rapport au texte grec connu.
Il faut là encore attendre une édition grecque du Xd'yoç. Par contre
il a paru intéressant de faire suivre la traduction française d’un
essai de lexique grec-arabe des termes du vocabulaire ascétique,
25 C’est spécialement le cas, chaque fois que l’on rencontre un verbe à
racine faible à une forme de l’apocopé (= conditionnel-jussif) ou de l’impéra-
tif.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
375
relevés dans les passages où l’accord paraît certain entre grec et
arabe.
Quant à la traduction française, elle suit le texte arabe le plus
littéralement possible 26. Les notes ont été réduites au minimum et
l’on n’a pas cherché à indiquer les parallèles possibles avec d’autres
textes ascétiques. Cette comparaison ne sera vraiment fructueuse
pour remettre Étienne le Thébain. dans son milieu historique, que
lorsque l’établissement critique du texte de son œuvre sera mieux
assuré.
26 Les mots ou expressions ajoutés sont indiqués dans le texte entre cro-
chets [ ]. Dans l’apparat critique au texte arabe le sigle (C) indique qu’en
cet endroit C est lacuneux et que son témoignage n’est ni en faveur ni contre
la leçon de A.
1 ^^-3
/aJUP1 3^' dy & 2|^
I -LCjIj [LLxJL 1
UMl Ija pA dLU
Tit. 1 B om. _ 2 B _ 3 D Ll _ 4 B ^Ubu.1 ; CD
LâLJ _ 5 B ; D — 6 D sup. lin. ; I ^1
1 7 B
r'Le Christ [est] mon Dieu, mon espérance et mon Sauveur.1
Ceci2 [est extrait] des discours d’Anba3 Étienne le Thébain, le saint 4,
sur la vie monastique.
1 Maintenant, ô mon fils, avant toute chose renonce au monde, « et éloi-
gne-toi de ta terre, et de ta famille » (cfr Gen., xn, 1), et des choses qui
t’apportent la préoccupation de ce monde, afin que tu voies les choses
cachées.
Tit. 1 B om. — 2 B enseignement. — 3 B notre Père. — 4 B c’est-à-dire
le ça'îdï (= de la Haute Égypte).
376
J.-M. SAUGET
.lz L JJ jL~JI y, dUs Ikill Uàfl 2
I lift», dLs I uiyû* dkJüiJ lajls. 3
.(£^'1 (y^btü
tjr* <—»l*sXS"'ù! I fj*» A*Xj l_5 <üjl ^j-4 uULi. I L 4
ofjr»j Aa^sjJI 1^4} yo *^*31
। <j^3 <L#aL^I ly* Juüj I 5
. o^bXaJIj Juüjlj (j^ii _j3 Jj5Cï 1 <C*ù!> 6
jj*^6 7 8**^ J yo Alali-1 y<j dlatyaJ I A*Xj l_j il I1 jà <Z^ I > 7
.Li^l y* ^i> J 4-^ *ùb crLJb b34^b **s(pl &
Ô^**^ *^b I_j ^mJI oôtt >AjCj I 8
. J LaJ I J çjü
2. 'CDj^b 4. 1 BC
6. 1 BCD 7. 1 BCD
8. 1 B ^UJ, sic in cod., corr. m2 3 4 5 (C).
2. Découvre le voile de ton coeur, et éloigne-toi de l’oubli, afin que tu
voies l’invisible.
3. Garde ton cœur afin que tu connaisses ceux qui habitent en toi, car
la garde du cœur [est] aux parfaits qui distinguent le bien du mal.
4. O mon fils, crains Dieu, et éloigne-toi de l’orgueil, du mal, et de la
jalousie, et de la vaine gloire, et de la médisance, et du bavardage.
5. Eloigne-toi des désirs de la nourriture et du regard des yeux.
6. Ne sois pas indécis, et éloigne-toi de la colère, et de la fureur, et du
murmure.
7. Renonce à ta volonté, et éloigne-toi du rire, et de la confusion, et du
trouble; évite aussi la médisance et la moquerie, et ne sois querelleur en
aucune chose.
8. Eloigne-toi de l’habitude mauvaise et de la convoitise, et ne sois pas
paresseux [ni] lâche, afin que tu ne tombes pas dans la lutte.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
377
•u^' û*^
^-Ujj 3 olÀIJ 2 4—*^ y J (JLilaJ I ij-t -Kûl b 10
JJi 4 ^5J üj£i *ÿj çj*^"l dll ô^b
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1 Àya,âJI <--** Ü*^1 <»ÜU 4—*^ V.J Ûlj-ê-i Ûj^J b 11
• J** (X (J**'
^à, Vj 12
• *ùb ^***^ b 1 Çr^ jP 1
, ±11jA (J>?elj 'JJ 41LmJu Ja^i> I 14
, t_j-k^J I «LCü I (jjj 15
10. 1 D jlxdl _ 2 D _ 3 BCD clàUl — 4 BCD et cod.
post correctionem m2.
11. 1 B om.
9. Ô mon fils, sois droit dans toutes tes actions, et qu’il n’y ait de men-
songe dans aucune de tes paroles, car Dieu aime les paroles vraies.
10. Ô mon fils, éloigne-toi de l’injustice, et ne sois pas ami des plaisirs ni
médisant, mais choisis pour toi la honte bonne, “et ne sois pas indocile
pour ne pas mourir avant ton temps” (Eccl., vu, 17).
11. O mon fils, ne sois pas avide ni ami de l’argent, rcar l’amour de
l’argent est1 la racine de tout mal.
12. Ne sois pas hypocrite et ne désire pas ce qui appartient à autrui.
13. Evite le péché et le mal, et ne sois pas insatiable.
14. Domine-toi et ne suis pas ta volonté propre.
15. Ne sois pas voleur, mais éloigne-toi du mensonge.
11. 1 B om.
378
J.-M. SAUGET
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• d । ^2^3^* <J“* f Ô3^> 17
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.itUaJI dll Jiàl yS*^_j Jjlfi- Û^J 19
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. (_/«UI JS* y-o ç^9"•* 23
(jl J^i UjjjJ ^lyôj^b ^cJlyaJl pLdl Lù^ L-iS ^lül 24
.ojGI
20. 1 B ^\yb; (C)
21. 1 D sup. lin.; (C)
16. Ne sois pas sot, mais évite la désobéissance.
17. Ne colporte pas de conversation d’un lieu à l’autre.
18. Ne sois pas troublé, agité, mais sois confiant, calme, craignant Dieu.
19. Ne sois pas nonchalant, négligent, mais choisis pour toi l’obéissance.
20. Ne recherche pas les choses mauvaises, et ne sois pas fourbe, et ne
marche pas avec les déloyaux, car tout cela, ce sont des oeuvres du vieil
homme.
21. Mais, ô mon bien aimé, crains Dieu seulement, et ne sois pas effronté
[ni] insolent, mais sois doux, humble, car “les doux hériteront la terre”
(Matth., N, 5).
22. Humilie-toi devant Dieu afin que Satan ne l’emporte pas sur toi.
23. Sois calme, humble, plus que tous les hommes.
24. Regarde comment a marché le bon Maître dans l’humilité; Il nous a
montré un exemple pour que nous suivions ses traces.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
379
ê£*Mj.A2j I JS* jk» I 25
I L* I ’ c) A**ju c। I 26
.jluil JJü £JI Ul <yl Jlï 31 Jl Jâj| 27
À9jJ» JJU dUlJ» JS* û)l d>£j_? ^-yaJ L*-i L^l» 28
pJU£ pX>l 131 1 (J^U* (/jXU plxJ ÛlS^ l-X£jfc qaLpeIIj 29
, Aj U^i I L I (J-'>-*-)* p.J 2 a£**j •^£’ I IjJj3’ pjj-» I L JS*
p^ju’l oXjsM ci ô^j3^ c/Àll ô^li 30
.(/"Ldi JS* fjr»
^1 j (jLd'ùM ajc^mJL I L 1 (j*JI 31
26. 1 B p^l^l
29. 1 D — 2 BC sed C add. aLJ in marg. ; D add.jjJlL
31. 1 D sup. lin.
25. Regarde tous les saints, comme ils ont marché dans l’humilité.
26. Regarde Abraham le croyant, comme il s’est humilié et a dit: “Je
suis terre et cendre” (G en., xvm, 27).
27. Regarde Moïse lorsqu’il a dit: “Je suis balbutiant et ma langue est
embarrassée” (Ex., iv, 10).
28. Quant à Isaïe, il crie et dit: “Toute notre justice est devant toi com-
me un linge souillé” (Is., lxiv, 6).
29. Et le Sauveur enseignait ainsi à ceux qui l’écoutaient, disant: “Si
vous avez fait tout ce qui vous a été commandé, dites: Nous sommes des
serviteurs inutiles *, nous n’avons fait que ce qui nous a été commandé”
(Luc., xvn, 10).
30. Ceux en effet qui sèment dans la bonne terre, s’humilient plus que
tous les hommes.
31. Marche donc, ô mon fils, dans la pauvreté, car la pauvreté humilie
29. 1 D add. [et] vains.
380
J.-M. SAUGET
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2^ JT dL% jôU
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jj5C> . p4>3û’ ûl y* ^»**j (jl
^/j dli LmJ Izj l^j dLli dU L» Q£ 35
32. 1 BC &&
33. 1 BD ; (C) — 2 BCD _ 3 B ^J|
34. 1 BCD _ 2 B
l’homme; ne possède que ce qui t’est suffisant pour ta nourriture et ton
vêtement, et le reste, donne-le à ceux qui sont dans le besoin, selon le com-
mandement du Seigneur.
32. Et sois absorbé en Dieu afin que tu goûtes sa douceur et connaisses
sa volonté.
33. Sois, ô bien aimé, désireux de toute bonne parole; quant à la parole
de laquelle il n’y a pas pour toi d’utilité, ne cherche pas du tout à l’écouter,
comme [quelqu’un] aimant Dieu, selon ce qu’a dit le Seigneur dans l’Evan-
gile: “La brebis qui est mienne écoute ma voix” (loh. x, 3), “et celui qui est
du Seigneur écoute les paroles du Seigneur” (Ioh.f vm, 47).
34. Ô mon fils, si tu es assis au milieu de plus grands que toi, aime à
écouter plus qu’à parler; ne te hâte pas de parler, pour ne pas être insensé.
35. Sois le maître de ton cœur, et domine ta langue, et qu’il n’y ait pas
ÉTIENNE LE THÉBAIN
381
ÔK* i-jjJI ûi**2^* iX £-» tUJ
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35. 1 BC CrDb
37. 1 BCD om. — 2 B ; (C)
pour toi de plaisir à écouter une médisance sur quelqu’un, afin que tu sois
en paiÿ avec tous les hommes; tous les saints du Seigneur, en effet, ont
possédé paix et amour, et Dieu habite dans les hommes en qui [il y a] la
paix et l’amour. Il est écrit: “Une paix abondante appartient à ceux qui
aiment ton nom” (Ps., cxvm, 165), et ceux qui aiment Dieu jouissent d’une
paix abondante avec tous les hommes.
36. Ô mon fils, que tout homme soit honoré devant toi, et lorsque tu es
assis dans ta cellule, ne laisse pas tes pensées se disperser au dehors, et de-
mande au Seigneur qu’il te donne [la] force et qu’il t’accorde vigilance et in-
telligence pour que tu connaisses ce qui habite en toi.
37. Lorsque tu es assis dans ta cellule, ne sois pas comme le tombeau,
mais sois comme une mine pleine d’or, avec une garde nuit et jour; et ce
qui te garde, c’est la force du Seigneur, elle qui garde ton esprit, je veux
dire: la connaissance, et la foi, et la longanimité, et l’abstinence, et la sinr
25
382
J.-M. SAUGET
C%JI IÀ* Jl JI^JI Jl JJ
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38. VD Jl _ 2 BD ; (C)
39. 1 B om. ; (C)
41. 1 B I3I — 2 B Ij^jU
plieité, et l’innocence, et la pureté, et l’amour, et la chasteté, et la vérité,
et la justice; ces [vertus] entourent l’homme pour qu’il ne dévie ni à gauche
ni à droite. C’est cela l’armure par laquelle, lors qu’il s’en revêt, l’homme
•devient fort dans la lutte (cfr Eplies., vi, 11, 13), et les ennemis qui l’at-
taquent s’écartent de son lieu, je veux dire: les mauvaises pensées qui l’as-
saillent.
38. Ô mon fils, lorsque tu es assis dans ta cellule, sois comme un timonier
avisé, conduis ta barque et regarde de quelle direction rvient le vent, s’il est
calme ou agité \
39. Lorsque tu es assis dans ta cellule, ne sois pas comme un juge, mais
établis rpour toi1 le Seigneur comme juge et vengeur.
40. Ne t’écarte pas de la prière afin que le Seigneur t’exauce.
41. Si tu es en difficulté, espère le repos.
38. 1 B pluriel.
39. 1 B om.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
383
i ô *u) । (JS* aü i^Ludu I 42
j_j2> 2 ù'„-^l £* JJlîiï (JJ ôjïJI dLkxjj dL^aJJsi
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aJla)I j^JI û^ ci dLls üj^iJ û
OÂâS cJl ûb ‘^*® û ûj^J û C~**Xs» 1^1 45
42. 1 BCD dù£ — 2 B dJjjlûU — 3 B ^Jlu
43 1 B dJjU
42. Livre ton âme à Dieu de toute ta force afin que Dieu combatte à ta
place, et qu’il te sauve, et qu’il donne la force pour que tu combattes contre
ceux qui t’attaquent, car "sans Dieu tu ne peux rien” (cfr loh., xv, 5) ; mais
si l’homme implore Dieu, Il lui accorde force, et vigilance, et connaissance,
et intelligence, et II le conduit dans sa volonté.
43. Lorsque tu es assis dans ta cellule, ô mon fils, possède la vigilance:
que le corps ne soit pas dans la cellule et l’âme en Egypte; tu ressemblerais
à ces tribus qui étaient dans le désert avec leurs âmes en Égypte; mais au
contraire, mets un sceau à ton corps, et mets un sceau aux pensées et aux
paroles, afin d’acquérir une bonne pensée.
44. Lorsque tu es assis dans ta cellule, et que ton frère te rapporte une
parole mauvaise, ne la reçois pas dans ton cœur, afin que tu restes calme, et
que ton cœur demeure dans sa manière d’être, car les pensées de la cellule
sont nombreuses.
45. Lorsque tu es assis dans ta cellule, que la psalmodie soit sur ta
384
J.-M. SAUGET
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46. 1 B 2 BCD om.
48. 1 BCD ; cod. dlxJLi — 2 BC iûdxJU
bouche, et si tu interromps la psalmodie, qu’alors tu aies la vigilance, afin
que les ennemis ne te trompent pas; mais persévère dans la pureté et sois
ami du Saint-Esprit.
46. Lorsque tu es assis dans ta cellule, combats-toi toi-même, afin que
tu reçoives la grâce de la cellule, car ses dons sont très grands L
47. Lorsque tu es assis dans ta cellule, ne t’habitue pas à être dans
l’attente que quelqu’un vienne chez toi, et ne promets à personne que tu iras
chez lui, afin que tu restes calme. Mais à cause du commandement du Seigneur
accueille qui vient chez toi, et si un frère vient chez toi et demeure auprès
de toi une semaine, reçois-le par amour de Dieu.
48. Si tu sors de ta cellule, garde ton cœur, de peur que tu ne fasses sortir
ta barque pleine, et que tu ne la vides à cause du regard de tes yeux et de
l’entendement de tes oreilles; mais sois fidèle, et que toute chose que tu en-
tendes soit pour toi à utilité, afin que tu rentres dans ta cellule étant calme.
46. 1 B nombreux.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
385
Js>At <uô I £* _**- -—L*^~ I I 49
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4ül Pj*\ cX'_? 4*^ <x* Aj^® Vj ‘—*pl x^~ ûj^> 53
, ôLlySj JaÂsJj
51. 1 \y£— 2 add. sup. lin. m2; BCD in textu.
52. 1 BCD jJüJI
49. Lorsque tu es assis dans ta cellule, que le souvenir de Dieu soit
avec toi en toute heure, et que t’entoure la crainte de Dieu en tout temps,
"car la erainte de Dieu éloigne de l’âme tout péché” (cfr Ecclesiast., i, 27),
et tout mal et toute souillure.
50. Celui qui acquiert pour lui-même la crainte de Dieu acquiert
toute grâce.
51. Celui qui possède la crainte de Dieu, possède un trésor plein de tout
bien, car la erainte de Dieu délivre de tout péché, et à cause de la crainte de
Dieu, nous tous, nous nous éloignons de tout mal.
52. O mon bien aimé, lorsque tu es assis dans ta cellule, veille à ce que le
jugement, et le Châtiment soient devant tes yeux, et accomplis l’œuvre de la
vie, et “ceins tes reins” (cfr Luc., xn, 35) avec l’enseignement du Seigneur, et
alors tu piétineras les forces de l’ennemi.
53. Ne sois pas sans science, et ne sois pas vide de Dieu, mais crains Dieu
et observe ses commandements.
386
J.-M. SAUGET
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1 Û^J ^/j (/«U b çÂï (^.AU t-^). Ôj^» JLjl £4 *ÿj
ObwJ ’ (j^"***1^"* J^b^» ^Lmû I ^9 J>^b^» Obü^J
. ôljJ £ ïâ^lya-» aj
ob*û I ^^i^CsS ^LU .Ape^j jl o»2>j I 59
54. 1 BD ; (C)
55. 1 B oMl ; (C)
56. 1 B hic desinit
58. 1 D om. ; (C)
54. Ô mon fils, ne sois pas serviteur à cause de la gloire des hommes,
garde ton âme de la vaine gloire, “afin que Dieu ne disperse pas tes os”
(cfr Ps., lu, 6).
55. Que chaque action que tu accomplis soit à cause du Dieu du ciel.
56. Que tes actions soient pures, afin que Dieu t’exauce rapidement *.
57. Veille à ce que tu tiennes ton âme devant Dieu sans défaut, et ne
sois pas négligent jour après jour, et que ton temps [ne] se passe [pas]
dans la négligence, et que tu [ne] maudisses [pas] le jour où tu es né.
58. Je te recommande, ô mon fils, de ne pas marcher avec un homme en
qui il n’y a pas pour toi d’utilité, ni avec un homme coléreux; et ne sois
pas le compagnon du médisant, et ne sois pas ami d’un homme querelleur, et
ne marche pas avec un homme querelleur, et ne marche pas avec un
homme qui a de l’amitié avec une femme.
59. Si tu veux te choisir un ami, que ce soit un homme fidèle, que ses
56. 1 B hic desinit.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
387
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JS* 1 (Jj>^ (J3 dLi ojU ^2L_j dUJ ç^AJI ja aj^ aj j^»jU 63
.ApjJI dJjISAil
59. 1 D sup. lin.
63. 1 CD
60 1 D sup. lin.
actions soient meilleures que les tiennes, et qu’il soit un homme aimant Dieu;
qu’il ne soit pas préoccupé des affaires de ce monde qui séparent les hommes
les uns des autres.
60. Que soit ton ami, un homme pauvre, aimant Dieu, humble, étranger,
observant son expatriation et sa langue.
61. Ô mon fils, sois ami de tous ceux qui craignent Dieu et observent ses
commandements.
62. Ô mon fils, que ton espoir ne soit en personne à cause des affaires
de ce monde, “mais jette ta préoccupation dans le Seigneur”, (Ps. liv, 23),
et lui se préoccupera de toi, car II est celui qui te garde et veille sur toi, et
qui te protège; et II fortifie ton cœur et te guide, et II est celui qui t’en-
seigne et qui est ton secours.
63. Porte des fruits pour lui, car II est celui qui adoucit ton coeur, et
répand son feu en toi pour que rtu brûles1 toutes tes pensées mauvaises.
63. i CD il brûle.
388
J.-M. SAUGET
’ Cf* I I “\i 3 ' cJ ' '3^ ’ 64
» IjiX« tiU J AXSU dLJju J 13 jXmU <J I ^s
dLls ü^)ù«> dLJa*j 3&3 AaJs1 3&3 àjc< dLAs <£^u> 65
c)l jLj^I aul (_)ls l.dis» 1 ^a»jj ^\s aLm^ àxJIav cxuI oL?
i^LLJsaj 3^3 JS* <_)“**** oJLu« lôl 3 f3^i OlS**
I3l_j AjL^àJI (_ÿj^laJI <±L*_j dlxJJ» iJ c**«Lk 131 ^jl L 66
JS* (_^eJj j CCC F*' J^* lJ J)jS*
AtU, JS* dLls (j 4ül ûj^j c~ix^i J)jS* C^^3
66. 1 D oJjL — 2 D et sup. lin. J^l ; (C)
64. Approche-toi du Seigneur, et II s’approchera de toi, écoute le
Seigneur, et II t’écoutera ; réfugie-toi en lui afin qu’il te protège et t’enseigne
sa loi et sa connaissance, et qu’il soit pour toi un guide.
65. Accorde ton cœur avec lui, et II t’aidera; obéis-lui, et II t’accordera
les demandes de ton coeur; et si tu lui adresses une demande, ne retourne
pas en arrière, car Dieu éprouve l’homme [pour voir] s’il persévère et pa-
tiente; mais lorsque tu demandes, demande de tout ton cœur, et II t’accor-
dera la demande de ton coeur.
66. O mon fils, lorsque tu es assis dans ta cellule, que soit avec toi le
chemin étroit ; et lorsque tu es assis à table, que soit avec toi un conseil,
afin qu’à cause de ton ventre, tu ne méprises pas ton visage.
67. Ô bien aimé, enseigne à ton âme le chemin de la vie, et ne sois pas
tortueux, mais droit en toute affaire; ne te disperse pas à tout vent, et ne
poursuis pas toute action; mais sois confirmé dans l’Écriture, et que la loi
de Dieu soit dans ton coeur en toute heure, comme David le prophète lors-
ÉTIENNE LE THÉBAIN
389
•Ai ûlS^ dJu^U 1 ûl (Jjûû ^1 ^jJI ^jl^
. c*£1a
dLu» cJl_j JUlll û dLl^u ûl aül JLmÛ' ûl <j^l b A?ej 68
I (S jl j, **- 1 lj I 1
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. djju ujS^
djl^ûl Jalsî *ÿj 1 IjAxJI <-r~=- ç? ±JIjA Jalsî ûl Ajy 69
4j*ù/ 4jLUb9 yj dL^alsû ûl 4»! (j-'’ u-ûLl oj^J-l
ojIjûI jalaLlj oIâLI jJI Àa»J |»ôI , I Àa._j ÛL^^I
67. 1 C om.
69. 1 CD jjüJI
qu’il dit: “Si ta loi n’avait pas été ma méditation, alors j’aurais péri dans
mon humilité” (Ps., cxvm, 92).
68. Ne sois pas trouvé, ô mon fils, si tu demandes à Dieu de t’aider dans
le combat, en train, pour ce qui est de toi, de te lier avec Satan; alors que
tu demandes de ne pas entrer dans la tentation! Il y a en effet des choses
par lesquelles l’homme lie son âme avec Satan, parce que celui-ci cherche à
attraper l’homme par ruse, comme dans un piège ; il fait venir dans l’homme,
en effet, sous l’apparence de la pitié une œuvre mensongère et non ac-
ceptable.
69. Ne cherche donc pas à mêler ta volonté propre avec l’amour de
l’ennemi, et ne mêle pas l’amertume avec la douceur, mais demande à Dieu
qu’il te délivre de ses pièges, parce qu’il trompe l’homme sous l’apparence
du bien. Adam, il l’a trompé sous l’apparence de la justice, et il a mêlé
l’amertume à la douceur.
390
J.-M. SAUGET
1 lljlLil yj
2
. «
dU|^l
70. 1 D ; (C) — 2 CD
71. 1 CD
70. Garde donc ton âme, ô mon fils, “et ne donne pas à tes yeux de som-
meil, ni à tes cils d’assoupissement, afin que tu échappes, comme le chevreuil,
au filet” (Prov.f vi, 4-5), et garde ton coeur en toute vigilance, car [c’est]
d’elle [que partent] les chemins de la vie.
71. Et si tu es assis dans ta cellule, ou si tu es avec les hommes, préoc-
cupe-toi de ton âme seulement, et blâme-toi toi-même; ne porte pas de juge-
ment sur quelqu’un et [ne] le blâme [pas], mais ton blâme à ce propos,
fais-le revenir sur toi-même, comme il est écrit en Paul: “Pleurez sur vos
péchés les uns les autres, et à propos de vos défauts, pensez qu’ils sont
vôtres”.
72. Si en effet tu penses que les défauts de ton prochain sont tiens, tu
ne jugeras personne, et tu ne feras de tort à personne et tu ne t’enorgueil-
liras par rapport à personne; mais à cause de l’amour de Dieu, tu suppor-
teras tout.
73. Ô mon fils, domine ta volonté propre afin de te soumettre à la volonté
du Seigneur; et c’est la volonté du Seigneur que tu gardes ses commande-
ÉTIENNE LE THÉBAIN
391
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l_jj b» *!_a-^ I i_l I ^lu I 77
ments, afin que tu sois puissant dans toutes tes oeuvres, et que tes oeuvres
soient pures, “car les commandements de Dieu ne sont pas lourds” (1 loh.,
v, 5). Il crie et dit: “Venez à moi, vous qui peinez et qui êtes accablés sous
les fardeaux, et moi je vous donnerai le repos” (.Matth., xi, 28).
74. Nous, nous savons que lorsque l’homme s’attache au Seigneur et
l’invoque, Il le décharge de ses péchés, et s’accomplit pour lui la parole du
Sauveur:5'“Vous, vous êtes mes disciples en vérité, et vous connaissez la
vérité, et la vérité vous libérera” (loh., vin, 31-32), car c’est Dieu qui purifie
l’homme.
75. Attache-toi donc au Seigneur, et garde-toi de toute action mauvaise,
porte secours à ton âme, et évite le péché comme celui qui évite la rencontre
du serpent.
76. Si tu veux être sans péché, ne mêle pas ton âme à une quantité de
choses, car c’est de l’abondant mélange que [proviennent] les causes des
péchés : mais sois dans ta vie effacé, afin que tu entres par la porte étroite.
77. Regarde les saints, comment ils ont vécu dénués, dans une pauvreté
complète, dans la faim et la soif, et le dénuement, et ce qui s’en suit, afin que
392
J.-M. SAUGET
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JJj Ô^sJ^II (ÔU6 J3 0_^.3J I ôÛa ^J23'l (—~yj*- b 79
78. 1 D L j — 2 D ^| ; (C) — 3 CD 4 sup. lin.
tu saches que “[c’est] par beaucoup de tribulations [que F] on entre dans
le royaume de Dieu” (Ad., xiv, 22).
78. Ô mon fils \ si tu désires entrer dans le royaume du ciel, accepte
les tribulations, “car la porte est étroite” (Matth., vu, 14); et2 si quel-
qu’un aime Dieu de toute son âme et de tout son cœur, il faut qu’il s’af
fermisse dans sa crainte, et la crainte engendrera en lui le gémissement et la
joie, et de cela il reçoit une grande force, et alors son âme porte des fruits;
et lorsque Dieu voit la beauté de l’effort de l’homme, Il le reçoit et II lui
pardonne tous ses péchés et II l’établit avec les anges, -et II lui donne une
garde qui le garde dans toutes ses voies jusqu’à ce qu’il atteigne le lieu du
repos; et lorsque Satan voit cette garde avec lui, il ne peut s’en approcher,
puisqu’il voit avec lui cette force qui l’entoure.
79. O bien aimé, acquiers donc cette force afin que Satan te craigne et
78. 1 Les paragraphes 78-85 manquent dans le grec, qui a un autre texte
à la place. — 2 Jusqu’à la fin du paragraphe, cf. V. Arras, Collectif)
monastica (CSCO, 239, Aeth. 46), Louvain, 1963, p. 63-64, chap. 13, [10]b
(fait suite à un apophthegme attribué à Poemen).
ÉTIENNE LE THÉBAIN
393
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.4ül Jl £jUJI jl Ujk Ijj^ M 2ÛI
79. 1 C adde JS* 80. 1 D &UJ I ; (C)
82. 1 adde jl - 2 CD
que tu sois sage dans toutes tes actions, et que s’accroisse en toi la grâce,
et que tu sois rempli de la douceur du Saint-Esprit car elle est plus douce que
le miel. Beaucoup de moines n’ont pas connu l’excellence de celle-ci, car ils
n’ont pas possédé cette force divine, et ils n’ont pas accompli son oeuvre, et
c’est pourquoi Dieu ne leur a pas accordé ce secours qu’il accorde à ceux qui
accomplissent ses commandements en un lieu, car “Dieu ne fait pas accep-
tion de personne” (Rom., 11, 11).
80. Et à cause de cela donc, ô mon fils, acquiers la simplicité du coeur
pour qu’habite en toi la force divine, et alors, tu passeras tous les jours de ta
vie dans la liberté et la joie.
81. Et sache, ô bien aimé, que nous avons des ennemis, et ils veulent
nous empêcher de monter vers le Seigneur.
82. Et à cause de cela, il nous faut demander à Dieu, nuit et jour, sans
cesse [et] toujours, qu’ils ne trouvent pas contre nous de motif pour nous
empêcher de monter vers Dieu.
394
J.-M. SAUGET
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85. 1 CD û^*»*?">
83. Quant aux saints qui ont acquis cette force et avec qui elle est
[encore], ceux-là (= les ennemis) ne peuvent pas les empêcher de monter,
et ils ne s’approchent pas d’eux, voyant cette force en eux et l’œuvre de celle-
ci tant qu’elle habite dans l’homme.
84. Cela, c’est que l’homme rejette toute estime des hommes et qu’il la mé-
prise; qu’il ne se préoccupe pas non plus de leur mépris ou de leur dédain;
qu’il haïsse également les affaires de ce monde qui pense que ce sont des
choses estimables; qu’il rejette aussi toute satisfaction corporelle et qu’il
purifie son coeur de toute pensée impure; et s’il demande à Dieu en tout
temps, par le jeûne et les larmes, qu’il lui accorde la miséricorde, alors Dieu
le bon, le vertueux, ne temporisera pas, et ne tardera pas à lui accorder ce
qu’il a demandé.
85. Veillons donc à ce que nos actions ne soient pas en vue de la gloire
des hommes, sinon Dieu n’accueillera de nous aucune demande, et ne nous
donnera pas cette force qu’il a donnée à ses saints et à ses purs, car le
Livre dit: “Dieu brise les articulations de ceux qui regardent les hommes,
et de ceux qui agissent injustement à leur égard” (cfr Ps. lu, 6).
ÉTIENNE LE THÉBAIN
395
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87.
CD J^u
89. 1 D _ 2 D sup. lin. _ 2 CD
86. Ô mon fils, si tu aimes le Seigneur, Il te donnera FEsprit-Saint,
car II donne FEsprit de vérité à ceux qui l’écoutent.
87. Si donc tu ne peux pas être fils, sois ouvrier, car le bon ouvrier
demande avec assurance son salaire.
88. xEt si tu ne peux pas être ouvrier, imite David lorsqu’il s’écrie et dit:
“Je suis ton serviteur; enseigne-moi et fais-moi comprendre tes comman-
dements” (Ps. cxvin, 125; 73).
89. Et si tu n’es même pas serviteur, pleure sur toi-même et dis: “Je me
suis fatigué à crier, et ma gorge s’est enrouée” (Ps. lxix, 3), afin que n’arrive
pas à ton sujet ce qui est dit: “Le serviteur qui connaît la volonté de son
maître, et n’est pas disposé à la mettre en pratique en tant que sa volonté
et ses commandements, [celui-là] et frappé beaucoup”, “et de celui qui
reçoit beaucoup on demande beaucoup” (Luc., xn, 47-4S).
90. Et à cause de cela, ô mon fils, sois fort, choisis pour toi l’œuvre de
396
J.-M. SAUGET
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90. 1 CD om. — 2 C e^U — 3 C
92. 1 D ujyj ; (C)
Marie (cfr Luc., x, 42), celle qui choisit pour elle-même la meilleure
part; [et la meilleure part1 c’est que tu croies au Seigneur, et que tu
écoutes sa parole et que tu observes ses commandements, comme Marie, et
que tu sois ferme, droit, armé rde la croix 2, désireux d’apprendre, doux 3
[et] innocent.
91. Ô mon fils, sois préoccupé de ton coeur, et veille sur ton corps, com-
me il est nécessaire à l’amour de Dieu, et “place ta préoccupation sur le
Seigneur” (cfr Ps. liv, 23).
92. Sois vigilant de l’intérieur et de l’extérieur, et ne juge personne, car
celui qui ne se préoccuppe de personne, celui-là prie et glorifie Dieu, puis-
qu’il se préoccupe entièrement du Seigneur en tout temps; sa lampe est
allumée (cfr Matth., xxv, 4), ses reins sont ceints (cfr Luc., xn, 35), il a de
l’huile dans son vase (cfr Matth., xxv, 4), il combat Satan et lui résiste,
il porte des fruits pour le Seigneur, son coeur est une habitation pour
l’Esprit-Saint, et “sa maison est construite sur le roc” (Matth.. vu, 24) ; il est
90. 1 CD om. — 2 C du Seigneur. — 3 c humble.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
397
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92. 2 CD — 3 D ja — 4 D ; (C)
94. 1 D U>
longanime, doux, humble, triste mais non dans l’afflietion, il est triste à cause
de Dieu, mais il ne s’afflige pas à cause du monde; il est joyeux et gai en
Dieu, calme, silencieux et son silence l’entoure; '’ce qui est derrière il l’oublie,
mais ce qui est devant il l’accueille” (Phil., 111, 3) ; il supporte les reproches
des hommes; il est comme un arbre qui ponte des fruits doux; il est intel-
ligent dans le bien, juste en toute affaire, *‘sel non affadi” (cfr Matth., v,
13); ses paroles gardent la mesure, il ne dévie ni à droite ni à gauche; il
est éclairé de l’intérieur et de l’extérieur; il est comme la bonne semence dans
la bonne terre (cfr Matth.. xm, 24), et il fructifie au centuple; il est
parfait en toute chose.
93. C’est cela la meilleure part, acquiers-la pour toi, ô bien aimé; c’est
la meilleure part que personne ne peut t’enlever (cfr Luc., x. 42), et imite
l’oeuvre de Marie.
94. Si tu ne peux pas être comme Marie, attache-toi à l’oeuvre de Marthe ;
préoccupe-toi du Seigneur en servant ses saints.
95. Choisis une œuvre qui soit tienne jusqu’à la fin, et “lorsque tu as
20
398
J.-M. SAUGET
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2 ôLïj
95. 1 D _ 2 D ^U.|
98. 1 D om. ; (C) — 2 C 4^
mis la main à la charrue, ne retourne pas en arrière” (cfr Luc., ix, 62), mais
que ta préoccupation soit ce qui est devant toi, t’écriant et disant: “Je ne
donnerai pas de sommeil à mes yeux, ni d’assoupissement à mes cils, ni de
repos à mes tempes, tant que je n’aurai trouvé le lieu du Seigneur, l’habita-
tion du Dieu de Jacob” (Ps. cxxxi, 4-5).
96. L’homme qui implore le Seigneur n’est pas dans le repos tant que
Dieu ne l’a pas exaucé, comme il est écrit : "Ce pauvre crie et le Seigneur l’a
entendu et l’a délivré de toutes ses tribulations” (Ps. xxxm, 6).
97. Considère bien que, si l’homme se fait pauvre pour Dieu, Dieu l’ex-
auce rapidement.
98. N’as-tu pas entendu que “le royaume de Dieu ressemble à un homme
commerçant qui cherche la pierre précieuse, et lorsqu’il a trouvé une pierre
précieuse d’un grand prix, il va, vend tout ce qu’il possède et l’achète”
(Matth,. xiii, 45-46) ?
ÉTIENNE LE THÉBAIN
399
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99. 1 D ^Jl ; (C)
100. 1 CD om.
99. Et si un 'homme dit:“Je n’ai rien à vendre” on lui dit: “Va, renonce
à tes désirs mauvais afin que tu acquières pour toi la pierre précieuse qui
est l’Esprit du Seigneur”.
100. Acquiers pour toi l’intelligence et la science, et ne sois pas insensé,
car “tout est contraire à l’insensé” (Prov., xiv, 7). Mais au contraire l’homme
rsage [etJ 1 intelligent profite des deux côtés à la fois : du bien qu’il a fait,
et du mal qu’il n’a pas fait.
10.1. L’homme intelligent “tire son filet sur la plage, et place les gros et
bons poissons dans un vase, mais les mauvais il les jette dehors” (cfr Matth.,
xin. 48).
102. Sois intelligent dans le bien et sois calme à propos du mal; il y a des
hommes qui sont sages dans le mal et inintelligents dans le bien; en effet,
“l’esprit de l’homme est toujours attiré depuis sa jeunesse vers le mal”
{Gén., vin, 21).
100. 1 D om.
400
J.-M. SAUGET
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2 j^jA (^ÂJI £* j»^À*Jlj (J*AaJI ljXXà‘1 Ufljlj 4ül (jj^lâJb
. 4ül (_JI jXb
107. 1 D ; (C) - 2 D ; (C)
103. Attire donc ton coeur vers le bien en toute heure, et applique ta
pensée en lui devant le Seigneur.
104. Lorsque tu es assis dans ta cellule, soumets tes pensées à ton coeur,
car si tu domines ton coeur, tu domines toutes tes passions.
105. Et lorsque tu sors de ta cellule, sache ce qui est ton devoir, et scrute
tes actions afin que ton coeur soit en accord avec toi.
106. Garde ton âme du doute, car il en a rejeté beaucoup hors de la foi.
107. Veille donc, ô mon fils, que ce soit à propos des pensées ou du coeur,
à t’affermir dans la dignité, afin que la pureté t’entoure, car Dieu aime la
sainteté et c’est pourquoi II a dit: “Soyez saints parce que je suis saint”
(Lév., xi, 44) ; et “dans les saints il trouve son repos” (Is., lvii, 15) ; et
encore “Bienheureux ceux dont le chemin est sans défaut” (Ps. cxvm, 1) ;
et encore “Bienheureux les purs de coeur car ils verront Dieu” (Matth., v, 8) ;
et encore “Possédez la sainteté et la paix avec tous, celui qui en est dépourvu,
celui-là ne peut voir Dieu” (Héb., xn, 14).
ÉTIENNE LE THÉBAIN
401
jl 13ûlS^ ûl Aô*JI û 1 ûl l«LI û^l AaUbs 108
ê/ÂJI j lâ.y? 11 ûlr.;-^ 11 dL?^l (_}l (^l dUûû
. ^Jl 2 dju û*û Ûl S<pl
.(2^-*! □*.jaIaJI jIa^^ ^-*lj5ûlj J^llj £t?**JI àJj 109
108. 1 CD |»jjj’ — 2 C hic desinit
109. 1 D hic desinit
108. Combats donc toujours afin que tu demeures dans la chasteté, que ce
soit dans ton regard ou dans ton cœur, afin que tu reviennes à ton premier
état, comme les petits enfants, au sujet desquels le Seigneur a dit: “A [ceux]
qui [sont] comme ceux-ci [appartient] le royaume1 du ciel” {Marc., ’S., 14).
109. Et à lui la gloire, la louange, l’honneur, et la dignité1 dans les
siècles des siècles. Amen.
108. i C hic desinit.
109. 1 D hic desinit.
402
J.-M. SAUGET
INDEX GREC-ARABE i
'AyaOôv X* 100.
51, 102, 103.
102.
ayairij l-** 37, 47, 69, 72.
àytoç 107.
107.
œytOTT/ç 108.
4^3 Jl9 107.
âyvorrps o_j^3 37, 45.
àyûjvi^opai J4*. 108.
àyûn>i(TTr)<s JjUu 92.
al(T)(yv7) (xaX^) £*** 10.
atTTj/za XL**^ 65.
àxatpoç (eîç) (çj)p^ 102•
axa/aa j-2JI 41? 37.
axaxoç j-i 90.
âxepatoç (etç) 102.
axT/Sco 8.
aKovaj o u-»beX*J 96.
à,KT7)/JLO(rVV7) 4^1*^ 31.
àXijÆeia (3=- 37, 74, 86.
àX^ijç 92.
àXi70(âç XiûU-L 74.
âpâpTY]pa XJai. 49.
àfJLapria XJai. 12, 74, 75.
ài'atSijç t<û 7rpo(ra)TTCi) ^\Sj
4^.jJI 10.
àvapâpTr)TO<s *^4 76.
àva.'jravopevo's 107.
107 •
i^Ia 44, 47, 48.
avaTravcriç £-lJ 41.
àvaTravû) 73.
àpT^xooç 10.
àvopia pîl 49.
â(f)pû)v JaLx 100.
BovXt7 42.
réXcüç 7.
ykvKaivaj ^$1* 63.
'yvcSo’iç 4937, 42, 64.
yoyyvapoç o6.
1 Les chiffres renvoient aux paragraphes.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
403
AetXoç jÇ* 8. Stavota Août» 102. 8i8axtf pJjJ 52. Si/cà^ûj pib 72. ^LKacoarvvT) j 28. SiKaœnjç 39. iïcÿvxia ûju*jÜ 6. 106. SoXtoç cZ'ld 20. 8vvafu<s «jS 36, 37, 42. Swaroç 73. ’EyKpareia 37. eêpaîoç 90» eiptfvi} 35, 107. 35. €.laaKov(ù « 96. €Xa</>pi£cü Uu>. 74. ékevOepû 74. êXttiç Lxj 62. X évvéajats ( ? ) 8. evTLpoç f36. evToXrj ôjjJL. 66. 73. en-aKovû) (gén) 40. 55, 97. èm0VpT)T7]Ç 33. CTriOvpia oj^-i 5. epy ourla 67, 90, 94, 95. epyarijç (àyafloç) JxlJ 87, 88. epyov 55, 56, 59, 73, 105. — (KaKOv) (jdJI)—75. èaTYjpiypéros 67. ev^rçç 9, 67. ZtJXoç oj-jê- 4. 'Hcrv^ta 92. Tjcruxios cidU, 92. 23. OeXi/pa, OeXypara Ij* 7, 14, 32, 69, 73, 89. — (tov @€ov) S- 73. #Xîi/hç ûj* 77, 96. üpaavs ^1. 0vp,6s 6. Ovpdù^TjS 58. ’lcr^vç « j5 42.
404
J.-M. SAUGET
Ka0api£û> 74. KaOapos 73, 107. KaOapoTiys ojtïi 107. MaKpoOvpla £jjJI dp» 37. paKpôôvpoç ^j/JI 02. pekeTT] 45.
KaKorfieia j*JI «bit 8. Â>Ja 67.
KaKOv 100. KaKOv, Kaicia j-i 4, 49, 51, 102. pépipva pA 1, 62, 91. pepiputo (gén) u-> pXfcl 62, 91,94.
Kaparos 41. pepiç àyaOiq (Ka\tf) <—-^aj
KardXaXoç (/«LJ b xaraXaXia XxJij 4. 90, 93. pviqpY] (tov ©cou) 4ül fi> 49.
Ka.T€v0vv(ü 65. KevoiïoÇla J1>LJI 4, 54. KO1TIÛ) ~*J 73. pVKTiqpl^to (àvOpûJTTOv) jy& (/«LJ b 7.
89« No/zoç 64, 67.
Kpivaj jb 72.
Kpl(H,S 52. KpiTTp; ûb^ 39. Sewreta 60. £évo<s 60.
Axryl^opai 72. '0817765 64.
fi 71. opyv >j o.
Xo'ytoyzoç jl$3l ou fis 43, 44,
104. ndfloç 104.
— (ttovtjpos) 37. ÀJ 2>j j |^91 63. — (eva-qÔTjç) fiï 43. Xoyoç (àpyoç) 44. — (evéhjç) 9. 'jrapprprla XJ b 87. 7ravo/zai 96. TTEcpaapoç 68. Trépjrepos JaLx 34. TTG^opTicrpévoç 1 J-ûb 73.
ÉTIENNE LE THÉBAIN
405
marevto (eiç) (»—») ^1 90. TTioriç AjLI 37, 106. 7TIOTOÇ 48. 59. 7r\Y]aiov 7ro\epos (Jbâ‘ 8, 37. 7roXvXoyta tj!? 4. Tropypd (plur.) j-i 102. îrpâoç 21, 92. TrpoTreTTjç (e’r Xdyw) jL* 34. TrpoaûJTTOV Aa._J 66. Trpo^aœiç (r<Sr SiKaiûj/zdrcüp) Askj 69. jJ 1 69. TTTayxevaj 97. 7tt(i)x6ç 80, 96. 'Pyopai q-ûLl 69. SkXi)p6ç (JaLx 96. aTeivopevoç 76. o“ravpo</>6poç u-~UaJ b 90. (rrpayyaXtç 20. cr^Tj/zaToS^ç 12. cr^oXà^Cü (t(ù 0e w) (jr) dA) 32. traçai 96. Ta7reirdç 21, 23, 60, 92. TaTrelvoÿpocrijvr} ^UâjI 24. TaTreiraxriç 67. Tapaxij 7. TapaxcoSî/ç 58. 18. reXeioç ^IS 2, 92. reXoç |»L5 95. TTjpcî) (xapStar) Jâia. 70. 'TîTaKOT) itlL 19. viraKovd) (dat.) (^) 86. wrepTjÿavta uubcZAl 4. vorep^ara 71, 72. vaTopovpevoç 77. CuXdpyvpoç X^jUJ H* ^tXijSoroç olJAJ 10. </>tX£a 58. </>iX60eoç «ai 59, 60. (/uXo/zaÆïjç
406 J.-M.
^>tXo^€lKOÇ <—**['*] 7.
(f)iX6<! 45, 59, 60, 61.
(/>6fto<s (tov ©cou) (<üjI)
49, 51.
$>Ô[3o<; (TOV 060v) (aül) 45Ut
49, 50.
(ftpovTjaiç pl* = 36, 42,
100.
(f>povcpos pjl* 100, 101, 102.
<f>povLpoç (eîç) («-») p49 92.
(ftpovTi^û) (gén.) (<->) pXfcl 59.
(f)povTi[,to (gén*) (uj) .Axai 91.
(fwXaKnj Jâl* 3, 36, 42, 70.
43, 45.
SAUGET
</>vXaf 1£a>c^ 92.
c()vaiû) (Karà) ((J^) 72
Xa/H^o/iat ^Lz-tl 86.
86.
Xapiapa (tov KeXXiov)
(U2JI) 46.
(U2JI) 46.
ŸêvSt^ç ejltzf 68.
</rev8oç <—15.
i/fvxtf 43, 49.
Città del Vaticano,
Bibliothèque Vaticane.
Joseph-Marie Sauget.
NOUVELLES DONNÉES
SUR LA CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA
ET DÜ-RAYDÂN*
1
Les inscriptions sabéennes de la période des rois de Saba et
dü-Raydân contiennent plus de 20 mentions d’éponymes; quelques
éponymes sont mentionnés trois ou quatre fois. Ceci nous permet
d’utiliser la datation par éponymes pour établir la chronologie rela-
tive des inscriptions de cette période sur la base du mode de datation
qui était utilisé par les Sabéens.
L’éponymat sabéen était une prérogative héréditaire de trois
tribus ou clans : Hazfaram-Halil, Hadmat et Fadaham \ La dignité
d’éponyme était transmise dans l’ordre généalogique, du père au
fils, et chaque éponyme exerçait sa fonction pendant 7 ans. Il y
avait un tour rigoureux de transmission de la dignité d’éponyme :
après 7 ans de l’éponymat du représentant d’un clan, le poste
d’éponyme passait au représentant d’un autre clan, ensuite au
représentant du troisième clan, et puis de nouveau dans le premier
clan, au fils de 1 ’éponyme précédent2.
On peut rétablir la succession du tour d’éponymat d’après
l’inscription Ja615 qui remonte au règne de Nasa’karib Ya’min
Yuharhib, roi de Saba et dü-Raydân. L’inscription mentionne deux
* Les sections 1 et 3 du présent article ont été rédigées par A. G. Loundine,
et la section 2 par Jacques Ryckmans. En signant conjointement l’ensemble
de l’article, les auteurs ont voulu, tout en assumant la responsabilité de leur
partie respective, marquer à quel point l’ensemble est le résultat d’une colla-
boration réciproque à tous les stades de l’élaboration.
1 A. F. L. Beeston, Epigraphic South Arabian Calendars and Dating,
London, 1956, p. 29-31; A. G. Loundine, Éponymat sabéen et chronologie
sabéenne, Moscou, 1963, p. 4-5.
2 A. G. Lundin, Eponymenliste von Saba aus dem Stamme Halïl, Sammlung
E. Glaser, V, Wien, 1964 (sous presse) ; A. G. Loundine, Éponymat sabéen,
p. 3-4.
407
408
A. G. LOUNDINE — J. RYCKMANS
événements qui sont datés par deux éponymes successifs. Elle nous
signale qu’un certain ’As'ad Yazid et son frère hqnyw/'lmqh...dn/
slmn/dcThbn/d^srhw . . . Ihrf/ivdd’l/bn/’bkrb/bn/kbrhll/sdtn/wlhrf/
ns’krb/bn/m'dkrb/bn/hdmt/tttn « ont dédié à ’Almaqah cette statue
de bronze en qualité de dîme pour la 6e année de l’éponymat de
Wadad’il fils de ’Abkarib de kabir Halil et pour la 3e année de
l’éponymat de Nasa’karib fils de Ma'adkarib de Hadmat». En
d’autres termes, la dignité d’éponyme était transmise d’un clan à
l’autre dans l’ordre suivant : Hazfaram-Halil — Hadmat —
Fadaham. Notre connaissance de l’ordre de succession des clans
nous permet de placer quelques éponymes connus dans leur ordre
chronologique.
Les inscriptions du même Nasa’karib Ya’min mentionnent encore
deux éponymes : Nasa’karib fils de Ma'adkarib de Fadaham (Ja610)
et Sumhukarib fils de ’Abkarib de Hadmat (Ja877). Le dernier
est nommé aussi dans l’inscription Ja567 qui remonte au règne
de ’llsarah Yahdub II, père de Nasa’karib Ya’min3. Par conséquent
cet éponyme doit précéder Nasa’karib fils de Ma'adkarib du même
clan. Mais selon l’ordre généalogique observé pour les éponymes
d’un même clan, Sumhukarib ne peut être le prédécesseur immédiat
de Nasa’karib. Il faut intercaler un éponyme Ma'adkarib fils de
Sumhukarib, le père de Nasa’karib et le fils de Sumhukarib. Cela
nous donne l’ordre suivant des éponymes pour le règne de
Nasa’karib Ya’min Yuharhib :
smhkrb/bn/’bkrb/bn /hdmt
... bn/fdhm
... bn/hzfrm (hll)
(m'dkrb/bn/smhkrb) /bn/hdmt
... bn/fdhm
wdd’l/bn/’bkrb/bn /kbrhll
ns’krb/bn/m'dkrb /bn/hdmt
... bn/fdhm etc.
Cette liste permet de déterminer la durée du règne de Nasa’karib
Ya’min Yuharhib — 40 ans à peu près4, ce qui correspond au
3 Jacques Ryckmans, La chronologie des rois de Saha et dü-Raydân, Instan-
bul, 1964, p. 4-10.
4 Nous supposons que le premier et le dernier éponymats n’interviennent
qu’en partie dans la durée du règne et donnent au total 7 années.
CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA ET DÜ-RAYDÂN 4q9
grand nombre d’inscriptions connues de ce roi5.
Pour le règne de ’llsarah Yahdub II nous connaissons, outre les
deux éponymes de Hadmat mentionnés ci-dessus, deux éponymes
de Hazfaram : Tubba'karib fils de Wadad’il (Ja 653) et Ma'adkarib
fils de Tubba'karib (RES 4646). Il est tout naturel de considérer
le second comme le fils du premier et de le placer dans notre liste
avant Sumhukarib de Hadmat. On peut alors allonger comme suit
notre liste :
tb'krb/bn /wdd’l /bn/hzf rm
... bn/hdmt
... bn/fdhm
m'dkrb/bn/tb'rkb/bn/hzfrm
Il y a quelques autres mentions d’éponymes de Hazfaram-Halil
qu’on peut unir dans l’ordre généalogique : Wadad’il fils (je
Haywam (CIH 99) est probablement le père de Tubba'karib de
Ja653, et Haywam fils de ’Abkarib (Ja645) est le père de l’épo-
nyme précédent. Cela nous permet d’ajouter à notre liste quelques
nouveaux éponymes :
hy wm/bn/’bkrb/bn/kbrhll
... bn/hdmt
... bn/fdhm
wdd’l /bn /hywm/bn /hzf rm
Par conséquent nous avons la liste des éponymes pour une étendue
de 6 générations, mais pratiquement seulement pour les éponymes
de Hazfaram-Halil.
Mais nous avons les données pour établir aussi l’ordre généalo-
gique des éponymes de Fadaham6 * 8 : les inscriptions mentionnent
5 Les seùles fouilles de Mâreb nous ont donné 18 inscriptions nouvelles
mentionnant Nasa’karib Ya’min Yuharhib (Ja 608-625 et Ja877), et le nombre
total des textes se monte à 29 (A. Jamme, Sabaean Inscriptions from Hahram
Bilqîs, Baltimore, 1962, p. 334). Il faut ajouter aussi NamiNAGll et jgg
4139. Comme nous l’a fait remarquer J. Ryckmans, ces deux inscriptions ont
pour auteurs Sa'd’awwain ’As'ad et son frère ’Ahmad ’Az’ad, ce qui permet
de restituer dans RES 4139 : [mqtwyy/ns’krb/y’mn/yhrhb/mile/sb>
bn /’lsrh /yh]db/wy’zl/byn.
8 Cf. A. Jamme, Sabaean Inscriptions, p. 306-307. A. Jamme y ajoute encore
Nasa’karib fils de Ma'adkarib (Ja 610) qu’il prend pour le frère de ’Abkarib
Cette identification est impossible non seulement parce qu’elle viole l’ordre
410
A. G. LOUNDINE — J. RYCKMANS
Sumhukarib fils de Tubba'karib (CIH81), son fils Ma'adkarib
(Fa 71) et le fils de ce dernier ’Abkarib (Ja633). Cela nous donne
la liste suivante :
smhkrb/bn/tb'krb /bn/f dhm
... bn/hzfrm
...bn/hdmt
m'dkrb /bn /smhkrb/bn/f dhm
... bn /hzfrm
... bn/hdmt
’bkrb/bn /m'dkrb/bn/f dhm
... bn/hzfrm etc.
Comment alors combiner les deux listes des éponymes de Hazfaram
et de Fadaham qui sont probablement synchrones? Pour y arriver
il faut utiliser les mentions de rois dans les inscriptions munies
d’une datation par éponymes. Ainsi l’inscription Ja 633, qui men-
tionne l’éponyme ’Abkarib fils de Ma'adkarib de Fadaham, remonte
au règne de èa'r ’Awtar roi de Saba et dü-Raydân, et l’inscription
Fa71, qui mentionne Ma'adkarib (le père de ’Abkarib), remonte au
règne de 'Alhân Nahfân, père de èa'r ’Awtar. Mais l’inscription
inédite Condé 5, qui remonte au règne du même Sa'r ’Awtar roi
de Saba (sic !), mentionne 1 ’éponyme de kabir Halil, Wadad’il fils
de Haywam, qui a déjà sa place exacte dans notre liste des épony-
mes de Hazfaram-Halil 7.
Par conséquent nous pouvons synchroniser les deux listes des
éponymes, ceux de Fadaham et ceux de Hazfaram-Halil.
Nous avons alors le squelette de la liste des éponymes pour la
période des rois de Saba et dü-Raydân. Maintenant on peut sans
grande difficulté non seulement établir les places de toutes les
éponymes connus (par exemple, de Nasa’karib fils de Ma'adkarib
de Fadaham [Ja 610] et de Sumhukarib fils de Tubba'karib de
Hadmat [CIH83]), mais aussi établir les noms de la plupart des
éponymes qui ne sont pas mentionnés dans les inscriptions con-
généalogique des éponymes, mais aussi (comme nous verrons plus loin) parce
qu’elle est en contradiction avec la chronologie des inscriptions.
t La date de l'inscription Condé 5 (inédite, photo de Condé envoyée à
G. Ryckmans pour publication) a été remarquée pour la première fois par
J. Ryckmans, ce qui lui a permis de placer dans la liste les éponymes de
Fadaham.
CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA ET DÜ-RAYDÂN 4H
nues. Il faut noter que tous les éponymes mentionnés dans les
inscriptions provenant des fouilles de Mâreb ont trouvé leur place
dans notre liste.
TABLEAU I
LISTE DES ÉPONYMES
1. 2. ’bkrb (kbrhll-hzfrm) ...’l (hdmt) 144 151 *Ja 589 *CIH 430 —
3. smhkrb /bn /tb'krb /bn /f dhm 158 CIH 81 sans année CIH 404 î
4. 5. hywm/bn /’bkrb /bn /kbrhll hzfrm (tb'krb /bn/... /bn /hdmt) 165 172 Ja 645 1 RES 4727 sans année RBÉMSm NMRN
6. m'dkrb /bn /smhkrb /bn /fdhm 179 Fa 71 4 *Ja 567, *589 'LHN NHFN
7. wdd’l /bn /hywm /bn /hzfrm kbr^ll 186 CIH 99 sans année Condé 5 5 *Ja 589 ë'Rm ’WTR
8. smhkrb/bn/tb'krb /bn /hdmt 193 CIH 83 sans année *Ja 589 —
9. ’bkrb /bn /m'dkrb /bn /fdhm 200 Ja 633 7 *CIH 430 é'Rm ’WTR
10. 11. tb'krb /bn/wdd’l /bn /hzfrm kbrhll (’bkrb/bn /smhkrb /bn /hdmt) 207 214 Ja 653 3 CIH 314+954 6 Ja 735 9 *CIH 430 *CIH 430? éMR YHR'é I ’LéRH wY’ZL
(216?)
12. (m'dkrb /bn /’bkrb /bn /fdhm) 221 *CIH 430?, *Ja 567
13. m'dkrb /bn/tb'krb /bn /hzfrm 228 RES 4646 6 ’LëRH YHDB *Ja 567
14. smhkrb/bn /’bkrb/bn /hdmt 235 Ja 751 sans année — Ja 877 3 Né’KRB Y’MN Ja 567 7 ’LÉRH YHDB
15. 16. 17. 18. ns’krb /bn /m'dkrb/bn /fdhm (’bkrb /bn /m'dkrb/bn /kbrhll) (m'dkrb /bn /smhkrb /bn hdmt) (.. .bn /ns’krb /bn /fdhm) 242 249 256 263 Ja610 2 Në’KRB Y’MN * Ja 567
19. wdd’l /bn /’bkrb /bn /kbrhll 270 Ja 618 4 Në’KRB Y’MN Nami NAG 11, Ja 613,615 6 Né’KRB Y’MN
20. ns’krb/bn /m'dkrb/bn /hdmt 277 Ja 611,615 3 NÔ’KRB Y’MN
412 A. G. LOUNDINE — J. RYCKMANS
Les données obtenues sont présentées au Tableau I où sont énu-
mérés : le nom et le clan de l’éponyme, l’année initiale de son
éponymat (voir la section 2), les inscriptions mentionnant l’éponyme
et l’année de l’éponymat, ainsi que les noms des rois mentionnés
dans ces inscriptions. Les noms des éponymes qui ne sont pas
attestés dans les inscriptions connues sont mis entre parenthèses
rondes.
Mais nous avons peut-être des mentions d’éponymes dans les
inscriptions d’un autre type. Il y a quelques textes dans lesquels
les noms des auteurs de la dédicace sont accompagnés de certains
noms de personnes introduits par la formule dsryhw « dont il a
donné la décision d ’oracle » 8. Ces personnes portent presque tou-
jours les noms caractéristiques pour les éponymes. C ’est le caractère
de ces noms qui donne à J. Ryckmans la raison de supposer que
les personnes ainsi mentionnées sont des éponymes 9.
L’analyse de l’emploi du terme sry confirme cette supposition.
En effet, on peut trouver le terme sry dans les inscriptions datées
par éponymes (CIH 80, 282; Ja610, 633, 877) ou dans les inscrip-
tions qui traitent de problèmes en rapport avec l’éponymat et la
datation (par exemple, le fragment CIH 401,6 : srythmw/bdn/
fyrfri), ou enfin, en connection avec les noms caractéristiques pour
les éponymes (CIH466, 6-7; 461,1; Ja560, 7-8; 633,13-14 etc.).
Mais l’argument décisif nous est donné par la comparaison des
inscriptions munies de la formule dsryhw avec notre liste des épo-
nymes.
L’inscription Ja589 mentionne les noms suivants qui nous inté-
ressent : ’Abkarib (qui a donné la décision d’oracle à l’auteur de
l’inscription), Ma'adkarib, Wadad’il et Sumhukarib (qui ont donné
la décision aux fils de l’auteur). Les trois derniers noms coïncident
8 La signification du verbe sry est bien établie : voir W. Müller, Die
Wurzeln Mediae und Tertiae Y/W im Altsüdarabischen, Tübingen, 1962, p.
72 : « eine Entsclieidung geben, verfügen »; A. F. L. Beeston, A Descriptive
Grammar of Epigraphic South Arabian, London, 1962, 51:4 : « delivered a
favourable oracle ». Cf. aussi J. H. Mordtmann und E. Mittwoch, Sabaische
Inschriften, Hamburg, 1931, p. 50; A. F. L. Beeston, Sabaean Inscriptions,
Oxford, 1937, p. 49. Mais le sens réel de l’action exprimée par ce verbe reste
obscur.
9 Jacques Ryckmans, BiOr, XXI, 1964, p. 92.
CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA ET DÜ-RAYDÀN
413
précisément avec les noms des éponymes 6, 7 et 8 de notre liste 10,
tandis que le premier nom coïncide avec le nom du premier épo-
nyme u.
L’inscription Ja567 mentionne 3 noms : Ma'adkarib, Ma'adkarib
et Nasa’karib. On peut les identifier respectivement avec les épo-
nymes n° 6, 12 (ou 13), et 15 de notre liste.
CIH430 nous donne les noms suivants : ...’il, ’Abkarib et
Tubba'karib; un dernier nom n’est pas conservé. Nous identifions
’Abkarib avec le 9e et Tubba'karib avec le 10e éponyme, et ...’il,
probablement, avec le 2e éponyme. Le nom disparu a appartenu
évidemment au 11e ou 12e éponyme de notre liste.
Il n’est pas possible d’identifier les éponymes Sadaq’il, Sumhu-
karib et ’Ab’amar mentionnés dans Ja703. Un de ces éponymes,
Sadaq’il, porte un nom qui n’était pas attesté jusqu’ici comme nom
d’éponyme, et l’autre, ’Ab’amar, porte un nom qui n’est pas caracté-
ristique pour les éponymes. Peut-être l’inscription mentionne-t-elle
des éponymes locaux12 qui certainement ne sont pas mentionnés
dans notre liste 13.
Il faut noter la règle suivante : l’éponyme qui a donné la décision
d’oracle au .père est séparé de l’éponyme du fils aîné par 5 à 7
éponymats, c’est-à-dire par 30 à 40 ans, tandis que les éponymes
des fils se succèdent l’un à l’autre sans interruption (ou avec une
interruption d’un éponymat). Cela montre que l’oracle donné par
éponyme était une certaine action régulière, peut-être obligatoire
pour quelques catégories de personnes. Cette action était évidem-
ment accomplie au moment de la naissance ou de l’initiation.
Par conséquent, les inscriptions avec la formule dsryhw nous ont
permis de vérifier notre liste des éponymes parce qu’elles contien-
nent des noms d’éponymes disposés selon leur ordre chronologique
et non^pas généalogique.
1° En même temps l'inscription Ja 589 nous permet de vérifier la place
que Sumhukarib fils de Tubba'karib occupe dans notre liste.
11 Nous désignons dans notre tableau les inscriptions munies de la formule
dsryhw par l’astérisque *.
12 Mais peut-être l’inscription est-elle récente, comme cela ressort de la
formule hqnyw/mr’hmw/’lmqh (J. Ryckmans, Chronologie, p. 9, n. 15). Nous
pouvons donc identifier Çadaq’il avec le 18e éponyme de notre liste, en plaçant
Sumhukarib et ’Ab’amar de 5 à 7 éponymats plus tard.
13 A. Loundine, Éponymat sabéen, p. 6-7.
27
414
A. G. LOUNDINE — J. RYCKMANS
2
En communiquant à A. G. Lundin [Loundine] notre Chronologie
des rois de Saba et dü-Raydân basée sur la récente publication de
nouveaux textes de Mârib \ nous lui demandions s ’il pourrait en
vérifier le bien-fondé en dressant la liste des éponymes de l’époque
des rois de Saba et dü-Raydân, pour y repérer ensuite les règnes
datés par éponymes.
La liste ainsi reconstituée qu ’il présente ci-dessus confirme brillam-
ment l’exactitude de deux principes qu’il avait précédemment1 2
mis en évidence à propos de l’éponymat : le passage alterné et
successif de cette charge dans trois clans sabéens privilégiés, et
son exercice durant plusieurs années consécutives, plutôt que par
mandats annuels séparés par des intervalles.
L’agencement indiqué par la liste pour les quelques règnes attes-
tés dans des inscriptions datées par éponymes, confirme la chrono-
logie relative que nous avons proposée. Le roi Rabbsams Nimrân,
par exemple, se situe là où nous l’avions placé d’après d’autres
critères : immédiatement avant le règne de 'Alhân Nahfân, et non
185 ans après ce règne, comme le voudrait A. Jamme3. En outre,
le règne des rois Ilsarah Yahdub (II), fils de Far? Yanhub, et de
son frère Ya’zil Bayyin, forme, ainsi que nous l’avions établi, un
ensemble homogène, dans lequel on ne peut insérer avec A. Jamme,
les péripéties du règne d’un simple homonyme plus ancien, Ilsarah
Yahdub I, et de ses fils et petit-fils.
Grâce à leur datation par éponymes, certaines inscriptions dont
jusqu’ici la parenté chronologique n’était pas précisée se trouvent
pour la première fois rapprochées. L’étude de ces rapprochements
a permis de dégager un jalon inédit de chronologie absolue, d ’autant
plus précieux que de telles dates sont fort rares en chronologie
sud-arabe. Cette date s’avère en outre si aisément compatible avec
1 Cf. notre article Chronologie des rois de Saba et dü-Raydân, dans Oriens
Antiquus 3 (1964), p. 1-24, et notre ouvrage La chronologie des rois de Saba
et dü-Raydân (Publications de l’institut historique et archéologique néerlandais
de Stamboul, 16), Istanbul, 1964.
2 A. G. Loundine [Lundin], Éponymat sabéen et chronologie sabéenne
(XXIVe Congrès International des Orientalistes, Conférences présentées par la
délégation de l’URSS), Moscou, 1963, p. 4.
3 Sabaean Inscriptions from Mahram Bilqîs (Mârib) (Publications of the
American Foundation for the Study of Man, 3), Baltimore, 1962, p. 390-393.
CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA ET DÛ-RAYDÀN 415
les dates absolues approximatives que nous avons proposées dans
notre chronologie, qu’elle constitue une confirmation indiscutable
de celle-ci.
Il ressort des données de la liste que l’éponyme nommé dans
l’inscription CIH 81 précède immédiatement l’éponyme dont la
première année de charge est mentionnée dans Nami NAG 9 =
Ja 645, texte dédié par ailleurs sous le règne du roi Rabbsams
Nimrân. C’est encore du même règne que date RES 4138, sans
mention d’éponyme. Les trois textes ainsi rapprochés respective-
ment par la mention de 1 ’éponymat4 et celle du règne, ont la
particularité de faire chacun allusion à un fléau qui « régnait
dans (tout) le pays » 5. Le fléau est désigné de la façon suivante :
Nami NAG 9 = Ja 645, 13-14 : hwm w'ws wmwtt kwn b’rdn; RES
4138, 4-5 : hwm dkyn bkl 'rdn- CIH 81, 4 : 'ws dkwn b’rdn. Bien
qu’il ne soit pas possible d’établir directement de façon précise,
par comparaison avec d’autres langues sémitiques, le sens des ter-
mes 'ws et hwm6, il ne fait aucun doute qu ’il s ’agissait d ’une
épidémie mortelle : la peste, ou une épidémie assimilée à la peste.
En effet 'ws est associé à mwtt 7, « mort », dans Nami NAG 9, et
à mwt dans CIH 557, qui porte : 'ws wmwtn kwn bkl ’rdn. Remar-
quons en passant que cette dernière inscription, non datée, dont
le contexte est si proche des précédents, pourrait fort bien d’après
sa graphie se situer à l’époque de Rabbsams et se rapporter à la
même épidémie. Le même mot 'ws, associé à dll dans l’expression
kn dllm w'wsm b’s'bn whgrn de CIH 541, 72-73, désigne un fléau
qui ne pouvait être qu’une épidémie foudroyante, et non par
exemple une famine, puisque ses effets se firent sentir d’une façon
4 C ’est grâce au rapprochement inédit entre CIH 81 et Nami NAG 9 =
Ja 645,x rendu possible par la liste d’éponymes que A. G. Lundin avait eu
l’amabilité de nous communiquer, que nous avons eu l’attention attirée sur
la mention de la peste à l’époque de Rabbsams.
5 Bkl ’rdn : RES 4138; b’rdn dans les deux autres textes. Dans une inscrip-
tion absolument contemporaine, CIH 315, 7-8, bkl ’rdn désigne tout l’ensemble
du territoire des différents royaumes sud-arabes!
8 Voir J. H. Mordtmann et E. Mittwoch, Himjarische Inschriften in den
Staatlichen Museen zu Berlin, Leipzig, 1932, p. 26, et A. F. L. Beeston,
Sabaean Inscriptions, Oxford, 1937, p. 19, sur le sens à donner à ces mots.
7 A. Jamme, Sabaean Inscriptions, p. 148, compare à l’arabe mutât (lire
muta), « madness, epilepsy), alors que d’après le parallèle avec CIH 557 il faut
comparer à 1 ’arabe mawta, synonyme de mawt, « mort ».
416
A. G. LOUNDINE — J. RYCKMANS
imprévue au moment où la main-d’œuvre rassemblée pour la répara-
tion du barrage de Mârib avait entamé ses travaux, et durant le
mois de srbn8, c’est-à-dire — puisqu’il s’agissait du mois de la
récolte d’automne — à un moment où les problèmes éventuels de
soudure entre deux récoltes auraient été provisoirement résolus.
A son tour dll associé à 'ws dans CIH 541 et 539, 6, figure avec
mwt dans CIH 540, où il désigne une épidémie consécutive à la
rupture du barrage de Mârib — fléau qui accompagne générale-
ment ce genre de cataclysme.
L’épidémie de Nami NAG 9 = Ja 645 est située en la première
année9 de l’éponyme hywm bn ’bkrb bn kbr hll, sans mention
de mois : omission qui semble indiquer que l’épidémie a sévi durant
un temps assez long pendant cette année. En effet, dans les autres
textes où est attesté ce mode de datation (année de l’éponymat,
sans indication du mois) 10, l’absence de désignation du mois tient
uniquement au fait que la durée de l’événement ainsi daté s’étale
sur plusieurs mois : manque de pluies durant toute la saison
d’automne, obtention de fruits à V époque de la récolte, etc.
Par contre CIH 81 est daté, sans indication du mois ni de l’année,
de l’éponymat qui doit précéder celui du texte NamiNAG9.
A. G. Lundin 11 considère justement cette façon de dater comme se
rapportant approximativement à une époque quelconque de l’épo-
nymat en cours ; il a aussi observé12 que la dernière année du
cycle revêtait une importance cultuelle particulière, et était distin-
guée notamment par une formule spéciale. Comme une telle for-
mule n’est pas utilisée ici, on pourrait conclure avec un certain
degré de probabilité que la peste ne concernait pas, ou ne concernait
pas uniquement, la dernière année de l’éponymat. Il y aurait
8 Cf. A. F. L. Beeston, Epigraphic South Arabian Calendars and Dating,
London, 1956, p. 17, 22-23 et A. Lundin, dans Problemy Vostokovedeniya,
2 (1959), p. 211.
9 Tlcmtn, selon l’interprétation convaincante de A. F. L. Beeston, op. cit.,
p. 33, que A. Jamme, op. cit., p. 148, ne retient pas.
io CIH 567, Ja 610, 615, 618, 653, d’après A. G. Loundine, Éponymat
sabéen, p. 4, n. 10 qui toutefois considère ce mode de datation comme une
simple variante de celui sans mention du mois ni de l’année.
il Op. cit., p. 4.
12 Dans son ouvrage Eponymenliste von Saba aus dem Stamme Halïl, (Samm-
lung Glaser 5), Wien, 1964 (sous presse), dont l’auteur nous a aimablement
communiqué une partie du manuscrit.
CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA ET DÜ-RAYDÀN
417
dès lors un intervalle d’au moins un an entre les dates assignées
à l’épidémie respectivement dans CIH 81 et NamiNAG9. De toute
façon il est important de constater que la date donnée par éponyme
dans ces deux textes vise exclusivement l’époque de la peste, et
non celle de la dédicace. Comme la peste est placée respectivement
sous un éponyme différent dans les deux inscriptions, nous
avons visiblement affaire à deux récurrences distinctes de l’épi-
démie 13, séparées dans le temps par plusieurs mois au moins, et
au plus par les sept ans qui constituaient la durée normale d’un
éponymat. Dans l’espace, la localité de *Amrân, d’où provient
CIH 81, est distante de 140 km. de Mârib, d’où provient Nami
NAG 9. A ces deux mentions du fléau doivent s’ajouter RES 4138,
de provenance inconnue, mais peut-être originaire de Mârib, ainsi
qu'éventuellement CIH 557, qui semble provenir d’une région au
sud ou au sud-est de Mârib 14, ce qui étendrait encore 1 ’aire appa-
rente d’extension de l’épidémie. Ces deux textes précisent d’ailleurs
que la peste s’étendait à «tout le pays».
Les renseignements ainsi obtenus par trois inscriptions — si pas
quatre — sur la durée et l’étendue d’une peste à l’époque du
règne de Rabbsams Nimrân, forment un ensemble d’autant plus
impressionnant qu’en dehors de CIH 557, on ne connaît que deux
autres mentions spécifiques d’épidémies de ce genre dans les textes
sud-arabes 15, alors que les allusions à des maladies sont fréquentes.
Manifestement l’époque de Rabbsams fut marquée par une épidémie
de peste d’une ampleur exceptionnelle, qui connut sans doute,
comme il est fréquent, des récurrences réparties sur quelques années.
13 A. G. Lundin pense que la datation vague de CIH 81 est due à un long
intervalle entre l’événement et la dédicace, de sorte que l’auteur n’aurait pu
préciser. A son avis, le texte a même pu être daté erronément, pour la même
raison, dè 1 ’éponymat précédant celui de la date donnée par Ja 645. — Notons
qu ’effectivement la suite de CIH 81 fait allusion à un retard apporté par
les dédicants à exprimer leur reconnaissance, cf. A. F. L. Beeston, Sdbaean
Inscriptions, p. 19-20. Il reste à voir si l’époque précise d’un événement tel
qu’une peste a pu en peu d’années être oubliée.
14 RES 4138 mentionne l’épithète divine W hrwnm. Parmi les mentions
connues de cette épithète, la seule qui soit localisée (CIH 409), provient de
Mârib. — La provenance probable de CIH 557 découle du fait que ce texte
a été relevé notamment par la Südardbische Expédition.
15 CIH 540 et CIH 541. Dans CIH 539, l’allusion à la peste ne vise que
l’éventualité de cette calamité, d’une façon générale.
418
A. G. LOUNDINE — J. RYCKMANS
Il nous paraît difficile d’admettre qu’une épidémie de cette
importance soit restée confinée à l’Arabie du Sud. Supposons qu’on
puisse la rattacher à une pandémie dont l’histoire de l’Orient
aurait conservé la trace. Du fait même on disposerait d’un pivot
de chronologie absolue, d’autant mieux utilisable que le règne de
Rabbsams est maintenant solidement ancré — grâce à la chronologie
que nous avons déduite des nouveaux textes de Mârib, et à celle
fournie par la liste d’éponymes — dans une longue suite dynastique
de « rois de Saba » et de « rois de Saba et dü-Raydân ».
Notre recherche d’une pandémie dont l’épidémie sud-arabe serait
un épisode, se justifie par un éventuel précédent. En effet, bien
que l’épidémie évoquée dans CIH 541 puisse avoir été due, comme
celle de 540, à des conditions sanitaires défectueuses consécutives
à la destruction du barrage de Mârib, il reste possible — étant
donné que ce fléau pourrait remonter à 542, d’après la date de
l’inscription — qu’elle soit en relation directe avec celle qui, venant
de Péluse, atteignit Byzance la même année, et exerça des ravages
considérables 16. Il existe certaines objections chronologiques à cette
identification; celle-ci trouverait par contre un appui dans le fait
qu’on situe l’origine de cette épidémie en Afrique centrale17:
l’Arabie du Sud aurait dès lors difficilement pu y échapper.
Il faut donc examiner s’il y a une pandémie qui corresponde
à l’époque à assigner à Rabbsams. Ce règne se situe vers l’épo-
que de Karib’il Watar fils de Wahab’il Yahûz, c’est-à-dire
peu avant la fin de Qatabân et le règne de 'Alhân Nahfân 18. En
16 Pour cette identification, voir notre article Le début de l’ère himyarite
a-t-il coïncidé avec une éclipse de soleil?, dans BiOr 18 (1961), p. 221, n. 9.
Une telle datation est défendue par A. G. Lundin dans Palestinskiy Sbornik
3(1958), p. 98-106.
17 Notamment du fait qu’Évagre la dit originaire d’Éthiopie. Cf. Wu Lien
TeH, dans Far Eastern Association of Tropical Medecine, Transactions of
the Fifth Biennidl Congress, p. 286, cité par R. Pollitzer, La Peste (OMS,
série de monographies, 22), Genève, 1954, p. 12.
18 Cf. notre ouvrage La chronologie, p. 11 et n. 1, où nous relevons qu’un
des auteurs de RES 4138 est probablement nommé dans CIH 1, du règne
de Karib’il Watar. RES 4138 mentionne successivement des campagnes effec-
tuées sous des « rois de Saba », l'immunité obtenue lors de la peste, et enfin
la protection reçue lors d’une expédition de Rabbsams. Les «rois de Saba»
sont probablement Karib’il Watar Yuhan'im et Yarîm Ayman. La succession
des événements semble indiquer que la peste se situe si pas juste avant le
règne de Rabbsams, du moins au début de celui-ci.
CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA ET DÜ-RAYDÀN 419
chronologie absolue, nous avons placé la fin de Qatabân « vers la
fin du second siècle après J.-C., ou un peu plus tard »19. Cet
événement se situe sans doute au début, ou juste avant le début,
du règne de 'Alhân Nahfân. Or comme la mention de la peste et
de Rabbsams dans Nami NAG 9 est de 18 ans antérieure à la seule
mention datée de 'Alhân probablement à la fin de son règne isolé
(Fakhryîl), il faut placer l’épidémie quelques années — au grand
maximum une vingtaine — avant la fin de Qatabân.
La seule pandémie qui se situe de près ou de loin aux environs
de cette date est la grande peste du règne de Marc Aurèle, en 165.
La peste de 252, qui coûta la vie à l’empereur Hostilianus20, se
place beaucoup trop tard pour être identifiée à celle de Rabbsams :
d’après la durée des éponymats, cette identification impliquerait
que le règne de Nasa’karit Ya’min21 Yuharhib se serait terminé
après 360 de notre ère, date à tous points de vue beaucoup trop
basse.
La peste du règne de Marc Aurèle éclata en automne 165 parmi
les troupes romaines à Séleucie, s’étendit rapidement à tout le
Proche-Orient : Syrie, Asie Mineure et Égypte, passa en Grèce et
en Italie, remonta jusqu’au Rhin, et poursuivit durant des années
ses ravages dans l’Empire 22. On imaginerait difficilement une peste
convenant mieux à celle que nous cherchions. Comme il est très
peu probable à la fois que cette pandémie (qui éclata aux portes
mêmes de l’Arabie, et ravagea en tout cas tous ses voisins du nord)
ait épargné l’Arabie du Sud, et que l’épidémie de Rabbsams ait pu,
compte tenu de son ampleur, rester confinée au Yémen, il nous
paraît pratiquement certain qu’il s’agit du même fléau.
Cette identification doit permettre de préciser l’époque du règne
de Rabbsams et d’autres rois, grâce à la liste des éponymes et à
19 La chronologie, p. 27.
20 B. Niese, Grundriss der Romischen Geschichte, 19235 ( E. Hohl), p. 340
(Handb. d. Altertumswissenschaft Iw. Mülleb, 3, 5).
21 C’est sous cette forme que l’épithète est citée dans les textes non
restitués dont le roi est l’auteur (Fakhry 3 et 76 notamment). Il n’y a pas
de raison de renoncer à cette forme attestée plus de trente fois dans une
bonne vingtaine de textes, pour lui préférer la forme aberrante ou dialectale
yh’mn, attestée dans trois textes seulement (Ja 619, 620, 623) qui tous les
trois accusent des signes de négligence.
22 Cambridge Ancient History, 9, 1936, p. 348.
420
A. G. LOUNDINE — J. RYCKMANS
ses références à des règnes. Les travaux de A. G. Lundin23 ont
permis d’attribuer à l’éponymat une durée théorique moyenne de
7 ans 24. Une simple addition de la durée respective des éponymats
successifs permet de calculer les intervalles à partir de la date de
la peste. La démonstration la plus intéressante que puisse nous
donner l’identification de la peste de Rabbsams à celle de 165,
est de se justifier elle-même en confirmant certaines dates absolues
obtenues en identifiant les ères dites de Nabit et de Mabhüd
avec l’ère himyarite. Si l’ère de Nabit est identique à l’ère
himyarite, le texte RES 4196, daté de 316 de cette ère sous la
corégence de Yâsir Yuhan'im et èâmir Yuhar'is, doit se situer en
201 [207] 25. Cette date approximative devrait être raisonnablement
voisine de (mais antérieure à) la date à attribuer à Ja 653 (an 3
de l’éponyme 8 de la liste), texte d’après lequel le même ëâmir
régnait déjà seul à Mârib. De même, si l’ère dite de Mabhüd se
confond avec l’ère himyarite, le texte CIH 46, qui mentionne en
province la corégence de Yâsir Yuhan'im (II) et Sâmir Yuhar'is (II)
en 385 de cette ère, n’est pas postérieur à 270 [276] après J.-C. 26.
Comme les membres de cette dynastie ont supplanté à Mârib celle
dont Nasa’karib était le dernier représentant, la date de ce règne
conjoint doit être compatible avec celle des dernières mentions
datées de Nasa’karib. La compatibilité n’exclut cependant pas un
certain synchronisme des règnes, puisque Nasa’karib régnait à
Mârib, alors que le règne de Yâsir et Sâmir II est d’abord attesté
en province.
Les dates obtenues ne seront qu’approximatives, avec une approxi-
mation de quelques années. Ceci tient à plusieurs facteurs. Tout
d’abord, comme nous l’avons vu, les dates rapportées à l’ère himya-
rite accusent une différence de 6 ans selon le moment auquel on
23 Éponymat sabéen, p. 4 ; cf. ci-dessus, p. 407, n. 2.
24 Voir dans la troisième partie du présent article des réserves sur l’applica-
tion pratique de la théorie. — Nous voudrions pouvoir suivre sans aucune
réserve A. G. Lundin sur la question de la durée de l’éponymat, mais cer-
taines difficultés nous paraissent subsister, de sorte qu’une durée de 6 ans
seulement ne nous semble pas définitivement exclue. L’incidence d’un tel
raccourcissement sur les dates absolues proposées au Tableau II serait de toute
façon minime.
25 Selon qu’on place le début de l’ère himyarite respectivement en 115
ou [109], cf. notre article Le début de l’ère himyarite... (cité supra), p. 119.
26 Cf. La chronologie, p. 20.
CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA ET DÛ-RAYDÀN 421
situe le début de cette ère. Ensuite, la durée théorique de 7 ans
d’éponymat a pu subir des dérogations, comme on le verra dans
la troisième partie du présent article. En outre, nous ignorons la
relation chronologique exacte entre le début de la peste et ses
mentions dans CIH 81 et Nami NAG 9. En effet, il est possible que
1 ’Arabie, foyer endémique de peste, ait été à 1 ’origine de la pandémie
qui partit de Séleucie en 165. En ce cas la phase active du fléau
aurait pu débuter dès 164 en Arabie du Sud. Si au contraire ce
pays a été contaminé après Séleucie, il a pu n’avoir été atteint
que vers 166. Enfin la première mention de la peste, celle de CIH 81,
peut théoriquement se situer à un moment quelconque de l’éponymat
en cours. En soi il serait donc possible, quoique fort peu probable,
que 1 ’épidémie de Nami NAG 9 soit une récurrence de 7 ans posté-
rieure à celle de CIH 81.
Malgré ces approximations, nous disposons, suivant une sugges-
tion de A. G. Lundin, d’une base fixe de comparaison, donnée
par un terminus ante quem non. Compte tenu de l’espace minimum
qui doit séparer la mention de l’épidémie respectivement dans CIH
81 et Nami NAG 9 = Ja 645, la date d’éponyme mentionnée dans ce
texte ne peut être qu’égale ou postérieure à 165 de notre ère. En
d’autres termes, ce texte date de 165 + x après J.-C., x étant une
inconnue de valeur comprise entre 0 et 7, mais probablement infé-
rieure à 3 ou 4.
Depuis ce point de départ, il est possible de situer les mentions
de règnes cités dans la liste, en attribuant une durée moyenne de
7 ans à chaque cycle d’éponymat. Le Tableau II résume concrète-
ment les résultats chronologiques ainsi obtenus27. Quelques remar-
ques lui serviront de commentaire.
27 Ce tableau donne, pour un règne quelconque (col. 3) la date obtenue
d’après les éponymes (col. 1) et la référence (col. 2). Les signes L d indiquent
respectivement la première et la dernière mention d’un règne dans la liste.
La 4e colonne donne la date attribuée par A. Jamme à un règne mentionné
dans une des deux colonnes voisines. Les 5e et 6e colonnes signalent respective-
ment des règnes ou des événements, et la date absolue correspondante,
éventuellement obtenue d ’après l'ère sabéenne.
422
A. G. LOUNDINE — J. RYCKMANS
TABLEAU II
CHRONOLOGIE DES RÈGNES
+ X J.-C. 75) + X + X + X + X + X + X + X + X + X Nami NAG 9 = Ja 645 Fakhry 71 Condé 5 Ja 633 J a 653 C 314 + 954 RES 4646 [Ja 877] Ja 567 Ja 610 L Rabbsams Nimrânj -4— (Fin de Qatabân) L'Alhân Nahfânj -4— Léa'r Awtar / v éa'r Awtar j ) LÔâmir Ij à Mârib •<— LIlsarah + LYa’zilj -4— à Mârib Ilsarah seul [Nasa’karib Y.] Ilsarah1 "4“ L Nasa’karib Y. \ 120-140 ap. J.-C. 85-65 av. J.-C. 55-50 av. J.-C. 285-300 ap. J.-C. - 305-315 ap. J.-C. 50-30 av. J.-C. — 30-20 av. J.C. Peste à Saba > Yâsir I et ëâmir I 201 [207] RES 4196 [Date du Périple (F. 208/10 Altheim) ] Macrinus combat les 217/8 Arabes Eudaimo- nes *
+ X + X + X Ja 611, 615 [Interrègne?] 1 Naâa’karib Y.j '4— 285-300 ap. J.-C. - 10-20 ap. J.-C. > Yâsir II + ââmir II 271 [276] (CIH 46 Arabes Eudaimones 274 au triomphe d’Aurélien ** éâmir II seul? 281 [287] (CIH 448)
* Cf. R. Delbrueck, Südarabische Seefahrt im Altertum, II dans Bonner
Jahrbücher 155/156 (1955-1956), p. 257, d’après VHistoria Augusta. (Nous
devons cette référence au Prof. H. von Wissmann.)
* * Vita Aureliani, XXXIII, cf. J. H. Mordtmann und E. Mittwoch,
Sabàische Inschriften (Rathjens - v. Wissmannsche Südarabien-Reise, 1), Ham-
burg, 1931, p. 7.
En l’an 190 + x, date de Condé 5, èa'r Awtar, «roi de Saba»,
venait sans doute de commencer son règne isolé, puisque dans
toutes les autres inscriptions de la même époque il porte déjà le
titre de « roi de Saba et dü-Raydân ».
La compatibilité est parfaite entre la date (201 [207]) obtenue
dans RES 4196 d’après l’ère himyarite, pour le règne conjoint de
CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA ET DÜ-RAYDÂN 423
Yâsir I et èâmir I, et la date de 203 + x, qui résulte de la liste,
pour le règne isolé de èâmir I à Mârib (Ja653). La chronologie de
A. Jamme28 aboutit ici à une impasse : l’éponyme commun à
CIH 314 + 954 et Ja 653 se dédoublerait en deux homonymes
situés le premier à l’époque assignée à Ilsarah et Ya’zil (50 à 30
avant J.-C.), le second à l’époque où A. Jamme situe èâmir : vers
305 de notre ère — à un moment où l’éponymat n’est plus attesté
depuis longtemps.
Le règne de Nasa’karib Ya’min est particulièrement long. S’il
faut y inclure les éponymes 16 à 18 de la liste 29, il se terminerait
après 279 + x, ou sinon après 258 + x. Ces dates sont compatibles
avec celle de la première mention datée du règne conjoint de
Yâsir II et èâmir II (271 [276] après J.-C.) en province. Car si
èâmir II a régné après Nasa’karib, il ne lui a pas nécessairement
succédé immédiatement à Mârib.
La liste montre que les mentions d’éponymes et de règnes attei-
gnent une fréquence générale élevée durant une période relative-
ment brève de 120 ans environ. Cette fréquence est conforme à la
fréquence individuelle élevée, observée dans la plupart des règnes
La concentration chronologique cadre avec le fait que signale ci-
dessus A. G. Lundin : tous les éponymes mentionnés dans les
nouveaux textes de Mârib ont pu être situés généalogiquement. La
fréquence s’explique encore par un souci accru de précision chrono-
logique dont témoigne à sa façon et à la même époque le territoire
himyarite, en nous donnant la première date établie par référence
à une ère (RES 4196). Enfin cette fréquence accrue tient aussi à
ce que, à Mârib tout au moins, les inscriptions de dédicaces devien-
nent plus nombreuses et plus développées, et mentionnent donc
plus d’événements historiques : phénomène dont nous avons montré
la date relativement récente30. Une autre constatation importante
est que les mentions de rois datées par éponymes concernent des
membres successifs de dynasties éventuellement différentes, sans
toutefois qu’il y ait interférence de dates dans les règnes. Tout se
passe comme si, à chaque moment donné, le représentant d’une
28 Sabaean Inscriptions, p. 390-393.
29 Voir ci-dessous, p. 425 sq. Cette période pourrait coïncider avec l’interrègne
à Mârib d’un membre d’une dynastie himyarite.
30 De quelques divinités sud-arabes, dans Ephemerides Theologicae Lova-
nienses, 39 (1963), p. 459-460.
424
A. G. LOUNDINE — J. RYCKMANS
seule dynastie était mentionné dans les textes datés par éponymes,
sans doute — comme il ressort de CIH 314 + 954 et Ja 653 — le
représentant de la dynastie qui tenait en son pouvoir le territoire
où la datation traditionnelle était observée, c’est-à-dire Mârib et
le cœur de l’ancien royaume de Saba.
Tout ceci s’explique dans le cadre d’une chronologie admettant
le synchronisme d’une série de dynasties de Saba et dü-Raydân.
Si au contraire, faisant abstraction des données chronologiques de
la liste, on essaie de situer les règnes datés par éponymes, d’après
la chronologie longue d’A. Jamme, des difficultés insurmon-
tables apparaissent. En effet, lorsqu’on considère les dynasties
en réalité synchrones, comme successives et s’alignant sur plusieurs
siècles, la fréquence des mentions d ’éponymes reste identique pour les
règnes individuels, tandis que ces règnes sont désormais séparés
par de longues périodes où l’éponymat ne serait attesté qu’une
fois par siècle. Ainsi, en suivant la chronologie des règnes pro-
posée par A. Jamme31, on devrait supposer que le règne de
Nasa’karib (situé par lui en 10-20 de notre ère), durant lequel
l’éponymat est attesté par 9 mentions, aurait été suivi d’une
période de près de trois siècles où trois éponymes seulement seraient
attestés, respectivement sous les règnes de : Karib’il Watar Yuhan'im
(vers 45-60, CIH 609), Rabbsams Nimrân (vers 120-140, Ja645),
et enfin èâmir Yuhar'is (vers 305-315, Ja653). Il ne saurait être
question dès lors de tenter une généalogie des éponymes...
On le voit, cette chronologie établit un intervalle de près de
300 ans entre le règne de Nasa’karib et la dernière mention présu-
mée du système traditionnel de l’éponymat sabéen. A notre avis
au contraire, l’éponymat sabéen traditionnel a disparu32 à la fin du
règne de Nasa’karib, qui marque l’apogée du système, du moins
comme moyen de datation. Cette disparition s’explique aisément
à cette époque (dernier tiers du IIIe siècle). C’est peu après, en
effet, qu’interviennent les débuts de l’unification de l’Arabie du
Sud sous des dynasties himyarites (titulature « longue » assumée
par èâmir Yuhar'is II et Damar'alay Yuhabirr II), dynasties dont
celle de èâmir, en tout cas, utilisait un mode de datation à partir
de l’ère himyarite, qui allait peu après se généraliser dans toute
31 Sabaean Inscriptions, p. 390-393.
32 L’éponyme de Ja 703 peut être postérieur, mais appartenir à un système
local; cf. ci-dessus, p. 413 et n. 12.
CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA ET DÜ-RAYDÂN 425
l’Arabie du Sud. Il est normal que le système traditionnel sabéen,
qui n’avait jamais été utilisé que sur une partie limitée des terri-
toires des dynasties de « rois de Saba et dü-Raydân », ait disparu
définitivement, au moment où l’ancien territoire du royaume de
Saba se trouva englobé dans une entité sud-arabe infiniment plus
vaste, sous une dynastie himyarite qui tint à conserver et à imposer
son propre système de datation par référence à l’ère himyarite.
3
Il est très tentant d’utiliser les dates exactes par l’année d’épo-
nyme pour dater de façon précise les règnes et les événements de
l’histoire de Saba, d’autant plus que J. Ryckmans a donné la date
absolue du commencement du 4e éponymat de notre liste : l’an 165
de notre ère. Mais il ne faut pas oublier que notre liste des éponymes
n’est que le produit de spéculations théoriques, le produit de
l’application mécanique du système théorique d’éponymat sabéen
aux inscriptions datées par éponymes. Or en pratique il y a toujours
quelques écarts par rapport aux règles théoriques, quelques déroga-
tions au système. Il est nécessaire de tenir compte de ces déroga-
tions pour obtenir les données historiques correctes.
Ainsi, l’inscription Ja735 mentionne l’année 9 de l’éponyme
Tubba'karib fils de Wadad’il de kabir Halil. Cette mention témoigne
d’une dérogation à la durée théorique d’éponymat, fixée à 7 ans,
et à l’ordre traditionnel du tour d’éponymes. Mais nous ignorons
les causes et le caractère de cette dérogation, comme aussi la façon
dont on a ensuite restitué la tradition. Il est possible que le 11e
éponyme est entré en fonction plus tard qu’il ne devait le faire,
et qu’il a exercé sa fonction pendant une durée plus courte, mais
peut-être s’est-il acquitté de sa fonction durant les 7 années habi-
tuelles. Mais il est aussi possible que le 10e éponyme a exercé sa
fonction pendant deux termes, et que le 12e éponyme est entré en
fonctions après lui. Malheureusement, le dernier nom d’éponyme
dans CIH 430, qui devrait donner la solution de ce problème, est
endommagé.
Il nous semble très étrange que les éponymes 16, 17 et 18 de
notre liste ne soient pas mentionnés dans les inscriptions, tandis
que les éponymes précédents et suivants sont mentionnés plusieurs
fois chacun. C’est le seul exemple d’une lacune qui affecte trois
éponymats successifs. Peut-être n’est-ce pas simplement une lacune
426 A. G- LOUNDINE — J. RYCKMANS
de nos sources, mais une dérogation au système d’éponymat. Il
n’est pas exclu que les éponymes 16, 17 et 18 n’aient jamais existé
et qu’il faille avancer de 21 ans les dates des éponymes suivants.
Mais ce n’est pas la dernière difficulté. En datant les rois nous
rencontrons des contradictions inattendues. L’inscription Ja877 qui
remonte au règne de Nasa’karib Ya’min Yuharhib mentionne la
3e année du 14e éponyme. Mais l’inscription Ja567 qui remonte
au règne d’Ilsarah Yahdub, père de Nasa’karib, mentionne la 7e
année du même éponyme L Le même texte Ja 567 contient la men-
tion du 15e éponyme qui avait donné la décision d’oracle au fils
cadet de l’auteur.
Le contenu des textes explique ces contradictions. Il montre que
dans les inscriptions votives les dates ne coïncident pas nécessaire-
ment avec la dédicace de 1 ’inscription, mais désignent 1 ’époque
d’un des événements mentionnés dans le texte. Par exemple, les
dates de CIH 81 et Ja645 désignent la période de la peste, tandis
que les inscriptions signalent que les auteurs sont sortis indemnes
de cette épidémie; par conséquent, les inscriptions en question
furent dédiées après la fin de la peste. Quelques inscriptions men-
tionnent l’éponyme pour déterminer la date de la dîme pour une
certaine année (Nami NAG 11, Ja 615, CIH 567) qui n’est nulle-
ment liée à celle de la dédicace de l’inscription, etc. Mais la mention
du roi est toujours une mention du roi régnant 1 2.
De la sorte, la date par éponyme et la mention du roi peuvent
ne pas être liées, et la mention d’éponyme dans une inscription
votive ne nous donne qu’un terminus ante quem non pour la fin du
règne. En particulier, les inscriptions Ja877 et 567 montrent qu’on
doit dater la fin du règne de ’llsarah Yahdub II de la lre année du
15e éponyme, et non auparavant. Par conséquent, la date par épo-
nyme de Ja877 précède de 5 à 6 ans, au minimum, la dédicace de
1 ’inscription.
1 Nous considérons comme 7e année une datation par le mois et le cycle
d’éponyme sans indication du chiffre d’année : A. G. Loundine, Éponymat
sabéen, p. 3-4.
2 Dans les inscriptions juridiques nous trouvons une autre situation : la
date par éponyme désigne l’époque du document, et le nom du roi désigne
1 ’auteur du document.
CHRONOLOGIE DES ROIS DE SABA ET DÜ-RAYDÂN 427
En utilisant notre liste des éponymes, il faut toujours se souvenir
de cette particularité des inscriptions votives. On ne peut utiliser
ces dates pour situer les rois et les événements qu’avec grande
précaution, seulement après l'analyse détaillée du contenu de chaque
inscription.
A. G. Loundine,
Leningrad D-41,
Institut Narodov Azii,
Dvorzovaya nab. 8.
Jacques Ryckmans,
Héverlé-Louvain.
7 avenue des Flleurs,
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
The Greek version of « Himyar » is 'O^ptrat ; this is confirmed
by the bilingual and trilingual inscriptions of 'Êzânâ of ’Aksüm *.
— That the tribe of Himyar originally was under the rule of
the kingdom of Qatabân can be concluded from the fact that
the Sabaeans attributed the surname of walad 'Amm to the forces
of the Himyar in the periods of èammar Yuhar'is II and Karib’ïl
(Ry 535, Ja 577, 578, 589) 1 2; 'Amm had been the inoon-god and
state-god of Qatabân; cf. p. 497.
J. Ryckmans has shown evidently that there hâve not been several
eras in South Arabia, by which years were counted, but only one
era, dating from the year 115 or 109 b.C.3. The names Nabat and
Mabhüd in the dating do not designate eras, but represent eponym-
ates, each of which lasted for a number of years 4. Most of the dated
inscriptions up to 400 A.D. were found in the Himyar territory :
CIH 46, G1 1594, CIH 448, and RES 3383. The sites where RES
4196 and 4197 bis corne from, are unknown. The dedicator of
RE S 4196 was qyl of the tribedoms of Qasamm and Madhaym.
1 E. Littmann, Sabaische, griechische und altarabische Inschriften, Deutsche
Aksum-Expedition IV, Berlin 1913; reprinted in : Miscellanea Academica
_ Berolinensia II/2, 1950, p. 107.
2 A. Jamme, On a Drastic Current Réduction of South-Arabian Chronology ;
Bull. Amer. Soc. Oriental Research 145, 1957, p. 28 f; idem, Sabaean Inscrip-
tions from Mahram Bilqïs (Publ. Amer. Found. f. the Study of Man, ed.
W. F. Albright, vol. III), Baltimore, Johns Hopkins, 1962, p. 296 f, 317, 322.
3 J. Ryckmans, Zuidarabische Kolonizatie, Jaarberieht 15, Ex Oriente Lux
1957/8, p. .246, note 48; id., Chronologie des rois de Saba et dü-Raydân, Oriens
Antiquus III, 1964, p. 17 f, tableau p. 14 (correcture 207 instead of 257) ;
id., La chronologie des rois de Saba3 et dü-Raydân, Istanbul, Nederlands Histor.-
archaeologisch Instituut in het Nabije Oosten 16, 1964. J. Ryckmans leaves
two exceptions open, the dating in RES 3958 and in RES 4197 bis; we will
see later that it is not neeessary to présumé exceptions in these two cases.
Cf. also note 6.
4 On eponymates in South Arabian dating cf. A. F. L. Beeston, Epigraphic
South Arabian Calendars and Datings, London 1956; A. G. Lundin, Éponymat
Sabéen et chronologie Sabéenne. 26. Congr. Intern. des Orientalistes, Conf.
prés, par la délégation de l'URSS, Moscow 1963.
429
430
H. VON WISSMANN
Both of these countries belonged to Himyar in the time when the
inscriptions were set. RE S 4197 bis is in Sabaean language but is
dedicated to 'Attar èarqân and 'Amm. This and other criteria
(cf. note 140) point to a site in Himyar. RE S 3958 was found in
the area of the tribe of Qatabân, which at that time (partly?)
belonged to the kingdom of Hadramaut ; the contents of this inscrip-
tion, however, mainly refer to Radmân and Haulân, i.e. to régions,
which at that time belonged to Himyar (Haulân partly) and not
to Hadramaut5. Besides, the language is Sabaean. These circum-
stances show that the South Arabian era must hâve been of
Himyaric origin. There probably was an important event in the
tribal area of Himyar in the year 115 (109) b.C.6, at the beginning
of the era. I suppose that the nucléus of the kingdom of Himyar
came into existence in that year.
There seem to be some interrelations between the event in ques-
tion and the fact that in about 115 b.C. the Straits of Bâb al-Mandab
were opened for the first time for Egyptian ships, so that these
could directly sail to India, avoiding transshipment into foreign
vessels (Eudoxos of Kyzikos) 7. The kingdom of Qatabân, which
5 A. Jamme, Sabaean Inscriptions (cit. note 2) p. 358, 361. Cf. also here
p. 482, note 139, and p. 497.
6 On the beginning of the South-Arabian era see : E. Glaser, Skizze der
Geschichte Arabiens von der dltesten Zeiten bis zum Propheten Muhammad,
1. Heft, 1889, p. 3-11 ; F. Hommeil, Geschichte Südarabiens, in : Handb. d.
Altarabischen Altertumskunde I, 1937, ed. D. Nielsen, p. 96 f; G. Ryckmans,
Chronologie Sabéenne. C. Rend. Ac. Inscr. et Belles-Lettres 1943, p. 236-246;
J. Ryckmans, L’institution monarchique en Arabie méridionale avant l’Islam,
Louvain 1951, p. 304-312; id., La persécution des chrétiens Himyarites au
sixième siècle, Istanbul, Nederl. Histor.archaeol. Instituut in het Nabije Oosten
1956, p. 18-24; H. v. Wissmann, De Mari Erythraeo, Stuttgarter Geogra-
phische Studien 69 (Lautensach Festschrift), Stuttgart 1957, p. 313; A. G.
Lundin, K. woprosu o chronologii himyaritskikh nadpisei, Palestinskii sbornik,
wyp. 3, 1958, p. 98-106; J. Ryckmans, Le début de l’ère himyarite a-t-il
coïncidé avec une éclipse du soleil? Bibl. Orient. 18, 1961, 219-221. Aceording
to the findings of Lundin, 115 b.C. will be chosen in this paper as the
beginning of the era, but the dates obtained by ehoosing the beginning of
the era in 109 b.C. are always given in parenthèses.
7 J. H. Thiel, Eudoxus van Cyzicus, Mededeel. Nederl. Akad. Afd. Letter-
kunde, N.R. 2, 8, 1939; H. v. Wissmann, De Mari Erythraeo, Stuttgarter
Geogr. Studien 69, 1957, p. 311-314; H. Kortenbeutel, Der agyptisehe Sud-
und Osthandel in der Politik der Ptolemaer und rômischen Kaiser. Diss.
Berlin 1931; he shows p. 48 that the title of the epistratêgos of the Thebans,
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
431
had been a strong power controlling the straits since the middle
of the 4th century b.C., seems to hâve lost this control in those
years, because of an insurrection of the tribe of Himyar (and
other tribes probably). There is no certain confirmation for this
thesis ; a number of facts, however, which are assorted in the
following pages, support it.
•18°
48°
100 200 300km
Fig. 1. — South Arabia since the middle of the 4th century b.C. (RES
3858), Yada"ab Yagil of Qatabân.
The greater part of the country which later became the territory
of the kingdom of Himyar, had belonged to the kingdom of Qatabân
to which Koptos and the Egyptian ports on the Red Sea belonged, was :
syggenês kai epistratêgos kai stratëgos tes Thëbaïdos in 111 b.C., but wasi :
epistratêgos tes Thëbaïdos kai epi tës Erythras kai Indikës thalassës in 78 b.C.
432
H. VON WISSMANN
since about the middle of the 4th century b.C. 8, since the conquests
of Yada” ab Yagil of Qatabân in his wars against Saba’ (RES 3858).
The inscriptions Ja 557, Ja 555 and CIH 375 show that Saba’
had the greatest difficulties to defend against the aggressions of
Qatabân in several wars, up to a victory of Saba’ under Yitaf-
’amar Bayin, about « 285 » b.C. (Cf. the table mentioned in note 8.)
The news of Eratosthenes (under Ptolemy III, 247-221, Strabo XVI,
768) belong to a period when Saba’ had become somewhat stronger.
Eratosthenes reports : « by the Minaeans, on the side towards the
Red Sea, whose largest city is Karna or Karnana (Qarnâwu) ;
next to these, by the Sabaeans, whose metropolis is Mariaba; third,
by Kattabanians, whose territory extends down to the straits; and,
farthest to the east, the Chatramotitai, whose city is Sabata
(Sabwat) ». Later on, the power of Qatabân had an other culmin-
ation. But there are still unsurmountable différences in the dating
of rulers of Qatabân of those following periods by different authors.
It seems useless for me to look for a genealogical solution, before
A. Jamme has published the inscriptions of the American excavations
in Tumna' and Qatabân in extenso9.
One question, however, has to be dealt with here : the question,
if the Qatabanian ruler Yada”ab Dubyân bin èahr of the three
inscriptions RE S 3550 and 4328 and Ry 390 is the same person as
Yada”ab Dubyân bin Sahr of RES 3878 10 * * * * is. In RES 3550, Yada"ab
8 Genealogical table 2 of the kings of Saba* in : H. v. Wissmann, Zïir
Geschichte und Landeskunde von Alt-Südarabien, Sitzungsber. d. Ôsterr. Akad.
d. Wiss., phil.-hist. Kl., vol. 246, 1964, opposite to p. 26, and p. 41. On the
conquest reported in RES 3858 (on the Lay'ân pass) cf. my Zur Geschichte,
p. 283, note 33. Three of the conquered towns, Na'mân, Çana' and Dubhân
dû-Hamrur, are shown here on fig. 1. Ja 555 shows that Gahrân in Muha’nif"1
(see fig. 3 and 4) was still belonging to Çaba* in the third century b.C. (Zur
Geschichte, p. 255 f).
9 Cf. H. v. Wissmann, Zur Geschichte (cit. note 8), p. 37, note 59.
10 We hâve shown (H. v. Wissmann and M. Hôfner, Beitrage zur histo-
rischen Géographie des vorislamischen Südarabien. Akad. Wiss. u. Lit. Maine,
Abh. d. geistes- u. sozialwiss. Kl. Jg. 1952, Nr. 4, p. 46) that Yada”ab Dubyân
bin Sahr of the three inscriptions RES 3550 and 4328 and Ry 390 is the
same person, although he calls himself mukarrib in RES 3550 and 4328 and
is called king by his subject in Ry 390. Ail three inscriptions deal with
the building of the road Crossing the Mablaqa-pass. They are from this road
and from Saqïr west of it. The title of a mukarrib may hâve only been
used by the ruler himself, not by his subjects, as it was in Saba’ in its
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
433
Dubyân bin èahr calls himself Mukarrib of Qatabân and ail the chil-
dren of ’Amm and ’Ausân and Kahad (Datïnat) and .. d (ditt.) and
Dahas™ and Tubanâwu. In RE S 3878, however, the ruler calls himself
King of Qatabân and Qatabân, that is ms[wd and fqdt] and btl (pro-
baly the tribal assembly), and Radmân and ’Almâlik and Madhay™
and Yahar etc. The tribal régions named in the title of RES 3550
include a great part of the area of the kingdom of Qatabân of
the conqueror Yada”ab Yagil of the 4th century b.C. The tribedoms
named in the title of RES 3878, however, are only those régions
which are called the children of 'Amm in RES 3550. They are the
régions, which remained as Qatabânian territories (or allies) after
the rise of Himyar and until the last period of the kingdom of
Qatabân before its end. It would be near at hand to suspect that
Yada”ab Dubyân bin èahr called himself mukarrib, when his country
was still one of the great and important states of South Arabia,
including at least the hinterland of 'Aden and of ’Abyan, as weil
as ’Ausân, and that he only called himself king, when the uprising
of the Himyar and other tribes of his state had left over the nearest
tribedoms surrounding the Qatabânian tribe in the west and south,
Radmân and Madhay and other small areas, which cannot be
located u. Really, the palaeography of the inscriptions of this ruler
mukarrib-period (A. F. L. Beeston, Review of Wissmann-Hôfner, in : Archiv
f. Orientforschung 17, 1955, 161-166; J. Ryckmans, Institution, p. 53-57),
and a subject could speak of him as of a king (which was not the case
in Saba’ in the mukarrib-period). In RES 3878, however, the ruler Yada'*ab
Dubyân bin Sahr calls himself king, not mukarrib. Is it possible, that it
was the same person, who called himself once mukarrib, once king 2 No sueh
case is known in Saba*, except Karib’il Watar, who certainly was the last
mukarrib and the first king of Saba’ (Wissmann, Zur Geschichte, cit. note
8, p.^, 39). A palaeographical examination shows that the script looks a
little later (I, not earlier) on RE S 3550 and Ry 319 (Le Muséon 62, 1949,
Pl. I) than on RES 3878 (J. Pirenne, Paléographie I, Pl. 34, cit. note 12),
especially the R; but as a whole, there is no great différence. I must
emphasize, however, that it is very délicate to take the script as an indicator
for short sections of time, and that this may easily mislead. If we could
be certain that Yada'*ab Dubyân bin éahr of RES 3878 is the same person
as Yada'*ab Dubyân bin éahr of RES 3550, this would be a great help for
our historical investigation.
U ’Almâlik may hâve been a small tribe between Radmân and Madhaym,
it was not living in ’Ausân, as we had thought (Wissmann-Hôfner, cit.
note 10, p. 59 f and Abb. 5). Also the site of Yahar is still unknown
434
H. VON WISSMANN
suits into the late 2nd century b.C., when being compared with
the inscriptions of the kings of Saba’ in my table II in Zur Geschichte
und Landeskunde (cf. note 8). What has been said is a hypothesis.
The interprétation of J. Pirenne 12 is also plausible. According to
her thesis, this Yada"ab Dubyân bin èahr was in the same time king
of the tribe of Qatabân and of those tribes, which were closely
attached to the tribe of Qatabân in the south and west, as he was
mukarrib of the tribes of an outer ring of his lands, from ’Ausân
in the east to Tubanâwu in the west ; according to this interprétation,
the kingdom of Qatabân still experienced a culmination of its power
in that period. J. Pirenne places this king into the time of about
180 b.C.13. But both these interprétations become improbable by
the discovery of the inscription of Wusta, which was publisehd by
A. F. L. Beeston (Epigraphic and Archaeological Gleanings from
South Arabia, Oriens Antiquus I, 1962, p. 51). In this inscription,
âahr Yagul Yuhargib, son of Hauf'amm Yuhan'im, who is called
king in ail other inscriptions, calls himself miik[arrib\. This king
reigned later than Yada”ab Dubyân bin èahr (cf. p. 442).
For a synopsis of the different situations in South Arabia during
the last century b.C., the date of the breakdown of the Minaean
kingdom is important. The question of this date is linked with our
knowledge about the overland expédition of Aelius Gallus in 25/24
b.C. and his inroad into Ma'în and Saba’14. While the dating of
(Wissmann-Hôfner, p. 39) ; it was not (or not the whole of) Murâd, as we
had supposed, because Murâd was called HRMTm (cf. p. 478). YHR cannot
hâve been the same YHR as in RES 4336 (cf. p. 463).
12 J. Pirenne, Paléographie des inscriptions sud-arabes. Vol. I, Des ori-
gines jusqu’à Vépoque himyarite. Verh. v. d. Kon. Vlaamse Acad, voor Weten-
schappen, Letteren en schone Kunsten van België. Kl. d. Letteren. No. 26.
Brussels 1956, p. 234.
13 J. Pirenne in Paléogr. I (cit. note 12), folded table and pp. 207, 209,
225-237. Later, she places Yada”ab Dubyân bin ëahr about into the early last
century b.C. : J. Pirenne, Le royaume sud-arabe de Qatabân et sa datation.
Bibl. du Muséon 48, Louvain 1961, p. 198 f, and Pl. IX b, p. 116. Under
the conditions of the thesis of J. Pirenne, the dependency of the outer ring
must hâve been much looser than that of the core. In the outer ring, the
tribes perhaps stood under subordinate kings, so that it was easier for them
to break off and become independent.
14 The date of the breakdown of the Minaean kingdom has been placed
into different periods. W. F. Albright {The Chronology of Ancient South
Arabia, Bull. Amer. School Or. Research 119, 1950, p. 5-15) placed it towards
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
435
many passages in Pliny’s Nat. Hist. is precarious and often impos-
sible, the reports, which were brought back by Aelius Gallus, can
alone be dated exactly. In the report of Strabo (XVI, 782), we
find that « a city ealled Marsiaba (Mârib) which belonged to the
tribe of the Rhamanitai, who were subject to Ilasaros » was besieged.
As J. Pirenne15 has found out, the inscription RE S 4085 belongs
to this period. It begins : B'TTR d-WD’m, kabïr of the whole tribe
of 'BYMN (Raymânites), has directed for his master 'Ilsarah, son
of Sumuhu'alï Yanüf, the whole levelling and planting of the irrigated
areas... The Rhamanitai and Ilasaros are identical with the Raymân-
ites and ’ïlsarah. Other inscriptions confirm us that Sumuhu'alï
was the late king, the father of the reigning king Damar'alï Bayin
(also mentioned at the end of RES 4085) and of the prince ’ïlsarah.
An important question is, if Aelius Gallus had to fight against
an independent Minaean kingdom before reaching Saba’ and Mârib,
or if the oasis towns of Ma'în were under Sabaean rule or supremacy
at that time. In the description of the invasion by Strabo, first a
king of Nagrân is mentioned, who fled, when the Romans approached.
Then, on the river (the gayl of Ma'în), Nasq ("AaKa) had been aban-
doned by the king ÇervWig^Oéia-av vivo tov fiaaiAétos). Yatil
(*AÔpov\a) opened its gates without résistance, just as it did to
the king of Hadramaut in Ja643, 20. But Qarnâwu, the seat of
the Minaean kings, is neither mentioned by Strabo nor by Pliny
(VI, 160) 16. It seems that it was a deserted place at that time. Nasqm
is often reported to be the stronghold of the Sabaeans in the
district of Ma'în; so its king seems to hâve been a représentative
of the Sabaeans. Taking this and the following into considération,
it seems most probable to me that the Minaean towns were under
Sabaean rule (or supremacy) at that time.
lOOJb.C., and later on (id., The Chronology of the Minaean kings of Arabia,
Bull. Amer. School Or. Research 129, 1953, p. 24) « between c. 50 and c. 25
b.C ». J. Pirenne (Royaume de Qatabân, cit. here note 13, p. 7) places it
towards 100 A.D. ; she inserts it c. 100 years before the end of Qatabân
and c. 124 years after Aelius Gallus’ inroad. (In my tables in Wissmann,
Zur Geschichte (cit, note 8), this would mean c. 20 A.D.)
15 J. Pirenne, Royaume de Qatabân, p. 116 and Pl. IX.
iG Pliny names : Nestum (Nasân), Nesca (Nasqm), Magusum (Magzirî),
Caminacum (Kaminâhü), Labecia (Labbah) as having been destroyed by
Aelius Gallus. KappMv, Ptolemy VI, 7, 34, means not a revival of Qarnâwu,
but KMNHW (Kaminâhü). About CIH 609 cf. Wissmann, Zur Geschichte, p.
140, note 192, and p. 343.
436
H. VON WISSMANN
Also RES 4198 is important for finding the date of the break-
down of the Minaean kingdom. The inscription was set in the town
of Nimrân, which most probably was présent Bayt Nimrân, which
was visited by Halévy, not far west of the gâte of ancient Nasq.
Halévy found only one inscription there, with the only word
NMRN (Hal 597). RES 4198 is in Sabaean dialect and is dedicated
to Damar'alï Bayin, king of Saba’, bin Yada”ïl Watar, and to
the son of Dâmar'alï, the name of which is broken out. The gods
which are invoked, are the full number of the official gods of the
Sabaeans, but followed by the Minaean god Wadd’n dü-MayFân
and a Minaean sun-goddess, the lady of Hirrân (Hirrân in upper
Ma'in). Palaeographically (photo), the inscription is of an older type
than RES 4085 (which is of the time of Aelius Gallus). We hâve
to bear in mind, however, that there is a great différence between
monumental and simple script in those periods17, and that
obviously RE S 4198 was not inscribed by a skillful mason. The
inscription seems to be older than RES 4085, perhaps only one
génération 18.
The author of RES 4198 is of the clan of Raymân ; and the
house he possesses in Nimrân is also called Raymân. I remind that
in RES 4085, the kabïr of the clan of Raymân stands under prince
’îsarah, and that Strabo reports that Ilasaros and his Rhamanitai
were defending Mârib. Thus it seems that in the time of RES
4198, a branch of the distinguished Sabaean clan of Raymân had
been settled in the area of Ma'ïn, near Nasqm, by the king of Saba’,
for the defence of Ma'ïn, when it had been subdued.
17 Compare G1 1696 in J. Pirenne, Royaume de Qatabân, Pl. VII, with
RES 4085, of the same period, in Pl. IX, or the inscriptions of ëahr Yagul
Yuhargib (1) in G. Van Beek, Recovering the Ancient Civilisation of Arabia,
Biblical Archaeologist ~XN, Feb. 1952, No. 1, p. 1, and (2) «Ta 119 and 121
in A. Jamme, Inscriptions related to the house of Yafash, in : Archaeological
Discoveries in South Arabia, ed. R. LeBaron Bowen and F. P. Albright,
Publ. Amer. Found. f. the Study of Man II, 1958, p. 196 f. The s of
« Van Beek » is a forerunner of a form spreading a century or more later.
18 The son of Damar'alï Bayin of RES 4198 might be Sumuhu'alï Yanùf
(the space would suit exactly, according to the photo) of 4085, the father of
’ïlsarah and of the (other) king Damar'alï Bayin of the time of Aelius Gallus’
invasion. If e.g. the king of RES 4085 had an âge of 30 years in 25 b.C.,
it is easily imaginable that his grandfather and father had an âge of 60
and 35 years in 45 b.C. (RES 4198). Bayt Nimrân also in al-Hamdânî, Gaz.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY 437
On page 442, we will hâve to deal with some difficulty, which
arises by this dating of the breakdown of Ma'ïn towards the middle
of the last century b.C.
As has been said, dating of passages in Pliny VI and XII
reporting about South Arabia is difficult and precarious as a
rule. We will see that the passages in which the Qatabânians are
called Gebbanitae («Qetbân»?) are not of one period only. —
We may first examine the passages mentioning Ocilia or Acila
(’A/aXa), the port on the Bâb al-Mandab, which subsequently
was called ’O/ojXtç (Ocelis). Pliny XII, 87 says : in portum Geb-
banitarum qui vocatur Ocilia. Hence Ocilia belonged to Qatabân
at the time of the origin of this phrase. — We know that the
passage in Strabo XVI, 769, where ’A/aXa is mentioned, is based
on Artemidoros who lived round 100 b.C. Also in Pliny VI, 151 f,
the port is called Acila. In this passage, it is said that Acila
belongs to the Scenitae Sabaei, to the Sabaean tent-dwellers. I
suppose that this report also belongs to the time of Artemidoros,
which would be not long after the time, in which — according to
my thesis — the Himyar and other tribes had revolted against
Qatabân and had broken its power. Saba’ may hâve been able to
utilize this situation by occupying the southernmost part of the
coast of the Red Sea in Arabia, with ’A/aXa on the Straits, the
area of the ’As'arân of later inscriptions, of the al-’As'ar of
al-Hamdânî, the Elisaroi of Ptolemy19. That the great strength of
Qatabân had been broken was a prerequisite also for the conquest
of Ma'ïn by Saba’ (cf. above). If we consider the narrowness of
the Sabaean territory between Qatabân in the south and Ma'ïn in
the north, in other words, the short distance from the capital of
the Sabaeans, from Mârib, to the Qatabânian frontier on one side,
the Minaean frontier on the other, it becomes plausible that Saba’
could only attack Ma'ïn, when it had not to fear an aggression of
Qatabân, and that the conséquences of a révolution in Qatabân
or a war of a revolting tribe against Qatabân were a good oppor-
tunity for Saba’ to attack and conquer Ma'ïn (cf. fig. 1 and p. 442).
19 The identity of the al-’As'ar with the Elisaroi of Ptolemy is beyond
doubt, as the area occupied by them according to al-Hamdânï is identical
with the area fixed in detail in the description of Ptolemy’s map. This
shows (among other examples) that the article « al- » was used in the spoken
language for a long time, while it was not used in written South Arabian
until the termination of the South Arabian Language.
438
H. VON WISSMANN
The earliest mentioning of the Himyar is that in Pliny VI, 158,
in a list of South Arabian tribes : Homeritae (Nomeritae) Mesala
oppido, Hamiroei20. The report, which includes this passage, pro-
bably goes back to J vba, who again had eopied it21. It may date
from the early last century b.C.
In this connection, also Pliny XII, 69 has to be considered : a
white variety of myrrh was brought into an oppidum called
Mesalum. The period of sentences shows that the myrrh, which
the Minaeans brought to the Mediterranean (over land, probably),
included the myrrh of Hadramaut ( Astramitica) and Qatabân
( Gebbanitica) and that of the tribedom of ’Ausân (Ausaritis
Gebbanitarum regno), while the Sambracene variety grew in a
civitas of the kingdom of the Sabaeans, near the sea. — This
variety probably came from the Coastal and inland towns of
Sambrachate of Pliny VI, 151 f (âamïr Hatï?)22, which lay north
of Acila according to that passage. Sambrachate seems to hâve
been the présent as-Suhârî on the mouth of the Wâdï Suhâra north
of al-Muhâ, and south of ancient Mouza (Mausig). Wâdï Suhâra
cornes from Ma'âfir and Gabal èamïr23. In Pliny VI, 151 f,
Sambrachate as weil as Acila (cf. above) belong to the Sabaeans,
just as the place, where the Sambracene myrrh came from, in
Pliny XII, 69. This supports the thesis that the period of Pliny VI,
151 f belongs to the time after the révolution of the Himyar
which had founded an independent state in the hinterland of
Mesalum (Mesala). Pliny XII, 69 seems to belong to the time
after the révolution of the Himyar, and before the end of the
Minaean kingdom.
20 The latter seems to be a répétition, meaning Himyar (Hamîr) as weil;
cf. Count C. Landberg, Glossaire datïnois, 3 vols., Leiden 1920-1942, p. 483-
493. ’HMRN in CIH 155, 2, CIH 353, 5, CIH 541, 75, CIH 621, 9.
21 Perhaps from Uranios; cf. Domaszewski, in Archiv f. Religionswissen-
schaft XI, 1908, p. 239 ff, according to J. Pirenne, Royaume de Qatabân,
p. 128. ’ . ' ITH
22 According to M. Hôfner (by letter), Sambrachate may mean Ôamîr IJatï,
the latter connected with arabic liata'a, « hinder, detain », assyrian liattu,
« terrify », hebrew bâtât, « be frightened ».
23 In Ry 508,4 and 507, 5 (persécution of the Christians, war against
Abyssinia of 528 A.D.), the fortresses of éamïr and of its plain are in the
hands of the Abyssinians and are attacked. In these inscriptions, M$WN
(al-MuJiâ; Mocca) is mentioned for the first time.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
439
After what has been put forward about Sambrachate, Mesala
oppidum of Pliny VI, 158 and Mesalum of Pliny XII, 69 cannot
hâve lain on the Red Sea eoast; it probably was situated on the
south coast of Arabia24 ; but it cannot hâve been 'Aden. There
is no good harbour except 'Aden and « Little Aden » along that
coast of the océan, but there is one open roadsted, which even has a
more favourable position to its hinterland than 'Aden has : the road-
sted of the delta of the Wâdï Bana. Here two perennial rivers leave
the mountains and are used for the oasis area of ’Abyan, which
must hâve been prosperous in peaceful ancient times25. The name
of the Coastal strip 26 and of a ruined village there is al-'Assala,
in dialect am-'Assala27. There are still other reasons why I take
this place for Mesala (Mesalum) 28, reasons which will be displayed
now.
The mountain hinterland of the ’Abyan delta and oasis is
présent Yâfa'. The massif of Yâfa' is called Tj cktoç Xpvpvo</>6pos
by Ptolemy (VI, 7, 26), the outer myrrh bearing country; it stayed
24 Pliny VI, 153-159 has been treated by J. Pirenne, Royaume de Qatabân,
p. 142-158. I cannot deal with these passages here (except a part of Pliny VI,
158, which will be treated on p. 488), but must refer to my Arabien nach
Ptolemaus, anderen antïken Schriftstellern und den Inschriften, which will
be published 1965 by the Orientalische Kommission of the Alcad. Wiss. u.
Lit. in Mains. On p. 154 f J. Pirenne deals with Homeritae Mesala oppido.
She mentions that I proposed an identification of Mesala with « m-'Asala or
m-'Sala » in De Mari Erythraeo, p. 312, note 84 (where I write m-'Asala).
She points to the fact that Pliny States at the beginning of the paragraph
that he will name towns of the interior, while m-'Sala est une bourgade
côtière. But Himyar was a seafaring country with long coasts, whence the
export of myrrh (Pliny XII, 69) undoubtedly took the oversea route, from
« Mesalum ». Brian Doe, Pottery Sites near Aden, Journ. Roy. Asiat. Soc.
of ^Gr.-Br. and Irel., 1963, p. 150-162, gives a map of the ancient and
mediaeval sites of ’Abyan, including al-'Aççala, and describes ancient finds
from al-Qaraw near mediaeval al-cAççala, 5 miles inland from the présent
coast, and finds from al-Quraiyât near this. A jar from al-Qaraw shows an
ancient monogram with h and m.
25 Cf. Wissmann-Hofner, Beitrage (cit. note 10), on Tafid, p. 67 and
map p. 64.
26 Brian Doe, Director of the Department of Antiquities in Aden, oral
communication.
27 The article am- or m- is spread from ’Abyan northwards through ancient
’Ausân as far as Niçâb.
28 Cf. note 19 on the use of the article al- in spoken language.
440
H. VON WISSMANN
a central part of the area, which grows good myrrh. At the time
of al-Hamdânï, this country of the tribe of Yâfi' was called the
Sarw Himyar29; up to the présent time, the Yâf? believe that
they are the main tribe of pure Himyar descent30. We hâve shown 31
that Yâfa' or Sarw Himyar is identical with Dahasm of RE S 3945
(G11000 A) of Karib’il Watar, the last mukarrib of Saba’, and
of the title of Yadaf’ab Dubyân bin èahr (cf. 434), when this
title mentions the larger area. It seems quite probable that the qayl
or the subordinate king of Dahas, and his tribe, the Himyar, which
had been under the rule of the mukarrib of Qatabân, revolted
and founded an independent kingdom, that of the Himyar; the
site of the Sarw Himyar supports our location of « Mesala-
Mesalum ». We may repeat Pliny VI, 158 : Homeritae Mesala
oppido, Hamiroei, and Pliny XII, 69 : est et candida (murra)
uno tantum loco, quae in Mesalum oppidum confertur.
It is obvious that Pliny XII, 87, where Ocilia belongs to the
Qatabânians, is older than Pliny XII, 69, where the Sambracene
myrrh cornes from a Sabaean place, when we also consult Pliny VI,
151 f, where Sambrachate and Acila are Sabaean. (In the older
Pliny XII, 87, as well as in the younger Pliny XII, 69, the Qata-
bânians are called Gebbanitae.) Pliny XII, 69 and Pliny VI, 151 f
seem to be contemporary. The name « Acila » (Pliny VI, 151 f) and
’A/aXa (Strabo XVI, 769; Artemidoros) is younger than the name
«Ocilia» (Pliny XII, 87).
Also the expédition of Aelius Gallus of 25/24 b.C. left an account
on the tribes of South Arabia, of which it heard. The account
was published in PlinyVI, 161/2. «The Homeritae are the most
numerous tribe; the Minaei hâve land that is fertile in palm groves
and orchards, and wealthy in flocks; the Ceubani (Caeubani) and
Trarei (Rarei, Harrei, Arrei) 32, and especially the Chatramotitae,
29 Al-Hamdânï, Gazïrat al-'Arab, 89 f; cf. L. FoRRER, Siidarabien nach
al-Hamdânï’s « Beschreïbung der Arabischen Halbinsel », Dtsch. Morgenl.
Gesellsch., Abh. f. d. Kunde d. Morgenlandes 27, 3, 1942, p. 136 ff.
30 Cf. W. H. Ingrams, A Report on the Social, Economie and Political
Condition of the Hadhramaut, Colonial No. 123, London 1937, p. 167 f.
31 Wissmann-Hôfner, Beitrdge (cit. note 10), p. 67 f.
32 In her research on Pliny VI, 153-159, J. Pirenne (Royaume de Qatabân,
p. 142 ff) uses D. Detlefsen (ed.), C. Plini Secundi Naturalis Historia,
vol. 1, Berlin 1866 and id., Die Geographischen Bûcher der Nat. Hist. des
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
441
excel as warriors; the Carrei hâve the most extensive and fertile
arable fields ; the Sabaei are the most wealthy, owing to the fertility
of their woodlands in growing scents, their goldmines, their irrigated
agricultural lands, and their production of honey and wax ». The
Himyar are named first, although they lived in the greatest distance
from the places reached by Aelius Gallus. The Minaeans are still
called as a tribe, just as by Ptolemy (VI, 7, 23), who calls them
even a /xéya eOvoç, but without giving them a /ZT/rpoTroXtç, which
he does for every independent nation in Arabia, even for Nagrân and
Kinda (cf. note 158). What is said about the Minaei and Sabaei in
Pliny VI, 161/2 is weil observed. It shows that the high plateau
and even Northern Haulân in the hinterland of Gâzân are included
in the Sabaean country, because this is the main région of gold
mines. The Ceubani or Caeubani can only be the Qatabânians;
when the Romans besieged Mârib, they were only in about 30 km
distance from the northern frontier of Qatabân. How should they
not hâve heard of them, when they heard of the Himyar, which
lived in a much greater distance. The Chatramotitae are the
subjects of the king of Hadramaut33. What the Trarei or Rarei
Plinius Secundus, in : Quellen u. Forsch. z. alten Gesch. u. Geogr. ed. W.
SiegliN, H. 9, Berlin 1904, as weil as C. Mayhoff (ed). C. Plinii Secundi
Naturdlis Historiae, vol. 1, Leipzig 1906; but she does not use them for
Pliny VI, 161/2 (p. 126 f). Cerbani and Agrei is not among the variations.
33 J. Pikenne, Royaume de Qatabân, p. 130-149 and map VI, séparâtes
the Chatramotitai from the Atramitai (or Atramotitai) as two different
tribes. She places the latter into Hadramaut, the former, however, into
the hinterland of the Red Sea of présent al-Yaman. She cites Stephanos of
Byzantion (Uranios), who defines the Chatramotitai as living near the Red
Sea. But the « Red Sea » had meant the Indian Océan. Her report that
Ptolemy cites the Chatramotitai in the hinterland of the Red Sea is wrong.
In Pt. VI, 7, 10, the name of ‘Aiïpa/jâraL unités the coasts of the kingdom
of Hadramaut from MÈXai» ôpoç east of ’Abyan to the Si'aypos promontury,
the Ra’s Fartak, while Pt. VI, 7, 25 says that the Xarpapcovirac (Xarpappirat)
reach from the Klimax mountain (near Rada*) as far as the Sa^aAcrat,
the Sa’kal, présent Zufâr (Dufâr). This is the area of the kingdom of
Hadramaut in its interior. Ptolemy’s description of the coasts has been written
independently from that of the interior. Cf. A. Sprenger, Die alte Géographie
Arabiens, Bern 1875, p. 305 f. Sprenger shows that « Adramitai » may be
derived from Hadramï, Hadârim, « Chatramotitai » from Hadramaut. See also
the folded map of A. Sprenger.
442
H. VON WISSMANN
or Harrei or Arrei were, I do not know34. Nor am I able to tell
what the Carrei were 35.
J. Pirenne36 has shown that there was a kingdom of ’Ausân
in the period treated here, of the king Yasduq’ïl Far'am èarah'at
and his father and grandfather. She puts these before and after
24 b.C. 37. The king just named calls himself the son of Waddm,
the son of the moon-god, which was (or had been) state-god of
Ma'ïn. There is no symptom in the inscriptions to tell if this king-
dom was fully independent or in some dependence of Qatabân.
We hâve seen that the breakdown of Ma'ïn must hâve happened
before RES 4198 (from Nimrân) and before the inroad of Aelius
Gallus, and that RES 4198 was probably written before RES 4085
(of the time of Aelius Gains), (cf. note 18). Here we encounter
the following difficulty : RES 3021 reports that ’ïlyafa' Yasur II,
perhaps the last king of Ma'ïn, was vassal of Ôahr Yagul Yuhargib
bin Hauf'amm Yuhan'im, king of Qatabân. W. F. Albright states38
34 They must hâve stood in near connection with the Caeubani. (The
Ararênê of Strabo XVI, 24, the country of «ar'ar of Juniper trees, modem
*Asîr, is too far north. In that case, also the Nagrânians would hâve been
mentioned.) Pliny VI, 154 brings Agraei, Cerbani (Gerbani) together. A.
Sprenger (cit. note 33), p. 307 f, takes the Agraei for the inhabitants of
Bilâd Hagr in Southern Hadramaut (later « Yamnat »; cf. p. 485). Should
the correction into Agraei (Hagraei) be justified in Pliny VI, 161/2? In
this case Caeubanos et Hagraeos armis praestare, maxime Chatramotitas would
mean, that the Qatabânians and the people of Southern Hadramaut (Bilâd
Hagr in Yamnat) and of Hadramaut in its restricted sence were the best
warriors. This would give a good sence. About the larger extent of Bilâd
Hagr in al-Hamdânï’s time see Grazïrat 96, Forrer (cit. note 29), p. 153, 155.
35 Cf. J. Pirenne, Royaume de Qatabân, p. 133. The probability is very
small that the KRRYN as a little clan are meant. The indépendant town of
Qaryat (cf. map fig. 6 and Ja 635) is too far north. Could it mean Gurat?
36 Wissmann-Hôfner, Beitrâge, p. 58 f, 69 f, 142 ; J. Pirenne, Royaume
de Qatabân, p. 138, 199; C. Conti Rossini, Chrestomathia Arabiae Meridionalis,
Rome 1931, inscr. 93, 94, 96, 99; RES 3885, 3887, 3888. Cf. C. Rathjens,
Kulturelle Einflüsse in SW-Arabien unter besonderer Berücksichtigung des
Hellenismus. Jahrb. f. Kleinasiat. Forschg. I, 1950, p. 27 f.
3? A comparison of Conti Rossini 99 (photo) of Yaçduq’îl Far'am Sarah'at
with Ja 119-121 of éahr Yagul Yuhargib shows me that the letters of the
latter hâve a similar or (§, r, d) an older ductus, while «Van Beek 1» of
éahr Yagul Yuhargib is different in showing a « late » s.
38 W. F. Albright, The Chronology of the Minaean kings of Arabia, Bull.
Amer. Schools Or. Research 129, Feb. 1953, p. 24 and note 16.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
443
that also the script of ’ïlyafa' Yasur II reflects that of the period
of Sahr Yagul Yuhargib. In the same paper, lie places ’ïlyafa'
Yasur II into the time of c. 75-50 b.C. Yet J. Pirenne in her last
book39 inserts this king much later than the time of Aelius Gallus
(RES 4085). It seems to me, however, that an insertion according
to palaeography alone in a period with so many contemporary
variations of the script, as this period has, is very risky. To me,
the script of Ja 119-121 (Sahr Yagul Yuhargib) looks older than
that of RES 4085 of the time of Aelius Gallus40. — I hâve shown
(note 18) that RES 4198 could easily be only 20 years before
25 b.C., i.e. c. 45 b.C., so that the breakdown of Ma'în and the reigns
of ’ïlyafa' Yasur and of Sahr Yagul Yuhargib may hâve been
not long before the setting of RE S 4198. My interprétation of
RES 4198 and the archaeological corrélation, into which the
lion-riders of Tumna' of the time of Sahr Yagul Yuhargib were
fit in by the synopsis of B. Segall 41, both point to a dating of
the end of Ma'în before the middle of the last century b.C. or earlier.
The oldest known inscription mentioning the Himyar is RES
2687, the « Obne » inscription 42. M. Hofner showed me the latex
squeezes taken by the Austrian Southarabian Expédition (SE, B 133).
Fig. 2. — Letters of RES 2687 (« Obne »-inscription) after the squeeze of
the Austrian South Arabian Expédition. The letters of the 2nd and 5th line
are 3,4 cm high, those of the Ist line 5-6 cm.
According to its palaeography, it probably can be plaeed
between the time of the expédition of Aelius Gallus (RES 4085)
39 J. Pirenne, Royaume de Qatabân, p. 6, 199.
40 About « Van Beek 1 » cf. note 17.
41 B. Segall, The Lion-Riders from Timna', Archaeol. Discoveries in South
Arabia (cit. note 17), p. 155-178; id., Sculpture from Arabia Félix, the
Hellenistic Period, Amer. Journ. of Archaeol. 59, 1955, p. 207-214, pl. 56-61.
42 Cf. J. Ryckmans, Review of Wissmann-Hofner (cit. note 10), in :
Bibl. Or. 11, 1954, p. 135 ff.
444
H. VON WISSMANN
and Nasa’karib Yuha’min43 of the genealogical table given here,
that is : between 24 b.C. and c. 80 A.D., nearer to the earlier
inscription (cf. t, s, r) than to the later ones (h, h). RES 2687
gives the following situation : The strong wall and gâte of QLT,
into which the inscription is embedded, was blocking a valley
used by a road from the Hagr district to the port of Qana’. The
gâte protected the country north of it. The dedicator is in charge
of the building of this wall and of the two other walls on passes,
which also lead from the Hagr district of Hadramaut to the sea
(line 2). These fortifications were built for guarding Hadramaut in
the north against the Himyar in the south ; they were successfully
defended, when the Himyar attacked them as well as the walled town
of Mayfa'at, which is more in the west. This happened under
Yas[k]ar’ïl Yuhar'is bin ’Abyasa', mukarrib of Hadramaut, who
is not known from other inscriptions. The Himyar evidently pos-
sessed the port of Qana’ at that time, which they certainly had
captured from Hadramaut. Qana’ has the only good harbour east
of 'Aden on the Arabian coast of the océan; it was specially suited
for being a port of èabwat and Mayfa'at and Hagr and of
Sirarân (Wâdï Hadramaut, cf. p. 485). For seizing and holding
Qana’, the Himyar must hâve been a good seafaring nation. They
probably possessed the whole coast between 'Aden and Qana’ at
that time, so that the kingdom of Qatabân must hâve had no outlet
to the sea any more and had to use Himyaric ports. Himyar
probably owned the best fleet on the océan coast. The East African
régions named in Pliny VI, 51 (« regio Amithoscatta » until
«Drimati») and Pliny VI, 176/177 (« Bangenos » until «Doma-
cenes») as far as 14° of Southern lat. may hâve been colonies of
the Himyar of this period (Juba and before) 44, colonies which
were taken over from the Qatabânians45.
43 Cf. A. Jamme, Sabaean Inscriptions (cit. note 2), Plate E.
44 Cf. H. v. Wissmann, Die Südgrenze der Terra Cognita von Juba und
Plinius bis Ptolemaus, Schlern Schriften 190, Kinzl Festschrift, Innsbruck
1958, p. 311-325.
45 The synopsis of the conditions in southernmost Arabia in the last century
b.C. given here brings one secondary diffieulty. F. Hommel (Ethnologie und
Géographie des Alten Orients, Handb. d. Klass. Altertumswissensch. III, 1, 2,
München 1926, p. 659), A. G-rohmann (Historisch-geographische Bemerkun-
gen, in : N. Rhodokanakis, Altsabàische Texte I, Sitz.-Ber. Akad. Wien,
phil.-hist. Kl., Abh. 2, 1927, p. 110-144) and Wissmann-Hofner (cit. note
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
445
200 300km
Kernlond der Himyar
Zug des Aelius Gallus(24/25v.Chr.)
Fig. 3. — Political map of South Arabia in and after the time of the
expédition of Aelius Gallus, partly hypothetical. Corr. : Labah, Çuwa’rân.
10), f). 76, 83, 98 hâve identified Habbân and Diyâb of RES 3945, 4 (G1
1000 A), of about 400 b.C., with the town and région of Habbân west of
Mayfa'at on one of the main routes to éabwat, and with the large tribal
district of the Diyâb round and south of Habbân and south of Mayfa'at.
The Diyâb occupy the whole hinterland of the coast between the Lower
'Awâliq of ’Ahwar in the west and the volcanic area round Qana’, including
the sandy plain of the Mayfa'at delta. They are the main tribe of the
eastern section of the Himyar; and they occupy exactly the same area,
from which the Himyar attacked Hadramaut in RES 2687, the « Obne »
inscription. Moreover, the Zamal of the eastern Himyar as well as that of
the western Himyar, the Yâfa', is ’Ana Dëb; the eastern Himyar are shouting
iAna Dëb Himyar, while the Yâfa' combine ’Ana Dëb with the name of the
29
446
H. VON WISSMANN
The political map, which I hâve tried to compose, shows the
probable circumstances since or after the expédition of Aelius
Gallus. In the time of Salir Yagul Yuhargib bin Hauf'amm
Yuhan'im of Qatabân, conditions must hâve been very different.
As the last known king of Ma'ïn, ’ïlyafa' Yasur II, was vassal of
èahr Yagul Yuhargib, it is very improbable that in this period
Qatabân was excluded from the coast by Himyar and reduced to
the small area shown on the map. Perhaps not only Ma'ïn but
also Himyar was temporarily vassal of Sahr Yagul Yuhargib. This
must hâve been the last period in which Saba’ came into danger
by Qatabân, as Mârib was closely encircled by Qatabân and its
vassal Ma'ïn in the south and the north. One may imagine that
Saba’ only got out of this difficult position and was even able
to conquer Ma'ïn, because Himyar could get rid of its vassalship
under Qatabân. Himyar must hâve fought against Qatabân and
hâve taken away those coasts, which had still been in the possession
of Qatabân. So the political situation must hâve changed in short
intervals. The latest period, into which Pliny XII, 69 (cf. p. 438)
as weil as Pliny XII, 63-65 and Pliny VI, 153 may be placed, is
the time of èahr Yagul Yuhargib. In Pliny XII, 63-65, it is stated
that the frankincense had to take the détour by Qatabân and its
capital Tumna' from Hadramaut and èabwat on the « incense
road» to the Mediterranean. In Pliny VI, 153, the Qatabânian
towns Nagia and Tumna' are praised for their size and the number
of their temples. Catapani, Gebbanitae plurimis oppidis sed maximis
Nagia et Thomna templorum LXV; haec est amplitudinis signi-
ficatio.
respective subtribe (Count C. Landberg, Arabica V, Leiden 1898, p. 230).
There is a remarkable continuity of geographical names in this part of
South Arabia. In the inscriptions round 400 b.C., the name of Himyar is
not mentioned. I suspect that this name became a désignation of a ruling
tribal confédération in the developing state of the Himyar, a confédération,
into which the ad-Diyâb and adjacent tribes were taken up, when their
area was included into the kingdom of Himyar. They probably had helped the
kingdom of Himyar to conquer those parts of Hadramaut by revolting against
the kings of Hadramaut. It is strange, however, that the Diyâb did not
emigrate into the Himyar kingdom, when their territory was again con-
quered by Hadramaut, which must hâve taken place before Pliny’s report
about his own time (Pliny VI, 104; Nero, 54-68 A.D.). Habbân (HBNN) and
Diyâb (DYYB) are mentioned, the latter as tribe, in Ja 959 (A. Jamme,
Al-'Uqlah, cit. note 99).
HIMYAR, ANCIENT HISTORY 447
It may be repeated that a rather plausible chronology of this
period seems to be in my opinion that the last culmination of the
power of Qatabân under èahr Yagul Yuhargib came to pass round
75 b.C. (or earlier), that the kingdom of Ma'în was abolished by
Saba’ soon after this culmination of Qatabân, and that Himyar
deprived Qatabân of its coasts after this time and before the inroad
of Aelius Gallus and his unsuccessful siégé of Mârib (25/24b.C.),
and subsequently took away the port of Qana’ from Hadramaut.
Probably Himyar utilized the situation, when Mârib was besieged,
by conquering the Southern coasts of Arabia on the Red Sea as
far as Wâdï Sahâm, as well as the highlands as far as ’Alhân,
Muha’nifm and Qasamm from Saba’. The sequence of events becomes
simpler, if the end of Ma'în is plaeed round 115 b.C.
Since the time of Pliny XII, 63-65 and 69, which may also belong
to an earlier period than that of èahr Yagul Yuhargib, the incense
road, where the traffic had become very expensive (Pliny XII,
63-65) and probably always more risky, seems to hâve corne more
or less out of use in its full length; the reports on the Aelius
Gallus expédition do not mention it. The far distance trade, from
the Roman empire to South Arabia and to India, was shifted more
or less entirely to the direct oversea route from the Egyptian
ports.
Here Pliny’s account of his own time (Nero, 54-68 A.D.) is most
instructive (Pliny VI, 101-104). From Bérénice on the Red Sea
coast of Southern Egypt, the ships sailed to Ocelis on the Straits
or to Qana’ « in the frankincense région » without a stop, and
from there directly to India. The account goes on : Est et tertius
portus qui vocatur Muza, quem Indica navigatio non petit, nec
nisi turis odorumque Ardbicorum mercatores. Intus oppidum, regia
eiu^s, appelatur Sapphar, aliudque Save. There is also a third port
named Muza (Mausig, not Muhâ’), which is not called at on the
voyage to India, and is only used by merchants trading in frankin-
cense and Arabian perfumes. Inland there is the town of the
king called Sapphar (Zafâr) and another called Save (Sawwâ5;
£W“).
The name of the Homeritae is not mentioned in this report.
But the account agréés so exactly with later ones : Ptolemy’s map
and the Periplus Maris Erythraei, that it is out of doubt that
the kingdom of Himyar is meant.
Besides, the oldest known Himyaric inscription seems to be from
448
H. VON WISSMANN
the same period. From here on we enter the periods treated in the
genealogical table at the end of this paper. The inscription is from
Dâff in the Qâc Gahrân north of Damâr and east of Zürân, and it
names « Yâsirm Yuhasdiq, king of Saba’ and Dü-Raydân » (CIH 41).
It shows, as we will see, that the northern frontier of the Himyaric
kingdom ran (from west to east) north of the Qâf Gahrân (MH’NFm
of inscriptions), as it did for two centuries from that time on 4C.
This is the first inscription mentioning the title King of Saba*
and Dü-Raydân. There can be no doubt, as we will see, that
the name Raydân in this title is that of the largest one of the
hill castles, which protected the town of Zafâr, which had become
the metropolis of the Himyar kingdom. That Zafâr was the king’s
town is also reported in Pliny VI, 104. This castle of Raydân
was described by al-Hamdânï in his ’lklïl 29 and 37, where also
a poem of ’As'ad Tubba' (king ’Abükarib ’As'ad; cf. p. 492) is
related 47 : « Raydân, my Zafâr palace, my home, wherein my for-
bears our courts hâve founded... ». An inscription of the time
of Yâsirm Yuhan'im I and Sammar Yuhar'is II during their occu-
pation of Mârib, photographed by Sharafaddin 48, mentions that a
nfsw (herald?) was sent from Zafâr and Raydân to Mârib49. —
In Ja 647, probably of the period of the same kings, the esteem
(and) help of Salhin and Raydân is requested50. Salhïn was the
royal castle in Mârib, just as Raydân was the main royal castle
above Zafâr. — The long title of 'Ëzânâ, king of ’Aksüm (Ethiopia),
begins in four of his inscriptions with : king of ’Aksüm and of
Himyar and of Raydân and of Saba’ and of Salhin; three African
régions follow, and then (mostly) king of the kings 51. Salhin was
for the Sabaean kingdom, what Raydân was for the kingdom of
Himyar 52.
46 Later parts of this paper will explain, why Yâsirm Yuhaçdiq must hâve
belonged to the Himyaric dynasty and ruled in Himyar in this period (J.
Ryckmans). The frontier is shown in fig. 3; cf. p. 458 and note 68.
47 N. A. Faris, The Antiquities of South Arabia; al-Hamdânï’s al-Hclïl,
Princeton 1938, p. 25.
48 A. H. Shakafaddin, Yemen, Ta'izz 1961, p. 36.
49 Information by letter of J. Ryckmans.
50 A. Jamme, Sabaean Inscriptions (cit. note 2), p. 150, translates « the
esteem of the support troop of Salhïn and Raydân ».
51 E. Littmann, Deutsche Aksum Expédition, cit. note 1.
52 E. Glaser (Tagebuch VII, manuscript 1886, in Vienna Academy) visited
Zafar and the ruins of Hu§n « Zaydân » on the long hill, which borders the
extensive circular ruins of the town of Zafâr in the south. He doubted that
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
449
Pliny VI, 104 informs us that the Arabian coast of the Red Sea
in its southernmost part was now under the government of the
king in Zafâr, the king of the Himyar. Ptolemy’s mapping shows
that Muza (Mov£a) was modern Mausig, which is only 17 km
north of as-Suhârï, ancient Sambrachate (Samïr Hatï). Pliny VI,
104 also reports that Save ( of Ptolemy), Sawwâm, the centre
of the tribedom of Ma'âfir half way from that coast to Zafâr,
belonged to the kingdom, which had its seat in Zafâr. CIH 41
shows that Himyar included Ru'ayn and Damâr and the présent
Qâc Gahrân in the north. Himyar had won large fertile highland
areas and the southernmost part of the Red Sea coast (Muza) from
Saba’. Himyar had founded its metropolis Zafâr and its state castle
Raydân, sheltering Zafâr, in the core of these fertile highland
plateaus, just beside the former frontier between Qatabân and
Saba’ (RES 3858), in the district of Yahdib, where it borders the
district of Rurayn (R'NN in RES 3858). We hâve no inscriptions
about these wars against Saba’, in which Himyar conquered these
large and valuable areas. Himyar may hâve taken advantage of the
weakness of Saba’ in the time of the ingression of Aelius Gallus;
this seems the most plausible suggestion. If it was so, the conquest
of Qana’ (RES 2687) in a war against Hadramaut may hâve been
in the same period or a little later 53.
Probably Himyar had good relations to Qatabân, when it built
the castle of Raydân above the new capital of Zafâr, because one
may assume that this castle was named after the strong mountain
this Zayditn was the ancient Raydân; but ail newer informations show, like
that of al-Hamdânï, that this is not justified. A. Jamme has a different
opinion on the meaning of Dü-Baydân than what has been given here; A.
Jamme, Pièces épigraphiques de Heid bin 'Aqïl, Bibl. du Muséon, vol. 30, 1952,
p. ^1, note 13; id., Sabaean Inscriptions from Mdhram Bilqïs (cit. note 2),
p. 296 f, 317. My review of this thesis of A. Jamme must be published in
another paper. A. Jamme is of the opinion that the Qatabânian castle of
Raydân is meant. I présumé that the following parts of this paper will con-
vince that the interprétation given here is right. It really is the interprétation
given by most authors.
53 In the time of Nero (Pliny VI, 104), Qana* probably belonged to
Hadramaut again. Pliny reports that it took about thirty days to reach
Ocelis or Cane from Bérénice in Egypt, Canen turiferae regionis, « Cane in
the frankincense région ». If the port would hâve been still in the hands of
Himyar, the hinterland would not hâve been able to bring its frankincense
to Qana* probably. Indeed there was also the frankincense of présent Somalia,
which could corne to Qana’ by boats.
450
H. VON WISSMANN
castle of the same name in the core of Qatabân, above the place,
where the main valleys join54, south of the capital of Tumna'.
A Qatabânian inscription from this castle, RES 3871, mentions
its name. The inscription describes the building of the powerful
stronghold of Raydân in direction of HDNm : Husn Hadï is still
at the foot of the mountain, on which the ruins of this Raydân
stand55. Palaeographically, the inscription belongs to the period
before 400 b.c. 56. (It has already been mentioned that the Himyar
were called children of 'Amm by the Sabaeans, and that 'Amm was
the state-god of Qatabân.)
We hâve said that the reign of Yâsirm Yuhasdiq of CIH 41 56a in
Himyar probably was more or less in the same period as the report
of Pliny VI, 104, which is from Nero ’s reign (54-68 A.D.). This
is assumed in the genealogical table of this paper. In this table,
we find c. 70 or 80 A.D. as a figure for the medium date of Yâsirm
Yuhasdiq’s génération, if we take 115 b.C. as the beginning of the
Himyaric era (or c. 76 to 86 A.D., if we take 109 b.C. as this
beginning). The dates of this table were figured out by giving
each génération of rulers an average duration of 25 years, counting
backward from 201 (207) A.D., the year of the earliest inscription
known to us, dated after the Himyaric era (RES 4196). It was
said at the beginning of this paper that J. Ryckmans found out
that there has been only one era in South Arabia, and that the
names Nabat and Mabhüd do not designate eras but only eponym-
ates, which are mentioned in addition to the date of the year
(cf. p. 429 and the papers of J. Ryckmans cited in note 3).
If Yâsirm Yuhasdiq was reigning round 70 or 80 A.D., there
was an interval of about a century since the expédition of Aelius
Gallus, a period out of which we do not know any inscriptions
from Saba’ and from Himyar.
54 Count C. Landberg, Arabica N, Leiden 1898; Wissmann-Hofner (cit.
note 10), p. 266; folded map of F. Heybroek in : Archaeological Discoveries
(cit. note 17) ; map of Southern Arabia, Part of Aden Protectorate from Baihân
to Hadramaut by H. v. Wissmann and R. B. Serjeant, slieet I, Boy. Geogr.
Soc. 1957; A. Jamme, Pièces épigraphiques (cit. note 51), p. 21, note 13;
R. LeBaron Bowen, Archaeological Survey of Beïhân, in : Archaeolog.
Discoveries (cit. note 17), p. 8 and phot. 16-19.
55 Cf. Count C. Landberg, Arabica V. Our map (cit. note 54) shows Husn
Hadï instead of Hu?n Hadï.
56 J. Pirenne, Paléographie I (cit. note 12), Pl. XIX d.
56a That he has to be plaeed in this period is J. Ryckmans’ discovery.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
451
During this interval, the peculiar situation must hâve had its
origin that not only the kings in Saba’ and its capital, Mârib, but
also those in Himyar and its capital, Zafâr, called themselves
Kings of Saba’ and Dü-Raydân. Two dynasties of two States, the
Himyaric dynasty in Zafâr and the — probably traditional —
Sabaean dynasty in Mârib bore the same title. This title in itself
means a unification of Himyar (Dü-Raydân) and Saba’. Under
the given circumstances, however, it can only mean a claim or
prétention, on both sides, in Himyar as weil as in Saba’. The title
was not acknowledged vice versa mostly. There is only one case
known that it was used for an ennemy (CIH 353) ; both states,
Saba’ and Himyar, were as a rule fighting against one another.
When the Sabaeans (in a broad sence) speak of their adversaries
in the south, they call them Himyar, Dü-Raydân or Banï Dü-Raydân.,
Damar'alî Dü-Raydân (G1 1228), Sammar Dü-Raydân, Karib’il Dü-
Raydân, omitting even the title of a king57.
The most probable conjecture seems to me that, some time after
24 b.C., Mârib the capital of Saba’, was conquered by a king of
Dü-Raydân (of Himyar). As the reverence to the religious and
dynastie institutions of Saba’, established since very old times, must
hâve been deeply rooted in those periods, the Himyaric king took
Saba’ into his title in front of Dü-Raydân. But some of the ’aqwâl
(tribal dukes) of the highlands west of Mârib chased the king of
the Himyaric dynasty out of Mârib and replaced him by the
former traditional king or a man of the clan of the traditional
dynasty, who now also adopted the title of a king of Saba’ and
Dü-Raydân, the more as the king of the Himyar in Zafâr did not
abandon this title. While this first occupation of Mârib by a king
of Himyar is not known from inscriptions but has to be postulated
for understanding the circumstances and events of the following
period, we know of two later conquests of Mârib and Saba’ by
kings of the Himyaric dynasty, as we will see.
The period, of which we again know Sabaean inscriptions, is
a very turbulent period. A number of régional powers fight for
57 In Ja 631, the king of the Himyar is called La'zïz Yuhnaf Yùhasdiq,
king of Saba* and Du-Raydân by a Sabaean army leader, but here the Sabaeans
and the Himyar are United in fighting against the Habasites. The Sabaean
king is also named with the same title in that same inscription (first Sa'irm
,Autar, king of S. and D.-R. in line 8, then Laliay'atat Yarljam, king of
S. and D.-R. in line 37). In this period, the Himyaric king probably was
vassal of the Sabaean king.
452
H. VON WISSMANN
supremacy in Saba’ and its highlands, with internecine wars, in
which mutual inroads are harrassing ail the different States of
South Arabia; in addition, the western parts of South Arabia
suffer from invasions and occupations of the Habasites (Ethio-
pians). If we follow our genealogical table, these turbulent condi-
tions go on for about 11/2 centuries, from c. 80 or 90 A.D. to
c. 265 A.D. 58. It is astonishing that we know so many inscriptions
of historical value in so restless a period, which was full of wars
and harrassed by épidémies. Among these inscriptions, there is a
considérable number which shows a contemporaneity of rulers ;
these horizontal connections of the table allow to parallelize the
vertical genealogical connections and made it possible to construct
a historical table. For this purpose, the comprehensive collection
of A. Jamme in his Sabaean Inscriptions 1962 (note 2) was of great
importance. The main work of parallelization was done by J.
Ryckmans (Chronologie 1964 and La chronologie 1964; cit. note 3).
As J. Ryckmans shows, the internecine wars and the feudalization
of this period are conditioned by the introduction of the horse
in the camelry of Central and South Arabia ; as W. Dostal59
demonstrates, these troops were also equipped in that period with
much better saddles than they had used before. The nomad and
the nomadic tribe of Inner Arabia became an important military
and political factor. Effective raids became possible, razzias over
far distances, with a quick Crossing of the desert. These violent
changes can be regarded as being the first steps towards the rise
of Muhammad’s Arabia, which was no more centred in the
agricultural mountain lands of the qabâfil of South Arabia, but
in the pastural lands of the desert and thorny brushwood of Central
Arabia, these lands of the badü, lands with scarce and isolated
oases serving as mercantile caravan bases.
The genealogical diagram of J. Ryckmans was Consolidated by him
by palaeographic and linguistic indications, of which the replace-
ment of slt_ by tit (« three ») is confined to a shorter period than
the graduai change of the form of the s towards that of a greek
58 In the tables of J. Ryckmans, Chronologie, Oriens Ant. 1964 (note 3),
p. 4 and 14, it would be from about 115 A.D. (’ïlsarah Yahdib I) to about
240 A.D. (Nasa’karib Yu’min Yuharhib), if we give 25 years to an average
génération of rulers. Cf. the supplément of the présent paper.
59 W. Dostal, The Evolution of Bédouin Life. L’antica società beduina.
Université di Borna, Studi Semitici 2, 1959, p. 11-34.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
453
S (reversed) ; the latter change has to be used with caution60
Most of the following horizontal connections were found out by
J. Ryckmans :
G1 1228: Wahab’ïl Yahüz against Damar'alï (Yuhabirr) and Sa'dsams™
’Asra' with his son.
G1 1320 : Wahab’ïl Yahüz and [sons of] ’Auslât Rafsân.
Ja 561 bis : Wahab’ïl Yahüz, Yarïm ’Ayman with brother and son.
Res 4190 and Ja 565: Karib’ïl Water Yuhan'im II and Yarïm ’Ayman, co-
regency.
Ja 629: Sa'dsamsm ’Asra* and son, Yada*’ïl (Bayin II) of Hadramaut,
Nabatm (Yuhan'im) of Qatabân,, Yarïm (’Ayman).
CIH 353: « mlk » ..... and [Samm]ar Yuhar'is (I) against Yarïm ’Ayman
and his brother.
Ja 643: Karib’ïl Bayin (Mârib) against Yada”ïl (Bayin II) of Hadramaut.
Nami NN 19: 'Alhân Nahfân and Yada”ïl (Bayin II) of Hadramaut.
CIH 155 and 308: 'Alhân Nahfân and Yada”ab Gaylân II of Hadramaut,
paot.
CIH 308, 308a: 'Alhân Nahfân with son Sa'irm ’Autar and Gadarat of
Habasat, paet.
CIH 334: Sa'irm ’Autar against ’îl'azz of Hadramaut.
Ja 640: Sa'irm ’Autar and his brother help [’ïl'a]zz of Hadramaut.
Ja 631: Sa*irm ’Autar and (after his death?) Lahay'atat Yarham, and
La'zïz Yuhnaf Yuhasdiq of Himyar against Gadarat of Habasat.
(CIH 398: Sa'irm ’Autar [in the past] and ’ïlsarah Yahdib II with coreg.
Ya’zil Bayin [at the time of the inscription].)
CIH 314 + 954, Ja 576, 577: ’ïlsarah Yahdib II with coreg. Ya’zil Bayin
against Sammar (Yuhar'is II) « Dü-Raydân ».
Ja 576: ’ïsarah Yahdib II with coreg. Ya’zil Bayin against *Adbah of
Habasat.
Ja 578, 586, 589: ’ïlsarah Yahdib II and coreg. Ya’zil Bayin against
Karib’ïl « Dü-Raydân ».
Periplus Maris Erythraei: Xapi^ayX (Himyar) and ’EAea£oç (Hadramaut).
RES 4909: ’ïl'azz Yalit of Hadramaut, pact with Ta’rân Ya*üb Yuhan'im.
Ja 656: Sammar Yuhar'is III against Sarah’îl and Rabbsamsm of Hadra-
maut.
The few connections with North Arabia are not included in this
table.
60 J. Ryckmans, Inscriptions historiques Sabaéennes. Le Muséon 66, 1953,
p. 323; id., Chronologie, Oriens Ant. 1964 (cit. note 3), p. 5, 6, 18.
454
H. VON WISSMANN
44’30’
44’
0 5 10 15 20.
__i J km
Abfall des Plateaus zum Randgebirge Hochste Gipfel.angedeutet
îïlÛTlîllïTlGren2e von Himyar gegen die sabâischen Lânder
îj^^Grenze von Sam*!
Fig. 4. —• Map of the country of Sam*î (c. 80 A.D.), showing the tribes
of the four clans of the higland, which founded a dynasty in Saba* : the
Guratids, Martadids, Bata'ids and Hamdânids. Scale 1: 1.000.000.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
455
In Zur Geschichte und Landeskunde (cit. note 8), part IV, I
hâve treated in detail the four tribedoms of the highlands of Saba’,
in which four clans became powerful and provided four dynasties
beside the dynasty in Mârib, which probably was the traditional
dynasty of Saba’. I mapped the areas and boundaries of these
highland tribedoms, using ail available inscriptions. Two of these
four dynasties and their clans headed two of the thirds of the
large tribedom and former subordinate kingdom of Sam'î ; the
Hamdânids were leading the northern third, the Bata'ids the
western third (Humlân with its capital Hâz, including Ma’din)
of Sanfî. It was only by this careful mapping that I could conclude
that the family of Wahab’ïl Yahûz belonged to the clan of the
Bata'ids; I was confirmed in this conclusion by the recent publica-
tion of G1 1228 61. The two other tribedoms, Gurat and Martadm
(with ’Aqyânm), are flanking those of Sam'î in the southeast and
west. Nasa’karib Yuha’min of Gurat may hâve belonged to a branch
of the family of the traditional dynasty, because of the name of
his father, Damar'alî Darih, a name common in this dynasty; and
that Sa'dsamsm ’Asra', son of the Martadid ’ïlsarah Yahdib I,
became head of the Gurat tribe, may hâve resulted from his mothers
héritage 62. The first part of the period from 70 (76) or to 265 (271)
A.D., of the genealogical table of this paper, the period down to
150 or 160 A.D., shows five and then four contemporaneous dynas-
ties in the Sabaean lands, beside those of Himyar, Qatabân and
Hadramaut. In the second part, only Saba’, Himyar and Hadramaut
remain as states of some importance.
J. Ryckmans’ discovery of only one South Arabian era revealed
the distinction of two Himyaric kings instead of one king; these
had the same name and father’s name; both were called Sammar
Jfuhar'is, son of Yàsirm Yuhan'im, both were kings of Saba* and
Dü-Raydân. The date of 201 (207) A.D. belongs to the coregency
of the first one with his father, the dates 270(276), 274 (280) and
281 (287) A.D. probably ail belong to that of the second one with
61 J. M. SOLâ Solé, Inschriften aus Riyâm, Sammlung Glaser IV, Sitz.-
Ber. d. Wiener Akad. d. Wiss., phil.-hist. Kl., 243, 4, 1964. The Hamdânid rulers
seem to hâve adopted the title « of Bata' and Hamdân » after the time
of the coregency of the Hamdânid Yarïm ’Ayman and the Bata'id Karib’il
Watar Yuhan*im II.
62 Nasa’karib may hâve been his maternai grandfather.
456
H. VON WISSMANN
his father63. The first one is called Sammar Dü-Raydân by his
ennemies ’ïlsarah Yahdib and Ya’zil Bayin.
J. Ryckmans also includes CIH 353 among the inscriptions of
the older pair of kings called Yâsirm Yuhan'im and his son Sammar
Yuhar'is64. In this inscription, [............ and Samm]ar Yuhar'is,
the two kings of Saba’ and Dü-Raydân, are fighting against Yarïm
’Ayman and his brother Bârig. As the coregency of Yâsirm Yuhan'im
and Sammar Yuhar'is is attested for the year 201 (207) A.D., and
as the sole reign of Sammar Yuhar'is after that must hâve lasted
quite a number of years, CIH 353 could not hâve been inscribed
much before 165 A.D., if this would hâve been done in the time
of the same coregency. In this case, this coregency would hâve
been contemporaneous mainly with the reign of 'Alhân Nahfân,
the son of Yarïm ’Ayman; thus the son of 'Alhân, Sa'irm ’Autar,
and his wars would be contemporaneous with ’ïlsarah Yahdib II
and Ya’zil Bayin and their wars. If we trace the lives of Sa'irm
’Autar on one hand and of ’ïlsarah Yahdib II on the other according
to the inscriptions, we observe that it is impossible that they lived
during the same period; both — a Hamdânid and (probably) a
Martadid (with his brother) — reigned in Mârib and over the whole
Sabaean lands, and both were in a very different position to the
surrounding states. And above ail, they never fought together or
against each other. Therefore, such a simultaneity is in no way
63 Cf. the genealogical scheme and its explanation. J. Ryckmans (Chrono-
logie, Oriens Ant. 1964, p. 16 f) discusses the reasons, why it is necessary
to distinguish these two pairs of kings, which are both called ëammar
Yuhar'is bin Yâsirm Yuhan'im. The question had become an intricate enigma,
because the earlier ëammar Yuhar'is is contemporary of the North Arabian
Mar’alqa(y)s bin 'Auf“, king of Huçâgatân (Ry535; cf. Wissmann, Zur
Geschichte (cit. note 8), p. 404, Nachtrag), while the later Sammar Yuhar'is
was contemporary of the North Arabian king Mar’alqays bin 'Amrü, who
on his epitaph (RES 483) reports that he has besieged Nagrân, the town of
ëammar (cf. p. 486 of the présent paper). About the three dated inscriptions
of the later pair Yâsirm and Sammar cf. A. Jamme, Sabaean Inscriptions
(cit. note 2), p. 353 ff. — We cannot deal here with the discovery of J.
Pirenne that one has to distinguish two kings of Saba’ and Dü-Raydân called
’ïlsarah Yahdib; for this, the genealogical table may be consulted beside
J. Ryckmans, Chronologie, Oriens Ant. 1964, p. 3.
64 J. Ryckmans, Chronologie, Oriens Ant. 1964, p. 15-17. Cf. also J.
Ryckmans, L’institution monarchique (cit. note 6), p. 167; A. Jamme, Sabaean
Inscriptions (cit. note 2), p. 362-367.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY 457
imaginable. It is true that there is one inscription, CIH 398, in
which èa'irm and — later on — ’ïlsarah with Ya’zil are mentioned.
But the wording there easily admits the possibility that èa'irm
is only mentioned for the past ; thus CIH 398 is no hindrance to
separate these periods05.
Taking ail this into considération, we are obliged to keep three
different periods apart : the reign of Sa'ir,n ’Autar — the occupa-
tion of Mârib by Yâsirm Yuhan'im and his son âammar Yuhar'is —
and the reign of ’ïlsarah Yahdib II with Ya’zil Bayin. This,
however, forces us to introduce still an earlier èammar Yuhar'is
— the name of the coregent is not known — in the time of
Yarïm ’Ayman, because of CIH 353. On p. 462 and note 83 we
will once more deal with this question. According to what has
been stated, the présent paper discerns between : èammar Yuhar'is I;
— Yâsirm Yuhan'im I and Sammar Yuhar'is II; — Yâsirm
Yuhan'im II and èammar Yuhar'is III; — and even Yâsirm
Yuhan'im III. Since long periods, the name (and eponyme) of a
South Arabian ruler was often chosen after that of an ancestor,
but never after that of the father66.
The circumstances concerning the use of the title king of Saba*
and Dü-Raydân became even more intricate by the fact that this
title appears in two dynasties of *aqwâl, of tribal dukes, or of
kabirs, of the Sabaean highlands west of Mârib and is borne by
these contemporaneously with the kings of this title in Mârib and
in Zafâr. It looks as if the title was attributed to ’ïlsarah Yahdib I,
kabïr of the ’Aqyân (of Sibam ’Aqyân) and of the Martadm, by
the ruler of the (probably) traditional dynasty for helping him
against the tribal chiefs of the Banü. Bata' and of the Hamdânids,
because these cooperating clans strived for independence and pro-
bably negotiated with foreign powers, with Hadramaut and with
Habasat. Before this time, the « traditional » king in Mârib may
hâve given the title of a king of Saba* to Nasa’karib Yuha’min
of Gurat, perhaps his relative, for the same reason. During the
65 M. Hofner confirma me in this interprétation (oral communication).
66 In Hadramaut 3 kings are called Yada"ab ôaylân (bin ôaylân, bin
’Umayn1", bin Yada”ïl Bayin), 3 are called Yada”ïl (bin Sumuhuya[fac],
bin Yada”ab ôaylân, bin Rabbsams), cf. A. Jamme, Sabaean Inscriptions,
p. 297, 305. Among the Mukarribs (since 710 b.C.) and kings of Saba’, in
Zur Geschichte, my lists bring 7 called Sumuhu'ali Yanüf, 5 Yada”il Bayin,
5 Yita”amar Bayin.
458
H. VON WISSMANN
following fierce internecine wars, Wahab’ïl Yahûz as the leader
of the three thirds of Sam'î, of the Bata'ids, the Hamdânids and
the Suhaymids, assumed the title of a king of Saba?, which was
taken over by his first and his second son and then by Yarîm
’Ayman of the Hamdânids, finally by 'Alhân Nahfân, son of Yarîm.
It is probable, but not certain that Rabbsamsm Nimrân bin-Bata'
has to be inserted, where we put him in the table 67. His usurpation
of the title of a king of Saba? and Dü-Raydân and his reign in
Mârib may hâve been a short épisode. Finally 'Alhân Nahfân and
his son èa'irm ’Autar conquered ail the lands of Saba’. Then the
latter made himself king of Saba* and Dü-Raydân. By that time,
the traditional dynasty and the dynasty of ’ïlsarah Yahdib I had
vanished as kings of Saba? and Dü-Raydân ; and since that time, only
the rulers in Mârib and in Zafâr bore the title.
It was said that a first occupation of Mârib by Himyar has to
be postulated for understanding the genesis of the title of a king
of Saba? and Dü-Raydân. Two further occupations of Mârib and
Saba’ by kings of the Himyaric dynasty are shown in the histori-
cal table. For a period of perhaps a decade these kings of Himyar
took Mârib as their second capital beside Zafâr. In the second
of these periods, the adaptation to Sabaean habits and institutions
must hâve been considérable. So the Himyaric kings were included
into the invocations to the god ’Almaqah of the ’Awwâm, the great
state-temple near Mârib, in the same way as other Sabaean kings.
The earlier of these periods is that of Damar'alî Yuhabirr and
his son Ta’rân; I owe this insertion to a recent discovery of J.
Ryckmans 68 ; the publication of G11228 by J. M. Solâ Solé 69 con-
firais it. The second period is that of Yâsirm Yuhan'im with his
son Sammar Yuhar'is II (and of the latter alone). The end of
this second period, the conquest of Mârib by ’ïlsarah Yahdib II
and his brother Ya’zil Bayin, is attested by inscriptions : Sammar
Yuhar'is II was reigning in Mârib in Ja653 during the same
67 Cf. J. H. Mordtmann a. E. Mittwoch, Himjarische Inschriften in den
staatlichen Museen eu Berlin, Mitt. Vorderas.-agypt. Gesellsch. 37, 1, 1932,
p. 25; J. Ryckmans, Chronologie, Oriens Ant. 1964, p. 9 and note 32. It has
become certain now. Cf. the supplément of this paper, p. 496.
68 Information by letter, now in La chronologie (cit. note 3).
«9 J. M. SOLâ Solé, Inschriften aus Riyâm, Sammlung Glaser IV, Site.-Ber.
Wiener Akad., phil.-hist. Kl. 243,4, 1964.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
459
eponymate as — three years later — ’ïlsarah Yahdib and Ya’zil
Bayin in CIH 314 + 954, an inscription, in which the victory of these
two kings over Sammar Dü-Raydân and over the Ethiopians, which
had occupied the al-’As'ar tribedom, is celebrated 70.
After having dealt with some general questions, we give a chro-
nological outline of events which stand in relation to the history
of Himyar of that period.
The oldest known inscription mentioning a war between Himyar
and a ruler in the Sabaean territories is CIH 140, in which ’ïlsarah
Yahdib I is fighting against the Himyar, in the time, when he
was still ka~bïr of the ’Aqyân and not yet king. Next cornes CIH
365,4-7 71. The Himyaric king Damar'alï Yuhabirr fights against
a man of the Bin Hazfarm 72. These were a family belonging to
the clan of the Dü-Halïl, the great clan, to which the mukarribs of
Saba’ and most of the kings of Saba’ had belonged since 800 years
and more. Therefore it probably was a war against the traditional
Sabaean dynasty. In this war, the stronghold of dât-M[H]TRN
(see below) was conquered. After the war, Mârib belonged to
Damar'alï Yuhabirr. He and his son Ta’rân, who became his
coregent, rebuilt a part of the northern sluice of the dam of Mârib.
This was necessary after a severe bursting of the dam, the earliest
we know of73. The kings sacrificed in Mârib to 'Attar and Sahar
(CIH 365, 457) in a temple called Nafqân 74. In this period, the
Banï Dü-Raydân, i.e. the Himyar, had a ruling position in Mârib
over the Sabaeans, which (with the dü-’Adhabân) are called their
’cZm, their bondmen (G1 551 = RES 4775).
The events of the war of CIH 365 hâve to be linked together
70 Discovery of J. Ryckmans, Chronologie, Oriens Ant. 1964, p. 14 f.
71 CIH 365 = G1612, from Mârib. Cf. M. Hôfner, Die Inschriften aus
Glasers Tagebuch XI, Wiener Zeitschr. f. d. Kunde d. Morgenlandes 45,
1938,- p. 19-21.
72 Cf. in future : A. G. Lundin, Eponymenliste von Saba3, Sitz.-Ber.
Wiener Alcad., phil.-hist. Kl., in préparation. I did not see the manuscript
but hâve informations of the author.
73 RES 4775 = G1551; cf. M. Hôfner, Die Inschriften aus Glasers Tage-
buch XI (cit. note 71), p. 15; A. Grohmann, Mariaba, Realens. d. Class.
Altert. XIV, 2, p. 1739 (with sketch).
74 The only other inscriptions dedicated to 'Attar and Sahar of which we
know (CIH 458, RES 4197?) are from régions in Himyar. We know very
few inscriptions from Himyaric régions. Cf. also p. 482 and 497 and note 140.
460
H. VON WISSMANN
with those in G1 1228 (cf. note 69). The dedicator of this inscription
was Sa'dta’lab Yuhatib 75. He was of the Banü SMY' (Sumya'?),
which were clients of the Banü Bata' and probably mainly lived
in présent al-Huqqa (esp. RES 4031), where a house of the Banü
Bata' was called Na'mân76. In G1 1228, Wahab’ïl Yahüz, king of
Saba?, and his men celebrate a total victory over Damar'alï Dü-
Raydân (Yuhabirr) as well as over Sa'dsams1*1 and Martadm of
the Gurat dynasty and the tribes adhering to these. Ail the three
sections of the country of Sani'ï probably fought on the side of
Wahab’ïl Yahüz : Suhaymm is named; Riyâm, where the inscription
was found (as E. Glaser heard), was in the Hamdânid third. Most
of the others mentioned belonged to the Bata' clan and its clients.
Wahab’ïl mainly leads men of the Bata'id third. Like in CIH 365,
MHTR[N] is named in G1 1228; here it turns up among Wahab’ïl’s
adhérents, together with Hauf'amm. In CIH 220, from Hâz (HZYm),
capital of the Banü Bata'77, the first of the dedicators calls him-
self [HW]F'M YZL; the second one is again MHTR[N]. Mahtarân
is also mentioned in MM 33 + 34 (cf. note 75) as well as in G1
136478. The latter was dedicated by the Bata'id Nasa’karib; the
house Na'mân in al-Huqqa probably belonged to this man. The
castle of Dât-Mahtarân (CIH 365) probably had a central position
in the Bata' country; perhaps it sheltered Hâzïm, capital of the
Bata', as Dü-Mahratân on Gabal Tanayn (CIH 287) sheltered
Nâ'it, the capital of the Hamdânids. Besides, like in CIH 220, the
dü-Haulân are mentioned in G11228 on the side of Wahab’ïl79.
In the lines 9/10 of G1 1228, one may perhaps reconstruct :
[$a']dsamsm and Martadm and their tribe dü-[Gurat in the t]own
75 Cf. J. H. Mordtmann a. E. Mittwoch, Sabaische Inschriften. Eamburg.
Univ., Abh. a. d. Gebiet d. Auslandskunde 36, 1931, p. 72-77, MM 33 + 34,
M&THN instead of mhtr, also in CIH 220.
76 RES 4032. Cf. below.
77 Cf. H. v. Wissmann, Zur Geschichte (cit. note 8), p. 324.
78 J. M. SOLâ Solé, Inschriften aus Riyâm (cit. note 69). Line 4 : [bn]y |
bt* | ws'dt’lb | wmhtrn | wkl | *hyhu> | wbnyhmw | wdK(\rhmw.. ; line 5 :
[wâ]&’ï | yhz | mik | sb* | l’dmhw | bny | bt'. Wahab’ïl’s «servants» were
the Banî Bata'.
79 Perhaps this branch of Dü-Haulân was not belonging to the tribedom
of Ifaulân but possessed présent Bayt Ifaulân on the top of the highest
moutain of the Yaman, the Hadür Nabi ëu'ayb, which at that time was inside
or on the frontier of the Bata'id country.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
461
of San'aw. It is the first mentioning of San'â’. A little later, the
town is again mentioned in Ja629 and 644. I will show in Zur
Geschichte that San’aw was in the tribedom of Gurat, but very
near its frontier to the Bata' country. Su'üb, one or two kilometers
northwest of San'â’, was already in Bata' territory. CIH 360 +
598 80 probably is a skillful falsification of an inscription describing
the same war as G11228.
As has been said, the victory of Damar'alî Yuhabirr of CIH 365
was probably fought out against the army of the traditional dynasty
of Mârib81. In or after this war, Sa'dsamsm ’Asra' and his son
Martadm Yuhahmid of the Martadm Gurat dynasty, both kings of
Saba? and Dü-Raydân, must hâve changed over to the Himyar side,
to Damar'alî Yuhabirr ; for they are his allies in G11228 and CIH
360 + 598, fighting together with him against Wahab’ïl Yahûz,
who still défends the highlands of Sam'î. It is a war of the gods
'Attar and ’Almaqah (in Himyar and Saba’) on one side and
Ta’lab on the other side ; Ta’lab was venerated merely in Sam'î82.
In spite of the great victory of Wahab’ïl (and Ta’lab), Wahab’ïl
did not make himself king of Saba? and Du-Raydân in Mârib but
(perhaps at that time) king of Saba* in the highlands. When
Damar'alî Yuhabirr was turned out of Mârib, the « traditional »
dynasty, probably Damar'alî Darîh, was reinstalled there, while
Sa'dsamsm and Martadm presumably regained a position to that
dynasty resembling that of the Carolingian majordomo in the
Merovingian state, but having the same title as the traditional
king. After that, there must hâve been a kind of truce between the
two moon-gods ’Almaqah and Ta’lab. Ta’lab was further venerated
inside the frontiers of Sam'î, ’Almaqah outside of them. The situa-
tion seems to hâve had a causal connection with the pacification
80 CIH 360 + 598 : Ta’lab Riyâm“ ba'l Ruhbân in his fortress ('urr) Zabbâdm.
Zabbâd lies in the NW of the Hamdânid territory, near ëaççarim (cf. Wiss-
mann, Zur Geschichte, p. 313). Also here, Wahab’ïl Yahûz and Sa'dta’lab
Yuhatib fight against Damar'alî and the tribes of Dü-Raydân as weil as
against [S]a'ds[am]s[“] and Marta[d]>n and their tribe.
81 This may hâve occurred during the coregency of Karib’il Watar
Yuhan'im I with his son Damar'alî Darîh of the « traditional » dynasty (RES
4132, 4771).
82 In Zur Geschichte (cit. note 8), I hâve worked out the location of the
temples of Ta’lab (p. 372, 414). Fourteen main temples were built in Sam'î,
only one was probably in Mârib. Cf. my map Abb. 17 in Zur Geschichte.
462
H. VON WISSMANN
brought about among ail the kings of South Arabia (according to
CIH 315) by Yarïm ’Ayman and his brother BârigYuharhib, which
were 3aqwâl (rulers) of the Hamdânid third of Sam'ï. In particular,
it was a peace between (1) the Bata'id king of Saba3 in Sam'ï and
(2) the king of Himyar (3mlk (a) SB3 w (b) bny D-RYDN). Soon
however, Yarïm and Bârig experienced a new inroad of the Himyar
into Sam'ï (CIH 353). Himyar now stood under two kings. The
name of the first one is unknown, the second one is [Ôamm]ar
Yuhar'is I. In this war, the Himyar obviously obtained help from
the « traditional » king in Mârib and most probably also from
Sa'dsamsm and Martadm. This is shown by the second part of CIH
353, in which the Hamdânids fight against the people of Rayda
(the 3rydn), which was in the Martadid district, and against
Sabaean mounted troops (3trb). Beside Yarïm and Bârig, èaf'atat
’Aswa' is mentioned as a leader of the Hamdânids 83.
83 Saf'atat ’Aswa* is mentioned in CIH 353. Besides, a Saf'atat ’Aswa*
and his son Zaydm ’Ayman dedicated CIH 628 in Mârib. The monogram
of ÔF'TT is plaeed beside the beginning of the inscription (M. Hôfner,
Tagebuch XI, cit. note 71). Father and son are masters of the houses of
Hirrân and Na'mân, which probably are Hirrân and Na*mân in the west
of the Gauf and just north of Hamdânid territory of Sam'ï. CIH 628 is set
under ......, king of Saba3 and J)û-Raydân, son of Y........ HN'M, king of
Saba3 and Dü-Ray [dan]. Probably it was a ëammar Yuhar'is bin Yâsirm
Yuhan'im. If this means Yâsirm Yuhan'im I and éammar Yuhar'is II of
my table, there are two possibilities for understanding that the name of
Saf'atat ’Aswa' of CIH 353 turns up again in CIH 628. (1. poss. :) This
is an other man called Saf'atat ’Aswa'; it may be the grandson of the one
named in CIH 353. (2. poss. :) If we take a late date in the table, CIH
353 may hâve been written in c. 145 A.D. (Yarïm ’Ayman must hâve become
king in a rather late âge.) If CIH 628 was written in 202 A.D. of the table
(the earliest date possible in this case), and if Saf'atat had an âge of 18
in the time of CIH 353, he would hâve had 75 years in 202 A.D. There is a
S. poss. : that the coregent of [6amm]ar Yuhar'is I in CIH 353 was his
father and was called Yâsirm Yuhan'im like the fathers of Sammar Yuhar'is II
and III (cf. J. Ryckmans, Institution monarchique, cit. note 6, p. 167, and
A. Jamme, Sabaean Inscriptions, cit. note 2, p. 364 ff), and that CIH 628 was
of the time of a sole reign of this éammar Yuhar'is I, after his father had
died. As CIH 628 was set in Mârib, we would in this case hâve to place an
other Himyaric occupation of Mârib into this period, towards « 150 » A.D.,
under Sammar Yuhar'is I. This, however, would hâve the conséquence that
we would hâve to présumé that Yarïm ’Ayman, king of Saba3 at that time
(alone or with Karib'ïl Watar Yuhan'im II), was now in good terms with the
Himyaric king Sammar Yuhar'is I in Mârib and that the leader Saf'atat of
HIMYAR, ANCIENT HISTORY 463
Probably there is another inscription mentioning èammar
Yuhar'is I, RES 4336. This inscription would be very difficult
to understand for the time of Sammar Yuhar'is II. RES 4336 men-
tions a « war between (1) Sammar Dü-Raydân and between (2)
’B’NS bin Ma'âhir [and] Dü-Haulâ[n](?) [and] (3) the king of
Saba’ and (4) the kings (’mlk) of Hadramaut ». If (1) and (3)
were fighting against (2) and (4) (thus H. v. Wissmann and M.
Hôfner, cit. note 10, p. 38), this can be interpreted for the time
of Sammar Yuhar'is I, but not for the time of Sammar Yuhar'is II.
Sammar Yuhar'is I would hâve been fighting together with the
king of the traditional dynasty in Mârib (like in CIH 353)
against Hadramaut and Radmân. But another possibility is much
more probable, if we consider, what will be given here in the fol-
lowing pages : It is most likely that Sammar Yuhar'is I was fighting
alone against Radmân (Ma'âhir) and Saba’ and Hadramaut (cf.
Nami 72 + 73 + 71, p. 469) 84. If this hypothesis is right, one may
conclude that Sammar Yuhar'is I was still reigning after the
breakdown of Qatabân. In Hadramaut, Yada'’ab Gaylân may hâve
just reigned together with his brother (’mlk HDRMWT). We will
return to this question on p. 471.
In and after the time from c. « 100 (106) » A.D. (destruction
of Tumna', capital of Qatabân) to about « 140 (146) » A.D. of
the table, the kingdom of Qatabân was annihilated in several wars,
in which the South Arabian powers seem to hâve been distributed
in different combinations and séparations. The most important
inscription of this event is Ja629. Of its two dedicants, Martadm
and Darhân of the Banï dü-GRFm85, the younger one, the son,
is an army leader of Sa'dsamsm ’Asra' and Martadm Yuhahmid
of the Gurat dynasty. In Radmân, near its capital Wa'lân, he
fights together with his kings against Yada'’îl, king of Hadramaut
the Hamdânids, who had fought together with Yarîm, had become owner of
Hirrân and Na'mân just outside Sam'î and outside of the Hamdânid territory,
in the upper Gauf, which was a part of the territory of Ma'in which was
under the government of the « traditional dynasty » since the breakdown of
the kingdom of Ma'ïn. This « third possibility » is very improbable. Cf. also
p. 471 on RES 4336; and cf. Ja 708, 713 (Saf'atat ’Aswa' and Zaydm ’Ayinan).
84 A. Jamme, Sabaean Inscriptions, p. 324 f, rightly shows that this is much
more conforming to the grammatical rules. (He reads bhwlm instead of
dfywl[n]. I did not see the sqeeze.)
85 Al-Girâf is a village near San'â’ in the north.
464
H. VON WISSMANN
and the Hadramitic troops, and against Nabatm, king of Qatabân 86,
and against Wahab’ïl bin Ma'âhir87 and dü-Haulân and dü-
Hasbah 88 and against Madhaym ; and they gain a victory.
This must hâve been in the last period of the reign of Nabat of
Qatabân. In the inscription, he is still called king of Qatabân,
but he must hâve already been under Hadramitic supremacy.
Tumna' had been ruined since a génération; it is only mentioned
as a région or a small place8î>, just as by Ptolemy, who calls
®ovp.va neither /x^rpoTroXtç nor fiaaiktLOv. Troops of Sa'dsamsm
and Martadm met near the place90. ’Ausân was no more a kingdom
but only a tribedom; there the town of èay'ân91 was humiliated.
86 Nabat*» Yuhan'im, son of éahr Hilâl Yuhaqbid, cf. W. F. Albright in
Journ. Amer. Orient. Soc. 73, 1953, p. 37. The inscription of Nabat*» Yuhan'im
and his son Martad*», kings of Qatabân, from Hagar bin Humayd, was
recently published by A. F. L. Beeston, Epigraphic and Archaeol. Gleanings
from South Arabia, Oriens Antiquus I, 1962, p. 47 f and table X, 4. Hagar
bin Humayd seems to hâve been the last capital of Qatabân after the
destruction of Tunna'. The royal castle in Hagar bin Humayd was HRB,
perhaps the place of minting of Qatabânian coins. The ancient name of the
town is not known. The town of Dû Caylân probably was not there but at
the mouth of Wadi Mablaqa into Wâdï Bayhân, in Huçn al-Çudayrï, where
the inscription was found which States that Yada'’ab Caylân, king of Hadra-
maut, walled Dü-ôaylân. This inscription, which has not yet been published,
makes it probable that Dû-ôaylân was founded by Yada”ab ôaylân in the
core of the province of Qatabân, which had been conquered by his father;
cf. A. Jamme, A new Chronology of the Qatabânian kingdom, Bull. Amer.
School of Oriental Research 120, Dec. 1950, 26 f; id., Sabaean Inscriptions
(cit. note 2), p. 297 and note 76. In the latter publication, A. Jamme speaks
of Dü-ôaylum without telling, if Wissmann-Hôfner (cit. note 10) and he
himself in his paper just mentioned has made a mistake in calling the town
Dû-ôaylân. Thus one has to suppose that the mistake is in Sabaean Inscriptions.
87 Ma'âhir propably was the castle of Radmân in the town of Wa'lân.
Cf. Wissmann-Hôfner (cit. note 10), p. 38 f. Wahab’ïl probably was the ruler
of Radmân and of parts of adjacent Çaulân.
88 According to Ja 878, RES 3878, 18, and Van Lessen 25,6 (M. A. Ghul,
New Qatabâni Inscriptions II, Bul. School Or. Afr. Stud. 22, 1959, p. 425 ff),
IJaçbah was a clan of Qatabân, when this still included Radmân and Madhay*».
89 Not hgrn | tmn' but just tmn'.
90 <dy | hlf | tmn'. hlf = région or gâte.
91 Say'ân in ’Ausân like in Ja 878 and RES 3945. Ja 629, 30 f : humiliating
the town of MNWBm and ail the towns and fortresses (msn') of the tribe
’Ausân and the town of SY'N. Manwab*» cannot be the affluent of W. Hadra-
maut, as A. Jamme means (Sabaean Inscriptions [cit. note 2], p. 342). èay'ân
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
465
After the war, the dedicant Martadm of the Banï d-GRFm, who
had stayed in San'aw, and the two Guratite kings Sa'dsamsm and
Martadm arranged a meeting of tribal rulers in ar-Ruhâba north
of San'â’, in the centre of Sam'ï, where (beside them) five rulers
decreed. Those of the three thirds of Sam'ï were among them :
&RHTT (also in CIH 222) of the Bata', ’ïlrâm of the Suhaymm
and Yarïm (’Ayman) of the Hamdân. In that moment of history,
the Guratite kings seem to hâve had the suprême authority in the
highlands of the Sabaean territories.
The different chronological considérations which hâve been sub-
mitted — the sole era, the insertion of Ptolemy’s description,
genealogical and other reflections — compel us to place the destruc-
tion of Tumna', the capital of Qatabân, which occurred under
Sahr Hilâl Yuhaqbid, into the time of c. « 90 » or « 100 » A.D.
In my opinion, this arrangement of the historical scheme abolishes
the discrepancy consisting between the different dates given for
this destruction by the excavators and J. Pirenne 92.
The war of Karib’ïl Bayin of the « traditional » dynasty against
Yada"ïl Bayin of Hadramaut (in Ja 643 + 643 bis), in which the
latter had occupied Hanân in the highlands of the ’Amïrm and
thus blocked the road from Mârib to the north, and had made an
inroad into the Gauf (former Ma'în) down from those highlands,
ended with a full victory of the Sabaeans. The Hadramitic troops
and Manwab are also two places west of Yarïm and northwest of Zafâr
(al-Hamdânï, Gaeïrat, 101; E. Glaser, Kartenbuch). Here a third Manwab
must be meant, probably in Qatabân.
92 H. Comfort, Imported Pottery and Glass from Timna', in : Archaeologi-
cal Discoveries (cit. note 17), p. 199-212, States that, according to his dating,
the destruction of Tumna' cannot hâve happened before 9 A.D. W. F. Albright
in : Akten des 24. internat. Orientalisten-Kongr. München 1957, p, 155 (list),
adopts c. 15-25 A.D., « according to H. Comfort ». J. Pirenne, Le royaume de
Qatabân (cit. note 13), p. 48-56, examines the dates of H. Comfort in detail.
She cornes to the conclusion that the finds of Roman pottery show that the
destruction cannot hâve taken place much earlier than 40 A.D., and that a
terminus ante quem cannot be found. Her own date, round 200 A.D., dépends
on the fact that she has only one éammar Yuhar'is in her chronological
list; the discovery of a sole era by J. Ryckmans was not yet known to her;
besides she does not recognize the importance of Ptolemy’s Geographia,
which is neglected for Arabia by most historians. A treatment of the
Geographia even lacks in the article Ptolemaus of the Real Encylclopadie der
Class. Altertumswiss. (Pauly).
466
H. VON WISSMANN
were chased out of the country by a Guratite army leader under
Karib’il’s reign. This war may hâve been going on in about the
same period as that of Ja 629; an other army leader of Karib’il
Bayin was from the Bata'id clan (Ja643, 24) 92a.
It was probably later and for a short period only that Yarîm
’Ayman of Hamdân and Karib’il Watar Yuhan'im, son of Wahab’ïl
Yahûz of Bata', became kings of Saba* ; Yarîm alone must hâve
been king of Saba for a very short time.
The son of Yarîm ’Ayman, 'Alhân Nahfân, was beginning to reign
as a king of Saba* before the death of Yada'Tl Bayin of Hadramaut;
the author of Nami NN19 begs his god Ta’lab Riyâmm that 'Alhân
and Yada'Tl may form an alliance.
We do not know, how the traditional dynasty and the rule of
the Guratid dynasty ended; perhaps the épisode of Rabbsams”1
Nimrân king of Saba* and Dü-Raydân of the Bata'id clan, who
was also reigning in Mârib93, was happening in this period and
swept both dynasties away. So it may be that 'Alhân Nahfân con-
quered most of the Sabaean lands from him. Cf. the supplément.
Probably the man, who gave the description of the interior of
South Arabia to Ptolemy, had lived in èabwat, the capital of
Hadramaut94, for some time; and probably this was just in the
later part of Yada'Tl Bayin’s reign. He reported about many routes
running from èabwat through the kingdom of Hadramaut in ail
directions. His knowledge about the Sabaean lands, however, was
very poor. In these areas, he only gives a few places in very wrong
geographical positions and with mutilated names. Therefore it is
probable that the informant of Ptolemy was in Hadramaut in the
time, when internecine wars still raged in the Sabaean lands, before
these had been unified by 'Alhân Nahfân, and before the peace
between 'Alhân and Yada'’ab Gaylân, king of Hadramaut, son of
Yada'Tl Bayin, had been formed. On the other hand, the descrip-
tion of Ptolemy shows clearly that the tribedom of ’Ausân and
the whole territory of the former kingdom of Qatabân in its last
92a Cf. Wissmann, Zur Geschichte, p. 91 ff.
93 RES 4413 shows that Rabbsams"1 Nimrân belonged to the clan of the
Banû Bata*. Cf. above, p. 458 and J. Ryckmans, Chronologie, Oriens Ant.
1964, p. 9 and note 32. Cf. the supplément, p. 496.
94 He may hâve been an envoy of Rome in Hadramaut. Cf. Wissmann-
Hôfner (cit. note 10), p. 114 and map p. 104.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
467
periods, including Radmân and Madhaym, were already belonging
to the kingdom of Hadramaut. At Ptolemy’s time, this kingdom
reached from the mountain Tj 95, a mountain west of
Radmân, eastward as far as présent Zufâr (« Dofâr »), the frankin-
cense country of the XaxaXtrat, the S’KL, in the east96. It was the
time, when the kingdom of Hadramaut had its largest extent. The
frontier between the kingdoms of Hadramaut and of Himyar is
given rather precisely by (the description of) Ptolemy’s map. On
the coast, it began in the MeXap vOpoç, the black lava shield
called as-Saudâ’. Then the frontier ran between the outer myrrh
bearing région and the tribedom of the *Pa^8ai/îrat. The former,
on the side of Himyar, is présent Yâfa'; its /faœtXetop, its tribal
centre, was ’Ap??, présent al-'Urr in Yâfa'; the latter is the tribe
of Radmân. It is expressly stated that the Kt^JjSavtrat, the Qata-
bânian tribe, and the 'Pa^ôai'trat, the Radmân, belonged to Hadra-
maut 97, and that Hadramaut reached as far westward as the moun-
tain called n KXi/za^, probably Gabal ’Isbïl. Ru'ayn, the ‘Pa^î^at,
belonged to the 'O/rrçpîrat, the Himyar, like the Xavr^aptrat,
the inhabitants of Zafâr, and the Ma</>optrat, the Ma'âfir. The
frontier between Himyar and Saba’ of that time is only known
by inscriptions, and that it ran from east to west immediately
south of Gabal Kanin and north of Yaklâ’. More to the west, this
frontier was probably formed to a great deal by the Wâdï Sahâm.
95 Probably Gabal ’Isbïl northwest of Racla' (Apaya v Tpâ8a).
96 The important phrases in Ptolemy, book VI, ch. 7, § 21, run as follows :
« v0’ ovç f) A.tfiavtoTO<l>6pos x(’'Pa>> (in the country of the Saehalitai, which
had been fixed in the Coastal description before). « tira irpos rocs Saxa^tTatç
’Iœ^apcrat, viro 3è tous BAcovAatovç » ([Bal] ’IovAa. *IovAa is fixed in présent
Mahraland by Ptolemy; the other version «Veppaiovs » is certainly wrong)
« ’AAov/xaiœrac » (’Àl Yumayn?), «tira 2w</>avîrat » (Saybân (?), which were not
only living north of Mukallâ, but also round Nisâb), « Kat Kcflc/hmTai
(Qatabân), « Kat pt^xP1 T’7Ç KAi/xaKoç » (latitude and longitude are given for the
Klima/ mountain; it must hâve been approximately G. ’Isbïl between Damâr
and Rada') «'Paflavïrai » (Radmân) « wro rovrovs -navras XarpapMVÏrat à-no
rrjs T£X.iptaKos ptéxP1 T®v ^axaXtrüv ». The last phrase means that the name
Chatramônitai has to be placed (in the map) below ail the names mentioned
before, between the Klimax mountain in the west and the Saehalitai in the
east.
97 H. v. Wissmann, Arabien nach Ptolemaus, anderen antiken Schriftstéllern
und den Inschriften. In préparation for the Oriental. Kommission of the
Academy of Maine; id., Zur Geschichte, p. 415-418 and map Abb. 21.
468
H. VON WISSMANN
Compared with older situations (p. 444 f), we recognize that Hadra-
maut had conquered a great part of Himyar in the Coastal régions
of the east98.
This status of internecine wars in the Sabaean lands contemporary
with a culmination of the power of the kingdom of Hadramaut only
existed in the late days of Yadaӕl Bayin and after these, until a
pact was formed between 'Alhân Nahfân, who had United Saba’,
and Yada”ab Gaylan II (CIH 155), who was the son of Yada”ïl
Bayin II.
A. Jamme99 places the three générations of the ruling family
in Hadramaut of the inscriptions of al-'Uqla (’Anwadm) near
Sabwat : Rabbsams, his son Yada"ïl Bayin (e.g. RES 4912 = Ja
949) and his grandsons ’ïlriyâm Yadum (e.g. RES 4887 = Ja 985),
Yada”ab Gaylân (e.g. RES 4915 = Ja 996) and Rabbsams (not
reigning; e.g. RES 4916 — Ja 997) into a period later than ’ïl'azz
Yalit bin 'Ammdahar of these inscriptions (cf. p. 482 f). Brian
Doe 10°, however, suggests that the inscriptions of ’ïl'azz Yalit are
set after those of Yadaӕl and his sons, as the latter ones are to
a great deal inscribed into the Southern wall of the rock of ’Anwadm,
the wall which is best fit for inscriptions (compared with the
other walls, which were used by ’ïl'azz Yalit and his companions)
and therefore was probably used first. J. Ryckmans writes me that
Yada”ïl Bayin of RES 4912 etc. and Yada'’ab Gaylân of RES
4915 etc. must be the kings who were contemporaries of 'Alhân
Nahfân, considering palaeographical and different other criteria
(e.g. slty, in RES 4912). In the historical scheme, I follow J.
Ryckmans and Brian Doe. Cf. note 143, p. 483.
While my historical chart shows the end of Qatabân c. 140
(146) A.D., that of J. Ryckmans 101 shows it round 201 (207) A.D.
We saw that the information, which was given to Ptolemy must
be from the time after the end of Qatabân. But Ptolemy probably
98 The frontier is shown in my folded map, Das vorislamische Arabien, in
A. GROHMann, Arabien : Handb. d. Altertumswiss., Kulturgesch. d. Alten
Orients III, 4, 1963; cf. the présent paper, fig. 4.
99 A. Jamme, Sabaean Inscriptions (cit. note 2), p. 305; id., The Al-'Uqlah,
Texts, Catholic Univ. of America Press, Washington 1963, p. 7-15.
îoo Brian Doe, The al-'Uqla inscriptions. Manuscript, which was kindly sent
to me by the author.
loi J. Ryckmans, Chronologie, Oriens Ant. 1964 (cit. note 3) ; id., La
chronologie, Istanbul 1964 (cit. note 3).
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
469
died between 161 and 180 A.D.. His Geographikê Hyphêgêsis, eom-
monly called his Geographia, was a late work of Ptolemy. It pro-
bably was compiled after the time when his Syntaxis was finished;
this was the case in one of the years between 141 and 147/148
A.D.102. Thus the time given for Ptolemy in our table, round 150,
suits well into what we know of his life. The date of the finishing
of the Geographia, round 170 A.D. according to A. Herrmann,
must hâve taken place in some distance after the years, when the
news, which Ptolemy obtained, had their origin. I take the fact
that Ptolemy’s news suit so well into my list for a notable justi-
fication of this list.
The inscription Nami 72 + 73 + 71 103 would be essential for the
political history of South Arabia in this period, if it were known
in its full length. In the fragments, however, it remains full of
problems 104.
The inscription is probably set by the Hamdânid ruler 'Alhân
102 A. Fischer, De Cl. Ptolemaei vita operibus praesertim eiusque fatis
pars prior, Leiden u. Leipzig 1931 (in German). A. Herrmann puts the writing
of the Geographia into the years round 170 A.D. (in : P. Schnabel, Text
und Karten des Ptolemaeus, Leipzig 1938, p. 120).
103 Cf. J. Ryckmans, L’institution monarchique (cit. note 6), p. 132, note
13; A. Jamme, Sabaean Inscriptions (cit. note 2), p. 292.
104 At the end of the second line of Nami 73, Nami gives a O in his copy,
while in the translation he gives a B. This question is solved by a photo of
F. Geukens of Nami 73, which J. Ryckmans sent me. In this photo, the B
is distinctly to be recognized, followed by the upper corner of an S. So we
hâve to read Ha&as[at] and not Had[ramaut], — The photo also shows
that there is a broad frame on top of the three lines of Nami 73, while
the bottom is eut off just below the third line. Nami, however, writes :
71, 72, 73. Three fragments of limestone, which form an inscription <brolcen
off at the top> (< > here only). The first fragment shows a frame of 10 cm
breath on the right side... The first fragment must be Nami 71. And as
Nami £3 has a frame on top, only Nami 71 can be meant by Nami when he
says <broken off at the top>. J. Ryckmans concludes in the letter, in which he
writes me about this, that Nami 71 cannot show parts of the same lines
as Nami 72 + 73, and that it is almost certain that Nami 72 + 73 belonged
to the uppermost layer of the ashlars (square blocks), into which the relief
inscription was carved, while Nami 71 must hâve formed the beginning of
the lowest layer. Thus we know parts of the first, second and third line
in Nami 72 + 73, but the beginning of the fourth, fifth and sixth (or even
of the seventh, eighth and ninth) line in Nami 71. One of the possibilities
is shown here in a sketch of J. Ryckmans.
470
H. VON WISSMANN
Nahfân himself. The expression 'Alhân, king of Saba* in the first
line of Nami 72 instead of 'Alhân Nahfân, king of Saba* may be
explained, if we assume that the full name was given at the begin-
ning of the inscription, which got lost; the inscription therefore
must hâve been rather long before the first line of Nami 72 + 73 105.
M. Hôfner gave me the following translation :
(IA; got lost); (IB:) ‘Alhân, king of Saba’, and the troops and bédouin
forces of the king of Saba’; (IC; got lost) ;
(2A; got lost) [Radmân and Ma]; (2B:) dhaym and Qatabân106, and the
rulers and leaders and tribes of the king of Babas [at] ; (2C; got lost);
(3A; got lost); (3B:) [gr]ound and the pasture 107 of Dü-Raydân the sub-
jets (subdued people?) and troops and bédouin forces of the king;
(3C ; got lost) ;
(4A:) [Dû-]Raydân for the prosperity of (for enlarging) their property,
at the time, when ; (4B, C ; got lost) ;
(5A:) and the bédouin forces of the king of Hadramaut and the tribes;
(5B, C; got lost);
(6A:) and the troops of the Banï Dü-Raydân; and then; (6B, C; got lost).
Fig. 5. — Nami 71, 72 and 73. Scale 1:20. Sketch by J. Ryckmans.
M5 Text of Nami 72 + 73 + 71 : (1 A; got lost); (1 B :) 'lyhmw * | elhn |
mljksb’ | whmys | w’frb | mlksb[’]; (IC; got lost); (2 A; got lost) [|rdmn |
wm] ; (2 B :) dbym | wqtbn | w’jqwl | w’qdm | w’s'b | mlk | libs[t] ; (2C;
got lost); (3 A; got lost) [’] ; (3 B :) rd | wnwyn | drydjfn |] ’dynt | whmys |
w’firb | mlk |; (3C; got lost); (4 A :) rydn | Isrht | mlkhmw | bywm h;
(4 B, C; got lost); (5 A :) w,erb | mlk | hdrmwt | w’s'bn; (5 B, C; got lost);
(6A :) whmys | bny | drydn | wb'dn | dt (6 B, C; got lost). A point on
of a letter means that the reading is uncertain.
* 'lyhmw was not translated, as the meaning is difficult to conjecture.
106 Radmân and Madhaym was proposed by A. Jamme. In this and the
following period these three tribal names are commonly mentioned together.
107 Cf. W. W. Müller, Die Wurzeln Mediae und Tertiae Y/W im Alt-
süâarabischen. Diss. Tübingen 1962, p. 108; M. Hôfner, Altsüdarabische
Grammatilc, § 105, p. 126. — But [h]rd | wnwyn may also be predicates of the
sentence, perhaps meaning yielded and returned (to).
HIMYAR, ANCIENT HISTORY 471
The stones of Nami 72 + 73 + 71, seen in the muséum in San'â’,
were probably brought from some place in the Hamdânid territory.
The inscription may be of the time, when 'Alhân Nahfân had made
peace with Yada”ab Gaylân of Hadramaut (CIH 155) 108 and was
on the way to make peace with Gadarat of ’Aksüm and Habasat,
which afterwards took place in the time of CIH 308. In Nami 72, 2,
the tribe of Qatabân is mentioned together with the other tribes
of the former kingdom of Qatabân in its last period, of Madhaym
and probably of Radmân. It is not recognizable, if they belonged
to the kingdom of Hadramaut at that time, but this is probable,
when we consider Ptolemy’s map. The expression « the rulers and
the leaders and the tribes (’qwl | w’qdm | w’s'b) of the king of
Habasat» may show that Habasat possessed territories in South
Arabia, not only the land of the Kivat8oKoX7rîrai in the north,
about which we will refer below, but also round the Straits. Haba-
sat may hâve had already conquered the tribedom of al-’As'ar
from Himyar. Dü-Raydân, the Himyar, are mentioned in the lines
3, 4, and 6, but not their king, as it seems. Perhaps the pact of
'Alhân with Habasat was formed after the war, which 'Alhân,
Hadramaut and Habasat had waged against Himyar. At the
time of this pact, èa'irm ’Autar was already coregent of his
father 'Alhân (CIH 308, 308 a). Himyar seems to hâve already
been vassal of èa'irm in the early parts of his reign, while Gadarat
of Habasat must already hâve possessed both coasts of the Straits
and the ’As'arân (al-’As'ar) tribedom w9.
Probably RES 4336 (cf. p. 463) has to be inserted some time
before Nami 72 + 73 +71. If, in RE S 4336, èammar Yuhar'is I
of Himyar fights against Radmân (Ma'âhir), the king of Saba’
and the kings of Hadramaut — the most likely version —, while
Habasat is not mentioned, RES 4336 has to be placed after the
pact of 'Alhân Nahfân with Yada"ab Gaylân of Hadramaut (CIH
i
108 In CIH 155 from Hâz, the name of the ruler is broken off; but it is
almost certain that it was 'Alhân Nahfân. The author of CIH 155 is a man
of Humlân, as A. Jamme shows (Sabaean Inscriptions), of the tribe round
Hâz under the Banü Bata*.
109 In CIH 334, 3 and later, éa'ir“ ’Autar commands Sabaean and Himyaric
troops in his war against Hadramaut. In Ja 633, Lahg in Himyar is governed
by a man of ëa'irm; at that time, it seems to be situated near the frontier
(of Himyar). In Ja 635, 22, in a later period, Sa'ir“ fights against ’As'arân and
Bahrm.
472
H. VON WISSMANN
155) and before the pact of *Alhân (and his son èa'irm) with
Habasat (CIH 308, 308 a). The war of * Alhân of Saba’ and Yada”ab
of Hadramaut against Himyar in CIH 155 110 may be the same as
that of RES 4336. The ’ard Yahir with the town of TBYR of
RES 4336, 2/3 probably is the mihlâf, wadi and mountain called
Yahir (cf. al-Hamdânï, Gazïrat 101), which according to E. Gla-
ser 111 is situated very near to Zafâr in its east. Glaser does not
mention a settlement called TBYR, but he shows a Wâdï Tabyân
in this région.
The Arabian country of the Kii'aiSoKoXTrîrat was occupied by
the King of Habasat before the time of the Monumentum Adulita-
num. This tribal name is only known from the Monumentum Aduli-
tanum and from Ptolemy’s Coastal description of Arabia. The occu-
pation must hâve taken place some time before Ptolemy’s news,
probably round 100 A.D., as I hâve shown elsewhere 112. The Haba-
site colony lay in modem Higâz and 'Asïr, it spread from south
of Yanbu' (Ptol. : ’la/z^ôta, Mon. : A.€vkt) Kûj/zt?) in the north
to the Wâdï Bays (Batnoç, north of Gïzân), the northern frontier
of the Sabaean lands, in the south. These frontiers are the same
ones in the Monumentum and on Ptolemy’s map. Cf. fig. 6.
The treaty of èa'irm ’Autar with Gadarat of Habasat did not
last. èa'irm had to fight against Gadarat. This fighting mostly
no Under these conditions, it is improbable that the Maçna'at dât-cRMN of
CIH 155 is identical with the hgrn 'RMN of RES 3858, 9, which may hâve
been situated on the slope of Gabal Çabr in Marâfir (cf. my Arabien nach
Ptolemaus, cit. note 24, in préparation; al-Hamdânï, Gazïrat 76 in Foreer,
p. 93 and note 3; compare A. Jamme, Sabaean Inscriptions (cit. note 2), p.
292 ff). Maçna'at dât-cRMN, besieged by the Himyar, must hâve been some-
where in Sabaean or Radmânï territory, near the border to Himyar. The
site of 'Urma of al-Hamdânï, Gaz. 94 (Forrer p. 150) would suit weil : it
lay near Gabal ’ïsbîl, a little north of this mountain, NW of Rada', a site,
which probably was situated inside Radmân near the frontier to Himyar.
According to RES 4336 cf. A. Jamme, Sabaean Inscriptions, p. 324.
m E. Glaser, Tagebuch VII and Kartenbuch.
112 E. O. Winstedt, The Christian Topography of Cosmas Indicopleustes,
Cambridge 1909; Ptolemy VI, 7,5; cf. J. Ryckmans, Petits royaumes sud-
arabes d’après les auteurs classiques, Le Muséon 70, 1957, p. 95; id., Chrono-
logie, Oriens Ant. 1964 (cit. note 2), note 70; H. v. Wissmann, De Mari
Erythraeo (cit. note 6), p. 317, 322; id., Zur Geschichte (cit. note 8), p. 65-
69, where the question is dealt with in detail; against F. Altheim, Geschichte
der Hunnen V, Berlin 1962, p. 168-174, 181-184.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
473
took place in Sahartân, the country immediately south of the
land of the KipaiSoKoXTrîrat, between Wâdï Bays and Wâdï Maur,
round Gïzân (Kaaaavîrcu; or "Ak/zt?), which had been
Sabaean territory until this time probably (e.g. according to the
Getrha
x | \ 2V/venee\5oHiLrâ
c /îbYeFrib
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X» 1^rn«ôkosrnÇ>i(MaUKina)
Km. wMnxsfcfe-ÇrHabosaf H.Mi^r
Fig. 6. — The States round the Red Sea in the middle of the second century
A.D. (Ptolemy, Yada”ab ôaylân of Hadramaut, Gadarat of Habasat, 'Alhân
Nahfân and éa'ir“ ’Autar of Saba’; Himyar vassal of Saba’; al-’Aâ'ar
occupied by Habasat.) The four black stars show the areas of the tribes of
origin of the Hamdânid, the Banü Bata' the Martadm and the Gurat dynasties.
Scale 1: 15.000.000. Correction : The northern frontier of the Kinaidokolpitai
ran south, not north of Yanbu'.
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?^-^^u~'^Eua<iimôn n rabici
474
H. VON WISSMANN
Monumentum) ; but èa'irm also entered Habasite territory, which
means that he crossed Wâdï Bays to the north into the area of the
Kii/ai8oKoX7rîrai (Ja 631,12 f) ; and he also fought in the south
against the al-’As'ar (Ja635, 22). The Habasites had even to be
chased out of Nagrân, which they must hâve reached from the
land of the KiPcuSoKoXTrÎTat north of Wâdï Bays, Crossing the
highlands (Ja 635, 23 f). From Nagrân, èa'irm made far expéditions
with his mounted forces to the north, against the (earlier) kingdom
of Kinda (KDT) in Central Arabia, which had its centre in modern
al-’Aflâg 113 (cf. fig. 6 and p. 487).
For some time, there seems to hâve existed a coalition of Haba-
sat, Hadramaut and the Kinda against èa'irm, with the support
of Nagrân, in which the Romans may hâve played a rôle (Banï
Yawa[n]m, Ja635, 35 f).
But then èa'irm could keep his adversaries in check by attacking
’ïl'azz of Hadramaut with his Sabaean and Himyaric114 forces on
two different routes. On the northern route, he conquered èabwat,
the capital of Hadramaut, and sacked the Wâdï Hadramaut, where
Suwa’rân 115 (at the mouth of Wâdï 'Amd and Wâdï Hagarayn)
and dât-Cayl"1, perhaps 6ayl 'ümr in Wâdï 'Adim116 are named117.
The Southern army seems to hâve gathered in the castle of Zafâr,
in Raydân. This army looted in former Qatabân (Radmân, Madhaym,
Qatabân) and in the port of Qana’. The way back was taken by
the mountain tribedom of HRMTm (présent Murâd between Qatabân
and Haulan) 118. Finally ’ïl'azz of Hadramaut was made vassal
of Sa'irm, who then helped ’ïl'azz against résurrections in the high-
lands of Hadramaut (Ja640, ’WSRN — al-’Aysar).
H3 Cf. H. v. Wissmann, Zur Geschichte (cit. note 8), p. 179, 182; id.,
Arabien nach Ptolemàus (cit. note 97), in préparation.
114 It must be emphasized, that ëa'irm could incorporate the army of his
vassal Himyar into his Sabaean army (CIH 334).
lis In 1958/59, we found the ruins of Çuwa’rân. Cf. G. Ryckmans, Inscrip-
tions Sud-Arabes, 20e série. Le Muséon 75, 1962, p. 448 f (Ry 677, 678). It
is not mentioned there that we hâve seen a part of the site with pottery
washed out, southeast of the village of al-'Àdîya.
lis We visited the ancient ruins there in 1959. An irrigation canal hewn
and carved out of the rock is shown in H. v. Wissmann-Festschrift, ed.
A. Leidlmair, Tübingen 1962, Tafel VIII, Abb. 6.
117 For the war of éa'irm ’Autar against Hadramaut cf. CIH 334, Ja 632,
636, 637 and 741, Fakhry 75 and 102.
118 Ry 533, Ja632; cf. H. v. Wissmann, Zur Geschichte, p. 397.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
475
Being an excellent strategist, èa'irm ’Autar had managed to
subject ail the States of South Arabia to his domination; only the
greater part of the districts along the Red Sea stayed in the
possession of Habasat.
Ja631 describes a complicated situation at the end of the reign
of âa'irm ’Autar. Habasite troops including their Baygat (Begâ)
auxiliaries had occupied the 'Urr ’ïlân (gods fortress) in the centre
of Zafâr, the capital of Himyar. The forces lead by the dedicator
of the inscription, a commander under èa'irm ’Autar, joined the
forces of the (vassal) Himyarite king La'zïz Yuhnaf Yuhasdiq
(king of Saba* and Dü-Raydân) and drove the Habasites out of
Zafâr and out of the Himyar country to M'HRTN; Ma'âhir pro-
bably was the castle of WaTân in Radmân. In the time when the
inscription was written, èa'irm had probably died, for in the final
invocation, homage is done to Lahay'atat Yarham, king of Saba3
and Dü-Raydân, while èa'irm ’Autar is mentioned no more in that
invocation.
After that inscription, the Hamdânid dynasty suddenly disap-
peared. We hâve no news about this event. The country was often
harrassed by plagues in those periods. Anyhow, the king (s) of
the Himyaric dynasty must hâve conquered Mârib, and the Sabaean
highlands as weil. Also Madhaym (and probably Radmân) were
now under their rule (RES 4196). It is the reign of Yâsirm
Yuhan'im I with his son èammar Yuhar'is II, which we hâve
already mentioned (p. 455 f), and the beginning of the latter’s single
reign, in Zafâr and in Mârib. No wars are mentioned in RES 4196,
RES 4938 (?), the Sharafaddin inscription 118a, Ja 647 119 and Ja 653.
The period lasted more than 7 years (cf. Ja647).
The earliest dated inscription of South Arabia, RES 4196, is from
the reign of Yâsirm Yuhan'im I with his son Sammar Yuhar'is II.
It is from the year 316 of the Himyaric era, i.e. from 201 (207) A.D.
(during the eponymate of Nabat) 12°.
The only tribal king we know of in this period is Farï'm Yanhüb
with the title of a king of Saba3. One may suggest that he was
tolerated under the Himyaric kings in some highland tribedoms
118a Cf. note 48.
119 I hâve explained in Zur Geschichte, why Ja 647 probably belongs to this
period (p. 341, note 219).
120 Following the discovery of J. Ryckmans, cf. p. 429.
476
H. VON WISSMANN
which were probably those of his ancestors, the tribedoms of
Gurat and Martadm, because the kings of Gurat and Martadm
had mostly been opponents to the Bata'ids and Hamdânids.
Ja 566 is the only inscription, which is certainly from the
time of the reign of Farï'm Yanhüb. In this inscription, he and
his two sons ’ïlsarah Yahdib II and Ya’zil Bayin are called kings
of Saba*121. The coregency with his two sons has probably to be
plaeed into the period, when Yâsirm Yuhan'im I and Sammar
Yuhar'is II were kings in (Zafâr and) Mârib. Farï'm and his sons
must hâve been subordinate to the Himyaric kings of Saba* and
Dü-Raydân.
Then ’ïlsarah Yahdib I and Ya’zil Bayin drove out Sammar
Yuhar'is II from Mârib and called themselves kings of Saba* and
Dü-Raydân. It has been mentioned 122 that Ja653 under Sammar
Yuhar'is II was written in Mârib three years before CIH 314 + 954,
in which ’ïlsarah and Ya’zil celebrate the conquest of the Sabaean
lands, also in Mârib.
In this situation, Himyar under Sammar Yuhar'is II would
hâve been in danger to become annihilated. But it was allied with
Habasat under 'Adbah, which was in possession of the Southern
Tihâma of the al-’As'ar and held Sawwâm, the centre of Ma'âfir
between the ’As'arân and Zafâr (Ja585). Also Sahartân in the
northern Tihâma was an ally of Habasat (Ry 535, Ja577). Sahar-
tân, however, touched the Habasite colony of the Kti'aiSoKoXTrtTai
in the north, so that the domination of Habasat reached over nearly
the whole coasts of the Red Sea in Arabia from south of Yanbu'
(Aêvktj Kcü/ztj) southward, and in Africa from the frontier of
Egypt southward123. When Sammar had been turned out of Mârib
by ’ïlsarah and Ya’zil (CIH 314), he and the Habasites had asked
for peace, which had been granted. But both Sammar and Habasat
did not keep this peace (Ry 535,3). Without his coalition with
'Adbah of Habasat, Sammar would not hâve endured the fierce
attacks of ’ïlsarah, although he was supported by the tribes of
Radmân and Madhaym which seem to hâve accepted his rule, and
(partly) of Qatabân124. Most of the routes of the inroads of
121 A. Jamme {Sabaean Inscriptions, p. 48, Plate 3) reads mlk | sb*, king
of Saba’, in line 10, but the spaee affords [*]wiïfc | s&’, kings of Saba*.
122 Cf. p. 459 and note 70.
123 Habasat was including the Baygat (Begâ) country.
124 Ry 535, Ja 577, 739, 758, RES 4196.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY 477
’ïlsarah’s troops in Ry 535 are running along a strip of land between
San'â’ and Na'd in the north and Zafâr in the south 125. In the
southeast, the troops of ’ïlsarah proceded as far as the Wâdï Hirr
(srn ’HR), which drains Radmân and joins the main valley of
Qatabân at the foot of the mountain of the castle of Raydân, near
Bayhân (Ja758; cf. RES 4100).
The peace between ’ïlsarah (with Ya’zil) and 'Adbah of Habasat
was of a longer duration than that with Sammar of Himyar. Only
when Sammar, in a dangerous situation, asked 'Adbah for help,
’ïlsarah had also to fight against the Habasites (Ry 535, Ja 577,
CIH 350) in their colony (Bâriq) and Sahartân (Tihâma) (Ja577,
579, 585). It certainly was from their colony in the land of the
Kivai8oKoX.7riTai that the Habasites sent troops to Nagrân to
help this oasis town and tribedom in a revoit against ’ïlsarah;
also the king of Hadramaut promised to help Nagrân (Ja577,
8-15). But Nagrân was subdued and severely punished by the
forces of ’ïlsarah and Ya’zil. It was a risky task for ’ïlsarah to
break the circle of ennemies, which had formed round the Sabaean
kingdom. It looks as if inner disturbances in the empire of the
Habasites helped him, perhaps after the death of 'Adbah.
RE S 3884 is mentioning a war of ’ïlsarah (and Ya’zil) against
Himyar and Hadramaut which cannot be inserted chronologically.
RES 4336 is probably not of this time, but of the time of èammar
Yuhar'is I (cf. p. 463). It would be very difficult to suit it into
the time of èammar Yuhar'is II.
- Karib’ïl Dü-Raydân, of which we do not know the full name
as a king, most probably succeded èammar Yuhar'is II in Himyar.
We only know three inscriptions mentioning him (Ja578, 586, 589).
They are written by his ennemies. Under his reign, inroads of
125 it would need an élaboration of the mapping of E. Glaser’s diaries
(esp. Tagebÿich VII) and map-book for studying the names mentioned in
Ry 535 = Ja 576 in leisure. Some of the raids seem to hâve reached the
surroundings of Zafâr. In Ry 535, 12 (cf. Ry 535, 6) we may perhaps read :
« brrn | dhwfrt] | wcr[s]m | wdrg'n ». G. Ryckmans reads : « dhw[t] |
w'rçm », A. Jamme : « dhwr | w'rçm ». The point on top of the s (s) may
be a damage of the stone. This plain (brrn) could be the présent Qâe al-Haql
immediately west of Zafâr, in which E. Glaser shows cArâs and Haura on
the side of Zafâr (Tagebuch VII, p. 1 and 3) ; Glaser also mentions both
of these names as Mahâlif of modem Yarîm. For 'Aras cf. the Kartenbuch,
p. 8, where the position is shown a little differently.
31
478
H. VON WISSMANN
detachments of the forces of ’ïlsarah and Ya’zil looted as far as
SR'N (Sâri*) in Radmân and QRNNHN (al-Qarnayn) and 'RW&TN
(al-'Arâ’is) in the high mountain tribedom of HRMTm, présent
Murâd between Mârib and Qatabân 12C. On the way to HRMTm,
it seems, the mountain stronghold of 'r ’S’Y (TJrr al-’Âsï) east of
Damâr was taken 126 127. A second war forced Karib’ïl to become vassal.
But he revolted again. In a third war, the city of Hakir with its
royal castle on top of its hill (al-Hamdùnï, ’ïklïl 108), in about
the same distance from Damâr, Rida* and Zafâr, was besieged by
’ïlsarah’s troops. Karib’ïl had taken refuge there; when the town
was taken, he had to submit.
It has been stated above that RES 4196 is dated in the Himyaric
era and belongs to the year 201(207) A.D. In the historical scheme,
the wars of ’ïlsarah and Ya’zil against èammar are plaeed into
the period of c. 204 (210) to c. 214 (220) A.D., those against Karib’ïl
into the period of c. 214(220) to c. 219 (225) A.D. According to
the new dating of J. Pirenne and A. Maricq128 and of F. Alt-
heim129, the Periplus Maris Erythraei was written in c. 225 A.D.
(J. Pirenne) or c. 210 A.D. (F. Altheim and J. Pirenne in F.
Altheim). The Periplus reports (§23) that, twelve days from
Mov£a inland, there is [£]a</>àp, a metropolis, with Xapt^ôa^X,
légitimé king of two peoples (èOvcHv 8vo), the Homërites and
the Sabaites. This suits well to Karib’ïl Dü-Raydân, who obviously
must hâve called himself king of Saba* and Dü-Radân, a title which
daims that he was not only king of Himyar but also of Saba’.
The historical research of J. Ryckmans and myself about this
period came to its conclusions without having the studies of J.
Pirenne and A. Maricq in mind; its results, however, support the
new dating.
In a later paragraph (27), the hinterland of the port of Kai/'))
126 Cf. H. v. Wissmann, Zur Geschichte (cit. note 8), p. 397. Al-Qarnayn
and al-'Arâ’is are irrigated mountains east of Güba (Nagia) and northwest
of Harîb (E. Glaser, Karteribuch).
127 A photo of this castle in ruins in C. Eathjens and H. v. Wissmann,
Vorislamische Altertümer, Hamburg. Univ., Abh. a. d. Gebiet d. Auslandskunde
38, 1932, p. 152.
128 J. Pirenne and A. Maricq, Le royaume de Qatabân et sa datation,
Bibl. du Muséon 48, 1961, p. 167-209; J. Pirenne, La date du périple de la
Mer Érythrée, Journal Asiatique 1961, p. 441-459.
12» F. Altheim, Geschichte der Hunnen N, Berlin 1962, p. 11-15.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
479
(Qana’) is called the kingdom of ’EXed^oç, whose metropolis was
’ZavftaOà (Sabwat, the capital of Hadramaut). We will see that
this also suits into our scheme; ’EXed^oç can easily be ’ïl'azz Yalit
bin 'Ammdahar, king of Hadramaut.
One difficulty arrises from this dating, which may not be con-
cealed : According to the Periplus (§21-24), Mov£a, which has no
harbour but a good roadsted, was the main port of Ma'âfir
(Ma^aptrtç), with the city of Sawwâm, (Xavrç), under the
governor (rvpa.vvos') named XdXat/3oç, who stood underXap^ôœrçX
in the metropolis of Zafâr. This shows that the southernmost part
of the Red Sea, the coast of the al-’As'ar, belonged to the state of
XapijôaT/X, to Himyar. The situation was very similar to that of
Pliny VI (cf. p. 447), of the time of Nero (54-68 A.D.), which is but
shortly before the time, at which the Periplus had been placed
until now. Moreover, we know that in the time of èammar
Yuhar'is II, just before Karib’il, the country of the ’As'arân and
Ma'âfir with Sawwâm were vassals or a colony of Habasat. On the
other hand, there is not one inscription for a long time since and
after the period of Karib'il, which mentions in Arabia either a
war against or a pact with Habasat (cf. p. 453). Besides there is
no possibility in our table to insert a Karib’il of Himyar or an
’ïl'azz of Hadramaut in the last décades of the first century A.D.
Therefore it would be good to know, if there had been some révo-
lution or internecine war in Habasat in this period, perhaps after
the death of 'Adbah.
x While Habasat under 'Adbah probably had good relations to
Rome (cf. above), the situation in the time of the Periplus seems
to hâve been different. The Periplus expressly states that Xapi/ôa^X
was a friend of the Roman avro/cparopeç, and that ’EXed£oç
of Hadramaut imported Roman luxury articles. But in y ’ASovXi,
the main port of Habasat (§4), the ships did not dare to land.
For safeness, they took anchorage near an island off the coast.
The ruler of the Habasites (’Aksümites, Avfcoptrat), Zcoo-kccXt/ç 13°,
130 I had suspected that Zôskalês is not the name of the emperor, but
that it means Zü Sahlê, « he (the provincial king) of the Coastal lowlands ».
But this does not correspond to the account that the territory under the
rule of Zôskalês reached from the Moo^o0ayoi south of the frontier of Egypt
as far as the straits. The « Zô » in the name of Zôskalês may show that
Zôskalês means the name of the clan of the ruler, not his personal name;
this again may point to a dynastie subversion by him.
480
H. VON WISSMANN
is said to be very avaritious and covetous, but nevertheless an honest
man, experienced in the Greek language 131. ZojaKaXr)^ may hâve
usurped the reign in Habasat.
An overthrow in Habasat may hâve lasted a short period only,
but it may hâve been long enough to deprive Habasat of its oversea
colonies and bases, even in Arabia. In the time of the Periplus,
the East African colonies on the coast of présent Tanganyika were
in the hands of Himyar (§16). The land of the Kii'ai8oKoX7rîrat,
which had been a Habasite colony (présent Higâz and 'Asïr), must
hâve fallen back into barbarism. The tribes were again pirates
enslaving the crew of captured ships (§20), just as in the time
before the Monumentum Adulitanum.
The question, who had destroyed the town of 'Adan (Arabia
emporion of Ptolemy, Arabia Eudaimôn of the Periplus) a short
time before the news of the Periplus (§26), has to be posed anew.
According to the Periplus, the good harbour bay of 'Adan had
excellent roadsteds and sweet and abundant water supplies, which
Okëlis on the Straits had not. 'Adan had been a prosperous port
and an entrepôt between Egypt and India in the times, when one
did not dare yet to risk a direct passage. But at the time of the
Periplus, only Okëlis or Qana’ were touched on the route from
Egypt to India, and 'Adan had become a village. Then the report
of the Periplus runs : not much before our time, Kaîœap (Kaisar)
destroyed (or conquered, (( KarearpeibaTO )) ) it. One has often
stated that it was not the habit of that time to call the Roman
emperor Kaisar, and that this meaning is ail the more improbable
in the Periplus, as the contemporary emperors are called (( avro-
Kparopes )) a few sentences before. F. Altheim132 suggests that
Caracalla could be meant. He demonstrates that Caracalla, in the
time when he was coregent of Septimius Severus, was probably
leading the Roman troops against the Scenites, in the north of
what was called Arabia Eudaimôn by Ptolemy133, during the time
of the second war of Septimius against the Parthians (197-199 A.D.).
The name of Kaisar thus would hâve been applied to the coregent
131 The latter suite to the thesis that the Greek language was used as
an official language by the Ethiopian governments since the time of Ptolemy II
and III.
132 F. Altheim, Geschichte der Hunnen V, 1962, p. 13; id. and R. Stiehl,
Die Araber in der Alten Welt I, 1964, p. 42 ff.
133 See below.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
481
of the emperor. This war in North Arabia cannot hâve penetrated
more to the south than to the country of the Tamüd. From there
the distance to 'Adan is more than 1500 km. It is very improbable
that the author of the Periplus mixed up the two meanings of
Arabia Eudaimôn, which were (a) the entire Arabian peninsula
south of a line running from Aila ('Aqaba) to the mouth of the
Mesopotamian rivers, and (b) 'Adan, because he knew the site of
'Adan and its importance very weil by his journeys 134.
Thus the confusion can only hâve happened to a copyist. If this
is so, the opinion of C. Müller135 is still the most probable solution :
that Kaîtrapmay be a corruption of Elisar (KAISAP for EALSAP)
or Ilaisar (jcaîcrap for ’lXaîœap), of al-’As'ar, the Elisaroi of
Ptolemy.
Such a destruction of 'Adan by the al-’As'ar (’S'RN) in the
years when the Habasites had to abandon South Arabia, and when
the al-’As'ar were subdued by Himyar, would be a plausible action,
the more as the boundary of this tribe ran over Gabal Haraz
(Ptolemy), which is not far from 'Adan136.
After the death of Ya’zil Bayin, ’ïlsarah Yahdib II reigned alone
in the Sabaean kingdom and was followed by Nasa’karib Yu’min
Yuharhib, who calls himself son of ’ïlsarah Yahdib and Ya’zil
Bayin137. We hâve no news about Himyar during this period.
In the late days of ’ïlsarah, there was a dangerous insurrection
of a man called Nimrân138. Under Nasa’karib, an expédition was
sent to Hadramaut (Ja612). War was also waged in the gold land
bf Haulân Gadïdm (northern Haulân west of Sa'datm) and down
to the Tihâma of Sahartân by al-Bâr (B’RN) and W. Hulab (Ry 538,
Ja616). It seems that the tribes of the northwestern highlands and
of the Tihâma had become unruled and turbulent, which accords
with the informations given by the Periplus. The power of Saba’
had diminished.
134 it ig ~very unlikely also that Caracalla was sent out by his father (or
Diadumenianus by his father Macrinus) to command one of the convoys
protecting ships which sailed from Egypt to India.
135 C. Müller, Geographi Graeci Minores I, Paris 1855, p. 277.
136 One might even imagine that a detachment of the al-’As'ar still held
'Adan, which is easily defensible, against the Himyar, when their country
had long been conquered (Periplus).
137 J a 567 under ’ïlsarah reigning alone is written in the same eponymate
as Ja 877 under Nasa’karib; Ja 877 is written two years later than Ja567.
138 CIH 429; Nimrân ’Aukân? Cf. A. Jamme, Sabaean Inscriptions, p. 327.
482
H. VON WISSMANN
Genealogical or other historical connections are lacking to a
great deal between about 235 (241) A.D. of the table and 270 (276)
A.D. We know the names of three kings of Himyar, which hâve to
be inserted into this period, and which partly reigned not only in
Himyar but as well in Mârib : Damar'alï Watar Yufhabirr]
(Ry591), Ta’rân Ya'üb Yuhan'im (RES 4909) and 'Amdân Bayin
Yuhaqbid (RES 3433, RE S 5099 + 5098 and coins). Their order of
succession is unknown. But RE S 4909 tell us that Ta’rân Ya'üb
Yuhan'im was an ally of ’ïl'azz Yalit bin 'Ammdahar, king of Hadra-
maut; and RES 3958 tells us that ’ïl'azz Yalit bin 'Ammdahar139
was king in the year « 144 ». As the inscription must belong to
the third century A.D., and as it is almost impossible to assume
that this date and the date of RES 4197 bis («172») 140 belong
to a different era from the one applied in ail other dated inscrip-
tions, I do not doubt that the meaning of this number « four and
fourty and hundred » is « four and fourty and threehundred »,
and that the « three » was left out. (We say « the eighties » instead
of « the nineteenhundred and eighties ».) Counted after the
Himyaric era, this equals 229 (235) A.D.; M. Hôfner agréés with
me (oral communication).
In our scheme, the wars of ’ïlsarah Yahdib II and Ya’zil Bayin
against Karib’ïl of Himyar are plaeed into the period of c. 214
(220) to 219 (225) A.D. together with the time of the report of
139 Newly found by A. Jamme on G-. Qarnayn near Bayhân, where « bin
'Ammdahar » can be deciphered. Cf. A. Jamme, Pièces épigraphiques de Heid
bin 'Aqïl, Bïbl. du Muséon, 30, 1952, p. 1, note 3. I suspect that the same
or a similar inscription was carved into the rock in different places. Its
dedicant belongs to the clan of Ma'âhir and Dü-lJaulân and he is qayl of
Radmân and Haulân. In the invocation, the gods are from temples of dif-
ferent régions between Hadramaut and Himyar, so Sïn dû’Ilm was in Sabwat,
'Amm of DWNm is master of the fortress of Wa'lân, capital of Radmân;
MTW. may be Hu§n Matwa northeast of Zafâr (al-Hamdânî, Gazîrat 101) ;
the inscription is in Sabaean dialect. It seems that the dedicant owned estâtes
in both the kingdoms of Hadramaut and of Himyar. Cf. p. 497.
140 RES 4197 bis = SE 118 (A) gives the year «172»; it must be of the
same period and place as RES 4197 = .SE 100 (B). Both are Sabaean. (A) :
'Attar ëarqân wa 'Amm, (B) : 'Attar éarqân wa '[Amm] ; (A) : mr’hmw
ÇBHm ’RâL, (B) : mr’yhmw ÇBHm.... RES 4197 points to Himyar, as it
mentions the gods ['Attar and] Sahar (cf. note 74), and to Zafâr, where one
of the castles was called Kaukabân (al-Hamdânï, ’Ilclïl 29). RES 4197 invokes
Sahar of Kaukabân. « 172 » must mean « 372 » = 257 (263) A.D. Cf. p. 497.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
483
the Periplus Maris Erythraei on South Arabia. The date of RES
3958 is only ten years later than 219 A.D. Therefore ’ïl'azz Yalit
bin 'Ammdahar must be the EXed£oç of the Periplus. He must
hâve reigned at least from the time of Karib’il until the time of
Ta’rân Ya'üb Yuhan'im.
There are reasons for supposing that Damar'alî Watar Yu[ha-
birr] (Ry 591) was the father of Ta’rân Ya'üb Yuhan'im and
reigned before him141. The inscription Ry 591 was found on a
rock of the Gabal al-Laud142 north of Mârib, inscribed by one
of Damar'alî’s men, perhaps a commander from the région of
Damâr in Himyar. One may présumé that the pact of Ta’rân with
’ïl'azz Yalit of Hadramaut was taken over from Ta’rân’s father143.
For these questions, the supplément on p. 496 and the genealogical
table at the end of this paper should be consulted.
That both Xapt^crrçX of Himyar and EXed£oç of Hadramaut
141 Because a king called Damar'alî Yuhabirr had been the father of a
king with the name of Ta'rân Ya'üb round 100 A. D., while round 340 A.D.
an other Damar'alî Yuhabirr reigned together with his son Ta’rân Yuhan'im.
They ail belonged to the Himyaric dynasty. Cf. the supplément, however.
142 G-. Ryckmans, Inscriptions Sud-Arabes XVTI, Le Muséon 72, 1959, p. 172.
Cf. Wissmann, Zur Geschichte, Tafel III a and note 138 on p. 59.
143 J. Ryckmans wrote me that, in his scheme, the reign of ’ïl'azz Yalit
bin 'Ammdahar probably followed immediately on that of Yada'’ab Caylân
and ’îlriyâm Yadum, and that ’ïl'azz of the time of the reign of Sa'irm
’Autar probably was the same person as ’ïl'azz Yalit bin 'Ammdahar. In
>this case, the pavilion (or fortress) of ’Anwad*» must hâve served con-
tinuously for three générations, i.e. from the reign of Yada'’ïl Bayin II
to ’ïl'azz Yalit, more and more as a place for state ceremonies; cf. A.
Jamme, Al-'Uqlah, cit. note 99, Brian Doe, Al-'Uqla, cit. note 100. J. Ryck-
mans supports his thesis by showing that four of the companions of ’ïl'azz
Yalit bin 'Ammdahar in al-'Uqla may hâve been the sons of companions
of Yada'’il Bayin bin Rabbsams, and he finds further connections. In the
table of the présent paper, the identity of ’ïl'azz, adversary of Sa'irm, with
’ïl'azz Yalit bin 'Ammdahar is very plausible. According to this table,
’ïl'azz, ennemy of éa'irm, may hâve begun his reign c. 185 (191) A.D. The
period from that time to the end of ’ïl'azz Yalit bin 'Ammdahar, to at
least 230 (236) A.D., lasted 45 years or more.
This would be shorter than the duration of the reign of ’Abûkarib
’As'ad (cf. p. 492). — If we would hâve to take RES 4336 into the reign of
Sammar Yuhar'iâ II, the thesis of the long reign of ’ïl'azz Yalit bin
'Ammdahar could not be maintained. We havo seen, however, that this inscrip-
tion only suits into the reign of a Sammar Yuhar'is I (p. 463).
484
H. VON WISSMANN
had good relations to Rome according to the Periplus suits to the
alliance of Ta’rân and ’ïl'azz Yalit. Sabwat must hâve been an
imposing royal seat at that time. The Periplus (§27) reports that
cmbossed silver ware, golden vessels, horses, statues and extra-
ordinarily fine clothing were imported for EXea£oç. ’ïl'azz received
guests from India (HND), Palmyra (TDMR) and the Aramaean
régions (KSD) (Ja931 144). Ja919 even reports that ten Quraysite
women accompanied him to ’Anwadm. In the port of Qana’, ail
frankincense was assembled by land and sea. Qana’ traded with
India, 'Oman and Persia. In Zufâr (Sa’kal), the frankincense was
collected by slaves and exiled people (Periplus, § 29). Ptolemy had
mentioned Qatabânians, Korra^ai'oi, in that région (VI, 7,24),
which perhaps had been exiled after the conquest of their kingdom.
Probably the friendly terms of Himyar with Hadramaut faci-
litated the conquest of Mârib and Saba’ by Himyar, a conquest
not recorded in a known inscription. From that time on, the title
of the rulers of the Himyaric dynasty, king of Saba* and Dü-
Raydân, was based on facts and did not contain a claim any more.
The two inscriptions of 'Amdân Bayin Yuhaqbid are from Mârib.
But 'Amdân must hâve reigned in the whole territory of Himyar
as well, as fourty coins with his name were found on the Somalï
coast145.
Probably ail of the three dated inscriptions of 270(276), 274
(280) and 281 (287) A.D. belong to the coregency of Yâsirm
Yuhan'im II with his son Sammar Yuhar'is III146. E. Glaser’s
unpublished copy of CIH 46 (Tagebuch VI, p. 5) clearly shows :
(line 5, end) wbrd* | mr’yhmw | ysrm | yhn'm | wbnhfl (line 6,
beginning) w | smr | yhr's | mlky | sb* | wdrydn. Ail three texts
probably are from the north of the Himyar country; CIH46 is
from Yakâr (ancient NSFTm?) in the Qâ' Gahrân (MH’NFm),
CIH 448 is from Hakir (HKRm) 147, G1 1594 is said to be from
Büsâm. It seems to be from Büsân (B’SN) east of Damâr.
144 Cf. the review of W. W. Müller on A. Jamme, Al-'Uqlah (cit. note 99)
in Bïbl. Orient. 1964, in print.
145 Cf. J. Pirenne, Le royaume de Qatabân, p. 62 and Pl. VI, g. — J.
Ryckmans, Chronologie, Oriens Antiquus 1964, p. 13 f.
146 A. Jamme, Sabaean Inscriptions, p. 353 ff.
147 On HKRm cf. p. 478.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
485
The inscriptions CIH 407 and Ja649 and 650148 obviously belong
to the reign of âammar Yuhar'is III, not to that of âammar
Yuhar'is II. They deal with effective wars against the tribes of
the Tihâma between Wâdï Bays and Wâdï Sahâm, the formerly
Sabaean Tihâma, against the tribes of Saharatm and *Akkm. The
Habasites are not mentioned. In the time of âammar Yuhar'is II,
this part of the Tihâma had been in dependence of Habasat, which
again was on good terms with âammar II.
In the second part of his reign, âammar Yuhar'is III bears the
long title of a king of Saba? and Dü-Raydân and Hadramaut and
Yamnat. Certainly the title was adopted, when âammar conquered
the kingdom of fiadramaut or great parts of it. Just as under
âa'irm ’Autar, the expéditions had to take two directions. The for-
ces taking the northem route captured âabwat, the metropolis of
Hadramaut (Ja662) and intruded SRRN, « the Wadi», the central
and fertile part of Wâdï Hadramaut (Ja 656) 149. The forces taking
the Southern route seem to hâve entered Hagr 150 151 (CIH 948), a région,
where frankincense is growing rather scarcely nowadays1M. The
lines 5 and 7 of CIH 948 point to the frankincense of Hagr and its
collection (qtr- mqrm). In Ja 656, âarah’ïl and Rabbsamsm are
the kings of Hadramaut, against which the troops are fighting;
in CIH 948, only âarah’ïl is mentioned.
M. Hofner and I hâve supported the thesis that « Yamnat » in
the title of âammar and of the later kings was meaning the Southern
half of the kingdom of Hadramaut152. An information of Ptolemy
148 A. Jamme, Les antiquités sud-arabes du Musée Borély, Cahiers de Byrsa
8, 1958/9, p. 151-167 ; id., Sabaean Inscriptions, p. 369 f.
14« if we combine the reports of the inscriptions Ja 656, Ja 668 and CIH
397, it becomes évident that Sirarân was not a place in Qatabân (Wissmann-
Hôffner, p. 41 ff) but means The Valley, The Wâdï, which is the name
used for Wâdï Hadramaut still at présent. — Srrn also turns up in the
Sabaean inscription RES 4169,2 : bn | 'lw | dm | bn | srrn | wsdiv ....
« away from the war from SRRN and SDW................» (sdw = « field » or
«mountain»; cf. W. W. Müller, cit. note 107, p. 67). This would be the
oldest mentioning of Wâdï Hadramaut and of a Sabaean inroad into it, as
the inscription palaeographically may belong to the time of c. 100 b.C.
150 CIH 948,5 : HGRN, the same as in RES 2687, 2. On Hagr cf. here,
p. 444.
151 D. Ingrams, A Survey of Social and Economie Conditions in the Aden
Protectorate, Govt. printer, Eritrea 1949, p. 118. Cf. note 34 here.
152 H. v. Wissmann and M. Hofner (cit. note 10), p. 334, note 5.
486
H. VON WISSMANN
confions this thesis : It is quite unusual that Ptolemy who was
very weil informed about Hadramaut, places two métropoles into
the area of this country on his map, ^d/3/3ada p/rjTpoiroXm and
Mat</>a pTjTpoTroXis. Everywhere else, Ptolemy applies the term
/zTjrpoTToXtç merely to a capital of an independent state. As the
kingdom of Hadramaut was efficiently divided into a northern
and a Southern half by the high précipice of the Gaul, èabwat
probably was the capital of the whole country and in particular
of the north, of Hadramaut in its restricted meaning, while
Mayfa'at evidently was the capital of the Southern half at Ptolemy’s
time. Thus it is probable that the south of Hadramaut, from the
coast to the précipice of the plateau, already had its spécial name,
when Hadramaut was still independent, and that it was already
called Yamnat, i.e. the South, at that time 153. Cf. note 34.
If the second half of the reign of èammar Yuhar'is III is placed
into the period of c. 285 (291) to 310 (316) A.D., èammar was a
contemporary of Mar’alqays bin 'Amrü, the king of ail 'Arabs,
known from his epitaph in an-Namâra in the Syrian desert (RES
483). Mar’alqays died in 328 A.D. ; his reign may hâve begun much
earlier than 300 A.D.154. According to the epitaph, Mar’alqays
subdued the ’Âl ’Asadayn and the Nizarü and their kings, and he
dispersed (put to flight) the Ma[d]hig until this day; he reached
Nagrân, the town of Sammar; he subdued the Ma'add, and the
tribes did homage to the sons of Mar’alqays, and these sons went
on to adhéré to Rome 155. — This shows that èammar in his older
âge had a strong neighbour in the north. That his troops fought
against those of Mar’alqays is perhaps perceiveable in Ja658:
èammar’s northwestern expéditions had their military base in the
town of Sa'datm in Northern Haulân 156. They advanced northward
153 Perhaps the fact that Hadramaut often had two rulers at the same
time has some connection wûth this bipartition of the country : RES 3869 =
SE 43 from the wall of Mayfa'at; Yadaӕl Bayin bin Sumuhuya[fac] and
*ïlsa[mae] Dubyân bin Malkïkarib (c. 4th century b.C.; cf. J. Pirenne,
Paléographie I, fig. 13 a). — Perhaps Yada”ab Gaylân and ’îlriyâm Yadum
(brothers, RES 4914, 4916), which may be «the kings of Hadramaut» in
RES 4336 (cf. p. 463 and 483 and note 143). — âarah’îl and Rabbsamsm in
Ja 656.
154 F. Altheim, Geschichte der Hunnen I, 1959, p. 127 f, against Dussaud.
155 F. Altheim, Geschichte der Hunnen V, 1962, appendix, p. 393.
156 gaulân ’GDDN; cf. H. v. Wissmann, Zur Geschichte (cit. note 8),
p. 190.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY 487
as far as the old frontier of Haulân in the Wâdï Dafâ’, fighting
there against the neighbouring tribedom of Sunhân; westward, they
rushed down into the lowlands of Sahartân. There they crossed
the Wâdï Bays, the old frontier of South Arabia, northward as far as
Wâdï* 'Itwad, which is in the area of the former Ktpat8oKoX7rtrat.
The ennemy, whom they met there, was called Nasad’ïl. This is a
North Arabian name. Perhaps Nasad’ïl was a commander of troops
of Mar’alqays.
If one considers the subject of the Namâra inscription and of
Ja 658, one may be inclined to conjecture that Sammar stood in
good relations to Sassanid Persia against Rome. An other inscrip-
tion, however, shows a different situation. J. Ryckmans sent me a
preliminary transcription and translation of an inscription found
by A. H. Sharafaddin (Yemen, Ta*izz 1961, p. 44). It is obvions
that the dedicator, a commander of Sammar, was leading troops
mounted on camels and horses (’a'rab). He was sent out for raids
against the king of the ’Asad and into the ’ard Tanüh, which
belonged to FRS, to Persia. In the land of Tanüh, the two king-
doms of QTW[..] and KWK (or KWKB) were harrassed. The
’ard Tanüh undoubtedly was the présent al-’Ahsâ with its fertile
spring oases (Hufhüf, al-Qatïf ; cf. Ptolemy : ©avoveÎTcu ) ; and
QTW[..] probably was the district of oases of al-Qatïf157. The
’Asad (cf. Ptolemy : ’Atrar^pot) ranged over a large area in the
northwest of al-’Ahsâ. — The dedicator came back to Nagrân in
good health. — The inscription shows that a tradition reported by
Arab authors has some historical background : the tradition that
Sammar Yuhar'is made an expédition as far as Persia.
A raid like that in the Sharafaddin inscription, in which troops
of Sammar intruded northeastern Arabia, affords a situation, in
which Sammar was supported by the ruler of Central Arabia,
namely of modem al-’Aflâg and al-Harg. Al-’Aflag had been the
core of the kingdom of the Kinda (KDTm) in the time of Sa'irm
’Autar (Di *Âl Taurm; Ja635) and of Ilsarah Yahdib II with
Ya’zil (Ry535), i.e. round c. 180 and 210 A.D.158, and probably
157 Yâqüt IV, 143 mentions that al-Qatïf originally was the name of the
whole district and not of the town; the latter was called Gerrha by the
Greeks and Romans. The last two letters might be YF.
158 MaoKoayos /XT/rpoTroAts of Ptolemy VI, 7, 35 obviously was the capital
of the kingdom. Probably Ma* ’Ukma.
488
H. VON WISSMANN
already in the last century b.C. (.. dae Aiathuri = ’Âl Taur“;
fons Aenuscabales = ' Ayn al-Gabal; Pliny VI, 158, from Juba) 159.
Cf. the map fig. 6.
For an attempt to penetrate into the early history of the Kinda,
their relation to the tribe of Madhig should be studied. The
Madhig seem to hâve lived in the area round al-’Aflâg in the time
of Ptolemy (VI, 7, 23) : Trapà 8è ra Mapetfla opy MaXayytrat ;
Mâreitha equals al-'Arid of the Arab geographers 16°, the whole
présent Gabal Tuwayq and its eastern slope, including al-’Aflâg;
MaXayytrat seems to mean the Madhig. Mad/cocr/zoç /ZT/rpoTroXtç
of Ptolemy probably was the capital of the Kinda kings in the
tribal area of the Madhig. These Ma[d]hig were chased out of
their tribal habitat in Central Arabia by Mar’alqays (cf. above).
In South Arabia, the Madhig are mentioned for the first time
among the mounted troops of èammar Yuhar’is III161 and of
Yâsirm Yuhan'im III1®2. The Kinda (KDT) and Madhig™ are
mentioned as bédouin forces (’a'rab) of the army of the king of
South Arabia in Ja660 and 665 (cf. notes 161, 162) and again in
Ry510 (fifth century). In ail three cases, both names are linked
together as KDT wMDHGm. I suppose that the Madhig had been
the main tribe of the king of the Kinda; perhaps the Kinda had
been the royal clan of the Madhig.
When one combines these considérations, the conclusion is near
at hand that the earlier kingdom of the Kinda with its main tribe
of Madhig was annihilated by Mar’alqays, and that the Kinda and
Madhig emigrated to South Arabia under èammar Yuhar’is III,
where they became an essential part of the mounted troops of
the king. The Madhig™ seem to hâve become landlords in the tribe-
doms of ’Ausân and Madhay™, an area which later was called the
Sarw Madhig (al-Hamdanï) or Madhig (Naswân). Just as ’Ausân
and Madhay™ were superseded by the Madhig™, Qasam™ was pro-
bably handed over to the Hadâ’ (HD’N) 162a, and HRMT™ (somewhat
159 i hâve dealt with these discoveries concerning the history of Central
Arabia in detail in Zur Geschichte (cit. note 8), p. 171 to 185, and 397 ff.
160 On aPÀrid and MapeiÆa cf. A. Sprenger, Die alte Géographie Arabiens,
Bern 1875, p. 193 ff; Yâqüt III, 585; Abü’l-Fidâ 68 etc; Wissmann, Zur
Geschichte, p. 173.
161 Ja 660, the reading is uncertain.
162 Ja665; reading certain.
162a Ja 660,3. For HRMT“ cf. note 126 and p. 478.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
489
later) to the Murâd. Also the Murâd had been a bédouin tribe of
Central Arabia. The names of the tribes and districts of ’Ausân,
Madhaym, Qasamm and HRMTm vanished. It seems that the farmers
of these tribes became feudal subjects and bonds of the super-
sedings masters, and that the districts obtained the tribal names
of these landlords.
When in the early fifth century A.D.163, a Kinda dynasty was
reinstalled in Central Arabia by the South Arabian kings ’Abükarib
’As'ad and his son Hasan, al-’Aflâg may hâve been one, but not
the main centre of its state164.
We may summ^rize. The power of èammar Yuhar'is III cul-
minated in the time when he had subdued the Tihâma of Sahartân
and conquered the kingdom of Hadramaut. The kingdom of the
Kinda in Central Arabia was on friendly terms with Sammar, and
raids were undertaken by èammar’s troops from there into north-
eastern Arabia, which stood under Persian vassalage. In the last
period of èammar Yuhar'is III, Mar’alqays bin 'Amrü of North
Arabia conquered Central Arabia as far as the northern frontier
of Nagrân and annihilated the kingdom of the Kinda. èammar
had to take the Kinda and Madhig into his army and to settle
the Madhig in his country. He had to fight against Mar’alqays.
Sahartân became independent again. The conquests of Mar’alqays
had probably been made possible by the victory of Diocletianus
and the fortification of his new limes against the Persians.
Both Wahab’awwâm of Ja660, in the late period of èammar
Yuhar'is III, as weil as Sa'dta’lab Yatlaf of Ja665, during the
coregency of Yâsirm Yuhan'im III165 and his son Dara”amar, were
163 Ry 509 ; cf. J. Pirenne, L ’Inscription « Ryckmans 535 », Le Muséon 69,
1956, p. 165-181.
164 Cf. for instance al-Hamdânï, Gazïrat 160 f.
165 A. Jamme (Sabaean Inscriptions, p. 374 ff) and — in a different
scheme — J. Ryckmans (Chronologie, Oriens Antiquus 1964, p. 17 f) plead
that Yâsir“ Yuhan'im, the successor of Sammar Yuhar'is III of our scheme,
was the father of Sammar Yuhar'is III. According to them, he had first
reigned together with his son Sammar; later — after Sammar had reigned
alone and had lived through very successful as weil as rather disappointing
periods of his single reign and then had died — Yâsirm Yuhan'im took up
ruling again, first together with Ta’rân ’Ayfa' and then with his son Darar-
’amar ’Ayman. I do not know of any similar course of life of a ruler in
history. In my opinion, ail relations become much more probable, if Yâsir“
490
H. VON WISSMANN
générais of the entire bédouin forces of South Arabia. They both
had a long title, enumerating ail the tribes, which participated
in these forces. Ja 665 describes a war under Yâsirm and Dara”amar
against a king of Hadramaut, in which èabwat, the old capital
town of Hadramaut, had to be flanked 166. The kingdom of Hadra-
maut had revived and regained strength, although it had been con-
quered by èammar a few décades before. The expédition of Ja 665
only raided two latéral valleys, Duhr and Rahyat, which are not
far east of èabwat.
If we place the reign of Yâsirm Yuhan'im and Dara”amar ’Ayman
into the period round 330 (336) A.D., it was contemporaneous with
the reign of Constantinus the Great (313-337). As the kingdom of
Saba? and Dü-Raydân and Hadramaut and Yamnat had become
weaker — it had lost Hadramaut and probably Yamnat, while
Sahartân had become independent again in the late period of
èammar — the eventuality can not be excluded that the Red Sea
coast of South Arabia was again occupied by Habasat. F. Altheim
and R. Stiehl167 hâve shown that the reasons alleged for the thesis
that 'Ëzânâ, king of Habasat, who introduced Christianity in his
country, lived in the period before and round 350 A.D. are not
conclusive. Their own thesis, however, that 'Ëzânâ lived in the
earlier fifth century is partly based on datings in South Arabia,
which cannot be maintained any more. The names of Himyar and
Raydân, Saba? and Salhïn in the title of 'Ëzânâ show an actual
or claimed possession in South Arabia. Anyhow it is probable that
at least parts of South Arabia were occupied by 'Ëzânâ; for it
must be emphasized that these names make up half of his whole
title. They had presumably been added to the title, when Gadarat
conquered the Tihâma of Southwest Arabia and Ma'âfir, and when
he even intruded Zafâr. The nearer to the period of Gadarat and
'Adbah the reign of 'Ëzânâ is inserted, the more the fact seems
plausible that 'Ëzânâ bore a long South Arabian title. The time
Yuhan'im, king of Saba’ and Dü-Raydân and Hadramaut and Yamnat, suc-
cessor of ëammar Yuhar'iâ III, was of the génération after éammar and may
hâve even been the son of éammar. So I insert him as Yâsirm Yuhan'im III.
Cf. Wissmann, Zur Geschichte (eit. note 8), p. 200 and 407 f.
166 By the way of 'Abrân (al-'Abr) ; cf. H. v. Wissmann, Zur Geschichte,
p. 201 f.
167 F. Altheim and R. Stiehl, 'Ëzânâ von Aksüm, Klio 39, 1961, p. 234-
248; F. Altheim, Geschichte der Hunnen N, 1962, p. 168-174, 181-184.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
491
of Yâsirm Yuhan'im III seems to hâve been the weakest period
of this epoch in South Arabia. In the time of a culmination of
power like the reign of ’Abùkarib ’As'ad, where 'Ëzânâ is placed by
F. Altheim, an occupation of a part of South Arabia by Habasat
is most improbable.
An unpublished inscription of F. Geukens 168 demonstrates that
Sa'dta’lab Yatlaf had the same position as a general of the bédouin
forces under Damar'alî Yuhabirr II (alone) as he had under
Yâsir“ Yuhan'im III and his son Dara”amar ’Ayman (Ja 665). Thus
I eonclude that Damar'alî’s reign followed that of Yâsirm and
Dara”amar169. Like in Ja665, al-'Abr north of èabwat was touched
in the war treated in that inscription. So again the capital of
Hadramaut was flanked in the north. But Sa'dta’lab proceded
eastward this time and reached Suwa’rân at the western entrance
of the long oasis of Sirarân, of Wâdï Hadramaut (cf. p. 485 and
note 149). Probably the account of CIH 397 belongs to the same
expédition. Sa'dta’lab is mentioned there, and that he took part
in a fighting in Sirarân and near its centre Maryamat. The ruins
of this place lie on a hill between Saywün and Tarîm; it is Ptolemy’s
Mapi/za0a170. Perhaps the same war is mentioned in Ja668,10 f :
from every city of Sirarân, which they hâve pillaged. Ja668 was
dedicated during the coregency of Damar'alî Yuhabirr with his
son Ta’rân Yuhan'im. I suppose that from that time on Hadramaut
or at least its greater part stayed in the possession of the Himyaric
dynasty.
The last (known) dedications, which are submitted to the state
god ’Almaqah in his great temple ’Awwâm near Mârib, are Ja669,
670 and 671. They belong to the coregency of Ta’rân Yuhan'im
with his son Malkîkarib Yuha’min. In Ja671, a collapse of the
central part of the great dam, on which the oasis of Mârib depended,
and the repairing of this dam is reported; it is the second bursting
of the dam we know of.
168 J. Ryckmans, Chronologie, Oriens Ant. III, 1964, p. 22, and letter.
166 J. Ryckmans : « On peut donc considérer le règne de Damar'alî Yuhabirr
et la corégence de Yâsir et Dara”amar comme pratiquement contemporains ».
On the different interprétation of the genealogy of the Himyaric dynasty
(dynasties) by J. Ryckmans and by myself cf. p. 494 f.
170 Our former identification in Qatabân, with Maryama, Ptolemy's
lAaptâpua, was wrong (H. v. Wissmann and M. Hôfner [cit. note 10], p. 42
and folded map).
492
H. VON WISSMANN
J. Ryckmans171 shows that the abandonment of the ’Awwâm
certainly stands in causal connection with the report of Philostorgios
that Theophilos converted the ruler of the Himyar to Christianity
and that he built churches in Zafâr and 'Adan. He was sent by the
emperor Constantius II (350-361) 172. This ruler probably was
Ta’rân Yuhan'im. ’Almaqah of ’Awwâm and the other gods of the
Sabaean trias were dethroned by monotheism; in this first period,
it was monophysitic Christianity. The report of Philostorgios per-
fectly suits to the fact that the inscription G1 389 173 dated for the
year 378 (384) A.D., of Mankat outside the ruins of Zafâr, is a
monotheistic inscription containing the invocation : by the power
of their lord, the master of heaven. It was set by Malkïkarib
Yuha’min with his two sons ’Abükarib ’As'ad and Dara”amar (?)
’Ayman as coregents.
The reign of Malkïkarib Yuhan'im is followed by that of his
elder son ’Abükarib ’As'ad. There is one dated inscription of this
king, Ry534, of the year 428 (434) A.D. ’Abükarib reigns in it
with six sons. One later inscription set by ’Abükarib and six or
sevens sons (Rossi 24) must be later than 433 (439) A.D.174. We
do not possess any historical inscriptions after that time until
450 (456) A.D., when one of the sons of ’Abükarib was reigning,
èarahbi’ïl Ya'fur, who probably was the sixth son. When we inelude
the time, when ’Abükarib ’As'ad was reigning with his father,
378 (384) A.D., his reign lasted more than 55 years, probably 60
years or more; he must still hâve been a ehild, when he was
appointed coregent by his father.
In Ry 409, ’Abükarib ’As'ad and his first son Hasan Yuha’min
are on an expédition in Central Arabia (Wâdï Mâsil) in the terri-
tory of the Ma'add confédération175. Bédouin detachments of the
Kinda are among their escort. Perhaps they are on the way to
reinstall the Kinda kingdom. The title of ’Abukârib and Hasan has
changed. They call themselves : kings of Saba* and Dü-Raydân and
171 J. Ryckmans, Chronologie, Oriens Ant. III, 1964, p. 22, note 80; id.,
Le christianisme (cit. note 176).
172 Cf. C. Conti Rossini, Storia d Etiopia, Milan 1928, p. 150. Philostorgios ;
historia ecclesiastica III, 4.
173 J. M. SOLâ Solé, La inscripciôn Gl 389, Le Muséon 77, 1959, p. 197-206.
174 J. Ryckmans, Les corégents du roi himyarite Abükarib As'ad d’après
le texte Rossi 24, Riv. d. Stud. Orient. 37, Rome 1962, p. 249.
175 J. Ryckmans in : Bibl. Or. 14, 1957, p. 93. Cf. p. 488 on RES 483.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
493
Hadramaut and Yamnat and of the ’a'rab (bédouins) of the Taudm
(Central Arabia) and the Tihâmat (lowlands along the Red Sea).
The greater part of peninsular Arabia is in their hands. This may
hâve been about 400 A.D. Tradition regards ’Abükarib ’As'ad
(’As'ad Tubba') as the greatest ruler in pre-islamic Arabia. It tells
us that he was born in Hamr in Bakïl, and that he adopted Judaism
on one of his expéditions in Yatrib, présent Médina. This suits
to the fact that the final invocations of inscriptions of his suc-
cessors hâve a wording, which indicates the Jewish religion176.
In al-Hamdânï’s al-’Iklïl, some poems ascribed to ’As'ad Tubba'
praise his castles, among which Raydân in Zafâr, Hakir, Baynün,
Gaymân and Gumdân in San'â’ are mentioned, which are ail along
a line from Zafâr to San'â’. The core of the South Arabian civi-
lization and authority had shifted more and more from the oases
along the rim of the eastern desert (Mârib, Ma'în, Tumna', Sabwat)
to the high plateaus with their rain agriculture. Even the main
road to the north was transferred from the margin of the desert
in the east, where the incense road had been running (cf. p. 446 f),
to the highlands. This highland road, which connected the populous
areas of agricultural tribes, is still ascribed to « ’As'ad Kâmil », at
least in its northern part, from about Haywân and Northern Haulân
in direction to Bisa and the Rï'al-Manhüt, the narrow pass north
of at-Tâ’if (cf. H. StJ. B. Philby, Arabian Highlands). The mer-
chants of 'Amrân (northwest of San'â’) seem to hâve been expe-
rienced on that route 177.
Since Mârib had become a place of second rank, its décliné seems
to hâve made it increasingly difficult to maintain and repair the
great dam, which must hâve been renowned like one of the -wonders
of the world. Each of the collapses of this dam was probably
followed by a réduction of the oasis, which had been large and
prosperous before. Besides, Mârib was endangered in turbulent
periods by ingressions of bédouin raids, because of its site at the
border of the open desert. When the dam of Mârib broke for the
third and fourth time under èarahbi’ïl Ya'fur, son of ’Abükarib
’As'ad, in 449 and 450 (455 and 456) A.D., the king ordered to
176 J. Ryckmans, Le christianisme en Arabie du Sud préislamique. Atti d.
Convegno Internat, sull christianesimo nella storia délia Civiltà, Rome, 1964.
177 Inscriptions from 'Amrân : CIH 79 : MNHT“; CIH 84 : ÇWFN, pro-
bably in Bîsa. Cf. H. v. Wissmann, Zur Geschichte, p. 355 f.
32
494 H. VON WISSMANN
repair it. In G1 554 = CIH 540, the rebuilding of the dam after
both ruptures is described in detail. At the second (fourth) time, the
king was présent himself; 20.000 men were forced to work there.
The fifth bursting of the dam occurred in 542 (548) A.D. (CIH
541). The dam was again rebuilt. We hâve no date for the sixth
and final destruction, the one described in the Qor’ân (süra 34,
14ff), after which the two gardens (the two parts of the oasis
north and south of the wadi bed) only bear hamt (râk) and tama-
risks and a few sidr. Since then, semidesert replaces the oasis.
At the end of this paper, a scheme is given showing a possibility
to arrange the known kings of the Himyar in générations which
are supposed to last 25 years as a mean. Each ruler in the âge of
25 years (as an average) is put beside the according date. The
connection between father and son is only shown, where it is
known. The scheme shows that the kings may hâve belonged to two
branches of one dynastie family. J. Ryckmans 178 submits the thesis
that there were two Himyaric dynasties, one of Yâsirm Yuhan'im
and one of Yâsirm Yuhasdiq, the members of which are thought
to hâve partly reigned at the same time. Although he states that
such a simultaneous reigning of rulers of the same state — rulers,
which do not mention one another — is a strong défiance of one’s
imagination, he maintains this thesis mentioning that J. Pirenne in
her Paléographie I (cit. here note 12) shows many synchronisms
of this kind in earlier periods of South Arabia. I must object
that such situations can only be very rare (and only possible in
the case of a very small number of inscriptions). I hâve shown
that the chronological schemes of J. Pirenne in those earlier periods
in Saba’ cannot be maintained, and I hâve set up new chronological
tables for those periods 179.
178 j. Ryckmans, Chronologie, Oriens Ant. III, 1964, p. 1, 19-22.
179 v. Wissmann, Zur Geschichte (cit. note 8), Tafeln I, II and p. 389.
Attempt of a présentation of the générations of the rulers of the Himyaric dynasty
date of date of
génération inscription
A.D. A.D. (a) (*)
(75) (b) Yâsirm Yuhasdiq i
(100) (c) Damar'alî Yuhabirr “ 1
(125) (d) Ta’rân Ya*ûb (e) and
(150) X (f) Sammar Yuhar'is I
(175) (g) La‘zîzm Yuhnaf Yuhasdiq (h) Yâsirm Yuhan'im I 1
(200) 201 (1) Damar'alî Watar Yufhabirr] ? (i) Sammar Yuhar'is II (k) Karib’ïl
(225) 229? (m) Ta’rân Ya'ûb Yuhan'im X
(250) 257?,270 X (n) 'Amdân Bayin Yuhaqbid (o) Yâsirm Yuhan'im II
(275) 274,281 X (p) éammar Yuhar'is III
(300) (Ta’rân Y...) (r) Ta’rân ’Ayfa' and (q) Yâsirm Yuhan'im III I “ ।
(325) (t) Damar'alî Yuhabirr (s) Dara”amar ’Ayman i
(350) (u) Ta’rân Yuhan'im i
(375) 378 (v) Malkïkarib Yuha’min 1
(400) (w) ’Abükarib ’As'ad
(425) 428 |
(450) 450 (x) ëarahbi’ïl Ya'fur
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
The letters from (a) to (x) show the succession of the rulers in the kingdom of Himyar. The approximate
dates of the reigns can be seen on the main chronological scheme of rulers in South Arabia. (*) means an
unknown ruler, X means a génération, about which we hâve no news. Two générations are given to ’Abükarib
’As'ad. One may distinguish a Ta’rânid and a Sammarid branch of the dynasty.
This scheme is adapted to the supplément.
496
H. VON WISSMANN
Supplément. — While the paper submitted here is in print,
a new discovery of J. Ryckmans and A. G. Lundin supports the
succession of rulers in Mârib, which this paper présents, from
Rabbsams"1 Nimrân and 'Alhân Nahfân by èa'ir"1 ’Autar, èammar
Yuhar'is (II), and ’ïlsarah Yahdib with Ya’zil Bayyin to
Nasa’karib Yu’min Yuharhib; the insertion of the reign of
Rabbsams"1 Nimrân becomes reliable. The discovery is based on
A. G. Lundin’s Éponymat Sabéen 1963 (cit. note 4). Lundin had
shown that — in the temples of Saba’, especially in the ’Awwâm
near Mârib — the years were counted in this period by eponymates
of members of three families : (a) Hazfarm kabïr Halïl, (b) Hadmat
and (c) Fadham. In turns, each of these families provided one
linking member in the sequence of eponymates, so the order was
as follows: (ai)—(bj)—(c^—(a2)—(b2)—(c2)—(a3) and so on. In each
family, it seems, a son (e.g. a2, sometimes adopted?) always followed
his father (e.g. ai). Usually each eponymate seems to hâve lasted
seven years according to A. G. Lundin, six years according to
J. Ryckmans (one exception of nine years is known). Consequently
the distance from the beginning of (ai) to that of (a2) etc. usually
was 21 or 18 years. J. Ryckmans was able to link the chain of
17 eponymates from the time of Rabbsams"1 Nimrân’s reign to the
end of the reign of Nasa’karib Yu,’!min Yuharhib (as far as the
latter is recorded by eponymates). Taking 6 years for each eponymate
(and neglecting the one which counted 9 years), one obtains 99
years from Ja 645 180 under Rabbsams"1 to Ja611, the last dated
inscription under Nasa;’karib. A plague is mentioned under
Rabbsams"1 in Ja645 as weil as six(?) years before in CIH 81,
where no ruler is mentioned. J. Ryckmans supposes that this
oestilence is identical with the plague which broke out in Seleucia
in 165 A.D. If it had corne from India by South Arabia to the
Mediterranean lands it may hâve begun earlier in South Arabia
than in Seleucia. The period of 99 years may hâve been from
about 166 to 265 A.D. If we take 115 b.C. as the beginning ot the
Himyaric era, the dates obtained by the new scheme of A. G.
Lundin and J. Ryckmans suit weil into our table, also the date of
201 A.D. under Yâsirm Yuhan'im and Sammar Yuhar'is (II). In
the table, Damar'alî Watar Yu[habirr] was tentatively inserted after
180 Ja 645 = Ç. Y. Nâmî, Nuqüs 'arabîyat ÿunubîyat II, in Maÿallat Icullïyat
al-’adab, Cairo, 16, 1954, N° 9, p. 36 f.
HIMYAR, ANCIENT HISTORY
497
Ta’rân Ya'üb Yuhan'im (not before this king, as the paper pro-
poses on p. 483). The insertion shown in the map seems more
plausible : the inroad of Damar'alï Watar Yuhabirr into the région
round Mârib thus falls into a period, out of which we do not know
inscriptions from Saba’ dated by eponymates 181.
I am much obliged to A. G. Lundin and J. Ryckmans that they
allowed me to utilize their important new discovery, before their
paper has been published. [This paper could in fact be published
on p. 407-427 of the présent issue of Le Muséon.]
Gods in Himyar : 'Attar Sarqân : CIH 41 (castle of Raydân),
CIH 448 (Hakirm), G1808 (Damâr), CIH 46 (Glaser’s copy,
Nasâfat), (RES 4336) ; 'Attar dü-Gaufat : CIH 40, 41, 46 (’Alhân,
Nasâfat) ; 'Attar ba'l Sun'atm (west of Damâr) : RE S 3958 ;
'Attar... : CIH 42, 47 (Nasâfat, al-Wâsita) ; 'Attar and Sahar:
CIH 458, prob. RES 4197 (Lahg, Zafâr) ; 'Attar èarqân and 'Amm :
4197 bis (Zafâr?), prob. RES 4197 (Zafâr) ; 'Amm (Himyarm walad
'Amm) : Ry 535, Ja 577, 578, 589; ['Amm of DWNm (Wa'lân,
Radmân) : RES 3958] ; ’Almaqah : CIH 43 (Nasâfat) ; dât-Himyam:
CIH 41 (castle of Raydân), topographical names; [dât-B]a'dân :
CIH42 (Nasâfat), RES 3958, mountain names; sun-goddess: CIH41,
43?; sun-goddesses (’sms) : CIH, 40, 46, 448, RES 4197bis; ’ïlât: CIH
448 ; Mandah (watering gods) : CIH 40, 41, 47, RES 4197, 4197 bis ;
Basïr : CIH 41, 46; HLM and RHM SGH : CIH 40. — CIH 43
(’Almaqah) could be from an early Sabaean period. The inscrip-
tions from ’Abyan are not included; they may be falsifications,
except one. RE S 3958 : Sun'atm and Hirrân near Damâr; SLYM —
Silaion of Ptolemy (J. Ryckmans, cit. note 42, p. 136).
74 Tübingen, Hermann von Wissmann.
Wildermuthstr. 24.
181 This supplément has been written later than that in Zur Geschichte
below the genealogical Tafél III a. Meanwhile I became persuaded that always
a son followed his father in an eponymate, when this returned to the same
family. So the table given here is a little different from Tafel III a in
Zur Geschichte (near p. 26), especially the length of the reign of Nasa’karib
Yu’min Yuharhib.
60
80
100
Die Kônige von SABA> und DÜ-RAYDÂN
HABASAT
(’Aksüm)
HIMYAR171
(Zafar)
_ SAMCÏ _
BANU BATAC [HAMDANIDEN
(Hazïm)
(Na'if)
TRADITIONELLE. m
I DYNASTIE? MARTAD®W:
(Mârib)
JT)
(éibâmftqyân)
Monumentum
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180
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.(Mârib)-
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200(206)
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240
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Yâsirm Yuhon'im g.9 mit Sohn Sammar Yuhar'ijlH
_________(Mârib )_________
Sammar Yu h a r'i£ IH® allein X
?Ygda'’gb Gaylân
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? Yadac’îl Bayin ?
Sarah’ïl und Rabb5amsmT
260
280
300(306)
320
340
Yâsirm Yuhan'im JH.® und Ta’rân ’Ayfa'
'Ezâna ?? k (Muilb) , — ... VH<ur^ YiihtinC îm ITT ® mit Qfthn Hrirn J* 1 —
CL 2 Damar'alî Yuhabirr*
|l Damar'alî Yuhabirr°mit Sohn lâ’rân Yuhan'im®
320
340
360
360
(TheoÊhilos bëkehrt de"n------------7T^DrJD“m.?l1V0" MSrib)rTV
Konig der HIMYAR, Kirchen In Zafâr,'Adan)-Ta’ran Ÿuhan'imTnit Sohn Malkîkanb Yuha’mm_
"____________' ____________(Ende der Benutzung des *A.vwâm bei Mârib)
_____________Malkîkarib Yuha’min® mit Sôhnen ’Abûkarib’As'ad*und Dara”amar’Ayman1
’Abükgrib ’As'ad*mit Sohn Haéan Yuha’min*-
360
380
400) - -----lilL'ber'.riU zum Judentum in Yatrib?)
nCbl Kômq vcn baba’ ° und Dü-Ra/dân 0 und Hadramaut Und Yomnat ® und den Beduinen(’a'rab) im Taud und in der Tihômqt
400(406)
n Chr.
Explanation of the table of the Kings of Saba* and Dü-Raydân.
For the dated inscriptions (in rectangles), 115 b.C. is taken as the beginning of the Himyaric era. If 109 b.C. is taken,
the whole table has to be shifted 6 years ; see the dates on the utmost right. The dates before 201 A.D. are estimated by taking
25 years for a medium duration of a génération. A thiek vertical line eonneets father and son. For the men with names in
parenthesis, a reigning is not known.
Dated inscriptions : 201 in RES 4196; 229? in RES 3958; 257? in RES 4197 his; 270 in CIH 46; 274 in G11594; 281 in
CIH 448; 378 in RES 3383 = G1 389.
Latéral connections : a in G11228; p in Ja629; y in CIH 353; ô in Ja643; s in CIH 308 (and 155); in Beeston, Or.
Ant. 1, 1962, p. 47; q in Ja 561 bis; fl in G11320; % in Na 19; \ in Ja631; p, in RES 4909; n in Ja 656.
H. v. Wissmann.
BIBLIOGRAPHIE
N. Pigulevskaja, Les villes de l’Êtat iranien aux époques parthe
et sassanide. Contribution à l’histoire sociale de la Basse Antiquité.
(École Pratique des Hautes Études — Sorbonne. VIe section :
Documents et recherches sur l’économie des pays byzantins, isla-
miques et slaves et leurs relations commerciales au Moyen Âge,
sous la direction de Paul Lemerle, VI.) Paris et La Haye, Mouton
& C°, 1963. 240 X 185mm., vin 4- 266 p., 1 carte hors-texte.
Une traduction française rend désormais plus accessible au lecteur occi-
dental l’important ouvrage d’une éminente orientaliste russe, spécialiste de la
Mésopotamie et de l’Iran anciens: Goroda Irana v rannem Srednevekov'e
(Moscou et Léningrad, 1965). Ce livre déborde largement les limites, indiquées
par son titre, du rôle des villes dans le développement économique et social
de l’ancienne société iranienne; dans le fait, F A. y décrit, dans son ensemble,
le passage du régime esclavagiste aux structures féodales.
Sous la plume d’un historien écrivant en URSS, ces mots reçoivent une
résonance bien particulière. Le lecteur qui ne l’aurait pas ressentie s’effa-
rouchera, sans doute, en relevant, dans la bibliographie érudite de cette
étude spécialisée, une des références classiques des .théoriciens marxistes: la
thèse de philosophie sociale de Friedrich Engels sur l’origine de la famille,
de la propriété privée et de l’État. Ailleurs, des affirmations souvent
répétées ne manqueront pas d’inquiéter, où les réalités politiques et idéolo-
giques, religion y comprise, sont traitées comme de simples '^superstructures”
du fondement économique et social (p. 85, 120, 122-123, 137, 168, 213-214).
Force est de reconnaître franchement que ces postulats entraînent parfois
Mme P. à formuler des hypothèses ou des conclusions insuffisamment soute-
nues par les sources, sources qu’elle connaît pourtant trop bien pour en
ignorer la fragilité (p. 80, etc.).
Mais ces outrances mineures n’enlèvent à l’ouvrage rien de son mérite
essentiel, qui sera d’attirer davantage l’attention des historiens occidentaux
sur des facteurs trop longtemps négligés dans l’historiographie du Moyen
Orient. Montrer, comme le fait excellemment l’A., les raisons budgétaires
des campagnes militaiires des rois sassanides aux IIIme et FVme siècles,
ou les dessous financiers des persécutions contre les chrétiens de Perse, ou
encore l’importance des tribunaux épiscopaux de l’Église nestorienne en
matière économique (p. 169-185), c’est, sans aucun doute, apporter un indis-
501
502
BIBLIOGRAPHIE
pensable et précieux complément aux manuels classiques de Christensen et
de Labourt. L’intérêt et la valeur de cet apport nouveau sont d’ailleurs
garantis par une information très étendue. Mme P. met à profit les
travaux des historiens soviétiques, peu connus dans nos pays, mais surtout
les sources, — littéraires, archéologiques, numismatiques, etc., — proprement
orientales, qu’elles soient babyloniennes, pehlevies, syriaques ou arméniennes.
Nous avons trouvé particulièrement heureuse l’exploitation des codes juri-
diques (Mâtikân, Isô'bôht, etc.; voir les revues critiques des sources et des
travaux, p. 93-118 et 195-204).
On nous permettra d’esquisser ici les lignes de force les plus marquantes
de l’ouvrage. Pour la période hellénistique, l’A. insiste, plus fortement qu’on
ne l’avait fait jusqu’ici, sur la superficialité de la grécisation des campa-
gnes en Mésopotamie et en Iran (p. 28 ; plus nuancé p. 32 et 84) ; elle con-
crétise l’état de l’hellénisation des poleis par de brèves monographies sur
Babylone, Karkâ de Bët-Selôk et Nisibe.
Le servage iranien, ecclésiastique ou royal suivant que les terres, qui
constituaient originairement des communes rurales, étaient devenues la
propriété des temples ou des rois, ne fut donc pas aboli dans les cam-
pagnes par les nouveaux maîtres (p. 29-31). Tandis que la propriété privée
passait progressivement aux mains de la noblesse rurale (p. 23), les villes
comptaient des artisans et des commerçants, qui formaient la population
libre de la polis (p. 25).
Pendant la période parthe, l’organisation des cités gréco-macédoniennes
se maintient (p. 63), encore que leur autonomie s’affaiblisse en faveur du
pouvoir du shah (p. 83). Par contre, l’évolution vers la propriété terrienne
privée s’accentue (p. 79-80), car la structure sociale reste fondée sur le
régime esclavagiste (p. 81-82). Le régime féodal n’est pas encore né en
Iran (p. 119).
C’est la période sassanide qui met fin à l’autonomie des vieilles cités (p.
120), au profit des villes royales, construites par les shahs grâce aux prison-
niers des guerres contre les “Romains” (p. 128). Ici, l’artisanat s’organise
en corps de métier, administrés par leurs doyens, et dont les ateliers se
composent d’anciens déportés (p. 159-161) ; le commerce s’y organise éga-
lement, en compagnies marchandes (p. 179-180). Bref, le développement
remarquable de l’économie urbaine, à base monétaire, différencie nettement
le féodalisme iranien de celui de l’Occident (p. 231-232).
Dans les campagnes, ces deux féodalismes se ressemblent davantage. Ici,
en effet, la libération partielle des esclaves, que les propriétaires fonciers
doivent consentir pour obtenir une main-d’œuvre plus intéressée et plus
dynamique, donne naissance à des formes de propriété conventionnelles:
ventes ou baux à long terme, parfois héréditaires, fermages à des pro-
ducteurs libres, passage du latifundium à l’économie parcellaire (p. 142-149),
à quoi on peut ajouter la donation, à titre de fief, de terres royales à la
BIBLIOGRAPHIE
503
nouvelle noblesse militaire, dévouée aux shahs (p. 156-157). C’est ainsi que la
société esclavagiste déclinante engendre les rapports féodaux (p. 135-136) ;
les communes rurales qui subsistent durant cette période ne sont pas nom-
breuses (p. 179-180).
Dans l’Iran du VIme siècle, le mouvement mazdakite offre à l’historien
des mouvements sociaux un champ d’enquête privilégié. Mme P., qui lui
avait déjà consacré plusieurs recherches (p. 197), fait ici la synthèse des
conclusions auxquelles elle s’arrête. Le mazdakisme constitue essentiellement,
selon elle, un soulèvement des masses paysannes contre la vieille aristocratie
civile et ecclésiastique zoroastrienne (p. 221-222), tentative révolutionnaire
d’instaurer la répartition égale des biens par le retour à l’ancienne com-
munauté rurale, passée aux mains des féodaux (p. 207-209). Le roi Kavad
soutint les mazdakites, car il voyait dans l’affaiblissement de ces féodaux
l’occasion 'de renforcer son autorité personnelle (p. 210) ; Chosroès réprima
durement le mouvement, devenu trop menaçant (p. 217-218) ; en sortit
gagnante la classe des propriétaires terriens moyens et la nouvelle noblesse
militaire (p. 229). L’A., qui insiste naturellement sur l’infrastructure écono-
mique et sociale du mazdakisme, ne néglige pas pour autant son aspect idéolo-
gique: elle voit dans la doctrine des sectaires un syncrétisme du néoplato-
nisme et de la gnose avec le manichéisme (contre Altheim et Stiehl, p. 203).
Nous avons particulièrement apprécié la manière dont est soulignée la ré-
percussion de ces conflits sociaux sur la chrétienté iranienne, qu’il s’agisse
de l’évêque “nestorien” Abraham de Bët-Lapat (p. 219) ou du catholicos
Mâr Abâ soutenant l’insurrection du prince Anosagzad (p. 227-228). Les
sympathies pro-mazdakites des chrétiens s’expliquent en partie par leur con-
dition sociale, en partie par leur haine du zoroastrisme, lié aux classes ex-
ploitantes (p. 226).
Le texte, très dense et très érudit, du beau livre de Mme P., se laisse dif-
ficilement ramasser en un court résumé; du reste, il ne nous a pas toujours
paru exempt, dans le détail, de répétitions, voire de certaines incohérences.
La traduction, bonne dans l’ensemble, nous a parfois semblé quelque peu
négligée: une expression telle que "culture matérielle” ne nous paraît pas
très heureuse (p. 20, 22). Faut-il relever aussi certaines inconséquences
sans portée d’ailleurs, dans la transcription des noms propres: Rostovcev
et Rostovtzeff (p. 21), Inostrancev et Inostrantzeff (p. 141), Josuah (p. 125),
Jésus (p. 154) et Joshua (p. 197) le Stylite... Autre détail sans im-
portance: le traducteur a rendu “Marzban de Nisibe”, comme s’il s’était agi
d’un nom propre (p. 219), méprise qui a valu à ce titre de fonctionnaire
iranien de passer dans l’index des personnes. Pour finir, un regret: parmi
les tables de l’ouvrage, ne figure aucun index des realia. Il est à craindre que
bien des richesses enfouies dans un livre aussi dense resteront inexploitées,
pour être passées inaperçues lors d’une consultation rapide: mariages con-
504
BIBLIOGRAPHIE
sanguins (p. 137, 140*141), industrie de la soie et du textile (p. 161-168),
mobedhs et feux (p. 19O'-194, 234-237), le dastkart (p. 151*153), etc.
A. DE H ALLEUX.
*
**
M. Steiner, La tentation de Jésus dans l’interprétation patristi-
que, de saint Justin à Origène. (Etudes bibliques.) Paris, Librairie
Lecoffre, J. Gabalda & Cle, 1962. 265 X 165 mm., 232 p.
La thèse du P. Steiner, élève de M. Cullmann à l’Éeole Pratique des
Hautes Etudes, sur la tentation de Jésus dans l’interprétation patristique
de saint Justin à Origène, paraît dans une collection d’études bibliques qui
semble bien vouloir s’élargir au domaine des recherches de patrologie.
La péricope évangélique de la tentation est indéniablement marquée par
une intention christologique ; dans l’histoire de l’exégèse, son intérêt principal
tient à ce qu’elle a offert aux didascales et aux apologètes chrétiens l’oc-
casion de préciser la doctrine orthodoxe sur la personne du Messie. On
aurait donc pu s’attendre à ce que les recherches de l’A. se fussent at-
tachées à cet aspect du dogme. Mais les écrivains ecclésiastiques qu’il étudie :
Justin, Irénée, Tertullien, Clément et Origène, ainsi que des écrits gnos-
tiques comme les pseudo-Clémentines et les Extraits de Théodote, appartien-
nent à la période préarienne; avant le premier concile de Nicée, le problème
christologique se présente peut-être moins en termes proprement méta-
physiques que sous l’angle de la sotériologie. C’est sans doute pourquoi
les perspectives dégagées dans cette étude sont celles d’une théologie de
l’histoire et, plus précisément, de la typologie adamique et de la victoire
du Christ sur les Puissances du mal.
Tous les auteurs pris en considération par le P.S. présentent ces thèmes sous
la forme d’allusions, souvent peu précises, parfois obscures. La part de
l’interprétation personnelle dans son analyse littéraire ne pouvait donc être
mince. L’A. ne dissimule d’ailleurs nullement son intention de contribuer
à un ressourcement du “dualisme chrétien” (p. 208). Pareille orientation ne
Fa-t-elle pas inconsciemment conduit à outrepasser la portée des textes, le
plus souvent marginaux, en les intégrant dans une vaste synthèse de l’his-
toire du salut? Toujours est-il que le respect de la pensée de chaque écrivain
lui a, fait préférer de procéder par monographies successives, plutôt que
d’adopter une division thématique, qui lui aurait pourtant évité plus d’une
répétition.
En définitive, ce qui ne nous satisfait pas pleinement, à la lecture
de cette étude intelligente et suggestive, c’est qu’elle se refuse, au
BIBLIOGRAPHIE
505
départ, à toute enquête proprement christologique. Était-il légitime de faire
complètement abstraction de la personne du Sauveur, et n’aurait-on pu
trouver, même chez des auteurs des IIme et IIIme siècles, sinon une
réflexion explicite sur les natures du Christ, tout au moins quelques annon-
ces d’une élucidation du mystère de sa personne? Nous songeons, entre
autres, à Clément décrivant, d’après le psaume, le Sauveur mis à mort com-
me “libre parmi les morts” (p. 106), ou encore à Origène, interprétant la
plénitude de l’Esprit chez Jésus baptisé comme “davantage selon sa nature
humaine” (p. 187).
A. de Halleux.
*
**
Antoine Guillaitmont, Les « Kephalaia Gnostica » d’Évagre le
Pontique et l’histoire de l’origénisme chez les Grecs et chez les
Syriens. (Patristica Sorbonensia, Collection dirigée par H.-I. Marron,
5.) Paris, Éditions du Seuil, 1962. 225 X 140 mm., 366 p.
On sait aujourd’hui, grâce à M. Guillaumont, que les six centuries éva-
griennes syriaques publiées, en 1912, par W. Frankenberg, proviennent d’une
version des Chapitres gnostiques notablement expurgée de leur origénisme,
pour le fond et pour la forme. Un texte syriaque plus pur, conservé dans
le seul cod. Add. 17,167 du British Muséum, a été récemment édité, en regard,
du textus receptus, par M. G. lui-même (Patrologia Orientalis, t. XXVIII,
1958). Le présent ouvrage, représentant deux années d’enseignement à l’École
k Pratique des Hautes Études (1958-1960), constitue le commentaire de cette
édition.
Une première partie est consacrée à l’histoire de la controverse origéniste
dans ses deux crises principales: celle du IVme siècle (Épiphane, Jérome,
Théophile et les condamnations de 399-400) et celle du VIme les moines de
Palestine et le concile de 553). L’A. établit, d’une façon péremptoire, que
la doctrine imputée à Origène par ses adversaires correspond bien à l’éva-
grianisme de la version syriaque non atténuée des Kephalaia Gnostica.
Dans sa seconde partie, le livre de M. G. propose une explication au para-
doxe le plus fréquemment signalé par les spécialistes des études évagriennes:
comment Évagre, condamné en 553, continua-t-il d’être vénéré chez les
Syriens, tandis que sa mémoire et son oeuvre se voyaient honnies dans
l’Église grecque? La raison d’un traitement si divers résiderait dans le fait
que la version syriaque commune des Chapitres gnostiques, puis les com-
mentaires apaisants que donnèrent de ces mêmes Kephalaia le nestoren Babaï
le Grand (VIe-VIIe s.) et le jacobite Denys Bar-Salibi (XVIIe s.), avaient lavé
506
BIBLIOGRAPHIE
Évagre de l’origénisme que les Grecs lui reprochaient, vraisemblablement sur
la base du texte original des Centuries.
M. G. propose d’attribuer la version syriaque expurgée à l’évêque mono-
physite Philoxène de Mabbog (f 523). La chose serait d’autant plus plausible
que Philoxène eut à s’opposer à l’inquiétante propagande d’un origéniste
évagrien, le moine Étienne, dit Bar-Soudaîli : quoi de plus naturel que l’ar-
chevêque de Mabbog, en donnant une édition prophylactique des Kephalaia,
ait cherché à mettre hors de cause un auteur spirituel, dont on sait par ail-
leurs combien il le vénérait, des erreurs qu’il voyait portées à leurs dernières
conséquences chez un évagrien logique. Mais il y aurait plus, en l’occurrence,
qu’une simple conjecture: dans le prologue d’un court traité, encore inédit,
sur la vie spirituelle, Philoxène déclare avoir commenté, ou traduit, les
Chapitres d’Évagre; mettant à profit cette information, sur laquelle le
P. F. Graffin avait récemment attiré l’attention, M. G. en tire un témoi
gnage direct pour la paternité philoxénienne de la version syriaque expur-
gée des Kephalaia. Nous ne pouvons le suivre jusque là, pour la raison prin-
cipale que l’authenticité du traité en cause ne nous paraît nullement garan-
tie; nous avons indiqué ailleurs les motifs justifiant à nos yeux cette méfiance
(Philoxène de Mabbog, Louvain, 1963, p. 269-274). En tout état de cause,
l’A. a bien montré en Philoxène un témoin, le premier connu à ce jour, de
la version syriaque commune.
L’ouvrage de M. G. est un maître livre, solidement documenté, rigoureu-
sement construit et d’une lecture passionnante; il verse de nombreux élé-
ments neufs au dossier de l’histoire de l’évagrianisme ; on ne peut que souhai-
ter une parution rapide à la synthèse doctrinale qui y est promise (p.
337, note 8).
A. de Halleux.
*
**
Dumbarton Oaks Papers. Nurnber Sixteen. Washington, D.C.,
The Dumbarton Oaks Center for Byzantine Studies, Trustées for
Harvard University, 1962. 300 X 210 mm., x + 412 p., 69 planches
hors-texte.
Le seizième volume des Dumbarton Oaks Papers contient de nombreuses
contributions de valeur à l’histoire byzantine, considérée sous ses aspects
politique, social, religieux, scientifique, littéraire et artistique.
Histoire politique, tout d’abord. Un nécrologe byzantin, comprenant, entre
autres, la date de décès et le lieu de sépulture de tous les empereurs, de
Constantin le Grand à Michel V, se trouve conservé, dans une traduction
latine du XIIIme siècle, par le Chronicon Altinate vénitien. M. Grierson
BIBLIOGRAPHIE
507
étudie cette source, jusqu’ici à peu près méconnue par les historiens de
Byzance L Son intérêt majeur tient à ce qu’elle permet parfois de préciser
les dates obituaires fournies par ailleurs ; tel serait le cas pour les empereurs
Héraclius (11 janvier 641), Héraclius-Constantin (20 avril 641), Michel II
(2 octobre 829) et Constantin VII (19 novembre 959). Une des sources du
nécrologe est identifiée par MM. Mango et Sevcenko avec un chapitre du
De Cerimoniis (II, 42) dont on ne connaît toujours que des fragments.
Dans une note critique, M. Mango 1 2 s’oppose à la thèse de A. M. Schneider,
d’après qui l’empereur Valentinien I (f 375) aurait été inhumé près du grand
Palais, et non à l’église des Saints-Apôtres. Selon M.M., rien n’indique
l’existence d’un mausolée impérial aux environs du palais impérial de Cons-
tantinople.
Sous les règnes du prince lombard Aréchis II (758-787) et de son fils
Grimoald III (788-806), la principauté de Bénévent s’unifia et s’affirma,
avec un succès éphémère, face à Charlemagne et à la papauté. M. Belting
s’attache à étudier cette période d’apogée, d’après les sources diplomatiques
et littéraires, numismatiques et archéologiques 3. Il montre bien comment, à
Bénévent, la cour princière suit s’imposer à l’Eglise, en l’entourant d’abord
d’un lustre qu’elle sut ensuite confisquer à son profit. Les princes impri-
mèrent également la marque de leurs ambitions dans l’architecture de leur
capitale, inspirée avant tout du style lombard septentrional de Pavie, mais
aussi de modèles byzantins. L’A. le prouve en étudiant le principal monu-
ment bénéventais de l’époque, l’église Sainte-Sophie, dont il étabit qu’elle
fut complètement construite par Aréchis, entre 758 et 768. Il se peut que
la cour de Bénévent ait eu ses écoles, copiées elles aussi sur le modèle de
Pavie, mais bientôt éclipsées par celles du Mont-Gassin.
Pour ce qui concerne l’histoire ecclésiastique, M. Jenkins réédite et
' traduit trois lettres du patriarche Nicolas le Mystique, d’après le cod. Patm.
178, source du Vat. graec. 1780, qu’avait utilisé Mai, repris dans Migne
(lettres n° 40, 49 et 146) 4. Le' commentaire de ces sources en fonction de
leur contexte, à savoir la controverse autour du troisième remariage de
l’empereur Léon VI, permet à l’A. d’apporter à l’histoire de la tétragamie
quelques confirmations ou précisions de détail.
Une autre contribution de ce volume à l’histoire de l’Eglise s’inscrit
1 P. GR1ERSON, The Tombs and Obits of the Byzantine Emperors (337-1042) ;
with an Additional Note by C. Mango and I. Sevcenko, p. 1-63.
2 C. Mango, Three Impérial Byzantine Sarcophagi Discovered in 1750, p.
397-402.
3 H. Belting, Studien zum Beneventanischen Hof im 8. Jahrhundert, p.
141-193.
4 R. J. H. Jenkins, Three Documents Concerning the « Tetragamy », p.
229-241.
508
BIBLIOGRAPHIE
délibérément sous un titre provocant5. Ce n’est pas qu’on manque de plai-
doyers modernes en faveur de la réhabilitation de Nestorius; mais celui de
M. Anastos se place incontestablement parmi les plus chaleureux. L’A.
s’exprime sans ambages: “Nestorius a été, non seulement complètement et
indubitablement orthodoxe, mais aussi, à beaucoup d’égards, le théologien le
plus profond et le plus brillant du Vme siècle” ; plus encore : sa doctrine chris-
tologique “constitue l’étude la plus subtile et la plus pénétrante du mystère de
l’incarnation dans toute la littérature patristique” (p. 123). Tout cela est
bien; mais il reste à expliquer comment un si brillant théologien ne réussit
pas à faire triompher ses vues au concile d’Éphèse, dont l’enjeu ne se bor-
nait pas, en fin de compte, à d’inavouables cabales entre archevêques rivaux.
Pour rendre compte de l’échec de la christologie nestorienne, M. A. est donc
contraint de se rabattre sur le style verbeux et confus de son promoteur
(p. 140). C’est un peu mince; mais aussi bien la confusion ne s’arrête pas
au style : l’A., qui situe la pointe de la doctrine christologique de Nestorius
dans la distinction capitale entre le prosopon externe et le prosopon per-
sonnel (p. 129-130), avoue que cette distinction ne se trouve nulle part
clairement explicitée (p. 132). Étonnante réserve, bien peu à la mesure d’un
génie théologique qu’on nous dit subtil et pénétrant ! Loin de nous l’intention
de nier à priori l’orthodoxie dernière de Nestorius, non plus que son accord
foncier avec son adversaire alexandrin; mais ce que nous éviterions, c’est
de pousser la réconciliation jusqu’au point où le veut M. A. L’accord existe,
mais c’est avec le Cyrille de 433, c’est-à-dire avec un interlocuteur disposé
à des concessions pour le bien de la paix. Ces concessions laissent inentamée
la divergence des deux christologies ; et, quelle que soit l’importance de la
terminologie sous laquelle celles-ci s’affrontent, la divergence touche, à notre
sens, les réalités débattues : le prosopon du Christ, selon Cyrille, vise le Logos
incarné; d’après Nestorius, c’est un ens unionis, un tertium quid, distinct du
Verbe et de l’homme. Peut-on prétendre, sans friser le paradoxe, que “Nesto-
rius est beaucoup plus explicite [sur l’unique prosopon et hypostase] que
ses contemporains, dont aucun n’expose l’incarnation aussi complètement
que lui, ou ne met plus d’insistance sur l’unicité et l’unité de Jésus-Christ”
(p. 133) ? Encore une fois, il n’est plus question, aujourd’hui, d’assimiler la
christologie nestorienne au grossier adoptianisme auquel on la réduisit par-
fois injustement; mais, de là à faire de Nestorius un champion de la chris-
tologie unitaire, il y a de la marge; et il en reste ainsi même si l’on se limite,
comme le fait M. A., au seul Bazar d’Héraclide, écrit de quelque vingt ans
postérieur au concile d’Éphèse et qui n’est conservé, au surplus, qu’en une
traduction syriaque du VIme siècle, alors que de nombreux textes d’une
authenticité plus certaine sont conservés en grec. En un mot, la cause reste
ouverte; mais Dieu sait si elle pourra jamais être définitivement close!
5 M. V. Anastos, Nestorius was Orthodox, p. 117-140.
BIBLIOGRAPHIE
509
Deux autres articles du volume que nous recensons proviennent d’un sym-
posium de Dumbarton Oaks (1961) consacré à l’histoire de la science byzan-
tine, dont on trouvera les communications résumées par M. Anastos 6. Dans
le premier de ces articles, M. Wolfson s’attache à retracer les vicissitudes
d’un problème de cosmologie aristotélicienne, celui du mouvement des astres 7.
Le moteur de ce mouvement est-il une âme ou une nature? et, si c’est une
âme, est-elle sensible ou rationnelle? Aristote lui-même, dans son De Caelo,
avait émis sur ce point des opinions contradictoires. L’A. suit l’évolution
de la problématique chez les commentateurs byzantins et arabes, puis chez
saint Thomas d’Aquin, avant de montrer son aboutissement chez Kepler,
lequel, ayant échangé l’image cosmologique ptoléméenne contre la coperni-
cienne, remplace l’intelligence des astres par la nécessité matérielle, mais
sans nier pour autant le mens creator.
Le second article consacré à l’histoire de la science byzantine est dû à la
plume de M. Temkin, qui trace une esquisse très suggestive de l’évolution
de la médecine à Constantinople8. Deux périodes sont à distinguer: la
première, l’alexandrine, allant jusqu’à l’Islam, est inscrite sous l’autorité
incontestée du corps de Galène, dont les iatrosophes de la fin du Vme
siècle publièrent d’ailleurs une sélection. La période constantinopolitaine,
ou chrétienne, de la médecine byzantine est moins intéressante du point de vue
théorique que pour la pratique pharmacologique. Malgré le conflit toujours
latent de la médicine “laïque” avec la religion, ce sont les monastères qui fu-
rent, à Byzance, les centres principaux de l’enseignement médical, comme des
soins hospitaliers. L’A. propose de voir dans les parabalani, dont parlent les
codes, un personnel médical inférieur, et non, comme on le comprend d’ordi-
naire, le corps ambulancier de l’armée.
Dans le domaine de l’histoire littéraire byzantine, une note de M. Diller
cherche à préciser le sort de la Bibliotheca photienne entre 855 et la fin du
XVme siècle, en inventoriant à cette fin toutes les tfaces connues d’utili-
sation et de citations9. Les citations deviennent particulièrement nom-
breuses à partir de la seconde moitié du XIIIme siècle; l’A. s’efforce, au-
tant que possible, de les rattacher aux trois manuscrits principaux de la
Bibliothèque.
Une autre note, due à M. Sevcenko 10, répond aux critiques soulevées
6 M. V. Anastos, The History of Byzantine Science. Report on the Dumbarton
Oaks Symposium of 1961, p. 409-411.
7 H. A. Wolfson, The Problem of the Soûls of the Spheres from the
Byzantine Commentaries on Aristotle through the Arabs and St. Thomas to
Kepler, p. 65-93.
8 O. Temkin, Byzantine Medicine : Tradition and Empiricism, p. 95-115.
« A. Diller, Photius’ Bibliotheca in Byzantine Literature, p. 389-396.
10 I. éEVôENKo, A Postscript on Nicolas Cabasilas’ « Anti-Zealot » Discourse,
p. 403-408.
33
510
BIBLIOGRAPHIE
par des articles des Dumbarton Oaks Papers, n08 XI et XIV, sur la haran-
gue dite “contre les Zélotes”, de Nicolas Cabasilas. L’A. maintient pour l’es-
sentiel sa conclusion négative, à savoir que le discours n’a aucun rapport avec
le mouvement zélote de Thessalonique ; quant à la date du morceau, la plus
tardive (après 1371 plutôt que 1344) est choisie avec moins de réticence.
Pour ce qui concerne l’histoire de l’art byzantin, signalons d’abord l’étude
de MclIe Nersessian, consacrée aux miniatures illustrant des homélies de saint
Grégoire de Nazianze dans le cod. Par. graec. 510 (entre 880 et 883) n.
Jusqu’ici, on n’avait trouvé aucun point de contact entre ces miniatures et
le texte des homélies. L’A. montre qu’au contraire, dans la plupart des cas
ou bien il y a relation réelle et profonde avec les idées théologiques prin-
cipales de saint Grégoire, ou bien les miniatures s’expliquent par le fait que
le manuscrit fut copié pour l’empereur Basile I ; cette connotation impériale
se trouve d’ailleurs incluse dans certains sujets théologiques, le point d’accro-
chage étant, soit les événements mentionnés par saint Grégoire, soit la typo-
logie biblique. Il s’agit donc d’une iconographie très savante ; Melle N. y voit
une création du IXme siècle, qui pourrait provenir de l’entourage du pa-
triarche Photius.
Le célèbre “ménologe” de Basile II (cod. Vat. graec. 1613) est le seul
manuscrit byzantin connu dont les enluminures soient signées. Elles le sont
de huit noms différents; aussi était-il normal de supposer que ces signa-
tures correspondaient à autant d’artistes. Récemment, toutefois, A Frolow
a avancé une hypothèse nouvelle: un seul artiste aurait rassemblé une
anthologie de peintures fameuses, en conservant leurs signatures respectives.
M. Sevcenko revient ici à l’opinion commune, en s’appuyant sur des argu-
ments codicologiques11 12 : les noms sont ceux de l’équipe des huit artistes qui
travaillèrent simultanément à l’enluminure du manuscrit, l’ouvrage ayant été
réparti entre eux suivant les feuillets du codex.
Faisant suite à la restauration récente des fresques de l’ancienne église
monastique des Saints-Apôtres à Pérachorio, près de Nicosie, MM. Megaw
et Hawkins, qui ont participé aux travaux, livrent ici une description fouillée
de ces peintures, en relevant leurs affinités avec d’autres fresques chypriotes
d’Asinou et de Lagoudera13'; cette comparaison leur permet de dater celles
de Pérachorio des années 1160-1180 et de les attribuer à un artiste constan-
tinopolitain.
L’existence d’un théâtre religieux byzantin, ou plutôt de drames litur-
11 S. Der Nersessian, The Illustrations of the Homilies of Gregory of
Nazianzus : Paris Gr. 510. A Study of the Connections between Text and
Images, p. 195-228.
12 I. ânvëENKO, The Illuminators of the Menologium of Basil II, p. 243-276.
13 A. H. S. Megaw et E. J. W. Hawkins, The Church of the Holy Apostles
at Pérachorio, Cyprus, and Its Frescoes, p. 277-348.
BIBLIOGRAPHIE
511
giques représentés dans les églises, démeure encore controversée. On lira donc
avec intérêt les pages où M. Velimirovic rassemble des preuves attestant
la représentation du jeu des trois enfants dans la fournaise à Constantinople
et à Thessalonique dès le XIVme siècle, et peut-être même dès le XIme 14.
Si cette dernière date, antérieure à l’empire latin des Croisés, s’avérait
certaine, elle exclurait l’hypothèse de l’origine occidentale de ce “mystère”.
C’est, en tout cas, de Constantinople que le drame des trois enfants passe
en Russie, probablement dans le courant du XVme siècle; il s’y perpétue
jusqu’au milieu du XVIIme, non sans avoir subi, dans l’entre-temps, des
influences italiennes.
A. DE H ALLEUX.
1. Mélanges Eugène Tisserant, Vol. II-III : Orient chrétien, Teil
1-2 (Studi e Testi, Bd. 232-233). Vatikanstadt, Bibliotheca Aposto-
lica Vaticana, 1964. 25 X 17,5 cm., VI, 439 S., 17 Taf., VI, 493 S.,
10 Taf., 6 Abb. im Text.
2. A Francesco Gabriéli. Studi orientalistici offerti nel sessante-
simo compleanno dai suoi colleghi e discepoli (Université di Borna.
Studi orientali pubblicati a cura délia Scuola Orientale, Vol. V).
Rom, Dott. Giovanni Bardi, 1964. 25 X 17,5 cm., XXVIII, 360 S.,
12 Taf., 5 Abb. im Text. Preis : L it. 12 000.
Die drei Bande aus zwei Festschriften, die hier vorzustellen sind, bringen
wieder eine reiche Ernte orientalistischer Forsehung, 39 Beitrage in den bei-
den Banden aus der Tisserant-Festschrift und 26 in der für Fr. Gabriel!. Es
scheint mir nicht angezeigt, im folgenden Référât aile Beitrage einzeln zu
nennen ; ich beschranke mich vielméhr auf eine Auswahl, bei der aber die in
den drie Banden enthaltenen Textausgaben vollstandig genannt werden.
1. Die beiden Banden bringen eine ganze Reihe von Textveroffentlich-
ungen. Es überwiegen die griechischen und arabischen. Zunachst die grie-
chischen : Das Dossier der pachomianischen Monche kann R. Draguet dureh
ein Stück aus einer Athos-Handséhrif t bereichern : Un paralipomenon
pachômien inconnu dans le Karakallou 251 (II 55-61). L’epistola, sui Bogo-
mili dei patriarca constantinopolitano Teofilatto (II 63-91) von J. Dujcev
ist eine verbesserte Neuausgabe des vor einem halben Jahrhundert in einer
schwer zuganglichen russischen Publikation herausgegebenen Dokumentes;
Dujcev konnte dafür die Handschrift kollationieren, ausserdem steuert er
14 M. M. VELiMiROë, Liturgical Brama in Byzantium and Russia, p.
351-385.
512
BIBLIOGRAPHIE
einen historisehen Kommentar bei. Fr. Dvornik, Greek Uniats and the
number of oecumenical councils (II 93-101) ist die Veroffentlichung (mit
engl. Übers.) von zwei Texten aus einer Pariser Handschrift, die beide
eine Aufzahlung und kurze Beschreibung der okumenischen Synoden geben.
Es werden 10 okumenische Synoden gezahlt (aber 11 Synoden aufgeführt).
Die 7 ersten sind die allgemein anerkannten. Dann folgt, ohne gezahlt zu
werden, die unter Theodora und Michael III. 843 abgehaltene Synode. Als
Nummer 8 und 10 erscheinen die Unionskonzilien von Lyon und Florenz, als
Nummer 9 die Bestatigung der Union von Lyon durch Joannes Bekkos im
Jahre 1277. Il cdlendario in forma di canone di Teodosio Calociro wird von
Enrica Follieri nach einer Athos-Handschrift (Vatopedi 1157) herausge-
geben (II 103-169). V. Laurent maeht Une homélie inédite de l’archevêque de
Thessalonique Léon le philosophe sur l’Annonciation (25 mars 842) bekannt
(II 281-302). Wiederum um eine Neuausgabe handelt es sich beiR.-J. Loenertz
La chronique brève moréote de 1423. Texte, traduction et commentaire (II
399-439). Ausser dem Text von zwei schon bekannten und veroffentlichten
Handschriften bringt der Herausgeber den bisher unbekannten Text einer
Pariser Handschrift. Leider nicht mehr vollstândig erhalten ist ein Text, den
J. Mateos herausgibt: Un horologion inédit de Saint-Sabas. Les codex sincü-
tique grec 863 (IXe siècle) (III 47-76). Es ist nach dem Herausgeber, ''‘pour
autant que nous le savons, le plus ancien Horologion grec connu.” Die
Bedeutung des Textes für die Geschicte des Stundengebetes liegt somit auf
der Hand. Den Beitrag des neuen Dokumentes dazu, allerdings mit der
Einschrankung: «dans le rite byzantin de tradition palestinien», hat der
Herausgeber im Kommentar zur Edition zu umreissen versucht. Ich mochte
vermuten, dass der Vergleich diesses Textes mit anderen Zweigen der Uber-
lieferung noch manches Intéressante bringen kann. Mieh hat die Verof-
fentlichung dazu angeregt, den neuen Text mit dem koptichen Horologion zu
vergleichen (meine Beobaehtungen sind in diesem Heft abgedruckt, s. S.
285ff.). Zu der Mehrzhal der Texte des (heutigen) koptischen Horologions
waren griechische Parallelen im byzantinischen Horologion (z. T. nur in
alteren Texten) schon vorher bekannt. Für einige von ihnen finden sie sich
nun in der neuveroffentlichten Sinai-Handschrift. Aus solehen Beziehungen
kônnen sich grundsatzlich Folgerungen sowohl für die eine als auch für die
andere Seite ergeben, in diesem Fall also ebensogut für das byzantinisehe
Horologion (palastinensischer Überlieferung). Da ich kein Fachmann auf
dem Gebiet der Liturgiegeschichte bin, gehe ich auf Einzelfragen nicht ein;
ich mochte nur die Fachleute auf weitere Materialien für ihre Untersuchun-
gen aufmerksam machen. Nun zu den arabischen Texten : G. Levi délia Vida
veroffentlicht (mit ital. Übers.) « Il conforto delle tristezze » di Elia al-
Gaivharî (Vat. ar. 1492) (II 345-397). Der Autor war in der 2. Halfte des 9.
Ja'hrhunderts (nestor.) Bischof von Jérusalem (spâter von Damaskus?).
Der Text seines Werkes ist hier nach der vatikanischen Handschrift ge-
BIBLIOGRAPHIE
513
geben. Eine verkürzte Fassung ist in mehreren Handschriften überliefert,
von denen der Herausgeber zwei für die Ausgabe vergleichen konnte; sie
bezeugen an einigen Stellen einen besseren Text. Mit den von Holste (Hol-
stenius) in seinen Codex regularum aufgenommenon Praecepta seu consilia
abbatis Isaiae posita tironibus in monachatu beschaftigt sich J.-M. Sauget:
La double recension des Préceptes aux Novices de l’abbé Isaie de Scété (III
299-356). Aus dem Vergleich mit einem im Kodex Vat. ar. 398 erhaltenen
Text ergibt sich, dass der lateinisehe Text der Praecepta im Codex regularum,
aus dem Arabischen übersetzt sein muss, und zwar eben nach der genannten
vatikanischen Handschrift. Der folgenden Ausgabe des Textes dieser Hand-
schrift wird dann aueh nicht eigens eine Übersetzung beigegeben, da ja der
Codex regularum jedenfalls bei Migne leicht zugânglicht ist. Nun sind die
Praecepta nur Auszüge aus den « Lehrvortragen » (Xoyot) des Isaias, die
aueh grieehisch erhalten sind. Es ist deshalb hëchst intéressant, dass von
den Praecepta im Arabischen neben der eben genannten Version aueh noch
eine andere, lângere überliefert ist. Von dieser lângeren Rezension sind eine
ganze Reihe Handschriften bekannt, doch lasst sich die arabische Überliefe-
rung im Augenbliek noch nicht vollstandig übersehen. Der Herausgeber be-
schrankt sich deshalb in der vorliegenden Arbeit darauf, nur den Text einer
Handschrift in Strassburg wiederzugeben. Die arabischen Texte der lan-
geren und der kürzeren Rezension sind parallelel nebeneinander gestellt, von
der lângeren Rezension folgt dann eine franzësische Übersetzung. Un do-
cument inédit sur la confession chez les coptes (Vat. ar. 145, ff. 154T-159V)
gibt A. Tanghe heraus (III 357-365). Es geht in dem Text um die Frage, ob
C'hrysostomos die Notwendigkeit der Beichte für das ewige Heil behauptèt
hat, was von dem Verfasser (des 12. Jh. ?) widerlegt wird. Ein im arabischen
Urtext wohl nicht erhaltenes Dokument konnte L. P. Desager in lateinischer
Übersetzung in einer Münchener Handschrift ausfindig machen: Lettre iné-
dite du patriarche copte Jean XI au pape Nicolas V (1540) (II 41-53);
ein emsthafter Zweifel an der Echtheit des von ihm herausgegebenen Doku-
mentes ist nach Desager unbegründet. Nicht den arabischen Text selbst,
aber die Erstübersetzung in eine europaische Sprache gibt H. Masse von
einer im Jahrgang 1905 der Zeitschrift alMasriq verôffentliehten Beschrei-
bung des Sïnai und vor allem des Katharinenklosters : Le voyage de Khalil
Sabbâgh au Sinaï (1753) (III 37-45). Dann die übrigen Textverëffent-
lichungen : « De resurrectione mortuorum », opuscolo délia Chiesa Etiopica
dei sec. XIV wird von E. Cerulli (mit ital. Übers.) herausgegeben (Il 1-27).
In der Schrift wird die leibliehe Auferstehung gegen eine damais in Athiopien
vertretene Irrlehre verteidigt, nach welcher « die Gerechten nicht aus dem
Staube auferstehen werden, weil sie himmlisch sind und sich mit einem
himmlisehen Liebe bekleiden werden. » Bei La leggenda di S. Nicola di Mira
in un’ode di Alfano Cassinese von A. Lentini (II 333-343) handelt es sich
wieder um eine Neuausgabe, die aber erstmals den vollstandigen Text des
514
BIBLIOGRAPHIE
lateinischen Hymnus bietet. Überhaupt nicht der eigemtlichen Textver-
ëffentlichung dient der Nachdruck des Textes von Un progetto anonimo di
Pietro Mohyla sull’unione dette Chiese nell’anno 1645 in dem Beitrag von
A. Gr. Welykyj (III 451-473). Hier geht es um die Zuschreibung und
Analyse des Textes, der bisher nur anonym als Sententia cuiusdam Nobilis
poloni Graecae Religionis bekannt war. Welykyj bestimmt den genanniten
g'rieehisch-orthodoxen Metropoliten von Kiev als Verfasser und unter-
streicht auch die Ausgewogenheit seiner Vorschlage. Nicht Veroffentlichung
eines syrischen Textes selbst, sondera wiederam die Erstübersetzung in eine
moderne Sprache legt J. van der Ploeg vor: Une homélie de Jacques de
Saroug sur la réception de la sainte communion (III 395-418), gemeint ist
Memra 95 der Ausgabe Bedjans. Un texte arménien en lettres syriaques von
A. van Lantschoot (III 419-428) interessiert weniger wegen seines Inhalts,
handelt es sich doch um die bekannten Texte des Credo und Gloria, als
wegen der Art seiner Überlieferung ; armenisehe Texte mit syrischer Schrift
geschrieben sind nicht eben haufig. Abschliessend mochte ich aus der Tis-
serant-Festschrift nur noch einen Beitrag nennen : M. Petta, Codici criptensi
greci provenienti da San Demetrio Corone (III 175-207). Aeht Handschriften
liturgischen Inhalts aus der Bibliothek des Klosters Grotta Ferrata werden
ausführlich nach Art eines Handschriftenkatalogs beschrieben; neben dem
Namenindex findet der Benutzer auch einen solchen der Initia unverëf-
fentlichter oder weniger bekannter Stücke.
2. In der Gabrieli-Festschrift bringen folgende Beitrage Textverôf-
fentlichungen : G. Botti behandelt Due stele délia collezione egizia del Museo
Nazionale di Napoli (41-50). Gern hatte er — wie er sagt — aile 14 Stelen
der Sammlung besprochen, doch musste er sich wegen Raummangels auf
zwei beschranken. Die eine davon stammt aus der 11. Dynastie, nach dem
Namen ihres Besitzers Ns-Mntw vermutlich aus Hermonthis oder Theben;
die andere, aus der friihen 19. Dynaistie, gehôrt einem II j und muss in
Abydos aufgestellt gewesen sein. Besonders die erste, die bisher nicht ver-
ëffentlicht war, weist einige intéressante Besonderheiten auf. Un frammento
di statua egiziana a Messina, von S. Donadoni verëffentlicht (115-122), stark
zerstërt, stammt von der Statue eines Mannes im Schreibersitz aus der Zeit
Amenophis’ III. Auch die Inschriften sind nur fragmentarisch erhalten, vom
Namen des Besitzers nur noch der Schluss: ]rr. Nach Donadoni kann darin
nur der durch mehrere andere Denkmâler, nicht zuletzt sein Grab in Theben-
West (Nr. 48) bekannte Srr gesehen werden. E. Cerulli verëffentlicht Canti
amarici di ieri (61-69). Die Übersetzung eines persisehen Literaturwerkes,
das bisher in einer europâischen Sprache nicht zuganglich war, bringt A.
Busani: Il « Libro délia Barba» di 'Obeid Zâkânï (1'19) . Den christlichen
Orient betreffen zwei Beitrage: L. Ricci behandelt Le ultimi fortune di
Giusto da Urbino (225-241). Die Verfasserschafit des italienischen Mis-
sionars des letzten Jarhrhunderts für die « deistischen » Schriften, die er
BIBLIOGRAPHIE
515
athiopisch (Ge'ez) unter den Namen Zar’a Jâ'qob und Walda Hejwat
hinterlassen hat, ist aueh in Europa heute noeh nieht überiiall anerkannt
(etwa C. da Sessàno, Encicl. Cattol. VI 863). Vor allem steht aber für die
Abessinier selbst die autochthone Herkunft fest. So hat aueh 1955/56 ein
zum Protestantismus übergetretner Abessinier eine Neuausgabe mit amha-
riseher Übersetzung bes-orgt, worüber hier von Ricci eingehend berichtet
wird. Virginia Vaeca hat unter dem Titel Piccoli appunti di agiografia araba
(301-313) eine Reiche von — ich drücke mich vorsiehtig aus — Parallel-
motiven in der ehristliehen und mohammedanischen Erbauungsliteratur
zusammengestellt. Unter den ehristliehen Texten sind vor allem die Vitae
patrum herangezogen. Die Frage der eventuellen Abhangigkeit wird nirgend-
wo eingehender behandelt, doch scheint die Verfasserin die Abhangigkeit
mohammedanischer Erzâhlungen von ehristliehen grundsâtzlich anzunehmen.
Von den übrigen Beitrâgen des Bandes mochte ich dann zum Schluss nur
noeh den von G. Garbini nennen: Sulle origini délia lingua araba (123-134).
Es geht um die Stellung des Arabischen im Gesamt der semitisehen
Sprachen. Garbini bestreitet dem Arabischen heftigst einen besonders al-
tertümlichen Charakter. Das Arabische hat sich nach ihm gegen Ende des
2. Jahrtausends v. Chr. vom Nordwestsemitischen abgespalten und ist erst
spâter mit dem Südsemitisehen in sprachlichen Austausch getreten.
Hans Quecke.
*
*♦
La Nubie. Kairo, Ministère de la Culture et de l’Orientation
Nationale. 224 X 244 mm., 245 S., davon 83 S. Text und 81 Tafeln.
Jedermann weiss, dass die nubischen Altertümer dureh den Bau des
neuen Staudammes von Assuan dem wohl endgültigen Untergang geweiht
sind, soweit nieht im letzten Augenbliek noeh etwas zu ihrer Rettung getan
werden kann. Das vorliegende Werk, dessen Vorwort im Jahr des offiziellen
Baubeginnes des neuen Staudammes (1960) gezeichnet ist und dessen Be-
arbeitung ausschliesslich in den Hânden von agyptischen Wissenschaftlern
lag, mochte im Ausland um Verstândnis und Hilfe werben. Ausdrücklich
ausgesproChen werden diese Bitten nur im Vorwort, das Werk selbst be-
schrankt sieh darauf, das Land zu beschreiben, das in absehbarer Zeit unter
den Wassem des Stausees versehwinden wird. Dabei kommen nieht nur die
antiken Denkmaler zu Spraehe, sonderen ebenso Land, Leute und Geschichte
Nubiens. Ausführlieh wird nur Unternubien dargestellt, also der auf dem
Gebiet der heutigen Vereinigten Arabischen Republik liegende Teil des
Landes, nur summariseh wird hier und da ein Bliek auf das zum heutigen
Sudan gehôrige Obemubien geworfen. Aueh die Abbildungen geben nieht
516
BIBLIOGRAPHIE
nur Altertümer wieder, sondern ebenso Landschaften und eine ganze Reiche
Bilder aus dem Leben des Volkes. Der aufmerksame Leser wird so nicht
übersehen konnen, dass in Nubien neben ungezahlten Altertümern aueh der
angestammte Lebensraum einer grossen Bevolkerung vernichtet werden wird.
Der Stausee wird ja nach Fertigstellung des neuen Dammes eine Lange von
rund 600 km erreichen, und es ist gerade das Kulturland, das in dem
steigenden Stausee versinken wird. Doeh scheint es nur dureh dies Opfer
moglich, dem Land eine unvergleichlieh grossere FlaChe anbaufahigen Landes
und neue Energiequellen zu erschliessen.
Hans Quecke.
*
**
Joshua I-VI and Other Passages in Coptic. Edited from a Fourth-
Century Codex in the Chester Beatty Library, Dublin by A. F.
Shore (Chester Beatty Monographs, No. 9). Dublin, Hodges Figgis
& C°, 1963. 253 X 192 mm., 76 S., 2 Taf.
Glücklicherweise werden heute neugefundene koptische Handschriften
meist nicht mehv so zerteilt und über aile Biblioteken hin verstreut, wie das
früher nur zu oft der Fall war. Dennoeh komrnt es aueh heute noch vor,
dass einzelne Teile einer Handschrift an verschiedene Besitzer geraten. Sb
gesehah es aueh wieder einmal bei einer Handschrift, die 1956 von der
Chester Beatty Library erworben wurde (Accession No. 1389) und die Teile
des Bûches Josue und ausserdem den Sehluss des Bûches Tobias (14. 13-15)
enthalt. Ein anderer Teil dieser Handschrift, aussehliesslich Stüeke aus dem
Bueh Josue, kam an die Bodmeriana. Ob weitere Teile (auf der Titelseite
der Handschrift ist noch « das Bueh Judith » genannt) anderweitig erworben
wurden, scheint bisher nicht bekannt zu sien. Es ist hochst erfreulieh, dass
— wenn aueh in einer getrennten Ausgabe — zugleich mit dem Teil der
Chester Beatty Library aueh jener der Bodmeriana zugânglieh gemaeht
wurde {Papyrus Bodmer XXI. Ed. R. Kasser). In diesen beiden Ausgaben
haben wir nun die erste vollstandige Handschrift einer koptischen Version
des Bûches Josue, allerdings hat diese Handschrift von Anfang an die
Kapitel 12-21 nicht enthalten, eine Tatsaehe, die für die Geschichte der
Textüberlieferung vielleicht intéressant sein konnte. Shores Ausgabe enthalt
ausser dem autographierten koptischen Text und folgender englischer Uber-
setzung eine Einführung, in der zunachst die Handschrift, dann die sprachli-
chen Eigenheiten des Textes und schliesslich der Charakter der Übersetzung
besproehen werden. Trotz starker Abweichungen von den bisher bekannten
koptischen Josue-Texten haben wir darin nach Shore wahrscheinlich nur
BIBLIOGRAPHIE
517
« an earlier stage of the Sahidie version that was subsequently revised and
standardized » (S. 16). Shore ging dabei von dem vergleichsweise günstigen
Urteil aus, dass « the différences of reading from the later textus receptus
are too many to be explained by scribal corruption» (ebd.). Ob die weitere
Kritik i'hm hierin folgen wird, scheint mir zweifelhaft. Kasser fâllte jeden-
falls schon ein wesentlich strengeres Urteil, wenn er in seiner Ausgabe von
einem «texte extrêmement corrompu» sprach (S. 9). Dankenswerterweise
hat Shore seiner Ausgabe nicht nur — wie es meist geschieht — Indizes der
griechischen Wôrter und der Eigennamen mit gegeben, sondern aueh einen
.Index der koptischen Wôffter. Letzterer scheint gleiehfalls auf Voll-
standigkeit angelegt und enthalt zudem intéressante grammatikalisehe
Elemente, wie z. B. « e- verbal prefix; preceeding I Perfect » (drei Vor-
kommen), dessen Bedeutung nicht recht klar ist.
Aueh in die beste Ausgabe kann sich das eine oder andere Versehen ein-
sehleichen; ausserdem kann man bisweilen verschiedener Meinung sein. Ich
gebe im folgenden einige der Notizen wieder, die ich mir bei der Durchsicht
der Ausgabe gemacht habe. Mit Recht unterstreicht Shore (S. 14) die nuan-
cierte Übersetzung dureh das Perfekt II in 13.11 (Jos 4.7) und 16.12 (Jos
4.22), gibt beide Stellen in seiner Übersetzung aber ganz unterschiedlich
wieder. Die Übersetzung der zweiten Stelle entspricht genau der speziellen
Nuance des Perfekts II : « It was upon dry land that Israël crossed the
Jordan» (S. 58). Entspreehend sollte man für die erste Stelle erwarten :
« Es war vor der Lade ..., dass der Jordan verschwand ». Hier aber über-
setz Shore : « It was because the Jordan ceased before the arc ... » (S. 57). Diè-
se untersehiedliehe Übersetzung rechtfertigt sich vielleicht aus dem Kontext,
wie etwa aueh Rahlfs in seiner Septuagintaausgabe das art in Jos 4.7 zum
Inhalt der direkten Rede zieht (« Ihr werdet sagen: Weil • ••»), das von
Jos 4.22 dagegen als die sonst bedeutungslose Einführung der direkten Rede
betrachtet, es ist aber zu fragen, ob das koptische Perfekt II — vorausge-
setzt, dass es dort korrekt verwendet ist — den Sinn haben kann, den Shore
ihm in seiner Übersetzung von Jos 4.7 gibt. — In 10.9 steht ein eigenartiges
GTpoTqcr, so dass Jos 3.8, wenn man diese Form ernst nimmt, den Sinn
erhielte: « Befiehl also jetzt den Priestern, dass sie die Lade ••• tragen,
indem du sagst ... ». Shore meint nun, dureh eine Verbesserung in GTOVqci
(S. 65) dem Text den zu erwartenden Sinn geben zu konnen: « So now eom-
mand the priests who bear the arc ••• saying » (S. 56; Unterstreichung vom
Rezensenten). Das scheint mir hochst fraglieh. Jedenfalls heisst « die
Priester, die ... tragen » an allen anderen Stellen novHHfi. GTqcr: 11.4 (Jos
3.13), 11.16 (Jos 3.15), 12.6 (Jos 3.17), 14.7 (Jos 4.9), 15.11 (Jos 4.15), 15.
17 (Jos 4.18), 22.7 (Jos 6.13) und zweifelsohne aueh 11.13 (Jos 3.15), denn
auf dem abgebrochenen Rand (vgl. Kasser, Taf. 13) kann in der Tat nur
noch ein T gestanden haben, wie aueh Shore annimmt. Meiner Meinung
nach ware in 3.8 entweder gleiehfalls in GTqcr zu verbessem oder aber dem
518
BIBLIOGRAPHIE
koptisehen Text sein oben wiedergegebener abweiehender Sinn zu belassen.
— In 19.1 (Jos 5.9) hat der koptische Text deutlich « sie haben (= man
hatte = es wurde) weggenommen », und nieht « I hâve taken away » (S. 59) ;
der koptische Übersetzer hat offensiehtlieh â</>eîAoy als 3. Person Plural
aufgefasst. — In 19.9f. (Jos 5.12) hat der koptische Text klar « an jenem
Tage » und nieht «in those days» (S. 59). —TGgm gthhot GiTGCHTVon
26.18 (Jos 7.5) kann keinesfalls « the way that they had corne up » (S. 61)
heissen ; der koptische Übersetzer hat Karatéprjs als « der Weg, der hin-
abgeht » wiedergegeben. — In 55.1 (Jos 22.2) kann « der Diener des Herrn »
nieht Subjekt des Relativsatzes sein, wie Shore in seiner Übersetzung (S. 61)
will, sondern nur Apposition zu einem auf dem vorhergehenden Blatt zu
vermutenden « Moses » ; dies wird nieht nur von 'der koptisehen Gram-
matik gefordert, sondern aueh dureh den im Bodmer- Papyrus erhaltenen
Text selbst bestatigt. — In 57.21 (Jos 22.14) dürfte statt na/Tprc eher
nA/rpiA. (îrarpia) zu lesen und 57.23 ebenso zu erganzen sein (so aueh
Kasser, S. 136; vgl. dort Taf. 59); dies grieehisehe Wort wird ja aueh
sonst in der saïdisehen Übersetzung alttestamentlieher Bûcher so über-
nommen. — In der Übersetzung (S. 62) ist Jos 22.18 das « morgen » des
koptisehen Textes (58.18) vergessen. — AYU) gtgtïîgp ATCU)Tjü gn rta.t
am Ende von Jos 23.14 (66.15f.) maeht gewisse Sehwierigkeiten. In Shores
Übersetzung « and you shall not be deaf to this » (S. 63) hat aber die
Négation im koptisehen Text überhaupt keine Stütze und das « shall » nur
eine sehr zweifelhafte. Ein Futur konnte man allenfalls retten, wenn man
die « Vokalstriehe » der Handsehrift vemachlâssigt und das Futur III
GTGTnG-(G)p liest (der st. nom. von Gipc ist in dieser Handsehrift sonstep-);
der Sinn konnte dann ebensogut « und ihr sollt darauf nieht horen » wie
« und ihr werdet (bestimmt) nieht darauf horen » sein. Ninimt man den Text
jedoch einerseits so, wie er überliefert ist, ernst und mochte andererseits
unsere Satzabtrennung aufreehterhalten, dann müsste man die Verbform als
Prâsens II deuten, also : « und darauf hort ihr nieht ». Man konnte das
Satzchen aber ebensogut als Umstandssatz auffassen und mit dem Folgen-
den verbinden: « Und wenn ihr darauf nieht hort, wie aile guten Worte, die
der Herr über euch zu bringen gesagt hat, eingetroffen sind, so wird der
Herr (dann )alle sehleehten Worte über euch bringen. » — Für 75.5 (Jos 24.32)
ist die Übersetzung « They gave the pieee of land to Joseph » (S-. 64) nieht
ganz korrekt; es müsste heissen: Sie hatten es (= das Land) Joseph als
Anteil gegeben », bzw. « Es war Joseph als Anteil gegeben worden ». —
Im Index der koptisehen Worter, der aueh sonst noeh einige Versehen
enthalt, ware bei Perfekt II (S. 69a) noeh 5/4 hinzuzufiigen.
Es ist anzunehmen, dass der Intéressent ohnehin die beiden Teilausgaben
unserer Handsehrift nach Moglichkeit zusammen benutzen wird. Für aile
Fâlle sei aber eigens angemerkt, dass sieh für bestimmte Zwecke die Heran-
ziehung von Kassers Ausgabe aueh zusâtzlich empfiéhlt. Dies nieht etwa
BIBLIOGRAPHIE
519
deshalb, weil Shore schlechter gearbeitet hatte, sondera aufgrund der
Tatsache, dass Kasser in hëherem Masse die beiden bekannten Teile der
Handschrift, also die in diesem Sinne vollstandige Handschrift berück-
sichtigt hat. Man findet in seiner Ausgabe nicht nur gute Reproduktion
der vollstàndigen Handschrift, sondera er fü'hrt auch bei der Untersuchung
der Handschrift und der sprachlichen Eigenheiten das gesamte Material
beider Teile auf und registriert in den Indizes aile Stellen. Allerdings hat
Kassers Ausgabe keinen Index der koptischen Wërter, so dass in diesem
Punkt Shores Ausgabe ein unentbehrliches Hilfsmiittel bleibt.
Hans Quecke.
History of Egypt 1382-1469 A.D. Translated from the Arabie
Annals of Abu L-MAhâsiN Ibn Taghrî Birdî. Indices by William
Popper (University of California Publications in Semitic Philology,
Volume 24). Berkeley and Los Angeles, University of California
Press, 1963. In-8°, v-103 p.
Le professeur William Popper est décédé le 3 juin 1963, tandis qu’il
travaillait aux index de l’Histoire de l’Egypte d’Ibn Taghrî Birdî dont il
a publié la traduction en sept volumes (cf. Le Muséon, LXXIV, 1961,
p. 215-216). Cet index s’étend en outre aux deux volumes de notes rédigées
par Popper sous le titre Egypt and Syria under the Circassian Sultans (cf.
ibid., p. 216), pour servir de complément à l’Histoire de l’Egypte. En
* assurant la publication des index auxquels il a mis la dernière main, le
Professeur W. J. Fischel couronne l’œuvre monumentale de Popper, dont
la consultation sera facilitée dans une large mesure. Le volume comporte
quatre sections: I, personnes, tribus et sectes; II, lieux et édifices; III,
fonctions officielles ; IV, matières.
G. Ryckmans.
R. de Vaux, o.p., Les sacrifices de VAncien Testament (Cahiers
de la Revue biblique, I), Paris, Gabalda, 1964. In-8°, 111 p.
La nouvelle collection « Cahiers de la Revue biblique » est destinée à
accueillir des monographies dépassant l’étendue des articles de la Revue,
sans atteindre l’importance des volumes des « Etudes bibliques ».
Le R. P. de Vaux publie dans ce premier Cahier, « sous une forme un
520
BIBLIOGRAPHIE
peu élargie et avec des notes, le texte français de quatre conférences don-
nées à l’University College de Cardiff en 1961 ». En traitant des Institutions
de l’Ancien Testament, il avait déjà fait une large part aux différents
sacrifices pratiqués en Israël (t. II, p. 291-347; cf. Le Muséon, LXXIII,
1960, p. 428-432). Dans le présent volume, deux aspects sont mis en relief,
de manière à développer, à prolonger et à nuancer les conclusions proposées
dans les Institutions les rites sacrificiels de l’Ancien Testament se trou-
vent dans le milieu auquel a appartenu Israël à ses origines: milieu semi-
nomade avant son établissement dans la Terre promise (la Pâque, les rites
du sang); milieux sédentaires et agricoles avec lesquels Israël prit contact
en Canaan (l’holocauste, le sacrifice de communion). D’autre part ces rites
ont pris une signification nouvelle, du fait qu’ils ont été intégrés dans les
perspectives religieuses et morales du monothéisme d’Israël.
Ainsi sont passés en revue le sacrifice pascal, les holocaustes et sacrifices
de communion, les sacrifices expiatoires. Un chapitre spécial (ch. III) traite
des sacrifices humains en Israël et dans les pays voisins. Une large part
est faite à propos de chacun de ces sacrifices aux fonctions rituelles
qui, dans le milieu sémitique, pouvaient présenter des analogies avec celles
qui se pratiquaient en Israël.
Les 'attaches du sacrifice pascal avec le nomadisme sont nettement mises
en relief. Le rituel de la Pâque s’accorde à la vie des nomades, et certaines
d’entre ses prescriptions « s’expliquent mieux — ou ne s’expliquent — que
par elle» (p. 9). Le sacrifice pascal « est le seul qui soit consommé la nuit,
le seul qui ne demande (jusqu’à la réforme du Deutéronome) ni sanctuaire
ni autel ni prêtre, le seul où la vietime soit rôtie tout entière sans que rien
en soit prélevé pour être offert à Dieu» (p. 18). Ce sont là «les aspects
caractéristiques de l’ancien sacrifice arabe» (ibid.). L’Arabie du Sud dont
les habitants étaient des agriculteurs sédentaires est ici hors de cause.
L’Arabie du Nord ne fournit que de rares renseignements. Mais le rap-
prochement entre le rituel Israélite et les rites de l’Arabie Centrale « est d’au-
tant plus significatif que ce qui est commun au sacrifice pascal et au sacrifice
arabe est également ce qui distingue l’un et l’autre à la fois des autres
sacrifices Israélites et des autres rituels sacrificiels de l’Ancien Orient, spécia-
lement du rituel cananéen» (p. 19). Quant à l’union de la Pâque et des
Azymes prescrite dans la Loi de sainteté (Lév. XXIII, 5-8) codifiée peu
avant l’Exil, elle s’est effectuée après Josias, mais encore avant l’Exil. Cette
union était devenue inévitable après la réforme deutéronomique, selon la-
quelle la loi religieuse imposait l’obligation de venir au Temple, au prin-
temps, pour la Pâque comme pour les Azymes. Ainsi s’opéra la fusion du
sacrifice pascal, héritage du nomadisme, et de la fête des Azymes, fête
agricole observée après l’entrée en Canaan, et empruntée vraisemblablement
aux Cananéens.
BIBLIOGRAPHIE
521
Les holocaustes et les sacrifices de communion ne sont pas attestés
explicitement dans les textes chez les anciens Arabes, Seuls sont connus,
dans quelques régions frontières, des sacrifices « où la victime était brûlée
entièrement ou en partie» (p. 42). Il est question, dans une dizaine
d’inscriptions sud-arabes, d’un objet de culte appelé msrb, de la racine srb,
dont un des sens est «brûler» (p. 42). J’ai interprété ce terme comme
«autel à holocaustes» en me fondant sur son sens étymologique (Les
religions arabes préislamiques8, 1960, p. 217), et en citant à l’appui de
mon interprétation RES 2869, 2980 bis et 3401 (op. cit., notes 337, 338). Le
R.P. de Vaux observe avec raison que dans RES 2869, 5, la seule de ces
trois inscriptions où cet objet soit spécifié, il s’agit d’un msrb de myrrhe
et d’un msrb de bois odoriférant. L’inscription Ry 620 (cf. Le Muséon,
LXXV, 1962, p. 216-218) reprend l’inscription RES 4182 d’après une photo-
graphie publiée par Nami et une copie de von Wissmann, selon lesquelles
le texte reproduit en fac-similé dans van der Meulen - von Wissmann
(Hadramaut, Leiden, 1932, p. 176, n° 4) est préférable à celui de Mordtmann-
Mittwoch que j’avais suivi dans RES (voir Le Muséon, 1962, p. 215). Le
msrb dont il est question dans Ry 620 est, d’après la nature du monument,
un autel à libations. Je l’avais qualifié dans RES 4182 (voir aussi RES 4170)
d’autel brûle-parfums. Le premier sens doit être retenu dans Ry 62'0 = RE S
4182. Mais j’abandonne dans Ry 620 le sens d’autel à holocaustes que j’avais
adopté pour msrb dans RES 2869 et je cite Rhodokanakis (dans WZKM,
XLIII, 1936, p. 57) : « den altar für die Myrrhe und den Altar für das
wohlriechende Holz » et j’ajoute : « Rhodokanakis a établi que msrb, en rela-
tion avec des produits aromatiques tels que ld et mrt signifie « pyrée, autel
à combustion ». Cette interprétation est incompatible [dans Ry 620] avec
la structure de l’auitel qui est une table à libations, et msrb peut, d’après
Rhodokanakis s’entendre dans ce sens» (Muséon, LXVÜI, 1962, p. 218). Le
terme msrb doit s’entendre aussi d’un autel à libations dans Fakhry 78 (An
Archaeol. Journey to Yemen, t. I, p. 110 et 127, fig. 123; t. II, p. 55; t. III
pl. XLVIII B). Si msrb peut d’après les contextes se dire, soit d’un autel
à libations, soit d’un autel à combustion, aucun texte n’autorise jusqu’ici
à voir dans cet autel à combustion un autel à holocaustes; aussi le passage
de mes Religions cité par le P. de Vaux est-il à rectifier comme il l’a fait,
et j’ai cru devoir le faire en traitant de Ry 620. J’espère montrer dans une
prochaine publication comment les termes sud-arabes, désignant des autels
doivent s’entendre en des sens différents, selon leurs contextes épigraphique
et archéologique.
L’origine de l’holocauste et du sacrifice de communion est cananéenne.
Le témoignage de la Bible permet de conclure à une ressemblance foncière
entre le sacrifice israélite et le sacrifice tel que le pratiquaient les Cananéens
et les peupes qui s’étaient installés, à peu près en même temps qu’ Israël,
en bordure de Canaan. Les documents puniques — postérieurs aux textes
522
BIBLIOGRAPHIE
bibliques — et ugaritiques — antérieurs à ces textes — nous apprennent
que dans la colonie de Carthage et à Ugarit ces sacrifices étaient désignés
par les mêmes termes qu’en Israël, et que le rituel était le même, honnis le
rite du sang.
Quant aux sacrifices expiatoires, hattât, (sacrifice pour le péché) et
’âsâm (sacrifice de réparation), s’ils existaient avant l’Exil, ils étaient toute-
fois plus rares que l’holocauste et le sacrifice de communion. Les Arabes
du Sud connaissaient une offrande pénitentielle accompagnée d’une amende.
Cette offrande est exprimée par le verbe ht’. Dans les textes minéens du
Nord, le terme ryt a été interprété par Grimme comme une « offrande
expiatoire ». On retrouve ce terme dans la stèle de Mesha. Mais ces offrandes
telles que les pratiquaient les Arabes n’étaient pas des sacrifices. Les
religions de Mésopotamie ne connaissaient pas la notion d’expiation. Cer-
taines pratiques relevant plus de la magie que de la religion ne peuvent être
considérées comme des sacrifices expiatoires. Les Hittites connaissaient des
offrandes et des sacrifices qui peuvent être mieux qualifiés d’expiatoires
parce qu’ils étaient considérés comme la punition pour une faute commise
et une réparation du dommage causé aux dieux.
Le chapitre III traite des sacrifices humains en Israël (pp. 49-81). Ces
sacrifices ne sont attestés par aucun texte en Arabie du Sud, bien que
Grimme ait cru voir dans certaines inscriptions des allusions à des sacrifices
d’enfants (cf. mes Religions8, p. 216-217 ; RES 3104). Pour l’Arabie du Nord,
« les seuls témoignages qu’on peut retenir sont de caractère littéraire » (p. 50)
Le récit de Nil doit en être écarté. R. Devreesse a établi que « ce récit est un
roman et n’a aucune vérité historique », et J. Henninger a montré que « sa
description du sacrifice est contredite par presque tout ce que nous savons
par ailleurs sur les rites des anciens Arabes » (p. 50). Nous avons signalé
que ce récit de Nil ne peut pas être retenu, et nous avons rapporté les
autres témoignages fournis par la tradition chrétienne, en précisant que ces
cas ne sont attestés qu’à la périphérie de la péninsule arabique, à part quel-
ques cas isolés qui ne peuvent être considérés comme une pratique religieuse
autochtone (Religions3, p. 203 et notes 27-28). Il en est de même en Mésopo-
tamie, où quelques cas de sacrifices d’enfants par le feu, selon leur inter-
prétation la plus probable, datent du temps où ces sacrifices, venant de
Phénicie, furent introduits en Israël (p. 55-56). Les exécutions destinées à
assurer le service des personnes royales mises au tombeau ne sont pas des
sacrifices. Il en est de même de la pratique de la substitution, et notamment
du « substitut royal », dont les lettres assyriennes relatives à cette institution
disent souvent: «qu’il aille à son destin» (p. 55). Cette expression se dit
d’une mort naturelle. Déjà dans le code de Hammurabi ina simtim ittalak,
« il s’en va au destin », ina simatisa imtut, « elle est morte selon sa destinée »
se disent toujours d’une mort naturelle; le terme iddak, «il sera mis a
mort » se dit d’une mort violente, de la peine capitale.
BIBLIOGRAPHIE
523
Le sacrifice humain est attesté en Phénicie, et généralement en milieu
cananéen. Les données archéologiques en cette matière doivent être inter-
prétées compte tenu de l’usage selon lequel les enfants morts en bas âge
étaient inhumés sous le sol des maisous, à proximité du foyer familial. Les
indications stratigraphiques sont dans la plupart des cas insuffisantes pour
permettre de conclure que l’inhumation a été contemporaine de la fondation.
Le P. de Vaux se montre de plus en plus hésitant à s’en tenir à l’hypothèse
que des nouveaux-nés dont les sépultures ont été mises au jour à Tell el-
Far'ah auraient été les victimes d’un sacrifice de fondation (p. 56). Les
sacrifices humains à Moloch qui ont sévi à Jérusalem du VIIIe au VP
siècle (p. 69), et les sacrifices d’enfants par le feu offerts « à un dieu Roi,
un Melek à Samarie dès la fin du règne d’Achaz (p. 81), sont dus à l’influence
des cultes cananéens. Ces sacrifices sont identiques aux sacrifices molk,
d’origine phénicienne, et bien connus dans les textes puniques. Le terme
molk est en punique un terme rituel employé à propos des sacrifices
d’enfants, pour lesquels on admettait que soit substituée une victime animale.
C’est ce qu’a établi Eissfeldt (cf. Le Muséon, XLIX, 1936, p. 144-145),
dont la thèse au sujet de laquelle le P. de Vaux exprimait des réserves (cf.
R.B., XLV, 1936, p. 278-282), recueille aujourd’hui son assentiment. Mais
il tient les sacrifices humains comme illégitimes en Israël et réprouvés par
la Bible. Ces sacrifices auraient été appelés vraisemblablement aussi molk
en Phénicie; ce terme n’ayant pas été compris en Israël, on en aurait fait
un nom divin, le nom du dieu Melek.
Le P. de Vaux s’est proposé de souligner, dans la perspective historique
que son exposé adopte, « l’enracinement du Peuple de Dieu dans son
milieu humain », en même temps que la valeur nouvelle que le caractère
historique et moral de la religion d’Israël a donnée à ces formes étrangères
du culte. On sera reconnaissant à l’éminent auteur d’y avoir admirablement
réussi.
G. Ryckmans.
*
Henry Field, Subject Index to Bibliographies on Southwestern
Asia : VI-VII, Part I. Anthropogeography, by Edith M. Laird.
Coral Gables, Florida, University of Miami Press, 1964. En poly-
copie), viii-110 p.
Avec le t. II du Subject Index traitant de l’anthropogéographie, est ter-
minée la publication des index qui permettront d’utiliser quelque 50.000 titres
bibliographiques répartis dans les VII volumes de la Bibliography du
Dr. Field, et s’étendant du Nil à l’Indus, et de l’Anatolie et du Caucase à
524
BIBLIOGRAPHIE
la mer d’Arabie (cf. Le Muséon, LXIX, 1956, p. 202-203; LXX, 1957, p.
372-373; LXXII, 1959, p. 217-218; LXXII1, 1960, p. 236-237; LXXV,
1962, p. 258; LXXVI, 1963, p. 226-227; Subject Index, Part I: Anthropo-
geography (vol. I-V), cf. Le Muséon, LXXV, 1962, p. 256-257; Part II:
Zoology, cf. Le Muséon, LXXIV, 1961, p. 207 ; Part III : Botany, 1959).
Ce t. II a été rédigé par Mrs. Edith M. Liard, qui fut bibliothécaire de
l’Université Américaine de Beyrouth, et est attachée depuis 1958 à la Section
orientale de l’Université de Miami, assistée de M. Bernard J. Clifton (Britisch
Muséum, Natural History) pour la zoologie, et du Dr. Robert C. Foster
(Gray Herbariuin, Harvard University) pour la botanique, auteurs de Part
II et III pour les volumes I-V.
En consultant cet Index, on ne perdra, pas de vue que les sept volumes de
la Bibliography contiennent des références à environ 6.000 périodiques
publiés en 43 langues. Les travaux cités traitent de centaines de langues
mortes ou vivantes. Loin de s’étonner de voir ici et là le même sujet figurer
sous des rubriques différentes, on rendra hommage au soin et à la com-
pétence avec lesquels sont classées la plupart d’entre elles. Il ne sera pas
difficile de remédier, le cas échéant, à d’inévitables dispersions. Ainsi, après
avoir trouvé, p. 89, « Saba, Kingdom of », on se souviendra des prononcia-
tions différentes de ce nom, et on passera à la p. 92 où figure « Sheba,
Queen of ». Les inscriptions de l’Arabie du Sud sont réparties selon les titres
des publications qui en traitent. Elles sont signalées sous les rubriques
«Arabie» (cf. p. 53: « Ma'in, Yemen, VII, 3384; ce numéro renvoie à
K. Mlaker, Die Ilierodulenlisten von Matin, où il s’agit de textes minéens),
« Himyarite, South Arabie, Sabaean, Qatabani », etc. (p. 52-54). Il suffira,
pour parer à cet inévitable inconvénient, de se reporter aux diverses rubri-
ques sous lesquelles sont désignées les branches de la même discipline, ce que
le lecteur averti fera sans difficulté.
La publication de ce dernier Index met un terme à l’œuvre entreprise par
le Dr. Field en matière de bibliographie du Sud-Ouest asiatique. L’auteur
exprime l’espoir que ces sept volumes, en rendant service à de nombreux
chercheurs, feront mieux connaître et comprendre les peuples établis sur ces
territoires. Tous ceux qui auront recours à ce précieux instrument de travail
souhaiteront, avec le Dr. Field, que le Gouvernement Fédéral prenne à sa
charge, comme il le fait pour la plupart des aires géographiques répandues sur
la surface du globe, le financement et la direction de la bibliographie de ce
carrefour de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie. En traçant la voie, le
Dr. Field a donné un exemple qui mérite d’être suivi.
G. Ryckmans.
*
**
BIBLIOGRAPHIE
525
Henry Field, Bibliography : 1926-1964., Nos 1-594. Coconut Grove,
Miami 33, Florida, 1964. (En polycopie), vii-112 p.
La 4e édition de la bibliographie personnelle du Dr. Field et de la liste
des matériaux microfilmés à son initiative, tient lieu de supplément aux
éditions précédentes: Bibliography 1926-1955; Bibliography 1926-1958,
publiées en 1958 (cf. Le Muséon, LXXIII, 1960, p. 235), et Bibliography
1926-1961, publiée en 1961 (cf. Le Muséon, LXXIV, 1962, p. 467). Dans
cette 4e édition la liste des publications est identique à celle de 1961, sauf
quelques additions (nos 336, 398, 445, 512, 513, 515) et, à partir du
n° 539, la liste complémentaire des publications datant de 1961 à 1964.
Il en est de même de la liste des matériaux microfilmés, dont la reproduction
peut être obtenue à l’American Documentation Institute, c/o Photodupli-
cation service, Library of Congress, Washington, D.C. En dehors des
publications microfilmées, au nombre de 188, et comptant 19.442 pages, la
liste comprend des milliers de relevés de statistique, de photographies, croquis,
cartes, notes, etc.
Dans le Curriculum vitae figurant en fin de volume (p. 107-112), la
nomenclature des acadérmies et sociétés savantes des cinq continents qui
comptent le Dr. Field parmi leurs membres, s’est notablement enrichie
depuis 1961. Les prochaines éditions espérons-le, fourniront la preuve
qu’elle est loin d’être close.
G. Ryckmans.
*
♦ *
Mémorial Louis Massignon. — Le Caire,
Dar eLSalam, 1963. In-8°, 119-^.p. [Hors commerce].
Louis Massignon avait horreur des panégyriques. Mais il était, comme
le dit M. Y. Moubarac dans le Liminaire, un infatigable pèlerin, et il
honorait les morts en visitant leurs tombes. Les signataires des quelque
trente témoignages réunis dans ce recueil, sont autant de pèlerins venus
des pays d’Islam et d’Europe, se recueillir sur la tombe de ce savant qui
fut, selon l’expression de Vincent Monteil, « un homme de génie habité par
le feu inextinguible des Prophètes» (p. 100). Ces témoignages rendus dans
l’esprit de Dar el-Salam, « la Maison de la Paix », sont unanimes à exprimer
la véritable fascination qu’exerçait ce grand mystique sur l’âme de ceux
qui enntraient en contact avec lui. Personnalité déconcertante, dont l’œuvre
scientifique a contribué plus que toute autre à faire connaître le vrai visage
de l’Islam, et dont les interventions courageuses, parfois héroïques, ont
34
526 BIBLIOGRAPHIE
fait de Louis Massignon le champion de l’honneur et de la dignité des
Musulmans au cours des crises par lesquelles passèrent les jeunes nations
arabes. Gabriel Bounoure a finement souligné les aspects divers d’une
activité qui se développait sur des plans si différents. « Archéologue, his-
torien. linguiste, anthropologue, Massignon n’ignorait rien des exigences
auxquelles doit se soumettre un témoignage pour être reçu; mais [...]
nous dirons en termes cybernéticiens que d’après lui le détour par la sub-
jectivité est nécessaire pour comprendre certains liaisons et transmissions
qui échappent aux méthodes dites scientifiques» (p. 30). La tâche du
biographe de Massignon consistera en partie à décanter dans ses Opéra
maiora et minora les éléments subjectifs qui s’y mêlent aux domées objec-
tives, et à déceler les détours que suivait sa pensée pour parvenir à des
certitudes fondées sur des exigences mystiques. Il en est ainsi, croyons-
nous de la tradition abrahamite considérée comme une continuité historique
dans le monde arabe jusqu’à la venue du Prophète.
Les témoignages recueillis dans le Mémorial émanent de A. d’Alverny,
R. Arnaldez, N. Baladi, S. de Laugier de Beaureeueil, D. Boilot G. Bounoure,
H. Charles, Y. Chauffin, F. Damnas, R. Francis, 'L. Gardet, B. Guyon,
A. Kh. Hassouna, H. Massé, J. Mereanton, V. Monteil, P. Rondot, D. van
der Meulen, R. Voillaume, M. Zundel, J. Wardenburg, en langue française,
et ceux de A. Kh. Hassouna, A. L. el Sayed, A. A. Razek, A. R. Badawi,
T. Hussein, K. Hussein, N. Akiki, J. Madkour, Y. el Khashab, en langue
arabe. En les réunissant, M. Y. Moubarac a rendu à son maître un hom-
mage digne du Chrétien et du Français qui, en terre d’Islam, était ac-
cueilli partout comme un frère.
G. Ryckmans.
Louis Massignon, Opéra minora. Textes recueillis, classés et pré-
sentés avec une bibliographie par Y. Moubarac. Collection
« Recherches et Documents ». Dar al-Maaref — Liban, 1963. In-8°,
3 vol., 672-666-855 p. ; XIX-X-XL pl.
Louis Massignon a eu la statisfaction de corriger les épreuves de ces trois
volumes qui sont le fruit de plus d’un demi-siècle d’activité. Il ne s’agit que
des Opéra- minora; le tome IV fournira la bibliographie complète de
Massignon, avec les index et les 'tables qui permettront de s’orienter sans
peine dans ce monumental ouvrage. Les articles répandus dans d’innom-
bnables périodiques ont été recueillis par M.Y. Moubarac, qui les a
classés suivant un plan permettant de suivre la pensée du maître dans
les différents domaines sur lesquels ont porté ses recherches.
BIBLIOGRAPHIE
527
En voici un bref aperçu: Le tome I traite du monde islamique dans ses
contacts avec les civilisations étrangères dans le passé et le présent; la
sociologie et la soeiographie de Islam antique et moderne ont attiré
spécialement l’attention de Massignon dans ses cours au Collège de France.
On y trouve enfin diverses études sur l’Islam shiite et persan, et sur
certaines dévotions pratiquées dans ces milieux. Dans le tome II sont évo-
qués des souvenirs qui devaient être chers à Massignon: la genèse et le
processus de ses recherches sur Hallaj, recherches qui s’étendirent à la
mystique musulmane et à son influence sur la mystique chrétienne, surtout
en Espagne. Ces recherches donnèrent lieu à des enquêtes sur les rapports
entre la philosophie arabe et la scolastique; on y retrouve le texte d’une
conférence donnée à Louvain en 1924 sur Les sources arabes utilisées par les
scolastique latins (p. 487-495). Dans le tome III sont groupés sous le titre
« Art et archéologie » des recherches de topographie, des plans de tombeaux
de saints, des articles sur les VII Dormants. Ce chapitre est suivi de notices
sur Gandhi et sur divers arabisants. Le champion de la cause arabe se
révèle dans Combats. Trois articles traitent de ses rapports avec Sir Mark
Sykes et T. E. Lawrence en 1917 (p. 418-427). La question de Palestine et
les problèmes de l’Afrique du Nord évoquent le souvenir de périodes dou-
loureuses durant lesquelles Massignon resta, en dépit de violentes op-
positions, fidèle à son passé. Ce tome se termine par des considérations sur
l’apostolat, de la souffrance. Le lecteur s’étonnera peut-être d’y voir entrer
deux fois en scène (p. 735-748) un prêtre du diocèse de Bruges qui jouis-
sait d’une réputation de mystificateur et de loustic inoffensif, accusé par
J.-K. Huysmans d’exploits criminels d’une perversité satanique qui dépasse
l’imagination. Ce chanoine brugeois se serait même rendu coupable d’assas-
sinat rituel magique, à distance, sur la personne d’un autre dévoyé. Voici
la preuve que fournit Massignon de ce crime : « Fidèle à sa foi dans le
pouvoir sacerdotal, Huysmans m’a affirmé que le véritable coupable de ce
crime était un prêtre sataniste, le chanoine» ... etc. (p. 740). En lisant ces
lignes on comprend mieux les réflexions de Gabriel Bounoure dans le
Mémorial Loziis Massignon (voir plus haut, p. 525) : « D’après lui le détour
par la subjectivité est nécessaire pour comprendre certaines liaisons et
transmissions qui échappent aux méthodes dites scientifiques» (p. 30).
M. Moubarac a bien fait de ne rien laisser se perdre de l’œuvre immense
présentée impeccablement dans ces trois volumes. Elle permettra à
ceux qui n’ont pas approché Louis Massignon de connaître et d’admirer un
homme qui fut un chef de file comme savant, comme mystique et comme
prophète.
G. Ryckmans.
528
BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES ENVOYÉS A LA REDACTION
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274 p., 215 X 145 mm.
I. Abuladze, voir Jveli k‘art‘uli etc.
Aden. Department of Antiquities, Bulletin Number 3 (W. E. N. Kens-
dale, The Religions Beliefs and Practices of the Ancient South Ara-
bians; D.B. Doe, Husn al-Ghurab and the Site of Qana’), Aden,
1964, 7 + 16 p.
H. S. Anasyan, Yovhannês Kamenac‘i. Patmut'iwn paterazmin Khot‘inu,
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5-29; édition, p. 30-98; résumé en russe, p. 101-111; index, p. 113-121].
L. R. Azaryan, Kilikyan manrankarFutfyun XII-XIII dd., Erevan, Arvesti
Institut, 1964, 300 p. (dont 134 pl.), 16 pl. en couleurs hors texte,
220 X 170 mm.
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T‘. Bregadze, Berjnuli samart‘ali Vahtang VI samart‘lis cignt'a krebulidan
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E. Cerulli, Somalia. Scritti vari editi e inediti. III, La poesia dei Somali.
La tribu somala. Lingua somala in caratteri arabi ed altri saggi, Rome,
Ministero degli Affari Esteri, 1964, VI-230 p., 64 ill. hors texte,
245 X 170 mm.
C‘. C'ikvasvili, K. Mark1 sis sahelobis Sak'art'velos SSR sahelmcip'o respu-
blikur bibliot'ekasi dac'uli helnacerebisa da saark'ivo masalebis kata-
logi, Tiflis, 1964, 134 p., 215 X 145 mm.
R. Coquin, La consécration des églises dans le rite copte; ses relations avec
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Toufic Fahd, Artémidore d’Ephèse. Le livre des songes, traduit du grec en
arabe par Hunayn b. Ishâq (mort en 260/873). Édition critique avec
introditction (Institut Français de Damas), Damas, 1964, XXXVIII-
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BIBLIOGRAPHIE
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1964, p. 200-206.
L. Leloir, Le rôle de la culture arménienne dans l’évolution de l’Orient
chrétien, extrait de Accademia Nazionale dei Lincei, anno CCCLXI -
1964, Quademo N. 62, Problemi attuali di Scienza e di Cultura. Atti dei
Convegno internazionale sul tema: L’Oriente cristiano nella storia délia
civiltà, Rome, 1964, p. 93-101.
T‘. Macavariani, K'art'uli gazetebis analitikuri bibliograp'ia, II, 2 (Gaz.
« Iveria » 1886-1892 ce., gaz. « C‘iskari » 1887 e., gaz, « T'eatri » 1890
c.), Tiflis, 1964, 215 X 150 mm.
P'ilologiuri jiebani, I, Tiflis, Sak‘art‘velos SSR Mec‘nierebat'a Akademia,
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H. J. Polotsky, voir Studies in Egyptology. ,
A. S. Prangishvili, On the Concept of the Mental in « Folk Psychology »,
extrait de VII, International Congress of Anthropological and Ethno-
graphical Sciences (Moscou, August 1964), Tiflis, 1964, 13 p.,
205 X 145 mm.
Marcel Richard, Répertoire des bibliothèques et des catalogues de manus-
crits grecs. Supplément I (1958-1963) (Documents, Etudes et répertoires
publiés par l’institut de Recherche et d’Histoire des Textes, IX), Paris,
Centre National de la Recherche Scientifique, 1964, XVI-78 p.,
250 X 165 mm.
TABLE DES MATIÈRES
(LXXVII, 1-4)
ARTICLES
Engberding H. — Das Fest aller alttestamentlichen Patriar-
chen am 3. Januar im georgischen Menâum von
Dumbarton Oaks..........................................297
Fiey J. M. — Encore 'Abdulmasïh de Singâr....................205
Garitte G. — La version géorgienne de l’Entretien VI
d ’Aphraate.............................................301
Garitte G. — Le ménée géorgien de Dumbarton Oaks . . 29
Jacob A. — Une version géorgienne inédite de la Liturgie de
saint Jean Chrysostome.................................. 65
Kasser R. — Le « Livre Secret de Jean » dans ses différentes
formes textuelles coptes................................. 5
Leroy F. J. — Une nouvelle homélie acrostiche sur la Nativité 155
Loundine A. G. et Ryckmans J. — Nouvelles données sur la
chronologie des rois de Saba et Dü-Raydân .... 407
Mossay J. — La date de VOratio II de Grégoire de Nazianze
et celle de son ordination..............................175
Müller C. D. G. — npeTe = praedari?..........................295
Quecke H. — Neue griechische Parallelen zum koptischen
Horologion..............................................285
Richard M. — Une paraphrase grecque résumée du commen-
taire d’Hippolyte sur le Cantique des Cantiques . . 137
Ryckmans J. (voir Loundine A. G.).
Sauget J.-M. — Une version arabe du « Sermon ascétique »
d’Étienne le Thébain....................................367
Stern S. M. — The Arabie Translations of the Pseudo-
Aristotelian Treatise De Mundo..........................187
Thomson R. W. — Some Remarks on the Syriac Version of
Athanasius’ De Incarnatione............................. 17
van Lantschoot A. — Un opuscule inédit de Fr. C. Conybeare 121
von Wissmann H. — Himyar, Ancient History....................429
530
TABLE DES MATIÈRES
531
Vycichl W. — Die Verben der Klasse UBAK, VF AD,
VHAL im Tuareg.........................................225
Yagi V. A. — Contes soudanais................................231
BIBLIOGRAPHIE
A Francesco Gabrieli (H. Quecke).............................515
A Patristic Greek Lexicon edited by G. W. H. Lampe, fasc.
1-2 (a-€v<Tv/z7ra0T7TCüç) (R. Draguet).................271
Assfalg J. u. Molitor J., Armenische Handschriften (J.
Muyldermans)...........................................266
Assfalg J., Syrische Handschriften : syrische, karsunische,
christlich-palàstinische, neusyrische und mandaische
Handschriften (R. Draguet).............................268
Collectanea Vaticana in honorent Anselmi M. card. Albareda
a Bibliotheca Apostolica édita (G. Garitte) .... 263
Costaz L., Dictionnaire syriaque-français, Syriac English
Dictionary [Dictionaire syriaque-arabe] (R. Draguet) 169
de Vaux R., Les sacrifices de VAncient Testament (G. Ryck-
mans) ............................................... 519
Dumbarton Oaks Papers. Number Sixteen (A. de Halleux) 506
Field H., Bibliography : 1926-1964, Nos 1-594 (G. Ryckmans) 525
Field H., Subject Index to Bibliographies on Southwestern
Asia : VI-VII, Part I. Anthropogeography (G. Ryck-
mans) .................................................523
Freeman-Grenville G. S. P., The Muslim and Christian
Calendars being tables for the conversion of Muslim
dates from the Hijra to the year A.D. 2000 (H.
Quecke)......................................................278
Giversen S., Apochryphon Johannis. The Coptic of the Apo-
cryphon Johannis in the Nag Hammadi Codex II with
Translation, Introduction and Commentary (H.
Quecke)................................................276
Guillaumont A., Les «Kephalaia Gnostica» d’Évagre le
Pontique (A. de Halleux)...............................505
History of Egypt 1382-1469 A.D. (G. Ryckmans)................519
Jahrbuch für Antike und Christentum, Jahrgang 5/1962 (H.
Quecke)................................................261
532 TABLE DES MATIÈRES
Joshua I-VI and Other Passages in Coptic (H. Quecke) . 516
La Nubie (H. Quecke)......................................515
Lopez Martinez N. et Proano Gil V., Symbolum pro informa-
tione manichaeorum (El Bogomilesmo en Bosnia) (J.
Ries)...............................................273
Massignon L., Opéra minora (G. Ryckmans)..................526
Meinardus O. F. A., The Coptic in Jerusalem (H. Quecke) . 275
Mélanges Eugène Tisserant, vol. IIIII : Orient chrétien (H.
Quecke).............................................511
Mémorial Louis Massignon (G. Ryckmans)....................525
Molitor J. (voir Assfalg J.).
Pigulevskaja N., Les villes de l’Etat iranien (A. de Halleux) 501
Proano Gil V (voir Lopez Martinez N.).
Steiner M., La tentation de Jésus dans l’interprétation
patristique (A. de Halleux)..........................504
Stricker B. H., De geboorte van Horus, I (H. Quecke) . . 274
Ouvrages envoyés à la rédaction..................... 280, 528