Автор: Pierjan A.  

Теги: fiction  

Год: 1983

Текст
                    Le village1*
qui n’avait pas
d’enfants

HMTAEM nO-®PAHUV3CKH JlepeuHH, e Komopoü He GbiJio demeü (110 IIOBEGTH AHH ITbEPHîAH) KHUrA JlJIfl HTEHHfl B 6 KJIACCE CPEflHEB HIKOJIbl OBPABOTKA, KOMMEHTAPHH II CJIOBAPb A, H. nUCAPEHKO, E. H. TyPHMHOtt MOCKBA «nPOCBEHJEHME» 1983
BBK 81 2<Dp-93 1196 A. H. IJucapeHKO, B. H. Typuuna flEPEBHfl, B KOTOPOH HE BMJIO flETEH PeaaKTopbi E. A. Bauhobo,; T. B. Bopona XyAOHCHHK B. H. ruHyKoe XyAOJKecTBeHHHH peaaKTop Jh <I>. MaAbiiueea TexHHuecKHe peaaKTopbi H. B. KeacHuynafi, A B. CyGoneea KoppeKTop M. I\ VepHafcoea CflaHO b waôop 06.04.82. rioAnncaHO k neqaTH 25.05.83. 60 X 90718. ByMara THnorpaÿcxan Ne 3. TapHHTypa 06. HOBan. ne^aTb BHcoKaa. Vqjï. nés. a. 4. Vcji. xp. ott. 4,38. y*i.-H3A. ji. 4,55 Tnpaxc 56 000 3X3. 3axa3 Ne 4455 . Uena 10 xon. HB 6914^ OpaeHa TpyAoooro Kpacnoro SHay.eHH H3AaTe/ibCTBo «npc- caemeHHe» rocyAapcTBeHHoro KOMHTëia PC0CP no aejraM H3A&TeJIbCTB, nOJIHrpa<t)HH H KHHÎKHOfi ToproBjiH. MocKsa, 3-fl npoe3A MapbHHoft pomn, 41. OTneMaTano c Maipnn CaparoBcKoro -opaeHa TpyAosoro Kpac- Horo Shhmchh nojiHrpa(i»H<iecKoro kom6hh3T3 PocrJiaBnojmrpact)- npoMa b oôjïacTHoft THnorpa<i)HH ynpaBjieHHfl H3AaTe;ibCTB, no- JlHrpa4)HH H KHHJKHOfi TOprOBJlH HflaHOBCKOrO OÔJIHCnOAKOMa, 153628, r. Hb3hobo, yn. Tnnorpa^CKaH, 6. IIbep>Kaii A. 1196 b KOTopoîî ne ôbijio jjeTeiî: (IIo noBecTii Ann IlbepjKaH). Kh. æjih htchmh b 6 kji. cpe/j. iiiKOJibi /O6pa6., kommcht. h cJioBapb A. H. üiicapeHKo, B. H. TypnHHOîi. — M.: npocBenjenne, 1983. — 64 c.* mji. — (HirraeM no-(|)paH- ijyacKn). KHHra npejjcTaBJifleT ananTaïuno noBecni nasecTHoft ^pannyacKofi nHcarejibHHiibi Ahh IlbepjKaH VaepeaHH, b xoropofi ne 6biao ACTefi». Ona npeAH33H3qaeTCH a<hh yuauinxcn 6 x-nacca cpeAHeft uikoam. KHnra HanHcawa npocTHM, AocTynHbiM «3biKOM, npoHHaaHa tohkhm (tpanuyacKHM IOMOPOM. 4306021500—202 n 1V7— 103(03)—83 BBK 81.2<I>p-93 4B(<I>p) (g) HaflaTejibCTBO «npocBenjeuHe», 1983 r,
Le village de Coule-Vent Le village de Goule-Vent se trouve non loin de la montagne du Cru, près du château de Triple-Bec tout noir sous le ciel bleu. Quand on monte sur la montagne, on regarde en bas, on voit le village, ses toits roses, ses jardins multicolores et ses forêts. Au-dessus des toits on voit le ciel bleu-bleu-bleu, le ciel de Provence1. Au milieu du village: une place. Puis, autour de la place six maisons, pas une de plus, pas une de moins. Six maisons avec des fleurs sur leurs fenêtres et leurs petits jardins avec des fleurs. Donc, un village comme les autres qu’on trouve partout en Provence. Un village comme les autres? A vrai dire2, non! . . . Coule-Vent est un village triste. Coule-Vent a ses fleurs, ses oiseaux, ses paysans dans leurs champs, ses animaux domestiques, mais Coule-Vent n’a pas d’en- fants, et un village sans enfants c’est triste-triste, triste à ne pas trouver de mots pour le dire3. Sur la place du village, on n’entend jamais les chansons: ni «Il était un petit navire», ni «J’ai du bon tabac». A Coule-Vent on ne joue jamais, ni à la marelle, ni à la poupée, ni à cache-cache, ni au gendarme. Les grands-mères qui savent beaucoup de contes, les disent à leur chat; la petite école est fermée. A Coule-Vent, il n’y a pas de vents. Les petits vents se pro- mènent au-dessus du village. Coule-Vent est donc un pays sans enfants et sans vents. — Bonjour, père Henri! C’est le facteur. Le facteur a une bicyclette qui fait un grand bruit.,,Quand la bicyclette arrive, tous les habitants sortent sur leurs portes, puis s’approchent du facteur qui fait l’appel au centre de la place. 1 la Provence — IIpoBanc (npoeuHi^usi Ha me ^pauiçuu) 2 à vrai dire — no npaBjje rosopn 3 à ne pas trouver de mots pour le dire — cjiob ne XBaraeT, hto^w BbipaaiiTb bto 3
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— Père Jean .... Père André ... Madame Madeleine ... Tiens? Père Henri, vous avez une lettre! — Qui vous a écrit, cousin Henri? demande Mme Madeleine. Elle pose cette question parce qu’elle est étonnée. On n’écrit jamais à cousin Henri. Il prend la lettre et la lit. — Est-ce que c’est une mauvaise nouvelle, cousin Henri? — Oui, c’est une mauvaise nouvelle. Le père Henri va vers sa porte, donne la lettre à sa cousine Ma- deleine. — Lisez vous-même, cousine, lui dit-il tout bas.-Je me demande si j’ai bien lu! • Mme Madeleine a vite lu la lettre. — Qu’est-ce que vous allez faire, cousin Henri? Oui, qu’est-ce qu’il va faire? Sa fille et son mari viennent de disparaître dans un accident d’avion1, et il reste à Paris une petite fille: Marianette. — Elle s’appelle comme votre femme, dit dame Madeleine ... Cousin Henri, il faut aller la chercher2. — Aller la chercher? Mais, cousine Madeleine, qu’ést-ce que vous dites? D’abord, il n’y a pas d’enfants à Coule-Vent! Et une enfant qui est seule ne peut pas être heureuse. — Pourquoi pas? Cette enfant n’a plus de famille ... — Mais, la soigner? Cousine Madeleine, qu’est-ce que vous di- tes? Moi, moi qui ai soixante ans. Je ne peux pas la soigner. — Père Henri, elle n’a pas six mois, elle a neuf ans. — A plus forte raison!3 Elle prendra mes papiers et mes livres, fera du bruit, pleurera la nuit et criera le jour comme toutes les petites filles ... Et moi, j’aime une vie calme. Ce n’est pas pos- sible. — Alors, qu’est-ce que vous ferez? — Cela ne vous regarde pas4, cousine Madeleine! Cela ne vous regarde en rien! Ce n’est pas la première fois que le père Henri et cousine Ma- deleine se disputent. Ils se disputent souvent, mais ils s’aiment. Père Henri cultive le jardin de cousine Madeleine et cousine Made- leine lave les chemises de père Henri. Ils ont soixante ans tous les deux, et cousine Madeleine est une parente de père Henri. — Vous avez mauvais caractère, père Henri, très mauvais ca- ractère! — Mauvais caractère? Mais c’est vous qui avez mauvais carac- tère. Vous fourrez le nez dans mes affaires5 et vous me bombardez * Sa fille et son mari viennent de disparaître dans un accident d'avion... —30. Ero JjOHb H 3HTL HOJjâBHO HOrHÔJIH B HBnaijnOHHOH KaTaCTpO(j)e... 3 il faut aller la chercher — ny?KHo noexaTt 3a neii 3 A plus forte raison! — TeM ôonee! * cela ne vous regarde pas — 3to Bac ne KacaeTca » vous fourrez le nez dans mes affaires — bm cyeie hoc b moh gêna 5
de questions du matin jusqu’au soir. Est-ce que je vous demande ce que vous faites? — C’est ça, c’est ça! Vous restez dans votre village, parce que vous n’aimez pas quand on fait du bruit et votre petite-fille, la fille de votre fille, pleure à Paris, parce qu’elle n’a plus que vous1 et que vous ne voulez pas la voir! ... Une blondinette avec des yeux bleus ... — Une blondinette? Avec des yeux bleus? Ça ne vous regarde pas! Vous ne l’avez jamais vue! — Elle est blondinette comme votre femme Marianette! Cousin Henri ferme sa porte. Cousine Madeleine rentre chez elle. Mais la porte de père Henri s’ouvre à nouveau. ,— A quelle heure part le facteur? Cousine Madeleine répond: — A dix heures! Et pourquoi demandez-vous cela? — Il arrive en Avignon, à ...? — A onze heures! — Et d’Avignon, le train part pour Paris, à ...? — A deux heures de l’après-midi! dit le facteur. — Il arrive à Paris, à ...? demande père Henri.' — Je ne suis jamais allé à Paris! répond le facteur. — Vous ... vous allez à Paris, père Henri? demande cousine Madeleine contente. — Est-ce que ça vous regarde? A nouveau, la porte se ferme. Mais cousine Madeleine attend. Elle sait que la porte va se rouvrir. Si père Henri va à Paris, il mettra son beau costume noir. Et s’il met son beau costume noir, il faut vérifier ses boutons pour qu’ils ne tombent pas en route. Pour un vieux monsieur seul comme père Henri, un bouton qui tombe, c’est une catastrophe. Cousine Madeleine ne s’est pas trompée2. La porte s’ouvre. Père Henri sort, son beau costume noir sur le bras. — Cousine^ est-ce que vous pouvez vérifier les boutons de mon costume? — Bien sûr que je peux! Pourquoi est-ce que je ne peux pas? Je vous le demande. Contente, elle entre dans la cuisine de père Henri. Pendant que cousine Madeleine vérifie les boutons, elle parle, elle parle toujours. — Votre femme Marianette, elle était aussi blonde. Et des yeux bleus si bleus ... Et puis, petite et coquette, vive comme un papillon3 ... Et votre fille Claire était aussi blonde, avec des yeux bleus. Quel malheur! Quelle idée, aussi, de monter en avion? Ces machines-là, ce sont des tonnes! — et ça veut tenir en l’air comme 1 elle n’a plus que vous — y uee hhkofo hct, Kpowe sac 2 (elle) ne s’est pas trompée — (ona) ne oinnéjiacb 3 vive comme un papillon — JKMBaa khk éaéoHKa 6
une hirondelle1! Je ne suis pas étonnée que ça tombe. Quelle idée, aussi, de monter en avion! — Une hôtesse de l’air, ça monte en avion! dit père Henri. — Mais son mari? — Un pilote de ligne, ça monte aussi en avion! ... — Mais, vos frères, cousin Henri, qu’est-ce qu’ils font, eux? — Est-ce que je sais? Je n’ai vu personne de la famille depuis dix ans. — C’est vrai que vous avez mauvais caractère. Cette idée de se brouiller avec sa fille parce qu’elle a épousé un pilote2 de Paris! Père Henri change vite de sujet: — Mes frères, je les verrai, bien sûr. Il faut bien les voir. Il y a Jacques qui est médecin, Jean qui est professeur ... Père Henri est triste; sa fille Claire est morte et il faut aller à Paris. Il n’aime pas aller à Paris, il n’aime pas quitter Coule-Vent, où sa vie passe entre ses livres et sa cuisine, car, père Henri, s’il est un savant passionné de plantes et d’insectes, il est aussi un véritable chef devant son fourneau3. Il aime sa maison à Coule- Vent et il ne veut pas la quitter pour quelques jours. — Vous arroserez les fleurs de mon bureau tous les deux jours, et la plante verte de la cuisine, tous les jours, dit-il à cousine Ma- deleine. Elle écoute et ne répond rien. Père Henri ne parle plus. Il faut aller à Paris. Il ira à Paris. Il verra sur place ce qu’il faut faire pour cette petite. Il y a de bons pensionnats à Paris, où on peut élever une enfant. A son âge il ne peut pas prendre la petite à Coule-Vent et l’élever. A Paris Père Henri arrive à Paris à la gare de Lyon. Partout beaucoup de voitures de toutes marques, trop de bruits. Père Henri en a le vire-vire4 * * * 8. Comment peut-on v vre à Paris? Père Henri ne restera pas longtemps à Paris. D’abord, il va chez son frère Jacques le médecin qui habite près de la gare. Il sonne. Il entre. Jacques et sa femme ouvrent des yeux grands de surprise. — Henri? Toi ici? Pourquoi n’as-tu pas téléphoné? — Où est la petite? crie père Henri. — Dans son école! explique la femme du médecin. — Je veux la voir d’abord, avant de tout régler. 1 et ça veut tenir en l’air comme une hirondelle— 3d. ohii (3th MaïUHHfj) xotht jiOTaTt b BO3jiyxe, kbk jiacTOHKn 2 Cette idée de se brouiller avec sa fille parce qu’elle a épousé un pilote...! — UoccopuTbCH c jioqepbio TOJibKo H3-3a Toro, hto osa BbiniJia 3aMy>K 3a Jier- nnKa...! 8 s’il est un savant passionné de plantes et d’insectes, il est aussi an véritable chef devant son fourneau — oh hc tojibko ynesbni, yBJieqeHHbrii nayneHiieM paCTCHHH H HaceKOMEIX, HO H HaCTOHEHnÜ MaCTep y HJIHTU 8 (il) en a le vire-vire — y nero ot otofo rojioBOKpy}«enne 7
— A neuf heures du soir? — Je no veux pas rester longtemps à Paris. Alors, il faut tout régler vite. — Veux-tu manger? demande le médecin. Non, père Henri n’a pas faim. On lui a apporté de la salade trop blanche, de la viande froide, trop froide, des pommes de terre qui ne sont pas bonnes. Il pense aux repas qui sont restés sur sa table à Coule-Vent. Il ne mange pas ce qu’on lui a apporté. — Où est le prof? Le «prof», pour père Henri, c’est son frère Jean, le professeur de philosophie. — Je vais lui téléphoner! dit le médecin. Il viendra ce soir. Dring! le téléphone sonne. Dring! c’est la sonnette de la porte d’entrée. Le professeur, très sérieux, entre. — Bonjour, Henri. — Salut, Jean. — Il faut des occasions comme ... — Parlons vite! dit père Henri. La petite, qu’est-ce qu’on peut faire pour elle? — La laisser dans son école, répond le professeur. — Toute l’année? ... Et les vacances, et les dimanches? — L’été, il y a des colonies à la mer ou à la montagne. — L’écolè toute l’année, quoi? — Que proposes-tu de mieux?1 — Tu ne peux pas la prendre chez toi pour un peu de. vie de famille2? — Chez moi? s’écrie Jean le professeur, mais ce n’est pas pos- sible! Ma femme est malade, mes enfants ont leurs enfants, à eux. — Et chez toi, le médecin? Ta maison est très grande. — Ma femme est aussi malade. Elle ne peut plus marcher. — Et ta fille? — Elle est en Afrique. Père Henri n’est pas content. Il se lève. Il ferme sa veste. Il cache sa pipe dans sa poche. — A neuf heures, en juin, il ne fait pas encore grand nuit3. Allons voir sa directrice! — Tu es fou! On ne va pas voir la directrice d’une école à neuf heures du soir. Ça ne se fait pas.4 Elle reçoit le matin. — Pour une fois, elle recevra le soir. Un cas parep n’arrive pas si souvent.5 — Mais à cette heure-ci et pour rien! 1 Que proposes-tu de mieux? — sd. Th Moweinb npejuiOHCnTb <ito-to Jiyqnie? 1 pour un peu de vie de famille — mtoôm osa neMHoro ôbinajia b ceMbe 8 il ne fait pas encore grand nuit — eme ne oneub temho 1 Ça ne se fait pas. — 3to HenpnJinHHO. * Un cas pareil n'arrive pas si souvent. — no/joGiihie c/iy^au ue Tau Macro 6h- aaiOT. 8
— Pour rien? ... Fais le numéro et passe-moi le téléphone! Père Henri a parlé d’un ton si sec que le médecin fait tout ce qu’il dit. Père Henri a le téléphone. — Madame la directrice? Bien ... Excusez-ipoi, je suis le grand-père de Marianette et je suis arrivé à Paris, ce soir. H faut que je vous voie.1 2 — Oh! monsieur, ce soir! répond la directrice dans le téléphone. — Je veux voir ma petite-fille. — Mais, il est neuf heures du soir, elle est dans son lit. — Je ne la réveillerai pas. J’arrive. Attendez-moi! — Monsieur ... Père Henri a raccroché. — Qu’est-ce qu’elle a dit? demande la femme du médecin, in- quiète. — Je ne sais pas! répond père Henri. Je vais à l’école. Vous allez m’accompagner. Tu as ta voiture, Jean? — Oui. Nous allons avec toi. Mais tu n’as pas changé, Henri. Et Jean le professeur dit à son frère tout bas: — Allons-y pour l’empêcher d’être inconvenant.? La petite-fille de père Henri L’école de Mlle Anybel est une très bonne école. Père Henri et ses frères passent par un long couloir. Une demoiselle les voit: — Mademoiselle la directrice? A cette heure-ci? Je vais voir si elle est chez elle. — Elle est chez elle! dit le père Henri. Une demoiselle noire vient. — Mademoiselle la directrice, ce monsieur ... — Je sais! dit Mlla la directrice. Entrez, messieurs. — Où est-elle? réporid père Henri. — Qui? — Mais ... Marianette! — Je vous ai déjà dit: elle dort. Les enfants dorment quand il est plus de dix heures. — Je veux la voir. — Parlons d’abord! dit Mlle la directrice. Cette enfant est très délicate. Elle a eu beaucoup de chagrin.3 Elle est une excellente élève. — Elle a eu le prix d’excellence!4 dit Jean-le-prof. 1 II faut que je vous voie. — sd. Miie Hyamo c Bawn BCTpernTbcn. 2 Allons-y pour l'empêcher d'être inconvenant. — ad, IIoMjieM c hum, ’itoôu ne AonycTMTb ôecTaKTHoro nocTynKa c ero CToponu. 9 Elle a eu beaucoup de chagrin. — ad, Ona mhoto nepe>KHJia. 4 Elle a eu le prix d'excellence! — Ona noJiyHiura Bhicinyio aarpajiy (sa xopomne peayjibTaibi b yqeôe)! 9
— C’est normal, si elle est excellente! dit pète Henri. Mais je veux la voir d’abord. Mlle la directrice comprend qu’on ne peut rien faire et dit avec un soupir: — Venez, venez! Mais marchez sans bruit. Ils marchent derrière la directrice sans bruit. Mlle la directrice traverse un long couloir et grand-père Henri voit aux murs des des- sins d’enfants, des bouquets de fleurs, des guirlandes. Par une porte ouverte, il voit des classes claires et gaies, de grandes fenêtres ... Mais il manque quelque chose ici1. Quoi? ... L’air? ... Le silence? Les arbres? ... Les fleurs? ... Les ani- maux? ... La liberté? C’est ça: il manque la liberté de sortir de là, de temps en temps2, pour aller voir quelqu’un qui vous attend et qui vous aime. — Entrez, messieurs. Grand-père Henri entre dans une grande chambre. Des lits à droite. Des lits à gauche. Des enfants dorment. Mais où est Marianette? C’est un magasin de «marianettes», cette chambre! Pour trouver quelqu’un, il faut mettre des étiquettes comme aux poupées des magasins. La directrice prend sa petite lampe électrique. Grand-père Henri voit les étiquettes sur les lits: les unes après les autres. Voilà enfin. C’est là: Marianette Forêt. • ' Grand-père Henri s’approche de son lit. Il regarde attenti- vement. Il ne voit pas le visage sous les cheveux blonds de la peti- te. Marianette, sa femme, avait aussi ces cheveux blonds. Et Clai- re, la fille de sa pauvre Marianette, sa fille et la mère de cette Ma- rianette-là qui dort avait aussi ces cheveux blonds. Si elle ouvre les yeux, cette petite poupée qui dort, il verra ses yeux bleus. Il est sûr qu’elle a des yeux bleus, que sa bouche est petite, que sa voix est une petite musique douce. Il a pris entre ses mains le petit visage de l’enfant. Il le regarde. Elle a pleuré? Marianette a pleuré avant de s’endormir? — Mademoiselle, mais cette enfant a pleuré! — Peut-être! dit Mlle la directrice. Cette petite aimait ses parents. — Vous ne savez pas que Marianette a pleuré? ... Mlle la directrice n’a rien répondu. Grand-père Henri a pris la petite dans ses bras trop grands, trop solides. — Que faites-vous, monsieur? Laissez cette enfant qui dort et qui m’est confiée3. Que faites-vous? — Je l’emporte. * Mais il manque quelque chose ici. — Ho saecb ne xaaTaeT qero-TO. 2 il manque la liberté de sortir de là, de temps en temps — 3d. Hejib3H cboôoaho yxoflMTb oTciojia Bpewa ot BpeMenii • qui m'est confiée — 3a KOTopyio a oTBeaaio 10

— Monsieur, je suis la directrice de cette école ... — Et moi, je suis son grand-père. C’est la fille de ma fille et je l’emporte. — Monsieur ... Grand-père Henri emporte Marianette qui dort. — Mais où vas-tu? crie Jacques le médecin. — Attends, Henri! dit le prof Jean. — Je vais chez l’un de vous jusqu’à demain et puis, demain, j’irai à la gare de Lyon; et le soir nous serons à Coule-Vent. — Réfléchis, dit Jacques le médecin, réfléchis! — Est-ce que tu peux élever une enfant de neuf ans? — Cousine Madeleine m’aidera. — Mais ... l’école? — Je serai son maître. — Tu en feras une sauvage!1 dit Jacques le médecin et c’est dommage. Je te répète que cette petite est un prix d’excellence! — Très bien! dit grand-père Henri, j’aime les enfants intelli- gents. — Qui contrôlera ses études? — Chaque année, crie grand-père, chaque année, en juin, elle viendra passer les examens de passage pour la classe supérieure2. — Et sa- santé? — Sa santé? crie grand-père Henri, sa santé? Mais elle est pâle et maigre, elle pleure souvent. Tu la verras en juin prochain. Mais partons d’ici. Je vais chez toi pour ce soir. Marianette se réveille. Elle ouvre ses yeux bleus, elle regarde et commence à pleurer. — Vous lui faites peur!8 crie Mlle la directrice. — Elle a peur de toi, tu vois! crie Jean-le-prof. — Marianette, dit grand-père Henri tout bas, je suis ton grand- père, nous allons à Coule-Vent. C’est le pays de ta maman. C’est ton pays aussi. D’abord, Marianette regarde et ne répond rien. Puis elle dit: — Tu es grand-père Henri? Je te reconnais bien. Maman m’a parlé de toi ... Et ta pipe? Où est ta pipe? — Elle est là! dit grand-père Henri et montre sa poche. — Maman m’a dit que tu l’avais toujours aux dents. C’est vrai? — C’est vrai. — Alors, pourquoi est-ce qu’elle est dans ta poche? — C’est qu’à Paris, dit père Henri, c’est qu’à Paris je ne fais plus ce que j’aime faire. Partons d’ici! — Monsieur, c’est une fillette si délicate. Elle est heureuse chez nous, dit Mlle la directrice. Mais, si vous l’emmenez, nous 1 Tu en feras une sauvage! — Th na aee caenaenib ABKapKy! 2 passer les examens de passage pour ta classe supérieure — 3dt castl dK3a&feHu fljia nepexoaa s cae/iyiomiiH KJiacc 8 Vous lui faites peur! — Bh ee nyraere! ♦ 12
allons rhabiller et lui faire sa valise. Elle ne peut pas partir en chemise de nuit. Venez, mon enfant. — Oui, mademoiselle. Mais tu m’attends, grand-père? — Bien sûr que je t’attends. Grand-père Henri demande: — Tu veux vraiment que je t’attende1, petite? Tu n’as pas do peine à quitter2 tes camarades? Tu veux bien quitter Paris? Tu veux bien venir avec moi à Coule-Vent? Tu n’as pas de peine à quit- ter ton oncle Jean et ton oncle Jacques? Marianette regarde tout le monde. — Oh! oui, dit-elle, je veux aller avec toi. Chaque été, maman voulait m’envoyer à Coule-Vent. Elle serait contente si elle me voyait partir.3 Attends-moi, grand-père. Je vais vite faire ma va- lise! Marianette est revenue habillée comme une poupée. Un manteau bleu, un chapeau de même couleur sur ses cheveux blonds, des souliers blancs, des gants blancs, un petit sac à la main. — Tu viens, grand-père? — Vous ne me dites pas au revoir? dit la directrice. — Adieu, mademoiselle! dit Marianette. — Au revoir, mon enfant! N’oubliez jamais votre école et vos professeurs. — Je n’oublierai pas, mademoiselle.’ — Et puis, écrivez-nous souvent. Nous voulons savoir quels progrès vous ferez. - — J’écrirai, mademoiselle. Dans l’escalier, Marianette et son grand-père ouvrent la marche, puis Jacques le médecin, puis Jean-le-prof. — Grand-père? — Marianette? — Grand-père Henri, je suis très contente de partir avec toi à Coule-Vent. Je pense ... que plus jamais je ne serai triste. — Tu étais triste, Marianette? — Tout le temps. Grand-père est ému, mais il ne sait pas parler aux petites filles. Alors, il dit tout bas: «J’ai bien fait!» Marianette et grand-père Henri sont prêts à partir pour Coule- Vent. Mais grand-père a, tout à coup, une grande inquiétude. Il dit à la petite fille: — Ouvre ta valise! Je veux voir ce qu’il y a dans ta valise. Il regarde les blouses, les jupes, les beaux souliers, tous ces vêtements de poupée. * Tu veux vraiment que je t’attende...,? — Tu AeücTBHTejibno xoqemb, htoôh h Teéfl noji.o?KAaJi...? ' 2 tu n’as pas de peine à quitter — th ne oropneiia, hto noKHflaeiub 3 Elle serait contente si elle me voyait partir, — 3d. Ona éujia 6h AOBOJibna, ec- Jin 6m » noexajia. 13
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— Viens, dit-il. Qu’est-ce que tu veux faire avec ces vêtements de poupée? A la campagne il faut avoir des vêtements plus solides et plus chauds. Je voudrais1 t’acheter ces vêtements. — Des vêtements ... de garçon? — Si tu veux. — Chic! s’écrie Marianette. Oh! je voudrais un chandail, un pantalon ... et puis, une casquette ... et puis, un imperméable quand il pleut. Grand-père est content: Marianette sait ce qu’il faut acheter. La vendeuse les aide à acheter tout ce qu’il faut: «Du solide et du pas trop cher, n’est-ce pas?»2 dit-elle. — Avez-vous des bottes, petite fille? demande-t-elle à Maria- nette. — Des bottes? non! — Mais il faut avoir des bottes! s’écrie le grand-père. Surtout quand il pleut. Donnez-nous de bonnes et hautes bottes, mademoi- selle. — Et un parapluie, grand-père? — Et un parapluie! Prenons le parapluie qui est comme une fleur rouge et noire. Marianette ouvre le parapluie, elle le regarde, elle est très con- tente. — Tu aimes lire, Marianette? . — Oh! oui. — Alors, allons acheter des livres. Des manuels et d’autres livres. — Tu es en septième3, je pense? — Oui, je suis en septième. Ils achètent beaucoup de livres, des cahiers, des gommes, des crayons, des stylos, des plumiers et tout ce que veut avoir une petite écolière de neuf ans. — Et pour toi, grand-père, tu n’achètes rien? — Moi? Mais je n’ai besoin de rien! Jfp. — Et pour cette cousinêTVrâdeFéîrie qui sera ma grand-mère? — Mais, cousine Madeleine n’a besoin de rien, elle non plus. — Il faut acheter un petit cadeau souvenir, grand-père. Tu sais, quand on revient de voyage, on apporte des petits cadeaux ... Grand-père Henri regarde les beaux yeux bleus de Marianette. C’est le regard de Claire ... et de sa femme Marianette ... èt regar- dant sa petite-fille, il commence à ressentir plus durement leur perte4. 1 je voudrais — h xotgji 2 Du solide et du pas trop cher, n’est-ce pas? — IIpoHHoe h ue oneub aoporoe, ne npaBfla jim? 3 tu es en septième — th b ccalmom KJiacce (coomeemcmeyem 4 K^açcy cooemcKou lUKOAbl ) * 4 et regardant ... il commence à ressentir plus durement leur perte — ad. n rjui/m na ... oh HannnaeT eme cujimee omymaTb CMepTb MæHhi n Aonepn 15
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Il donne de l’argent à Marianette et lui dit: — Tiens! achète toi-même ... Moi, je ne sais pas ... La petite a acheté une belle écharpe large et longue. — C’est beau! dit grand-père Henri. — Voilà la monnaie, grand-père. — Je te la donne. Mets-la dans ton petit sac. — Tu me la donnes? Oh! merci. Attends-moi. Je vais vite re- venir. «Elle va acheter des bonbons! pense grand-père. Tous les enfants du monde achètent des .bonbons avec l’argent qu’on leu» donne.» Tous les enfants du monde achètent des bonbons, peut-être! Mais pas Marianette aujourd’hui. Elle revient et donne un paquet à grand-père Henri. — Pour toi, grand-père. Je suis très contente de te faire un cadeau. Il prend le paquet et l’ouvre. Une blague à tabac! Une blague, peut-être un peu petite, peut-être pas aussi commode que la vieille bonne blague qu’il a dans sa poche ... Mais la petite fille sourit, elle attend la joie du grand-père avec des yeux grands. Il la prend dans ses bras et s’écrie: — Ça, c’est une bonne idée! Quel beau cadeau! Et il l’embrasse. Il l’embrasse même deux fois. Marianette rit. Elle est heureuse enfin. Et lui aussi, il est heureux, grand-père Henri. Mais il est inquiet en même temps. Où va-t-il coucher cette petite fille? Et que va-t-il lui donner à manger? Une petite fille de neuf ans, est-ce qu’elle peut manger comme lui? Bien sûr que non! ... C’est vrai qu’il y a cousine Madeleine qui mange des ome- lettes, des purées, des compotes de fruits. Elle préparera les repas pour la petite. Elle la lavera, la soignera, l’élèvera. Cousine Made- leine le fera avec plaisir. Et lui, il se promènera avec elle, il lui apprendra à faire des problèmes’, il lui parlera des plantes et des animaux et lui enseignera la géographie, le français, l’histoire et beaucoup de choses intéressantes. Mais ... il faut la distraire. A cette idée grand-père Henri est inquiet à nouveau. Comment dis- traire une petite fille de neuf ans à Coule-Vent où il n’y a pas d’enfants pour jouer? Ces tristes idées préoccupent père Henri. Ah! Pourquoi sa fille travaillait-elle comme hôtesse de l’air? ... Pourquoi s’est-il dis- puté avec sa fille? Pourquoi vivait-il loin de sa fille Claire et de sa petite-fille? Et maintenant, il ne connaît pas du tout la petite Ma- rianette qu’elle lui laisse ... Elle n’est pas venue en Vacances à Coule-Vent, et il ne sait ce qu’elle aime et ce qu’il faut faire. Ils n’ont pas en commun le souvenir des joies des vacances passées 2 3aKa3 4455 17
ensemble.1 Mais c’est fini. C’est irréparable. Il lui reste seulement à rendre Marianette heureuse ...2. Marianette le regarde, inquiète. — Tu n’es pas triste, hein, grand-père? Il lui sourit, et il l’embrasse à nouveau. Marianette arrive à Coule-Vent Marianette et père Henri sont dans le wagon du train qui va à Coule-Vent. Le train va vite, mais Coule-Vent est loin de Paris. Marianette est très fatiguée. Elle s’endort. Sa tête est sur les genoux du grand-père. Il regarde la petite, il caresse ses cheveux. Tout à coup la petite se réveille. Elle ouvre les yeux, regarde père Henri, lui sourit et dit: — J’aime bien quand tu me caresses les cheveux. — Lève-toil Nous arrivons ... — Nous arrivons à Coule-Vent? — Non, nous arrivons en Avignon. Nous prendrons le car et nous serons à Coule-Vent dans une heure. Dans le car, Marianette regarde à gauche et à droite, elle crie de joie: — Des vaches, grand-père! Des chèvres! Des chevaux! Que de fleurs! Quels beaux arbres! Ohl la jolie maison avec son jardin! Et là-haut, grand-père, qu’est-ce que c’est que ce grand château triste? — C’est le château de Triple-Bec, — Qui y habite? — Un homme qui le garde. — Ahl Qui est le maître de ce château? — Des messieurs de, Paris, je pense Mais ils n^y viennent jamais. — Dis, grand-père, est-ce que nous irons au château de Triple- Bec? — Nous, nous n’y irons pas. On ne peut pas! Ce n’est pas pos- sible. Les fenêtres et les portes sont toujours fermées, les murs sont très hauts. C’est pourquoi ôn ne voit rien ni dans les jardins ni dans la cour. — Et si on colle son œil à un trou?3 Quelle curieuse! dit grand-père Henri. Non, on ne peut rien voir, et il ne faut pas le faire, parce que deux grands chiens très méchants gardent le château. — Pauvre gardien! Il est tout seul? Sa vie doit être triste. 1 Ils n'ont pas en commun le souvenir des joies des vacances passées en- semble. —3d. Y aux aeT oénmx BOcnoMnnaimâ o cqacTjuiBbix ahhx KanuKyji, npoBefleHHMX bmcctc. 2 C'est irréparable. Il lui reste seulement à rendre Marianette heureuse... — 9to HenonpaBHMo. Ewy octhctch tojibko cjjejiaTb Mapuaner c^iacTJinBon... 8 Et si on colle son oeil à un trou? — A ecjm BHUMaTejibHO CMOTpeTb b me.uoHKy? 18

— On dit qu’il a sa femme. — On dit? On ne le voit jamais? ? , — Quelqu’un l’a vue. z — Lui, on le voit? — Oui. Mais il ne parle à personne. Bonjour — bonsoir et c’est tout! Il vient au village pour prendre le car chaque semaine et il revient le soir avec des sacs de provisions. Il achète tout en Avignon. — Personne ne va au château, alors? — Je te l’ai dit. Personne du village n’y va. Marianette réfléchit: — Ce n’est pas possible! Et le facteur? 4 i. — La boîte aux lettres est à l’entrée du château. — L’électricien? — Il n’y a pas d’électricité. — Le téléphone? — Pas de téléphone. — Mais, grand-père, c’est le château du mystère! ... Tu penses qu’il y a un mystère? C’est très intéressant! J’aime les mystères, moi! Grand-père Henri sourit. — Tu sais, Coule-Vent ne s’intéresse pas au château. Le gardien et sa femme y habitent depuis cinq ans. Un jour les maîtres peuvent venir pour y passer les vacances. — Avec tous leurs enfants? Grand-père Henri est inquiet à nouveau: on n’est pas encore à Coule-Vent et Marianette parle déjà des enfants. Il n’y a pas d’en- fants au village! Que faire? Ah! Il est un pauvre vieil homme ... Et la chambre de la petite? Où va-t-elle jouer, faire ses devoirs, dormir? Elle qui a l’habitude des appartements parisiens avec tout le confort moderne! ... Mais tout à coup Marianette crie: — Grand-père, un village! Oh! un très joli village! — Tu l’aimes? — Oui. — C’est Coule-Vent, Marianette. — Quel joli village! Un moment! Je vais trouver ta maison. Maman me l’a si souvent décrite ... Ah! La voilà! La voilà avec son toit rouge. C’est bien ta maison, dis? ... Tu vois, j’ai trouvé! ... Et cette dame qui court vers le car, je la reconnais avec son chignon et son tablier à fleurs. Maman me disait qu’elle avait toujours un tablier à fleurs. — Cousin Henri! crie cousine Madeleine, vous avez fait bon voyage? Et la petite? ... Oh! elle est là! C’est elle! C’est bien elle avec ses jolis yeux bleus et ses cheveux blonds! ... Je suis la cousine Madeleine, ma petite! ... Oh! elle m’embrasse comme si elle me connaissait depuis toujours1. Et puis, un cadeau? Elle m’a apporté 1 comme si elle me connaissait depuis toujours — KaK-ôy^TO ona anaei Mena ya<e aasno 20
uh cadeau! Merci, ifia petite. Je suis très contente de ton cadeau, j’en pleure même. Cousin Henri, que vous êtes bon! Je vous embrasse aussi. Je dis toujours que vous êtes bon. Tout le monde est content, tout le monde rit. Puis, cousine Madeleine prend la main de la petite. — Viens voir la maison. Marianette est dans le jardin. Elle court d’un arbre à l’autre, elle admire les fleurs. — Ce n’est pas tout, cousine ... Il faut la coucher, il faut lui donner à manger, il faut la soigner, parce que ... je la garde ... Ce soir, où sera sa chambre? Ce soirA restez avec nous, cousine Madelei- ne, ce sera mieux pour elle1 2. — Bien sûr que je reste, cousin. Et avec joie. Ne vous inquiétez de rien. La chambre est prête pour la petite. — La chambre de la petite? ... Mais je ne vous ai pas annoncé mon retour ... — Alors, c’est que je vous connais bien, cousin Henri! Je savais que vous ramèneriez3 la petite à Coule-Vent. — Merci, cousine ... J’ai ramené^ Marianette, parce que je savais que je pouvais compter'sur'xous. — Je vais coucher dans la'cKambre de maman quand elle était petite? demande Marianette. — Oui! Tu verras que c’est une jolie chambre! C’est la porte à gauche. Cours vite voir! — Que c’est grand! Que c’est beau! crie Marianette. Grand-père Henri est devant la porte ouverte de la chambre. Il est très content. Cousine Madeleine a fait de l’ordre dans la chambre; elle a lavé le plancher et les fenêtres; le lit, l’armoire et les fauteuils brillent, aux fenêtres il y a de nouveaux rideaux. — Ces grands fauteuils, c’est pour moi? — Tout est pour toi, petite-fille. — Et le.bureau! ... J’y mettrai mes livres de classes. Là, mes livres de bibliothèque ... Et cette grande armoire? — Ouvre-la! Marianette ouvre et voit beaucoup de boîtes. — Qu’est-ce que c’est, cousine Madeleine? — Tous les jeux de ta maman quand elle était petite. * — Les poupées de maman ... Cette blonde, c’est £Jetty ... Je là, reconnais. Maman me parlait souvent de cette chambre et de ses jeux. . t 1 1 ’' ", Cousine Madeleine regarde pere Henri qûi baisse les yeux. Sa fille Claire avait gardé les souvenirs de son enfance "et elle les ra- contait à Marianette. Pourquoi s’est-il disputé avec sa'fille? Il se sent bien coupable.3 Il a pris la petite main. 1 ce sera mieux pour elle — jvih nee thk ôy/jeT Jiyqme 2 je savais que vous ramèneriez — h anajia, hto bbi npiiBesere c coôon 3 II se sent bien coupable. — Oh qyBCTByeT ceéa ohchb bkhobutlim. A - A Û A . A. 21
— Tu es contente, dis? — Oh! oui r grand-père. — Tu ne veux pas revenir à Paris? Si tu veux y revenir, dis- moi! — Mais non! Je ne veux pas revenir à Paris. A la campagne Marianette est sur le balcon de sa chambre, un balcon tout en fleurs. , Dans le jardin, elle voit grand-père Henri qui est assis sous un arbre et fume sa pipe. — Cousine Madeleine, sur l’arbre, là-bas, je vois ... Est-ce que ce sont des cerises? Il y en a des paniers et des paniers! Ce n’est pas possible! — Mais si, ce sont des cerises, fet l’arbre s’appelle le cerisier. — C’est un cerisier? Je n’ai jamais vu de cerisiers. Oh! grand- père a un cerisier? crie Marianette, très contente. — Mais, ma petite, dans tous les jardins de notre village il y a des cerisiers. Il a quatre cerisiers, ton grand-père. En juin il y a beaucoup de cerises. Va vite dans le jardin! Mange les cerises, si tu veux. — On peut? — Mais oui! Les cerises ne sont pas en or! Elles sont faites pour être mangées1 et,, de préférence, par les petits enfants. — Oh! dit Marianette, je , ne pourrai jamais les. manger toutes! Qu’est-ce qu’on va faire de tout le reste? — De la confiture ... Et puis il faut laisser le reste pour les oiseaux. On ne mange jamais tous les fruits du jardin. — Tous les fruits? Est-ce qu’il y en a d’autres? — Bien sûr, petite. Va voir derrière cette barrière. Tu y trou- veras des fraises et des framboises. Elle court. Elle admire le jardin. Elle lève les mains vers le cerisier, prend des cerises rouges, les met dans sa bouche. Que c’est bon! A Paris, on mange les cerises une à une, on lés compte presque. Elles sont déjà un peu sèches ... Ici ... oh! ici, on les mange trois par trois, quatre par quatre2 ... — Grand-père Henri! Elle s’approche du grand-père, les mains pleines de cerises. — Prends, mais prends donc! C’est trop bon! — Pas maintenant. Tu vois, je fume ... Elle court au jardin. Elle regarde les arbres pour trouver des fraises. J elles sont faites pour être mangées — ohh cynjecTByiOT jyifl toio, htoôm hx cjih 2 trois par trois, quatre par quatre — no rpn, no nerupe cpaay 22

— Où est’le fraisier? — Le fraisier? Mais il y en à au moins cent1! — Cent? Ce n’est pas possible! Alors, c’est une forêt! Mais je ne vois pas cette forêt! Grand-père rit: — Une forêt? Mais, petite, le fraisier n’est pas Un arbre! Regarde à tes pieds! Oh! Marianette est très surprise. Elle regarde à ses pieds et elle voit beaucoup de fraises. — Oh! grand-père, mais je ne savais pas! — Tu n’es jamais sortie de Paris? — Si ... Londres, Madrid, New York même. — C’est ce ^ue je pensais: toujours les grandes villes. Tu n’as jamais été à la campagne. Tu ne connais ni les plantes, ni les ani- maux. A Goule-Vent tu apprendras beaucoup de choses intéressantes. Marianette cherche des framboises, mais elle ne sait pas où on peut les trouver: sur un arbre ou sur une plante? Marianette est triste. Elle a le prix d’excellence et elle ne sait rien. Rien, mais rien de rien. , — Grand-père, dit-elle tout bas, je suis ignorante. Il faut que je commence à travailler tout de suite. Je ne peux pas dire bonjour aux arbres, je ne sais pas les noms des plantes, je ne sais le nom de rien! Tu sais, c’est vrai: je ne sais rien-rien-rien! — Mais si, tu sais quelque chose! Tu ne sais rien sur la vie à la campagne. Mais tu verras, dans quelques semaines, tu apprendras beaucoup de choses intéressantes et tu seras contente de cela ... Il faut travailler, tu as raison. Mais comme en juin les programmes sont finis, on aura beaucoup de temps pour aller étudier dans les champs. . • Cousine Madeleine appelle Marianette et pète Henri. Il ést l’heu- re de la soupe: la soupe aux herbes de Provence est très bonne. Marianette aide cousine Madeleine. Elle met sur la table des assiettes, des cuillères, des fourchettes et des couteaux. On mange avec appétit. Marianette sourit. Elle a mangé de la soupe, un œuf; et du fromage qui sent les champs. Au dessert elle a mangé des cerises. . L . Puis elle monte dans sa chambre. Elle est contente: elle âime la’ musique des oiseaux qui vous arrive par la fenêtre ouverte, le sfc'! lence, les arbres et les fleurs^ • : . : ' Marianette embrasse cousine Madeleine. — C’est que je t’aime, tu sais, lui dit-elle. Cousine Madeleine a des larmes aux yeux. - ' • > — Père Henri! appelle-t-elle. Il était là, derrière la porte. — Entrez donc pour le bonsoir, grand-père! 1 il y en a au moins cent — nx (KycTOB KJiyéHMKM) no Ment me n Mepe cto 24 s r
Les leçons dans les champs et dans les bois Et la vie passe tranquille, entre cousine Madeleine et grand- père Henri. Le matin, on travaille, on fait des problèmes , des dictées, de la grammaire, comme dans toutes les écoles du monde. Mais, l’après- midi, on court les chemins, et les leçons se font dans les champs et dans les bois. On observe les fleurs, les plantes et les oiseaux, on cherche les points cardinaux1, on travaille tout le temps sans presque y penser. Mais cet après-midi Marianette est libre. Grand-père travaille dans le jardin. Elle ira seule dans -les champs. Elle doit trouver et rapporter des feuilles simples, des feuilles composées et d’autres, toutes les feuilles qu’on a étudiées hier, sur le livre de botanique. Tout le village aime Marianette et elle peut se. promener, seule, dans les bois et dans les champs. — Où iras-tu, petite? lui a demandé grand-père Henri. — Vers le Cru. De là-haut, on voit bien tout le village et je ferai son plan. Tu me l’as demandé hier. — Bien, va sur le Cru. Mais ne t’approche pas du château... Tu as pris ton gâteau? — Oui. Cousine Madeleine me l’a donné. — Quand le soleil se cachera derrière la forêt, tu reviendras, n’est-ce pas? Et Marianette est arrivée au pied du Cru. Le Cru est une petite montagne blançhe et sèche; couverte de buissons. Pas un arbre. Ma- rianette prend un sentier sur la gauche et monte lentement. Tout à coup elle entend: H'" • • * — Grrr-ouah-ah-ah! C’est un grand chien qui gronde et qui sort d’un buisson, un des chiens qui gardent le château. Et le château est tout près. Le chien est à distance, mais il gronde, il montre ses grandes dents. — Excuse-moi, grand chien, dit Marianette qui a. peur (mais qui sait qu’elle ne doit pas le montrer), excuse-moi, je ne me savais pas si près de chez toi2. Je vais revenir chez moi. Au revoir. -Ne me mords pas,f?s’il te plaît., . • - Klle regarde le chien et s’éloigne lentement, lentement. Le chien avance aussi lentement. ElTe tourne la tête et s’arrête: elle voit-un deuxième grand chien. Elle tombe. Maintenant, elle est assise entre deux grands chiens méchants. Les chiens la regardent, ]a sentent, se rassurent parce qu’elle 1 on cherche les points cardinaux — 3d. yaaTca opueHTnpoBaTLca na mgcthoctm 2 je ne me savais pas si près de chez loi— a ne 3Ha;ia, hto Haxo?Kycb Tan 6jiii3ko ot Teéa
ne bouge pas1. Marianette sait: si elle bouge, ils vont la manger. Ils se sont assis de chaque côté d’elle. Maintenant ils la gardent... Qu’est-ce qu’il faut faire? Leur parler? Elle dit: — Bon-jou-our ... Bon ... jour! Ils n’ont pas bougé? Non? Alors, elle peut leur parler? — Bon ... jour et ... au revoir! Je reviens chez moi, vous sa- vez! Mon grand-père ... il m’attend! ... Non, non! Je n’irai pas au château! ... Je vous répète que je reviens chez moi. Laissez- moi passer2, s’il vous plaît. Mais les chiens ne bougent pas. Ils ne comprennent pas. Maria- nette leur explique encore une fois: — Laissez-moi passer, s’il vous plaît. Mon grand-père m’attend. Je ne veux pas passer la nuit ici ... Alors, dix minutes encore, et je reviens chez moi. C’est d’accord? Avez-vous faim? Mangez mon gâteau, s’il vous plaît. Le voilà. — Voulez-vous manger tout le gâteau? Eh Bien, je vous donne tout le gâteau, mais laissez-moi partir! Non, ils ne veulent pas tout le gâteau. — Vous ne l’aimez .pas? Si, ils l’aiment. Mais ils ne sont pas des chiens dont on achète les bonnes grâces3. — Alors, je vais le manger moi-même! ... Mais, tiens? Qu’est-ce que c’est? C’est ... C’est ... Oh! C’est un serpent! Il est déjà sur son pantalon ... Marianette a peur du serpent. Elle ne sait que faire entre un serpent qui tue et deux chiens qui ne l’ont pas encore mangée. Elle bouscule le chien qui est assis à droite et court vite par le sentier. Elle court et court et court et arrive sous les murs du château. Elle voit dans le mur une petite nichçr Elle se çache dans cette petite niche qui est assez haute. Elle tourne la tête et voit que les chiens ne l’ont pas suivie, qu’ils sont toujours là-bas. Que peuvent- ils bien faire? Marianette regarde les chiens qui sont toujours près des buis- sons. Elle voit le serpent tué, entre les dents d’un chien. Les chiens reviennent maintenant. Ils s’approchent lentement. Ils, ne mon- trent plus leurs dents. Ils ont presque des airs amis.4 Elle leur dit -tout bas: — Merci, mes amis! Vous avez tué le serpent et vous m’avez sauvée. Si vous voulez, nous serons amis, moi, je veux bien, vous savez! Merci, encore! Sans vous, le serpent ... Il était sur mon pantalon! a (ils) la sentent, se rassurent parce qu’elle ne bouge pas — (ohh) ee oénioxnBaioT, ycnoKanBafOTCH, raK Kan ona ch^ht hciio^bii7kho 2 laissez-moi passer — nponycTHTe Mena 3 les chiens dont on achète les bonnes grâces — 3d. coôaKii, kotophx mohuio nojiKynHTb « Ils ont presque des airs amis.— 3d. Ohh cMorpaT hohth ApywejnoÔHO, 26 ‘ •• • .
Tout à coup elle entend une voix: — Rix? Rox? Où êtes-vous? C’est leur maître qui les appelle. — Venez avec moi, les chiens! dit la même voix. Nous allons nous promener au sommet du Cru. Les chiens s’éloignent lentement. Marianette risque regarder de sa niche. v,,...., Elle voit un homme grand et fort et une femme maigre et brune. Ils s’éloignent vers le sommet du Cru, les deux grands chiens les suivent. Marianette compte jusqu’à cent pour les laisser s’éloigner1, ensuite elle courra vite à la maison. Elle attend et observe la niche où elle se c^che. Elle voit un petit ttôu. Elle regarde par le trou et tout à coup elle entend un bruit derrière le mur. Marianette ouvre de grands yeux. Ce qu’elle entend — mais oui! — c’est une voix d’enfant qui chante tout bas. Est-ce que le gardien a laissé un transistor ouvert? ... Mais la voix s’arrête et recommence ... Non, il y a quelqu’un là, derrière le mur, dans la cour. Qui? Mais qui? Maintenant elle regarde attentivement. Elle voit une petite table avec des livres, un mécano, des autos miniatures et un jeu de domino. Est-ce que les gardiens du château jouent au mécano? Non, ce n’est pas possible. Elle regarde encore une fois, et elle voit un petit gilet rouge, un gilet d’enfant. Un enfant? Il y a un enfant au château Mais un enfant qui ne sort jamais du château, qui ne Court ni les champs, ni les bois. Pourquoi? Elle regarde à nouveau, mais elle ne voit personne. Elle ne peut plus attendre. Les chiens peuvent revenir et le grand-père l’attend, il faut vite revenir à la maison. Elle saute du mur. Une pierre tombe. — Qui est là? demande une voix de garçon. Qui est là? Mais Marianette court. Elle court très vite. Elle entend les chiens qui aboient au sommet du Cru. Elle court vite, très vite au village. Le soir, Marianette est dans son lit. Quand grand-père vient lui dire bonsoir, elle lui dit: — Assieds-toi, grand-père. Ce matin j’ai vu au château ... Et Marianette raconte ce qu’elle a vu et entendu. Le grand- père demande: 1 les laisser s’éloigner — noKa (ohm) y^aJuiTca 27
— Tu es sûre de ce que tu racontes, Marianette? — Sûre-sûre-sûre, grand-père. — Et tu dis qu’il chantait? — Oui. — Ça veut dire qu’il n’est pas malheureux1, cet enfant. — Oh! tu sais, dit Marianette, ça ne veut rien dire! Quand je suis triste, moi, je chante pour me faire penser que je suis gaie2! Lui, il chante peut-être parce qu’il est triste. — Un garçon? Tu es sûre que c’est une voix de garçon? — Je pense. Et puis un mécano ... Tu sais, grand-père, ce n’est pas bien d’être deux enfants à Coule-Vent et de ne pas se promener et jouer ensemble! Marianette apprend le mystère de Triple-Bec — Je suis très content de toi! dit grand-père Henri à Marianette. Tu n’as pas fait de fautes à ta dictée, tes problèmes sont justes et tu as très bien lu le texte. Maintenant, voyons ton devoir de français! Quel sujet as-tu choisi? Voyons cela!... «Le mystère du château du Cru»? Lisons ensemble! «Sur la montagne du Cru s’élève un châ- teau. Ce château s’appelle Triple-Bec. On l’appelle ainsi parce qu’il a trois grands becs de pierre. Noir sous le ciel bleu, il est triste. Tout y est fermé et silencieux. On dit que deux personnes habitent là, un gardien triste et sa femme au visage malheureux. Mais moi, j’y suis allée et j’ai entendu un petit enfant qui chantait. Le château noir m’a semblé tout à coup plein de soleil3. Mais ce garçon, pour- quoi est-il caché dans le château? Le Triple-Bec est devenu, pour moi, le château du mystère». — C’est vrai ce que j’écris, grand-père! Hier au soir, je ne pou- vais pas m’endormir. Je me disais: «Le-pe-tit-gar-çon-le-pe-tit- gar-çon ...» et je me posais beaucoup de questions. — Quelles questions, par exemple? — Est-ce que c’est un petit garçon volé? Parce qu’on ne cache pas un petit enfant ordinaire. Il doit se promener, sortir de la mai- son, avoir des amis. Le gardien et sa femme sortent du château. Je les ai vus. Pourquoi est-ce que le petit garçon ne sort pas avec eux? C’est peut-être un garçon volé? Dis, grand-père, tu penses aussi que c’est un enfant volé? Je ne sais pas, ma petite. On va voir. Comment le petit est-il arrivé au village? S’il était venu en voiture, les gens du village l’au- raient vu.4 Mais ... Attends, attends! ... Il y a cinq ans, quand les 1 ça veut dire qu’il n’est pas malheureux — aïo SHannT, <rro oh ne thkoh y?K HeevaCTHHH 2 pour me faire penser que je suis gaie — 3d. vtoGij AywaTb, vto mhg Becejio 9 m’a semblé tout à coup plein de poleil — une noKaaajicfl B^pyr oaâpeHHUM COJIHIjeM < S’il était venu en voilure, les gens du village l’auraient vu. — Ecjih 6m oh npiiexa/i Ha aaioMoéiuie, auiTejiH Aepeimn yiuiApaa 6m ero. 28
gardiens sont venus, le père Léon a dit qu’il avait entendu un en- fant faire un caprice1. Seulement, tout le monde n’a rien compris parce que personne n’a plus rien entendu ... Maintenant j’ai une question: pourquoi cachent-ils un petit enfant depuis cinq ans? Il a tourné la tête vers la cuisine: — Cousine Madeleine? — Oui. Elle est arrivée, un torchon à la main. — Qu’est-ce qu’il y a?2 — Hier, la petite a entendu un enfant au château ... Le père Léon avait peut-être raison? — Un enfant au château? Mais pourquoi? Mais comment? — Voyons! dit grand-père. Pourquoi cachent-ils cet enfant au château? Est-ce que c’est leur enfant? Comment le savoir? Personne ne va au château. — Il y a un homme qui vient parfois au château dans sa grande voiture. Il doit le savoir. Mais on ne sait pas qui est cet homme. — Oh! Je veux bien le savoir! dit Marianette. Hier ce garçon a demandé: «Qui est là?» ... Mais je n’ai pas répondu à sa question. Grand-père, je veux aller encore une fois au château. — Ah! non, ma petite, dit cousine Madeleine. Ces gens, on ne les connaît pas, et leurs chiens, on ne les connaît pas non plus! — Mais moi, je les connais, leurs chiens, et ils me connaissent aussi, maintenant. — Non, non, non! Reste ici, Marianette. Je ferai quelque chose moi-même, pour savoir et te raconter. — Quoi, par exemple? — Je ne sais pas encore, mais je ferai quelque chose. — Je pense que ce petit garçon .ne se promène pas, continue la fillette, parce qu’il est le fils de gens très riches, et ses parents ont peur qu’on le vole3 4. Les gardiens sont peut-être là pour le cacher et le soigner? ... Le monsieur qui vient parfois au château, c’est son père ou son grand-père? — Tu as trop de fantaisie, petite, dit le grand-père. Viens! Nous allons nous promener dans les montagnes. Mets ton chapeau. Il fait très chaud. _ Marianette et grand-père vont loin, jusqu’à la montagne du Cru. Et comme, sur le Cru, tous les chemins mènent au château, ils se retrouvent tout à coup sous le mur. Marianette est contente. — Tu vois, c’est là qu’il y avait les chiens, explique Marianette. Oh, grand-père, viens voir mon observatoire! Juste une minute? Je vais monter. 1 (il) avait entendu un enfant faire un caprice— (oh) ycjiMuiaJi, KaK peôenoK Kan- pH3HHHaJI 2 Qu’est-ce qu’il y a? — Hto eJiymiJiocb? 3 (ils) ont peur qu’on le vole — (ohh) 6ohtch, khk 6m ero ne yKpajin 4 Juste une minute. — 3d. Tojilko Ha MHHyTy, 29
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Grand-père aide Marianette à monter dans la niche. — Juste une seconde, dit-il à la petite. Puis il demande: — Tu vois quelque chose? — Chut! dit Marianette tout bas. — Viens, maintenant il faut descendre! — Chut! répète la fillette. / Quelques secondes après, elle se retourne, les larùies aux yeux, et saute dans les bras du grand-père qui remporte. — Qu’est-ce que tu as?1 Mais qu’est-ce que tu as? — Viens plus loin ... Viens, je te dirai ... Le grand-père et Marianette s’éloignent du château. — Mais enfin, qu’est-ce que tu as vu? — D’abord rien. Des jouets seulement. Beaucoup de jouets par- tout. Et puis, la petite veste rouge. Et puis, j’ai entendu un enfant qui pleurait tout bas. Tu n’as pas entendu, toi, grand-père? — Moi aussi, j’ai entendu qu’un enfant pleurait tout bas. — Oui, il pleurait tout bas, «pour lui»2. Après, j’ai vu une dame, près de la table aux jouets. Elle a dit: «Hugues, je ne suis pas con- tente de vous. Vous avez beaucoup de jouets et vous ne voulez pas les regarder! Vous me faites beaucoup de peine.» — Ça, je l’ai entendu, dit le grand-père. Et le petit n’a rien ré- pondu. Elle a dit encore: «Venez manger cette tarte à la crème. Je suis triste, triste quand vous ne mangez pas et quand vous n’ctes pas sage.» — Et c’est vrai qu’elle était triste. Alors, le garçon a répondu: «Je m’ennuie, je m’ennuie. Je n’ai pas d’appétit.» Et après, je l’ai vu ... Et Marianette a recommencé à pleurer dans les bras de son grand- père. — Qu’est-ce que tu as vu? — D’abord, j’ai vu les jambes allongées ... Puis, j’ai vu un fauteuil roulant. Oh! Grand-père, il ne marche pas. Il est malade et il a à peu près mon âge. — Un malade? — Oui. Seulement ses jambes. Il ne peut pas marcher. Il bouge les bras. Ses cheveux sont châtains, il est beau. Quand il s’est ap- proché de la dame avec son fauteuil roulant, il avait l’air méchant et il a jeté la cuillère que la dame lui avait donnée. Puis, il a recom- mencé à pleurer et la dame l’a pris dans ses bras. Oh! grand-père, elle pleurait, elle aussi. — Qu’est-ce Que c’est que cette histoire? Je n’y comprends rien.3 Grand-père fume sa pipe et dit: 1 Qu’est-ce que tu as? — tIto c toôom? 2 il pleurait tout bas, «pour lui» — 3d. oh njiaKaji cobcgm uup, hto6m ero hmkto ne cjiwmaji 9 Qu’est-ce que c’est que cette histoire? Je n’y comprends rien. — 3d. CipaHHaa MCTopim. H numéro ne Mory hohatl. 31

— Je pense que ce garçon n’est pas le fils de la dame. C’est un enfant malade qui a besoin du soleil de notre pays. Le gardien et sa femme le gardent au château. La dame le soigne bien, n’est-ce pas? — Oui, je pense que oui. — Mais pourquoi ne sortent-ils pas du château avec le petit? Pourquoi ne se promènent-ils pas avec ce garçon? Il est malheu- reux, il s’ennuie tout seul. Tu as raison. Il y a un mystère. On le cache. — J’ai vu beaucoup de jouets. Beaucoup-beauçoup, tu sais. — Il faut que je parle au maire de cette histoire. — Oh! grand-père. Il est seul au château, sans amis. Il est ma- lheureux. Je veux l’aider. Je veux jouer avec luit lui raconter des histoires, lui lire, parler ... Allons au château! — Mais qu’est-ce que tu leur diras, Marianette? Que tu as re- gardé par ûn trou du mur? Que ton grand-père t’a aidée à faire cela? Ils diront que nous sommes curieux. Ils ne parleront pas avec nous. Non! Ce n’est pas le moment. Rentrons chez nous ... Le petit n’est pas en danger.1 2 Il faut aider ce garçon. Mais comment? — Alors, aide-le, grand-père! Fais quelque chose pour l’aider plus vite! Marianette écrit des lettres à Paris Marianette pense toujours au château et au petit garçon malade. .Peut-être pleure-t-il? A-t-il mal aux jambes? S’ennuie-t-il? Pour la distraire un peu grand-père lui dit: —Marianette, écris à Paris à Mlle Anybel, qu’elle juge de tes progrès^ en français. — Je ne veux pas, tu sais. Mais, s’iFîéïaut, c’est d’accord! ... Et puis, j’écrirai à Mlle Geneviève. C’était ma maîtresse. Elle était très bonne. Trop même. Elle doit penser que je l’ai oubliée. Cela lui fait de la peine. ' Marianette a pris son stylo et a vite écrit. Elle sait ce qu’elle - veut dire et elle le dira vite et bien. , Quand elle a fini, elle a donné la lettre an grand-père. — Regarde, grand-père, ma lettre à Mlle Anybel. Est-ce qu’il y à des fautes? \ ~ ' Grand-père lit à haute voix pbur coUsirie Madeleine: «Chère Mademoiselle, je vais très bien. J’ai grandi de deux centimètres parce que je grimpe aux arbres. Je pèse 1 kg 250 de plus parce que je mange beaucoup de fruits sur les arbres et des bonnes soupes de cousine Madeleine. Le lait de la vache Rousselle est bon. 1 Le petit n’est pas en danger. — MaJibniiK bho onacnocTM. 2 qu’elle juge de tes progrès — htoôm oaa Moraa oaeauTb tboh ycnexn 33
J’aime aussi les fromages de la chèvre Cabriole. J’ai toujours faim à cause du soleil et du vent1 qui sent les fleurs et je dors bien parce que j’aime mon grand-père et-cousine Madeleine. Je fais des progrès en tout, et Coule-Vent est un très beau pays.» Puis, elle écrit la deuxième lettre à Mlle Geneviève: «Chère Mademoiselle, je suis heureuse. Grand-père m’aime, cousine Ma- deleine m’aime, tout Coule-Vent m’aime ... Mais parfois je suis triste parce que j’ai vu un garçon qu’on cache entre les murs d’un vieux château. Il s’appelle Hugues, il est malade. Je veux bien être son amie. Quand je cours, je pense à ses jambes malades. Il ne peut ni courir ni marcher ... C’est triste, n’est-ce pas? Je vous embrasse bien fort.» — Ça y est2., j’ai fini ma lettre! dit Marianette. La porte s’ouvre et cousine Madeleine entre, l’air mystérieux. Elle apporte quelque chose dans son. tablier. Viens voit, dit-elle à Marianette. La fillette s’approche vite de cousine Madeleine. Elle regarde. Que voit-elle? Un petit nez noir et chaud, des oreilles Manches, de fines moustaches. — Un petit chat? C’est un petit chat! Qu’il est beau! Mais il a peur. Calme-toi, petit! Je ne veux pas te manger! Et Marianette prend lé petit chat entre ses mains. — Il va te griffer, prends garde!3 crie grand-père. Mais le petit chat ne griffe pas. Marianette le prend, le caresse, lui chante une chan- son et le chat fatigué s’endort. — A qui est-il? Je veux bien avoir un chat. — Il est à toi. — A moi? Oh, que je suis heureuse! Je peux lui donner le nom que je veux? Il m’aimera? Il me connaîtra? Je serai sa maîtresse? — Mais bien sûr! Et il dormira près de toi. Et le matin, quand on lui dira: «Va chercher Marianette!», il montera et miaulera à la porte de ta chambre pour te réveiller. — Oh! merci ... grand-père, est-ce que je peux le garder? — Oui, si tu veux. Mais, moi, tu sais, je n’aime pas beaucoup les chats. Il sera vraiment ton chat. — Je l’appelle Mistou. Mistou-chat. — Bien! dit grand-père. Restez avec ce chat et moi, je vais par- ler à M. Barnabé, notre maire. — Tu'lui parleras du petit garçon du château? — J’y vais pour cela.4 Grand-père sort et Marianette s’occupe de Mistou-chat. Elle lui fait un lit, elle lui donne du lait. Le chat boit du lait. Puis il se lave la moustache et les oreilles, il fait sa toilette. La petite regarde le chat, elle est heureuse. 1 à cause du soleil et du vent — 3d. tük khk h nce BpéMH na CBeaœM Boa^yxe 2 ça y est — totobo 8 II va te griffer, prends garde! — Ona Teôa norjapanaeT, éyftb ocTopoama! 4 J’y vais pour cela. — flaa aioro a m 0#y (k neMy). 34
Quand le petit chat s’endort, Marianette écoute le bruit qu’il fait. — Ecoute, cousine Madeleine, écoute le bruit qu’il fait! — C’est parce qu’il est heureux. Il est bien. Dans un moment il jouera. Cherche-lui des balles. Tu verras comment il joue. Toutes les deux sont contentes. Père Henri est venu chez le maire Barnabé. Il commence à parler. — Tu sais, Barnabé, autrefois, le père Léon avait raison! -— A propos de quoi?1 — Il y a un enfant à Triple-Bec. — Et qu’est-ce que ça fait? Le château, ça ne me regarde pas!2 — Tu ne trouves pas bizarre que l’enfant ne sort pas du châ- teau, qu’on ne le voit jamais? — Il est peut-être trop petit. D’abord, on le voit bien parce que tu l’as vu et tu parles de lui! — Mais pourquoi est-ce qu’on le cache? — Je te répète: ça ne me regarde pas. Laisse-moi tranquille3 et reviens chez toi! Grand-père Henri revient à la maison. Il pense: il faut trouver un prétexte et aller au château. Le mystère de Mistou-chat Un mois a passé. Rien n’a changé à la vie de Marianette.Nous sommes à la fin de juillet. Maintenant le petit chat est grand et fort. Maintenant il dort sur le balcon de sa chambre, et le matin, il vient réveiller sa jeune maîtresse. Marianette la prend toujours avec elle quand elle va dans les champs et les montagnes. Mistou est son ami, elle aime jouer avec lui. Mais qu’est-ce qu’il y a? Pourquoi n’est-il pas venu la réveiller ce matin? Il est dix heures et il n’est pas encore venu. — Mistou-chat? crie la fillette. Pas de réponse. Marianette saute du lit, court sur le balcon. Mistou-chat n’est pas sur le balcon, ni dans la chambre, ni dans la maison, — Il est peut-être au jardin, Marianette! dit cousine, Madeleine. Mais on ne trouve pas Mistou-chat, ni dans le jardin,: ni dans le village. — Il est allé se promener tout seul. Il connaît la campagne aussi bien que toi, maintenant. — Mais comment est-il sorti de la chambre? — Il a sauté du balcon. 1 A propos de quoi? — IIo KaKOMy noBO/iy? 2 Et qu’est-ce que ça fait? ... ça ne me regarde pas! — Hy b hto? ... bto Menu ne KacaeTca! 3 laisse-moi tranquille — ocTaBb mghh b nonoe 35 i
Marianette est triste. A midi, le petit chat n’est pas revenu. Le soir non plus. Marianette ést triste, elle pleure. Grand-père Henri la porte au lit. Il promet à sa petite fille que le chat reviendra demain. Mais encore un jour passe. Encore un autre jour. Cousine Madeleine explique à Marianette que le père Léon lui donnera un autre chat, quand tout à coup, Mistou-chat revient. — Où étais-tu, mauvais chat? crie cousine Madeleine. — Mon Mistou, mon petit Mistou^ mon tout petit-petit-petit Mistou. Tu ne partiras plus, dis? Tu as faim! Elle lui apporte du lait, des gâteaux, de la viande. Mais le chat n’a pas faim. Il ne mange ni lait, ni gâteaux, ni viande. Il est, seu- lement, un petit chat fatigué et il s’endort. Quand le chat se réveille, il trouve la porte du balcon fermée. — Tu comprends, petit chat, il ne faut pas courir les champs et les montagnes tout seul. Le renard te mangera. Maintenant tu iras te promener Seulement avec moi, et je te mettrai une jolie laisse. C’est pour ton bien.1 Mais Mistou ne veut pas se promener en laisse. Il n’est pas un chat que l’on promène en laisse. Marianette défait la laisse et le chat court vite vers les buissons. — Mistou m’a quitté. Je ne le verrai plus! Il ne reviendra plus, pleure Marianette. J’ai voulu le mettre en laisse. Et il ne m’aime plus. Il ne m’aimera plus jamais. Qu’est-ce que je peux faire, grand- père? La fillette jette la laisse dans les buissons. — Ecoute, ma petite, dit grand-père Henri, un chat des champs n’est pas un chat des villes. C’est un animal libre. Il a trouvé, peut- être, un ami pas loin d’ici et il partage son temps entre lui et toi. Ne pleure pas, il reviendra. — Et si le renard le mange? — Non, le renard ne le mangera pas. Et puis, tu vois bien qu’il ne faut pas l’enfermer. Alors, il faut l’aimer comme il est et ne pas pleurer ... — Mais pourquoi ne reste-t-il pas avec moi? Où va-t-il, grand- père? — Oh! ça, c’est simple à savoir! explique grand-père. Quand il reviendra, nous le laisserons libre et nous le suivrons. C*est inté- ressant de savoir le mystère de Mistou-chat. Et toi, tu aimes le mys- tère? Marianette sourit. — Entendu. Nous le suivrons. Mais s’il revient, je l’aimerai beaucoup-beaucôup pour qu’il me préfère à son autre ami2. x C’est pour ton bien. — Te6e H<e éyjjeT jiyHine. 2 pour qu’il me préfère à son autre ami — ad. tito6m ona jnoÔMJia Mena éojibine, <icm CBoero Honore jipyra 36
— Il te préférera toujours, parce que tu l’as élevé. Et ça, un chat ne l’oublie jamais. Marianette est contente. Et tout se passe comme grand-père a dit. Mistou reste deux jours; deux jours après, il quitte Marianette, comme s’il a un ca- lendrier dans sa tête. Chaque fois, Marianette et grand-père le sui- vent, mais il leur échappe toujours. Ils ne peuvent pas comprendre où il Va. Un jour la fillette et son grand-père arrivent jusqu’au château. Ils sont fatigués. Ils se reposent sur l’herbe à cent mètres du mur. Près du mur, ils voient les deux chiens du château. Tout à coup, Marianette voit son chat blanc dans l’herbe. — Oh! crie-t-elle, c’est lui! C’est Mistou! — Mais que fait-il, le pauvre? Il se dirige vers les grands chiens du château qui sont assis près du mur. Ils vont le manger! MaHanette veut crier, elle veut courir derrière son chat. Mais que,voit-elle? Les chiens ne le mangent pas, ils connaissent bien Mis- tou et le chat les connaît bien, lui aussi. Il se glisse entre leurs pat- tes, il miaule des bonjours amicaux. Les chiens jouent avec le petit chat, puis tous les trois se dirigent au château. — Tu comprends? demande grand-père Henri. — Oui, répond la fillette, très contente. Mistou connaît le gar- çon malade. Hugues est son petit maître. Les chiens sont dans le château maintenant. — Grand-père, je veux monter dans ma niche pour regarder. — D’accord, ma petite. Mais ne va pas si vite. Je suis fatigué. Quand ils arrivent près du château, Marianette s’arrête pour écouter. ' — Enferme les chiens un moment! dit la dame à son mari. Le pe- tit chat est arrivé et Hugues veut jouer avec lui tout seul. — Je vais les enfermer pour une heure. Grand-père et Marianette se sourient. Ils sont contents. Le grand-père aide Marianette à monter dans sa niche. La fillette re- garde par le trou. Elle regarde. Elle regarde pendant cinq minutes. Enfin, grand-père lui dit tout bas: — ViensMarianette. i Elle descend. * < * ~ D’habitude, je n’aime pas qu’on regarde aux portes!1 dit grand-père. Mais ce n’est pas par curiosité que nous regardons, n’est-ce pas? — Oh! non. Je veux seulement savoir si Hugues est heureux et comment je peux l’aider. 1 D’habitude, je n’aime pas qu’on regarde aux portes! — Oôljmho h ne jhoôjuo, Kor^a noflCMarpHaaiOT! 37
Ils s’éloignent du château et Marianette raconte toujours. -r Oh! grand-père. Si tu l’avais vu!1 Il riait. Il était heureux. Il chrèsisait Mistou. Il l’appelait Ami-chat. Je suis très contente qu’il l’aime, que Mistou joue avec Hugues et lui apporte du bonheur. Oh! je veux aller le voir, mqi aussi. — C’est peut-être une occasion! dit grand-père. Je peux aller au château et dire que j’ai vu quand mon chat y entrait. — Oh! non, grand-père. Le gardien ne te parlera pas d’Hugues. Il te rendra Mistou et Hugues pleurera ... J’ai une autre idée. Je mettrai un collier à Mistou pour envoyer une lettre à Hugues. Mis- tou portera ma lettre au garçon. Si Hugues veut, il me répondra, Je lui écrirai que je suis son amie, que Mistou s’appelle Mistou ... Dis, grand-père, tu penses qu’il sera content de savoir que je suis son amie? — Tu as une bonne idée! dit grand-père. Seulement, tu me mon- treras ta lettre. — Bien sûr. Alors, Marianette a écrit cette lettre: «Mon petit chat qui vient jouer avec toi et qui est ton ami s’appelle Mistou. Je suis Maria- nette. Moi aussi, je veux être ton amie. Et toi, veux-tu? J’ai neuf ans. Et toi?» Marianette attend Mistou. Mais cette fois Mistou reste trois longs jours au château. Enfin, un beau soir, il revient. ! Vite, Marianette lui met son beau collier où elle a caché sa let- tre. Maintenant, il faut que le petit-chat-facteur parte au plus vite2. Mais il part seulement trois jours après. Par la suite, l’emploi du temps de Mistou est le suivant: il passe deux jours chez Hugues, deux jours chez Marianette. Le chat sait qu’il transporte quelque chose dans son collier. Hugues a répondu. Et Marianette a re-répondu. Et Hugues a re-re-répondu. Maintenant, Marianette a six lettres de Hugues qui lui disent en résumé: «Je m’appelle Hugues. J’ai dix ans. Mon grand-père habite Paris. Je ne le vois jamais. Merci pour ton chat. Avec Mistou je ne m ennuie plus. Moi aussi, je suis ton ami. Mais je ne marcherai ja- mais. Je n’ai jamais vu mes parents. Ils sont morts. Un accident quand j’étais bébé. C’est cet accident qui a tué mes jambes.3» En ce moment, Marianette écrit la septième lettre. — Dis, grand-père, est-ce que je peux écrire à Hugues que je veux venir le voir? Ce n’est pas trop tôt, maintenant? Mais grand-père ne répond pas parce que quelqu’un frappe à la porte. / < 1 Si tu l’avais vu! — Ecjih 6m tm ero Bnfleji! 2 il faut que le petit-chat-facteur parte au plus vite — na/jo, htoôm kotchok- noniajibOH oinpaBHJiCH b nyTb KaK mojkho CKopee 3 C’est cet accident qui a tué mes jambes.—3d. H3-3a oToro HecnacTHoro CJiy'iaa h ciaji KajieKoü. 38

La visite du maire Barnabé C’est le maire Barnabé. — Bonjour, Henri, ça va? — Oui, merci, Barnabé! Assieds-toi. Quoi de neuf?1 — Rien de neuf. J’attends le car. Ma fille vient à Coule-Vent pour y acheter des œufs, du frommage, du beurre. — Elle habite toujours près de la ville d’Avignon, ta fille Ca- roline? — Oui. —» Ça marche toujours bien son travail? Elle tient toujours un home d’enfants, je crois.2 -Vt/ — Oui, oui Mais elle a du souci. La maison est petite. Il n’y a pas de terrain de jeux pour les enfants. Marianette est dans la chambre. Elle entend tout ce que le maire dit. Elle sait ce que c’est qu’un home d’enfants. C’est une maison où habitent les petits qui ont besoin de soleil et d’air puf et leurs parents habitent la ville. Ils sont là pour reprendre des forces, des kilos et de bonnes joues. On les promène, on les soigne, le médecin les surveille. Ils se promènent, ils jouent et ils font leurs études. Et Caroline, la fille de M. Barnabé, dirige cette maison ... S’il y avait un home d’enfants à Coule-Vent, Marianette pourrait3 jouer avec les enfants à la marelle, à la balle, se promener avec eux dans les champs, dans les bois, dans les montagnes. Marianette rêve. Elle s’approche du grand-père. — Je peux rester là? demande-t-elle au grand-père. * — Bien sûr, petite. Grand-père et son ami Barnabé parlent. Marianette comprend que Caroline n’a pas d’enfants à elle4, mais qu’elle soigne toute sa petite troupe, qu’elle aime beaucoup. Caroline veut tenir ce home à la campagne, se promener et jouer ; avec les enfants dans les champs et les montagnes près de Coule- Vent. Elle veut leur donner à manger le bon lait et les bons froma- ges de Coule-Vent. Elle a une maison à Coule-Vent pour y tenir ce home d’enfants. Mais Coule-Vent est un village qui n’a pas d’enfants. Et un village qui n’a pas. d’enfantsi, n’a pas d’école. Il n’y a pas d’école à Coule-Vent. Il n’y en a pas, il n’y en a pas, pense Maria- nette toute tr^te,. — Des petits.ppjants? demande Marianette tout bas. Combien? • — Quinze, je crois. — Des garçons? — Des filles et des garçons. 1 Quoi de neuf? — Hto hobolo? a Elle tient toujours un home d>enfànts, je crois. — Ka^eTCfl, ona Bce eme aaBeayer actckhm nHTepnaTOM. 3 s’il y avait un home d’enfants à Coule-Vent, Marianette pourrait ~ ccjih 6m b Kyjib-Ban 6mji HHTepnaT, MapuaneT Moraa 6m 4 Caroline n’a pas d’enfants à elle — y KapoJiiiHM hot cbomx A^ien 40
— De quel âge? — Huit à dix ans, je crois. — Oh! grand-père, pourquoi il n’y a pas d’école? — Il y en avait une avant.1 Pourquoi est-ce qu’elle est fermée? Elle est très jolie! / Elle a levé vers les deux amis ses yeux très bleus, très doux et un peu tristes. — S’il y a une école à Coule-Vent, ajoute Barnabé, tout le mon- de sera très heureux. Les petits de ma fille, elle-même, et moi aussi, tous les habitants du village avec. Grand-père regarde encore les yeux de Marianette qui répète: — Quinze petits enfants? Oh! quinze ... Grand-père ne répond pas, il fume sa pipe, il caresse les cheveux de la petite et dit enfin: — Et si on demande de rouvrir l’école à Coule-Vent? Les quinze de ta fille et Marianette ... 1 — Et Hugues! ajoute la petite. Quinze plus moi ça fait seize! plus Hugues ça fait dix-sept! Et dix-sept, c’est.une école. Chic! Calme-toi, Marianette. Ce n’est pas facile. Il faut faire beau- coup de choses. Mais, si en septembre Coule-Vent compte quinze ou seize enfants, il faut rouvrir notre école. — Tu sais, dit Barnabé, les petits-fils de Léontine sont au pen- sionnat maintenant, parce que leur mère travaille. Léontine est seule, elle veut avoir ses deux petits-enfants ici, à Coule-Vent. — Dix-sept et deux, dix-neuf! crie Marianette et frappe des mains. — Calme-toi, petite, et va jouer, dit grand-père. — Oui, mais tu feras tout ce qu’il faut pour rouvrir l’école, hein, grand-père? — Oui, ta Marianette a raison, dit le maire Barnabé à grand- père Henri. Je crois que ce sera bien pour tout le monde. Notre vil- lage est enlrain de mourir. Une école le ferait revivre.2 Demain nous commencerons ensemble nos démarches, a-t-il ajouté. Ma fille ar- rive à temps. Je vais lui parler de nos projets. Marianette reçoit des lettres Tous les habitants de Coule-Vent sont sur la place dû village. On attend le car et le facteur. Voilà le facteur qui arrive avec un grand sac. Il prend dans son sac des lettres et appelle: — Marianette Forêt! Et encore Marianette Forêt! ... La première lettre est de Mlle Geneviève. Elle écrit ainsi: «Mer- ci pour ta lettre, Marianette. Je suis en vacances dans une maison de repos. La vie de Paris m’a beaucoup fatiguée cette année. Pour 1 II y en avait une avant. — 3â. Pantine Be/jb éwjia iiiKOJia. 2 Notre village est en train de mourir. Une école le ferait revivre. — H a nia jie- peBHH BHMnpaeT. IllKOJia O/KMBMjia 6w ee. 41

la rentrée, j’ai demandé une place dans une école à la campagne. Peut-être serai-je près de toi et je viendrai te voir.» La deuxième lettre est de Mlle Anybel. Elle est contente de savoir que Marianette est heureuse et donne beaucoup de conseils à la petite. La petite n’a pas fini de lire cette deuxième lettre, quand un autre facteur est arrivé: Mistc^-chat. Vite, le collier. Vite, la lettre de Hugues. «Marianette, je voudrais voir Mistou chaque jour. Je voudrais lire tes lettres tous les jours. Raconte-moi tout ce que tu fais, tout ce que tu vois. Et puis, est-ce que tu es blonde? Je voudrais te voir. Si ùh Jour Mistou n’apporte plus tes lettres, je serai très malheureux.» — Grand-père! crie Marianette, lis la lettre. Oh, grand-père, cette fois je vais écrire à Hugues que je veux venir au château. Il est malheureux. J’irai le voir, au château. Vite elle écrit la lettre et la met dans le collier de Mistou. Mais il faut attendre quatre jours pour avoir une réponse. Mistou reste deux jours chez Marianette, deux jours chez Hugues. Quatre jours à attendre! Ce matin-là, Mistou arrive au château très gai. Vite Hugues sort la lettre de Marianette de son collier. Jusqu’à maintenant, il n’a parlé à personne des lettres que Mistou lui apportait. Mais il veut voir Marianette et il appelle: — Madame Abrer? — Oui. Elle vient et il lui raconte tout. Mme Abrer est très surprise, elle n’est pas contente; — Moi, je vois que vous êtes heureux de voir Mistou et de jouer avec lui ... Mais cette fillette ... Je ne sais pas si votre grand- père vous permettra de voir Marianette. — Je sais! dit Hugues fâché, lui qui est si fort, il a honte de mon infirmité1. Mais moi, je veux voir Marianette parce qu’elle est mon amie. Ma seule amie. — Oh! Hugues, il faut faire un effort, il faut faire beaucoup d’exercices. Vous marcherez, Hugues, il n’est pas trop tard. Faites des exercices. Pour vous, bien sûr, mais aussi pour jouer avec le chat, pour vous promener, un jour, avec cette amie Marianette. — Ne dites pas cela! crie Hugues. Vous savez bien que j’ai fait . trois ans d’exercices! Vous savez bien que je ne marche pas mieux. Vous savez bien que j’ai essayé de tout mon cœur2 et que je n’ai pas pu. Vous savez bien que mes jambes sont mortes. Que c’est fini, fini, fini. — C’est fini parce que vous ne voulez plus faire les exercices, Hugues! Maintenant, il faut recommencer parce que vous êtes plus fort. Il faut recommencer ... Je sais que vous n’aimez pas quand je 1 il a honte de mon infirmité — oh ctm^htch Moero yBenba 2 j’ai essayé de tout mon cœur — 3d. h CTapaJica nso bccx chji 43

vous regarde faire des exercices1. Je vous laisse seul. Oh! Hugues, faites ce petit effort. Il faut faire chaque jour un peu plus d’efforts et vous marcherez. — Un jour, mon grand-père a dit: «Il ne marchera pas.» Je l’ai entendu. — Il a dit cela, parce que vous avez mal fait vos exercices. — Je ne l’ai pas oublié. — Hugues, recommencez vos exercices. Vous les avez faits il y a quelques mois. Je vous laisse, Hugues ... Appelez-moi si vous avez besoin de moi. Hugues ne répond rien. Il ne fait pas de caprices comme d’habitude.' Il ferme les yeux. Deux larmes coulent sur ses joues. Il ne les essuie pas. mLe petit Mistou saute sur ses genoux. Le chat est petit et chaud. Le garçon pense à Marianette. Sa lettre est chaude. Comme il veut la voir! Elle est sa seule amie. Pourquoi est-il malade? Pourquoi ne peut-il pas marcher? Et s’il recommence ses exercices? Après des mois et des mois de travail il a pu se tenir debout tout seul2. Pourquoi? Pourquoi n’a-t-il pas continué? Même s’il a une petite chance sur mille, il va recommencer ses exercices. «Je veux marcher! Je veux marcher!» crie-t-il tout à coup et frappe sur la table. Je veux être debout! Je veux ...» Et si ses jambes sont vraiment mortes? Et si ...? Hugues ne sait plus. Il est seulement un petit garçon très mal- heureux. Il pleure et frappe la table de ses mains si fort que Mistou le quitte. — Hugues, mon petit, qu’est-ce qu’il y a? Madame Abrer l’embrasse. — Jamais, je ne pourrai marcher. Jamais, jamais! Je vous le dis! Jamais je n’ài voulu aussi fort ...3 Et je ne peux pas même me tenir debout ... Mme Abrer a pris Hugues dans ses bras: — C’est trop vite. C’est trop tôt. Il faut faire chaque jour un peu plus. — Non, c’est fini. Fini ... Oh! Je veux voir Marianette! — Eh bien, écrivez-lui de venir, si elle veut. Mais, calmez-. vous, Hugues! î Enfin Hugues s’est calmé. Il a écrit ces quelques jnotK: «Viens, ; Marianette. Je suis trop malheureux. Je t’attends.» ? Puis il a appelé Mistou pour mettre sa Lettre dans son collier. Mais Mistou n’est pas venu. Pour la première fois le chat n’est pas resté au château deux jours. Il a eu peur4 des cris de Hugues, et il ; est parti à Coule-Vent. x quand je vous regarde faire des exercices — Kor/ja h cmotpk), khk bu fteJiaere ynpa?KHeHMH 2 il a pu se tenir debout tout seul — oh cMor ctohtb caMocTOHTejibHO 8 Jamais je n’ai voulu aussi fort... — H HMKor^a rax ne xoTeji... 4 il a eu peur — oh ncnyra^ca 45
Un mauvais facteur Marianette voit son petit chat qui court vite, très vite. Elle regarde vite son collier. Pas de réponse, mais sa lettre n’y est pas. Mistou a-t-il perdu la réponse à sa lettre? Est-ce que Hugues ne veut pas lui répondre? Est-ce qu’il ne peut pas répondre? Est-il malade? Ou encore lui a-t-on interdit1 de répondre? ... Mais ... peut-être ne veut-il pas de son amitié? Marianette se pose toutes ces questions. Elle est triste. Un jour passe, long et triste. Et puis, un autre jour, plus long et plus triste. Marianette ne dort plus. Elle ira au château, oui, elle y ira. Ou ' bien elle ira dans sa niche pour voir ce qui se passe. Il le faut. Pour Hugues. Elle écrit encore une lettre: «Hugues, tu ne m’as pas répondu. Est-ce que je peux venir te voir? As-tu dit que je suis ton amie?» Elle cherche Mistou, mais elle ne le trouve ni dans la maison, ni dans le jardin. Rien ne va plus.2 Ni dans la maison de grand-père Henri. Ni au château. Mistou-chat est devenu un très mauvais facteur. Mistou-chat est revenu au château pour voir son ami Hugues. — Enfin, te voilà? dit le petit garçon. Tu as oublié ma lettre. Quel mauvais facteur! Viens vite! Je vais mettre ma lettre dans ton collier. Tu ne vois pas que je suis malheureux? Hugues cache sa lettre dans le collier de Mistou. — Va, mon petit facteur! Va vite et reviens avec une réponse. Partir déjà? Il fait si beau! Non, le chat ne veut pas partir. Le chemin est long. Il est fatigué. Il veut se reposer et rester au château pour deux jours, comme toujours. Hugues attendra. Et Mistou saute sur le mur et se repose au soleil. Un jour passe. Deux jours. Trois jours même. Le chat reste au château. e Chaque jour Hugues fait ses exercices. Chaque jour il lutte con- tre ses jambes malades. Il veut se tenir debout seul. Cet après-midi, Mme Abr^r est assise à table près de Hugues dans le jardin. Elle coupe le lard en petits morceaux. — Que faites-vous avec ce lard? demande Hugues. — Je n’aime pas faire cela mais c’est pour les rats, parce qu’ils attaquent nos provisions. C’est du lard empoisonné pour les rats. — Ils sont petits? ù- — Non! Ce sont de grands rats, grands comme Mistou. — Alors, le poison est très fort?. — Bien sûr. 1 ou encore lui a-t-on interdit — 3d. a mojkot ôlitl, CMy 3aupeTHJin * Rien ne va plus. — Hiihto ôojibme ho jiajjMTCfl, 46
Mais, du château, on entend la voix de M. Abrer qui appelle sa femme pour quelques minutes. — J’arrive, j’arrive! répond Mme Abrer et court vers son mari. Hugues reste seul près de la table. Sur la table, dans une assiet- te il y a des morceaux de lard empoisonné. Mais voilà Mistou qui saute sur ses genoux. Le garçon veut jouer avec le chat. Mais le chat voit les morceaux de lard dans l’as- siette et saute sur la table. — Mistou, laisse ça! Mais Mistou s’approche de l’assiette, puis pose son nez rose sur le lard. Ça sent bon!1 — Mistou, c’est du poison! loi, Mistou! Mais Mistou n’est pas sage. Il çommence à jouer avec le lard. L’assiette tombe. 7 ? — Mistou, finis, Mistou! Non! Mistou veut jouer avec le lard. «Ce garçon ne veut pas que je joue avec le lard, c’est sûr. Une veut pas que je mange ce lard. Pourquoi? Pour qui est ce lard? Je n’ai pas faim. Mais je suis un chat libre et je vais manger un ou deux morceaux de lard», pense le chat. — Madame Abrer! Madame Abrer! Vite-vite! crie le garçon. Mais Mme Abrer est loin, elle n’entend rien. Hugues n’a rien pour chasser le chat. Il jette son mouchoir. «C’est un jeu! pense le chat, je veux bien jouer deux secondes avec le mouchoir, mais puis je retourne à mon lard et je vais manger ce morceau rose. Regarde- moi bien, Hugues, regarde-moi bien. Je suis un petit chat libre qui mange ce qu’il veut!» «Je veux me lever pour chasser le chat ... Mistou va mourir. Marianette et moi, qu’est-ce que nous ferons? Mistou ne portera plus nos lettres. Il faut sauver Mistou!» pense Hugues. — Mistou! ; Et Hugues fait un très grand effort. Il se lève, se dresse sur ses jambes, il fait un .pas et tombe sur la table. Hugues a frappé Mis- tou et l’a chassé. — Hugues! crie Mme Abrer. Elle arrive. Elle prend le petit garçon dans ses bras. — Comment avez-vous fait? — Il le fallait ...2 Le lard empoisonné ... Mistou ... — Mistou? — Oui, il-voulait le manger. Mistou est fâché. Hugues l’a frappé. Le chat quitte le château et court vite à Coule-Vent. — Madame Abrer, il emporte ma lettre! Il l’emporte, il l’em- porte! — Hugues, dit Mme Abrer très contente, le voilà, le premier 1 Ça sent bon! — Kan xopomo naxneT! 2 11 le fallait... — TaK ômjio neoéxoAMMo.., 47
progrès. Il ouvrira le chemin à tous les autres. Comme je l’atten- dais! Comme je suis contente! — Je ne sais pas comment j’ai fait! dit Hugues. — Vous avez pu et c’est très important... Oh! Hugues. Mais Hugues est loin. Il pense au chat qui porte sa lettre. — Il emporte ma lettre à Marianette. Elle va venir. Peut-être bientôt ... — Si elle vient, vous me promettez de faire les exercices encore tous les jours? — Oui, oui ... Mais il faut combien de temps pour venir du village? Vingt minutes si Marianette connaît le chemin. — Et si Mistou perd ma lettre? — J’irai chez Marianette moi-même. — Vous?.Oh, madame Abrer, je suis si content. Merci, merci bien. Grand-père Henri et Marianette vont au château Marianette a reçu la lettre et l’a lue tout de suite. Puis elle a mis sa robe rose et ses jjquliers blancs. Elle a coiffé ses cheveux blonds. Elle a pris son petit sac. - — Grand-père, tu vas avec moi? — Pour la première fois, oui. — Oh! grand-père ... Elle marche sérieuse, elle ne dit rien. Son cœur est plein de joie. Elle veut aider Hugues. Mais comment le faire? — Grand-père, et si je ne sais pas que dire à Hugues? — Tu le sais, Marianette. — Mais comment? Mais quoi? — Les mots viendront tout seuls. — Et s’ils ne viennent pas? — Tu écouteras bien attentivement ton cœur ... Les voilà près du château. La porte est ouverte. On n’entend pas les chiens. Grand-père et Marianette sont devant la porte. — Oh, grand-père, je voulais toujours venir au château et maintenant, j’ai peur. Revenons, grand-père! ... — Trop tard, ma petite. La dame vient vers nous. La dame dit simplement: — Bonjour, monsieur. Bonjour, Marianette. — Bonjour, madame, répond Marianette toute çâle. — Merci, Marianette, dit la dame ... N’ayez pas peur1 des chiens, ils sont enfermés. Allez vers Hugues! Vous le voyez, là- bas dans la cour? Il vous attend. Il vous voit ... Entrez, monsieur... 1 n'ayez pas peur — ne êofriecb 48
Je pense que les enfanta seront mieux tout seuls1. Marianette tient la main de grand-père. Le grand-père embrasse sa petite-fille: — Va, Marianette, va! Marianette est seule. Il faut traverser cette cour devant ce petit garçon malade qui F attend. M v / Il baisse les yeux, il regarde les fortes jambes de Marianétte qui marche vite. Le regard du petit garçon lui brûle les jambes. Alors, elle court-court-court pour arriver plus vite. Enfin elle arrive. Elle s’assied vite-vite, les jambes sous la chaise. Pourquoi est-elle venue? Ce n’est pas facile de parler avec un garçon malade. Heureusement, le petit garçon a parlé lui-même. Il a dit tout simplement: — Tu sais, Mistou a failli s’empoisonner2 3. — Ah! Comment? demande Marianette. — Avec du lard empoisonné. Il voulait le manger, tu sais! — Qui l’a sauvé? — Moi. — Oh! dit-elle les yeux brillants. — J’étais là ... Il était là-bas ... — Comment l’as-tu sauvé? Un long silence. Marianette veut comprendre. Elle dit tout basi — Raconte-moi ... Tu veux? Il raconte tout: ses efforts, ses exercices de chaque jour et puis ce matin, devant le poison ... — J’ai pu, tu sais, j’ai pu! Alors, Mme Abrer dit que c’est le premier progrès qui va amener tous les autres. ' — Hugues ... dit Marianette qui ne peut pas retenir les larmes. Hugues ... Oh! la-la! Ce que je suis enrhumée! C’est drôle d’être enrhumée avec ce soleil!5 ' r — Moi aussi, tout d’un coup, je suis enrhumé! dit Hugues. C’est drôle d’être enrhumés tous les deux! Alors, Marianette sourit. Puis, ils rient tous les deux dans leurs larmes. — Tu sais, je suis très content! — Et moi, dit Marianette, je suis heureuse, très heureuse! Enfin les rires et les larmes s’arrêtent. — Tu sais, dit Marianette, je suis seule à Coule-Vent. Je n’ai pas de petits camarades. C’est très bien que tu es là. Tu veux que je te raconte Coule-Vent? — Non. Raconte-moi «toi».4 1 les enfants seront mieux tout seuls — 3d. hwwl éyffyr qyBCTBOBaTb ceéa éojiee nenpHHy^K/ieHHo, ecjiu éyayT oahh 2 Mistou a failli s’empoisonner — Mncry qyTb ne OTpaBHJiCH 3 C’est drôle d’être enrhumée avec ce soleil! — 3d. CMemno npocTÿAHTbCH B TaKyio Tenjiyio norojiy! * Raconte-moi «toi». — PaccKaam wne o ceée. 49
— Oh! moi, tu sais, «c’est rien»! J’ai un grand-père, une cousine Madeleine, je les aime et ils m’aiment. Tout va bien. — Qu’est-ce que tu fais? — Je travaille et je ... — Tu? — Je ... me promène ... Tu veux que je te parle du village? — Non ... Tu viendras me voir souvent? — Tous les jours, si tu veux. — Tu sais, un jour, peut-être, j’irai avec toi dans la campagne... Ce sera bien, dis? Je ne marcherai pas vite ... Peut-être même que j’aurai des cannes. Mais ça ne fait rien!1 ... Et puis, un jour, je marcherai tout seul. — Oui. Je t’aiderai. — Tu sais, Marianette, je veux te dire ... avant, j’étais très malheureux. Et puis, Mistou est venu.' Et puis tu as écrit. Mainte- nant je pense à toi et à Mistou et je ne s;uis plus malheureux ... Et j’ai essayé de marcher ... Avant, je ne voulais plus essayer, faire des exercices, je ne voulais plus manger ... C’était ... oh! tu ne peux pas savoir. — Oui, dit la petite, je ne peux pas savoir. Elle prend la main du garçon. — Hugues, un jour je t’ai vu ... Et elle raconte l’histoire des chiens et de la niche. — C’est vrai. J’ai dit: «Qui est là?» — Hugues, tu ne voulais pas faire des exercices, manger? ... Tu voudras, maintenant? Il le faut! Pour tes jambes, tu comprends... Ét puis, le médecin, il faut le voir plus souvent. — Mme Abrer est infirmière. Et le médecin vient tous les trois mois dans son auto noire. — Hugues, il faut faire tout ce qu’il dit. Tu comprends, puis tu iras à l’école! — Il n’y a pas d’école à Coule-Vent. — Il y en aura une!2 — Une pour nous deux? — Non, une école pour nous deux ce n’est pas possible, dit Ma- rianette. Nous serons dix-neuf. Peut-être plus. Et Marianette raconte l’histoire de Caroline et de ses quinze petits. — Moi et toi ... Tu comprends, on va rouvrir l’école et M. le maire dit que Coule-Vent va revivre! Tous les habitants de Coule- Vent sont contents, tu sais, parce qu’un village sans enfants c’est un village qui meurt. Alors, c’est pour nous que Caroline amènera tous ses enfants ici. — Oh! que c’est chic! Mais voilà grand-père et Mme Abrer qui arrivent. 1 Mais ça ne fait rien! — Ho 3to ne mmcct ananemiH! 2 11 y en aura une! — By^eT inKOJia! 50
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— Alors, dit grand-père Henri, avez-vous fait connaissance? — Oh! oui. Est-ce que je peux revenir demain, madame? — Bien sûr, si votre grand-père permet. — Oui, elle viendra, dit grand-père. Puis il s’adresse au petit garçon: — Merci, Hqgues, que tu veux être l’ami de Marianette. Elle est très seule, tu sais. Marianette s’est levée. Elle a dit au revoir à Hugues. Dans le chemin, Marianette s’est arrêtée. — Grand-père, écoute ce que je lui ai dit: «Tu verras que nous marcherons ensemble, tu te promèneras avec moi, nous irons à l’école.» — Tu as bien fait, Marianette. — Il marchera un jour, dis? — Le médecin dit qu’il marchera s’il a la volonté1. — La volonté, Hugues l’aura, je suis sûre. — Oui, ma petite. — Et son grand-père, que pense-t-il? — C’est un monsieur très occupé. Un petit-fils malade cela l’ennuie2. On lui a dit dTamener Hugues à Coule-Vent parce que notre climat aidera le petit. Alors il le laisse au château. — Et Mme Abrer? Et M. Abrer? — Ce sont de braves gens. Mais ils n’ont rien fait pour s’intégrer à Coule-Vent. — Et Coule-Vent n’a rien fait, non plus, pour les accueillir. Hugues, ce n’est pas un enfant caché. C’est seulement un petit garçon malheureux. . Il y a des enfants à Coule-Vent Et puis, l’été a fini ... Et l’automne est venu avec ses feuilles multicolores, ses vents, ses pluies. Et l’hiver et ses froids sont arrivés. Puis le printemps a chassé l’hiver. Le printemps avec des fleurs dans les herbes, des fraises, des cerises. Enfin, l’été est venu sur la terre. Les grandes vacances ont com- mencé. ij Pendant toute une année, Marianette a travaillé seule avec grand-père Henri. En juin, elle est allée à Paris. Mlle Anybel l’a trouvée grande, forte, savante ... Mais Marianette est vite revenue à Coule-Vent avec grand-père qui n’aime pas les villes. M. le maire Barnabé n’a pas perdu son temps. On va rouvrir l’école à la rentrée à Coule-Vent. Il est heureux. Le maire et grand- père Henri ont beaucoup de travail. Ils aident Caroline et ses élèves 1 s’il a la volonté — ecjin y nero xBa™r cnjihi bojim 2 cela i’ennuie — 3to eio npMBOAHT b yntiHiie 52

à organiser leur vie à Coule-Vent. Et Hugues? Hugues, lui, est très loin. Il est allé dans un hôpital spécial au bord de la mer. Là, pendant un an, on a rééduqué ses jambes1. Chaque jour Hugues marque la date sur son calendrier et il compte les jours qui le séparent du retour à Coule-Vent. Tout le courage qu’il fallait, il l’a eu ...2 Marianette lui écri- vait tous les jours et allait le voir tous les mois ... Dans la dernière lettre, Hugues lui disait: «C’est grâce à toi que j’ai eu le courage de guérir.3» S’il marche? Oui. Encore lentement, mais ce n’est rien. Il sera un garçon comme les autres, c’est le résultat de sa patience et de l’amitié de Maria- nette. Et puis, un jour, le «grand joui» est venu. C’est la rentrée des classes. Plus d’un an a passé depuis l’arrivée de Marianette au village. Devant la porte de l’école, vingt petits élèves sont en rang. (Vingt? ... Mais oui! Comptons! Quinze chez Caroline, deux chez Mme Léontine, Hugues, Marianette et encore la petite Véronique qui est la nièce de la maîtresse.) La maîtresse? Elle est arrivée hier soir et Marianette lui sourit. C’est sa vieille connaissance: Mlle Geneviève. Elle avait obtenu une place à l’école de Coule-Vent. — Entrez, les enfants! dit la maîtresse. Chaque élève a une étiquette à son nom à son pupitre. Cherchez vos places! Hugues a trouvé sa place et il appelle Marianette qui cherche l’étiquette à son nom. - — Marianette, tu es là, à côté de moi! Mlle Geneviève sourit. — Mes enfants, avant de nous asseoir4, nous allons chanter. Nous allons chanter parce qu’une petite école s’ouvre, parce que nous sommes contents d’être ensemble, et parce que nous avons une bonne année de travail devant nous ... Nous allons chanter une chanson que vous savez tous: «Notre école». Les enfants chantent. Les petites voix s’élèvent si pures et si hautes, si heureuses. Les voix des enfants volent par les fenêtres de la petite école, volent dans le village, entrent dans toutes les maisons. Depuis bien longtemps les habitants de Coule-Vent n’ont pas entendu cette musique. 1 on a rééduqué ses jambes — 3d. ero aanoBO ymiJin xojuiTb 2 Tout le courage qu’il fallait, il l’a eu ... — Y nero XBaTiuio MyjKCCTBa na Bce... * C’est grâce à toi que j’ai eu le courage de guérir. — Tojibko ôjiaro^apa Teôe y Mena xBaTiuio My?KecTBa Bce cjjejiaTb, htoGm BH3AopoBeTb. 4 avant de nous asseoir — npejK/je neM cecTb 54

Alors, les portes des maisons s’ouvrent une à une. Les gens sor- tent de leurs maisons et se dirigent vers l’école. Maintenant, ils sont tous là, devant la porte de l’école: Barnabé, cousine Madeleine, grand-père Henri, Mme Léontine et tous et tous ... Ils sont tous là et ils ne disent rien. Cette vieille chanson française ... Cousine Madeleine ferme les yeux. Elle est, à nouveau, la petite fille qui chantait «Notre école», elle aussi, dans cette même salle de classe, il y a bien long- temps. Alors ... elle commence à chanter avec les enfants, puis c’est le tour de Mme Abrer ... Puis grand-père Henri, puis tous ... tous ... tous. Même le maire Barnabé chante. Mlle Geneviève a un geste d’amitié pour les habitants du village qui chantent avec les enfants, en cette première heure de la rentrée. Puis Barnabé s’arrête de chanter pour chercher quelque chose dans sa poche. Mais il ne trouve pas ce qu’il cherche. — Henri, demande-t-il tout bas. Tu n’as pas de mouchoir? — J’en ai un. Mais je m’en sers1. Il est, lui-même, très ému. Il dit: * am:-7 — C’est toujours la même chose: autrefois, quand nous étions encore à l’école, tu n’avais jamais de mouchoir! Tiens! Heureuse- ment, j’en ai deux, comme d’habitude! — Merci, Henri ... Mais la chanson a fini. La classe va commencer. Alors, tous ensemble, les gens de Coule-Vent font le tour de leur village. — Là, sous l’arbre je leur construirai un terrain de sport et de jeux! dit le menuisier. — Moi, j’apporterai le sable blanc de la rivière. — Je donne mon terrain derrière l’école pour les jeux des en- fants, dit le maire. — Je leur achèterai douze ballons! dit cousine Madeleine. — Chez moi, on fera la bibliothèque! dit père Henri. Et je serai le bibliothécaire. — Moi, je ferai ... Ils feront ... ils feront tous quelque chose pour ces enfants qui sont venus pour faire revivre leur Coule-Vent. * je m’en sers — h hm nojibayiocb
PARLONS DU TEXTE Avez-vous bien compris le texte? Répondez aux questions ou trouvez dans les textes les réponses aux questions suivantes Le village de Coule-Vent (P- 3—7) 1) Qu’est-ce qu’on voit quand on monte sur la montagne du Cru et quand on regarde en bas? 2) Combien de maisons y a-t-il à Coule-Vent? 3) Pourquoi est-ce que Coule-Vent est un village triste? 4) Quel âge a Marianette, la petite-fille de père Henri? 5) Comment sont morts les parents de Marianette? 6) Pourquoi est-ce que père Henri va à Paris? A Paris (p. 7-9) 1) Où va père Henri quand il arrive à Paris? 2) Pourquoi père Henri va-t-il à l’école de Marianette à neuf heures du soir? 3) Qu’est-ce que Jean, le frère de père Henri, propose défaire pour Marianette? 4) Pourquoi est-ce que le frère de père Henri, Jacques le médecin, ne peut pas prendre Marianette chez lui? 5) Est-ce que père Henri va seul à l’école de Marianette ce soir? La petite-fille de père Henri (p. 9-18) 1) Comment Marianette travaille-t-elle à l’école? 2) Qu’est-ce que père Henri voit dans le couloir quand il marche . derrière la directrice? * 3) Qu’est-ce qu’il a décidé de faire: laisser sa petite-fille à Paris ou l’emmener à Paris? 4) Qui sera le maître de Marianette à Coule-Vent? 5) Comment contrôlera-t-on ses études? 57
6) Est-ce que Marianette veut aller à Coule-Vent avec père Henri? 7) Comment est habillée Marianette? 8) Où vont père Henri et Marianette avant de quitter Paris? 9) Qu’est-ce qu’ils achètent? 10) Pour qui Marianette achète-t-elle une belle écharpe? 11) Quel cadeau Marianette achète-t-elle pour père Henri? 12) Pourquoi père Henri est-il inquiet? Quelles questions se poset-il? 13) Qu’est-ce que cousine Madeleine fera pour Marianette? 14) Qu’est-ce que père Henri apprendra à Marianette? Marianette arrive à Coule-Vent (p. 18-22) 1) Est-ce que le village de Coule-Vent est près de Paris et loin d’Avignon? 2) Qu’est-ce que Marianette voit pendant son voyage d’Avignon à Coule-Vent? 3) Pourquoi père Henri dit-il à Marianette qu’ils n’iront pas au château de Triple-Bec? 4) Est-ce que Marianette s’intéresse au château? Quelles questions pose-t-elle à père Henri? 5) Qu’est-ce que Marianette fait dans le jardin? 6) Qu’est-ce que cousine Madeleine a fait pour faire de l’ordre dans la chambre de Marianette? A la campagne (p. 22-24) 1) Quels fruits y a-t-il dans le jardin de père Henri? 2) Où Marianette cherche-t-elle des fraises: sur un arbre ou sur une plante? 3) A-t-elle été à la campagne, sait-elle les noms des plantes? 4) Qu’est-ce que Madeleine met sur la table à Pheure de la soupe? Qu’est-ce qu’elle mange? 5) Pourquoi est-elle contente quand elle monte dans sa chambre le soir? Les leçons dans les champs et dans les bois (p. 25-27) 1) Qu’est-ce que Marianette fait le matin? 2) Qu’est-ce qu’elle fait dans l’après-midi? 3) Où va-t-elle cet après-midi? 4) Qui rencontre Marianette au pied du Cru? 5) Qu’est-ce qu’elle fait pour rassurer les chiens? 6) Où court-elle quand elle voit le serpent et où arrive-t-elle? 7) Qu’est-ce Marianette dit aux chiens quand ils s’approchent lentement de la petite niche où se cache la fillette? 8) Pourquoi les chiens s’éloignent-ils de Marianette? 9) Qu’est-ce qu’elle entend quand elle regarde par le trou? 58
10) Qu’est-ce qu’elle voit derrière le mur? Il y a un enfant au château (p. 27—28) 1) Qu’est-ce que Marianette raconte au grand-père le soir? 2) Quelles questions pose le grand-père à Marianette? Marianette apprend le mystère de Triple-Bec (p. 28-33) 1) Quel sujet a choisi Marianette pour faire son devoir de français? 2) Comment est le château de Triple-Bec? 3) Quelles questions pose Marianette au grand-père pour apprendre le mystère du château? 4) Où vont le grand-père et sa petite-fille ce jour-là? 5) Qui voit Marianette quand elle monte dans la niche avec l’aide de son grand-père? 6) Comment est le garçon qui habite au château? 7) Est-ce que Marianette veut aider ce garçon malade? Sait-elle comment l’aider? Marianette écrit des lettres à Paris (p. 33-35) 1) A qui Marianette écrit-elle des lettres à Paris? 2) De quoi parle-t-elle dans sa lettre à Mlle Anybel? 3) De qui parle-t-elle dans sa lettre à Mlle Geneviève? 4) Qu’est-ce que cousine Madeleine apporte à Marianette? 5) Comment Marianette appelle-t-elle le petit chat? L’aime-t- elle? 6) Chez qui vient père Henri? 7) De qui parle-t-il au maire Barnabé? Le mystère de Mistou-chat (p. 35-39) 1) Est-ce que Marianette a un ami maintenant? Qui est son ami? 2) Est-ce que Mistou-chat reste toujours chez Marianette? 3) Comment Marianette et son grand-père ont-ils appris le my- stère de Mistou-chat? 4) Est-ce que Hugues aime jouer avec Mistou-chat qui est son ami? 5) Qu’est-ce que Marianette écrit dans sa première lettre à Hugues? 6) Qu’est-ce que les lettres de Hugues disent à Marianette? La visite du maire Barnabé (p. 40-41) 1) Qui est Caroline, la fille du maire Barnabé? 2) Pourquoi ne peut-elle pas tenir le home qu’elle dirige à Coule- Vent? 3) Qui veut faire des démarches pour rouvrir l’école à Coule-Vent? 59
Marianette reçoit des lettres (p. 41—45) 1) Qu’est-ce que Mlle Geneviève écrit à Marianette? 2) Combien de lettres reçoit Marianette ce jour-là? 3) A qui Hugues parle-t-il des lettres de Marianette que lui apporte Mistou? 4) Qu’est-ce que Madame Auber dit à Hugues? 5) Qui invite-t-il à venir au château? Un mauvais facteur (p. 46-48) 1) Pourquoi Hugues appelle-t-il Mistou un mauvais facteur? 2) Qui sauve Mistou quand il veut manger du lard empoisonné? Grand-père Henri et Marianette vont au château (p. 48-52) 1) Pourquoi Marianette a-t-elle peur quand elle vient au château? 2) Qu’est-ce que Hugues raconte à Marianette? .3) Est-ce que Mme et M.~ Abrer sont les parents de Hugues? 4) De quoi Marianette parle-t-elle à Hugues? Il y a des enfants à Coule-Vent (p. 52-56) 1) Avec qui Marianette travaille-t-elle toute l’année? 2) Pourquoi va-t-elle à Paris avec grand-père en juin? 3) Quand va-t-on rouvrir l’école à Coule-Vent? 4) Combien d’élèves y a-t-il dans cette école? 5) Est-ce que Hugues est parmi les élèves de l’école? 6) Qui aide Hugues à guérir? 7) Pourquoi les habitants du village viennent-ils à l’école et chan- * tent avec les enfants le jour de la rentrée? 8) Qu’est-ce que les habitants du village veulent faire pour ces enfants qui sont venus pour faire revivre leur Coule-Vent?
VOCABULAIRE A aboyer JiaaTb accident ni HecaacTHEiH cjiyqaîi accompagner conpoBOîK^aTb accueillir BCTpeaaTb, npiiHUMaib admirer BOcxnnjaTbCH adresser (s’) oôpamaibCH air m Boa^yx; bmji; — méchant bjiom BHÆ ajouter npHÔaBJiHTb allongé, -e BEiTHHyTbin, -an amener sd. noBJienb 3a coêoü; npiiso- 3HTb amical, -e «upyraecKiin, -an annoncer ofrbHBJiHTb, n3BenjaTb apprendre yanaBaTb approcher (sJ) noAxojjHTb, npnÔJin- TKHTbCH argent m /jenbrn arrêter (s) ocTanoBHTbCH assiette / TapejiKa attaquer Hana^aTb avancer ABuraibca Briepeji au-dessus (de) sa# autour de BOKpyr avoir besoin (de) ÉyaçiaTbCH ^-faim ôbiTb rojiOflHbiM ^mal (à) qyBCTBOBaTb ôojib -'-peur ôoHTbCH -^raison 6mtb npaBtiM B baisser onycKaTb bas, -se hmbkhh, -an; thxo là- tbm; en — bhhs; tout COBC6M THXO bec m de pierre 3d. êainna besoin ni Hy>K/ia bizarre cTpaHHEiiï, -an blague f khcgt bois m Jiec boîte / aux lettres no’iTOBMH juqiiK bombarder saôpacuBaTb (eonpocaMu} bonheur m cnacTbe bouger meBejiHTbca, ABuraTbCH bousculer TOJiKaTb bouton m nyrosnua brave cjiaBHbin, -an bruit m myM; sans — 6ea mywa, thxo brûler aœqb, oô?KHraTb buisson m KycTapmiK, KycT C caché, -e cnpHTanHHH, -an calme chokohehm, -an, tijlxmh, -aa calmer (se) ycnoKOHTbca canne / naJiKa (onopa npu xodbôe) car m aBTOÔyc (MexcdyzopodHbiü) caresser rjiaflMTb; JiacKaTb changer MenaTb; npHMenaTb chasser nporonaTb châtain, -e TeMHO-KopHHHeBMÎï ,-aa château m aâMOK chemin m flopora, nyTb chic! bot aflopoBo! chignon m mnHbOH chose f: la même — to >Ke cawoe chut! tcc! THme! coiffer npHaecEiBaTb collier m onieftHHK colonie / Jiarepb oT^uxa compter (sur) paccmiThiBaTb na confiture / Bapenbe confort m moderne bco yjjoôcTBa (e^. Keapmupe) connaissance / 3HaK0MHÎi conseil m cobct côté m cTopona; de chaque c Ka>K- JIOH CTOpOHM couler Tenb couloir m KopH^op cri m KpnK couvert, -e noKpEiTEin, -an cultiver oôpaôaTbiBaTb (aeMJiio)\ Bupa- mHBaTb (pacmeHux) 61
curieux, -se jnoffonMTHEiM, -an curiosité / juoôoiilitctbo D> . debout: être — ctosti» décrire onncbiBaTb défaire 0TBH3biBaTb délicat, -e «uejiiiKaTiibin, -an; iic/Khhm, -an demoiselle / «ucBiiua, éapMinnn dessert m jjecepT diriger ynpaBJiHTb, pyKOBOfliiTi»; se — HanpaBJiflTbca disputer (se) ccopiiTixa distance f paccronnne, flncTauipnï distraire pa3BJieKaTb domestique flOManumn, -hh (o wusom- llblX ) dommage m'. c’est — Hcani> doux, -ce mhfkuît, -an; JiacKOBwn, -an dresser (se) BCTaTb E échapper yéeraTb; BbipbiBaTbcn écrier (s’) BOCKJinKHyib effort m ycujine élever BOcnnTMBaTb; s* — BO3BbiniaTb- CH; IlOAHHMaTbCH éloigner (s’) yjiajTHTbCH embrasser oÔHHMaTb, uejiOBaib emmener yBomiTb, yBO3WTb empoisonné, -e OTpaBJieHHHÏr, -an emporter ysoanTb, épaTb c coôoiî, otho- ciïtl ému, -e B3BOJinoBaHHbiiï, -an endormir (s’) aacwnaTb enfance / abtctbo enfermer aannpaTb, npaTaTb ennuyer (s’) CKynaTb enseigner oôy'iaTb,z npeno/jasaTb entendu! noroBopnjincb! essayer ntiTaTLCH étonné, -e y^HBJieHHHH, -an étudier ynuTbca; yniiTb excellent, -e ripesocxo/jhhü, -an, ot- jinqHMii, -an F fâché, -e cepjumin, -an facteur m noHTaJibon faire l’appel BM3biBaTb (no tfaMUJiuu) ~ connaissance noanaKOMUTbcn ~ le numéro naénpaTb noMep no TejiecJony ~ de l’ordre HaBOAirn» iiopaaoK ~ de la peine oropqaTb — des problèmes peinaTb salami — le tour oÔohth — la valise yKJiaflbiBaTb Bemn b ncMOflan fatiguer yTOMJinTb fauteuil m Kpecjio femme / ?Kena fin, -e tohkhh, -an fin f: à la — naKoneij fou, folle cyMacrne,uinnM, -an frapper y/japan»; —des mains xJionaTb b JiaÆomn fumer KypuTb G gare / BOK3a;i garder oxpaHHTb, xpanim»; ocTanuTb y ceéfl gardien m CTopoJK gâteau m mrpor genou m KOJieno glisser (se) CKOJibann», npocKajii>3bi- BaTb goûter m noJiAHHK grandir pacTn grimper KapaÔKaTbcn, BJieaaTb , gronder BopnaTb, pmaib H haut, -e BMCOKirii; là- — naBQpxy hein? a? Kan? qTo? heureusement k cnacTbio heureux, -se cqacTJinBEin, -an home [o: m] m npniOT hôtesse / de l’air CopTnpoBOAHima I idée / MMCJib ignorant, -e HOBe>KecTBeHHMÜ, -an, ueanaiomHW, -an il y a (5 ans) (5 jict) TOMy nasa/j imperméable m luianj important: c’est — sto Bancno infirmière f MejinnHHCKaH cecTpa inquiet, -ète éecnoKOHHbin, -an, Tpe- bo>kbmh, -an inquiéter (s’) éecnoKOUTBCH inquiétude f BOJiHenne intégrer (s’) 3d. boîîth b KOHTaKT J joie f pa/jocTb jouet m nrpymKa L laisse / noBO/joK (djisi coôclku) laisser ocTaBJiHTb lard m CBHHoe cano larme / cJieaa 62
lentement Me/pienno libre cboôoahmh, -an M maire m Map jjepeBHH malheur m necqacTbe manger ecib manuel m yHeônnK marche / niecTBue mari m My?K mariage m 6paK, cBa^bôa mécano m KOHCTpyKTop (uzpyiuKa) mener BecTn, BO/jHTb menuisier m CTOJinp meurt (il) yMnpaeT (on) miauler MayKaTb milieu m: au (de) nocpefln miniature /: en ~ b yMenbinennoM BM/je monnaie / Aenbrn, c^ana morceau m KycoK mordre KycaTb, oTKycuTb mort, -e MepTBHÜ, -an ils sont morts ohh yMepjin mouchoir m hocoboh njiaTOK moustache / yc, yen multicolore paanouBeraun, -an mystère m Tanna, aarajjKa N ' navire m napoxofl, cyjmo niche / nnuia nièce / njieMnnnnija nouveau: à — cnosa nouvelle / hoboctb O observatoire m oôcepBaTopnn, mccto naôJiiojieHHfl observer naôJiiojjaTb obtenir nojiyHHTb, jjoônTbCH occasion f cjiyqan (ôjtazonpusimHbiü) occuper (s1) sannMaTbcn ordinaire oômhhmîî, -an, oétiKHOBen- hmïï, -an ouvert BKJiioneHHbià (mpauzucmop} P pâle ÔJieflHbiîi, -an pareil, -le nofloÔHMH, -an parente / po/jcTBennnija parfois nnor^a partager «nejiiiTb partout BCio^y pas m mar pas du tout nncKOJibKO passer (se) nponcxojmTb patience / Tepnenne patte / Jiana pauvre m ôe^nnncKa pays m npan, po^nna paysan m KpecTbHHun penser nyMaTb pensionnat m nancnonaT (saKpbinioe yue5H,oe eaeedenue) perdre TepnTb permettre no3BOJinTb, pemaTb personne /nejiOBeK; hhkto; à^inntoMy peser BeciiTb pied m: au — y hojihotkiih pilote ni de ligne hhjiot rpaHcaaiicKOÛ aBnannn pipe / Tpyéna (KypumejiLHan) plein, -e nojiHHn, -an; nepenojmen- Hbiir, -an pleurer nJianaTb pluie / ÆO>KÆb poche / KapMan poison m hh possible: c’est bto bosmohœo poupée / KyKJia pourquoi pas? no^eMy 6m h neT? préférer npejinonnTaTb préoccuper TpeBoncnTb, ôecnoKOHTb prétexte m npejpior prochain, -e ôy^ymnn, -an projet m njian, saMHceji promettre oôemaTb pur, -e micTMM, -an purée / mope Q quitter iioKHftaTb R raccrocher noBecuTb Teae^onnyio Tpyô- Ky ramener npnBOjiMTb rang m pn/i rat m Kpuca recevoir npnnnMaTb; noJiynaTb recommencer cnoBa naHnnaTb reconnaître yanaTb réfléchir «uyMaTb, pa3MHiiiJiHTb regard m BsrjiHjj régler yjia«nTb renard m Jinca rentrée / naHaJio yneénoro rojia reprendre des forces BOCCTaHaBJiiiBaTb CMJIM reste m octbtok résumé m KpaTKoe na^iOHcenne, en BKpaTije, b HTore retenir cjjepHcaTb (cjiezu) retour m BO3Bpamenne retourner (se) odopauMBaThCfl, noBep- HyTbCH retrouver (se) bhobb oKaaaTbcn, ony- TMTbCH 63
rêver MenraTb revivre oacuBaTb, BoapojK/jaTLcn; faire . — BOapOJJHTb riche ôoraTMH, -an rideau m aauaBec, aanaBecna rien: pour n3-3a nycTmca rire CMenTbcn rire m cmcx risquer piicKOBaTb route / jjopora rouvrir bitobb otkpmtl ruisseau m pyneeic S sable m necoK sage nocjiyiiiHHK, -an, ÔJiaropasyM- hhh, -an santé f 3AopoBbe sauver cnacaib savant, -e 3HaiomnM, -an; CBCjiyujMH, -an sec, sèche cyxoü, -an seconde / ceKynaa sentir naxnyTb; se ^uyBCTBOBaTb ceôa séparer owJiHTb, pas/jejiHTb serpent m 3Men seul, -e ojiHH, o/jHa; oahhokwh, -an silence m Tniunna; MOJiqanne silenciéux, -se Tnxnîf, -an, 6eciny&t- Hbin, -an simplement npocro soigner 3a6oTiiTbCH; ycnoKaiiBaTb solide npoHHHM, -an, KpenKiiif, -an sommet m Bepiirana sonnette f sbohok souci m saôoTa soupir m B3#ox sourire yjiMÔaTbca; se yjiHÔaTbca Apyr flpyry sourire m yjiuÔKa souvenir m BoenoMunanne suite /: par la — BnocjiejicTBBe, hotom suivant, -e cjiejjyiomnH, -an suivre math 3a sujet m crouœT, TOMa sûr, -e yBepcHHMH, -aa surpris, -e yjiHBJieHHbia, -aa surprise / y/jMBJieHne, npaaTaaa ne- OJKHJjaHHOCTb surveiller npiiCMaipiiBaib; Ha6jiio,uaTb T temps m: en même ~ b to >kq, caMOC BpêMa’ tenir aepjaaTb tiens! bot Kan! a! na! bot Teôe! tour m oaepeflb; faire le — oôoô- Tfl tourner noBopaanBaTb tout: ~ à coup B,upyr; ~ d’un coup cpa3y tranquille cnoKoiÎHMn, -aa transporter nepenocuTb, nepejjaBaTb trou m ftbipa troupe f TOJina, Kyaa; rpynna tué, -e yônTMif, -aa tuer yÔHBaTb V vent m BCTep vérifier npoBepaTb vivre jkmtb voix /: à haute ~ rpoMKo; à ~ basse THXO volé, -e yKpajjOHHMÎï, -aa, noŒqee- HNn, -aa voler jieTaTb, JieTeTb volonté / caJia bojib voyons! ny-Ka, nocMorpuw! TABLE DES MATIERES Le village de Coule-Vent # » > . ........................... 3 A Paris . f . »...................... 7 La petite-fille de père Henri .............................. 9 Marianette arrive à Coule-Vent , , ...................... A la campagne ........................ 22 Les leçons dans les champs et dans les bois ».............. 25 Il y a un enfant au château t ............................. 27 Marianette apprend le mystère de Triple-Bec >.............. 28 Marianette écrit des lettres à Paris ...».................. 33 Le mystère de Mistou-chat ......... 35 La visite du maire Barnabé ................................ 40 Marianette reçoit des lettres » .................... 41 Un mauvais facteur......................................... 46 Grand-père Henri et Marianette vont au château . . . « . 48 Il y a des enfants à Coule-Vent r . ♦ ».................... 52